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Zulu
---
Un bateau corne.
*- Veuillez nous excuser pour l'attente.
Nous demandons aux Danois d'être patients.
Tout le monde pourra embarquer.
*- Garez vos voitures aux places prévues à cet effet.
Ne gênez pas la circulation
des bus et des piétons.
Le corridor de l'est vers la Pologne ne sera ouvert que 36 heures.
Merci de préparer vos papiers et visas
afin d'éviter toute perte de temps.
*- Je tiens à saluer la réactivité des Danois.
Mais évitez toute précipitation
et respectez le plan d'évacuation établi.
*- Veuillez vous diriger calmement
vers la porte d'embarquement indiquée sur votre billet.
*- Le fonctionnement des banques sera maintenu
pendant la relocalisation.
Les plans d'aide de l'UE soutiendront la couronne danoise
jusqu'à sa disparition l'année prochaine.
Un bateau corne.
*- Merci de garer vos voitures aux places prévues.
Veillez à ne pas gêner la circulation.
- Il faut raccrocher, madame. Veuillez avancer.
Pleurs d'un enfant
*- Il n'est plus possible
d'obtenir de passeports danois.
Pour toute question sur les visas,
allez au bureau de l'état civil situé porte 11.
Je répète, porte 11.
Il n'est plus possible de régler en couronnes danoises.
Des bureaux de change
sont à bord du ferry, à côté de la porte 8F.
A l'arrivée, des bus vous attendront aux plates-formes A3, A6, A7,
C11 et C13.
...
- J'espère qu'on y verra bientôt plus clair.
- Vous n'avez pas dormi ? - J'étais avec la Première ministre.
Enfin, devant la porte de son bureau. C'est inédit.
- Y avait qui d'autre ?
- Les chefs de cabinet. Le comité de coordination nous posait
des questions et on sortait.
- Ils ont dit quoi ?
- Ca, je ne peux pas en parler ici.
Tous les partis ont été consultés.
Seule la Première ministre sait ce qui va arriver.
- Vous pouvez rien nous dire du tout ?
- Disons que Hartung...
Hartung m'a confié... un truc que j'ai pris comme un indice.
Ecoutez, vous travaillez aux Affaires étrangères.
Vous êtes soumis au secret professionnel.
Proches inclus.
Pas un mot à vos conjoints ni à vos enfants.
Rien ne doit fuiter.
- Pour l'état civil...
- Vous voyez bien ce que je veux dire.
- Oui.
- Nous sommes tous fatigués.
Je peux pas en dire plus.
- Oui, désolé.
Je comprends. Mais c'est très soudain.
C'était le pire scénario.
- Vous êtes des professionnels, vous savez tous quoi faire.
- Oui. - J'ai rien à ajouter.
Notification
Notification
...
Notification
Musique mélancolique
...
Vibreur
- Salut, maman. *- Salut, ma puce.
Tu es déjà partie ?
- Oui, j'ai pas voulu te réveiller.
*- T'es mignonne. Je sais, il est tard.
On se voit dans deux semaines ?
Elle acquiesce.
Tu as bien pris ton ordinateur
et tes bouquins, ton chargeur, ton sac ?
T'as bien tout ?
*- Je me suis levée tôt pour tout préparer.
- C'est triste quand t'es pas là. *- Je sais.
- Tu vas bien ?
*- Oui, il faut juste que je révise pour mes exams.
- Tu dis pas bonjour à ton père pour moi.
* Rires *- D'accord.
- Allez, bisous.
Aboiements - Hey !
Chut.
Je t'aime trop.
A plus, Tao.
Aboiements
Soupir
- Plus ? D'accord, je t'en donne plus.
Laura ? On t'attendait ce soir. - J'ai besoin de la clé de mon vélo.
- Je te l'ai emprunté, le mien est toujours à plat.
Elle est en haut dans le bureau. Dans mon sac.
Je sais que ça te soûle, ces allers-retours.
- Oui.
- Mais nous, on aime quand elle est là, hein ?
On aime quand Laura est là.
T'es d'accord ?
- Il est où, papa ? - Dans son bureau.
- Il y a quelqu'un avec lui ?
- Seulement mon frère et Henrik.
Ton père fait un chantier pour eux, ils déposent le dossier aujourd'hui.
Tu peux monter.
- C'est ce que je lui ai dit.
Elle frappe.
- Salut, papa. - Salut, chérie.
- Je prends ma clé de vélo.
- Salut, Laura. Ca va ?
- Ca va ? - Ca va.
- Content de te voir. - Moi aussi.
- Salut, Laura. - Salut, Nikolaj. Tu vas bien ?
- Oui.
- Super.
Je passais chercher ma clé. - Ca marche.
- A plus.
- T'as mangé ? - Oui.
- D'accord. File !
- Salut.
- Ca va ?
- Vous faites quoi ?
- Moi, rien, mais Elias mate ton cul.
- N'importe quoi. L'écoute pas ! C'est pas vrai.
Il sait pas parler aux filles.
- T'es sérieux ? Je t'emmerde !
- Ta gueule, bouffon !
Sérieux, Valde ! - Va te faire foutre.
- Tu fais chier, putain !
T'es sérieuse ? - Ouais.
- Trop sympa.
Tu montes derrière et je pédale ?
- Ouais. - Ouais ?
Super, on y va. Va derrière.
T'es bien ? - Ouais.
- Cool.
OK.
Allez, c'est parti !
Faut qu'on se magne.
Je joue de la putain de cloche avant les cours.
Oh, merde !
Désolé.
Je l'ai pétée.
Pardon.
- 2, 3, 4 !
Musique d'orchestre entraînante
...
Acclamations
- C'est un vrai tombeur.
- J'avoue, je suis un tombeur.
- On t'appelle comme ça.
- Non, je suis un mec bien.
- Oui, mais aussi un tombeur.
- Salut. - Ca va ?
- Il abuse, Elias.
Il est trop beau gosse.
- C'est ton cousin. - Je sais.
Ca m'empêche pas... Vas-y, toi.
Je valide à 100 %. - Arrête.
- Elias !
Tu fais quoi ? - Hein ?
- Tu fais quoi ?
- Rien de spécial.
- Pourquoi tu mates ma pote ? - Arrête, Mathilde.
- C'est drôle que tu dises ça, il arrête pas.
- Tu la trouves mignonne ?
- Je discute, c'est tout. - Il craque !
Notification
Bip
Notification
Soupir
Soupir
Musique douce
...
On frappe. Respiration haletante
On frappe à nouveau.
- Salut.
Du coup, il y a pas de sonnette chez toi ?
- Non. Il faut utiliser ça.
- Pas con. Tu as oublié un truc.
- Quoi ?
- J'ai explosé ta pédale.
Je t'en ai racheté une pour m'excuser.
T'es pas venue en cours.
T'as fait la grasse mat' ?
- Non, j'avais un DM à finir.
- OK.
Où est ton vélo ? Je vais le réparer.
- Tu veux... tu veux entrer ?
- Euh...
- C'est pas pour ça que t'es venu ?
- Je sais pas trop. - Bah...
Si tu préfères, t'as qu'à me la laisser.
Du coup.
- Ouais.
D'accord.
A plus...
du coup.
Bonne sieste.
*- Après l'effondrement de l'économie des Pays-Bas,
la population émigre
en Europe.
Vivian Vestergaard, en direct de Bruxelles.
*- Aucun pays
n'a autant investi pour protéger ses côtes que les Pays-Bas.
Mais cela a entraîné la faillite du pays.
- Hé oh !
Y a quelqu'un ?
- Jacob ? Salut.
- Désolé, je me suis permis d'entrer.
- Oui. - Ca va ?
- Et toi ? - Où est ton mari ?
- Chéri ? Jacob est là.
- J'ai une idée pour la porte d'entrée.
- Nik !
- J'ai préféré le chêne huilé plutôt que du pin blanc.
En dehors de ça, c'est bon.
Salut, beau-frère. Ta soeur t'embrasse.
- On n'avait pas annulé ? - Non.
T'as dit qu'on devait lui en parler.
(- Pas maintenant.) (- Il est là.)
- Me parler de quoi ? - Eh bien...
Tout est allé très vite. J'ai essayé de t'appeler, mais...
Mais...
Alors, en fait,
on vend la quasi-totalité de nos biens immobiliers.
- Quoi ? - Tout sera vendu
d'ici quelques jours.
On vend sous le prix du marché, ça va partir.
Tu peux garder l'avance qu'on t'a donnée, mais...
on arrête l'immobilier et les rénovations.
- Quoi ?
Pourquoi ?
Non.
OK, mais ils ont... déjà dit ça.
Ils avaient renoncé à cette idée.
- C'était il y a trois ans.
Le niveau de la mer monte très rapidement.
- C'est pas nouveau. - Je sais.
- Pourquoi maintenant ?
T'es sûr de ce que t'avances ?
- Le Danemark est situé à une très basse altitude.
A long terme, les mesures de protection seront inutiles.
Il vaut mieux évacuer tout le monde dès maintenant.
- Putain !
- C'est danois de faire preuve de prudence, non ?
C'est en partie lié à la banqueroute des Pays-Bas le mois dernier.
Ca a coûté trop cher de contrôler
le niveau de la mer en construisant des digues.
Les Néerlandais
ont commencé à quitter le pays en masse.
Avec le flot de réfugiés qui arrivent du sud, on peut craindre
que les frontières se ferment aux Danois dans toute l'Europe.
Alors on veut partir avant que ce soit plus possible.
Ils devraient utiliser un système de quotas, mais...
je crois que ce serait mieux que ma soeur et toi...
vous partiez au plus vite.
En tant qu'architecte, tu devrais trouver du boulot à l'étranger.
- Tu as travaillé en France, non ?
- Ca remonte à un bout de temps.
- C'est logique. Vous aimez la France.
Vous avez des contacts.
Et Amalie veut reprendre le travail. Elle parle français.
Pas assez pour exercer comme psy, mais...
elle y allait l'été avec notre père. Vous adorez la France.
- Et voilà. - Merci.
- Tiens, bois un coup.
- Non, merci.
Je conduis.
- Nous, on arrête pas
de picoler depuis hier soir.
Hein, Henrik ?
- Oui.
Ca nous a pas mal secoués.
- J'arrive pas bien...
J'arrive pas à réaliser ce que ça implique.
- Bientôt, le ministère des Affaires étrangères
va relocaliser les maisons de retraite à l'étranger,
les patients en hospitalisation longue durée,
les prisonniers,
et un grand nombre de familles modestes.
Y a de quoi faire.
- On devrait dire à Jacob quand ça va être annoncé.
- Oui. C'est prévu jeudi prochain.
Rien n'est encore sûr à 100 %.
De leur côté, l'Allemagne, la France
et le Royaume-Uni ont beaucoup investi dans des digues.
Leur économie est plus solide que celle des Pays-Bas.
Les propos deviennent lointains.
Il y a la Norvège, la Suède et la Finlande,
qui sont moins exposées.
Ce sont des options à envisager.
Mais, Jacob...
Jacob ?
- Oui.
- D'un point de vue pratique,
il est important que tu saches...
que les banques seront en difficulté.
Tout le monde a investi dans la pierre
et ça vaudra plus rien.
Personne n'achètera d'immobilier dans un pays qui va être évacué.
Ca va être un vrai chaos.
Maintenant, t'es au courant.
Je te conseille de vendre la maison.
Vous avez jusqu'à la conférence de presse de jeudi.
- Mais...
tu veux que je vende la maison ? Je peux pas faire ça.
- Essaie. - Oui, essaie.
- Mais j'arriverai jamais... - Le plus vite possible.
Brade-la.
- T'y arriveras peut-être.
- C'est l'horreur.
Je croyais pas qu'on en arriverait là.
- Attendons de voir si ça se fait vraiment.
- Rien n'est encore sûr.
- Comment vous avez vendu si vite ? - Je l'ai senti venir.
Alors j'ai suggéré à Henrik
de régler nos affaires.
- C'est pas légal.
- Je sais, mais je l'ai fait.
- On voulait pas que le conseil d'administration l'apprenne.
- Personne ne doit rien savoir.
Jacob ?
Tu me promets de ne rien dire ?
Même pas à ma soeur.
Je risque gros. - Je dirai rien.
- Essaie aussi de retirer du liquide.
Des euros.
D'acheter de l'or.
Des diamants.
Ca a l'air dingue,
mais on sait pas ce qui va arriver avec les banques et la Bourse.
Retire tout ce que tu peux.
- Tout ce qu'on a, c'est la maison.
Moins ce que tu m'as prêté pour les travaux.
- Je sais, oublie ça.
C'est bon.
- D'accord. - On part à Bâle.
On va retirer autant d'euros que possible.
Personne pourra les réclamer après. Ils seront sortis du système.
On connaît un banquier là-bas.
On va faire passer des valises de billets discretos.
- OK. - Oui.
Mais panique pas. C'est pas la 1re fois qu'ils en parlent.
- Tu crois pas qu'ils vont le faire ?
Je vends la maison ou pas ?
- Tu devrais la vendre.
- OK. - Et vite.
...
- Salut. - Salut.
- Comment va Lucas ?
- Il a passé une sale journée. Il a pas dormi.
Il a aucune envie d'être là.
- On le laisse dehors ?
- J'ai essayé de le faire rentrer. Tu veux pas essayer ?
Y a qu'à toi qu'il accepte de parler. Il t'adore.
Laura, tu pourrais venir jeudi aussi ?
- Oui.
Lucas ?
Salut.
Il paraît que tu as mal dormi.
Ta maman va bientôt venir pour ton entraînement de foot.
Je te lis une histoire ?
- Tu peux lire ça ?
- C'est écrit que le soleil brille depuis 4,6 milliards d'années.
- Et quoi d'autre ?
- Qu'il va briller pendant encore 5 milliards d'années.
Musique intrigante
...
- Et quand il brillera plus ?
- Il fera sûrement très froid.
...
Qu'est-ce qui se passe, Lucas ?
...
Tu as vu quelque chose ?
...
Cris de joie Applaudissements
- Bravo, Lucas !
- Lucas,
Christel, on peut se parler, après ?
- Oui, bien sûr.
- Vite, allez !
Les ballons, Isak.
- Lucas.
Viens.
- T'as pas payé ?
- Je pense pas que ce soit ça.
Ce serait pas plutôt à cause de tes crises et tes bagarres ?
- Je me suis pas battu.
- Ah.
Bonjour.
- Bonjour.
- Salut. Ben dis donc... y a du monde.
Il a commis un crime ?
- Allez-y, entrez.
Je vous en prie, asseyez-vous.
On va vous expliquer.
- Assieds-toi, Lucas.
- Assieds-toi, chéri.
Assieds-toi.
Lucas, qu'est-ce qu'on vient de dire ?
- Bon, d'accord, fais comme tu veux.
Ouvre tes oreilles. Tu fais partie des joueurs scandinaves
présélectionnés pour intégrer la Liverpool FC Académie.
Musique douce
Alors,
toutes mes félicitations. Bravo,
Lucas.
- C'est fantastique.
- Mais c'est pas encore fait.
Ils ont repéré d'autres joueurs en Scandinavie.
Pour que ça marche, tu vas devoir faire des efforts,
au niveau de ton comportement.
Tu peux faire ça ?
(- Je suis sûre que oui.)
- Oui.
- Félicitations, Lucas.
- C'est un truc de fou.
Alors ?
Tu vas essayer de te contrôler un peu ?
- Comme ça ?
- Ca va pas ?
- Comme ça ? - T'as pété un câble ou quoi ?
Rires
Arrête ! On se casse en Angleterre, putain !
On se casse en Angleterre ! T'es génial, tu sais ça ?
- On va se barrer ! Cri de joie
- Je vais aller voir Gilles Benni dans la semaine.
- A Paris ? Il acquiesce.
Les billets vont être chers.
Tu y vas en voiture ?
- Je sais pas encore.
J'ai pas eu le temps de tout prévoir.
- Et le chantier du centre-ville ?
- Oui.
C'est décalé. Je suis pas sûr que ça se fasse, finalement.
- D'accord.
Mais tu fais bien celui d'Henrik.
- Oui, sûrement. Et...
Ton frère te passe le bonjour.
- Mais ?
- Tout va bien. J'ai seulement...
J'ai deux ou trois trucs à vérifier. C'est tout.
Ca avance tranquillement.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Ca va peut-être pas se faire.
Et ton devoir ?
- Elle a été distraite.
J'ai croisé un jeune homme.
Il réparait une pédale de vélo.
- S'il touche qu'au vélo, ça me dérange pas.
- Papa ! - Quoi ?
- T'es lourd ! - Laura, attends. Reste.
Notification
Bip
Notification
Chérie. - Mmh ?
- Ton frère m'a dit que le pays va être évacué.
- Quoi ?
- On va devoir vendre la maison et partir à l'étranger.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- Je préviens la banque que je veux un gros retrait.
Demain, quelqu'un vient faire visiter la maison.
- Oh...
- Je vais essayer de me faire embaucher par Benni.
On verra. - Mais...
- Ils iront peut-être pas au bout.
J'appellerai Nikolaj demain pour savoir s'il y a du nouveau.
Chérie,
calme-toi.
Ca va. Ca va aller.
Respire. - Tu es sûr ?
- Calme-toi. On va trouver une solution.
Elle vomit à nouveau.
Sanglots Hé, hé.
Respire, ça va aller. Ca va aller.
- Sois naturel.
Bonjour.
- Bienvenue au Danemark. Passeports.
- Tenez.
Je suis diplomate, d'où le passeport diplomatique.
- Et un gros trafiquant.
- Allez-y. - Merci.
- Tu te crois malin ?
Avec le pognon qu'on a dans le coffre ?
Tu veux finir en taule ?
- Ca va, calme-toi.
- On les enterre ?
- Quoi ? Non, mais arrête.
On n'est pas dans un film.
On va les planquer chez ma mère.
Soupir
C'est dingue de penser que tout le pays sera comme ça.
Silencieux.
Soupir
- J'ai parlé à ma cheffe de cabinet.
Je pourrai obtenir un poste à Londres.
Ils vont y ouvrir un bureau de l'émigration.
On peut aller à Reading,
chez Oliver, il nous laisse sa maison.
- Cool.
On fait quoi pour mon frère ?
Soupir
- Comment ça ? - Je me disais
que je devrais passer le voir.
Faut le prévenir aussi. On est obligés, Nik.
- Je sais pas trop. Franchement...
C'est un grand malade.
- Je donnerai juste quelques infos. - Lesquelles ?
- Je lui ferai comprendre
qu'il faut vendre. Je vais pas entrer...
Quoi ? - Non, c'est pas une bonne idée.
- S'il réalise que j'ai tout vendu et pas lui,
il va péter un câble.
S'il vend rien maintenant,
il va être ruiné et il pourrait s'en prendre à toi.
- Je vais dehors. - Nik !
Tu peux pas fuir la conversation.
- Il a menti au tribunal pour avoir l'héritage de ton père.
Il te tabassait tous les jours quand vos parents cuvaient.
C'est pas ce que tu m'as raconté ?
Il a pas frappé ton premier amour ?
- Si. - Et forcé à boire de la pisse ?
- J'ai pas envie de lui dire.
Mais il a vieilli, aujourd'hui.
On peut espérer qu'il a changé.
Et il a des enfants.
Ils y sont pour rien, eux.
Musique douce
- T'en es proche ? De ses enfants.
- Oui.
August va faire sa confirmation et William termine le lycée.
Ils vont tout perdre. Tout.
...
- D'ailleurs, tu m'avais promis qu'on en aurait.
- Oui.
Mais c'est pas le meilleur timing.
- J'ai très envie qu'on ait des enfants.
J'en ai rêvé, cette nuit.
...
- T'es sérieux ?
- Oui.
- OK.
Ah bah merde.
Mais...
Comment on ferait ?
...
On pourrait en parler à Jane et Amanda.
...
- Ce truc mesure que 7 centimètres. Ca va pas suffire.
Vous avez plus qu'à recommencer. - OK.
Viens, on y va.
- Bonjour. - Bonjour.
- Salut. - Salut, frangin.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Assieds-toi.
- Merci. J'ai appelé ton bureau, on m'a dit que t'étais là.
Je suis passé te dire bonjour. J'aimerais...
en profiter pour discuter.
- Oui, OK.
- Alors... ça va chez vous ? Les garçons ? Tout le monde ?
- Je t'avoue
que je suis surpris par ta visite. - Je comprends.
Je sais.
En fait, je voudrais aussi te parler de tes biens immobiliers.
- De mes biens ? - Oui.
- De Christiansholm ?
- Oui, mais ça n'a rien à voir...
- Ecoute-moi,
papa m'a légué Christiansholm
et c'est légal puisque le tribunal a tranché en ma faveur, putain.
Tu peux pas venir ici et m'emmerder
encore avec ces conneries.
- Je suis là depuis trois minutes et tu m'engueules déjà.
T'as vraiment un problème.
OK.
Je vais essayer une dernière fois.
Je suis venu te conseiller.
Pour tes fils. - Ferme-la.
- C'est important.
- J'ai pas besoin de tes conseils. Tu mijotes quoi avec l'autre pédé ?
- Rien.
Rien du tout.
Je sais pas ce que je fous là.
- La terrasse est magnifique. - Qui est là ?
Hé !
S'il vous plaît, bonjour.
Vous êtes qui ? Que faites-vous là ?
- Euh... je suis Hektor, l'agent immobilier.
J'ai promis à votre père qu'on serait partis pour 14h30.
Vous pourriez revenir après 14h30 ?
La maison est en vente et il m'a dit de faire des visites.
- Pourquoi des gens visitent la maison ?
*- Laura, je suis occupé. J'ai pas le choix.
Je savais pas que tu serais là. *- Jacob.
- T'es où ? *- Je suis à la banque.
Amalie s'énerve aussi. Il faut vous calmer.
- Tu vends sans rien dire ?
*- Oui, je... je crois que oui.
Laura, reste en dehors de ça.
Sors de la maison le temps qu'ils terminent.
- Attendez.
Vous devez partir.
J'ai eu mon père et il faut qu'on parle.
- On est déjà là. On pourrait jeter un coup d'oeil au sous-sol.
- Non, au sous-sol, y a ma chambre. Vous pouvez pas y aller.
- Mais...
on pourrait pas juste...
- Y a un problème de moisissures.
- Qu'est-ce qui t'a pris ? - Quoi ?
- T'as parlé de moisissures ? C'est pas vrai.
Sérieux, à quoi tu joues ?
Ca va nous coûter cher.
- Toi, à quoi tu joues ?
Tu vends sans rien nous dire ?
- C'est perturbant. - T'as une nouvelle lubie ?
Tu fais une crise de la quarantaine ?
Qu'est-ce que tu fous, putain ?
- Oui, ça paraît dingue.
Mais calme-toi. - Pourquoi ?
Ca te plaît de tout gâcher ? T'es qu'un sale con.
- Tu ne comprends pas.
- Je comprends que tu te casses !
T'as abandonné maman, et maintenant moi.
Tu t'en fous, tu recommences.
T'es un psychopathe !
Lâche-moi ! Lâche-moi ! - Arrête.
- Lâche-moi ! - Arrête.
Chut... Chut...
Laura, stop.
Stop. Elle sanglote.
...
Chérie, ta mère n'a jamais accepté mon aide.
Elle préférait travailler jusqu'à épuisement,
comme une cinglée.
J'ai voulu l'aider, elle voulait pas.
- Alors t'as préféré te barrer.
Et tu vas recommencer. Tu vas nous abandonner.
- On est obligés de faire ça.
Il faut qu'on vende, c'est pas une lubie.
Tout va s'effondrer.
Ils vont fermer le pays.
Tout le Danemark va être évacué.
- Quoi ?
- Je cherche un endroit où on pourrait aller.
Pour s'installer. Enfin...
tu comprends.
- Quoi ?
- Ils en avaient déjà parlé.
- Qu'est-ce que tu racontes, putain ?
- Oui, je sais.
Ca paraît dingue.
C'est un vrai cauchemar.
Laura,
tout ce qu'on possède...
tout ce qu'on possède, c'est cette maison.
Tu comprends ?
Je vais être au chômage. Bientôt.
Après jeudi prochain, y aura plus aucune maison qui se vendra.
C'est ce qu'ils m'ont dit. J'en sais pas plus.
On est sûrs de rien.
Musique intrigante
...
- Laura.
...
Laura.
Il faut t'occuper de ta mère.
- Tu crois vraiment qu'on va devoir partir ?
Grande inspiration
- J'en sais rien.
On peut en parler à personne.
Même pas à ta mère.
Mais...
Si jamais ça arrive,
on reste ensemble.
Tous ensemble.
- Tu pars avec tes copains après les examens ?
*- Euh... non.
Je vais rester ici. - T'oses pas ?
- Je préfère qu'on reste tous ensemble.
*- Ecoute-moi, ma chérie, tu sais...
t'es bien plus courageuse que tu crois.
*- Oui. - Tu entends ?
- J'ai envie de tenter un truc dingue avec un mec qui me plaît.
- Tu vois, quand tu veux. * Rires
- Un mec qui a quelqu'un.
*- Plus on est de fous, plus on rit.
Comment il s'appelle ?
*- Il s'appelle Elias.
J'arrête pas de penser à lui.
Je vais tenter un truc. Il fait des percus.
*- Trop bien.
Un musicien. Tu devrais direct te marier avec lui.
*- Salut, Laura !
*- Maman. - Tu dois y aller.
*- Il faut que je te laisse. Je te rappelle.
- D'accord, je te laisse. Bonne journée, chérie.
* Jingle d'informations
*- Bonjour.
En direct du bureau de la Première ministre
pour une conférence de presse extraordinaire.
*- Merci de nous rejoindre
pour cette conférence de presse improvisée.
Ce que je vais vous annoncer
aura de grandes répercussions sur la vie de tous les Danois.
- Dépêche-toi. - Oui, j'arrive.
Vibreur
- Salut, papa.
Ouais. Et alors ?
Quoi ?
Ouais.
OK.
Je te rappelle.
- Quoi ? - Il y a une conférence de presse.
- Laura, Mathilde, on doit se regrouper !
- Il se passe quoi ?
- Ils ferment le pays. Tout le pays, putain. Venez.
Allez !
Musique de tension
Bip
...
Notification
...
Bip Sonnerie
Sanglots
Notification
...
- Mathilde.
Il se passe quoi ?
*- Bonjour à tous. Je peux avoir votre attention ?
Certains d'entre vous ont dû l'apprendre
par la conférence de presse.
Donc, comme il en a déjà été question auparavant,
le gouvernement, soutenu par un vote parlementaire unanime,
va évacuer progressivement le Danemark
en raison de la montée des eaux.
Ca peut paraître étrange de partir
alors qu'il n'y a pas d'inondations dans les rues.
Les digues et canaux ont permis de gagner du temps,
mais cela coûte si cher
que notre pays risque de faire faillite
comme les Pays-Bas.
Ils préfèrent anticiper pour relocaliser les Danois
dans de bonnes conditions,
avant la montée des eaux qui est inévitable,
et avant que l'Europe ne ferme ses frontières
aux réfugiées et aux familles comme les nôtres.
Ils avaient tiré la sonnette d'alarme, mais c'est sérieux.
Je ne comprends pas pourquoi ils ne nous ont pas prévenus,
mais...
la Première ministre s'exprimera à nouveau à 15h50
pour expliquer comment les choses se passeront concrètement.
Je pense pouvoir vous promettre
que le lycée ne fermera pas tout de suite.
Les élèves de 3e année
devraient passer leurs examens ici.
Quant aux élèves de 1re et 2e année, ils seront tenus informés.
Je vous propose
de rentrer chez vous pour discuter avec vos familles.
Vous pourrez trouver des réponses
sur le portail de services aux citoyens
qui sera activé aujourd'hui.
Vous avez des questions ?
- Oui.
On va aller où ?
"Day Is Done" (Nick Drake)
...
Sous-titrage TITRAFILM
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