All language subtitles for En.Therapie.S01E02.VOF.1080p.HDLight.BluRay.x264.AC3-ALPiNE_Subtitles01.FRE-fra

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French Download
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Sonnette.

-Monsieur Chibane?

Entrez.

-Y a des règles?

-Pardon?

-Un protocole d'action?

-Ah non, pas a priori.

Mais on va en discuter ensemble.

-Le client est roi, quoi?

-En France, on coupe la tête des rois.

-C'est une blague de psy?

-Voilà.

Générique.

-Alors? Vos premières impressions, vous sentez quoi?

-À quel propos?

-Ben à propos de moi.

C'est votre travail, vous sentez des choses,

ma manière de m'habiller, mon regard,

mes gestes, mon attitude, tout ça, non?

Je dis ça parce que j'ai un ami qui a téléphoné à une voyante,

et de suite, elle a su qu'il avait deux sœurs.

Elle a même parlé de ses soucis au boulot, avec sa copine...

Elle est forte, non?

-Les voyantes ont des pouvoirs qu'on n'a pas.

-Je vous demande pas vos secrets.

Je veux comprendre le processus.

Alors?

Que voyez-vous de moi?

-D'abord, je n'ai pas de secret.

Et c'est pas moi qui sais, c'est vous.

-Arrêtez vos conneries. J'ai enquêté sur vous.

Apparemment, vous êtes une pointure.

-Comment ça? -C'est pas compliqué.

En tapant votre nom sur Internet, on en apprend beaucoup.

Tous vos patients le font.

Expert auprès des tribunaux,

de l'aide sociale à l'enfance...

J'ai même vu votre bibliographie.

Impressionnant.

Après, j'ai lu vos articles, je suis pas fan.

Ça m'a paru tiré par les cheveux.

Mais bon. J'ai creusé un peu.

J'ai appelé un de vos collègues, un patient...

-À quoi rime cette enquête, exactement?

-Faut être prudent.

Quand on veut quelque chose, Il faut des garanties.

Je voulais savoir si vous étiez compétent.

-M. Chibane, pourquoi ce rendez-vous?

-On va y venir.

D'abord, répondez à ma question.

Que percevez-vous de moi?

Allez, un effort!

C'est quoi, mon job? Vous avez 2-3 indices.

Je suis flic.

Enquête, flic... Vous saisissez le lien?

Je suis flic, putain!

Quel genre de flic, à votre avis?

-Écoutez... avant de poursuivre cet entretien,

il faut que je vous demande quelque chose.

Est-ce que vous êtes armé?

Vous n'êtes manifestement pas un îlotier,

ni un homme de paperasse ou de ministère.

Vous êtes

dans une section active, non?

La BAC?

Le GIGN?

-Le GIGN, c'est la gendarmerie, pas la police.

C'est incroyable. En France, les gens s'en foutent,

des gens qui les protègent. Même en ce moment.

Je suis de la BRI, ça vous parle?

-Évidemment. Surtout en ce moment, comme vous dites.

-Vous avez regardé dehors? Vous savez ce qui se passe?

-Vous étiez de ceux rentrés au Bataclan, vendredi?

-J'y étais, ouais.

-C'est pour ça que vous êtes ici? -Non.

Enfin, c'est un peu lié, quand même...

-Que vous est-il arrivé, là-dedans?

-Attendez, tirez pas de conclusions hâtives.

Je vous raconte

pour que vous compreniez ce qui m'amène vraiment.

Vous excitez pas sur les détails, sinon, on n'y arrivera pas.

-Je m'excite pas.

Asseyez-vous bien.

Je vous écoute.

-Bon voilà.

On a reçu le message un peu avant 22 h.

30 minutes après, on était devant le quai des Orfèvres.

Je suis chef de groupe.

On est montés dans le camion pour Charonne.

Et à ce moment-là, on savait rien pour le Bataclan.

En chemin, on a appris et on a bifurqué.

Sur place, on a su que les mecs avaient des otages

et que ça serait dur. Les barbus négocient pas.

A l'Hyper Cacher, j'étais déjà là, même si on est pas rentrés.

Les collègues nous ont raconté.

Là, avec des centaines de civils, on allait devoir s'exposer...

et on est entrés.

Le premier truc qui nous a surpris, en rentrant, c'est le silence.

Vous avez eu d'autres témoignages?

-Rien à voir, ça m'a juste fait penser à quelqu'un d'autre.

Continuez, je vous écoute.

-Avant nous, deux hommes de la BAC, des héros,

ils sont rentrés avec leurs simples flingues.

Ils ont buté un terroriste, les autres se sont repliés.

Quand on est arrivés,

il y avait plus de bruit venant de la salle.

Pas un tir, pas un cri.

Un vrai silence de mort.

Il y avait juste... les sonneries de portables.

Des centaines de sonneries de portables.

Les gars de la BAC savaient pas

le nombre de terroristes,

s'ils avaient fui ou nous attendaient

pour nous cartonner ou pour tout faire péter.

Nous, on s'est mis en place.

On a sorti le bouclier, ce truc en kevlar qui a pris 22 impacts.

On s'est disposés en colonne et on est entrés.

-Vous êtes aussi un héros.

-Non, c'est notre job. On intervient.

On est formés pour ça, entraînés pour ça, payés pour ça.

-Votre conscience est tout à votre honneur.

Mais aussi entraîné qu'on soit,

on va pas tous les jours dans une salle jonchée de morts

où des fous vous attendent.

C'est un événement qui laisse des traces.

-Je vous arrête, je vous vois venir, là.

Exceptionnelle ou pas, c'est une opé..

Notre travail, c'est d'entrer, d'intervenir,

de faire le travail et de repartir.

-Je comprends.

-Un exemple. Je peux pas tout dire, mais.

on a eu un problème avec le bouclier.

Une marche qu'on n'avait pas repérée.

On s'en est bien sortis.

Mais c'est le genre de truc qui peut me perturber après.

J'y repense.

Ça aurait pu mal tourner.

On est solides.

Parce que si on se laissait gagner par l'émotion,

ça finirait très mal.

Pour nous et pour vous, qu'on protège.

Vous comprenez?

-Le protocole vous protège, vous aide à éloigner les émotions.

Il les annule pas.

[I ne vous annule pas non plus individuellement.

Vous parlez du groupe, vous dites "nous".

Mais ce que vous avez vécu au Bataclan,

vous êtes le seul à l'avoir vécu comme ça.

Et chacun de vous l'a vécu à sa manière.

-Vous pouvez pas comprendre.

On est comme ça

pour que vous puissiez gagner votre vie planqué ici.

-Je vous entends.

-C'est pas grave. Je vois bien que ça vous va pas.

Vous pouvez pas l'accepter. J'ai l'habitude.

-L'habitude?

-C'est comme avec mon meilleur ami,

avec qui je cours deux fois par semaine.

Pourtant, il discret, très fin... Vous voyez?

II est homo.

I! voulait savoir ce que j'avais ressenti.

Ça lui a fichu un coup, ce truc. -CÇa nous a tous

"fichu un coup”, comme vous dites.

-Mais vous, c'est normal.

Mais pas moi.

Remarquez, vous avez raison,

on a nos techniques, nos trucs pour se protéger.

On fait des retours d'expérience, on met à distance,

on vérifie la conformité aux protocoles

et on s'adapte si...

si besoin, on reprend l'entraînement, on s'arrête jamais.

Ça me fait penser, c'est marrant.

C'est comme mon père à la mort de ma mère.

Lui qu'en foutait pas une, tout d'un coup, il s'arrétait plus.

Il a organisé les obsèques, reçu toute la famille...

Après il a trié les photos, a rangé les papiers,

il a remis la maison en ordre, changé le salon.

Il s'est même occupé du crépi de la façade, du jardin.

Pendant un an, il a pas arrêté.

Je me disais : "Putain, il va craquer, à la fin?"

Quand j'allais le voir, il me disait :

“Attends, j'ai pas une minute à moi!

"Ta mère a laissé un de ces bordels!"

L'enfoiré... Ma mère ramassait toujours derrière lui.

-Qu'avez-vous ressenti?

-Ça m'a bien énervé.

II avait jamais ramassé une chaussette.

-C'est intéressant, ce lien que vous faites

entre votre réaction aux événements récents

et celle de votre père après la mort de votre mère.

-Ah ouais...

C'est subtil, ça.

Je vous arrête, je vous vois venir, rien à voir.

Déjà, pour une raison :

c'est que la mort de ma mére, c'est le choc de ma vie.

Point barre. D'accord ”?

Ce qui s'est passé le 13, c'est mon travail.

-Je sens comme un regret que votre père n'ait pas craqué.

Mais est-ce que c'est vraiment de lui dont vous parlez?

Pourquoi vous êtes venu, M. Chibane?

J'ai le contexte, mais il faut le formuler.

Allez-y, lancez-vous.

-À cause de ce qui s'est passé avec mon pote, là, l'homo.

Avec qui on a couru dimanche.

-On va lui donner un nom, à cet ami...

-Il s'appelle Fabien.

Il est super, on se connaît depuis la fac de droit.

Je le charrie, mais il a le sens de l'humour.

Bon.

On va courir, comme tous les dimanches.

Avec tout ça, je veux pas m'engourdir,

on est en veille, faut pas faire du gras.

D'habitude, Fabien est discret, mais...

là, il voulait savoir.

On courait,

j'ai commencé à lui raconter, mais "soft".

Et là, je suis tombé.

-Tombé?

Vous voulez dire, vous avez trébuché?

Vous avez perdu connaissance?

-C'est une drôle d'expression, “perdre connaissance”.

Ça me fait penser à mon père.

[I raisonne toujours en termes de profit et de perte.

Vous êtes comme ça, vous aussi? -Probablement

par moments.

Ça serait quoi, le contraire de la "perte de connaissance"?

Un "profit"?

-On s'en fout.

Je me suis pas évanoui tout de suite.

J'ai eu le temps de bien flipper.

J'ai cru que j'allais mourir, en fait.

-Et votre ami Fabien, qu'a-t-il fait?

-Heureusement qu'il était là.

Il a appelé les secours.

J'étais tombé dans ses bras.

Je lui ai dit : "J'espère que ça t'a au moins fait plaisir!"

Je le charrie, il m'en veut pas, il est cool.

Il a de l'humour.

Il a insisté pour que je vienne.

Aux urgences, ils ont parlé de malaise vagal.

Ça veut tout et rien dire.

J'ai pas insisté pour pas faire de vagues.

Par rapport à ma hiérarchie.

On peut pas laisser tomber le groupe.

J'ai peut-être eu un coup de fatigue par rapport au stress et tout.

-Et votre ami Fabien, qui tient à vous,

même s'il a de l'humour,

il l'a pas entendu ainsi.

-Fabien, je vais pas le charger.

C'est un peu une mère juive.

Il m'a fait tout un tralala, qu'il m'a jamais vu comme ça,

qu'il faut que je consulte...

Mais je peux pas aller voir la psy du service,

ça va tous les faire flipper.

Fabien a pas arrêté de m'appeler.

Hier matin, il m'a donné vos coordonnées.

Il a dit : "Va le voir, ça reste entre toi et toi.”

II m'a fait promettre de venir.

Je tiens mes promesses.

Voilà. Vous savez tout, maintenant.

-Il vous a communiqué mes coordonnées, c'était quand?

-Hier, je vous ai dit.

-Vous avez fait votre enquête.

Ça a dû vous prendre du temps.

Les coups de fil, les articles... -Non,

ça prend pas longtemps et je dors peu, je m'occupe.

-Et vous m'avez appelé dès ce matin. -Ouais.

J'ai promis à Fabien, je vous ai dit.

Vous cherchez quoi?

-Que pensez-vous que je cherche?

-Jouez pas avec mes nerfs, vous pensez quoi?

Que je vous baratine, que j'ai couru ici?

-J'ai pas été

très clair, avec ma blague sur les rois.

C'était même un peu agressif, j'en suis désolé.

Ce que je voulais suggérer,

c'est que ce qui arrive au patient,

c'est pas forcément ce à quoi il s'attend.

Et ça lui fait pas toujours plaisir.

On se cache des choses à soi-même.

Mais étrangement, on les cache dans nos mots, nos gestes.

Pour qu'elles soient dissimulées et exposées.

Nous, les psychanalystes, nous vous aidons à repérer

et à explorer ce qui se cache sous vos yeux.

Notification.

-Je vois pas le rapport. -Vous pensez

que je pense que vous me cachez quelque chose sur votre visite?

-Oh là là...

C'est compliqué, ça.

“Vous pensez que je pense.”

-Dites tout ce qui vous passe par la tête.

-Faut que vous me sortiez de là.

-Je vous en prie. Racontez-moi.

Prenez votre temps.

-Mais j'ai pas le temps, putain! J'ai pas le temps!

On est en alerte maximale,

ça peut tomber à tout moment!

On sait où ils sont, on va les toper!

Les autres ont besoin de moi, je peux pas déconner!

-Allez... Venez vous rasseoir.

Notification.

Reprenez le récit. Allez-y.

Allez-y.

-CÇa m'a pris quand on est entrés.

Je vous ai dit, le silence...

Et y avait l'odeur, l'odeur du sang.

Ça m'a sauté à la gueule.

D'un coup, j'étais plus là.

Mais quand on marche en colonne,

on garde la main sur l'épaule de celui de devant.

J'ai suivi, mais.

J'étais aveugle, vous comprenez?

J'avais comme un voile devant les yeux.

Je sais pas combien de temps ça a duré...

Je suis revenu, d'un coup.

J'étais dans la colonne, on s'était arrêtés un instant...

et on reprenait la progression.

Mais en fait...

c'est pas ça qui m'a fait revenir.

J'ai senti que ma combi était coincée au mollet.

J'ai forcé mais ça résistait.

Et j'ai baissé les yeux, Il y avait une main accrochée à moi.

Une main émergeant d'un tas... Y avait des tas.

Des tas... de corps entassés, morts ou vivants.

On pataugeait dans le sang et les matières organiques.

Et là, il y en avait un.

II s'accrochait à moi, il voulait me retenir...

J'ai tiré d'un coup sec et j'ai repris la progression.

C'est ainsi, c'est le protocole,

on sécurise et après, les secours...

C'est logique.

Mais j'arrive pas à m'effacer ça de la tête.

Ça revient jour et nuit.

Je sais pas ce qui m'arrive...

-D'abord, sachez que je trouve votre démarche extrêmement sensée.

Et extrêmement courageuse.

Ensuite, ne vous alarmez pas, on trouvera un protocole d'action.

-Vous êtes sûr?

-Je peux pas être sûr. On va faire ce travail ensemble.

Mais je pense que vous êtes tout à fait en mesure d'y arriver.

-Comment ça y arriver?

Je veux un traitement. C'est votre job!

-Bien sûr. On va trouver un traitement médicamenteux

pour vous aider à traverser ça, mais c'est pas l'essentiel.

-Je commence à vous cerner.

Je sais pas si c'est Fabien qui m'a tendu un piège, mais...

Il y a un malentendu. Je fais pas ça, moi.

-Ça? -Je vais pas vous dire des trucs,

vous laisser m'expliquer mon père, ma mère, tout le tralala.

C'est pas que je veux pas vous faire plaisir, mais.

j'ai une urgence, là.

J'ai à charge des vies. A commencer par mon unité.

-J'aimerais comprendre,

pourquoi ne pas avoir parlé de cela à vos supérieurs?

-Vous êtes fou?

Vous voulez qu'ils flippent, m'arrêtent?

-Mais c'est le protocole, non?

-Non...

Pas un d'entre nous ferait Une connerie pareille.

Je viens vous voir pour pas faire de vagues.

Je vous paye de ma poche, il paraît que c'est pas donné.

Donc je veux du résultat. C'est ça, mon protocole.

-Effectivement, on n'a pas du tout parlé d'argent.

Tout le monde paye pas pareil, ici.

II faut que ça vous coûte, et pas à moi.

-Pourquoi?

-Pour que ça reste mon job, comme vous dites.

On n'est pas égaux, dans ce cas, on y met pas les mêmes choses.

-Pour moi, c'est combien?

Vous voulez ma déclaration de revenus?

Les fiches de paye de ma femme?

-On va y réfléchir. Comment s'appelle votre femme?

-Audrey.

-Que pense Audrey de la situation?

-Rien. Je lui en ai pas parlé, elle peut pas comprendre.

-Vous avez peur qu'elle s'inquiète?

Comme Fabien? Ils tiennent pas à vous?

-Si je lui parle de mon malaise,

elle va flipper. -Crise d'angoisse.

-Quoi?

-Vous avez fait une crise d'angoisse.

Ça s'appelle ainsi.

L'angoisse occupe votre esprit depuis cet instant au Bataclan,

où vous avez été si choqué que vous avez perdu la vue.

Celle qui vous a fait défaillir en évoquant

ce moment devant votre ami Fabien.

-Bon. Je perds mon temps, avec vous.

II faut que je me prépare. Je peux être appelé à tout instant.

On m'a dit que vous étiez le meilleur, y a un malentendu.

Je me tire. -Non, je pense pas.

-Vous pensez pas que je me tire? Vous me connaissez pas.

-Je pense pas qu'il y ait de malentendu.

Vous êtes venu chercher de l'aide,

je pense pouvoir vous l'apporter.

C'est ma responsabilité, désormais.

La vôtre, c'est d'essayer d'aller mieux.

Je vous prescris un anxiolytique léger qui va vous apaiser.

Et on en reparlera la semaine prochaine.

-C'est du chantage? Pour des médicaments, faut parler?

-Je pense juste que les médicaments seront pas suffisants.

Je vais vous demander quelque chose d'important.

Et de difficile.

J'aimerais que vous reveniez sans arme.

-Ca, je peux pas, c'est les ordres.

-Il y a sûrement un moyen. Je vous le demande.

II faut pouvoir laisser certaines choses avant d'entrer.

-Et si je reviens pas?

-On doit trouver ensemble l'origine

de l'angoisse.

-Je suis pas angoissé, en colère!

Vous voulez savoir pourquoi je suis en colère?

Ce qui m'empêche de dormir?

C'est qu'aussi entraîné que je sois, ça sert à rien,

à cause des gens comme vous.

Les intellectuels, les bobos humanitaires,

les hommes politiques!

Qui cachez votre lâcheté sous la sensiblerie.

C'est à cause de vous que j'interviendrai toujours trop tard.

Que je serai là à marcher dans des bouts de cervelle.

-Ça vous arrive pour de bon? -De quoi?

-Ça vous empêche de dormir.

Vous avez des problèmes de sommeil?

-Non, j'ai pas de problèmes de sommeil, je réfléchis!

-Et à quoi?

-À comment faire pour que ça se reproduise pas.

-Troubles du sommeil.

Vous n'êtes sûrement pas le seul.

Ou personne parle de ce qu'il ressent?

M. Chibane, selon moi, vous avez aussi d'autres symptômes.

-Attendez... -Laissez-moi parler.

Je fais ce que vous m'avez demandé, je vous donne un avis professionnel.

Je suis pas une voyante.

Je peux vous brosser un tableau clinique :

Insomnies, pensées obsédantes,

sautes d'humeur,

aussi crises de larmes subites et douleurs thoraciques violentes.

Je me trompe?

Que vous le vouliez ou non,

quelque chose s'est passé pour vous le soir des attentats.

C'est dans vos paroles et à peine caché.

C'est ce que vous êtes venu me raconter.

Je vais pas faire comme si j'entendais pas.

-Vous auriez un petit café?

-On doit s'arrêter. C'est l'heure.

-On n'a pas fini, il s'est passé quoi, pour vous?

-On en parlera la prochaine fois.

-Combien je vous dois?

-Cette séance est gratuite. Disons qu'elle vaut comme test.

On parlera du prix la prochaine fois.

À la semaine prochaine? C'est d'accord?

-Je vais réfléchir.

-Je compte sur vous, M. Chibane. Bonne chance.

Sous-titrage : VECTRACOM

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.