All language subtitles for Operation Double Cross (1965) Jean Marais, Marisa Mell

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Original subtitles

On a accroché quelque chose.

- C'est rudement lourd. - Peut-être la pêche miraculeuse.

C'est un gros ?

Oh, dites donc, les gars ! Un noyé !

Signe particulier : un haltère autour du cou.

Note aussi le blouson.

Il est pas à lui.

Regarde.

Il est trop grand.

Vous autres, ce matin, en pêchant, vous avez vu d'autres embarcations ?

Non...

Attention, l'ambulance.

- Elles sentent bon, mes fleurs. - Oui, très bon.

- Je vous les laisse à 5 francs. - D'accord.

Tenez, merci beaucoup.

Au revoir.

Reculez !

- Lunettes de soleil ? - Laissez passer !

Allons, dégagez !

Ne poussez pas ! Circulez, y a rien à voir !

Georges, tu n'as rien vu sur la mer ce matin ?

Si, un Chris-Craft bleu-blanc-rouge.

Il a traversé toute la baie et il a ralenti.

Tu l'avais déjà vu ?

Non, mais si ça t'intéresse, c'est celui qui part.

- C'est quoi ? - La villa Hollywood.

Celle d'un peintre, Barovsky, qui peint des femmes nues.

On reviendra, j'adore la peinture. Allez, demi-tour.

- C'est la cuisine, ici. - Oui, je vois.

- Vous voulez quoi ? - Des renseignements.

- Vous êtes de la police ? - Ah, non.

De la Sécurité sociale.

Pas de malade ici.

Non, mais y a des gens qui ne sont pas en règle.

- On a reçu une plainte. - Ça ne m'étonne pas.

Le personnel va et vient, ils engagent n'importe qui.

Même des voleurs.

- Des voleurs ? - Oui, monsieur.

Des voleurs. Lazare, le valet de chambre,

s'est tiré avec mon blouson.

- Votre blouson ? - Deux ans

qu'on travaillait ensemble. C'est moche, non ?

Quelqu'un va vous renseigner bien mieux que moi.

Je vais acheter mes oignons.

Antoine Martel, de la Sécurité sociale.

- Hamlet. - Hein ?

Je m'appelle Hamlet, chauffeur de M. Barovsky.

Ah, nous avons reçu une plainte.

J'ai entendu.

Les inspecteurs

qui font du ski nautique et qui roulent en américaine,

je trouve ça bizarre.

Et des valets de chambre plombés dans un filet de pêche ?

Je vais vous expliquer.

Passez par là.

Hamlet ?

Hamlet !

Mais qui êtes-vous, monsieur ?

Antoine Fabre,

critique d'art, grand admirateur de maître Barovsky.

La salle de bains n'est pas une galerie.

Non, c'est une pièce à conviction.

La police a retrouvé le corps du valet de chambre de Barovsky.

Avec un haltère autour du cou, mort.

Comme celui-ci.

Enfin, celui qui manque.

- Continuez. - La police a aussi découvert

que le corps du valet de chambre

a été transporté dans le bateau de M. Barovsky.

Pour finir, je crois bien avoir croisé l'assassin

dans la maison.

En bas.

J'ai vu.

Et où est-il, maintenant ?

Eh bien, en fuite, comme tous les assassins.

Quel est le rapport de vos agissements avec la critique d'art ?

Oh, un rapport très étroit.

Je serais désolé si M. Barovsky devait interrompre son œuvre.

Une œuvre qui comptera dans le siècle.

Ah, si, si, si.

Ah, si.

Euh, à votre avis, chère madame...

qu'est-ce qui a pu se passer ?

C'est très simple. Du moins, je l'imagine.

Hier, Hamlet a accusé Lazare de lui avoir volé son portefeuille.

Ils se sont battus, et cette nuit, ils ont dû recommencer.

Hamlet n'est pas une jeune fille.

Ça...

Mais avec un règlement de comptes

entre deux domestiques, M. Barovsky ne serait pas inquiété.

C'est important qu'il puisse continuer sa peinture tranquille.

M. Barovsky sera très heureux

de faire la connaissance d'un admirateur tel que vous.

Le maître donne ce soir ici un vernissage, considérez-vous

comme son invité.

Je ne manquerai pas cette soirée.

Ne serait-ce que pour vous revoir,

chère madame.

Je ne suis la femme de personne.

Mon nom est Maria.

Barovsky ?

- Vous êtes fou. - J'allais l'avoir.

Vous voulez nous faire fusiller ?

En matière de corrida et de mise à mort,

c'est Matras qui décide.

Tu n'aurais pas dû, tu as eu absolument tort.

Cher Matras,

- vous perdez votre sang-froid. - Hamlet a disparu

à 4 jours de l'opération.

Avant une heure, vous aurez des nouvelles de Hamlet.

Je sais, par votre critique d'art.

Si c'est un flic,

il ne viendra pas.

Il viendra. Vous avez tort, Matras,

de ne pas faire confiance à l'intuition féminine.

Il a des choses à dire.

Il doit avoir une belle gueule. Ça, c'est de l'intuition masculine.

Si tu mélanges métier et jalousie, ça sera impossible.

Les invités arrivent,

- je descends. - Si ton playboy débarque,

tu sais ce que tu dois faire.

Je ne suis pas une stagiaire, monsieur le PDG.

Oh, c'est une petite chose de rien du tout.

Je l'ai faite il y a 10 ans. Excusez-moi.

- Tu as vu le motard ? - Oui.

- Et Hamlet, toujours rien ? - Non.

Merci.

- La police judiciaire. - Et alors ?

Je suis convoqué demain à 9 h, à Perpignan.

Tu vas voir, ils vont me coincer là-bas.

Sûrement, si vous continuez à paniquer comme ça.

- Et maintenant, voilà le salaud. - Oui, mais c'est un beau salaud.

Je vais prévenir Matras.

N'oublions pas nos devoirs mondains. Un admirateur, ça se reçoit.

Je suis capable de lui envoyer un coup de pied dans le ventre.

Vous êtes parfait dans les guerres froides.

Bonsoir.

Votre admirateur, M. Antoine Fabre.

Ah, charmé.

Enfin, j'ai écrit une vingtaine d'articles sur vous.

Oh, merci, mais vous savez, M. Fabre, je vis en solitaire.

Je ne lis rien, je ne sais rien.

- La peinture... - J'aurais aimé avoir ce talent.

- Maître ! - Excusez-moi.

C'est vraiment extraordinaire.

- La forme, vous savez... - Merci, merci.

C'est un assez bel exemple des délires conscients et objectifs

- sur l'éclatement des volumes. - Merveilleux...

C'est une des dernières toiles du maître.

Nous sommes dans le bureau du directeur d'une clinique

où l'émir Ali Salim vient d'achever son traitement.

Je vous en prie, Votre Altesse.

Les téléspectateurs français se réjouissent de vous savoir rétabli.

Pas encore.

L'opération s'est bien passée, remercions le Tout-Puissant.

Vous avez l'intention de passer

- votre convalescence en France. - Oui.

En République d'Andorre.

Si les médecins me le permettent, je partirai dans 4 jours.

- Par Orly ? - Non, je prendrai le train.

Mon cœur ne supporte pas l'altitude et les mauvaises routes.

- Pensez-vous voir des personnalités ? - Certainement.

Mais à titre absolument privé.

Puis-je vous poser des questions sur la politique intérieure de votre pays ?

Les dépêches sous mes yeux font état

de visées de votre frère, Mohamed Salim.

Mon frère a pris la tête d'un mouvement d'opposition.

Ce sont des choses qui arrivent

dans les familles.

Oh, la politique... J'espère que vous détestez ça.

Ce soir, je préfère la danse.

J'aime bien m'appuyer contre vous, vous êtes solide.

Du béton.

Et même du béton armé.

- Je fais un métier dangereux. - Je comprends, la critique d'art.

On se fait des ennemis.

Ah, enfin quelque chose d'humain.

Le maître rougit. Il appelle ça sa période bourgeoise.

- C'est vous ? - Oui, et je me trouve très bien.

Et encore, ce n'est que l'esquisse.

Vous voulez voir le tableau fini ?

- Plaît-il ? - Dans ma chambre.

Il avait du talent.

Quand il était bourgeois, M. Barovsky.

Vous voulez voir le modèle ?

Mar...

Antoine... Antoine...

My love... Mein liebling...

Come... Come...

- Ça, elle sait faire. - Ta gueule, toi.

Antoine...

Antoine, my love...

Donne-moi une cigarette.

Et Hamlet ? Tu sais, ton assassin ?

La police l'a arrêté ?

Oui.

C'est toi qui l'as donné.

Oui, c'est moi.

Pourquoi ?

Pour aider Barovsky.

Pour qu'il puisse peindre tranquille.

Il est convoqué demain à la PJ.

Ça se passera très bien.

Il confirmera l'histoire du portefeuille.

Hamlet a accusé Lazare et il l'a assommé.

C'est ce que tu as raconté ?

À la police ?

Exactement.

Ils t'ont cru ?

Dans ce milieu, on me croit toujours.

Tu es si influent que ça ?

Ben... j'ai des amis.

Qu'est-ce que cet homme ?

C'est clair : il a donné Hamlet à la police.

C'est pas le plus grave.

Il a raison. Hamlet ne parlera pas.

Emmenez-moi loin d'ici, j'en ai assez.

L'artiste cherche

à savoir ce qu'il y a derrière la matière.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Excusez-moi.

Je vous cherchais, M. Fabre.

Des amis organisent un bridge, ils cherchent un quatrième.

Je ne fais pas le mort.

Oh, le mort !

Messieurs, voici votre quatrième. M. Antoine Fabre.

Un grand admirateur de ma peinture.

M. Stan Matras, M. Alvarez.

Asseyez-vous, je vous prie.

À la réflexion, M. Fabre, nous n'allons pas jouer au bridge.

Connaissez-vous le jeu des 4 valets ?

- Jamais entendu parler. - C'est très amusant.

Une sorte de jeu de la vérité.

La règle est simple.

Le premier as qui sortira désignera l'interrogateur.

Si c'est l'as de cœur,

c'est à vous, M. Fabre, car vous avez le valet de cœur.

Compris ?

Et après ?

L'interrogateur tourne la première carte

et interroge le valet de la couleur correspondante.

Naturellement, le valet interrogé s'engage sur l'honneur

à dire la vérité.

Et on passe à la carte suivante.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

Je pense que... c'est un jeu de cons.

Ah non, M. Fabre, vous verrez.

C'est très astucieux et très bon pour les nerfs.

Allons-y.

C'est à vous de jouer, Chico.

C'est à vous de m'interroger.

Qui est ce monsieur ?

Un amateur qui se prend

pour un Superman.

Cœur.

À votre tour de répondre, M. Fabre.

Posez votre question, Chico.

Votre nom ?

- Antoine Donadieu. - Bravo.

- Il a compris, il dit la vérité. - Il a raison.

À ce jeu, quand on répond de travers, on risque sa peau.

Cet hypocrite a avoué

à Maria qu'il avait donné Hamlet.

- Qu'en penses-tu ? - Pour moi,

- c'est un flic. - Mais non, vous le flattez.

Tout au plus, c'est un indicateur.

Et nous, que fait-on des indicateurs ?

On les fait parler. Et comment ?

Il y a plusieurs méthodes.

Bon, maintenant, on a assez joué.

Vous voulez savoir ce que je suis venu faire.

Pas besoin d'as de cœur, j'abats mes cartes.

Primo, je suis informé

du coup que vous mijotez.

Deuzio, je suis ici

en service commandé

pour vous faciliter les choses.

Croyez-vous que je vais vous prendre au sérieux ?

Ah, sûrement, si.

Je vous ai déjà sauvé la mise avec l'affaire Hamlet.

Si je n'étais pas intervenu, la police aurait débarqué ici

et aurait découvert le pot aux roses.

Que se passera-t-il demain pour Barovsky à la PJ ?

Vous le savez bien, puisque vous écoutez aux portes.

Je trouve que vous avez des relations extrêmement inquiétantes.

Vous avez vu

ce qui est arrivé à ce pauvre Lazare ?

Oui, mais moi, on ne me retrouvera pas avec un haltère autour du cou,

parce que mes relations savent que je suis ici ce soir.

Qui vous emploie, M. Donadieu ?

Oh, M. Matras, vous me décevez.

Vous, me poser une pareille question...

Je veux savoir ce que votre groupe...

Mon groupe et le vôtre sont sur la même longueur d'onde.

Mon "employeur" tient absolument

à ce que votre projet soit mené à bien.

Si vous avez besoin de moi,

appelez le 312-22.

Le 312-22.

Bien,

appelle Barcelone, et toi, cherche l'adresse du 312-22.

Ça sera peut-être intéressant.

Vous avez vraiment envie que je vous tire de leurs griffes ?

Je ne crois pas que ce soit possible.

Depuis mon enfance, je passe d'une griffe à l'autre.

C'est la première fois qu'on me propose de me mettre à l'abri.

- Il faut que je m'habitue. - Vos nerfs lâchent, ma belle.

La partie ne fait que commencer.

- Allô ! - J'écoute.

Ici Saint Antoine, dites à Dieu le Père que je rentre me coucher.

Très en forme. Terminé.

Vous êtes organisé dans votre paradis.

C'est là.

Excusez-moi, dans mon métier, on a toujours des fausses clés.

Je me suis permis aussi de mettre un disque.

J'adore Mozart.

Ce qui vous manque, c'est un whisky.

Sans eau, s'il vous plaît.

Maria ?

Tu lui as montré le micro dans ta chambre ?

Ça l'a mis en confiance, il marche à fond.

Il croit vraiment que je veux vous lâcher.

Il faut absolument qu'il se confesse.

Au moindre écart, tu m'alertes.

Si vous êtes là, c'est que vous me faites confiance.

Je ne fais jamais confiance. Mais je donne leur chance aux hommes.

- La chance de sauver leur peau. - Vous y êtes.

Et comment je vais sauver la mienne ?

En partant pour Barcelone demain.

Eh bien...

Euh... à ma santé.

Oui, à la vôtre.

Que vais-je faire à Barcelone ?

Chercher un homme, pas n'importe qui.

La clé de voûte de toute l'affaire.

Dites donc, c'est une mission de confiance.

Pour un méfiant...

C'est Hamlet qui devait partir.

Sur le moment, j'étais très embêté, mais à la réflexion...

vous êtes beaucoup mieux placé que Hamlet.

Pourquoi ?

Vos relations. Je dois vous dire

que l'homme de Barcelone a des passages de frontières

difficiles. On va voir à quoi servent vos amis.

Vous prenez un gros risque.

- Si je vous trahis... - Je n'ai pas le choix.

On m'attend dimanche au Caire et le professeur

doit être ici la nuit prochaine au plus tard.

Le professeur ?

L'homme de Barcelone, un grand savant.

Qui a du mal à passer les frontières.

Ne cherchez pas

à tout comprendre, M. Donadieu.

J'ai préparé pour votre homme un passeport en règle.

Ce serait dans le cas où un douanier se montrerait un peu curieux.

Si ce n'est que ça...

L'heure et le lieu du départ ?

15 h, cet après-midi, à la villa.

Je ne vous donnerai le feu vert que si mon ami Barovsky

revient de la PJ parfaitement libre...

et en bonne santé.

Je ne crois pas que vous me trahirez.

Je ne vous en laisserai pas le temps.

- Alors, à 15 h. - C'est ça.

Je peux plus le voir. Il me fait l'effet d'un serpent.

Tu vas aller à Barcelone ?

Je vais pas rater ça.

Et si tu m'emmenais ?

Tu demanderas à Matras.

Tu devrais réfléchir, parce que Barcelone...

ça ne va pas être une partie de plaisir.

La partie de plaisir, c'est maintenant.

Je vais te poser une question idiote.

Est-ce que tu m'aimes ?

Peut-être, si ça peut s'appeler comme ça.

Maître, cette affaire est banale et vous pouvez la considérer

- classée en ce qui vous concerne. - Je suis désolé pour cet homme.

Avec un nom pareil, il allait lui arriver des malheurs.

Pas méchant homme.

Victime de ses muscles.

La victime serait plutôt votre valet. Enfin,

il n'avait qu'à pas voler ce portefeuille.

Maître, excusez-moi encore, mais votre déposition était précieuse.

Je dois aller à l'étranger. Pas d'inconvénient ?

Non, partez tranquille, vous ne serez plus importuné.

Merci, M. le commissaire.

Accompagnez M. Barovsky.

Passez-moi le colonel François.

- Mission accomplie. - Vous l'avez vu ?

Oui, je l'ai remercié.

Il est parti tranquille.

Pardon pour cette comédie, Berthier.

- C'était important. - Je vous en prie.

- À charge de revanche. - Entendu.

Encore merci.

On en a fait

parler d'autres.

Hamlet,

ça va te coûter le maximum.

Alors, toujours la même chose ?

Sourd et muet. Ça doit être de naissance.

L'émir Ali Salim, ça ne te dit rien ?

Et Andorre, rien non plus ?

Regardez cette tête de pioche ! Redescendez-le !

Me voilà, innocent comme l'enfant qui vient

de naître !

Mes compliments, M. Donadieu.

Vous partez immédiatement, et avec ça.

Ça va plus vite que votre adorable Chevrolet.

Soyez de retour cette nuit.

Vos patrons sont plus riches que les miens.

Les vôtres sont peut-être des idéalistes.

Vous ne me ferez rien dire, Matras.

Le passeport du professeur, au nom de Pablo Carlos.

Un nom d'emprunt, bien entendu.

Il y a aussi un plan du Parc des Expositions.

Le professeur vous y attend à 21 h, au Pavillon de la Castille.

J'aimerais aller avec lui.

S'il est d'accord, je n'y vois aucun inconvénient.

- Tu crois ? - Oh...

Donnez-moi cette paire-là.

À ton avis ? Hein ?

Ici Z405, signale Alfa Romeo grise,

immatriculée 6302 JY 75.

Lâchez les motards, faites dégager le boulevard.

Alertez les spécialistes du piégeage. Terminé.

Ici Z405, signale Alfa Romeo grise,

immatriculée 6302 JY 75.

Lâchez les motards, faites dégager le boulevard.

Alertez les spécialistes du piégeage. Terminé.

Descendez, Maria.

- Où est l'expert ? - Là.

Passez-moi

- tout ça au peigne fin. - Soyez tranquille.

Vous êtes lié aux forces de l'ordre.

Ah, comme Matras, je me méfie de tout.

Même des belles voitures, même des belles filles.

Je me sers de mes amis, c'est au programme.

- Où allons-nous ? - Faire nos provisions.

Voilà.

Une mitraillette, 3 grenades, 2 revolvers et les balles.

Bon, ça ira.

Voulez-vous signer ?

Voilà.

Vous voulez que je trouve ça normal ?

Quand je fais la guerre, je la fais sérieusement.

Avec Antoine, sa joie de vivre, c'est d'aller à la mort.

En fin de compte, c'est toujours lui qui a raison.

Jusqu'au jour où il se foutra le doigt dans l'œil.

Fayol, ouvrez-lui les frontières. On le suivra de près.

On vient de trouver ça,

planqué sous le tableau de bord, derrière la radio.

Écoutez...

Une sale tumeur. Ça devait péter dans 3 heures.

- Merci. - Pas de quoi.

J'avais raison

de me méfier, non ?

Je crains bien, Maria, que vous n'ayez perdu la confiance

- de vos amis. - Je ne comprends pas.

Vous n'allez plus à Barcelone.

Bien sûr que si.

Dans ces situations, je fonce, et je compte les points après.

Seulement, vous,

vous feriez mieux de rester.

Vous êtes brûlée.

Non, je fais comme vous, je fonce.

Excusez-moi, je reviens.

Si vous aviez vu sa tête...

Pas mal, ma petite bombe, hein ?

Si elle a pigé, elle téléphonera à Matras et vous serez cuit.

Non, elle en a un coup dans l'aile. La preuve, elle continue avec moi.

- Hé, mettez ça au musée. - Entendu.

Je n'aime pas du tout ça, Antoine.

Je vais lui casser les nerfs, elle finira par cracher le morceau.

Quel morceau ? On ne sait rien de ce qu'il mijote.

Sûrement un gros coup.

Si c'est l'attaque de la Banque de France,

il faudra laisser ça à Berthier, vous aurez perdu votre temps.

- Pas tellement. - Je vous rappelle que vous êtes du SR.

Le SR ne s'occupe que de l'émir Ali Salim.

Vous vous rappelez ? Il arrive dans 3 jours.

Si l'émir est assassiné, je saute et le gouvernement avec.

Et si j'apprends à Barcelone que ces messieurs s'occupent de l'émir,

- vous me donnez quoi ? - Peut-être une croix,

pas celle à laquelle vous pensez.

Ça m'ennuierait d'enlever votre fiche de mes classeurs.

- Au revoir, colonel. - Bon voyage, cinglé.

Je ne comprends rien à cette bombe.

C'est clair. Elle devait péter dans 3 heures.

Et nous deux... adiós !

Matras n'avait aucune raison de vous tuer avant notre retour.

Matras a trouvé un autre moyen d'importer le professeur.

Admettons, mais pourquoi me tuer, moi ?

Peut-être parce que vous avez cessé de lui être utile.

Matras a été mon amant. Il m'aime encore.

Il a peut-être voulu me tuer par jalousie.

Dites-moi, vous me prenez pour un imbécile ?

- Quoi ? - Écoutez, depuis le début,

vous me faites rigoler avec votre numéro de vamp

neurasthénique très au point, mais je n'ai jamais été acheteur.

Le micro dans votre chambre...

Ah, fallait pas !

Une fille enfoncée jusqu'au cou dans une organisation

comme la vôtre ne vire pas de bord, et des micros,

moi aussi, j'en ai,

plein ma taille.

Alors l'aparté avec Matras cette nuit : "Il marche.

"Il marche à fond." "Continue, il faut qu'il se confesse."

Ah non...

Ah non !

Le coup des larmes, vous me l'avez fait.

Quand allez-vous

- arrêter ? - Tout de suite.

- Je vous laisse. - Ah non.

Nous, vous avez voulu me suivre, vous êtes du voyage jusqu'au bout.

Aller-retour, s'il y a un retour.

Maintenant, je sais : c'est vous qui avez mis la bombe.

Ah oui ? Et pourquoi ?

Pour me faire basculer dans vos bras.

Ça, ma chérie,

- c'est déjà fait. - Je veux dire basculer dans votre camp.

J'ignore pour qui vous travaillez,

police, renseignements, DST, mais sûrement à notre perte.

- Le plein, s'il vous plaît. - Je reviens.

Où est le téléphone ?

Dans le bureau.

- Là ? - Oui, mais faut pas être pressé.

Si ma femme laisse un mot pour que vous appeliez quelqu'un...

- Oui ? - Vous le mettez au panier.

- On est en pétard. - Toutes les mêmes.

Arrêtez, Antoine.

Par là, c'est Valence, et après, c'est l'Andalousie.

On a encore le temps de choisir.

Désolé, Maria, vous êtes entrée dans un jeu

sans pitié.

Quand on a rendez-vous à Barcelone, on ne peut aller à Valence.

Je ne sais pas ce qui nous attend, mais ce qui est certain,

c'est qu'on ne peut pas reculer.

Vous n'avez donc pas de nerfs ?

Si.

Mais 21 h, c'est 21 h.

Il est tout prêt.

Prenez-le vivant !

Mes compliments...

Dépêchez-vous.

Montez devant. Couche-toi !

Monte.

Terminé !

Qu'est-ce qu'il nous a mis !

Quel coup, quelle carrure !

Ils ont commencé à me fouiller et c'est là que vous êtes arrivé.

Qui sont ces gars ? Vous avez une idée ?

Aucune.

Désastreuse organisation.

Et à Hollywood, c'est la même chienlit ?

Mon appareil est arrivé au blockhaus ?

M. Donadieu ne fait pas partie de l'organisation, c'est un convoyeur.

Ah, mais c'est parfait ! Un amateur !

Français, avec ça !

Ah, Maria, si vous aviez connu la belle époque...

On était plus sérieux.

Le professeur m'a raconté quelque chose d'incroyable.

Tenez, ce que le professeur ne vous a pas dit,

c'est que j'ai trouvé une bombe dans l'Alfa Romeo.

Ça fait beaucoup.

C'est vrai, Maria, cette histoire de bombe ?

C'est exact.

Il n'y a qu'une explication : quelqu'un

ici trahit.

Cher M. Donadieu, nos relations touchent à leur fin.

Vous avez été parfaitement correct.

Même très sportif, il paraît.

La furia française.

La situation est trop dangereuse.

Nous allons déménager et rompre tout lien avec l'extérieur.

Et comme je suis l'extérieur...

messieurs, je vous souhaite un plein succès.

Vous m'accompagnez ?

Très bien, Matras. J'ai horreur des amateurs.

On approche du jour J, ça va devenir très dangereux.

Si vous êtes en difficulté, appelez le 110-10. C'est facile.

110-10.

J'ai pourtant terriblement envie de t'oublier.

Maria !

Méfiez-vous du fond de l'air !

Vous devriez rentrer !

Vous venez, professeur ?

On l'a échappé belle.

Quand je vous disais qu'il fallait se méfier du fond de l'air...

Une seule personne savait où avait lieu le rendez-vous : vous.

C'est vous qui m'avez amené l'Alfa.

- Je n'ai pas mis la bombe ! - Vous étiez en contact avec la police !

Matras, je n'ai rien dit à la police et je n'ai pas mis la bombe !

Je n'ai rien dit à la police !

Je vous...

Merci.

Enfin, on redevient sérieux.

J'ai toujours pensé que c'était un artiste décadent.

Résumons-nous, Antoine.

Vous me demandez d'organiser une corrida au Pavillon.

Je dérange le SR espagnol,

ils me mettent 6 hommes en java. Et vous ?

Qu'est-ce que vous faites ? Vous les assommez.

Avant que je puisse leur demander un service...

Et tout ce beau travail pour quoi ?

Comment, pour quoi ? Notre mise en scène a réussi.

La bande est déboussolée, Maria est affolée,

et Matras voit des traîtres partout.

Et j'ai appris une chose énorme, non ?

Le professeur a expédié à la villa un appareil.

- C'est du renseignement. - Ça avance à quoi ?

Matras va lever le camp.

Entrez.

- Alors ? - Je suis arrivé trop tard.

Villa bouclée, plus de Mercedes.

Voilà, grâce à votre cirque,

les oiseaux se sont envolés.

Qu'est-ce que ça vous fout ?

Vous croyiez à une attaque de la Banque de France.

Non, mes oignons, c'est l'émir.

Et l'émir voyage dans 2 jours.

Tout ce qui traîne de suspect, maintenant, je le colle au gnouf.

Allez, Fayol, prenez-moi ça en main.

Le grand jeu, barrages sur toutes les routes.

Il faut retrouver la Mercedes.

Bien, mon colonel.

Voulez-vous mon avis ?

Ils ont monté un gros truc, ils vont rester dans le coin.

- Je pourrais aller faire un tour... - Non, Antoine.

Vous n'irez rien voir.

Vous êtes mort, et les morts, ça se repose.

Cette affaire n'est plus la vôtre, c'est la mienne.

À vos ordres, mon colonel.

Allez, allez... Allez !

- C'est la Mercedes. - Allez-y.

Mais non,

mademoiselle, je voudrais le 110-10.

2 fois 5, oui.

Mets ton masque.

Matras !

Ce tunnel, vous en êtes certaine ?

Oui, j'en viens.

Pourquoi veulent-ils tuer l'émir ?

Pour amener son frère au pouvoir. Il leur a promis un centre nucléaire.

Avec leurs armes nucléaires, ils veulent mettre

- la main sur l'Afrique. - Un centre nucléaire ?

Asseyez-vous.

Le vrai patron n'est pas Matras, c'est le professeur Heinrich Vogner.

- Nom de Dieu... - Ça fait 20 ans que vous le cherchez.

Mon colonel, on vient de retrouver

la Mercedes en petits morceaux.

Plus un cadavre, le peintre Barovsky.

Que voulez-vous que ça me fasse ?

Heinrich Vogner. Ah, ça alors...

Et son appareil ?

Une arme nouvelle.

Le rayon lumineux de cet appareil ne laisse aucune chance.

Le train de l'émir va être pulvérisé.

Ils resteront dans le tunnel jusqu'à l'heure H ?

Obligatoirement. Ils sont installés dans une grotte,

- au milieu du tunnel. - Une dernière question.

Pourquoi êtes-vous passée dans notre camp ?

J'ai découvert qu'Antoine Donadieu était toujours en vie.

- Vous êtes amoureuse ? - Non, elle est prudente.

Elle est là parce qu'elle a trouvé ma voiture près du tunnel,

elle a compris que Matras avait perdu la partie.

On ne saura jamais si elle est venue par amour ou instinct de conservation.

Ce qui est certain, c'est que l'émir ne sera pas assassiné.

Moi, ce que je veux, c'est le professeur et son engin.

Il faut que Maria m'aide.

Écoute-moi, tu as peut-être aimé Matras.

Mais tu n'as

jamais réfléchi à ce qui arriverait si lui et ses amis gagnaient.

Si, la violence, la mort de milliers d'hommes.

Si je t'aide, ne le tue pas.

On ne le dira pas au colonel.

Merci, Antoine.

Le dispositif est en place. À vous de jouer, Antoine.

Bien, mon colonel. Nous quittons la voiture.

Allons-y.

- Tu me fais confiance ? - Non.

Mais j'ai peur pour toi.

Interdiction de pénétrer avant la fusée blanche.

- Si ça gueule ? - On laisse gueuler.

- Donadieu risque de se faire tuer. - Oui, il risque.

Allez, Fayol.

Matras !

Matras !

Matras !

C'est Maria, viens me chercher !

- Je ne peux pas descendre ! - Pourquoi

- n'es-tu pas partie ? - Je n'ai pas pu !

Va-t'en, je monte !

Tiens, prends ça.

Tu as voulu qu'il ait la vie sauve.

Mais ne le rate pas.

Matras !

Matras !

Matras !

Attendez la fusée, je monte.

Matras s'est avancé vers elle et elle n'a pas tiré.

Il a pris le revolver et a tiré.

- Elle est... - Non.

Tout droit, c'est Valence...

Et après, c'est l'Andalousie...

On a encore le temps de choisir, Antoine.

Oui, Maria. On a encore le temps.

On ira à Valence. C'est juré.

Faudra quand même attendre 5 ans avant de l'emmener à Valence.

Elle va pas en prendre pour 5 ans, vous allez arranger ça.

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