All language subtitles for Seraphine.Sous titres en français Yvan Francis

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Original subtitles

J'ai laiss� du pain et un reste de r�ti pour toi dans la souillarde.

Tu les mangeras ici avant de partir.

Et puis tu iras ouvrir les volets en bas et faire un peu de m�nage.

J'ai un nouveau locataire.

Allez, venez !

Euh ... Attendez

Non, non.

You ... J'ai trouv� des tasses.

Tu veux que je lui demande des verres ?

Hein ?

Madame la propri�taire.

Non, surtout pas.

Quoi ?

Tu reviens quand � Paris ?

Je ne sais pas. Quand j'en aurai assez d'�tre ici.

Dis � Vollard que je finis l'article sur Picasso au plus vite.

Prends soin de toi.

Toi aussi. Bonne route.

Qui �tes vous ?

Madame Dufour m'a donn� les cl�s.

Elle m'a demand� de venir ici trois fois par semaine pour faire le m�nage.

Monsieur veut que je m'en aille ?

Non. Vous pouvez me faire du th� ?

Du th� ?

Oui ... Vous savez faire le th� ?

Oui monsieur.

Merci.

Je m'en vais monsieur.

Merci.

C'est dix sous.

Voil�.

Je veux savoir comment vous vous appelez ?

S�raphine monsieur.

Ah ... S�raphine ... Bon, merci.

Qu'est-ce que tu fais l� toi ?

Ah, tu as rapport� des draps.

Je peux les ravoir ? Il est tach�.

Oui

On avait dit trois sous pi�ce.

Cinq !

Cinq ? T'es s�re ?

Cinq sous !

Tu finis �a et apr�s tu y vas.

Bonjour.

Bonjour. Pour monsieur, qu'est-ce que ce sera ?

Deux c�telette de mouton s'il vous pla�t.

Deux c�te de mouton dans le filet ?

Oui.

On va vous trouver �a.

Merci.

Vous savez o� je pourrais acheter du papier � lettre ?

Bien s�r. Au bout de la rue, chez "Duval". On trouve tout chez "Duval".

Il est pas d'ici le monsieur. Il vient d'o� ?

De Paris.

Anglais ? Oh je demande �a � cause de l'accent .

Allemand.

�a fait huit sous.

C'est un franc.

Je vous l'emballe ?

Non, c'est inutile je le prends comme �a merci.

Merci.

Au revoir monsieur.

Au revoir.

Bonsoir.

Monsieur ...

Tu le connais ?

Oui, c'est le nouveau locataire � madame Dufour.

Et quoi, c'est un "Boche" ?

Je sais pas ... Donne- moi un pot de blanc.

Et quoi encore ! Je suis pas la banque.

Tu me dois ... Quatre francs et dix sous de fournitures et ...

je compte pas les panneaux de bois.

Tu ferais mieux de t'acheter du charbon pour te r�chauffer l'hiver.

Au revoir !

Tu me dois deux mois de loyer.

S�raphine, tu ne trouves pas que c'est assez ?

Ah, vous �tes l� ...

J'ai presque fini, monsieur. Je peux m'occuper de la chambre ?

Bien s�r.

Oh mais laissez monsieur je vais le faire !

Non non, j'aime bien faire la cuisine.

Vous savez monsieur ... ?

Quand moi je suis trop triste ... Je vais dans la campagne ...

Et l� je touche les arbres, je parle aux oiseaux, aux fleurs, aux insectes ...

Et �a passe. Je vois bien que �a passe.

Tu n'as pas perdu la main ma fille.

Il est bon !

Il est tr�s bon !

Riche en beurre.

Je les fais cuire chez une de mes patronnes pendant qu'elle �tait � confesse.

Enfin, je vois que tout va bien ... Que tu as fait ta place dans le monde.

Tu ne manques de rien au moins ?

De temps ma m�re, le m�nage me prend tout .

Et l� dedans, tout va bien S�raphine ? Tu es s�re ?

S�raphine ?

Vous me pr�parez du th� ?

Encore du th� !

Qu'est-ce que c'est ?

Buvez !

Tout � l'heure je suis occup�.

Non, maintenant !

C'est costaud !

Je le fais moi-m�me, c'est mon vin d'�nergie.

Merci, ... Je le finirai tout � l'heure.

Mais ... J'aimerais bien un th� quand-m�me.

Vous en avez une belle �criture !

Quand vous en voulez, il y en a.

Merci.

Anatole ...

Anatole ...

Anatole !

Je suis l�, maman.

La route n'a pas �t� trop longue. Quel temps fait-il � Paris.

La bonne t'as ouvert ? J'avais peur que tu sois � la porte.

Je t'avais bien dit que je ne serais pas l� avant six heures.

Oui maman.

Oh, quelle chaleur ... Mais quelle chaleur mon dieu.

S�raphine, mais qu'est-ce que tu fais, je ne t'ai pas dit de changer les draps.

Ah ... Tant pis, c'est fait.

Faut que tu perdes l'habitude de r�pondre, S�raphine.

S�raphine, mais qu'est-ce que j'apprends ...

Monsieur Bouillot, notre pr�sident, m'a dit que tu peins ...

Il para�t que tu peins ? R�ponds !

Oui ...

Oui ... Quoi ?

Il dit que ce n'est pas si mal. As-tu d�j� vendu ?

Non madame.

Apporte-moi quelque chose demain, que je voie �a de pr�s.

File maintenant !

Et la prochaine fois pour les draps, pas d'initiative s'il te pla�t !

Oui madame.

Je suis parti � Paris ... Faites comme d'habitude ...

Parti � Paris ... Faites comme d'habitude.

Tu veux que je te dise le fond de ma pens�e, S�raphine ?

Tu perds ton temps ! Mon dieu ...

Ces pommes elles ressemblent � tout sauf � des pommes !

N'est-ce pas, Anatole, qu'on dirait tout sauf des pommes ?

Vous trouvez ? Moi pas !

Comment �a toi pas ? Ces pommes l� ... Ce sont bien des pommes que tu as voulu repr�senter ?

Oui madame.

Avoue qu'on pourrait aussi bien dire que ce sont des prunes ... ou des p�ches. Non ?

Moi je vois bien des pommes !

Allez file � ton m�nage, tu as mieux � faire il me semble.

Laissez-moi ... Laissez-moi ... Allez vous en ...

Vous, dormez !

Bas les masques, nous savons qui vous �tes monsieur Uhde ...

J'ai r�uni quelques amis chez moi ce soir, des artistes ...

Nous serions tr�s honnor�s qu'un critique et marchand d'art de votre envergure accepte de se joindre � nous.

Oh, ne dites pas non ! Je serais horriblement d��ue ...

Ce sont des croutes ... Je le dis comme je le pense, le probl�me de nos contemporains ...

C'est qu'aujourd'hui les gens n'ont plus le go�t, le go�t du "beau".

�a c'est vrai !

Ah, je ne dis pas cela pour vous mademoiselle "De L'Agneau" ... Vous ...

Vous �tes une vraie artiste !

Oh ... Je vous remercie.

C'est comme tous ces enrag�s qui peignent comme des gamins de six ans ...

Non mais, vous avez vu le dernier "Salon des Ind�pendants" ?

Il para�t que �a se vend !

On croit r�ver !

Qu'en pensez-vous monsieur Uhde ?

Ben ... ! Vous ne dites rien monsieur Uhde !

Excusez-moi je suis pr�occup�.

On vous comprend, on dit que la guerre est in�vitable. Qu'allez-vous faire ?

Je ne sais pas madame, je me fiche de cette guerre.

Je pense que le dessert ne va pas tarder !

Et voil� ! On en profite, c'est peut-�tre la derni�re.

Monsieur Uhde, vous ne venez pas manger votre dessert ?

Qui a peint �a ?

Oh ... C'est rien ... Venez plut�t faire honneur � mon omelette norv�gienne ...

Elle ne va pas flamber �ternellement !

Je peux savoir qui a peint �a ?

S�raphine.

Comment �a, S�raphine ?

Votre femme de m�nage enfin ... la n�tre.

Elle travaillait au couvent � c�t�, quand son ange gardien lui est apparu et ...

Lui a ordonn� de se mettre � la peinture !

Mon fils a absolument voulu que je le prenne en d�p�t.

Je vous l'ach�te.

Bon, vous me l'ajouterez au loyer.

Je le prends tout de suite !

Bonsoir madame.

Vous en avez d'autres ?

Vous en avez d'autres ? Je veux les voir tout de suite !

Attendez-moi l� !

...

"Le coeur n'est qu'un joujou" ...

"Vous ma femme aux bijoux" ...

"C'est la femme aux bijoux, celle qui rend fou"...

Assieds-toi !

Regarde ! C'est une autre trouvaille de Wilhelm.

On va l' exposer dans un garage des "Invalides" !

C'est qui ?

Si je te le disais ...

Alors, vous �tes d�j� fatigu�s ?

Tu veux que j'aille la chercher ?

Non, surtout pas.

Elle est l�.

Qui ?

Ton g�nie.

Elle apporte un nouveau tableau ?

Ton g�nie fait le m�nage.

Qu'est-ce que vous faites ?

Je lave le parterre.

Mais enfin S�raphine, on vous a attendu hier toute la journ�e !

J'ai montr� vos toiles � un ami collectionneur.

Il a �t� aussi �mu que moi.

Monsieur ne devrait pas se moquer.

J'ai une t�te � me moquer ?

Un peu !

O� allez-vous ?

Chercher ma cire. D'abbord je lave et puis je cire.

Vous ne voulez pas entendre ce qu'on vous dit ?

Tout le monde a �t� enthousiaste ...

Le "beau monde" est toujours enthousiaste.

Je vous jure qu'il y a eu des comparaisons tr�s flatteuses ...

Si je vous disait les noms ... S�raphine !

Oui monsieur ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Mmm ... ? Vous ne voulez pas me r�pondre ?

Monsieur ... heu ... est gentil de me dire que ... les amis de monsieur ont dit des gentillesses ...

Sur mon travail.

Vous n'allez pas passer votre vie � faire le m�nage !

Alors que vous avez de l'or dans les mains.

.... dans votre ouvrage, vous trouverez dieu dans vos casseroles ...

...

Sainte Th�r�se d'Avila ...

Je ne suis pas tr�s croyant, vous savez.

Mais la sainte vierge ... Monsieur y croit au moins ... � la sainte vierge ?

�a d�pend ...

�a d�pend de quoi ?

Des jours ... Je dirais que �a d�pend des jours ...

Mais je crois l'�me ... �a oui, je crois ... je ... je ... je crois que nous, humains, ...

Nous avons une �me. C'est ce qui nous rend si tristes, ...

Contrairement aux animaux. Les animaux ne sont jamais tristes, non ?

Si monsieur. Les animaux sont tristes.

Une vache, vous lui prenez son veau. Elle pleure.

S�raphine !

Qu'est-ce que c'est ?

C'est moi ! Wilhem Uhde.

Je sais que vous avez travaill� cette nuit ... Je veux voir !

S�raphine, je veux voir !

Je vous apporterai demain, c'est mieux.

S�raphine ?

Oui monsieur ?

Vous ne m'avez jamais dit , qu'est-ce qui vous a donn� envie de peindre ?

C'est quelqu'un de votre famille ?

C'est personne monsieur.

Un professeur ? Vous avez pris des cours ?

Non monsieur.

Mais il y a bien eu un �v�nement dans votre vie ... Quelque chose

C'est curieux cette mati�re ... Ce rouge par exemple, c'est quoi ?

Monsieur, j'ai mes petits secrets ...

Je les garde pour moi, sinon ce ne sont plus des secrets.

En tous cas c'est fort, tr�s fort.

J'y vois bien des d�fauts.

Qu'est-ce que vous faites ?

Je vais passer la serpill�re monsieur.

Maintenant je vais vous dire ce que je pense, S�raphine.

Vous �tes dou�e, mais il va falloir travailler beaucoup.

Ne vous souciez plus de ce que disent les autres.

Ils n'y connaissent rien.

Je vais m'occuper de vous.

D'abbord on va essayer de placer quelques tableaux � Paris.

J'ai une petite galerie rue Notre Dame des Champs.

On pourrait commencer par l�.

� moins que je n'en parle � mon ami ... ???

Ah ... Oui, oui oui ... Je vais lui �crire tout de suite !

On va faire approvisionner � Paris maintenant ou � Chantilly.

Mais non je blague, la maison Duval c'est du solide !

Quand notre arm�e en "deux temps, trois mouvement" va mettre au pas les "Boches".

"Aus" (dehors en allemand)

Pas vrai ?

Vous avez gagn� � la loterie ?

Ouais !

C'est mes deux derniers, faut que j'en recommande.

Le compte est bon !

Tant mieux.

Au revoir !

Prenez ! C'est pour vous.

Monsieur n'a m�me pas regard� mon tableau.

Mais si, il est tr�s beau.

Mais vous voyez bien que ce n'est pas le moment. Vous avez repass� mes chemises ?

Oui, elles sont � leur place dans la commode de monsieur.

�a vous ennuierait de me les donner ?

Monsieur part pour longtemps ?

Je ne sais pas S�raphine, il se peut m�me que je ne parte pas.

Tout le monde dit que les Allemands ne passeront jamais la fronti�re.

Mais je suis allemand et je connais donc tr�s bien les Allemands ...

Je me m�fie.

Et moi ?

Continuez ! Quoi qu'il arrive, travaillez !

Dites-vous qu'un jour ou l'autre votre travail sera reconnu.

Et si vous ne revenez pas ?

Je ne veux pas de votre argent.

On ne m'ach�te pas, moi.

On ne me fait pas miroiter des choses.

Gardez �a pour mademoiselle Anne-Marie.

Anne-Marie ? Mais qu'est-ce qu'elle vient faire l�-dedans ?

Mais je vois bien comment elle tourne autour de vous.

Mais S�raphine, vous divaguez.

J'ai des yeux pour voir, des oreilles pour entendre.

Vous pensez vraiment qu'Anne-Marie ...

Si vous pensez que quelqu'un de ma condition n'est pas capable de comprendre les choses aussi bien que lui ...

Mais pas du tout S�raphine, pas du tout ...

Mensonge !

Ne me parlez pas sur ce ton !

Comment vous croyez qu'on me parle � moi depuis que je suis n�e ?

Comment vous croyez qu'on me parle ?

S�raphine !

S�raphine, je ne voulais pas vous vexer.

Vous vous croyez mieux que moi parce que c'est moi qui lave ... vos serviettes sales ...

Vos chemises et vos culottes sales, ... vos beaux souliers. Vaut mieux que je m'en aille.

S�raphine, c'est idiot il n'y a aucune raison de se f�cher.

Laissez-moi vous expliquer.

Je vous ai fait de la peine, c'est involontaire ... mais si mes compatriotes me trouvent ici ...

Je vais �tre consid�r� comme d�serteur ... et fusill�.

Je ne pense pas une seconde que je suis sup�rieur � vous, pas du tout.

Anne-Marie ... Anne-Marie ... C'est ma soeur !

Votre soeur ?

Oui, ma petite soeur. Anne-Marie Uhde.

Je n'�pouserai jamais une femme ... S�raphine.

Jamais !

Pourquoi croyez-vous que je me sois retir� ici ?

Sale "Bosh" !

lls arrivent !

lls sont � cinq heures d'ici.

On va rallier Munich par la Suisse.

Tu as pris l'argent ?

Bouge-toi, nom de Dieu !

Viens.

C'est toi ? Tu n'as pas vu mon fils ?

Il devait venir me chercher, �a fait des heures que je l'attends ...

Reste pas l�, tu vas attirer l'attention !

Ils entrent dans les maisons, ils tuent n'importe qui.

Monsieur Wilhem ?

Ils sont venus ce matin, ils l'ont cherch� partout.

J'imagine qu'il a eu le temps de filer.

Allez, va-t-en. Ne mets surtout pas les pieds ici.

Monsieur Uhde ?

Bonjour, ... heu ... monsieur ...

Francis Bourdet du journal "Le Temps".

Excusez-moi, je suis en retard ...

Merci de me recevoir !

Montez !

Vous qui avez �t� un des premiers acheteurs de Picasso et de Braque ...

Comment avez-vous abord� la peinture du "douanier" Rousseau et de tous ces "Na�fs"...

... dont vous �tes devenu le plus fervent d�fenseur ?

"Na�fs" ? Je n'aime pas trop ce terme.

Il me fait peur.

Non, je pr�f�re vraiment celui de primitif, moderne.

Tenez, regardez.

J'avais lou� un garage avant la guerre pour exposer les toiles de ...

Henri Rousseau, pr�s des Invalides.

Non seulement je n'ai rien vendu mais je crois bien qu'� part ma soeur et quelques amis ...

Nous n'avons eu aucune visite.

Et aujourd'hui, il entre au Louvre et ... vous venez jusqu'ici pour que je vous parle de lui.

Merci ...

Vous voulez vraiment du th� ?

Vous ne pr�f�rez pas quelque chose de plus fort ?

Non, non, le th� c'est tr�s bien.

Voil�.

Pourquoi �tes-vous revenu en France ?

Pour r�cup�rer ma collection, pardi !

Une collection est l'interpr�tation de la formation spirituelle de celui qui l'a faite.

On ne la disperse pas impun�ment.

Je suis au courant, dix-sept toiles de Picasso, treize de Braque, six du douanier Rousseau.

Sans parler du d�fis Marie Laurencin et des dessins de Picasso.

Tout �a r�quisitionn� et brad� � .... ???

Il m'a fallu repartir � z�ro.

Pourquoi alors ne pas se tourner vers des valeurs plus s�res ?

Je ne collectione pas pour vendre monsieur Bourdet ... je vends pour collectionner.

Wilhem ! On va faire un tour.

Tu as besoin de quelque chose ?

Ce n'est pas s�rieux de lui faire faire du v�lo.

Attends.

Calme-toi !

Helmut, elles sont l�.

Il faut que tu te l�ves.

Bonjour monsieur.

Bonjour Berthe.

Monsieur ne prend pas son petit d�jeuner dans la chambre ?

Je le prendrai plus tard.

Allez r�veiller monsieur Helmut.

Bonjour !

Je te l'avais dit, pas de v�lo !

C'est si difficile � comprendre ?

Tu ne peux pas le garder enferm�.

�a suffit.

K O L L E !

Kolle ... Oui, c'est �a.

Je suis d'accord avec vous ...

Oui, mais il faut bien commencer !

� force, il va y arriver.

J'ai entendu ton nom au moins dix fois.

Oui, oui ... � bient�t, merci.

Au revoir.

Je dois me rendre � Paris.

Pourquoi ?

Bernheim accepte de prendre trois de tes toiles, Helmut !

A condition que je leur arrange la vente avec Kahnweiler.

Je serai de retour ce soir.

�a va, Helmut, tu es content ?

Pourquoi tu te donnes tant de mal ?

La gloire, je m'en fous !

Et je serai mort avant.

Pourquoi tu dis �a ?

Parle pas comme �a !

Wilhem !

Wilhem, tu nous rapportes les journaux, s'il te pla�t ?

Je peux te donner un franc pour ta peine, mais c'est fini ... hein !

Trouve des boulots moins fatigants ...

T'es plus en �ge maintenant.

Ah ... Ma vieille !

Qu'est-ce qui t'am�ne ?

Donne-moi pour 50 centimes de vernis.

Voil�.

Tiens, je t'ai mis un bout de jarret de veau de ce midi.

Je ne le mangerai pas.

Alors autant que �a t'aille � toi. Hein?

Tu pourrais dire mreci !

Merci.

Pas de quoi.

S�raphine, ouvre !

Je sais que t'es l�.

Heu ... Je peux pas.

Ouvre, s'il te pla�t.

J'ai quelque chose � te dire.

Tiens !

Je l'ai faite cet apr�s-midi.

Elle est ti�de.

T'es all�e au lavoir ?

Oui, j'ai �t� au lavoir.

T'as dormi au moins cette nuit ?

Mange !

Je le garde pour demain ...

... J'ai d�j� mang� pour aujourd'hui.

Je te laverai le bol.

Laisse-moi "Minouche", j'ai � faire.

Oh, laissez Berthe je vais m'en occuper ...

... Vous pouvez partir.

Wilhem !

Lis �a.

Senlis. Exposition � l'H�tel de ville.

� l'initiative de la Soci�t� des amis des Arts de Senlis ...

De nombreux peintres originaires de l'Oise pr�senteront leurs oeuvres.

Tu crois qu'elle peint encore ?

Je suis s�r qu'elle est morte.

Comment tu peux �tre s�r ?

Mais de qui vous parlez ?

De S�raphine.

On ne t'a jamais parl� de S�raphine ?

Non.

C'�tait sa femme de m�nage � Senlis.

Wilhelm s'en �tait entich� avant la guerre.

Quand elle lavait pas par terre, elle peignait.

ll a achet� toutes ses oeuvres, � l'�poque.

Sauf qu'on a disparu.

... et qu'on n'a plus entendu parler d'elle.

C'est toi Minouche ?

Non, c'est moi ...

Wilhem Uhde.

Oh ... Monsieur est de retour.

Je viens de l'h�tel de ville ...

J'ai vu votre travail, S�raphine.

Vous avez fait de grands progr�s.

Vos toiles sont ...

... tr�s belles.

C'est vrai ?

Vous trouvez �a mieux qu'avant ?

Beaucoup mieux, comme les grands artistes !

Monsieur se moque ?

Non, non, je ne me moque pas.

J'admire.

Je ne vais presque plus travailler chez les autres ...

Je fais de la peinture.

C'est tr�s difficile.

C'est mon carnet ...

Mon petit carnet !

Merci S�raphine !

Mademoiselle Anne-Marie, elle va bien ?

Elle est revenue en France, elle aussi.

Nous avons lou� une maison ensemble.

� Chantilly, cette fois.

Ce sont des m�chantes femmes qui viennent tous les jours m'insulter .

S�raphine est notre " Douanier Rousseau".

Cette excellente personne a quitt� le plumeau pour le pinceau ...

Elle n'a jamais pris de le�ons ... et ...

... et il ne convient pas qu'elle en prenne.

Dieu merci !

C'est assur�ment un temp�rament d'artiste dont ...

... l'attrayante na�vet� rappelle l'art m�di�val.

Comme si l'art m�di�val �tait na�f !

lls n'y comprennent vraiment rien.

Notre S�raphine qui peignait sur des petits panneaux de bois

... est devenue un v�ritable peintre.

Visionnaire ! L� est le miracle ! En avance sur son temps.

Comme Van Gogh.

Tu vas l'exposer � Paris ?

On n'y est pas encore !

Au fait, quelle heure est-il ?

Elle ne va pas tarder.

Je vais dire � "Ofie" de mettre la table !

Qu'est-ce que c'est ?

Monsieur Uhde s'il vous pla�t.

Qu'est-ce que vous lui voulez � monsieur Uhde ?

Je lui veux que je suis attendue.

S�raphine ! Enfin !

On pensait d�j� que vous ne viendriez plus.

Oh, comme vous �tes �l�gante !

Mais qu'est-ce que vous avez dans ce pannier ? Vous �tes charg�e comme une bourique.

Vous en avez de la chance, monsieur Wilhem, d'avoir un si grand jardin.

De si beaux arbres.

� table !

On va d�jeuner S�raphine.

Elle parle aux arbres maintenant, on aura tout vu.

Elle ne mangera que ce qu'elle a apport�, mademoiselle.

Berthe, Marie-Louise, les desserts. Vous nous apportez les desserts ?

Mais on n'a pas servi le gigot.

On saute le gigot, on commence par le dessert. S�raphine adore les babas.

Oui madame.

� partir de maintenant, je vous interdis de faire le m�nage chez qui que ce soit.

Vous toucherez cette somme, tous les mois.

J'ai aussi pris des dispositions pour qu'on vous livre des toiles, des pinceaux, des couleurs.

Oh ... Pour la couleur c'est inutile.

Mais je veux bien de la laque Ripolin au kilo, c'est moins cher.

Et pour les toiles, veillez bien � ce qu'elles aient deux m�tres de haut.

Deux m�tres ?

Oui, deux m�tres. C'est tr�s important.

Est-ce qu'un jour vous m'�crirez une vraie lettre?

Avec votre belle �criture, monsieur Wilhem ?

Bien s�r !

Vous l'enverrez chez moi, par la poste.

Vous avez mon adresse.

S�raphine Louis, A rue du Puits Tiphaine � Senlis.

Comptez sur moi !

C'est quoi comme voiture ?

C'est quoi comme voiture, Helmut ?

Une "Horsh".

Ah ! Une "Horsh".

C'est confortable, on est bien assis.

Oui !

Sans indiscr�tion ...

�a vaut dans les combien une "Horsh" ?

Je ne sais pas.

Je n'y connais rien, c'est celle de Wilhem.

C'est qu'il m'en faudrait aussi, une belle voiture.

Quand je serai c�l�bre.

C'est vrai ce que dit Minouche ?

Tu veux me louer tout l'�tage ?

C'est vide, non ?

T'as de quoi payer, � ce qu'il para�t ?

Combien t'en veux de ton logement ?

Y a deux grandes pi�ces, onze francs le mois.

C'est cher !

Va me chercher les cl�s !

Entre !

Viens voir !

Oh ! C'est beau !

S�raphine ...

Oh, oui.

Qu'est-ce que vous faites, vous me pillez ma boutique ?

Et la soupi�re, tu la prends ?

Oui, pour servir la soupe.

C'est vrai que si �a se trouve bient�t c'est toi qui va te faire servir.

S�raphine ...

Oh oui, le samovar ...

Mais qu'est-ce que tu vas faire de tout �a ma pauvre ?

Heu ... c'est mon affaire.

Tu livres ?

Louis S�raphine. C'est bien ici ?

J'arrive.

�a ne vous pla�t pas.

Si !

�a me pla�t �norm�ment.

On va faire des merveilles ensemble, S�raphine.

Encore plusieurs comme celles-l�, et je vous expose � Paris.

Elle est presque rendue.

Ferme bien les yeux Minouche.

Oui, oui.

Et quand je te dirai "Ouvre-les", tu les ouvriras ...

Mais seulement � ce moment-l�.

C'est vrai qu'il y a un monsieur qui est venu t'acheter des toiles il y a deux jours ?

Un monsieur important de Paris ?

Oui, oui ... Un monsieur, un vrai !

Envoy� par monsieur Wilhem.

Avec un nom ... comme on dirait ... d'oiseau ou un cours d'eau.

Monsieur "Gazou" ... "Gassou"...

Et hop ! Tu peux les ouvrir !

C'est beau S�raphine.

C'est beau.

Et hop !

Bont� divine !

�a n'explique pas ce "tintouin" au dessus de ma t�te !

Tu peins bien avec un pinceau ?

Oui, avec un pinceau.

Oh, S�raphine ...

Vos fleurs sont bizarres ... elles bougent ...

On dirait qu'elles cachent les insectes ...

On dirait des yeux , ce sont des yeux bless�s, des chairs en lambeaux ...

Des choses effrayantes !

Je sais madame De l'Anmouche ...

Moi aussi quand je le regarde, j'ai peur de ce que j'ai fait.

Tu es sure que c'est ton ange gardien qui conduit ta main, S�raphine ?

Plus que jamais, ma m�re.

Vous ne dites rien mademoiselle ?

Vous n'aimez plus ma peinture?

Vous avez d�j� �t� amoureuse ?

Mmm ... Ces choses-l� sont priv�es !

S'il vous pla�t.

Vous ne direz rien � personne ?

Une fois, il y a longtemps j'ai �t� amoureuse ...

Oh ... Oui.

Il s'appelait Cyrille, un officier.

Il m'a fait la cour.

On s'est fianc�.

Puis un jour il a disparu.

Vous n'avez pas chercher � le revoir ?

Quand on fait de la peinture, mademoiselle, on aime autrement.

Puis souvent, je le vois de l'int�rieur.

Ou � travers d'autres visages.

Et ... je me dis que si je pense encore � lui ...

... peut-�tre il pense encore un peu � moi.

Je peux vous prendre en photo ?

Oui.

Regardez-moi !

Non, non, il faut que je l�ve le front ...

Mon inspiration vient d'en haut.

On l'appelle le "Ch�teau Rouge".

Elle date de 1870.

Les vitraux sont une copie de ceux du ch�teau de Chantilly.

Elle a douze pi�ces.

Toutes chauff�es par un chauffage central au charbon.

Chauffage central au charbon !

Dans la cave.

Et � l'�tage, six chambres ...

... dont une dite de ma�tre.

Et la cuisine elle est grande ?

Mais, y a-t-il une souillarde au moins ?

"Suite au crash boursier de Wall Street ... "

"Qui a eu une terrible r�percussion aux �tats-Unis puis chez nos voisins europ�ens ..."

"La crise financi�re mondiale touche enfin la France de plein fouet ..."

"La faiblesse de notre monnaie nationale ..."

Ils me cassent les oreilles avec leurs catastrophes.

Oh ... Elle est belle .... Magnifique ! Superbe !

Soie et taffetas.

Tu as vu �a Minouche ?

Moi, S�raphine Louis, fille de Joseph Louis ...

... et de Jos�phine Maillard ...

... je porte du taffetas et de la soie.

Et, on peut savoir qui est l'heureux �lu ?

On vous le fera savoir en temps voulu.

Elle sera pr�te pour le mois prochain ?

Comme promis.

Ah ! Et faites aussi quelque chose pour mon amie.

Une robe.

Oh, non ... Non.

C'est pas la peine.

Si, si ! Une robe de demoiselle d'honneur.

En soie et en taffetas, comme la mienne.

Tenez !

� titre d'acompte.

Puis vous enverrez la note � mon m�c�ne; Monsieur Uhde, n�7 Rue Neuve � Chantilly.

Je suis pr�te ... Je suis pr�te.

Faut vous m�nager un peu S�raphine.

Faut vous reposer, vous avez tellement travaill� ces derniers temps.

Anne-Marie a raison, vous vous �parpillez.

Ce n'est pas bon pour votre travail.

Oh ... Mais cela m'a �t� dict�, monsieur Wilhem.

Un ordre venu d'en haut.

Quelque chose de tr�s important se pr�pare.

Quoi ?

Je ne peux pas vous le dire encore maintenant.

Mais nous ne sommes pas venus pour �a Wilhem.

...

J'ai, ....

... j'ai re�u un courrier du notaire.

Vous avez d�cid� d'acheter une maison ?

Oh ! Oui, j'avais presque oubli� monsieur Wilhem ...

Ah ... C'est une belle, grande, maison avec beaucoup de pi�ces.

Je suis s�re qu'elle va beaucoup vous plaire.

Voulez-vous que nous allions la visiter maintenant ?

Je suis d�sol� de vous faire de la peine ...

... mais je suis dans l'incapacit� de payer la somme de trois mille francs ...

... que le notaire me r�clame pour arr�ter la vente.

Je ne peux pas.

Ah bon !

Vous n'avez sans doute pas entendu parler de la crise en Europe ?

Le march� va mal.

J'ai aussi re�u une note extravagante pour une robe de mari�e.

Oh oui, j'aurais d� vous pr�venir monsieur Wilhem ...

... mais mon ange gardien m'a fait jurer de n'en parler � personne.

J'ai pens� que monsieur comprendrait.

Comprendre quoi ?

Que vous d�pensez sans compter !

Ce n'est pas ce que veut dire Wilhem ...

... l'argent n'a tellement pas d'importance ...

... mais nous sommes inquiets , S�raphine.

Nous devons faire tr�s attention � nos d�penses.

Vous n'avez qu'� vendre plusieurs tableaux d'un seul coup !

Il n'y a plus d'acheteurs !

Monsieur Wilhem s'y prend mal !

Qu'il pr�sente donc mes peintures dans des jolis cadres dor�s et sculpt�s ...

... et la client�le reviendra.

C'est beaucoup plus compliqu� que �a !

Mais mon exposition, elle va avoir lieu ... mon exposition ?

Je suis pr�te, moi.

Je ...

Je crains que nous soyons oblig�s d'attendre un peu.

Mais je vous ai dit que je suis pr�te !

Je sais ...

... et j'en suis tr�s malheureux, croyez-moi.

Mais je n'ai pas le choix.

...

...

Mais mon exposition vous allez la faire, mon exposition ? Monsieur Wilhem ?

Bien s�r que je vais la faire ...

Mais vous aviez dit le mois prochain, vous l'aviez dit !

J'ai pr�venu. L�-haut tous les anges sont en route ...

Il n'y a pas qu'eux ...

On ne sait pas ce qui peut se passer, mais c'est tr�s important.

Vous comprenez monsieur Wilhem ?

Ils en attendent beaucoup de mon exposition, on me l'a dit !

Je suis d�sol� S�raphine, mais je ne peux rien faire de plus.

En tous cas pour cette ann�e, il va falloir �tre patiente.

Oh, vous n'aimez plus ma peinture monsieur Wilhem !

Il n'est pas question de �a.

Vous n'aimez plus ma peinture et vous n'osez pas me le dire !

C'est parce que je d�pense trop ?

Dites-le, monsieur Wilhem !

Dites-le, entous cas moi on me l'a dit.

Ah ! Vous ne savez plus quoi dire, hein ?

Alors taisez-vous, taisez-vous, taisez-vous !

Et puis laissez-moi parce que de toutes fa�ons moi on va venir me chercher ...

... et je serai sauv�e moi !

S�raphine ?

Allo ?

S�raphine ? Allo ?

Wilhem, je crois qu'il faut que tu viennes.

S�raphine c'est moi. Ouvre !

�coute, tu peux pas rester enferm�e comme �a.

Laisse-moi, Minouche !

Je travaille !

Alors ? Il faudrait peut-�tre forcer la porte ?

Elle dit qu'elle peint.

Oh non. �a, �a m'�tonnerait. Quand elle peint, elle chante !

Et depuis le temps qu'elle ne chante pas !

...

... les anges sont convi�s ...

S�raphine ? Mais qu'est-ce qui vous arrive ?

Prenez ... car ceci est mon corps ...

Faut pr�venir les gendarmes, vite.

...

...

...

...

Ah !

Sophie !

Ah !

...

Non ! Ah !

Non !

...

Ah !

...

Ah !

Ah !

...

On ne peut pas la d�tacher ?

Elle pourrait se faire du mal.

Je veux lui parler.

Je ne pense pas que ce soit une bonne id�e.

Ouvrez cette porte s'il vous pla�t !

...

...

S�raphine ?

Oh ...

...

...

Depuis quelques mois, elle est beaucoup plus calme ...

... elle n'attire plus l'animosit� des autres.

J'ai vendu quelques unes de ces toiles ...

Vous pensez que je pourrais le lui dire ?

Non, je pr�f�re qu'elle ne vous voie pas.

Je crains que votre visite ne provoque chez elle une autre crise.

Mais il faut qu'elle le sache !

Monsieur Uhde, elle veut qu'on la laisse seule.

Elle dit que la peinture ... c'est pass� dans la nuit ...

Ce sont ses propres termes.

Ce que vous pourriez faire, c'est lui rendre la vie plus confortable.

Monsieur Uhde ?

Oui, oui.

Je la prends !

Sous-titres du film, r�alis�s et r�vis�s par ...

Yvan Riethuisen.

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