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"What Is This Thing Called Love ?", Ella Fitzgerald
Musique jazzy
- What is this thing
Called love
This funny thing
Called love
Just who can solve
Its mystery
What should it make
A fool of me
I saw you there
One wonderful day
You took my heart
And threw it away
That's why I ask the Lord
In heaven above
What is this thing
Called love
…
I saw you there
One wonderful day
You took my heart
And threw it away
That's why I ask the Lord
In heaven above
What is this thing
Called love
…
Un scooter roule.
Brouhaha
…
- Regroupez-vous, s'il vous plaît !
…
S'il vous plaît, pour la photo !
- Ali, on s'en va !
- Regroupez-vous, là !
Regardez-moi !
Valérie ! Regarde-moi, Valérie !
S'il vous plaît ! Là, regarde ! Comme ça.
- Tu veux un croissant ? - Non, merci.
Attends, bouge pas.
Brouhaha
- Tu restes avec moi ? Je te ramène.
- Salut. Ouais, au revoir.
- Quelqu'un veut venir avec moi ? Salut !
Ouais, OK, rentrez bien.
Ça va, ma chérie ? - Je m'en occupe.
- Vous venez ? On attend.
- Tu restes ? - Ouais.
- François, tu viens ?
- Tu restes avec nous, hein ?
- Ali !
Ali !
- J'ai un truc à faire. - A cette heure-ci ? Quoi ?
- J'ai un truc à faire. - Ça va, t'es sûre, hein ?
- Bon, salut, tout le monde !
- Salut, Michelle !
- Attends, attends, on est combien, là ?
Attends, on va pas monter à sept là-dedans.
Je vais y aller à pied.
- OK, salut.
- Salut, François, rentre bien.
- En fait, je te suis.
- C'est gentil, mais je me sens pas très bien.
- Oui, j'ai vu.
Ça va mieux ?
- Bof, ouais.
Je suis crevée et j'ai mal aux pieds.
C'était nul, cette fête. - C'était minable.
- J'aurais dû partir plus tôt,
mais je sais pas pourquoi, j'étais scotchée.
- T'habites avec Valérie, c'est ça ?
- Avec Valérie, Laetitia…
- Laetitia, tu la connais bien. - Oui.
- Et avec Ali aussi.
- C'est qui, Ali ?
- Le mec qui me consolait.
- C'est ton mec ? - Ali ?
- Oui. - Non !
Ali, c'est… C'est Ali !
Ça avait l'air d'être mon mec ?
- Oui, j'ai cru. - Ah non.
Mon mec, c'est Bertrand, mais il était pas là.
Enfin…
On s'est quittés hier.
Un clocher sonne au loin.
- C'est pour ça que t'es triste ?
- Je te laisse, je vais par là. - Moi aussi.
- Moi, je vais là.
- C'est rien, c'est une église.
- Oui, je vais à l'église.
- Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Je vais prier un peu. - Tu vas prier ?
- Bah oui, je vais prier, oui.
- Tu préfères pas qu'on prenne un verre ? Un café ?
Je te raccompagne. - Salut.
- Je te raccompagne.
Je reste ? - Non.
Au revoir.
Un prêtre prêche.
…
Chants religieux
…
- Ça va ?
…
Bips
…
Je t'embrasse.
Tu lui dis quelque chose de gentil au réveil de ma part, et voilà.
Quoi ? J'aurais dû rester ?
- Tu lui as pas dit un truc
avant de dormir, elle s'est vexée, s'est sentie mal…
- T'essayes de faire quoi ? - Rien !
Je te dis que dans sa vie, ça va pas du tout.
- Tu me parles pas de sa vie, d'accord ?
Je la connais pas, je veux rien savoir.
- Il faut t'informer, tu rentres dedans.
- Dans quoi ? - Sa vie.
- J'entre dans sa vie ? J'en sors tout de suite !
- C'est facile, ça.
- Ce qui est facile, c'est se suicider chez les gens.
Des gens auraient porté plainte, à ma place.
- C'est difficile, le couple.
- Qu'est-ce qui est difficile ? Le couple ?
- Oui.
- Quel est le rapport avec le couple ?
- C'est vous, le rapport. - Michelle et moi ?
- Oui. - On forme un couple ?
- Oui, vous formez un couple. - En couchant une fois ?
Si je vais aux putes, je suis en couple ?
- Pas du tout.
Là, il y a de l'argent, c'est différent.
Ça commençait bien.
- Ça commence bien, oui, par un suicide.
- Des fois, quand ça commence mal, ça ne peut que tendre vers le bien.
- Ça ne commence pas ! Ça n'a pas lieu ! C'est fini !
Salut.
Musique légère
…
- Ah, salut, Bertrand.
Ça va, t'en fais pas.
- Je me sens hyper mal. - Mais elle, ça va.
- Oh !
Ça va ?
Ça va, mon crouton ?
- Je suis plus ton crouton. - Si, t'es mon crouton !
- Tu m'étouffes, là.
Pourquoi t'es venu ?
- Parce que c'est normal, t'es mon crouton.
- Hier, je t'ai dit que c'était fini.
Aujourd'hui, c'est pareil.
Bertrand fait mine d'agoniser.
Arrête !
C'est vrai, je veux plus qu'on se voie.
Je lui ai même pas rendu son pull.
♪ Musique dynamique
- Voilà, très bien. Parfait, impeccable, parfait !
♪…
Laetitia, Michelle, concentrez-vous.
Vous vous mettez dos à dos.
Dos à dos, vous me regardez. Tu me pointes avec le gant.
Michelle !
Regarde-moi ! Merci.
Le réveil sonne.
♪ Musique zen
♪…
Rires lointains
- Michelle.
Il chantonne.
- Je te dérange pas.
…
- Michelle ? Michelle ?
- Hein ? Excuse-moi ! - Il faut pas t'endormir !
Respire bien.
…
Michelle ! Michelle ! Michelle !
- Détendues, détendues. Attention, regardez-moi !
1, 2…
Comment on met le flash ?
Attendez ! J'en fais une autre !
Allez-y.
Changez de position. Inversez.
- Dépêchons-nous, on n'a pas la journée.
- Il y en a pour deux secondes !
- Allez ! - Allez, attention…
Tu fais ce que j'ai fait ce matin.
- Oui. Tu me regardes ?
1, 2, 3 ?
- Fais-en une autre !
- Enlève ton bras !
T'es belle, maman !
- Tu veux un frigo ? Un matelas ? Tu veux quoi ?
- Les deux, je veux bien !
- Les deux, j'y crois pas.
J'ai une proposition à te faire.
- Ouais ? - Tu t'énerves pas.
- Non, ça va.
- Jean m'a dit que si tu voulais venir déjeuner un dimanche,
tu n'avais qu'à nous prévenir et on lui dira.
Comme ça, il s'arrangera pour partir.
- Comment ça, "il s'arrangera pour partir" ?
- Tu nous dis quand tu viens et…
- Vous vous croisez pas.
Il passe par la petite porte, toi par la grande.
- L'idée, c'est de déjeuner.
- C'est de déjeuner.
Oh ! - Allez, maman.
Ça va aller, t'inquiète pas.
Klaxon
Sirène d'ambulance
Vrombissement de moteur
- OK. Je suis pour la paix.
- Expliquez-nous pourquoi il y a 400 francs de différence.
- Celui-ci est en promotion actuellement.
- Il est plus grand ? - Il est un peu plus grand.
Celui-ci est un petit peu plus grand, en promotion.
- Bonjour. - Bonjour.
- Regarde celui-là. - Non, j'en veux un plus grand.
Lui, il est bien !
- A 2000 francs, il est bien, oui.
Moi, je marche pas.
- Mais pourquoi ? - Non, je rince pas les copains.
- Oh là là, mais je veux pas avoir mon frigo perso !
Oh, à ce moment-là, je préfère un matelas.
- Allez.
Qu'est-ce qu'on fait ? On prend un matelas ?
Moi, je sais plus. Merci. Excusez-moi.
- Au fait, maman, c'est d'accord, pour le déjeuner.
- Quoi ? - Ouais.
- Alors, on fait ça dimanche ?
- D'accord. - Tu viens avec Bertrand ?
- Ah bah non, c'est fini.
- Quoi ? - On y va, là ?
- C'est fini, ça fait 100 fois que je te le dis.
- Ah non, non, ça fait pas 100 fois.
Non, non, non, non. - Si !
Ça fait 1000 fois !
- Si, maman, mais c'est pas grave, t'as oublié.
Les matelas, c'est par là. On y va ?
- Enfin, il y a juste un tout petit truc
que je comprends pas bien.
Comme ça, c'est… Enfin…
En fait, c'est moi qui dois passer par la petite porte chez moi,
comme une voleuse, et lui, il sort par la grande ?
- J'essaye tout le temps d'arranger les choses,
mais c'est pas possible, Florence. J'aurais dû fermer ma gueule.
- Fais un effort, ça lui fait plaisir.
- T'as vu son plan naze ?
- C'est pas un plan naze, c'est pas partir comme une voleuse !
- Passer par la petite porte chez moi ?
- On ne peux rien te dire, on ne peut jamais te proposer !
OK, très bien, on oublie !
Je vais te dire un truc : tu ressembles à Jean !
- Merci pour la comparaison ! - T'es chiante, hein !
- Vraiment, là, ça fait des semaines que je fais des efforts monstrueux
pour plus m'énerver,
je m'énerve plus, ça fait des jours et des jours,
et là, je les vois et en deux minutes, je m'énerve !
- On peut rien te dire !
- On peut rien me dire ? Ta gueule ! Oh là là !
♪ Musique dynamique
"Nul bonheur n'est aussi grand que la paix de l'esprit.
"Il n'y a pas de brûlure égale à la convoitise.
"Pas de péché égal…"
- Tourne ton visage. - "… à la haine.
"Nul bonheur n'est aussi grand que la paix de l'esprit."
- Regarde en l'air.
Sirène
- Monsieur, s'il vous plaît. - Monsieur !
Arrête ! - N'insistez pas !
- Je passe. On aurait eu le temps de le faire 4 fois.
- Je vais vous demander vos papiers. - C'est pas la Gestapo !
- Très bien, on va vérifier votre identité au poste.
- Au poste, c'est ça ?
- Vous voulez des papiers ? Tenez, voilà des papiers.
- Non, tu ne donnes pas tes papiers ! Je n'irai pas au poste !
Je reste ici, même si vous venez à quatre ou cinq !
- Ça suffit, calme-toi. - Je suis très calme !
Je n'ai pas à montrer mes papiers à des flics…
- Tu es fou ou quoi ?
On a un rendez-vous ! - Michelle ! Michelle ?
- Allez, montre tes papiers, dépêche-toi.
- Voilà, c'est ma carte Orange… - C'est pas valide, ça.
Vous avez pas un permis de conduire ?
Faut qu'on en finisse, monsieur,
c'est vous qui vous mettez dans cette situation.
C'est quand même pas compliqué.
- Michelle ! - Bon, voilà, c'est pas
plus simple comme ça ? - Pardon.
J'en ai pour une seconde. Michelle !
- Mais François, où tu vas ? François !
- Ça te va bien, mon pull. - Je peux l'enlever,
je te le rends ! - Non, au contraire, ça me touche !
- Dis donc, ça aurait pu mal finir,
ils ont des matraques ! - Moi, je les bousille !
- Ah oui. - Ça va ?
- Ouais-ouais, bah, je suis bouddhiste,
maintenant. - Ah oui, alors ça va.
Et ça consiste en quoi ?
- Bah c'est beaucoup de méditation,
c'est…
Faut être en route vers l'Eveil,
tendre vers le Rien. - C'est dur, hein.
- Oui, toute cette énergie positive,
c'est épuisant ! - Epuisant.
- Tu te fous de moi, là ?
- Pas du tout. - Ah si !
Et toi, t'es quoi comme religion ? - C'est-à-dire ?
- Bah, t'es de quelle religion ?
- Je suis rien. Il faut être quelque chose ?
Je retourne voir les flics, les questions sont plus faciles.
C'est quoi, ce maquillage ? - Ah non, c'est pour le boulot,
c'est mon travail. - C'est quoi, ton travail ?
- Bah, je suis top-model !
Enfin… bientôt !
Bon, faut que j'y aille.
Salut !
- Et si je viens à une réunion bouddhiste avec toi ?
Il faut que je me rase la tête et que je me déchausse, c'est ça ?
- Euh, ouais, t'es pas obligé de te déchausser…
- Je dois faire quoi, alors ? - Bah…
Je sais pas.
Echanges en fond Michelle chantonne.
… …
…
- T'as trouvé un truc qui te plaisait ?
- Non. - Quoi, rien ?
Alors je vais payer et on y va.
- Je peux regarder ? - Non, attends,
y a un cadeau pour toi. - Ah bon, c'est quoi ?
- Un cadeau, c'est une surprise ! Tu verras.
- Ça, j'ai lu, ça, j'ai lu, ça, j'ai lu,
c'est très bien, et ça, j'ai lu aussi.
- T'as tout lu. - C'est que des livres
sur l'holocauste, quoi. - Sur la Shoah.
- Quoi ? Depuis quand on dit pas holocauste ?
J'ai toujours entendu dire holocauste.
- Non, on dit Shoah. - Tout le monde dit holocauste.
- Holocauste veut dire sacrifice religieux librement consenti.
C'est une Shoah, un génocide, sûrement pas une offrande à Dieu.
- Le feuilleton avec Meryl Streep s'appelle "Holocauste",
ils savent ce qu'ils font, à la télé.
- Mais ça va pas ! - Quoi !?
- C'est des argum… Bon, allez.
- Je suis désolée, mais je savais pas, hein.
- Michelle ? Michelle ! - Oh, Bertrand !
Ça va ? - Ouais, ça va.
- T'as changé de casque ? - Ouais, ça te plaît ?
- Oui, ça me fait plaisir de te voir. - Moi aussi !
- Alors, t'habites où, maintenant ? - Chez ma mère.
- Ah ! - Et Valérie, ça va ?
- Oui-oui, impeccable. - Cool !
Et donc lui, c'est le vétérinaire ? - Oui.
- OK. - Et toi, qu'est-ce que tu fais ?
- Oh, bah ça va.
Tiens, je vais te lire un truc.
J'ai pas mal bossé, tu vas me dire ce que t'en penses.
Je cherche…
Voilà. "Je cherche le silence dans tes bras diffus".
- Mmh. - Voilà.
T'en penses quoi ? - C'est bien !
- C'est le titre de mon roman. - Ah !
- Oh, tu sais quoi ? Tu te souviens les photos
que je prenais de toi, complètement nue
dans la cuisine… - Excuse-moi.
(Excuse-moi, il est, pfff ! (Deux secondes.)
- Je les ai retrouvées, figure-toi !
- Et alors ? Tu veux pas enlever ton casque ?
- Et alors… bah rien,
t'es agressive, non ?
- Bertrand… Euh, non, François, Bertrand,
Bertrand, François. - Salut.
- Bon, on va s'en jeter un petit ?
- Euh… Non, non, une autre fois, d'accord ?
Merde, j'ai oublié les courses ! Attends, tiens, merci !
- J'y vais, si tu veux ! - Non, c'est bon !
- Je peux regarder les livres ? - Oui.
Ça, c'est un cadeau pour Michelle.
- Leonard Cohen ? - Albert.
- Et ça, c'est quoi, ça ? - Tiens, regarde.
- C'est pour moi ? - "Prenez-moi par la main,
"je vous suivrai bravement sans beaucoup de résistance"…
- Oh, le pavé ! J'arriverai jamais à le lire.
- C'est quoi, ce truc ? - Le journal d'une femme
morte à Auschwitz, en déportation.
- Bonjour la morosité ! - Arrête, François est juif.
- Qu'est-ce que tu racontes ?
- T'es juif, c'est cool. - Mais François ?
T'es lourd, hein. - Ça va, attends,
qu'est-ce qui lui prend ?
Bon, on se fait un ciné, demain ?
- Non, je peux pas, demain. Mais je t'appellerai, d'accord ?
- Si on se rencontrait maintenant,
je suis sûr que ça pourrait marcher.
- J'aurais pas besoin d'avorter, c'est cool.
- Toute façon, le couple, c'est l'enfer.
- Bon, salut, hein. - Bah, salut.
Je suis désolé. - Non, mais c'est pas grave.
- La morosité, ça nous concerne tous.
Moi aussi, je voulais être véto !
- Renseigne-toi à la fac, c'est sans doute encore possible !
Quelle truffe, ce mec ! Comment t'as pu être amoureuse
d'une truffe pareille ? - Mais c'est pas par là !
- Quoi ? Ah non, c'est pas par là.
- Salut. - Salut, on s'appelle ?
- Oui, sûrement oui. - Ouais.
C'est fou, j'étais dingue de lui.
C'est incroyable qu'on puisse aimer comme ça à la folie et,
d'un jour à l'autre, ne plus rien en avoir à foutre.
- Pourquoi tu dis que je suis juif ?
- Beh, tu l'es pas ? - Mais je sais pas, peut-être !
Rires
- Les Juifs en terre d'Islam.
- Attends, la prof, arrête ! - Pour le judaïsme,
l'essentiel est bien l'action car… Ali, Ali !
- C'est pour le Japon, ça. - Arrête !
"La vie sexuelle", ah !
- Bonjour ! Pardon.
- Bah oui, ça fait une heure que je t'attends !
- Excuse-moi, c'est la faute de Bruce, hein ?
Il faut que je te donne les clefs ?
Tiens, les voilà, ouvre la porte.
Qu'est-ce t'as fait ?
- J'ai fait 10 pages dans Vogue ! - C'est pas vrai, moi aussi !
- Ah bon ? On va au ciné, ce soir !
- Non, on va rester à la maison,
j'ai acheté un dîner incroyable, blinis…
- Oh non ! - Je t'en supplie !
Je suis crevé, je suis épuisé. - D'accord.
- J'ai sauvé mille animaux d'une mort monstrueuse.
Bah, qu'est-ce tu fais ?
Tu veux pas venir dîner ? - Si, mais j'ai une surprise, avant !
- C'est quoi ? C'est une bonne surprise ?
- Une très bonne. Ta-ta, ta-ta, ta-da !
- C'est ça, la surprise ? - Ouais, c'est une mezouzah.
- Je te remercie, qu'est-ce que ça fout là ?
- Bah, c'est une surprise ! - Tu fais chier.
Pourquoi t'as foutu ça là ? - Elle est jolie !
- C'est pas fait pour être jolie, c'est même pas le bon côté !
Sois gentille, enlève-la. - Elle te plaît pas ?
- C'est pas que ça me plaise ou pas,
ne me donne pas un cadeau en rapport avec la religion juive !
- C'était pour te faire plaisir. - Pour me faire plaisir…
Fais pas une petite tête mignonne, enlève-la et viens dîner, allez.
Quoi, tu veux qu'elle reste ici ? Que tout le monde sache
que je suis juif dans l'immeuble ? - Bah t'es juif, hein.
- Ça va pas, de me le dire sur ce ton ?
Attends, arrête de faire des petites têtes
dès que je te parle ! Tu as entendu ce ton ?
Tu as entendu sur quel ton tu me l'as dit ?
- Non, non-non, je comprends vraiment pas.
- Tu comprends pas. Tu veux que tout le monde
sache que je suis juif, c'est ça ?
Et si moi, j'ai pas envie ? Tu crois pas que ça me regarde ?
Bon, viens, regarde, on va faire beaucoup mieux.
Viens.
Viens, regarde.
Tu vas écrire "juif" sur la porte. - Quoi ?
- Tu vas écrire… - N'importe quoi !
- Fais ce que je te dis, maintenant !
Tu écris "juif" sur cette putain de porte !
- Mais ça a rien d'immonde !
C'est un truc, ça fait partie de la tradition.
Pfff. - Répète ce que tu viens de dire.
Répète ce que tu viens de dire, tu as dit "immonde" ?
Reviens ! Pourquoi tu dis "immonde" ?
C'est antisémite, comme vocabulaire,
c'est les antisémites qui disent ça, d'accord ?
- Quoi ?
- Ce sont les antisémites qui disent "immonde".
- Je suis antisémite ? - Si tu parles comme une antisémite,
oui, je pense que tu es antisémite. - N'importe quoi, vraiment !
Alors là… - T'es pas antisémite ?
- Non ! - Il suffit de dire non
et on l'est pas, c'est ça ?
- J'ai pris espagnol en seconde à cause des nazis.
- C'est un argument de merde !
- Je peux pas être antisémite, je suis bouddhiste !
Et puis je t'aimerais pas ! - T'es bouddhiste ?
T'es rien. - Ce qui t'arrache la gueule,
c'est que ça vienne de moi. Je vais l'enlever tout de suite,
voilà, personne m'a vue le faire, tout va bien.
- Je m'en fous qu'on t'ait vue, pourquoi je devrais avoir honte ?
- Pfff, tu me déçois, hein.
C'était pour toi, pour te faire plaisir.
Pour te porter bonheur, Moi, je m'en fous j'ai ma khata.
J'en ai rien à foutre, mais alors !
- Ta khata, c'est quoi ? - Je m'en tamponne !
- C'est le petit morceau de tissu dans la niche de Bruce ?
Si tu t'occupes de la mezouzah comme tu t'occupes de la khata…
Sonnerie de téléphone Bruce jappe.
Merde… Michelle ?
… …
Bonsoir.
- Tu fais la gueule ? - Non, c'est ma gueule normale.
- Je sais pas, souris ! - Si j'ai envie de faire la gueule,
je fais la gueule. Ça va, toi ?
- Ouais, ça va. - Quand tu veux, Michelle,
prends ton temps ! - Salut, qu'est-ce tu fous là ?
- Je viens aider Ali, parce que la psychologie,
c'est pas son truc. Bon, alors je t'explique,
tu t'assieds là et le thème c'est :
mon mec a craqué sur ma sœur qui a fait des études.
C'est ta sœur, ton mec. - Bonjour.
- Ils sont en train de parler, elle le chauffe un peu,
et toi, voyant que t'es un peu exclue de la situation,
tu sens que ça se trame derrière toi,
tu te tournes un peu comme ça, tu t'exclus toi-même.
T'es déprimée. - Le parapluie, c'est pas terrible.
- Faut que tu sois plus digne. - Regarde.
- Tu crois ? - Ouais, c'est mieux comme ça.
- Ouais, c'est mieux. Alors, voilà.
- Attends, y a rien dans le regard d'Alain.
- Ah oui, Alain, faudrait…
T'es quand même tiraillé entre les 2,
c'est ta meuf, et toi, t'es séduisante,
tu fais de la chatte. - Michelle ?
Eh, Michelle ?
Michelle ! - Ah !
Musique jazz douce
…
Télévision en fond
… …
Pleurs de femme Réplique en anglais
- I don't want any eggs ! Can you please go !
- Maria !
En bégayant - He-heil…
- I am bouddhiste,
but I think that I am going to convertir myself to judaïsme !
- To practice, you're not obliged to convert !
Un homme soupire.
Quelqu'un dévale les escaliers.
- I really like it, you know ?
- But you know, sometimes,
I don't know if I can laught, or not.
It's difficult ! - Non, it's a comedy.
- Michelle. - It's funny.
- Quoi ? Qu'est-ce que tu fais là ?
- Bah, je suis venu te voir.
- Passionnant.
It's my boyfriend. - Eh, Michelle !
- The guy you told me about ? - Michelle, viens une seconde.
- François, Joseph, Joseph, François.
- Nice to meet you. - Yes, nice to meet you.
- Excuse me. - Tu lui dis au revoir ?
- Bah non, je suis avec lui. - On s'est pas vus
depuis deux jours ! C'est très agréable…
- Tu veux que je te saute au cou ? - Oui.
- J'ai oublié un truc chez toi ? - Je veux bien
que tu me sautes au cou. - Bah non.
- You want to have a drink with us ? - I'd be delighted.
- Michelle, on va prendre un verre avec ton ami !
(Qui c'est, ton gourou ?) - C'est un ami.
- C'est un ami ? - Un ami.
- On l'emmène ?
- I'm sorry,
he wants to talk to me. - This is the guy you told me about,
you're the guy having the mezouzah ?
- Yes, what did she told you ?
- Uh, nothing,
but I belive…
Not interfere in your life,
but you should go back together !
- It is very complicate. - C'est toi qui est complicated.
- You live together ? - Oui.
- J'ai même pas les clefs. - Hein ?
- The only way is to try.
- Tiens, j'en ai pas d'autres, en plus.
- Tu vas les reprendre. - C'est nos clefs, maintenant !
- Come on ! - Et j'ai une surprise pour toi.
- Ah bon ? - Oui, quelque chose d'énorme.
- Une grosse surprise ?
- Une très grosse surprise. T'es pas en train
de te convertir à une nouvelle religion avec ce type ?
Come with us ! We go
to an english bar !
- Bah voilà, sans le vouloir,
François a réussi à me dégoûter de la méditation,
on a visité tous les temples de l'Inde !
Oui, maman, on est sur la route, on arrive.
Et Jean, il est là ?
Ah, OK, très bien,
d'accord, à tout de suite ! - Qu'est-ce qui se passe ?
- Mon beau-père est plus fâché.
Bruits des couverts à table
…
Une horloge sonne.
… …
- Quand on ne parle pas, c'est que la cuisine est bonne.
- Pour une fois que ça te plaît ! - Excusez-moi,
c'est à moi de dire ça : c'est très bon !
C'est vrai. - Oui, c'est vrai.
Je peux en placer une sans que tu ricanes
systématiquement ? - Pardon.
- Vous avez vu notre collection de photos de chats ?
Evelyne aime beaucoup les chats. Moi aussi.
On va vous demander une consultation gratuite !
- Pas de problème, combien vous en avez ?
- Trois, en pleine forme. - Pour les vacances,
ça pose problème, trois chats dans une voiture.
- Je peux y jeter un œil après déjeuner.
- Ça va, merci. Vous voulez du vin ?
- Volontiers, il est très bon, ce vin.
On verse le vin. - Merci.
- Maman, le médicament avec le vin, c'est pas très bon.
- Arrête, j'ai presque rien bu.
- Trois verres, c'est trop.
- Toujours une bonne descente, hein !
Mais, c'était une blague ! - C'est pas drôle.
- Maman !
- Ah, la vie de famille ! - Maman, attends !
- Laisse-moi, laisse-moi ! - Viens, on rentre.
- Excuse-moi, maman.
- Vous devriez être un peu plus indulgents avec moi.
Tous les matins, je me dis : encore une journée à tirer !
Je pourrais m'allonger et ne plus me relever,
ce serait pareil. J'ai envie de mourir.
- Arrête de dire des trucs… - Tu te fais trop de souci.
- Oui, c'est ça, et avec l'autre abruti
qui comprend rien et qui s'en fout, je fais quoi, hein ?
- Qu'est-ce que tu veux qu'il fasse ?
- Un petit quelque chose, "oui, ma chérie, je comprends".
Mais si je dis que j'en ai marre de faire les courses,
il me répond "c'est pas pour ce que je mange" !
- Fais ta valise et barre-toi, y a rien qui te retient !
- Évidemment, quand on a 20 ans, on comprend rien,
c'est facile, hein ? Et moi, comment je fais ?
J'ai personne, personne, personne ! - Maman !
- Mais barre-toi, putain ! - C'est pas le moment, OK ?
Ça suffit, là.
- Michelle, ta mère s'est calmée ?
C'était pas la peine de revenir si c'est pour tout gâcher.
- C'est moi qui ai tout gâché ?
Ça fait 20 ans que tu l'emmerdes et c'est ma faute ?
- S'il te plaît, Michelle ! C'était l'occasion
de se réconcilier, non ? Je lui ai même dit
que sa cuisine était bonne. Je fais des efforts !
- Attends, t'appelles ça faire des efforts ?
Vous me faites chier, avec vos histoires
de vieux couple qui se déteste.
Juste, comment on peut avoir une vie après vous ?
- Evelyne ! - On y va ?
- Evelyne ! - Bon, tu viens ?
- J'arrive !
Merci pour cette belle journée, c'était impressionnant.
C'est courageux de m'avoir présenté tes parents.
- Arrête, elle va pas très bien, en ce moment.
- Tu mesures plutôt la grande chaise.
OK, c'est bon ?
Michelle, tu te mets juste derrière la chaise.
OK, tu prends la pose,
OK, comme ça, parfait.
Très bien, maintenant, tu te mets
un peu plus derrière, voilà, OK.
Très bien, je te vois un petit peu trop, descends.
Un petit peu… Voilà, très bien,
OK, pardon, j'étais pas prêt, on y va.
Lève un peu le visage ? Parfait, on y va.
Tourne un petit peu plus par là et descends voir un peu ?
Très bien, regarde-moi bien, très bien !
Maintenant, tu descends, ton visage par là, très bien.
OK, c'est parfait, ça, c'est parfait, c'est parfait.
- Et ça, c'est bien ? - C'est beaucoup mieux !
- Et, excuse-moi, Romain, je peux y aller ?
Parce que j'ai un cours. - Si tu veux, c'est dans la boîte.
Musique jazz douce
…
- Michelle ! - Ah !
…
- C'est au 2ᵉ gauche !
- Hein ? - 2ᵉ gauche !
…
- Eh, Joseph,
y a un truc que je comprends pas.
Joseph !
- Michelle. - Quoi ?
- Une tisane, ça va ? J'ai pas de thé.
- C'est parfait ! Elle tousse.
Je me suis choppé un mal de gorge !
Y a un truc que je comprends pas.
Les travaux qui sont interdits à shabbat,
c'est des trucs qu'on fait jamais dans la vie.
Tu vois : t'as pas le droit de tondre les moutons,
déchirer pour recoudre deux points,
effacer deux lettres pour les récrire…
Je vois pas le rapport avec téléphoner
ou allumer la lumière ? Pourquoi ils mettent ça ?
- Allumer la lumière… Oui, excuse-moi,
j'entretiens mon cancer. Allumer la lumière,
c'est simple, ça, je le sais,
tu fais une flamme, tu vois, tu as un contact,
tu fais une petite flamme, et donc,
le feu est interdit le samedi, donc c'est shabbat.
- Mais pourquoi ils mettent pas ça et qu'ils mettent
des trucs que tu fais jamais ? Les deux lettres,
je vois pas le rapport. - Moi non plus.
- Michelle, le bus ! On est en train de le louper !
- J'ai pas envie de prendre le bus, on y va à pied !
- On n'a pas le choix, on est en retard !
On peut pas y aller à pied ! - Mais on y est en 20 minutes !
On a dit qu'on passerait du temps ensemble !
- Michelle, arrête, s'il te plaît, on doit prendre le bus,
on est en retard ! - Non, j'ai pas envie, non !
Je prendrai pas le bus. - Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien ! - Depuis ce matin,
tu veux rien faire, tu veux pas prendre le bus,
y a un problème ? - C'est pas parce que
je prends pas le bus qu'y a un problème.
- Tu veux pas une cigarette ? - Non, j'ai pas envie de fumer.
- Hein ? C'est bizarre, on est samedi,
tu veux pas de cigarette, tu prends pas le bus…
Fais pas ta petite tête de menteuse.
Y a un truc. - Non !
- Tu fais shabbat, Michelle. - Quoi ?
Non ! - Michelle, tu fais shabbat !
Avoue, tu fais shabbat. - Un petit peu.
- Mais ça existe pas, de faire un peu shabbat !
Tu fais shabbat, c'est tout ! Pourquoi, tu le fais pour moi ?
T'es pas en train de te convertir ! - Mais non !
- Michelle, j'ai fait pareil à ton âge,
j'étais amoureux d'une fille à la fac et je la suivais
partout avec une pancarte. - Non, moi, ça m'intéresse !
- Quoi, les blagues juives, Louis de Funès, Patrick Bruel ?
- Bah oui, Karl Marx, Einstein, Jésus !
- Jésus, vous l'avez aussi chez les cathos.
- Mais je suis pas catholique ! - Alors t'es quoi ?
Tu me fais chier, Michelle.
Quoi ? Je peux quand même te dire
que tu me fais chier sans que ça fasse un drame !
- T'es pas assez juif pour moi. - Pas assez juif pour toi ?
- Ani ohev otah.
- Je comprends pas. - Ça veut dire vite,
on va être en retard ! Tiens, un taxi.
- T'es vraiment chiant. Non, moi, j'y vais à pied !
- Attendez ! Michelle, monte !
- T'es vraiment chiant ! - Attendez.
Michelle, Michelle !
Joseph lit en hébreu.
…
- "Ani ohev otah", ça veut dire "je t'aime", alors ?
- Formidable, t'as tout trouvé, ma fille !
Musique jazz légère
Michelle ! Ton bonnet ! - Ah !
…
- Y a du vent, hein ! - Merci !
Merci !
C'était super ! C'était génial !
C'est fou comme j'y vois clair !
Ani ohev otah ! - See you next Tuesday !
- Ouais, à mardi ! Merci, hein, merci !
- Amitiés à François ! - Ouais, merci, hein, merci !
…
L'homme talmudique se situe toujours
dans un mouvement, c'est un chercheur éternel.
Il n'y a pas de certitude extérieure,
confortable, définitive. Dans la croyance,
il y a toujours un pour et un contre.
♪ — Chapitre 6, la grande idée nationale
en action. Un jour, Hitler a dit :
"On découvre quelque part un crâne
"et on déclare que c'est notre ancêtre.
"J'affirme, moi, que l'homme
"de Néandertal n'a jamais été
"notre ancêtre." - Putain, François, réveille-toi !
Si ça avait été moi, demain,
c'était en première page de Libération.
♪ — Voici un conférencier. Il montre les régions habitées…
- Merde, y a "Les dents de la mer",
sur la 6 ! Quelle heure il est ?
Attends, "Les dents de la mer" ! - Arrête !
- Si ça, c'est pas une métaphore du nazisme !
Non ? - Non, je veux voir ça !
♪ — … un crâne incorrect.
- Ou "L'évadé du futur 3",
ça doit être à chier…
♪ — Voici un crâne correct.
Un autre crâne correct.
- Bon, bah merde, je vais me coucher.
♪ — Voici toute une suite de gens au crâne correct.
- C'est moi qui ai la couette. - J'en ai assez.
♪ — Un Slave, mâtiné en plus de sang nègre.
Par exemple, Leon Tolstoï,
un crâne tout ce qu'il y a d'incorrect.
(- T'es chiante.) ♪ — Je ne parle pas de Karl Marx !
- T'as du dentifrice dans la bouche ?
- Ouais… - Mmh, j'adore !
Ils viennent quand, tes parents ?
- Mmh ? Dans un mois… Pourquoi ?
- Faudrait peut-être me les présenter ?
- C'est chacun son tour, c'est ça ?
Fracas Michelle sursaute et rigole.
Nouveau fracas Michelle crie.
Oh, t'es beau !
Rires
- Ça va ? - Mmh !
Il est pété ton lit, là, hein, je crois !
Y a pas de victoire de l'esprit sur la matière, chez toi, François.
Klaxon
- Pardon. - Mais Joseph,
est-ce que tu crois que, si je me convertis,
ça changera quelque chose pour François ?
- Pfff, tu sais,
ça dépendra de toi,
de lui et aussi de ses parents.
- Pourquoi ses parents ?
Un chien aboie. - Quelle heure est-il ?
- Oh, allez !
Il est pas tard, il est même pas midi !
- On va direct déjeuner ou papa va voir
sa copine dans le quartier ? - Quelle copine ?
Rires
- Alors, je vous emmène
dans un petit restaurant qui est tenu
par un type qui vivait à Brooklyn avant
et qui est le roi, devinez de quoi ?
- DU GEFILTE FISH ! - Exactement !
C'est sa spécialité, j'ai pensé à toi.
- Ça, c'est gentil. - Papa aura
son gefilte fish parisien ! - J'apprécie.
- Tu connais ce restaurant depuis longtemps ?
- Non, j'ai cherché, pour vous emmener,
pour qu'on ait votre déjeuner de séjour à Paris !
- Ah bon, et y aura tout ce que j'aime ?
- Tout ce que tu aimes ! - C'est vrai ?
- Oui, normalement ! J'ai pas testé, mais j'ai appelé.
- Ah, t'as pas été ? Donc c'est la découverte.
- Han, mon amour !
Ça va ?
Excusez-nous ! - Pardon, c'est Michelle.
- Bonjour, Michelle ! - Voilà mes parents,
Michelle, dont je vous ai parlé.
- Régine. - Bonjour, Michelle.
- Simon, alors ? - Vous allez bien ?
- Très bien, je vous remercie. Ça va ?
Ça va, je suis contente de te voir.
- Tu fais quoi ? - Bah rien, je passais par hasard.
Alors, vous êtes à Paris depuis quelques jours !
Ça se passe bien, vous êtes contents ?
- Très contents, surtout qu'on profite
de notre fils un maximum. - C'est bien, ça.
- On est venus pour ça, d'ailleurs !
- Vous repartez quand pour Israël ? - Dans un mois,
on a le temps ! - Ah, on aura le temps de se voir !
- J'emmène mes parents à déjeuner, je te vois ce soir.
- Ah, d'accord. - Non, elle va venir avec nous !
- Je crois pas qu'elle puisse. - Ah si !
Enfin, je veux pas m'imposer. - Avec plaisir !
- Depuis le temps qu'il me parle de vous !
- On va rester deux heures à table !
- Mais vraiment, c'est avec plaisir !
- Évidemment que ça ne nous dérange pas !
- Alors c'est parfait, on va pouvoir faire connaissance !
- Mais oui, enfin ! - Il me parle tellement de vous !
(Arrête !) (- Ne viens pas déjeuner, Michelle !)
- Et donc, vous êtes à l'hôtel, en ce moment ?
- Non, pas du tout, nous avons un appartement à nous !
Mais qu'est-ce qui se passe ? Il est nerveux !
- C'est étonnant, hein ? - Oui, je l'ai jamais vu comme ça.
(- Mais ça va pas !)
Et donc, vous connaissez ce restaurant ?
- Non, c'est une surprise ! - Allez, tous au déjeuner,
on se dépêche ! - Mais oui, mais…
- Ça, c'est vous ?
- Avec ma petite sœur.
- On vous reconnaît bien. - Ça, c'est moi. Ça, c'est moi.
- Oh là là !
- Ça, c'est moi.
Enfin… - Et là, là, c'est qui ?
- C'est un petit cousin.
Toujours des petits cousins,
des oncles, des tantes…
Ça, c'est moi. - Oh !
Ce que vous étiez mignonne. - Mais je suis toujours mignonne !
- Ben oui ! Mais là, vraiment…
C'est qui ?
C'est votre maman ? - Oui, c'est ma maman.
Juste avant sa déportation.
C'est la dernière photo que j'ai d'elle.
Oui…
J'y tiens, à ces photos, je peux vous le dire.
Y a plus grand monde de vivant,
là-dessus, tout le monde est parti.
- C'est François, là ?
- Oui. - La tête qu'il a !
- Il a le visage…
- Il est plus… - plus rond.
Il était plus jeune.
Regardez, il a son visage qui s'est allongé, il a…
Il a quelques années de plus, maintenant, hein ?
- Vous vous occupiez de lui,
ça se voit ! Michelle rit.
- Oui, bien sûr.
C'est mon bébé, quoi.
- Vous voulez boire une tasse de thé ?
- Oui, je veux bien. - Je vais m'en occuper.
J'y vais.
Une bouilloire siffle.
- Ne fais pas de thé
pour nous, maman. - Pourquoi ?
- On a d'autres projets avec papa. - Mais encore ?
- On va boire des quantités d'eau.
- Mais pas d'alcool pour papa ! - Non, on a juste
sorti la bouteille de vodka de l'oncle Samuel.
- Juste pour aujourd'hui. Ça peut pas faire de mal.
L'chei-im, le'chayim !
- En plus, tout ce qu'on boit de l'oncle Samuel,
c'est lui qui le boit pas. - C'est ça, on lui rend service.
- Hé hé !
La dernière fois que je l'ai vu, il était à 200 kg.
- Ben, il doit pas avoir beaucoup moins, là.
- Michelle ? Michelle ! - Quoi ?
- Qu'est-ce que tu fais ? - Ah, on peut pas fumer ?
Je suis désolée, Simon. Je savais pas.
- C'est pas grave. - C'est le chandelier de Hanouka !
- Désolé, papa.
- Oh, Hanouka !
Oh là là, je suis désolée !
Je suis désolée, Simon.
Je suis désolée, Régine.
Oh là là, j'ai… - Elle l'a pas fait exprès.
- Oh… Je l'éteins. - C'est pas le problème,
il fallait pas l'allumer. - C'est pas grave.
- Mais… La victoire des Juifs
sur les Gréco-Syriens au 2ᵉ siècle, je le sais, pourtant.
Le candélabre à sept branches… La menorah…
La fête des lumières… Le miracle de la fiole d'huile…
Ben là, je l'ai pas reconnue.
- Vous en savez, des choses !
Où est-ce que vous avez appris tout ça ?
On n'en connaît pas autant, nous.
Rotor d'hélicoptère - Je suis désolée, vraiment…
L'hélicoptère couvre la conversation.
…
j'ai pas connecté, je pensais pas que vous allumiez les bougies.
- François, mon chéri ?
Tu te sens bien ? - Ça va, maman.
- Tu es sûr ? - Oui, ça va, maman.
Michelle ?
Michelle ?
- Quoi ?
- Tu l'as fait exprès ?
- Tu me reproches de pas être juive et t'es même pas juif.
- Je suis pas juif ?
- Non. - Et alors, je suis quoi ?
- T'es rien.
Pfff… Tu crois en rien…
Tu vas jamais à la synagogue et…
Vendredi dernier, je t'ai vu manger un gros sandwich
avec du jambon. Si c'est ça, être juif…
- Bon, on arrête. Si c'est pour entendre des conneries pareilles,
c'est pas la peine. Et c'était de la dinde.
- Non, mais il y a pas de lumière spirituelle chez toi, c'est tout.
Aucune lumière spirituelle.
Alors forcément, je t'impressionne.
L'horloge tictaque.
…
(- T'es pas possible…)
(- T'es beau.) (- Et toi, t'es belle.)
(- Non, toi t'es très beau.)
(- Et toi, je trouve que t'es très, très, très belle.)
(- Et toi, t'es incroyablement beau.)
(- Tu es monstrueusement belle.)
…
Musique yiddish
- Bonjour.
François ? François ?
…
Coucou. Tu les prends ?
- C'est pas les bons. - Tu me veux moi, alors ?
- Désolé, je te raconte mes histoires de vétérinaire
chaque fois que tu viens déjeuner.
- Faut que je m'intéresse.
- Excuse-moi.
- Me faire un bisou de merde comme ça ?
Putain !
…
François ? - Mmh ?
- J'ai pas les seins qui ont grossi, là ?
- Si, peut-être le gauche qui a triplé.
- Je me demande si je suis pas enceinte.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
T'as arrêté la pilule ? - Non, je la prends.
- Tout va bien, alors. - Mais j'ai du retard
dans mes règles. - Combien ?
- 10 jours. Non, mais y a un risque,
mais tu vois, c'est genre 0,00002 %.
- Non mais t'as fait le test ? - Non.
- Ben fais-le, faut se dépêcher. - Pourquoi ça ?
- Si on veut intervenir, faut se dépêcher.
- C'est bon, panique pas. - Michelle, tu veux pas d'enfant.
- T'inquiète pas. S'il t'entend, il va se décrocher tout seul,
vu ta tête… Je suis pas enceinte, c'est une probabilité.
- Attends, tu voudrais que je fasse quelle gueule exactement ?
Michelle, si on veut un enfant, on en parle calmement,
on réfléchit et on voit.
Là, j'ai pas le temps de parler. A tout à l'heure.
Je t'appelle ou tu veux que je passe direct à la maison ?
- On peut pas en parler ? - Mais parler de quoi ?
- Tu décides pour nous deux ? - Pas du tout.
Tu veux pas d'enfant, c'est tout. - Bah pourquoi ?
21 ans, c'est le début de la fin.
Les cellules commencent à foutre le camp.
- Michelle, moi, j'ai 32 ans,
et je me sens pas prêt, d'accord ?
Et toi non plus.
- Tu veux pas avoir un enfant avec moi.
- Je…
C'est pas avec toi, c'est que je veux pas d'enfant dans l'absolu.
Ça a rien à voir avec toi. Je veux pas de moi en miniature.
- Toi et moi en miniature, parce que toi, c'est…
- Attends… - C'est toi et moi.
- On ferait quoi d'un enfant maintenant ?
- Je sais pas, l'aimer, par exemple.
C'est pas casher, je suis pas juive,
ça craint. - Arrête ta provoc.
A tout à l'heure. Fais le test
et appelle-moi quand t'as les résultats.
Tu ne pars pas en faisant cette tête-là, Michelle.
- François, il y a un mur entre nous.
Y a pas juste une petite porte dans ce mur ? Une petite ?
- Tu dis n'importe quoi, là.
- J'ai cru qu'il allait s'évanouir.
Y a un mur entre nous.
C'est même pas un mur, c'est une muraille, tu vois ?
- Tu sais, c'est pas facile
de construire, hein. François, il a le profil type…
Le profil type du névrosé, quoi. - D'accord.
- Tu construis, il démolit. - Je vais le quitter.
♪ Un portable sonne sur l'air de la marche nuptiale.
Allô ?
Ouais ?
Ouais, ça va. Je suis désolée, là, je peux pas te parler.
(Dis-lui.) - C'est qui ?
(- Ben…) - Allô ?
Oui, François ? (- Dis-lui, vas-y.)
- Bonjour, c'est Valérie.
(- Allez, dis-lui !) - Oui, ça va.
Bon, écoute, Michelle me dit de te dire…
(- Vas-y, putain.) - qu'elle est pas enceinte.
Ça va, t'es rassuré ?
Oui. Si, si, elle va bien.
Elle soupire. Je sais. Écoute,
là, je peux pas te parler parce qu'on est en panne.
Je comprends pas, ma voiture, elle fume, elle fume, elle fume.
Ah bon ? Ah ben tu fais bien de me le dire !
Enfin, ça peut pas exploser, quand même !
Bon, je te laisse. Salut.
- Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Ben rien, il voulait savoir si ça allait.
- Ouais, c'est ça, ouais.
- Michelle, tu devrais voir un psy.
Là, y a un témoin de Jéhovah qui passe, il est pour toi.
- Attends, moi, dans une secte ?
C'est une insulte à ma quête spirituelle.
Y a pas des gens comme moi dans des sectes.
C'est des fous furieux.
Ils sont complètement tarés.
- Détrompe-toi. Ils sont complètement normaux.
Ils recrutent des gens un peu perdus spirituellement, c'est tout.
Ils t'embrouillent, et hop.
- Bon, on y va à pied
parce que là… - Oui, t'as raison.
Je vais appeler mon copain garagiste.
Tu sais, un jour, ils sont venus chez moi.
Y avait un mec et une nana. J'ouvre la porte, ils me disent :
"On a des photos à vous montrer de Dieu."
- Des photos de Dieu ? - Ben oui.
Et moi, j'ai pas… J'ai dit :
"Bah montrez toujours, c'est toujours intéressant."
Donc ils déplient leur attirail, les diapositives et tout ça,
et je vois un grand champ tout vert
et un flash, un halo. Et donc…
- C'était Dieu. - Oui. Si ma mère était pas arrivée,
deux jours après, je tenais leur permanence.
- Bonjour, Florence. Je peux dormir à la maison ce soir ?
Je suis pas loin, là.
Ah, OK, très bien. D'accord. Salut.
Bon ben c'est bon. - C'est bon ? Moi, j'y vais.
Ma mère va m'engueuler pour la bagnole.
- OK. Tu viens me voir, hein ? - Oui, ben attends…
Courage, et parlez, surtout. Très important.
Vous devriez tous voir un psy.
- Tu viens me voir, hein. - Oui.
Bruits de couverts
…
…
Tic-tac d'horloge
…
L'horloge sonne.
…
- Tu manges pas ? - J'aime plus le jambon.
- Ah, elle mange casher, maintenant.
Tu en veux ? - J'ai le choix ?
- Qu'est-ce que j'ai fait au bon Dieu pour avoir une fille pareille ?
- Maman, fais pas comme si Dieu était ton meilleur ami.
- Michelle !
- J'en peux plus, elle me saoule. Ils me saoulent.
- Te heurte pas, contourne. - J'ai envie de voir François.
- Ah non, ça, tiens bon.
- Ça vous arracherait la gueule
d'acheter l'Ancien Testament ? - Bah Michelle…
- Florence, ma chérie, je vais chercher Le Monde.
Je reviens dans un quart d'heure. - OK. A tout à l'heure.
- Oh, tu peux me ramener des cigarettes ?
Hé, Jean !
D'accord, il a l'air enchanté de ma présence.
Musique douce
…
- Ça va, mon bébé ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Je dors. - Oh, tu dors…
Bonne nuit, mon ange. - Bonne nuit.
- Dors bien. J'éteins.
- Ah non, c'est shabbat, tu touches pas.
- C'est shabbat, je touche pas.
Celui-là, on l'avait pas encore fait.
Moi, je fais pas shabbat, alors j'éteins.
- Tu peux pas respecter ceux qui le font ?
Claquement de porte
- Oh nom de Dieu… - Merde, hein !
- François, vous êtes là ? Quittez pas.
♪ — J'attends, j'attends.
Elle frappe à la porte.
- Tu peux pas me laisser me recueillir en paix ?
- François veut te parler.
Tu le prends ? ♪ — Allô ?
Allô, Evelyne ? - Ah ben non.
♪ — Michelle ?
- Shabbat… ♪ — Allô ?
- C'est pas grave, je vais lui dire de rappeler dans deux jours.
C'est bête, ça fait que 12 fois qu'il essaye de te joindre.
- Attends, on peut s'arranger !
Dis-lui que je passerai récupérer mes affaires plus tard.
- C'est toujours la maman de Michelle.
Elle passera récupérer… - Dis-lui ce que j'ai dit.
♪ — Passez-la-moi. - Il veut vraiment te parler.
- C'est pas possible. Attends… (- Dépêche-toi.)
- Qu'est-ce que je fais ? - Dépêche-toi ! Il attend.
- Je peux pas lui parler. Non, non, non !
Attends… Euh… Dis-lui…
Ben dis-lui que je fais shabbat et que je le rappellerai demain.
- Écoutez… - Non, non, non !
Dis-lui… - Quoi ?
- D'accord, dis-lui.
- Elle me dit de vous dire qu'elle fait shabbat.
♪ — C'est pas vrai. - Je sais, n'importe quoi.
Mais vous y êtes un peu
pour quelque chose. - Maman !
(- Je peux lui parler 2 minutes, merde !)
Hein ?
Bon, écoute, il veut te parler comme ça.
♪ — Michelle, tu es là ? - Écoute.
- Je le rappellerai demain.
♪ — Allô ? - Oui.
Il me dit de te dire que pendant shabbat,
si c'est une question de vie ou de mort,
on peut parler. C'est le cas.
Dans ce cas, je peux faire quelque ch…
- Allô ? ♪ — Michelle ?
- Allô ? ♪ — Michelle !
- Oui, c'est moi. (- Qu'est-ce qu'il y a ?)
- Oui, ça va. - Qu'est-ce qu'il y a ?
♪ — Tu sais, ça fait 10 jours. (- Qu'est-ce qu'il y a ?)
- C'est tout ? Bonsoir, maman. Ah oui ?
♪ — Tu me manques. - Ah bon, je te manque ?
♪ — Je te manque pas ?
- Oui, tu me manques… Je voulais me la jouer indifférente,
mais je peux pas. Tu me manques atrocement, mon amour.
♪ — Tu fais quoi, là ? - Ben je sais pas, je fais rien.
♪ — On peut se voir ?
- Mais là, je fais shabbat. On se voit demain.
- Est-ce que
l'un de vous deux voudrait
prendre la parole ? - Vas-y.
- Non, peut-être Michelle. - Non, vas-y.
- Allez-y. - Michelle, vas-y.
- Je fais shabbat. - Ah bon ?
C'est-à-dire, vous…
- Ben je me repose, je réfléchis…
- Mmh mmh.
- Je…
Michelle rit légèrement.
Je me souviens. - Mmh mmh.
- C'est ça, non ? - Oui, tout à fait.
- Et puis c'est beau, cette idée que même si on gratte
une micro-allumette, on nie l'existence de Dieu.
Hein, mon amour ? - Mmh…
- Et puis… je travaille dans mon quotidien.
Enfin, je pratique. - Mmh mmh.
- J'ai des bouquins…
Vous devez vous dire que c'est parce que François est juif
et qu'on va se marier et faire des enfants,
mais c'est aussi en dehors de lui. J'ai vraiment envie d'appartenir
à cette religion. - Mmh mmh.
- Je me suis jamais bien sentie dans le catholicisme et…
J'ai envie que nous partagions
la même religion.
- Donc vous êtes consciente de prendre une décision personnelle,
qui est indépendante de vos projets matrimoniaux.
- Ah oui, tout à fait.
- Le parcours sera assez long, pour vous deux.
Vous en êtes conscients ? - Oui.
"Assez long", vous pouvez être plus précis ?
- Vous allez prendre des cours…
- Avec François ? - Mmh mmh.
- Moi, je connais tout ça.
- C'est bien, vous pourrez l'aider.
- Et concrètement ?
- L'enseignement est réparti
sur 12 à 18 mois, 2 heures par semaine.
- Ah oui, quand même, hein…
- Tenez,
le programme.
Vous avez des ouvrages à lire, du travail à faire chez vous…
- Merci. - La fréquentation
de la synagogue pour les offices du shabbat…
(- Pour shabbat.)
- et une participation aux activités de la communauté.
Après, vous vous présentez devant le Beth Din…
♪ Sonnerie de portable
le tribunal rabbinique… - Excusez-moi.
- Je vous en prie. ♪ …
- C'est ma mère. Je vais la prendre, mon père est pas bien.
Maman ? Comment va papa ?
(- Ça, c'est la fiche de candidature ?)
- Vous êtes derrière quelle porte ? Attends, bouge pas.
Ils sont derrière la porte. - Quelle porte ?
- Je sais pas.
- On dérange pas ? - Bonjour.
- Ce sont mes parents. Voilà ma mère.
- Enchantée, rabbi.
- Et mon père. - Bonjour.
- Bonjour, Michelle. Comment vas-tu ?
Bonjour, mon chéri. Ça va ? Ça se passe bien ?
- Ça va mieux, papa ? - Oui.
- On était dans le coin, on s'est permis de monter.
Je sais pas si on dérange.
- Non, vous êtes les bienvenus.
Musique yiddish
- Qu'est-ce que le judaïsme ?
- Si Kippour impose à la communauté juive
une abstinence rigoureuse,
celle-ci n'est pas une fin en elle-même,
mais un moyen pour aider l'homme
à s'affranchir de ses faiblesses,
surmonter ses défaillances,
et ainsi,
retrouvant la paix de l'âme et de la conscience,
se réconcilier avec ses semblables et avec Dieu.
…
(- Han ! J'y crois pas…)
Tu fais quoi, là ? - Mmh ? Rien.
- Tu manges. - Non.
- Si, tu manges ! C'est quoi, ça ?
- Quoi, ça ? - Allez…
- Ça ? Attends, ça, c'est rien.
C'est un tout petit morceau de blanc de poulet.
C'est pas manger, ça vaut pas, ça. Michelle, non ! Tu fais quoi ?
- Je f… Je sais pas si j'ai le droit de fermer.
- Non, je pense pas.
- Arrête de manger ! - Je mange ça et c'est fini.
De toute façon, qui va le savoir ?
- Non mais je rêve ! Arrête, on mange pas à Kippour !
- Je t'en supplie… - T'as même pas mis ta kippa.
- Tu vas me pardonner si je la finis, de toute façon. C'est Kippour,
tout le monde pardonne à Kippour. Sois ouverte.
- OK. T'as tes péchés, moi, j'ai les miens.
- Non, pas les BD ! - Si ! Mais compte pas sur moi
pour demander à Dieu de te pardonner ce poulet.
- Qui peut me parler du sionisme ?
Bon, Michelle…
- Le hassidisme ?
♪ Cassette d'apprentissage en hébreu Elle ânonne en hébreu.
…
- Tu fais quoi, là ?
Tu dessines, là ! - Ça va pas ?
- Tu prends des notes ? - Oui. Remets-le !
- Fais voir les notes que tu prends. - Mais c'est ma petite écriture !
J'ai fait une ligne d'aleph, j'ai fait des beth,
j'arrête pas !
- Je dis la prière en hébreu et tu me traduis ?
Parce que moi, j'ai un peu de mal à…
Tu vois ? - Arrête, Michelle.
- Si, des fois, je comprends pas très bien.
- Si c'est un piège, c'est minable. - C'est pas un piège !
- Alors vas-y. - Bon.
- "Chémâ, Israël."
- Ça, facile : "Écoute, Israel".
- C'est pas un examen, hein. - Je sais bien. C'est le titre.
- "Ado-naï Elo-henou, Ado-naï Ehad'." - "L'Éternel est notre Dieu,
"l'Éternel est un."
- "Baroukh…" - "Béni soit-il."
Soupir heureux
C'est ça ! - T'as appris par cœur ?
- Mais non, je connais ma prière !
- Bon, très bien.
"Veahavta ett Ado-naï Elo-hekha."
- "Tu aimeras l'Éternel de tout ton cœur,
"de toute ton âme."
- Tu triches ! - Michelle !
- Putain, tu triches !
- C'est quoi ? - T'as la traduction !
T'as la traduction devant ton nez !
- Je savais pas ! - Tu me prends pour une andouille ?
- Je recommence, si tu veux ! "Écoute, Israel…"
J'ai pas de papier, là ! "L'Éternel est notre dieu…"
Je sais plus, enfin, bon… - OK, tu sais quoi ?
Je dis la prière en français, tu la dis en hébreu.
"Chéma…" Euh… "Écoute, Israel…"
Allez ! - Je sais pas, je…
Tu m'as ôté l'envie, là.
- Pardon ?
- T'as réussi à me retirer l'envie de travailler.
- Excuse-moi. Vraiment, excuse-moi.
Désolée, t'avais un désir tellement fort de bosser…
- "Chémâ, Israël, Ado-naï Elo-henou, Ado-naï Ehad',
"Baroukh chem kevod malkhouto le'olam vaed."
(- J'hallucine !)
(Il sait tout par cœur ! (Je suis dégoûtée.)
Attendez.
"Baroukh ata Adonaï Elohenou melekh ha-olam…"
- "ASHER KIDDESHANOU BEMITZVOTAV
"VETZIVANOU LEHADLIQ NER SHEL SHABBAT."
- Ah, d'accord.
Et alors, la prière du vin ?
- "Sabri maranane baroukh ata Ado-naï,
"élo-hénou mélèkh aholam…"
- C'est pas dans l'autre sens ? On dit pas
"Baroukh ata Ado-naï, "élo-hénou mélèkh aholam sabra…" ?
Elles palabrent.
…
Un aigle crie.
Le vent souffle.
Voix entremêlées
…
- Chéri, t'es là ?
François ?
Tu dors ? Ça va ? - Oui.
- Il est à l'envers, ton livre.
- Le mariage.
François ? François !
Régine ?
Régine !
Oh là là…
Toux grasse
- Ça va, papa ?
…
Tu veux un verre d'eau ? Ou que je te soulève ?
Je reste à côté de toi.
- Oui.
(J'ai de la peine.)
…
Bouilloire
…
- Laissez, Michelle.
- Non, non, je m'en occupe.
Musique klezmer…
… …
Ah, non, c'est pas là.
… …
Vous voulez du thé ?
…
- Du thé ? Oui ?
…
- A mardi !
- Tu viens ?
- Vous allez bien, François ?
Vous avez l'air souffrant. - Je fais des cauchemars.
D'après vous, rabbi, est-ce que nos actes
ont des conséquences sur nos proches ?
- Vous pouvez préciser ?
- Mon père est malade, en ce moment.
- Quand quelqu'un va bien,
vous vous demandez si c'est de votre faute ?
Fonder un foyer constitue le but de la vie d'un homme.
Avant de se marier,
l'homme ne s'appelle pas vraiment homme.
L'homme sans femme est privé de joie,
de bonheur et de bénédiction,
certains disent même de Torah, de protection
et de paix.
Il est écrit dans la Genèse :
"Mâles et femelles, Il les créa, les bénit,
"et leur donna le nom d'hommes."
Le tonnerre gronde.
- Maman, en tout cas…
Non, si le docteur l'a dit, dis à papa d'obéir !
- (Tu l'embrasses.) - Michelle vous embrasse.
Non, elle m'a rien dit !
Ah bon ?
Bon, maman,
je peux pas te parler. Je vous embrasse fort.
Je passe embrasser papa dès que je peux.
Salut, maman.
L'orage éclate.
- François ! Tu m'aides, s'il te plaît ?
Je voudrais mettre ça dans le salon, pour voir.
T'as eu des nouvelles de ton père ? - Il va pas mieux.
- Oh, merde.
- Dis, y a ta pilule du lundi, là. On est mardi, aujourd'hui.
- T'as raison, j'ai oublié de la prendre.
- C'est tout ce que tu as à dire ? Que tu as oublié ?
- Je prendrai les deux ensemble, je fais tout le temps ça.
- Oui, et dans 9 mois : un bébé !
- Ça va, je sais ce que je fais.
Je vais essayer là-bas.
- Michelle…
- Quoi ?
- Pourquoi tu as laissé ma mère repartir seule ?
- Je lui ai proposé de la raccompagner !
- Mon père est malade, tu as laissé ma mère repartir seule.
- Je vais la mettre là-bas.
Je la remets dans la chambre, finalement.
- Dis pas ça, elle m'a dit que non.
Tu laisses ma mère dans le froid alors que mon père est malade.
- Elle t'a dit que je l'avais laissée ?
- Oui, tu l'as laissée repartir dans le froid.
- Il fait pas si froid que ça ! - C'est pas une raison !
- Il était 16 h ! C'est une grande fille.
- Dis donc, ça va ! "C'est une grande fille…"
- Oh, c'est bon !
- Quand tu as un problème, on doit s'inquiéter,
mais ma mère, on s'en fout ?
- Je lui ai proposé de la raccompagner !
- C'est pas vrai. - Si, c'est vrai.
Tu me crois pas ? - Non.
- Je lui ai proposé. - Non.
- Si, je lui ai proposé de la raccompagner !
- Elle a fait un geste pour montrer qu'elle t'acceptait,
et tu refuses de la raccompagner ? - C'était pas clair.
La prochaine fois, je le ferai. - La prochaine fois, alors.
Le tonnerre retentit au toucher. - Qu'as-tu ?
Je te dis de ne pas me toucher ! Je ne veux pas que tu me touches.
- Ah bon ?
Qu'est-ce que tu as, François ? - Ça me dégoûte, que tu me touches.
L'orage gronde.
J'ai personne en face de moi. J'ai l'impression que t'es rien.
Quand tu me touches, ça me dégoûte.
- On l'appelle ? C'est quoi, son numéro ?
- Quoi ? - Donne-moi son numéro !
Donne-moi son numéro ! - Michelle…
- C'est quoi, ça ?
Je veux savoir si c'est toi qui a dit ça.
- C'est bon.
Embrasse-moi. Embrasse-moi.
Va-t'en. - Quoi ?
L'orage gronde.
…
Dégage.
La pluie tombe.
…
Musique klezmer
- Ça va ? T'es crevée ?
…
Où tu vas ?
…
- Après un nouveau rinçage, on pourra l'accommoder.
- Pardon.
…
- Bonjour, Michelle. - Bonjour !
…
- Michelle, tu veux prendre un verre ? — Une autre fois.
- Toujours avec François ? - Ouais.
- Il m'a renvoyé mes affaires
et y avait une culotte rouge de pute.
- Qui ? - Bah, François !
- T'es mûre pour une vraie rencontre constructive.
- C'est comme si la ville était vide et qu'on soit que deux à y vivre.
J'ai pas le choix. - Avec Serge, ça donne quoi ?
- Ben, c'est comme avec François,
mais c'est pas François.
- Ils vont les mettre où, les manteaux, tes clients ?
- T'as raison, j'avais pas pensé.
C'est pas des clients, c'est des patients.
Tu sens pas un ressort gênant, dans le dos ?
Tu sens pas ?
Un truc qui rebique. T'as rien senti ?
Ils pourront pas faire le transfert, le contre-transfert,
avec un ressort dans le dos !
- Y a pas un ressort, y en a 12 000 !
C'est un trampoline, ton truc.
- C'est du travail, Michelle, quand même !
- Ça arrive que des mecs
parlent pas de toute la séance ?
- Pourquoi ? T'es folle ?
J'ai une bouffée, après ce que tu m'as dit !
Je le sens !
Il va venir se vautrer sur mon divan propre,
rien dire, et plus jamais revenir.
On sonne.
- Oh, c'est lui ! C'est mon premier patient !
Dis-moi merde ! - Merde !
Je le croise, je le croise. Je le croise et je dis merci.
- Tu le croises pas, tu remontes. - Si !
- Tu remontes ! Michelle. Michelle !
Michelle, tu reviens !
On sonne.
Non ! Chut !
Bouge pas.
- Bonjour. - Bonjour. Madame Delabrune ?
- C'est moi.
Mademoiselle Lévêque ! - Bonjour.
- Bonjour. - Mademoiselle.
- Mademoiselle Lévêque, que faites-vous là ?
Rendez-vous samedi, 18 h.
- Merci, merci ! - Au revoir.
Venez, monsieur.
- Coucou ! - Salut.
- Ça va ? Désolée d'être en retard.
- C'est pas grave.
- Michelle. Michelle !
Comment ça va ? - Je t'avais pas vu !
- Content de te voir. - Moi aussi !
Ça va ? - Oui.
Ah, pardon, je te présente Cécile.
Cécile, c'est Michelle, une vieille copine à moi.
- Enchantée.
Ben, Serge, voici François, qui est un vieux pote.
- Bonjour. - Bonjour, Serge.
- Vous allez voir "Shoah" aussi ? - Ah, non, non. Pourquoi ?
- C'est la queue de "Shoah", là. - Si, on va voir "Shoah".
- Ah, ben non, on va pas voir "Shoah".
- On va pas voir "Shoah" ? - Oh, bah non !
On a dit qu'on verrait le Godard.
- Ah, non, on nous a dit que c'était pas bien.
- Valérie m'a dit que c'était super !
Ah, non, non, je vais pas voir "Shoah".
- On va voir "Shoah". - C'est pas bien ?
- C'est très long, c'est très flippant.
- C'est le genre de trucs que tu aimes.
- Attends, t'appelles la Shoah "ce genre de trucs" ?
- Tu vas pas me faire la leçon, non ?
- Alors, Serge, tu fais quoi ? - Moi, je vais voir "Shoah".
- Moi, je vais voir le Godard. - On dîne ensemble après ?
- On va pas changer tous les projets.
- Michelle, ça va pas ?
- On a décidé d'aller voir le Godard, je vais voir le Godard.
- On a dit qu'on allait voir "Shoah". - Ça dure plus de 8 heures !
Je comprends pas, tu me fais quoi ?
T'as dû en parler à quelqu'un d'autre.
"Shoah", je l'ai déjà vu. Salut, hein !
Je vais voir le Godard, ciao. - Michelle !
- Où tu vas ? Cécile !
- Ça te dérange pas si je viens avec toi ?
- Non, pas du tout.
♪ — En t'éveillant, tu vas crier comme un oiseau.
En t'éveillant, tu vas crier comme un oiseau.
♪ Cris d'oiseaux ♪ Musique intense
(- Ça fait longtemps que vous êtes ensemble ?)
(- Quoi ?) (- Non, rien.
(Non, non, rien.) (- François et moi ?)
(- Quoi ?) (- François et moi ?)
(- Non mais comme ça, je me demandais depuis quand vous étiez ensemble.)
(- Ça fait deux semaines.) (- Ah ! C'est tout nouveau, alors ?)
(- Ouais.) (- D'accord…
(… et vous vous êtes rencontrés comment ?
(Pardon, je suis curieuse.) (- Non. En Israël.)
(- Ah bon ? Vous êtes allés chez ses parents en Israël ?)
(- Non, on s'est rencontrés en Israël,
(sur la plage. (J'étais en vacances.)
(- Ah, d'accord. C'est bien, les vacances, hein ?)
(- Ouais. On est revenus ensemble.) (- Oh…
(D'accord.)
(Et t'es quoi, comme religion ?) (- Juive.)
(- Pardon ?) (- Juive ! Pourquoi ?)
(- D'accord. (Excuse-moi, je reviens.)
La porte grince.
Elle soupire.
(Merde !)
Elle soupire.
- T'attends pas la fin ? - Oh non, c'est trop chiant.
Valérie avait dû fumer un pétard.
- Cécile, elle est encore là ? - Ouais.
- T'attends pas ton mec ?
- Non. Tu peux lui dire que je suis partie ?
- Je suis pas sûr d'être là.
C'est avec lui que tu vas aux cours ?
- Très drôle. - Qu'est-ce qu'il dit, le rabbin ?
- Il me demande si je continue. - Tu réponds quoi ?
- Que je vais réfléchir. - Et alors, t'as réfléchi ?
- Ça change quelque chose ?
Il va mieux, ton père ? - Il survit, merci.
- Tu l'embrasses pour moi.
Tu vas à la fête de Valérie ? - Je sais pas.
- Viens, ça va lui faire plaisir. Elle est un peu déprimée.
Et puis, c'est déguisé.
♪ Musique entraînante Brouhaha
♪ … …
♪…
- Papa ! Qu'est-ce que tu me fais ?
Eh ben dis donc, t'es pas arrivée !
- Elle a bu un verre de trop ?
- Reste allongée, tu vas avoir des vertiges.
- Michelle ! Un peu de dignité dans l'alcool !
- Elle va aller dans sa chambre.
- Si vous voulez avoir une histoire, je suis pas une terroriste !
Mais pas devant moi ! - C'était un lapsus.
- Un lapsus, c'est avec des mots,
pas avec des êtres humains en chair et en os !
C'est toi qui devrais t'allonger. - Je m'allonge
deux fois par semaine. - On dirait pas !
Roh ! Tu vas où, là ? - Allez !
- J'en peux plus, là ! J'en peux plus !
Qu'est-ce qui va pas ? - Je me sens mal.
Je regrette tout ce que j'ai fait. - Si encore il faisait ça
pour me rendre jalouse, je comprendrais,
mais je sais que c'est pas vrai.
- Mais si, c'est ça ! - Mais non !
Je vais chez lui, il me jette. - Viens, on y va.
Tous chez François. - Pardon ? Ça va pas, non ?
- Je veux pas, j'en ai rien à foutre de ce mec !
Je suis la 1re qui en voudrais pas ! - J'espère bien !
- De quoi je me mêle ? On n'est plus ensemble.
- Enfin une bonne parole ! J'étais assise à côté de lui,
et on s'est embrassés. - Ça a duré des heures.
Tu veux coucher avec lui ?
- Mais non ! On s'est embrassés, c'est tout.
- Mais tu veux pas coucher avec lui ?
Tu me prends pour une conne.
Tu peux rester avec lui, j'en ai rien à foutre,
mais ce que je ne supporte pas,
c'est de voir ta gueule déçue. Ça me file la gerbe !
- Je suis pas déçue,
je te jure ! Attends ! Excuse-moi !
Il klaxonne. - Oh ! Il a pas dit qu'il était
avec quelqu'un ?
- Non, non. - Jessica ?
- Mais non, c'est une histoire comme ça !
- Y a encore un mois, c'était mon salon, ma salle à manger,
ma cuisine, et maintenant, c'est fini.
- Mais non ! Il a inventé tout ça
parce qu'il se sentait mal de m'avoir embrassée.
Pour moi, cette fille n'existe pas. - Ah si.
- On voit que c'est une construction mentale,
il culpabilisait, il a inventé cette fille, voilà !
- Il a dit qu'il était amoureux. Il a l'air follement épris.
- C'était un mensonge, ça se voit de suite !
- Elle est belle et blonde.
Je la vois, Jessica ! - Mais non, tais-toi !
- Bonjour. - Bonjour.
- François est là ? - Non, il est… Michelle ?
- Ça se voit tant que ça ? - Jessica.
- Enchantée. Euh…
C'est Ali, un copain. - Bonjour.
- En fait, on passait récupérer un livre.
- Oui ? - "Une vie tourmentée."
- Non, "Une vie bouleversée".
Je l'ai déjà lu, mais… - Il doit être dans la bibliothèque.
C'est… Il est à François ? - Non, non, il est à moi.
- Pas de problème.
- Tu l'as lu ? - Oui, y a longtemps.
Rires
On fait comme ça, hein ? Je dis à ma copine de t'appeler ?
- Pas de problème. - Elle a vraiment besoin de photos.
D'accord, OK, super.
- Je vais faire une expo, je t'enverrai une invit'.
- OK, d'accord. A bientôt.
- Salut. - Salut.
- Attends !
Bouge pas. - Allez, on y va !
- 30 secondes, y a une pure lumière, là !
Je vais faire une dernière photo. - Je m'assieds.
- Là, voilà.
10 secondes, hein !
Tu regardes par là. - Ouais…
- Oh non, non, non.
Voilà, comme ça. Tu souris pas. Tu fais le vide.
Attends, j'en fais encore une. Voilà.
Génial. Merci, super.
Je te les envoie dès que possible. - D'accord, super.
Je dirai à François que t'es passée.
- Non, pas la peine.
- Putain, j'étais sûr d'en avoir une !
On a épuisé toute la boîte ?
- Non, y en a plus. Y a pas l'ombre d'une capote dans cette piaule.
Il rit.
- Et là-dedans ? - Laisse tomber, j'ai paumé la clé.
- Y a pas que la pénétration dans la vie.
- Oh putain, je sais où y en a une !
Ta da ! - Bingo !
On n'a pas droit à l'erreur. Attends…
C'est bizarre, elle est verte. - Elle est périmée ?
On frappe. - Je mets pas ça, moi.
- Michelle ? - Oui ?
- Tu peux aller acheter du pain ? - Non, je peux pas.
- Je te demande pas ton avis. - Non mais maman, je peux pas.
- Attends, je peux savoir pourquoi ? - Ben euh…
Parce qu'il y a Ali qui pleure. - Ah bon ? Qu'est-ce qu'il a ?
- Ben euh… Je viens de lui dire que c'était fini entre nous.
- Je savais pas que vous étiez ensemble.
Oh là là ! C'est pas vrai ! On me dit jamais rien ici !
(- Pourquoi tu dis ça ?)
- Ali ?
Ali ? - Oui ?
- Ça va ? - Oui, oui, madame.
- Ali, tu restes quand même dîner avec nous ?
- Oui. - Oui, oui, il vient… Il reste !
- Oui, madame. - Oui, maman…
- Pourquoi t'as dit que c'était fini ?
- Parce que je savais pas comment te le dire.
- Mais ça vient de commencer ! J'ai…
Et les… - Je suis désolée.
Il sanglote. - Mais…
…
Il bafouille.
Je comprends rien, Michelle. Je comprends rien.
- Tu veux bien faire le lit ?
Ta fatigue pas, surtout !
- Pourquoi tu me parles jamais de mon père ?
- Y a rien à dire.
C'est le passé.
- Mais moi, ça m'intéresse. - Le passé, c'est le passé.
- Il est pas juif, par hasard ?
Il était juif ou pas ?
Evelyne râle. Mais maman !
Cette nuit, je suis allée dans la forêt
et j'ai marché, marché !
Je pense tout le temps à François. Je me sens
en convalescence de quelque chose, de lui.
Cris inquiétants
Si quelqu'un pouvait me prendre par la main
et me guider. Mon Dieu, prenez-moi par la main !
Je vous suivrai bravement !
- Michelle ! Saxophone
…
Michelle !
…
Michelle !
…
Michelle.
…
Viens. Allez !
…
- Les mariés ! Assieds-toi, toi !
Les mariés, regardez-moi ! Les mar… Voilà.
Un sourire !
Super ! - Vive la mariée !
- Allez, vive la mariée, là ! - Vive la mariée !
- T'es sûr qu'on fait pas une connerie ?
- Tu crois que c'est une connerie ? - Non et toi ?
- Ben non.
- C'est ce curé qui nous met le doute.
C'est un signe. - Je le sens pas, ce type !
- Le prêtre vient d'appeler,
il a eu un petit accident : sa 2CV est tombée dans un fossé.
- Il est mort. - Non, c'était un tout petit fossé.
Michelle,
tout ce que j'ai pu dire ou faire, c'était pas contre toi.
- C'était contre qui, alors ? - Contre personne.
Je sais pas, peut-être contre moi.
- Ah, t'es en analyse ? C'est Valérie qui t'a pris comme patient ?
- Non, je suis pas en analyse.
- Arrête ! - Quoi ?
Je tiens monstrueusement à toi.
- C'est pas gentil de faire ça. - Pourquoi ?
- Tu m'as fait de la peine. - Moi aussi, tu m'en as fait.
- C'est ça, ouais !
(Quoi ?) - Ben, je…
Bon, on trouve une solution ?
- Une solution à quoi ? Y a pas de problème.
- Non mais… qu'on arrive à une situation intermédiaire.
- Intermédiaire ?
Comme quoi ?
- Si je viens là,
tu viens dans mes bras.
- Je viens dans tes bras ? - Oui.
Voilà. Là, c'est simple, c'est intermédiaire.
Mmh ? - C'est simple.
C'est pas du tout déstabilisant.
Je veux pas de compromis, François.
Je t'ai perdu, mais accepte que tu m'aies perdu aussi.
C'est fini, c'est comme ça. - Non, c'est triste, ça.
- Ben oui, c'est triste, mais…
- Et y a rien à faire ? - Ben non, rien du tout.
- C'est trop tard ? Non, c'est pas trop tard.
- A quoi tu joues ? On peut savoir ?
T'es avec quelqu'un ou je me trompe ?
- Tu te souviens quand on faisait Kippour ?
- Pff ! Attends, ça va ! - C'était drôle, non ?
- Tu vas pas me poursuivre avec ça toute ma vie ?
- Pourquoi ? C'était drôle. - Non, c'était pas drôle.
C'est quoi ? Jessica, elle fait pas de gaffes, c'est ça ?
Ça te manque ? - Oui, ça me manque.
Qu'est-ce que tu fais après le mariage ?
- Après le mariage ? - Oui.
- Qu'est-ce que tu fais ? Attends !
Michelle !
Qu'est-ce que tu fais ? Reste.
Bon, t'es quoi, maintenant ?
Maoïste ? Protestante ? Bouddhiste ?
- Je suis bourguignonne. - T'es ?
- Je suis bourguignonne. - T'es bourguignonne ? C'est génial.
- Et toi, t'as eu combien de filles ?
- J'ai personne. - Comment ça ?
- Jessica, c'est fini ? - Oui, c'est fini.
- Et la bombe du cinéma ? - Je suis avec personne.
- On rentre ensemble après le mariage ?
- Vous partez, là ? C'est fini ?
- Pardon ? - Vous me ramenez, hein ?
Florence !
- Tu crois en rien, François. - Je crois en toi.
- Tu crois pas en Dieu, tu crois pas en l'amour.
- Je te dis que je crois en toi. - T'es une plante verte.
- Michelle… L'assistance s'exclame.
…
- Ça va ? - Qu'est-ce qu'on fait ?
Qu'est-ce qu'on dit ? - Tu dis oui à tout !
Les cloches sonnent. - Ne l'embrasse pas maintenant !
…
"I Didn't Know What Time It Was", Ella Fitzgerald
…
- Once I was young
Yesterday perhaps
Danced with Jim and Paul
And kissed some other chaps
Once I was young
But never was naive
I thought I had a trick or two
Up my imaginary sleeve
Musique jazzy
And now I know
I was
Naive
I Didn't know what time it was then
I met you
Oh What a lovely time it was
How sublime it was too
I Didn't know what day it was you
Held my hand
Warm Like the month of May
It was And I'll say it was grand
Grand To be alive
To be young to be mad To be yours alone
Grand To see your face
Feel your touch hear your voice Say I'm all your own
I Didn't know what year it was life
Was no prize
I Wanted love
And here it was Shining out of your eyes
I'm wise And I know what time it is
I know what time it is
I know what time it is
…
Now
…
- Michelle ?
Michelle ? - Quoi ?
- Tu l'as fait exprès ?
Musique entraînante
…
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
Can't find what you're looking for?
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