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(déverrouillage électrique)
- Morning, boss.
- Salut, Éric.
- Tu te trompes pas, c'est bien écrit "Delphine Proulx".
- Je pense que je suis encore dans mon lit
puis que je fais un cauchemar.
- Non, pas du tout.
(déverrouillage électrique au loin)
- Toi, je suis sûr que t'as faim pour aller déjeuner.
- Non, j'ai déjà mangé.
- Bien, tu vas manger encore, faut que je te parle.
- Louis Lapierre, il est venu nous voir
pour nous parler de son dossier.
- J'arrive au bureau, mon boss veut me voir.
Il m'accuse d'avoir téléchargé des images pornographiques
sur mon ordinateur.
- On n'a pas vraiment le choix de le suspendre.
- Pire que ça,
il rajoute que j'ai consulté
des sites de pédophilie
avec l'ordinateur de bureau.
- A-t-il été arrêté? - Non.
Le temps qu'on fasse notre propre enquête.
- Tu penses qu'il aurait pu faire ça?
- Tu vas me dire quoi, là?
Que c'est son chat qui a joué avec?
- Si t'as rien à voir là-dedans, on a l'expertise
pour pouvoir le démontrer.
- Lapierre est venu nous demander de vérifier ça.
Qu'est-ce que t'en penses?
- Les affaires internes sont là pour ça.
- Je veux pas te dire quoi faire, Gilbert, mais là,
t'es en plein conflit d'intérêts.
Si tu confies ça à une firme privée,
personne va pouvoir dire que t'as un parti pris.
Nous autres, on fait des vérifications.
Tu remets ça aux affaires internes.
Ils ont autre chose à faire, tes experts en informatique.
- S'il fallait que cette histoire-là sorte publiquement,
je suis mort, moi.
- C'est un mandat pour lui couvrir le cul
que tu veux?
- Arrange-toi avec le syndicat.
S'il l'a fait, il va payer pour.
On n'est pas là pour couvrir un acte criminel.
- Il est pas suivable.
Delphine Proulx chez Investcan, elle disparaît, elle réapparaît.
Elle est avec eux autres, elle est avec nous autres.
- Elle est pas juste avec nous autres,
elle est dans le bureau du boss.
- Il va s'installer où? - Sur ses genoux, je sais pas.
Je vais avoir une sérieuse discussion avec.
- Moi, me faire donner des ordres par cette femme-là,
je suis pas sûre.
Il t'en a même pas parlé avant?
- Je l'ai appris en même temps que toi.
- Merci. - Merci.
Elle est venue me voir l'autre jour.
Elle voulait que je passe chez Investcan.
Essaie de comprendre ça, toi.
- T'es sûr que le boss voulait pas te faire passer un test?
- J'ai jamais pensé à ça, mais là, tu me fais douter, là.
- Je sais pas si vous avez aussi bien dormi que moi.
- C'est de l'ironie, ça, j'imagine?
- Je pensais que j'avais tout vu avec lui.
Delphine Proulx.
Faut croire qu'il est en amour pour de vrai.
- Ouais, mais là, il va être obligé de choisir.
- Choisir?
- Entre elle puis moi.
(petit rire)
- Je veux pas te faire de peine, mon petit homme,
mais je pense qu'il a déjà choisi.
- Ç'a pas rapport.
(rire)
- Bon, viens me voir dans mon bureau.
- Tu pourrais lui dire bonjour.
- Non, t'inquiète, on s'est vus plus tôt.
- Ouais, appelle-moi Jérémie, dis-lui que je veux le voir.
- Ça marche.
- Bye. - Bye.
- Wow!
(sonnerie de téléphone au loin)
C'est ton nouveau bureau, ça?
- Oui, oui, c'est ça, oui.
Bon, je sais que tu t'intéresses à la cybersécurité.
Je sais aussi que tu veux pas que personne t'aide.
Mais je me disais que comme expérience de terrain,
ce serait peut-être pas une mauvaise...
- Tu voulais me voir, boss? - Oui, lui, c'est Jérémie.
C'est Catherine, ma fille.
- Enchanté. - Allô.
- On choisit pas ses parents, ç'a l'air.
- Je le connais pas, mais je pense que je vais l'aimer, lui.
- Assoyez-vous.
Bon, on a une job à faire
puis j'aimerais ça si Catherine pouvait t'accompagner.
Elle s'intéresse à la cybersécurité
puis le mandat qu'on a touche à ça.
On pourrait lui montrer concrètement ce que tu fais,
puis après, elle pourrait décider si elle poursuit ou pas.
- Et tu vas me mettre dehors pour qu'elle prenne ma place?
Pas question.
(rires)
- C'est quoi le mandat?
- Un sergent-détective de la police de Montréal
qui a été suspendu
parce qu'il aurait téléchargé des images de pédopornographie
sur son ordinateur.
- Beau spécimen.
- Lui, il maintient dur comme fer
qu'il a rien à voir là-dedans.
Il nous a demandé de l'aider à se disculper.
Moi, je lui ai expliqué
qu'on n'est pas là pour le disculper.
On est là simplement pour savoir comment ces images-là
se sont retrouvées sur son ordinateur.
Si c'est lui, il s'arrangera avec ses troubles.
- OK. Puis tu veux que je fasse quoi?
- Je veux que t'assistes Jérémie.
- OK.
- Bon, ils sont où, eux autres?
(paroles entremêlées)
- Oh!
(♪ sonnerie de cellulaire ♪)
C'est le boss, ça. Oui, allô?
- Vous êtes où, vous autres? Il est 9h00.
- Oui, oui, on arrive. - Bien, j'espère!
- Bon, bien, faut y aller. Merci, Gabbie.
- Bye.
- Hé!
(sonnerie de téléphone au loin)
Comment ça va?
- Tu te cherches une job
ou t'es venue emprunter le char de mon père?
- La job, c'est déjà réglé. J'ai commencé à matin.
- Ah! C'est pour ça, le nouveau bureau.
- J'espère que je vous dérange pas,
mais j'ai du travail à faire, moi.
- Faut que j'y aille.
- Éric était ici, je l'ai vu tantôt.
- Tu lui as parlé?
- Il avait pas l'air d'un gars qui avait le goût de jaser, non.
T'aurais dû leur parler avant de me faire venir ici.
- Je leur ai parlé, je leur ai dit que tu t'en venais.
C'est quoi, le problème?
- Moi, j'en ai pas.
Eux autres, ils ont l'air d'en avoir un, par exemple.
(sirènes au loin)
- Merci, Gabbie.
(sirènes au loin)
- Catherine et Jérémie vont s'occuper de ce dossier-là.
Catherine, elle est là pour observer.
Sophie, toi, j'aimerais ça que tu rencontres Louis Lapierre
le plus rapidement possible, poser les questions d'usage.
- Ouais, faudrait se rendre chez eux,
vérifier son ordinateur personnel.
- Il va falloir le passer au peigne fin.
- Puis fouiller sa maison aussi, s'il nous donne la permission.
- Fouiller pourquoi?
- Je sais pas,
si on trouve une poupée gonflable en dessous de son lit
ou une collection de condoms de couleurs dans ses tiroirs,
ça pourrait semer le doute.
- Papa, hum...
Éric, Sophie puis moi, on aimerait ça te parler.
- C'est beau, on a compris.
- Bon.
Avez-vous perdu l'usage de la parole?
- Non. C'est juste que quand on est arrivés ici,
Delphine est rendue dans ton bureau.
- C'est parce que j'ai changé le mien.
- Ah, possible.
- Bon, mon bureau était beaucoup plus petit.
Ici, je vais pouvoir recevoir du monde, tu sais.
Je vais même pouvoir être avec les quatre ensemble
en même temps.
C'est grand, c'est spacieux.
- Être avec les quatre en même temps?
- Toi, moi, Sophie puis Delphine, c'est ça?
- Ah, OK. C'est ça, le problème. Delphine.
- Il y a pas de problème avec Delphine.
Elle nous doit rien, on lui doit rien.
Mais c'est que tu nous as pas demandé notre avis.
On est supposés être une belle équipe soudée
qui travaille ensemble.
Si c'est pas plus important pour toi de savoir
comment la gang se sent par rapport à ça,
bien, ça serait le fun que tu nous le dises.
On va arrêter de se faire des illusions.
- OK, c'est quoi, là?
- Regarde, je vais te poser une question.
Qu'est-ce qu'elle va faire ici?
- Voyez-vous, ça, c'est beaucoup plus raisonnable comme attitude.
Elle va faire du développement d'affaires
puis des dossiers politiques.
- Des dossiers politiques? - Oui, des dossiers politiques.
Y a-t-il quelqu'un ici qui a des contacts
avec le bureau du premier ministre?
Autant au fédéral qu'au provincial? Non, hein?
Moi, j'ai demandé certaines choses
à propos de Julien Marcoux.
Esti, j'ai rien reçu encore,
on dirait qu'il se passe rien.
- Tu voulais pas qu'on s'en mêle.
T'allais rencontrer des gens à Paris.
- Je voulais un dossier de recherche,
ses actifs, ses avoirs,
les affaires de base qu'on fait habituellement.
Il me semble que c'est pas compliqué.
Julien Marcoux, c'est un dossier politique.
Des grosses gommes ont peur de lui
parce qu'il rêve de devenir premier ministre.
Puis Delphine Proulx, elle connaît tout le monde,
autant au fédéral qu'au provincial.
Et c'est pour ça qu'elle est sous mon payroll depuis 4 ans.
Elle vous dérangera pas, elle se mêlera pas de vos affaires.
Elle est ici pour régler les miennes.
- T'as appelé un technicien?
- Il s'en vient. - Tu vas faire quoi avec ça?
- Quand le technicien va avoir fini, on va connaître son ADN,
on va savoir d'où il vient,
puis on va savoir l'identité de sa famille.
Éric Bonin n'aura plus de secret pour moi.
Oublie jamais que j'ai appris avec Jean Dumas.
On a beau le haïr, mon ex, c'est le meilleur dans ce qu'il fait.
- On est très contents que Delphine se joigne à nous.
Merci à Jean, d'ailleurs, d'avoir réussi à la convaincre.
Bienvenue, Delphine.
(applaudissements)
Jean, as-tu quelque chose à ajouter?
- Non. Bien, ça... Sauf...
(raclement de gorge)
Je veux dire à quel point je suis fier
d'avoir une équipe aussi soudée
qui se tient dans les moments difficiles
et qui fait preuve d'une ouverture d'esprit
hors du commun.
Merci, gang. Merci.
Astheure, back to work.
(aboiement au loin)
(aboiements au loin)
- Sait-il qu'on s'en vient chez eux?
- Non. C'est le but de la visite, le prendre par surprise.
- Qu'est-ce qu'on fait s'il veut pas nous recevoir?
- On arrête ça là puis on lui envoie sa facture.
(soupir)
(coups à la porte)
- Oui? - On peut entrer?
- Oui, oui.
- Première des choses, on va commencer par examiner
le contenu de ton ordinateur maison,
si t'en as un, évidemment.
- Oui, dans mon bureau en bas.
- Ça te dérange pas qu'on fouille ici et là
dans la maison?
- Non, mais vous cherchez quoi?
- Du matériel pornographique.
- OK, un peu raide comme réponse,
mais comme j'ai rien à me reprocher, go, allez-y.
- Bon, c'est ce qu'on pensait.
- Avez-vous un mot de passe sur votre ordinateur?
- Oui, je vais aller te l'ouvrir.
- Merci.
(soupir)
- M. Jean Dumas, M. Sébastien Nantel.
- Merci, Maïssa.
M. Nantel, asseyez-vous.
Alors, qu'est-ce qu'on peut faire pour vous?
- Vous avez le nom de Laurie Sirois,
date de naissance: 16 octobre 1990.
Et ses 2 filles, Arielle et Jade, 12 et 14 ans.
Je les cherche les trois.
- Première question: c'est quoi votre lien avec ces gens-là?
- C'est mon ex-femme. Avec mes 2 filles.
- Puis on n'est pas dans une histoire de violence conjugale,
genre une femme disparaît avec ses 2 filles
pour fuir un mari trop violent?
- J'ai jamais touché à un cheveu de ma femme ou de mes 2 filles.
Jamais été violent en parole non plus.
- Elle vous a laissé comme ça, sans raison?
- Je vous ai jamais dit qu'elle m'avait laissé.
J'ai su que ma femme me trompait avec mon patron.
J'avais le choix de le tuer ou de me saouler.
C'est ce que j'ai fait.
J'ai pris ma voiture pour aller je sais pas où.
J'ai perdu le contrôle, ma voiture est tombée à l'eau.
J'ai réussi à ouvrir la porte, je m'en suis sorti.
J'ai passé la nuit à marcher dans un boisé.
La police a trouvé la voiture, la porte était ouverte.
Ils ont dû conclure que je m'étais noyé
en tentant de me sauver.
Je me suis sauvé à l'autre bout du monde.
C'était il y a 4 ans.
J'ai jamais donné de nouvelles.
- Viens me voir. Amène Anthony avec toi.
(Il raccroche.)
- Habites-tu tout seul ici?
- Avec mon gars de 14 ans.
En veux-tu un? - Non, merci.
Penses-tu que lui aurait pu télécharger
des images pornographiques dans ton ordi?
- Peut-être celui de la maison, mais pas mon portable.
C'est bien trop sensible, les informations là-dedans.
Je suis super prudent avec ça, moi.
- Est-ce que t'as ton ordi portable avec toi?
- Bien non, ils l'ont saisi.
Bien, le matériel de bureau, en fait, là.
Mon ordinateur portable puis mon cellulaire.
Pas mes affaires personnelles.
- C'est la première chose qu'on regarde, l'adresse IP.
Avec ça, on peut avoir des tonnes de renseignements.
On va commencer par aller récupérer les fichiers
qui ont été effacés, OK?
Tac, tac.
- Il y a des logiciels qui se spécialisent
dans le partage de ces fichiers-là, non?
- Oui, exact.
Il y a des fonctions de miroir qui sont souvent utilisées
par des fichiers qui contiennent du matériel pornographique.
- OK. - Yes.
- Est-ce que tu penses que ton fils aurait des réticences
à se qu'on fouille dans son ordinateur?
- Faudrait lui demander.
Y a-t-il du monde qui t'en veut, dans la vie?
- Tous ceux que j'ai arrêtés. - À part eux autres?
- Ah, bien... Je suis pas toujours fin.
On va dire ça de même, là.
Allez-vous avoir la permission
de fouiller dans mon portable de bureau?
- Évidemment, s'ils nous ont donné le mandat.
- Esti de niaisage, cette affaire-là.
- Tu commences par chercher quoi?
- T'as tout là-dedans. Suis ça étape par étape.
On va le faire ensemble. C'est plus facile.
- OK.
- On a déjà eu des cas, je dirais pas pareils,
mais semblables.
Des gens qui voulaient se refaire une nouvelle vie.
- Moi, c'est pas pour m'en refaire une nouvelle.
C'est pour replonger dans celle que j'avais avant.
- La question, c'est: pourquoi?
Pourquoi vouloir revenir dans cette partie-ci de votre vie
alors que vous avez mis tant d'efforts pour en sortir?
- Est-ce que vous avez des enfants?
- Non.
- Vous pouvez pas comprendre.
Vous, M. Dumas, vous avez des enfants?
- Oui.
- Si je vous disais que du jour au lendemain,
vous cesseriez de les voir?
- C'est pas un bon exemple, je vous le confirme.
- J'ai perdu ma fille de vue pendant 2 ans.
Ça m'a fait vieillir de 10 ans.
- Mon ex-femme, je m'en fous.
Elle peut faire ce qu'elle veut.
Mais mes enfants, ça me tue.
Tout ce que je veux, c'est de les revoir
puis de leur expliquer.
Je pense qu'elles sont rendues assez vieilles pour comprendre.
- On va commencer par le début.
Vous, votre vrai nom à vous, c'est quoi?
- Sébastien Nantel.
- Il y a l'aspect légal
de ce que vous avez fait
qu'il va falloir regarder aussi.
- Retrouver votre ex-femme puis vos filles,
c'est pas un trouble.
Mais il y a des choses
qu'il va falloir regarder avec vous.
Il y a l'aspect légal, comme le dit si bien Anthony.
Il y a aussi l'aspect psychologique chez vos filles.
C'est pas quelque chose qu'on fait ici,
mais on n'aura pas le choix que de s'y arrêter.
- Comment vous avez fait pour sortir du pays,
pas d'argent, pas de papiers?
- J'ai un ami qui fait du transport par bateau.
Il avait une livraison à faire pour les Caraïbes.
Je suis monté avec lui.
Il m'a sauvé la vie.
On a parlé, ça m'a fait du bien.
Je me suis retrouvé en Argentine
où je suis resté la première année.
Ensuite, j'ai traversé en Italie
où j'ai fait dans l'exportation de marbre italien.
- Et votre identité?
- J'ai un ami argentin qui se spécialise là-dedans.
- Dans quoi?
- Il fabrique des passeports.
- Vous aviez une assurance vie, j'imagine? Des REER aussi?
L'aspect financier, ça s'est réglé comment?
- Aucune idée.
C'est la première fois que je mets les pieds au Canada
depuis mon départ.
Ce que Laurie a fait ou pas fait, je le sais pas.
J'ai même jamais vérifié mes comptes bancaires
par peur de me faire retracer.
- Est-ce que vous avez utilisé votre fausse identité
pour des trucs légaux?
- Je comprends pas la question. - Je sais pas, moi.
Obtenir un permis de conduire, un prêt, une hypothèque?
- Pas ici, au Québec. En Italie, oui.
J'ai jamais fraudé qui que ce soit.
Je gagne très, très bien ma vie.
- Puis de votre ancienne vie,
il y a juste une personne qui est au courant
que vous êtes toujours vivant, c'est ça?
- Une seule, mon ami.
Celui qui m'a aidé à quitter par bateau.
- Puis, ç'a donné quoi?
- Catherine va tout te dire ça.
- Oui, rien d'anormal dans son historique de recherche.
Rien non plus dans ses téléchargements.
Mais on va en savoir plus en cherchant avec son adresse IP.
- On a aussi vu qu'il y avait un VPN sur son ordinateur,
mais ça veut pas dire grand-chose.
- Bien, c'est super.
- Sophie, je peux te parler 2 minutes?
- Attendez-moi.
Oui? - Je voulais m'excuser.
- T'excuser pour quoi?
- Quand on a travaillé ensemble sur l'affaire de Quantum,
j'ai été un peu raide avec toi.
- Un peu raide, hein?
- Bête.
Peut-être 2, 3 fois, je t'ai...
je t'ai répondu assez bête.
- T'es pas le premier homme à être bête avec moi.
- Peut-être, mais je voulais quand même m'excuser.
C'est un peu ironique de savoir que tu t'occupes de mon dossier.
- C'est moi qui voulais le faire.
J'ai dit: "Il a été tellement bête avec moi,
j'espère le pogner les culottes à terre."
C'est une blague.
Let's go.
(sirènes au loin)
- C'est mon ancienne maison. C'est là où j'habitais.
- Comment vous savez qu'elle n'habite plus là?
- L'ami qui m'a aidé me l'a confirmé.
- Puis il vous a pas dit qui restait là?
- Non.
Qu'est-ce qu'il fait?
- Éric, c'est comme Jean.
On sait ce qu'il fait après qu'il l'ait fait.
- Ça doit pas être très difficile pour vous
de retrouver la nouvelle adresse de mon ex.
- C'est facile, oui, mais on cherche quand même
à avoir un portrait de la situation avant toute chose.
- Vous êtes avocat.
Vous pensez vraiment que je pourrais avoir des problèmes
si jamais la police apprend que je suis toujours en vie?
- Disons qu'il va falloir que vous vous expliquiez.
Je dis pas ça parce que je prêche pour ma paroisse,
mais ça va vous prendre un bon avocat
si les choses se mettent à déraper.
- Puis?
- La maison était vide quand ils l'ont achetée il y a 2 ans.
- Elle vous a donné la nouvelle adresse de Laurie?
- Non, mais j'ai le nom du notaire
qui a fait la transaction.
- Si vous allez là, moi, je veux pas être vu.
(♪ sonnerie de cellulaire ♪)
- Oui, allô?
OK.
Bon, bien il faut retourner au bureau.
Il y a des choses qui bougent.
- OK.
(sonnerie de téléphone au loin)
- Léna, qu'est-ce que t'as pour moi?
- De l'amour, Éric. Mucho amor.
- Ouais, tu parles, tu parles, puis il se passe jamais rien.
- Le désir réside dans l'espoir.
Les 2 filles, Arielle et Jade.
Arielle a 12 ans. Elle est à l'école Saint-Ernest.
Et là, elle va rejoindre sa soeur Jade, 14 ans,
à la polyvalente Georges-Leblanc.
Ça, c'est Arielle, ça, c'est Jade.
- OK, est-ce qu'on a une adresse?
- Évidemment.
C'est à Laval.
- Merci, mi amor.
(sonnerie de téléphone au loin)
- Bon. Hum...
Le mandat, c'était de les retrouver.
On a leur adresse. On sait où elles habitent.
Maintenant, ça dépend de vous.
On peut arrêter ça là ou chercher à aller plus loin.
- Bien, aller plus loin où?
- Bien, votre ex a pas dû attendre
avant de refaire sa vie, là.
À ses yeux, vous êtes mort.
- Ça m'intéresse pas de savoir ça.
Moi, je veux revoir mes filles.
- C'est pas si simple que ça. Vous allez faire quoi?
Vous allez revenir puis dire:
"Coucou, tout le monde, I'm back?"
- Moi, je vais être plus raide que ça, moi.
Est-ce que vous avez un agenda caché?
Vous voulez peut-être ravoir vos biens, de l'argent,
une partie de la vente de la maison, peut-être?
Vous pouvez pas prendre la décision
de disparaître puis de réapparaître comme ça
4 ans plus tard,
venir déranger la quiétude de vos proches.
C'est pas des Yoyo, ces gens-là.
Je peux comprendre vos raisons, mais mettez-vous à leur place,
le choc qu'elles vont avoir.
- On va vous laisser avec Anthony.
Vous allez voir au niveau légal
si vous vous exposez à des poursuites.
Éric, viens.
(sonnerie de téléphone au loin)
Bon, c'est quoi ton problème, Éric?
- Tu trouves pas ça bizarre, toi?
Un gars se présente ici,
il raconte son histoire, comment il a disparu
au moment où Stéphanie me menace avec mon passé?
Il y a pas de hasard.
- Ç'a rien à voir, arrête! - J'aime pas ça, c'est tout.
- Je vais donner ça à Sophie
si ça te met tellement mal à l'aise.
- Jean, j'aurais besoin de...
Oh, je m'excuse.
Je vais revenir plus tard.
- Non, non, ça tombe bien, je voulais aller te voir, toi.
Ça dérange pas si on...
Quand t'es venue me voir pour me dire
que tu voulais recoller les pots cassés avec Jean,
c'était une commande de Stéphanie
ou une commande de Jean?
Parce que je commence à être un petit peu mêlé, moi, là, là.
Parce que ça pourrait être Jean qui a organisé tout ça pour...
pour me tester, pour savoir comment j'allais réagir, non?
Savais-tu que vous aviez été écoutées
quand Stéphanie t'a dit
qu'il fallait que je passe chez Investcan,
puis que ma réelle identité, c'était pas Éric Bonin,
mais Gabriel Langlois?
- Ça doit faire 2 ans que je sais
que tu t'appelles Gabriel Langlois.
Hein? C'est à peu près ça, 2 ans,
depuis que tu m'as raconté son histoire.
(petit rire)
- Le plus hallucinant, là...
(raclement de gorge)
... c'est que je vous connais tellement bien tous les deux
que je sais que vous feriez une paire extraordinaire
pour quelqu'un dans ma position.
C'est juste que vous vous donnez pas le temps.
- Allô!
As-tu passé une bonne journée?
- Non.
- Bon, ç'a le mérite d'être clair.
- Tu pourrais au moins me demander pourquoi ça va mal.
- OK. Qu'est-ce qui s'est passé aujourd'hui
pour que ça aille si mal?
- C'est pas aujourd'hui, c'est hier soir.
- Bien, qu'est-ce qui s'est passé hier soir, alors?
- Je voulais aller coucher chez papa pour le voir
parce que c'est mon père puis que je le hais pas,
moi, sa face de grogneux.
J'arrive là puis il était avec une femme.
Dans la maison.
- OK. T'as vu une fille dans la maison de ton père,
puis c'est ça qui te met à l'envers.
- Ça te fait rien, toi?
- Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse?
Si ton père veut avoir 1, 2, 3 blondes,
un chum ou même les deux, bien, ça te regarde pas
puis ça me regarde pas.
- C'est la Delphine dont tout le monde parle.
- Qu'est-ce que ça change?
- Maudit que t'es dure à suivre!
(soupir)
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant?
- On essaye de s'entendre.
Je suis pas ici pour voler la place de personne.
On a essayé avec Jean de mettre la main sur Investcan.
Ç'a pas marché. C'est pas grave.
Mais questionne jamais mon attachement à Jean Dumas
puis à Intelco.
(sonnerie de téléphone)
- Oui? - C'est moi.
- Mon Dieu, vous fermez de bonne heure chez Investcan,
- Écoute, faudrait que tu parles à Charlie.
Elle est jeune puis elle a de la peine
parce que t'invites des femmes chez toi.
- Quelle maudite niaiserie tu vas me sortir, là?
- Moi, j'ai juste dit que Charlie était à l'envers.
Vu que t'es son père, ça serait bien que tu lui parles.
Moi, j'ai beau lui dire que Delphine, c'est une tarte,
mais ça change rien.
- Ça t'a fait du bien, ça?
- Tu devrais avoir honte de te servir des gens comme ça.
Le sait-il, ce monde-là, que tu vas les domper
dès que tu n'auras plus besoin d'eux autres?
(Il raccroche.)
- Hé, ton amie Stéphanie fait dire que t'es une tarte finie.
- Ah, j'en demandais pas tant.
(petit rire de Dumas)
(gazouillis d'oiseaux)
(rire)
(paroles indistinctes)
(conversations entremêlées au loin)
(sonnerie de téléphone au loin)
- Merci.
(petit rire)
- Ils vont s'en remettre, fais-t'en pas.
- C'est juste un peu lourd comme ambiance.
- Ç'a jamais été le party ici non plus.
- Fait que tu veux m'envoyer à l'île de Jersey?
- Regarde, on va aller dans le parking,
voir s'ils ont posé les pneus d'hiver sur ta voiture.
- Hum, hum.
(sonnerie de téléphone au loin)
Pas parce que tu veux te débarrasser de moi, j'espère?
- Non, je peux pas envoyer quelqu'un d'autre.
Regarde, le score, c'est ça.
La Jersey Capital Bank, c'est une des plus grandes banques
sur l'île de Jersey.
Il y a des milliards de dollars qui sont cachés
dans cette banque-là.
Il y a un employé, un nommé Gillespie,
il a été congédié par la banque
et il a une liste de clients dans les mains
avec les montants d'argent qui correspondent au compte.
Gillespie, c'est lui. Son adresse est en arrière.
- Qui nous dit que ce qu'il y a sur la liste, c'est vrai?
- Je sais pas.
Tout ce que je sais,
c'est que des gens sont prêts à tout
pour que la liste sorte pas, mais nous, c'est le contraire.
Il faut qu'elle sorte.
Le Gillespie en question, il cherche un acheteur.
- Tu veux que je fasse quoi?
- Que t'ailles à Londres rencontrer Gillespie
puis que tu lui lui fasses une offre pour sa liste.
- Puis que je me fasse arrêter pour me retrouver en prison?
- Tu vas te mettre à avoir des scrupules, là?
(sonnerie de téléphone)
(sonnerie de téléphone)
- Allô?
- Oui, Mme Laurie Sirois, s'il vous plaît.
- Moi-même.
- Bonjour, Mme Sirois, je m'appelle Éric Bonin.
Je travaille pour Intelco, une firme de sécurité privée.
J'aurais vraiment besoin de vous parler.
- C'est à quel sujet?
- C'est un peu délicat, mais je préférerais
faire ça de vive voix, s'il vous plaît.
- Dites-moi quand même c'est à quel sujet.
- Ça concerne des événements tragiques
survenus il y a quelques années.
Sébastien Nantel.
- Vous avez retrouvé son corps?
- Écoutez, je préférerais pas parler de ça au téléphone.
Est-ce qu'on peut se rencontrer dans un restaurant?
Le Saint-Émilion, sur de la Concorde, vous connaissez?
- Oui, oui, je connais.
- Tantôt. 10h30, ça va?
- Je serai là.
- Parfait, merci.
- OK, Anthony, Sophie, Éric,
vous allez accompagner Sébastien.
Si jamais il y a un esclandre, Sophie, t'interviens.
Sinon, vous les laissez aller.
Sébastien, si jamais vous voulez mettre fin à la conversation,
vous vous levez debout, on va comprendre le message.
- Parfait.
- Bon, Sophie. - Hum?
- Comment ça s'est passé hier?
- Très bien. Là, il y a Jérémie puis Catherine
qui s'en vont au poste de police
pour passer l'ordinateur de Louis Lapierre au peigne fin.
- J'aimerais ça que tu sois là avec nous autres.
- Tu veux que j'aille avec les gars
puis tu veux que j'aille au poste de police?
Je peux pas me cloner.
(♪ rock en anglais à la radio ♪)
- Mme Sirois. - Bonjour.
- Anthony Dumas, avocat chez Intelco.
Je vous présente ma collègue, Sophie Lacoste.
- Au plaisir.
- Je vous explique ce qu'on fait ici. On devait vous retrouver.
- On a vérifié.
Quelqu'un aimerait vous rencontrer,
donc on sera pas trop loin si jamais il y a quoi que ce soit.
- Ce que j'aurais ici,
c'est le nom du gars avec qui on a un match d'ADN.
Ce serait bel et bien, selon la généalogie génétique,
Gabriel Langlois, qui est devenu Éric Bonin.
Il est né à Roberval le 15 juin 75.
Sa mère, Rolande Bovet,
est morte d'un accident de voiture en 79.
Son père, d'un cancer du poumon en 96.
On lui a découvert un cousin au Saguenay.
Peut-être que lui pourrait nous enligner sur Gabriel Langlois.
- Ça va nous rapporter quoi, exactement?
- Si l'histoire d'Éric Bonin sort au grand jour,
c'est pas seulement à Éric qu'on va faire mal.
C'est aussi à Jean Dumas.
Il est pas propre, propre là-dedans,
à ce que j'ai compris.
On avance. On avance.
- Que tu m'en veuilles à moi, je peux comprendre.
Mais tes filles, Sébastien?
As-tu pensé à tes filles?
- C'est à elles que je pensais d'abord et avant tout.
J'ai fait des efforts surhumains
pour m'empêcher de le tuer, lui.
Puis de te tuer toi aussi.
Mes filles auraient pas été mieux avec une mère morte
puis un père en prison.
J'ai aimé mieux m'effacer.
- Pourquoi t'es revenu?
- Je veux les voir.
(soupir)
- Tu leur as brisé le coeur une fois,
tu veux faire ça une 2e fois?
On t'a attendu, on t'a prié,
on s'est faites à l'idée que t'étais mort.
Elles ont pleuré leur vie.
Tu penses quoi, là?
Que tu vas débarquer puis qu'elles vont sauter de joie
puis de bonheur?
C'est des ados.
- Regarde, je te demande rien,
je veux pas d'argent,
la vente de la maison, je veux rien.
Mais mes filles...
c'est mes filles.
- Oui, oui, je...
Faut que je parle à un avocat parce que je sais pas quoi dire.
- Laurie, complique rien.
Si je veux les voir, je vais finir par les voir.
- Hé, t'es disparu pendant 4 ans.
Je pense que t'es capable d'attendre encore un peu.
Laisse-moi un peu de temps.
Tiens, écris ton numéro là-dessus, là.
(reniflement)
(pleurs)
(pleurs)
(soupir)
- Elle peut demander une injonction.
Je sais pas comment ça peut être reçu,
mais toute son affaire à lui
risque de lui péter dans la face.
Je pense pas qu'il veule se rendre devant le tribunal
pour expliquer ce qu'il a fait. Merci.
- En quelque part, c'est un peu cave de disparaître de même.
- Là, Sophie, tu tombes dans le jugement.
- Non, je suis pas dans le jugement.
Je trouve ça juste cave de faire ça.
- Cave ou pas, c'est lui, le client.
Elle peut demander toutes les injonctions qu'elle veut,
tu pourras jamais empêcher ce gars-là
d'aller voir ses filles dans une cour d'école.
- Jean, t'en penses quoi?
- Bien, on l'a trouvée, on lui a organisé un rendez-vous.
Le reste, ça ne nous regarde plus, là.
- Ça, c'est ta façon de dire: "La job est faite,
prépare la facture qu'on passe à autre chose"?
- Tu comprends vite.
- Attends avant de partir l'imprimante.
Elle a dit qu'elle communiquerait avec nous.
- Juste vous dire qu'on est de retour,
puis quand quelqu'un sera disponible,
Catherine va vous montrer ce qu'on a trouvé.
- Bien, on s'en vient.
(♪ sonnerie de cellulaire ♪)
(♪ sonnerie de cellulaire ♪)
- Je réponds parce que je suis bien élevée,
mais ça me tente pas du tout de te parler.
- OK, arrête de bouder, là.
- Commence pas de même
parce que je vais raccrocher.
- Viens souper à la maison ce soir.
- Pourquoi? - Je veux te voir.
S'il te plaît, je te le demande.
- Est-ce qu'on va juste être toi puis moi?
- Oui, juste Charlie et Jean.
- Fais une promesse.
Sur la tête de grand-papa.
- Lâche grand-papa, là, il est mort.
Je te le promets, moi.
- OK, là, mais pas avant 5h00.
J'ai un cours en fin d'après-midi.
- Parfait.
- OK. Alors, les photos ont été téléchargées
à partir d'une clé USB
sur l'ordinateur de travail de Louis Lapierre.
C'est un ensemble de fichiers
qui contient des milliers de photos,
de la pornographie juvénile, entre autres,
mais d'autres vidéos aussi assez... dégueulasses, merci.
Les photos ont été téléchargées
le 24 septembre dernier, sauf que...
- Le 24 septembre dernier,
au moment où les images ont été téléchargées,
Louis Lapierre est au tribunal.
Il témoigne dans un procès
pour importation de 100 kilos.
- Vous lui avez dit, ça?
- Notre mandat, en entrant au poste de police, M. Jean Dumas,
c'était de découvrir comment ces images-là
se sont retrouvées dans son ordinateur.
- OK. Qu'est-ce qui confirme que le 24 septembre,
il était au tribunal?
- On a "checké" dans son calendrier.
De 9h00 à 17h00, palais de justice.
- Vous avez vérifié qu'il était bien là?
- On n'est pas payés pour ça.
- Dans mon cas, je suis pas payée pantoute.
Ah oui, c'est vrai.
Jérémie m'a dit: "Fais-toi pas confirmer ça tout de suite.
"Quelqu'un d'autre va le faire,
puis ça va permettre au boss de 'biller' plus d'heures."
(rires étouffés)
- Viens donc avec moi, toi.
- On a le sens de l'humour élevé par ici.
- Bonne chance.
- C'était juste une farce.
- Non, parce que c'est comme ça que ça marche.
(sonnerie de téléphone au loin)
Premièrement, félicitations pour ta journée.
Deuxièmement, j'aurais une grande faveur à te demander.
(sonnerie de cellulaire)
- Oui, allô?
- Anthony, c'est Sébastien Nantel.
Elle accepte que je voie mes filles,
mais elle veut me parler avant.
- Normal.
- Je voulais juste vous tenir au courant.
Je vais vous voir après pour qu'on règle nos affaires.
- Parfait.
- Louis, Sophie Lacoste. - Salut, Sophie.
- Peux-tu me confirmer que le 24 septembre,
t'étais au tribunal
dans une affaire d'importation de 100 kilos?
- Faudrait que je vérifie,
mais en septembre, on a fait le procès de Massicotte
puis Larrivée.
- Ton ordinateur est resté au bureau?
- Oh, je l'amène jamais au tribunal.
- Si c'est ça, t'es clairé des accusations
qu'ils veulent porter contre toi
parce que les images ont été téléchargées d'une clé USB
dans ton ordinateur.
Si t'étais pas là, c'est pas toi.
- Tu viens de m'enlever
10 pianos à queue de sur les épaules, toi.
- Ouais, mais là, si c'est pas toi,
il y a quelqu'un à ton lieu de travail
qui veut te faire porter le blâme,
puis faut trouver c'est qui.
- Si je mets la main dessus,
je peux te garantir qu'il va le regretter.
- Il m'avait promis qu'on serait juste les deux.
- C'est moi.
Je voulais le voir, il m'a invitée à souper.
Moi qui pensais que tu serais contente de me voir.
C'est super.
- Je peux pas croire.
- Ah, Charlie, arrête de faire ta diva, s'il te plaît.
- Bien non. On va jaser un peu, là. Hum?
- Salut, Charlie.
Je suis ici pour rester.
T'es aussi bien de t'y faire, toi puis moi. Non?
(conversations entremêlées)
- Les filles savent pas que t'es encore en vie
puis que tu veux leur parler.
- Ça nous avance pas beaucoup.
- J'ai besoin de clarifier certaines choses avec toi avant.
Qu'est-ce que tu veux faire avec elles?
- Leur parler.
Leur expliquer que j'ai eu un accident...
que j'allais pas bien,
que j'ai voulu fuir, ce qu'on devrait jamais faire.
- Après, tu veux faire quoi?
- Rien.
À part leur laisser mes coordonnées.
Et si elles veulent me parler, puis me pardonner,
elles vont savoir où me trouver.
- C'est tout? - C'est tout.
- Comment tu veux faire ça?
- C'est comme tu veux.
Je peux aller les voir chez vous ou ailleurs.
(soupir)
- Regarde, tu viendras te stationner devant la maison.
Envoie-moi un texto.
Je vais leur parler, je sors de la maison.
À ce moment-là, tu pourras entrer, être avec elles,
puis j'attendrai dehors, pas loin de la porte.
- Ça me va.
(soupir)
(stridulations)
- OK?
(coups à la porte)
- Oui? - Vous êtes M. Daniel Gagnon?
- Oui, c'est moi.
- Est-ce que c'est possible de vous parler 2 minutes?
- Oui.
- Le lien de famille entre vous et Gabriel Langlois?
- On était cousins. Nos 2 mères étaient soeurs.
- Non, merci.
Et la mère de Gabriel Langlois est décédée
quand il était encore très jeune, c'est ça?
- Ah oui. C'est mononcle Yvon qui l'a élevé tout seul.
Lui, il est mort d'un cancer une quinzaine d'années plus tard.
- Est-ce que vous auriez une photo de Gabriel, par hasard?
- J'en ai une, mais pourquoi ça vous intéresse?
Ça fait 25 ans qu'il est mort.
- Il faisait quoi dans la vie, Gabriel?
- Ah, je l'ai jamais su. C'était pas un jaseux.
Il parlait pas de ses affaires.
(petit rire)
Je vais aller vous chercher la photo.
(raclement de gorge)
Ouais, regarde.
C'est lui, ça.
- Et ça, c'est Gabriel Langlois aujourd'hui.
- Il se fait maintenant appeler Éric Bonin.
(petit rire)
- Bien voyons!
- Elles ont beaucoup de peine.
- Ça va aller.
- M. Sébastien Nantel, vous êtes en état d'arrestation
pour utilisation de faux et méfaits publics.
Tout ce que vous direz pourra et sera retenu contre vous.
- J'ai ma fille, Gaëlla, qui a 17 ans.
Elle est en fugue depuis 10 mois.
- Pourquoi vous êtes ici? - Pour que vous la retrouviez.
- C'est ici que votre cousin habite.
- T'as pas payé 2,5 M$ juste pour le plaisir
de prendre ta revanche sur Intelco, quand même?
- On a un gros dossier à traiter.
- Lequel? - En temps et lieu.
Sous-titrage: MELS
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