All language subtitles for 1953.Un caprice de Caroline ch+¬rie (fr)

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Original subtitles

L

"Soldats, sachant que vous teniez le sort du monde entre vos mains,

"vous avez, avec un armement de fortune,

"culbuté la redoutable infanterie autrichienne,

"et déferlé d'un élan irrésistible dans les plaines du Pô.

"Le monde, étonné, redira longtemps vos farouches exploits."

...

- Tu parles d'un 14 Juillet.

Tu prends la Bastille, bon.

C'est une fête nationale, d'accord.

Total : ordre du général.

Tu dois accrocher des guirlandes aux lustres

pour faire danser ces salauds d'Italiens.

C'est les Autrichiens, nos ennemis, pas les Italiens.

Ça revient au même. Ça retire rien à la corvée.

Vous avez vu la générale ? Tu étais chargé de la garder.

Je l'ai perdue. Ça va barder pour toi.

Elle se cavale tout le temps. Pose-lui un fil aux fesses.

Merde ! Merde ! Je l'ai perdue.

Tu as vu la générale ? Non.

Je l'ai perdue. Quelle histoire !

Si tu mets un cierge à saint Antoine, avec une prière,

tu la retrouveras. Pour qui tu nous prends ?

Il n'y a plus de saints chez nous, plus de Bon Dieu.

On est en république.

Alors cherche-la toi-même, vermine.

L

Ma générale ! Ma générale !

Je vous avais perdue. Tu m'as retrouvée.

Maintenant, laisse-nous. Distance réglementaire.

Mais ne vous sauvez plus.

Si je m'endors, réveillez-moi avant de partir.

Entendu.

Qui est-ce ? Un tambour.

Le général l'a attaché à mes traces pour me défendre contre un attentat.

Voyez comme les Italiens font peur aux Français.

Je crois qu'il est jaloux. "Jaloux" ?

Comme c'est démodé !

Vous êtes mariés depuis 6 mois.

C'est pas un reproche, mais vous semblez si ridiculement amoureuse.

Oui, je l'aime, uniquement.

Je ne pense qu'à lui.

Mais malgré cela, lui… llLuill ?

Je m'endors sur l'herbe, alors que je donne mon 1er bal.

Je dois tout surveiller. On était bien, à l'ombre.

Terrible petite Française.

L

P

"Vous teniez le sort du monde entre vos mains.

"Vous avez, avec un armement de fortune,

"culbuté l'infanterie autrichienne."

C'est très joli, mais je préfère les lustres sans les guirlandes.

Le général veut être seul, madame.

Qu'y a-t-il, Caroline ? Je voulais te dire que je t'aimais.

Tu m'as fait peur.

J'ai cru à un attentat.

Et puis on n'entre pas comme ça chez le général.

De quoi ai-je l'air ? Où est l'officier ?

Bousculé. Et ton gardien ?

Je l'ai semé.

Je t'ai interdit de le quitter. Et pourquoi ça ?

La ville n'est pas sûre.

On m'a enlevé une demi-brigade.

Les Italiens le savent. Tu mens.

Tu m'aurais pas donné un petit tambour,

mais un officier.

Même en choisissant le plus laid, tu serais mort de jalousie.

Et ce petit tambour, c'est pour me surveiller.

Parce que tu es jaloux !

Oui, je le suis.

Tu m'as emmenée à la guerre,

car tu étais trop jaloux pour me laisser en France.

Tu conviendras que le passé ait pu me donner des raisons de l'être.

Tu sais ce qu'on leur fait, aux maris jaloux,

depuis que le monde est monde ?

Qu'est-ce qu'on leur fait ? Je serais curieux de le savoir.

Mais rien, mon chéri. Rien.

Je te jure, je n'aime que toi.

Mon idiot chéri. Ils sont mal faits, ces uniformes.

Ils ne sont pas faits pour ça.

Il n'y pas que des parades, dans la vie des militaires.

Je me sens chaste et prude, maintenant.

T'es mon mari. J'ai le droit de te toucher.

C'est bon d'être honnête.

Caroline.… Caroline chérie !

L

P

Que voulez-vous ? Vous ne savez pas frapper ?

J'ai frappé, mon général. Deux fois.

Vous ne répondiez pas.

Qu'est-ce que c'est ? Je viens rendre compte, mon général.

Les patrouilles parcourent la ville.

Les postes de garde sont doublés à chaque porte.

Le rapport

signalant la faiblesse des effectifs est parti.

Madame la générale, je suis à vos ordres

pour l'organisation du feu d'artifice.

Merci.

Cépoys vous attend, ma chère. Ne le faites pas languir.

Cela pourrait lui gâter le teint.

Je n'aurais pas dû dire que le capitaine avait un joli teint.

Je l'aurais aussi bien remarqué chez une femme.

Je n'y pensais plus, mais j'y repenserai en le revoyant.

Si, je vous assure.

Capitaine de Cépoys. Madame.

Le général me disait que vous aviez un teint ravissant.

Le général, madame ?

Il avait tort. Vous êtes trop rouge, capitaine.

C'est inconvenant. Je dois aller m'habiller.

Ce garçon est amoureux de vous.

N'est-ce pas un bonheur, même petit,

qu'un beau garçon vous regarde, tout rouge ?

Paolina, vous êtes le diable.

Sachez que ça ne me fait pas plaisir.

Le roi dit : "Nous voulons." Et voyez où ça l'a mené.

Je cours m'habiller.

Ne soyez pas en retard.

Vos Italiens me font peur.

Jeannette !

Jeannette !

Vite, mon bain. Vos robes sont prêtes.

Oh, je voudrais toutes les mettre.

Vite, Jeannette !

Oh, ce que c'est joli !

Si Madame tourne, je peux pas faire vite.

Ah, j'ai oublié de dire à Madame…

Le danseur attend Madame dans le boudoir.

Le "danseur" ? Quel danseur ?

Le célèbre Livio, qui organise les ballets de ce soir.

Il dit qu'il n'organise jamais de ballet

sans avoir pris ses ordres auparavant.

L'eau de Cologne !

Dis-lui que Madame est dans son bain, pleine de savon.

- Mais il faudrait tout de même que je lui parle.

Mon Dieu, qui êtes-vous ? Où êtes-vous ?

Ça y est, c'est l'attentat. Je n'ai pas mon tambour.

Jeannette ! Jeannette !

J'ai horreur des cachotteries. Montrez-vous.

Non ! Non, ne vous montrez pas ! Mais où êtes-vous ?

Je suis dans votre boudoir,

afin de prendre vos directives pour le bal,

sur l'ordre du général de Sallanches.

C'est le danseur. Monsieur, je suis dans mon bain.

J'attendrai. Je n'ai pas une minute.

Jeannette, ferme la porte. Monsieur est dans le boudoir.

En fermant la porte, notre chance de parler nous échappe.

Je devrai me retirer.

Je dois parler à la maîtresse de maison.

C'est inconvenant. Qu'est-ce qui est "inconvenant” ?

Je ne peux absolument pas vous voir.

Nous parlerons

seulement de questions artistiques.

C'est inconvenant. Je suis nue.

Je n'ai jamais parlé à un homme nue, sauf à mon mari.

Et ça ne vous regarde pas.

Je ne suis pas un homme, tout au plus un maître de ballet.

De grandes dames s'habillent devant leurs laquais.

Vous êtes très vieux et très laid ?

Très vieux, madame, et très laid.

Dans ces conditions, parlons. Mais ne bougez pas.

Ou j'appelle ma garde.

J'ai toujours une douzaine de grenadiers

qui veillent sur ma personne.

Forcément, la femme du général…

Qu'est-ce que vous vouliez savoir qui ne puisse attendre ?

Le caractère que vous souhaitez donner à votre fête.

Il serait navrant

que les pas ne soient pas en harmonie

avec le ton rêvé pour votre bal.

Nous avons des ballets tout prêts.

Votre avis m'est indispensable.

Est-ce une fête galante, une fête amoureuse

que vous souhaitez ?

Non. Pas sous ma robe de bal. Vous ne m'avez jamais vue,

n'est-ce pas ? Jamais, madame.

Je suis moi-même très vieille et très laide,

donc très respectable.

Il y aura les plus jolies femmes.

Je ne veux pas les ennuyer.

Je veux quelque chose de très digne et de très gai.

Très bien, madame. Je suis fixé.

Je vous réserve même une heureuse surprise, ce soir.

Ah ! Vraiment ?

Mais je croyais que vous étiez très vieux et très laid.

Je croyais que vous l'étiez aussi, madame.

Nous avons menti

tous les deux, voilà tout.

Madame me dira quand elle voudra que je la coiffe ?

Je parle avec Monsieur.

La glace !

Oh, vous !

Musique.

...

Qu'est-ce qu'ils foutent ?

À vos rangs, fixe !

Cépoys.…

Ça sent mauvais. Nous n'avons pas de troupe.

Les Italiens ont l'habitude de venir en retard, c'est tout.

Ça nous permet de profiter du buffet.

Je suis trésorier de la brigade. Je traite des sommes importantes.

Vous n'avez que votre peau à sauver.

Moi, mes caisses sont lourdes.

Donnez-moi à boire.

Vous mangez salement, capitaine.

On ne va pas attendre toute la nuit.

J'ai envie de danser, moi.

Quelle heure est-il ? Bientôt minuit.

Ils ne viendront plus.

Comment se fait-il que Paolina elle-même ne soit pas venue ?

Voilà que les autres s'arrêtent, maintenant.

Caroline, prie encore une fois le danseur de danser.

Envoyez Cépoys. Je ne tiens pas à voir cet homme.

Son sourire me déplaît. J'ai envoyé Cépoys 3 fois.

Toi seule, maintenant, peux le décider.

Je me moque de son sourire.

C'est un ordre, Caroline.

Ces cochons ont beau ne pas venir, il faut absolument faire cette fête.

Je veux que ce soit très gai ou vous aurez affaire à moi.

Qu'est-ce que c'est ?

Lambert, venez avec moi.

Vous autres, avertissez-moi dès qu'il en paraîtra un.

Je vais leur apprendre à ne pas venir à mes bals.

Celui que vous tiendrez, justement, il sera venu.

Il paiera pour les autres !

Madame, permettez-moi d'insister, c'est un ordre.

Si un tête-a-tête avec cet Italien vous fait peur,

je peux vous offrir mon bras et mon sabre.

Je sais ce que c'est qu'un ordre. Je ferai mon devoir toute seule.

Raté !

Tu ne te feras jamais remarquer d'elle.

Cette femme ne te voit même pas. Elle a autre chose en tête.

C'est quand les femmes ont l'air de ne pas vous voir

qu'on est sûr de les tenir.

La loge du danseur, s'il vous plaît. Par ici.

Si j'ai bien compris, il faut rire ?

On peut tout de même pas danser ensemble.

Messieurs, j'ai une idée !

L

P

Le signor Livio, s'il vous plaît ?

Signor Livio ?

Nous sommes quittes, maintenant.

Ne vous sauvez pas.

Ai-je eu peur tout à l'heure ?

L'Italie est peuplée de statues qui n'ont même pas de feuilles de vigne.

Que puis-je pour vous, madame ?

Cette fête ne s'annonce pas très bien.

Nos invitations portaient pourtant 22 h.

Pouvez-vous danser encore, pour créer l'ambiance ?

Nous ne pouvons pas danser toute la nuit.

Mais il n'y a personne. En attendant.

"En attendant” quoi ? Il risque de n'y avoir personne.

Nous avons invité la noblesse. Ce serait impoli.

Il est également impoli d'entrer dans un pays qui n'est pas le sien.

Comment ?

Mais je me fais peu d'illusions sur le patriotisme de la noblesse.

Elle sait que la ville sera délivrée cette nuit,

et qu'elle sera pendue si on la voit ce soir chez vous.

Personne ne viendra.

Vous risquez gros si je répète au général

ce que vous avez dit. Vous ne le répéterez pas.

Vraiment ? Et pourquoi ?

Si je vous le dis, vous vous croirez obligée d'être indignée.

À cause d'un petit secret qu'il y a eu entre nous,

et sur lequel les hommes ne se trompent jamais,

même si nous n'avons aucune chance de nous revoir jamais.

Dois-je être plus précis ? Vous l'aurez voulu.

Vous aussi.

Oh, vous ! Eh oui, toujours moi.

C'est tout ce que vous savez dire ?

Et si je vous faisais fusiller ?

Il est bien tard pour mettre ce projet à exécution.

Et si par hasard, un jour, l'occasion s'en présentait,

moi, je vous promets de vous faire grâce,

à cause de notre petit secret.

Musique.

S

Messieurs, voici le premier invité.

Non, merci. Sans façons.

Madame, pour animer cette fête, la cavalerie vous présente Cépoys.

Elle est trop aimable, capitaine.

Votre cheval vous suit partout ?

Il a insisté. Il a dû entendre parler de vous.

Je crois qu'il est un peu centaure.

Gardez vos distances, mon ami.

J'ai pensé qu'il ferait nombre à ce bal.

Nous allons le faire danser. Musique, s'il vous plaît.

Eh bien, musique, voyons !

Musique.

Qu'est-ce donc ? Un feu d'artifice ?

On aurait pu l'économiser. Allez voir.

Général, je suis inquiet.

Depuis que le général Masséna a emprunté une demi-brigade,

je fais les feuilles de paie.

Je sais qu'on est 325 hommes,

en me comptant, moi qui ne guerroie qu'avec les chiffres.

Si la ville se révoltait ce soir, que feriez-vous ?

Se révolter avec quoi ? Ils ont rendu leurs armes.

Ils vont faire la guerre avec des choux !

- Halte ! Pas si vite !

Arrête ou je tire !

Je tire ? Tire !

Eh bien, messieurs ? Vous avez la fièvre, capitaine ?

J'essayais d'animer un peu cette soirée.

Vous avez certainement la fièvre.

Demain, vous prendrez les arrêts à l'hôpital.

Mais puisque vous êtes en selle, filez au poste de Santa Maria.

Je vous donne 5 minutes pour me dire de quoi il s'agit.

Vous avez entendu, général ?

Jusqu'à preuve du contraire, je n'ai entendu qu'un feu d'artifice.

Et des cloches !

Veuillez danser, monsieur.

Nous apprécions beaucoup la danse.

Nous vous regardons.

C'est un ordre !

Je tire sur celui qui ne danse pas.

Masques !

Musique.

Musique.

…

…

J'ai peur, mon chéri.

Sors discrètement. Monte à ta chambre.

Prépare-toi à partir.

Je t'enverrai chercher dans 10 minutes.

C'est le feu d'artifice, mon capitaine ?

Mais non ! C'est l'insurrection.

Ces civils inventent n'importe quoi pour nous empoisonner la vie.

Déchargez-moi ça ! C'est ma charrette !

Gardez-la-moi !

Rechargez-moi ça ! C'est la charrette du trésorier.

Je m'en fous ! Allez, chargez ! Vite, dépêchez-vous !

Allez ! La grosse, ici !

Déchargez-moi ça ! C'est ma charrette !

Vous serez punis !

Mais… Vous aurez le double !

Compris, mon général.

Les insurgés sont maîtres de la ville.

Je ne vous ai pas attendu pour l'apprendre, capitaine.

Vous avez un moins joli teint. Vous êtes rouge.

J'ai galopé. Vous allez galoper encore.

Vous êtes bon cavalier, non ? Oui, général.

Vous allez faire de la navigation.

Les insurgés gardent tout.

Mais Dieu merci, ils ont oublié le port.

Nous y avons quelques embarcations.

Prenez la plus petite et débarquez où vous pourrez hors de la ville.

Trouvez la route de Milan et portez ce pli au général Masséna.

Bien, général. Un mot encore.

Je vous autorise à pénétrer en barque dans le bureau du général.

Il est au deuxième étage. Merci, mon général.

Merci.

Tâchez de parvenir à l'église San Amandio.

Que le poste se rallie à la citadelle.

Tout le monde a commencé à évacuer le palais.

Nous perdons du temps. Je ne vais pas laisser mes robes ici.

Je les emporte. Allez, filez.

Je partirai avec le général.

Un amour de petite robe comme ça,

ils s'en tailleraient des drapeaux.

PN

P

L

Enfin, je vais quand même pas descendre les malles toute seule.

Léo ?

Constant ?

Pietro ?

Pietro ?

Depuis la Révolution, on peut plus se faire servir.

Pietro !

Que faites-vous là ?

Vous avez sonné, j'accours. Puis-je vous êtes utile ?

Oui.

Je voulais faire descendre ma malle.

Pensez-vous être assez fort ? Qui.

Mais vous devriez la laisser.

Dans 10 minutes, nous prendrons le palais.

Je venais m'assurer que vous étiez partie.

Votre mari est encore en bas. Courez le rejoindre.

Et comme nous ne nous reverrons sans doute jamais…

Je vous défends ! J'ordonne !

J'exige…

C'est odieux.

C'est toujours odieux, les révolutions.

Mais les autres, ce n'est pas de vous embrasser qu'ils auront envie.

C'est pour ça que je suis revenu.

Qu'elle est gentille !

Allez, filez vite, maintenant.

Et bonne chance, madame.

Je vous rejoins. Je pars avec la dernière escouade.

Vous allez vous faire un punch ?

Je crains d'avoir pris froid.

Je tiens à protester solennellement.

De par mes fonctions, je dois pas me trouver en 1re ligne.

Or je m'y trouve. Mais je vais agir selon les formes.

Voici la note que j'appose à la porte de mes bureaux.

"Il est porté à la connaissance des officiers de la 2e demi-brigade

"que le trésorier-payeur,

"le feu étant ouvert, ferme ses bureaux.

"Quand le feu aura cessé, il les rouvrira.”

Je proteste, mon général ! Solennellement !

Tout ça n'est pas réglementaire.

N'ayez pas peur.

C'est la citadelle qui tire sur la ville.

Courez à la grille et rejoignez la dernière escouade.

Je finis de brûler mes papiers.

...

Caroline ! Qu'est-ce que tu fais là ?

Je t'avais conduite à la grille. Ne crie pas, mon chéri.

Je vais tout de même pas laisser mes robes ici.

Tu es revenue pour voir Cépoys. Il ne s'agit pas de Cépoys.

Je ne sais pas comment nous allons sortir d'ici.

Viens vite.

Qu'est-ce que tu fais là, toi ?

Le lieutenant m'envoie vous dire qu'il faut partir.

Mon général ! Qu'y a-t-il ?

Maclard est débordé. Il se replie sur nous.

Attends-moi. Je reviens tout de suite.

Attendez, attendez. Il ne faut pas avoir peur.

Ça fait un peu de bruit au début, mais c'est rien.

Caroline, monte vite !

Mais je peux pas monter à cheval.

Mais pars, mon chéri, va-t'en.

Où est ton amazone ? Je ne sais pas, dans la malle.

Il te faudrait un habit d'homme. J'ai ma tenue dans mon barda.

Donne-la vite !

La guérite.

Déshabille-toi là-dedans.

Je vais t'aider à passer l'uniforme.

Ta robe, vite !

Mais tu es toute nue ! Sous une robe de bal,

je peux pas porter de caleçon.

- Ta culotte, toi !

Je n'y arrive pas. Je vais t'aider.

Mon général ! Quoi ?

Il faut chercher une autre issue sur la carte.

Je vous suis.

Le tambour va te donner ses habits.

Aide-la, mais ferme les yeux !

Passe-moi tout ça, mais ne regarde pas.

Par quoi dois-je commencer ? Par la chemise.

Pas si loin, je peux pas les prendre. Ouvre un peu les yeux.

Zut ! J'ai mis ma culotte à l'envers.

La braguette devant, ma générale. Facile à dire.

Allez, entre et aide-moi.

Si tu me touches par mégarde, ne pense à rien.

Oser tirer sur un trésorier-payeur général !

C'est plus la guerre, c'est un massacre.

Qu'est-ce qu'ils font, ces deux-là ?

Soldats, je suis le trésorier-payeur de la dernière brigade.

Je ne suis pas armé, je vous somme de me faire escorte.

Madame la générale ? Oui. J'ai un mari terrible.

Il manquait de troupes, alors il m'a mobilisée.

Vous êtes encore là ? Prenez-le en croupe, caporal.

Je proteste !

Je suis assimilé au grade de chef de bataillon.

J'ai droit à un cheval personnel.

Allez, allez, montez ! Aidez-le.

Demi-tour !

En avant !

À droite. Non, à gauche.

À droite, on passe par la ville. On aura du mal à en sortir.

Silence.

Pied à terre.

Une femme chante.

…

Attrapez-la-moi.

Elle nous conduira de gré ou de force.

…

Pas un mot !

Des Français ! Vous êtes fous de vous balader ici.

Vous allez vous faire zigouiller. Chut ! On préfère éviter.

Mais c'est Ida !

Tu me zigouillerais, toi ? Après tous nos baisers ?

Gustave !

Depuis hier, je me demandais ce que t'étais devenu.

Viens chez moi, je vais te cacher.

Non, je suis avec les copains. Je peux pas les laisser.

On doit rejoindre la citadelle. On s'est perdus.

Vous vous êtes perdus ? C'est drôle ! Comment ça ?

Si vous nous aidez, vous serez récompensée.

Mince alors ! Le général !

Sûr que je vais vous conduire.

Les militaires sont de bons clients.

Tous en selle !

Prenez-la en croupe.

Avec plaisir, mon général.

Allez, tu grimpes ?

Pour une fois que je peux me payer un général…

Vous permettez, mon général ?

Eh ben, mon petit, aide-moi.

Si t'as vu mon cul, c'est mon pourboire.

La citadelle, à gauche, là-bas.

Impossible de passer par là.

On doit retourner en arrière. Nous sommes coupés.

Je connais bien le quartier.

La citadelle est de l'autre côté. Y a qu'à sauter le mur.

Laissez les chevaux et sautez le mur. Rassemblement de l'autre côté.

Sautez le mur. Rassemblement de l'autre côté.

Sautez le mur. Rassemblement de l'autre côté.

Musique.

…

Ils occupent la maison.

Drôles de bonshommes.

Ils se révoltent, jouent du Mozart, dansent, comme ce Livio.

J'en ai assez.

Tu m'expliqueras ça quand on sera arrivés.

Si on rencontre une patrouille, chacun progresse seul.

Attention !

Ça y est, je suis morte !

Caroline !

Viens. Non, ne bouge pas. Ne parle pas.

Nous sommes bien.

Si nous passions tranquillement la nuit ici ?

Ils patrouillent partout, maintenant.

Allez, allez.

On va encore trancher ? Plus question de traverser le parc.

Il faut se cacher quelque part avant l'aube.

Mais où ? Paolina.

Eh bien ? La fontaine devant son palais.

Nous y sommes passés tout à l'heure. Viens.

Et les autres ? Ils ont dû réussir à passer.

Paolina, c'est nous.

Que faites-vous ici ?

Nous vous rendons visite.

Général, où sont vos armées ?

Mes armées ont évacué la ville.

Et j'ai été coupé de la dernière escouade.

Mais je ne peux pas vous abriter. Vous voyez, je pars.

J'ai pu me procurer un laissez-passer.

Mais j'ai une cousine un peu folle et charmante.

Je vais vous conduire chez elle.

Nous montons ou nous descendons ? Descendez.

- Mon Dieu !

Où est le palais de la comtesse ? La deuxième à droite.

Merci.

Fallait pas m'attendre.

J'en peux plus ! J'en peux plus !

Ici, ça ira. Nous ne devons pas être loin du palais.

Ma chérie. Ma chérie.

Ne bouge pas.

S'ils nous avaient vus, ils auraient tiré.

Et s'ils avaient tiré, lla même balle nous aurait tués tous les deux.

J'ai pas eu peur, tu sais.

Caroline chérie !

Dire qu'on était heureux et qu'on ne le savait pas.

On ne pensait qu'à se disputer.

S'il faut une révolution pour nous mettre d'accord,

l'Europe n'y suffira pas.

Jamais plus, mon amour. Jamais plus.

On verra.

Ils sont loin.

Partons !

Il y a une fenêtre ouverte. Ça doit être là.

On risque ? On risque.

Qu'est-ce qu'on va leur dire ? On verra bien.

Pas de réponse.

J'en jette un autre.

Tu crois qu'elle est jolie ? J'espère.

Pourquoi "j'espère" ? Tu ne comptes pas lui faire la cour ?

Mais.… vous êtes français !

Que voulez-vous à la comtesse ? Que faites-vous là ?

Qui êtes-vous ?

La comtesse Paolina Ruccelli est notre amie.

Nous venons voir la comtesse de Montelone.

Mais ne faites pas de bruit. C'est une surprise.

Fais-la, ta petite voix doucereuse.

Tu as l'air malin. Tu veux une mandoline ?

C'est pour pas lui faire peur. Elle te plaît ?

C'est la servante. C'est toujours ça de pris.

Ah, les hommes !

Signor, voici madame la comtesse Clelia di Montelone.

Qui est là ? Qui êtes-vous, monsieur ?

Un ami de votre cousine, madame. Elle m'a assuré de votre discrétion.

Je suis le général de Sallanches. Le "général" ?

Vous êtes le général ?

Mais je vous connais très bien.

Je vous ai vu passer un matin sur votre cheval.

Vous étiez tellement… Vous étiez si merveilleusement…

Et votre cheval était magnifique !

Quelle bête de général !

J'envoie ma camériste vous chercher tout de suite.

Tu vois ?

Tu aurais préféré qu'elle nous laisse dehors ?

Mon général, c'est une pure folie que je fais.

Je ne m'occupe pas de politique.

Il faut vraiment que vous me soyez très.… très sympathique.

Qui est-ce monsieur ? Mon tambour.

Un général et son "tambour" ? Un vrai titre de roman.

Il est gentil, votre tambour. On dirait une fille.

Vous recevoir ici,

et en pleine nuit…

Vous réalisez ce que vous me faites faire ?

Quand la comtesse Ruccelli m'a dit votre nom,

j'ai compris que j'étais sauvé.

Une intuition sans doute. "Une intuition" ?

Vous croyez aussi aux intuitions, général ?

Vous ne me connaissez même pas.

Le jour de cette revue où vous vous trouviez à votre balcon,

j'avais été, moi-même, si impressionné par votre vue que…

Ma foi, autant vous l'avouer.

J'avais eu l'audace de m'informer de votre nom.

Vraiment, général ? Vous m'aviez remarquée ?

En pleine revue ? Qui, madame.

Les militaires ne sont pas des brutes mais des poètes.

J'ai tout de suite pensé : "C'est elle qui me sauvera.”

- Chekina, n'est-il pas dangereux

de les mettre dans l'appartement de feu le comte ?

- Ce serait trop dangereux.

Il faut les loger dans la chambre entre nous deux,

s'ils veulent bien dormir ensemble.

Oh, ces mouches !

J'ai eu juste le temps de me cacher.

C'était ça, ou un soldat français tout nu.

Ça t'aurait fait peur ?

Ça vous a pas fait tout drôle de coucher avec le général ?

On s'y fait.

Que fais-tu là, Caroline ? Il doit être très tard.

Allons ! Bon !

Il ne se rappelle plus de rien. Le voilà qui appelle sa femme.

Ah, c'est vous, tambour ? Que faites-vous dans les rideaux ?

Pas encore en tenue ?

Je me rendais compte de la position de l'ennemi.

Quelle heure est-il ? 10 h, général.

On n'osait pas vous réveiller.

Qu'est-ce qu'ils ont à brailler ? C'est la fête de la libération.

"La libération" ? Quelle libération ?

Ah oui !

Pour eux, c'est la libération.

Dois-je apporter de l'eau chaude et deux rasoirs ?

Un seul. Monsieur ne se rase que tous les 8 jours.

Monsieur doit venir dès qu'il sera prêt chez Madame.

L'armée française est venue et a été chassée.

Une armée ? Chassée par ces amateurs ?

De combien d'hommes ? Au moins 50.

Tous des cavaliers. Ouf !

Vous avez compris, tambour ? C'est une reconnaissance

de Masséna, qui tâte le terrain. Tout va bien.

Seulement, Giuseppe, le portier, vous a vus entrer hier soir.

Il veut vous dénoncer.

Il dit à Madame de vous renvoyer ou tout le monde sera pendu.

Madame a peur. Et si Madame a peur…

Mon rasoir, tout de suite.

Je suis ici chez moi !

J'y fais ce qu'il me plaît !

De mon temps, quand un valet se montrait impertinent,

il recevait 100 coups d'étrivière. Tu entends ça, Giuseppe ?

Mon patriotisme… - Son "patriotisme" !

C'est quoi, ce mot ? Une invention des Français.

De mon temps, on était fidèle à son prince, voilà tout.

Tu as envie que nous soyons pendus ?

Je m'excuse, marquise, je ne comprends pas le français.

Ah, général !

Nous sommes très ennuyés.

Si vous restez, on sera pendus. J'en serais navré. Qui dit ça ?

Lui !

Il dit que son patriotisme l'oblige à aller dire

que vous êtes caché ici.

C'est très honorable. Je vous félicite, mon ami.

C'est très beau, d'être patriote et de mourir pour son pays.

Je serai dans la triste obligation de vous tuer

avant que vous me dénonciez, par patriotisme également.

Non !

Je ne voudrais pas effrayer ces dames

ni tacher cette ravissante chambre.

Où puis-je me mettre, madame, pour faire ça tranquillement ?

Vous êtes terrible, général !

Vous n'allez pas le tuer ? Il veut me dénoncer, lui.

Mettez-vous à ma place. Vous êtes terrible !

C'est mon métier, madame.

Ce n'est qu'un petit moment désagréable à passer.

Général, c'est comme dans les romans.

Je crois que je ne pourrai pas supporter.

T'affole pas, mon vieux. J'ai encore un bras.

Et ne bouge plus !

Donnez des sels à la comtesse et étendez-la.

Le directoire a mis ma tête à prix ? Oui, général.

Combien ? En francs français, près de 10000 F.

Bien.

Madame, revenez à vous.

Où suis-je, général ?

Chez vous, sur votre lit, et dans mes bras.

Je vais vous poser une question indiscrète.

Je suis momentanément sans argent.

Pouvez-vous me prêter 10000 F ? C'est pour éviter d'être pendus.

10000 francs ? Mais certainement, général.

Je dois avoir cette somme dans mon secrétaire.

Chekina.…

Vous avez perdu au jeu, général ?

C'est à peu près ça, madame.

U uE N

On va jouer à un petit jeu.

Je ne comprends pas très bien le français.

Pas besoin de bien comprendre.

C'est un jeu tout simple.

Je suis sûr que tu sais y jouer.

Quelle main ?

Madame, je n'ai pas eu le plaisir de vous être présenté.

Général de Sallanches.

Où avais-je la tête ?

La marquise de Montelone,

ma belle-mère et son fils.

Enchantée, jeune homme.

Mon fils était, de son vivant, le plus grand patriote du pays.

Je ne peux donc en aucune manière sympathiser avec vous.

Vous m'avez beaucoup amusée, pourtant.

Si on vous fusille, exigez de ma part

qu'on ne tire pas à la tête. Ce serait dommage.

Vous êtes charmant.

Général, vous êtes un homme extraordinaire.

Mais, décidément, les révolutions ne sont pas faites pour les femmes.

Je suis si craintive.

Je vais m'évanouir encore une fois.

Je ne le crois pas.

Ça dépend de vous, général.

Laisse. C'est un travail d'hommes, ça.

Pourquoi me regardes-tu avec de grands yeux comme ça ?

Parce que je sais pourquoi vous êtes triste.

Ah, tu sais ? C'était fatal.

Elle sent si bon, la comtesse, et elle s'habille si bien.

Vous êtes amoureux d'elle, n'est-ce pas ?

Moi ?

Mais la comtesse est amoureuse du général.

Elle ne vous regarde même pas.

C'est pour ça que vous êtes malheureux.

Elle est amoureuse du général ? Tu l'as remarqué aussi ?

Tout le monde l'a remarqué, ici.

Sans ça, ça lui serait égal qu'on le fusille.

Elle n'est pas bonne, Madame.

C'est pas raisonnable de vous mettre dans des états comme ça.

Un général, c'est fait pour une comtesse,

et un petit tambour, c'est fait pour une petite servante.

Oh, Chekina, tout de suite, pour me venger, si je pouvais.

Mais je peux pas.

Je te défends de retourner auprès d'elle.

Et dis-lui que je suis ta femme.

C'est le meilleur moyen pour qu'elle nous jette dehors.

Il faut être juste.

Elle risque gros. Ils visitent toutes les maisons.

Je m'en moque. C'est bien fait pour elle.

Général, il recommence ! Qui ?

Giuseppe.

Il dit qu'il a des scrupules. Ils ont l'air d'accord avec lui.

Viens avec moi.

Où sont-ils ? Dans le petit boudoir.

Les autres ne se doutent de rien ? Non.

Regarde dans l'escalier s'il n'y a personne.

L'argent, l'argent…

Ça n'efface pas les remords.

Général ! Il dit qu'il a des scrupules moraux.

"Des scrupules moraux”" ? Ça te gêne beaucoup ?

Ça me gêne tant que j'ai envie d'aller à confesse.

Tu fais des progrès. Tu parles bien français, maintenant.

Dans les moments graves. Que veux-tu confesser ?

Ses scrupules…

Que j'en aie, Moi, que mon fils en ait, passe,

mais un domestique…

Giuseppe, après tout l'argent

que je t'ai donné. Ça ne compte pas à côté du devoir.

Mais tu l'as accepté. Sous la menace.

Depuis, j'ai réfléchi. Ça ne compte pas…

J'ai peur d'aller en enfer si je ne fais pas mon devoir.

De mon temps, il eût fait fortune.

Si vous le renvoyez, Clelia, je le prends à mon service.

Ils sont tout près. Que va-t-on faire ?

Il vaudrait peut-être mieux que vous leur disiez que vous êtes là.

Les cordons de rideaux, vite !

Mon général,

je vais m'évanouir. Tout à l'heure.

Madame, j'agis en ma qualité de général.

Tout est régulier.

Je fais mes arrestations moi-même par manque de personnel.

Je dois vous mettre au secret, ainsi que votre fils et Madame.

Où est ton placard, Chekina ?

Veuillez entrer.

Mon tambour, un garçon résolu, vous tiendra compagnie.

C'est ça, la fameuse galanterie française ?

Elle est propre, votre Révolution.

Jamais un général de Louis XVI n'aurait osé me parler ainsi.

C'est pour ça qu'ils ont tous fini guillotinés.

Allez ! Pas de pitié, tambour.

Au moindre mot, couic !

Aidez-nous, comtesse.

Vous n'avez plus le temps de vous évanouir.

Le clavecin, devant la porte.

Les autres ne savent rien ? Non.

Giuseppe ne voulait pas partager.

Montons dans votre chambre.

Cache mes effets en lieu sûr. Il y a une cache dans ma chambre.

Voilà, tu vas leur dire

que la comtesse…

Vive le comte de Montelone ! VIVE LE COMTE DE MONTELONE !

Un homme là-bas.

- Luciano ! Oh, Chekina !

Vous ne pouvez pas visiter la maison. Madame dort.

C'est la règle, Chekina.

Bien sûr, la comtesse ne cache pas de Français.….

C'est que Mme la comtesse, hier soir…

Écoute, je vais te dire.

Camarades…

Camarades, c'est difficile à dire… Mais le peuple aime l'amour.

Voilà 1 an que la comtesse est veuve. Et hier soir, un des nôtres…

Mais chut, c'est un secret. On peut pas les réveiller.

M'autorisez-vous à aller vérifier tout seul ?

OUI...

Qui est-ce ? C'est moi, Chekina.

Tu as une robe à me prêter ?

Vous voulez vous déguiser en fille ? C'est le seul moyen de partir.

Mais s'ils s'en aperçoivent, ils vont vous tuer.

Ils ne savent plus ce qu'ils font. Allez, donne vite.

Allez, donne.

Qu'est-ce que c'est ?

Les bandits ! Mon feu d'artifice !

Donne.

Regarde les lumières et ne te retourne pas.

Voilà. Tu peux te retourner. Tu vois, c'est réussi.

Ce que vous êtes beau en fille !

Je suis joli, hein ? Tenez.

Comment vous avez fait ? Je me suis débrouillé.

On est malins, dans l'armée.

Tu as du rouge ?

Dis-moi, tu sais où habite le signor Livio, le danseur ?

Non, je ne sais pas.

Comment dit-on en italien : où est la maison du danseur Livio ?

Merci.

Adieu, Chekina.

Je ne vous verrai plus ?

...

Musique populaire.

…

…

Lâchez-moi !

Lâchez-moi !

Aidez-moi !

Je ne veux pas !

Au secours !

Imbéciles !

...

Livio.

C'est moi que cette femme demande.

Venez, madame.

Alors ? Qu'êtes-vous venue faire ici ?

Votre mari vous envoie ? Vous êtes fou.

Même les plus fiers en arrivent là quand ils sont dans l'embarras.

Il vous a dit : "Va lui parler.”

En espérant que vous ne le payiez pas trop cher.

Qu'attend-il de moi, le général ?

Il est à la citadelle. Demain, il reprendra la ville.

Il n'attend rien de vous. Erreur.

Un fruit confit ?

Il n'a pas pu atteindre la citadelle.

Il se terre quelque part. Nous le savons.

Vous lui avez parlé de ma promesse,

il vous envoie me demander de la tenir.

Vous auriez pu me faire fusiller.

Voici un laissez-passer, madame.

Les hommes sont bêtes, avec leurs histoires.

Ils croient que les femmes s'y intéressent.

Je vais repartir.

Voulez-vous savoir pourquoi

j'ai parcouru seule la ville ?

Je serais curieux de l'apprendre. Asseyez-vous.

Mon mari est entre les bras d'une petite comtesse italienne

qui nous a donné asile.

Je viens me venger.

Ça m'est très sympathique.

Ce qui est de mauvais goût de la part du général,

c'est de vous avoir laissée.

J'ai eu beaucoup de femmes.

Je suis la bête de somme de ces dames.

On ne résiste pas à Livio.

C'est depuis que je les méprise que je les ai.

J'étais un petit garçon tendre et qui se mourait d'amour.

Elles se moquaient de moi.

J'ai appris à ne plus rien donner de moi.

Ainsi va le monde.

Vous êtes bien ? Oui.

J'ai eu si peur, tout à l'heure. Quelle étrange nuit.

Moi aussi, je suis bien.

Vous avez raison. C'est une étrange nuit.

C'est ma nuit.

Écoutez.

PN

Écoutez mon peuple qui danse et s'enivre.

P

On m'a élu chef du directoire insurrectionnel.

Cela ne vous semble pas étrange ?

Un obscur petit danseur,

alors qu'il y avait des nobles, l'évêque, des officiers…

Vous savez pourquoi ?

Il n'y a pas d'armée autrichienne en marche sur la ville,

ainsi qu'on le raconte.

Ce sont les Français qui entreront dans la ville.

Et je serai fusillé.

Oh non. Si.

Les personnages importants le savent déjà.

C'est pour ça que je suis seul cette nuit.

Je ne veux pas que tu meures.

C'est gentil, les femmes.

On les accuse toujours, et c'est ce qu'il y a de plus gentil.

Tu ne veux pas que je meure car je ne t'ai pas touchée.

Alors tu te fais tendre comme ma petite sœur.

Voilà, c'est tout.

Puisque tu es si tendre, tu me donneras autre chose.

Que voulez-vous ?

La seule chose qui me ferait plaisir avant de mourir.

Je sais où est ton mari.

Le portier Giuseppe s'est échappé. Il me l'a livré.

N'aie pas peur.

J'ai fait enfermer cet homme. Je suis seul à savoir.

Je ne veux pas la mort du général.

Mes hommes risquent de le tuer, malgré moi.

Seul, on me dira qu'il n'est pas là. Il faut que je lui parle ce soir.

Si tu veux m'aider, signe-moi un mot

afin qu'il accepte de me recevoir.

Pourquoi ?

Les Français seront là demain. La répression va commencer.

J'ai 150 soldats en otage. Je les sauve, cette nuit.

Ton mari choisira les têtes qu'il voudra parmi les chefs.

Je lui demande en échange de sa vie et de celle des soldats

la grâce des petites gens de la ville,

qui n'ont rien fait et qui vont payer, eux.

Tu peux dire oui. Tu peux dire non.

Merci.

La citadelle, c'est la tache au nord.

Au-dessus du bois. Bien.

Combien d'hommes ? 2 compagnies et 4 canons.

Prenez 4 hommes. Ordonnez de tirer.

Tentez une sortie par Santa Maria dès que possible.

Bien, mon général.

Dessieux, votre escadron, par la route du nord-ouest.

Le reste de la demi-brigade enveloppe la ville par le sud.

Restez ici.

Dès qu'elles sont en bas, prenez le pont.

...

Sabres !

Feu !

Ne tirez pas !

Monsieur l'officier…

Halte !

Votre général est chez la comtesse de Montelone.

Les insurgés le menacent.

De Montelone ? Je la connais bien.

Mme de Sallanches est chez les insurgés.

Tu sais où c'est ?

Chez le danseur Livio.

Lieutenant Verdier, cet homme vous guidera.

Attaquez le quartier général des insurgés.

Je vous y rejoins.

Qui, mon capitaine.

En avant !

La ville est rendue. Les Français arrivent.

Remettez les armes au siège du comité central.

Tu nous as vendus aux Français.

On nous poursuit.

Prends ce châle, veux-tu ?

Tu sauras descendre par la corde ?

Allez, enjambe.

T'as peur ? Non.

Le chemin est libre.

Mission remplie. C'est pas trop tôt.

Vous devez connaître le repaire de ce Livio.

Venez avec moi. Nous y allons.

Voilà ce qu'il nous faut. Vite.

Ce sont eux, mon général.

Par là.

Portez la reddition de la ville, et envoyez-moi quelques hommes.

Il accostera bien quelque part. Je reste ici, je le surveille.

Cette cabane, c'est chez moi.

Dans une heure, nous reprendrons le chemin.

Dans 2 jours, l'Autriche.

...

C'est gentil, ici, non ?

Tu avais rêvé d'autre chose, petite poupée,

en venant me retrouver.

...

Non, Livio. Laisse-moi. Je t'en prie.

J'aurais pu te prendre cette nuit.

Je n'ai pas voulu.

C'est vrai.

Mais maintenant… Tu as changé d'avis ?

Oh non, Livio.

Jamais un garçon ne m'a plu autant que toi.

C'était un caprice.

Je sais.

Comme c'est drôle, la vie.

Je suis venue vous retrouver,

et il a fallu que nous soyons assis l'un près de l'autre

pour que je réalise que c'est mon mari que j'aime.

Écoutez.

Sauvez-vous, maintenant. Ils vont venir.

Que ce soit mon mari ou vos hommes, ils vous tueront.

...

Pied à terre.

Attendez-moi ici. Vous aussi, capitaine.

Vous n'allez pas monter seul. Je vais me gêner.

Personne ne tire sans mon ordre.

Caroline !

Caroline !

Comme tu m'as fait peur. Oh, il n'y a que toi.

Je te demande pardon.

Pas pardon, ni l'un ni l'autre.

On oublie tout.

Il faut me jurer une chose : ne le tue pas.

Qui ? Livio.

Tu t'es assez mêlée de politique.

Il a laissé filer son otage. Tant pis pour lui.

Que vas-tu faire ?

Donner ordre de lui tirer dessus ou le faire fusiller.

Je te le défends !

Si tu le défends, c'est une raison de plus de le faire.

C'est ton amant ?

Tu t'es donnée à lui ?

C'est vilain, la jalousie.

Et puis vous disposez trop légèrement de ma vie, général.

Madame avait oublié son châle.

Je n'ai qu'une balle, mais je tire bien.

Pas le plus petit geste.

Si habile que vous soyez, votre coup parti,

mes hommes vous auront criblé de balles.

Je suis condamné à mort de toute façon.

C'est une jolie manière d'en finir que de faire mouche sur un général.

J'avais compté sans vous.

Mon général, c'est vous qui avez tiré ?

Vous me désobéissez.

Rassemblez vos hommes, et regagnez le sentier.

En te jetant entre lui et moi, tu m'as répondu.

Je te crois, maintenant.

Je t'en fais cadeau, de ton danseur.

Voici un sauf-conduit.

Vous avez deux jours pour partir.

Allez répandre ailleurs votre fantaisie.

Consacrez-vous à la danse.

Après tout, pourquoi insister pour se faire tuer ?

...

Nous faire cavaler, pour tirer en l'air !

Rentrer en barque !

Ah, les femmes.

Caroline et Gaston se retrouvèrent seuls,

dans une barque.

Caroline fait l'idiote et ils font naufrage.

Bonne idée. C'est avec toi que je voudrais mourir.

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