All language subtitles for Four.Days.in.September.1997.PORTUGUESE.1080p.WEBRip.x265-VXT.FR

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Original subtitles

RIO DE JANEIRO D�but des ann�es 60

En 1964, le gouvernement d�mocratique du Br�sil

a �t� renvers� par un coup d'�tat militaire.

En D�cembre 1968, la junte militaire qui gouverne le Br�sil

d�cr�te l'Acte Institutionnel n� 5,

supprimant la libert� de la presse et tous les droits des citoyens.

� bas la dictature !

Le peuple uni restera invaincu !

Quatre jours en septembre

Un petit pas pour l'homme...

20 Juillet 1969

Un pas de g�ant pour l'humanit�.

"Un pas de g�ant pour l'humanit�".

Et modestes avec �a !

C'est digne d'Hollywood !

Tr�ve de jalousie ! L'Homme a march� sur la lune.

Tu aurais pr�f�r� que ce soit un Russe.

J'ai pris une cuite pour le spoutnik, une autre pour Laika.

Laika ?

La chienne de l'espace.

Mais la vraie biture, je l'ai prise pour Gagarine et l'autre type...

Titov.

Titov.

L� c'est trop, non ?

La cavalerie yankee

a conquis la lune sans avoir un indien � tuer.

Tu n'y es pas, ils ont d�clar� la guerre aux lunatiques...

Comme toi.

Mieux que les spoutniks et les Gagarine.

Une excellente �mission de t�l�.

Qui n'a co�t� que 180 millions de dollars.

John, vous �tes d'un cynisme !

Ce n'est rien de plus qu'un acte politique.

Erreur : c'est une victoire pour le monde entier.

Un �cran de fum�e pour la branl�e qu'on a prise au Vietnam.

Cette affaire de conqu�te de la lune est du plus mauvais go�t.

Dans la vie de ce cosmonaute...

Tout sera anti-climax.

Il a v�cu l'aventure de sa vie, n'est-ce pas notre but � tous ?

Sans aucun doute.

Bien, quittons la lune et revenons sur terre.

Rien ne va plus, la presse est censur�e.

L'extr�me droite est au pouvoir et pour longtemps.

Que penses-tu faire ?

Moi ?

Oui, toi. Nous allons prendre les armes, tu es des n�tres ?

- Vous plaisantez ! - Non, nous sommes s�rieux.

Combien de fois as-tu d�j� tir�, C�sar ?

R�ponds, combien de fois ?

- As-tu d�j� tu� un oiseau ? - J'apprendrai.

C'est un p�ch� pour un s�minariste.

Et tu veux affronter les militaires les armes � la main ?

Si tu veux te suicider, jette-toi par la fen�tre.

Le jeune premier a peur.

Je suis acteur et j'ai peur.

Je suis acteur car j'aime me montrer.

Toi aussi tu aimes �a, non ?

Je prie M. l'ambassadeur, Charles Elbrick, et son �pouse,

de bien vouloir accepter l'hommage de notre club

en cette nuit si glorieuse pour les U.S.A.

Dis donc ! L'ambassadeur danse bien !

Vous l�gitimerez la dictature.

Ils n'ont pas eu besoin d'opposition pour se l�gitimer.

Alors, on croise les bras ?

C'est une aventure sans issue.

Juste ciel, Fernando, c'est de la folie.

La presse est censur�e, le Congr�s a peur.

Un front uni pourrait les renverser.

Raisonnement petit-bourgeois. La r�volution est possible.

Ta d�cision est prise ?

Oui, elle est d�finitive.

Bient�t tu seras sans toit, sans nom...

Oui, je sais.

Te fais pas tuer.

J'essaierai.

Au revoir.

Nous ne nous verrons plus.

Pr�t ?

Oui.

Mets ces lunettes.

Allons-y.

Tu prends la cl� ?

C'est bon... Par ici...

Attends un instant.

Mets la main sur mon �paule.

On va descendre une marche... Regarde devant toi, souris...

Une autre marche.

- La voiture est loin ? - Non, tout pr�s.

Encore une marche.

La vie de Ray Charles doit �tre dure.

Attention � la marche.

On va entrer dans la voiture.

Gaffe � la t�te.

Tu peux �ter tes lunettes.

On va s'asseoir en rond.

Tout d'abord la s�curit�...

Qui conna�t l'un des pr�sents ici ?

Tout le monde a particip� � des manifs, nous avons tous milit�.

Quelqu'un conna�t le nom d'une personne pr�sente ici ?

Parfait...

Car vous allez �tre baptis�s � nouveau, vous allez rena�tre.

Tu t'appelleras Paul, toi Julio.

Toi tu seras Ren�e. Toi, Oswaldo.

Oswaldo ?

Oui, Oswaldo... Moi, je suis Marcao.

Je n'ai pas aim� non plus.

L�nine ne s'appelait pas L�nine, tout comme Trotsky.

Et ils sont entr�s dans l'histoire.

Camarades Paulo, Julio, Ren�e et Oswaldo, vous allez vous lever.

Attendez, laissez-moi finir.

Placez-vous face au mur.

La camarade Maria va parler, elle est notre chef.

Vous ne pourrez voir son visage

avant d'�tre admis dans le groupe.

D'accord ?

Face � ce mur.

Staline n'�tait pas le nom de Staline.

Ta gueule, "Oswaldo" !

Je suis la camarade Maria...

Membre de la direction du Mouvement R�volutionnaire du 8 octobre...

Le MR 8 est en lutte contre la dictature militaire au Br�sil.

De nombreux camarades sont tomb�s, certains sont morts...

D'autres sont en prison, tortur�s par les militaires.

Le sort de ces camarades pourrait �tre le mien...

ou le v�tre.

Cela ne doit pas compter...

C'est qui celui-l�, dans le coin ?

Paulo.

En tant que r�volutionnaires,

nous devons �tre disciplin�s,

et ob�ir aux r�gles.

Compris, camarade Paulo ?

Compris.

Tiens ton arme correctement.

Attention � ton pouce !

Corrige ta position.

D�tends-toi.

Feu !

C'est mieux comme �a, r�arme !

Feu !

Excellent. On dirait un v�t�ran. Tu t'es entra�n� avant ?

Oui, un peu.

Continue.

D�tends la jambe.

Feu !

Tu as progress� depuis hier.

Je m'attendais � pire.

Sur une cible c'est facile, il faut du courage pour viser un homme.

Tiens bien ton arme. Plus bas le pouce !

Vise bien.

Appuie sur la g�chette !

Combien de fois faut-il le r�p�ter ? Sois d�tendu !

Pourquoi tu es crisp� ? Tu as peur du bruit ?

C'est chiant, il ne manque que le couvre-feu et l'ordre serr�...

Seuls des soldats peuvent combattre des soldats.

Le petit sergent s'int�resse � toi, semble-t-il.

Elle veut me baiser ou a envie que je la baise.

- Elle est mignonne, Fernando. - Paulo... Je m'appelle Paulo.

La camarade accepte une critique ?

Toute critique est acceptable pourvu qu'elle soit fond�e.

Vous �tes bonne au tir, mais go�ter votre cuisine

est un test de courage r�volutionnaire.

Attention !

Ce n'est pas un hold-up, mais une expropriation r�volutionnaire.

Nous exproprions une banque

qui soutient cette dictature sanguinaire.

De nombreux camarades

sont cruellement tortur�s dans les prisons militaires.

Vous n'en savez rien, car la presse est censur�e.

Dites � vos amis ce qui se passe !

Nous appartenons au Mouvement R�volutionnaire du 8 oct., le MR 8.

On se tire !

Un nouvel appartement, quel g�chis !

Oswaldo est tomb� parce qu'il a h�sit� � tirer,

il a �t� faible et stupide.

On doit changer de planque...

Moins fort !

Il va cracher le morceau en moins d'un quart d'heure.

Tu as recrut� des idiots.

C�sar n'est pas un idiot.

C�sar ?!

C'est qui, C�sar ?

Je connais son nom.

Quoi ?

Nous sommes amis.

Du calme.

Ta vie normale est finie.

Tu n'as plus de maison, plus d'amis, plus rien.

� cette heure, les militaires savent ton nom.

Tu vas chez Victor ce soir ?

Sans doute, apr�s le match.

- Avec Liliane ? - Si elle n'est pas trop crev�e.

Quelqu'un d'autre, apr�s ?

Non, c'est le dernier.

Chouette, on rentrera plus t�t. Il ne va pas tarder � parler.

- �a suffit. - M�me pas 20 secondes...

Il est bless�. Pas de bavure !

Il va s'�vanouir.

Pas question, il faut qu'il parle.

R�p�te les noms...

Paulo.

Maria...

Marcao...

Ren�e...

Julio...

Urca... 220, avenue du Portugal.

Appartement 204.

D�cris-les !

Maria...

Maigre...

Brune, un peu plus de 20 ans.

Notre recrutement est un d�sastre.

On va se faire prendre les uns apr�s les autres.

Je ne suis pas d'accord.

Pourquoi ce d�couragement ?

Nous avons expropri� une banque. Une premi�re au Br�sil.

Nous avons du fric pour acheter des planques,

des mitraillettes, tout !

Oui, il a raison.

Je ne crois pas.

Nous avons du fric.

L'op�ration est un succ�s malgr� la perte de C�sar.

Mais nous n'avons pas d'audience.

Personne n'est au courant de notre action.

Il nous faut une op�ration qui casse la censure.

Si on enlevait un g�n�ral ?

Ils le laisseraient mourir et en feraient un h�ros.

L'autre jour, j'ai vu passer la voiture

de l'ambassadeur des U.S.A.

Si on le kidnappait ?

- Facile � dire... - Peut-�tre pas.

On n'a jamais enlev� un ambassadeur, ils ne s'y attendent pas.

Si on tient l'ambassadeur am�ricain, le mur de silence s'�croulera.

Les journaux, les radios, la TV...

Tout le monde nous entendra.

Les militaires devront lib�rer nos camarades

qui souffrent en prison.

M. l'ambassadeur.

Hello John, qu'y a-t-il ?

Je suis d�sol� de vous d�ranger, mais c'est urgent.

Urgent ?

La liste des invit�s...

J'ai une r�union au Minist�re des affaires �trang�res � 8 h.

�a ne peut pas attendre ?

Vous �tes nouveau dans ce pays.

Au Br�sil, un cocktail est aussi important qu'une r�union officielle.

Bon, je vous �coute.

D'abord la liste des invit�s.

Il y a trop d'Am�ricains pour un cocktail vraiment �l�gant.

La soci�t� carioca est tr�s distingu�e.

Et... tr�s europ�enne.

C'est un cocktail am�ricain...

Ensuite, vous connaissez M. Oliveira Neto.

C'est un homme d'affaires

- important pour les U.S.A. - Bon...

On ne peut inviter le couple en m�me temps que cette chanteuse.

Elle est sa ma�tresse ?

Non, celle de son �pouse.

- Vraiment ? - Tout Rio est au courant.

Seule la CIA semble l'ignorer.

Bon, occupez-vous-en.

Merci, monsieur l'ambassadeur.

Je vous en prie.

Je peux vous �tre utile ?

Je m'appelle Maria das Dores. Je d�barque de Varginha.

- Dans le Minas Gerais ? - Vous connaissez, Monsieur ?

Ne m'appelle pas Monsieur. Non, je n'y suis jamais all�.

Je viens travailler comme bonne. C'est la bonne adresse ?

Oui, mais nous n'embauchons pas.

Oh mon Dieu, que vais-je devenir ?

Du calme,

le num�ro est peut-�tre invers�.

Merci.

Attendez.

Je sors dans une demi-heure.

Je vais t'aider � trouver cette Paula Alencastro.

Dieu vous b�nisse !

Amen... Dans une demi-heure, hein ?

Du calme, je vais r�soudre cette �nigme.

On n'a pas trouv� aujourd'hui, on verra demain.

Mon Dieu ! Votre patron pourrait m'embaucher ?

La maison est si grande.

C'est celle de l'ambassadeur des U.S.A.

L'ambassadeur !

�a alors !

Pour y travailler,

il faut de l'exp�rience et de bonnes r�f�rences.

De plus, ils vont enqu�ter sur toi.

Pourquoi ?

Question de s�curit�. L'ambassadeur est un homme important.

Je sais, on le voit � la t�l�, entour� de gardes arm�s.

Non.

Il est tr�s simple. Il n'aime pas les gardes arm�s.

Tu vois ce briquet ? Il me l'a donn�.

C'est un homme simple et bon.

Mets-toi � l'aise.

Tu peux dormir sur le sofa. Je t'apporte des draps.

Vous n'avez pas de bi�re ?

Je t'en apporte une.

You dance very well.

Tu danses vraiment bien.

Je parle anglais. Il le faut, dans une ambassade.

Je ne vous pensais pas aussi important.

Je suis le chef de la s�curit�.

Je leur ai dit d'�ter le drapeau des USA

de la voiture de l'ambassadeur. Ils m'ont ob�i sur-le-champ.

�a risquait d'attirer les terroristes.

Les gringos ne sont pas toujours malins.

- Les terroristes ? - Oublie �a.

Tu es tr�s jolie.

Vous dites �a � toutes les filles.

Non, toi tu es tr�s sp�ciale. J'aimerais t'aider.

Des mots...

Vas-y, demande.

All�, papa !

Joana ? Que se passe-t-il ?

Non, papa, c'est Clara.

Clara ? Tu as vu l'heure ?

Tu nous r�veilles, ta m�re et moi.

- Camarade Paulo ? - Oui ?

Je suis Toledo, et voici le camarade Jonas.

Ravi de te conna�tre camarade, ainsi que le camarade Jonas.

On va rester plant�s l� pour attirer l'attention des voisins ?

Entrez... Laissez, je m'en occupe.

J'ai l'honneur de vous pr�senter les camarades Toledo et Jonas.

Du Front National de Lib�ration.

Leur exp�rience de la lutte � Sao-Paulo

nous aidera pour notre mission.

Le camarade Toledo est un v�t�ran de la guerre civile espagnole.

Il a un pass� de d�fenseur de la cause

libertaire dans notre pays.

Le camarade Jonas a fait preuve d'un courage hors pair

lors d'op�rations risqu�es � Sao-Paulo.

Bienvenue � Rio, que notre mission soit couronn�e de succ�s.

Je serai bref...

Le commandement de cette op�ration m'a �t� offert.

Dor�navant, c'est moi qui donne les ordres.

Vous y ob�irez aveugl�ment.

Sans discussion.

Nous serons un groupe uni, homog�ne et disciplin�.

Notre t�che est difficile et ne tol�re aucune h�sitation.

Je tuerai le premier qui h�sitera...

ou ne sera pas d'accord.

S'il y en a un autre, je le tuerai aussi.

Ai-je �t� clair ?

Julio et Marcao sont de bons tireurs.

Il nous faut des voitures en couverture.

- Camarade Paulo. - Maria ?

Camarade Maria.

Tu ne participeras pas � l'op�ration.

L'id�e est de moi.

Tu attendras ici.

C'est quoi ce merdier ?

C'est mon id�e.

Ce sont les ordres de Jonas, c'est lui le chef maintenant.

Quelqu'un conteste ses ordres ?

Ce sont des enfants, des petit-bourgeois,

des aventuriers...

Une bande d'amateurs.

Certains ne sont pas pr�ts pour une action arm�e.

Je sais.

Mais reconnais qu'ils ont eu une grande id�e.

Ils ont obtenu l'argent n�cessaire.

Et ils ont r�dig� un sacr� communiqu� de presse.

Nous ne devons donc pas les sous-estimer.

Nous sommes l� pour les aider et nous les aiderons.

Le pr�sident Nixon a autoris� le retrait...

Jeudi 4 septembre 1969

... de 25 000 soldats du Vietnam.

La m�t�o annonce un temps ensoleill�,

les temp�ratures seront en baisse.

Il a 15 minutes de retard.

D'habitude il part � 9 heures...

Un ambassadeur n'a pas d'horaires fixes.

J'esp�re que son itin�raire est fixe.

- Police militaire. - Bonjour.

Il se passe quelque chose d'�trange

au croisement des rues C. de Abreu et Marques.

Un instant...

Ici le sergent Eiras, � votre service.

Il y a trois hommes et une femme dans une voiture,

� l'angle de la rue Capistrano Abreu.

Leur attitude est suspecte.

Qu'entendez-vous par "suspecte" ?

Ils sont l� depuis une demi-heure.

Ils attendent et ils sont tr�s nerveux.

Pouvez-vous lire la plaque ?

Une minute...

Guanabara, 1-28-34.

Bonjour.

Vous �tes si matinale ! Tout va bien ?

J'ai fait un mauvais r�ve.

Vous n'aviez pas pris de petit-d�jeuner depuis Eisenhower !

Bonjour, monsieur l'ambassadeur.

C'est quoi votre r�ve ?

C'�tait durant la 2e guerre, vous �tiez en Roumanie...

C'est juste...

Il faisait nuit dans les montagnes de Transylvanie et le comte Dracula

- vous observait. - Il m'a mordu � la gorge ?

Non, mais son visage �tait effrayant.

Savez-vous ce que cela signifie ?

Non... � votre avis ?

Les vampires respectent l'immunit� diplomatique.

- Elle a fait signe ? - Elle a interrompu son geste.

C'est l'ambassadeur portugais.

Elle est incomp�tente.

Du calme, la voiture ressemble � celle de l'ambassadeur des USA.

Celle des USA n'a pas de fanion.

Heureusement que vous appelez.

Ils sont toujours l�,

leur comportement est de plus en plus �trange.

Ne vous en faites pas...

La voiture est en r�gle, pas de probl�me.

La voiture peut-�tre, mais ces gens...

�coutez mon conseil, Madame...

Allez vous reposer un peu.

Dites donc, il ne faut pas me prendre pour une idiote !

Je ne suis pas fatigu�e, j'ai bien dormi la nuit derni�re.

Au revoir ma ch�rie, retournez vous coucher.

M. l'ambassadeur, l'agent de s�curit� n'est pas arriv�.

Il y a des probl�mes avec les trains.

Tant pis, on y va quand m�me.

Ouvre cette putain de porte !

Baisse la t�te.

Je le savais.

Ne sois pas impatient, camarade.

C'est la cinqui�me fois que tu sors...

Les voisins vont trouver �a bizarre.

Une demi-heure de retard.

�a ne se r�gle pas sur l'horloge.

Comment peux-tu rester calme ?

Un jour tu le seras �galement.

Si je survis... Je mourrai peut-�tre jeune et nerveux.

Peut-�tre.

Bouge pas, sinon tu meurs.

Ils sont arriv�s.

Nous avons enlev� l'ambassadeur des USA !

Voici un communiqu� sp�cial...

Bonsoir. Des terroristes

ont enlev� aujourd'hui � Rio

l'ambassadeur des �tats-Unis, Charles Burke Elbrick.

Voici le manifeste trouv� dans la voiture de l'ambassade.

"Au peuple br�silien ! Un groupe r�volutionnaire a enlev� M. Elbrick.

"Il est retenu prisonnier en un lieu secret.

"Sa vie est entre les mains de la dictature.

"Si elle r�pond � nos exigences, il sera lib�r�.

"Dans le cas contraire,

"au nom de la justice r�volutionnaire,

"l'ambassadeur sera ex�cut�.

"Nous exigeons :

"A) La lib�ration de 15 prisonniers politiques

"et leur extradition au Mexique.

"Ces r�volutionnaires sont tortur�s dans les casernes...

"subissant les pires humiliations de la part des militaires.

"B) La publication de ce communiqu� et sa lecture

"par les cha�nes de radio et de t�l� de l'ensemble du pays.

"Les 15 prisonniers seront lib�r�s,

"qu'ils soient ou non condamn�s � des peines de prison.

"Il s'agit d'une situation exceptionnelle.

"Dans des situations exceptionnelles,

"les juristes de la dictature savent fort bien r�soudre ces probl�mes.

"La dictature a 48 heures pour r�pondre publiquement,

"si elle accepte notre proposition.

"Ce d�lai ne sera pas prorog�.

"Nous irons jusqu'au bout.

"Quiconque continuerait

"� torturer et � tuer nos camarades

"doit s'attendre au pire.

"Dor�navant, �il pour �il, dent pour dent.

"Sign� : Front National de Lib�ration et MR 8."

Dis-moi, Henrique...

Il y a quelqu'un d'autre dans ta vie ?

Ce n'est pas un p�ch� de tomber amoureux.

Mais parle, t�moigne-moi un peu de respect.

Il n'y a personne d'autre, je n'aime que toi.

Comment peux-tu en douter ?

Si tu ne me fais plus confiance, il vaut mieux en finir.

Mais j'ai confiance, qui a dit le contraire ?

Tu crois que je ne te vois pas la nuit, tourner en rond ?

Mon amour, on m'attend... On verra plus tard.

Tu es en cong� ! O� dois-tu aller ?

Ce n'est pas le moment.

Si tu pars sans me parler, c'est pas la peine de revenir.

Oh, mon Dieu !

Brandao ?

Je vais �tre en retard.

Je ne peux rien dire maintenant.

Bon, qu'est-ce que tu veux savoir ?

O� vas-tu ?

Finies les vacances, tu as vu la t�l� ?

Mais tu es affect� � un sous-marin...

Non, je travaille pour les services secrets.

Depuis quand ? Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?

Le secret... Je ne pouvais pas.

Tu ne fais pas ces choses dont on parle � la t�l� ?

C'est exactement �a que je fais.

Tu ne tortures pas ces gamins ?

�a aussi.

Pourquoi, Henrique ?

C'est mon boulot.

J'ai �t� nomm� pour �a et je le fais.

Rien que �a ?

Pourquoi le ferais-je, autrement ?

Pour un C.V. glorieux ?

Essaye de comprendre.

Ces terroristes sont organis�s en groupes isol�s.

Ils ne savent pratiquement rien de leur organisation.

Et les rares personnes qu'ils connaissent

emploient de faux noms.

C'est leur m�thode.

Ou tu les tortures de suite,

ou ton enqu�te...

ne progresse pas.

Avec ou sans torture, ils l'emportent de toute fa�on.

Ils te d�noncent comme un exemple de barbarie.

C'est de l'hypocrisie,

mais �a marche, et comment !

Alors, qu'est-ce qui t'emp�che de dormir ?

La plupart d'entre eux sont des gosses innocents, bourr�s de r�ves.

Mon Dieu !

Des m�mes utilis�s par une racaille dangereuse.

Si elle prend le pouvoir...

La torture sera accompagn�e d'ex�cutions sommaires.

Quelqu'un doit les affronter,

afin que les innocents puissent dormir en paix.

Je dors en paix sans cela.

Non... Tu ne sais pas

que le monde est sens dessus dessous.

Tu ne sais ni tirer, ni conduire, ni ob�ir, mais...

Tu �cris tr�s bien.

Je suis tr�s fi�re de toi.

Voici une liste de commissions.

C'est quoi �a, camarade ?

Un baiser, Maria.

Tu as une mission � remplir.

On n'a pas pens� au d�ner. Tu as �t� d�sign� pour acheter des pizzas.

- Maintenant ? - Oui.

Juste de l'eau.

Fernando.

Artur ! C'est quoi ce costume ?

Ibsen... C'est pour la r�p�tition g�n�rale.

- Tu as si faim que �a ? - C'est pour une f�te.

Avec un ambassadeur ?

Tu crois qu'alors j'ach�terais des pizzas ?

"Dans des situations exceptionnelles,

"les juristes de la dictature savent fort bien r�soudre ces probl�mes."

Je reconnais bien ton style.

Tu me surestimes.

Vraiment ?

Comment tu te sens en plein 19e Si�cle ?

Plus proche de la r�alit� que toi avec ton th��tre d'�pouvante.

Enlever un ambassadeur, c'est tirer sur le porteur d'un drapeau blanc.

Ne dramatise pas !

Vous et les militaires semblez distants,

mais en fait, vous �tes tr�s proches.

L'Histoire dira qu'un groupe

a pris les armes pour lutter contre la dictature.

C'est �a qui importe.

Pas de se planquer dans une "maison de poup�es".

Maison de poup�e

- Vous avez vu � la t�l� ? - Quoi ?

On a enlev� l'ambassadeur des USA

sous le nez des militaires.

Vaguement...

Vaguement ! Dans quel monde vivez-vous ?

La politique ne m'int�resse pas.

Les mecs qui ont enlev� l'ambassadeur

sont un max... un max !

Comme les cosmonautes !

Vendredi 5 septembre 1969

Qu'est-ce qu'il fait ici ?

Il n'est pas habilit� pour l'interrogatoire.

Je suis nulle en anglais, il nous faut un interpr�te.

Le prisonnier parle le portugais.

Vu les circonstances, je crains devoir parler en anglais.

Ta gueule ! Tu parleras quand on t'interrogera. Vu ?

Tr�s bien, M. Elbrick...

Je vais parler lentement. Ne feignez pas de ne pas comprendre.

Qui repr�sente la CIA au Br�sil ?

Il travaille pour le D�partement d'�tat, pas pour la CIA.

Tu me prends pour un con ?

Son r�le est d'entretenir les relations avec le Br�sil,

et il ne sait rien des activit�s de la CIA au Br�sil.

Vous n'ignorez pas que des militaires am�ricains

donnent des cours de torture � leurs coll�gues br�siliens ?

Il n'en a jamais entendu parler.

On perd notre temps avec ce menteur.

Sous les tortures que les militaires US

infligent aux Latino-Am�ricains...

Il parlera.

Que dit-il ?

Il demande s'il va �tre tortur�.

Non Monsieur, vous serez ex�cut� d'une balle dans la t�te

si nos exigences ne sont pas respect�es.

Vous approuvez la dictature ?

Selon lui,

les USA ne doivent pas soutenir des gouvernements non d�mocratiques.

Ces r�gimes n'offrent qu'une stabilit� temporaire.

Avec le temps, ils n'engendrent que la haine.

Je ne comprends pas l'attitude de Jonas.

Pourquoi torturer l'ambassadeur ?

Qui parmi nous va ex�cuter la menace ?

- Pourquoi le menacer ? - Pour qu'il parle.

Il a pas �t� enlev� pour parler,

mais pour que 15 camarades soient lib�r�s.

Voyons la liste.

Il importe que les noms repr�sentent

toutes les tendances de la lutte

contre la dictature.

Cet enl�vement doit �tre un point fort de cette lutte.

Des propositions ?

Oswaldo, bien s�r.

- Qui est Oswaldo ? - Il a �t� bless�

lors du dernier hold-up.

Tr�s bien, mais qui est Oswaldo ?

Un membre du MR 8, qui a con�u, financ� et ex�cut� l'op�ration.

Le camarade veut dire...

Je sais ce qu'il veut dire, mais je vote pour Oswaldo.

Marcao vote pour lui, et toi, Maria ?

Moi aussi.

Moi �galement.

Oswaldo est sur la liste.

- Combien, mon gar�on ? - Huit.

Huit ?

Oui, huit.

Tu as assez d'argent ?

Je pourrais en acheter

dix-huit, vingt, cinquante...

Mais je n'en veux que huit.

O Globo s'il vous pla�t.

Un nouveau groupe emploie le sigle MR 8, apr�s l'�limination

de l'ancien.

Voici un rapport de police.

Un gamin a achet� huit poulets � la fois.

Il avait plein de billets.

Il fait peut-�tre partie d'une bande.

- Huit poulets ? - Huit.

Un rapport de routine, sans plus.

Il vaut mieux v�rifier.

Si seulement on avait pris au s�rieux l'appel de la rue Marques !

5 des kidnappeurs ont �t� vus dans la rue Marques,

l'un d'eux tr�s jeune.

Note l'adresse de l'�picier. Des nouvelles quant aux exigences ?

- Rien pour l'instant. - Faut pas flancher.

Si nous c�dons, nous aurons un festival d'enl�vements.

Devons-nous sacrifier l'ambassadeur ?

Monsieur...

Vous allez �crire � votre femme.

Pour prouver que vous �tes vivant.

� cause du sang dans votre voiture.

Je me r�jouis de pouvoir la r�conforter.

En effet.

J'ai vu sa photo dans le journal.

Elle est tr�s belle.

J'aime le turban qu'elle porte.

Moi aussi.

�a lui donne un air...

De chanteuse d'op�ra... une diva !

Elle est une diva.

Vous plaisantez !

Bon, elle ne chante pas, mais elle en a l'aura...

�crivez la lettre maintenant.

�a les d�tendra, elle et les militaires.

�a nous d�tendra tous, OK ?

C'est fait.

- Vous voil� �l�gant. - Merci.

D�sol�e, le sang n'est pas parti sur votre cravate.

Bah, j'en ai d'autres.

Excusez-moi.

Journal du Br�sil.

- La r�daction, s'il vous pla�t. - Un instant.

La liste des 15 prisonniers � �changer contre l'ambassadeur

et une lettre pour sa femme

sont dans le tronc de l'�glise Nossa Senhora da Lapa, dans le centre.

J'ai vot� pour Oswaldo car c'est un ami.

Tu as mal vot�, camarade.

Il a flanch�, et n'a pas eu le courage de tuer le flic...

� ce qu'on dit.

- Il a h�sit�... - C'est ce que je disais.

Des gars plus courageux sont tomb�s

� cause d'amiti�s petite-bourgeoises.

- Les jeux �taient faits. - �a veut rien dire.

Il ne fallait pas voter par complaisance envers les autres.

Tu as raison, j'ai commis une erreur.

Tu es courageux, Julio.

Tu m�rites mon respect.

Merci. Ton opinion compte beaucoup pour moi.

Et si les militaires ne nous suivent pas ?

On descend le gringo, bien s�r.

J'aimerais �tre d�sign� pour �a.

Je sais que tu en es capable, mais je pense � quelqu'un d'autre.

Qui ?

Le camarade Paulo.

C'est un beau parleur, qui doit faire ses preuves.

�a reste entre nous, compris ?

- Tu as trouv� un bon appart ? - Deux.

O� �a ?

Je veux juste conna�tre le quartier.

Ils ont la liste et la lettre.

- Tout s'est bien pass� ? - Tout.

Qu'est-ce qu'on mange ?

Du riz � l'espagnole.

Vous �tes des fain�ants et j'en ai marre

des plats cuisin�s.

J'ai fait une connerie.

Quoi ?

L'�glise est � deux pas de mon boulot.

C'est bon, �a n'a aucune importance.

Ch�re Elvira...

Je vis entour� d'encagoul�s qui me rappellent le Klu Klux Klan.

Je ne vois pas leurs visages, mais leurs mains toujours arm�es.

L'un de mes gardiens a une peau de b�b�.

Je suis s�r qu'il est mineur.

Un enfant qui joue un jeu dangereux.

Je n'entends jamais sa voix.

Mais c'est ce gosse fanatique qui m'effraie le plus.

Les mains de paysan vont bien avec l'arme, elles appartiennent

� la voix qui me menace de torture, remplie de haine et de ressentiment.

Un produit de la guerre froide,

dont la d�termination d�passe l'ignorance.

Voici des mains de femme qui changent mes pansements.

Elle a lav� ma chemise et �a m'a touch�.

Ma reconnaissance est sans limites.

Quel triste destin a conduit ces mains d�licates

� empoigner cette arme glac�e.

Voici le vampire en chef, un vieil homme et son gang de gamins.

La r�volution permet d'�chapper � soi-m�me.

Tout comme le service diplomatique.

Ce gardien est celui qui m'intrigue le plus.

Il me bande les yeux au lieu de mettre la cagoule.

Il ne veut pas se montrer en terroriste encagoul�.

Il est tr�s bien �lev� et aime causer. Quant � ses id�es...

Mais les Black Panthers sont un d�fi pour l'establishment am�ricain.

Vous croyez vraiment ?

Les faits parlent d'eux-m�mes.

Vous n'avez pas la moindre id�e de ce qui se passe dans mon pays.

�tes-vous pour l'intervention am�ricaine au Vietnam ?

Non... Selon moi, on n'aurait jamais d� y mettre les pieds.

Et maintenant, comment en sortir ?

Vous avez v�cu au Portugal ?

J'ai peur que mon accent me trahisse.

J'y ai effectu� deux s�jours. 5 ans en tout.

Vous y avez des amis ?

J'ai le m�me tailleur � Lisbonne depuis 15 ans.

- Un tailleur ? - Oui.

Une amiti� intime.

Je ne sais rien des tailleurs.

Je m'habille en confection.

Impossible pour moi, je repr�sente mon pays et dois �tre �l�gant.

Je n'ai qu'une chose � ajouter...

Mon livreur pense que le m�me habite rue Barao de Petropolis.

On peut lui parler ?

H�las demain matin seulement, � l'heure des livraisons.

O� habite-t-il ?

Je crois que j'ai son adresse...

- Tout est en ordre. - En ordre ?

On a sonn�.

Qui a sonn� ?

Je ne sais pas encore.

C'�tait qui ?

Il n'y avait personne.

Je regrette.

Vous pouvez vous rendormir.

Attendez, s'il vous pla�t.

Vous m'avez r�veill� et avez menac� de me tuer.

De peur, je me suis oubli� un peu.

Vous allez devoir m'aider. �a restera un secret entre nous.

Mettez vos lunettes.

Mettez vos lunettes.

Venez avec moi.

Venez, Monsieur.

Samedi 6 septembre 1969

Madame Elbrick.

Ch�re Elvira, j'esp�re �tre libre bient�t et pr�s de vous.

Ne soyez pas inqui�te, j'essaie de ne pas l'�tre.

Les autorit�s br�siliennes

connaissent les exigences de mes ravisseurs.

Elles ne tenteront rien pour me trouver, ce serait trop dangereux.

Avec tout mon amour. J'esp�re vous revoir bient�t.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Deux employ�s du t�l�phone...

Il peut s'agir de vrais employ�s.

Non. Regarde leurs visages.

Ils sont ras�s de pr�s tous les deux.

Comment ont-ils fait ?

Comment nous ont-ils trouv�s si vite ?

Nous sommes des amateurs. Eux, ce sont des pros.

Si c'est bien l�, ils ont d� passer par le tunnel...

On doit pouvoir acc�der � la maison par le garage.

La maison est parfaite. De grandes chambres, une rue tranquille.

O� se trouverait l'ambassadeur ?

Au deuxi�me �tage, � l'arri�re ?

C'est ce que je pense.

Tu as le num�ro de t�l�phone ?

Ren�e, d�croche !

Je voudrais parler � D�sir�e.

Il n'y a personne de ce nom.

C'est bien le 225-87- 16 ?

C'est �a.

Elle m'a donn� ce num�ro.

Au 105 de la rue de Petropolis...

Il n'y a personne de ce nom ici.

Ne raccroche pas.

Ne rappelle pas, �a para�trait suspect.

Lilian...

�coute ma ch�rie...

Dis quelque chose...

Ne raccroche pas...

Merde !

- Qu'as-tu vu ? - Que se passe-t-il ?

Parle, camarade.

Nous allons avoir de la visite. Toi, tu restes avec le gringo.

Si �a tiraille, tu descends le type.

Sans piti�.

Maria et Ren�e, vous nous couvrez.

Marcao, tu sors avec moi.

- Vous d�sirez ? - Puis-je parler � Eduardo ?

Il n'y a pas d'Eduardo ici.

Ce n'est pas le 105 de la rue Barao de Petropolis ?

Oui, mais Eduardo...

Je regrette.

Nous avons �t� invit�s � d�jeuner.

Puis-je utiliser votre t�l�phone ?

Il n'y a pas de t�l�phone.

Bon, alors excusez-nous.

Bonne chance pour votre d�jeuner.

Merci.

Suis-les.

Maintenant ?

T�che de savoir o� ils vont et qui ils sont.

- Ce sont eux, je reconnais le gars. - Moi aussi.

Nous avons des photos de lui lors d'un meeting...

Leurs achats les ont trahis. S'ils avaient fait la cuisine...

Mais ils sont trop paresseux.

Le clampin nous suit, tu te rends compte ?

Laisse-le faire.

Il faut qu'ils se sachent encercl�s.

Il est bon qu'ils aient peur.

- Mais, le commandant... - Qu'il aille se faire voir !

Si la Junte accepte leurs exigences, nous ex�cuterons notre plan � nous.

Mon commandant, nous avons trouv� la maison.

Nous avons reconnu le type qui nous a accueillis.

Vous connaissez le nom du propri�taire ?

Notre avant-poste est presque install�.

Je crois qu'ils se m�fient.

Ils ne nous ont pas laiss�s entrer et nient avoir le t�l�phone.

J'attends vos ordres.

Tu peux ouvrir.

Ils savent d�j� que nous sommes ici.

Peu importe, ils ne vont pas envahir la maison.

Ils ne prendront pas le risque.

Ils n'ont toujours pas donn� signe de vie.

Et s'ils ne lib�rent pas les 15 ?

Le d�lai expire...

Aujourd'hui � 22 heures.

Je vais relire un passage de notre document.

"Le d�lai ne sera pas prorog�, nous irons jusqu'au bout".

Qui sera charg� de l'ex�cution ?

Le camarade Jonas est le chef.

Je ne choisirai pas...

Il sera ex�cut� par celui qui sera aupr�s de lui � 22 heures.

Par le camarade de garde.

C'est-�-dire par nous tous.

Ce sera le tour de Paulo.

F�licitations...

Tu mettras tes �crits en pratique.

Merci.

Deux balles dans la t�te � 22 heures pile.

Il sera ex�cut�, ou il y aura deux morts au lieu d'un.

Ai-je �t� clair ?

Il a invers� les tours de garde... Pourquoi a-t-il fait �a ?

Aucune importance. Ou les militaires acceptent nos exigences...

Ou ils donneront l'assaut et il n'y aura pas de survivants.

Tu envisageais une telle issue ?

L'arm�e aux trousses des kidnappeurs...

J'y ai pens�...

Non, pas vraiment.

Maria, tu crois qu'ils vont laisser mourir l'ambassadeur ?

Non...

Je ne sais pas.

J'ai peur de mourir.

Je ne veux pas mourir.

Plut�t la prison...

Parfois en r�ve je me vois en prison, �a me soulage.

Je sais qui tu es.

Fernando, n'est-ce pas ?

Je t'ai entendu dans une manif. Tu parlais rudement bien.

Tu m'as plu ce jour-l�.

Camarade, tu es compl�tement irresponsable.

Je m'appelle Andrea.

- Tu sais ce qu'est devenu Pe�anha ? - Qui �a ?

- Le sergent Pe�anha. - Non... Quoi ?

- Il a �pous� Marta. - Quelle Marta ?

Une rousse, maigrichonne.

La terroriste ?!

Oui. Ils se sont mari�s hier et vont habiter � Honorio Gurgel.

Pe�anha a pris go�t � la torture.

Un plaisir que les t�ches du bureau ne lui ont jamais donn�.

Le salaud, Marta �tait sa pr�f�r�e.

On a eu tort d'ouvrir la bo�te de Pandore.

Nous ne contr�lons plus rien.

Tu arrives � dormir ?

Je dors bien.

Pas moi.

En r�vant, je vois tout � l'envers.

Il a mis ses lunettes.

- Pr�te-moi ta cagoule. - Tu vas la mettre ?

Je veux pas tuer un aveugle, il doit voir la mort en face.

Ah... mon jeune fan des Black Panthers !

Pas besoin de lunettes, vous pouvez les �ter.

Les choses se g�tent ?

Veuillez vous asseoir.

Ch�re Elvira, je ne sais pas ce qui se passe,

la mort est l�, en face de moi.

J'essaye de rester s�rieux, mais curieusement, j'ai du mal.

Je pense � la bo�te de cigares

que j'ai command�e et pas encore ouverte.

Je m'en tiens � ta pr�diction...

Dracula ne me mordra pas � la gorge.

Je n'arrive pas � croire que je mourrai dans une chambre vide.

Pas ras�, dans des v�tements froiss�s et sentant la sueur.

Ils ont c�d�, ils rel�chent les prisonniers.

Nous avons gagn� !

Ils ont accept� nos exigences, nous avons gagn� !

Veuillez remettre vos lunettes.

Ces 15 camarades ne seront plus tortur�s.

Non. Ils ne seront vraiment libres qu'� leur arriv�e � Mexico.

Puisque le gouvernement l'a d�clar� !

Nous avons mis la dictature � genoux.

Tu crois aux d�clarations du gouvernement...

- En public, � la t�l� ! - Quelle innocence !

Dimanche 7 septembre 1969, F�te de l'ind�pendance

Ici votre reporter Esso

pour une �dition sp�ciale.

L'agence Reuter vient de diffuser

la photo de l'arriv�e � Mexico

des 15 prisonniers �chang�s contre l'ambassadeur am�ricain,

Charles Burke Elbrick.

- On les a eus ! - Nous avons r�ussi !

Suis-je pr�sentable ?

Tr�s �l�gant, M. l'ambassadeur.

Merci ma ch�re, merci beaucoup.

Un cadeau de l'homme qui vous a presque tu�.

Le "presque mort" vous remercie.

Tout �a est bient�t fini.

Attention � vous, mon gar�on.

Attention...

Vous voil� de nouveau ambassadeur...

- Bonne chance. - Merci.

Un grand match !

Le Maraca�a est complet !

Ils nous suivent !

O� est la mitraillette ?

Les 15 sont � Mexico, les 7 autres n'arriveront nulle part.

Nous sommes suivis.

Merde !

Une voiture de police nous suit.

Qu'est-ce qui vous prend ?

Vous voulez tuer l'ambassadeur ?

Tout est en ordre.

Range �a dans le sac.

J'entends un h�licopt�re...

S'ils pensent nous suivre de l�-haut, ils sont dingues.

Allons au Maraca�a...

C'est la fin du match.

Tire-toi, Gringo !

Mme Elbrick, le gouvernement a satisfait � leurs exigences...

Je suis s�r qu'il est en route.

- C'est l'ambassadeur. - Ouvrez la grille !

Hello ma ch�re !

Hello !

Tout va bien.

Un mois plus tard

Un sergent m'a dit d'appeler

si je trouvais quelque chose de bizarre.

Maria, un mois sans te voir...

Cach�, pourchass�, ma t�te mise � prix.

Quelle vie avons-nous choisie ?

J'ai besoin de te voir. Au diable les r�gles de s�curit� !

J'ai besoin de te voir.

Il para�t que sur son dernier disque...

Gilberto Gil crie le nom de Marighella au milieu d'une chanson.

Et alors ?

C'est important.

Le nom d'un chef r�volutionnaire dans une chanson,

c'est important.

Tu crois que c'est vrai ?

Si on passe le disque � l'envers,

on entend "Marighella" distinctement.

Personne n'�coute un disque � l'envers.

Notre r�ve a �chou�.

Nous parlons pour le vent, personne ne nous �coute.

Tu ne t'appelles pas Maria, mais Andrea.

Tu aurais d� m'inviter � d�jeuner.

Chez moi, je n'invite que mes amis.

Le monde est sens dessus dessous...

Huit mois plus tard

Fernando, l'enl�vement de l'ambassadeur allemand

me remplit d'espoir...

Je me demande si tu figures sur la liste des prisonniers � �changer.

Nous nous verrons peut-�tre en Alg�rie.

Jonas et Toledo sont morts.

Quant � moi, ne sois pas effray� par ce que tu verras.

En 1979, sous la pression populaire, le gouvernement br�silien

a amnisti� tous ceux qui furent impliqu�s

dans des crimes politiques.

Six mois apr�s son enl�vement,

l'ambassadeur Elbrick retourne aux USA pour des examens m�dicaux.

Suite � une embolie, ne pouvant reprendre son poste,

il prend sa retraite et meurt en 1983.

En 1989 ont lieu des �lections libres.

La d�mocratie est de retour au Br�sil.

Adaptation : Jean-Marie et Fabian REMY

Sous-titrage vid�o : C.M.C.

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