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Original subtitles

La réalité.

Ça, c'est la réalité ?

Je n'y ai jamais songé.

MAIRIE

Ma mère et moi avions une maison à Chicago.

On s'est dit

qu'il fallait partir pendant qu'il en était encore temps.

Alors, en arrivant à Vernon,

j'ai appelé les agents immobiliers. Ils m'ont envoyé leur numéro.

Ensuite, j'ai vu la photo.

La propriété valait 2200 $. C'était vraiment pas cher.

Ils disaient que c'était trop cher.

Ce n'était pas parfait. Ce n'était pas un château,

mais c'était une maison. Cinq lots.

Alors je l'ai achetée.

J'ai eu une hypothèque quatre ans que j'ai remboursée

pour ne pas avoir à payer de loyer. Pas d'impôts.

La vieillesse ?

Pas d'impôts.

Il faut aimer les sports de plein air.

J'ai toujours aimé ça. En particulier la chasse au dindon sauvage.

J'ai tué mon premier dindon à l'âge de 10 ans.

Je ne connais pas le chiffre exact, mais j'en ai tué pas mal.

Je dirige une boîte. Je la ferme si je dois

aller chasser le dindon. J'aime ça, c'est tout.

Profondément.

Je ne peux pas l'expliquer.

C'est un sacré sport, voilà tout.

Parfois, alors qu'on attend, on les entend percuter le sol.

On examine les routes et les pare-feux

jusqu'à ce qu'on trouve d'autres empreintes et sa direction.

On se rend à cet endroit, on s'arrête, on écoute

et on espère en entendre un.

Parfois, très tôt, ils gloussent assez souvent.

Parfois, c'est toutes les 5, 10, 15 minutes.

Plus tard dans la matinée, c'est toutes les 30 minutes.

On ne peut pas prévoir.

C'est un oiseau intelligent.

Le plus intelligent de ce pays.

Comme maintenant, il se peut que jour après jour,

on n'entende rien.

Mais on sait qu'ils sont Ià.

Je leur ai envoyé deux chèques.

Un chèque de 12 $ pour une adhésion de trois ans

et 3 $ pour l'assurance.

J'ai attendu. J'ai dû attendre un mois ou plus,

et n'ai jamais obtenu de réponse.

Alors j'ai demandé à cette femme de photocopier les chèques.

Je leur ai envoyé les copies, et Ià, ils m'envoient le bijou.

Je ne sais pas si le bijou est un vrai. Regardez.

J'ignore ce que je cherche.

Je ne sais pas. Que cherche un bijoutier ?

Vous savez, les types qui sont dans une bijouterie ?

Si on veut faire examiner quelque chose, ils le font à la loupe.

Que cherchent-ils ?

Si on leur demande, ils font...

Vous avez déjà vu un cerveau humain ?

Moi, oui. J'en ai ramassé, pelleté.

Rassemblé pour que ça ait l'air de cerveaux.

Vous m'achetez un cerveau ?

Y a un lobe ici et un lobe Ià.

Un lobe ici et un autre Ià.

Ils sont reliés à la colonne vertébrale, qui descend tout le long du dos.

Si tous les quatre...

lobes ou parties du cerveau fonctionnent,

on n'a pas qu'une seule idée en tête. On peut faire quatre choses d'un coup.

Et on peut...

J'ai vu beaucoup de gens qui pouvaient taper une lettre...

En taper une pour vous et une pour moi sur une machine à écrire.

Écrire d'un côté avec cette main,

votre lettre avec cette main, et la mienne avec celle-ci.

Je peux prendre un stylo, m'asseoir et écrire

"merde" de cette main et "putain" de l'autre.

En même temps.

Avec deux stylos.

Ça m'est arrivé souvent.

Ce genre de cerveau...

Ce que je voulais vous dire,

je n'arriverai pas à rester debout

sans m'appuyer contre quelque chose.

Ça me déséquilibre.

Voilà. Si on dessine...

Si on ne comprend pas ça,

et j'ai souvent répété ça partout en ville

en le montrant à ceux qui m'écoutaient.

Si on dessine un cercle du pied en bougeant la main ainsi,

en prenant son pistolet, en agitant constamment son bras

et en chantant une chanson.

Ça fait quatre, ou plutôt, cinq choses.

Cinq choses que je peux faire simultanément.

En même temps, grâce à ma petite cervelle.

Joli pneu.

Vernon-30 au Poste de contrôle.

Allez-y.

Quincy, peux-tu me donner l'heure exacte ?

À ma montre, il est 17 h 31.

Bien reçu. Merci.

Il n'y a pas beaucoup de trafic en ce moment.

Je reste Ià, à les regarder foncer à la sortie de ce pont.

C'est la seule chose à faire en ce moment,

rester assis et attendre.

Il faut se dépêcher,

car il faut couvrir plusieurs endroits en même temps.

Pas en même temps, mais...

le plus rapidement possible, car ils gloussent plus

tôt dans la matinée.

Plus la matinée s'écoule, moins ils gloussent.

D'habitude, on les tue

vers 6 h ou 7 h, au plus tard.

Beaucoup ont été tués après ça.

C'est le meilleur moment pour chasser.

De l'aube à 6 h, 7 h.

Là, il recherche une nouvelle trace

et s'il en trouve une, il s'arrête, il écoute et la suit.

Voilà ce qu'il fait. Il marche et il écoute.

Il cherche une trace, il a traversé la route dénivelée.

Il n'y a pas de fumée sans feu.

Si on trouve une nouvelle piste, y aura sûrement un dindon,

parce que cet endroit en est rempli.

Regardez la profondeur de cette empreinte.

Trois centimètres de profondeur dans la terre.

Il devait peser 8 ou 9 kilos. Regardez la taille de l'empreinte.

Regardez comme il s'est enfoncé dans ce sol dur.

Il est probablement passé hier, en fin d'après-midi,

et est reparti directement dans cette forêt.

S'il est avec une femelle, ce sera difficile de l'en séparer.

Ça, vous pouvez me croire.

Ceux qui disent pouvoir

séparer un dindon d'un groupe de femelles...

Vous avez entendu ?

On dirait le gloussement du dindon, mais ça ne l'est pas.

C'est un grand pic, qui frappe l'écorce de son bec.

Ça porte souvent à confusion.

Parfois, on arrive à séparer un grand dindon

de quelques femelles,

mais c'est très rare.

Je préférerais ne pas essayer de le faire.

On essaie, mais on n'y arrive pas.

Je n'ai jamais réussi.

C'est très rare.

Il y a différents endroits où j'aime attendre.

Je suis souvent ici.

Puisque cette voiture attend souvent ici,

beaucoup de gens ne savent pas vraiment

s'il s'agit d'un policier en service.

Je peux rester assis et en arrêter pas mal : ceux qui traversent le pont

ou qui passent par la ville.

Comme ce camion-citerne. On dirait qu'il accélère.

J'essaie de les arrêter.

Je déteste devoir sortir pour tous les poursuivre,

mais je fais en sorte qu'ils me voient.

Donc si je dois leur donner une amende,

c'est de leur faute, car ils peuvent me voir ici.

Je n'essaie pas de me cacher.

Mais à certains endroits, on peut difficilement me voir.

Pour ce qui est de mon radar, quand je l'amène...

Je ne l'ai pas amené aujourd'hui.

J'ai dû le renvoyer pour prolonger le permis.

J'attends qu'ils me le renvoient.

Ça devrait se faire vendredi ou samedi,

alors je pourrai en choper quelques-uns.

Ils ont dit qu'il avait 65 ans.

Je ne pourrais pas vous le confirmer. Pour un âne, il a bien vécu.

Mais finalement, il est mort.

Ils l'ont jeté dans cet étang.

Un squelette gisant avec la peau sur les os.

Je n'ai jamais rien vu de semblable.

Il avait un grand trou dans la gorge

dans lequel les vautours et autres rapaces avaient mangé

tout ce qu'il était possible de manger.

Un jour, en pêchant dans le coin,

j'ai fait tomber mon appât dans le trou

de cette vieille mule qui gisait Ià, toute boursouflée.

La peau sur les os.

D'un coup, une grosse perche en sort et mord à l'hameçon.

Elle a pris l'appât aussi vite que l'éclair.

Puis elle est partie.

J'ai voulu reprendre l'hameçon,

mais il a dû s'accrocher à l'une de ses côtes.

J'ai dû le casser.

J'ai posé un autre hameçon,

je l'ai jeté Ià-dedans et j'ai attrapé un gros poisson.

Les os étaient sortis des jambes et la peau gisait.

Il était fort comme un lion.

Je suis entré dans l'eau, elle m'arrivait là.

J'y suis allé et l'ai pris par les pattes

pour tirer l'âne sur la rive.

Il avait 114 perches à l'intérieur.

Je les entendais se débattre en le tirant sur la rive.

L'eau s'est écoulée du cadavre.

Je les entendais se débattre Ià-dedans.

J'étais dans une pinède.

Il s'est posé sur une branche de l'autre côté de la pinède.

Je me suis caché derrière une rangée de pins.

Des pins.

Ils ne forment pas exactement une ligne droite.

Ils sont un peu de travers.

Il y a un écart de 60 cm, à peu près.

Dans la pinède, j'ai traversé les rangées de pins

en zigzaguant, jusqu'à ce que je sois en face

de lui dans les marécages.

Je le savais. J'ai dit : "ll est Ià."

J'ai zigzagué à travers les rangées pour atteindre la bonne.

Je savais qu'il se trouvait tout au bout. J'ai avancé en slalomant.

Je m'y suis faufilé.

Jusqu'à ce que je sois près de la branche.

Je voyais le dindon, perché sur un pin.

Il gloussait.

Arrivé derrière un pin, je regarde.

Il y avait environ 9 mètres jusqu'au prochain pin.

Et encore 8 à 9 mètres jusqu'au dindon.

J'ai regardé le dindon, puis la zone à découvert.

Je me suis dit : "Impossible de m'approcher plus."

J'ai lentement remonté mon fusil derrière ces pins.

J'ai visé.

Et, pan...

Le voilà, juste ici. Sa barbe doit faire 30 cm de long.

Il a percuté le sol. Un bruit fracassant.

Voici une tortue de terre.

Ce n'est pas une tortue de mer. Elle est inoffensive. Elle ne mord pas.

Je ne sais pas comment elle a atterri ici.

Elle n'aime pas notre sol.

Un sol aride, sablonneux, à relief.

Et parfois, elle peut creuser son terrier

jusqu'à 6 mètres de profondeur.

Elle est aussi bonne à manger.

Je ne le fais pas, mais certains la mangent.

Un bon morceau de viande à mettre sur la table.

Je crois qu'elle a envie de marcher.

Le moteur tourne au ralenti.

J'ai dit : "Je laisse mon fusil ici. Je dois aller aux toilettes.

"Pour revenir, vous prendrez le même chemin."

Ils ont dit : "D'accord."

J'ai pris mon fusil.

Finalement, je n'ai pas pu aller aux toilettes. J'allais le faire...

quand j'ai entendu un dindon glousser dans les pins.

Ils étaient partis.

J'ai dit : "Seigneur."

C'est le meilleur remède contre la diarrhée.

En entendant glousser le dindon, on oublie tout, même la diarrhée.

Même les maux de tête. Ça guérit tout.

J'ai saisi mon fusil et je suis parti. J'ai dû courir sur 400 mètres.

Je passe à côté de quelques pins. Là, il glousse deux fois.

À ce moment précis, j'ai su que je pouvais le tuer facilement.

Ça faisait même pas 30 minutes que j'avais tué l'autre.

Dieu soit béni. Au gloussement d'après, il était Ià.

Au milieu de l'herbe et des genêts.

Tout doucement, j'ai imité le cri du dindon.

Il a gloussé.

Il venait dans ma direction. Il ne traînait pas. Il ne courait pas.

Il marchait au trot, assez rapidement.

J'étais bien camouflé, assis derrière de petits palmiers.

Je l'ai visé.

Il avançait,

mais trop vite pour lui tirer dessus, je voulais être sûr de mon coup.

Alors, j'ai simplement sifflé.

Il s'est arrêté, a regardé,

et en levant la tête, ce fut fini pour lui.

Il est Ià, au milieu.

Une barbe de 30 cm de long.

Cet opossum. Ce n'est pas moi qui l'ai attrapé.

C'est un autre gars. Il mangeait ses poules.

Il l'a attrapé et me l'a ramené.

Il a dit que j'étais le seul à savoir quoi en faire.

Je vais le garder pour la foire de Wausau

et le vendre.

Ici, ça vaut entre 1200 $ et 1500 $.

Un bon prix pour un opossum, non ?

Je le remets ?

Il faut faire attention avec ces animaux.

Ils mordent.

Ils m'ont déjà mordu.

J'ai été mordu par tous les animaux de ce pays.

Des animaux sauvages. Sauf un serpent à sonnette.

Là, j'étais vraiment sur mes gardes.

Il venait de passer.

Y avait pas d'eau de pluie dedans. On a regardé.

Son empreinte était dans celle laissée par le camion...

Cinq minutes avant, on avait parlé avec le gars derrière nous.

Le camion a laissé des traces. On emprunte le même chemin que lui.

On savait que c'était des empreintes récentes

car elles s'étaient superposées à celles du camion.

Vous me suivez ? On venait de le croiser.

Il est Ià.

Il sort, glapit une fois et repart en gloussant.

On a pris nos armes et on s'est mis en position.

J'ai dit à Snake : "Snake,

"ce dindon ne traversera pas cette route à nouveau.

"Y a aucune chance que ça arrive.

"ll va prendre un autre chemin."

On était assis, à glapir. Il gloussait.

Il partait de ce côté, et gloussait.

Puis de l'autre côté, et gloussait. Il voulait qu'on le suive.

Nous, on ne l'a pas suivi. On voulait qu'il revienne.

J'ai dit à Snake qu'il ne reviendrait pas vers nous.

Ça a duré une demi-heure.

J'ai dit à Snake : "J'en ai marre. Je vais buter ce dindon."

J'ai glapi une fois. Il a gloussé deux fois.

Je n'ai pas eu besoin de glapir plus.

Ensuite, il a débarqué.

En gloussant tout le long.

J'ai tiré et il est tombé par terre.

Enfin, il a été projeté et a virevolté en l'air sur à peu près un mètre.

J'ai couru pour le ramasser, mais il s'est relevé.

Il avait une aile cassée, je lui ai donné un coup.

J'ai dit : "Mon Dieu, il essaie de s'enfuir." J'ai visé la tête.

Mais j'ai juste fait un gros trou dans le sol.

J'ai raté la tête, car si j'avais tiré sur le dindon, il aurait été déchiqueté.

Donc je l'ai raté. Il est parti dans la pinède

et je me suis dit : "Encore un tir."

J'ai tiré et je l'ai buté.

Le ciel était nuageux.

Pendant tout ce temps, on ne distinguait rien dans la pinède.

Moi, en tout cas. Tous ceux qui y ont déjà été...

On perd... Excusez-moi. On perd son sens de l'orientation.

J'y suis allé.

Après avoir tué le dindon,

j'étais totalement désorienté. J'ai marché.

Je me suis perdu.

J'ai appelé Snake.

Je pensais marcher dans la bonne direction.

C'était la bonne. Mais dans la pinède, tout se ressemble.

J'ai commencé à crier : "Snake" le plus fort possible.

Ils savaient que je cherchais mon chemin.

Mais ils n'ont pas bougé, comme s'ils se moquaient de moi.

Sans me répondre.

En tout cas, j'ai ramené le dindon le lendemain,

après ceux des jours précédents.

Voilà sa barbe.

Elle est à peu près de la même longueur : 30 cm.

Celle qui est au bout, à droite.

Il y a 35, 40 ans, il n'y avait pas d'asticots.

Les asticots, c'est nouveau ici.

Ils sont Ià depuis environ 20 ans.

Ça ne fait pas longtemps que les asticots sont Ià.

Je pense qu'ils étaient déjà Ià,

mais je ne sais pas comment ils se sont accumulés.

J'ai obtenu ces graines en Floride du Sud. Voilà d'où elles viennent.

Ce ne sont pas des larves habituelles,

comme celles qu'on trouve ici.

On appelle ça des lombrics.

Voilà pourquoi les gens viennent ici pour me les prendre.

Je ne sais pas d'où vient toute cette eau.

Il doit y avoir pas mal de rigoles Ià-haut.

Bien sûr, si on regarde l'histoire du Vernon,

je n'en sais rien.

Concernant la rivière, je peux juste vous dire

que quelqu'un m'a dit que des bateaux venaient ici.

J'ai dit : "Cette rivière a dû être plus large."

Pour eux, c'était un ruisseau.

Ils ont répondu non.

Avant, des cargos venaient ici.

Comme ceux qui naviguaient sur le Mississippi.

Mais je ne sais pas.

Je n'ai pas trouvé de réponse.

Ils utilisaient peut-être de grands canots.

Voilà un gros ver du fumier.

Il y a un ver qu'ils appellent le nématode.

Voilà le lombric.

Ensuite, y a le ver à collier.

Et il y a celui qu'ils appellent le ver nocturne rampant.

Il fait cette taille.

J'en ai quelques-uns de Joplin, dans le Missouri,

je les ai ramenés ici. Ils vivent Ià-bas.

Je les ai ramenés et les ai mis dans un petit lit Ià-bas.

Ils sont tous partis.

Ils rampent la nuit. Ils ne restent pas en place.

Ils restent dans un coin des marécages.

Là-bas, il y a beaucoup d'eau bourbeuse.

Ça me rappelle l'histoire de deux marins.

En regardant l'eau, l'un d'eux dit :

"Il y a beaucoup d'eau ici."

Et l'autre répond : "Oui, c'est juste la partie visible."

Les serpents d'ici savent nager.

Il faut faire attention.

Ces serpents savent nager tout comme ils rampent sur terre.

Seigneur.

Et certains me demandent : "Vous allez nager ?"

On nage tranquillement, puis on lève la tête

et on voit un serpent qui s'avance dans notre direction. Mon Dieu !

Vous avez vu ce saut ?

Vous avez reconnu ce poisson ? C'est peut-être une orphie.

Les orphies se nourrissent au ras de l'eau

et si des petits vairons s'y trouvent, ils les avalent.

Vous avez déjà vu une orphie ?

Sa bouche est aussi longue que ça, son nez.

Et quand elle...

En général, elle attrape ce qu'elle chasse.

Je n'ai jamais lu de livres sur les vers.

C'est grâce à mon expérience que je m'y connais.

Il existe des livres sur les vers, mais ce sont des mensonges.

Ils ne vous apprennent pas ce qu'il faut savoir.

Ils disent comment il faut les nourrir.

Comment on les reproduit. Dans mon livre, tout est faux.

STATION SERVICE CHEZ BROCK

Je ne sais pas pourquoi il a voulu enlever sa chaussure avant de tirer.

Pile le jour suivant, après la fin du boulot...

Ce jour-Ià, il a dit :

"La dernière chose que je ferais, c'est me suicider."

Ce qu'il a fait.

Ça allait pas bien, dans sa tête. Un point, c'est tout.

Deux balles traînaient sous le seuil de sa maison.

Il s'y est faufilé et les a prises.

Il revient et dit à sa femme : "Y en une pour toi et une pour moi.

"Faisons-le."

Elle s'est battue avec lui et lui en a retiré une.

Il s'est assis dans une vieille chaise artisanale,

il s'est déchaussé,

a pointé le canon juste ici

et a tiré sur la gâchette.

Il a enlevé sa chaussure pour que son gros orteil...

Mais bon sang, si j'avais fait ça, j'aurais utilisé ma main !

Quoi ? Il aurait bougé la tête et ça aurait raté.

- Non. - Il a dû se pencher...

Il a enlevé sa chaussure pour utiliser son gros orteil pour...

Personne ne fait ça comme ça, mais lui, oui.

Le Seigneur m'a demandé de prêcher la bonne parole,

je devais donc faire ce pour quoi le Seigneur m'a destiné.

J'ai recommencé à travailler à l'église.

Dans ce genre de travail, on n'a pas tous les fonds désirés.

On voit des choses qu'on aimerait avoir,

on voudrait parfois refaire un boulot normal pour gagner plus.

Mais je suis mieux loti que l'on ne croit.

Quand j'ai besoin de quelque chose, je prie.

Exemple : ma fourgonnette.

Je ressentais le besoin d'en avoir une.

J'ai d'abord prié, puis j'ai regardé les prix.

Mais je sentais que mes prières et le prix des fourgonnettes

ne coïncidaient pas, car elles étaient trop chères.

Mais je me disais que si le Seigneur le voulait, j'en aurais une.

Ainsi, quelques semaines après avoir abandonné l'idée

d'en trouver une dans mes moyens,

j'ai croisé un homme qui en avait une. Je l'ai examinée.

Il m'a donné le prix. J'ai répondu : "Trop cher pour moi."

Il a dit : "J'ai un ami à Marianna

"qui possède une fourgonnette de 1979 toute neuve.

"Ça fait huit mois qu'elle est sur sa propriété

"et il a réduit le prix à 5000 $ pour qu'elle se vende."

Il a dit : "Je sais qu'à 5000 $, elle se vendra."

Voilà combien je comptais mettre.

Décidé, j'ai appelé le type. Il me l'a amenée

et au bout de trois heures, elle était à moi.

Dieu a créé toutes les choses

qui ont été créées.

Tout ce qui a été créé.

Il les a regardées et a dit :

bien et très bien !

Il a créé tout ce que nous avons à ce jour.

Et il a dit que c'était bien et très bien.

Mais on pourrait ne considérer que les extrêmes.

Être très égoïstes.

Mais tant qu'on fait ce que Dieu a prévu, pas besoin de s'inquiéter.

Il nous donnera le pouvoir, la force et la spiritualité pour l'accomplir.

Un grand chêne se trouvait sur la rive du ruisseau.

Je suis allé sous le chêne et j'ai dit :

"Seigneur, je ne sais pas si Tu veux que j'aie cette parcelle.

"Si oui, eh bien, fais en sorte que je l'obtienne."

Un an s'était passé.

Je ne savais pas si la parcelle avait été vendue.

Un an plus tard, j'avais le montant que le propriétaire demandait.

Je suis allé le voir pour savoir si c'était encore à vendre. Oui.

Il a dit : "C'est incroyable. Elle a failli se vendre trois fois.

"Et à chaque fois, il s'est passé quelque chose

"et le futur acquéreur n'a pas honoré son contrat."

Il a ajouté : "J'espère que vous, oui."

J'ai répondu : "Je l'honorerai car c'est une réponse à mes prières."

Chantons l'amour de Jésus

Chantons sa miséricorde et sa grâce

Dans les demeures radieuses et bénies

Il va nous préparer une place

Quand nous irons tous au paradis

Quel jour heureux ce sera !

Quand nous verrons Jésus

Nous chanterons et crierons victoire !

Il y a peu, je lisais l'épître aux Romains.

Sans cesse, le mot "donc",

qui est le premier mot des Écritures ce matin, m'a interloqué.

J'ai commencé à y réfléchir.

Car je me rappelle que jadis, quand j'allais à l'école,

un professeur m'avait appris le sens des mots.

Le terme "donc" avait une signification particulière.

Je pense que si Paul utilise tant ce mot,

il doit y avoir une raison.

J'ai consulté le dictionnaire sur-le-champ

et j'ai cherché la définition du mot "donc".

J'ai trouvé qu'il s'agissait d'une conjonction.

J'avais oublié depuis longtemps ce qu'était une conjonction.

Alors, dès que j'ai réalisé que c'en était une,

j'ai feuilleté le dictionnaire pour trouver "conjonction",

sa définition, et selon le dictionnaire,

une conjonction est un mot invariable

qui permet de relier deux idées.

Alors, je me suis dit : "Que signifie le mot 'invariable' ?"

J'ai donc cherché le mot "invariable"

et j'ai trouvé que c'est quelque chose qui ne change pas.

J'ai découvert que "donc" était une conjonction

qui ne changeait pas et qui permettait de relier deux idées.

Donc, suite à ma découverte,

j'ai relu ce mot dans le premier verset des Écritures, et j'ai dit :

"Paul a dû dire quelque chose auquel ce mot est relié."

Voyons de quoi il s'agit.

En relisant le passage, j'ai découvert

que Paul avait utilisé le mot "donc"

de nombreuses fois dans l'épître aux Romains avant et après ça.

Je m'y suis alors vraiment intéressé et j'ai consulté la concordance.

Il en est ressorti que Paul a utilisé le mot "donc"

plus de 119 fois dans ses écrits.

Alors, s'il utilise le mot "donc" plus de 119 fois,

je dois vérifier ce qu'il en est chez les Grecs.

J'ai donc recherché la définition grecque,

et le mot grec correspondant était "on", qui a trois sens différents.

Le premier était "en conséquence",

le second "alors, de même" et le dernier "donc".

Paul dit : "Recevez donc la paix."

Si vous êtes présents ce matin, que vous êtes chrétiens

et que vous n'avez pas cette paix, voilà ce qui s'est passé.

Vous avez repris contrôle de votre vie

et vous vous y raccrochez,

mais vous devriez en laisser le soin à Dieu.

Ainsi, vous avez perdu la paix de votre salut.

Vous ne la retrouverez pas

tant que vous ne vous souviendrez pas de votre salut.

Ce matin, je remercie Dieu de nous avoir donné les "donc" de Paul.

L'un d'entre vous n'a peut-être encore jamais reçu l'Agneau de Dieu,

ou ne l'a jamais laissé entrer dans son cœur avec foi.

Ils n'ont jamais dit : "Seigneur, je veux que Tu sois en moi."

Savez-vous ce que fait Dieu en nos cœurs ?

Dieu veut entrer, nous purifier de nos péchés

et rendre notre vie merveilleuse.

Il veut nous pardonner nos péchés.

Dieu dit : "Toi, viens ! Crois en moi et je te pardonnerai."

Le plus important, quand on chasse le dindon, c'est de connaître la forêt.

Vous pouvez nous emmener loin,

dans un endroit qu'on ne connaît pas,

dont on ne connaît ni la forêt ni le pays...

Sérieux, on sera perdus.

C'est comme si je partais de Vernon pour aller à New York.

Je ne pourrais rien faire. Il faut connaître la forêt.

Savoir où ils se déplacent.

En fait, bien connaître la forêt, c'est...

Faut connaître le territoire.

Si on va dans un autre endroit du pays,

on est perdus, moi, en tout cas.

Tous les chasseurs de dindons sont perdus.

À ma connaissance, il n'y a pas de crimes ici.

Dans chaque ville, où que l'on aille,

il y aura de petits délits,

des choses qui arrivent soudainement.

Par exemple, quelqu'un peut rentrer dans un magasin et voler une pomme,

des pinces à linge, des barrettes à cheveux ou des lames de rasoir.

Ça arrive dans toutes les villes.

Y a rien de plus sérieux que ça.

En tout cas, à ma connaissance.

Je me promenais le long d'une route, avec un ami en voiture,

je regardais et j'ai dit : "Barney. Est-ce que tu vois l'eau, Ià-bas ?"

Il a répondu : "Oui."

En nous approchant de l'endroit, il n'y avait pas d'eau.

C'était juste un mirage. Autrement dit...

Eh bien, pour le dire

de manière scientifique,

c'était la lumière, les rayons, la réflexion lumineuse.

Ainsi, si la réflexion est différente, par exemple

pour le diamant, peut-être qu'il ne brillera pas.

C'est peut-être dû à sa coupe ou sa façon de capter la lumière.

Ça ressemble à un jour après la pluie.

Si on photographie les gouttelettes d'eau sur les arbres, on les voit.

Elles sont presque plus belles qu'un diamant.

Un soir, j'étais dans la forêt.

J'avais l'impression qu'il y avait quelqu'un.

J'ai entendu cette personne tirer des coups de feu.

J'étais un peu inquiet de savoir qu'il y avait quelqu'un.

Je ne savais pas si mon talkie-walkie fonctionnait.

Mais une fois, j'ai été inquiet ou effrayé, comme on veut.

Ça arrive même aux meilleurs. Parfois, on a l'impression

que quelqu'un est à côté, essayant de vous attraper

quand on est seul, dehors.

J'avais mon appareil photo. Et j'ai eu de la chance.

J'ai tenu la lorgnette contre l'objectif de l'appareil, et j'ai pris la photo.

Bien sûr, j'ai jugé, à peu près, où...

Je n'ai pas pu faire un bon réglage

car avec la lorgnette sur l'objectif,

je ne voyais rien. J'ai relevé l'appareil, et ça a marché.

Je ne sais pas si c'est la lune. Ça ressemble à des nuages.

Je ne sais pas si c'est une étoile.

Non, c'est impossible, car...

Voilà la photo d'une étoile.

J'ai pris l'appareil et l'ai dirigé vers le haut, sans réglage.

Et j'ai pris la photo.

Comme vous pouvez le voir, elle n'est pas très bonne.

Avec un mauvais appareil, on fait de mauvaises photos.

C'est la chance.

Quand quelque chose réussit, on dit : "J'ai eu de la chance." Non ?

Évidemment,

quand on a un appareil et qu'on vise...

C'est comme si on avait une arme sans tirer.

Si on en avait une et qu'on visait quelque chose,

y a de bonnes chances qu'on atteigne la cible. Mais qu'on la rate aussi.

La balle est arrivée

de cette direction et s'est logée dans mon siège, ici.

Je ne l'ai pas encore fait réparer. Il y a un petit trou, Ià.

Elle est entrée par Ià et s'est logée dans le dossier.

Le shérif du comté est venu faire une enquête.

Ils ont dû la déloger du dossier du siège, dans la partie arrière.

Elle est arrivée en direction de la route.

Je ne sais pas pourquoi ils l'ont fait. Sûrement pour me faire peur.

Je ne suis pas du genre à avoir peur.

Ça ne rend pas fou,

mais plus on se rapproche de lui, plus on a envie de le tuer.

C'est inné, ou on ne serait pas Ià à chasser.

Pour moi, c'est inné, et pour Snake aussi.

À mesure qu'il se rapproche,

on a l'impression qu'on va être électrocutés.

Jour après jour, il se rapproche

et la tension monte.

Elle monte en moi.

Je ne m'en rends pas compte.

Mais elle monte toujours.

Plus il se rapproche, plus la tension monte.

Au bout d'un certain temps, on l'oublie.

Quand il se pointe, face à vous, on n'y pense même pas.

On se concentre pour le tuer.

Quand on l'abat,

on tire, on court, on va le chercher ou bien on le canarde ou on le rate.

Alors, toute la tension

qui s'est accumulée

me rend malade.

Ça vous donne la gerbe, comme après la cuite du samedi soir.

La gerbe du soûlard.

Des haut-le-cœur et du dégueulis.

Après, la tension redescend.

Voilà tout.

Au bout de quatre, cinq minutes, je vais mieux.

Peut-être que chaque étoile Ià-haut est un monde.

Ça doit bien avoir une fonction.

Pour l'instant, c'est en haut et peut-être

que dans le futur, il y aura un monde irlandais,

un monde allemand, un monde russe,

et un monde coloré.

En fait, chaque nationalité aurait son propre monde.

Qui sait ? On ne sait pas ce que Dieu a prévu.

Même pas Jésus Christ.

Dans la Bible, il est dit

que personne ne peut savoir

quand sera la fin du monde.

Pas la fin du monde, mais la fin de notre monde.

Le cours des événements. Vous savez, les hommes politiques.

Dans une petite ville, quand on parle à quelqu'un

et qu'on dit que les lampadaires ne fonctionnent pas,

il ne veut rien savoir.

Je dis : "Qui appeler ? La direction des transports ?"

Ils ne savent pas. Ils s'en foutent.

Il faudrait les renvoyer par le train, leur mettre du goudron et des plumes.

Ça, ça me plaît.

Du goudron et des plumes. Ça vous plairait pas, à vous ?

De voir un gars ou un gamin qui a mal agi

avec du goudron et des plumes ?

Ça le ferait réfléchir, non ?

La prochaine fois, faudra faire gaffe, mon pote.

De toute ma vie, je n'ai jamais rien vu d'aussi parfait

que la perfection de Dieu.

On entend tellement de choses. Voilà ce qui vient d'arriver.

C'est arrivé, voilà tout.

Les gens pensent comme ça.

"C'est arrivé, voilà tout."

Un jour, un vieux type me parlait dans cette maison, Ià-bas.

Il a dit : "Dieu n'existe pas."

J'ai répondu : "M. Day ?"

J'ai dit : "Vous y croyez, que vous êtes ici ?"

"Oui, je le crois."

J'ai dit : "Vous croyez qu'un homme vous a créé ?"

"Non, je ne me suis pas créé."

J'ai dit : "Vous croyez qu'un homme a créé Adam et Éve ?"

Il a répondu : "Non."

J'ai dit : "Qui les a créés ? Comment suis-je arrivé ?"

Il a répondu : "C'est arrivé, voilà tout."

Moi : "Vous dites 'c'est arrivé, voilà tout', appelons-le Dieu."

Donnons-lui un autre nom.

"C'est arrivé, voilà tout", c'est Dieu. C'est arrivé grâce à Dieu.

Quand j'avais fini mon travail,

que j'allais avoir des vacances,

le patron m'a donné une prime.

Je suis rentrée, on est partis le soir même.

On conduisait nuit et jour. Sans s'arrêter...

2274 kilomètres.

La base de lancement de missiles de White Sands.

C'est Ià-bas qu'a été lancée la première bombe atomique.

Il y a des dunes de sable.

Et le sable avance. Il recouvre les routes.

Ils doivent le balayer sans cesse pour éviter qu'il ne les recouvre.

Du sable qui pousse.

Ce sable s'étend.

Ce désert grandit d'environ 4 mètres chaque année.

Ils ont des niveleurs qui l'enlèvent constamment des routes.

Il y a toujours des niveleurs Ià-bas.

Ils balayent le sable des routes, pour qu'on puisse passer.

Ils construisent de nouvelles routes.

Le vent pousse le sable dessus.

Pendant la nuit, il se forme d'épaisses couches de sable.

Aussi hautes que des cabines téléphoniques.

On a payé et on est allés

voir le sable blanc.

On en a ramené.

J'ai un pot où on peut le voir pousser.

J'en avais juste un petit peu quand je le montrais.

Maintenant, le pot est presque plein.

Ça pousse. Ça croît.

Ça pousse sur le côté du pot, vous voyez ?

Je pense que le pot va être rempli.

Dans deux ans, il sera rempli.

Ils disent qu'il grandit de 4 mètres par an

dans la ville où Billy the Kid a été tué.

Ils disent que dans un an, la ville en sera recouverte.

Dans un siècle, dans moins de 100 ans,

- ce désert aura raison d'elle. - Il recouvrira cette ville.

Regardez cet arbre. Y en a 1, 2, 3, 4,

5, 6, 7, 8,

9, 10, 11, 12, 13,

14, 15, 16, 17, 18,

19, 20, 21,

22, 23, 24, 25,

26, 27, 28,

29...

30, 31, 32, 33,

34, 35.

Le trente-cinquième s'est envolé.

Trente-cinq sur un seul cyprès.

Écoutez ce son.

Vous entendez ?

Volant d'arbre en arbre ?

Ce battement d'ailes ?

On dirait des dindons. C'est à s'y méprendre.

Écoutez.

Écoutez ce battement d'ailes. Les branches se cassent.

Vous entendez ce beau battement ?

Écouter ça, ça me donne envie de chasser.

J'aimerais qu'il y ait autant de dindons que de buses.

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