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- Il se passe rien, là.
(explosion)
- Pas question de reculer devant cet acte de barbarie
qui, encore une fois, ne vise qu'à ébranler le gouvernement
dans sa lutte au terrorisme.
- (Laurence): C'est William. - (Thylan): Quoi, William?
- Ils l'ont trouvé mort, poignardé dans sa voiture.
- Ben, voyons donc!
(en arabe)
- Etes-vous correct?
- Tu bouges pas! A terre! Mets-toi à terre.
(en anglais)
- Grouille-toi! Ton cell! Donne-moi ton cell!
- OK, OK, OK, OK.
Hé! Ah!
(rugissement des moteurs)
- Milan Garnier?
- Oui?
- Rafik Allouache.
Je pense qu'on va se parler par personnes interposées
dans les prochains jours.
(expiration)
(voix entremêlées)
- Ce matin, Denis Beaugrand,
solliciteur général du Canada, a été kidnappé.
Aujourd'hui, notre indignation est grande.
Par cet acte barbare,
ce sont les fondements mêmes de notre démocratie
qui sont attaqués.
Je veux dire aux ravisseurs
que le gouvernement ne baissera jamais les bras
devant un acte d'une lâcheté et d'une malveillance
que rien ne pourrait excuser.
De tels actes ne peuvent être tolérés sous aucun prétexte,
et mon gouvernement les condamne résolument.
- Allo?
(respiration haletante)
Il y a quelqu'un?
Il y a quelqu'un?
(stridulations d'insectes)
Quelqu'un?
(vibration de cellulaire)
Venez m'aider!
- Hé, hé! Ca donne rien de crier de même, OK?
- Ah! De toute façon, je me sens pas bien, là, je me sens faible.
- Ca, c'est de votre faute, vous mangez pas.
- J'ai besoin de sucre.
J'ai besoin de sucre tout de suite. Tout de suite.
- Bon.
OK. Vas-y.
(gémissements)
C'est bon?
(toux)
Je vais vous préparer une assiette de fruits.
(soupir)
- Que c'est que vous voulez, au juste?
- Parlez pas, s'il vous plaît.
- Voyons, ça se peut, là!
Quand on enlève quelqu'un,
c'est parce qu'on revendique des choses!
- Je vous ai dit de pas parler.
- T'es avec la gang de Thylan Manceau, c'est ça?
- Tabarnac, que c'est que tu comprends pas
dans "ferme ta gueule"?
(respiration saccadée)
OK?
Je suis rien qu'ici pour vous surveiller, moi.
Fait qu'arrêtez de poser des questions,
j'en ai pas de réponses.
(sirène)
- On a un problème, là.
- Lequel?
- Il y a des gens qui refusent de vous voir autour de la table.
- Tu me fais venir ici pour dire que tu veux pas me voir?
- Non, mais il y en a qui s'opposent
à la présence d'une compagnie privée
dans une réunion d'agences gouvernementales canadiennes.
- Pis ça, ils te l'ont pas dit avant?
- Ca semblait pas causer de problème.
Il y en a qui refusent
de partager de l'information avec une compagnie privée.
- Bon. Ben, on va y aller, nous autres.
- Attendez, s'il vous plaît.
Vous pourriez rencontrer la GRC.
Je sais qu'ils tiennent à vous parler.
- Ils viendront nous voir.
- Tu prends ça comme ça, Justine?
- Ils ont rien à dire? Ils s'arrangeront.
(soupir)
- Justine, calme-toi, respire un peu.
- Ah, il me fait perdre mon temps, là!
- Va falloir dire ce qu'on sait.
Ca fait partie de notre mandat.
- Ils veulent pas nous entendre, qu'ils s'étouffent.
- Tu le sais que c'est l'ami de Milan.
- Ca le rend pas plus intelligent.
- Si c'est pas toi qui dis ce qu'on fait,
ça va être ton partner.
- De toute façon, là,
ils vont s'arranger pour nous mettre ça sur le dos.
- Je vois pas pourquoi.
- C'est nous qui avions le mandat
de surveiller la gang de Thylan.
- Tu disais qu'il voulait faire peur au monde.
La thérapie par le choc.
- "Checke" ben ça, ça va leur prendre un coupable.
- Je suis pas sûr qu'ils ont intérêt à dire
qu'ils travaillent en collaboration avec Blue Moon.
(démarrage du moteur)
(vibration du cellulaire)
- Ouais. - Ils ont dit que c'est urgent.
- Dérangeant, mettons.
- Qu'est-ce qui arrive?
- Pas au téléphone.
- C'est juste qu'il y a un ministre
qui s'est fait enlever, là.
Pas vraiment le temps de niaiser.
- Si je te le dis pas au téléphone, ciboire,
c'est que c'est important.
- OK, donne-moi juste un indice, là.
- On le pensait mort, pis il est vivant.
- L'Algérien?
- Ouais.
- Fuck!
- Faut que je te laisse.
- OK.
(bip)
- C'a pas été long. - Ils veulent pas nous voir.
- Pas d'entreprise privée dans leur comité de crise.
- D'après moi, il est mieux placé qu'eux autres
pour savoir ce qui se passe.
- Des nouvelles des ravisseurs?
- Rien. - Ben, voyons donc!
Ca fait 24 heures qu'ils l'ont enlevé.
Va falloir que quelqu'un
revendique quelque chose, quelque part.
- Soit c'est des amateurs, soit ils savent ce qu'ils font.
- Va donc chercher François.
On va prendre des nouvelles de notre monde.
- Comment il va?
- Il s'impatiente un peu, quand même.
Il comprend toujours pas pourquoi on a fait ça.
- Et Rafik, est-ce qu'il a parlé à Milan?
- Je pense que oui.
- Qu'est-ce qu'on fait avec Mickael?
- On va le garder.
C'est trop dangereux.
- Ben, moi, je...
Moi, je suis prête. C'est quand tu veux.
- Surveille-toi, hein?
Plus de téléphone, plus d'Internet.
Evite de parler à qui que ce soit.
(brouhaha des journalistes)
- Oui, oui, 2 secondes. Un instant. Je vais me rendre.
- (Homme): On aimerait avoir vos réactions.
- Un à la fois, s'il vous plaît.
- (Femme): Avez-vous été contacté par la police
par rapport aux événements d'hier?
- Pas pour le moment.
- Vous attendez-vous
à recevoir la visite de la police?
- Ecoutez, je m'attends à tout et à rien en même temps.
- (Homme): Vous vous sentez pas responsable de ce qui se passe?
- Absolument, oui.
Et j'assume ma pleine et entière responsabilité
envers ceux qui veulent
démocratiquement changer les choses.
Mais jamais j'accepterai de m'associer
à des gestes aussi barbares
que ceux commis à l'endroit du ministre Beaugrand.
- Soupçonnez-vous certains de vos sympathisants
d'être responsables de l'enlèvement?
- Je pourrais pas sympathiser avec des gens
arrivant à leurs fins comme ça.
- Selon vous, c'est quoi, leurs fins?
- C'est ça, la question, en fait!
Qu'est-ce qu'ils veulent, ces gens-là?
Parce qu'au moment ou on se parle,
ce que je revendique ou ce que revendiquent
les sympathisants du Réseau, comme vous dites,
là-dedans, il y a rien qui concerne
le ministère du Solliciteur général, rien.
Alors, on s'entend que c'est complètement ridicule?
- (Journalistes): Thylan! M. Manceau!
- (François): Je peux vous confirmer une chose,
c'est que Massoud, Laurence et Yanis
étaient à leur résidence au moment de l'enlèvement.
- Les autos ont jamais bougé?
- Ca veut tout dire.
- Pas nécessairement, là.
Faut pas conclure qu'ils sont restés chez eux
car ils ont pas pris leur char.
- Exactement. Ca veut tout dire, à l'inverse.
Laurence Guillot envoie, en moyenne,
une centaine de textos par jour, au moins.
Pis là, pendant les 6 heures de l'enlèvement, rien.
- C'est important, ça. - Attends.
Pas de messages de Laurence, Massoud ou Yanis.
- On sait si les cellulaires étaient ouverts?
- Les chances qu'ils ferment
leur cellulaire en même temps sont minces.
- Ils ont eu des appels, mais n'ont pas répondu. - C'est fort, ce qu'on a là.
- Tu penses que les services secrets ont pas ça?
- L'épicerie! - Quoi, l'épicerie?
- Je me suis fait chier à suivre Massoud pis Yanis à l'épicerie.
- Tu m'as pas dit qu'ils avaient sorti 3, 4 paniers?
- Ouais.
(vibration de cellulaire)
- Allo?
OK.
- Ils sont allés ou après?
- A Stuckley. - OK. Ou exactement?
- On n'a pas d'endroit précis, là. Un à-peu-près.
- On sait ça comment, nous?
- Le boomerang sur le camion. On l'a suivi.
- Si tu fais une épicerie monstre à Montréal
pis tu livres ça dans les Cantons de l'Est,
c'est que tu stockes de la bouffe.
Sors une carte détaillée des déplacements
de toute cette gang-là depuis une semaine.
- La cellule de crise s'en vient à Montréal.
Les services secrets veulent nous rencontrer.
- Bon, ils se déniaisent eux autres, tabarnac!
- Justine, sois plus intelligente qu'orgueilleuse.
- Tu prends ça trop personnel, Justine.
Des agences gouvernementales,
c'est dirigé par des fonctionnaires.
Ils veulent pas voir le privé là-dedans, c'est normal.
- Vous, qu'est-ce que vous êtes venus faire ici?
- Milan m'a dit que vous aviez du score.
- Il vous a dit ça, lui?
- Come on, c'est ça, le mandat: surveiller Thylan.
- Hum, hum. Ouais. - Bon, ben...
- Ca va justifier les prochains mandats.
- C'est pas le score qu'on a qui est intéressant,
c'est le score qu'on n'a pas.
- Ouais, il y a des silences qui parlent plus que d'autres.
Massoud Salamh, Laurence Vinet pis Yanis Mavrakis.
Pas eu d'appels ni de messages textes
3 heures avant et après l'enlèvement.
- Pas de déplacements de voitures non plus.
- Donc, en gros, après l'enlèvement du ministre,
le trafic sur les réseaux sociaux a augmenté de 85%
dans la population en général,
mais trois des plus proches collaborateurs
de Thylan Manceau, eux autres,
ils ferment leur cellulaire en même temps.
- Thylan, lui?
- Thylan, il est facile à suivre.
Il "twittait" pis il faisait des entrevues à chaque heure
à la radio pis à la télé.
(sonnerie de téléphone)
(soupir)
- Allo?
- Babe, qu'est-ce que tu fais? On t'attend, là.
- Je ramasse mes dernières affaires pis j'arrive.
- Non, non, regarde,
je veux pas que tu retournes là toute seule, OK?
- Arrête de m'infantiliser, Milan, ça m'énerve.
J'arrive, là.
Hé!
(petits cris)
- Rafik Allouache?
- Ouais. - Ca se peut pas.
- Je te le dis.
- Qu'est-ce qu'il t'a dit?
- Il m'a dit qu'on allait se parler
par personnes interposées.
- Ca t'énerve?
- Tout le monde m'a dit qu'il était mort.
Il m'a pas appelé pour me souhaiter bonne fête, là, esti!
- C'est peut-être pas lui qui a appelé, non plus, là.
- C'était sa voix.
Si jamais ça avait rapport avec le meurtre de Lajoie, là...
- Le financier? - Hum, hum.
- Hé, tabarnac! Pas besoin de ça en plus!
- Non.
(croassements)
- Sur les genoux.
Allez.
A genoux.
Lève ta tête.
Couche-toi.
Une vraie pro.
(coups de klaxon au loin)
- Thylan!
- Il me semblait que j'allais vous recroiser un moment donné.
- Mon confrère, l'agent Ruel.
- Bien sûr.
- Bon, on a été ben, ben gentils à date, là.
On t'a laissé faire tes petites entrevues.
Comme t'as fini ta tournée,
on va passer aux affaires sérieuses.
- J'ai l'air de quelqu'un qui s'amuse
par les temps qui courent, moi?
- Monte. - On va ou?
- Dans nos bureaux. Veux-tu appeler un avocat?
- J'étais au café,
je l'ai appris à la télévision
en regardant le bulletin spécial.
- T'es allé au café pour écouter les nouvelles?
- J'étais au café avec une jeune femme.
- Son nom?
- Je parle à des centaines de personnes par jour,
je connais pas le nom de tout le monde.
- On veut savoir son nom à elle.
- Je le sais pas.
- T'as même pas de prénom?
Tu l'appelais comment? "Chose"?
- Va chier!
- Pardon? - J'ai dit: "Va chier."
Parle-moi pas sur ce ton-là avec ton air condescendant.
- Assieds-toi! On n'a pas fini!
- Non, c'est toi qui m'écoutes astheure, OK, là?
Là, je suis pas suspect, moi. Je suis pas...
- Que c'est que t'en sais?
- Je vous ai suivis volontairement.
J'étais pas obligé de venir ici, moi.
Si vous avez de quoi contre moi, vous déposez des accusations.
- La détention préventive nous donne le droit
de te garder le temps qu'on veut.
- OK, parfait! Alors, dites-le clairement!
Ceci est officiellement une détention préventive,
car vous me soupçonnez d'être un terroriste.
Mais vous allez l'assumer, par exemple.
Jusqu'au bout.
- Ca veut dire quoi, ça?
- Vous êtes pris avec du monde
qui est ben en colère dehors.
Une maudite grosse gang de monde.
Moi, j'ai ben hâte de les voir réagir
au fait que vous les considérez comme des terroristes.
- Il y a des bombes qui sautent.
- Hé, j'ai rien à voir avec ça! OK?
Je trouve ça épouvantable, ce qui se passe.
Je considère que c'est mon devoir de vous aider,
mais là, là, vous allez me lâcher
le petit ton de merde, OK?
- Allez.
- Massoud Salamh, vous l'avez connu comment?
- Je l'ai rencontré ça fait un an.
- Il vient d'ou?
- Il est algérien. Son père a une chaîne de bijouterie.
- Un musulman?
- Oui, mais non pratiquant.
- T'es certain?
- Il fait jamais la prière.
- Moi, je veux revenir sur la journée de l'enlèvement.
Pendant 6 heures,
plus rien sur les téléphones de Massoud Salamh,
de Laurence Guillot pis de Yanis Mavrakis.
- C'est dur à croire. Come on, les gars!
- Toi, t'étais pas au local?
- Non.
- As-tu essayé de les rejoindre?
- Non, non, j'étais trop pris avec les médias.
Massoud m'avait dit qu'il...
qu'il repartait en Algérie.
Ah! C'est pas vrai! Câlisse!
- Ecarte tes jambes.
- Déshabille-toi pis mets ça.
- Va chier.
- Tu penses que je niaise?
Déshabille-toi pis mets ça.
Assieds-toi.
- Une folie, Chloé, et t'es morte.
Et je te jure que ça me dérange pas du tout.
Non, mais vous pensez quoi, hum?
Qu'on est des imbéciles?
Qu'on vous a pas vus venir?
Peut-être que tu penses qu'on se bat pour les prêts et bourses?
- Je pense rien, moi.
- Bois.
(soupir)
J'en ai rien à foutre de Thylan et de son groupe.
C'était notre meilleure couverture.
- La vraie shit, c'est entre nous
et Blue Moon que ça se passe.
- Tu veux travailler avec nous?
Tu vas travailler.
- Quelqu'un va payer pour la mort de William.
Par là.
Voilà, c'est ta place.
Mets ça.
Ecoute, Chloé, je connais Massoud.
Il peut être vraiment violent,
alors t'es mieux de faire ce qu'il dit, OK?
- Bon, ça, c'est le matin de la bombe.
Ca m'a échappé au début, mais ça m'est revenu.
Ca, c'est le déplacement du camion cube.
- Le camion rempli d'explosifs, c'est ça?
- Qu'on a lâché à cause de ce qui s'est passé ici.
- Ca mène ou, ça?
- C'est ça, le problème.
On a perdu le signal du boomerang.
Mais c'est dans la direction ou ils ont apporté l'épicerie.
- A Stuckley? - Dans ce coin-là.
- Bon, on va envoyer notre monde là-bas, mais discrètement.
On va la garder pour nous autres, celle-là.
- Hé, monte donc le son, là.
- (Femme à la télévision): ... trois individus.
On parle donc de Massoud Salamh,
Laurence Vinet-Guillot et Yanis Mavrakis.
Donc, on les recherche pour les interroger
au sujet de l'enlèvement du ministre Beaugrand.
- (Homme): Mais, officiellement,
il y a pas de mandat d'arrêt contre ces personnes?
- Non, pas du tout, pas pour l'instant.
On nous dit qu'on les recherche uniquement
pour les questionner à ce sujet.
Et de toute façon, personne ne peut nous confirmer
si ces individus ont réellement un lien avec cet enlèvement.
- Merci, Joel. A plus tard. - Merci.
- Justement, rendons-nous à Ottawa
ou le premier ministre tiendra une réunion...
- OK, on a une longueur d'avance sur eux autres.
- On cherche ou à Stuckley?
- J'ai sorti une map de tout ce qui est isolé
dans le bois dans ce coin-là.
- (Chloé au téléphone): Salut, c'est Chloé.
Laissez-moi votre nom, numéro de téléphone.
Je vous rappelle le plus vite possible.
(soupir)
(pépiements d'oiseaux)
- Il y a quelqu'un?
- Ouais.
- On est quel jour?
- (Mickael): Mardi.
- Il est quelle heure?
(crépitement du gravier)
- Comment il va?
- Ah, il va pas pire, mais il perd les pédales à l'occasion.
- Ouais. Il a aucune idée pourquoi il est ici?
- Non. Il pose pas mal de questions.
- Tu réponds? - Non.
- OK. Je vais lui parler.
- Qu'est-ce que tu fais?
Tu viens pas?
- Bob, je suis pas capable de rejoindre Chloé.
- Depuis quand?
- Depuis ce matin. - Peut-être qu'elle peut pas te parler.
- Elle ferme jamais son cellulaire.
- OK, Milan, je pense qu'il est un peu tôt pour s'inquiéter.
Précipite pas les choses pour pas la mettre dans le trouble.
- Non, non, non. Non.
(sonnerie de téléphone)
- François, j'ai...
j'ai un mauvais feeling, là.
- A propos?
- Chloé.
Es-tu capable de retracer son cellulaire, toi?
- Oui, mais elle va recevoir un texto, là.
- Qui va dire quoi?
- Que quelqu'un essaie d'avoir accès au réseau.
- Avec tout ce qui se passe, c'est pas suspicieux. Vas-y.
- Ca veut dire qu'il cherche, là.
Non, il trouve pas.
(profonde inspiration de Milan)
- Tabarnac!
(soupir)
- M. Beaugrand? - Oui?
- Vous allez bien?
- Ben là!
Vous pensez quand même pas que je vais répondre oui?
(petit rire)
- Vous pouvez marcher?
- Je sais pas.
Je sais pas, j'ai de la misère à me tenir debout.
(croassements)
- Clear.
- On continue.
- Ouais, les choses vont se faire autrement, Mickael.
- Comment ça?
- Ecoute, il est gentil, Thylan,
mais son combat, c'est pas vraiment notre tasse de thé.
Tu vois, nous autres,
on est ici pour régler des vieux comptes
avec certains anciens amis.
Mais malheureusement pour toi, ben,
c'est ici que ça se termine.
- Wô, what the fuck, man? - Lève-toi!
- Hé! - Debout!
- Voyons, comment...
(bruissement des feuilles)
- De ce que je comprends, c'est vous autres
qui avez quand même mis le monde sur la piste de Massoud Salamh.
- Ouais, notre mandat, c'était Thylan Manceau,
mais il y a des informations
qu'on pouvait pas mettre de côté.
- Tout le monde est nerveux sur la colline.
- Ouais, j'imagine.
- Ca se peut qu'on ait besoin de renforts.
J'espère que vous avez du monde en masse.
- On a tout ce qu'il faut.
- OK.
- Ca doit pas être facile.
- Non.
Vous connaissez Denis.
Un courailleux qui aime les femmes,
il est plein de défauts, mais...
c'est un gars généreux.
- Ouais, je le connais un petit peu.
Pas comme vous, vous le connaissez,
mais assez pour savoir
que c'est une caricature de lui-même des fois.
(rire)
Mais ça me touche beaucoup, ce qui lui arrive.
- Il pense la fin du monde de vous, en tout cas.
- Ah ouais?
- Ouais, ouais, faites-moi pas parler.
Vous le savez ben mieux que moi.
(rire d'une jeune fille)
(Elle parle en anglais.)
- Belle robe.
- Pis? - Rien.
On a envoyé quelqu'un au local de Thylan Manceau,
pis il y a rien.
- Attends, les services secrets l'ont relâché?
- En disant qu'il s'était montré coopératif.
Hum! Peux-tu croire ça, toi?
Il y a 3 semaines, ils voulaient le "framer",
là, il est rendu fin comme un ange.
- Que c'est... "le 'framer'"?
- Ouais, ils m'avaient demandé ça.
- Pardon?
- Je te conterai ça une autre fois, là.
Faut que j'aille à l'appartement.
(sonnerie de téléphone)
- OK, dis rien à personne, j'arrive.
(pépiements d'oiseaux)
(stridulations d'insectes)
- (Bob, chuchotant): Go!
Justine, s'il y a plein de monde,
t'es prête à ce qu'on tire dans le tas?
- Faut que j'aille voir, question de guts.
Si c'est trop tight, on sortira.
- Good.
As-tu des nouvelles de Chloé?
- Non.
- Denis?
(marmonnement étouffé)
Denis Beaugrand?
(marmonnement)
Go!
- Est-ce que c'est lui?
- Je vais aller vérifier.
Ca se peut que ça soit un set-up, aussi.
OK, vous reculerez.
Si ça saute, ça va sauter en tabarnac.
- Non, tu rentres pas là.
- Ah, c'est ma job.
OK, attends que je te donne le signal.
T'appelleras Brosseau après.
- C'est vide.
- OK. - On bouge.
- (Justine): Vas-y.
Denis? - Hum!
- Denis?
T'es qui, toi?
- Attention, OK? Mes menottes sont reliées, là.
Attention.
- Ils sont ou, les autres?
- Je sais pas, moi! Fais attention.
- C'est quoi, ça?
Sti!
- Attention!
(longue expiration)
- C'est pas lui.
Non, il y a pas d'explosifs,
c'est de la poudre à ciment pis des feux d'artifice.
Appelle Brosseau quand même.
- D'après toi, penses-tu qu'il était là?
- Mon feeling, c'est que ouais.
On touche à rien, c'est une scène de crime.
On va attendre.
- Attention.
(soupir)
- Je suis fatigué.
- On est arrivés.
Il reste quelques marches à descendre.
(pas approchant)
Attention à la marche.
- (Denis): Aie! Ah!
- Attention à la marche.
- Ah!
(petits cris de Denis)
(respiration saccadée)
- (Massoud): Allez, debout!
- Ah!
Pourquoi on a changé de place?
- Parce qu'on a changé de plan.
- Est-ce qu'il y a quelqu'un
qui va finalement me dire pourquoi vous faites ça?
- En temps et lieu.
- Peut-être que je pourrais vous aider
dans ce que vous revendiquez.
- En temps et lieu, j'ai dit.
(profonde respiration)
- Vous portez pas de cagoule?
- Pourquoi?
Vous aimez pas ma gueule?
(soupir)
- C'est pas prudent.
- A l'heure qu'il est,
tout le monde connaît mon visage.
- Vous êtes rentrés en contact avec les autorités?
- Chaque chose en son temps.
- Vous êtes du groupe de Thylan Manceau, c'est ça?
(petit rire)
- Non.
- Non?
- Je suis un messager.
- Ah bon.
- Je suis ici au nom de mon oncle...
Rafik Allouache.
Mettez la page frontispice devant vous.
- Pourquoi?
- Je vous laisse deviner.
- Son nom, c'est Mickael Loukos.
Un sympathisant de Thylan.
On va l'interroger demain.
- OK, fait que je n'ai plus rien à faire ici.
- Parfait. - As-tu vu Milan?
- Il est mort d'inquiétude.
Il veut lancer un avis de recherche pour Chloé.
- Attendez que je revienne avant de faire ça. OK, merci.
- On aimerait ça, lui parler.
- Nous autres aussi.
- Si je comprends bien,
elle était pas intéressante il y a 2 jours,
pis là, elle l'est devenue.
- Ca arrive, oui.
- Hé. - Ouais?
- Ca va?
- Je comprends pas. - Tu comprends pas quoi?
- Pourquoi ils seraient partis de même à la dernière minute?
Ils le savaient qu'on le savait pour les explosifs.
Tu mets pas un gars
entouré de poches de ciment de même pour le fun.
- Peut-être que le ministre
a rien à voir là-dedans.
- Hum!
- C'est vous, ça, Justine Laurier?
- Ouais. - Vous êtes pas pire.
- Pas pire de quoi?
- On m'a demandé de garder ça secret,
mais comme c'est un peu à cause de vous, tout ça,
le ministre Beaugrand était ici.
- Vous êtes sûr de ça, vous?
- Absolument certain.
Il y a des empreintes partout, même sur la vaisselle.
Mickael Loukos l'a confirmé.
- On a reçu un mandat des services secrets
d'infiltrer le groupe Réseau, dirigé par Thylan Manceau.
Mais ça s'est pas très bien passé.
- Et en quoi les choses se sont mal passées?
- Une pose de micros pis de caméras qui s'est mal terminée.
- En fait, c'est les attentats à la bombe
qui nous ont mis la puce à l'oreille.
Pis moi, j'ai reçu un message, une sorte de minuterie, là,
qui laissait sous-entendre qu'une bombe allait exploser
après un certain laps de temps.
- Et vous nous avez caché ça?
- On le savait, ils nous l'avaient dit.
- Pis vous l'avez gardé pour vous autres?
- C'était pas assez concluant.
- C'était pas assez concluant?
400 livres de nitrate d'ammonium,
90 gallons de nitrométhane,
pis c'était pas assez concluant, ça?
C'a quand même convaincu Mme Laurier.
- (Justine): C'est après que les choses ont dérapé.
- T'as faim?
- Ouais.
- Allo.
Comment ça va?
- Qu'est-ce que tu fais là?
- Je suis venue manger avec toi. T'es pas contente?
- On suivait le déplacement du cube.
On avait l'impression
qu'il voulait faire sauter le camion dans le tunnel.
(soupir)
- C'est incroyable, ça.
(en anglais)
- On l'a su après, Paul.
- Pendant qu'on se concentrait sur le camion, ben,
c'est ici, à la réception, que la bombe a sauté.
- Comme si on s'amusait à nos dépens.
- Et qu'est-ce qui vous a amenés à penser
que le solliciteur Beaugrand était à Stuckley?
- Un boomerang sur le camion.
Pis l'épicerie. - (Homme): L'épicerie?
- Ouais, 800$ d'épicerie.
Quand t'es étudiant,
à moins que tu vives dans une commune,
c'est assez rare.
- (Laurence): Comme ça, tu travailles pour Blue Moon?
On le sait, Chloé.
On sait aussi que William est mort chez toi.
- Il y a quelqu'un d'autre de détenu.
- Ouais, c'est un ami
qui est venu passer quelques temps avec nous.
- Le solliciteur Beaugrand?
- Ha!
Putain, elle est bonne!
T'es vraiment bonne!
Bon.
Assez papoté. On va travailler.
- Les directives du bureau du premier ministre
sont assez claires.
La GRC sera le seul répondant auprès du cabinet du PM.
Ils s'attendent à une étroite collaboration
entre toutes les agences concernées.
- C'a toujours été le cas, Paul.
- J'ai l'impression qu'il y a des gens
qui sont moins généreux que d'autres
quand vient le temps de partager les informations.
Je vous rappellerai
que la vie d'un ministre est en jeu.
En fait, je devrais dire "notre ministre".
- Justine, tu pourras nous envoyer un rapport détaillé
sur ce que vous avez fait depuis le début de votre mandat?
- Sans faute.
(sonnerie de téléphone)
Excusez-moi.
Oui, on est en réunion, là.
Est-ce que c'est urgent?
- Justine?
Es-tu seule? - Non.
- Faut que tu sois seule.
Pis dis pas que c'est moi.
- OK, attends un petit peu, là.
Excusez, je reviens.
Parle-moi, là.
- C'est moi.
- OK, ou est-ce que t'es, là? Tout le monde te cherche!
- OK, écoute-moi ben, là.
J'ai été enlevée.
Je suis avec les ravisseurs du solliciteur Beaugrand.
- Ah! Fuck!
OK, es-tu correcte?
- Les ravisseurs du solliciteur Beaugrand
demandent la libération d'Azza Atmani.
Ils veulent une rançon de 100 M$
pis un avion à leur disposition pour les amener en Algérie.
Tu vas recevoir une photo du solliciteur dans tes courriels.
(respiration saccadée)
- OK, mais...
Pourquoi tu me dis ça à moi?
C'est quoi mon rôle là-dedans?
- Faut absolument que les demandes demeurent secrètes.
Sinon, je vais mourir, Justine.
Comprends-tu? Ils vont me tuer!
- OK, Chloé, est-ce que tu peux me dire si t'es...
(La communication se coupe.)
Chl...
- Merci beaucoup.
- Ah, fuck!
- (Chloé): Les ravisseurs du solliciteur Beaugrand...
demandent la libération d'Azza Atmani.
Ils veulent une rançon de 100 M$
pis un avion à leur disposition pour les amener en Algérie.
Tu vas recevoir une photo du solliciteur dans tes courriels.
(voix enrouée): Faut absolument
que les demandes demeurent secrètes.
- C'a rien à voir avec les étudiants, ça.
- Azza Atmani, une terroriste.
- Ca change tout.
- J'ai besoin d'une copie de ça,
pis de la photo aussi.
- Ca sort pas, cette nouvelle-là.
- Faut parler au premier ministre.
- Pas un mot à personne, Justine.
- Non, non. - Ah!
- (Milan): C'est un enfant de chienne,
monsieur le directeur!
"C'est moi, le seul répondant
"du bureau du premier ministre."
- C'est quand même le patron de la police.
- Il est assez fendant, lui!
- Milan, j'ai pas une bonne nouvelle.
- C'est quoi? C'est Chloé?
- Je viens de lui parler.
Les ravisseurs de Denis Beaugrand
l'ont kidnappée, elle aussi.
C'a rien à voir avec les étudiants.
Ils veulent la libération d'Azza Atmani...
une rançon de 100 M$...
pis un avion pour retourner en Algérie.
Il faut pas que ça sort publiquement parce que...
sinon, il va la tuer.
Je suis désolée.
- On va rapatrier Azza Atmani au Canada.
On va avoir besoin de ton monde pour assurer la sécurité.
- Cette histoire baigne dans le terrorisme.
- Je peux pas rien faire.
- J'aurai besoin de ton aide.
- On va avoir un problème avec Milan.
Quand il pète les plombs, il devient dangereux.
- Mon tabarnac! S'il lui arrive quelque chose, je te tue.
- (Chloé): Non!
(hurlements de Chloé)
Sous-titrage: MELS
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