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LE SEXE FOU
Domenico, c'est du thé ou du café ?
Du café, madame.
N'avais-je pas dit "thé” ?
Non, vous aviez dit "café".
♪ avais dit "thé". Il faudrait s'entendre.
Très bien, madame.
Elle est coincée, madame.
Le café de madame refroidit.
Puis-je servir madame ?
C'est du vrai café torréfié du Brésil.
Que faites-vous ? A quoi pensez-vous ?
À ma maman, madame.
Ce n'est pas le moment.
Pardon. J'y pense sans cesse, malheureusement.
Veuillez m'excuser.
Je suis d'une impardonnable étourderie.
À quelle heure pars-tu ce soir, chéri ?
À 20 h. Espérons que ça se dégage.
- S'il y a un orage comme cette nuit… - il y a eu un orage ?
Épouvantable. Tu n'as rien entendu ?
Je n'ai rien entendu.
Comment est-ce possible ?
Les coups de tonnerre auraient réveillé un mort.
À cause de mon traitement, j'ai du mal à me réveiller le matin.
Attention, Domenico, plus de dégâts.
Ne pensez pas à votre mère.
Madame a appelé ?
Oui, Domenico, réveillez-moi à 5 h.
Je conduis mon mari à l'aéroport.
Très bien, madame.
Madame, il est 5 h.
Madame, il est 5 h.
Madame !
I est5h.
Il dit m'avoir réveillée à 5 h. ♪ ai dormi jusqu'à 6 h.
Il a oublié de me réveiller.
Ça m'étonne pour un garçon si sérieux, si prévenant…
Mais indiscret. Il a perpétuellement les yeux sur moi.
Les valets sont amoureux de leur patronne.
Et le précédent ?
Il ne s'intéressait pas à toi car il s'intéressait à moi.
D'ailleurs, il volait mes bas de soie.
C'était son point faible.
Coca-Cola : 21000.
General Motors : 26400.
Hatu : 32000. Kawasaki : 36200.
Montedison : 20. Ford : 48000.
Alfasud : 3 Merde !
Franc : plus 15. Lire…
"Berne : Un travailleur italien assassine de 32"
"32 coups de couteau l'amant de sa femme."
- il a bien fait. - Ça suffit.
Bonsoir.
Bonsoir.
- Disposez. - J'y vais.
Oui, madame.
Arrosez les fleurs avant de vous coucher.
Très bien, madame.
Réveillez-moi demain matin à 8 h. Bonne nuit.
À 8 heures précises.
Madame, il est 8 h.
Le thé est servi.
Madame ! Il est 8 h.
Excusez-moi.
Excusez la…
la liberté que je prends, mais il est 8 h.
Soyez tranquille, je ne salirai pas les draps.
Vous m'entendez, madame ?
Quels nichons ! Il est 8 h, madame.
Qu'est-ce que tu me plais !
T'as pas honte ? Pute, salope ! Patronne adorée.
Laisse-moi te regarder.
Quelle belle chatte ! Et toi, le cocu, ne regarde pas.
Pardon, madame, mais il est 8 h.
Moi, je…
Madame, j'ose un petit peu plus.
Que madame m'excuse. il est 8 h, mais…
Ne vous réveillez pas, s'il vous plaît.
Ça n'a pas traîné.
Madame, il est 8 h.
Bonjour, madame. Vous avez bien dormi ?
Quelle heure est-il, Domenico ?
8 h et quelques petites minutes, madame.
Le petit-déjeuner, madame.
Merci, Domenico.
Quand vous m'avez réveillée, je venais de m'endormir.
Je n'ai pas fermé l'œil.
♪ en suis désolé.
Je ferais bien une sieste.
- Réveillez-moi à 11 . - Entendu.
Où allez-vous donc ?
Vous avez raison, madame.
Voyons, Domenico, faites attention !
Que m'avez-vous apporté ? ♪ avais dit "du thé".
Domenico, mais où êtes-vous passé ?
DEUX CŒURS ET UNE BICOQUE
On la vendra jamais, cette putain de bagnole de merde !
Papa !
Tu m'espionnes ou quoi ? Ça ne se fait pas, tu sais…
- Qu'a fait maman aujourd'hui ? - Rien.
Quelqu'un est venu en mon absence ?
Pourquoi ? Qui devait venir ?
- C'est moi qui pose les questions. - Non, personne.
Très bien.
Viens, allons-y.
Ne fais pas de bruit.
Bouge pas !
Vas-y, Capido.
Tu l'appelleras jamais, ce menuisier.
Guerre, ça prend qu'un seul "R". Ignorant !
Elle fait la bouffe au dernier moment.
Tu fous quoi toute la journée ?
Tu vas nous foutre le feu avec ta pipe.
Entre la manucure, la canasta et le thé,
le temps passe sans qu'on s'en aperçoive.
Tu cherches la bagarre ?
Oui, j'ai envie de me disputer.
Y avait du rouge à lèvres sur ta chemise et j'ai rien dit.
Quelle chemise ?
La rouge.
Les femmes mettent plus de rouge.
C'est une vieille tache.
Quelle blague ! Toujours la même histoire.
Quand tu me caches quelque chose, tu me provoques,
pour noyer le poisson.
T'as mis ta robe neuve. Où t'es allée ? Malheureuse !
♪ ai été acheter du sirop pour Claudio qui tousse. Tu comprends ?
Arrête tes conneries.
Pourquoi tu y as été ? T'aurais pu envoyer Capido.
Si j'y vais pas, on lui donnera pas sans payer.
À toi, le pharmacien te le donne parce que tu lui fais du plat.
Tu peux crever !
C'est à qui, ce journal ?
Allez, dehors ! Dehors, les mômes !
Allez, magnez-vous !
À qui c'est ? Avoue ! C'est quoi ?
♪ en sais rien. À toi.
C'est ça, je lis les cours de la bourse. Avoue, qui a laissé ça ici ?
Agnelli passait par là et m'a demandé si j'avais un lit de libre.
Fais de l'esprit ! Si c'est pas Agnelli, c'est un autre.
Quand je suis pas là, il y a quelqu'un d'autre qui vient.
Je te préviens, le jour où j'ai la preuve,
je te massacre de mes propres mains, grosse salope !
C'est toi, le salaud qui va faire le joli cœur
avec les bourgeoises.
Connard !
La conne, c'est toi et ta mémé qui fume la pipe.
Je vais te tuer !
Je vais te tuer !
C'est moi qui vais te tuer, fils de pute !
Non ! Pas ça ! Donne-moi cette bouteille.
Je sais que t'as caché une photo dans ta chaussure.
Parce qu'il y avait un trou dans la semelle.
Tu m'as collé de ces beignes ! Je suis encore toute flagada.
Tu fais encore caca, chéri ?
Celeste, elle partira, la tache de vin ?
Je me suis tout dégueulassé.
Je suis contente. Un homme, un vrai doit cogner.
Cogner, moi, je demande pas mieux.
Dors, mon amour.
- Allons nous pieuter. - J'arrive.
S'il fait beau, dimanche…
Dix, onze… Allez, dors, toi.
Douze, treize…
- Quatorze… - Viens, j'ai une surprise pour toi.
Je la connais ta surprise.
Mais doucement sinon les enfants nous entendent.
Approche-toi, ma belle.
Dis-moi voir. T'es à qui, toi ?
Je suis toute à toi, mon Cesaretto. Faisons pas de bruit.
- Dis-moi quelque chose. - Non, on entend.
Fais semblant de parler d'autre chose.
Tu veux manger quoi demain ?
Fais-moi des aubergines.
Je te ferai de la morue.
Je la digère pas.
Si je te faisais des pois chiches ?
Non, pas les pois chiches. Ça me fait péter.
La ratatouille, c'est plus léger.
Avec des brocolis, mon amour.
C'est mieux avec des brocolis.
À la poêle.
Oui, sautés à la poêle avec de l'ail.
Oui, je te les ferai avec de l'ail et des piments.
Ajoute aussi un peu de sauge.
Oui, de la sauge !
De la sauge !
Tu as dit quelque chose, mon amour ?
IL N'EST JAMAIS TROP TARD
Qu'on ne me dérange pas pendant quelques minutes.
Très bien, maître.
Bonjour, petit moineau.
Mon amour, c'est moi.
Cette plaisanterie devient absurde et grossière.
Tu es encore plus belle en colère.
Je pourrais me fâcher pour de bon et avertir la police.
Je sais que tu ne le feras pas, petit moineau.
Aucune femme n'est insensible à un amour si sincère.
Voilà qui je suis.
Un homme amoureux qui voudrait te serrer fort dans ses bras.
Ce doit être un fou furieux.
Un fou ou un vieux cochon.
Enrico.
Je n'ai pas sommeil.
Lis quelque chose.
C'est le dernier numéro, ma chérie.
Où vas-tu ?
♪ ai très soif. Je reviens de suite.
Bois vite…
6,4…
Chérie, je voulais juste te souhaiter bonne nuit.
Non, ne te fâche pas, ne me dis pas de vilaines choses.
Je ne suis pas fou mais amoureux de toi.
Je n'arrive pas à dormir sans te dire que je t'aime.
Je t'aime.
Je t'aime.
Coucou, mon petit moineau à moi tout seul.
Oh non…
Ces fenêtres sont toujours ouvertes, Valeria.
Malade !
Mais que veut-il de moi, ce fou ?
Que veut-il enfin ?
Il n'y a aucun doute enfin…
Quand tu penses qu'il a sur lui la photo de Golda Meir…
Pour lui, une femme devient désirable à 70 ans.
Gérontopide, gérontologue… Un truc dans ce goût-là.
- Je t'ai fait attendre, Carlo ? - Oui, mais je suis pas Carlo.
- Laissez-moi entrer. - Non, allez-vous-en !
Laissez-moi, je suis une pauvre vieille.
Tu es merveilleuse. N'aie crainte.
Je ne te convoite pas, je t'aime.
Que voulez-vous de moi ? Je pourrais être votre grand-mère.
Un baiser. Je ne cesse de rêver à tes lèvres de feu.
Vous embrasser ? Sans lien de parenté ?
- Pourquoi me tutoyez-vous ? - Parce que je te désire.
Ne me fuis pas. Tu dois être à moi. Toute à moi.
Ce sera beau. Ne me regarde pas avec ces yeux
de gazelle blessée, pauvre petit moineau.
Mon petit moineau à moi.
Regarde, je t'ai apporté des marrons glacés.
Comment sais-tu que je les aime ?
Je sais tout de toi, Esperia.
C'est une liqueur que j'ai faite de mes mains.
Raisins, fraises et cerises.
C'est une liqueur sans alcool, une recette de maman.
Promets-moi de bien te tenir
et de ne pas me toucher, même du doigt.
Promis.
À notre amour !
Quels yeux de diablotin tu as !
Mon petit piaf chéri.
Petit moineau, dis-moi la vérité…
C'était quand, la dernière fois ?
La seule fois ! Durant la guerre.
En 1940 ?
Non, en 1915.
C'était un capitaine autrichien.
Tu l'aimais ?
À la folie.
Il avait déserté pour moi.
Alors ils l'ont fusillé. Pan, pan, pan !
C'est affreux.
Esperia, tu l'aimes encore ?
Non, maintenant c'est toi que j'aime, Enrico.
Oh, Enrico !
Oh, Enrico…
Tu as compris, Valeria ?
- Enrico ! - Esperia !
Mais que fais-tu ici ?
Et toi, plutôt, que fais-tu là ?
Moi… je suis passé te voir.
Le matin, je ne suis jamais là et tu le sais très bien.
Comme je passais par là, je pensais…
Tu pensais…
Sois sincère et dis la vérité.
Tu es venu car tu savais que Valeria était seule.
Tu plaisantes, c'est encore une enfant.
Très bien. Mais à partir de demain,
Valeria fera les courses avec moi.
Corinne !
Comment ça va ?
Je te trouve en grande forme.
Oh, j'ai oublié de prendre de l'argent.
Attends-moi ici.
Que c'est bon !
Maman !
VOYAGE DE NOCES
On bouge plus !
Une autre.
On bouge plus !
Une autre !
Voilà, c'est bon.
Vive les mariés !
Je peux embrasser la mariée ?
Cette mariée-là est à Moi.
Grazia ! Où que t'étais passée ?
- Lello, je suis là ! - Tu m'as fait peur.
Vive la mariée !
On se retrouve à table.
- Oui, maman. - Poussez, elle démarre pas.
Allez, du nerf !
- Mets la troisième. - Allez, poussez !
Une autre bouteille ! On va y faire un sort
en portant un toast à Grazia et Lello ! Vive les mariés !
Les mariés !
Embrassez-vous.
Giovanna, on guinche ?
Tiens.
- Voilà ! - Pour moi aussi.
À toi !
Sous l'oreiller, tu te maries dans l'année.
Avec qui ? T'as pris le meilleur.
Merci.
Quel cul ! Si tu venais avec nous en voyage de noces ?
Tu viens de te marier et tu dragues déjà. Cochon !
Je rends juste hommage à la beauté.
Toi, t'en as de belles choses.
T'aurais pu me dire tout ça avant de te marier.
Espèce de démon. Tiens-toi bien.
Ne te fatigue pas trop sinon ce soir, t'auras plus de souffle.
Je plains Grazia. Avec un mari comme ça, elle va porter des cornes.
Le prêtre guinche avec la vieille.
Danse, salope, et va en enfer.
Grazia, il est tard.
Le train part dans une heure. Tu dois te changer.
Voilà mon épouse, ma belle épouse !
C'est moi qui la déshabillerai.
La mariée se déshabillera seule.
♪ ai rien dit, mon trésor.
Je te préfère à ta fille.
Menteur !
À Venise, va à l'hôtel Adriatico où on est allés en voyage de noces.
♪ ai compris. L'hôtel Adriatico. Je suis pas idiot !
Viens, Grazia !
Chambre 35, n'oublie pas.
Ne l'écoute pas, c'était la chambre 28, pas la 35.
Et souviens-toi de tout ce que ta mère t'a dit.
L'homme est un porc, même ton père.
D'accord. J'arrive !
Au revoir, papa.
Ne fais pas de mal à ma petite fille.
Soyez tranquille, la belle-mère. ♪ irai tout en douceur.
- Au revoir. Écris ! Chambre 35. - Chambre 28.
Tu peux pas me refuser ça. Je suis ton mari.
Non, le sang me monte à la tête.
Pas dans le train quand même ! Tu es fou !
Il y a pas écrit "Interdit de baiser".
Asseyons-nous là, c'est libre.
On est mariés depuis quelques heures.
Il faudrait les prévenir qu'on est sortis du tunnel.
Comme tu es beau ! Je ne me lasse pas de te regarder.
C'est pas moi qu'il faut regarder. Venise est si belle.
Je me fiche de Venise. Je te regarde.
Si tu me regardes comme ça, tu vas réveiller la bête.
La bête se réveille.
- Ne sois pas si terre à terre. - On s'en fout !
Moi aussi, j'ai envie, mais…
On sera bientôt à l'hôtel. Calme-toi !
Sois sage.
Un peu de patience, quand même.
Grazia, qu'est-ce que tu fiches ? Allez, viens.
♪ arrive !
- Elle te plaît ? - Tu es du tonnerre.
C'est moi qui l'ai brodée. Ça m'a pris six mois.
Tu dors sans pyjama ?
♪ aime dormir comme maman m'a fait.
Qu'est-ce que t'attends ? Viens ici.
Oh, Lello…
Tu me jugeras mal si je te dis que j'ai rêvé de ce moment ?
Pourquoi donc ?
Pour les amoureux, l'amour physique est naturel.
♪ ai même pas peur de perdre au Quitte ou Double.
Je te veux toute nue. Enlève ta chemise de nuit et ta chaîne.
- J'ai honte. - Alors, garde ta chaîne mais magne-toi.
Allez !
Alors, éteins la lumière.
Bon.
Ce que t'es belle ! On dirait…
la Vénus de Botticelli.
Dépêche-toi, Grazia. Vite !
Fais vite que je tiens plus. Allez, viens là.
T'as gardé ta culotte ? Ta mère t'a pas dit de l'enlever ?
Je vais l'enlever.
Ne me fais pas mal, Lello.
Quel mal tu veux que je te fasse ?
Je veux te faire l'amour 4 fois ce soir.
Laisse-toi aller. Pense à Saint Pétrone.
Je vais te prendre quatre fois. Et même cing fois.
Vas-y, Lello, vas-y !
Lello… Lello… Lello…
Lello ?
Lello ! Qu'est-ce que tu as ?
Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Non, Grazia, écoute…
Pas ce soir. Je me sens pas très bien.
Mais ça t'a pris comme ça ?
Eh oui, comme ça, sans prévenir.
Ça doit être les araignées de mer, t'en as mangé 4.
Oui, ça doit être les maudites araignées de mer de ce soir.
Qu'est-ce que tu fais ? Éteins cette foutue lumière !
Bon Dieu de bon Dieu !
Tu veux dormir ?
Oui. Il vaudrait peut-être mieux que…
que je pique un petit roupillon.
Rien de grave. Tu verras que ça me passera vite.
Ne t'en fais pas, Grazia.
Aujourd'hui, je me sens en pleine forme.
Tant mieux. J'ai eu peur hier.
Je te comprends. Qu'est-ce que tu as dû penser ?
Tu as dû te dire : "Quel genre de mec j'ai épousé ?"
- C'est vrai. - Alors que c'était rien.
Maintenant que j'ai bien dormi, j'ai récupéré.
Tu en es bien sûr ?
Vérifie toi-même si t'as pas confiance.
- Gondolier, vite, à l'hôtel Adriatico. - Bon.
À toute vitesse !
À toute allure ! Plus vite !
Bravo, Lello !
Allez, Lello !
Grazia…
♪ ai bien peur qu'il n'y ait rien à faire… Je suis désolé.
- Moi aussi. - Ah bon ?
Bravo, Lello…
Ça dépend de quoi ?
C'est à lui qu'il faut demander ça ! À Popaul.
Ça t'est déjà arrivé ?
Ben… non. Oui, en fait…
Quelquefois, oui.
Presque toujours.
Dis, tu dois me jurer que tu le diras à personne.
Tu te soucies des autres. Et à Moi, tu y penses ?
Bien sûr que je pense à toi.
Évidemment que j'y pense. Mais ça, c'est passager, ça passera.
Espérons-le.
Ça t'arrive presque toujours ?
- Oui. - Mais alors, quelquefois…
Une fois, à Rimini,
avec une Allemande. On était en bateau.
La mer était si agitée qu'on a failli tomber à l'eau.
Cette fois-là, j'y étais même arrivé deux fois.
Pas vrai, Popaul ?
Grazia.
Tu m'aimes encore ?
Bien sûr que je t'aime.
Après tout, tu es mon mari.
Mon homme.
Grazia.
Tu as dit "homme" avec ironie.
Venez mesdames. 5000 lires ! Profitez-en. Demain, je serai plus là.
Je vous vends le pantalon. À vous d'y enfiler vos charmes.
Si le petit cul est bien moulé, il est mis en valeur.
Ça m'ira, cette taille ?
Mon chou, avec tout ce que tu as,
il te faut une taille au-dessus, un 46.
- Par ici ! - Et ce voyage de noces ”?
- On a fait de notre mieux. - Et la mariée ?
Elle récupère, tant les étreintes ont été passionnées.
- T'es fou. - Merci.
Par ici, mesdames. Profitez-en. Demain, je serai plus là.
Bonjour, vous désirez ?
Un vacherin.
- Petit ou grand ? - Pour moi et Lello.
La famille s'agrandira bientôt.
Je me suis mariée pour ça.
Bonne chance.
- Bonjour, Giovanna. Bonjour, Marta. - Bonjour, Grazia.
Assieds-toi.
Un instant en attendant la commande.
Tu as bonne mine. Tu es déjà enceinte ?
Je sais pas. Peut-être.
Au fond, je crois que oui.
T'es vernie. Moi, j'ai peur de tomber enceinte.
Alors, marie-toi.
Vous vous décidez avec Vittorio ?
Va savoir. Vittorio est pas comme Lello.
Là-dessus, Lello m'a toujours respectée.
Avant le mariage ?
Bien sûr. Parce qu'après…
Ça fait quoi de coucher avec un homme ?
C'est vrai que parfois il te réveille la nuit pour…
Ça peut arriver. Il est tard, je vous laisse.
- Salut, Grazia. - Salut.
- Voilà. - Merci, Camillo, marquez-le.
Très bien, merci.
Lello !
- Tu te souviens de l'Allemande ? - Laquelle ?
Avec qui tu as fait l'amour en bateau.
On devait plus en parler.
Parlons-en. C'est important.
Très bien.
- Alors, parlons-en. - Avec qui d'autre tu as fait l'amour ?
- Pourquoi remuer ça ? - Réponds-moi, c'est important.
- Avec la femme de mon cousin. - Salaud ! Et t'as fait ça où ?
Comment me souvenir ? Ah oui, dans un camion.
Le mari conduisait et nous, derrière, on s'amusait.
Lello, tu es bête, j'ai tout compris.
En voyage de noces, tu étais très excité dans le train et sur le bateau.
Au lit, plus personne.
- Si l'on veut… - Comment ça ? Au lit, que dalle !
Si tu le dis… Rien.
Sur la gondole, tu tenais plus et on est rentrés à l'hôtel pour rien.
Bref, tu n'arrives à faire l'amour
qu'en bateau ou dans un camion. Qu'est-ce que tu en déduis ?
Que 2 fois en 30 ans, c'est pas bézef.
Non ! Tu ne peux faire l'amour que dans un moyen de transport.
Ça n'a rien à voir.
Le train et la voiture sont des stimulants sexuels.
Ils sont aphrodisiaques.
Tu divagues ! Faudrait aller faire l'amour
en bateau ou en avion. T'es folle !
Tu lis trop de romans de science-fiction.
Laisse-moi dormir, va.
- Viens, Lello. - Non !
Je suis en pyjama.
Où est-ce que tu m'emmènes ?
- Faisons l'amour dans l'ascenseur. - Que vont dire les copropriétaires ?
L'amour dans l'ascenseur, c'est pas normal.
♪ ai honte de faire ça là-dedans.
Tu as peut-être raison. Appuie sur le bouton.
Il s'est arrêté. Appuie !
Appuie !
Ça marche ! Tu avais raison.
C'est ça, appuie sur le 7e.
- C'était quoi, ce bruit ? - La chaudière.
C'est l'alarme de l'administrateur.
Il y a quelqu'un dans l'ascenseur !
On a assassiné quelqu'un. Réveillez le général.
Appelez la police !
REVIENS, MA POULETTE
Blondinet, tu me veux ?
Non, la fille rousse, s'il vous plaît.
Cheveux roux.
Tamara.
- 5 en bagnole, 10 à la maison. - Vous viendriez chez moi ?
- C'est 10 quand même. - Même 20 si vous faites ce que je dis.
Sainte Vierge ! Qui est-ce ?
C'est rien. C'est juste ma femme.
- On est trois ? - Non, c'est une poupée
grandeur nature. Je l'ai achetée
quand Rosetta m'a quitté. ♪ ai reproduit ses traits,
je lui ai mis son peignoir, ses dessous…
Le soir, je lui parle et je me sens moins seul.
Venez, je vous fais visiter l'appartement.
Pourquoi ta femme t'a quitté ?
En vérité, elle m'aurait jamais quitté.
C'est lui qui l'y a obligée.
Il lui disait toujours : "Choisis, c'est moi ou lui."
Elle m'aurait choisi, mais comme il la menaçait…
Je suis désolée pour toi.
Ce sont les aléas de la vie, mademoiselle.
- Ça va comme ça ? - Bien sûr que ça va.
T'es un obsédé sexuel ?
Vous avez envie de plaisanter.
Le psy m'a dit que j'étais tout à fait normal.
Je me suis même inscrit au Quitte ou Double.
Tirez un peu vos cheveux en arrière.
Comme elle les coiffait.
Une queue de cheval, si vous voulez.
Que fais-tu ?
Descendez, n'ayez pas peur.
Nous avons fait un mariage d'amour, voyez-vous.
Je l'ai rencontrée à Asti sur une piste de patinage à roulette.
♪ étais un excellent patineur.
C'était mon hobby. Je faisais même des figures.
♪ avais un bon travail à la mairie. Archiviste.
Elle me reprochait de pas gagner assez, d'être un raté.
Elle le faisait pour mon bien, dans mon intérêt.
Ça te va les cheveux comme ça ?
Oui, très bien, ils sont aussi roux que les siens.
Sauf que Rosetta était plus petite, plus grassouillette…
Dommage que vous ne soyez pas grassouillette.
Attendez, attendez…
Essayez ça.
Laissez-moi regarder.
Excusez-moi.
Oui, oui…
Elle te ressemble. Rosetta était peut-être plus mignonne.
Bon, qu'est-ce que je dois faire ?
Vous arrivez, vous sonnez à la porte
et vous me lisez le papier.
Le papier, je sais plus où je l'ai mis.
Il est là.
Son sac à main.
Carnaval de Monte-Carlo, son parfum favori.
- Ça pue ! - Enivrant…
Giansiro, Rosetta t'aime !
- C'est quoi ? - Rien.
Un mainate religieux, un merle indien.
Que dois-tu dire à ton Giansiro ?
Rosetta t'aime.
C'est moi qui lui ai appris ça.
Rosetta t'aime.
Bien sûr.
Elle reviendra, tu verras. On sera à nouveau tous les trois.
Heureux comme autrefois. Pour toujours.
Tu as entendu ? On a sonné à la porte.
C'est peut-être elle. Tu verras, c'est elle.
Rosetta t'aime.
C'est elle. Je sens que c'est elle.
Nilla Pizzi.
Notre chanson, Rosetta.
- Qui est-ce ? - C'est Rosetta.
Giansiro !
Tu es revenue, n'est-ce pas ?
- Oui. - Tu es revenue pour de bon ?
Oui. Tu pourras me pardonner ?
♪ avais la nostalgie de toi.
♪ avais la nostalgie de toi.
♪ avais la nostalgie de toi,
de notre maison, de notre intimité,
de notre vie si modeste et si sereine…
Je t'ai toujours attendue, mon trésor.
Tu n'as jamais manqué de roulés à la crème.
Ceux que tu aimais tant.
Cette fois-ci, ils ne sont pas aigres.
Un peu quand même.
Non, tu dois répondre "non”" ! Tu les trouvais toujours aigres.
Parfois, tu me les jetais même à la figure.
Ils sont excellents. On dirait qu'ils sortent du four.
Je suis content.
Content, Rosetta.
Tu reconnais ta chambre ? Je l'ai laissée telle quelle.
Ton parfum flotte encore, celui de ta présence.
Je suis si lasse, je voudrais me coucher.
Bien sûr, Rosetta, tout de suite.
Je peux me coucher avec toi ou…
dois-je dormir sur le divan ?
Non, mon amour, le lit est grand et on y est bien, même à deux.
Merci, je serai sage, très sage.
Je ne te toucherai même pas du doigt, je te le jure.
Mais moi, je veux être touchée
et serrée très fort. C'est pour ça que je suis revenue.
C'est vrai ?
Bien sûr. Je t'aime tant.
Je ne ressens plus rien pour lui. Il est grand et fort.
- Mais n'a pas ta finesse. - Il est plus jeune.
Et alors ? Toi, tu as le charme de l'homme mûr.
Viens, viens…
Rosettita, dis-moi que je suis le seul homme de ta vie.
Dis-moi que tu m'aimes.
Je t'aime, Giansiro, je t'aime.
10000,
20000,
et un billet de 1000 en plus.
- Merci. - C'était bien, non ?
Quand j'aurai ma paie, on remettra ça.
On remettra ça.
- Vous êtes là quand ? - Tous les soirs.
- Au revoir. - Mes respects.
Mademoiselle Tamara.
Je peux vous demander une faveur ?
Ce que tu veux.
Téléphonez-moi demain en vous faisant passer pour Rosetta.
Pour te dire quoi ?
Quelque chose de gentil. Ce que vous voudrez.
À vous de voir.
45923.
TRAVAILLEUR ITALIEN À L'ÉTRANGER
Au revoir, chéri, ne te fatigue pas trop.
Ma sœur, c'est ici qu'on cherche un donneur ?
LA VENGEANCE
Mangez une aubergine frite.
C'est moi qui les ai faites.
Michele !
Ils m'ont tué mon pauvre Michele.
Ils l'ont tué ! Qui l'a tué ? On le sait,
mais on ne le dit pas.
C'est triste de mourir en laissant
une épouse aussi belle.
Qui marche sur les pieds de Don Alvaro ne meurt pas de vieillesse.
Tiens, le voilà, Don Alvaro Macaluso.
Donna Mimma, Don Alvaro est arrivé.
C'est Don Alvaro.
À votre service, Donna Mimma.
Cette maison accueille amis et ennemis.
Veuillez entrer.
♪ honore ceux qui partent et aide ceux qui restent.
♪ entre en ami.
- Merci pour la couronne. - C'était de mon devoir.
Un verre de marsala ?
Un dé à coudre.
À la santé du défunt !
À sa santé !
Vous ne buvez pas, Donna Mimma ?
Je bois au pauvre Michele.
Comment ce malheur est-il arrivé ?
♪ ai rien vu et je sais rien.
Vous ne savez rien non plus, Don Alvaro ?
Il s'agirait d'un accident malencontreux.
Rentrant chez lui en voiture, il a rencontré un projectile
qui se dirigeait dans la direction opposée à la sienne.
Ah, je vois, ce fut un accident de la route.
On l'a assassiné !
Puis-je m'incliner devant la dépouille ?
La dépouille sera très honorée.
Mes respects, Don Alvaro.
On l'a tué ! Qui l'a tué ?
On le sait, mais on ne le dit pas.
Mes respects, Don Alvaro.
Allons-nous-en.
Beau, jeune,
vigoureux, en pleine santé…
Il aurait pu vivre encore 100 ans.
Voyons, qu'y a-t-il ? Allons, Donna Mimma…
Il faut avoir du courage. Être forte.
Hélas ! La mort est la plus incurable des maladies.
Asseyons-nous.
Donna Mimma, désormais vous êtes seule.
Pour que Don Alvaro vous protège, un mot de vous suffit.
Que peut faire une pauvre femme seule au monde ?
Non, vous n'êtes pas seule. Moi, je suis là.
Vous étiez encore gamine
et je brûlais déjà de désir pour vous.
♪ ai pour vous une grande dévotion.
Demandez-moi n'importe quoi !
Je vous en prie, pas devant lui.
Les morts sont pas jaloux.
Mais il y a les vivants.
Les vivants n'entendent rien quand je parle.
Si vous voulez, vous serez ma femme.
La femme de Don Alvaro, la first lady de Pollesano.
Il est trop tôt pour parler de ces choses-là.
Je respecte votre douleur. Je m'incline devant votre deuil.
Combien de temps devrai-je attendre ?
Au moins jusqu'à demain.
En début d'après-midi ?
Même dans la matinée, Don Alvaro.
Le temps d'oublier.
Voici Rosalia qui règne sur la maison.
Quelle belle épouse ! Vous avez bien choisi.
Vous êtes un homme musclé.
Et vous n'avez encore rien vu.
Merci, ma petite Mimma.
Vous avez une belle petite maison, Don Alvaro.
À présent, elle est toute à toi. Rien qu'à toi.
Putain, je suis mort.
Deux jours qu'il sort pas ! Il devait être affamé.
Rosalia lui a porté à manger dans la chambre.
La dernière fois, il est resté 2 semaines.
Il y a cing ans, il était plus jeune.
Allons quand même jeter un coup d'œil.
Laisse-moi regarder.
C'est à mon tour.
Ma belle Mimma…
Danse.
Que tu es belle, Mimma !
Oui, oui…
S'il est vrai qu'un homme peut mourir de mille façons,
il est vrai aussi que Don Alvaro a choisi la meilleure.
Quelle plus belle mort pour un homme d'honneur comme Don Alvaro,
que celle provoquée par la fougue
d'une jeune femme !
Son dernier soupir ne fut pas un râle douloureux,
mais un soupir débordant d'amour.
S'il pouvait assister à ses obsèques,
Don Alvaro ne verserait pas de larmes mais du vin à volonté.
Courage.
Ne sanglotez point devant son cercueil
mais applaudissez.
"J'ai bien vécu et je meurs encore mieux.”
Voilà ce que dirait Don Alvaro,
homme d'honneur.
Tu as dû croire que je t'avais trahi.
Non, je n'ai fait que te venger.
La science érotique,
je l'ai apprise de la putain Carmela. Tu la connaissais, non ?
Elle m'a enseigné tous les trucs sexuels.
Pour l'anéantir, je l'ai excité avec tout mon corps.
Même ce qui est contre nature.
La vengeance est rendue. Ce fut un crime sexuel.
Comment ? Tu veux savoir si j'ai éprouvé du plaisir ?
Oui, une fois j'ai joui sans le vouloir.
Mais juste un peu, je te le jure.
Un tout petit peu.
Ce fut un tout petit orgasme. Pardonne-moi.
Tu es en colère ? Non ?
Ne me regarde pas comme ça, mon Michele.
Alors, je peux partir ?
Au revoir, Micheluzzo. À bientôt.
UN AMOUR DIFFICILE
- C'est encore loin ? - On est arrivés.
-Le N° 3 ? - C'est ici.
Dis donc, la vieille !
C'est pas le moment de secouer les tapis.
Y en a marre. Je vais appeler la police.
- C'est toi, Antonietta ? - Oui. Toi, t'es qui ?
- Un frère. - Un frère à qui ?
À Cosimo, ton mari.
Va te faire foutre ! Toi et ton frère.
On est parents. Vous connaissez Cosimo ?
Il y a un an, il était encore là.
Il a quitté sa femme et s'est tiré.
Avec qui ?
Allez savoir. Avec une autre. Les hommes sont comme ça.
Pleure pas, maman arrive.
Si je trouve du boulot, avec ma 1re paie,
je m'offrirai une femme.
T'as vu ce mec ?
Eh oui, les culs de la grande ville sont plus ronds.
Tu veux que je vienne aussi, beau gosse ?
Tirez-vous, les filles !
Bonsoir, commissaire. Vous avez du feu ?
- Viens ici ! - Je suis pressée.
Fiche-moi la paix. Je travaille pour gagner mon pain.
Espèce de grosse brute !
Dignes de Ginger Rogers !
Attention, ça glisse !
Mademoiselle, je peux vous offrir une consommation ?
Une bière.
Une autre bière.
Merci.
Merci à vous qui avez eu l'amabilité, comment dire… d'accepter.
On peut échanger quelques mots ?
Asseyez-vous si vous voulez.
Vous avez l'habitude de ce dancing ?
Non. J'y viens quelquefois. Merci.
Je suis arrivé aujourd'hui même à Milan.
♪ aime assez cette grande métropole. Je la trouve pleine de…
pleine de… comment dire ? Pleine de gens.
Pardonnez mon audace, vous êtes milanaise ?
Comment ? Ah, si je suis milanaise ?
Disons milanaise de cœur.
Moi, je m'appelle Nino. Et votre nom, c'est comment,
- si je suis pas indiscret ? - Gilda.
Gilda… Pardon, mais sexuellement, vous êtes en main ?
Que dis-tu ?
Je voulais savoir si vous aviez un fiancé.
Non.
Alors, on pourrait, comment dire ? Se fréquenter.
Dès que j'aurai du boulot, bien sûr.
Quel boulot cherches-tu ?
On peut se tutoyer ?
Bien sûr. Elle est chaude ! Bien sûr…
Je peux faire n'importe quel boulot.
Pour faire simple, je peux être balayeur. Ça gagne bien.
Après, je pourrais vous inviter au cinéma
ou manger une pizza. Vous aimez ?
♪ aime bien, si elle est bien cuite.
On danse ?
Tu vois pas que je suis accompagnée ?
Allons danser, sinon on va se prendre un coup de couteau.
Tu connais la biguine ?
Bravo, tu danses bien. Où t'as appris ? Dans ton village ?
Nino, excuse-moi… Je suis contente de t'avoir rencontré.
On a bu, on a parlé et même dansé…
mais je dois y aller.
- Si précipitamment ? - Il le faut.
On se voit quand ?
Je n'en sais rien.
Alors, je peux considérer que cette rencontre était illusoire.
- 2 bières, combien ? - 600 lires.
600. Ils s'emmerdent pas ! Je l'ai même pas bue.
Ah, le sac !
Gilda !
Toute seule, elle risque de faire de mauvaises rencontres.
Je lui dirai que j'ai des intentions sérieuses.
Je lui dirai : "Gilda, ce baiser m'a ouvert les yeux."
Je me trouve du boulot et je me marie avec toi.
Elle m'attendait.
T'en a mis du temps ! Où t'étais passé ?
Elle m'avait dit qu'elle avait pas de fiancé.
Mais non, ça doit être son frère.
Son frère, tu parles… Ça doit être une vicieuse.
Si c'est une pute, elle reviendra.
Sinon, c'est pas une pute et je la verrai plus.
Parole de Saturnino.
C'est fou ce qu'il y a comme putes à Milan !
Si je suis pas là, je suis au Baretto.
Elle est revenue.
Alors, c'est vraiment une pute.
Salut, Pio !
Salut, Gilda.
Qu'est-ce que tu fais par terre ?
Gilda, nous n'avons plus rien à nous dire.
On a commencé et on a terminé.
Oh là là…
♪ arrive !
C'était très bien.
Merci, chéri. Salut.
Reviens me voir.
De toi, je ne sais rien
♪ ignore qui tu es
Je te vois dans tous mes rêves
Tu es revenu ?
Gilda, je t'ai pardonnée.
Tu me pardonnes ? Les gens bien élevés disent bonsoir.
Tu me pardonnes quoi ?
Tu t'es foutue de moi, pardi.
Quel nigaud tu fais !
Tu serais quand même pas venu pour me faire la morale ?
Accompagne-moi jusqu'à chez moi.
C'est un peu mou, ce soir.
Regarde-moi ça. À peine 20000.
20000 ! Tu gagnes mieux qu'un géomètre.
Je te crois.
Mais quel vice !
De quel vice tu parles ?
Du putanisme !
C'est un job comme un autre. Moins sale que la politique.
Allez, viens. Dépêche-toi.
Sois plus gai. Je veux pas te voir faire la gueule.
De toi, je ne sais rien
Gilda, t'as trouvé ton Onassis ?
Oui.
Gilda, dis-moi la vérité.
Ce baiser, tu me l'as donné par sentiment ou par luxure ?
♪ en sais rien du tout.
Je te l'ai donné parce que…
Ça m'est venu comme ça, spontanément.
Alors, ça te plairait que je devienne ton petit ami ?
♪ en sais rien, moi.
Enfin…
Tu me plais parce que tu as l'air d'un brave garçon.
Gilda, toi aussi, tu me fascines.
Des filles comme toi, j'en ai vu qu'au cinéma.
Tu parles…
Je te le jure. Et même à la télé.
Que tu es bête…
Tu ressembles à Mina.
Tout le monde me le dit. Comment tu sais
qu'elle me plaît énormément ?
- Chante un truc. - Non.
- Allez. - J'ai honte.
Gilda, je t'en prie.
- Que veux-tu que je chante ? - Celle de tout à l'heure.
De toi, je ne sais rien
♪ ignore qui tu es
Comme tu chantes bien… Que tu as de beaux yeux...
- Si beaux. - Tu es gentil.
Merci.
Comme je disais, si tu renonces à ton commerce,
toi et moi, on pourrait s'attacher sérieusement.
Tu serais mon amoureuse, ma fiancée et la mère de nos enfants.
Avec toi, il faudrait même que je sois grand-mère. T'es fou ou quoi ?
Je suis déjà mariée. Voilà l'alliance.
♪ ai aussi un gosse, Luigino.
Mais je suis séparée. Je fais les papiers du divorce.
Sainte Vierge ! En plus d'être pute, tu es mariée.
Avec toi, on va de désillusion en désillusion.
Réserve le mot "pute” à ta sœur. Tu viens de chez les ploucs ?
Je suis comme ça. Ça te gêne ?
Ne t'énerve pas.
Si tu veux, monte, on mange un bout et voilà.
Sinon, au revoir et bons baisers !
Chacun reprend ses billes.
Je fais quoi ?
♪ en sais rien.
Je te pardonne encore une fois.
Mais ne te mets pas en colère.
- Je te pardonne. - Alors, monte.
Je te pardonne.
Mais ne t'énerve pas.
Attention aux hortensias !
♪ arrive !
Vierge Marie !
Saint-Nicolas de Bari !
On se croirait à Canzonissima.
Ça te plaît, chéri ?
C'est l'architecte Baraldi qui m'a fait la décoration.
Un client à moi.
Il y a même de la moquette.
Mark Spitz, 7 médailles d'or à Munich !
Tu sais qu'il te ressemble ?
Dis-moi…
Tu préfères dormir avec moi dans le lit ou sur le divan ?
À vrai dire… je me suis jamais mis au lit
avec une femme.
♪ ai déjà fait l'amour, mais presque toujours debout.
Alors, si ça te dérange pas, je préfère coucher avec toi.
Ça me dérange pas du tout. Penses-tu…
Au contraire,
malgré le métier que je fais la nuit,
je me retrouve toujours seule.
Alors, c'est bon de sentir à ses côtés le souffle de quelqu'un qui…
qui te tient la main.
Bon, je me retire un instant.
Mets-toi à l'aise et peut-être qu'après…
tu pourrais te faire un brin de toilette.
Je voudrais que ce soit l'amour
l'amour, le seul, le vrai
C'est une femme fascinante.
Elle à un intérieur cossu.
Dommage que ce soit une putain.
Je vais lui dire clair et net :
"Ici, l'homme, c'est moi.
"Dès demain, tu arrêtes ce métier illégal.
"Sinon, cette nuit, je te tiens pas la main."
Elle se prépare pour le dodo.
Les femmes barbues m'ont toujours plu.
Elle pisse comme un homme.
Doux Jésus ! C'est un mâle !
C'est dégoûtant. Moi, je fous le camp.
Je me tire dare-dare. Coucher avec un homme…
Debout, passe encore.
Même avec une chèvre, mais femelle.
Nino, où tu vas comme ça ?
C'est la fin d'un amour. Je m'en vais.
Pourquoi donc ?
♪ ai découvert ta surprise, Gilda.
Tu es un homme !
Mais homme ou femme, ça n'a pas d'importance.
Si, c'est important. Pute et mariée, passe encore…
Tant que tu es du genre féminin.
- Tu t'arrêtes à ces détails ? - Ce sont pas des détails.
Je te parle d'homme à homme.
Dieu pardonne, moi pas. Adieu pour toujours.
Tu n'es qu'un bourgeois !
Un conformiste !
Fasciste !
Pédale !
C'est la vérité, je m'y étais déjà attaché sentimentalement.
Je l'aimais comme une amante.
♪ avais déjà fait des projets d'avenir,
puis j'ai trouvé le hic.
♪ ai lu sur le journal, qu'en Suède, deux hommes s'étaient mariés.
Pas d'accord. Le couple doit être composé
d'un homme et d'une femme.
Si c'est un homme avec un autre homme, c'est une cochonnerie.
Si tu savais comme elle était belle…
Si seulement elle avait pas ce petit défaut…
À dire vrai, il était pas si petit que ça.
Qui, moi ?
Merci, chéri. Si tu me fais cocue, je te frappe.
Il faut le soigner, celui-là. 30000 !
- Chez toi ? - En voiture.
- Merde ! - Putain ! Fais voir.
Où t'as eu ce blush ?
- Enville. - Je veux le même.
De toi, je ne sais rien
Gilda… Je ne peux plus vivre loin de toi.
Moi non plus.
Un homme peut-il en choisir un autre comme légitime épouse ?
Bien sûr qu'il le peut. Il suffit qu'il le veuille.
Gilda, je le veux.
Vraiment ? Oh, Nino…
♪ arrive ! En voilà des manières !
Je parlais à mon fiancé. Ce soir, je peux pas.
- Pourquoi ? - Je suis indisposée.
Ah, oui !
Je l'ai fait léger sinon tu dors pas.
Mais il a toujours faim, ce petit.
- J'ai de l'appétit. - T'as tout avalé. Combien ?
- Trois. - Tu l'aimes amer ?
- Un peu. - Moi, rien. J'ai 300 g à perdre.
Défais le nœud, s'il te plaît.
Quelle robe magnifique !
Une petite liqueur et dodo.
D'accord.
- Tu as bien mangé ? - Assez, oui.
Un parent à toi ?
Qui ça ? Non, c'est Marlon.
Je suis folle de Brando.
C'est ma tournée.
C'est mignon.
Je suis contre. Pourquoi je m'inscrirais à l'IRDO ?
C'est le syndicat qui défend nos droits. Vous pigez ?
Ils défendent vos droits de pédés.
Nous, on branle pas les spectateurs au fond d'un cinéma.
Nous ne sommes ni pédés ni homosexuels.
Nous sommes des femmes.
- Nous sommes des dames. - Pourquoi tu t'appelles Giuseppe ?
- Va te faire foutre ! - On a rien à voir avec vos problèmes.
On pourrait aussi faire partie du ML.F.
On n'a pas honte de ce qu'on est. Comment tu t'appelles ?
- Et toi ? - Monica.
Moi, au jour d'aujourd'hui, je suis Mlle Gilda.
Mademoiselle, ta femme te demande.
Mon Dieu, encore celle-là…
Antonietta, pourquoi tu viens sur mon lieu de travail ?
- Le gosse est malade. - Qu'a-t-il ?
- De la fièvre. - Grave ?
- (l lui faut des médicaments. - Bon, j'ai compris. Tiens.
Quand t'as besoin de moi, je me défile jamais.
Tu pourrais aller chez le coiffeur.
Avec tout ce que j'ai à faire ?
Tu t'es toujours… Minute !
Tu t'es toujours laissé aller. Qui c'est ? Borghetti.
Je t'apporterai des robes que je mets plus.
Des fringues simples, peut-être.
Tiens, va. Salut.
Au revoir.
- Embrasse Luigino pour moi. - Merci.
Tiens-toi droite !
Voilà ton capuccino.
Merci. Tu es toujours tellement gentil.
Elle, c'était pas Antonietta ?
Pourquoi ? Tu la connais ?
Un peu. Et toi, tu la connais ?
C'est ma femme.
♪ ai aussi un frère qui était marié avec elle.
Gilda…
Tu t'appellerais pas Cosimo, par hasard ?
Eh oui. Cosimo Beraldi. De Carbonara.
Mais alors, tu es mon…
Et toi, tu es Saturnino ?
Saturnino en personne.
- Mon frère ! - Oui.
Je suis ton frère et toi, le mien !
- Cosimo ! - Tu vas bien ?
Dieu, que tu es beau !
Saturnino !
Dans quel merdier je me suis fourré !
Jésus Marie…
Saturnino, mais…
Pourquoi tu m'as pas reconnu ?
Et toi, tu m'as reconnu, peut-être ?
Quand j'ai quitté le village, tu devais avoir 10 ans.
Tu as beaucoup changé depuis.
- Énormément. - Et toi, non, peut-être ?
Tu as changé beaucoup plus que moi.
- Tapette ! - Ah oui ?
Et toi, alors ?
Pourtant… Quel dommage !
Dommage que quoi ?
Quel dommage.… Rien. Je pensais
que si, au lieu d'être un homme, tu étais une femme,
si au lieu d'être pute, tu étais fonctionnaire,
si au lieu d'être mariée, tu étais célibataire,
si au lieu d'être mon frère, tu étais ma cousine…
On aurait pu couronner notre extase
et être heureux.
Le destin nous a réunis…
Et le destin nous sépare.
C'est la vie.
Adieu, Nino.
Adieu.
L'INVITÉ
M. Bianchi, on est enfin arrivés.
C'était un peu long, mais ça vaut la peine.
On respire bien ici.
Respirez à pleins poumons.
L'air est pur.
C'est un endroit sympa de presque un hectare.
La maison et le terrain, 150 millions.
Ma femme se fera une joie d'avoir un invité à dîner.
Elle reste toujours à la maison, elle voit personne.
C'est une femme simple, mais elle s'ennuie.
- Salut, Peppino. - Bonsoir.
- Et les gardénias ? - Je les rentre.
- Bon. La maison vous plaît ? - Style bunker.
Conçue par un élève du Corbusier.
Tiziana ! Combien nous coûte le jardinier ?
120000 par mois + charges, chauffage, électricité,
logé et nourri. Et en plus, il se tape les bonnes.
Qui est mieux loti que lui ? Dites-le-moi.
- Personne. - Vous voyez bien…
Voilà ma modeste demeure.
Le proverbe dit : "Dis-moi où tu habites, je te dirai qui tu es."
Et voici ma femme.
Pas mal non plus, hein ?
Bonjour Tizzy. M. Bianchi.
Enchanté.
Notre chef du bureau des statistiques.
Il est au siège de Padoue et est à Milan pour des relevés.
Vous vous occupez de statistiques.
La moins exacte des sciences exactes.
- Exactement. - Asseyez-vous.
- Où vous voulez... - Il me disait justement
que sur 100 personnes invitées à dîner, 55 refusent avec un motif,
30 acceptent car ils ne savent pas dire non,
- 10 acceptent avec joie. - Et regrettent.
Briquet en plexiglas. Bel objet, hein ?
Non, c'est très simple, il suffit de tourner.
- Comme ça ? - l'autre.
Les architectes font des briquets, des stylos…
Tizzy, je te disais
que seulement 5% des invités déclaraient être pleinement satisfaits.
Espérons que vous le serez.
Volontiers, mais en vérité, j'ai un peu honte de m'imposer.
Je veux pas vous déranger.
Aucun dérangement. C'est à la bonne franquette.
Mais nous ferons de notre mieux.
Rosalia, rajoutez un couvert.
Celle-là, avec le fric qu'elle gagne,
elle se permet de faire la gueule.
Elle palpe 150000 lires par mois et pèse
grosso modo 38 kg. Ça fait plus de 4000 lires le kilo.
Comme le veau.
Le blé a augmenté.
Même le blé ! Vous imaginez ? Dites-moi.…
Y a-t-il plus heureux que la bonne ?
Le jardinier, peut-être.
À côté, c'est un gueux. Sans parler de ses exigences…
Si on voulait un bébé, la bonne s'en irait.
Tout ça n'intéresse pas notre invité.
- Prépare donc l'apéritif. - De suite.
Si vous voulez appeler l'hôtel,
- allez-y. - Il n'y a pas urgence.
Le téléphone est dans ma chambre. Venez.
- Venez, M. Bianchi. - Je préfère,
car si quelqu'un m'appelle à l'hôtel,
je dirai que je suis ici et voilà.
Tizzy, change-toi. Tu vas pas dîner comme ça.
ANS !
L'hôtel du Dôme ? Ah, c'est pas vous ?
Je m'en doutais. Pardon, j'ai fait erreur.
Je suis bien à l'hôtel du Dôme ?
Ah, c'est bien vous ? Écoutez…
Je cherche M. Bianchi. Oui, j'attends.
Quel idiot ! C'est moi, M. Bianchi.
Je ne suis pas à l'hôtel mais à l'extérieur.
Je voulais juste vous dire que…
Que je suis invité à dîner chez des gens, sans soutien-gorge.
Si quelqu'un appelle,
vous pouvez me joindre au… Je vous donne le numéro.
364425…. 26.
Merci. Je reste en ligne.
Ah bon…
♪ ai prévenu.
C'est un apéritif qui exige une longue préparation.
Mais c'est une merveille.
Ça paraît facile, mais c'est une opération très délicate.
Je l'ai inventé et je l'ai baptisé Bulldozer.
Vous mettez 3/8 de Martini,
4/8 de vodka et 1/8 de…
- Fais attention ! - Rien de grave.
Un peu d'eau.
Non, c'est pas la peine.
- Ensuite, 1/3 de… - Laissez, ça va.
Ce n'est rien, madame. Regardez.
C'est déjà sec, madame.
Non, madame, ça va bien.
Je ne voudrais pas que la tache reste.
Je vous remercie bien.
Oui, ça va…. Enfin…
Mais que faites-vous, madame ? Je peux le faire.
Je vous en prie. C'est un endroit…
Ça me gêne un peu…
Madame, c'est un endroit un peu… délicat.
Non, ce n'est rien.
N'y faites pas attention, madame.
Excusez-moi, mais…
Très gentil à vous, Mme Tiziana.
Tchin-tchin !
- Que fabriques-tu, Tizzy ? - Rien, j'ai nettoyé.
Goûtez et dites-moi ce que vous en pensez.
En toute sincérité. C'est bon ?
C'est bon, hein ? Pas vrai ?
Qu'est-ce que c'est que ça ? Ah, du basilic !
- Alors, c'est bon ? - Oui, très bon.
Bulldozer !
Voici mon royaume ! Je le soigne de mes propres mains.
Je n'ai confiance en personne.
Ils seraient fichus de tout laisser faner.
Une fois, j'ai avancé mon retour de Paris pour mes roses.
Je tiens plus à mes fleurs qu'à ma femme. Façon de parler…
Les fleurs ont leurs préférences musicales.
Vous l'ignoriez, hein ?
Je leur passe 2 h de musique par jour. 1 h matin et soir.
Regardez quelle belle pêche !
Aidez-moi à la cueillir.
Les tulipes aiment le jazz.
Aidez-moi.
- Que je vous soulève ? - Oui.
Elles préféreraient plutôt La Traviata,
mais ça doit toujours rester une musique délicate.
Vous l'avez ?
Oui, oui !
- Tenez-moi bien. - Ecoutez…
- Je l'ai attrapée. - Tenez-la bien.
- Les fleurs aiment la musique. - Je l'ai eue !
Elles adorent, sauf les dahlias.
Mordez, mordez !
Le dîner est servi !
On arrive, Rosaria ! À table !
Voulez-vous vous laver les mains ?
- Non. - Ça vous fera du bien.
Venez, je vous accompagne.
Aujourd'hui, il y a un petit risotto du feu de Dieu.
Je dois vous dire que je jouis plus à table qu'au lit.
- Voilà une serviette propre. - Merci.
- Vous voulez enlever votre veste ? - Non, ça va.
Permettez, je vais en profiter.
Je vous en prie, faites.
Tiziana, tu es là ?
- Non. - Si, je suis là.
Oui, elle est là, Tiziana.
Ton mari est là.
♪ emportais le savon.
♪ ignorais que votre femme était là.
Bravo, cher M. Bianchi !
Si vous voulez… Merci.
Pensez, cher ami, quand je dis qu'une de mes dactylos…
♪ ai bien dit dactylo !
Une fille de bonne famille de 22 ans,
se fait, avec les heures sup, la somme inouïe de 180000 lires par mois.
Juste pour taper à la machine 8 h par jour, c'est pas mortel.
Je dis bien 180000.
Vous réalisez qu'aujourd'hui en Italie,
ceux qui s'en sortent sont ceux qui crevaient de faim.
C'est évident.
La classe ouvrière est la plus aisée.
Sans aucun doute.
C'est paradoxal mais c'est ainsi.
Autrefois, les pauvres se réservaient
le royaume des cieux.
Aujourd'hui, même sur terre, ils sont chez eux.
Et ça marche pour eux.
Tizzy, il est délicieux ce rosbif. ♪ en reprends
une belle tranche au mépris du cholestérol.
Tiens, celle-là me tend les bras.
- Il est bon ce vin, hein ? - Excellent.
À votre santé !
En vérité, notre problème est essentiellement économique.
On peut plus rien faire sans une saine,
mais vraiment très saine économie.
Je prends une autre tranche.
Savez-vous ce que m'a dit hier
le 1er industriel lombard ?
Il m'a dit : "Ne me demandez pas de commenter."
Si le 1er industriel lombard en arrive à dire ça,
ça veut dire qu'on a atteint la cote d'alerte.
On a vraiment touché le fond.
Que vous sentez bon, Mme Tiziana !
Dites, madame.
Je vous écoute.
Tout à l'heure, à table…
- Tout à l'heure, à table ? - Oui, quand….
Quand vous me faisiez du pied…
Quand je vous faisais du pied ?
Rien. Je pensais que…
Et s'il s'en apercevait ?
Qui ?
Votre mari.
S'apercevoir de quoi ?
De rien, mais j'ai eu l'impression…
Je me suis peut-être trompé.
Vous vous êtes certainement trompé.
Il s'est endormi.
- Souvent après manger. - Il a le sommeil léger ?
Non, mais ne croyez pas en profiter.
Dans quel sens ?
Le mari dort, je vais tenter de séduire sa femme.
Ne parlez pas si fort.
Vous le pensiez, non ?
Non, je vous jure.
Ne jurez pas, je le lis dans vos yeux.
Approchez, je crie.
Non, je changeais juste de position, je ne me rapprochais pas.
Mais vous le désirez ?
Oui, si l'on veut, mais respectueusement.
Il dort toujours ?
- On en a déjà parlé. - Très juste.
Vous oseriez faire ça devant lui ?
Je ne crois pas.
Et s'il n'était pas là ?
♪ oserais, mais lui, il est là.
- Osez quand même. - Non.
Ça pourrait être dangereux.
- Le danger me stimule. - l'émotion m'inhibe.
Les inhibitions m'excitent.
Où est passé M. Bianchi ?
Qu'avez-vous perdu ?
Non, je cherchais. Où est-il ?
Il est pas là.
Ne vous asseyez pas, c'est l'heure d'aller dormir.
Je vous assure que ça va très bien.
Vous dites ça pour nous faire plaisir.
Je prendrais bien encore un petit verre.
Accompagnez monsieur.
Ça suffit !
Allez, j'ai du travail demain.
Écoutez, si elle y tient, moi, je reste.
Si vous voulez, madame, je peux revenir plus tard.
- Ne me touchez pas. - Dehors !
♪ y vais, j'y vais…
Mal élevé !
♪ ai jamais vu un tel porc. Plus de dépravés chez moi.
Maintenant, viens ici, toi.
Bravo ! Tu as été magnifique !
- Ton idée de faire pipi était géniale. - Mon amour !
On va se coucher.
On fera toutes les positions, même la 12 que tu adores.
Viens, pute, salope, je vais te défoncer, moi !
C'est un fou furieux, celui-là !
Tous ceux qui viennent dîner ici me sautent dessus.
Sans me faire la cour.
Si encore ils demandaient poliment…
MADAME, IL EST HUIT HEURES
DEUX CŒURS ET UNE BICOQUE
IL N'EST JAMAIS TROP TARD
VOYAGE DE NOCES
REVIENS, MA POULETTE
TRAVAILLEUR ITALIEN À L'ÉTRANGER
LA VENGEANCE
UN AMOUR DIFFICILE
L'INVITÉ
Adaptation : Michel DEPIGNY
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