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TEMP�TE � WASHINGTON
Leffingwell d�sign� aux Affaires �trang�res
Merci.
- Bonjour, gamin. - M. le s�nateur.
Merci.
Hep taxi !
L'h�tel Sheraton Park.
- Bonjour, M. le s�nateur Danta. - Willoughby.
Fermez pas.
Pourquoi je n'�tais pas au parfum ?
- Vous d�sirez ? - Munson � l'appareil.
Un instant, M. le s�nateur.
Bonjour, Bobby. Comment va, ce matin ?
Quelle question, M. le Pr�sident.
Je vais me faire sermonner, j'imagine.
Vous auriez au moins pu m'en parler.
Cela fait 15 jours que Shepherd est mort.
On ne pouvait rester sans ministre des Affaires �trang�res.
Quid de notre liste de candidats ?
Aucun - pas un seul - n'a r�ellement la carrure.
Robert Leffingwell, si. Je compte sur lui, vous le savez.
Certes, mais il a plus d'ennemis au Congr�s que quiconque.
Il n'a jamais jou� le jeu, pas m�me le jeu politique ordinaire.
J'appr�cie qu'il ne s'�parpille pas en v�tilles, justement.
Un mandat de s�nateur n'a rien d'une v�tille.
Je plaisantais, Bobby.
Soit. Mais la pilule est am�re,
et c'est � moi de la faire avaler au S�nat.
Je sais tout cela, mais c'est lui que je veux.
Il a une finesse politique qui nous fait cruellement d�faut.
Allez, quel est notre plus f�roce adversaire ?
Dois-je parler � Warren Strickland ?
Oubliez le chef de l'opposition. La r�bellion viendra des n�tres,
et vous savez de qui : Seab Cooley.
On s'arrangera avec le bougre.
On s'arrangera avec le bougre, dit-il.
- Qui est avec vous ? - Stanley Danta.
Stan, toujours fid�le au poste.
Notre meilleur chef de file, transmettez.
"Notre meilleur chef de file."
Dixit le meilleur chef de file, Cooley n'a qu'une obsession :
le scalp de Leffingwell.
Il a dit quoi ?
Que Seab ne transigera pas, et il voit juste.
On l'a d�j� mis au pas, c'est jouable.
Alors, faisons vite. Commencez donc par Tom August.
Lui, dans le camp Cooley ?
Il n'est dans aucun camp.
Autant l'amadouer, il pr�side la Commission des A.E.
Je le convoque de ce pas. Bonne chance, Bobby.
Quel bazar !
Tu quittes le navire ?
Je te suis, Bob.
J'avoue, il a tent� un coup risqu�.
Mais il a mon soutien ind�fectible.
Je sais bien.
- Bob, Stan. - M. le s�nateur.
Entrez donc.
Dans les 1m75, blonde, fossette au menton,
robe noire, vison.
D�sol�, je ne vois pas de qui il s'agit.
Pourquoi ne pas convoler, Lafe ?
Un s�nateur doit se ranger en faisant un bon mariage.
Si je me range, adieu mon si�ge : je le dois aux filles-m�res.
Bref, je te retourne la question.
Nuance, un veuf ne m�ne pas la vie de patachon d'un c�libataire.
Ton avis sur ce choix abracadabrantesque ?
Le Pr�sident est dingue, mais je voterai pour son bonhomme.
Et ton cher Brig Anderson, il se d�robera ?
Leffingwell a torpill� sa proposition de loi.
Brig ne lui en tiendra pas rigueur, vu l'enjeu.
Je fais le compte des troupes. Appelle-le, par s�curit�.
Si tu y tiens.
Warren, bonjour. Bob Munson.
On bat la campagne de bon matin ?
La campagne est vaste.
Chacun sa croix, l'ami.
Combien d'anti-Leffingwell par chez vous ?
Entre 17 et 20.
Au b�n�fice du doute.
Et les pr�rogatives du Pr�sident ?
Dites �a � vos coreligionnaires, tel Seab Cooley.
Brig, quoi de neuf ?
Je petit-d�jeune. Que me vaut le plaisir ?
Tu penses quoi du choix du Pr�sident, pure folie ?
- Tu trouves ? - �a va �tre serr�.
Pas �tonnant.
- Je t'imaginais remont�. - Pourquoi donc ?
Il avait mis � mal ta proposition.
Exact, c'est rien de le dire.
Tout est pardonn� ?
C'est Bob Munson qui demande ?
Tu as une boule de cristal ?
Un instant, Lafe.
Tu t'en vas, ma puce ?
Tu m'aimes toujours ?
- Grand comment ? - Comme �a !
Son bus ne va pas tarder.
Amuse-toi bien � l'�cole, mon ange.
Lafe.
Je n'ai aucune dent contre Leffingwell,
mais je ne vais pas m'engager pour autant.
Je pr�f�re attendre ce qu'il dira � son audition.
Et regarder tranquillement Seab Cooley cracher des flammes.
Vous �tes repu de feu et de soufre, Seab ?
Et bien repu, M. le leader de la majorit�.
Le tout arros� de bourbon bouillant.
Voyez-vous les flammes jaillir de mes oreilles ?
Peut-on discuter un instant ?
Si c'est de M. Robert Leffingwell,
notre conversation sera vaine.
Le Pr�sident, le parti et moi-m�me appr�cierions votre retenue.
Je respecte le Pr�sident, j'aime le parti et je vous admire,
sauf lorsqu'il en va de mes convictions.
Or, M. Leffingwell nous m�nerait droit � notre perte.
Taratata, on conna�t le fin mot :
Leffingwell a d�busqu� vos mensonges, il y a 5 ans.
L'eau a coul� sous les ponts.
Pour un jeunot comme vous, peut-�tre,
mais pour un dinosaure comme moi, c'�tait hier.
Messieurs.
�a fait peur. 40 ann�es de S�nat...
Bonjour, Seab.
- J'allais appeler. - Je cours partout, Fred.
On va tous se retrousser les manches et faire passer Leffingwell.
Il a le profil id�al ! Un grand homme de grande valeur.
Pardon ? Implant�e dans 8 villes. Elle oeuvre pour la paix.
La paix avec qui ? Les Indiens Kickapous ?
Et �a vous fait rire ?
Il se trouve que Stan si�ge aux Affaires indiennes.
Je vous rejoins vite.
Ces charlots se contentent de lancer des p�tales � votre passage ?
Ce sont mes experts.
Bises et poign�es de mains ne suffisent plus pour durer.
Il y aura une Commission d'enqu�te ?
Tom August ne s'est pas manifest�, aucune id�e.
S'il y en a une, et seulement si - je mets des gants -
son pr�sident devra �tre pro-Leffingwell.
J'imagine.
Depuis le temps... que je vais au charbon,
j'estime �tre l'homme de la situation.
L�, je prends le pouls de la situation.
Je sais, je bats le fer tant qu'il est chaud.
Je suis en d�placement � New York, cet apr�s-midi.
- Je vous appelle plus tard ? - Voil�, riche id�e.
- Van Ackerman veut se placer. - Sans moi.
Peu lui importe.
Quand une branche est pourrie, faut la couper.
Elle tombera seule. Bess.
M. le s�nateur. Vos appels.
Avant tout, passez-moi Leffingwell.
S�nateur, d�j� 219 t�l�grammes. La plupart favorables � Leffingwell.
Tant mieux.
- Bonjour, M. le s�nateur. - Bonjour, Fiora.
- Domicile des Leffingwell. - Un appel du s�nateur Munson.
Le s�nateur Munson ? Quittez pas.
Papa, le s�nateur Munson au t�l�phone.
Pardon ?
T�l�phone, le s�nateur Munson.
- Dis que je suis sorti. - Pourquoi ?
Johnny, il veut s�rement me forcer la main.
Non, pourquoi je dois mentir ? Soit tu es l�, soit tu es sorti.
Alors, c'est un mensonge � la Washington :
ton interlocuteur sait que tu mens et que tu sais qu'il le sait.
- Tu comprends ? - Non.
Le s�nateur Munson, lui, si.
OK, c'est toi qui sais.
Il est sorti.
Sais-tu o� je peux le joindre ?
Non, il n'a pas laiss� d'adresse.
Je vois. Merci tout de m�me.
M. Leffingwell est injoignable.
Merci, Bess. Rappelez tous ces gens.
Il doit bien se douter qu'on sait qu'il esquive.
On tient peut-�tre notre meilleur ministre des A.E.
Je t'en pr�pare un ?
C'est gentil, mais non.
Un d�lice !
Tu n'as pas envie d'�tre ministre ?
J'ai tort, selon toi ?
C'est un sacr� job !
�a, oui.
- Tu devrais accepter, je trouve. - Pourquoi ?
Avec tous les �v�nements, la guerre, et cetera.
Tu pourrais trouver une solution.
Qui ne tente rien...
Voil�. �a vaut le coup de tenter.
En haut de l'escalier,
remarquez sur le mur de droite
l'un des pires �pisodes de la guerre am�ricano-mexicaine.
D�tail int�ressant,
Lee et Grant luttaient alors c�te � c�te.
Tous deux sortis de la m�me promotion.
R�alis� � Philadelphie, le plafond a �t� install� en 1859.
Au centre, des m�daillons,
peints � la main dans les ateliers Gibson et pos�s...
- Bonjour, Max. - Mme Harrison. Lady Maudulayne.
Bonjour, Maxwell.
Mme Barr� est l'�pouse du nouvel ambassadeur de France.
- Bienvenue au S�nat, madame. - Merci.
- Lady Maudulayne. - Bonjour.
- Madame. - Bonjour.
- Bob ! - En forme, Bob ?
Bonjour, Orrin. Tout va bien ?
Bob, le bruit court que Leffingwell sera auditionn�, demain.
N'est-ce pas pr�cipit� ?
Le portefeuille �tant vacant, je ne trouve pas.
S�nateur Strickland, n'est-ce pas soudain ?
Son parti est profond�ment divis� concernant Leffingwell.
D'o� peut-�tre cette h�te, pour colmater les fissures.
L'opposition n'est gu�re qualifi�e pour parler en notre nom.
� droite, l'opposition, � gauche, la majorit�.
Ils sont tous gauchistes ? Il y en a tant en Am�rique ?
Non, �a sert uniquement de rep�res.
Tous sont r�publicains ou d�mocrates,
nul communiste ou je ne sais quelle engeance.
Les progressistes ne si�gent pas forc�ment � gauche,
ni les conservateurs, � droite.
L'homme qui monte � la tribune, Harley Hudson,
est le Vice-Pr�sident des �tats-Unis.
- Comme il est s�duisant. - Oui, c'est un amour.
Ne vient-il pas d'un dr�le de petit �tat ?
Ex-gouverneur du Delaware, s'il vous pla�t !
Il est pr�sident du S�nat, C�lestine.
Vous disiez Vice-Pr�sident.
On s'y perd dans ces titres.
Notre "Lord-grand-chambellan" serait si simple.
Mais c'est tout simple.
Le Vice-Pr�sident des �tats-Unis a pour mission
de pr�sider le S�nat, dont il est ainsi le pr�sident.
Il est donc s�nateur.
Non, il pr�side le S�nat, mais n'a m�me pas le droit de vote.
Si, en cas d'�galit� des voix.
Faites silence !
L'aum�nier va dire la pri�re.
"Notre P�re, en ces jours incertains et difficiles
o� de lourdes t�ches se profilent,
donnez au S�nat force et mis�ricorde
pour reconna�tre la vraie nature de ceux d�sireux de servir ce pays.
Ne permettez point que par m�garde,
s'infiltrent au pouvoir
d'aucuns qui �gareraient ce grand peuple."
M�me le pasteur met son grain de sel.
"... B�nissez Vos serviteurs
et maintenez-les sur le droit chemin. Amen."
M. le pr�sident.
La parole est au s�nateur du Michigan.
Je demande l'approbation � l'unanimit� des minutes d'hier.
Aucune objection ? Approuv�.
M. le pr�sident, le quorum ne semble pas r�uni.
V�rification du quorum demand�e. Greffier.
M. Abbott.
Termine. Bob bat juste le rappel.
Quelqu'un va fatalement se payer Leffingwell.
D�j� le branlebas de combat !
R�veillez-vous, s�nateur McCafferty.
S�nateur, on nous sonne !
Contre. Radicalement contre.
Non, c'est pour la v�rification du quorum.
M. Ardell.
- M. Ashley. - Pr�sent.
M. August.
- Remplacez-moi un instant. - Bien s�r.
- M. Binder, de Californie. - Pr�sent.
Bob !
Seab n'est pas l� ?
Je compte sur lui pour faire son entr�e.
En quoi puis-je aider Leffingwell ?
On attend le moment opportun.
Permettez.
Tom August vient d'arriver de la Maison-Blanche.
Prends ma place.
Il se passe quoi, Stan ?
Tiens, bonjour. Va y avoir du sport.
Je proposais justement un coup de main...
�a se remplit, dites donc.
Ils flairent l'odeur de la poudre.
Au fait, j'ai trucid� ma femme et je l'ai enterr�e dans le jardin.
La vie, �a va, �a vient.
Pardon ? Vous avez dit quoi ?
"Autant remonter dans les gradins faire la joie des touristes."
D�sol�.
Surtout pas, c'est rien.
Permettez.
- Bonjour, Bob. - Tom.
Le Pr�sident demande le huis clos.
Cooley ferait une br�che avec un ouvre-bo�te, si n�cessaire.
C'est ce que je lui ai dit.
Nommons une Commission d'enqu�te, voil� tout.
Qui voyez-vous � sa t�te ?
Je pensais � Powell Hanson.
Les d�s auront l'air pip�s.
Faisons-le si�ger, mais pas pr�sider.
Il faut un coriace face � Cooley.
Que diriez-vous de Fred Van Ackerman ?
Il vous a harponn�, vous aussi ?
- Il m'a tir� du lit. - Et donc ?
J'h�site. Ce gar�on n'a aucun tact.
Du coup, il serait de taille.
Tout comme Brig Anderson.
J'avais song� � lui,
mais il a moins d'anciennet� : Fred fera une attaque.
La belle affaire. Brig, lui, a les �paules.
Entendu. R�glons �a, et au travail.
- Brig, peut-on vous d�ranger ? - Faites.
�a vous dirait de pr�sider la Commission Leffingwell ?
Tr�s volontiers.
En piste, messieurs !
Le Pr�sident devait s'attendre � une lev�e de boucliers,
car Leffingwell incarne l'arrogance,
et une d�termination p�dante...
Il est charg� de vos basses besognes ?
Vous parlez d'Orrin Knox ?
Quand il fera les basses besognes d'autrui,
�a vaudra son pesant de cacahu�tes.
... � la Commission f�d�rale de l'�nergie...
On l'a pas vu venir du tout.
Dans chacune de ses fonctions et sous l'�gide du Pr�sident,
il a agi en franc-tireur,
sans jamais consulter la commission s�natoriale ad hoc.
Puis-je interrompre l'orateur ?
Attendez que j'aie fini mon intervention.
Pour simplement demander combien de temps il compte parler.
A-t-il l'intention de parler 15 minutes ?
Bel effort, Robert.
L'honorable leader de la majorit� tente insidieusement de me limiter.
L'arroseur combinard qu'il est
ne s'�tonnera pas d'�tre lui-m�me arros�.
Je ne compte pas parler 15 minutes, mais probablement 15 heures.
Grandiose, Orrin !
Je pr�cise �galement n'avoir nul besoin des louanges
de l'honorable s�nateur de la Caroline du Sud.
Mes opinions n'appartiennent qu'� moi seul
et ne refl�tent nullement celles de mon confr�re.
Si je pouvais poursuivre sans �tre interrompu...
Cette d�signation est une tentative sournoise
de b�illonner les s�nateurs et de faire le coup de force.
M. le pr�sident, l'orateur me permet-il une question ?
Je ne c�derai la parole
ni � l'un, ni � l'autre.
Leur seul but �tant de censurer toute critique.
Mon cher ami et confr�re,
�minent s�nateur de l'Illinois, me c�dera-t-il la parole ?
�tant donn� les circonstances et notre convergence de vue,
je suis honor� de c�der la parole � mon respect� confr�re.
Je vous en remercie.
M. le pr�sident,
j'ai le devoir de secourir mon �minent confr�re,
assailli de tout c�t� par des enrag�s.
Alors qu'il tentait uniquement d'exprimer un m�contentement,
partag� par beaucoup des deux bords.
Une aversion l�gitime pour cette d�signation
qu'on nous jette au visage.
Puis-je interrompre l'orateur ?
Non, mais je dirai ce que vous comptiez dire :
"L'heure n'est pas aux attaques personnelles."
Cela vous satisfait-il ?
N'y avait-il personne d'autre que ce Robert Leffingwell ?
Y a-t-il une telle h�morragie de cerveaux
que ce poste, crucial pour le destin du pays et de la plan�te,
ne puisse �tre attribu� qu'� Robert Leffingwell ?
C'est difficile, voire impossible � croire.
Puis-je interrompre l'orateur ?
Tiens donc,
� la demande de mon jeune, s�duisant et vigoureux confr�re,
je lui c�de la parole.
Seab ne va en faire qu'une bouch�e.
Le s�nateur de la Caroline du Sud
croit-il mieux savoir que le Pr�sident ce qui convient,
en ces temps p�rilleux, au minist�re des A.E. ?
Oui, s�nateur.
M�me un novice aussi na�f que le s�nateur du Rhode Island
aurait d�sign� quelqu'un d'autre. Avouez.
Le s�nateur se targue d'un savoir infaillible,
r�v�lant ainsi un esprit �troit,
encro�t� dans les pr�jug�s.
Qui a mang� l'autre ?
M. le pr�sident,
voici devant nos yeux l'exemple m�me de l'agitation
sem�e par ce Leffingwell.
De jeunes s�nateurs comp�tents et influen�ables,
pourtant bien �lev�s par maman, brocardent leurs a�n�s,
aveugl�s par leur enthousiasme pour cet inqui�tant meneur.
Je vous conjure de contempler
le spectacle navrant que nous offrons !
Pourquoi cela ?
Qui provoque l'am�re division de notre parti ? Leffingwell.
Qui nuit � la cordialit� des �changes parlementaires ?
Qui transforme ce S�nat en ar�ne bouillonnante de col�re ?
J'ex�cre ce Leffingwell, c'est un �tre malfaisant.
Il pratiquera une politique d'apaisement.
Il sapera la force morale de notre noble nation.
Il provoquera la destruction de nos traditions.
Par piti�, s�nateurs, rejetez sa nomination.
Rejetez-la !
- Barney, vous �tes magnifique. - Merci, Mme Harrison.
Betty, vous connaissez le s�nateur ?
- M. Danta. - Lui-m�me. Une petite danse ?
Bonsoir, Lafe.
- Bonne soir�e, Derby ? - Excellente, merci.
Stew, je vous apporte un verre ?
Mon gouvernement a une opinion tr�s claire sur M. Leffingwell.
� certains �gards, il est excellent, mais � d'autres, moins.
Dans l'absolu, nous sommes pour lui,
sauf quand certains traits de sa personnalit�
nous inciteraient � �tre contre.
Telle est globalement notre opinion. Claire et nette.
L'insondable Orient,
fid�le � sa r�putation... d'insondabilit�.
Et cette danse, ma ch�re ?
Le s�nateur est excellent danseur.
Lafe n'a gu�re une �me de trappeur.
Raoul, le s�nateur vient d�jeuner demain.
Nous sommes tr�s honor�s. Notre premier invit�.
Trop aimable.
Bob, vous avez un instant ?
Veuillez m'excuser.
- Je ne vous ai pas vu � table. - J'arrive � l'instant.
Pourquoi ne pas avoir pris mon appel de New York ?
Je n'en avais pas envie. Ma franchise vous convient ?
Vous aviez des vues sur Brig depuis le d�but.
Non, mais on ne songeait pas � vous non plus.
- Lui fait partie du club. - Lequel ?
Arr�tez. Le s�rail, la clique, le petit club.
Fred, vous m'avez oblig� � vous froisser. J'en suis d�sol�.
Bon, je passe l'�ponge.
Et je ferai campagne pour Leffingwell.
Parfait, mais n'envenimons pas la situation.
Il est ce qui s�pare la paix de la guerre. Je lutterai pour lui.
Vous nous snobez, Harley ?
J'avais besoin d'air.
Ces dames vous �touffent ?
Puis-je poser la question taboue pour un Vice-Pr�sident ?
"Quel est l'�tat de sant� du Pr�sident ?"
Je ne l'ai pas vu depuis 6 semaines. Il m'�vite.
Il ne cherche pas � vous offenser.
Quand bien m�me, l� n'est pas ma question.
Je sais que je suis Harley, le chouchou de la m�nag�re.
Et que je n'�tais qu'un candidat de compromis � la vice-pr�sidence.
Je n'ai jamais eu et n'aurai jamais de vis�e pr�sidentielle, Dieu merci.
Mais les rumeurs sur sa sant� vont bon train,
et j'ai le droit de savoir si elles sont exactes.
Entendu. Mais mon opinion vaut ce qu'elle vaut.
La chirurgie de l'an pass� ne me semble pas avoir march�.
J'�tais jadis l'insouciant gouverneur du Delaware,
comptant les dons des soci�t�s, c�toyant les Du Pont de Nemours.
- Aujourd'hui... - Cela n'arrivera peut-�tre pas.
Je crains de ne pas avoir l'�toffe d'un pr�sident.
Qui l'a ? C'est l'exercice de la fonction qui fait grandir.
Le pays ira � vau-l'eau avant que j'aie la taille requise.
L'humilit� n'est pas la pire posture face � cette fonction.
Bel euph�misme pour la trouille, l'humilit�.
En tout cas, vous �tes son seul successeur,
selon la Constitution.
Un conciliateur imp�nitent et un panier perc�, ce Leffingwell.
Il jettera davantage d'argent par les fen�tres
que l'�tat n'en fera rentrer par la grande porte.
Les accords de Munich, c'est rien � c�t� de ses cadeaux aux rouges.
C'est �a, votre vision de politicien d�mago ?
P�rir sous les bombes
pour un pays paum� incapable de nourrir ses habitants ?
Pensons d'abord � nous-m�mes, point final !
Puis-je interrompre l'orateur ?
Il n'y a pas mati�re � rire, Mme Harrison.
Alors, ce n'est pas le lieu pour en parler.
Excusez-moi.
- Je suis terriblement navr�. - Pensez-vous !
D�cid�ment, M. Leffingwell �chauffe les esprits.
- C'est toi, ch�ri ? - Oui !
Comme toutes celles que tu donnes : �patante !
Tu es une h�tesse hors pair, tr�sor.
Quelqu'un a dit un jour, une de mes amies, j'imagine :
"Il suffit � une garce d'avoir du fric,
une grande maison, et un bon traiteur
pour r�gner sur le Tout-Washington."
Je suis une garce, tu trouves ?
Mais adorable, si tant est.
Et je suis s�rement le premier depuis ton veuvage.
Ce n'est pas une question.
Ne te crois pas oblig�e de r�pondre.
Oui, tu l'es.
Je devrai emprunter longtemps l'escalier de service ?
L'ascenseur, voyons !
Oui, � mon �ge, c'est indispensable.
Ton �ge ? Tu as la virilit� d'un taureau.
Et tu pousses des cris de chien meurtri.
Pas de mariage ?
On n'est pas bien comme �a ? Arr�te tes b�tises.
En fait, tu as peur que je ne sois pas r��lu.
Aucune femme ne veut d'un has been pour mari.
�a a le m�rite d'�tre clair.
J'ai tellement sommeil.
Tu m'en diras tant.
Veuillez faire silence.
Je demande � la personne auditionn�e de prendre place.
La Commission d'enqu�te s�natoriale a �t� constitu�e
aux fins d'�tudier la nomination de Robert Leffingwell
aux Affaires �trang�res.
M. Leffingwell, vous connaissez tous nos membres.
Le s�nateur Cooley n'en fait pas partie,
mais la Commission des A.E. l'a autoris�
� mener le d�bat contradictoire.
Je salue sa participation, M. le pr�sident,
si ce n'est avec enthousiasme, � tout le moins sans crainte.
Je vous admire,
le s�nateur de la Caroline du Sud nous fiche la frousse � tous.
Veuillez vous mettre debout et lever la main droite.
Jurez-vous solennellement de dire devant cette Commission
la v�rit�, toute la v�rit� et rien que la v�rit� ?
- Je le jure. - Merci.
- D�sol�, Brig. - Pas la peine, Fred.
Je prends cette audition � coeur.
J'esp�re une prompte validation pour M. Leffingwell.
Merci au s�nateur de sa remarque.
M. Leffingwell, vous souhaitez certainement
commencer par faire une d�claration.
R�pondre aux questions me semble plus efficace.
� votre guise.
S�nateur Knox, � vous l'honneur ?
Ne m�ritons-nous pas une d�claration liminaire ?
Je suis un pragmatique.
Dans ce cas, j'irai moi aussi droit au but.
�tes-vous loyal envers les USA ?
J'admets sans honte ma loyaut� envers les USA.
Ce n'�tait pas une vaine question.
Certaines personnes, qui ont entendu vos discours
sur nos rapports avec le communisme
vous accusent m�me de d�loyaut�.
C'est totalement infond�.
J'en ai un extrait sous la main.
"Nous devons renoncer aux principes obsol�tes du pass�
quand lesdits principes entravent l'action en faveur de la paix."
Mais encore ?
Le pass� ne doit pas compromettre
nos efforts actuels vers plus de stabilit�.
Mais vos fameux "principes obsol�tes du pass�",
quels sont-ils ?
J'�voquais plut�t un �tat d'esprit,
"principes" n'�tait pas un terme judicieux.
Orrin,
�tait-ce un discours sur la mobilisation ?
Non, la politique �trang�re.
M. le pr�sident, alors qu'il dirige actuellement
le Bureau de la mobilisation, il discourt de politique �trang�re ?
� croire qu'il brigue un portefeuille.
La Chambre de commerce de Chicago m'avait invit�
� parler de politique �trang�re.
J'en ai vu, des hommes convoiter de hautes fonctions.
C'est ainsi qu'ils proc�dent : ils font des discours, s'affichent.
C'est exactement ainsi.
D'ailleurs, vous avez prononc� plusieurs discours l�-dessus,
n'est-ce pas ?
Oui, c'est exact.
Des discours, et apr�s ? On en prononce tous !
Vous disiez plut�t d�noncer un "�tat d'esprit"...
Elle est jojo, la Commission !
Aurions-nous tort de douter de la bonne foi des communistes
apr�s quatre d�cennies de rouerie ?
Tout �volue. Il n'y a pas de mal � penser
que le bloc communiste aspire � la paix.
En se basant sur quoi ?
Ah, ces doux r�veurs aux voeux pieux.
Ces optimistes b�ats...
M. le pr�sident,
peut-on s'�pargner de tels commentaires ?
Au risque de para�tre discourtois envers notre �minent confr�re,
je lui rappelle qu'il est soumis au bon vouloir de la Commission.
Je remercie l'honorable pr�sident de cette courtoise remontrance.
M. Leffingwell,
dois-je comprendre que vous comptez composer avec les communistes ?
Non, mais je ne veux pas non plus �touffer tout accord dans l'oeuf.
En cas d'accord, quels en seraient les termes ?
Je ne puis r�pondre hors contexte.
Puis-je vous interrompre ?
Alors, soyez bref.
Ne me demandez pas d'�tre bref, le sort de ma patrie est en jeu.
M. Leffingwell,
pourquoi craindre de nous r�v�ler les termes de votre accord ?
- Je viens de le dire... - Vous bottez en touche.
Nous voulons savoir ce que vous comptez c�der aux communistes.
Je ne veux rien leur c�der.
Alors, dites-nous vos termes.
Ou avez-vous honte de les r�v�ler ?
Je n'ai pas � en rougir, vous le savez.
Il ne r�pond pas, M. le pr�sident.
Cet homme dissimule quelque chose.
S�nateur Knox, reprenez. Ceci ne rime � rien.
Je d�plore cette tentative arbitraire
de me faire taire alors que j'allais d�masquer cet homme.
Il est de notori�t� publique que jamais qui que ce soit
n'a r�ussi � faire taire le s�nateur de la Caroline du Sud.
J'avoue que le pr�sident est bien parti pour.
Le s�nateur envisage-t-il une accusation pour dissimulation ?
Ma foi, cela ne ferait que provoquer de l'�moi.
Je me contenterai de rendre la parole.
Je n'ai rien � ajouter.
S�nateur Velez ?
M. Leffingwell, quelles �taient vos fr�quentations
quand vous enseigniez � l'universit� de Chicago ?
Celles de la vie de campus : coll�gues, �tudiants.
Dans ce t�l�gramme, un certain Gelman
affirme vous avoir connu � l'universit�.
Ce nom vous dit quelque chose ?
Pas vraiment, mais cela remonte
� des ann�es.
D'apr�s Gelman, vous fr�quentiez
des gauchistes, des communistes.
Y a-t-il du vrai l�-dedans ?
Qu'entend-il par "gauchistes" ou "communistes" ?
Des termes souvent employ�s � tort et � travers.
Viendra-t-il t�moigner ?
Je n'ai pu le localiser.
J'en conclus que l'exp�diteur du t�l�gramme est un cingl�.
Simple question hypoth�tique.
Si les communistes exigeaient des bases strat�giques,
que diriez-vous ?
De ne pas acc�der � leurs exigences.
Au risque d'une guerre ?
C'est peu plausible,
si nous conservons nos capacit�s de repr�sailles.
Imaginez que cela se produise.
Recommanderiez-vous une attaque pr�ventive
pour dissuader l'ennemi ?
Non, pas d'attaque pr�ventive. Je tenterais de n�gocier,
j'essaierais l'approche du donnant donnant.
Si le s�nateur m'autorise
une petite le�on de morale...
M. Leffingwell,
je pr�f�rerais tirer ma r�v�rence, jarret tendu,
me battant en homme pour mes id�es,
plut�t que de fl�chir, c�der et ramper
tandis que nos libert�s et nos us
finissent en r�ves bris�s et poussi�re dess�ch�e.
M. le pr�sident,
c'est rassurant d'entendre que cette assembl�e
n'est pas dupe de son boniment.
M. le pr�sident, le s�nateur Knox m'avait demand�
ce que j'entendais par "principes obsol�tes".
Le s�nateur Cooley en a aimablement offert l'illustration parfaite.
Il veut "se battre en homme, jarret tendu",
comme si nos soldats montaient encore � l'assaut
de la colline San Juan,
couleurs au vent, clairons sonnant.
C'est de ces slogans � la naphtaline que je parlais.
"Qui me cherche me trouve."
"Chuchote et m�ne le monde � la baguette."
Cet �tat d'esprit jusqu'au-boutiste de va-t-en-guerre.
Celui du s�nateur Cooley.
Les paroles du s�nateur me semblaient empreintes de fiert�.
La fiert� serait-elle antinomique avec notre libert� et nos us ?
Selon moi, il est dangereux
de d�fendre notre survie, mus par la fiert�.
Mais son discours n'est-il pas plein de bon sens ?
Ne risquons-nous pas d'aboutir � un paradoxe ?
De brader, par des arguties au nom de la survie,
tout ce qui fait la beaut� de la vie ?
C'est une voie p�rilleuse,
mais il n'y a pas d'autre choix que de l'emprunter.
H�las, on ne sait pas toujours o� on va.
Tant qu'on sait o� on ne va pas !
M. le s�nateur Hendershot ?
Vous �tes comme on dit une grosse t�te.
Je suis m�me une grosse t�te avec pr�m�ditation.
Je me suis destin� � en devenir une
et j'ai atteint mon apog�e de grosse t�te.
Plus aucun couvre-chef ne me va.
S'il n'y a pas d'objection, allons d�jeuner sur cette boutade.
La s�ance reprendra � 13 h 30.
La Commission tente-t-elle de vous discr�diter ?
Elle juge ses questions n�cessaires.
Certaines rel�vent de la calomnie.
D�sol�, l�, j'ai les crocs.
Moi, je vous r�pondrai volontiers.
La Commission ne sert qu'� salir M. Leffingwell.
- Qu'en dites-vous ? - Un mot ?
Le s�nateur est libre de ses opinions. Permettez.
Vous r�prouvez donc la conduite des d�bats ?
Le pr�sident ne devrait pas autoriser ces propos incendiaires.
Il veut la peau de M. Leffingwell !
Le s�nateur accuse la Commission de manoeuvres diffamatoires.
Un commentaire ?
Il peut toujours �crire � son d�put� pour se plaindre.
- Cooley a les coud�es franches ? - Voyons !
Croyez-vous que la guerre puisse �tre �vit�e ?
Je suis d'avis qu'elle doit l'�tre,
mais elle ne peut l'�tre, sabre au clair.
Ce sera tout.
� pr�sent, je dois vous confier
aux bons soins du s�nateur de la Caroline du Sud.
Je suis blind�, � force.
Merci, M. le pr�sident. Aucune question.
Dans ce cas, la s�ance est lev�e. S'il n'y a aucune objection...
M. Leffingwell daignerait-il
nous accorder encore un brin de temps ?
Je n'ai aucune question � poser, mais j'ai un t�moin � produire.
Faites venir votre t�moin.
Herbert Gelman.
Les photographes sont pri�s de rester sur les c�t�s !
- �tes-vous Herbert Gelman ? - C'est moi, oui.
Veuillez lever la main droite.
Jurez-vous solennellement de dire devant cette Commission
la v�rit�, toute la v�rit� et rien que la v�rit� ?
Oui, je le jure.
Vous pouvez vous asseoir.
O� habitez-vous ?
Au 2 021, Grove Place NorthEast, ici m�me, � Washington.
- Votre profession ? - Employ� au minist�re des Finances.
Avez-vous envoy� ce t�l�gramme
au s�nateur Velez ?
Et auriez-vous l'obligeance de parler un peu plus fort ?
Oui, monsieur.
Pourquoi ne pas avoir indiqu� votre adresse dessus ?
C'�tait l'id�e du s�nateur Cooley.
Que vient-il faire l�-dedans ?
Il m'a souffl� d'envoyer ce t�l�gramme.
- Est-ce vrai, s�nateur ? - Oui, M. le pr�sident.
Pourquoi ne pas l'avoir pr�cis� plus t�t ?
Je tendais � M. Leffingwell la corde pour se pendre.
J'appr�cie peu d'avoir �t� manipul�
par le s�nateur de la Caroline du Sud.
Toutes mes excuses au s�nateur du Nouveau-Mexique,
qui me pardonnera quand il entendra ce nouveau t�moignage.
Connaissez-vous Robert Leffingwell ?
Oui, monsieur.
Dans la vie priv�e ?
Pas sp�cialement.
Alors, comment ? De vue ?
Non, plus que �a.
J'ai travaill� � la Commission de l'�nergie, � son �poque.
Directement sous ses ordres ?
Non, dans un autre service.
Mais je l'avais connu avant, � Chicago.
J'�tais l'un de ses �tudiants � l'universit�.
D'accord. Et lui vous conna�t ?
Je pense bien. Il m'a renvoy� de la Commission de l'�nergie.
Pour quel motif ?
Il voulait se d�barrasser de moi.
J'en savais trop.
- � quel sujet ? - Le sien.
- Que savez-vous sur lui ? - C'est un communiste.
Brig, il a droit au contradictoire !
J'allais demander � M. Leffingwell s'il voulait l'interroger.
Merci, j'attendrai la fin de son t�moignage.
S�nateur Cooley, il est tout � vous.
Mon cher monsieur Herbert Gelman,
veuillez relater � la Commission les circonstances de votre pr�sence.
Je suis venu vous voir concernant M. Leffingwell.
J'aimerais que vous r�p�tiez � la Commission et � la nation
ce que vous m'avez racont�.
Bien, monsieur.
Quand je faisais mes �tudes � Chicago,
j'habitais au 2 714, Carpenter Street.
J'ai fait la connaissance d'un autre locataire,
qui s'appelait Max Bukowski.
Pouvez-vous �peler ce nom, M. Gelman ?
B-U-K-O-W-S-K-I.
Veuillez poursuivre.
Bukowski m'a propos� d'assister
� des r�unions politiques chez lui.
Au bout de plusieurs r�unions,
j'ai compris qu'il s'agissait d'une cellule communiste.
Et j'ai laiss� tomber.
Qui appartenait � cette cellule communiste ?
Bukowski en �tait le chef.
Il y avait un d�nomm� James Morton,
et aussi M. Robert Leffingwell.
Vous connaissiez ce monsieur ?
Comme j'ai dit, je suivais ses cours � l'universit�.
Je vous prie de rapporter � la Commission
la teneur de ces discussions.
Je rassure la Commission, je n'ai nullement pr�par� le t�moin.
Ses mots sont enti�rement les siens. M. Gelman.
Pour Max Bukowski, marxiste dogmatique,
l'av�nement du communisme en Am�rique ne se ferait pas
sans la violence d'une r�volution.
Mais selon James Morton et M. Leffingwell,
il r�sulterait du d�litement de notre mode de gouvernement.
J'entends encore Morton affirmer
que nos principes finiraient obsol�tes.
Je crois avoir d�j� entendu l'expression, ici.
Je ne cite personne, naturellement.
Brig, ces all�gations doivent �tre v�rifi�es.
Merci au s�nateur de le souligner.
Faut bien que quelqu'un le fasse. Je vous recommande de v�rifier !
Merci au s�nateur de sa recommandation.
Veut-il si�ger au sein de la Commission ?
Tentez-vous de me museler, Brig ?
Du tout, Fred. Veuillez reprendre.
M. Gelman,
� propos des noms des membres de cette cellule...
Ils avaient tous des pseudonymes.
M. Leffingwell, c'�tait Walker.
Bukowski, Fitzgerald.
Quant � James Morton, je n'ai jamais su son vrai nom.
Mon pseudo aurait d� �tre Andrews, mais j'avais claqu� la porte.
Que s'est-il pass�, alors ?
M. Leffingwell m'a recal� en droit public.
Pourquoi ne pas en avoir averti la direction de l'universit� ?
- J'avais peur. - Et plus maintenant ?
Si, j'ai toujours peur.
Mais je ne pouvais me r�signer � le voir
occuper un poste aussi �minent.
Avez-vous des preuves ?
Cet homme t�moigne sous serment, M. le pr�sident.
Je suis pas un menteur !
Je n'ai rien dit de tel.
O� pouvons-nous trouver Max Bukowski et James Morton ?
Bukowski est mort, je n'ai jamais revu Morton.
M. Leffingwell pourrait nous aider � mettre la main dessus.
La Commission m'accordera-t-elle une heure pour pr�parer ma r�ponse ?
Qu'il se d�fende sur-le-champ.
La Commission consent � cette requ�te.
La s�ance reprendra � 15 h 30.
Seab.
Vous-m�me ne croyez pas � ces fariboles.
Qu'importe, je fais des vagues.
Il r�duira ce Gelman en chair � p�t�,
et je r�colterai assez de voix pour l'envoyer au minist�re.
Qu'en dites-vous, vieux vautour ?
Un vieux vautour rep�re un mulot moribond � 3 000 m�tres,
de sa vue extraordinairement per�ante,
et pour l'instant, j'observe le terrain.
Merci.
� la Commission pr�sid�e par Anderson,
le t�moin a d�clar� cat�goriquement que Leffingwell �tait communiste.
Ils auraient fait partie de la m�me cellule.
Leff ! Comment va ? Entre !
Papa, George a cach� mon nouveau disque.
Je l'ai m�me pas vu, son machin.
Si, c'est lui qui l'a pris.
Si vous n'�tes pas sages, je le dirai � maman ce soir.
J'ai suivi � la t�l� cette histoire �pouvantable.
Assieds-toi.
Hardiman,
quand la s�ance reprendra, je viderai mon sac.
Chicago, Gelman, la totale.
Leurs questions te concerneront,
mieux vaut que tu m'accompagnes.
On leur fera comprendre la r�alit�.
Faire comprendre � qui ?
En ont-ils seulement envie ?
�a ne co�te rien d'essayer !
� quel prix ?
- Je suis sous serment. - Je sais, mais ne t'emballe pas.
J'ai une famille � nourrir.
Leff,
si on fait �a, on sera grill�s dans l'Administration
et on ne pourra plus jamais enseigner.
Tu la connais, la presse anti-coco qui flaire une piste !
- Oui, mais que puis-je faire ? - N'y retourne pas.
Ce serait un �norme aveu de culpabilit�.
Le S�nat lancerait une enqu�te dans les 24 heures, et rebelote.
Tr�s bien.
Franchement, tu ne dois rien � ces politiciens.
Ils ont laiss� ce vieux m�galomane
faire t�moigner un simplet contre toi.
Tu es un homme de principes,
et je t'admire, mais oublie tes scrupules.
- Je ne sais pas. - Il le faut !
Sinon tu mets nos t�tes sur le billot.
Tu as pr�t� serment, soit, mais qu'en est-il de Gelman ?
Son t�moignage n'est que tissu de mensonges.
Il n'a jamais �t� ton �tudiant.
D�molis-le. Ce sera un jeu d'enfant.
Veuillez faire pr�ter serment � M. Louis Newborn,
Commission de l'�nergie.
Mettez-vous debout et levez la main droite.
Jurez-vous solennellement de dire devant cette Commission
la v�rit�, toute la v�rit� et rien que la v�rit� ?
- Je le jure. - Merci. Rasseyez-vous.
Je tiens d'abord � dire que je connais Herbert Gelman.
Il semble qu'on a lev� un li�vre, M. le pr�sident.
H�las, pas de li�vre ce soir dans la marmite du s�nateur.
Le t�moignage de M. Gelman m'a rafra�chi la m�moire.
- Puis-je l'interroger ? - Faites.
M. Gelman.
Avant de quitter la Commission,
vous aviez �t� longtemps souffrant.
J'ai s�journ� dans un sanatorium.
Un sanatorium ?
Vous le savez pertinemment.
Vous m'avez licenci� � mon retour.
Et quel �tait le nom de ce sanatorium ?
- Son nom ? - Oui. Il avait bien un nom.
Son nom... m'�chappe.
C'�tait � la campagne, dans le Maryland.
Absolument. J'�tais son sup�rieur � la Commission.
Veuillez r�v�ler la vraie nature de sa maladie.
Ce n'�tait pas la tuberculose.
Herb, enfin, M. Gelman avait fait une d�pression nerveuse.
Et le sana �tait une maison de repos en banlieue de Baltimore.
Que s'est-il pass� � son retour ?
Il avait l'air... d�sempar�.
D�pass� par sa t�che.
J'ai dit alors � M. Leffingwell que je voulais me s�parer de lui,
et il a d�cid� de lui retrouver un emploi.
Quelques jours apr�s, sur instruction de M. Leffingwell,
j'ai cong�di� Gelman,
en lui recommandant de postuler aux Finances.
Il a bel et bien postul�, et a �t� engag�.
Voil� absolument tout ce que je sais sur Herbert Gelman.
� part cela, je me suis renseign� aupr�s de l'universit� de Chicago.
Certes, Gelman y a �t� bri�vement inscrit,
mais � aucun de mes cours, ils sont formels.
Et le confirmeront par t�l�gramme � la Commission.
Qu'avez-vous � dire, M. Gelman ?
J'ai cru...
que c'�tait mon devoir de citoyen de venir devant vous
d�noncer M. Leffingwell.
Vous recevrez un 2e t�l�gramme,
provenant, lui, de l'Urbanisme de Chicago.
Visiblement, le 2 714, Carpenter Street,
lieu d'incantations communistes au dire de M. Gelman,
abrite une caserne de pompiers depuis plus de 50 ans.
Avez-vous fait une d�pression, M. Gelman ?
Maintenez-vous avoir �t� renvoy� parce que vous en saviez trop ?
J'ignorais son coup de pouce pour travailler aux Finances.
Vous seriez-vous tromp� en pensant avoir �t� son �tudiant ?
J'en sais rien.
Et qu'en est-il du 2 714, Carpenter Street ?
Ce n'est peut-�tre pas le bon num�ro. J'ai pu confondre.
Avez-vous pu confondre autre chose ?
M�me dans le cas contraire, qui me croirait ?
Laissons le t�moin se retirer. Merci, M. Gelman.
Vous pouvez partir.
La Commission vous doit des excuses, M. Leffingwell.
Le s�nateur Cooley se joindra-t-il � nous ?
Le s�nateur Cooley s'abstient.
Il r�clame les minutes de l'audition au plus vite.
La Commission ne me doit ni excuses, ni �loges.
Quelle que soit l'issue, je servirai mon pays
en tout lieu et en toute circonstance.
Service du personnel
- Mesdemoiselles. - Vous d�sirez ?
Je vous saurais gr� de pouvoir consulter
le dossier de M. Herbert Gelman.
Navr�e, ce n'est pas accessible � n'importe qui.
�a tombe bien, je suis le s�nateur Cooley.
Et vous �tes un beau brin de fille, mam'zelle.
Je ne sais pas exactement dans quel service il travaille.
M. Leffingwell.
Mon cher Leff.
F�licitations.
Merci de me recevoir au d�bott�, je vous sais tr�s occup�.
Au contraire, je voulais vous voir. Asseyez-vous.
Selon Bobby, la Commission vous est acquise,
et il a juste assez de voix pour vous au S�nat.
Vous voil� valid�. Trinquons, M. le ministre.
Je ne suis pas valid� et ne le serai pas.
M. le Pr�sident ?
Comment cela ?
- M. le Pr�sident ? - Rien. D�sol�.
M. le Pr�sident,
je vous prie de renoncer � ma nomination.
J'ai menti � la Commission.
J'ai connu Herbert Gelman, � Chicago.
Lors de ces fameuses r�unions.
Des r�unions de cellule communiste.
Je n'�tais pas encart�, mais jeune, en qu�te d'id�al.
J'ai vite compris la supercherie et chang� de voie.
Croyez-moi, M. le Pr�sident, c'est la v�rit�.
Mais j'ai commis une grossi�re erreur.
J'ai procur� du travail � Gelman pour ne pas qu'il parle.
En le revoyant, j'ai su que Cooley partait � la chasse aux sorci�res.
J'avoue ne pas regretter d'avoir menti.
Uniquement d'avoir d� mentir.
Qui d'autre est au courant ?
Hardiman Fletcher, lui seul.
- Le Fletcher aux Finances ? - Oui.
Est-ce qu'il parlera ?
Non. C'�tait le troisi�me homme, � Chicago.
James Morton.
- M. le s�nateur. - M. Fletcher...
Merci mille fois de venir � notre petit rendez-vous.
De qui nous cachons-nous ? Et pourquoi ?
J'esp�rais que le m�morial George Washington
ait un effet salutaire sur notre �change.
N'�tait-ce pas lui qui �tait incapable de mentir, M. Fletcher ?
Il m'arrive d'oublier mes le�ons d'histoire.
Faisons quelques pas.
Une id�e m'est venue. Elle n'a pas jailli comme l'�clair,
elle m'a titill�, telle une douce brise.
Je me suis demand� :
"Pourquoi Robert Leffingwell a conseill� � Herbert Gelman
de postuler directement aux Finances
au lieu de suivre la proc�dure habituelle ?"
- Vous me posez la question ? - Patience, pas encore.
En vadrouille dans les couloirs des Finances, cet apr�s-midi,
je suis tomb� par hasard sur le dossier Gelman.
J'y ai d�couvert que vous aviez appuy� sa demande,
personnellement, m�me.
Venez-en au fait !
J'allais vous faire une fleur,
mais vous semblez d�daigner ma g�n�rosit�.
- Je suis un loyal citoyen... - Je ne dis pas le contraire !
Mais je risque de devoir enqu�ter sur votre loyaut�, M. Fletcher.
Alias M. James Morton.
Et cette... fleur dont vous parliez ?
C'est tout simple :
t�l�phonez � Brigham Anderson
et passez succinctement aux aveux.
Sans mentionner mon nom, juste pour lib�rer votre conscience.
Et qu'adviendra-t-il ?
On fera le n�cessaire pour prot�ger le Pr�sident et le parti.
Votre secret ne sera pas trahi, M. Fletcher.
- M. le s�nateur Knox. - Merci.
Messieurs, le vote n'aura pas lieu aujourd'hui.
Brig m'informe qu'il le reporte.
Pour quelle raison ?
Ce n'est pas pr�cis�.
Vous �tes s�r que c'�tait Fletcher ?
Doublement s�r : je l'ai rappel� chez lui.
Il en a parl� � quelqu'un d'autre ?
Il dit que non.
Pourquoi ouvre-t-il la bo�te de Pandore ?
Par sens du devoir, affirme-t-il.
Insens� ! Il se couvre, oui !
Bess. Demandez le Pr�sident � Camp David.
Dites que j'ai priorit� absolue, m�me sur la reine d'Angleterre.
Non seulement la Commission a livr� un grand homme � la calomnie,
mais son pr�sident l'emp�che d�lib�r�ment de voter.
C'est bien l'audition la plus inique de l'histoire du S�nat.
L'orateur me c�de-t-il la parole ?
S�nateur ?
Parole c�d�e au s�nateur du Kansas.
J'avoue ne pas soutenir M. Leffingwell,
mais l'audition que j'ai suivie � la t�l�vision m'a paru �quitable.
Je d�plore le manque flagrant de clairvoyance du s�nateur.
Je vous relate la r�alit� vraie.
La vision personnelle du s�nateur a beau �tre passionnante,
j'ai malheureusement besoin d'�l�ments plus probants.
Le s�nateur me traite-t-il de menteur ?
Mes propos sont consign�s,
l'interpr�tation qu'il en fait ne me regarde pas.
M. le pr�sident,
ma consoeur abuse des pr�rogatives de son sexe.
Fred, tu charries.
Vous trouvez �a dr�le ? Le monde entier trouve �a dr�le ?
Il s'esclaffe quand le S�nat tente de salir un artisan de la paix ?
Et nos concitoyens, ils rigolent ?
Le s�nateur de l'Utah, lui, se gondole ?
Nous expliquera-t-il pourquoi il fait obstruction au vote ?
Moi, je le sais :
il est le fossoyeur de la r�putation de Leffingwell.
Le s�nateur fait les questions et les r�ponses.
Je tiens � r�pondre moi-m�me, M. le pr�sident.
� la t�te de la Commission, je continuerai de faire mon devoir,
malgr� le s�nateur du Wyoming et ses gesticulations hyst�riques.
Le s�nateur ne fait peur qu'aux enfants qui nous regardent.
Je doute que le s�nateur de l'Utah n'ait peur de rien.
Il y a toujours moyen d'effrayer un homme et m�me un s�nateur.
Toute cuirasse a son d�f...
Mon immense patience a des limites,
je ne tol�rerai aucune menace entre ces murs.
- Harley a bouff� du lion ? - Va savoir.
Mes excuses, M. le pr�sident.
Je me suis laiss� emporter par ma ferveur.
- Puis-je d�poser une motion ? - Faites.
Je propose que la Commission des A.E.
soit dessaisie de l'examen de la nomination de M. Leffingwell,
et que le S�nat proc�de au vote s�ance tenante.
- Il a votre aval ? - Du tout.
Je ne peux tol�rer �a, je vais l�cher le morceau.
Je monte au cr�neau.
Oblige-le � faire marche arri�re. Dis qu'on manque de voix, improvise.
M. le pr�sident.
Le s�nateur du Michigan a la parole.
M. le pr�sident,
ce serait assur�ment la cons�cration pour M. Leffingwell,
si nous passions outre � la proc�dure habituelle
et votions d�s cet apr�s-midi.
L'�quilibre des pouvoirs, pr�vu sciemment par la Constitution,
est le meilleur outil jamais cr�� pour prot�ger la libert�.
Le parti n'est pas pr�t. Comment il faut vous le dire ?
Moi, je le suis.
... Et cette non-pr�dominance
a fait de notre gouvernement un pur miracle.
Pr�servons cet �quilibre,
il en va du r�ve am�ricain de libert� dans la discipline.
Pour la �ni�me fois, on n'a pas les voix.
Vous allez faire pire que mieux.
... Prot�geant la R�publique depuis deux si�cles.
Or, la motion du s�nateur Van Ackerman
veut faire fi de ces proc�dures.
J'ai beau esp�rer la confirmation de M. Leffingwell,
je demande le rejet de cette motion.
M. Leffingwell n'en mourra pas s'il n'est pas ratifi� aujourd'hui,
ni m�me demain.
En revanche, nous en p�tirons infiniment,
si nous agissons � notre guise
dans le feu �ph�m�re de l'action.
Une demande de vote ?
Ce lourdaud d'Anderson est refait.
Une demande de vote ? Ou de v�rification du quorum ?
Vous avez perdu votre langue ? Vous, l'habitu� des esclandres.
Aujourd'hui, je me dore au soleil,
tel un vieux crapaud sur son n�nuphar.
Faites marche arri�re !
Personne ne souhaite intervenir ?
- M. le pr�sident. - Sauv� par le gong du Wyoming.
M. le pr�sident, j'ai d�cid�
d'�couter le leader de la majorit� qui, dans sa grande sagesse,
a per�u le danger de ma motion.
Je m'en voudrais de renverser cette citadelle des libert�s.
Aussi, en toute humilit� devant mes pairs, je retire...
Le Pr�sident est tr�s affect�. Il croit beaucoup en Leffingwell.
J'en suis navr�.
Il sera au gala des correspondants. Et vous ?
J'y compte bien.
Il souhaite vous voir. Faites donc un saut chez moi apr�s.
Que lui dirai-je de plus qu'� vous ? Il n'a qu'� renoncer � son poulain.
J'ai bien raval� ma fiert� ?
Tr�s, Fred. Merci de votre coop�ration.
Et Brig, il se montre coop�ratif ?
Si jamais il rechigne, je me fais fort de le convaincre.
Vous n'avez qu'� demander.
Fichez-moi la paix, Fred.
Bob, vous avez un instant ?
Rendez-vous est pris pour apr�s ?
Oui. Entendu.
Je vous l'avais dit : un enquiquineur.
Cessez de vous en m�ler. Vous causez du tort � Leffingwell.
Soit. Mais j'ai de quoi le faire filer doux si vous voulez.
On s'en sortira sans, j'en suis s�r.
Chers amis, ce soir est le seul de l'ann�e
o� nous mettons un point d'honneur � ne pas �tre journalistes.
Nos convives auront beau se l�cher,
ils ne liront pas cent versions de leurs propos
dans la presse du matin.
Sur cette promesse,
je c�de la parole au Pr�sident des �tats-Unis.
Chers correspondants de la Maison-Blanche,
il n'y a, para�t-il, aucun journaliste pr�sent ce soir,
mais je vais profiter de mon statut de membre tr�s privil�gi�
pour bousculer cette tradition.
Ce soir, les journalistes sont bel et bien pr�sents.
� vos stylos, nous allons pondre un papier.
- C'�tait pr�vu ? - Pas par moi.
Je vois � la table 3, le s�nateur de la Caroline du Sud.
Bonsoir, Seab.
Et au fond, � la table 7,
le s�nateur de l'Utah, Brigham Anderson.
Bonsoir, Brigham.
J'ai dit : "Bonsoir, Brigham".
Il y a peu, le Pr�sident des �tats-Unis
a nomm� un ministre des Affaires �trang�res
qu'il estime de grande valeur,
et il veut que le S�nat ent�rine son choix.
Or, le s�nateur de la Caroline du Sud,
pour des raisons bien � lui, qui n'appartiennent � nul autre...
Bref, il a pris mon poulain en grippe.
Ma foi, chacun s'y attendait. Nous aurions tous �t� d��us
si Seab n'avait pas souffl� et souffl� tellement fort
que la maison de paille s'envol�t.
Mais ne voil� pas le s�nateur Brigham Anderson,
en grand m�chant loup incognito.
Et il surench�rit en creusant un tunnel sous la maisonnette.
Vous tenez votre scoop,
chers correspondants de la Maison-Blanche.
Le Pr�sident maintient son poulain.
En d�pit des temp�tes de Cooley
et des travaux de sape d'Anderson.
Dites � vos lecteurs
que le Pr�sident n'a pas chang� d'avis d'un iota,
et qu'il se battra bec et ongles pour cette ratification.
Vous applaudissez ?
Je peux me permettre d'�tre charitable.
M. le Pr�sident.
Vous m'en voulez, Brigham ?
Sinc�rement, je suis perplexe.
Messieurs, il y a caf� et cognac.
Je repars au gala.
Si le Pr�sident l'autorise, restez.
Qu'y a-t-il, Brigham ?
Il vous faut un t�moin ?
Je me le demande.
Alors, restez, Bobby. Asseyez-vous.
On ne sera pas trop de deux pour le convaincre.
Brigham, je vous sais gr�, bien s�r, d'avoir �t� discret.
Ce n'�tait pas flagrant, ce soir.
M. le s�nateur,
un Pr�sident se doit de d�fendre son prot�g�, vous le savez.
Mais d�s que vous renoncerez � lui, toute cette agitation retombera.
Je n'en ai pas l'intention.
Si la v�rit� sort, il sera invalid�.
Le s�nateur vous l'aura dit.
Mais si elle ne sort pas, il sera confirm�.
J'ai atteint mes limites, M. le Pr�sident.
Le contexte vous autorise s�rement � les d�passer.
Ne me dites pas
que vous le croyez communiste !
Peu m'importe, il s'est parjur�.
Ses motivations vous laissent indiff�rent ?
Je ne lui jette pas la pierre, mais...
j'estime que...
Qu'il devrait se laisser d�truire,
pour avoir flirt� jadis avec le communisme ?
Justement, il aurait d� �voquer ce flirt,
au lieu de mentir sous serment.
Peut-�tre n'avez-vous nul cadavre dans votre jeune placard,
mais on n'est pas tous si chanceux.
On doit survivre � nos erreurs,
Leffingwell ne fait rien de plus.
En tant que leader du parti, je vous prie de me laisser juge.
M. le Pr�sident,
je ne veux ni briser son existence,
ni vous priver de ses services ailleurs,
mais sa confirmation au poste de ministre des A.E.
engage ma loyaut� envers la Commission.
Vous devez aussi loyaut� au parti.
Je ne peux trahir la mission de la Commission.
Et Seab Cooley, lui, n'a pas d�voy� la Commission ?
Il en a fait la plateforme de sa vendetta !
Navr�, mais vos arguments me laissent froid.
Je joue mon prestige sur cette nomination.
Le prestige de la nation. Bon sang, �a devrait vous concerner.
Il existe un vaste monde hostile
au-del� des murs de votre insignifiante Commission.
Oui, notre prestige en p�tira.
Et bien plus encore si je dois d�monter
le mensonge �hont� de votre poulain.
Renoncez � sa nomination, ou je somme Fletcher � t�moigner.
Faites comme bon vous semble. Je ne renoncerai pas.
- Bonsoir, Bobby. - M. le Pr�sident.
Il parle d'or, Brig.
Rien n'est tout noir ou tout blanc, a fortiori ces temps-ci.
Mais dans le cas pr�sent, si.
Je ne comprends pas.
Vous, chantre de l'�quilibre des pouvoirs,
vous fuyez vos responsabilit�s d'�lu
et me demandez de dire amen au Pr�sident.
C'est incoh�rent, je vous l'accorde,
mais on a chemin� ensemble depuis nos premiers pas au Congr�s.
Il a tenu la barre durant 6 ann�es difficiles.
C'est un homme us� et malade.
Il m'est tr�s cher.
Je suis pr�t � m'accommoder de cette incoh�rence, pour l'aider.
Navr�, pas moi.
Bon, laissez-lui le temps de sauver la face,
et on d�signera quelqu'un d'autre.
Ce n'est pas ce qu'il a dit.
Il c�dera, s'il est accul�.
Et c'est le cas.
C'est toi, Brig ?
D�sol� de t'avoir r�veill�e.
Je te guettais.
Ce fut �pique, Mme Anderson !
Ton mari a eu une vive passe d'armes
avec le Pr�sident des �tats-Unis.
Relax, j'en suis sorti vainqueur.
J'ai re�u un appel tr�s bizarre.
Comment �a ? C'�tait qui ?
Un inconnu.
Il a dit qu'avant de chercher des noises � Leffingwell,
tu devais te souvenir de Hawaii, et il a raccroch�.
Il s'est pass� quoi � Hawaii ?
D�cris-moi sa voix.
Sinistre. � l'entendre, il d�tenait un secret sordide.
J'ai fait la une ces jours-ci,
�a attire forc�ment les mabouls.
Raccroche-lui au nez, s'il rappelle.
Tu es s�r de toi pour Leffingwell ?
S�r et certain. Ne t'en fais pas.
Pourquoi il a parl� de Hawaii ?
Soldat, j'�tais stationn� l�-bas,
mais �a n'a aucun rapport avec Leffingwell.
C'est qu'un maboul, rien de plus.
All� ?
Vous avez parl� � votre mari ?
Mais qui �tes-vous ?
- Des gens d�termin�s. - Ne rappel...
All� ?
Je t'avais dit de raccrocher.
J'ai peur...
Ellen, il n'y a vraiment pas de quoi avoir peur.
Allez, viens petit-d�jeuner.
Le rapporteur de la loi sur les voies navigables est absent.
Si le s�nateur du Michigan l'accepte,
j'aimerais que rien d'autre ne soit examin� avant.
L'apr�s-midi �tant d�j� bien rempli...
Il va annoncer le retrait quand ?
Je ne peux le tarabuster. C'est quand m�me lui, le patron.
Je consens volontiers � la demande du s�nateur.
Je propose un report � demain, midi.
Aucune objection ?
Report adopt�.
Vous l'avez vu ?
Il est sur un destroyer � Chesapeake pour les r�gates.
Ne soyez pas si soucieux, enfin. Vous avez eu gain de cause.
Venez prendre un caf�.
Non, merci.
La s�ance a �t� suspendue ?
Bonjour, Seab.
On est comme des taupes dans les galeries du Capitole.
Moi, je viens m'a�rer ici tous les jours, �t� comme hiver.
Vous semblez porter un lourd fardeau. Asseyez-vous.
Vous leur laissez z�ro �chappatoire. Num�rotez vos abattis.
Vous avez affaire � des gens retors, �a, oui.
Des gens retors qui font la pluie et le beau temps.
Fletcher s'est envol� pour l'Europe, cet apr�s-midi.
En mission pour le Pr�sident,
il va �tudier les probl�mes mon�taires internationaux.
Vous l'ignoriez ?
�a para�tra dans les journaux du matin.
Quel r�le vous jouez l�-dedans ?
Disons que vous avez un ami,
un ami retors qui a le bras long.
Merci.
Je ferai peut-�tre appel � lui.
Bob.
Tiens donc. Vous avez chang� d'avis ?
Je veux juste v�rifier quelque chose au sujet de Fletcher.
Que voulez-vous savoir sur lui ?
� quoi vous jouez ?
J'ignore de quoi vous parlez.
Action.
Je vous assure, je n'�tais pas au courant.
Mais pourquoi le Pr�sident a fait �a ?
S�rement pour vous emp�cher d'aller trop vite en besogne.
All� ?
Oui, il est l�.
De la part de qui ?
Un instant.
Brig, t�l�phone pour toi.
- Pour moi ? - Ton assistant.
All� ?
M. le s�nateur Anderson ?
- Vous �tes ? - Pas votre assistant.
Vous auriez tort de raccrocher : on a les preuves pour Hawaii.
On s'en servira, si vous ne l�chez pas Leffingwell.
C'est s�rieux, on n'h�sitera pas.
Quelles preuves ? Je ne vois pas...
Une photographie, s�nateur, et une lettre.
�coutez bien, je ne me laisserai pas intimider.
�a suffit, je vais tout r�v�ler au S�nat !
Du calme, qu'y a-t-il ?
Il doit renoncer, pig� ?
Pas demain, ni la semaine prochaine. Aujourd'hui m�me !
Brig...
Venez me voir, Mlle Foster.
Un homme s'est manifest�, il y a 5 ou 6 semaines.
Raymond Shaff. "Ray", il a d� dire.
J'ai refus� de lui parler. Vous vous souvenez ?
Oui, il a appel� plusieurs fois et il est m�me pass�.
- Il a laiss� un num�ro ? - Je crois.
S�nateur.
Oui, Mlle Foster ?
Je n'ai pas de num�ro, mais une adresse � New York.
Merci. Soyez gentille, laissez-la sur mon bureau.
- Pourquoi �loigner Fletcher ? - Myst�re.
Je n'ai eu aucun contact r�cent avec le Pr�sident.
Je dois croire que vous ignorez le sort qu'il vous r�serve ?
Je suis � son enti�re disposition,
j'attends qu'il me communique sa d�cision.
Pas moi. Tant pis pour Fletcher.
Je vais vous r�auditionner, et l�, vous direz la v�rit�.
- Ne faites pas �a. - Je n'ai pas le choix !
Pourquoi tant de h�te alors que vous avez la main ?
Je serai fair-play : annoncez votre retrait � la presse,
au diable le Pr�sident.
Je lui ai donn� ma parole.
Votre parole ne vaut pas tripette.
Pour votre Commission, peut-�tre.
Mais pour moi, elle a encore de la valeur.
Il n'y a rien � ajouter. Au revoir.
Tu as tout entendu, Johnny ?
Et tu as compris ?
Je ne sais pas vraiment comment t'expliquer.
Non, reste.
Je n'ai qu'� te dire la v�rit�.
Assieds-toi.
Brig.
J'ai quelque chose � te dire.
Cet homme a rappel�. Oui, je l'ai �cout�.
Me voil� devenue bobonne � la maison au courant de rien ?
J'ai fait campagne avec toi, j'ai travaill� pour toi.
Je sais que la politique n'est pas qu'amour d'autrui et bienveillance.
J'en connais la cruaut�.
Dis-moi ce qui se trame.
Papa, tu m'avais promis de jouer.
Une minute, Pidge.
Tu connais un d�nomm� Ray ?
Allez, papa !
Sois mignonne, Pidge.
Retourne dans le jardin.
Papa arrive tout de suite.
Il m'a charg�e de te dire qu'ils ont achet� Ray.
�a veut dire quoi ?
Je n'en sais rien.
Bien s�r que si.
Laisse-moi m'en occuper seul, d'accord ?
Mais �a arrive chez moi,
par ce t�l�phone !
C'est moi qu'il contacte pour te forcer la main. Moi !
Dis-moi ce qui se passe.
Tu te mets dans tous tes �tats pour rien.
Je ne sais pas de quoi il s'agit,
mais je vais tirer �a au clair.
C'est la toute premi�re fois que tu ne me dis pas la v�rit�.
Ce sale bonhomme au t�l�phone sait de quoi il parle,
il n'invente rien.
Tu dois me pr�parer � ce qui va arriver si tu ne c�des pas.
Je t'en prie, ne me harc�le pas.
Il me faut le temps de me retourner.
Laisse-moi t'aider, voyons.
Qu'est-ce qui compte dans ma vie ?
Pidge et toi, c'est tout. Rien d'autre n'a d'importance.
Je le sais.
S'il te menace � travers moi, ce n'est pas innocent.
Il y a une autre femme.
C'est pour �a que tu ne me dis rien ?
Je sais que je ne suis pas une �pouse accomplie.
Que notre couple ronronne.
Tout est ma faute.
Mon amour, tu n'as absolument rien � te reprocher.
Tout �a date d'il y a longtemps, d'avant m�me que je te connaisse.
Si seulement je pouvais...
Parle-moi, Brig, raconte-moi.
C'est... impossible.
Alors, tu n'as plus qu'� leur ob�ir.
�a n'a pas l'air �norme,
surtout pour pr�server notre...
Si je leur ob�is,
tout ce que j'ai voulu �tre, toutes les valeurs que j'ai port�es,
tout �a sera r�duit � n�ant. Non.
Je n'attendrai pas que notre monde s'�croule.
Je ne suis pas une h�ro�ne.
Je vais m'en aller avec Pidge.
C'est ce que tu veux, que je parte avec Pidge ?
Qu'est-ce que je dois faire ?
Je te demande juste une place � tes c�t�s,
et tu me la refuses !
Sois encore un peu patiente, d'accord ?
Si je ne parviens pas � les arr�ter,
je te raconterai tout de A � Z, et apr�s, tu d�cideras.
Mais sois patiente, je t'en supplie.
Et si tu y parviens ?
Je te demanderai d'essayer d'oublier tout �a.
Je ne te quitterai jamais !
Quoi qu'il arrive, j'en serai incapable
Vite, papa.
Vite, papa, il va faire tout noir !
Va dehors avec la petite.
Je dois m'occuper du repas.
Il s'en va o�, papa ?
- Des bagages, M. le s�nateur ? - Aucun.
Retardez le d�part du vol 338 pour le s�nateur Anderson.
- Porte 11. - Merci.
Brig �tait plus d�termin� que jamais � faire plier le Pr�sident.
Et alors, les coups de fil ont commenc�.
Voil�, je vous ai tout dit. Je sais que �a ne me regarde pas.
Brig sera f�ch� et g�n� que je vous en ai parl�.
�a restera entre nous.
Je regrette ce que je lui ai dit.
Il est parti totalement d�sesp�r�, Lafe.
Il prot�ge s�rement quelqu'un. Y avez-vous song� ?
Mais oui, bien s�r. �a lui ressemblerait bien.
J'ai une id�e.
� son retour, qu'il m'appelle chez Dolly Harrison.
Je le cuisinerai jusqu'� ce qu'il parle.
Ne vous en faites plus.
Navr�e du d�rangement.
Au contraire. Les amis sont l� pour �a.
C'est s�rement Lafe. Permettez.
S�nateur, on allait commencer sans vous.
Navr�, Dolly, une urgence.
Ravissante, j'imagine.
Dolly,
vous pouvez m'envoyer Bob ?
Ouh l�, c'est du s�rieux. Tout de suite !
Bonsoir, Don Juan !
Bob,
je sais pour Brig et le Pr�sident.
- Par qui ? - Son �pouse.
Je ne me remarierai jamais.
Arr�te, elle est terroris�e.
Bob, quelqu'un fait chanter Brig.
Du chantage ?
- Tu es au courant ? - Tu plaisantes ?
�a concerne Leffingwell, je te croyais dans le secret.
Et o� est Brig ?
Je l'ai cherch� partout, d'o� mon retard.
Du chantage... Son �pouse ne dramatise pas ?
Je ne pense pas.
Et donc ?
Dans ce cas, j'ai ma petite id�e.
Pourquoi diable il n'en a pas parl� � l'un de nous ?
Il sait o� t'appeler ?
J'ai pr�venu sa femme et le gardien.
Oui ?
Ray ?
Qui est l� ?
C'est Raymond Shaff ?
Oh� !
- Vous cherchez Ray ? - Oui.
- Il n'habite pas ici. - C'est l'adresse que j'ai.
Je suis un ami � lui. Vous aussi ?
- O� je peux le trouver ? - Veuillez vous asseoir.
- Vous savez o� trouver Ray ? - Asseyez-vous.
J'allais me faire un th�. �a vous dit ?
Sans fa�on, merci.
Moi, c'est Manuel. Et vous d�j� ?
Si vous savez comment joindre Ray...
Votre nom m'a �chapp�, je disais.
Anderson.
Vous �tes d'o�, M. Anderson ?
Puisque vous y tenez, de l'Utah. J'ai connu Ray � l'arm�e.
L'Utah. Au Far West, quoi.
Les mormons, Salt Lake City, etc.
M. Manuel, sauf votre respect, je suis un peu press�.
Je fais un peu bo�te postale pour des amis comme Ray.
�a reste modeste.
Et sous le manteau, vous voyez.
Vous me suivez ?
Tout � fait.
Je vois tr�s bien.
Ceci suffira ?
Tout me va, laissez �a sur la table. Vous souhaitez voir Ray, ici ?
Vous n'avez pas ses coordonn�es ?
C'est pratique, ici. Et discret.
Lait ou citron ?
M. Manuel, vous savez o� il est, oui ou non ?
Oh, c'est � ce point-l� ?
Urgent. Soudain. Subito presto.
Rasseyez-vous, je vous en prie.
Oui, �a urge.
Il est s�rement au 602.
- Grosse nouba au 602. - Au 602 de quoi ?
Le Club 602.
Je vous note l'adresse.
Vous pourrez revenir avec Ray.
Comme vous avez pay�.
Vous l�-haut, descendez !
Ne restez pas plant� l�.
Je vous ai fait peur ?
Ray !
Ray, t'es avec moi !
Brig ?
T'en va pas. Laisse-moi t'expliquer.
- Brig, attends. - Taxi !
J'�tais fauch�.
Tu faisais la sourde oreille. J'avais picol�...
A�roport de Newark.
D�marrez, bon sang !
Veuillez attacher votre ceinture, M. le s�nateur.
Je peux ?
Bien s�r. Je ne vous avais pas vu.
- Si vous pr�f�rez dormir... ? - Du tout.
Restez l�.
- � quelle heure on arrive ? - Vers minuit.
Vous �tiez venu faire un discours ?
Aux parents et enseignants. Et vous ?
Simple voyage d'affaires.
Vous allez capituler ?
Concernant Leffingwell.
J'avais compris.
- Que savez-vous, au juste ? - Quasiment rien.
Je ne suis pas dans la confidence des s�nateurs, ni du Pr�sident,
mais j'ai quand m�me ma petite id�e.
Vous �tes malmen�, et rudement, pas vrai ?
Pourquoi faire cavalier seul ? �a m'�chappe.
Dixit un humoriste,
�tre Vice-Pr�sident n'est pas un crime,
on ne va pas en prison pour �a. C'est plut�t une calamit�,
comme habiter un palais non meubl�.
Si vous n'�tes pas rebut� par si pi�tre compagnie,
je peux vous proposer mon aide.
Vous n'�tes d�cid�ment pas reconnu � votre juste valeur.
Puis-je faire quoi que ce soit ?
Vous avez peut-�tre raison. Si je...
Dites-moi.
Mesdames et messieurs,
nous approchons d'une zone de turbulences.
Veuillez attacher vos ceintures. Merci.
Brig ?
N'en parlons plus.
De gr�ce, oubliez tout �a.
Il va pleuvoir, je vous d�pose.
- Vite, montez. - Pardon ?
Non, merci, Harley. Ma voiture est gar�e l�-bas.
Brig.
�a va aller ?
Au revoir, Harley.
Bonsoir, M. le s�nateur.
Mike.
Le s�nateur Smith vous cherche,
vous pouvez le joindre chez Mme Harrison.
Merci.
Les ascenseurs fonctionnent !
LISEZ LA LETTRE � L'INT�RIEUR. VOUS RECONNA�TREZ L'�CRITURE.
LA PHOTO EST EN 500 EXEMPLAIRES. RAMENEZ VOTRE MARI � LA RAISON.
Cher Ray,
C'est la derni�re lettre que je t'envoie,
et je te prie de ne plus m'�crire.
Depuis mon retour, j'ai compris
que ce qui s'�tait pass� entre nous � Hawaii
�tait le seul fait de la guerre, de l'�puisement, et de la solitude.
J'ai repris le cours normal de ma vie
et je veux oublier tout le reste.
Ce ne sera gu�re facile,
mais j'y suis fermement d�cid�.
Bon et g�n�reux comme tu l'es,
je suis s�r que tu comprendras
et que tu t'efforceras de m'aider.
Ton ami Brig
M. le s�nateur.
Vous �tes l�, s�nateur ?
C'est Mike, s�nateur.
As-Dame mise 3.
Bigre, je vais devoir abandonner.
Les Anglais l'ont jou�e ainsi � Waterloo ?
Mais �a nous a sauv�s � Dunkerque. Avec d'autres cartes.
- Je passe. - Sans moi.
Pareil.
Vous mijotez un coup de bluff ?
Non, mais je mijoterai bient�t un li�vre aux abois.
M. le s�nateur Smith, t�l�phone pour vous.
Merci. Excusez-moi.
- Je suis. - Sans vous ?
On ne me la fait pas, madame.
Encore une couleur possible.
Paire de sept. Valet pour moi.
C'�tait Brig ?
Qu'y a-t-il ?
Il est mort.
Brig ?
Dans son bureau. Il s'est tranch� la gorge.
Encore � comploter ?
On est sur la derni�re main.
Navr�, chers amis.
On vient d'apprendre la mort de Brig Anderson.
Stan, rejoins-nous chez les Anderson avec Harley.
- Il tiendra � �tre pr�sent. - Bien s�r.
Comment c'est arriv� ?
Il se serait suicid�.
Non, je n'en sais rien.
C'�tait un homme bon, g�n�reux et honn�te.
J'ignore ce qu'ils comptaient utiliser contre lui.
Mais �a ne leur sert plus � rien, d�sormais.
Alors, peu importe ce que c'�tait.
Brig soup�onnait-il...
quelqu'un derri�re tout cela ?
Non.
Excusez-moi.
Veuillez m'excuser.
Je sais que c'est l'oeuvre de Van Ackerman,
mais j'ignore s'il a agi seul.
Si oui, c'est une affaire interne,
que le S�nat va r�gler � sa mani�re.
Et s'il n'a pas agi seul ?
C'est ce qu'on pense de moi au Capitole ?
Vous aussi, Bobby ?
Non, mais Harley aimerait une r�ponse plus claire.
Dieu m'est t�moin, je n'en savais rien.
Bon, revenons � Leffingwell.
Certains continueront � vous soup�onner
d'�tre impliqu� dans la mort de Brig.
Vous devriez renoncer.
Le Pr�sident est toujours suspect, car les gens se m�fient du pouvoir.
Tant pis pour eux.
Je suis navr� pour Anderson, ne vous m�prenez pas.
Je le pr�f�rerais p�tulant de vie, mais il est mort.
Et quand le jour se l�vera, je n'aurai toujours pas de ministre.
La situation n'a pas chang�,
sauf que maintenant, le vote peut avoir lieu.
Vous avez la majorit� n�cessaire, servez-vous-en !
Harley, pourquoi cet air outrag� ?
� ma place, vous agiriez diff�remment ?
Je l'ignore, M. le Pr�sident,
mais hier soir, j'ai vu Brig Anderson,
et il souffrait le martyre.
Je me demande si Leffingwell ou quiconque
valait vraiment un tel sacrifice.
On ne gouverne pas en s'interrogeant.
Au revoir, Harley.
Au revoir, M. le Pr�sident.
Bobby.
Oui, monsieur ?
� vous je veux confirmer la rumeur.
Vous comprendrez ainsi pourquoi je me focalise sur Leffingwell.
J'ai compris.
Ma fin est proche,
plus rien ne fonctionne dans cette vieille carcasse.
Il reprendra d'une main ferme les r�nes de ma politique �trang�re.
Elle ne s'en ira pas � vau-l'eau.
Harley en est incapable, vous le savez.
Je n'en suis pas si s�r.
Vous pourriez �tre son mentor.
Je n'ai pas le temps de former un pr�sident !
Je n'ai plus le temps, point.
J'ai s�rement commis maintes erreurs.
L'Histoire ne me tressera pas de lauriers.
Inutile de m'appesantir l�-dessus, j'ai fait de mon mieux.
Vous �tes un grand pr�sident, Russ.
Si vous le dites, peu m'importe la post�rit�.
Au revoir, Bobby.
Au revoir, M. le Pr�sident.
Merci.
- Un message pour moi ? - Tenez.
Merci.
Vous ne vous couchez jamais ?
Un vieillard perd un temps pr�cieux en dormant.
Vous ne me guettiez pas plut�t ?
M. le leader de la majorit�,
demain,
je vais faire trembler le d�me du Capitole,
et il sera de guingois � jamais quand j'en aurai fini.
Je sais pour James Morton,
M. le leader de la majorit�.
Depuis quand vous �tes au courant ?
Peu importe. Je sais, voil� tout.
Depuis quand ?
Je n'ai rien � ajouter.
C'est vous, l'appel de Fletcher � Anderson.
J'ai privil�gi� l'int�r�t g�n�ral.
Permettez-moi d'en douter.
Vous jubiliez de nous voir tous ramer,
vous riiez de l'ultime combat d'un pr�sident moribond.
Au S�nat, Anderson �tait seul en premi�re ligne.
� l'aff�t du moment propice
pour d�cha�ner le courroux de Seab Cooley.
�a y est, Seab. Vous y �tes.
Vous tenez enfin votre minute de gloire.
Anderson vous l'a offerte avec une lame de rasoir.
Pas si vite.
Je vous propose un march�, M. le leader de la majorit�.
Levez la consigne de vote, et je me tais.
M�me si ce gredin est valid�, je ne piperai pas.
Un march�, dites-vous ? Du chantage, oui.
Je voulais vous rendre service.
Merci, je m'en passerai.
La Commission d'enqu�te pr�sid�e par M. Anderson
ayant rendu un avis favorable,
la Commission des A.E. a vot�.
Huit voix pour,
cinq contre,
une abstention.
Par ce vote, la Commission des A.E. recommande au S�nat
de confirmer Robert Leffingwell au poste de ministre des A.E.
La parole est au s�nateur du Michigan.
M. le pr�sident, je propose au S�nat
de voter l'agr�ment de Robert Leffingwell � ce poste.
Il est demand� au S�nat de voter l'agr�ment
de Robert Leffingwell � ce poste.
Le s�nateur de la Caroline du Sud m'a demand�
de pouvoir s'exprimer l�-dessus.
La parole est au s�nateur de la Caroline du Sud.
M. le pr�sident,
d'aucuns entre ces murs estiment
que je m'oppose � M. Leffingwell
dans un esprit de revanche.
M. le pr�sident,
j'avoue qu'il y a un fond de v�rit� l�-dedans.
Par cons�quent,
je pr�sente mes plus plates excuses
� cette assembl�e.
Et au locataire de la Maison-Blanche bien intentionn�
qui nous a pr�sent� son poulain.
Certes, ces excuses n'effaceront pas mes p�ch�s,
mais j'esp�re, quelque part,
redonner ainsi � mes confr�res l'image d'un s�nateur,
et non plus du vieux grincheux matois
que je semble devenu au soir de ma vie.
Voil� qui est dit.
M. le pr�sident,
je continuerai � m'opposer � M. Leffingwell,
mais sans esprit de revanche.
Sa voix n'est pas celle qui doit parler
au nom de l'Am�rique.
Cette voix m'est �trang�re.
Peut-�tre est-ce la nouvelle voix de mon pays,
et mes vieilles oreilles ne la captent-elles pas. Qui sait...
Je n'entends goutte aux paroles de M. Leffingwell.
Je ne comprends pas
comment des principes telle la dignit�
peuvent devenir obsol�tes.
Ni comment repr�senter cette nation sans fiert�.
Tout cela m'�chappe.
Par fid�lit� � ce que je suis, � mes convictions,
je voterai contre.
Nonobstant,
je n'appelle personne � me suivre sur cette voie.
M. le pr�sident.
Le s�nateur du Michigan a la parole.
Le s�nateur de la Caroline du Sud
vient de boire le calice jusqu'� la lie.
Curieusement, il donne l'impression d'avoir savour� un nectar.
Et nous donne envie � tous de le partager.
Il se traite de grincheux.
Ma foi,
puisse-t-il y avoir toujours un grincheux dans cette assembl�e
pour nous aiguiller sur le droit chemin.
Malgr� tout, nos avis divergent sur M. Leffingwell.
J'en ai une tout autre vision, sa voix ne m'est pas �trang�re.
Elle m'appara�t authentique.
Et surtout,
je m'en remets au jugement du chef de l'ex�cutif.
Je vais donc voter pour.
Mais les circonstances tragiques
autour de cette nomination
bouleversent les lignes et interpellent chacun
au tr�fonds de sa conscience.
Aussi, je vous d�lie tous de votre engagement.
- L'orateur me c�de-t-il la parole ? - Je refuse.
Chacun retrouve sa libert� de vote.
C'est quoi, cette fourberie ?
La parole est au s�nateur du Michigan.
- V�rification du quorum. - Je proteste !
Toute intervention est impossible avant la fin de l'appel.
Greffier.
- M. Abbott. - Pr�sent.
Pr�sente.
- M. Andrews. - Oui.
- Alors, Seab ? - Alors, Bob ?
Je gagnerai quand m�me.
�a, mon cher, �a reste � prouver.
M. Caulfield.
Oui.
Impossible de pr�voir le r�sultat,
faute de temps pour sonder les intentions des s�nateurs.
Ceux-ci d�cideront, hors de toute consigne d'appareil
et guid�s par leur seule conviction,
s'ils ent�rinent ou pas la nomination de Leffingwell.
Le myst�rieux suicide d'Anderson p�sera...
Wells, Simpson, Lansing : ils resteront fid�les.
Kanaho s'est abstenu en commission, mais il suivra Seab.
- Barre-le. - Et Goodman, pareil.
- M. Toland. - Pr�sent.
- M. Topper. - Oui.
- M. Van Ackerman. - Pr�sent et impatient !
M. Young.
Pr�sent.
- M. Zeffenback. - Oui.
Faites l'appel des absents.
M. Courtney.
M. Fickett.
M. Fields.
M. Granville.
M. Larkins.
Merci.
C'est Strickland. 7 voix de l'opposition pour.
42 chez nous et 7 chez eux : 49.
49, on a encore une chance.
Bon, la Commission des A.E. s'est d�clar�e favorable
� la nomination de Robert Leffingwell.
Le s�nateur du Michigan a propos� de mettre aux voix l'agr�ment.
M. le pr�sident.
Je n'ai pas c�d� la parole en demandant la v�rification.
Le s�nateur du Michigan a toujours la parole.
Il ne peut garder la parole en silence !
Avec votre permission, je serai tr�s bref.
Quiconque a la permission d'�tre bref.
Je demande � proc�der au vote.
Le vote a �t� requis. Levez la main si vous approuvez.
J'exige d'avoir la parole !
- Aux voix ! - Votons !
Les 2 partis r�clament haut et fort � voter sur-le-champ
pour ratifier ou non la nomination de Leffingwell
au poste de ministre des A.E.
D�jouant ainsi la strat�gie de Van Ackerman,
qui s'escrime toujours � parler
avant le vote.
C'est un complot !
Le pr�sident manigance pour entraver le d�bat !
Il enfreint les r�gles ! C'est de l'intimidation !
Cette mar�e de mains lev�es demande � proc�der au vote.
Greffier, � vous.
M. Abbott.
Oui.
Mme Adams.
� quoi vous jouez, tous les deux ?
Je demanderai une enqu�te.
Je vous le d�conseille.
On est au courant, Fred.
Au courant de quoi ?
Quasiment tout est tol�r� ici.
Pr�jug�s, fanatisme, d�magogie, et j'en passe.
Le S�nat a pour vocation de tol�rer la libert�.
Mais vous, vous nous avez d�shonor�s.
Voyons, j'ai agi dans l'int�r�t du pays.
Notre pays n'a par bonheur que faire de patriotes de votre esp�ce.
On pourrait demander votre exclusion,
mais on ne veut pas rendre publiques les erreurs pass�es d'Anderson.
Quelles qu'elles soient.
Vous pouvez rester, � vous de voir.
� vous seul.
M. Bronson.
Non.
M. Caulfield.
Oui.
M. Cetinus.
M. Chambers.
M. Chatsworth.
M. Cooke.
M. Cooley.
M. Cunningham.
M. Curry.
M. Dahl.
M. Daniels.
On aurait d� attendre qu'il vote.
- Plus que 2 voix d'�cart. - Boulette ?
M. Danta.
Oui.
Les deux camps �tant au coude � coude,
l'issue du vote reste impossible � pr�voir.
Faut r�veiller McCafferty, sa voix sera utile.
McCafferty a repiqu� du nez.
R�veillez McCafferty, pour qu'il vote.
R�veillez McCafferty, qu'il vote.
R�veillez-le.
Contre, M. le pr�sident. Je suis contre.
Non, pas tout de suite.
Et sauf erreur, vous �tes pour.
Depuis quelques minutes, Leffingwell tient la corde.
Il va fort probablement l'emporter
dans un mouchoir de poche par une ou deux voix.
Naturellement, en cas d'�galit�,
on sait d�j� que le Vice-Pr�sident fera pencher la balance
en faveur de Leffingwell...
M. le Pr�sident !
Appelez le Dr Slater. Tout de suite !
M. Smith de l'Oregon.
M. Smith du Rhode Island.
- Quoi ? - On est � �galit�.
Je m'amuse rarement autant quand �a largue des bulles.
M. Snyder.
M. Sorrenson.
M. Strickland.
M. Sundberg.
M. Swanson.
Une impasse se profile. On compte sur vous.
M. Tate.
M. Teller.
M. Tepple.
M. Thacker.
M. Thompson.
M. Timothy.
Le 3e tableau, sign� John Trumbull,
repr�sente la reddition de Lord Cornwallis en Virginie.
C'est le g�n�ral O'Hara, en rouge, qui a remis l'�p�e de ce dernier,
le g�n�ral Washington ne badinant pas avec la hi�rarchie.
M. Toland.
M. Tooley.
M. Topper.
M. Tracy du New Jersey.
M. Tracy du Washington.
M. Vandergrif.
M. Vassar.
M. Welch.
M. Wells.
M. Whitman.
M. Williams.
M. Wilson.
M. Woodworth.
M. Yost.
M. Young.
M. Zeffenback.
Il y a �galit� parfaite : 47-47.
Le Vice-Pr�sident renonce � son droit constitutionnel
de d�partager les votes.
D�s lors, la motion visant � agr�er
Robert Leffingwell au poste de ministre des A.E.
est rejet�e.
- La ferme ! - Il s'est pass� quelque chose.
Rasseyez-vous.
Il m'incombe de vous annoncer une triste nouvelle.
Le Pr�sident vient de d�c�der.
Notre doyen, s�nateur de la Caroline du Sud,
est pri� d'assumer la pr�sidence du S�nat par int�rim.
- Bonne chance, gamin. - Merci.
D�sol�, Bob, pour le vote.
Je pr�f�re nommer mon propre ministre.
Entendu, Harley, M. le Pr�sident.
- Je verrai ce que je peux faire. - Merci.
M. le pr�sident.
La parole est au s�nateur du Michigan.
Chers coll�gues,
un grand homme d'�tat s'en est all�.
C'est une perte cruelle pour le pays
Je propose de lever la s�ance en signe de deuil.
La s�ance est lev�e.
Adaptation : Claudia Faes
Sous-titrage : ECLAIR
Pour ARTE GEIE : Anne-Caroline Paquet
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