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réalisé avec le soutien du centre national cinématographique roumain
produit par
Je vois.
Alors j'attends que tu me fasses signe.
D'accord, Macarie. Merci.
Il attend d'avoir des nouvelles de la ville.
Si tu vas pas braconner, comment on remboursera ?
Tu devrais aller lui parler.
Demande à Zenţov de nous laisser plus de temps.
Il fera quoi si on peut pas payer ?
- T'as besoin de la barque cet aprèm ? - Non, tu veux sortir ?
- Non, je veux la réparer. - Elle est cassée ?
- Pourquoi tu ris ? - Il se moque de moi.
- T'as emmené Ilinca à la plage ce matin ? - Papa !
Ça va.
Mets juste une couverture...
Dis pas des choses pareilles !
- Tu veux un spritzer au vin ? - Plus tard.
trois kilomètres jusqu'à la fin du monde
Comment t'as fait pour le voir ?
Tu sais quoi ?
Viens au festival, je te trouverai cinq hérissons par jour.
Je sais pas.
J'ai nulle part où dormir.
Dors dans une tente, comme tout le monde.
Tu te douches avec une bouteille.
Viens au moins après le festival.
Tu peux pas venir quelques jours à Bucarest ?
Tu dormiras dans la rue.
Je rigole, tu dormiras chez moi.
- Je sais pas. - Je te paye le voyage.
C'est quand, ton examen d'entrée ?
Mi-septembre.
T'as peur de tes parents ?
Dis-leur que tu veux aussi tenter une fac à Bucarest.
- Tu t'es coupé ? - Non, leurs piquants ne coupent pas.
Ça doit être une épine de ronce...
J'ai du désinfectant chez moi.
Ça va aller.
Adi !
Adi !
Hé.
Qu'est-ce que tu fais, tu vomis ?
Suis mon doigt du regard.
Bouge pas la tête.
- Des vertiges ? - Non.
- Mal de tête ? - Non.
La tête en arrière.
Regarde le plafond.
Ça fait mal ?
Tourne-toi.
Respire profondément.
Inspire.
Retiens.
Expire.
Je dois aussi faire une déposition ?
Tu n'es pas impliqué.
Tu as été témoin ?
Je l'ai vu rentrer à la maison.
- Tu l'as vu se faire frapper ? - Bien sûr que non.
Alors il faut juste sa déposition.
Retire ton pantalon.
Lésions traumatiques...
dont...
la gravité...
sera...
évaluée...
par l'Institut Médico-Légal...
de Tulcea.
Voilà.
Plus loin.
Tu as fait quoi, ensuite ?
Je suis rentré chez moi.
- Seul ? - Oui.
Tu n'as croisé personne ?
Tu as marché tout seul ?
Je suis tombé en avant quand on m'a frappé.
Je me suis évanoui.
Personne autour ?
Maria.
Nouveau paragraphe.
Ça, c'est pour l'IML de Tulcea.
Radios, orthopédie et poumons.
Voilà l'attestation médicale que l'IML doit vérifier,
il vous en donneront une nouvelle.
Ça, c'est votre copie, l'autre est à déposer à la police.
Tout est clair ?
Venez signer.
Le rapport préliminaire.
- Tu as noté la date et l'heure ? - En haut à gauche.
Sa pièce d'identité.
Viens, on va fumer.
Tiens-moi ça.
Finis de prendre sa déposition.
Bien, chef.
- Madame. - Bonne nuit.
Tu as vu que ton téléphone avait disparu une fois rentré, ou plus tôt ?
Je sais pas.
- Comment on va... - Ça va ?
- Tu l'as cherché ? - Oui.
Tu es retourné sur les lieux ?
Non, j'ai regardé autour de moi.
Tu as regardé ou tu l'as cherché ?
Cherche son téléphone, c'est dommage.
Si on le lui a volé, on change de type d'infraction.
On passe de coups et blessures à vol aggravé.
C'est passible de trois à sept ans de prison,
car c'était la nuit.
Et ramène le rapport du médecin légiste.
- Comment tu y vas ? - En bateau.
C'était Pagai.
Je dois de l'argent à Zenţov, j'ai une semaine de retard.
Il a envoyé Pagai le tabasser.
Je pense pas.
C'est pas ce que tu crois.
Zenţov est capable de beaucoup, mais pas de ça.
T'en es sûr ?
Si c'est lui, on va s'en occuper.
Tu vas voir.
On va trouver qui l'a roué de coups.
Écoute, Pandele.
T'as aussi des enfants ?
- Je le vois presque jamais. - Je sais.
Il est tout ce que j'ai.
Tout ce que je gagne va dans son loyer à Tulcea.
Je sais bien.
Il rentre enfin pour l'été et...
Mets-toi à ma place.
On va s'en occuper, t'en fais pas.
Qu'est-ce qu'ils fichent, bon sang ?
T'as tout ?
Oui.
T'as une pochette plastique ?
Oui.
Ta pièce d'identité ?
- Quoi ? - Ta pièce d'identité.
Je l'ai.
Tu me la donnes ou tu la gardes ?
Je la garde.
Allô ?
Salut.
Là, maintenant ?
Je vais à Tulcea pour son rapport médical.
J'ai pas assez pour le bateau rapide, je rentre demain.
OK, j'arrive.
Adi, je vais au commissariat, dis à ta mère de faire des sandwichs.
- Je reviens vite. - D'accord.
- Bonjour. - Hé !
- Tu vas où ? - Voir le chef.
- Il t'attend ? - Oui.
Attends !
- Drăgoi est là. - Qu'il entre.
Vas-y.
- Entre. - Salut.
- Café ? - Non.
Lara !
- Pourquoi t'es là ? - Adi s'est fait frapper ?
- Fais-moi un autre café. - Tout de suite.
Donc...
Ils sont partis ensemble.
Je suppose, je suis pas sûre.
Tu peux le décrire ?
Il avait à peu près notre âge.
Il avait des boucles d'oreilles.
Il avait les cheveux courts et bouclés.
Tu es partie à quelle heure ?
Vers 23 h.
Mais vous êtes allés en boîte de nuit ensemble.
Moi et Adi, le touriste est venu seul.
- Quel touriste ? - Attends.
Tu sais pas quand ils sont partis ?
Je les ai laissés tous les deux.
Dis-lui ce que tu m'as dit.
Le vieux Tocu a vu qui l'a battu.
Papa l'a dit à maman ce matin.
Comment il sait, lui ?
Il a bu avec lui au bar des Saules hier soir.
Avec Tocu ?
Oui, papa et Tocu.
- Il a dit qui c'était ? - Je crois pas.
Papa savait pas.
Maman lui a dit de pas s'en mêler. Je l'ai laissé là-bas.
Avec le touriste.
Je sais pas.
Et Adi n'a pas répondu à mes appels.
Il a perdu son téléphone.
Il est où, ton père ?
Il est parti à Tulcea.
- Il vient de prendre le bateau ? - Oui.
Je vous ai dit que je signerais rien.
Mon père me tuerait.
- Personne te fera rien, viens... - Drăgoi, reste tranquille !
- Rentre chez toi. - Attends un peu !
T'entends ? Laisse-la partir.
Allez, rentre chez toi.
- Adi est à la maison ? - Oui.
Je peux passer le voir ?
Bonne journée.
Laisse ouvert.
Tenez.
Alors allons voir Tocu.
S'il te plaît.
On y va ?
Arrête tes bêtises.
Pourquoi ? Tu crois qu'elle ment ?
Je sais pas, mais si elle refuse de signer...
C'est des propos rapportés.
Tocu dit n'importe quoi, une vodka et il se prend pour Blanche-Neige.
Allons le voir.
S'il te plaît, Pandele.
S'il te plaît.
- Tu me laisses parler. - D'accord.
- C'est clair ? - Oui.
C'était qui ?
Il ressemblait à quoi ?
Écoute, si tu parles, on résoudra ça plus vite.
Sinon, on sortira des mandats, des citations à comparaître.
Ça n'a aucun sens !
Si quelqu'un avait fait ça à ta fille, tu voudrais pas qu'il paye ?
- Ne la mêle pas à ça. - Imagine.
Va-t'en, laisse-moi.
C'est quelqu'un du village ?
Drăgoi, attends !
Laisse-moi !
Tocu.
Si tu sais quelque chose, aide-moi.
C'est qu'un enfant.
Tu sais ce qu'il lui ont fait ?
Je t'en prie.
S'il te plaît.
C'était Ciprian.
Le fils de Zenţov.
C'est pas moi qui te l'ai dit.
Le fils de Zenţov. Je te l'ai dit.
- Allons-y. - Calme-toi.
- Il nous l'a déjà dit. - Le chef a dit d'attendre !
Tu l'as vu toi-même ?
Je suis rentré du bar pour prendre une veste.
Quand je suis ressorti, j'ai entendu du bruit.
Je me suis approché du portail et j'ai vu deux gars le frapper.
Je n'ai pas bien vu le premier.
Mais l'autre était Ciprian.
Tu ferais une déposition ?
Mamie !
Mamie !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Fous-nous la paix avec ce truc !
Allons-y.
Reste là-bas. Retiens-le !
Arrête, tu cherches les ennuis.
Sans déposition, je peux rien faire.
Va jusqu'au bout.
J'ai dit ce que j'avais à dire. Faites-en ce que vous voulez.
Écoute-moi. C'est la procédure, j'y peux rien.
Pour les interroger, faut une saisine.
Dites au gamin de faire une déposition.
J'ai sa déposition, mais il sait pas qui l'a battu.
Tu crois qu'on serait là s'il les avait vus ?
Il faut que tu ailles jusqu'au bout.
Je déclarerai rien contre Zenţov.
Si tu y tiens, fais-le toi-même.
- Chef ? - Attends !
Et si t'es un homme, oublie ce que j'ai dit.
Sois pas idiot, réfléchis avant de parler.
T'as pas bu avec Gabone hier soir ?
J'ai rien dit, ça va pas la tête ?
- Attendez. - J'attends.
Tu rentres chez toi, compris ?
Je m'occupe de la suite.
Rentre et je t'appellerai.
Je veux venir avec vous.
Chef !
- Je veux... - J'ai dit que je m'en occupais !
C'est pour ça que je veux venir.
Pardon ?
Répète ce que t'as dit.
C'est pour ça que tu veux venir ?
Je dis juste que vous vous connaissez.
Et alors ?
- Alors pourquoi j'irais pas ? - T'iras nulle part, idiot.
Tu vas perdre ton calme et tout foutre en l'air.
Et je vais devoir appeler le procureur.
J'ai pas de mandat, je peux pas faire de scandale.
Si tu veux que je t'aide, laisse-moi gérer.
Tu connais rien aux procédures.
Avec juste la déposition de ton fils, on est foutus.
- Et de deux témoins. - Un seul !
Il refuse de signer, ça vaut rien.
Deux, avec Ilinca.
Ilinca n'a rien vu, t'es idiot ou quoi ?
Elle a entendu son père qui a parlé avec Tocu,
qui aurait vu... Tu parles !
Laisse-moi gérer à ma façon.
Tu savais que le beau-frère de Zenţov
venait d'être nommé à la tête du comté ?
Non.
Tu veux tout faire foirer ?
Va te battre avec Zenţov.
Fous-lui une claque et tout sera fini.
Ça me facilitera la tâche.
Fais-moi confiance.
Allez.
Radu comment ?
- Il est en deuxième année ? - Il est bénévole aux examens.
Comment ça ?
Je veux dire...
Il aide les gens pour l'examen d'entrée.
- Il est parti ce matin ? - Oui.
Mon père aussi, il l'a peut-être vu sur le bateau.
Tu crois qu'il le suit ?
Mais non, je regarde s'il est dans les stories.
Ton père a Facebook ?
T'es bête !
Tu peux me mettre ça dans le dos ?
J'ai aucun ami à l'école de théâtre.
Voilà les Radu que j'ai trouvés.
Attends.
Regarde.
Pandele est là.
Apporte à manger.
- Vous avez mangé ? - Inutile...
Vas-y !
Tu es au courant ?
- Quelqu'un l'a vu. - Qui ?
Il paraît que Tocu était avec Gabone toute la nuit.
Ça doit venir de l'un d'eux.
Ils auraient parlé que de ça.
Personne m'a rien dit.
Mais les gens disent que c'était ton fils.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
À toi de me le dire.
Il faut qu'il vienne faire une déposition, puis on verra.
Un procureur viendra de Tulcea, et ce sera tout.
Et si t'envoyais pas le dossier à Tulcea ?
Attends jusqu'à demain.
Je peux pas.
J'ai enregistré la plainte, on a le rapport du médecin.
- Il est allé chez le médecin ? - Hier soir.
Il a déclaré le vol de son téléphone.
Ça fait coups et blessures et vol aggravé.
Bouge pas.
- Je prends des notes ? - Je te dirai quand.
Donne-le-lui.
- C'est le sien ? - C'est celui d'Adi.
Le dossier doit pas arriver à Tulcea.
Je pourrais encore gérer là-bas,
mais s'ils font appel, ça ira à Bucarest et mes fils auront la peine maximale.
Ils sont tous les deux impliqués ?
Oui.
C'est 3 à 7 ans ferme.
De nuit, c'est une circonstance aggravante.
Ils seraient libérés pour bonne conduite à la moitié.
- Ils sont là ? - Oui.
Appelle-les.
On l'a suivi chez Tanţa, où logeait l'autre...
le touriste.
On les a suivis de loin, ils ont pris la rue principale,
et on a pris la ruelle de derrière.
Adi le raccompagnait.
Une fois au portail, le gars...
lui a embrassé la main.
- Il l'a léchée. - Il l'a...
léchée.
Puis ils se sont embrassés, ils se sont pris dans les bras.
Après, le touriste est rentré et on a suivi Adi.
- Vous étiez pas après le touriste. - Non.
Pourquoi vous vous en êtes pris à Adi ?
Réponds.
Dis-lui ce que tu m'as dit.
Parce que c'est un pédé.
- Pardon ? - Dis-le clairement !
Parce qu'il se fait enculer.
Je l'écris comme ça : "Parce qu'il se fait enculer" ?
Comment vous en avez déduit ça ?
Parce qu'il embrassait un garçon ?
J'ai pensé qu'il était bourré.
Quand t'es bourré, tu embrasses des garçons ?
- Pourquoi avoir pris son téléphone ? - C'est lui.
Il est tombé par terre, je l'ai ramassé.
J'ai voulu le casser, pas le voler.
Et on l'a insulté.
Mon frère, surtout.
Sers-toi.
Vous avez fait quoi, après ?
On est rentrés.
T'étais là ?
J'étais là, on buvait un verre avec des amis.
- Tu les as pas vus ? - On est entrés par l'avant.
Aide-moi, essaye de gagner du temps.
Je peux pas, le procès-verbal est daté.
Ne l'envoie pas tout de suite.
- Si le procureur le voit... - Je vais lui parler.
Il vaut mieux que ça n'arrive pas à Tulcea.
Et d'autre part,
c'est une pédale, bon sang !
Si on apprend qu'on a des pédales ici, imagine ce que ça va donner.
Tu veux les surveiller ? Tu veux pas une retraite paisible ?
Ils vont ramener de la drogue.
T'as pas vu ces dégénérés à la télé ?
Ils se promènent le cul à l'air avec des piercings...
Ils vont venir en vacances ici, on les verra se tripoter partout.
Ils se léchaient les mains, putain de merde !
Si c'était un gars normal, j'aurais rien à dire.
Bon, c'est mes enfants, ils ont battu un gars.
Ça aurait été différent.
Mais là, il faut que tu m'aides.
On doit se serrer les coudes.
Mon beau-frère m'a dit que tu as demandé une retraite anticipée.
Tu veux rester cinq ans de plus ?
Aide-moi et je t'aiderai.
Ton dossier sera approuvé dans un mois, tu as ma parole.
Je te le jure.
On va voir.
Allez.
D'accord, Macarie.
Salut.
L'UNTAC, c'est une école de théâtre, non ?
UNATC... Tu sais plus lire !
Oui, bref, celle-là.
Vous voulez aller à l'épave ? J'ai fini avec la barque.
Oui, je sais pas, tu veux ?
Comme vous voulez.
On a un ami commun à Tulcea, qui "étudie à l'UNATC".
Vous voulez de la confiture ?
- Tu en veux ? - Oui.
- C'est pas lui. - Non ?
Il était jeune, 17-18 ans, moins de 20.
Il a pris le bateau ce matin.
Tu as pris sa pièce d'identité ?
Ou fait une photocopie ?
Pourquoi t'enregistres pas les touristes ?
Les impôts me laisseraient rien.
Vous êtes pas croyables.
Tu as au moins son numéro de téléphone ?
Je l'ai récupéré au bateau, il a pas réservé.
Excuse-moi un moment.
Ils veulent payer par carte.
Dis-leur d'aller retirer.
Le distributeur est à sec. Ils veulent faire un virement.
OK, ils ont le numéro ?
- Vous avez le numéro ? - Le vôtre ?
- Oui, le nôtre. - Non.
Donne-leur le numéro de Nelu.
Dis-moi ce qu'il a fait. Tout le monde le cherche.
Pagai aussi est passé ce matin.
Il a volé quelque chose ?
T'as rien vu hier soir ?
- Il était accompagné ? - Tu crois que je les observe ?
J'ai servi le dîner de 20h à 21h30,
il a dû aller en ville.
Et ce matin ?
Il est reparti tranquillement.
En tout cas, il manque rien, il m'a rien volé.
D'accord.
Si quelqu'un d'autre le cherche, appelle-moi, compris ?
Oui.
On y va !
Dis-moi au moins ce qu'il a fait.
Évasion fiscale et curiosité ne font pas bon ménage.
Appelle-moi si quelqu'un vient t'en parler.
- Au revoir, Tanţa. - Salut.
Ça a été ?
Comment va Adi ?
Mieux.
Dis, tu connais son hôte à Tulcea ?
Oui.
C'est quelqu'un de sérieux ?
C'est une femme que je connais.
J'ai une question, ne me mens pas.
Je t'écoute.
J'aurais pu tourner autour du pot,
mais je préfère être direct.
Ton garçon est...
dans l'autre camp ?
C'est-à-dire ?
Il est de l'autre bord ?
On m'a dit certaines choses.
Les fils de Zenţov l'ont vu embrasser un garçon.
C'est bien eux qui l'ont battu, c'est sûr, mais...
Tu savais que...
C'est pour ça qu'ils l'ont fait ?
Tu penses qu'ils mentent ?
En toute logique, pourquoi ils mentiraient ?
En tout cas, il vaut mieux que ça s'ébruite pas.
Ils l'ont vu embrasser un mec ?
Tu veux que je te le dise ?
Tu peux aller leur parler.
Il était...
Enfin, ils...
Ils se léchaient, et...
Me fais pas dire ces choses-là.
Avec qui ?
Un touriste qui logeait chez Tanţa.
- Il est encore là ? - Il est parti ce matin.
Tiens.
Vérifie qu'il fonctionne.
Voilà, maintenant...
fais ce que tu veux.
Allez, viens.
Qui est au courant ?
Seulement Zenţov, je crois.
Et ses fils.
Et ses fils, oui.
Il vaut mieux que ça se sache pas.
Ce sera pire pour lui.
S'ils commencent à parler à droite à gauche,
tu pourras plus sortir en public.
En attendant,
essaye de lui parler.
Vois ce qu'il a à dire, histoire d'être sûr que c'est vrai.
Il était peut-être soûl.
Ou, qui sait, il a peut-être été drogué,
par le touriste, ou...
J'en sais rien.
Vois ce qui s'est passé.
Et s'il avait mis un truc dans son verre ?
Je connais Adi.
Tu peux pas d'un coup embrasser un gars dans la rue !
Y a plein de jolies filles au village et il embrasse des garçons ?
Ce type a dû lui faire quelque chose.
Écoute-moi.
C'est ce que je pense.
Vous êtes ses parents, parlez-lui.
Voyez ce qu'il en est.
Voilà, je te laisse voir
ce que tu veux faire, et tu me dis, OK ?
On verra ce qu'on peut faire.
À plus tard.
Il était canon.
- Vous allez où ? - À la digue !
D'accord, il était canon.
Attends un peu.
Quoi ?
Ilinca, pars devant, je dois lui parler.
Vas-y.
Je t'attends là-bas.
- C'est vrai ? - Quoi ?
Tu embrasses des garçons ?
Va à l'intérieur.
T'entends ? Va à l'intérieur.
C'est vrai ?
Pourquoi ?
Pourquoi des garçons, mon chéri, qu'est-ce qui t'est arrivé ?
Tu avais trop bu ?
Je me dis que ça pourrait l'aider.
Il n'avait pas une copine ?
Si, il devait épouser la fille de Gabone.
Je la connais. Pourquoi tu dis qu'il aime les garçons, alors ?
Quelqu'un l'a vu.
Il était avec un autre garçon et...
Ne m'obligez pas à le dire...
Vous n'avez jamais rien soupçonné ?
Je n'aurais jamais imaginé.
Un docteur ne devrait pas être le seul à s'occuper d'un malade.
Son entourage doit s'assurer qu'il va bien,
pas le laisser face à sa maladie jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
- Je viens de l'apprendre. - Je comprends, mais...
ça ne marche pas comme ça.
Ce que tu me demandes n'est pas anodin.
Mon père, je vous en prie, faisons-le une fois.
Juste une fois.
D'accord. Parle-lui, amène-le à l'église, on verra.
Il ne veut rien entendre. Je pense que c'est mieux comme ça.
Je comprends, mais...
je ne peux pas le faire seul.
On fera comme vous voudrez.
Je n'ai personne d'autre vers qui me tourner.
Dis-moi, il s'est fait vacciner contre le COVID ?
Adi.
Adi.
Adi !
- Lève-toi. - Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien, rien. Debout.
Adi, enfile ça.
Allez.
- On va où ? - Nulle part.
Allez, mon chéri.
Habille-toi.
On va où ?
Je te l'ai dit, nulle part.
Quelqu'un est venu nous voir.
Qui ?
Le père, il veut te parler.
Le père ?
- Le prêtre ? - Il veut discuter. Mets ça.
Non, laisse-moi tranquille.
- Adi. - Laisse-moi.
Adi, je t'en prie.
- Va-t'en. - S'il te plaît, fais-le pour moi.
Je t'en prie.
- Laisse-moi dormir ! - Adi !
- Adi, il est à la porte ! - Laisse-le là.
Ne me fais pas honte ! Je t'en prie, lève-toi !
Prends-le par la main et allez à la mer, qu'est-ce que tu me veux ?
- Adi, je t'en prie ! - Laisse-moi dormir, s'il te plaît !
- Va-t'en, laisse-moi ! - T'as pas honte ?
- Sors d'ici ! - Je t'ai dit...
- Sors de là, je te dis ! - Parle-lui, ça va pas te tuer !
Je veux pas lui parler !
Arrête de me crier dessus !
Laisse-moi ou je hurle et tout le village m'entendra !
- Sors de ma chambre ! - Florin !
Florin, viens là !
Qu'est-ce que tu fais ?
- Attrape ses bras. - Papa ?
Qu'est-ce que tu fais ?
Lâche-moi !
Papa !
Papa, tu me fais mal ! Papa !
Maman !
Lâche-moi !
Lâche-moi !
- Maman, à l'aide ! - Arrête de te débattre !
À l'aide !
À l'aide !
- Au secours ! - Calme-toi !
J'ai mal, tu m'écrases !
Nous nous présentons devant toi avec notre humble prière
pour ton serviteur Adrian,
éprouvé par la maladie, la souffrance et la tentation.
Nous te supplions, médecin céleste, d'exaucer nos prières
et de soulager sa souffrance.
En toi nous trouvons des remèdes à tous les maux
et nous espérons que ton amour des humains n'ait pas faibli.
Qui peut énumérer tous tes miracles ?
Qui peut dire combien ont guéri par tes prières ?
Viens-leur en aide, Saint Ephrem !
Viens en aide aux affligés !
Prie notre Seigneur le Christ pour leur guérison,
si c'est ce qui est juste pour eux,
pour la gloire de Dieu.
Mais s'il est juste pour eux de porter la croix de la souffrance,
aide-les à la supporter sans se plaindre,
pour qu'ils obtiennent la couronne lumineuse
de la patience et de la guérison.
Saint Martyr Ephrem,
tu as subi des supplices indicibles
alors que nos vies regorgent de plaisirs.
Mais bien que nous soyons pécheurs et corrompus par les passions,
nous osons te prier,
car nous ne prions pas pour nous,
mais pour ces affligés que la souffrance a agenouillés.
Sois leur gardien, leur guide, leur protecteur et leur guérisseur,
afin qu'ils te rendent grâce le cœur humble et qu'ils glorifient Dieu
qui t'a accordé Sa grâce,
te présentant comme un grand faiseur de miracles.
Pour les siècles des siècles. Amen.
Mets l'encens sur lui.
Drăgoi !
Bonjour, madame. Drăgoi est ici ?
Il est parti pêcher.
- Il rentre bientôt ? - Je crois que oui.
Il ne devrait pas tarder. Tu veux entrer ?
Non, je le verrai plus tard.
Comme tu veux.
L'autre gars arrive.
Zenţov.
Je fais quoi ?
Je t'appelle ou je t'écris ?
D'accord, salut.
Bonjour !
Je suis passé chez toi, Maria m'a dit que tu pêchais.
Viens, on discute.
Tu sais ce que c'est, quand on boit.
Ils se sont échauffés,
le touriste les a peut-être provoqués...
Ça arrive, quand on est jeune.
Les bagarres et la baise, ça s'efface pas.
Je t'ai aidé quand tu as eu besoin de moi.
Je vais oublier ta dette,
et on sera quittes.
On va ensemble à la police,
Adi retire sa plainte,
et on reste amis.
D'un père à un autre, tu aimes ton fils, j'aime les miens.
Ils ont fait une erreur, ils regrettent !
Je t'assure qu'ils regrettent !
Je l'ai fait, je peux le tuer, mais personne d'autre peut le toucher.
Ce qu'il y a entre toi et moi le concerne pas.
- Tu crois que je les ai envoyés ? - Non, il l'a fait lui-même.
Bon sang, parle avec eux !
Demande à la police !
Attends !
Tu serais pas venu s'ils avaient pas pris son téléphone.
Attends un peu.
Une dernière chose.
Pour te prouver que je veux t'aider.
Tu sais utiliser ces machins ?
Je vais te montrer un truc.
Il est comme celui d'Adi.
Quand mes fils avaient son téléphone, Adi recevait des messages.
Tu peux pas les lire il a verrouillé l'écran,
mais tu peux voir la première ligne quand ils arrivent.
Mes fils m'ont dit que le garçon est de Bucarest,
le touriste.
Et Adi veut partir là-bas.
C'est ce que j'ai compris.
Je sais combien tu voulais qu'il entre dans la Marine.
Prends son téléphone et vérifie.
Je te conseille de le faire.
Dis-lui de le déverrouiller.
Je juge pas, chacun élève ses enfants comme il veut,
mais au moins, tu seras fixé.
Peut-être que tu changeras d'avis.
Oublions ce qui s'est passé.
Tous les deux.
Soyons humains. Je t'en prie.
Pourquoi t'es partie ?
Comment tu sais qu'il reviendra pas ?
T'es où ?
OK, reste là-bas, j'arrive.
Adi !
Adi !
Si tu vas en barque à Tulcea, tu vas arriver la nuit !
Ils se disputaient ?
T'entends ce que je dis ?
Adi !
- Adi ! - Quoi ?
- Écoute-moi. - Ils se disputaient ou pas ?
Putain, je sais pas, ils parlaient.
Zenţov était très calme.
Et papa ?
J'en sais rien, je l'ai pas entendu.
Ils t'ont fait quoi ?
- Adi ! - Ils m'ont attaché.
Mon Dieu ! Va à la police, c'est de la folie !
- Et tes parents ? - C'est eux qui m'ont attaché.
C'est pas vrai !
Quand j'arriverai à Tulcea,
dis à papa que j'ai pris sa barque, on l'a pas volée.
Va voir la police ! Regarde-moi ces plaies, c'est fou.
Fais ce que je te demande.
- Comment il la récupérera ? - On s'en fout.
Va plutôt à Murighiol,
tu y laisses la barque et tu prends le bateau le matin.
La police cherchera la barque.
Qu'est-ce que t'as avec la police ?
C'est ce qui arrivera, c'est logique !
C'est papa.
Rentre chez toi, je te ferai signe.
- Tu m'appelleras ? - Oui, ou je t'écrirai !
Sois prudent !
Il manque le tuyau !
Quoi ?
Il a pris le tuyau !
Laisse-la ici !
Rentre, vas-y !
Ilinca !
Ilinca !
Ilinca !
Ilinca, où est Adi ?
Je sais pas.
- Dis-moi où il est ! - Je sais pas.
- Bon sang, où est mon fils ? - Je vous ai dit, je sais pas !
Il est à la maison !
- Tu étais où ? - Au phare.
Je t'ai dit de rester ici !
Je suis en prison ?
- Pourquoi tu mens, mon grand ? - Je mens pas !
Tu nous prends pour des idiots ?
Tu vas au phare avec ton sac ?
Tu veux qu'on meure d'inquiétude ?
T'en as pas assez fait ?
J'ai mes baskets dans le sac !
Il y a des chardons, je peux pas y aller en sandales !
Je vous fais honte à nouveau ?
- T'étais où ? - Laisse-le !
- T'étais où ? - Au phare !
C'est ma faute, j'aurais dû le surveiller.
- J'ai fait quoi ? - Tais-toi !
Viens là.
Adi !
Tu fais quoi ?
Il paraît que tu veux aller à Bucarest.
Et la Marine, alors ?
Tu ferais quoi, à ma place ?
Tu ferais quoi, si tu voyais que ton fils te ment à ce point ?
Donne-le-moi.
Allume-le et ouvre tes messages.
Assieds-toi.
Viens écouter ça, c'est beau.
Tiens.
Lis celui qui parle d'étouffer.
À voix haute, pour ta mère.
"J'étouffe à l'idée que tu partes.
"Je serais prêt à nager jusqu'à Bucarest, plutôt que de rester ici.
"J'ai des putain de corvées à faire pour ma mère, elle me rend dingue.
"Je te raconterai ce soir.
"P.-S.: Les perséides se voient mieux depuis la plage."
Tu vois ce que c'est ?
Tu as toujours fait ce que tu voulais.
Et je t'ai fait confiance.
Tu peux tirer un trait là-dessus.
La Marine, c'est pour les gens sérieux.
On va prendre le temps d'y réfléchir.
On verra l'an prochain.
Ça, je le garde. Si tu veux téléphoner, demande.
C'est pas ce que je voulais dire.
C'était une façon de dire que j'irais n'importe où.
Ça aussi, ça finira par passer.
On verra comment tu te sens à l'automne.
C'est pour ça que j'étouffe ici.
Maman, j'ai pas les oreillons.
Ça se soigne pas avec un comprimé.
La vie à la ville t'a détraqué, mon grand.
Tu as peur de ce que dira le monde ?
Le monde n'est pas ma famille.
Non, mais tu dois vivre dedans.
Je ne peux pas vivre ici.
Tu le comprends pas ?
Tu le sens pas, c'est pas clair ?
S'il part maintenant, qui sait ce qu'il fera ?
N'importe quoi. C'est un grand garçon.
Imagine le scandale s'il reste au village !
J'aurai ma retraite anticipée dans six mois.
Je veux un dossier nickel.
C'est déjà la cata lors du festival du film.
Je passe la nuit à les surveiller.
Ils se soûlent, ils baisent sur la digue, lancent des feux d'artifice.
Excusez-moi, chef !
Si on paye une amende ici, il faut déposer le reçu à la mairie ?
- Non, qu'il le garde. - Merci, désolée.
Tu vois, tous ces imbéciles font comme chez eux ici.
Bon, tu connais les garçons de Zenţov.
Si l'un d'eux dit quoi que ce soit, tout est foutu.
Zenţov a juré qu'ils se tairont.
Tu crois qu'il surveille tout ce qu'ils disent ?
Et l'université ?
Tu l'as gardé au lycée pour qu'il rame dans une barque ?
Il a eu combien au bac ?
19,6.
Tu vois ?
Mon père m'aurait acheté un bateau si j'avais eu 19,6 !
Voilà ce que je pense.
Amène Adi pour qu'il retire sa déposition.
Je classe le dossier et vous vous arrangez entre vous.
C'est mieux comme ça.
Tu te débarrasses de ta dette, Adi sera content de partir d'ici.
Les gens oublient.
Tout est bien qui finit bien.
Écoute-moi, j'essaye de t'aider.
Et l'attestation de la médecin ?
C'est moi qui l'ai.
Sans attestation de l'IML, ça vaut rien.
Elle fait qu'envoyer des rapports.
Tu vois ?
Comme ça, tout le monde est content.
Quand on voit un homme blessé par une pierre, on pense pas :
"Qui l'a jetée, de quoi est-elle faite ?
"Pourquoi l'a-t-il jetée ?"
On a le temps d'y réfléchir plus tard.
Sur le coup, on se précipite pour aider.
- Contre son gré ? - Adi !
Oui.
Parfois, contre son gré, si l'on croit que c'est pour son bien.
Dieu nous protège à chaque instant,
sans qu'on le Lui ait demandé.
Mais il serait bon de L'aider un peu.
Tu comprends ?
Bien.
Tu peux y aller.
Mets une Bible sous son oreiller,
ou à proximité.
Qu'Il le protège au moins des mauvais rêves.
L'homme ne sait pas les distinguer.
Les bons rêves viennent de Dieu, les tentations viennent du Diable.
Et prie.
C'est tout ?
On peut l'emmener au monastère de Stipoc, je connais l'abbé.
Ça lui ferait du bien d'être parmi des hommes de foi.
- Je ne sais pas, mon père. - Crois-moi.
Ce sera pire s'il reste au village.
Si les gens l'apprennent, ce sera un cauchemar.
Qu'est-ce que tu fais ? Maman !
- Maman ! - C'est mieux comme ça.
- Ouvre la porte ! - Crois-moi, mon chéri.
- C'est mieux. - Maman, ouvre !
- Maman ! - Calme-toi, s'il te plaît !
Maman !
Maman !
Maman, vous êtes devenus fous ?
Ouvre la porte !
Ça va passer ! Arrête de frapper !
Maman !
Ilinca ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Bonjour.
Adi est là ?
Oui, mais il veut parler à personne.
Je l'ai appelé, mais il répond pas.
Tu vois ?
- Vous pouvez lui dire de sortir ? - Je crois pas qu'il veuille.
Ou de me faire signe plus tard ?
Je lui dirai.
D'accord.
- Bonne journée. - Au revoir.
Demain, on doit payer notre dette.
Il a pas dit qu'il l'effacerait ?
Seulement si on retire la plainte.
Eh bien ?
Ilinca vient de lui écrire.
Comment ça se déverrouille ?
Qu'est-ce qu'on va lui dire ?
Il sera mieux au monastère.
On l'emmène là-bas, et tout va s'arranger.
Ils feront des messes, on le soignera.
Ce sera bien.
Ce pays est pourri !
Enfin, ses habitants le sont.
Sans les canaux de Ceauşescu, le Delta serait bouché.
C'est pas lui qui les a creusés.
Je parlais du système dans son ensemble.
De quand date l'église ?
Les Lipovènes l'ont construite avant la fin du communisme.
La moitié a brûlé il y a 10 ans, le prêtre l'a reconstruite...
Vous pouvez l'appeler ? J'aimerais lui parler.
Tout de suite.
- Je vais parler aux habitants ? - On ira ensemble, si besoin.
Bonjour, mon père.
Vous êtes chez vous ?
Il y a deux personnes de Tulcea qui aimerait vous parler.
Ils peuvent venir ?
Non, pas pour une confession. C'est autre chose.
Entendu.
D'accord, je vous remercie.
- Il vous attend. - Merci.
- Bonjour. - Bonjour.
C'est lui.
Ils viennent de Tulcea, suite à un appel au 112...
En fait, au 119, l'Aide Sociale à l'Enfance.
Simona Petrescu.
Florin Drăgoi.
Votre fils s'appelle Adrian, c'est ça ?
Oui.
- On peut se mettre à l'ombre ? - Allons à l'intérieur.
- J'ai quelques questions. - Allons-y.
On a reçu un appel, pourriez-vous me dire où est votre fils ?
À la maison.
- Je peux utiliser votre stylo ? - Bien sûr.
On peut l'appeler pour qu'il vienne ?
J'ai son téléphone.
Pourquoi ?
- Il va bien, n'est-ce pas ? - Oui.
J'aimerais le voir.
Qui vous a appelés ?
Faites une demande au service du comté, je n'ai pas le droit de le dire.
- Je peux fumer ici ? - Aucun problème.
- Lara ! - Oui ?
- Un cendrier. - Tout de suite.
Qui l'a battu ?
Oh, "battu"...
C'était juste... un accrochage.
- Un café ? - Non, merci.
- Tu m'en refais un ? - Bien sûr.
C'était plutôt une dispute.
Alors, parlez-moi de la bagarre.
Une bagarre entre enfants.
Je dois rédiger un rapport, vous le savez.
Bien sûr.
Vous l'avez attaché ?
Tu as entendu ? Vous l'avez attaché ?
On l'a retenu pour qu'il ne...
- Vous l'avez exorcisé ? - Non !
- C'était une prière. - Pour quoi ?
- Pour sa santé. - Vous permettez ?
Oui ?
Une minute.
Ce garçon a des problèmes...
C'est pour ça qu'il y a parfois des scandales.
Il est rarement là, il étudie à Tulcea, mais quand il rentre...
Il y a parfois des soucis.
Mais il est mineur, ça relève de votre juridiction ?
Ça relève pas de la police ?
Pour les cas "à risque". L'appel était pour "coups et blessures".
Ça va directement chez nous. Il a quel âge ?
17 ans.
À plus de 16 ans, il peut lui-même déposer plainte.
- Ça ne concerne pas le parquet ? - Seulement si on le saisit.
Ce que nous ferons, s'il a été attaché et séquestré.
Pour l'instant, on fait le rapport de la saisine.
Attendez...
Vous connaissez les garçons qui l'ont battu ?
Des jeunes d'ici, on sait pas.
Laissez-le répondre, je vous prie.
Si j'ai une question pour vous, je vous la poserai.
- Vous avez signalé l'agression ? - Oui.
- Je peux voir la déclaration ? - Bien sûr.
J'aimerais aller chez vous pour discuter avec votre fils.
Allez plutôt chez le prêtre, il vous attend.
- Puis vous verrez le garçon. - C'est mieux.
Je dois aussi passer à ma barque.
- On peut y aller ensemble. - Nicu, viens !
Prends ça.
Tiens.
Accompagne-la chez le prêtre, puis chez Drăgoi.
Fais ce que t'as à faire avec la barque et attends la dame chez toi.
C'est le rapport préliminaire.
Où est l'attestation médicale ?
Par là, je vous la donne ?
Quand je reviendrai. Je peux prendre ça avec moi ?
- On se verra pour votre déposition. - Bien sûr.
On se voit très vite. Allez, on y va.
Vas-y !
Tu l'as attaché ?
Parle ! Tu l'as attaché et exorcisé ?
Abruti ! Je devrais les laisser te mettre en prison !
Pourquoi tu m'as rien dit, bordel ?
Putain...
- Je fais quoi ? - Ferme-la, c'est tout ! Imbécile !
- Lara ! - Oui !
Viens là.
- T'as des cigarettes ? - Oui, tu en veux ?
Non, écoute bien.
Nicu !
Quoi ?
- Pourquoi ? - Viens là !
- Qu'est-ce que tu veux ? - Viens là !
Dis-moi ce que tu veux !
- J'ai un paquet. - Viens là !
Quoi ?
Le chef a dit de la retenir tant que tu peux.
Va parler à Adi.
Si tu l'as attaché et séquestré, ou je ne sais quelle bêtise,
demande-lui de te pardonner et de rien dire.
S'il dit que c'est vrai, t'es foutu.
Tu vas crouler sous les accusations,
toi et ton gros prêtre.
Je lui demande quoi ?
De dire qu'il a accepté de se faire attacher.
T'as compris ce que tu dois faire ?
C'est ça, cligne des yeux !
Et ceux qui l'ont battu ? On peut pas lâcher l'affaire.
Je vais aller leur parler !
De quoi ? Ils l'ont pas frappé ?
Quelqu'un a appelé leurs services, la plainte est enregistrée, crétin !
Si ton fils parle, on est foutus.
Toi, moi, les fils de Zenţov, le prêtre.
Cherche à savoir à qui d'autre il a parlé.
Lara ! Si on me cherche, je suis sur le terrain.
Oui, chef.
Attendez un instant, j'arrive.
Bonjour, Dieu vous bénisse.
Bonjour, où est le prêtre ?
Il est en train de manger.
Le chef l'a appelé tout à l'heure.
- Va voir s'il a terminé. - Non, ne l'embêtez pas !
- Va lui dire que la police est là. - Il n'y a pas d'urgence.
Vas-y maintenant. T'écoutes qui ?
Prends ton temps.
Nettoie ces deux poissons aussi.
Mon père,
le gendarme est là avec deux personnes.
Mon père.
Désolé d'interrompre votre déjeuner.
Ils viennent de Tulcea, ils ont quelques questions.
- Merci. - Je vous en prie.
Bonjour, madame.
Bonjour, mon père !
Aide Sociale à l'Enfance de Tulcea. Le chef de la police vous a prévenu.
Oui, tout à fait.
Je suis venue vous parler d'Adrian,
l'enfant chez qui vous êtes allé.
- Quel est son nom de famille ? - Le fils de Drăgoi.
Voilà.
Oui...
Comme vous voyez, on est occupés, demain est une fête sainte.
Aucun problème. On peut marcher ?
Bien sûr.
Comment ça va ? On m'a dit que vous avez rénové l'église.
Avec des bénévoles et l'aide de Dieu.
- Elle est très belle. - Merci.
Dites-moi, qu'est-ce qui s'est passé avec Adrian ?
Qu'est-ce qui s'est passé, c'est-à-dire ?
On nous a signalé que vous l'avez exorcisé, c'est vrai ?
Les exorcismes ne se font que sur autorisation épiscopale.
Nous avons fait une prière.
Pour quoi ?
Ses parents me l'ont demandé.
Les gens viennent vers nous quand ils sont désespérés.
Qu'avait le garçon ?
Des problèmes médicaux.
Et ses parents vous ont demandé de les résoudre par une prière.
Oui.
Vous avez déjà été malade ?
Vous avez des enfants ?
Je ne comprends pas.
Avez-vous déjà été malade et avez-vous des enfants ?
Je l'ai été, mais quel est le rapport ?
Quand vous l'avez été, vous n'avez jamais prié ?
Ou quand votre enfant l'a été ?
Vous n'avez pas prié pour lui ?
Vous l'avez attaché ?
Non.
Il était déjà attaché.
- Donc ses parents l'ont attaché. - Je l'ignore.
Ça ne vous a pas interpellé, un enfant attaché ?
En tant que prêtre.
Ou même humainement.
Je vois où vous voulez en venir, mais ce n'est pas si simple.
Il est différent d'attacher quelqu'un pour lui faire du mal
et de l'attacher pour son propre bien et celui des autres.
Vous pouvez croire ce que vous voulez,
mais vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez.
Souvent, dans la vie, on doit faire des choses contre son gré.
Alors, vous avez des enfants ?
C'est trop personnel.
Ça compte, quand il s'agit du bien-être de quelqu'un ?
Mon père !
On le fait avec le brochet ou la carpe ?
Faites les deux, mon brave !
Pourquoi me le demander ? Tu vois pas que je suis occupé ?
Excusez-moi.
- J'ai une fille. - Félicitations.
Quand vous l'avez emmenée chez le docteur pour une piqûre,
elle n'a pas pleuré, résisté, et imploré d'arrêter car elle avait mal ?
Je sais ce que vous avez fait. Vous l'avez retenue.
Vous avez pleuré, ça vous a déplu,
ça vous a brisé le cœur,
mais vous l'avez fait, pour que le docteur la soigne.
Et vous n'êtes pas médecin.
Le docteur a dit que c'était nécessaire,
alors vous l'avez retenue pour son bien.
Je me trompe ?
Les gens font confiance au docteur car il a fait une faculté de médecine.
Il fait une ordonnance
et ils prennent des médicaments ou des injections sans broncher.
Ils le croient car il est médecin.
Nous avons aussi étudié,
à la faculté de théologie.
Mais les gens nous jugent, surtout ceux des villes,
et jugent également ceux qui nous font confiance.
Selon votre théorie,
on devrait aussi emmener l'enfant chez le docteur.
Oui, mais on ne laisse pas les enfants devant la porte d'un médecin.
On passe des coups de fil, on s'assure que c'est un bon médecin.
C'est pareil pour nous.
Quand j'étais diacre, un vieux prêtre m'a dit :
"Eugen, il ne suffit pas de croire en Dieu.
"Il faut aussi Lui faire confiance."
C'est ce qu'il y a de mieux.
C'est ce qu'il doit dire.
Mais tu sais ce qu'il nous demandera en échange.
Donne-le-lui.
Pourquoi elle vient fouiner par ici ?
Oui, bien sûr.
Elle est venue avec ses grands airs !
Le chef m'a raconté qu'elle fumait et commandait des cafés dans son bureau.
Elle faisait comme chez elle.
N'est-ce pas ?
Bref, l'idée, c'est que c'est grave.
Quoi ?
J'en sais rien, mais débarrasse-nous d'elle.
- Comment elle s'appelle ? - Simona Petrescu, services sociaux.
Simona Petrescu, services sociaux. Saisie par un appel au 112.
- 119, ils l'ont transféré. - 119.
OK, on fait comme ça.
Merci beaucoup.
On se voit demain ou après-demain, je passerai chez toi.
D'accord.
Merci du fond du cœur.
Merci, bonne journée.
Mon beau-frère va appeler le chef de cette femme.
- Drăgoi est chez lui ? - Oui, je lui ai dit d'attendre.
Et de parler à son fils.
Je vais chercher Ciprian.
Va au commissariat, on te rejoint.
Tu as déjà eu d'autres conflits avec eux ?
Jamais.
Aucun problème.
Tu vas souvent en boîte de nuit ?
C'est ouvert tous les soirs en été ?
Oui, mais j'y vais pas.
Juste cette fois-là.
Quelqu'un vous a vus vous disputer ?
Non.
Où a eu lieu la bagarre ?
Dehors.
Et il n'y avait personne d'autre ?
Je vois.
- Ce sont vos fils qui l'ont battu ? - Ils ne l'ont pas battu.
Alors quoi ?
- Ils se sont battus. - "Ils se sont battus" ?
Mais il a pris tous les coups ?
Mon fils frappe fort.
Mets le téléphone en silencieux.
Vous avez appelé votre autre fils ?
Il est parti pêcher, mais il va venir.
- Dès qu'il rentre, il viendra. - D'accord.
Je peux voir la déposition initiale du garçon ?
Tu souhaites compléter ta déposition initiale ?
Non.
Ou déposer une plainte pour le vol de ton téléphone ?
Non.
Tu en es sûr ? On est tous là, tu as des témoins.
Bon.
Ajoutez le contenu de la déposition à notre rapport.
- Il peut l'écrire dans l'autre bureau ? - Bien sûr.
Lara vous aidera.
"Le téléphone a été volé, pas perdu,
"mais la victime ne dépose pas plainte car il l'a récupéré."
Toi, tu écris : "Je, soussigné," ton nom et ton adresse...
Attends, n'écris rien.
Décris la bagarre à la boîte...
- Madame, vous n'êtes pas la police. - C'est pour le procureur.
Le procureur peut demander lui-même.
Si l'auteur de l'agression est connu, on doit prendre sa déposition.
Mêlez-vous de vos affaires !
Attends un peu.
Aucun problème, le parquet va venir ! Bogdan !
Bogdan, viens là, j'ai besoin d'un témoin !
- Ne me touchez pas ! - Pardon.
- On peut régler ça sans un scandale. - Il n'y a aucun problème.
Ne lui dites pas d'écrire. Laissez-le tranquille.
Alors, n'écris rien.
Mon père, vous n'avez rien à ajouter ?
Non, madame, vous m'avez demandé quatre fois !
Quand je suis arrivé, il était attaché et blessé.
C'est aussi ce qu'il a dit, on verra plus tard.
Vous maintenez que vous ne lui avez fait aucun mal ?
Lui faire du mal ? C'est un crime de lire une prière ?
- Alors oui ! - Je fais juste mon travail.
Pourquoi vous me posez la même question et attendez une réponse différente ?
Entrez !
- Merci. - Je vous en prie.
Bon.
On perd notre temps.
Tu étais chez toi et tes parents ont fait venir le prêtre.
Oui.
Et ils t'ont attaché ?
Excusez-moi un instant.
N'écris rien, t'as compris ?
Vas-y doucement, toi aussi.
Le garçon est vraiment amoché, sachez-le.
Non, il n'a pas disparu.
Oui, le chef de la police est là.
Pourquoi ? Je peux y aller dès que j'aurai terminé ici.
En bateau, oui.
Il s'est passé quelque chose ?
S'il vous plaît, laissez-moi résoudre ce cas, je ferai vite.
Je vous en prie.
Je comprends, ce sera fait.
Au revoir.
Apporte les documents.
Gardez-les pour l'autre équipe, on doit retourner à Tulcea.
- Entendu. Il y a un problème ? - Non.
- Tu as tout ? - Oui. On doit partir ?
On a un autre dossier.
On va déclarer que le garçon n'a pas disparu pour clôturer la saisine.
Je peux m'asseoir ?
Une feuille de papier, je vous prie.
Quelqu'un va venir finir de prendre vos dépositions.
Si tu changes d'avis, tu peux déposer plainte.
Je t'appelle, OK ?
Je t'appelle.
Adaptation : Simona Florescu
Sous-titrage TITRAFILM
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