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[animaux nocturnes]
[chouette]
[vent]
[musique douce]
[harpe]
[musique plus rythmée]
[haletant]
[propos indistincts au loin]
- [femme 1] Ça va, ma chérie ? - [Claire] Ça va.
[femme 1] Tant mieux.
[femme 1] Je voulais des pommes.
Je ne vois rien.
J'ai commandé des Granny Smith.
Ah non, surtout pas ça.
Le vert porte malheur.
Non, des rouges ou des roses.
Des Pink Lady, par exemple.
Je les aime beaucoup.
Je changerai pour des Pink Lady.
On n'achète plus les serviettes, chez Lambert,
ce sont des escrocs.
Chez Mercier, c'est pas plus cher et ça tient mieux.
- Je m'en occupe. - Tu sais ce que disait ton père.
Il faut savoir tout faire.
J'essaye de travailler correctement.
"Correctement", c'est triste.
Ton père n'aurait pas aimé que tu te laisses aller.
Il faut essayer d'oublier ces derniers mois durs pour nous tous.
Tu devrais sortir un peu.
D'accord, j'y penserai.
[musique douce]
Tu es comme ma fille.
Tu es jeune, tu es belle.
Tu as la vie devant toi.
Tu devrais essayer d'en profiter.
[eau de la piscine et oiseaux]
- [homme] Tout va bien, Claire ? - Oui, ça va.
[propos indistincts]
[musique inquiétante]
[ouvre et ferme le robinet]
[musique douce]
[animaux nocturnes]
[haletant]
[klaxon de train]
[musique mystérieuse]
[musique au violon]
[haletant]
[violon continue]
[haletant]
[Claire s'exclame]
[elle crie]
[coups dans le coffre et cris]
[crissement de pneus]
[musique inquiétante]
[son sinistre]
[musique mystérieuse]
[choc et dérapage]
[coup dans le coffre]
[haletant]
[respiration forte]
[souffle]
[Claire halète]
[musique douce]
[vent]
[oiseaux]
[musique plus rythmée]
[haletant]
- [bruissement] - [elle s'exclame]
[grognement]
[haletant]
[pas à l'approche]
[cliquetis d'arme]
[Claire haletant]
[avec accent] C'est vrai que tu es belle.
Dommage pour toi.
Si tu l'étais moins,
tu n'en serais pas là.
Allez.
Ferme les yeux.
Tu sentiras rien.
- [coup de feu] - [Claire gémit]
[halètement et reniflement]
[gémissement d'effort]
[musique calme]
[oiseaux]
[coq au loin]
[pas à l'approche]
[porte s'ouvre]
[porte grince]
Mon jogging, il est où ?
À la machine.
Oui, je t'ai dessapée, mais t'étais trempée.
Je t'ai frottée avec une serviette, c'était pas du luxe.
T'as fait quoi pour en arriver là ?
[respiration saccadée]
Elle est morte ?
C'est moi qui pose les questions.
Rien, je sais pas.
T'as forcément fait quelque chose.
Je suis désolée.
Désolée ?
J'étais parti pour tuer un sanglier,
et j'ai tué quelqu'un, une femme en plus.
Tu peux être désolée.
Tu vois dans quelle merde je suis à cause de toi ?
- [renifle] Il faut aller à la police. - C'est ça.
La prison, j'en ai fait.
La police, oublie.
[elle renifle]
[porte s'ouvre]
[porte se ferme]
[porte s'ouvre]
Désolé, j'ai rien à ta taille.
Moi, c'est Pierre.
Je le récupère quand ?
Quoi ?
Mon jogging.
C'est vrai, c'est le principal.
Quand il sera sec, princesse.
Et d'ici là ?
D'ici là, t'as pas de nom ?
Claire.
Si tu veux te laver, c'est à droite.
[porte grince]
[porte se ferme]
[pas s'éloignant]
[musique à la harpe]
[marches grincent]
[musique douce continue]
[musique s'arrête]
[oiseaux]
[violoncelle]
[violoncelle continue]
- [bip] - [femme 1] Bonjour.
Vous êtes sur le répondeur de Maud Jacob-Guillaume.
- Je ne suis pas là... - [pas rapides]
[homme] C'est pas possible !
[il tousse]
[homme] Ils l'ont mise où, cette Ventoline ?
C'est pas possible, franchement...
C'est vous qui l'avez prise ?
Je fais de l'asthme, et je sens la crise arriver donc...
Qu'est-ce que vous faites là, d'ailleurs ?
Je sais pas.
Ah ben, j'aime ça, moi.
J'aime les gens qui savent pas.
Aujourd'hui, tout le monde sait tout avec Google,
Wikipédia, toutes ces conneries, cette merde.
J'aimerais bien qu'ils me disent où ils ont mis cette Ventoline...
Je vais pas jouer avec une épée de Damoclès au-dessus de ma tête.
C'était vous, Vivaldi ?
Non, c'est pas moi.
Vivaldi, il est mort, hein.
C'est moi qui le jouais.
C'est ici que je vis depuis trois ans,
que je travaille ma musique.
Avant, j'étais dans l'orchestre de Grenoble, où je suis né,
mais c'est devenu invivable.
Je crois que c'est une des villes les plus polluées de France.
- Vous le saviez ? - Non.
Vous le savez maintenant, Claire.
Ça vous va bien, Claire...
Car vous êtes pâle.
Enfin moi, j'aime...
les filles pâles, quoi. [rit]
Les charnues...
les Rubens, les Renoir...
me font flipper, quoi. [inspire]
[imperceptible]
Pardon.
[continue de tousser]
Ça va, Tchernobyl ?
- Allez, hop ! - [le chien hurle]
Tiens, aidez-moi... tenez-le.
- [Claire] Je fais quoi ? - Maintenez-le.
Il est un peu ramollo depuis deux jours.
J'espère qu'il a pas la maladie de Lyme.
[homme] C'est rouge ou pas ?
- Ça se transmet aux hommes. - [chien couine]
Vous avez vu un médecin ?
Non, mais vous voulez rigolez, enfin ?
- Enfin ! - [chien couine]
Ils font que prescrire des choses que les labos leur disent de prescrire.
Désinfectez vos mains.
Tenez, je... je me permets.
[Claire] Hm.
Voilà, pas trop.
[le chien halète]
[soupire] Faut bien faire entre les doigts.
Comme ça...
- [respire fort] - [chien halète]
[violoncelle continue]
[chant des oiseaux]
[pas à l'approche]
[elle s'exclame]
[bégayant] Qu'est-ce que tu fais là, toi ?
T'es qui toi ?
François, tu t'occupes de la bouffe.
[François] Bon.
Toi, faut qu'on parle.
En tout cas, tu peux pas rester.
Pourquoi ?
Ceux qui sont après toi, j'ai pas envie de les voir débarquer.
Personne sait que je suis ici.
Pour le moment, ouais.
[il soupire]
Laissez-moi rester juste un peu.
Non, c'est pas possible.
[pas au loin]
Je vous ai pas demandé de venir à mon secours.
Vous l'avez fait et maintenant, vous me jetez dehors.
Je sais, c'est pas logique, mais j'ai pas le choix.
D'accord.
[pas au loin]
- Allez, maintenant, tu dégages ! - Mais !
Hé, putain...
[respirations fortes]
[respiration saccadée]
[animaux nocturnes]
[pas au loin]
[porte au loin]
[pas à l'approche]
[s'arrêtent devant la porte]
[musique douce]
[les pas s'éloignent]
[musique douce continue]
[chouette]
[oiseaux]
[porte grince]
[porte grince fort]
- [Claire] Les jumeaux sont pas là ? - Ils sont partis à la scierie.
[le chien couine]
- Allez, viens. - Vous partez aussi ?
Ça vous angoisse de rester seule ?
Vous êtes claustrophobe ?
Moi aussi, je l'étais, mais ça m'est passé.
Je dois amener le chien chez le véto.
- [chien aboie] - Accompagnez-moi.
J'ai l'impression que vous vivez un moment difficile.
Ne craignez rien,
je sais rester discret.
[le chien halète]
Chut...
[musicien] Alors ?
[vét.] Non, il a rien, ton clebs.
Tu rigoles ? Il est éteint, regarde.
Arrête de lui faire ça.
C'est toi qui le déprimes, ce chien.
J'ai des antidépresseurs pour chien.
- D'accord, je vois. - Quoi ?
Tout de suite la camisole chimique.
C'est des produits naturels, des plantes.
- Mais je les aurai demain. - D'accord.
[vét.] Demain, je dois voir les moutons des Echenoz,
- je passe après ? - [musicien] D'accord.
Vous êtes là-bas aussi ?
- [musicien toussote] - Dans la maison ?
- Oui. - Ah ?
Très bien, bon ben, à demain.
D'ici là, veille à ce qu'il mange bien, tu le promènes,
et surtout, joue-lui quelque chose de gai, pour une fois. [ricane]
D'accord.
J'ai pas bien compris votre...
Mon nom ? Claire.
Non, votre... statut...
Vous êtes... avec... Vincent et vous ?
- Ah non, quelle idée ! - Non.
- Non, Claire est arrivée hier. - D'accord.
D'ailleurs, je sais même pas comment...
elle est arrivée, donc non.
- [vét.] Un, deux, trois. - [chien couine]
- [vét.] Voilà. - Attention !
[le chien halète]
Je voulais pas vous vexer.
Me vexer ?
Quand...
Quand Sam a cru que... [s'éclaircit la voix]
Que vous et moi...
Les femmes et moi, ça fait deux.
Il devrait le savoir.
Non pas que je sois homosexuel, non, attention.
- Non, j'ai compris. - Oui. [rit]
Vous êtes abstinent pour des raisons de santé.
Vous vous foutez de moi ?
Je le mérite bien...
Pour m'excuser, je vous invite à un verre chez Georgette.
Ne refusez pas ou je vais être vexé.
Alors ?
D'accord.
[cloche d'église]
[Vincent] Désolé, il faut que je passe récupérer des partitions.
- [clochette] - [Vincent] Entrez.
Bonjour.
Je vous présente Claire. Le père Guilbaud. Charles.
Dieu du ciel.
- Une apparition. - Du calme, Charles.
Mademoiselle,
devant tant de beauté et de grâce,
je ne peux que m'incliner.
Que dis-je, m'accroupir,
tels les deux petits bergers devant la Vierge de La Salette.
Bon, Charles, c'est bon. [rit]
C'est le seul libraire dans le coin...
Oui, absolument.
Vous êtes en vacances ici ?
Vous devriez visiter le joyau de notre région,
le sanctuaire Notre-Dame de La Salette.
On vous racontera la bouleversante légende
de celle qui pleure.
Je peux vous y amener et faire le guide, ça vous tente ?
Non ? C'est pas un plan drague, juste une initiation... [inspire]
...à la... méditation,
au recueillement.
Charles, ça frise le blasphème.
Non, mon Père, c'est totalement désintéressé.
Tu as reçu mes partitions ?
Les ? Partitions ? Bien sûr. Oui, pardon.
[Charles] Où les ai-je mises ?
Ah, merci.
Aimez-vous Brahms...
C'est pour vous, tenez.
Merci.
Je ne veux pas vous harceler.
Sous mes airs un peu fantasques, je suis tout à fait normal.
Moi, je suis peut-être pas aussi normale.
Vous me connaissez pas, vous savez pas qui je suis.
Tu me présentes ?
Euh...
Ben, Claire. C'est Claire.
Vous êtes Georgette ?
Elle m'a laissé tomber il y a trois ans. Moi, c'est Muriel.
- À votre santé. - Oui, à la vôtre.
[conversations en fond]
Et votre santé, vous avez toujours été comme ça ?
C'est de naissance. J'ai toujours été malade, toute mon enfance.
J'ai tout eu. Tout.
Mes parents me gavaient toujours de choses atroces,
soi-disant pour me guérir, mais en réalité, c'était pour me tuer.
La musique m'a sauvé.
C'est drôle.
- Vous trouvez ça drôle ? - Enfin, non, mais...
Moi aussi, enfant, la musique était tout pour moi.
- Ah ? - Le violon.
- Vous avez arrêté ? - Hm.
Ben, c'est un crime.
Vous savez...
quand on commence une chose, il faut toujours aller jusqu'au bout.
À 13 ans, j'ai eu un accident de voiture.
J'ai rien eu, c'est ma mère qui conduisait...
Et elle...
J'ai tout laissé tomber.
Pas seulement le violon. Tout.
C'est comme si ma vie s'était arrêtée.
J'avais plus envie de rien.
Ça me touche, ce que vous dites.
Ça me touche profondément.
Mais ça, c'était avant.
C'est effacé.
Y a eu un... grand coup de gomme.
Et maintenant...
Je suis une page blanche.
[Vincent] Voilà.
J'ai quelque chose pour vous.
C'est un instrument d'étude.
Je l'ai acheté pour rien sur une brocante, il a jamais servi.
- Ben, il vous attendait. - Merci, mais non.
Ben, gardez-le.
Je sais même pas en jouer, donc...
Merci.
[porte claque et pas rapides]
- Tu l'as emmenée en ville ? - Je vois pas le mal.
Toi, tu t'es montrée partout.
Tout le monde va savoir que t'es chez nous.
Bravo.
[pas rapides]
[cordes sonnent]
[coup indistinct dehors]
[coup indistinct]
[musique douce]
[musique continue]
[Pierre respire fort]
Tu veux que je m'en aille ?
[respirations fortes]
[gémissements]
[gémissent]
[les gémissements s'intensifient]
[musique douce]
[oiseaux]
- [bruit métallique] - [porte se ferme]
[François bégayant] Tu l'aimes très grillé ?
[Claire] Un peu, ça ira.
Merci.
Tu peux me passer le sel ?
[cloche]
Qui ça peut être ?
Comment il va ?
[Vincent] Pas mieux.
[le chien hurle]
[Sam] Bon, je t'ai ramené ces médocs.
- [Sam] Hein. - Ouais.
Tu verses le contenu d'une gélule dans sa bouffe à chaque repas.
- D'accord ? - D'accord.
Mais, tu mets du sucre car c'est un peu amer.
D'accord, je vais en chercher.
- Mets-lui à chaque repas. - [chien couine]
Je vais le préparer à l'avance, ça va le calmer.
- D'accord. - Viens, Tchernobyl.
- Vas-y. - Viens !
C'est toujours la même histoire. Son chien se porte comme un charme.
[aboiements]
Et vous, alors, vous...
Vous êtes là pour...
Travail ?
- Vacances ? - Ni l'un ni l'autre.
- Le hasard. - Ah...
Heureux hasard, alors.
Vous travaillez là depuis longtemps ?
Ça fait trois ans.
Ça fait trois ans. Je suis de Mâcon.
J'avais mon cabinet,
j'étais tranquille,
jusqu'à l'arrivée de cette femme...
Elle avait rendez-vous pour faire couper son chat.
Tout un programme.
Plutôt banal dans votre métier.
Vous connaissez le coup de foudre ?
- Vous l'avez déjà éprouvé ? - Non.
Tant mieux pour vous.
Je sais pas pourquoi je vous dis ça.
Je...
Je ne devrais pas en parler, car c'est pas bon pour moi.
Là, tout est bien, calme, parfait.
C'est exactement ce qu'il me faut.
Pas de stress, de hantise.
- Pas de passion. - Si, des passions saines.
C'est la ville qui rend les gens mauvais,
qui les rend...
avides, hystériques, insatiables.
C'est prouvé.
[TV au loin]
[TV continue]
[porte grince]
[TV : propos indistincts et musique]
[TV : homme parlant chinois]
[TV : cris et tirs de flèches]
[TV : gémissement et grelots en fond]
[TV : crescendo musical]
[épées et cris]
[respirations saccadées]
[gémissent]
[respirations fortes]
[musique chinoise douce]
[il murmure]
[bégayant] J'ai la gorge sèche.
Tu... boire un... truc ?
François ?
Pierre doit pas savoir.
T'es complètement malade.
[riant] Je sais, j'aurais...
pas dû, mais j'ai pas pu résister.
T'aurais pu me le dire.
Tu m'en veux ?
Ben, t'exagères.
Tu me pardonnes ?
[elle rit]
- [François] C'est pas drôle. - Non.
[François] Faut pas qu'on le dise.
[moto à l'approche]
Vous allez bien ?
Vous êtes toute blanche.
C'est votre moto, j'ai cru...
Enfin... J'ai eu peur.
J'ai un très bon thé du Yunnan.
Ça va vous requinquer.
Allez, montez.
[vrombissement]
[musique légère au piano]
- [Père] Vous n'êtes pas croyante ? - [Claire] Non.
[Père] Pourtant, vous avez quelque chose.
Je l'ai vu au premier coup d'œil.
- [cloche] - Une aura.
Une sorte de halo que je suis peut-être le seul à percevoir,
et qui flotte autour de certains êtres.
Il rayonne autour de vous.
- [cloche] - [il rit]
Non, je ne suis pas fou.
Je ne suis qu'un pauvre prêtre.
Je m'efforce de croire aux miracles.
Moi aussi, je devrais y croire, car si je suis en vie,
enfin...
si je suis ici, c'est une sorte de miracle.
Vous savez,
tout ce qui se dit ici n'en sort pas.
Si vous avez besoin de parler.
- Je vais rentrer. - Où ?
Chez les jumeaux, j'habite là-bas.
Et je couche avec eux.
Pourquoi vous me dites ça ?
C'est pas très catholique, je sais...
mais c'est arrivé.
Avant, j'ignorais que j'avais des désirs, maintenant, je veux les vivre.
C'est mal ?
Le Christ a dit : "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugé."
- Il avait un faible pour les pécheresses. - Oui.
Et vous ?
Quoi moi ?
Vous avez aussi un faible pour elles ?
Oui, bien sûr.
Mais pas pour le péché.
[mobylette]
[propos indistincts]
- [Claire] Bonjour. - Bonjour.
Vous cherchez toujours quelqu'un ?
Je peux servir, l'hôtellerie, je connais.
- T'as rien de mieux à faire ? - Je dois travailler.
Je sais pas d'où tu sors, ni quelles conneries t'as faites.
- [Claire] J'en ai pas fait. - Tu serais bien la seule.
[téléphone cadran rotatif]
[tonalité]
[tonalité] [on décroche]
Maud ?
C'est moi, c'est Claire.
- [bruits indistincts] - [ligne coupée]
[tonalité]
[musique douce rythmée]
[talons]
[soupir]
[la musique devient intrigante]
- [vapoteuse] - [porte claque]
Tu devrais essayer l'hypnose, c'est plein de cochonneries ça.
J'y penserai.
Je t'attends depuis 20 minutes.
Désolé, un souci avec mon associé.
[il respire fort]
Il faut qu'on parle.
Il faut qu'on soit sincères l'un avec l'autre.
Peut-être car mon mari n'est plus là,
qu'on n'a plus besoin de se cacher...
On se cache toujours.
Ne m'interromps pas, s'il te plaît.
Voilà ce que je voudrais te dire.
C'est moins fort.
J'ai moins de plaisir, je...
J'ai moins de...
de joie, avec toi.
[il soupire]
On devrait faire une pause avant de tout gâcher.
Non ?
Tu le penses vraiment ?
Et toi, tu penses quoi ?
Comme toi.
Ça fait des mois que j'espérais chaque fois qu'on se voyait que...
la magie allait revenir.
Ça arrive à tous les couples.
Pendant un moment, j'ai cru qu'on était protégés, exceptionnels.
Ce qu'on a vécu est extraordinaire.
Mais tu as raison.
Tu es plus forte et plus lucide que moi.
J'osais pas regarder la réalité en face.
[il soupire]
En fait, je t'ai rendu service.
Tu te sens délivré.
Non... Oui... Je...
Tu m'enlèves un poids.
[il inspire]
Je... [expire]
Je veux pas te perdre.
Je suis sûr qu'on saura inventer... [inspire]
- [vibreur] - ...une autre façon
- d'être ensemble, une façon différente - [vibreur]
mais très belle.
[vibreur]
[grogne] Excuse-moi.
[vibreur]
Oui ?
Non, je suis en réunion, mais dites.
Non, j'ai ses coordonnées dans la voiture.
Bon...
Je vérifie et je vous les maile.
Excuse-moi.
Un problème à régler.
[il respire fort]
Et euh...
On se voit toujours dimanche ?
Ça... change pas, hein ?
Bien sûr.
[bip, porte s'ouvre]
[porte claque]
[musique intrigante]
[mouettes]
[la musique continue]
[haletant]
[bip, porte s'ouvre]
[porte claque]
[respire profondément]
[tonalité]
[tonalité]
Bonjour, c'est Claire, laissez un message. [bip]
[homme] Claire...
Euh...
Je n'ai pas réussi à vous parler.
Ça fait des semaines que j'essaye de vous dire ce que je ressens.
Je...
Je vous vois en ce moment.
Si pure.
Si belle.
Je vous aime.
- Et si vous pouviez... - [tonalité]
[inspire]
[bip porte]
[porte claque]
[bruits de trains et de rue]
[musique intrigante]
[sonnerie porte]
[femme avec accent] Vous êtes plus relaxée aujourd'hui.
Je ne suis pas relaxée.
[crépitement]
Je suis dévastée.
Si vous voulez vous libérer,
je peux vous aider.
Je ne veux pas être libérée.
Je veux que ce soit comme avant.
Pour ça, il n'y a qu'un seul choix.
Elle doit partir.
Je peux m'arranger pour la faire partir.
[Maud] Loin.
Non, c'est pas bon.
[inspire]
Il faut un départ...
- [canari] - définitif.
"Définitif" ?
Dans votre pays, vous parlez mais ne faites pas.
Moi, je fais. Je sais faire.
[canari]
Restez comme ça dix minutes.
Réfléchissez.
[musique calme avec gong]
La moitié maintenant,
l'autre moitié dans une semaine à la même heure.
C'est le seul moyen ?
Il n'y en a pas d'autre.
[violon]
Après notre petite mise au point,
[piano en fond]
j'ai eu peur de te perdre.
Vraiment ?
Oui. Vraiment.
[bruits de cuisine]
[il inspire et expire fort]
Tu trouves pas étrange que Claire ne vienne plus travailler ?
Pas de nouvelles ?
Ça lui ressemble pas.
Oui, mais, c'est pas la première fois.
- Ah bon ? - Non.
- Ça lui est déjà arrivé ? - Oui.
Elle doit être souffrante.
J'espère que j'y suis pour rien.
Toi ? Pourquoi ?
J'ai peut-être dit quelque chose...
Qu'elle aurait mal pris.
Comme quoi ?
Non mais rien, une bêtise, je sais plus.
- N'en parlons plus, elle va revenir. - Hm.
[il rit]
[vibreur]
[Claire] Maud ?
C'est moi, c'est Claire.
[bruits indistincts]
- Mauvaise nouvelle ? - C'était une erreur.
Tu fais une drôle de tête.
Moi ?
[rit]
[musique dramatique]
[conversations en fond]
Claire, je vous présente Clément.
Mon garçon.
Enfin... à supposer que ce soit le mien.
Un bon fils, il vient me voir presque chaque semaine.
Avec la moto, c'est pas difficile.
[claquement de langue] Gap, c'est pas la porte à côté.
Non, pas d'alcool. Pour moi, le Côtes-du-Rhône. Il boit pas.
- Sportif ? - [Charles] Ouh là là.
Il est prof de karaté, de taekwondo,
et comment s'appelle cette danse ?
- La capoeira. - La capoeira.
Fais pas ton timide.
[Charles] Il aime pas qu'on parle de lui, mais il devrait être fier de lui.
Hum.
- T'es beau. - Arrête.
- N'est-ce pas ? - [homme] S'il vous plaît ?
- Un dessert ? - Non, jamais.
Un café, je veux bien.
Si je puis me permettre, en débarrassant, demandez si c'était bon.
Pas forcément pour les clients, mais pour la patronne.
- D'accord. - Elle vous embête pas trop ?
- Non, elle est gentille. - Ah ?
- Je vous soûle... - [rit] Non, pourquoi ?
Je sais que je peux être un peu soûlant, parfois.
- Je vous trouve juste un peu tendu. - Ah bon ?
[il rit]
[inspire, expire]
[bruits de vaisselle]
[préparation du café]
[Sam] Hm.
J'ai rêvé de vous, cette nuit.
Un rêve agréable ou désagréable ?
C'était... agréable au début.
Pénible à la fin.
Si vous faites rien ce soir après votre service,
y a une boîte à trois kilomètres.
Voilà.
Vous me direz le contenu de votre rêve.
Hum.
[il rit]
À plus tard.
[musique sinistre]
[crescendo]
[fondu vers musique électro dansante]
[rit]
[propos inaudibles]
[Claire] Non.
[propos inaudibles]
[Claire] Non.
J'ai pas envie.
Oh !
[propos indistincts]
[indistinct]
Ben vas-y.
[cri indistinct]
Tu me touches ?
[dispute inaudible]
[Sam] Non !
Vous étiez collée contre lui...
C'était immonde.
Vous êtes fou.
Vous avez même pas remercié Clément.
- Sans lui, vous seriez à l'hosto. - Je m'en serais très bien sorti.
Il a fait ça pour vous épater.
Et ça a marché.
Pourquoi me faire venir ici si ça vous rend malade à ce point ?
Vous avez raison.
Après, j'ai des excuses aussi.
Je suis un enfant adopté.
Ça m'a fragilisé à vie.
J'ai pas parlé avant mes cinq ans.
Comme Einstein.
Ah ouais ?
Je suis pas Einstein.
Non, mais vous êtes plus beau.
[inspire, expire]
Je devrais être fou de joie.
Pourquoi ça fait si mal ?
[il soupire]
[Sam] On n'est plus très loin.
Ça vous gêne pas d'être seule avec ces types ?
Au milieu de nulle part ?
Non.
Ça me dérange pas.
[Sam rit]
Très bien alors. J'ai rien dit.
C'est pas une situation courante.
On est en droit de trouver ça bizarre, non ?
On est tous un peu bizarres, non ?
Vous connaissez une personne normale, vous ?
Je sais pas.
Peut-être pas.
On est différent de l'image que les autres ont de nous.
Vous, par exemple,
ne le prenez pas mal, mais je vous imaginais
plus solide.
Tout à l'heure, je vous ai vu sous un autre jour.
Fragile.
"Fragile", vous voulez dire pathétique ?
Non.
Ça m'a plu.
Vous pouvez le répéter ?
Vous m'avez plu.
[respiration forte]
Si je craque là, c'est...
- Ça va être la catastrophe. - [détache sa ceinture]
Pourquoi ?
[respirations saccadées]
[chuchotant] C'est ça, la catastrophe.
[Sam gémit et l'embrasse bruyamment]
[Sam gémit]
[respirations fortes]
[gémissent]
[klaxon]
[elle rit]
[Sam gémit]
Je vous ai fait mal ?
On n'est pas seuls.
[cris d'écureuil]
Vous êtes un peu fou.
- Non, pas du tout. - Chut.
- [klaxon] - [elle gémit]
- [elle gémit] - [klaxon]
Vous allez réveiller toute la forêt.
- Chut. - [Sam gémit]
[les gémissements s'intensifient]
[cris d'écureuils]
[musique rythmée]
[conversations indistinctes]
[clochette]
- [Maud] Bonjour. - Bonjour.
Je...
Je peux vous aider ?
Je... cherche un guide de la région.
Vous êtes en pèlerinage ?
Euh...
Oui, en quelque sorte. [rit]
Le sanctuaire de La Salette, j'imagine ?
Si vous ne l'avez pas vu, ça vaut la peine.
C'est tout ce que j'ai sur La Salette.
Je suis athée,
mais j'ai un ami prêtre
qui prétend que nous sommes dans la région des miracles.
Eh bien, aujourd'hui,
j'aurais tendance à le croire, car en quelques jours,
j'ai eu deux sublimes apparitions.
Deux ? [rit]
Oui, deux. Vous,
vous avez la beauté d'une madone
de la Renaissance italienne.
Et...
une jeune fille qui est passée.
Très pure, très mystérieuse...
En tout cas, autre miracle,
elle semble se plaire parmi nous. [rit]
C'est si rare que ça ?
Ça n'arrive jamais.
[elle rit]
Je suis désolé, je n'ai que ça.
C'est le sanctuaire.
Vous pourriez me recommander un endroit où me loger ?
Oui.
Le sanctuaire a des chambres.
[tonnerre]
[musique religieuse en fond]
[porte claque et grince]
Bonjour, mon Père.
Désolé de vous avoir fait attendre.
Que puis-je pour vous ?
Euh... Je ne suis pas exactement là pour une retraite,
même si...
je cherche la paix. [rit]
Comme nous tous.
En fait, je suis là...
pour retrouver ma belle-fille,
une jeune femme...
très fragile.
Elle a fugué il y a quelques jours et...
je m'inquiète pour elle. Je...
Je n'en dors plus.
- Venez, suivez-moi. - Merci.
Son père, mon mari,
est mort, il y a quelque temps.
Elle en a été très affectée.
Et...
Je crains de ne pas avoir été suffisamment là pour elle.
J'étais...
plongée dans ma propre douleur.
Elle m'en a voulu.
Je ne voudrais pas la brusquer en débarquant trop brutalement,
et qu'elle fugue à nouveau.
Je comprends vos scrupules.
Comment s'appelle-t-elle ?
Claire.
Je la connais.
Si je peux vous être utile...
Si vous avez besoin d'un intercesseur pour faire la paix avec elle,
je suis disposé à vous aider.
C'est une bénédiction de vous avoir rencontré, mon Père.
[aboiements]
[conversations indistinctes]
- Merci pour hier soir. - [Clément] Oui.
- [Charles] Que s'est-il passé ? - [Clément] Rien.
- Il s'est rien passé. - [Charles] Où vas-tu ?
Aux toilettes, je peux ?
[porte claque]
Claire ?
- Je peux vous montrer quelque chose ? - Oui.
Ça n'a rien à voir avec la musique,
mais c'est un auteur que je trouve absolument divin
et un illustrateur de première catégorie.
Regardez comme le trait...
est vigoureux.
Regardez ces petits personnages.
[Charles] On dirait des petits lutins... ou des nains.
Oh, encore un.
C'est cadeau.
C'est gentil.
[porte claque]
[porte se ferme]
[talons à l'approche]
[soupire de joie]
[bégayant] Tu restes un peu avec nous ?
Oui.
- Pas de sortie de prévue ? - Non.
[Vincent au violon]
Allez, donne.
[clic briquet]
[crépitement] [repose le briquet]
T'as l'air songeuse, à quoi tu penses ?
Je pense que je suis bien avec vous.
J'espère que ça va durer.
[violon continue]
Il me gonfle avec son instrument.
C'est du Bach, t'aimes pas ?
J'aime pas le classique.
[bégayant] Bach'il arrête, hein.
[rires]
["No Bullshit" de Myd avec Twice & Lil Patt]
[soupire]
["No Bullshit" continue]
[soupire]
[le chien couine]
T'entends ce que j'entends, Tchernobyl ?
Oui.
Mais, je sais.
[Claire a un fou rire]
[Claire] Wouh !
- [elle rit] - [porte claque]
- [chien aboie] - [jumeaux rient]
- [chien aboie] - [Claire rit aux éclats]
[violon]
[jumeau tousse]
[cloche]
[sonnerie téléphone]
[sonnerie s'arrête]
[musique douce]
[haletant]
- [Clément] Bonjour, Claire. - Salut.
[Claire essoufflée]
- [Claire] Ça grimpe. - Oui, un peu.
[ils soufflent]
Tu rentres quand à Gap ?
Dimanche, en principe.
T'as une petite amie, là-bas ?
Pourquoi ?
Pardon. C'est indiscret.
[ils rient]
Non, j'ai pas de petite amie.
J'ai l'impression que je te fais peur,
alors, je me demande si c'est moi ou si en général...
Non, c'est juste que...
Je suis pas comme mon père.
Je saute pas sur toutes les femmes.
Avec moi, il est resté assez cool.
- C'est quand même un vieux cochon. - [elle rit]
- Tu le connais mieux que moi. - Non, pas forcément.
[elle rit]
Claire ?
Claire !
[Claire s'exclame]
[Clément s'exclame]
Tu t'es fait mal ?
Non.
[elle rit]
- [Claire] Je vous ai fait un aveu. - [Père] Les jumeaux.
[Claire] Je voulais comprendre ce qui m'arrivait.
[Père] Et maintenant ?
J'ai couché avec un autre homme.
Vous n'êtes pas la seule à faire ce genre de choses.
Je vous rassure.
Vous n'imaginez pas ce que j'entends en confession.
La montagne active le sang.
C'est la montagne ?
Voilà. C'est la montagne.
Vous reviendrez à chaque fois que vous ferez une rencontre ?
Vous voulez quoi ?
Ma bénédiction ?
Vous savez pourquoi vous faites ça ?
Il faut une raison ?
Je savais pas ce qu'était le désir, maintenant, je sais.
Tant mieux pour vous.
Pas besoin de mes encouragements pour vous amuser.
M'amuser ?
C'est pas de l'amusement.
C'est de la vie.
C'est mal ?
- Ça fait de moi une créature du diable ? - [il rit]
Le diable emprunte des chemins bien plus tordus.
Il avance toujours masqué.
Vous, vous êtes transparente comme l'eau pure du glacier.
Moi, transparente et pure ?
Pourquoi pas ?
Vous vous sentez vivre.
Eh bien, vivez.
Vivez à fond.
Comme disait Saint Augustin :
"Aime et fais ce que tu veux."
Il y a ici quelqu'un qui aspire à la réconciliation.
Ne lui fermez pas votre cœur.
Pour avancer sereinement vers l'avenir,
il faut faire la paix avec son passé.
Je vous amène à sa chambre.
Ce ne sera pas nécessaire, elle est là.
[gémissement de joie]
T'es surprise de me voir, hein ?
[Maud rit]
Merci beaucoup, mon Père.
Vous pouvez nous laisser, merci.
J'ai eu si peur qu'il te soit arrivé quelque chose.
Comment tu m'as retrouvée ?
Quand tu m'as appelée, ça a coupé,
j'ai retrouvé le numéro et j'ai fait des recherches.
Et...
Maintenant, je suis là.
Mais tu peux me dire ce qui s'est passé ?
Bien sûr, je te crois.
Mais je suis abasourdie.
Bon alors, tu t'es enfuie,
et qu'est devenue cette femme ?
Aucune idée.
Mais sans cet accident, je serais pas là pour t'en parler.
[rit]
Seul un esprit malade peut aller à de tels extrêmes.
On ne soupçonne pas les noirceurs pouvant habiter l'âme humaine.
En tout cas, ça a cessé de me tourmenter.
Bizarrement, j'y pense presque plus.
Tu vas pas rester éternellement ici.
Tout le monde t'attend,
et moi, j'ai besoin de toi.
[Claire soupire]
Je peux pas retourner en ville,
retrouver ma vie d'avant.
Je suis bien, ici.
Vraiment ? Dans ce trou ?
- [cloche] - C'est pas un trou.
Je me suis fait beaucoup d'amis.
Ah bon ?
Alors, ça c'est essentiel.
Ne t'inquiète pas,
rien ne presse.
Je vais peut-être rester quelques jours.
Si tu es d'accord, bien entendu.
- [message téléphone] - J'espère te faire changer d'avis.
Je dois retourner travailler.
- Je te dépose ? - Oui.
[crissement de pneus]
J'ai une roue qui chasse, je me demande si j'ai pas crevé.
Tu peux regarder la roue avant gauche ?
Oui.
[portière se ferme]
Non, la roue n'a rien.
[vrombissement de moto]
Un problème ?
On a cru qu'on avait crevé, mais non.
Quelle chance d'avoir une telle beauté pour belle-fille.
- [Claire rit] - [Père] Bon, à bientôt.
Je suis pressé, j'ai une dégustation de vin au village.
[vrombissement]
On y va ?
[enfants chahutent]
[musique troublante]
On se revoit vite ?
- Tu as bien un jour de repos ? - Le dimanche.
[Maud] Hm.
- Tu me feras visiter la région. - Avec plaisir.
On pourrait pique-niquer.
Bonne idée.
Je peux te dire une chose ?
Je te sens plus vivante qu'avant.
- Tu trouves ? - Oui.
Comme si ces épreuves avaient accentué ta beauté.
[aboiements]
[chien hurle]
Votre fils, ça va ?
Oui.
En fait, non.
Je voulais vous en toucher un mot.
Il s'est enfermé dans sa chambre. Il est de plus en plus bizarre.
Bizarre comment ?
Je ne peux rien dire, il prend tout mal.
Souvent lorsqu'il s'agit de vous.
- De moi ? - Oui.
Il dit que mon attitude à votre égard lui fait honte.
[il rit]
Quoi, mon attitude ?
J'ai manqué un jour de correction ?
Non, jamais.
Je lui ai dit, il ne veut rien entendre.
Il est borné, hostile.
Vous voulez pas lui parler ?
Oui, mais pour lui dire quoi ?
Qu'il arrête de me juger.
C'est très blessant pour moi.
J'irai après mon service.
Merci, Claire.
[il grogne]
[grognements]
[on frappe]
[il grogne]
- Que fais-tu là ? - [porte se ferme]
Tu vas bien ?
Eh bien, oui, très bien.
J'ai été un peu brusque, ce matin.
Oui, t'as été brusque.
Enfin, toi aussi.
Oui.
On l'a été tous les deux.
Oui.
On fait la paix ?
Parce que je t'aime bien, tu sais ?
T'es vraiment charmant.
Tu devrais juste te détendre un peu.
[il respire fort]
[rit]
[respiration saccadée]
[marches grincent]
Tout va bien.
- Ah bon ? - Oui.
C'est gentil. Merci.
[soupir] On s'inquiète...
[il rit]
Vous avez eu le temps de...
jeter un coup d'œil au livre ?
Oui, je l'ai parcouru.
Ça vous a plu ?
- C'est spécial. - Hm.
Mais c'est inspirant.
Oui, inspirant.
[il inspire]
Elles vous ressemblent toutes un peu, non ?
De quel point de vue ?
La cruauté.
[riant] Ah ?
Je suis sûr que vous pouvez l'être. Ne riez pas.
- Moi ? Non. - Si !
Je suis sûr de votre nature cruelle qui ne demande qu'à éclore.
Charles, votre correction.
- Quoi donc ? - Non.
Gardez votre correction.
Je mérite une correction.
- Une bonne correction. - Non...
Corrigez-moi.
- [riant] Non. - Si, je le mérite.
- Non. - Frappez-moi.
S'il vous plaît.
- Piétinez-moi avec la force d'un Kalmouk. - [s'exclame] Un quoi ?
Un guerrier mongol.
- Non. Arrêtez. - C'est une brute.
- Chut ! - Frappez plus fort.
Attendez...
Prenez une cravache, allez-y, frappez !
- [elle rit] - Allez, je le mérite.
Frappez-moi, piétinez-moi !
- [rire nerveux] - Allez-y ! Ah ! Oui !
Pour vous, c'est rien, mais pour moi, c'est tout !
- Trois petits coups. - Je vous en prie !
[elle rit]
Mais frappez, bon sang !
[cri indistinct]
[rit aux éclats]
[fou rire]
Voilà, c'est rien.
- [clochette] - [s'éclaircit la voix]
[porte se ferme]
[inspire, souffle]
Oh !
Ah, le voilà ! [rit]
Il était là, mon Choukourov !
- [vitre se baisse] - Claire ?
- Tu vas où ? - Chez les jumeaux.
Je t'accompagne, mets ton vélo dans le coffre.
Non, t'inquiète.
S'il te plaît.
D'accord.
C'est pour toi.
Cadeau.
Merci, mais je veux plus de portable.
Pourquoi ?
- Tout le monde en a un. - Pas moi.
[Sam rit]
On a passé une soirée merveilleuse
ou je suis à côté de la plaque ?
Oui, merveilleuse.
Pourquoi tu veux pas que je puisse te joindre ?
- Je vois pas le rapport. - Ah ben... ah bon ?
Ou je le vois trop bien.
Tu vas commencer par m'appeler.
Ensuite, tu voudras savoir...
Je veux juste savoir
- si tu peux envisager... - Sam, j'envisage rien.
J'ai passé ma vie à envisager et j'étouffais.
Là, je respire.
Super, respire. Je suis très content pour toi.
Moi, je souffre.
Parce que je suis pas à toi ?
Non.
Si.
Je suis avec toi.
Ça te suffit pas ?
C'est facile pour toi.
Non, c'est pas facile.
C'est pas facile d'être à personne.
Mais c'est ce que je veux.
[portière se ferme]
Comment va ton chien ?
[Vincent] Merci de me demander.
Ça va.
Claire ?
D'accord pour aujourd'hui dans ma chambre ?
Vingt minutes, pas plus.
- Vincent va me jouer une suite de Bach. - Oui.
Dans sa chambre ? 20 minutes ?
- Sam. - Quoi ?
OK, pardon...
Non, mais c'est...
C'est la première suite de Bach pour violoncelle seul.
D'accord.
Super.
- Eh ben, à plus tard. - [Claire] Hm.
Vous vous foutez de ma gueule avec votre suite de Bach ?
- [Claire rit] Arrête. - Hein ? Arrête de rire.
Parle-moi franchement.
Tu nous emmerdes tous avec tes délires.
[Vincent gémit]
[Claire] Ça va ?
[Vincent] Putain !
- [Claire] Vous avez mal ? - [Vincent grogne]
C'est magnifique.
- Magnifique ? - Oui, magnifique.
J'ai enfin une vraie douleur.
Ça enfle ?
Non, pas encore.
[le chien hurle]
Il faut mettre de la glace.
Ou des petits pois surgelés.
Hm.
Il faut que...
je range mon instrument dans son étui.
Votre quoi ?
- Mon violoncelle. - Ah oui.
Faut que je le range.
["Suite pour violoncelle numéro 1" de Bach]
[la musique s'arrête]
Ben, c'est cosmique.
[musique intrigante]
[son téléphone]
[soupir]
[musique mystérieuse]
[inhale vapoteuse]
[Maud] Ouh !
- Elle est fraîche, hein ? - Oui.
Elle est toujours aussi douce, ta peau.
Du satin.
Tu sais que t'as des fesses sublimes.
On te l'a dit ?
Pas que je me souvienne, non.
À ton âge, j'étais maigre comme un coucou.
J'avais les cheveux courts.
- On me prenait pour un petit garçon. - [craquement]
Quelqu'un nous épie.
J'ai l'impression.
T'es sûre ?
[musique éthérée]
[Maud parle au loin]
[musique devient intrigante]
Qu'est-ce qu'il y a ?
Ah non, rien du tout.
[Claire rit]
[craquement]
Qui est là ?
C'est Clément, je le connais.
Vous nous matiez ?
Ah non, je vous matais pas, moi.
Vous faisiez quoi alors ?
Je... pêche la... truite.
Où est votre canne à pêche ?
Je fais des repérages.
Puisque t'es là, viens partager notre pique-nique.
Viens.
Ça t'ennuie pas ?
- T'as faim ? - Oui.
Ben, tiens.
Ah non ! Je ne suis pas d'accord.
Je ne déjeune pas avec un monsieur qui nous espionne.
C'est pas un "monsieur" et il n'espionnait pas.
Et tu le crois ?
C'est pas grave. J'y vais, c'est mieux.
Non, attends, Clément.
C'est un ami, on peut lui offrir quelque chose.
C'est gentil, Claire, mais je veux pas vous déranger.
Je suis désolée.
[grogne]
[l'écureuil crie]
[Claire riant fort au loin]
[Claire] Ah !
[Clément] Ah !
- [Claire rit] - [Clément crie]
[pluie]
[respirations fortes]
[respirations fortes]
[Claire gémit]
[haletants]
[gémissements au loin]
[tonnerre]
Je l'ai jamais vue aussi épanouie,
- aussi heureuse. - [Bernard] Vraiment ?
- Tu la reconnaîtrais pas. - Comment ça ?
[rit] Elle vit une histoire torride avec un jeune.
Ils baisent en pleine nature.
Il est pas le seul.
Elle vit avec trois hommes dans une ferme isolée, imagine...
T'es sûre de ce que tu dis ?
Ça lui ressemble pas.
Oh, les filles d'aujourd'hui, ça aime les sensations fortes.
Elle a pas de cœur.
Toi et moi, on n'est pas faits de cette étoffe-là. N'est-ce pas ?
Tu dis rien ?
Non, simplement, j'ai du mal à le croire.
[soupire]
Elle peut pas avoir changé à ce point.
C'est vrai.
On connaît pas la vérité sur les êtres les plus proches
avant qu'elle vous éclate à la figure.
[musique au loin]
[vrombissement]
[chanson rythmée] [brouhaha]
Alors, vous dites plus rien ?
Vous m'avez réconcilié.
Avec le silence.
Ne plus parler.
Ressentir juste...
Ressentir.
Bon, tu me la laisses deux secondes ?
Voilà, merci.
- T'inquiète pas, je lui sauve la vie. - [Claire rit]
Il est au bord de l'apoplexie.
- T'es gonflé ! - Vas-y, retourne dans ses bras.
Retourne dans ses bras !
Quand je les vois danser autour de toi, j'ai envie de les tuer.
[Sam] De les tuer !
Mais c'est pas grave...
[musique dramatique sur musique de fête au loin]
[musique dansante]
[Claire] Venez danser !
Je suis en pleine renaissance là, donc...
Je veux pas prendre le risque de tout perdre pour une danse.
Pour une fois, prenez un risque !
Ça fait du bien !
["Feel It Still"]
[Claire rit]
[Claire rit]
[Claire] Wouh ! [rit]
Vous m'aviez caché que vous étiez la belle-mère de Claire. Chut...
Gardez votre silence.
Je l'aime, ce silence.
Car il est mystérieux.
Je sens en vous une femme féroce, impitoyable.
Je me trompe ?
[reggaeton]
Je voudrais deux verres de vin rouge, s'il vous plaît.
Merci.
[fondu vers musique dramatique]
[fondu vers musique dansante]
- [Maud s'exclame] - Pardon, madame.
- [Maud] Encore vous ? - Désolé.
- Tu l'as fait exprès ? - Non.
J'ai vu qu'elle m'aimait pas et moi pas trop non plus...
Elle te sourit avec un regard froid, j'ai pas confiance en cette femme.
Non, je bois pas d'alcool.
Je bois un peu...
Hm.
[musique lente]
[musique rythmée]
[chahut]
[Sam] Encore !
[acclamation]
["Prettiest Virgin"]
On n'a même pas dansé ensemble.
Tous ces hommes...
[Claire toussote]
- C'est très fort. - Hm.
On s'en fout, c'est la fête.
[expire]
[Maud] Encore...
[Maud glousse]
[Claire grogne]
[fondu vers musique dramatique]
[fondu vers la chanson]
[mix chanson et musique dramatique]
[Maud grogne]
[Maud rit]
[distorsion musicale]
- Ça va ? - [bégayant] Qu'est-ce qu'elle a ?
- J'ai la tête qui tourne. - Non.
- J'ai la tête qui tourne. - Ça va.
Je vais la ramener.
- Allez, viens. - [Claire marmonne]
[Maud] Laissez, c'est bon, ça va aller.
[vrombissement]
[crissements de pneus]
[son sinistre]
Ça va mieux ?
J'ai mal au cœur.
[crissements de pneus]
[Claire gémit]
Ralentis, ça va pas du tout.
Tu étais une princesse.
Tu es devenue la reine.
La reine des cœurs.
Ça doit être grisant.
[respiration difficile]
[musique angoissante]
Je n'avais qu'un amour et tu me l'as pris.
Tu me l'as volé.
[crissements de pneus]
[portière claque]
[expire]
[courants d'air]
[musique triste]
[cantique]
[s'exclame]
[hurle]
[chœur allemand]
[musique s'arrête]
[musique douce]
[sanglote]
[souffle]
[baiser]
[musique dramatique]
[respiration]
[musique douce]
[finale musical]
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