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Original subtitles

Bonjour.

Salut.

Aucune empreinte digitale.

Aucun indice particulier.

Papier à machine courant.

Filigrane Gallia.

Les C ne sont pas à leur place.

Les É

n'ont pas la même frappe.

- Probablement Remington portative, modèle 1934.

-"Des éléphants encerclent son bras frêle.

"Ce soir encore, enfant câline et belle,

"Bouche mignonne et cils immenses,

"Tu partiras pour ta dernière danse." Encore une lettre

du même genre.

Le chef croit qu'il y a un lien avec les disparitions.

Je crois que c'est plutôt un blagueur qui veut nous charrier.

"Tu partiras pour ta dernière danse."

Comment vous appelez-vous ?

Lucie.

Joli nom.

Ça peut faire Lucette, et même Lulu dans l'intimité.

Vous allez trop vite.

Vous pensez ? Oh, non, non. Je parle de la danse.

Délicieuse. Oh, Paris !

Et vous êtes sage ?

Que voulez-vous dire ?

Pas d'ami, pas de petits ami, jamais ?

Je suis une fille honnête. Comment faites-vous pour vivre ?

J'habite chez ma grand-mère.

Ah! Quoi ?

Vous me marchez toujours sur les pieds.

Charmante. Alors vous travaillez ?

Ici, tous les soirs, sauf le dimanche.

Ne me serrez pas tant. Oh, pardon.

Et vous gagnez beaucoup ?

20 sous par tête de pipe. Avouez que ce n'est pas payé.

55, 56, 57.

57 francs, et il n'est que 23 h.

23 h seulement ?

Je suis déjà claquée.

J'ai les pieds en pâté de foie.

J'ai déjà perdu la boucle de mon soulier.

Il m'a piétinée, le gros porc.

I fallait rester aimable.

Le port du sourire est obligatoire.

Ça le regardait pas, si je suis vierge.

Je lui ai demandé s'il est cocu ? Il t'aurait fait renvoyer.

Je m'en irais bien.

Oui, fini. Je plaque la boîte.

Tu as trouvé quelque chose ?

Toi, t'es une bonne copine. Tu comprends les sentiments.

Lis cette annonce.

Tu as répondu ?

Je me dis que c'est peut-être la chance qui passe.

Elle passe si vite.

Cette fois-ci, je suis tombée sur un homme épatant.

Ah, ah. Qui veut m'épouser.

Quoi ? J'en vaux bien d'autres.

Je pensais pas à toi. Je pensais à cet homme inconnu.

- Qu'est-ce que je risque ? J'ai mes fétiches.

Lucie avait déjà pensé quitter le dancing plusieurs fois.

Elle voulait se marier.

La dernière annonce...

Que disait-elle, cette annonce ?

"On demande une jeune fille seule."

Elle n'a jamais prononcé un nom ?

Non. Jamais. Savez-vous

si elle avait des économies, quelques bijoux ?

Pas un sou.

Et en fait de bijoux, un bracelet avec des éléphants en ivoire.

"Des éléphants" ? Vous êtes sûre ?

Ces détails-là, une femme les remarque.

Attendez-moi un instant.

Allô ?

Allô ? L'inspecteur Lefébure, immédiatement.

Tenez-vous à la disposition de la police.

Le chef désire vous parler. Bien, monsieur.

Besoin de moi ?

Allez enquêter à ces adresses.

Sachez si ces femmes répondaient à une annonce disant :

"On cherche une jeune fille seule dans la vie." Urgent.

Mile Charpentier est là.

Faites-la entrer.

Mademoiselle.

Je vous en prie.

Vous étiez l'amie de Lucie ?

La camarade.

Quelle différence ?

On échange nos robes, pas nos secrets.

Vous pourriez me dire dans quel état se trouvait votre "camarade"

au moment de sa disparition ?

Lucie était très découragée.

Taxi-girl, c'est dur, et parfois...

Les hommes.

Les hommes, oui.

Lucie voulait se tirer de là.

Ces annonces, c'était un peu de rêve et d'espoir

dans une vie pas très gaie.

Toutes les femmes sont un peu romanesques, n'est-ce pas ?

Curieuse taxi-girl.

Oh, vous savez, la vie m'a appris pas mal de choses.

Déjà ? Pourquoi ce métier ?

Je fais des traductions. Ça ne suffit pas.

Quelles langues ?

Anglais et allemand. Ça pourra servir.

Relevez votre jupe.

Quoi ? Service des renseignements privés.

Je vous en prie. Un peu.

Merci. Bravo. Bien aimable. Mais je ne vois pas...

Patience.

Savez-vous faire un bœuf gros sel ? Répondez.

Je préfère le poulet au blanc,

avec de la crème fraîche, des morilles et des truffes.

Et connaissez-vous la sténo et la machine ?

Oui. Bon.

Savez-vous faire un pansement sommaire pour une blessure ?

Une blessure d'arme à feu ?

Entre autres. Je saurai.

Parfait.

Fermez les yeux.

Quelle est la couleur... Surtout, ne trichez pas.

La couleur du mur. Beige. Beige sale.

"Sale, sale." On n'a pas de crédits.

Levez-vous. Retournez-vous.

Maintenant, décrivez ma personne.

Vous n'êtes pas très grand, assez costaud,

plus beaucoup de cheveux, arthritisme.

Vous avez les yeux bruns un peu pochés.

Vous fumez trop.

Attention au cœur.

Vous portez une chaîne de montre et une alliance.

Vous prenez un air bourru pour cacher votre bonté

et vous adorez votre fille,

qui a 10 ans.

Ah!Là, vous me possédez.

Service des renseignements privés.

Dites-moi, mademoiselle Charpentier,

vous n'aimeriez pas changer de danse ?

Et ce serait vous, le chef d'orchestre ?

Vous avez compris ? Depuis le début.

Bon. Voilà.

La disparition de votre collègue

nous avait été... pas annoncée, mais indiquée

d'une manière détournée par une lettre anonyme.

J'en cherche l'auteur.

Comment puis-je vous aider ?

Pas bien reluisantes, hein ?

Qui s'y laisserait prendre ?

Croyez-vous qu'une taxi-girl puisse faire mieux ?

Je le crois.

Asseyez-vous.

Voilà.

Nous vous mettons en rapport

avec les gens publiant une annonce du genre :

"Recherche jeune fille seule dans la vie."

C'est mon cas, d'ailleurs.

Plus maintenant.

Nous rédigeons vos réponses, et vous allez aux rendez-vous.

Sous notre protection. J'ai pas peur.

Enfin, pas encore.

Réfléchissez bien, mon petit, avant d'accepter.

Moi-même, j'hésite pour vous.

Vous êtes si jeune.

Si... Et c'est tellement dangereux, ce que je vous propose.

J'aurai toujours l'œil sur vous.

Un œil amical.

De taxi-girl, je deviendrai fonctionnaire.

Mais sans rond-de-cuir, je vous préviens.

Je vais réfléchir.

Vous désirez ?

Ça m'est égal. Et à moi donc.

Elle chante.

Du feu ?

Une jeune fille sans préjugés.

C'est vous qui...

C'est moi qui...

Vous êtes plus jolie que sur la photo.

Merci d'être venue.

Curiosité.

Pourquoi votre cliente doit être "sans famille et sans préjugés" ?

Pour pas qu'elle me lâche à minuit :

"Ma mère va m'attendre."

Au moins, c'est franc. Je suis nature.

Alors, je t'emmène ? Non.

Je ne suis pas libre.

"Ma mère m'attend." Elle voudrait bien.

Sans faute, demain, ici, même heure.

Juré ?

Je vous jure que j'ai très envie de vous revoir. À demain.

Vestiaire, en vitesse.

Pardonnez-moi.

Peut-être que vous attendez quelqu'un.

Oui, monsieur. J'ai rendez-vous.

Alors...

Vous êtes Mlle Blanche ?

Oui, monsieur.

C'est bien vous qui m'avez écrit ? Mais oui, monsieur.

Je dois prendre toutes les précautions,

pour bien être sûr.

Par quel mot commence votre lettre ?

"Puis-je espérer être la première

"à répondre à votre annonce..." Elle finit comment ?

"Quelle hâte j'ai de vous rencontrer."

Mais d'ailleurs, vous m'avez reconnue.

Voilà.

J'ai besoin de vous.

Seulement 1 heure par jour.

Mais le travail est facile.

Et dans un certain sens,

c'est Un art.

Vous acceptez ? Oui.

Pourquoi vous acceptez si vite ? Vous ne savez pas

ce que je vous demanderai.

J'ai pas d'argent. Alors je fais n'importe quoi.

Le manque d'argent est toujours la raison

pour tous les vices, les crimes.

Condition essentielle :

une discrétion absolue

sur tout ce que vous verrez

et entendrez.

Je comprends parfaitement.

Voilà.

À 16 h. À demain.

À 16h.

17, impasse des Marronniers.

Vous êtes sans préjugés. Et vous, sans discrétion.

Aucune. Montez.

J'ai dit que... Pas libre.

Tu l'es, maintenant.

Qu'en savez-vous ? Je sais plein de choses.

Allez, monte.

Au fait, pourquoi pas ?

Vous m'avez suivie. On dirait.

Tu t'en doutais guère.

Où allons-nous ? Tu verras bien.

Touche pas à la portière. Tu pourrais tomber en sautant.

À propos, tu m'as bien dit que tu posais nue comme modèle ?

Oui.

Tu m'as bien dit aussi que tu t'appelais Gabrielle Denis ?

Oui. Ouais.

Pourquoi m'as-tu menti ?

"Menti" ?

Fais pas l'innocente. T'étais danseuse au Taxi.

Et après ?

Après,

t'es modèle autant que je suis peintre.

Allez, monte.

Tu t'appelles Adrienne Charpentier, n'est-ce pas ?

Pour répondre à des annonces louches,

on peut avoir des raisons de cacher son vrai nom.

Surtout quand on est de la police, hein ?

Est-ce que tu ne t'intéresserais pas à une certaine Lucie Baral ?

Ou à son assassin ? Inutile de crier.

La maison est vide. Cherche pas ton feu, il est là.

Non ! Je ne veux pas entrer.

Entre, bon sang.

Je t'avais promis de te l'amener. La voilà.

La concurrence. Regarde-moi ça.

C'est jeune, délicat. Tu te rends compte ?

Et chargée de pister les types dangereux.

J'ai commencé par lui ficher la frousse.

Elle a marché.

Une oie blanche. Et je dois veiller sur elle.

Ange gardien d'une oie, moi, inspecteur Batol.

Moi qui ai arrêté le grand Georges. Il baisse, le père Tenier.

C'est avec ça

qu'elle voulait se défendre.

Pourquoi pas un pistolet à bouchon ?

Pleurez pas, gamine. Le voilà, votre joujou.

Voici le vôtre, monsieur l'inspecteur.

Je vous attends ici. Si besoin, vous savez où je suis.

Altesse,

mesdames et messieurs,

mes chers amis.

Pears vous salue.

Je suis très heureux de vous revoir dans mon atelier.

Je vous ai réunis aujourd'hui

pour offrir à vos yeux

et proposer

à votre goût ma nouvelle collection de modèles.

Comme d'habitude, vous allez avoir la faveur

d'admirer les premiers

un ensemble absolument unique

et précieux.

Mais à qui parle-t-il ? Répète-t-il un rôle ?

Il n'y à personne. Pour lui, la salle est pleine.

Il est heureux. Ça ne fait de mal à personne.

Voici donc les dernières créations de mon art

et de mes insomnies,

pendant lesquelles j'ai senti

battre contre mon front

l'aile du génie.

Rêve de jeunesse.

Si Votre Altesse impériale

veut bien considérer la douceur de la ligne,

et cette ondulation de nymphe dansante.

Fraîcheur première, premières ardeurs.

Toute la volupté d'une vierge

qui s'éveille.

Et ces accords secrets du vert acide

et du blanc de zinc.

C'est le fameux Pears ? Si vous l'aviez connu à l'époque,

un roi de Paris, de Londres, de New York.

Les fêtes qu'il donnait, l'argent qu'il dépensait...

Et ses concurrents l'ont ruiné. Évidemment.

Il n'a confiance qu'en sa vieille habilleuse.

Il a eu d'autres mannequins ? Elles n'ont pas dû faire l'affaire.

Que sont-elles devenues ?

Il s'énerve.

Euh, Marie. Va m'acheter des cigarettes.

Vous partez ? Oui.

Vous oubliez quelque chose, ma chère enfant.

'ai la mauvaise habitude de payer toujours mes dettes.

Scrupuleusement.

Je paye après chaque séance.

C'est drôle.

C'est très drôle.

C'est parfaitement grotesque.

Excusez-moi, mademoiselle.

Je n'ai pas d'argent sur moi.

Voulez-vous accepter

un petit acompte, c'est-à-dire...

10 francs ?

Ça ne fait rien. Vous me payerez la prochaine fois.

Pas encore.

Je vous prie.

Vous me croyez fou, n'est-ce pas ?

Si.

Marie, elle vous l'a dit, certainement.

Et...

vous le pensez aussi.

Vous le pensez, parce que...

je vous fais présenter des robes

devant une assemblée de fantômes.

Et parce que...

je parle aux chaises comme à des êtres vivants.

Voulez-vous que je vous prouve

que je suis tout à fait normal et parfaitement lucide ?

Écoutez.

Vous n'êtes pas la jeune fille

seule au monde

qui cherche à gagner son pain comme vous m'avez dit.

Vous êtes une espionne.

N'est-ce pas ?

Oui ou non ?

Où sont les femmes qui ont travaillé ici avant moi ?

Pas très malin.

Bien.

Venez avec moi.

Je vais vous...

montrer ce que vous cherchez.

Les modèles de Pears que vous cherchez.

C'est bien Carelli

qui vous envoie. Non.

Mon pire ennemi.

Il m'a pillé.

Il m'a ruiné.

Il à ruiné toute ma vie.

Cette fois-ci,

il n'aura rien.

Rien, rien.

Rien.

Tout brûlera !

Tout brûlera !

Au secours ! Au secours !

Mon génie... Au secours !

...est immortel.

Batol !

Batol !

Concerto.

Ça manque de jolies femmes. Je ne t'ai pas obligé à venir.

Tu trouves ça drôle, de voir un derrière de chef d'orchestre ?

Écoute la musique.

Oh, la musique sans paroles, moi....

Je m'en vais. Au revoir.

Je reste.

Vous avez passé notre ordre ?

J'ai mis la main sur le paquet d'actions. Pas cher.

À demain au bureau. À demain.

Monsieur le ministre.

Monsieur le surintendant des plaisirs parisiens.

Puis-je mettre ce titre sur ma carte ?

Mon pouvoir ne va pas jusque-là.

Merci.

Mon rendez-vous n'est pas venu. Je veux rester jusqu'à la fin.

Je m'en vais. Mes vernis me brûlent les pieds.

Et comme ça, j'ai l'air d'un croque-mort.

Le smoking vous va très bien.

Alors c'est moi qui lui vais pas.

Oh, puis ces faux cols, oh là là !

Je me sauve.

À bientôt. On se reverra

plus d'une fois. Au revoir. Au revoir.

Donnez-moi un peu de champagne, comme Madame.

Ça n'a pas rendu, le fauteuil 66 ?

Méfiez-vous des barbouzards.

Ce sont des chastes ou des satyres.

Vous lui faisiez pourtant des sourires engageants.

Tchin-tchin.

Donnez-moi un tilleul, pas trop fort.

Non. Donnez-moi un Joker, plutôt.

Un très joli concert, n'est-ce pas ? Oui.

Bonsoir. Mme Bonnard est souffrante ?

Jamais souffrante. Occupée.

Et la Bourse ? Un peu souffrante.

Madame est bien au fauteuil 68 ? Oui.

Quelqu'un attend Madame au foyer.

Vous partez déjà ? C'est dommage.

Que Madame m'excuse de la déranger,

votre rendez-vous n'a pas pu venir.

Je dois conduire Madame. On l'attend.

Bien.

Flamenco.

Madame ? Table 7.

Par ici, madame.

Ah, vous ?

Vous êtes persévérant. Vous avez bien fait de me suivre.

Pas pour longtemps. Attendez. Regardez-moi.

Je suis l'auteur de la lettre anonyme.

Vous ?

J'ai pas l'air anonyme ?

Je sais pas.

Eh ben, moi non plus.

Vous commencez à sourire. Restez.

Comment avez-vous su ?

J'ai interviewé le barbouzard.

Vous êtes vraiment un...

Exactement.

Vous m'amusez.

Bon début. Attendez la suite.

Si je pars, vous croirez que j'ai peur.

Et si vous restez, je saurai que vous le voulez.

Enlevez votre fourrure. Ça n'engage à rien.

À rien. Il fait chaud.

Maître d'hôtel,

Heidsieck Monopole bien frappé.

Non.

Moët & Chandon, brut impérial.

Voyez-vous ça.

Ce n'est pas ce soir que vous finirez tôt.

On se couchera pas avant l'aube.

[ci, vous êtes chez vous ?

Un associé dirige le service des bureaux.

Moi, gratte-papier...

Vous préférez le service de nuit.

C'est ma spécialité.

J'ai dans Paris une demi-douzaine de cabarets avec des attractions,

des numéros sensationnels de partout, toujours des succès.

La chance, quoi ?

La chance est une femelle. J'ai su la mater.

L'apprivoiser. Nuance.

Force et douceur.

C'est ma devise. Et la vôtre ? Méfiance.

Tu vas voir. Bientôt, le tango langoureux.

Il la fera danser.

Il lui dira des mots troublants.

Ce menteur, ce lâcheur. Ce charmeur.

Au fait, comment vous appelez-vous ?

Adrienne Dupont. 22 ans,

enfant trouvée sur les berges de la Seine.

Taille : 1,64 m. Mannequin : 42.

Signe particulier :

n'aime pas les hommes trop sûrs d'eux.

Ça vous passera, ma petite.

Ils sont drôles, vos yeux, de près.

On dirait deux lacs de montagne,

avec le reflet des sapins sur les bords.

Et deux petites Îles dorées au milieu.

S'il vous plaît. Oui.

Il faut que je parle à M. Fleury.

J'ai essayé de le joindre. J'ai une grande attraction.

Le contrat est prêt. Il n'a qu'à signer.

Veuillez m'excuser, mais M. Fleury est en main.

Je ne peux pas le déranger.

Caviar, poulet en gelée, salade russe, fraises.

Il manque plus que les fleurs.

Ce serait facile si toutes avaient le même goût.

Non. Je préfère les roses thé.

Roses thé.

Bien, madame.

Roses thé. Merci.

Roses thé.

Passeur.

Roses thé.

Roses thé. Roses thé.

Cette mélodie, on la joue souvent, ici.

Ce soir, elle me paraît neuve

parce que vous l'écoutez pour la 1re fois.

Dans tous les pays Quand j'ai voulu parler d'amour

Deux mots seuls m'ont suffi Pour être compris toujours

À New York, en Suède A Rome, à Tolède

Ces deux mots sont Mon amour

Mon amour

C'est doux, c'est grisant C'est court, mon amour

À Venise, à Tahiti C'est l'infaillible sésame

Pour séduire ces dames Je vous le garantis

Mon amour

Ça vaut mieux qu'un long discours Mon amour

Ce refrain résume tout

Il renferme la promesse

Des tendres caresses Des baisers les plus fous

Ces mots, ça veut tout dire

Soyez gentille, j'attends

En moi, tout vous désire

Ne me faites pas attendre Trop longtemps

Mon amour

Je rêve à vous nuit et jour Mon amour

Ne soyez pas rebelle

Au bonheur qui nous appelle

Puisque pour toujours Vous serez mon amour

Je vous livre mon secret

Il est d'un grand secours

Si vous vous trouvez à court Pour faire un doigt de cour

À votre voisine d'une voix câline

Dites vite "mon amour"

Messieurs, vous avez compris.

Penchez-vous doucement vers votre voisine.

Dites-lui : "Mon amour” d'un air très gentil.

Les résultats seront extraordinaires.

Attention... 1, 2, 3.

MON AMOUR Bravo.

C'est doux C'est grisant, c'est court

MON AMOUR Bravo.

Vous n'avez qu'à murmurer ce refrain

Près d'une oreille

Il est sans pareil Pour se faire adorer

Attention, le petit père. MON AMOUR

En retard.

Allez-y, ça prend toujours

MON AMOUR Dites donc. Ça va bien ?

Je vous vois après.

Il chantonne.

Il n'est pas de femme qui puisse résister

Je vais demander aux dames de faire joujou avec les messieurs.

C'est-à-dire que les messieurs ayant dit amoureusement "mon amour”,

les dames doivent répondre langoureusement "mon amour".

En mesure, "mon amour”, "mon amour.

Ça va ? Attention.

MON AMOUR MON AMOUR

C'est le plus joli bonjour

MON AMOUR MON AMOUR

Mesdames ou mesdemoiselles

Nous jurons d'être fidèles

Puisque pour toujours

Vous serez nos amours

Allô ? L'agence Rossignol ?

Allez me chercher M. Rossignol.

C'est vous ? Alors ?

Comment ? Rien de nouveau ?

Vous vous tournez les pouces.

Mais non. J'en sais rien. C'est votre métier, ça.

Si je connaissais son adresse,

je vous aurais pas demandé de la trouver.

Écoutez, comme détective, vous êtes plutôt à la noix.

Parfaitement, monsieur. À la noix.

Et je suis poli.

Qu'est-ce que vous attendez ?

La fermeture ou une augmentation ?

Allez voir dans votre bureau si j'y suis !

Et vous, là ? Mon vieux rusky,

ne me faites pas ce regard de chien battu.

Qu'y puis-je aux malheurs de vos Russies ?

Vladimir Vasilievitch. Allez, ouste !

Ce que je suis nerveux.

Je ne suis pas

ton directeur de conscience.

Tu as prélevé sur l'affaire, depuis 1 an et demi,

pour le jeter aux moineaux - il s'agit en fait

d'autres volatiles - plus d'1,7 million.

Ça te regarde ? Et après ?

Après, tu continueras, mais j'aurai rempli mon devoir d'ami.

Remplis ton portefeuille. Ça m'amuse de vider le mien.

La dame en noir n'a pas marché ?

Elle sait pas ce qu'elle perd.

Allô ?

Quoi ? M. Carioni.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Quoi ? Sept quoi ?

Vous êtes tapé, voyons !

Sûrement. Il y a erreur.

Oui. Venez, venez vite.

Quel est le sombre crétin qui a engagé sept nains de Sibérie

avec leur suite ?

Tout un village et pour 5 ans,

et pour le Monaco qui reste fermé l'été ?

C'est moi qui ne suis pas sérieux ? Je m'absente pendant 24 heures,

et on fait un concours de schnockeries ! Attends.

Ah ! Vous voilà tous.

Quel est le crâne de piaf,

et je suis poli,

quel est le crâne de piaf qui a engagé, et pour 5 ans,

7 nains de Sibérie ?

Personne, bien entendu.

Ah, je comprends. La Sibérie est russe.

Des compatriotes de M. Vladimir Vasilievitch Sergueiev.

Ne dites pas non.

Vous avez fait du bon cœur avec mon fric. Hein ?

Me voilà, et pour 5 ans, avec un troupeau de nains sur les bras.

Non ! Je retiendrai ça sur vos appointements.

Allez, filez !

Cosaque, va !

Il faut que je m'occupe de ce qui se passe ici.

Rien ne va comme je voudrais. En effet.

Mais pas ici. Ça va, mon vieux.

Une de perdue... Bien sûr, mais celle-là...

Quoi, "celle-là" ? Tu vas me foutre la paix !

M. Carioni.

Ben, faites-le entrer.

On va rire.

Carioni, lui-même.

Messieurs, une bonne nouvelle.

Vos nains

sont en route. Deux wagons complets.

J'ai fait l'impossible

pour qu'ils puissent débuter vendredi prochain au Monaco.

Qui a signé le contrat ?

Vous.

Moi ? Quand ?

Cette nuit, au bar du Scaramouche.

Faites voir le contrat. Vite.

Je vous l'ai dit.

Unique, incomparable. Un événement dans l'art

du music-hall. Je vois en lettres de feu

sur la façade du Monaco :

"Robert Fleury présente ses 7 nains de Sibérie."

Pour des nains, des demi-bouteilles auraient suffi.

S ans.

Mon cher Vladimir, voici pour tes compatriotes.

De la part de Blanche-Neige.

Je regrette, la place est prise depuis ce matin.

Tant pis.

Vous m'avez donné rendez-vous ?

Non. C'est mon frère aîné. Mais il a été appelé par l'armée.

Alors j'ai pensé que peut-être je pourrais le remplacer.

C'est tout à fait gentil. Merci beaucoup.

Voilà la jeune personne que j'ai choisie pour vous.

Je crois qu'elle est ce que vous cherchez.

Belle gosse, élégance naturelle, de la ligne, d'aimables rondeurs.

Mannequin 42 ?

Vous êtes Raymonde Blanchard ? Oui.

J'ai vu vos certificats. Excellentes références.

Une perle.

J'en accepte l'augure.

Alors, voici.

Je vous propose une grande maison, argenterie, fourrures, bijoux, caves,

portefeuille international...

Sans hypothèque. Des gens bien.

Monsieur, zéro, Madame, une toquée, et le fils, Un petit noceur.

Si vous êtes gentille et intelligente...

Si vous êtes intelligente, vous serez gentille.

...Je vous garantis une situation pleine d'avantages.

- Toutes les jeunes filles qui ont travaillé avec M. Maxime

ont dû se faire enlever, parce que jamais aucune

n'a remis les pieds ici.

Votre prix ? 500 francs.

Disons 1000. 500 pour vous, 500 pour moi.

Je touche la moitié de vos pourboires.

Affaire conclue ?

J'accepte.

Paul, vous avez fait marcher la radio trop tard, cette nuit.

Si ça se renouvelle, je vous la supprimerai.

Quant à vous, Nicolas,

vos lilas étaient encore verts.

Vous demandez du lilas, il n'est pas encore éclos.

Ça me regarde pas.

J'ai demandé des fleurs, pas des herbes.

Compris ?

C'est vous qui avez recollé

les ailes de l'amour ? Ily a une à l'envers.

Ça ne gêne pas l'amour, mais c'est déplaisant.

Ils s'en apercevront pas.

Il ne s'agit pas d'eux, mais de moi.

M. Maurice veut la voiture pour 10h 30.

AN ça suffira. Mais...

J'ai dit. Qui commande, ici ?

Vous n'aurez plus rien.

Allez promener Coucou.

Il peut crever. Promenez-le vous-même.

Vos ordres, je me les mets quelque part.

Je suis la camériste de Madame. Compris ?

Si vous le voulez, M. Maxime, j'irai promener Coucou.

Merci.

Bonsoir, mon petit.

On ne fume pas, chez moi.

Si vous ne vous en êtes pas aperçue,

c'est moi qui décide ce que l'on fait ou pas

dans cette maison.

C'est quoi ?

Pas une cotte de maille. En amour, je suis réactionnaire.

J'ai horreur des pyjamas. Mon 1er cadeau.

Tu en auras d'autres, situ m'accordes tes faveurs.

Fais-moi la faveur de ne pas allumer une 3e cigarette

qui suivrait le même chemin que les précédentes.

Comment ose-t-on me répondre sur ce ton ?

Stupéfiant ! Je suis stupéfaite

qu'on ose m'offrir une chemise de nuit.

Je viens les mains pleines,

et tu me reçois comme... Chut !

Tu vas réveiller Madame. Elle va compter ses chemises de nuit.

Ton impudence me renverse.

Vois-tu, Maxime,

les lingeries somptueuses, les assauts directs

étaient peut-être du goût des précédentes.

À moi, il faut quelques préliminaires,

des attentions, des fleurs.

Pourquoi pas des vers ?

Pourquoi pas ?

Je suis romanesque. Je ne cède qu'à la douceur,

qu'à une conquête sentimentale.

Bonne nuit, mon ami.

Évidemment.

Tu n'es pas comme les autres.

Je comprends.

Tu veux que je parte quand je te comprends ?

Reste si tu veux.

Ça m'est complètement égal.

Tu ne me gênes pas plus que la table.

Tu es moins utile.

Tu devais les trouver plus soumises, les autres.

Tu en faisais ce que tu voulais.

Ne t'occupe pas des autres.

Tu es seule en course.

Et le partage moitié-moitié des gages, des pourboires,

n'y compte pas.

À quoi vas-tu penser ?

Tu mélanges torchons et serviettes.

Maxime ! Madame ?

Passe-moi la glace.

Tu as des cigarettes ?

Celles de Madame. Du feu ?

Pas mauvaises.

Assieds-toi là.

Mon petit Maxime,

sais-tu pourquoi j'ai accepté cette place ?

C'est que j'ai eu beaucoup de sympathie pour toi.

Je t'en ai trop dit pour aujourd'hui. Bonsoir.

Tu ne vas pas t'enfermer à clé ?

Pourquoi ? Qui viendrait me déranger ?

Maintenant... bonne nuit pour de bon.

Dis-moi.

Tu ne veux pas la garder, pour de bon ?

Soit. Range-la dans l'armoire.

Et si tu es sage, très, très sage,

je la porterai peut-être un jour.

Une dernière chose : ne me tutoie pas devant le personnel.

Comptez sur moi, monsieur Maxime.

Merci, mademoiselle Raymonde.

Les jeunes filles qui m'ont précédée s'appelaient Louise Simon

et Françoise X. Personne ne se rappelle son nom de famille.

Mais elle venait du même bureau de placement que moi.

Que Tenier cherche où elles sont allées.

On lui dira.

Et vos patrons, ils sont gentils ?

Gros argent, pauvres gens. C'est tout.

Et les camarades ?

Le majordome est toujours très chaud.

Hé, là ! Doucement. J'ai de la défense.

La gouvernante, qui me faisait des yeux féroces, est devenue

trop aimable.

Elle veut me présenter un ami de passage à Paris.

Un type qui habite Athènes.

Je flaire quelque chose de pas très orthodoxe.

Enfin !

On verra. !l faut que je ramène le chien.

Ils appellent ça "un chien" ? On dirait un pou ou une chouette.

Vous parlez d'une combine !

Nous apportons notre raison sociale. Vous y gagnez.

Peut-être.

Avec moi, on ne perd ni son temps, ni son argent.

On ne s'embête pas à vos revues. Quels déshabillés !

Et vous n'avez pas encore vu ces dames.

Non. Maxime, on a soif !

Tu me tires un télégramme.

Tu me fais lâcher Toulon en plein concours de boules, à moi !

J'arrive, et tu n'as pas l'affaire cuite ?

Je te rembourserai ton voyage, si la fille ne...

Le chef du Palace à Athènes.

Mes hommages les plus respectueux.

Je suis très heureux de vous connaître.

J'invitais Valérie au bal du Cordon bleu dimanche.

J'espère que vous venez aussi. Je serais charmé.

Au "Cordon bleu" ? Je ne sais pas cuisiner.

Peu importe !

- J'accepte, avec plaisir.

Raymonde !

Montez. Préparez la table.

Whisky, porto, tout est là-haut. Je vous rejoins.

Qu'est-ce qu'il est venu faire ? Que disait-il à Raymonde ?

Tu l'as dans le sang. Tu laissais faire, pour les autres.

Les autres, je m'en foutais. Mais elle...

Monsieur se la réserve ? Ça ne te regarde pas.

Entendre ça. Je t'ai tout donné, moi. Tout.

Mon argent, mon cœur, ma conscience.

Trouve plus chienne que moi. Il s'agit pas du passé.

"Du passé" ?

Écoute, Maxime, je t'ai laissé faire tes saletés.

Madame, elle prend plus que tu donnes.

Les filles de cuisine, après tout, tu n'es qu'un homme.

Mais cette Raymonde, non ! Non et non !

Je te garantis qu'elle va filer... La ferme !

Et moi, je te garantis que si vous m'enlevez Raymonde,

je suis capable

de vous...

- On peut en commander de plus récents.

- Quel taux ?

- La banque donne 3 %.

C'est un placement de père de famille.

Mais un music-hall.. Les pères de famille viendront pas.

Qu'en pense mon associé ?

Il y consent.

- Alors 4,5 en 1er prélèvement sur nos recettes.

Je préférerais une échelle mobile.

Par exemple, 4,5 %..... Je vais chercher les papiers.

On va vous les apporter. Continuez. Je reviens.

Non. Pas par là. C'est le service. Oui. J'y serai plus vite. Merci.

Sacré Fleury. Dès qu'il y a un jupon...

Enfin, je vous tiens. J'ai mis le temps. Je ne vous lâche plus.

J'ai ce que je veux. Je vous l'ai déjà dit, Adrienne.

Raymonde, monsieur. "Raymonde."

"Le mystère de la dame en noir, 2e épisode.

C'est joli, cet ensemble. Vous avez changé de couturière ?

Mais pas de visage, heureusement. Ni de...

Ce que j'en ai fait, des concerts pour vous remettre la main dessus.

Chopin, Ravel, Debussy, je les connais tous, maintenant.

Il y à qu'Adrienne, enfin Raymonde,

que je ne connais pas encore. Elle m'a échappé.

Vous trouvez une femme de chambre qui prie M. Fleury de la laisser.

Monsieur désire quelque chose ? Oui.

Un bouton de mon veston a lâché.

Mademoiselle va avoir l'obligeance de le recoudre.

Eh bien, merci, mon ami. Merci.

Monsieur a le bouton ? Ça va bien.

Pourquoi m'avoir laissé en carafe ?

Charmante soirée, et puis, plus rien.

C'est pas chic. Je méritais mieux.

J'ai pas osé. Monsieur doit comprendre.

Un monsieur et une femme de chambre...

Je souhaite aux dames d'être aussi distinguées que vous.

Domestique... Ça reste à voir, ça. Et je verrai.

Pas le temps pour les discours.

Quittez ça. Je vous arrache au servage.

Je peux quitter le servage comme ça ? Hop !

Oui. "Hop", le tablier par-dessus les moulins.

"Hop", tout le reste aussi. "Hop", plus rien.

Que vous.

Non, monsieur Fleury.

Pas tout de suite ? Quel est votre jour de sortie ?

Je me débrouillerai. Dimanche, une balade en auto. Ça vous irait ?

C'est que dimanche, j'accompagne la gouvernante au bal du Cordon bleu.

La fête de la tambouille.

Cuivres.

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

le jury du Cordon bleu, après délibération des membres,

décerne cette année le 1er prix d'art culinaire, un four de marque,

à Mme Sidonie Le Guellec.

Pour sa bécasse farcie de foie gras truffé en cocotte.

Mme Sidonie Le Guellec.

Et un ban pour la bécasse.

Sidonie, parlez, je vous prie.

Le micro ne mord pas. Donnez. Non.

Je suis bien contente d'avoir gagné.

J'espère faire mieux la prochaine fois.

C'est très bien.

Maintenant, le 2e prix, une caisse de quinquina,

à Mlle Rose pour ses rognons de veau panés

aux cèpes sauce Colbert.

Approchez. Dites un mot à notre distingué auditoire.

Je suis très "gagné" d'avoir "contente".

J'espère faire "fois" la prochaine "mieux".

Musique.

Bien sûr. C'est tentant, très tentant.

Une croisière, la mer, l'Olympe.

Mais, M. Oglou, voyager avec un homme qui n'est pas mon mari...

J'avais prévu votre pudeur.

Je serai dans une cabine. Vous, dans une autre.

Seule ? Avec deux gentilles dames françaises.

Elles vont se marier là-bas. "Se marier" ?

Bon, alors... Vous êtes décidée ?

Il part quand, le paquebot ? Après-demain, à 23 h.

Et il s'appelle comment ? Amiral Doriatis .

Amiral Doriatis .

Et la fameuse sauce Colbert, comment la faites-vous ?

Voilà.

Faites fondre la graisse de viande.

Ajoutez un peu de beurre et mettez du citron.

Et du sel et du poivre. Pleurez pas. Une si bonne sauce.

Écoutez. Moi, je vous le donne, le 1er prix. Là.

Mais qui est cet homme ? Cet homme ?

Ben, c'est...

Un chauffeur.

Mais pourquoi pleure-t-elle ? Elle a raté sa sauce Colbert.

C'est comme le fils de la cuisinière. Il pleurait toujours.

Pourquoi ? Je vais vous le dire. Asseyez-vous.

Il arriva au monde un jour de pluie

Pendant que sa mère épluchait Des oignons

C'est pour cela que plus tard Dans la vie

Dans toutes les grandes occasions

Il pleurait comme une Madeleine

Il pleurait, pleurait, pleurait

Il pleurait comme une fontaine

Toutes les larmes de son corps Y passaient

Oh là là, quel cafard Oh là là, quel cafard

Pour applaudir Le plus grand des comiques

Au cinéma, tout Paris s'entassait

Il alla voir ce phénomène unique

Et quand tout le monde rigolait

Il pleurait comme une Madeleine

Il pleurait, pleurait, pleurait

Il pleurait comme une fontaine

Toutes les larmes de son corps Y passaient

Oh là là, quel cafard Oh là là, quel cafard

Sur le boulevard Une belle hétaïre

Folle d'amour, lui offrit tout

Tout, tout

Il la regarda

La prit sans rien lui dire

Et quand elle cria

Oh, oh Oh, c'est fou

Il pleurait comme une Madeleine

Il pleurait, pleurait, pleurait

Il pleurait comme une fontaine

Toutes les larmes de son corps Y passaient

Oh là là, quel cafard Oh là là, quel cafard

Désespéré de se voir aussi triste

Il alla voir un docteur de renom

Quand il apprit Par ce grand spécialiste

Le jour de sa guérison

Il pleurait comme une Madeleine

Il pleurait

Comme une Madeleine Toutes les larmes, oh là là

Bonjour, Raymonde.

Je suis content. Des années que je t'ai pas vue.

Tu n'as pas changé. Toujours ravissante.

Bonjour, monsieur. Constant, un copain de Raymonde.

On a travaillé ensemble toute une saison à Deauville.

Quel bon temps ! Tu te rappelles ?

Les petits bains de mer, les gros pourboires.

Champagne. Je suis content de la voir.

Monsieur le serveur ? Moët & Chandon brut impérial.

Ça te plaît, ça ?

Vous aimez le luxe.

"Le" quoi ? Le luxe.

Vous savez, mon patron m'a donné des habitudes.

Vous êtes étranger.

Je suis chef du Palace à Athènes. "Athènes" ?

J'y... Nous y sommes allés.

Avec mon patron. En voiture, oui.

On était descendus à l'hôtel...

La grande baraque rose, là, sur l'avenue. Un nom à rallonge.

Vous voyez.

La grande avenue qui mène au port. L'avenue du port.

Mais non. Non. Un bonhomme qui a fait la révolution.

Depuis la révolution, on a changé tous les noms.

On est allés aussi à Delphes, voir le théâtre.

Comme escaliers, ça bat le Casino de Paris.

Vous connaissez, bien sûr.

Grandiose.

Comme vous dites, oui. Je savais même dire bonjour en grec.

Comment vous dites ?

Vous savez, il y à plusieurs façons de dire bonjour en grec.

Moi, je fais simplement comme ça avec la main.

Comme ça.

Ben, ça y est. Je parle grec, alors.

Charmante soirée, Raymonde.

Voulez-vous que nous partions ? Excellente idée.

Non, non. Garçon.

Excusez-moi un petit moment.

Moins 5. Tu allais filer avec elle.

Je te l'avais interdit.

Ça ira comme je voudrai et quand je voudrai.

Fous le camp.

Alors c'était inutile de me faire monter de Toulon,

en pullman pour arriver plus vite. Retournes-y.

Je compte jusqu'à 3.

Fous le camp, je te répète.

1,2....

Et 3.

Si ces messieurs veulent bien me suivre.

Rendez-moi toujours mon chapeau.

À nous deux, Raymonde.

Ce gars, ça me déplaît qu'il rôde autour de vos jupes.

S'il insiste, il aura affaire à moi.

De quel droit ?

Mes relations vous regardent ? Oui.

Parce que je vous ai choisie.

Une de plus ? Très honorée. Non, non. Une toute seule.

Ça vous paraît impossible ?

Surprenant.

Déjà la retraite ? À deux, c'est pas mal.

Quand on s'aime.

Vous rêvez les yeux ouverts. Non.

La preuve :

même les yeux fermés, je vois bien un petit appartement douillet,

à Passy, et une femme délicieuse... À qui son bel amant rend visite.

Nuit et jour. On livre à domicile.

Il a ses clefs, bien entendu, son pyjama.

Les cravates du monsieur voisinent avec les soutiens-gorge de la dame.

Le blaireau avec la houppette.

La femme la plus élégante de Paris.

Auto, fourrures, bijoux, le programme est complet.

Magnifique !

Qu'est-ce qu'un homme comme vous

peut désirer d'autre qu'une maîtresse à disposition ?

Ily a un pépin ? Que vous demander de plus ?

Une 8 cylindres vaut toutes les attentions,

un solitaire achète la pudeur, une hermine, la tendresse.

Pas du tout. Vous déraillez.

J'ai un cœur. Moi, je vous aime.

Ne dites pas de mensonges.

Ne dis pas que je ne le pense pas.

Ne me tutoyez pas.

Je me suis fiancée avec lui hier.

Eh ben, ma chère enfant, bravo.

Avec mes meilleurs vœux. Merci.

Soyez heureuse. Je le suis.

Restez-le. J'aime et suis aimée.

Il ne manquerait plus qu'il ne vous aime pas.

On le ficherait en taule. Et comment !

Vous permettez ?

En tout cas, si des fois, vous avez besoin d'un copain solide...

On ne sait jamais.

Pensez à Batol. Sûrement.

Vous avez été plusieurs fois en danger, sans vous en douter.

Je m'en doutais.

Mais la petite oie avait son ange gardien.

Encore merci, mon bon ange.

Sans vous, je n'aurais plus d'ailes.

Parlons affaires une dernière fois.

Toute la bande est arrêtée ? Même un comparse,

cueilli à bord de l' Amiral Doriatis grâce à vous.

Vous allez me manquer, à moi aussi.

À quand la noce ? Vous m'invitez, je pense.

Mardi, d'abord. Fiançailles officielles de 5 à 9.

Monsieur Tenier, sans vous faire de peine, j'aurais voulu que...

Que l'élu ignore vos prouesses policières ?

Oui.

Le meilleur citoyen a horreur de la police.

C'est qu'on voudrait pouvoir s'en passer.

Et pas moyen.

Alors, adieu, femme perdue. Pas pour tous.

Monsieur le commissaire.

Vous allez m'expliquer pourquoi

je suis arrêté, enchaîné, emprisonné.

Je suis citoyen étranger. Je proteste avec la dernière indignation.

M. Oglou proteste. Vous lui avez volé ses papiers.

Mais Louis René Martial, dit La Rascasse, ici présent,

ferait bien de garder sa salive pour les explications à fournir.

La Rascasse est dans le bain. Emmenez-le.

Ho, eh ! Toi, des formes, s'il vous plaît.

Vous protestez aussi de votre innocence ?

La bonne foi n'a pas besoin d'éclat.

Je suis maître d'hôtel. Je dirais mieux : majordome.

Je suis de grande maison.

Pas de maison close.

Pas mal.

Vous ignoriez le trafic de femmes de votre associé

La Rascasse ? Totalement.

Menteur ! I[ ment, monsieur le commissaire.

Je le sais. C'est lui, le chef.

Je suis sa maîtresse. Je lui avais procuré cette place.

Je le servais comme une bête.

Il n'arrêtait pas de me tromper avec les filles de la maison.

Et je devais les amadouer pour les refiler à Martial.

Martial les expédiait à l'étranger.

La jalousie égare son imagination.

- Pourquoi n'avez-vous pas parlé plus tôt ?

Je l'aimais.

Je voulais qu'il m'épouse.

Alors je ne disais rien.

Maintenant, ça m'est égal. J'ai trop souffert.

Un sale maquereau, M. le commissaire. Voilà la vérité.

Et un beau mufle.

Maxime, vous êtes servi.

On dit :

"Monsieur est servi."

Chéri, je prends ça ? Bien sûr, oui.

Bien, madame.

C'est vrai que tu te maries ? Félicitations.

Merci.

Chéri, je vais l'essayer. Je m'en doutais.

Chameau !

Oui, c'est joli. Mais un peu gros. La bague te plaît ?

Oui. Vendu.

Par ici, monsieur. Bien.

Voilà.

J'en ai assez, de la grande vie.

Si. Pas toi ?

On pourrait supprimer le voyage de noces, non ?

C'est bon pour ceux qui ont peur du cœur à cœur.

Alors ils se rattrapent sur le paysage.

Si tu veux, on ira dans ma maison des landes.

À Morlaix. Toi, moi....

Ça suffit. En ermite.

Tu verras la mer, la forêt...

Personne : pas un voisin, pas un homme.

À des lieues ! Ni une femme.

Je vous jure que depuis que je vous ai rencontrée,

jamais aucune femme

n'a touché à moi.

"Suzanne, Henriette, Françoise,

"Louise, Florence, Eugénie, Nadine."

Toutes vivantes.

Sinon en bon état.

On va les rapatrier.

Affaire réglée.

Pas tout à fait.

Il n'y à dans le lot ni Anne-Marie, ni Arlette, ni Lucie.

L'auteur des lettres et des annonces court toujours.

Donc...?

On remet ça.

Il me le faut !

C'est quoi ? Le harem.

Faites voir. Non, non.

Ce n'est pas pour les petites filles.

La victoire est éclatante. Périlleuse.

Pour toutes ces jolies filles, je suis l'ennemie publique n° 1.

Quelques-unes l'ont peut-être aimé.

Ily à de si curieuses façons d'aimer.

Moi aussi, je vous aime. À ma manière.

Votre jeunesse, cet élan vers la vie... C'est émouvant.

Vous attendez tout de l'avenir, non ?

Beaucoup.

Commençons par détruire les traces du passé.

Non. Robert s'en chargera.

Oh là là.

Quoi encore ? Rien.

Robert s'en chargera. Où est-il ? Là-haut.

_ Je le rejoins. À tout à l'heure.

Les fleurs pour Mlle Adrienne.

Fraîches du marché.

Je venais de votre part. J'ai pas eu à payer.

Ça leur faisait plaisir.

Il y a de braves gens.

Du nouveau, chef.

De la part de l'Identité judiciaire.

Qui est-ce ?

Mon oncle Henri. Tu permets ? Tu vas me le présenter.

Mon oncle... Charmé de vous recevoir.

Vous m'excusez... Le ministre vient d'arriver.

Vous permettez ?

Il faut que je vous parle. Venez.

Monsieur Tenier, voilà.

Je regrette de vous gâcher la soirée...

Jamais je n'ai trouvé mon métier aussi dur.

Cette fois-ci, il s'agit de vous.

Vous avez du cran ?

Lisez.

"Double torsade." Mais...

Je ne comprends plus rien !

C'est tellement affreux.

Ouvrez le tiroir.

Lucie Baral.

Son bracelet.

Vous.

Moi.

Il faut que je lui parle. Non ! Moi d'abord.

Je sais que je peux vous faire confiance.

Je vais l'appeler.

Tu me fais lâcher nos invités ?

Qu'est-ce qu'on a fait à ma petite ?

Elle a l'air malheureux.

Robert...

Je veux que tu m'expliques comment ces objets se trouvent là.

Quels objets ?

Ah... Tu fais déjà mes tiroirs !

Jalouse !

Il va falloir que je ferme à clé.

Eh bien ? C'est toi, ça.

Comment cette photo est venue ici ?

Voilà ma question.

Je l'ai envoyée à des douzaines d'hommes par ordre de la police.

Que me racontes-tu ?

Un homme a fait disparaître plusieurs femmes.

Il les attirait par des annonces. La police le cherche.

Qu'est-ce que ça me fiche ? Est-ce que ça me regarde ?

Voici la photo d'une de mes camarades. Disparue.

Voilà son bracelet. Et tout ça...

je viens de le découvrir dans ton bureau.

Tu es de la police ?

Robert ! Je sais que tu n'y es pour rien.

De la police ! Comprends-le, mon devoir...

Ton "devoir" ?

Situ m'aimais, tu aurais jeté ça au feu.

Non. Y voir clair, d'abord.

Comment être heureux avec ça entre nous ?

Ily a beaucoup plus grave, entre nous.

Que ma femme m'accuse, c'est monstrueux. Une moucharde

qui me soupçonne, pas de ça ici. Dehors ! Maintenant !

Du calme, monsieur Fleury.

Excusez-moi, Adrienne.

Ce n'est pas chez vous que vous répondrez à la police.

Commissaire Tenier.

Compliments.

Bien joué.

Il n'a pas encore avoué ?

Alors, vous avouez quoi ?

Que voulez-vous que j'avoue ?

On a trouvé chez moi des photos "suspectes".

Il y en avait des douzaines d'autres. Les femmes, c'était ma vie.

J'ai peut-être fait quelques mécontentes, mais de là...

C'est grotesque. Quant à ce bracelet,

vous croyez pas que j'aurais offert mieux.

Il doit y en avoir des centaines.

Allez voir dans les Soliprix.

On a trouvé chez vous la photo d'une femme ayant le même bracelet.

Étrange coïncidence, n'est-ce pas ?

C'est à vous de l'expliquer. C'est votre métier.

Je ne me rappelle ni le bracelet, ni la femme.

Bon. Résumons.

Ces types à femmes ! Ça commence bien et ça finit mal.

Si j'étais jurée, ça traînerait pas.

IIs sont tous à lui cracher dessus,

et avant, ils lui léchaient les bottes.

Dégoûtant !

Et mes nains, on ne peut pas les renvoyer en Sibérie.

Vous m'avez dit quoi ?

J'ai dit : "Bande de lâches."

Mille Lucie Baral, en 1935, était engagée comme danseuse

au Monaco, un de vos établissements.

Regardez.

Vous dites l'avoir jamais connue

et vous êtes avec elle sur scène.

Ouais. Avec le sourire, encore.

J'ai fait travailler des centaines de girls

sans jamais leur parler.

Les girls, c'est comme des hirondelles :

elles se ressemblent toutes.

Regardez, vous aussi. Bon.

Le vendeur de la papeterie en bas du building où sont vos bureaux,

nous a déclaré vous avoir vendu du papier à lettres.

Des plumes aussi, et de l'encre. C'est inquiétant, ça.

Ça prouverait rien, en effet,

si ce papier n'était pas celui utilisé pour les lettres anonymes.

C'est sans doute un papier spécial pour lettres anonymes.

Et qui porte le même filigrane que le vôtre : Gallia.

Il faut inculper tous les acheteurs de Gallia.

Ça tient pas debout ! C'est du hasard !

Peut-être.

Mais il y à trop de hasards, dans cette affaire.

Par hasard,

un bracelet est chez vous.

Par hasard, vous avez le même papier que le meurtrier présumé.

C'est encore un hasard si Lucie Baral est engagée au Monaco.

II a à Paris des milliers de femmes. Trois d'entre elles

disparaissent en répondant à la même annonce.

Toujours par hasard, la photo de ces 3 femmes est chez vous.

Vous dites n'avoir jamais fait insérer aucune annonce ?

Ni n'avoir échangé aucune correspondance

avec ces jeunes filles ?

Non.

Bon.

Tiens, en voilà toujours une.

Pour la forme. Ça soulage.

Il y avait, dans votre bureau, M. Fleury,

une petite Remington portative.

C'est sur cette machine

que les lettres anonymes ont été tapées.

Pourquoi avez-vous fait changer les caractères de la machine

il y a 8 jours ?

Je ne sais pas. Je ne sais rien.

Interrogez ma secrétaire.

Qu'est-ce que vous me voulez ?

Les nerfs ne peuvent tenir avec ce bourrage de crâne.

Un coup de rouge, ça vous retapera.

Récapitulons.

Vous ne savez pas comment le bracelet est parvenu dans votre tiroir ?

Non.

Vous ne connaissez pas ces femmes, sauf notre indicatrice ?

Non.

Pas de lettre anonyme à la police ? Pas de lettre aux jeunes femmes ?

Jamais.

Jamais ?

Seulement, voilà...

On a retrouvé les lettres par lesquelles

elles répondaient aux annonces dans votre correspondance.

Dans ma...

"Monsieur, en réponse à votre annonce..."

Signé : "Lucie Baral."

Une autre signée Arlette Roy.

Une autre signée Anne-Marie Lorette.

Toutes à peu près pareilles : "Je viendrai."

Et à vous, elle vient, la mémoire ?

Je n'ai jamais reçu ces lettres-là.

Je ne les ai jamais lues.

À moins...

À moins que j'aie perdu...

Peut-être bien que...

Un peu gros. La dernière lettre qu'on a reçue

porte, entre autres, l'empreinte digitale de l'expéditeur.

Les tiennes !

Les miennes ?

Pas possible. Ce n'est pas possible.

Sa culpabilité vous paraît donc évidente ?

Je ne peux pas préciser l'état de ma conviction.

Les établissements Fleury sont au complet sur la liste ?

Ainsi que ses propriétés privées.

La maison de Morey n'était pas sur la 1re liste.

Ici, elle à été rajoutée. Oui, par moi.

C'était inutile pour les bureaux.

Vous me demandiez si je le crois coupable.

Il y a des preuves

assez lourdes. Vous les connaissez.

C'est-à-dire que... J'ai parlé avec les avocats.

Mais Fleury, meurtrier des disparues,

parce qu'on retrouve chez lui leur photo, non.

Un autre n'aurait-il pas pu les mettre dans le tiroir

pour accuser Fleury ?

Très juste.

Mais la rencontre avec Adrienne ?

Ce n'était pas fortuit.

À moins que, là encore, un autre ait fixé le rendez-vous.

Pourquoi ne se serait-il pas présenté à Adrienne ?

Mais parce que la place était déjà prise par Fleury.

Une hypothèse...

Vraisemblable.

D'autre part, les empreintes digitales

sur la dernière lettre anonyme sont un indice grave.

Grave, mais pas absolu.

Mais non.

Imaginez que l'auteur des lettres fasse affaire avec Fleury.

Rien de plus facile.

Tenez, lisez ce rapport.

Vous l'avez pris sans vous méfier et le rendez avec vos empreintes.

Les vôtres aussi.

Le meurtrier a pris ses précautions.

Non. On a dû jouer le tour à Fleury

pour adresser à la police une lettre portant ses empreintes.

Et pourtant...

Non. Il n'y est pour rien.

Dommage que vous ne soyez pas son défenseur officiel.

Mon cœur m'inspire.

Espérons que le juge d'instruction aura les mêmes sentiments.

Allô ?

Oui. Ici Tenier.

Je vais faire le nécessaire.

Le juge d'instruction

a des présomptions de culpabilité suffisantes

pour maintenir votre ami à sa disposition.

On va le déférer au petit parquet.

Je ne peux plus rien pour lui.

Bonsoir, monsieur. Bonsoir.

Le juge va le garder encore longtemps ?

Je ne pense pas. Vous parlerez bientôt à Robert.

J'attendrai le temps qu'il faudra.

Et Fleury...

a reconnu pour exacts les faits établis par l'accusation.

Je crois indispensable d'ajouter :

“Il en nie l'attribution à sa personne.”

Nous demandons cette correction.

Si vous voulez.

Mais l'inculpé s'est obstiné à jouer la surprise,

la lassitude, la perte de mémoire.

Mauvaise défense.

Notre client est épuisé par les interrogatoires.

Il n'est plus lui-même.

Soit.

Par contre, le portier du Taxi, un témoignage de la dernière heure,

se souvient avoir vu plusieurs fois votre voiture

devant le dancing.

Et même, il croit pouvoir affirmer qu'une nuit,

Lucie Baral y est montée.

L'entreprise possède plusieurs voitures.

Plusieurs personnes s'en servent.

Il peut s'agir d'une voiture identique.

Vous direz cela à l'audience.

Comptez sur moi. Assez. Taisez-vous !

Laissez-moi.

J'en peux plus.

Je vais devenir fou. C'est ça que vous voulez ?

Oui. La folie seule désormais

pourrait vous tirer d'affaire.

Messieurs...

la police vient de trouver, dans le jardin

de la maison de Morey, appartenant à l'accusé,

les cadavres de trois femmes disparues.

Eh bien, Fleury, dites quelque chose.

Voici le mandat de dépôt contre M. Fleury.

Robert, je t'en supplie, regarde-moi.

Parle-moi, Robert.

Je sais que tu es innocent.

Marchons. Je souffre avec toi.

Tu verras, tout va s'arranger. Je t'attendrai.

C'est interdit, mademoiselle.

Venez, Adrienne.

Venez.

Je suis innocent.

Je suis innocent, je le jure.

Je te crois.

Mais les autres, comment veux-tu qu'ils me croient ?

J'ai tout contre moi.

Cette série de hasards,

ces coïncidences, ces apparences affreuses de vérité...

Je suis coincé. J'en sortirai pas.

Oh ! Sait-on jamais ?

Non. Mes avocats me l'ont dit.

Avec toutes ces preuves...

c'est les travaux forcés à...

Alors tu comprends, moi, je...

Si j'avoue, ben....

Parce que des années

à crever un peu, comme ça, tous les jours, sans...

sans espoir. Oh non.

Mieux vaut en finir tout de suite.

Et Adrienne ?

Elle n'existe plus.

Voilà l'heure. Au revoir, Robert.

Adieu, mon vieux.

Je peux quelque chose pour toi ?

Oh non.

Si. si....

Si des fois elle a besoin de quelque chose, hein ?

Ça, c'est du boulot.

Vous pouvez être fier de vous.

Je ne le suis pas.

Je ne crois pas Fleury coupable.

Ça, alors.

II à des preuves, pourtant.

Justement, il y en a trop.

Tout ça est trop bien construit,

trop bien agencé.

Il y manque...

je ne sais quoi de spontané, de... Oui.

D'humain.

J'en ai vu, des bougres de tout poil.

Pour moi, Fleury est innocent.

Innocent.

Un homme sain, pas compliqué

pour deux sous,

pas rusé. Violent, certes.

Capable d'assommer quiconque le défierait ou lui résisterait.

Mais cette crapulerie-là ? Non. Non.

Vous avez une idée derrière la tête ?

Peut-être.

C'est vous, M. Bremontière.

J'ai eu peur. Vous marchez à pas de loup.

Je fais les paquets. On liquide et on s'en va.

C'est triste, ces bureaux vides.

Il n'y à personne ? Vous êtes seule ?

Oui.

Pourquoi vous restez ?

Il ne faut pas rester seule ici.

Oui, monsieur. Partez. Vite.

Oui, monsieur. Vite !

Je m'en vais.

Vous ne me reconnaissez pas ?

Commissaire Tenier.

Si, si.

Donnez-vous la peine.

Je suis monté pour bavarder.

Profitez de ce fauteuil avant qu'il s'en aille.

Pour mener cette affaire, il fallait la tête de Fleury.

Justement, je veux la sauver.

Il reste un espoir ?

J'ai réfléchi à notre entrevue. Je suis de votre avis.

Fleury est innocent.

Merci.

Moi, je le sens...

Vous,

vous le savez.

Ce qui veut dire ?

Que c'est vous l'assassin.

Merci.

Et...

vous avez des preuves ?

Insuffisantes pour un juge d'instruction.

Pour moi, lumineuses.

J'aimerais connaître le travail d'un policier

qui se croit sur la piste.

Très simple :

il se met dans l'état mental de l'assassin.

Vous n'êtes pas pressé ? Pas du tout.

J'adore la psychologie.

Alors, votre méthode ?

À mon avis, l'assassin doit être...

un maniaque mû par une force intérieure irrésistible

qui l'oblige à agir d'une certaine manière en état de crise.

Très intéressant.

Il en a conscience. Il redoute d'être seul avec une femme.

Comme vous, tout à l'heure, avec la secrétaire.

Comme moi tout à l'heure ?

Cet homme a une vie secrète, masquée,

contrairement à Fleury.

C'est un solitaire, sans doute chaste, contrairement à Fleury.

Certes.

Mais le silence l'étouffe.

Et par besoin de délivrance,

par une fanfaronnade particulière aux timides, par plaisir aussi,

il se soulage en confiant aux lettres anonymes ses exploits.

La religion catholique a compris ce besoin.

Oui.

L'Église est une grande manieuse d'âmes.

Un jour, notre homme se rend compte

que la police est quand même parvenue à se resserrer autour de lui.

Elle approche. Il prend peur.

Comme il a gardé, par perversité, certains témoignages matériels

de ses crimes,

il s'arrange pour que ces témoignages passent aux mains d'un autre...

Vous avez lu Freud ?

.....et tombent sous les yeux de notre indicatrice

de façon à orienter le soupçon sur Fleury.

Ah ! Voilà qui devient précis.

Je précise encore.

Cet homme, par quelques mots de sa main, quelle maladresse,

attire l'attention de la police sur l'endroit bien choisi,

croit-il, où il a enseveli ses victimes.

Je pourrais poursuivre ce développement,

car j'aurais pu moi-même glisser des photos dans le bureau de Fleury.

J'étais au concert où il a connu l'indicatrice.

Vous pouviez donner rendez-vous à cette fille

et ne plus pouvoir l'aborder car elle était accaparée.

La preuve la plus...

Comment ?

Il n'y en à pas assez ?

Ma tête...

tient encore sur mes épaules.

Pour l'instant.

Vous étiez venu chez moi plaider la cause de votre ami.

Dangereuse bravade. Vos arguments se retournent contre vous.

L'instinct a été le plus fort...

car vous aimez Adrienne.

Ainsi, vous vous débarrassiez d'un rival.

Excellent, votre porto.

Excellente, votre méthode.

Pas un maillon ne manque à la chaîne.

Moi-même, je me condamnerais sur-le-champ.

Malheureusement...

On ne vous a pas appelés,

cet après-midi ? Je n'étais pas au bureau.

Vous n'avez pas lu les journaux ?

Non.

"Robert Fleury a avoué."

J'ai abusé de votre temps, avec mes théories.

Passionnantes.

Mais comme disait l'autre,

si la police m'accusait d'avoir volé les tours de Notre-Dame,

je commencerais par m'enfuir.

Rien ne peut plus le sauver ?

Adrienne !

Pardonnez-moi, Bremontière, de vous déranger si tard.

J'ai besoin d'un refuge, de ne pas être seule.

Vous comprenez ?

Oui, je comprends.

C'est pour ce matin, 6 h.

C'est que je suis seul.

Tout à fait seul.

Je suis tout seul.

Je suis morte de fatigue,

d'horreur.

J'ai même plus de larmes.

Je vais vous chercher une couverture.

Des jours...

Des nuits sans sommeil, presque sans penser.

Pourquoi a-t-il refusé son recours en grâce ?

Au fond de l'impasse, on peut perdre toute raison.

Ou bien il aura préféré en finir tout de suite, plutôt que crever...

au bagne...

lentement.

Va-t'en.

Va-t'en. Va-t'en !

Tenier ! Tenier !

Tenier !

C'est lui.

Vous l'avez, votre dernière preuve.

Et Mademoiselle a fait du beau travail.

Votre théorie était juste.

Moi, j'avais tout prévu.

Sauf moi.

Je vais être à votre disposition.

Voilà votre portefeuille, votre briquet,

336 francs en espèces et le carnet de chèques.

Veuillez me signer un reçu.

Quel dommage, M. Fleury !

Ça aurait pu faire une belle erreur judiciaire.

Enfin, je me réjouis avec tous vos amis.

Mes amis, j'ai dû les perdre avec mon compte en banque.

La sortie est par là ? Oui.

J'aime autant prendre la porte dans ce sens-là.

Bonne chance, cher monsieur.

Merci tout de même.

Tout est ma faute.

Je n'aurais pas dû venir.

Mais je n'ai pas pu.

Cette minute-là, je l'ai tant attendue.

Vois-tu, ma petite fille,

les journées sont longues, en prison.

Et les nuits,

j'ai réfléchi à beaucoup de choses.

J'ai beaucoup changé.

C'est Un autre homme que tu as devant toi.

Mais il t'aime autant que le premier.

Sous-titrage : Eclair Group

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