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- Te sens-tu prête à parler?
- C'est comme si, en plus d'avoir abusé
de ma meilleure amie, t'avais tué mon père.
- Bien, c'est ça que je veux redevenir à tes yeux, Leïla,
un bon père.
Il va le revoir, Fraser.
Y est en train de rencontrer un médiateur en justice réparatrice
- en ce moment même pour ça. - Pardon?
(respiration bruyante)
- Je veux continuer la démarche avec toi. J'ai besoin que tu sois là.
- Qu'est-ce qui vous amène ici? - J'aimerais ça rencontrer une femme
dont j'ai démoli le témoignage à la cour
y a plusieurs années, puis je m'en veux.
- Ta grande soeur veille toujours sur nous, t'sais.
- Tu y crois encore, toi, qu'on va finir par savoir
- ce qui lui est vraiment arrivé? - Oui.
- Il sait des affaires, à propos du meurtre de Julie.
- Mais y en a jamais parlé à la police!
- T'es sur une liste de prédateurs amoureux?
- Bérénice est pas là aujourd'hui?
- Vous voulez lui parler? - La mettre en garde, plutôt.
- On se reverra pas? - Ce serait mieux pas.
- J'ai des raisons de croire qu'il a voulu l'éliminer, elle aussi.
(inspiration saccadée)
Avant de s'en prendre à Tania.
(respiration mécanique)
(bips réguliers)
- J'ai tellement voulu que ça lui arrive.
Mais là, c'est bizarre.
Ça me fait de quoi.
(petit rire)
Je te souhaite même pas de te retrouver dans mon état.
(respiration mécanique)
(bips réguliers)
- Zoé. Je suis tellement contente de te voir.
Moi aussi.
- T'es « ma puce plein de puces » pour la vie, hein?
Tu peux toujours venir me voir quand tu veux.
(reniflement)
Faut que tu m'aides, Béré.
(musique dramatique douce)
Je pense que c'est de ma faute.
(indicatif musical)
(toc-toc!)
Rentre.
Salut.
- Salut. - Euh...
Je voulais savoir, est-ce que je suis en danger avec toi?
Ou je fais bien de te faire confiance?
Oui. Tu fais bien.
Bien oui.
(respiration profonde)
(choc sourd)
(gémissements de douleur)
(halètement)
(respiration saccadée)
(musique inquiétante)
(soupir)
(musique dramatique)
(Sylvain): As-tu passé la nuit au chalet avec lui?
- Ouais, mais inquiète-toi pas, il s'est rien passé.
Y a signé la demande conjointe de divorce.
- Béré, là, je veux que tu me dises la vérité.
Est-ce qu'il a déjà été menaçant avec toi?
Non, pourquoi?
- Avant de s'en prendre à Vania, je veux dire.
- Non. - Sa mère était ici, tantôt.
Elle a peur pour toi.
(musique inquiétante)
- Si tu te trouves pas une nouvelle job avec ça, là...
- Ça me gêne que tu me le donnes.
Je ne veux plus te causer de problèmes avec Mélanie.
Arrête ça. Hum?
T'as démissionné comme elle te l'a demandé.
T'as prouvé ta bonne foi. Hum?
Puis nous autres, bien, ça nous fait plaisir
de t'aider encore un peu, Amina puis moi.
Comme tu vas le faire pour nous autres
quand tu vas sentir que c'est le bon moment.
Tu peux me faire confiance.
(sirènes au loin)
- En passant, ça se passe pas très bien, les traitements d'Amina.
On a eu des mauvaises nouvelles.
- C'est pas vrai? - Ouais.
J'espère juste qu'elle va être capable de savoir
qui a tué notre Julie avant de mourir.
(musique inquiétante)
(Ludovick): Ça va?
- Excuse-moi. C'est moi qui devrais te demander ça.
(petit rire)
(en soupirant): Je suis pas mal nerveux.
C'est sûr que Mme Des Pins a accepté de me rencontrer
sur une base volontaire, mais... elle doit pas avoir gardé
un bon souvenir de moi.
De... de mes méthodes de contre-interrogatoire.
- Mais là, on est pas dans le cadre d'un procès, Ludovick.
Bonjour.
Salut, Isabelle. Entre.
Merci, merci.
C'est étrange, parce que je suis certaine
que je pourrais reconnaître mon agresseur n'importe où,
n'importe quand, même après tout ce temps-là,
mais vous... j'ai aucun souvenir de votre visage.
Je suis désolée. (rire nerveux)
- C'est pas à vous d'être désolée, c'est à moi.
Euh, d'abord, je veux vous remercier
d'avoir accepté de me rencontrer.
Moi, je vous ai jamais oubliée.
(musique dramatique douce)
- Est-ce que tu lui as dit, à Bérénice,
que j'avais peur pour elle?
J'ai laissé des messages, mais elle me rappelle pas.
- Ce que vous me dites doit rester confidentiel, Mme Desrosiers.
- Même quand ça concerne la sécurité d'une collègue?
- Écoutez, j'ai vérifié si elle avait déjà eu des craintes par rapport à votre fils.
La réponse, c'est non.
(soupir)
Même avant d'aller le voir en prison.
- C'est parce qu'elle est pas au courant de tout.
Est-ce que tu peux lui parler, toi, pour lui demander qu'elle m'appelle?
- Si Bérénice vous rappelle pas, faut respecter ça.
- Si mon fils acceptait de me parler, aussi,
je serais pas obligée d'insister autant.
- Je peux pas forcer les choses avec lui non plus.
Je suis désolé.
(pépiements)
(notification)
(musique de tension)
(cliquetis d'ustensile)
(soupir)
T'es pas à l'école?
J'ai mal au ventre.
- Ça te fâche, que ton père fasse la démarche en justice réparatrice,
puis que j'ai décidé de l'accompagner?
(soupir)
Tu peux nous en parler.
À Bérénice puis à Lysanne aussi.
- Bien, c'est sûr que j'aimerais mieux le faire avec Lysanne.
- Profites-en, elle s'en vient, justement.
Elle vient faire le ménage de la chambre.
(musique de tension)
- Encore aujourd'hui, je... je m'en veux
d'avoir démoli votre témoignage à la cour.
- J'ai une question pour vous, Ludovick.
- Je suis là pour ça. Pour répondre à toutes vos questions.
- Est-ce que vous le saviez, que votre client était coupable?
- Malheureusement, je pourrai pas répondre à celle-là.
- Le code déontologique des avocats,
même quand ils ne pratiquent plus... - Je sais, je sais.
On en avait parlé ensemble, je me suis juste essayée.
Parce que, le fait est que, les agresseurs réels sont acquittés,
puis qu'ils peuvent faire d'autres victimes. Hum.
Ça m'a habité longtemps, ça aussi.
- Mon boulot, c'était de défendre mon client,
qu'il soit réellement coupable ou non.
Puis je l'ai fait en utilisant des arguments sexistes d'une autre époque en plus.
Vous méritiez pas ça.
- Mais entre nous, là, mon témoignage,
est-ce qu'il était crédible, à vos yeux?
(musique dramatique douce)
- C'est ça que je tenais à vous confirmer en personne.
(soupir de soulagement)
(profond soupir)
- J'ai un certificat en comptabilité,
- fait par correspondance. - Hum.
Hier soir, avec mon père, qui est le fondateur de la compagnie,
on a fait des recherches sur toi sur le Web.
- Je cache pas mon dossier criminel.
- Ouais, mais sur les réseaux sociaux, il s'en est dit,
des affaires sur toi, depuis quelque temps.
En plus, ton nom apparaît sur un site de prédateurs amoureux.
- J'ai aucune idée d'où ça vient.
- C'est quand même pas très rassurant.
- J'ai pas commis d'autres crimes.
Ça fait deux ans que je suis en libération conditionnelle,
que j'ai des rencontres régulières avec mon agente.
- Oui, j'ai parlé avec Mme Dubois-Maloba.
- J'imagine qu'elle a pu vous confirmer
que j'ai une vie calme, rangée, honnête.
Mes anciens employeurs m'ont fait une lettre de recommandation aussi.
- Bérénice m'a dit que vous aviez quitté la profession
pour devenir ambulancier.
Vous étiez bon avocat.
Vous avez jamais pensé passer du côté de la défense des victimes?
Je...
Après le... après le procès, j'ai fait une longue dépression.
Je n'étais plus capable de retourner dans un palais de justice, ça fait que...
...j'ai tout lâché, pour trouver un domaine où...
...je pourrais enfin faire
ce que j'avais toujours voulu faire dans la vie.
Aider les autres.
(profond soupir)
- Je vous remercie pour l'invitation, vraiment.
Ça remplacera jamais les excuses que mon agresseur,
qui a été acquitté, aurait pu me faire, mais...
...j'accepte les vôtres, Ludovick.
(musique émouvante)
Hé. Tu te sens mieux?
- Hum-hum.
T'es-tu rendue d'accord avec la démarche de mon père, toi?
Si c'est important pour lui.
(choc sourd)
Hum. C'est ça je pensais.
T'es la seule qui peut me comprendre.
(choc sourd)
Tu pourrais-tu me passer de l'argent?
Euh... OK. Combien?
2800.
(petit rire)
Pourquoi?
(musique de suspense)
Venger mon père.
(♪♪)
- Marthe Desrosiers est revenue tantôt.
Elle s'en fait vraiment pour toi, hein.
(en soupirant): Elle est restée accrochée à ses vieux souvenirs
parce qu'elle a pas eu accès à son fils depuis.
- Si tu l'appelais pour la rassurer?
Si tu le fais pas pour elle, fais-le donc pour moi.
Hum?
- Hum-hum.
- Tu veux lui faire casser les deux jambes?
- Bien, le faire tuer, ce serait encore plus cher.
- Bien voyons, Zoé, qu'est-ce que tu dis là?
- Depuis que je suis petite que tu dis que tu veux le voir crever.
Puis c'est pire depuis qu'on le voit partout, avoue.
C'est vrai que ça m'enrage.
Puis que... j'ai souvent parlé de vengeance.
Mais c'était des paroles...
En l'air?
Disons dans l'absolu.
(musique de tension)
- Tu veux encore la venger, Vania.
Nuance.
Je veux pas qu'elle soit morte pour rien.
Je vais en vouloir toute ma vie, à ce gars-là.
Mais jamais je m'en prendrai directement à lui.
(musique inquiétante)
- Si on le laisse aller, puis qu'on apprend
qu'il a tué une autre femme?
(profond soupir)
(musique inquiétante)
- Les entreprises sont pas censées être de plus en plus prêtes
- à engager des gens judiciarisés? - Oui?
- Surtout avec les programmes d'accompagnement.
Ça s'est pas bien passé?
- (soupir) - C'est resté cordial, mais elle me rappellera pas.
À cause de la fameuse liste de prédateurs. - Tsk.
- Ça a l'air plus facile qu'on pense de tomber dessus.
- OK, là, faut faire valoir tes droits.
Ton nom se retrouve sur une liste
d'un tribunal populaire qui nuit à ta réputation.
Tu viens de perdre une possibilité d'emploi.
On peut pas laisser faire ça.
Oui. Le sergent Saint-Louis, s'il vous plaît.
- On va pas se faire prendre si on engage des pros pour faire la job.
- On est pas des criminelles, Zoé, ni des psychopathes.
On est des victimes, c'est ça?
Non plus.
Il faut se manifester autrement qu'en lui faisant casser les jambes.
Comment?
- En rappelant publiquement la mémoire de Vania.
En dénonçant la violence.
- Si ça donnait vraiment de quoi de faire ça,
y aurait pas autant de féminicides.
Tu penses pas?
- C'est un long processus, d'éducation aussi.
Qui donne fuckall.
Moi, je dis... je dis qu'on lui fait péter la gueule.
Là, il va se tenir tranquille.
Zoé, on peut pas faire ça.
(musique dramatique)
(musique émouvante)
Je t'ai pas transmis un bon message.
Je suis vraiment désolée.
T'as pas à être désolée.
Ce gars-là, y a tué ta meilleure amie.
Puis y a rendu mon père handicapé.
Tu passes ta vie à nous aider.
C'est injuste. Puis ça fait chier.
- Oublie les idées de vengeance puis de violence.
Ce serait jouer à son jeu.
On veut pas ça.
Viens.
(soupir)
J'ai fait mes devoirs.
Bien.
- Même si j'assisterai pas à la rencontre,
j'ai suggéré quelques questions.
S'il a appris à gérer sa colère.
- On voudrait aussi une entente plus ciblée.
Qu'il évite de fréquenter les mêmes quartiers, restaurants,
cinémas que nous autres.
On veut protéger notre fille.
C'est compréhensible.
- J'ai peur qu'il nous joue dans la tête, aussi.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
- Quand Vania l'a laissé, je sais, on était jeunes,
mais y a fait une campagne de salissage sur elle,
en jouant la victime, puis moi, bien, j'étais tiraillée
entre sa version à lui puis celle de Vania.
J'ai eu l'impression de rien voir venir.
- C'est pas moi qui devais parler, c'est toi.
- Non, non, mais c'est correct, la rencontre est pour Rémi,
mais c'est important pour moi de savoir ce que tu ressens, Marie-Dominique.
T'es sa conjointe. Tu l'accompagnes.
T'as vécu le drame, toi aussi. Ça fait partie de ta vie.
De votre vie, au quotidien.
(Bérénice): Comment ça se passe?
- C'est quelque chose, mais Sylvain est super gentil.
Il réussit à nous mettre à l'aise.
Toi?
L'as-tu revu, David Fraser? Ici, je veux dire.
Non. Non, pas encore.
(musique dramatique douce)
Je l'ai revu, moi.
Hein?
En prison.
Je m'en veux tellement de pas t'avoir empêché.
- Tu pouvais pas savoir ce que je ferais, je le savais même pas moi-même.
- Pourquoi t'as dit que je devais être contente que tu nous aies vengés
quand la police t'a arrêté?
- As-tu été accusée de quelque chose, toi?
- Non, mais je me suis fait questionner en maudit.
(alarme de porte au loin)
Puis je me sens coupable.
(en murmurant): Tu te sens coupable.
Bien, s'il y en a une qui devrait se sentir coupable, c'est pas toi.
C'est Lysanne.
(musique dramatique)
Lysanne?
- Y a jamais voulu me dire pourquoi,
puis j'ai jamais osé lui demander à elle.
Elle m'aurait arraché la tête si elle avait su
que j'étais allée le voir en prison.
- On pourrait lui en parler maintenant.
Je veux dire, on est ailleurs. La preuve, vous êtes ici, avec Rémi.
Pas Lysanne.
- Quand même, moi, j'aimerais ça savoir si elle sait pourquoi y a dit ça.
Pas toi?
- Je peux comprendre que ça vous embête.
Mais si les faits sont exacts,
comme mentionné ici que t'as assassiné une femme en 1999,
c'est pas de la diffamation, c'est un fait connu par le public.
As-tu reçu des menaces suite à ça?
J'ai juste perdu ma job.
Je pense que je vais avoir du mal à m'en retrouver une autre, ça a l'air.
- Mais là, y a quand même des droits,
en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne,
comme n'importe quel citoyen?
- Vous devriez consulter un avocat.
- Je sais pas si ça vaut la peine.
Non, non, on va vérifier.
- As-tu eu des liaisons, des aventures,
depuis ta sortie de prison?
(inspiration profonde)
Est-ce que ça se pourrait qu'une de ces femmes-là
te considère comme un prédateur amoureux?
- Je penserais pas, mais-- - Si tu me donnes les noms, je pourrais vérifier.
Claudine Savoie.
(musique de tension)
Je vous tiens au courant.
- Est-ce que je peux vous parler d'autre chose, sergent?
(musique de tension)
Euh, j'ai un autre nom à vous donner,
qui a rien à voir avec la liste.
C'est par rapport au meurtre de Julie Hassan-Prévost en 2016.
Un de mes ex-codétenus s'est déjà vanté de l'avoir tuée.
(musique sombre)
- Qu'est-ce que vous voulez tant me dire, madame Desrosiers?
(musique sombre)
- C'est une vieille photo, mais David vous en voulait vraiment beaucoup.
Surtout après l'avortement de Vania.
Vous étiez au courant?
- J'étais très proche de mon fils.
Je tenais à ce qu'il me parle de tout,
de tout ce qui bouillait en lui, comme il disait.
J'ai réussi. Jusqu'à l'avortement de Vania.
Comme j'étais d'avis qu'il devait respecter son libre choix,
il s'est complètement fermé par la suite.
Vous l'avez trouvée quand?
- Quelques semaines après son arrestation.
En préparant le déménagement pour les États-Unis.
- Est-ce que vous l'avez montrée aux policiers?
- Avec son père, on aimait mieux pas en rajouter.
David était déjà détenu.
Il voulait plaider coupable. On s'est raccrochés à ça.
Mais là, y est sorti de prison. C'est plus inquiétant.
- Tu pensais avoir un avantage de nous dire ça?
Comme penser qu'on va moins te surveiller si tu nous lâches une bombe du genre?
Pantoute.
Même que je prends le risque de me faire tuer.
C'est ce qu'il m'a dit qu'il ferait si jamais je parlais.
T'as pas peur?
- Je suis pas à l'aise, mais je ne peux plus garder ça pour moi.
J'ai rencontré les parents de Julie dans un groupe en justice réparatrice.
Sa mère combat un cancer, sa santé se détériore.
Si Lanthier a vraiment tué sa fille,
ce serait bien qu'elle le sache avant de mourir.
Ça serait bien aussi de l'empêcher de faire d'autres victimes.
Parce que je pense qu'il est sur le bord d'être libéré.
(pépiements)
- On a assez d'information pour savoir que votre fils a fait un bon cheminement.
Y est suivi par une agente de libération conditionnelle aussi.
- Êtes-vous toujours mariée?
- Non. Là, vous avez pas le droit de vous immiscer dans ma vie privée,
ni dans la sienne. C'est illégal.
Est-ce que je peux la garder?
- Tu vas prévenir tes amies? - Oui, je vais faire ce qu'il faut.
Inquiétez-vous pas.
Je suis vraiment désolée que David veuille pas vous parler, ni vous voir,
ça vous laisse avec des craintes puis des questions.
Si je peux vous donner un conseil?
Essayez de faire confiance.
Au système?
À votre fils, aussi.
(cris de mouettes)
- Le nom de David Fraser s'est retrouvé
sur une liste de prédateurs amoureux sur le Web.
J'ai rien à voir avec ça.
- Pour le moment, on cherche pas à savoir qui l'a dénoncé.
Ce qui me chicote, c'est que quelqu'un ou plusieurs personnes aient pu
ressentir le besoin de le faire, vous comprenez?
Quand vous avez demandé à la police de l'aviser
de ne plus jamais revenir chez vous, vous aviez peur de lui?
Oui.
- Est-ce qu'il avait été déplacé avec vous?
Inquiétant?
(soupir)
On a eu un rapport sexuel.
Consentant?
Hum.
Mais je l'ai regretté quand j'ai appris qu'il avait déjà tué une femme.
C'est pour ça que je l'ai signalé,
pas parce que ça s'est mal passé.
Tiens, c'est à mon tour.
Merci.
- Comment ça va, Leïla? - Bien.
Euh, depuis la dernière fois, j'ai vu mon père deux fois au resto, avec mon chum.
- As-tu rencontré la blonde de ton père? - Prochaine étape.
Puis peut-être que ses enfants à elle vont être là aussi. On réfléchit à ça.
- Est-ce que ton père les voit maintenant?
Ouais, y ont commencé.
Il me dit que c'est un peu beaucoup grâce à moi.
Si je lui fais confiance, bien, ça donne confiance à l'ex de Solange,
le père des enfants.
- Puis comment tu te sens par rapport à ça?
Hum, c'est correct.
La dernière fois, en partant du resto, je l'ai appelé papa.
C'était important pour toi?
- Je sais pas, c'est sorti tout seul,
- mais ça lui a fait plaisir. - Hum.
Hum.
Y est vraiment différent que dans mes souvenirs.
Il parlait pas autant, avant, me semble.
Mais peut-être que c'est moi qui posais moins de questions.
- Oui, puis c'est une discussion d'adulte à adulte, maintenant.
Hum.
- Qu'est-ce qui te tracasse?
- Je sais pas, c'est comme si j'ai toujours peur
qu'il me cache quelque chose.
- Peut-être parce qu'il t'a déjà caché quelque chose de très grave.
Hum.
- Bon, là, il me faut une réponse.
Puis tous mes amis vont le faire, le voyage.
- Ouais, mais tes amis ont fait toutes les activités nécessaires
pour ramasser de l'argent. Pas toi. Ça t'intéressait pas.
Ça m'intéressait.
Sauf que tu manquais de personnel à la maison,
puis je voulais pas te laisser pour deux semaines.
- 3000 piastres pour un voyage d'école.
(soupir)
- C'est rien. Pour aller en Italie.
- Tu trouves que c'est rien, toi?
(soupir)
On va en parler avec ta mère, OK?
(musique inquiétante)
(pépiements)
(cris joyeux d'enfants au loin)
- Allô. - Allô.
(cloche d'école)
J'ai... j'ai retiré son nom de la liste de prédateurs.
Pourquoi?
- Éviter d'être accusée d'atteinte à sa réputation, peut-être.
(soupir)
J'ai été convoquée au poste de police.
L'enquêteur m'a dit qu'il cherchait pas à savoir
qui avait mis le nom de David Fraser sur la liste, mais...
...j'aurais pas les moyens de me défendre
s'il finissait par remonter jusqu'à moi,
puis me poursuivre de quelque chose.
Hum.
- Mais ce coup-là, je te jure, j'ai pas parlé de toi.
Hé, arrête de t'en faire.
C'est réglé pour le pneu, y ont aucune preuve contre moi.
Puis sûrement d'autres priorités.
Hum. Ouais.
Je te l'ai jamais dit...
...mais mes condoléances, pour la perte de ton amie.
Vania.
Elle s'appelait Vania.
Vania.
(musique dramatique douce)
- Bye. - Bye.
Je suis un peu en avance.
Un peu?
Ton rendez-vous est dans 30 minutes, je pense?
- Je me disais que ce serait cool de te voir, pour te saluer.
Bien, c'est fait.
Je pense que mon collègue peut te rencontrer plus tôt.
- Sylvain? - Oui. Oui, j'arrive.
Bonjour.
Bonjour.
Bienvenue.
(musique de tension)
- Ça fait longtemps que j'attends ce moment-là.
De pouvoir voir puis parler à Rémi Duguay.
Mais depuis que vous m'avez appelé, j'avoue que ça me stresse un peu.
Ça se manifeste comment?
- Je pense à ce que je lui ai fait.
Je dors moins bien.
J'espère juste que ça va bien se passer.
- On va y aller une étape à la fois.
À votre rythme.
Carmelle s'en vient.
(musique inquiétante)
Qu'est-ce qu'il y a?
- J'ai le feeling que tu me dis pas tout.
- Je te rappelle que ce qui se dit entre nous reste ici.
T'es toujours à l'aise avec le fait que je connais Bérénice,
donc un peu de ton histoire?
- Je n'ai plus rien à cacher, anyway.
Ça fait longtemps, là,
mais j'ai peur que David Fraser te le dise.
Je suis déjà allée le voir en prison.
(musique de tension)
Quand ça?
- On était pas encore officiellement ensemble,
mais t'étais sorti du centre de réadaptation.
- Pourquoi? - Pour lui dire tout le mal qu'il t'avait fait!
Puis qu'il m'avait fait.
Au party, je...
...je l'ai encouragé à se venger de toi puis Vania.
J'aurais jamais pensé qu'il irait jusque-là,
c'est juste que moi, j'aurais pu être accusée de complicité.
(respiration profonde)
(Sylvain): Tu connais l'état physique de Rémi?
- Je sais qu'il est quadriplégique,
ou tétraplégique.
Les deux termes se disent.
Rémi préfère « blessé médullaire ».
Y est paralysé des pectoraux, jusqu'au bout des orteils.
(soupir)
Qu'est-ce que t'aimerais lui dire, à Rémi?
Que je regrette...
...d'avoir tué sa blonde...
...puis de l'avoir rendu comme y est.
J'y repense souvent.
Quand je marche, je m'entraîne, je conduis mon char,
je rentre mes sacs d'épicerie, je me dis que lui...
...il ne pourra plus faire rien de ça.
C'était un athlète, ce gars-là, y avait tout pour lui.
Puis à cause de moi, c'est...
(musique dramatique douce)
C'est ça.
(♪♪)
(pépiements)
- Si jamais y est trop tard pour qu'elle fasse le voyage,
avec l'école, tu pourrais y aller, en Italie, avec Zoé?
- Sans toi? - Hum-hum.
- Tu m'en veux à ce point-là?
- T'aurais pu me le dire bien avant
que t'étais allée le voir en prison, puis que,
tu te sentais coupable de l'avoir encouragé à se venger.
T'as raison.
(ouverture de porte)
Allô!
- Hé. - Bien dormi?
Je sais pas.
Me semble que vous avez jasé pas mal tard.
- Quand Samyr couche ici, ça te dérange moins.
(soupir)
Comment ça se passe, avec lui,
on dirait qu'on le voit moins ici?
Hum...
On n'est peut-être plus ensemble.
Comment ça?
On pense pas pareil.
- C'est ça qui te fait de la peine depuis quelque temps?
Un peu.
- Est-ce que tu l'aimes?
- Tu m'avais dit que tu commençais.
- Non, là, je l'aime, c'est juste que...
(soupir)
C'est pas évident.
- Si tu l'aimes puis que c'est réciproque,
y a toujours moyen de trouver des solutions.
Mettre de l'eau dans son vin, comme on dit.
Hein, Rémi?
(cloches d'église)
(pépiements)
T'es là.
Je passais dans le coin.
Ça va?
Oui, oui. Oui, oui, ça va.
C'est toute une surprise.
- T'es-tu tout seul?
Non, non. Non, Solange est là.
Avec ses gars?
Je peux les rencontrer?
- Euh... Écoute, je sais pas trop.
T'sais, je les ai pas avertis, c'est peut-être un peu vite, même pour toi.
- Amour, Clémence a oublié son sac dans l'auto.
(musique inquiétante)
C'est des filles.
- Leïla, je te jure que je fais rien de mal.
Leïla, je-- Je suis jamais tout seul avec elles, encore.
Lé--
(♪♪)
(soupir)
(musique de tension)
(respirations saccadées)
(Marthe): Tu vas prévenir tes amies?
(Bérénice): Oui, je vais faire ce qu'il faut.
Inquiétez-vous pas.
(Sylvain): Étais-tu au courant de ça, toi?
- Bien non, sinon, je serais pas allée le voir en prison.
(cris de karaté)
(musique de tension)
(éclats de rire)
(cliquetis de bouteilles)
(musique rock assourdie)
- Qu'est-ce que tu veux, mon portrait?
Ton couteau.
J'aime mieux couper mes citrons moi-même, je te truste pas.
(musique sombre)
- C'est sûr que je me sens coupable.
C'est moi qui lui ai donné le couteau.
- Pourquoi tu nous l'as jamais dit?
Pour ça.
Toi, là...
...tu m'en veux pas que je sois allée le voir en prison?
- Dans le temps, je t'en aurais voulu à mort.
(en pleurant): Mais c'est quand même moins pire que ce que j'ai fait.
Mais non...
(pleurs)
Tu l'as jamais dit à personne?
(reniflement)
- Au moins à trois psys au cours des 25 dernières années.
(soupir)
- Est-ce qu'il a déjà été menaçant avec vous autres?
(notification)
C'est qui?
William, mon chum.
Hein?
Mon jeune amant.
- Tu disais pas qu'il était trop jeune pour toi, justement?
- Y est plus mature que je pensais.
- Sais-tu ce que je me suis souvent dit?
Que tu l'attendais.
Jamais de la vie.
Qui ça, William?
Fraser.
Ça sort d'où, ça?
Je sais pas.
Mais c'est drôle, hein?
Je l'ai même pas nommé, puis Béré s'en est tout de suite défendue.
On arrête pas d'en parler.
- Que tu l'as aimé avant Vania. Souvent défendu au fil du temps.
- Hé, Lysanne, c'est grave, ce que tu dis, là.
- Y est vraiment temps que je rentre chez moi.
(musique inquiétante)
(pépiements)
Salut.
- T'as raison. On devrait se voir plus souvent.
T'es sérieuse?
Pourquoi pas?
OK.
(petit rire)
Je m'attendais pas à ça.
- Est-ce que je peux t'inviter à déjeuner?
(soupir)
Ça tombe mal, j'ai un meeting!
(grognement)
(petit rire)
(vibration de téléphone)
Allô, Leïla, ça va?
- Non. J'ai pas dormi de la nuit,
mon père m'a menti.
Sa blonde a pas deux gars.
Elle a deux filles.
(musique de tension)
(sirène au loin)
(aboiements au loin)
(musique de tension)
(pas qui approchent)
- T'as trouvé le 2800 piastres qui manque.
- Mais regarde, je te... je te laisse mon dépôt de 200,
- puis on oublie tout? - Comment?
Ce gars-là a rendu ton père handicapé, puis assassiné une femme.
- Tout le monde dit qu'il a payé sa dette à la société,
puis que, y a fait des thérapies,
puis que, il va être surveillé pour le restant de sa vie.
- Pour nous autres, c'est pas vraiment des bons arguments.
- J'en ai pas d'autres. - Pas besoin.
On va le faire pareil.
Même si tu paies pas.
Ce salaud-là mérite pas de vivre.
(musique inquiétante)
(Sylvain): J'espère que tu t'en veux pas.
- Hé, j'ai pas saisi que le père de Leïla a menti.
- Hé, on travaille sur la base de la bonne foi des participants.
On est pas des enquêteurs.
- D'habitude, je le sens, ces affaires-là.
- Je t'en prie, doute pas de ton instinct.
- Ces temps-ci, c'est pas évident.
Est-ce que ça baisse, sa température?
Un peu.
Pauvre choupinette.
- Pour la photo, je peux t'accompagner si tu veux.
- Ce sera pas la première fois que je me retrouve toute seule avec lui.
- Non, mais ça reste une image forte.
C'est important de savoir où est-ce qu'il en est rendu par rapport à ça.
(fermeture de porte)
(Hektor): Papa, Dad se cherche un parking.
- Pour lui aussi, c'est important d'en savoir le plus possible.
Hum.
(ouverture de porte)
- Le nouveau vélo sur le balcon, c'est pour qui?
- Bonne fête en avance, mon Hektorino d'amour!
- Merci. (petit rire)
- Merci. - T'es content?
Oui, vraiment.
(petit rire)
(musique pop en arrière-plan)
(ouverture de porte)
- Salut, Jean. - Ah, salut.
- Je te dérange-tu? - Non, non, pantoute, rentre, rentre.
Mélanie est à la maison avec sa mère.
Puis, as-tu trouvé une job?
Pas encore, mais je lâche pas.
J'ai dit ce que je sais à un enquêteur.
(petit rire)
(soupir de soulagement)
- Moi aussi, j'avais déjà tué une femme.
Je suis juste meilleur que toi. Me suis pas fait pogner.
C'est pas pour ça que je suis ici.
(musique sombre)
Elle s'appelait Julie.
Elle avait un papillon mauve en tattoo.
Que j'ai même gardé, en souvenir.
Je peux tout te raconter, si tu veux.
Comment qu'elle m'a supplié pour que je la garde en vie.
Avant que je la jette dans le fleuve.
Pauvre fille.
(tapotements)
(petit rire)
Merci.
Ça, ça va faire plaisir à ma femme, aussi.
Je sais que je peux compter sur toi.
(petit rire)
(Philippe): Mais si je me fais ramasser, par exemple,
je vais savoir de qui ça vient.
Puis j'aurai pas le choix.
Pas le choix de quoi?
Te tuer.
(musique inquiétante)
- Je pensais pas que tu tiendrais le coup
quand t'es venue me voir pour me dire
que tu te sentirais obligée de t'occuper de Rémi
toute ta crisse de vie.
(ouverture de porte)
Sous-titrage: difuze
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