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Original subtitles

Musique militaire

...

Qui qui qu'en veut ?

Pas � l'approche

L'homme g�mit.

- Tu pourras pas dire qu'on t'a mal accueilli.

L'homme crie.

Regarde, on t'emm�ne au lit.

Raclement m�tallique

Il g�mit.

- C'est �a, Vidocq ?

Bienvenue � bord.

Rire cruel

Hilarit� g�n�rale

...

- Allez, debout ! Debout !

Allez !

Allez !

Allez !

- Tabac ?

Moi, c'est Courtaud.

- Vidocq. - Oui...

"L'�vad� perp�tuel". Faudrait �tre aveugle et sourd

pour pas savoir qui t'es.

- Tu l'as sci� ! - Non !

- Avec quoi ?

Il hurle.

Avec quoi ? Le prisonnier hurle.

Coups violents ...

- Si tu veux t'�vader, ils te jettent

par-dessus bord.

... ...

- Continue, tu m'int�resses.

- Allez, sortez-le !

L'homme hurle.

...

- Qui fait quoi ici ?

- Le chef, c'est Maillard. L'autre, l�-bas.

Bonnet vert. Comme toi, dangereux.

De m�che avec les gardiens.

Il emp�che les �vasions et ils l'ont � la bonne.

M�fie-toi de lui. Hurlements

T'es tout ce qu'il veut pas � bord.

Cris d'encouragement

...

- Allez ! - Vas-y, saigne-le !

...

- Vas-y, saigne-le !

- L'Anguille ! - Sur Fleur d'�pine.

- Fleur d'�pine.

...

- Sur l'Anguille.

- Allez, Fleur d'�pine ! Saigne-le !

...

- D�coupe !

...

- Saigne-le !

...

- Allez !

...

- Sur l'Anguille ! - Tue-le !

- L'Anguille !

...

- Allez, l'Anguille !

...

- Alors ?

- Saigne-le !

Tue-le, Fleur d'�pine ! Saigne-le !

- C'est le moment.

- Allez ! Vas-y, l'Anguille !

...

- Y a une r�putation � se faire � tuer Vidocq.

Je m'appelle Nathana�l de Wenger. Tu me dois une vie.

C'�tait le premier. Il t'en enverra d'autres.

Tu vas avoir besoin de quelqu'un pour surveiller tes arri�res.

Mes cha�nes sont pr�tes.

Si tu t'�vades,

j'en suis.

- Je voyage seul.

...

- Allez, saigne !

...

Tue !

...

La clameur diminue.

...

Maillard ricane.

Claquement de doigts

Tintement m�tallique

Rire forc�

Il ricane.

Maillard g�mit.

Les soldats crient.

...

Cri

- Reculez !

...

- Reculez ! - Reculez !

- � la baille !

Musique majestueuse

...

...

...

...

Musique sombre

...

- L'important, c'est la sensation sous le doigt.

Touchez �a ! �a se caresse, �a. Ou sinon,

je viens de recevoir une toile de Jouy.

Touchez-moi ce coton peign�.

Fermez-moi ces jolis yeux. Quelle douceur !

J'en ai trois couleurs. Regardez. - C'est bien.

Six m�tres, vous avez ? - Oui. Quelle couleur ?

- Le rouge. - Ben, voil� !

Six m�tres de rouge. Choix judicieux et �l�gant.

Bravo, madame !

- Ah, ah, ah... Annette !

T'�tais o� ?

T'as rien pour moi ? Parle.

- Je vous cherchais... - � d'autres !

- Messieurs...

S'il vous pla�t.

Vous effrayez ma client�le.

- T'es pas d'ici, toi.

- Je suis un marchand ambulant. Je suis sur la route.

- Ton nom,

tes papiers.

Toi, tu bouges pas.

- Duval.

Jules Duval.

- Tu te fournis chez Masin ?

- Non. Rochefort � Valenciennes.

- Il m'a vol� ma montre. Au voleur !

- Moi aussi, on me l'a vol�e !

- Rends-nous les montres ! - Ne m'accusez pas !

- C'est toi ! - Je suis un honn�te homme !

Tout le march� me conna�t !

- Justement, comment tu expliques qu'on �tait que tous les deux ?

Voleur !

- �a vient pas

d'Angleterre ? - Pardon ?

- �a vient pas d'Angleterre ?

- Pour qui me prenez-vous ?

- Je sais pas, justement.

- Merci.

- Soit tu me balances des noms, soit tu retournes � Saint-Lazare.

T'as compris ?

Elle crache.

- Poulaille !

Valenciennes ?

- Pardon ? - Ou Cambrai ?

En tout cas, t'es du Nord.

- �a se voit tant que �a ?

- Je le sens.

Ma m�re �tait de Calais.

La dentelle.

- Ah oui ? - Tu dois conna�tre,

si t'es...

- Que cherches-tu ?

C'est �a ?

- Rends-moi �a.

- Chut...

- Rends-moi �a.

- �a, c'est du toc. Je te la laisse. Celle-l�, je la garde.

- La pension est ch�re. - Eh oui !

Faut payer pour apprendre, ma belle. - J'ai besoin de cette montre.

- Calme-toi. Je suis l� quelques jours

et j'ai besoin d'une chambre.

Tu connais un logeur ? - Peut-�tre.

Y a une chambre au bout de mon couloir.

- Ah oui ? - Je peux demander au taulier.

Si tu me rends la montre.

- Quelle montre ?

Hm ?

- Arr�te !

- Allez, tiens !

T'es jolie.

Je t'offre un foulard.

- Un foulard ?

Il soupire.

- Vous la prenez ?

- Oui.

- Pour l'eau, la fontaine est dehors.

Mais faut changer le broc trou�. - D'accord.

- On va se r�chauffer ? - Oui.

- Apr�s toi.

Entre.

- J'y �tais.

Avec Davout, Soult, Murat !

Ney !

Ils �taient tous l�. Et l'Empereur

qui refuse de reculer, debout

dans le cimeti�re, au vu de tous. Pour la premi�re fois,

il fait donner la garde imp�riale.

Et on a tenu. Tenu ! Tenu !

Et puis, la terre s'est mise � trembler.

C'�tait Murat et ses 12 000 cavaliers,

sabrant les Prussiens, les Polonais

et les Russes ! La charge d'Eylau !

Le courage ! Le panache !

Le sang de mes fr�res !

Vive l'Empereur !

- VIVE L'EMPEREUR ! VIVE L'EMPEREUR !

LA VICTOIRE EN CHANTANT

NOUS OUVRE LA BARRI�RE

LA LIBERT� GUIDE NOS PAS

ET DU NORD AU MIDI

LA TROMPETTE GUERRI�RE

- Titine, il fait soif ! ...

- Pas pour toi, t'es pas un soldat. ...

- Les soldats, �a boit pas, �a meurt. Il rit.

ROIS IVRES DE SANG ET D'ORGUEIL LE PEUPLE SOUVERAIN S'AVANCE

TYRANS, DESCENDEZ AU CERCUEIL LA R�PUBLIQUE NOUS APPELLE

- Elle est bonne, ma bi�re ?

...

Cris ...

... ...

UN FRAN�AIS DOIT VIVRE POUR ELLE

POUR ELLE, UN FRAN�AIS DOIT MOURIR

Cris joyeux

- Allez, mon beau. Viens te r�chauffer.

- AH, CE QUE SON ENTRETIEN EST DOUX, QU'ELLE A DE M�RITE ET DE GLOIRE

ELLE AIME � RIRE, ELLE AIME � BOIRE ELLE AIME � CHANTER COMME NOUS

Tumulte

...

- J'ai vu que tu avais deux montres ! - Tu me fais mal !

- Qui t'a pris la montre ? - Je sais pas son nom.

- Arr�te de mentir ! - Je te mens pas !

- T'es la reine des menteuses ! - Donne-moi la montre.

- C'est toi ! - J'en ai qu'une, je vous dis !

- Qui t'a pris la montre ? Qui ?

Annette crie.

- Sur le march�, ils �taient plusieurs � gueuler.

- On m'a pris l'autre !

- Qui ? - Que se passe-t-il ?

- Tu veux quoi,

toi ?

- C'est �a

que vous cherchez ?

Elle dit vrai. Elle avait planqu�

sa camelote dans mes �toffes. Je l'ai prise.

Je vous la rends,

si vous voulez.

- Si t'es drapier, je suis duchesse.

Tu te souviens pas de moi ?

98. Bic�tre.

Perrin.

On �tait de la m�me cha�ne.

- Je vois pas, non.

- Tu peux garder la tocante. Tu peux

prendre la fille aussi.

Mais on fait �quipe.

- Qu'est-ce qui te prend ? - C'est Vidocq.

Hein ?

On te disait mort.

- Je suis drapier.

- On se fait des bourgeois ce soir, rue Saint-Honor�.

Tu veux en �tre ? - Bien s�r qu'il veut venir

avec nous. Ce serait malvenu qu'on apprenne

que le drapier s'appelle Vidocq.

- Oui, tu vas pas

l�cher un vieux compagnon ?

- Je suis drapier. Vous faites erreur. Reprenez vos biens

et restons-en l�.

Cri

- Non !

Elle hal�te.

Arr�te !

Arr�te, je t'ai dit !

Tu vas le tuer.

Laisse-le partir.

S'il te pla�t.

Coup - Allez !

... Allez !

Un chien aboie.

Le chien g�mit.

Musique douce

- Tu pars ?

...

... - Oui.

...

... - Je me moque de savoir ton nom.

...

... - Toi, peut-�tre, mais d'autres pas.

...

... - Je viens avec toi.

...

- Non.

... - Pourquoi pas ?

... - Tu me dois rien, tu sais.

...

... - Je sais.

...

La musique s'intensifie

... Soupirs

... ...

Musique douce

...

Cri

Vidocq g�mit.

...

- Camille Desmoulins,

Mirabeau, Lafayette,

Olympe de Gouges ?

De Gouges, vous plaisantez ? - Je me dois de tout conna�tre.

La femme rit.

- Une courtisane hyst�rique.

Elle a pris les droits de l'homme et remplac� "homme" par "femme".

Quelle aventure ! Quand nous sommes all�s chercher le roi,

elle a tenu trois kilom�tres : elle avait mal aux pieds.

Votre biblioth�que m�rite d'autres femmes.

Mme Roland, Mme de Sta�l, Th�roigne de M�ricourt.

Th�roigne et ses phalanges d'amazones. Quelle initiative ! Quelle femme !

Ils l'ont intern�e. Mais je vous ai interrompu.

- Non, non...

Simplement, je me demandais si...

Enfin, � propos de...

Enfin, de...

De la L�gion d'honneur.

Si vous aviez eu le temps de... Rire

- Ah, les hommes et les d�corations !

Rire g�n�

J'en toucherai un mot � Joseph.

- Ah... Le fr�re de l'Empereur ?

- Mais non ! Monsieur Fouch�.

- Ah ! Bien s�r.

- Votre sup�rieur. - Bien s�r.

- Maintenant, mon ami, je vous en prie...

Asseyez-vous et donnez-moi des nouvelles de Paris.

- Que voudriez-vous savoir ?

- De quoi croyez-vous que nous parlions entre femmes ?

Des campagnes de l'Empereur ? Elle rit.

Les crimes, mon cher Henry.

Rien ne pla�t tant � ces dames que les crimes.

Je vous �coute.

- Alors...

On frappe.

Qu'est-ce que c'est ?

- D�sol� de vous d�ranger.

M. Dubillard est l�. - Ici ?

- Il n'est pas tout seul.

- Je vous prie de m'excuser.

Qu'y a-t-il ?

- M. le Directeur. - Que voulez-vous ?

- Recevez la primeur de ma derni�re arrestation.

C'est pas un spectacle pour une dame. - Je m'en remettrai.

- On est dimanche, bon Dieu !

�a pouvait pas

attendre demain ?

Soupir C'est qui, lui ?

- Vidocq, Monsieur.

- Vidocq ? - "Le" Vidocq ?

Voil�

une rencontre qui va plaire � la cour.

(C'est bon pour votre boutonni�re.)

Il ricane. Monsieur.

- Je vous raccompagne. Pardon.

Allez, venez.

- H� !

Je suis innocent ! - Personne

n'est innocent, vous savez.

Je dois avouer

que j'ai jamais cru

� votre mort. Je pensais que vous �tiez

plut�t... en Am�rique.

- Je n'ai rien fait.

- Oui, mais en m�me temps, y a un d�nomm� Flandrin

qui a �t� retrouv� assassin�, rue Saint-Honor�.

On vous accuse du meurtre. - Qui �a, "on" ?

- Je sais pas. La lettre est pas sign�e.

Mais �a change rien au fait que le d�nomm� Flandrin soit mort.

Donc, cette fois...

C'est la guillotine.

- Je connais les coupables. - Il est complice.

- Non ! Ils veulent

me faire porter le chapeau.

Je vous donne ma parole. Lib�rez-moi, je vous les ram�ne.

- Lib�rer Vidocq ?

Rires

Et quoi d'autre ? ...

Non, non... Embarquez-le.

Cris

Cliquetis

Il g�mit.

- L�che-moi, je te dis ! - Dehors !

L'homme hurle.

Vermine !

...

...

Il hal�te.

... - Non !

- Arr�te !

Laisse-le.

...

- Fran�ois.

- Tu veux quoi, toi ?

- Que tu l'�pargnes.

J'ai besoin de lui vivant.

Qu'a-t-il fait ?

- Il a insult� mon nom.

- C'est pas vrai !

On jouait aux d�s. Et il a commenc� � m'expliquer que la R�publique

lui a confisqu� ses biens et ses domaines.

Vu son blase, �a m'a fait marrer.

Il s'appelle... - Duc Lo�c de Neufch�teau.

- Ah oui...

- Capitaine au 5e r�giment de hussards.

- Alors, pourquoi portes-tu l'uniforme

de l'Empire ? - Monarchie, r�publique, empire,

je sers avant tout la France.

- Laisse-le sauf et je te le revaudrai : tu as ma parole.

- La parole d'un bagnard ?

- La parole de Fran�ois Vidocq.

- Tu �tais � Valmy.

- Et � Jemmapes. - Des batailles remarquables.

Pour des gueux.

- Pour des soldats de la R�publique.

- Repasse par ici un soir, tu paieras ta tourn�e.

Il g�mit.

Tu es mon d�biteur.

Soupir

- Ne te fie pas � ce que tu as vu. Je me d�brouille mieux que �a.

On pourrait faire �quipe.

- Non.

T'as fait tes cinq ans

ou tu t'es �vad� ? - J'ai fait mes cinq piges.

� peine dehors que leur putain d'arm�e m'appelait.

J'ai d� me faire sauter deux arpions pour �tre tranquille.

Je gambille plus, mais au moins, je fais pas le soldat.

Demande-moi ce que tu veux, je suis ton homme.

- Farge et Perrin, deux souteneurs du quartier des Halles.

- Laisse tomber, Fran�ois.

- Sauf qu'ils m'ont balanc� aux cognes. Alors ?

- Tu te rappelles de Maillard ?

- La gargouille de Toulon ? - Oui.

Rire

Il l'a eue, sa lettre de gr�ce.

C'est des hommes � lui.

C'est du monde � �viter.

Ils font rien

sans lui demander.

Ils t'ont vendu avec son accord. Ne me demande pas �a.

- Farge et Perrin.

- POLICHINELLE ! POLICHINELLE ! POLICHINELLE !

- POLICHINELLE ! POLICHINELLE ! POLICHINELLE !

- POLICHINELLE ! POLICHINELLE ! POLICHINELLE !

- POLICHINELLE ! POLICHINELLE ! POLICHINELLE !

POLICHINELLE ! POLICHI...

- Si tu manques � nos lois, ce sera mon couteau,

et non plus mon ongle.

Maillard rit.

Il est des n�tres.

Cris joyeux

...

... - Farge et Perrin

se sont fait coincer !

- Explique-toi.

- J'�tais avec eux.

- Et t'es libre ?

- Il m'a confi� un message.

- Qui �a ?

- Vidocq.

L'assembl�e �clate de rire.

...

- Parle.

- Il dit qu'il te renverra au bagne.

Rire

Hilarit� g�n�rale

- Tu l'as laiss� dire ?

L'homme g�mit.

L'assembl�e rit.

...

- Farge et Perrin.

Les assassins de Flandrin.

Et leurs aveux sign�s.

- Ne pas �tre coupable, ce n'est pas �tre innocent.

Y a pas grand-chose. Enfin si,

un peu d'agitation, m�me beaucoup.

Quand m�me. C'est ces �vasions

qui vous portent tort.

C'est �a.

- Je viens d'Arras. J'aime les grands espaces.

Rire - En m�me temps, vous avez pas atterri

en prison

par hasard. Y a bien

une plainte au d�part. - Oui.

- C'est quoi, la cause, le motif ?

- La cause ? Le motif ?

Un duel avec un mari jaloux. Rire

Je suis coupable de cela uniquement.

- Oui...

- Capdeville,

Beaumont, Florentin,

tiens !

Ceux-l�, je m'en serais pass�.

- Toutes ces �tag�res portent les dossiers

des hommes les plus recherch�s de France.

- Hm ? - Oui.

- Et sur celle-ci, qui mettez-vous ? - Cette partie-l� est r�serv�e

aux hommes dangereux actuellement sous les verrous.

- �a montre l'efficacit� de votre police. - Ne riez pas

de mes archives, bon Dieu !

Elles sont uniques en leur genre.

- Vous avez besoin de moi.

- Quoi ?

- Laissez-moi faire.

Moi, je vous remplis votre �tag�re.

Les criminels, je connais que �a.

- J'en suis pas encore � recruter

des bagnards !

- Nicolin ! Dit la Boulange. Assassine ses victimes en leur fourrant

de la farine dans le gosier. Sensible, il n'aime pas les cris.

A mendi� � Gand avec Baptiste Spillman.

Apr�s quatre-cinq ans, il se met � son compte comme chevalier grimpant.

- Chevalier grimpant, que...

- Voleur d'appartement !

- Ah ! Oui...

- Peu respect� des siens, l'usage �tant

de ne pas tuer le propri�taire.

Henri Pinson !

Dit Fleur d'�pine. Sobriquet re�u durant la campagne d'�gypte.

Un fou, un dangereux, un sans-piti�.

Il aurait sci� le cou d'un cur� � la lumi�re d'une bougie,

esp�rant voir sortir son �me.

Le connaissant, �a semble v�ridique.

Il serait devenu l'�me damn�e de Maillard.

- Un autre de vos amis, Maillard.

- Je ne lui ai pas obtenu de commutation de peine.

Il a b�n�fici� d'une gr�ce.

Vous laissez croupir des voleurs de pain et vous lib�rez cet assassin.

- On est intervenus aupr�s du ministre sans me consulter.

- C�me Maillard !

Esclavagiste � Saint-Domingue, massacreur de septembre,

il fait fortune avec la guillotine

et laisse d�pecer 44 prisonniers sous sa garde.

Il r�gne sur la p�gre comme l'Empereur sur l'Empire.

On n'introduit pas un renard dans un poulailler.

Vous allez le regretter.

- Vous d�passez les bornes, Vidocq.

Vous connaissez vraiment les casiers

de ces hommes ?

- Oui, leurs ant�c�dents et leurs visages.

Je ne suis pas rancunier, mais je n'oublie rien.

- Alors, allez-y : je vous en prie.

Allez-y.

- Millet !

Nez cass�, cou fort, empousteur, 4 ans � Toulon.

Dupin ! Il lui manque le lobe gauche de l'oreille, bouff� par un rat.

Il a aussi un tatouage de femme sur l'�paule gauche.

Monsieur le directeur de la s�ret�,

vous n'y connaissez strictement rien.

- Vous voulez que j'envoie mes inspecteurs au bagne

pour qu'ils apprennent l'argot ?

Et lui, l� ?

- Nathana�l de Wenger. Jamais entendu parler.

- Si, c'est un de vos camarades d'�vasion.

- L'alsacien ? - Oui.

- Il m'a jamais donn� son nom.

- Il est en passe de s'en faire un.

On pr�tend qu'il voudrait d�tr�ner Maillard.

� Londres, il s'est fait une r�putation. Et le voil� qui revient.

Comme si j'avais pas assez de soucis. - Pour lutter contre de tels hommes,

vous devez conna�tre leurs habitudes, leur monde.

- J'oubliais que vous �tiez l'un d'eux.

C'est vrai.

L�ger rire.

- Non, je ne suis pas l'un d'eux.

- C'est des mots tout �a.

- Ce ne sont pas des mots. C'est de ma vie que vous parlez.

Je ne suis pas l'un d'eux.

- Oui... - Donc,

il faut des r�sultats. Je peux vous les fournir.

- Mais � quel prix ? - Ma lettre de gr�ce.

- Rien que �a ?

- J'ai donn� ces hommes. Maintenant, Maillard va vouloir ma peau.

C'est lui contre moi.

Soupir

Je veux vous racheter ma libert�.

- Vous n'�tes pas en position d'exiger quoi que ce soit.

- Tout de m�me...

Dites-moi, c'est oui ou c'est non ?

- Combien ?

- Quoi, "combien" ?

- Qui dit travail, dit salaire ! - T'entends ce que je te dis ?

Je t'offre une r�putation. Et tes d�jeuners !

- Avec ce que tu t'engouffres, tu y gagnes.

- Ouais...

Au fait, je suis un peu recherch�. Quelques bourdes.

- Mes hommes se verront graci�s. Profites-en pour te racheter.

Alors, tu r�ponds ?

Attends.

Alors,

tu as r�fl�chi ?

- Napol�on rend leurs biens aux monarchistes

qui n'ont pas port� les armes contre la France.

Dans ces conditions, je suis ton homme.

- Je peux rien te promettre.

- Tu vas pas pactiser

avec ce sabreur ? - Laisse...

- Mon fils Charles.

Puisqu'il s'agit de laver notre nom, il sera des n�tres.

- Tr�s bien.

Jusqu'� pr�sent, Maillard voulait

ma t�te. Mais si nous le frappons, il voudra aussi les v�tres.

- De toute fa�on, ma t�te m'a jamais plu.

- J'admets que cette vermine-l� puisse assassiner en tra�tre,

mais ta marcheuse, elle est cens�e

servir � quoi ?

- Tu fais comment sans l'oreille de la rue ?

Et la rue, c'est chez moi.

- Ah ?

- Nous n'aurons de compte � rendre qu'� Henry uniquement.

Nos r�sultats d�termineront le prix de nos gr�ces.

Alors ?

Alors ?

- H�, Titine !

- Quoi, Gueule de Lune ?

- Deux cruchons de Navarre ! Monsieur r�gale.

Il �clate de rire.

- Vive l'Empereur ! - VIVE L'EMPEREUR !

- Vive l'Empereur !

Musique majestueuse

...

Une femme hurle.

- � l'assassin !

� l'assassin !

...

Il siffle.

...

- Dommage !

...

...

- Tut, tut, tut !

...

... Rire satisfait

... La femme crie.

...

... Madame.

...

Discussion inaudible

...

- J'ai rien fait, je vous dis !

Cris

...

- Un voleur reste un voleur.

- Oui. Et des r�sultats restent des r�sultats,

Dubillard.

- Monsieur le Directeur,

les pires bruits circulent sur le compte de Vidocq.

Il est de m�che avec plusieurs bandes. - Oui, mais il me faut des preuves.

Pas des calomnies, hein ?

- On aurait vu le d�nomm� Courtaud...

- "On aurait vu" ? Il rit.

Je veux des preuves, pas du conditionnel...

Vous �tes ridicule, pitoyable...

Vous savez ce que vous �tes ? Un eunuque.

Un eunuque de s�rail.

Comme vous �tes impuissant, vous pensez que les autres sont des incapables.

Vous ne comprenez rien, Dubillard. Cet homme esp�re sa gr�ce.

Il est l�, dans ma main. Je le contr�le.

Je le tiens.

Il rit.

Je con�ois qu'il soit plus facile de calomnier

plut�t que d'afficher l'efficacit� d'un Vidocq.

M�me en multipliant vos r�sultats par cinq, six, huit,

vous n'�tes pas au niveau.

Ni vous, ni personne dans cette maison. Personne !

- Avec tout le respect que je vous dois...

- Non, pas maintenant ! J'ai rendez-vous.

M. Fouch� parle de me remettre la L�gion d'honneur.

C'est pas gr�ce � vous.

Cris au loin

...

- Y a pas de magot en haut !

...

- Il est o�,

le magot !

Allez, parle !

Hurlements

- H� !

Tiens-moi �a.

- Pour moi ?

Je parlerai de vous � l'imp�ratrice.

Je devrais pouvoir vous obtenir cette faveur.

Excusez-moi, j'ai une partie

� terminer.

- Mes hommages, Madame la Baronne.

Soupir - J'ai encore gagn�.

Quel est le prochain ?

- O� elle est, la Baronne ?

- �carte-toi, le mamelouk.

- Mehmet ?

Soupir

Cher ami.

Je t'ai d�j� dit de pas venir ici.

- � qui tu crois parler ? T'as oubli� d'o� tu viens ?

Moi, j'ai pas oubli�.

Quand il a fallu supprimer ton mari, qui as-tu appel� ?

Qui a �touff� le baron avec l'oreiller ? Qui t'a permis d'h�riter ?

Sans moi, t'aurais rien. Je suis chez moi !

- Moins fort. - Alors,

d�barrasse-moi de Vidocq !

�a peut pas continuer

comme �a. Il a boucl� une vingtaine de mes hommes

et trois de mes lieutenants.

Mansart, Bransier et Dupin croupissent au cachot !

� ce rythme-l�, je vais manquer d'hommes !

Rien ne va depuis deux mois et tu joues

aux cartes ?

Suce qui tu veux mais fais-le chasser de la police.

- Ne me touche plus jamais.

- Je paierai.

- Payer, tu crois que c'est �a, le pouvoir ?

Pauvre idiot ! Tu ne sais pas ce que c'est que le pouvoir.

Je n'ai qu'un mot � dire et tu n'existes plus.

- Aide-moi. Parle � Fouch�.

Dis-lui que la place de Vidocq est au bagne.

- Tu t'y es mal pris.

Tu vas devoir te d�brouiller seul.

Tintement m�tallique

Coup de feu

Les chevaux hennissent.

- Ne bouge pas !

Envoie la malle !

Sortez !

...

...

- H� !

Il fait claquer sa langue.

- Qu'est-ce que tu feras quand tout �a sera termin� ?

Soupir

- Je sais pas. On verra.

- Moi, ce que j'aimerais, c'est voir la campagne.

Car j'ai jamais rien connu d'autre que Paris.

Je suis n�e � c�t�.

- Hm ? - Et j'ai jamais boug�.

Si j'ai des m�mes,

j'aimerais qu'ils voient de l'herbe, des arbres, des oiseaux...

- Des vaches, des poules,

des canards, des cochons...

- Tu te moques ? - Des truites...

Il rit. A�e ! Arr�te !

Non, pas l� ! H� !

Rires

- Non ! Va-t'en !

Va-t'en ! - Des champs de bl�...

Cris joyeux

L'homme siffle l'air de "Aupr�s de ma blonde".

...

...

- Je vais t'arracher

la langue et je t'ouvrirai en deux.

Cri

Cris de la foule

...

Cri �trangl�

- Au revoir, Fleur d'�pine.

Il crie.

Nathana�l de Wenger : un vieil ami de ton homme.

Annette hal�te.

- Merci. - Fran�ois leur fait peur.

Ils n'osent pas l'affronter.

Ils cherchent une monnaie d'�change.

J'aimerais le voir, demain,

une heure, � la fontaine aux singes.

Elle murmure.

- J'ai quelque chose � lui montrer.

�a l'int�ressera.

Respiration soutenue

Brouhaha de la ville

...

- Bonjour,

Fran�ois.

C'est bien que tu sois venu.

- Merci.

Pour Annette. - Ah ?

Content d'�tre utile.

Comment tu vas, Fran�ois ?

- Qu'est-ce que tu veux ?

- Tu m'as manqu�.

- Pourquoi je suis l� ?

- Je sais pas

si tu le sais, mais je me suis fait un nom.

Peut-�tre pas encore digne

du tien, mais j'y travaille.

Ils seront fiers d'eux le jour o� ils me couperont la t�te.

Dans ma famille, on a l'habitude de finir sur l'�chafaud.

Mon fr�re, mon p�re...

cinq oncles, dix-sept cousins...

Le tribut des de Wenger � la R�volution.

Et je t'�pargne les femmes.

J'ai �t� baptis�

avec le sang des miens. Je suis un enfant de la Terreur, Fran�ois.

Ma place est sur la guillotine. Et la tienne ?

- C'est � toi de me r�pondre. Pourquoi je suis l� ?

- On va profiter du spectacle.

J'adore les march�s. �a me rappelle mon enfance � Strasbourg.

Les march�s de No�l.

Ding ! Ding ! Ding !

En fait, j'ai un cadeau pour toi.

Il renifle.

Cris de panique

Il faut se m�fier

des habitudes.

C'est facile. Tu les as presque tous envoy�s au bagne.

Y avait plus qu'� finir ton travail. Je vais m�me r�cup�rer ses hommes.

- Que me veux-tu ?

- Regarde.

Ceux-l�.

Et les autres.

Le peuple.

Ils sont � nous. Tous.

J'ai voyag� depuis notre escapade

dans l'eau : l'Autriche, l'Angleterre, la Prusse.

J'ai m�me v�cu en Suisse.

Mais rien ne vaut Paris.

- D�placez-vous, s'il vous pla�t ! - Circulez !

- Y a rien � voir ! - Reculez !

- Retournez � vos �tals ! - Reculez !

- Il va falloir s'organiser.

Que tu fricotes avec la pr�fecture.

C'est habile. Mais dans la for�t

de S�nart, on �tait face � face.

Il faut plus que �a se reproduise.

T'es d'accord ?

Tu continues � ramasser les amateurs,

et moi, je fais de nous les empereurs de Paris.

- Il n'y aura jamais qu'un seul empereur.

- Pas si on fait �quipe.

- Je voyage seul. Je te l'ai d�j� dit pourtant.

- Je croyais que nous �tions amis.

Il siffle.

Musique orchestrale

...

- Merci.

Je m'y ferai... Vivre ici.

- Pardon.

Merci.

- Merci.

- � nous.

- Et vive l'Empereur !

Le brouhaha reprend.

- Maillard et Fleur d'�pine

la m�me semaine, vous y allez fort.

J'aurais pr�f�r� des arrestations, mais c'est pas plus mal

comme �a.

- Laissez-moi vous pr�senter Annette.

- Je suis heureux que vous ayez accept� d'�tre l� aujourd'hui.

Apr�s tout, vous n'�tes pas pour rien dans l'�v�nement du jour.

- Nous avions un accord.

- Je sais, mais l'administration de l'Empire a ses insuffisances.

Faut pas la brusquer,

c'est tout. Regardez... moi, par exemple,

�a fait des ann�es qu'on me promettait cette m�daille.

Aujourd'hui, je la re�ois.

Voil�, c'est comme �a.

C'est comme �a.

Je suis la preuve vivante que la patience finit toujours par payer.

- Quelles sont ces cachotteries que vous vous murmurez ?

Quelque secret d'�tat ?

- Je vous pr�sente la baronne de Giverny.

Une amie. - Vous avez meilleure allure

que la premi�re fois o� on s'est rencontr�s.

Auriez-vous oubli� ?

- Oh, j'oublie peu.

- On m'a beaucoup parl� de vous. Rarement en bien, certes.

L'essentiel n'est-il pas de faire parler de soi ?

- Non, c'est de survivre. Les vivants ont toujours le dernier mot.

- On vous pr�te beaucoup d'atouts, mais je ne vous savais pas philosophe.

- Oui... on me pr�te beaucoup.

- Je vous vole le h�ros du jour, le temps de lui soutirer de quoi faire

fr�mir ces dames.

- Des baronnes

comme �a, j'en vois tous les jours sur le trottoir.

Franchement, tu crois � son num�ro ?

Elle minaude.

- On montre pas toujours son vrai visage. - Mais toi, si.

C'est toi qu'ils devraient d�corer.

- Ah oui ? Qu'ils me donnent d�j� ma lettre de gr�ce !

Justement...

Tiens �a, je reviens.

Reste l�. C'est toi la plus belle.

- Dubillard, on dit que t'�tais � Austerlitz. C'est vrai ?

�a alors ! Et moi qui te prenais pour une ordure !

Tu sais quoi ? Je suis fi�re qu'on soit coll�gues.

Fouch� est en pleine lecture.

...

- Monsieur !

J'aurais besoin de m'entretenir avec vous.

- Vous devez �tre Vidocq, non ? - Pour vous servir.

- Je vous voyais plus grand.

On vous dit observateur.

- La com�die humaine n'est-elle pas la plus passionnante de toutes ?

- La com�die humaine ? La formule est plaisante.

Vous devriez la confier � l'un de nos dramaturges.

- Son Excellence doit savoir qu'on m'a promis une lettre de gr�ce.

- Elle �tait l�.

La guillotine, elle �tait l�.

Avez-vous d�j� assist� � une ex�cution publique, Vidocq ?

- Oui.

- Tout le monde devrait voir �a une fois dans sa vie.

La foule qui hurle, qui injurie, qui insulte,

qui r�clame des t�tes... Des t�tes et des chaussures.

Pour Marie-Antoinette, c'�tait leur obsession.

Ils r�clamaient ses souliers.

Ils ex�cutent une reine et ils pensent � leurs pieds.

C'est une grave erreur de confondre le peuple et la foule.

Le peuple, lui, est souverain.

C'est le plus grand legs de notre R�volution.

Mais la foule est une b�te f�roce

qu'il faut nourrir, manipuler, dominer...

J'ai vu des dizaines de t�tes rouler au sol depuis cette terrasse.

Royalistes, orl�anistes, jacobins, girondins...

Les cris du public �taient les m�mes.

Personne ne r�clamait la gr�ce. Tous voulaient du sang.

- C'est pourtant l'Empire qui a mis fin au chaos et remis de l'ordre.

Il faut donc le consolider.

- Croyez-vous ?

Louis XVI et Robespierre ont �t� guillotin�s,

non pas pour ce qu'ils �taient,

mais pour ce qu'ils symbolisaient.

J'ai bien peur que l'Empereur ne finisse par devenir un symbole.

- Les rumeurs seraient-elles vraies ?

- Elles sont rarement enti�rement fausses.

- Fouch� manquerait � l'Empire s'il venait � partir.

- L'Empire est � l'Empereur. C'est un homme : il commet des erreurs.

L'important, c'est la France.

Elle survivra � l'Empire, et moi aussi.

La force de Napol�on, c'est de tous les faire travailler ensemble :

bonapartistes, monarchistes, r�publicains.

Sans lui, nous serions encore en guerre civile.

C'est aussi cela que j'aime chez vous.

Vous avez un vend�en cherchant � r�cup�rer ses biens,

un vieil ivrogne r�publicain, une marcheuse bonapartiste

et un ex-bagnard obs�d� par l'id�e de se racheter

une place dans la soci�t�.

J'aime profond�ment votre conception de la France, Vidocq.

Vous devriez faire de la politique.

- On m'a promis cette lettre.

- La seule question, c'est : serez-vous vraiment utile ?

La porte claque.

- Napol�on, qu'as-tu fait de mes arpions ?

Tire-lire-lire-lire-rantanplan !

Tire-lire-lire-lire Si je les retrouve

Je te les fourrerai dans le croupion Tire-lire-lire...

Vive l'Empereur !

Crac !

Musique dramatique

...

... La foule hurle.

... ...

...

- Vous ne vous souvenez pas ? - P�re...

J'avais deux ans � la confiscation.

- Les 200 hectares de for�t, les trois lacs,

la vue sur la plaine les ch�teaux sobres, puissants

comme notre maison. - Ma m�re m'en parlait souvent.

- Nous avons �t� heureux l�-bas.

Et vous le serez vous aussi.

Cris

...

Cri

...

...

Il hurle.

Charles.

Charles ?

Charles... Charles !

Charles.

(-Papa...)

- Non...

Non... Non !

Charles, non !

Non ! Non !

Charles !

"-Ce n'est pas

"une simple d�coration qui vous est remise aujourd'hui, messieurs.

"C'est un cordon.

"Un cordon rouge comme le sang vers� pour d�fendre la patrie.

"Un cordon rouge comme la passion dont vous avez fait preuve

"pour servir l'Empire.

"Un cordon rouge

"comme celui qui vous relia � votre m�re.

"Un cordon rouge qui vous liera � jamais

"� la France."

Messieurs,

soyez dignes de ce cordon.

Soyez dignes de la L�gion d'honneur.

- J'aimerais que vous n'arr�tiez personne ce soir.

Je me suis donn� du mal pour sa m�daille. Ne g�chez pas la f�te.

- Merci, Monsieur.

- Merci, Monsieur.

- Merci, Monsieur.

Applaudissements

...

Musique d'op�ra

...

- J'ai l'impression que nous nous connaissons depuis toujours.

- Roxane Restovitch, vous avez servi dans le harem de la m�re Li�baut.

Croqueuse de d�put�s sous la Terreur, vous �tiez l'app�t d'un certain Verdier

que vous aidiez � pi�ger les aristos sur le d�part.

Vous avez pris trois ans dans les prisons de Saint-Lazare.

En sortant, votre protecteur �tant d�c�d�,

vous avez fricot� avec la p�gre. Vous y avez retrouv�

un amant de jeunesse, un certain Maillard.

Vous avez ensuite harponn� un baron, le vieux de Giverny,

qu'on a retrouv� mort dans son lit.

- Une fin heureuse. - Sauf si on l'a aid�.

Puis, vous acc�dez � la cour

� travers la couche d'un g�n�ral d'empire,

et depuis, vous faites dans le n�goce de faveurs, dirons-nous...

Ai-je oubli� quelque chose ? - Oui.

De m'inviter � d�ner. Demain ?

Vous voil� empereur de Paris.

Je peux rendre

des services...

Obtenir une lettre de gr�ce, par exemple.

- Que devrais-je faire ?

- Soyons d�j� amis.

...

Je ne suis pas la seule � avoir un garde du corps.

...

...

- Il voulait vivre.

Servir son pays, �tre digne de son nom, nous couvrir d'honneur. Et tu l'as tu� !

Tu l'as tu� !

La seule chose qui t'int�resse, c'est la vengeance.

Faire la guerre aux ordures qui te collent � la peau.

Il pleure.

Tu les m�prises, mais tu vaux pas mieux.

Tu es l'un d'eux.

Une brute.

Un animal.

Une balance.

Il pleure.

...

- Ouvrez pour M. Vidocq !

M. Vidocq. - Ils vont o�, ceux-l� ?

- Toulon. Ils partent pour le bagne demain.

- Mouchard ! - Mouchard !

Les prisonniers insultent Vidocq.

...

...

- Ouvrez.

- Vous voulez entrer ?

Ils vont vous �triper. - Faites ce que je vous dis.

...

- Les gars, j'ai besoin d'aide ! - Laissez-moi faire.

...

- � quoi �a vous sert de brailler ?

C'est quand je vous ai emball�s qu'il fallait agir !

Maintenant, c'est trop tard !

Vous �tes pass�s en justice !

Y a plus d'innocents ici !

Vos sales gueules de coupables !

Y en a-t-il un ici qui peut pr�tendre que j'ai travaill� avec lui ?

Ou que je l'ai trahi ?

Hein ?

Personne.

Je n'ai jamais donn� personne !

Simplement parce que j'ai toujours �t� seul.

Et vous le savez !

Et tous ceux que je vois ici et qui ont d�j� tent� de me faire la peau,

que ce soit au bagne de Toulon ou � Brest,

vous vous attendiez � quoi de ma part ?

De la solidarit� ?

Que je me laisse accuser ?

Encore ?

- Mouchard.

Soupir

- Je n'ai pas de respect pour vous. Pour aucun d'entre vous !

Mais je suis d�j� pass� ici.

J'ai �t� � votre place.

Et je sais ce qui vous attend.

Tout ce que je peux vous dire,

c'est de tenir bon.

On frappe.

Qui va l� ?

- Je suis de la pr�fecture.

M. Henry a �t� poignard� dans son lit. Il veut vous voir.

Attends-moi.

- Monsieur ? - Oui.

- Monsieur, vous ne pouvez pas !

L'homme siffle.

- Qu'y a-t-il ?

- Annette...

- Annette ?

Musique dramatique

...

... - Bonsoir, Annette.

... Comment tu vas ?

...

Coups Annette crie

... Il ricane.

... ...

Il rit. L'homme hurle.

... ...

...

... Elle crache.

...

... Rire

...

... Il hal�te.

... ...

...

... Elle hal�te.

... ...

- Je lui ai propos� de travailler avec moi.

... ...

... Il m'a repouss�.

... Elle g�mit.

... Pourquoi ?

... Annette hal�te.

Hein ?

... ...

... Pourquoi il a fait �a ?

... ...

... Chut...

... Elle g�mit.

... Chut...

...

... Cris de panique

...

- Annette...

Annette !

...

... Explosion

... Cris de panique

...

Annette !

...

Musique triste

...

Cris

...

Vidocq g�mit doucement.

- Bonjour, Fran�ois.

C'est un rem�de de Mehmet. Une d�coction

de fleur de pavot.

(Allez...)

Voil�.

Quand j'ai appris �a, j'ai eu peur que vous ne fassiez une b�tise.

Je l'ai pr�venu que s'il vous arrivait quelque chose,

je ne lui pardonnerais pas.

Il m'est tr�s attach�.

Non ! Chut...

Il g�mit.

Il faut pas bouger.

Vous avez besoin de chaleur.

Beaucoup de chaleur.

Il faut vivre, Fran�ois.

Vivre.

- Monsieur le Comte

de Puymerans.

- Monsieur, cela fera bient�t

trois heures que je suis l�. M'avez-vous annonc�e ?

- Oui, Madame.

- Joseph.

Monsieur Fouch�.

- Que faites-vous l�, Madame ?

- Nous avons des sujets en souffrance. Une L�gion d'honneur.

- Encore ? On finira par la donner � n'importe qui.

- Et aussi les biens confisqu�s pour lesquels nous avions pens�

qu'ils pourraient �tre rendus. - J'ai d'autres priorit�s.

- Je voulais aussi attirer votre attention sur certaines personnes

qui pourraient nous �tre utiles.

- Nous ?

- Je voulais dire... - Les temps changent, Madame.

Je n'ai plus le temps de m'amuser.

- Je suis d�sol�, Monsieur. - Faites entrer M. Puymerans.

Au revoir, Madame.

- Comment �a, disparu ? - �a fait des semaines qu'on l'a pas vu.

Depuis l'incendie.

- Il serait parmi les cadavres ? - Non.

On l'a vu sortir du b�timent.

- Et alors ? - Et alors, il est introuvable.

Soupir

En revanche, on a localis� Nathana�l de Wenger.

Je vous le ram�ne. - Je m'en fous.

Je veux Vidocq : trouvez-le !

Je le veux dans mon bureau ou au bagne, mais pas libre.

Pas libre !

- Tu en as mis du temps. J'ai cru que mon messager t'avait pas trouv�.

G�missements

R�p�te ce que tu m'as dit.

- Y a un passage au fond de la cave.

- Ils sont combien ?

- Dix, douze... pas plus.

- Et que fais-tu l� ?

- Je venais chercher du vin. Les outres sont pr�s de la grille.

...

Jur�, crach�... c'est la v�rit� !

Il crie.

- Tu comptais le ligoter ?

- Vidocq.

Le directeur voudrait vous voir.

Maintenant.

- Vous nous avez trouv�s comment ?

- Vous n'�tes pas le seul bon policier.

Vous �tes que deux ?

- Vous proposez des renforts ?

Musique de suspense

...

...

Cris festifs au loin

...

- Qui va l� ? - C'est le pinard.

Tu m'aides ? - Oui.

Cri

Il siffle.

Cris joyeux au loin

...

- Allez Poitou ! - Trois pi�ces qu'il la fait pas sonner.

Cris d'encouragement

- Fais pas sonner les grelots !

...

- Fais-moi gagner mon pari et je te paye une fille !

- Allez, du cran !

- Pour le Poitou !

- Tu y es presque !

- Je l'ai !

Cris joyeux

...

- �a, c'est mon Poitou !

Cris joyeux

...

- Le tout, c'est de pas h�siter.

Pour le dernier, on a stopp� la cal�che

et je suis entr�. Bam ! Une balle dans le ventre du petit.

T'aurais vu ses yeux, son uniforme plein de sang...

Un de moins dans l'arm�e de Napol�on !

Et y en aura d'autres, hein ?

Cris festifs

...

- Je te pr�viens, c'est ta tourn�e. T'as besoin de cracher

ton venin.

Elle hurle.

... - Chut...

...

... Musique majestueuse

...

Cliquetis

...

... Le duc hal�te.

...

- T'es touch� ?

...

...

Cris

... ...

Le duc hurle.

Il tousse.

...

Il crie.

...

Il tousse.

... ...

...

La musique va crescendo.

... Il hal�te.

...

Coups de feu

...

Allez !

...

Il se fait la malle. - Vas-y, j'ai pas besoin de toi.

...

Il tousse. La musique devient plus douce.

...

Ils hal�tent.

...

- Quel est ton nom ?

- Poitou.

- Quel �ge as-tu ?

Le duc hurle.

...

Rentre chez toi, mon gar�on.

Va-t'en !

Rentre chez toi !

Va-t'en !

...

- Alors,

t'es venu rejoindre ton b�tard ?

Le duc g�mit.

...

Il hal�te.

Musique sombre

...

- Tu �tais quelqu'un, Fran�ois !

Regarde-toi !

Qui es-tu aujourd'hui ?

Regarde-toi.

Une balance.

Tu es encore pire qu'un policier.

Une balance !

Vidocq hal�te.

Je t'admirais, tu sais.

L'�ternel �vad�...

Balance !

Vidocq crie.

Cris

...

...

...

Il crache.

Il hurle.

Cris �trangl�s

Cris

Cris �touff�s

...

Cri

Vidocq tousse.

Fran�ois...

C'est l'endroit id�al pour un sacre. Viens.

Viens.

Il hal�te.

G�missements

...

De Wenger hal�te.

...

Il crie.

Vidocq hal�te.

...

Cri

...

De Wenger �touffe.

Toi et moi... c'est pareil !

...

Vidocq hal�te.

...

Il pleure.

...

Musique douce

...

- Fran�ois,

lorsque vous recevrez cette lettre, j'aurai quitt� la France.

Paris va me manquer.

Mais je commence � y �tre un peu trop populaire.

Et il devient difficile d'y garder un secret.

Mon pass� me poursuit.

Et si quelqu'un peut me comprendre, il me semble que c'est vous.

Quand nous reverrons-nous ?

Si seulement

vous le vouliez,

nous pourrions accomplir de grandes choses ensemble.

Vous me manquez d�j�.

� bient�t, Fran�ois.

Dans un autre pays ou sous un autre r�gime.

Je vous embrasse.

Roxane.

- Si au moins on savait pourquoi on �tait l�...

J'aimerais bien savoir � cause

de quel imb�cile on est l�, � attendre depuis deux heures.

Soupir

Soupir

Et puis, regardez-moi �a !

- Quoi ?

- Vos bottes ! Elles sont crott�es.

On se pr�sente pas comme �a devant M. Fouch� quand m�me !

Soupir

- Merci.

- � vous !

- Ah, quand m�me... - Non, pas vous.

M. Vidocq.

- Mais...

- Il vous verra ensuite.

- Quoi ?

Musique sombre

...

- Pour votre lettre de gr�ce, j'ai r�fl�chi.

C'est non.

...

- Nous avions un accord.

- Nous ?

- Avec M. Henry, votre directeur de la s�ret�.

- L'ex-directeur de la s�ret�... Il me reste � lui annoncer.

D'ailleurs, le poste est � pourvoir.

Je vous l'ai dit...

J'ai de grands projets pour vous.

- Vous ne deviez pas partir ?

- Mes ennemis m'auront sous-estim�.

Et puis, il reste tant de choses � faire.

Il va vous falloir choisir, Vidocq.

Servir votre pays

ou bien rester dans l'ombre et la m�diocrit�.

Je vous laisse r�fl�chir.

Soupir

...

Faites entrer les deux autres.

...

Musique militaire triste

...

- Bonne journ�e, M. Vidocq.

...

...

...

Musique militaire

...

Musique majestueuse

...

...

...

Musique douce

...

...

...

...

...

...

Sous-titrage : HIVENTY

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