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LE NOM DE LA ROSE
N'aie pas peur.
Je m'occupe de toi.
Tu ne crains rien.
Tu as dormi toute la journ�e.
Tu m'as fait peur.
On aurait dit un gar�on.
O� tu as eu �a ?
�a s'est infect�.
Mes a�eux m'ont tout appris.
Je ne comprends pas.
N'aie pas peur.
Tout va bien.
Merci.
Mes chers fr�res,
en cette occasion d'une haute importance.,
je vous dispense de suivre
notre r�gle de silence.
Je ne vois pas l'archev�que de Saragosse.
On dit qu'il a r�clam� des herbes � S�verin.
La colique ?
� pr�sent,
notre fr�re cell�rier
va nous annoncer ce que les cuisiniers ont pr�par�.
Merci, r�v�rend abb�.
Ce soir, les cuisines serviront du rago�t de pigeon,
ainsi que du lapin,
du riz avec des amandes de nos collines,
de la tarte � la bourrache, des olives fourr�es,
du fromage frit,
du mouton, des f�ves blanches, ainsi qu'une s�lection
de vins et de liqueurs d'herbes.
On esp�re que le d�ner vous plaira.
N'oublie pas mes pois chiches !
R�v�rend Bernard,
je crois que vous connaissez fr�re Guillaume.
La renomm�e de Bernard m'a servi de le�on
et d'avertissement pour bien des d�cisions importantes
qui ont guid� ma vie.
Il semble que maintenant,
� la demande de l'abb�, je doive m'occuper d'un triste cas
dans lequel la puanteur du d�mon est �vidente.
Je vous en parle car je sais
qu'� une �poque, vous officiiez dans ce domaine
o� les forces du bien combattent les forces du mal.
Oui, mais je suis pass� de l'autre c�t�.
J'ai cess� d'enqu�ter sur les faiblesses des monstres.
J'ai d�couvert qu'elles �taient identiques � celles des saints.
Pouvez-vous nous �clairer sur ces crimes ?
Non, malheureusement.
Un modeste cadeau de Sa Saintet�, pour l'abbaye.
Je vous remercie, vous et Sa Saintet�.
Un cadeau pour l'abb�.
Le Christ sur la croix, avec une bourse.
C'est un symbole.
Vous savez ce que c'est.
Le Christ autorise le recours � l'argent
� des fins religieuses.
J'ai conscience du peu d'estime que vous avez pour les franciscains.
Nous tous, tous les jours, communiquons gr�ce aux symboles.
Les mots, par exemple.
Mes symboles ?
Mes symboles ont �t� fa�onn�s
par un artisan de talent, mais je les ai us�s.
J'ai march� et march�
pour d�livrer le message du Christ aux plus modestes.
Je remercie le r�v�rend abb� de son splendide accueil
et de l'absolution qu'il nous donnera ce soir
pour les p�ch�s d'exc�s que nous commettons.
L'inquisiteur te conna�t.
Je ne suis qu'un cafard pour lui.
Il ne s'int�resse pas aux cafards.
Enfuis-toi.
Si l'inquisiteur te reconna�t...
J'ai parl� � un officier.
Il y a eu un bain de sang � Pietranera.
Anna.
Fr�re Guillaume.
On dit que vous n'�tes pas seul, vous �tes venu accompagn�.
En effet, j'ai un novice.
J'esp�re qu'il est le genre � faire honneur � son ma�tre
plut�t qu'� lui faire honte.
Adso.
Un franciscain, j'imagine.
J'�tais novice b�n�dictin � l'abbaye de Melk.
Un Allemand.
Oui, mon r�v�rend p�re.
O� as-tu connu ton ma�tre ?
� Florence.
Vraiment ? Que faisait donc un Allemand,
novice b�n�dictin, � Florence ?
Je voulais voir l'Italie.
Visiter le c�ur de la chr�tient�.
D�couvrir la beaut�.
Assieds-toi.
Tu n'as pas pris de vin.
Non.
Mon ma�tre non plus.
C'est vrai.
Nous connaissons d�j� ses nombreuses vertus.
Mon cher fr�re,
Sa Saintet� vous remercie
pour vos messages.
Il appr�cie que vous l'ayez tenu inform� des �v�nements.
Notre abbaye est un terrain neutre, Votre Excellence.
Mais ma d�votion au pape Jean
passe avant l'obligation de neutralit�.
Avez-vous une id�e de qui s'essaie au meurtre par ici ?
Votre assistant comptait parmi les victimes.
Oui.
La plus cruelle de nos pertes,
mon r�v�rend p�re.
Guillaume de Baskerville et l'abb�
l'ont injustement soup�onn�.
Vous m'en direz tant.
Et vous ? � qui pensez-vous ?
� personne.
Sinc�rement, � personne.
Mais tout a commenc� avec l'arriv�e des franciscains.
Insinuez-vous...
Non.
- Ici ? - Non.
� l'abbaye ?
Vous pensez que leur pr�sence permet au meurtrier de se prot�ger ?
Je ne sais pas.
Franchement, je ne sais pas.
Et l'abb� ?
Vous verrez par vous-m�me
s'il est digne de la confiance du pape,
s'il a la force morale pour gouverner
cet endroit saint.
Que pouvez-vous me dire d'autre ?
Il y a de nombreux mouvements la nuit,
ces derniers temps.
J'ai l'impression que quand je ferme la tour,
il y a quelqu'un cach� � l'int�rieur.
J'ai m�me trouv� des signes �vidents d'effraction
dans la biblioth�que.
Que savez-vous de R�migio de Varagine ?
Pourquoi ?
Parce qu'il me dit quelque chose.
R�migio de Varagine est dans ma m�moire...
�trangement.
R�migio ?
Que veux-tu de plus ?
Piti�.
Ne d�truis pas povero Salvatore
et buonissimo R�migio.
Sauve-nous de l'inquisiteur.
Assez !
Je tairai votre secret.
Va-t'en.
Va dormir, Salvatore.
Merci beaucoup.
L'abb� a accept� R�migio de Varagine
il y a environ 15 ans.
Il �tait avec ce monstre, Salvatore, qui fabrique le papier.
Je ne sais pas d'o� ils venaient.
Mais un jour,
R�migio m'a remis des enveloppes scell�es
pour que je les mette � l'abri dans la biblioth�que.
Qu'avez-vous fait ?
J'ai jur� de les enfermer dans le finis Africae.
O� ?
La salle la plus secr�te.
Le finis Africae.
Il n'a pas dit ce qu'elles contenaient.
Non, bien s�r.
- Vous n'avez pas regard�. - Jamais.
Et si je vous demandais de me les montrer ?
J'ai jur� de ne pas les montrer tant que R�migio serait en vie.
Je comprends.
Bonne soir�e, fr�re.
� vous aussi, mon r�v�rend p�re.
Si tu crois avoir deux ennemis dans ces murs,
mieux vaut te confier � celui qui n'est pas arm�,
crois-moi.
J'�tais encore franciscain quand j'ai rencontr� Dolcino.
J'ai cru � sa pr�dication,
comme beaucoup d'autres.
Je ne suis pas un homme instruit.
Les id�es ne m'�meuvent pas vraiment.
J'ai essay� de me rebeller contre les suzerains,
voil� que je les sers.
Trahir
ou se r�volter.
Les gens simples n'ont qu'un choix tr�s restreint.
Tu es venu nous arr�ter.
�tais-tu vraiment pr�somptueux
au point d'esp�rer arr�ter Dolcino ?
Ou l'arm�e du pape ?
Ou Bernard Gui ?
Quelqu'un allait te jeter une lance,
mais Marguerite
l'en a emp�ch�.
C'�tait toi ?
Je ne sais pas comment dire, mais c'�tait une f�te de fous.
Un carnaval magnifique.
R�v�rend.
Allez � la cellule de R�migio et amenez-le-moi.
Postez un garde devant la tour.
Quiconque en sort ce soir sera arr�t�.
On �tait des milliers dans les montagnes avec Dolcino.
Puis on en a �t� r�duits
� manger nos compagnons
tu�s dans la bataille. Mais m�me l�,
il r�gnait une atmosph�re de libert� !
Oui !
J'ignorais ce que c'�tait, avant. On se sentait libres.
On avait l'impression de d�tenir la v�rit�.
Toutes nos actions �taient bonnes.
C'est l�
que vous avez commenc�
� coucher avec des femmes.
Tu es un petit moine
venu d'un ch�teau pour finir dans une abbaye.
Tu penses que ces pens�es sont inspir�es par le diable ?
C'est faux.
C'est une mani�re de vivre.
Que faites-vous chez R�migio ?
O� est-il ?
Sais pas.
Mais R�migio est bon.
Laissez-le.
Croyez-moi, on vivait
une exp�rience nouvelle et unique.
Il n'y avait plus de ma�tres.
Dieu,
on nous l'avait promis,
�tait avec nous.
Crains les proph�tes, Adso, et ceux qui sont pr�ts
� mourir pour la v�rit�. Ils font souvent mourir
beaucoup de monde avec eux, avant eux et parfois � leur place.
C'est vrai. Je ne dis pas que Dolcino avait raison.
Si je suis ici, c'est parce que je l'ai abandonn�.
Je te l'ai dit,
c'�tait un grand carnaval.
Et par temps de carnaval, tout est fait...
� l'envers.
Attends.
Bernard aura pens� � poster des gardes
pour emp�cher l'entr�e
ou la sortie.
Il faut penser comme l'ennemi.
Comment sortir ?
Par l'ossuaire.
L'ossuaire ?
L'ossuaire.
Les cr�nes ne te font pas peur, quand m�me ?
Seigneur,
J�sus-Christ...
Ma chair n'est pas digne de Vous recevoir.
J�sus.
J�sus-Christ.
J'ai quelque chose � vous dire et ce n'est rien de bon.
Deux anciens Dolciniens vivent � l'abbaye.
Le cell�rier et la cr�ature qui fait du papier.
Bernard pourrait s'en servir contre nous.
Toute excuse sera bonne pour nous accuser d'h�r�sie.
Nous sommes face au pire inquisiteur n� de Satan
et au pape le plus honteux qui ait jamais gouvern�.
Je veux parvenir � un accord.
Je lui demanderai une juste interpr�tation
des �critures.
Nous d�fendons saint Fran�ois.
Nous exigeons la libert� de proclamer
la n�cessit� d'une �re nouvelle.
Une �re de libert�,
de charit� et de spiritualit�.
Nous voulons le droit d'affirmer que ce changement
ne pourra �merger que s'il est prot�g�
par l'�glise.
Elle doit changer. Les hommes doivent changer
leur fa�on de vivre, de penser
et de se respecter.
Cet apr�s-midi, entre none et v�pres,
notre conf�rence commencera.
Que le Saint -Esprit
illumine chacun d'entre vous.
Une nouvelle justice !
Une nouvelle �glise !
Quand j'�tais jeune, j'ai traduit du grec
un po�me que je me rappelle encore.
Il s'intitulait Le Mal.
Zeus fit don d'un mal �ternel
La vieillesse
qui glace plus s�rement
que la mort
Sordide et sinistre grand �ge
o� l'obscurit�
est une cage
O� tout ce qu'ils sont, tout ce qu'ils seront,
c'est aveugles !
Ne riez pas.
Mais c'est du po�te Mimnerme, Votre Sublimit�.
Jean Chrysostome a dit
que le Christ ne riait jamais.
Il l'a dit
presque 400 ans apr�s la mort du Christ.
J�sus n'a jamais parl� de com�dies ni de fables.
Il usait de paraboles.
Il ne faut jamais rire de la bont�.
Le rire est un rem�de, comme le bain.
Les bains sont bons, Ils r�tablissent
l'�quilibre des humeurs.
Le rire secoue le corps.
Il d�forme les traits et rend l'homme
plus similaire au singe.
Le singe ne rit pas.
C'est le propre de l'homme, signe de rationalit�.
Tout ce qui est propre � l'homme
n'est pas n�cessairement bon.
Saint Laurent,
plac� sur le gril, invita ses bourreaux � le retourner,
disant que ce c�t� �tait d�j� cuit.
J'ai construit ma maison.
Go�te �a.
C'est du g�teau.
C'est tr�s bon.
Tu aimes ?
Prends-le.
N'aie pas peur.
Je peux...
J'en ai envie.
Je suis ravi de vous voir,
Votre �minence. Quelle chance !
On dit qu'� Bologne, on a voulu vous tuer.
Je n'ai pas envie de mourir si t�t.
Vous arrivez � point nomm�.
La conf�rence va bient�t commencer.
J'ai besoin de me laver la figure.
Conduisez le cardinal de Pouget � ses appartements.
Faites-moi envoyer une bouteille de votre fameux vin rouge.
Que le monde peut �tre beau.
R�migio de Varagine.
Mon r�v�rend p�re.
Je t'ai cherch� pour discuter, mais tu n'�tais pas l� hier soir.
En effet, non.
Quand j'ai une de mes migraines, je marche.
Je vais toujours dans les bois.
Avec les loups ?
Non, j'ai peur des loups.
J'emporte
� manger dans mes poches.
Tu fais donc l'aum�ne aux loups.
Viens, assieds-toi.
Prions.
Je suis s�r que l'on s'est crois�s. O� �tait-ce ?
Non, r�v�rend p�re.
Je suis certain qu'on ne s'�tait jamais rencontr�s.
O� �tais-tu avant de rejoindre cette abbaye ?
J'ai connu beaucoup de monast�res.
En Belgique.
Au couvent de La Verna, en Toscane.
- Le couvent franciscain ? - Oui, mon r�v�rend p�re.
Malheur !
C'�tait un repaire de dangereux penseurs.
Il y avait
beaucoup d'�rudits.
Mais je n'ai toujours �t� qu'un humble serviteur.
Rien qu'un humble serviteur. Je travaillais la terre,
avec une b�che.
Pas avec des id�es.
Une derni�re chose.
Avais-tu d�j� rencontr� Guillaume de Baskerville ?
Non jamais.
Je l'ai connu ici.
Puis-je partir ?
Va en paix.
Je suis votre humble serviteur, mon r�v�rend p�re.
Fr�re.
Mon r�v�rend p�re.
Dites-moi.
Que savez-vous du novice de Guillaume de Baskerville ?
Pour tout dire,
j'ai envoy� un pigeon � son abbaye de Melk.
Cet Adso est le fils d'un g�n�ral
de l'arm�e imp�riale.
Un petit serpent allemand.
Guillaume nous a amen� un espion.
Je compte sur vous pour que ce petit serpent
et les franciscains
n'utilisent pas nos pigeons.
O� est ton novice ?
Il devrait bient�t �tre l�.
J'esp�re.
Tout va bien, il est gentil.
Qui es-tu ?
Et toi ?
Qu'est-ce que tu fais l� ?
Es-tu bless�e ?
Tu gu�ris.
Elle m'a sauv� la vie.
Qui est-elle ?
Elle fuit la guerre.
Tu la comprends ?
Oui.
Alors dis-lui que je lui suis
tr�s reconnaissante.
Demande-lui avec quelles racines elle m'a soign�e.
Je ne parle pas sa langue. Je la comprends, c'est tout.
Comme je la comprends.
Ton nom ?
Adso.
Le tien ?
Anna.
- Pourquoi es-tu arm�e ? - Je chasse.
Tu t'es bless�e � la chasse ?
Tu as tes raisons d'�tre l�, j'ai les miennes.
L'abbaye est loin d'ici ?
� une heure par le chemin.
C'est plus court par les bois.
Soyez tous les bienvenus
� ce d�bat
qui est, vous le savez, essentiel � l'avenir de notre �glise
et de notre religion.
Le sujet est la pauvret�.
L'�glise devrait-elle choisir de renoncer � toute richesse ?
Nos fr�res de l'ordre franciscain, emmen�s par Michel
de C�s�ne,
l'ont affirm� � P�rouse en 1322.
Ils croient
en la renonciation � la propri�t� de tout bien mat�riel.
Apr�s ce chapitre, le pape Jean a d�
fulminer la bulle Cum inter nonnullos
qui d�clare h�r�tique la doctrine franciscaine.
Nous ne pouvons pas accepter
cette d�cision.
Je suis le novice de Guillaume de Baskerville.
La bulle du pape Jean dit textuellement
que toute affirmation d'une �glise pauvre
doit d�sormais
�tre consid�r�e comme erron�e et h�r�tique.
Parce qu'elle contredit clairement
les Saintes �critures.
Il est mal d'avoir seulement des pens�es contre elles.
L'empereur se sert de vous, les franciscains.
Il cherche � discr�diter le pape
et le traite d'ennemi de la paix.
Pas exactement.
En substance, si.
R�v�rend abb�.
Nous autres franciscains,
nous affirmons que le sacrifice,
qu'il soit priv� ou public,
de tous ses biens
est louable
et saint.
Le Christ nous l'a enseign�
et l'a confirm� par l'exemple.
Il a fait la d�monstration du chemin vers la perfection.
Saint Paul le dit, nous avons � manger,
nous avons de quoi couvrir notre nudit�.
C'est suffisant.
Nous sommes satisfaits.
Contredire cette id�e, c'est h�r�tique.
Comment osez-vous ?
Tout droit humain sur la base duquel on poss�de des biens
est contenu dans les lois. Le Christ,
comme mortel, d�s sa conception, fut propri�taire
des biens terrestres.
Comme Dieu, il re�ut de son P�re
la domination universelle.
Le pape
est son h�ritier.
D'apr�s Luc,
au chapitre 6, le Christ rejette pour lui-m�me
tout pouvoir ou titre.
Dans Matthieu, au chapitre 19,
Pierre affirme que pour le suivre, ils ont tout quitt�.
La vie du Christ devrait �tre un mod�le pour l'�glise.
Nous qui voulons le suivre,
devrions -nous r�partir la propri�t� des choses ?
Ou m�me prendre des terres, des joyaux,
des �difices ou de l'argent ?
Comme si notre salut n'�tait pas dans l'amour, la justice
et la paix pour tous les hommes,
mais dans le pouvoir terne que conf�rent les possessions
� ceux qui les revendiquent.
Vous, franciscains,
avez attaqu� des couvents !
Vous avez d�nud�
des moines pour leur imposer la pauvret�.
Il y a 30 000 franciscains en Europe.
Nous ne contr�lons pas les exc�s
de quelques-uns.
Dieu contemple des mains propres, pas des mains pleines.
Vous nous accusez d'avoir les mains sales d'un usurier ?
Non, c'est vous
qui comparez le Christ � un pr�lat de votre cour,
fonds de latrine !
Mod�rez votre langage.
Voici des exemples d'�crits h�r�tiques
qui ont inspir� l'empereur.
Il ne sera pas inspir� par vos �crits,
vous �tes illettr�.
Moi ? Illettr� ?
Fran�ois, lettr� ?
Lui qui parlait avec des oies.
Qu'avez-vous � dire des taxae sacrae poenitentiariae
o� le pape exploite
les p�ch�s des religieux pour s'enrichir ?
Attention � ce que tu dis, porc ! Fils de catin.
Voici ce que dit ton pape.
Si un eccl�siastique commet un p�ch�,
un p�ch� de chair avec une nonne,
une parente, ou m�me une femme ordinaire,
il peut �tre absous s'il paie
67 lires d'or
et 12 sous.
S'il commet des bestialit�s,
ce sera plus de 200 lires.
Mais s'il a p�ch� seulement avec des jeunes
ou des animaux, et non pas avec des femmes,
l'amende est r�duite de cent pi�ces.
C'est une calomnie.
Comment oses-tu ?
Je vous en prie !
Je vous en prie,
mes v�n�rables fr�res.
V�n�rables fr�res.
Mes v�n�rables fr�res, nous reprendrons nos travaux
demain matin, apr�s les pri�res.
Mais je ne tol�rerai
aucune autre sc�ne.
Quiconque franchira les limites sera exclu.
Tout �a pour prouver la pauvret� du Christ ?
On ne se demande pas si le Christ �tait pauvre,
mais si l'�glise doit l'�tre.
Pauvre ne renvoie pas au manque mat�riel,
mais au droit de l�gif�rer sur les affaires terrestres.
Vous le direz ?
Si j'arrive � parler avant qu'ils s'entretuent.
Je suis pris entre deux forces oppos�es,
comme un �ne
qui ne sait pas dans quel sac manger.
Il a fonctionn�, mon pi�ge buonissimo.
J'arrive, puella.
Quelle odeur d�licieuse !
Je t'aime.
Ne me touche pas !
Salvatore t'aime.
Tu me fais mal !
Laisse-moi partir.
Laisse-moi partir !
Tu vas m'aimer.
J'aimerais me confesser.
J'attendais ce moment.
Jusqu'� hier, je n'avais qu'un d�sir � confesser.
Aujourd'hui, je dois confesser une chose plus grave.
J'ai eu une relation charnelle avec la fille.
Je sais que j'ai p�ch�
car j'ai choisi la vie de moine.
- Tu as choisi ? - Oui.
Je pense.
Tu as p�ch�, Adso, c'est certain,
contre le commandement qui t'ordonne de ne pas forniquer.
� ta d�charge,
tu t'es trouv� dans une de ces situations
o� m�me un P�re du d�sert se serait damn�.
Tu ne dois pas recommencer.
Mais il n'est pas monstrueux que tu aies �t� tent�.
D'ailleurs, il est bon
qu'un moine, au moins une fois dans sa vie,
ait fait l'exp�rience
de la passion charnelle.
Il pourra se montrer indulgent et compr�hensif
face aux p�cheurs qu'il devra r�conforter.
Mon intellect la sait source de p�ch�.
Mais mon c�ur
la per�oit...
comme le r�ceptacle de toute gr�ce.
L'heure viendra o� tu seras pr�t � d�cider.
La pri�re apaisera ton esprit. Je t'ai absous,
mais on ne sait jamais.
Va demander confirmation au Seigneur.
Adaptation : Clotilde Maville
Sous-titrage : VSI - Paris
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