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Piège pour un privé
On peut dire que l'infidélité a fait de moi ce que je suis.
Beaucoup de détectives refusent de s'occuper de divorces.
Mais à vrai dire, peu de types sont bons en affaires matrimoniales.
Ça exige du doigté et de l'expérience.
Tout le monde fait des erreurs, mais si on en épouse une,
faudrait-il payer pour le reste de ses jours?
Je me fous que ce soit de sa faute à lui, à elle ou au laitier.
Si l'un d'eux vient me voir, c'est qu'ils sont tous deux malheureux.
Et c'est ça, mon travail: mettre fin à leur malheur.
Oh, non!
Kitty, comment peux-tu?
Tu me dis que tu vas au salon de beauté à Hollywood,
et je te trouve là où on m'a dit,
dans la chambre 19-H...
Bird of Paradise Motel.
...au motel Bird of Paradise, à Redondo Beach,
à 2h de l'après-midi, le 27 octobre 1948, avec cet homme.
M. Berman, ce n'est pas naturel de mentionner l'année
quand vous voyez votre femme au lit avec un autre homme.
Mon avocat m'a dit d'être précis.
Nous établirons la date.
Un tremblement de terre!
M. Gittes? Vous l'avez senti?
Oui, Gladys. Tout va bien?
Et nous, ça va?
Du calme, M. Berman. Juste une secousse.
Une secousse?
Je sais que vous êtes sur les nerfs, Julius.
- Jake, pour les amis. - Moi aussi.
- Mes amis m'appellent comme ça. - Vraiment?
Il est Jake et je suis Jake.
Pas mal, hein? Deux Jake.
Je n'ai jamais perdu un mari, mais j'ai une partie de golf à 1 h,
et si je n'y suis pas à moins cinq, ils vont me casser tous mes clubs.
Sans blague! C'est affreux.
Non, c'est le Wilshire Country Club. Très sélect.
Je sais ce que c'est.
Je vous en prie... M. Berman... Jake...
Tu me dis que tu vas au salon de beauté, à Hollywood,
et je te trouve là où on m'a dit,
chambre 19-H, au motel Bird of Paradise, à Redondo Beach,
à 2h de l'après-midi, avec cet homme.
Kitty, comment peux-tu?
Tu me dis que tu vas au salon de beauté...
Qu'est-ce que ça prouve?
...chambre 19-H, au motel Bird of Paradise, à Redondo Beach, avec lui!
Comment peux-tu, Kitty?
Avec lui? Pas lui!
Faites-la sortir!
Merde!
Mais merde! Quoi, merde!
Calmez-vous, madame.
D'où sort ce revolver?
Appelez une ambulance!
Prends des photos de tout, Larry.
La morale des flics, c'est comme leurs voitures.
En noir et blanc. Lou Escobar est différent.
J'ai fait la guerre, j'ai même été décoré.
Mais Lou a perdu une jambe à Guadalcanal.
Les regrets, ça le connaît. Il sait que la vie est injuste.
Méfiez-vous de celui qui n'a jamais rien perdu.
Salut, Lou.
Ton client a descendu un type en selle.
Ça ne m'était jamais arrivé.
Pas devant moi, en tout cas.
Tu étais témoin.
J'étais à côté. Le temps que j'arrive,
Berman l'avait coincé aux chiottes. Il a tiré à travers la porte.
- Ils se sont disputés l'arme. - J'en suis sûr.
Tu en es sûr, alors que la porte était fermée?
Tu as raison, Lou.
Le type a pu se tirer trois balles, puis donner l'arme à Berman.
- Suis-moi à la Criminelle. - J'en sors.
Et j'ai rendez-vous à 8h avec Linda.
Je te ferai conduire. Où Berman a-t-il trouvé l'arme?
Dans la chambre.
Tu es sûr qu'il ne l'avait pas sur lui?
Je n'allais pas le fouiller avant de lui montrer
sa femme en train de s'envoyer en l'air!
Simple question.
Berman a trouvé l'arme dans la chambre et a tiré.
- Dans la chambre? - C'est tout ce que je sais.
Et ensuite?
Ce qui arrive quand un type sort un revolver.
Tout le monde se planque.
Bureau central des enquêtes criminelles
Tu as dû parler à l'enquêteur,
l'inspecteur Loach.
J'arrive à l'instant.
Dans cette affaire, je ne veux aucune complication.
Un type se fait tirer dessus en tirant son coup. Pas de chichis.
Ça fait longtemps, Jake.
Je ne sors plus de mon bureau.
J'aurais peut-être pas dû passer capitaine.
Pour tes 20 ans de service, je t'offrirai un oreiller.
Comme ça, tu pourras t'asseoir ailleurs que sur Loach.
Jake, c'est pour toi.
La Criminelle, c'est pas ton bureau. Laisse sonner.
Tu n'es pas perdu, Gittes? Tu connais la sortie.
Ne pars pas. C'est toi que je veux voir.
On m'a demandé de partir.
- C'est vrai? - Oui, M. Weinberger.
- Répondez. - Décroche.
Lt. Loach, c'est pour lui. Encore son bureau.
Prends-le.
Il nous dérange, M. Weinberger.
Déranger la Criminelle, ça ne fait pas de mal. Nous avons: des draps,
des couvertures, un rideau de douche aux anneaux arrachés, une postiche...
Je dois parler à M. Gittes de notre client.
- Notre client? - Je représente Jake Berman.
Nous avons un revolver Smith & Wesson
déclaré au nom du défunt, Mark Bodine,
pour la société B & B Homes.
Pas d'enregistrement dans le rapport?
Ils n'en ont pas trouvé. B & B Homes?
Réfléchissez, Jake. B & B Homes: Bodine et Berman.
Une autre de leurs sociétés. A Berman et à la victime.
N'oubliez pas que vous êtes tenu au secret
quant à notre client, M. Berman. Nous en reparlerons.
Je suis dans mon bureau.
Je peux utiliser votre téléphone?
Cotton avait raison.
Si nous avions repéré B & B Homes, l'associé de Berman courrait encore
après sa femme au lieu de se geler les couilles à la morgue.
Mon client n'avait pas été régulier avec moi. C'est pas nouveau.
Cotton ne donne au tribunal que sa version de l'histoire.
Escobar sait que je ne lui dis pas tout.
Et quand maris et femmes se mentent,
l'un d'eux vient me mentir à moi.
Si j'attendais le client honnête, je serais encore là
quand Rocky Graziano jouerait du Rachmaninoff au Hollywood Bowl.
- Qu'est-ce qui se passe? - Je ne sais pas, M. Gittes.
Je n'entrerais pas, à votre place.
Ralph, qu'est-ce que tu lui fais? Lâche-la!
Ne me touchez pas!
Je suis navré.
Je sais comme c'est pénible.
- Ça doit faire mal. - Oui, c'est pénible.
Tout va s'arranger. Reposez-vous un instant.
Vous voyez? Bien.
Scotch.
Qui c'est, celle-là?
La veuve de Bodine.
La femme du type que Jake Berman a tué.
Oui, oui.
- Elle sait que vous y étiez. - Et alors? Mme Berman aussi.
Qu'elle aille tout casser chez elle. Ce serait plus juste.
Elle veut vous parler.
Vous êtes un héros de guerre. Vous êtes peut-être malin,
mais vous et ce petit youpin avez tué mon mari, salopard!
Appelez mon avocat.
Ils s'en sortiront pas comme ça!
Si vous aviez été là, vous sauriez que quand M. Berman
a vu Mme Berman au lit avec votre mari, il a perdu la tête.
Il n'a perdu ni sa tête, ni le premier sou qu'il a gagné!
- Passe-moi un mouchoir. - Il y a Kitty Berman.
Une salope frigide sans coeur. Elle et Jake ont tout combiné.
Combiné quoi?
Ils ont tué mon mari avec votre aide.
Je m'en fous. Je rentre chez moi et j'appelle les journaux.
Je serais irresponsable de vous le permettre.
- Donnez-moi une bonne raison. - Je vous en donne deux.
Vous ne pouvez ni marcher, ni conduire.
D'accord.
Ne reste pas planté là. Appelle un taxi pour la dame.
Mon Dieu! Elle est rentrée en plein dedans.
- Sors-la d'ici. - C'est un enlèvement.
Pas si tu la ramènes chez elle. Walsh!
Sors le magnéto de la bagnole.
Ne laisse pas traîner des pièces à conviction.
Larry, tu ne m'as pas dit que Berman et Bodine étaient associés!
- On n'avait que "B & B Homes". - C'est vrai.
Quand tu l'auras ramenée,
fais-la entrer par la fenêtre ou la porte de service.
Attends qu'elle dessaoule. Ça va grouiller de journalistes.
- Comme dit la chanson, "A plus". - Ouais, c'est ça.
Votre smoking est prêt. Et la ligne privée est branchée.
- Merci, Gladys, bonne nuit. - Bonne nuit.
Motel Bird of Paradise, 27 octobre 1948, 1 3 heures.
Dans la chambre 1... OK, Ralph... sur le lit?
- Sauve qui peut! - Qu'est-ce qui se passe?
Deux livreurs d'une laverie devant ta porte...
Une livraison...
- Ouais? - Tu as l'enregistrement?
- Ici. - Vous voulez l'entendre?
Kitty, comment peux-tu?
Tu me dis que tu vas au salon de beauté à Hollywood...
Jake, nom de Dieu, tu es là? Ça va?
Oui, ça va.
Raccroche et remets la bande dans le coffre.
Je ne peux pas, Cotton. Quand le courant reviendra,
l'alarme va se déclencher dans 40 bâtiments,
et j'aurai les flics au cul.
Attends que le courant revienne et range-la dans le coffre.
Je veux juste l'écouter avant la police.
- C'est tout? - On bosse ensemble depuis longtemps
et on continuera tant que
tu protégeras notre client, Jake Berman.
- Cotton? - Quoi?
Merci. Et je vous emmerde.
Merci, Jake. C'est toujours un plaisir.
Chérie.
Kitty, il y a... une femme
qui peut donner du souci à "akey" et tu sais qui.
Chérie, je pense que tu sais. Il s'agit de Katherine Mulwray.
Mark, pas ça encore.
Kitty, Katherine Mulwray peut causer à Jake de sérieux ennuis.
Je te le dis, elle garde les droits sur le lotissement.
Si j'arrive à la joindre, je prouve que Jake a profité du terrain.
- On pourrait tous être riches. - Tiens-moi, serre-moi.
Tu dois convaincre Jake de...
Kitty, il y a... une femme
qui peut donner du souci à "akey" et tu sais qui.
Chérie, je pense que tu sais. Il s'agit de Katherine Mulwray.
Mark, pas ça encore.
Kitty, Katherine Mulwray peut causer à Jake de sérieux ennuis.
Je te le dis, elle garde les droits sur le lotissement.
Si j'arrive à la joindre, je prouve que Jake a profité du terrain.
On pourrait tous être riches.
J'ai passé la soirée au bar à t'attendre.
- Mon Dieu, Linda. - Qu'est-ce que tu fais?
- Rien. Une urgence. - Une urgence de rien?
Je veux bien l'entendre, celle-là! Tu me diras ça dans une autre vie.
- Qu'est-ce que tu racontes? - Non, Kitty, comment peux-tu?
Tu me dis que tu vas au salon de beauté à Hollywood...
Qu'est-ce que ça prouve?
dans la chambre 19-H du motel Bird of Paradise.
AIlô, chérie, j'arrive.
Je peux tout expliquer. Tu es toujours au bar?
Et je répondrais au téléphone chez moi? Pauvre con!
Chérie, je suis désolé. J'arrive.
- Toi et ce petit salaud de youpin. - Qui êtes-vous?
Tu vas payer, salaud d'Irlandais!
- Où est-elle? - En haut, au lit.
- Ça va. Ralph est près d'elle. - Ralph? Mon Dieu.
Bon, Mme Bodine, qu'avez-vous pris?
Assez pour dégobiller.
Bon, donnez-moi ça.
Venez par ici.
- On va faire la culbute. - Salaud!
- Appelle un médecin. - Sale abruti.
Le sien, si tu trouves le numéro!
Je vais t'arracher les yeux, salaud.
T'en fais pas, mon chou. N'aie aucune inquiétude.
Je ferai attention à pas te mouiller les cheveux.
C'est bien.
Chuck Newty, avocat de M. Et Mme Bodine.
- Allez, Minnie. - Comment allez-vous?
M. Walsh me dit que vous empêchez Mme Bodine de voir la presse.
Parfait. Ça ne me gêne pas.
Du moins, jusqu'à ce que des inculpations soient prononcées.
Alors, nous porterons plainte.
- Plainte? - Non seulement Mme Bodine est veuve,
elle se retrouve sans ressources.
Chuck!
M. Bodine et M. Berman étaient associés dans le lotissement
de la Vallée, mais ils se méfiaient l'un de l'autre.
En cas de décès de l'un des associés,
tous les engagements sont à la charge du survivant,
mais bien sûr, tous les bénéfices lui reviennent.
Quand M. Berman a abattu M. Bodine,
il pourrait bien avoir exploité l'infidélité de sa femme
à hauteur de 5 ou 6 millions de profit,
et avoir fait de vous, à votre insu, son complice.
- Chuck, vous m'entendez? - Excusez-moi un instant.
- Qui c'est? - Mattie Rawley.
- De Pasadena. - Comme le général Patton.
Bon, très bien.
- Gardez-les. - Merci.
Mon métier n'a pas bonne réputation, mais moi si.
Je suis le lépreux qui a le plus de doigts.
Pas un tribunal ne me déclarera complice.
Probablement.
M. Berman plaidera sûrement l'accès de folie,
et s'il réussit, vous serez poursuivi
pour avoir laissé un fou voir sa femme dans les bras d'un autre.
Par contre, si la préméditation est prouvée
dans le meurtre de M. Bodine, Berman n'est pas fou,
Mme Bodine garde l'argent de son mari
et n'a aucun besoin de vous poursuivre, bien au contraire.
Restons en contact, M. Gittes.
Il veut que tu prouves la culpabilité de ton propre client?
- Oui. - C'est moral?
C'est un avocat.
Mon Dieu!
Dans la bande, Bodine parle de la fille d'Evelyn Mulwray?
Oui? Qu'est-ce qu'il dit?
Son nom. On entendait pas bien. Juste avant que Berman le tue.
Ça ne veut rien dire. Du simple bavardage.
Possible.
Allez voir le salon de la Pontiac.
La Pontiac, une belle voiture.
Le temps transforme tout.
Un étal de fruits devient une station-service.
Mais les traces et les signes du passé sont partout.
On se bat pour cette terre depuis que les missionnaires espagnols
ont fait découvrir aux Indiens les joies de la religion, les chevaux,
et les travaux forcés.
Les Indiens, eux, avaient compris. Ils respectaient les esprits.
On ne peut pas plus oublier le passé que le modifier.
Le nom de Katherine Mulwray me rappelait d'anciens secrets.
Une famille, un héritage, un type qui fait une crasse à son associé.
C'est ça, les souvenirs: de la nitroglycérine.
On ne sait jamais ce qui les déclenche.
Et les indices décisifs ne sont jamais là où on les cherche,
mais ils tombent de la poche
du costume que le teinturier vous a remis par erreur.
Dans le refrain inconnu que vous fredonnez pourtant sans cesse.
Ils sont au bout du fil la nuit quand on s'est trompé de numéro.
Les signes sont dans les endroits familiers
qu'on croyait ne pas connaître.
Mais on arrive à les voir du coin de l'oeil,
et on finit par trébucher sur ceux qu'on a devant soi.
J'aurais dû percer à jour le numéro larmoyant de Berman.
Il se voyait autant que ses chaussures.
Que fait un Mexicain au soleil? II fait de l'ombre.
Vous connaissez Escobar?
Oui, c'est le patron de la Criminelle.
Vous avez refusé une maison à sa soeur.
- Pas le choix. - Pas le choix?
Là, c'est Eucalyptus Place. Et voilà le 1 7.
- Je reviens. - OK, pas de problème.
Vous vous plairez à Rancho San Fernando.
- C'est certain. - Merci.
Vous savez qui ne peut pas acheter de maison ici? Moi.
Je peux bâtir, vendre, mais pas m'installer ici.
Pas de Mexicains, pas de Juifs.
Et vous savez un truc? Le client a toujours raison.
- Je dois protéger ma femme. - Protéger? Ou divorcer?
Oui, ça aussi.
Votre femme risque d'être inculpée aussi.
- Comment ça? - Allons.
C'était votre seule chance de le tuer en le faisant payer.
- Quoi qu'il en soit, elle a aidé. - Ne touchez pas à ma femme!
Je prends la menace au sérieux, venant de vous.
Mais la police pensera de même:
vous avez tué votre associé pour sa part
et pour 5 ou 6 millions qui vous reviennent à vous et à votre femme.
Ty, quel est le problème? Tyrone Otley, J.J. Gittes.
On se connaît du temps où je travaillais pour Hollis Mulwray.
C'est le même problème. Les séismes secouent nos puits
comme de la limonade,
mais il y a des millions de litres d'eau et de gaz sous ces maisons,
et ça devient dangereux.
- Dangereux? - Ça peut exploser.
Vous parliez de méthane. Je croyais que seul le gaz naturel est explosif.
M. Berman, qu'il sorte des marais ou des fayots, le gaz, c'est naturel.
Le gaz, c'est le gaz.
- Comment m'en débarrasser? - Appelez la compagnie du gaz.
- Ça va? - Oui.
Comment est-ce que je vais...
construire des maisons quand la compagnie du gaz creuse partout?
Où en étions-nous?
Je vous accusais de meurtre, M. Berman.
Appelez-moi Jake. Je vous raccompagne à votre voiture.
Alors, Jake,
pourquoi m'avoir joué le grand nerveux dans mon bureau?
Je vous assure que j'étais nerveux.
J'apprenais que ma femme avait une liaison.
Mais pas que c'était votre associé.
Vous ne le saviez pas non plus.
Si c'était mon associé et ma femme, je l'aurais su.
Ça vous regarde. Je ne me plains pas. Vous avez fait votre boulot.
Vous êtes toujours là?
- Drôle de truc, la terre. - Comment ça?
J'ai connu les anciens propriétaires. Pas vous?
Non.
Qu'allez-vous plaider?
C'est l'affaire de Cotton.
Vous croyez vous en tirer?
Je ne me tire de rien, Jake.
Voilà ce que je vais faire.
Vous garantissez à la veuve la part de son mari,
je n'ai plus d'ennuis avec la police, et je ne vous cause pas d'ennuis.
Sinon, je prouverai que vous l'avez assassiné.
Vous savez un truc, Jake?
Vous croyez savoir ce qui se passe, mais vous vous trompez.
Interdiction d'entrer
Vous croyez savoir ce qui se passe...
Depuis quand êtes-vous là?
Restez allongé. Le docteur arrive.
Pas longtemps.
- Vous êtes déjà venue ici? - Qu'est-ce que ça fait?
- Oui. - Moi aussi.
Vraiment?
Tout ça, ce n'étaient que des orangers.
Et des noyers aussi.
- Qui vous a cédé ce terrain? - Du calme. Je ne l'ai pas dit.
Ce n'est pas le moment d'en parler.
- Restez couché. - Qui êtes-vous?
Kitty Berman.
Désolé, Mme Berman. Je... je ne vous avais pas reconnue.
C'est compréhensible. Nous n'avons pas été présentés.
Et vous, Mme Berman?
Savez-vous qui a cédé cette terre à Berman?
Je vous ai prié de ne pas mêler ma femme à ça.
Jake, je t'en prie.
Vous avez une chose à faire avant de poser des questions.
Quoi?
Faites-vous soigner la tête. Vous n'avez pas les idées claires.
Je n'aime pas qu'on me regarde quand je m'éveille,
surtout quelqu'un dont je ne vois pas les yeux.
Soyez content d'être réveillé.
M. Weinberger, encore le Lt. Loach.
M. Novak, encore M. Weinberger et M. Otley.
- Otley? - Tyrone.
- Otley. - Ah zut, Otley.
Investigations Gittes.
Le Lt. Loach. Ça a l'air sérieux.
Ce n'est sérieux que si c'est Escobar.
- M. Gittes n'est pas là... - Tu ne devais pas filer Berman?
Ralph y est. Tu n'allais pas chez le médecin?
Demain matin.
Tu as été sonné, Jake.
- Oui. - Le capitaine Escobar. C'est grave.
- Prenez le message. - Il veut l'enregistrement.
- Il ne sait même pas qu'on l'a. - Tu vas lui mentir?
Moi, lui mentir?
Quand as-tu vu la petite Mulwray pour la dernière fois?
Elle avait 1 4 ou 15 ans?
Elle a pu s'attirer des ennuis depuis ce temps.
Je l'aurais su.
Elle t'a envoyé un cadeau à ton retour de guerre?
Un gâteau pour NoëI? Une carte postale?
Bon Dieu, tu n'es pas responsable de la mort d'Evelyn Mulwray.
Ni de la vie de Katherine Mulwray.
Son nom figure dans l'enregistrement. C'est tout ce que je dis.
Rien à voir avec le problème de ce Berman.
- On en est sûr? - Je vérifierai les actes de vente,
voir s'il y a quelque chose de louche.
- Tu n'es pas obligé. - Sinon, tu le feras.
Range ce dossier!
La vie t'a bien traité. Tu as un bon score.
Tu vas te marier avec une fille merveilleuse.
Mais va chez le médecin et range ce dossier.
Noah Cross blessée Sa fille tuée
Evelyn Mulwray tuée sous les yeux de sa fille par la police de Chinatown
Evelyn Mulwray abattue dans Chinatown
Cher Jake, j'emmène Katherine au Mexique.
Je ne pouvais plus t'attendre.
Khan te donnera de nos nouvelles.
Ne viens pas à notre recherche.
Mon père est assez fou pour te suivre.
Je veux que ma fille puisse croire en une vie nouvelle.
Mes relations avec les hommes ne sont pas longues.
Tu sembles être l'exception.
Je ne te dis pas adieu. Evelyn.
P.S. Katherine te trouve très gentil, et Curly est d'accord.
- La guerre vous a épargné. - Oui.
Ça fait longtemps.
Mais les journaux parlent souvent de vous.
Que vous dire? Les ragots font partie du métier.
Moins on en veut, plus on en a.
Je vous en prie. J'y prends plaisir. Comme beaucoup de gens.
Et puis, vous avez bien réussi.
- Je n'ai pas à me plaindre. - En somme, vous êtes heureux?
Qui peut répondre à cette question sans réfléchir?
Celui qui est heureux.
Et Katherine?
Je suis sûr qu'elle est heureuse.
- Pas de problèmes? - Je ne saisis pas votre inquiétude.
- Est-ce qu'elle a besoin d'argent? - Je ne vois pas pourquoi.
Elle a beaucoup de terres. Les impôts fonciers ont augmenté.
Je ne sais pas. Nous nous sommes perdus de vue.
Etranges fleurs.
Etonnant qu'elles poussent encore.
Ses préférées. Elle les a plantées. Vous voyez ces reflets mauves?
C'est ici qu'on a brûlé la graine.
Mon dernier souvenir d'elle.
Où est-elle? Je veux l'aider, c'est tout.
Si elle a des ennuis, ce n'est pas vous qui pouvez l'aider.
Comme elle, vous êtes prisonnier du passé.
Vous lui feriez plus de mal que de bien.
C'est déjà arrivé. Là où le sort l'a menée,
je suis sûr qu'elle vous en est reconnaissante.
N'est-ce pas assez?
Je ne veux pas vivre dans le passé, mais je ne veux pas le perdre.
C'est pour vous.
Je suis le Siffleur, je marche la nuit et je connais bien des choses,
des histoires étranges cachées dans le coeur des hommes.
Je connais leurs terreurs, celles qui n'ont pas de nom.
La ville est différente, la nuit. L'air est meilleur.
On oublie qu'il y a plus de derricks que de palmiers.
C'est presque comme au bon vieux temps.
Du moins comme j'aime m'en souvenir.
Après des années dans ce métier,
chaque rue mène à un lieu qu'on voudrait oublier.
Chaque affaire évoque des souvenirs de ce qui aurait pu être.
Et chaque femme vous en rappelle une autre...
ou, si vous êtes vraiment mordu, la même femme.
Surprise!
Tu ne devrais pas forcer les portes, Mickey.
Pas avec ta réputation. Et Halloween, c'est ce week-end.
Alors on est en avance.
Liberty Levine, dis bonjour à Jake Gittes.
Liberty Levine?
Il peut serrer dans sa main un rouleau de dollars en argent.
- Qu'est-ce que c'est? - Une grenade.
Tu devrais le savoir, tu es un héros de guerre.
Lâche pas la poignée, Jake.
Tu n'as que 4 secondes pour répondre à tes appels, morveux.
C'est pas assez. Tu es très demandé aujourd'hui.
Weinberger, Escobar, Weinberger, Weinberger...
Il doit vouloir faire un procès. Linda. Escobar, Linda encore.
Elle est folle de toi. Je me demande ce qu'elle te veut.
Escobar, je sais ce qu'il veut: l'enregistrement d'ici demain soir,
ou tu reçois une injonction
pour recel de preuves, complicité... Donc, Jake...
Tu as le Criminel, le Civil, et l'Amour.
Mais avant d'en arriver là, tu m'as, moi.
Tu dois faire une chose pour moi. Un service.
Un service?
Je crois que la bande est dans ton coffre.
Je veux que tu ouvres le coffre, que tu y jettes la grenade,
et le plus important, que tu refermes le coffre.
- Tu es fou, Mickey. - Peut-être.
Mais tu veux garder la santé?
D'accord.
Je me trompais. Ce n'est pas là.
Liberty?
Joli numéro. Salue le public.
Où est-il, Jake?
- Chez mon avocat. - Chez ton avocat?
Je veux cet enregistrement pour demain. Sois réglo.
Sinon je vais devoir te réprimander sérieusement.
J'en sème partout. Pardon.
Restez allongé.
Mickey vous a fait ça?
Je l'ai vu avec Liberty, on s'est croisés dans l'escalier.
Mme Bodine...
Comment connaissez-vous le pire gangster de L.A.?
On s'est rencontrés. Courses de chevaux, projections privées,
un championnat de boxe.
- Jake nous a présentés. - Berman?
Lui et Mickey sont amis d'enfance. De grands copains.
Que puis-je pour vous?
Témoignez que Berman savait que sa femme couchait avec son associé.
Rien que ça?
Et je veux la bande qui prouve que Berman a assassiné mon mari.
C'est ce qu'on dit, mais à mon avis, elle ne prouve rien.
J'aimerais l'avoir.
- Mme Bodine... - Lillian.
Lillian.
- C'est contraire à la déontologie. - La déontologie?
J'ai certaines obligations fondamentales.
Ne pas me servir d'informations nuisibles à un client
quand je les ai obtenues au service de ce client.
Je vous engage. Prouvez la préméditation.
- Lillian, écoutez-moi... - Faites boucler ce rat.
C'est tout ce qui compte.
Même pas 5 ou 6 millions?
La part de votre mari.
Berman vous la laisse.
- Je peux téléphoner? - Je vous en prie.
Votre avocat vous dit de refuser 6 millions?
Oui.
- Vous l'écoutez toujours? - Plus ou moins.
- Et lui, il écoute qui? - Comment ça?
Cette femme, chez vous, il l'écoutait.
Tout le monde écoute Mattie Rawley.
- Il est son avocat? - Celui de son mari.
Pourquoi M. Rawley s'intéresse-t-il à Jake Berman?
C'était un ami de Mark. Il m'a présenté Mattie.
Voilà ce que je vais faire.
Je ne peux pas vous donner la bande, mais vous pouvez l'entendre.
Mark et Kitty, on les entend... parler?
En gros, oui.
Si vous ne pouvez pas, je comprends.
Je peux.
C'est bon?
Adam boy charlie, adam boy charlie. Lawrence Walsh.
- Sauve qui peut! - Qu'est-ce qui se passe?
Deux livreurs d'une laverie devant ta porte...
Une livraison...
Chéri.
Il y a une femme qui peut donner du souci à "akey", et tu sais qui.
Ça vous dit quelque chose, "akey"?
Mark appelait parfois Berman "Jakey".
Il y a une femme qui peut donner du souci à "akey", et tu sais qui?
"II y a une femme qui peut donner du souci à Jakey, et tu sais qui?"
- A peu près. - Chéri, je pense que tu sais...
qu'il s'agit de Katherine Mulwray.
Mark, pas ça encore.
Il croit que cette Katherine pourrait inquiéter Berman.
Mark vous a jamais parlé d'elle?
Mark ne me parlait pas de femmes. C'était un coureur.
Et il n'avait pas à courir loin.
Si j'arrive à la joindre, je prouve que Jake a profité du terrain.
- On pourrait tous être riches. - Tiens-moi, serre-moi.
- Vous voyez? - Quoi?
Tu sais ce que c'est, "whipstocking"?
Des fouets et des bas? Ce salopard était vraiment...
Lillian, du calme.
Je savais bien que Kitty était une perverse.
- Kitty, comment peux-tu? - Arrêtez ça.
...au salon de beauté... - Je ne veux pas entendre.
Je ne veux pas l'entendre! Non, je ne veux pas l'entendre!
Espèce de salaud! Je ne veux pas l'entendre!
Je ne veux plus l'écouter!
Allez.
D'où sors ce revolver?
Allez, Allez. C'est fini.
Appelez une ambulance!
- Je m'en vais. - Je vous aide.
Empêchez-moi.
- Je ne veux pas rentrer chez moi. - Alors restez.
Je ne réponds plus de rien!
- Lâche-moi, salaud! - Ça suffit.
Ça suffit! Ça suffit!
Ne me force pas. Ne me force pas.
Tu vas me forcer, hein?
Tu vas me forcer? Tu vas me forcer, hein?
Oui, oui, oui, je vais te forcer. D'accord.
Finis d'enlever ce machin.
Honnêtement, j'essaie de me conduire en gentleman.
Mets-toi à genoux. Allez, à genoux.
Lève ton cul et ne bouge que si je te le dis.
J'ai trouvé des documents.
Tu connais Mme Bodine. Lawrence Walsh, mon collaborateur.
Mme Bodine m'a longuement consulté...
Je vois.
Nous avons examiné divers points, et Mme Bodine souhaite nous employer
pour trouver l'ancien propriétaire du terrain.
Pardon, Jake. Je peux te parler un instant?
Excusez-nous, Mme Bodine.
Le rapport des assureurs de Berman.
L'ancien propriétaire est Mickey Nice.
Regarde ce qui précède.
Ne t'affole pas. On ne sait pas ce que ça veut dire.
Katherine a été bien bonne de donner ses terres!
De Katherine à Mickey à Berman, même date, même lieu.
- C'est Ralph. - Dans mon bureau.
Ralph? Un instant. Il est à vous tout de suite.
- Tout va bien? - Très bien.
Je suis devant la laverie de Bay City.
Et quelqu'un d'autre suit Berman.
- Les flics. - Non. Un type en Studebaker.
- Pas les flics? - Non.
Suis Berman. Prends le numéro de la Studebaker. J'arrive.
Tu crois que M. Walsh se doute...
Absolument pas.
- Ils sont à l'intérieur. - Qui?
Berman, Mickey, Liberty et une blonde.
Une blonde?
Qu'est-ce que Chuck Newty fout là?
- C'est lui? - Oui.
Reste avec Berman, je m'occupe de l'avocat. Tu as de la monnaie?
Mieux vaut parfois suivre la pièce qui ne s'imbrique pas.
Newty ne fait rien à moins de 30$ de l'heure.
S'il filait Berman, c'est qu'il avait un client.
On peut suivre l'action et faire de belles photos.
On peut suivre son instinct, ce qui risque d'attirer des ennuis.
Ou bien on peut suivre l'argent,
ce qui, neuf fois sur dix, vous rapproche de la vérité.
Il y avait la marque de Rawley sur les allumettes de Newty,
le briquet de Lillian et la moitié des puits de pétrole de L.A.
Qui d'autre aurait les moyens de payer l'avocat?
En 1972, un certain José Linguines Martinez,
qui traversait le pueblo de Los Angeles,
découvrit un lac de bitume,
avec de nombreuses mares agitées de bouillonnements.
Les animaux assoiffés s'enfonçaient dans le goudron.
Leurs cris attiraient les prédateurs.
Nous en avons retiré un million de spécimens.
Un animal après l'autre, mourant du désir de manger l'autre mourant.
Le plus grand document qui soit sur la vie sur terre.
Enlisés dans le plus grand lac de pétrole au monde.
35 km de long. 60 km de large. Tout le bassin de Los Angeles,
où nous travaillons et vivons aujourd'hui. Par ici, mesdames.
Vous faites combien de métiers?
- Superbe, votre discours. - Merci.
L.A., le plus grand lac de pétrole au monde.
M. Gittes, pouvons-nous en discuter un autre jour?
Vous m'avez appelé plusieurs fois.
Ça avait l'air urgent.
Après l'explosion, je m'inquiétais pour vous.
C'est très attentionné, Tyrone.
- Qui vous a parlé? - Parlé?
- Berman? - Parlé de quoi?
Ou quelqu'un de Rawley Petroleum?
Alors... Berman. Levine.
Et une femme. Une blonde.
Tu n'as pas mieux?
- Heu, non. - Tu l'as suivie?
Tu m'avais dit de suivre Berman.
Berman avait rendez-vous chez son avocat.
On ne suit pas quelqu'un quand on sait où il va.
Tu m'avais dit de rester avec lui.
- Qui est cette femme? - Et elle?
Laura Teel. Tu te souviens d'elle, non?
Avec son gant en caoutchouc! II s'en va. Elle est seule.
Dépêche-toi.
MIle Teel, quel plaisir.
Que faites-vous ici?
- Alors, on me surveille! - Non, Mme Berman.
Votre mari a tous les éléments pour obtenir le divorce.
- Si seulement il voulait divorcer. - Il ne veut pas?
- Vous avez vu Lillian. - Moi?
Oui.
Lillian adore l'angora. Vous faites bien du désordre.
On peut compter sur elle pour attirer l'attention.
De quoi m'a-t-elle traitée? A part de salope frigide.
- De tueuse. - De tueuse?
J'ai attiré son mari au lit
pour que mon mari le tue par jalousie?
- C'est ça. - Et la suite?
Rien de plus. Vous le faites tuer légalement
pour que le terrain vous revienne.
Jake ne veut pas de l'argent de Mark.
Je suis sûre qu'il garantira à Lillian la part de son mari.
- Elle ne veut que la bande. - J'ai du mal à le croire.
Vous êtes très avisée, mais j'ai des cravates plus vieilles que vous.
Mme Bodine veut mettre votre mari en prison.
A son avis, la bande contient une preuve.
Si elle a raison, je veux le savoir avant la police.
Je suis sûre que mon mari a agi par amour pour moi.
Mais supposons que vous avez tort, et moi aussi,
que ce n'est ni par amour, ni pour l'argent? Alors pourquoi?
C'est impossible. Il doit y avoir une raison.
Cette raison est sur cette bande.
Je ne vois vraiment pas.
Seriez-vous surprise d'apprendre que votre mari a une liaison?
- C'est vrai? - Ça vous étonnerait?
Pas forcément.
Autrement dit, il vous aime assez pour tuer quelqu'un,
mais ça ne vous étonne pas qu'il vous trompe?
- Qu'en dira un jury? - Qui est la femme?
N'aimeriez-vous pas le savoir, dans tous les cas?
S'il a une liaison, j'aimerais le savoir, oui.
Et vous me direz ce que je veux?
C'est-à-dire?
Ce que Bodine vous demandait dans l'enregistrement.
Ce dont je me souviens. Pas forcément ce qu'il vous faut.
- Qui est-ce? - La coloriste.
- Revenez tout à l'heure. - Très bien.
Je vous rappelle que vous ne m'avez pas encore prouvé
que mon mari a prémédité quoi que ce soit.
- Et si je le prouve? - Alors, nous verrons.
Après tout, chaque chose en son temps.
Ces gens sont venus il y a 2 ans et demi.
Je me souviens très mal de la transaction.
Et ces photos ne me rafraîchiront pas la mémoire.
Je ne souhaite pas parler de ces gens-là.
Dites-moi seulement,
pourquoi MIle Mulwray n'a pas fait de cession directe à M. Berman.
Je suis notaire, pas devin.
Je fais ce qu'on me demande.
Les droits miniers n'apparaissent pas.
Tout cas particulier fait l'objet d'un autre accord.
- Et s'il n'y en a pas? - Le cédant conserve
tous les droits non spécifiés.
Dolores, raccompagnez M. Gittes.
Susceptible!
Comment est-ce arrivé?
Allons! Vous pouvez me dire.
C'est arrivé comme ça. Il leur a dit.
Il y a 3 semaines, je venais d'être engagée,
quelqu'un a posé les mêmes questions.
Et l'un des autres est revenu et lui a brisé la mâchoire?
Lui, hein? Oubliez-le.
Et celui qui demandait? Vous vous souvenez de lui?
Je parie qu'il vous a fait du plat.
Il est marié!
Plus maintenant.
M. Rawley est bien aimable de me recevoir si vite.
Il s'en fait un plaisir, M. Gittes. Il n'est pas loin.
- Vous aimez les crevettes? - Certainement.
Elles sont bonnes par ici.
Je préfère les allumettes. L'odeur du soufre.
D'après Chuck, vous voulez me parler de Mattie?
J'espérais que vous pourriez m'aider pour Lillian.
Ça concerne Chuck et Mattie, ma femme.
- Ce ne sont pas mes affaires. - Pas vos affaires?
Quand on est dans le pétrole,
- On s'occupe des affaires de tous. - Exact.
C'est pour ça que vous fouillez chez moi
et faites suivre Berman?
- M. Gittes, je... - Chuck, excuse-nous. Merci.
Avant sa mort, Mark avait compris qui étaient les associés de Berman.
Il craignait d'avoir un commanditaire en la personne de M. Nice.
Mark avait peur. Il est venu demander mon aide en ami.
- Peur de Berman et de M. Nice? - Exactement.
Mais pas de s'envoyer la femme de Berman.
Je vais vous dire, John.
Donnez-moi votre version,
et je vous dirai si vous avez raison.
Vous pensez qu'il y a du pétrole sous le terrain de B & B.
Et vous cherchez les détenteurs des droits miniers.
Sous ce terrain, je ne trouverais que de l'air chaud et du gaz.
Vous savez pourquoi? Regardez la côte.
Summerland, Huntington Beach, Bolsa Chica. C'est là qu'est le pétrole.
C'est là que c'est juteux, pas à 2000 m dans les terres
et à 800 m sous du granit de crétacé.
Vous êtes satisfait?
Los Angeles a quelque chose
qui la rend différente du reste du monde, John.
Pour deux raisons: il y a un désert avec du pétrole,
et il y a beaucoup d'eau autour.
Hollis Mulwray et Noah Cross ont amené l'eau dans ce désert,
et nous devons amener les gens comme eux ont amené l'eau.
Sans mon pétrole, pas d'autos.
Sans autos, pas de routes,
pas de trottoirs, de lampadaires, de pompes, de stations-service,
et pas d'Immobilier Berman loin de tout, parce qu'on ne peut s'y rendre.
M. Berman n'aurait même pas démarré ses affaires.
La clé de tout, c'est le pétrole.
Pas ici! Sur la colline, au 36.
Retour au 36.
Ça sert à quoi?
- Vous avez déjà élevé des chevaux? - Alors ça, non.
C'est comme aider un étalon à monter une jument.
Whipstocking, c'est cajoler l'engin
pour le diriger au bon endroit.
Après s'être donné tout ce mal,
on ne tient pas à ce que la bête rate sa cible.
Votre temps est précieux. Je ne vous oublierai pas.
Ne me laissez pas tomber.
Le vieux cow-boy avait dû en couillonner plus d'un
avec son numéro de bon compère.
Mais il ne parlait pas de chevaux à la saison des amours.
Ce que montait Rawley n'était pas une jument.
Je voulais m'assurer que ce n'était pas moi non plus.
- On se voit ou non? - Où vous voulez.
Au Green Parrot, Cahuenga Boulevard. Après 10h.
- Ça va, mon chou? - Mon chou? Pardon?
Qu'est-ce qu'on vous sert?
- Je reste au bar. - Très bien.
- Vous désirez? - Johnnie Walker, sec.
- Eau gazeuse? - Oui, merci.
Content que vous ayez pu venir.
Tyrone, que voulez-vous?
C'est un HK. Pour photographier l'orientation du forage.
- Du calme, Ty. - Voilà une photo.
Elle prouve que Rawley fore vers l'est, vers Berman,
pas vers l'ouest, l'océan.
Un grand Scotch.
- On parle de pétrole, c'est ça? - C'est clair.
Rawley croit qu'il y en a sous le terrain.
Il met en danger des centaines de vies, avec l'activité sismique.
Il fait du whipstocking. Il faut l'arrêter!
Je ne peux pas. Personne ne peut.
On arrête pas ce genre de types. On donne leur nom à des rues.
Dans ces cas-là, vaut mieux ne rien faire.
Rawley et Berman, un grand voleur en dépouille un petit.
Et après?
- Tu as ma surprise? - Tu te fous de moi?
Alors pourquoi tu es là?
- Et toi? - C'est chez moi, ici. Ton motif?
- J'ai rendez-vous. - Alors sois bien élevé, excuse-toi.
Viens, morveux.
Qu'est-ce que tu vois ici? La classe.
Des gens polis. De gros pourboires. Et gentils avec le personnel.
Si les flics ne faisaient pas monter les pots-de-vin,
ça serait ma meilleure affaire.
Et tes affaires avec Berman?
- Berman est honnête à 100%. - C'est quoi, honnête?
Enlève-lui sa veste.
Je te dis ce qui ne l'est pas.
- Ça sera rapide. - Le chantage.
- C'est-à-dire? - C'est une torture mentale.
La pire. La torture physique, ça peut aller.
On supporte jusqu'à un certain point, et puis on meurt. Terminé.
Mais la torture mentale, c'est insupportable.
Ça n'a pas de fin. Tu as l'enregistrement.
Pourquoi refuser des preuves à son propre client?
Ce n'est pas du chantage? Réponds, tocard.
- Patron, on est dans la merde. - Qu'est-ce que tu racontes?
Souriez au petit oiseau, mesdames.
Vos chapeaux et vos sacs à main. Les fourgons vous attendent.
Et on est bien sage.
Je vous répète sergent, c'était juste pour un coup à boire.
Tu frayes avec un gangster notoire, sous le coup d'une inculpation.
- Et ami de ton client Jake Berman. - Et alors?
Ou bien tu es en affaires avec Mickey, ou bien...
Ou bien quoi?
Un flic des moeurs jure
que tu lui as tripoté les parties aux chiottes.
Ça lui a plu?
Tu pourras le raconter à l'instruction.
Ou bien, prouve que tu ne dissimules rien.
- C'est-à-dire? - Livre l'enregistrement.
Et vous déciderez si c'est une preuve que je dissimule?
Demande une injonction. C'est ma propriété.
On te paie combien?
Corruption, préméditation de meurtre...
Peut-être plus corruption. Peut-être chantage.
- De quoi tu parles, Loach? - Je parle d'inceste.
Inceste?
Comme quand un père saute sa fille. Comme pour les chiens et les calmars.
Quand il a fait chanter les Mulwray.
Je ne me rappelle rien de tel.
Je me rappelle que ton père a tué une innocente
- Sous les yeux de sa fille. - Et il savait tirer!
C'était il y a longtemps.
Et je ne ferais pas chanter mon pire ennemi.
Il y a une limite.
Je vais te dire, Jake.
J'ai connu une pute qui, pour un bon prix, pissait sur le client.
Mais elle ne lui chiait pas dessus. C'était ça, sa limite.
Eh bien, Junior, je peux seulement dire
que j'espère qu'elle ne t'a pas trop déçu.
En arrière! En arrière! Ou je jure que cet enculé de merde...
le sucera jusqu'à en crever!
Suce! Suce!
- D'accord. - Suce.
Tu as pissé dans ton froc, Junior. Va falloir te changer.
Je vous retire le dossier. 30 jours de mise à pied.
Toi, quand j'en aurai fini avec toi, tu regretteras Loach!
Arrêtez M. Gittes. Relâchez-le sous caution. Dehors!
- Dehors! - Lâchez-moi!
Viens ici et assieds-toi. Assieds-toi.
Deux livreurs d'une laverie, une livraison.
Devant ta porte. Une livraison.
- Oui, Gladys? - C'est M. Weinberger.
- C'est urgent. - Passez-le-moi.
- Bonjour, Cotton. - Je suis avec Flynn.
- Dis-lui bonjour. - Jake vous salue.
- Escobar a eu son injonction. - Quand?
A l'instant. Remets la bande ou tu iras en prison.
Au moins donne-la-moi. Je m'en occuperai.
Oui, je vous rappellerai, Cotton.
Tu n'as pas entendu? II a l'injonction.
- Que livraient-ils? - Escobar sera là dans un instant.
Les types de la laverie, qu'est-ce qu'ils livraient?
Un fauteuil, c'est ça?
Je crois. Et des serviettes.
Kitty Berman ne croirait son mari coupable
que si je le lui prouvais.
Elle allait l'avoir, sa preuve,
elle pourrait s'asseoir dessus.
Vous avez oublié d'où ça venait.
L'arme était un Smith & Wesson.38, arme de service.
Avec un canon de 3 cm, comme celui-ci.
Le fauteuil a été livré au motel Bird of Paradise,
40 minutes avant votre arrivée, par la laverie de Bay City,
par l'un des camions de Mickey.
Alors, Mme Berman? Mme Berman?
Attention!
- Kitty? - Ecarte-toi.
- Kitty? - Laisse-moi.
J'ai une offre pour vous.
Quand vous voudrez parler, trouvez un endroit discret,
où on ne risque pas de me remettre l'injonction.
- Autre chose? - Prévenez Mickey,
que j'ai volé son camion avant qu'il le dise aux flics. S'ils m'arrêtent,
j'ai de quoi vous faire coffrer tous les deux. Meurtre avec préméditation.
On joue 20$ le trou?
Eh bien quoi? Trop riche pour vous?
Arrêtons les simagrées. C'est votre vie qui est en jeu.
Attendons d'être sur le parcours.
- J'ai 1 4 de handicap. - Neuf.
Bon. Je suis chez moi. Egalité. 20$ le trou?
- Oui, allez. - Après vous.
Fameux coup.
Beau rebond.
Joli putt.
Ça coûtera combien? 100, 200, 300?
Si je ne le donne pas à Escobar, il me met en prison.
Je paie vos frais. Outrage au tribunal, rien à foutre!
Plutôt complicité d'assassinat.
Escobar croira que c'est moi que je couvre, pas vous.
Je peux vous rendre la vie très facile.
On n'est jamais trop prévoyant.
Il n'y a rien de pire que la malchance.
Quelle est votre offre?
Comment avez-vous convaincu Katherine de vous céder le terrain?
- Elle l'a proposé. - Bodine le savait?
C'est pour ça que vous l'avez tué? II était trop curieux, comme moi?
Elle va bien, Jake.
Mettez-moi en contact avec elle.
- Je ne peux pas. - C'est mon offre.
Mon offre, c'est: la bande à la fin du parcours,
ou je vous fais tuer. Mon argent ou votre vie.
Le golfeur unijambiste!
Ça va?
Détends-toi.
- Qu'y a-t-il? - N'oubliez pas, Jake.
- Et sa femme? - Je ne l'ai pas vue.
Le grand est sorti et a téléphoné à Nice, il a parlé d'EIsa, de radios...
- Gaffe à tes pieds. - Tu as de la monnaie?
Du calme. Ça va aller, Jake. Tout ira bien.
Vite, s'il te plaît. Ils attendent à l'hôpital.
Une blonde...
J'ai l'habitude de voir la vie intime des gens,
mais des radios, il n'y a pas plus intime.
Le genre de choses dont on ne parle même pas à sa femme.
La maison doit avoir l'air d'être vide.
On essaie toujours de me remettre l'injonction.
Donnez la bande.
- Pardon? - Donnez la bande à la police.
Sinon, c'est outrage au tribunal. Vous irez en prison.
- Je peux avoir un verre? - L'audience a lieu demain.
Vous devez répondre à des questions.
- Scotch et eau gazeuse? - Parfait.
Il n'y a rien que vous ne sachiez déjà.
Nous verrons.
- Merci. - Comment se porte votre mari?
Très bien. Autre chose?
Que vous demandait Bodine sur Katherine Mulwray?
Elle semble avoir gardé les droits miniers du lotissement.
Mark pensait qu'ils avaient de la valeur.
Il essayait de la retrouver.
Je me souviens mal. Quand on est...
avec quelqu'un comme ça... Enfin, vous voyez.
Oui, je vois.
J'étais sincèrement infidèle.
- Avec un homme très ambitieux. - Et alors?
- On l'a peut-être tué pour ça. - Pour des droits miniers?
Jake... Jake aime la terre.
Il ne tuerait pas pour des droits miniers. Croyez-moi.
Mon Dieu. Linda.
Chérie, je voudrais te présenter...
Pas la peine. Je vois que tu es en plein travail.
Pas besoin de présentations. Ne t'arrête surtout pas.
C'est seulement pour dire que je ne veux jamais te revoir.
Je suis désolée.
Ce n'est pas votre faute.
- Votre fiancée? - C'était.
Quand vous lui aurez tout expliqué, elle se calmera, elle comprendra.
Quoi?
Que regardez-vous?
Jake me l'a donné.
- Ça s'est emmêlé. - Laissez.
- Quelle fleur est-ce? - Un pavot.
Pourquoi deux couleurs?
On peut changer la couleur des fleurs sauvages.
Incroyable.
Comme les feux de l'été, il suffit de brûler la graine.
Ce n'est pas définitif.
Les fleurs sauvages sont instables, il faut recommencer.
Comme on se teint les cheveux.
Exactement. Sinon, la couleur...
revient.
Je ne comprends pas.
Pardon.
Tout ce que je voulais...
Tout ce que je voulais, toutes ces années,
c'était d'être sûr qu'on ne te faisait pas de mal...
qu'on ne t'en ferait pas.
Je ne voulais pas te mêler à ça.
J'y suis mêlé. Grâce à ton cinglé de mari.
Je ne voulais pas t'empêcher de déposer.
Tu as dit que tu me protégerais quoi qu'il arrive. J'en étais sûre.
- Et Jake? - Je ne sais pas.
Jake, je ne sais pas...
Il m'a fait croire que je pouvais mener une vie normale.
Il était romantique.
C'est un assassin, n'est-ce pas?
Oui.
Donne la bande.
Il est dans la nature d'une audience préliminaire de tolérer,
voire d'encourager un caractère informel.
Toutefois, je vous rappelle que nous cherchons à établir
si un crime a été commis.
Il n'y a pas de plus grave sujet pour ce tribunal.
Que les avocats s'approchent.
Ce genre de preuves est un peu nouveau.
Si besoin est, je veux que les témoins restent à notre disposition.
D'accord. Merci.
Que les détectives Tilton et Walsh s'approchent.
Avec tout mon respect, je vous prie d'évacuer la salle,
sauf les personnes directement concernées,
vu la nature délicate de ce que nous allons entendre.
C'est une audience publique,
et puisqu'il n'y a pas de mineurs, poursuivons ainsi.
- Merci votre Honneur. - M. L'huissier?
Je demande le silence complet dans la salle.
Adam boy charlie. Adam boy charlie.
Lawrence Walsh, motel Bird of Paradise,
27 octobre 1948, 1 3h.
Je suis dans la chambre 1...
Chéri.
Kitty, comment peux-tu?
- Que se passe-t-il? - Tu me dis que tu vas...
C'est différent. Il l'a truquée.
- C'est la procédure. - C'est autre chose.
Et c'est bien où on m'a dit que je te trouverais.
Chambre 19-H... Le motel Bird of Paradise... Redondo...
Calme-toi, Jake. Déconne pas.
Comment peux-tu? Comment peux-tu? Avec lui?
Ils l'ont changée.
- Pas avec lui! - Ils l'ont changée.
Faites-la sortir!
- Calmez-vous, madame. - D'où sort ce revolver?
Appelez une ambulance!
Prends des photos de tout, Larry.
Ce n'est pas ça! Ils l'ont truquée!
Salaud! Mais quel salaud!
- C'est tout, M. Gittes? - Oui, votre honneur.
Etait-ce la voix de M. Bodine à la fin
qui disait "Non, Jake, je vais..." quelque chose?
Oui, votre honneur.
Quel était le contexte?
Mon associé le photographiait.
Et "je vais..." quelque chose?
C'est quand M. Bodine a sorti le revolver pour nous en empêcher.
- Il n'était même pas dans la pièce! - Il ment comme il respire!
Est-il exact que vous n'étiez pas dans la pièce?
Objection!
Pour donner le temps à M. Gittes d'inventer quelque chose?
M. Hannah, adressez-vous au tribunal. Objection rejetée.
Vous pouvez répondre, M. Gittes.
Je suis sûr que j'étais dans la pièce,
mais je ne sais plus où j'étais quand on a tiré.
- Et toi, Larry? - Moi, j'étais sous le lit.
J'ai cru que Berman avait le revolver en premier. Mais d'où l'avait-il?
Objection! Les témoins discutent entre eux!
Ils n'ont même pas prêté serment!
J'ajoute qu'il est troublant de voir le procureur
prendre ses objections chez M. Escobar.
Messieurs!
Sommes-nous au moins d'accord qu'il y avait un revolver?
- Je suis d'accord. - Je l'espère.
Très bien. Le revolver est déclaré à quel nom?
Au nom du défunt, Mark Bodine.
- Le bar du Green Parrot. - Est-il exact
que vous avez été arrêté au Green Parrot?
Le témoin a été accusé, mais non condamné.
- Accusé de quoi? - Accusé?
- Le chef d'accusation. - Eh bien...
M. Gittes tripotait les parties d'un agent des moeurs
dans les toilettes du Green Parrot.
- Objection! - D'accord avec vous.
Je ne sais pas ce que vous cherchiez à obtenir
avec ce genre d'élément, M. Hannah.
Il n'a pas place dans mon tribunal. Un conseil.
La prochaine fois, ayez un dossier plus solide.
L'audience est levée.
M. L'huissier, suspension d'audience.
Peut-être n'avais-je pas dit toute la vérité.
De la vérité, j'ai appris ceci:
une petite dose dure longtemps.
Etaler le passé de Katherine Mulwray dans le L.A. Times
ne ferait de bien à personne.
Cette vérité-là, je la partageais avec Jake.
Ses radios en disaient plus long que quelques mots effacés d'une bande.
Peu importe qui prononce la sentence, médecin ou juge.
Ainsi, Katherine peut affronter ses fantômes toute seule.
Et je peux me dire que j'ai tenu ma promesse.
Mais c'est ça le problème avec le passé.
Il en reste toujours davantage.
Tu veux le voir?
Quoi de neuf?
On va dans la maison modèle. Ferme un instant.
D'accord.
Croyez-le ou non, j'avais une ambition:
bâtir pour les G.I., les jeunes.
G.I. ou non, ce sont les seuls pavillons de la Vallée
avec des murs en lattes et en plâtre et avec des parquets.
Vraiment?
Construit pour durer.
Quelque temps, au moins.
Il y a quelques années, Kitty et moi étions à court d'argent.
Posséder notre propre maison était un rêve.
Je pensais bien que vous les aviez.
Bodine savait que vous étiez malade?
Je ne l'ai appris moi-même que ces jours-ci.
Elsa, mon médecin, m'a dit
que les implants radium ne prenaient pas.
Pauvre de moi. Pendant des mois, couvert de boutons et de plaques,
et j'essayais de le cacher à Kitty.
Et cette saloperie ne me lâche pas.
Ainsi le chantage de Bodine ne concernait que Katherine Mulwray?
Comment a-t-il su qui était votre femme?
Il s'intéressait aux droits miniers.
Il a trouvé l'acte de cession à Mickey, et le notaire.
Il menaçait de révéler son identité si elle ne lui cédait pas les droits,
si elle ne lui cédait pas le terrain.
Vu l'ordure, il l'aurait fait après ma mort de toute façon.
Il visait bien plus que ça.
Tout va bien?
Combien cela va me coûter?
Combien croyez-vous?
- Kitty vous a dit qui elle était? - Non.
- Comment avez-vous découvert? - J'ai fait mon travail.
Elle ne pouvait pas vous dire, et elle ne savait pas ce que je faisais.
J'avais trop peur de lui dire que j'étais malade.
Rien ne serait arrivé, si elle avait su.
C'est ma faute.
Je ne me déshabillais pas devant elle. Je dormais dans le cabanon.
Elle croyait que je ne m'intéressais plus à elle.
On voulait un bébé.
C'était terrible pour elle. Vous connaissez Kitty.
Elle cherchait quelqu'un qui la rassure,
et Mark s'est trouvé là, prêt à en profiter.
Vous avez pris un risque en m'engageant.
Comment prévoir que Bodine parlerait de Kitty?
- Et il y avait autre chose. - Quoi donc?
Il baisait ma femme.
Allons, Jake!
Allons, Jake
Ça va, Jake?
Allons, Jake, tirons-nous d'ici.
Attends, vaut mieux vérifier...
Regarde ce qui sort des chiottes,
du lavabo, de la douche. Je ne sais pas, regarde.
Il a raison. De la merde partout!
De la merde qui vaut cher!
Et comment! Les procès vont pleuvoir.
C'est du pétrole! C'est ce que Rawley et Bodine cherchaient!
Ils foraient sous votre terrain!
Mon pétrole?
Pas pour longtemps, si on ne se tire pas. Venez, Jake.
- Alors c'est à Kitty? - Venez, Jake.
- Je reste fumer une cigarette. - Quoi?
Vous voudriez une autopsie à ma place?
Ce ne serait pas bon pour Kitty. Du feu?
Vas-y. Donne-lui du feu.
Foutez le camp. Allez.
Casse-toi. Allez, casse-toi.
Chère Kitty, je ne peux pas te le dire en face.
Depuis que je te connais,
je ne voulais qu'une seule chose: veiller sur toi.
Savoir que tu m'aimes et que tu m'estimes.
Je n'aime pas qu'on me rappelle
qu'un jour je ne pourrai plus te protéger.
Tu me le rappelles plus que personne.
Il suffit que tu rentres dans une pièce
l'air d'avoir besoin d'aide, pour ouvrir une boîte de soupe,
ou pour boutonner ta robe.
Si je t'ai fait du mal chérie,
essaie de me pardonner. C'était pénible,
de savoir que je ne pourrai plus te protéger.
Je t'aime, Kitty.
Le salaud.
Pourquoi ne pouvait-il pas me le dire en face?
- Parce que je crois qu'il... - Pourquoi ne m'avez-vous rien dit?
Je pensais que c'était à lui de le faire.
Pourriez-vous...
Quoi?
- Pourriez-vous... - Ce que vous voulez.
Ouvrir la fenêtre.
Oui, je le peux.
Merci.
Mme Berman, si vous voulez lui parler,
ça peut vous faire du bien. Je peux sortir.
Est-ce que ça part?
- Quoi? - Le passé.
Il faut y travailler dur.
- Je ne peux pas toute seule. - Ce ne sera pas nécessaire.
- Il ne faut pas. - N'en soyez pas si sûr.
C'est votre problème. Vous ne savez pas qui vous faites marcher.
Vous veillez trop bien sur moi.
Une habitude difficile à perdre.
Pensez à moi, parfois.
Ça ne part jamais.
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