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Original subtitles

Je dois reconnaître qu'un emploi du temps comme le mien vous raccourcit la vie.

Chaque année compte pour trois.

Aujourd'hui, par exemple, ce sera une sacrée journée.

Au moins deux heures de conseil d'administration.

Les ouvriers nous font du chantage parce que les vacances arrivent.

Ils sont inconscients, ils ne se rendent pas compte que ce sera bientôt les soldes...

et à l'automne ils seront sans travail. Et pourtant, qu'est-ce qu'ils font ?

Ils augmentent leurs revendications. Un verre d'eau, s'il vous plaît.

Une chose est sûre, les problèmes empirent toujours.

De toute façon, bientôt la retraite.

Je reconnais que tu es intelligent, Massimo, plus que mon mari...

qui ne parle que de son entreprise, ou de son foie...

Mais toi aussi, tu es devenu insupportable.

Je ne supporte plus que tu me fasses toujours la leçon.

La question de Boston ou "Bastn" est bien plus sérieuse que tu ne crois.

Avec Garrone, l'architecte, tu as passé les bornes.

- De l'usine de Brà. - Au revoir.

Et maintenant, même les Américains.

Avec mes problèmes de foie, il faut encore que je mange avec eux.

- Bonetto, qui connaît les Américains... - Au revoir.

Soutient que les Américains mangent peu. Mais ce n'est pas vrai

Boston.

Non, ils sont de Detroit. Si je mange avec eux, je te téléphone.

Benito, c'est un comble ! Pourquoi ne prenez-vous pas un plateau ?

Et vous devez servir avec des gants, et le col boutonné !

Je ne les supporte plus, ni lui ni elle.

Ils ont cassé les bibelots en verre. Je vais les renvoyer tous les deux.

Anna Carla, on les a tous essayés, des Philippins, des Portugais...

Et maintenant même les Sardes ne savent plus servir comme autrefois.

Si je déjeune avec eux, je t'appelle.

Avec les Sardes ?

Non, avec les Américains. Ils veulent acheter l'usine de Brà, les pauvres.

Qu'est-ce que tu fais ? Rien ?

Je vais commencer à faire les valises.

Bien.

Boston.

Boston.

LA FEMME DU DIMANCHE

- Bonjour tout le monde. - Bonjour, monsieur l'architecte.

Bonjour ma belle. Un jeton, please.

Quel décolleté !

Vous savez la différence entre vous et moi ?

Moi j'ai le vent en poupe... et vous les ploplos au vent.

Elle est bonne.

Bonjour. Je suis l'architecte Garrone.

On avait dit aujourd'hui.

Oui, d'accord, à 22 h 30.

A mon studio ? Parfait.

Mes respects.

Au revoir tout le monde.

Plus court derrière, ou ça va comme ça ?

- A quelle heure ouvre le cinéma Le Arti ? - A 3 heures 1/2.

Ils jouent "Le Fouet". Un film du tiers-monde, je l'ai vu.

Artistique, mais puissant. Et il y a quatre scènes de cul.

Je peux le voir deux fois, ça me mène à 7 h.

Et ça fait huit scènes de cul.

- Alors, je raccourcis ? - Raccourcis, raccourcis.

Cher Massimo...

Ce qui nous sépare ce n'est pas Boston, c'est l'architecte Garrone.

J'en ai assez de lui.

Les individus comme lui devraient être éliminés.

Bonsoir.

Un moment. Merci.

- Bonsoir. - Comment ça va ?

Plutôt que parler du Corrège, nous pourrions parler

de l'atelier du grand peintre.

Parole d'honneur, 5 millions, c'est une somme ridicule.

Si mon ami Bollero me permet, dans un salon de bon goût...

le sujet est un peu osé. Vous avez des enfants ?

- Oui, ils sont grands. - Mais il y a les petits-enfants.

Ils viennent chez nous tous les dimanches.

- Il faut réfléchir, c'est quand même 5 millions. - Disons 4 millions.

Si vous permettez, je vais me mettre à la recherche d'une boisson.

Alors ?

Merci.

Nous allons faire un tour, et nous revenons.

Ce Garrone est odieux, mais je le plains, c'est un solitaire.

En Amérique, ce genre de personnage de raté, rejetés de tous,

on en trouve à la pelle...

et ils rencontrent une audience disons... bas de gamme.

Par contre, ici c'est une espèce en voie d'extinction.

Non, cette race-là ne meurt jamais, sauf si on les assassine.

Benito, regarde ces cigarettes.

Au prix où est le tabac, on peut se faire un cadeau ?

Un cadeau...

Oui, un cadeau.

Tiens, il en reste deux.

Regarde ce qu'elle a fait. On voit qu'elle était nerveuse

Oui, madame était très nerveuse.

"Cher Massimo..." C'est le Massimo d'Ivrea ?

Non, ça c'est Massimiliano. Lui c'est Massimo Campi.

A peine son cocu était avec ses Américains, elle est allée chez lui

- Et maintenant ils sont au lit. - Lis ça, elle veut tuer Garrone.

- Qui est-ce ? - Sans doute un autre amant.

- Et Boston ? - Du pareil au même.

Plus elles sont riches, plus elles sont putains. Et en plus celle-là est une meurtrière.

Massimo.

Oui, maman ?

Tu ne dînes pas avec nous ?

Non, pas ce soir. Au revoir.

Au revoir.

Rentrons. Je ne veux plus voir cette enseigne.

Les Monnè aussi ont décidé de vendre.

Parfait, ça fera une autre propriété avec tennis et piscine.

Et nous, pourquoi ne vend-on pas ?

- De toute façon, Massimo n'est jamais là. - Merci.

Je crois que les groupes américains...

qui achètent les industries italiennes en état de marche...

ne sont pas motivés que par l'intérêt économique...

Riz...

Escalopes...

Vin.

Un fruit ?

Banane.

A propos de ça... Tu as un fiancé ?

Non.

Une jolie fille comme toi...

- 3200. - Tu aimes le cinéma ?

Et danser ? Des vacances aux Bahamas ?

Dès demain je pourrai satisfaire tous tes désirs, comme la lampe d'Aladin.

Mais n'en parle pas.

C'est un secret entre nous, fait d'amour, de voyages et de bananes

3200.

Gardez la monnaie.

800 lires de pourboire !

- Mademoiselle. - Oui ?

Si j'étais votre fiancé, un type qui vous dit des choses comme ça...

je lui ferais passer l'envie... pour toujours.

Je suis arrivé le long du Pô, monsieur le commissaire.

Il faisait chaud, pas un filet d'air.

Je suis resté un quart d'heure à promener mon chien, mon chiot.

Il est intelligent, comme tous les chiens.

Qui n'aime pas les chiens... le proverbe est connu.

A quelle je suis rentré chez moi ?

Il devait être onze heures, peut-être quelques minutes de plus.

Je n'aurais peut-être pas remarqué

que la porte de Garrone était restée ouverte.

C'est le chien, il a un sacré flair, et j'ai crié...

"Oh, Seigneur !"

- Qu'est-ce que tu as écrit ? - "Oh, Seigneur !" point d'exclamation.

Coviello, réprime ta vocation dramaturgique.

Monsieur le géomètre Bauchiero, essayez de vous rappeler

tout ce que vous avez vu en allant vers le porche.

- Allez, faites un effort - Bon, né à... Cagliari.

Né à... Cagliari le 14. 3. 31

- Et domicilié là-bas à Turín. - Comment ça "là-bas" ?

On ne dit pas "là-bas" ?

Si on était à Cagliari. Mais on est à Turín.

- A Turin on ne dit pas "là-bas" ? - Non.

C'est ce que j'ai dit aux carabiniers à Cagliari et ils ont compris...

Alors ?

- La blonde... - La blonde ?

Oui, elle est sortie par le porche.

Un imperméable presque invisible tellement il était transparent.

- Genre préservatif ? - Oui, je n'osais pas le dire.

Elle portait un sac orange, elle était assez grande.

- Coviello, tu as écrit ? - Non.

Ecris : "Au moment de rentrer chez lui, le témoin Bauchiero..."

- Un détail. Je peux ? - Oui, j'aime bien les détails.

Sur le sac il y avait un motif. Quelle couleur ? Blanc.

- Un écusson. Quel écusson ? - Vous faites aussi les questions ?

Exactement, c'était l'étoile d'Italie, l'étoile à 5 branches.

- Ecris. - Un moment.

- N'écris pas. - C'est une association d'idées.

La femme tenait un mouchoir devant sa bouche...

comme pour essuyer la sueur, je ne sais pas.

Et c'est pour ça que je ne peux pas décrire son visage, ni dire son âge.

Elle tenait en main... un tube, un objet cylindrique.

- Ecrivez "là-bas", sinon on reprend la lettre. - Mais qu'est-ce qui se passe ?

Ce sont deux domestiques.

On les a renvoyés, alors ils viennent faire une dénonciation.

Il faut que vous lisiez ceci.

Nous avons lu dans le journal que le malheureux a été assassiné.

- Quel malheureux ? - Lisez, lisez.

- Qui a écrit cette lettre ? - Madame Anna Carla Dosio.

"Cher Massimo, indépendamment de Boston ou 'Bastn'..."

Essaie mes lunettes.

"Boston ou 'Bastn', j'en ai assez de l'architecte Garrone.

Homicide rituel ou non, supprimons-le une fois pour toutes,

nous y gagnerons tous les deux."

A.C. Dosio. Dosio, Dosio ?

Dosio, Dosio.

Et Massimo, qui est-ce ?

Massimo Campi.

Campi, Campi ?

Dosio, Dosio, Campi, Campi. Merdier, merdier.

- Ces domestiques, ils ont un casier ? - Non, monsieur.

Nous voudrions savoir ce qu'il faut faire. Le juge...

Le juge, je m'en occupe.

Que l'un de vous rencontre les intéressés, avec prudence.

Et que l'autre suive des pistes... plus concrètes.

Avec tout le travail qu'on a, deux commissaires pour un seul crime, c'est du gâchis.

Oui, Santamaria, deux commissaires,

parce qu'il s'agit de ces deux personnes-là. C'est très délicat.

Qui va s'occuper d'interroger M. Campi et la... ?

- Lui. - Débrouillez-vous.

Attention à la presse et surtout : main de soie dans un gant de velours.

C'est toi qui devrais l'interroger.

Tu as une allure de mannequin, tu connais des citations latines...

D'accord. On tire au sort.

Celle-là. Fais voir !

- Tu ne me fais pas confiance ? - Alors, mon fils, il sort ou pas ?

Il sort, il sort. Et Garrone, avec quoi on l'a tué ?

Avec ça.

Un phallus de pierre d'inspiration pompéienne.

Ça appartenait à la victime, ou bien l'assassin l'a amené ?

Mystère.

Tire m'en une dizaine d'exemplaires.

- Voilà. Autre chose ?? - Tu fumes encore des "Nazionale" ?

Et pour recevoir Anna Carla Dosio, tu sors le champagne ?

Ça fait du bien ! Si tu savais comme j'ai mal !

Où en étions-nous ?

Anna Carla Dosio. Tu la connais ?

Oui, je l'ai vue dans le journal.

Elle est comment ?

Comment imagines-tu la femme d'un grand industriel du nord ?

Je l'imagine grande, bien balancée...

Bien balancée. C'est le mot juste.

Et Massimo Campi, le fils d'un autre industriel du nord, il la...

Monsieur Massimo Campi.

Je vous laisse.

Bonjour, enchanté. Santamaria.

Je vous en prie, asseyez-vous.

Excusez mon retard,

mais je n'ai pas de voiture et les taxis sont rares.

J'aurais voulu aller chez vous, mais c'est vous qui avez préféré. Pas de voiture ?

Depuis trois ans. J'avais une Aston Martin.

J'en ai un peu honte. Sans voiture c'est plus pratique.

Quelle chaleur.

Oui, mais le soir ça rafraîchit. Hier soir, à la maison sur la colline,

on n'a pas pu dîner sur la terrasse tant il faisait froid.

Hier soir vous étiez à la colline ?

Vous m'avez téléphoné pour me demander un conseil.

Quel conseil ? Je meurs de curiosité.

Vous n'auriez pas une "Nazionale" ?

Oui, par hasard.

Tenez.

Merci.

Il s'agit d'une situation délicate...

dans laquelle je risque d'être maladroit,

même si je suis certain que vous me comprendrez.

Non flere, non indignari, sed intelligere.

Désolé, je ne connais pas le latín.

Excusez-moi, comment avez-vous eu cette lettre ?

D'habitude nous n'accordons pas d'importance au témoignage des domestiques renvoyés mais...

Ah, ces deux-là, le couple. Renvoyés ? Je ne savais pas.

Ce matin ils ont lu le journal et ils nous ont apporté cette lettre,

nous plaçant dans une situation inconfortable.

Et qu'ont-ils lu dans le journal ?

Pourquoi ? Vous ne l'avez pas lu ?

Non, je ne le lis jamais. Pourquoi ?

L'architecte Garrone a été assassiné à son studio de la Via Mazzini.

"Avec un curieux objet de pierre." De quoi s'agit-il ?

Référence numéro 2.

C'est bien digne de lui. C'est drôle.

Oui, mais dans certaines situations, le côté drôle ne tient qu'à un fil.

"Homicide rituel ou non, supprimons-le une fois pour toutes"

Vous reconnaîtrez que c'est un bon plan.

J'ai compris, je peux tout vous expliquer. Aveux complets.

Puis-je avoir un café ?

Oui, nous avons un distributeur.

Vous en offrez aussi aux suspects ?

Oui, mais dans ce cas nous ajoutons du sérum de vérité.

Je suis sûr que vous en avez mis. Alors je vide mon sac.

Voilà, tout a commencé par un mot : "Boston".

Comment prononcez-vous "Boston"?

Eh bien... Boston.

Madame Dosio prononce Boston avec l'accent américain, "Bastn".

Je l'ai corrigée, nous nous sommes disputés. Rupture complète.

Non, c'est par ici. Mais quel rapport avec Garrone ?

Garrone, nous le connaissions seulement de vue.

Personne ne l'invite, mais on le voit partout. Et nous l'utilisions.

Vous l'utilisiez ? Comment ça ?

Dans notre théâtre privé.

Des spectacles de charité ?

Non, c'est un jeu qui consiste à décrire un personnage

pour faire deviner son nom.

Par exemple on dit : "une cravate à la Bonetto"...

ou bien "des chaussettes comme ça", plus ou moins pour...

Et Boston ?

Garrone, justement, prononçait "Bastn"

pour montrer qu'il parlait anglais.

Ces prétentions linguistiques me paraissent grotesques.

Oui, je suis d'accord.

Pourtant, madame Dosio connaissait bien Garrone ?

Non, Garrone la dégoûtait. C'est pour ça qu'elle avait proposé

de l'éliminer, c'est à dire de l'exclure de notre théâtre.

Excusez-moi, j'ai pris beaucoup de votre temps.

Non, c'est moi qui m'excuse. Dîtes moi...

D'après vous, qui aurait eu intérêt à éliminer Garonne pour de bon ?

Vraiment, vous voulez dire ? Il faut que je réflechisse.

Je vais y penser, et je vous appelle au plus vite. D'accord ?

Au revoir.

Alors, il sort, mon fils ?

Oui, il sort, il sort.

C'est quel genre ?

Il ricane sur un mort

et il fait tout un drame sur la prononciation anglaise.

On le classe à la lettre S ?

S comme suspects ?

S comme salauds.

Salauds et suspects. Mais qu'est-ce que tu as ?

Bonjour, Francesca.

Bonjour, Jeanine. Madame est là ?

Viens, viens.

Bonjour.

A Canossa. C'est gentil de ta part.

Attends pour parler.

Pourquoi ?

Après, après.

Je suis furieuse depuis deux jours.

J'ai failli t'écrire. Je t'aurais massacré.

Et puis j'ai tout jeté.

A la corbeille ?

Oui, et j'ai décidé de te parler à la première occasion.

Franchement, clairement. Tu bois quelque chose ?

Un café, mais plus tard. Parle, je t'écoute.

La prononciation correcte est "Bastn".

Et j'ai parfaitement raison de dire "Bastn" et non "Boston"

parce que c'est juste, c'est logique, et surtout parce que ça m'est naturel.

Ce n'est pas de l'affectation,

sinon, tous les habitants de Ponza seraient affectés.

Quel rapport avec l'île de Ponza ?

Ce sont des émigrants revenus des USA, et ils disent tous "Bastn".

Alors ne me parle plus de l'ignoble Garrone

et de sa façon de parler.

C'est pour ça que tu m'as écrit qu'il fallait l'éliminer ?

Oui.

Comment le sais-tu ?

Le café que je t'ai demandé, il faudra que tu le prépares toi-même

puisque tu as renvoyé Benito et Maria.

J'y vais.

Massimo, ne m'énerve pas.

Qy'y a-t-il ?

Tu sais où j'étais tout à l'heure ?

Au poste de police, où un commissaire très aimable m'a montré

la lettre d'une inconsciente qui incitait au meurtre.

Comment ? Ces deux-là...

J'ai compris, la vengeance sarde.

C'est à ça qu'on paie la police ?

Pour qu'ils écoutent les ragots des domestiques ?

Si tu écriviais moins et si tu lisais plus

tu aurais lu dans le journal qu'hier soir on a assassiné Garrone.

Non.

Si.

Et par qui ?

Pour le moment, ça ne peut être que par toi ou moi.

A cause de la lettre ?

C'est merveilleux !

De quoi ris-tu, idiote ? Tu ne rends pas compte que c'est grave ?

Qu'est-ce que tu as fait hier soir ?

L'alibi ?

Je n'en ai aucun. Je me suis promenée le long du Pô

et j'ai pensé que tu aurais dit : "C'est un paysage de cinéma".

Une fois tu as dit que la Seine était "Trop C.I.T."

Je n'ai jamais parlé de "C.I.T." Et après ?

"Compagnie Italienne de Tourisme". Ensuite, je suis allée au cinéma.

Des témoins ?

Non. Et toi, un alibi ?

Ne change pas de sujet. Et ensuite ?

Je suis rentrée. Vittorio dînait dehors, les domestiques dormaient. Mais toi...

Et tu vas raconter ça au commissaire ? Déjà qu'il n'a pas cru l'histoire de Boston.

Ils me soupçonnent ? Ils vont m'interroger ? Quand vais-je être convoquée ?

C'est la première chose intéressante qui m'arrive depuis il y a quatre ans,

en pleine nuit, sur la route de Biella.

Salut.

Fatigué ?

Un peu.

Je te laisse le préparer ?

Tu sais ce que je voulais te dire ?

Cette année, on devrait faire la Grèce.

Madame Fogliato m'en parlait hier au bureau. Elle y est allée l'an passé.

Il y a une mer violette.

Regarde.

On dirait une méduse.

Et les îles sont incroyables.

Tout le monde va en Grèce cette année.

Justement. On ne peut pas ne pas y aller.

Un moment.

Je voulais dire qu'il y a des tas de gens que je connais.

Tes amis millionaires. C'est leur médecin qui les envoie ?

Et les Eoliennes, ça t'irait ? Goûte.

Non, je te fais confiance.

Tu te rends compte, pas de lumière, pas d'eau, pas de gaz. Tout manque.

Toi, moi, et la nature. Et les pêcheurs, en guise de café

qui t'apportent des langoustes grandes comme ça.

Massimo.

Qu'est-ce que tu as ?

Franchement, au petit-déjeuner je préfère le café.

Ça ne t'intéresse pas.

Non, ça doit être formidable. C'est seulement que...

je pensais à un endroit plus casanier.

C'est à dire ?

La villa de Monferrato.

On n'y va jamais.

Elle se dégrade, il faut l'entretenir. Je pensais y aller.

Lello...

Oui ?

Je veux dire...

C'est parfaitement clair, Massimo.

Tu savais très bien qu'avec 24 jours de congé

je n'accepterais jamais ces vacances ridicules à Monferrato.

Pas vrai ?

Amis comme avant.

J'espère qu'on se verra de temps en temps. A moins que tu ne t'installes à Monferrato ?

Laisse moi !

Il y a une autre raison qui m'empêche d'aller à l'étranger,

mais je ne voulais pas te le dire.

Un secret ?

Oui. Entre une amie, la police et moi.

Tu rigoles ?

Pas du tout.

Qu'est-ce que tu dis ?

La vérité. Il y a un mort. Un meurtre.

C'est impossible. Raconte moi. Qui est-ce ?

Le nom ne te dira rien. Un certain Garrone, un architecte.

Un minable qui faisait des monuments funéraire.

Je l'ai lu dans le journal. Quel rapport avec toi ?

Aucun rapport,

mais à cause d'un malentendu rocambolesque

mon amie et moi, tu sais, Anna Carla...

sommes trempés jusqu'au cou. Tu comprends ?

Massimo, pardonne-moi. Pardonne-moi, pardonne-moi...

J'ai fini par identifier la personne chez qui il s'est réfugié.

Il est chez lui.

Quoi ?

C'est Lello Riviera.

Comment ?

Riviera, comme ça se prononce.

Riviera.

Lello, avec un L.

Et qu'as-tu appris ?

En demandant ici et là, j'ai appris ce qu'il fait.

Cet individu travaille à l'hôtel de ville.

C'est un homosexuel.

Une tante.

C'est un pédé !

Ah. Pourquoi tu répètes comme ça ?

Parce que vous ne comprenez rien à ce que je dis.

Nous, on a tout compris.

A quoi tu penses ?

A rien.

Non, tu penses à la mort de Garrone.

Mais non.

Tu étais ici hier soir. Tu as un alibi

Pourquoi tu ne l'as pas dit au commissaire ?

Tu as eu honte, c'est ça ?

Si je lui avais dit, ça n'aurait servi à rien.

J'étais ici, mais je suis parti à 10 h 1/2.

Ensuite, j'ai pris le tram,

et personne ne m'a vu rentrer. Tout le monde dormait.

J'aurais eu tout le temps de tuer Garrone.

Tue-moi aussi pour que je ne souffre plus.

Tu es bête.

Il faut prouver que tu es innocent.

Bien sûr.

Bien sûr, ne t'en fais pas.

Le commissaire Santamaria. Anna Carla Dosio.

Enchanté.

Installez-vous.

Ce matin, je pensais à De Quincey.

A qui ?

Thomas De Quincey, l'auteur de "L'assassinat comme un des Beaux-arts".

Oui, bien sûr.

Vous buvez, commissaire ?

Oui, un verre.

Au lieu de chercher qui avait intérêt à tuer Garrone...

avec tous les déséquilibrés qu'on rencontre de nos jours,

un crime gratuit, c'est une hypothèse séduisante.

Non, non, non. Résistons à la tentation et raisonnons.

Un vrai crime gratuit doit être gratuit, non ?

Au contraire, Garrone était haï de beaucoup de gens. J'ai raison ?

Je parlais d'un crime esthétique, pas gratuit.

Elucubrations. Tu joues sur les mots - n'est-ce pas ?

Et alors ?

Eh bien... les théories de M. Campi sont intéressantes.

Merci.

Entre hommes on se soutient toujours. C'est une mafia.

Oh, pardon. Vous êtes sicilien. Excusez-moi, commissaire.

Non, je suis romain. Tous les commissaires ne sont pas siciliens.

Comme tous les Siciliens ne sont pas de la mafia.

Trop aimable. Je voulais seulement vous donner un coup de main,

mais si vous préférez continuer votre débat littéraire, je vous en prie.

Non, non madame. Donnez-moi un coup de main, je vous en prie.

Tout d'abord, vous voudriez savoir si nous avons un alibi pour l'autre soir ?

C'est peut-être ce que veut savoir le commissaire,

mais laisse-le dire.

Dites-le, commissaire.

D'accord. Quel est votre alibi ?

Le repas est servi.

Bien, merci, Teresa.

Dans les mauvaises comédies, cette réplique conclut la scène.

C'est une règle pour manger tranquillement.

Commissaire, à propos de mon alibi...

Je n'en ai pas, par contre j'ai des renseignements sur Garrone

qui pourraient être utiles à l'enquête.

Dites-moi.

J'ai une amie qui s'appelle Bona.

Un jour, elle m'a traînée à une conférence sur le thème de la masturbation enfantine.

A la sortie, il y avait Garrone. Il n'a pas d'enfants, il était là pour des raisons personnelles.

Garrone a tenu la jambe à Bona. J'attendais mon mari.

Bona s'est éloignée

et Garrone m'a fixé de son regard et m'a fait un geste répugnant.

Ah bon. Et vous ?

Que pouvais-je faire ?

Depuis, à chaque fois que je l'ai rencontré, il me faisait cette mimique obscène.

C'est tout ce qu'il y a eu entre Garrone et moi.

Il y a toujours un lien. La mystérieuse complicité avec la victime.

La femme irréprochable, qui se trouve liée

avec ce sinistre individu et, horrifiée, l'assassine. Qu'en dîtes-vous ?

Imbécile. Toi et Vittorio, vous êtes vraiment pareils.

On essaie d'aider, ou non ?

Vittorio Dosio, son mari.

Il riait, mais il était peut-être furieux. Et voilà un autre suspect.

Je vous aide dans votre enquête, n'est-ce pas ?

Votre mari connaissait Garrone ?

Non, je ne crois pas. Il en a entendu parler par nous deux.

Alors, tu nous dis ton alibi pour le soir du crime ?

Je n'ai aucun alibi. C'est la preuve que je suis innocent.

N'est-ce pas, commissaire ? Les assassins prévoient toujours un alibi.

Dans ce cas, moi aussi je suis innocente.

Trop facile. Anna Carla a un demi-alibi.

Elle était au cinéma, mais personne ne l'a vue.

Les assassins vont toujours au cinéma le soir du crime.

Et aussi les victimes. Pardon.

Vous voulez savoir à quel cinéma ?

Oui.

Le Arti. Titre du film : "Le Fouet".

Garrone aussi a été à Le Arti voir "Le Fouet".

Ce doit être la dernière conquête de Massimo ?

- Sans doute. Et la femme, qui est-ce ? - C'est la Dosio.

- Paolo, enfin, que...? - Réveille-toi, Bettina !

Voilà que tu joues la belle au bois dormant ?

Il a 40 ans, ton Massimo.

Qy'y a-t-il ?

Je viens de repenser à l'arme qui a tué Garrone.

Qui sévit par le fer... Tu sais avec quoi on l'a tué, non ?

Qui sévit par le..., périt par le...

Ce phallus de pierre, s'il appartient à l'assassin, c'est sûrement une piste.

On vous demande au téléphone.

Excusez-moi.

Merci.

Mais tu le sais...

Non, dis-le moi. Dis-moi : "Je t'aime".

Je suis avec des collègues du bureau. Triberti, Cerioni et Fogliatti.

Je travaille pour toi. Je vais te tirer d'affaire.

Non, je ne peux pas t'en dire plus. Dis-moi que tu m'aimes.

Je te l'ai déjà dit.

Je t'aime.

Vous ne voulez pas enlever votre veste, commissaire ?

Non, non, merci.

A quoi pensez-vous ?

Et vous ?

Oh ! "Ici, c'est moi qui pose les question, ma petite" C'est ça ?

Je pensais qu'aujourd'hui est un jour différent des autres.

Moi aussi.

Vous n'êtes pas soupçonneux.

Vous non plus, que je sache.

Ne dîtes pas ça, je vais retomber dans la grisaille quotidienne.

Préparer les valises pour les vacances...

Par "jour diférent" je voulais dire... un jour agréable.

Moi aussi.

Vous répétez toujours les réponses ?

Pardon ?

Comment un commissaire passe-t-il ses loisirs ?

J'écoute de la musique symphonique, je lis...

On se revoit dimanche prochain ? Mon amour !

Excusez-moi. C'est une vielle cousine un peu ennuyeuse.

Commissaire...

Anna Carla a accumulé les preuves contre moi ?

Massimo, ça vient de l'exposition de Bollero.

J'ai reçu une invitation moi aussi, mais je n'y suis pas allée.

Garrone venait à tous les vernissages, à se jeter comme un rapace sur la nourriture.

Il y est sûrement allé. Bonne piste. Je vous accompagne ?

Merci, ne vous dérangez pas.

"Peinture et mythologie à la Galerie Bollero". J'y passerai.

Tu es obsédé par ce Garrone. Avec tout ce qui se passe aujourd'hui...

Ça m'intéresse, c'est un crime mystérieux.

Ce n'est pas un vol ordinaire ou une bagarre entre gangsters.

Pour moi, l'assassin est quelqu'un du beau monde. Drogue et chantage.

Non, c'est Bauchiero, le géomètre. Celui qui a prévenu la police.

Pourquoi ?

Une étude montre que dans 50% des cas

celui qui découvre le cadavre est l'assassin. Peut-être un concurrent ?

Garrone faisait des monuments funéraires et sûrement Bauchiero aussi.

Triberti, tu peux regarder dans les archives des sépultures et monuments ?

- Terque quaterque. - Cerioni !

Pardon.

- Quand serez-vous fermé ? - Je n'en sais rien.

Plus personne ne veut quitter la ville, par crainte des voleurs.

Si nous en sommes au point de ne pas pouvoir partir en vacances

pour pouvoir surveiller sa maison

et ne pas se faire cambrioler, je m'installe en Suisse.

Mme Tabusso, ça ne doit pas être tranquille de vivre en banlieue,

avec la faune qu'il y a là-bas. - Qui aurait dit

que mon domaine de Buone Pere deviendrait un bordel à ciel ouvert ?

Des couples ?

Oui, des couples.

Toutes les putains de Turin-sud défilent en bas chez nous.

Attention, tu me fais mal. Des bataillons de putains et de maquereaux.

Vous savez ce qu'on fait, ma sœur et moi, devant la maison ?

La collecte des préservatifs.

J'ai envoyé rapport après rapport. Rien, ça leur est égal.

Je connais un commissaire de police.

Expliquez-lui, si vous voulez bien. De la brigade des mœurs ?

Il s'occupe de l'affaire Garrone.

Les bonnes mœurs se dégradent.

Tout le monde se plaint, mais personne ne fait son devoir.

- A part ce Bauchiero. - Qui est-ce ?

Celui qui a découvert le cadavre.

Au lieu de s'en laver les mains, il s'est mis à la disposition de la police.

Et quelle mémoire, il s'est même souvenu de la blonde.

- Oui, mais il ne l'ont pas encore retrouvé. - Mais il les a mis sur la piste.

Avec le détail du tube, et puis aussi l'étoile italienne.

De mer.

- Tu dis ? De mer ? Quoi ? - L'étoile.

- Comment le sais-tu ? - Je l'ai vue.

Pardon.

Terque quaterque à tout le monde.

- Tu as trouvé quelque chose ? Salut. - Salut.

Bauchiero doit être là, parmi les projets des pauvres naïfs

qui espèrent trouver un client pour un caveau sur crypte.

Ils ne comprennent pas qu'il n'y a plus de place, même une niche c'est trop.

Aucun doute. L'avenir est à la crémation.

Nous vivons l'époque des containers. Alors, il y est ou pas ?

Bauchiero non, mais il y a Garrone.

"Garrone, société des frères Zavattaro, marbriers."

Quel rapport ?

Qu'est-ce que ça veut dire quand il y a le nom d'une entreprise ?

Le client a fourni son propre marbrier

et l'architecte est payé à part.

C'est un coup très dur.

Je le revois devant ce tableau,

le pauvre, le cher, l'incomparable Garrone.

Il laisse un vide énorme, avec sa verve sympathique.

Mais qui avait intérêt à le tuer ?

Vous m'ôtez la question de la bouche, M. Bollero.

Personne, voyons !

Pas vrai ? Il était là ce soir-là.

Garrone a dit quelque chose qui pourrait nous être utile ?

Non, rien d'intéressant.

Un moment. Il me revient des détails...

- Les Piovano étaient là aussi ? - Oui.

A un moment, l'un d'eux a dit :

"Ce soir, nous allons à une exposition florale."

Et Garrone a dit : "Moi, ce soir, je m'occupe de pierres".

Il a dit exactement : "Ce soir, je m'occupe de pierres".

Personne n'a compris ce qu'il voulait dire.

Il pourrait y avoir une connection avec l'arme du crime. Passons.

Mais passez donc.

Et puis il a dit autre chose.

Il a fait un vaste geste circulaire en disant :

"Bientôt, je serai si riche que je pourrai acheter

toutes ces croûtes" Excusez-moi, Bollero

Ça ne m'offense pas.

Rien ne vous offense...

Mme Dosio, quel plaisir de vous voir dans ma galerie.

Vous connaissez le commissaire Santamaria ?

Nous nous sommes rencontrés aujourd'hui.

Je vous ai trouvé la personne qui a vu l'assassin en face

une demi-heure après le crime. Ça vous intéresse ?

Il y a quelqu'un ?

Il y a quelqu'un ?

Qui êtes-vous ?

Commissaire Santamaria.

- Et son collègue De Palma. - C'est Mme Dosio qui vous envoie ?

C'est le devoir. Comtesse Tabusso ?

- Comtesse mon cul. - Elle n'est pas comtesse.

Pardon.

C'est la nuit que vous devriez venir.

Ils garent leurs voitures en bas. Vous voyez ? - Non, vous ne voyez pas.

Ils viennent faire leurs cochonneries dans le vallon.

Un va-et-viens digne de Sodome et Gomorrhe.

D'ici on entend les voix et les tarifs.

Plus la ville s'agrandit, plus les putains se rapprochent.

Un paradis massacré par les séances de baise de tous les côtés.

- Ils passent par un trou dans la clôture - Fermez-le.

Ils le refont aussitôt. Elle vous plaît, ma jungle ?

Je n'ai touché à rien depuis 20 ans que mon Cicci est mort.

Halte ! Des fraises, on ne passe pas. Vous êtes tombé ?

Admirez ce magnifique lavoir du XVIIème.

J'ai dû couper l'eau, ils s'en servaient comme bidet.

Nous aimerions poser quelques questions à votre sœur.

Sur la blonde avec son tube ? Venez.

Montez là, puisque vous avez mal à la jambe. Vous aussi, montez.

Vous avez peur ?

Ça vous plait mon petit train ? Je l'ai fait installer pour Cicci.

Paralysé. Je ne pouvais plus le porter dans les escaliers.

Il pesait plus de 100 kilos.

Ma sœur a peur que la blonde au tube revienne se venger.

C'est pour ça qu'elle n'a rien dit jusqu'à aujourd'hui.

Elle ne sort plus de la maison, même dans la journée.

La voilà.

Bonjour.

Parlez nous de la femme au sac, madame.

Mademoiselle.

Ma sœur avait une indigestion et n'arrivait pas à dormir...

Laissez-la parler.

Non, permettez-moi. Elle est trop bouleversée.

Je connais l'histoire par cœur.

Nous avions mangé des choux de Bruxelles. Vous savez ce que ça fait ?

Ma sœur est sortie de sa chambre.

Il était quelle heure ?

Vers 11 h. Ma sœur Virginia

a traversé le jardín et s'est dirigée vers le vallon des putains.

Arrivée à un buisson de laurier, (un endroit poétique)

elle a écouté les grillons et tout à coup

une des voitures, immobile, a allumé ses phares et son moteur.

Ma sœur a entendu un brrrrrr

et d'un arbuste est sortie cette horrible créature

qui a poursuivi ma sœur avec un bâton

(qui s'est avéré être le tube) en criant comme un singe.

Elle l'a vue en face ?

Un visage monstrueux. Ma sœur a pris ses jambes à son cou.

En lisant le journal, elle a fait le rapprochement avec le meurtre.

Par trouille, elle n'en avait pas parlé.

C'est en en parlant chez le coiffeur que c'est revenu.

Tout est resté gravé là.

Un sac de plage avec une étoile de mer brodée.

Une étoile de mer ?

Vous allez nettoyer le vallon, hein ? J'ai prévenu les carabiniers, les mœurs...

Ils s'en foutent. Ça vous parait normal que je doive vivre parmi les putains ?

Monsieur Bauchiero, vous trouvez que ça ressemble à l'étoile d'Italie ?

Vous avez raison. C'est une étoile de mer.

Donc la blonde, après le crime, est allée à Buone Pere.

Et Dosio et Campi, ils étaient où ?

Les riches n'ont jamais d'alibi.

Peut-être qu'ils n'ont pas d'alibi parce qu'ils étaient en train de...

Non.

Pourquoi ?

Dis-lui.

Massimo Campi est un pédé.

Je me sauve, au revoir !

Salut.

Non, on peut nous voir. Pourquoi tu fermes toujours la voiture ?

A cause des voleurs.

Une Fiat 500 ?

Tu me méprises, Massimo ? Tu me prends pour un crétin ?

Pas du tout, que dis-tu ? Tu es un garçon extraordinaire.

Vraiment ?

Mais oui.

Tu le jures ?

Je le jure.

Je suis content, car je n'ai jamais confiance en moi.

Tu viens manger chez moi ?

Je ne sais pas.

Mes parents sont sortis. Nous sommes seuls.

Formidable ! J'irai chez Zavattaro demain.

- Tu as vu comme ils sont garés ! - Zavattaro ?

Oui, j'enquête sur l'affaire Garrone. Je suis une piste.

Qu'est-ce que tu dis ? Ça ne te regarde pas.

Tu es impliqué et ça ne me regarde pas ?

Non, laisse tomber, je t'en prie.

Merci de tout cœur.

Excuse-moi de m'occuper de toi.

Ecoute...

Massimo !

Massimo !

Pardon... Massimo !

Laisse moi t'expliquer. C'est un malentendu.

Massimo, pardon, pardon, pardon.

Tu es ridicule.

En entrée : plat préparé par l'épouse privée de domestiques.

Vous me pardonnerez si le repas n'est pas très bon ?

Il n'y a plus qu'au restaurant qu'on mange bien.

L'autre jour, au Capriccio avec les Américains... Hein, Vittorio ?

Il a bien fait de partir après les entrées.

Ça ne m'intéresse pas de savoir ce qu'a fait Vittorio l'autre soir.

Il s'est absenté de quelle heure à quelle heure ?

Voyons, chérie, Fontana s'est trompé.

Non, il ne s'est pas trompé. Mieux vaut que tu aies un alibi.

Un alibi ? Quel alibi ?

Vittorio, soit tu étais aux putes, soit tu as assassiné Garrone.

- Qu'est-ce que tu racontes ? - Vous plaisantez ?

Absolument pas. Dîtes-moi une chose.

A votre service.

Il y a deux mois, vous avez raconté à Vittorio une anecdote un peu osée.

A propos d'un objet obscène.

Quand je me suis approchée, vous avez changé de sujet.

Mais j'ai entendu un nom. Vous vous en souvenez ?

C'était une idiotie.

Racontez-moi.

Les directeurs de la société hollandaise venus pour traiter avec nous

m'ont raconté qu'ils avaient acheté...

Comment dire...? Enfin...

Des phallus de pierre fabriqués par un marbrier d'Emilie Romagne.

Et son nom ?

Zavattaro.

C'est ce que je voulais savoir. Merci.

Ça vous suffit ?

Oui. Bon appétit.

Est-ce que par hasard...

Voilà la villa des deux folles.

Et voilà la villa Campi. Le monde est petit.

Santamaria, téléphone.

C'est la dame.

Allô ?

Anna Carla Dosio.

Bonsoir.

Vous avez vu madame Tabusso ?

Oui, merci beaucoup.

Cela vous a été utile ?

Nous verrons ça ce soir.

Nous organisons une rafle dans sa propriété.

Vraiment ? Bien, je suis contente.

J'ai d'autres nouvelles pour vous, peut-être importantes.

De quoi s'agit-il ?

Non, le téléphone est peut-être surveillé.

Le vôtre ?

Non, le vôtre.

Pouvez-vous passer me voir demain ?

Certainement.

Je vous attends à 10 h. Bonne chance.

Merci. Bonsoir.

Je lui ai parlé de la rafle parce que j'ai mon idée.

Je la connais ton idée.

Quoi ?

Rien. Moi, je suis prêt. Et toi ?

On ne peut plus prêt.

Assez, assez. Je suis déjà ivre.

Qu'est-ce que tu as ?

Je pensais que peut-être on pourrait avoir un enfant.

Je plaisantais.

Ça te dirait d'aller samedi au marché du Balôn ?

Acheter des objets pour la villa.

Pourquoi ? Tout est préparé. Même ta chambre.

Ma chambre ?

Oui. Pourquoi ?

Des chambres séparées, et chacun pour soi ?

Encore heureux que la mienne ne soit pas au fond de la cave

comme pour les êtres inférieurs.

Voyons, Lello...

Viens au château, Cendrillon, mais à minuit tu redeviendras servante.

Assez ! Je ne te supporte plus !

J'ai renoncé aux femmes parce qu'elles me cassaient les couilles, mais tu es pire.

Alors, retourne à tes femmes !

Allô ?

Anna Carla. Oui, comment ça va ?

Non, j'étais dans le jardin et j'ai couru.

Une rafle ? Dans le vallon de madame Tabusso ?

Comment le sais-tu ?

Excuse-moi, je reviens.

Lello !

Lello !

Police ! Que personne ne bouge !

Du calme, mesdames !

- C'est seulement une rafle ! - Pas de pitité, hein ?

Oui, impitoyable.

Me touche pas, cochon !

- Lache moi ! - Fais comme si j'étais avec toi.

Nicosia, viens. Fais comme si tu étais avec elle.

Allez, mon chou, on y va.

- Lâche-moi, dégoûtant ! - Je le dirai à ta femme !

- Actes obscènes dans un lieu public. - C'est un lieu privé.

- Justement, viens. - Je suis un client. C'est interdit ?

- Oui, dans ma maison. - Une maison close, oui !

Venez, aidez cette dame qui a un problème.

Venez, n'ayez pas peur.

Nicosia !

Empêche-les de passer !

Nicosia, Coviello, bloquez l'entrée de la villa.

J'en avais pris cinq, mais vous me laissez tout seul.

Où êtes-vous ?

Du calme.

Elles montent !

Virginia !

Par là.

- Toi, tu viens. - Vous êtes fou ?

- Vous ne voyez pas que je suis une dame ? - Pardon. Toi, tu viens.

Alors ?

Quelques femmes, un jeune et un... monsieur.

Commissaire De Palma, où êtes-vous ?

Répondez à ma place, si je crie, ça me fait mal aux reins.

Nicosia, que se passe-t-il ?

J'ai trouvé...

une pièce à conviction.

C'est bon, je peux marcher seule. Ne t'occupe pas de moi.

Dire qu'ils annonçaient des basses pressions et un vent froid venu du nord.

Ils doivent être coincés à la douane.

4 heures du matin et je fais toujours de l'esprit.

Toi, comment tu t'appelles ?

Ermelinda Fascetti. Je m'approche du miroir ?

Non, ça va comme ça.

Tu travailles tous les soirs à Buone Pere ?

Ce n'est pas une question.

Réponds, et tu verras que c'est une question.

C'est un faux miroir, Virginia. On ne te voit pas.

- Regarde. C'est celle-là ? - Vous la reconnaissez ?

Non, ce n'est pas elle. L'autre était...

Je ne sais pas comment dire... Plus grande, plus...

Je ne corresponds pas à la description. Je ne suis ni blonde ni grande.

Qui a dit que nous cherchions une grande blonde ?

Tout le monde en parle. Je peux partir ?

Va...

- te faire... - enculer

Ne fais pas d'humour.

Celle-ci est grande, mais pas blonde.

Une putain brune ne peut pas mettre une perruque blonde ?

Non, madame, pas la peine de nous le dire.

Suivante !

Donne.

Qui connait la grande blonde à qui appartient ceci ?

Bonne réponse.

On peut se bouger le cul aussi ?

Je vous en prie.

A vous également.

On sait à qui on doit cette petite virée.

Les vieilles chouettes de Buone Pere. Dîtes-leur d'aller se faire mettre.

Je transmettrai. A bientôt.

Vous l'avez entendue ? Des menaces ! Vous devez nous défendre.

On verra. Allô ?

Aaaah, excellence...!

Le chef a appelé. Il voulait savoir pour la rafle.

Tu lui as dit qu'on tourne autour de la villa de Campi ?

Je lui ai dit. Il a raccroché, furibard.

Parfois je me demande si j'ai bien fait d'être policier.

Commissaire, commissaire, un coup de théâtre !

Moi, je voulais être ténor.

Le matin, quand j'y pense, j'aurais eu la tête comme une citrouille.

Et les couilles aussi.

Commissaire, je dis : Eureka ! Regardez-moi ça.

Il s'agit de l'individu dont je vous ai parlé lors de notre communication codée...

concernant le résultat de la filature que vous savez.

On l'a arrêté pour absence de papiers d'identité

sur le lieu de la rafle.

L'imperméable lui va comme un gant.

J'ai oublié mes papiers chez une connaissance.

Je ne comprends pas pourquoi on m'a mis cet imperméable.

Enlevez-le.

Merci.

Où habite-t-elle, cette connaissance ?

Réponds !

Alors ?

Sur la colline.

Et elle s'appelle ?

Vous ne voulez pas répondre ?

Je ne veux pas l'incrimer. Il s'agit d'une personne haut placée.

Relève son identité et laisse-le partir.

Partir ?

Ces sacs... Je les perds toujours.

Au revoir.

Commissaire.

Bonjour. Déjà au travail ?

Je me suis levé tôt, parce que j'ai passé une nuit blanche.

Les pensées ?

La chaleur. Il faudrait quitter la ville.

Mon jardinier est déjà parti.

Ne me dîtes pas que vous passiez par hasard.

Je ne vous le dis pas.

La rafle s'est bien passée ?

Comment le savez-vous ?

Anna Carla m'a appelé. Un informateur zélé l'avait prévenue.

Qui est-ce ? Un autre personnage de votre petit théâtre ??

J'espère ne pas avoir fait de gaffe.

Alors vous connaissez sûrement les résultats de notre rafle.

Pourquoi devrais-je ?

Sept prostituées, trois maquereaux, et un jeune homme nommé Lello Riviera.

Pourquoi me racontez-vous ça ?

Essayez de deviner.

Le tact exquis de la maréchaussée.

Hier soir, il était chez vous.

Le tact a disparu.

Il ne vous a pas dit qu'il avait dîné ici ?

Nous l'avons déduit de ses déclarations.

Une personne très réservée. Un vrai gentleman.

S'il n'a rien dit, comment savez-vous que nous sommes amis ?

Pourquoi vous énervez-vous ?

C'est Mme Dosio qui vous l'a dit ?

Elle n'y est pour rien.

C'est vous qui vous énervez.

Un homme a été tué...

Et on commence par soupçonner le premier venu.

Mon devoir est de recueillir les renseignements.

Et aussitôt commence la recherche sadique dans la vie privée.

Ne criez pas comme ça, même si vous êtes chez vous !

Vous pouvez crier aussi !

Merci, pas besoin.

Allez voir Mme Dosio. Elle n'aime pas attendre.

Dîtes-moi pourquoi Mr. Riviera est parti d'ici

au moment de la rafle.

C'est simple, commissaire.

Il y a des putains dans ce pré. Il a dû retrouver l'une d'elles.

Ce n'est pas interdit par la Constitution ?

Par la vôtre, si.

Non, avec les filiales régionales, je parle clairement.

De 9, nous devons passer à 5.

Bien sûr.

On le savait. On l'a déjà dit.

Va dans ta chambre, Francesca. Ne dérange pas papa.

En Allemagne, on exporte...

Me voilà.

Je suis à votre entière disposition. Quelle ponctualité !

Oui, nous arrivons en retard seulement pour attraper les malfaiteurs.

Vous me dîtes où on va ?

Regardez dans mon sac, il y a une carte de visite jaune.

Regardez l'adresse dessus.

Pourquoi avez-vous parlé de la rafle à Campi ?

C'est donc pour ça qu'il est furieux. Quelle commère, ce Massimo.

C'était pour lui montrer qu'il n'est pas le seul à tout savoir.

Mais vous avez raison. Vous me pardonnez ?

Oui, oui...

"Zavattaro frères. Marbre, pierre et granit.

Travaux artistiques et monuments funéraires".

De la pierre, encore de la pierre.

Un témoin affirme que le jour de sa mort Garrone aurait dit :

"Ce soir je m'occupe de pierres".

Qu'est-ce qu'on fait ici ?

Hier, j'ai appris que des Hollandais ont acheté...

D'accord, j'ai compris.

Miam miam, je sens une odeur d'assassin Vous avez un revolver ?

Madame, soyons sérieux.

Il y a quelqu'un ?

Je veux rester anonyme. Ne vous étonnez pas de ce que je dirai.

Vous non plus, ne vous étonnez pas.

Bonjour.

Vous êtes propriétaire ? M. Zavattaro ?

Oui.

Nous venir de Hollande. Vous fabriquez objets... particuliers ?

Quel article vous intéresse ?

Objets spéciaux. You understand ?

C'est possible voir ces objets ?

Un moment. Je vais chercher mon frère Osvaldo.

Il a travaillé en Allemagne.

Pas la peine. Je suis italien.

Alors pourquoi vous laissez parler la femme qui ne sait pas parler ?

Elle veut s'exercer.

Ça être pavillon des fantaisies.

Mon frère Osvaldo, l'artiste.

Vous passez par un circuit de distribution ?

Non, du producteur au consommateur.

Ça, format classique.

Bitte, haben Sie eine Zigarrette ?

Mon frère voulait en fabriquer en petit format

mais non gut.

Pas apprécié, pas beaucoup succès.

Ceux-là, ils vont bien partout.

Et voilà notre grand format. King size.

En Suède, ils le mettent devant la maison. Garden Sculpture.

Pour des particuliers, à partir de deux, on fait une ristourne.

Si c'est un groupe prêt à diffuser nos produits

on leur donne une commission et on leur fait un rabais.

Et vous, vous êtes qui ? L'interprète ?

Non, je suis avocat. Je représente la famille de l'architecte Garrone.

La famille Garrone ?

Et elle, c'est qui ? La poule de Garrone ?

Non, c'est une parente.

Vous savez que Garrone a été assassiné ?

Et qu'est-ce qu'on en a à foutre ?

Nous cherchons à savoir s'il avait un crédit auprès de votre entreprise.

Un crédit ? Le travail et le capital, c'est le soussigné.

Il touchait une commission quand il vendait nos articles. 20%.

En un an, il a dû vendre 20 pièces.

Pas de crédit. Crédit nix, compris ?

On fait crédit sur rien sauf pour toi et la putain.

Je n'avais pas bien entendu le dernier mot.

- Toi, t'es pas avocat. - C'est un gorille.

Partons.

- Non, c'est un flic. - Pour moi c'est un gorille.

Ce sont eux, les assassins ?

Non, non.

Ils n'auraient pas laissé... ce bidule chez Garrone, puisqu'ils le fabriquent.

Donc nous savons que l'arme appartenait à la víctime.

Tué par son échantillon.

Déposez moi près d'un taxi. J'imagine que votre famille...

Ma famille est aux quatres coins. Ma fille mange à la cantine

et mon mari ne rentre pas, il déjeune à son bureau.

Alors, si vous le permettez, j'aimerais vous inviter à déjeuner.

Je connais un endroit sur la colline.

Discret, genre maison de campagne. Ça vous va ?

Oui, ça me va très bien.

Et il fait frais.

Dans ce cas...

Dehors !

Vous êtes fou ? Je vais vous dénoncer.

Et moi je vais te casser la gueule !

Je ne connais pas de géomètres !

Je ne connais pas Garrone ! Je ne connais personne !

Saleté d'espion. La putain ne suffisait pas.

Et toi, tu es qui ? Encore un parent ?

Vous me cassez les couilles.

Je vous tuerai tous, tous les gorilles, tous les policiers, et tous les Hollandais.

Comme par hasard, c'est le jour de fermeture.

Je n'étais jamais venu ici.

En fait, peut-être...

Peut-être ?

Je disais... c'est peut-être encore plus beau, sans personne.

La poésie des plages sans baigneurs, et des salles de classe sans élèves.

Et des chambres pour couples illégitimes sans clients. Oh pardon.

Ce serait une explication pour de nombreux alibis douteux.

Il y a un trou dans l'alibi de mon mari. Vous le saviez ?

Oui, je le savais. Et vous saviez que je le savais.

A partir de 8 h. 15.

C'est pour ça que j'en parle.

Il y a des trous dans tous les alibis qu'il s'invente pour découcher.

Ça lui arrive, exceptionnellement, presque tous les soirs.

Il y aussi un trou dans l'alibi de Massimo Campi

Si c'était lui l'assassin, il vous l'aurait dit.

Vous n'avez pas compris Massimo. Il faut y mettre de la bonne volonté.

Pourquoi riez-vous ?

On ne fait jamais appel à la bonne volonté

quand le suspect est un moins-que-rien.

Massimo est névrotique, je sais bien, mais il est aussi très humble,

généreux, sincère, et surtout extrêmement intelligent.

Vous n'en avez pas assez, vous et Massimo, d'être si intelligents ?

Ça doit vous fatiguer.

Une fatigue que vous évitez à tout prix.

Oui, utiliser son intelligence seulement pour tuer le temps,

c'est de la connerie.

De la connerie ?

Pour dire les choses carrément.

Vous êtes charmant.

C'est vous qui avez commencé à être désagréable.

Vous me pardonnez ?

Qu'est-ce que vous faites demain ?

Mon mari emmène la petite à Genève. De nos jours, avec tous ces enlèvements...

En Suisse elle sera en sécurité. C'est comme si on la mettait à la banque.

Pourquoi cette question ?

Plutôt qu'un restaurant fermé, ma maison est toujours ouverte.

Je cuisine très mal.

C'est moi qui vous invite ?

Non, c'est moi. Vous aimez le filet ?

Au poivre.

Achetez le poivre. Alors ?

Eventuellement...

Occupez vous du filet, je me charge du poivre, de la crème et du reste.

Mais c'est...

Qui ?

Vous le connaissez aussi ?

Il est très ami avec mon mari.

C'est fermé.

Et ça, ce n'est pas sa femme.

Pourquoi vous cachez-vous ?

Pour ne pas l'embarrasser De toute façon, je suis en service.

Où en étions-nous restés ?

Je croyais que vous étiez en service ?

La piste de Zavattaro était fausse. Essayons autrement.

C'est en forgeant qu'on devient forgeron.

Salutations aux fainéants du service des hypothèques !

Voici notre collègue Riviera, du 4ème bureau.

Il a besoin de votre aide.

J'aimerais savoir si vous avez en attente d'approbation

un projet immobilier au nom de Garrone.

Je peux jeter un coup d'œil.

Merci.

Vous savez à quelle date il a été soumis ?

Aucune idée.

Je ne sais même pas s'il existe.

Notre collègue joue les détectives.

Oui, monsieur le directeur.

Je veux dire qu'avec tous ces enlèvements,

pourquoi est-ce nous qui nous occupons de cette affaire ?

C'est bien ce que j'ai dit. A vos ordres, excellence.

Le chef est de plus en plus furibard.

Cette fois ce n'est pas de notre faute.

Pourquoi ?

Il est contraint à l'abstinence pour cause de restaurant fermé.

Comment ?

Privé de repas et de pousse-café. Tu en es où ?

Les Zavattaro ont un bon alibi.

Celui qui ressemble à un boxeur a reçu la visite d'un gringalet

qui lui a posé des questions sur Garrone.

Lello Riviera. Voilà ce qu'on va faire :

je m'occupe de Riviera et toi tu te fais un café.

Là, c'est lui !

- C'est sûrement un policier. - Il n'a pas l'air d'un policier.

Va voir, mais fais attention, ça ne me plait pas.

Et voici le bassin des lavandières.

C'est là, durant des siècles, que l'eau du Pô a nettoyé

le linge des paysans turinois

qui a toujours été riche en bonnes "pere".

Entrez ou sortez, vous nous dérangez.

Ah, bonjour, commissaire. Ravi que vous vous intéressiez à nos causeries.

Asseyez vous donc.

Le Pô, "père de tous les fleuves d'Italie et même du monde".

L'origine du nom remonte à la Méditerranée.

Les Grecs antiques appelaient le fleuve Potamos

et Potomak est le nom du fleuve qui traverse la Caroline.

- La Virginie. - Oui, la Virginie.

Et voici... Non, pas ça.

C'est notre ami consultant en archéologie

qui a collaboré à ce documentaire, l'architecte Garrone

qui a connu une fin si horrible.

Ainsi s'achève la projection sur les lavoirs historiques

de la campagne turinoise. Bonsoir.

Pourquoi avez-vous demandé aux Zavattaro s'ils connaissaient Garrone ?

Vous savez ce qu'il m'a fait, Zavattaro ? Je peux porter plainte ?

Oui. Enfin, pourquoi y êtes vous allé ?

Je préfère ne pas répondre.

J'en ai suffisamment pour obtenir un mandat. Vous répondrez devant le juge.

Si vous croyez m'intimider, vous vous trompez.

Pourquoi n'avoir pas dit que le soir de la rafle vous étiez chez Campi ?

Comment le savez-vous ?

C'est lui qui me l'a dit.

Vraiment ?

Il l'a reconnu spontanément, sans avoir honte ?

Répondez.

Franchement...

Est-ce que Massimo Campi est très suspect ?

Parce que si vous me disiez qu'il n'est pas suspect

ça me déplairait.

Pas parce que je lui en veux, ou peut-être un peu que si,

mais surtout parce que...

il ne se conduit pas bien avec moi.

Eh bien ?

J'ai toujours essayé de ne pas l'étouffer, l'amour ne peut pas être une chaîne

Malgré ça

nous sommes au bord de la rupture.

C'est affreux. Je n'en peux plus.

Alors mon dernier espoir de le récupérer...

La phrase est mal choisie. Je veux dire

de pouvoir m'affirmer à ses yeux

c'est de lui montrer que ce minable

est capable de le tirer d'affaire et d'aider la police.

Je veux seulement qu'il me dise : "Bravo, Lello. Merci"

Rien que ça, commissaire

Vous êtes du midi, non ?

Oui. Gardez vos distances

Quand vous m'avez habillé en femme vous avez été gentil avec moi.

Je sais pourquoi. Les gens du midi ont bon cœur.

Je vais vous dire.

Avant, je soupçonnais Bauchiero, je le croyais rival de Garrone.

Fausse piste, comme quand on ouvre la mauvaise porte.

J'ai continué mes recherches au bureau, à l'hôtel de ville.

Et j'ai trouvé... Mais ça suffit.

Sachez seulement que je suis sur la bonne voie.

C'est à dire ?

A vous de me faire un peu confiance.

J'attends un coup de fil ce soir, et demain une encontre.

Ce sera décisif et définitif.

Avec qui ?

Je ne peux pas vous le dire. Ce sera notre petit secret.

Mais demain, quand j'aurai parlé à cette personne, j'irai vous voir.

Et vous me remercierez.

Riviera. Soyez prudent.

Ne craignez rien.

Comme dit un collègue sicilien :

"Qui cherche ce qu'il ne doit pas, trouve ce qu'il ne voulait pas."

Ici aussi nous avons un proverbe.

"La mauvaise lavandière ne trouve pas la bonne "pera"'.

Mais moi j'ai trouvé la mienne. Au revoir.

Demain, suis-le partout où il va.

On va me prendre pour son gigolo.

Pour moi c'est déjà fait.

Quelle façon de se garer !

Heureusement que fais attention à ma ligne.

Qu'est-ce qu'il veut ?

Qui ? Riviera, oui.

Non, le commissaire Santamaria n'est pas là. Vous pouvez me parler.

Une voiture qui vous a suivi ? Non, ça ne vient pas de chez nous.

Nous n'avons pas de voiture blanche à l'aile enfoncée.

Pourquoi vous n'avez pas ouvert ?

J'étais mort de trouille.

Zavattaro m'a battu, et maintenant on me suit.

Ça pourrait bien être le même énergumène. Je travaille pour vous, vous savez.

Trop aimable, merci.

De rien. Vous devez retrouver à qui appartient cette voiture.

D'accord, je note. Nous ferons de notre mieux.

A qui appartient la 1500 blanche à l'aile enfoncée,

immatriculaion inconnue ? Tu ne sais pas ?

Mais qu'est-ce que tu fous ? Vous dormez ? Qu'est-ce que tu as là ?

Les boutiques, plus de 100 points de vente, y compris les supermarchés.

Personne sur Turin n'a vu un sac comme celui-là.

La police demande de l'aide, elle a les mains liées,

pas le droit de tirer, la police ne trouve jamais rien.

This is the Balôn. Look it up.

Regardez cette superbe marine, signée, M. Bollero.

Ne m'appelez pas par mon nom, espèce de crétin !

Je n'achète pas ici, j'achète à Londres.

- Une marine signée ? Par qui ? - Par qui vous voulez.

Vous avez "My love over a variety" ? Un disque des Old Brefequets.

De John Brebreque. Brebrequets. "My love".

Brebre... Cats. Trop.

Apprends l'anglais !

Péquenaud !

Ça moud le poivre ?

Ça moud tout, même le poivre. C'est très à la mode, très kitsch.

C'est combien ?

5000, une affaire.

Et celui-ci ?

6000.

Je le prends.

C'est une bonne affaire.

Merci.

Qu'est-ce que c'est ?

Un cadeau que je dois faire.

Et ça, qu'est-ce que c'est ?

Un cadeau que je dois faire.

Faïence authentique. Forniani, XVIIIème. Pièce unique.

Il m'en faut deux, comme pieds de lampe.

Nous avons deux pièces uniques. Prix fixe, 40000. Négociable.

Excusez-moi, monsieur.

J'ai pris les deux par erreur. Je ne sais pas où j'ai la tête.

C'est peut-être vous aussi qui avez emporté le pilon à mortier ?

Quel pilon ?

En bronze, grand comme ça. Ça pèse 5 kilos. Ça vaut au moins 10000 lires.

Bonjour.

Bonjour.

Vous êtes là aussi ? Comment ça se fait ?

J'avais rendez-vous avec une personne à l'entrepôt de meubles mais...

Tout le monde est au Balôn aujourd'hui.

Bonetto, mon mari, moi, vous, Massimo...

Massimo ? Vous avez vu Massimo ?

Non, ce nest pas lui mon rendez-vous. Au contraire, je préfère ne pas le rencontrer.

C'est trop tôt. Mais à vous je peux bien le dire.

Je crois savoir qui a tué Garrone.

J'aurai bientôt la confirmation et je parlerai. Au revoir.

Au revoir, Rivera.

Riviera.

Santamaria ? Le jeunot a l'air de savoir des choses importantes.

Oui, au Balôn, le marché aux puces.

Et je vous signale la présence de Mme Dosio et compagnie,

ainsi que Campi et autres.

Ne le perds pas de vue. J'arrive tout de suite.

Tiens, tu es là aussi ?

Comment ?

Je viens de rencontrer Lello.

Lello ? Je ne l'ai pas vu.

Je suis venu chercher des objets pour la villa de Monferrato.

Mais c'est devenu plus cher que les antiquaires du centre.

Il avait rendez-vous à l'entrepôt de meubles. C'est fou.

Il m'a dit qu'il avait découvert l'assassin de Garrone...

et qu'il aurait la confimation sous peu.

Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Et Santamaria, qu'est-ce qu'il a découvert ?

Pourquoi tu me le demandes ?

J'ai fait une gaffe ?

Je ne vois pas...

Justement aujourd'hui...

Je dois me sauver. Je t'appelle demain.

- Look. It's pretty. - Ce n'est pas un objet typique.

Ne t'arrête pas à chaque stand. Laisse tomber. Let's go

- Fatiguée ? - Non.

I've lost Bonetto. Je ne retrouve plus Bonetto.

- Quel dommage. - What ?

- A l'entrepôt de meubles ! - Quoi ?

- On a trouvé un mort ! - Coucou !

- Où étais-tu ? - Je faisais un tour, je regardais.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Je ne sais pas. Allons voir

Où étais-tu ?

Quel con...

et lui aussi.

Du calme.

Massimo.

Reculez !

Lello Riviera.

On lui a défoncé le crâne.

Avec un pilon de bronze ?

Comment le savez-vous ?

On bouge d'ici. Nicosia, préviens De Palma.

M. Bollero, où allez-vous ? Ne vous cachez pas, venez.

Laissez passer, s'il vous plaît.

Je n'ai pas à donner d'explications.

Je ne répondrai à aucune question si on ne me donne pas un motif,

et seulement en présence de mon avocat.

Personne n'est suspect, pour le moment Ce n'est pas un interrogatoire.

C'est une demande de renseignements pour la préfecture.

Et c'est pour ça que vous nous gardez à vue, dans un sous-sol ?

Nous manquons de salons.

Chacun de vous peut-il me dire pourquoi il est allé au Balôn,

et où exactement il se trouvait vers 12 h 35,

lorsque M. Riviera a été tué ?

- Bonetto, ne réponds pas. - Quoi, "ne réponds pas" ?

Comme si j'avais quelque chose à cacher ! Et pourquoi devrais-je répondre en premier ?

- Tu es le premier du rang. - Sauf s'ils commencent pas vous.

- Vous d'abord. - Commençons par les dames.

Madame, répondez en premier.

Je suis allée au Balôn faire des achats.

Et quoi ?

Non, pas un pilon en bronze.

Un moulin à poivre. C'est interdit ?

Donc vous y êtes allée pour acheter un moulin à poivre.

Mais ce Riviera, madame le connaissait très bien. Et aussi Garrone.

Je ne vous permets pas ce genre dinsinuations.

Pour moi, la seule personne qui y soit allée pour voir Riviera...

c'est M. Campi. Et tout le monde sait pourquoi.

Tais-toi donc, imbécile.

Nous n'avions pas rendez-vous. Je ne savais même pas qu'il était là.

Anna Carla, parle. C'est toi qui parlais dans ta lettre d'éliminer Garrone.

Tu es la dernière à avoir parlé à Lello.

Tu savais qu'on l'a tué avec un pilon Tu sais trop de choses.

Que veux-tu dire ?

Et le commissaire évite de t'interroger.

Tu n'as pas honte ?

Qu'est-ce que s'est que cette histoire ? Explque-toi, Anna Carla.

Commissaire Santamaria, pouvez-vous venir un moment ?

C'est fait ? Vous relevez leurs identités et vous les renvoyez chez eux.

Mais il sont tous suspects, plus ou moins.

Et qui peut le moins peut le plus.

Vous aimez les maximes ? Trop de suspects, pas de coupable. C'est un vieil adage.

Je vois d'ici les manchettes des journaux :

"Des huiles impliquées dans l'affaire du Balôn. Tout Turin tremble".

Ils diront que je suis le pantin des industriels du nord,

et vous le fonctionnaire corrompu, qui vise les démocrates chrétiens.

Et en plus il s'appelle Santamaria !

Renvoyez-les chez eux. Je suis votre supérieur, c'est un ordre.

Mais c'est votre enquête. Je ne m'en mêle pas.

Rappellez-vous. Je ne vous ai rien dit. Nous ne nous sommes pas vus. Adieu.

Commissaire, ils sont suspects, ces trois-là. Assassins !

Asseyez-vous.

Ecoutez, commissaire, lui aussi est suspect

je l'ai entendu dire, devant témoins, que Garrone

méritait d'être tué, exterminé, je ne sais plus exactement...

Asseyez-vous.

Garrone était un de ses pires ennemis !

Quoi ? Nous avons collaboré ensemble sur les lavoirs de pierre.

Silence tout le monde !

- Du calme. - Laissez-moi tranquille, imbécile !

M. Bonetto, vous venez de parler des lavoirs de pierre.

Oui, pourquoi ?

Vous êtes tous piémontais, pourriez-vous me renseigner ?

Pourquoi dit-on que la mauvaise lavandière ne trouve pas la bonne "pera" ?

Qu'est-ce que c'est que cette histoire de "pera" ?

En turinois la "pera" veut dire la pierre.

"La mauvaise lavandière ne trouve pas la bonne pierre"

parce que, étant mauvaise lavandière, elle n'a pas l'intention de faire la lessive.

En anglais...

C'est bon, restons-en au piémontais.

M. Bonetto.

Ce soir-là, Garrone vous a dit, "Je m'occupe de pierres."

Et hier, Lello est venu à votre projection parce qu'il s'intéressait aux pierres.

Alors, avec votre permission, je vais m'occuper de pierres. Je reviens tout de suite.

Où on va ?

Tu n'as pas compris ?

Quoi ?

Scaglia, ces messieurs-dame sont nos invités.

Je t'avais dit qu'on était trop nombreux.

- Vous êtes le comptable Giancarlo Cerioni ? - Oui, pourquoi ?

Instructions du central. Vous devez retourner en ville.

- C'est ta mère qui est malade - Je suis là.

Non, retournez à l'hôtel de ville immédiatement.

- C'est bon, on peut y aller. - Alors ?

- Pourquoi ils t'ont appelé ? - C'est du sérieux.

En route, on arrivera à Alemos ce soir. Vite.

J'ai trouvé.

Et voilà le tube que la blonde avait en main.

Un projet de vente de terrain. Allons voir Regis.

Qu'est-ce que c'est que ces façons ? Je vous interdis...

- Superbe panorama, M. Regis. - Laissez cette longue-vue.

- Viens voir, collègue. - Je ne vous permets pas...

Où tu vas, toi ? Viens par ici.

Vous étiez amis avec Garrone, non ?

Mon seul vrai ami. Ce n'est pas facile

quand on est, comme nous, amoureux des belles choses.

Il y a beaucoup de préjugés contre le voyeurisme.

Les mateurs.

C'est dangereux d'espionner les couples la nuit.

Allez, au poste.

S'il vous plait, ne m'emmenez pas avec vous ! Les voisins...

Si tu parles ici, on t'évitera encore bien pire, pas vrai ?

Exactement. Nous ne sommes pas de bois. Alors, revenons à Garrone.

Je vous jure que j'ai aidé Garrone de façon désintéressée.

Je travaille au bureau des hypothèques, je pose les sceaux.

Il cherchait une vengeance après tant d'humiliations.

En travaillant sur un documentaire, il avait découvert

que, sur un terrain à bâtir

se trouvaient les restes d'un lavoir ancien

et qu'on pouvait ainsi bloquer le projet.

Qui est-ce ?

Des amis. Le commissaire Santamaria.

- Et son collègue De Palma. - Mettez-vous devant l'œilleton.

De profil aussi.

C'est bon.

- Bonjour. - Bonjour.

Bel endroit, Buone Pere.

Oui, en dialecte turinois, ça veut dire "Bonnes Pierres", c'est ça ?

Oui, les pierres du lavoir antique.

Votre sœur n'est pas là ?

- Non elle est allée... - Au Balôn.

Non, au cimetière, pour les 22 ans.

Je vous offre quelque chose ?

Quels 22 ans ?

L'anniversaire de la mort de son pauvre mari, Cicci.

Elle y va tous les ans.

Depuis notre intervention, tout est tranquille ?

Oui. Non, non, hier, j'ai eu une frayeur...

J'étais dans le jardin et j'ai vu en bas

un jeune homme à l'allure suspecte

mais ma sœur est descendue lui parler, et nous avons su que c'était un de vos agents.

Un blondinet, maigrichon ?

- Oui, mais il n'avait pas l'air d'un agent. - Et ce n'en était pas un.

Bonjour, madame.

Bonjour.

Que voulez-vous ?

Nous avons des questions à vous poser.

Va aider Palmira à écosser les petits pois.

Je leur ai offert une liqueur. J'ai eu tort ?

- Non, tu as bien fait. - Allez, allez....

Allez écosser les petits pois, ça vaut mieux.

Mme. Tabusso, bavardons un peu.

Vous savez que Riviera a été assassiné

d'un coup de pilon à mortier sur la tête ?

Oui, vous le savez, n'est-ce pas ? Parce que nous avons les preuves.

Quelles preuves ? Qu'est-ce que vous racontez ?

Que, par exemple, vous êtes allée au Balôn

avant d'aller au cimetière, si vous y êtes allée.

Je suis allée au cimetière. Au moins 10 personnes m'ont vue.

Et aussi au Balôn. Nous le savons grâce à un gardien de la paix.

De Palma, l'enveloppe.

Contravention, heure, immatriculation. Un de chaque.

Pourquoi ? C'est interdit d'aller au Balôn ?

Ça dépend de ce qu'on va y faire.

Madame...

Pouvez-vous me montrer votre permis de conduire ?

Je ne l'ai pas.

Non, vous n'avez pas votre sac.

Vous l'avez laissé dans la voiture ? Sans doute la 1500 blanche endommagée.

- Je vais le chercher. - Non, j'y vais !

Non, ne vous dérangez pas

Chère madame,

je vois que vous avez apporté l'argent.

Très bien.

Malheureusement, il y a un contretemps. Ça ne suffit plus.

Mes amis à l'hôtel de ville ont doublé leurs exigences.

C'est difficile d'exclure ce lavoir du terrain qu'ils veulent lotir.

Mais vous allez gagner des sommes énormes. Oui, des sommes colossales.

Si vous voulez votre licence, il faut payer le double de la somme convenue.

C'est à prendre ou à laisser. Vous préférez que le projet soit approuvé ?

Mais avant tout, l'argent. On paie d'abord.

Il y est ?

Il y est.

Elle avait gardé le pilon dans son sac à main.

Le pauvre Lello avait tout découvert.

Il avait compris pour l'hôtel de ville, les projets de lotissement

et le dicton sur les bonne pierres. Je ne sais pas comment il avait deviné.

Au poste, Tabusso a tout avoué. Tu sais ce qu'elle a dit ?

"Riviera et Garrone,

un cochon et un pédéraste qui ne méritaient pas de finir autrement."

Quelle mentalité !

Qu'est-ce que tu as ? Tu dors ?

Nom de Dieu !

Il est tard. J'ai mes obligations.

Non, un moment. Ecoute.

Quand est-ce qu'on se revoit ? Dimanche prochain ?

Je dois finir de préparer les valises.

Je n'ai pas pu. Tout ça à cause de votre enquête.

Toutes mes excuses.

Nous partons demain. Au revoir.

Quand rentres-tu des vacances ?

Je ne sais pas. En septembre, nous allons en Suisse.

Anna Carla !

Enfin...

Massimo, tu cherches un taxi ?

Oui, mais il n'y en a pas.

Monte, je t'accompagne.

La ville est déserte. Tout le monde est parti.

On ne trouve même plus de taxi.

Est-ce qu'on dit "taxi" ou "taxí" ?

"Taxi".

Je le savais. j'ai toujours dit "taxí", mais cette fois j'ai raison

parce qu'on dit "taxi" à Londres et c'est vulgaire d'imiter les accents.

- Et à Paris on prononce "taxi". - Mais en italien...

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