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Zulu
…
Musique terrifiante
…
Hurlement de Sandy
- Du calme, Sandy, c'est moi.
- Ben, il va tous nous massacrer.
- Il faut toujours que tu dramatises.
Cet affreux Youri est mort. Ce n'est qu'un affreux souvenir.
Cet affreux cauchemar est terminé.
- Il nous détestait parce qu'on gagne de l'argent.
Et dans son optique prolétarienne, le profit lui était insupportable.
Oh mon Dieu, il a massacré Jim…
Il hurle.
Susan…
Elle hurle.
Ludovic…
Il hurle.
Maximilien…
Il hurle.
Et Toto aussi !
Miaulement
Oh…
- Je sais, c'est affreux.
Mais les Johnson arrivent ce soir. Je vais mettre un peu d'ordre.
Prends un bain. Il ne peut plus rien nous arriver d'affreux.
Eau qui coule
Coucou
Musique terrifiante
- La la la la la Il ne peut plus rien…
- … nous arriver d'affreux maintenant.
- Ce bon bain m'a fait du bien.
…
- Sandy, attention ! Craquement
Sandy, désolé. C'est affreux.
- C'est pas grave. C'est pas grave du tout…
Respiration courte
Benjamin crie.
…
Benjamin halète.
Respiration courte du tueur
Benjamin halète.
Tintement des clés
…
Respiration courte du tueur
Il halète.
- Zut !
…
Musique terrifiante
…
…
…
…
- J'approche…
…
Téléphone
- Je te rappelle. C'est affreux.
Aspirateur
Zut ! L'aspirateur, j'ai oublié de l'éteindre !
…
…
…
Téléphone
Allô ?
*- Attention, derrière toi. C'est affreux.
Cris de lutte
…
Il hurle.
…
Musique terrifiante
…
- Meurs, pourriture communiste.
Cris du tueur
…
"Red is Dead".
Adieu, Youri.
Musique dynamique
Klaxon
…
- Alors ?
Ça vous a plu ?
Je ne sais pas si vous l'avez constaté,
mais à la fin, y a beaucoup d'action.
Si vous vous êtes endormi,
y a d'autres projections prévues.
Partez pas sans votre dossier de presse !
Je me présente.
- Ah !
- Odile Deray.
Prenez un dossier. S'il vous manque des infos, je suis au Martinez.
- Je n'écrirai rien sur ce film. C'est une merde !
- Mais ça mérite une 2e vision.
- Je vous pisse à la raie.
- Deray… Odile Deray.
Je vous rappelle.
- Odile !
Je vous avais dit de ne pas laisser votre sac à terre.
Regardez, il est vide.
- Merci, Janine.
- La direction décline toute responsabilité.
Ce film n'ayant pas encore de visa d'exploitation…
Musique dramatique
…
- Festival de Cannes, premier jour.
- C'est quoi, de l'hermine tachetée ? Combien ?
- À demain.
- Une seconde. Comment ?
- À demain. J'espère qu'on aura plus de monde.
- Je suis payé pareil. Couvrez-vous,
il pleut. - Ça s'est arrêté.
Tonnerre
Mes amitiés à votre épouse.
- Ouais, j'y manquerai pas.
Quoi ? Alors…
C'est combien ? - Au revoir.
- Non, je ne vais pas crier.
(Il crie.) Combien ?
Raclement d'un objet contre le mur
…
Non, c'était mortel. Ne change pas de conversation.
…
Plutôt crever que vendre la caravane.
…
Tintement joyeux
Raclement
…
Je te dis que, moi vivant…
Quoi ? Quoi ? Mais…
Miaulement
…
Attention, chérie, ça va couper.
- Cannes, deuxième jour.
- L'enterrement aura lieu mardi.
- Mardi ?
Je pourrai pas, sinon je serais venue avec plaisir.
- C'est gentil.
J'espère que le soleil sera de la fête. C'est moins triste.
- Oui.
- Du thé ?
- Volontiers, oui, merci.
C'est lui ?
- C'est mon chien.
- Bien sûr.
Parlez-moi de lui.
- C'était un très beau berger allemand…
- Je parle
de votre mari.
- Jacques…
Ils me l'ont massacré avec la faucille et le marteau.
Mais si vous l'aviez vu en entier. Bel homme.
Bien, propre, généreux.
Généreux…
Du sucre ?
- 16.
Dans mon film, on tue les gens à la faucille et au marteau.
Incroyable, non ?
- Oui.
C'est son dernier cadeau.
J'ai dit : "Il faut vendre la caravane."
Il m'a dit quoi ?
"Banco."
- Ce matin, dans le journal, on parlait de mon film.
- Je l'entends encore : "Banco." Un vrai Capricorne.
- Qui dit "attachée de presse", dit "presse".
- Pour ce qu'on s'en servait de cette caravane !
- Il a fallu un meurtre pour qu'on parle de mon film !
Enfin, un journal en a parlé.
- On s'est jamais servi de la caravane. Si, une fois.
- Non, deux. Il y a eu deux journaux.
J'ai personne du film.
Le metteur en scène est à l'asile, le producteur en taule,
le comédien…
Je crois qu'il est libre.
- On s'en serait servi ?
Elle traînait au garage sous la poussière.
- Si je le fais descendre, je fais monter la sauce.
Les gardes du corps, etc.
Et en titre : "La vedette de Red is Dead
descend à Cannes au péril de sa vie." C'est bien.
Vous avez un téléphone ? - C'était l'hermine ou la caravane.
Il m'a dit : "banco".
On frappe.
- "Cannes-Midi" !
Musique angoissante
- "Meurtre du député vert Jacques Lelong."
"Oh la belle prise !"
*- Est-ce parce qu'il s'opposait au projet de l'hôtel Megamilton,
*sur la plage de Cannes,
*que l'écologiste Jacques Lelong a été tué ?
*Au téléphone, Philippe Loulou. Vous nous entendez ?
*- Très bien, Michel. On a retrouvé son corps.
*- Ça va ? *- Ça va bien.
* On l'a retrouvé sur une île de Lérins
*noyé depuis une semaine.
*Le corps du député vert était tout bleu
*comme le ciel azuréen.
*- De lourdes présomptions pèsent sur Jean-Paul Martoni.
*- Oui, le leader du RPN, entendu par la justice,
*risque, ma foi, une inculpation.
*- Vous nous rappelez dès qu'il y a du nouveau.
*Un mot du Festival du Film.
*C'est l'arrivée du réalisateur boldave, Mévatlavé Kraspeck.
*Son film Cafard d'automne est un des favoris de la sélection.
*Restons à Cannes avec ce meurtre étrange d'un projectionniste
*au cinéma "Le Caméo".
*La victime projetait un film d'horreur.
*Du nouveau pour nos amis d'outre-quiévin
qui aiment la batavia…
Musique terrifiante
…
- Paris, le même jour.
Coups de feu
…
- Kara !
Il tire.
Gémissements
Le patron te demande. - Pardon, Marc.
J'arrête de fumer, donc je suis nerveux.
- C'est rien.
J'avais des problèmes
avec ma femme. Ils m'ont sucré la garde de la gosse.
Et ma femme, tu sais…
…
En anglais - Oui…
Oui…
Oui…
Oui…
- Tiffany, ça va ?
C'est joli. Du cachemire ? - Du coton.
- Je veux pas te prendre la tête avec ça, mais…
Je peux dormir chez toi ? J'ai perdu ma mère ce matin.
- Elle est morte ?
- Non, je l'ai perdue. Elle était là et pouf…
Mais mon chien est mort. Si je pouvais dormir chez toi,
juste pour ne pas être seul…
- Ça fait 3 fois qu'il est mort.
- Il a souffert.
Sonnerie
*- Karamazov est arrivé ? - Il est là.
*- Faites-le entrer.
- C'était un accident.
- Je ne parle pas de la Princesse Valonni.
J'ai reçu un coup de fil du Festival de Cannes.
Vous connaissez Cannes ?
- J'y suis allé en colo.
- Vous êtes l'homme de la situation.
Bien. Vous prenez l'avion Paris-Nice de 10 h.
Il ne devrait donc pas décoller avant 13 h.
- Là, il est 11 h.
- Et alors ? - Ben, c'est…
- La personne à protéger est une vedette de cinéma, Simon Jérémi.
Vous le réceptionnez à Nice.
Votre contact s'appelle Odile Deray.
D.E.R.A.Y.
L'attachée de presse. Vous resterez tout le Festival.
Ils se saluent. - REI.
- Ce ne sera pas une partie de plaisir.
Rei.
Étouffé - Rei.
- Elle m'a parlé d'un tueur à la faucille et au marteau.
Un tueur mystérieux qui aurait un rapport avec son film.
Une histoire d'iden… d'identification, vous me suivez ?
- En gros, oui.
- Pull ! Cris de canards
Ce qui veut dire…
que vous arrêtez la protection rapprochée avec la Princesse.
- Mon oncle, pourquoi ?
- J'ai promis de vous éloigner jusqu'à son avort…
- Jusqu'à son quoi ? - Son avortement.
- Mais y avait… - Ça suffit, les conneries.
Pour une fois,
essayez de penser avec votre tête et non pas avec votre b…
*- "Arrêt au Port" de Nice.
*2 minutes d'arrêt.
- Odile Deray ?
- Non. - Oh, pardon.
Je cherchais Odile Deray.
Tous - C'est elle !
- Odile Deray ?
- Non, je suis le pape et j'attends ma sœur.
C'est moi.
- L'agence Security m'envoie. - Vous êtes ?
- À l'Arrêt au Port.
- Votre nom ?
- Serge Karamazov. Aucun lien. Je suis fils unique.
- Ah. - Non, parce que Karamazov…
les frères. Aucun lien. - D'accord. Oui.
Oui, oui.
Oui. C'est drôle.
- C'est vrai ?
- Loulou ?
*- Attention…
- Loulou ?
Loulou ?
Loulou ?
- Oui, c'est moi.
- Cigarette ? - J'essaie d'arrêter.
*- … sont attendus quai numéro 7.
*Attention, l'arrière de l'appareil
*ne dessert pas les villes de…
*Il bredouille.
*Merci de votre attention.
- Le voilà.
- Au revoir, Simon. - Au revoir, Sylvie.
- Bonjour. Je suis Odile Deray.
Simon Jérémi, Serge Karamazov.
- Aucun lien.
- M. Karamazov sera chargé de votre sécurité.
Des bagages ?
- Non, on m'a dit de venir. Il fallait que j'en "prende" ?
- Non, c'est pas grave. Allons-y.
- On n'attend pas votre sœur ?
Musique de suspense
- M. Karamazov, vous conduisez. Simon, prenez la place du mort.
…
Simon, mettez-vous là. Vous serez mieux.
- D'accord.
…
- Direction assistée,
intérieur cuir,
condamnation centrale des portes,
Safrane série limitée, Palme d'Or,
une voiture
qu'elle est bien pour la conduire.
…
- Je vais faire de vous une star, Simon.
Comme pub, on pouvait pas rêver mieux. Un vrai meurtre.
En plein Festival de Cannes.
Faut faire des photos.
Vous en faites ?
- Oui. - Très bien.
Faut de bonnes photos.
Les Allemands adorent le film.
Ils ont toujours eu beaucoup de goût.
Les Danois aussi. Vous savez parler le danois ?
- Non.
- Non ?
Il va falloir apprendre.
Skol ôften Struu.
Répétez :
"Skol ôften Struu."
- Skol ôften Struu.
- Je suis sotte, c'est du suédois.
- Je suis sotte, c'est du suédois.
- Si vous faites ça, comment voulez-vous qu'avec le truc,
je fasse le chose ?
Tenez.
Je l'ai mis quelque part…
Tenez.
- Merci.
- Comme ça, c'est plus prudent. Ça va, derrière ?
Il rigole bêtement.
- J'ai réservé au Martinez.
Vous connaissez ?
- Non. - Vous y serez très bien.
Un coq en pâte.
Vous l'emmènerez partout.
Il va être très sollicité. C'est l'effet Cannes.
- Appelez-moi Serge.
- Regardez la route, Kara.
Simon, où voulez-vous
dîner, ce soir ?
Il vomit.
- Oh merde…
C'est la voiture ?
- Non, quand je suis content, je vomis.
Et là, je suis hyper-content.
- J'ai laissé mon agenda à la salle. J'irai à pied.
Jetez-moi ici.
Merde.
Merde.
Musique romantique
…
Crissement de pneus
Dégoût
…
- C'est qui le plus fort : l'hippopotame ou l'éléphant ?
L'hippopotame, c'est quand même très fort.
- Nous avons une réservation pour Karamazov et Jérémi.
- Si vous voulez bien remplir cette fiche.
- Vous avez pas faim ? - Non.
- J'ai faim.
J'ai faim, j'ai faim…
- On peut se tutoyer ? - Oui.
- C'est plus sympa. T'es lourd.
- J'ai quand même faim.
- Qu'est-ce que tu veux manger ?
- N'importe quoi. Des gencives de porc.
- Où peut-on manger de bonnes gencives de porc ?
- Chez "Laplaud".
Je vous réserve une table ?
- Oui.
Suspense
- Moui, moui, moui…
Tu es toute à moi, oui.
Moi aussi, je suis tout à toi. À toi, tout entier.
Mon corps tout entier est à toi.
Musique terrifiante
…
Oh mamour…
Tu me tues, toi.
Tu le sais ?
Crissement de la faucille
Coups de marteau
À qui c'est mon nez ?
Oui, oui…
À qui c'est mes oreilles ? Oui, oui…
À qui c'est mon ventrou ? Grognement
Oui… Grognement
À qui sont mes pieds ?
Grognement Non… non…
Allez, cherche. Allez, cherche. À qui c'est ?
Une seconde.
À qui c'est ma…
On va couper, chérie.
- L'année dernière, Nicoletta avait votre chambre.
Simon rigole.
- Sécurité, je passe en premier.
- J'allume ?
- Je trouverai.
Fracas d'objets
…
Ouille, aïe !
…
- Alors, vous êtes acteur ?
- Oui… - C'est bien, ça.
…
- Ouh ! Aïe !
- Comment êtes-vous entré dans le cinéma ?
- Parce que je connais l'ouvreuse.
- Les relations, ça sert.
…
Moi, je connais personne.
Non.
- On prend la chambre.
Rangez un peu.
À ce prix-là, c'est le minimum que le ménage soit fait.
- Ça vous ennuie de me signer un autographe ?
- Non. - Non ?
Alors…
Voilà. C'est pour ma sœur. C'est pour Edwige.
Non "pour". Vous avez écrit "pur".
Simon rigole.
Pas de "h". Edwige avec un "E".
Pas "ou".
"w", Edwige.
- Ah oui.
- C'est bien.
Et le "e" à la fin.
Voilà, merci beaucoup.
Vous avez oublié de signer.
- Pardon. Merci.
Voilà.
- La clé. - La clé.
- Au revoir.
- Au revoir.
Simon, pour les lits, comment on fait ?
On tire à pile ou face ?
Il vomit.
OK. Donc moi, je prends l'autre.
- Je suis hyper-content.
Suspense
Hurlement
…
…
… …
…
Sirène de la police
…
Choc
Les journalistes - Commissaire !
Musique intrigante
Commissaire ! Commissaire !
Commissaire. S'il vous plaît !
Commissaire ! Commissaire ! …
Commissaire ! Commissaire ! …
- Que s'est-il passé ?
- Le 2e meurtre dans ce cinéma.
- Le film
est-il vraiment mauvais ?
- Laissez la police faire son travail.
Quand j'aurai plus d'informations, vous en serez informés.
- Peut-on parler de tueur en série ?
- Laissez la police faire son travail.
Quand j'en saurai plus, vous en serez informés.
- Cannes has his own serial killer now ?
- Let the police do the job.
Be sure I'll give you answers as soon as possible.
- Skol ofen Struu serial killer olfenstru ?
- Lat polissier gora sitt jobb.
Jhg konner att informera er sa fort jag vet mera.
- Tak.
- Commissaire ! Commissaire !
- Encore une question.
- Le commissaire Bialès porte un costume laine et soie
aux motifs rappelant ceux de Calder…
- Vous avez prévenu la presse ?
- C'est la personne qui a découvert le corps. Odile Deray.
- Deray.
"Tué à la saucisse au marteau ?"
- Non, commissaire, "faucille".
D'après le labo.
- On lit "saucisse".
D'autres indices ?
- Le tueur a gravé une 2e lettre. La 1re était un "o", la 2e, un "d".
Les "Chiffres et des Lettres" sont dessus.
- O. D… D. O…
Do, la note, do.
Sûrement un musicien.
- Le type est un maniaque.
C'est une véritable boucherie à l'intérieur.
Cri de stupéfaction
Il reprend son souffle.
- Le crime a eu lieu où ? - Ici.
- C'était horrible.
Elle était là, dans le coin…
avec ses 8 pattes velues.
- Commissaire ?
Mlle Odile Deray, qui a découvert le corps.
Vous connaissez M. Bialès ?
- Non.
*- "Né le 25 juillet 1950 à Oran, en Algérie,
*d'une mère artiste de variétés, Alicia Lampero,
*et d'un père gendarme, Maurice Bialès,
*le petit Patrick Humphrey Tiburce Bialès est fils unique.
*Heureusement que Maman Bialès est là pour partager ses jeux,
*car Papa Bialès est souvent absent.
*En 1962,
*les Bialès quittent l'Algérie et arrivent à Nice.
*De Nice, ils prennent le bus
et s'installent à Cannes.
*Patrick a 12 ans.
*Voulant faire plaisir à sa mère et à son père,
*il hésite entre une profession artistique et policière.
*Le destin décidera pour lui,
*car en 68, pendant les événements, son père meurt,
*la tête coincée dans une grille d'arbre.
*Il embrasse la carrière policière
*et abandonne ses études de trapèze.
*1971 :
*il sort 10e de l'École de Police
*avec une moyenne de 11/20, ce qui est bien mais pas top.
*Après avoir élucidé 2 mystères, il est promu inspecteur.
*- M. Bialès ?
*- Heu, 9 lettres.
*"Policiers".
*- Il gagne à la finale régionale des Chiffres et des Lettres
*et devient ainsi
*commissaire principal de la ville de Cannes."
- Enchantée.
- Pardon. Pardon.
On connaît celle qui a trouvé le corps.
- Entrez.
Protestations
Non, pas de baskets.
- Pardon ?
Mlle Deray est là ?
- Ils l'ont emmenée au commissariat.
Kara souffle.
- C'est embêtant. Ça m'arrange pas du tout.
Je suis arrivé il y a 4 h. On m'a donné ce monsieur à garder.
Je le garde. C'est mon boulot.
- Normal, je comprends.
- D'entrée, il vomit dans la voiture. Un truc monstrueux.
Dans la chambre, rebelote. On devait se retrouver au resto.
Lui, il a pris quoi ? Un jus d'orange.
Et elle arrive pas.
- C'est une Kinothon. - Hein ?
- C'est une Kinothon. - Oui, voilà.
J'en fais quoi ? - Je sais bien.
- C'est la 1re fois que j'en vois une en vrai.
- Tu l'as vue de près ? Va voir de près.
Simon rigole.
Après, elle appelle.
Elle a découvert un 2e meurtre, ça va la retarder, admettons.
Combien de temps ça prend pour découvrir un corps, 1 h 30 ?
- Oh, maxi.
- Maxi. Fracas
Ne touche pas les trucs !
Ça fait plus de 2 h. Je sais plus quoi en faire.
- Emmenez-le à l'Aquasplash.
- Tiens, Simon, demain on ira à l'Aquasplash.
Il vomit.
- Voilà le jus d'orange.
Kara soupire.
- Philippe Garcia. Voici les inspecteurs Sens et Bestel.
- Cet entretien
sera filmé intégralement.
- Pas possible, il est pété, le truc.
Bestel a mal mis la cassette.
- Cet entretien sera intégralement pas filmé.
- Mlle Deray, il est interdit de manger de la choucroute.
- Qu'est-ce que vous allez me faire ?
Me coffrer pour "mangeage de choucroute" ?
- Hmmm.
Mlle Deray,
pouvez-vous nous parler de vos rapports avec les victimes,
messieurs Jacques et…
- Mireille.
- M. Mireille.
- Je les ai engagés pour projeter le film.
- C'est donc le 2e meurtre
autour de ce film.
- Exact.
- Bonne publicité.
Votre travail, c'est "qu'il y a" un max de pub autour de ce film.
Je me trompe ? - Oui.
C'est "qu'il y ait"
un max de pub.
- Ne jouez pas sur les mots, Mlle Deray.
- Vous me croyez stupide
pour tuer des gens pour que le film marche mieux ?
- Personne n'a dit que vous étiez stupide.
- Si, moi, au début.
Mais maintenant, non.
- Je ne les ai pas tués.
Utilisez le détecteur de mensonges.
- Pourquoi pas.
- Ça va pas être possible.
Bestel l'a branché sur sa cibi, ça a fait…
- Ça va, ça va.
Ne quittez pas Cannes.
- Je n'en ai pas l'intention.
Avec ce qui se passe, j'ai du pain sur la planche.
- Commissaire ?
Au Caméo, on a retrouvé ça.
Un doigt.
Hurlements
Je déconne.
C'est ça qu'on a trouvé.
- Du tissu…
Qu'est-ce que ça peut bien être ?
*- Le tissu remonte à la nuit des temps.
*On estime son apparition aux alentours de longtemps avant J.-C.
Suspense
*- La fourmi n'est pas prêteuse. Chasse d'eau
*Retour en France avec le meurtre de Jacques Lelong.
*Jean-Paul Martoni inculpé.
*Le leader du RPN reste introuvable malgré les convocations.
*Un reportage de Jean-Jacques Izdélébrouf.
*Un petit problème, me disent nos amis de la technique.
*Passons au Festival du Film,
*avec ce soir, en compétition officielle :
* Octet, ou la démission du forgeron
*du réalisateur ouzbek,
*Mirjovsky Ibisklivackse,
*à qui on doit…
*Téléphone
*Pardon.
*D'accord.
*On me signale que le reportage n'est pas prêt.
*Je vous propose de rester, de rester, j'en bafouille,
*à Cannes, avec le 2e meurtre d'un projectionniste assassiné
*à la faucille et au marteau,
*alors qu'il projetait un film d'horreur, Red is Dead.
*L'attachée de presse déclare ne rien savoir sur cette affaire,
*mais engage les gens à aller voir le film. Un reportage…
*Ah, on me fait signe que non.
- Cannes, troisième jour.
Bâillements
- Quelle heure il est ?
- 9:30 AM.
- Déjà ?
- J'avance un peu.
*- Hier soir, projection officielle du Cri du Non-Espoir…
- Coucou !
Bonjour. Votre chambre vous plaît ?
- Attention, ne vous asseyez pas. Il a encore vomi.
*- Le célèbre
*pétomane Mizou Mizou a illuminé
*les marches de sa présence. Il avait interprété, la veille,
*l'intégrale de l'opéra…
- Simon, il y a une grosse pression sur le film.
Les Américains veulent faire un remake.
Tout va bien.
Kara, dépêchez-vous !
La conférence de presse est à 11 h. Ben oui.
On frappe.
J'y vais.
*- Et voici Lagaff…
- Sarah Connor ?
- C'est à côté.
J'ai toute la presse. J'ai même 2 politiques.
J'attends beaucoup…
- Sarah Connor ?
- Oui ?
Coups de feu
- Simon, il faut me le vendre, ce film.
Trouver des phrases choc.
- Quel genre ?
- Genre… genre…
Des phrases choc, quoi.
- Quel genre ?
- Genre des phrases choc. - Ah.
- Kara, il faut que vous fassiez garde du corps.
Je veux leur en mettre plein la vue. Putain… j'y crois.
- Évitez de me fumer dans la figure. J'essaie d'arrêter.
- Moi, je peux pas.
- Moi, je joue de la trompette.
Ça compense.
- C'est le truc de reproduire le geste.
- Et les notes aussi.
Parce que…
- Ça y est, Simon ?
Vous êtes beau ?
Ouais, d'accord. Je vais prendre les choses en main.
Musique du film Pretty Woman
…
- Tu connais Christine ?
- Celle qui a des boutons ?
- Ouais, la moche. Elle s'est enfin trouvé un mec.
- Non. - Je te jure.
Elle l'emmène chez elle.
Elle revient à poil en lui disant : "Je te fais quoi ?"
- Qu'est-ce qu'il a fait ?
- Il s'est tiré.
Je lui ai dit : "Un peu de romantisme."
- Allez-y. C'est commencé.
- La fois d'après, pour bouger, elle a pas voulu y aller à poil.
Mais avec sa couette.
- Et le mec se les gèle ?
- Et elle est restée coincée dans la porte.
Pour se dégager, elle la lâche.
Et l'autre, il lui dit :
"la cellulite, c'est pas grave."
- C'est pas vrai !
Elle rigole.
- Je te jure !
- Et elle te l'a raconté ! Elle te l'a dit !
- Elle a jamais eu de mec.
Attends, avec ses boutons…
*- Ça vous intéresse pas ? - Hein ?
- Les deux, au fond ?
- Si, si… *- Si ?
Alors, je reprends.
À l'issue de la projection, vous pourrez poser vos questions
à M. Simon Jérémi, la vedette du film, ici présent.
J'ai rajouté, bien entendu, la liste des victimes du tueur, le vrai.
Celui du Festival.
Dont les veuves sont ici.
Merci de votre attention. Bonne projection à tous.
- Non, pas du tout.
Non, mais pas du tout.
Chérie, je risque rien.
Flatulences
J'ai une prime de risques.
…
…
Je me mets déjà en quatre
pour te faire plaisir…
Attends.
Monsieur. - Oui ?
- Si vous devez sortir, allez-y. Un besoin à faire.
- Non.
- Faut vous soulager.
- Hein ?
- Faut vous soulager.
… - Non !
- Oui…
…
Ah…
C'est une infection, ici !
- J'y vais.
- Allez-y.
- Je suis à côté.
- On sait.
- Je peux ?
- Tout. Prenez tout.
Je vais mourir dans 2 minutes.
…
…
- Martine !
- Sécu !
Ça va ?
- Bien.
Musique angoissante
- Mais ouais, ben d'accord.
En rentrant, j'en achète.
C'est pas la mort !
- T'es là pour le Festival ? - Oui.
- Il est revenu, lui.
Ça va couper.
Ça va ? Pas de bobo ? Vous auriez pu vous blesser.
Attendez.
Je vous aide.
- Qu'est-ce que tu deviens ?
- Je suis séropositive.
Je déconnais !
Musique de suspense
…
…
…
…
- Putain, j'ai pas besoin de ça !
…
Musique de fête foraine
…
Musique de suspense
…
Poussez-vous !
Je vais me chier dessus.
…
… Oh !
Musique de fête foraine
…
Musique de suspense
…
Coup de frein
Klaxon
Choc
Ronflement de moteur
Freinage
Marche arrière
Accélération du moteur
Flatulences
Musique mexicaine
- Pendant ce temps, à Vera Cruz.
- Et avec ceci, Madame ? - Non, c'est tout, merci.
- Combien je vous dois ? - 13,95 $.
Musique de suspense
…
Klaxons
Brouhaha de circulation
…
Choc
Explosion
Flatulences
Crissements de pneus
Accélération du moteur
- Barrez-vous, cons de mimes !
Freinage
Musique au ralenti
…
Aïe !
Acclamations
Accélération du moteur Musique de suspense
… …
Éclatement de pneu
Il hurle.
Il crie.
Accélération du moteur
…
Coups de feu
Flatulences
…
- Ça va ? Vous n'avez besoin
de rien ?
- C'est bon, j'ai du papier.
Il souffle.
- Cannes, quatrième jour.
- Vous me faxez ça.
- Pour la projection de mardi, une société américaine m'a proposé
un nouveau détecteur de métal.
- J'attends la liste des invités pour demain.
- C'est 300 000 de plus. Mais c'est du haut de gamme.
- Demandez "Cannes-Midi" !
Le tueur de Cannes frappe encore !
"Red is Dead" !
L'événement du Festival ! Achetez…
Il siffle.
Cinq cents, monsieur.
Merci.
- "Martoni en examen.
"La police entend un témoin oculaire sourd."
- Odile ? J'ai l'annonce pour le projectionniste.
- Oh, c'est vrai. Trois sont morts, déjà.
Ils soupirent tous.
Lisez-la-moi.
- Rech. proj. pour proj. priv. S'adr. à l'hôt. Mart.
- "Et plus si affinités". C'est plus humain.
- ABSOLUMENT.
- Une autre fait sonnerie.
Vous passez, vous avez un appareil dentaire, par exemple.
Et à ce moment-là… Sonnerie
Allô ?
J'ai failli me faire prendre.
- Odile !
- J'aime pas trop la couleur.
Smoking blanc.
- Y en a une autre qui fait ambiance tahitienne.
Ambiance tahitienne
- Odile ! Le journal de 13 h !
Vite, vite, vite.
- Ou alors…
On peut mélanger les sons.
- Chut.
Sonnerie et musique tahitienne
*- À Cannes, la mort n'engendre pas la mélancolie.
… - CHUT !
*- La projection en compétition
*de Volapuk Zoltek, le film du Roumain, Mévatlavé Kraspeck,
s'est vu voler la vedette par Red is Dead.
*3 jours et 3 morts ont fait de ce petit film
*la coqueluche du Tout-Cannes. Un véritable conte de fées
*pour Red is Dead, puisque les acheteurs se l'arrachent.
*Pour fêter l'événement, la production du film
*avait organisé, hier soir, une grande "murder party".
*- "Red is Dead."
*- Les stars y côtoyaient
*les chroniqueurs judiciaires.
*Gâteaux, champagne…
*Rien n'avait été oublié, pas même
*la faucille et le marteau, leitmotiv de la soirée.
*Celle par qui la gloire
est arrivée, était au comble du bonheur.
*Avec quelques réserves.
*- On fait trop de battage autour de Red is Dead.
*On ne parle pas suffisamment du film.
*C'est formidable, quand même, ce qui nous arrive.
*- Et vous, Simon, content ?
*- Il est hyper content, oui. Il vomit.
*- Très occupé, le commissaire Bialès nous a accordé quelques mots.
*- Laissez la police faire son travail.
*Nous finirons bien par le coincer.
*- Quel est le mobile du tueur ? Qui sera sa prochaine victime ?
*Peu importe, hier soir, l'heure était à la fête.
*- Merci.
*Les castors lapons, sont-ils hermaphrodites ?
- Nous sommes "complet", monsieur.
Non, pas avant 3 semaines.
Il rit.
Il doute de rien !
Madame ?
- J'ai rendez-vous avec M. Bialès. Odile Deray.
En anglais - Odile Deray !
Bonsoir, je suis Roni Abitbol.
- Aille. - Je suis le producteur
des "400 Couilles" et de "Tchernobyl Lassie". Ça vous dit quelque chose ?
Je trouve que vous avez fait un travail fantastique sur "RED IS DEAD".
Et j'ai un nouveau projet pour vous, si ça vous dit…
- Aille want to Popaul.
- Ça s'appelle "Blanche neige et les 7 mercenaires".
Au début, ils se rencontrent…
Puis ils s'affrontent. Et à la fin ils sont potes.
C'est incroyable… - A beulibobol.
- J'aimerais vraiment que vous vous en occupiez… Pensez-y…
- Thank a boute it.
I have in ze bilouque.
- Suivez-moi.
- Yes.
Notes de piano
…
- Vous attendiez ?
- Non, j'arrive juste.
- Excusez-moi, commissaire.
- Patrick.
- Excusez-moi, Patrick.
J'ai eu un peu de mal à briefer le nouveau projectionniste.
- Apportez-nous
quelques clapiottes.
Pour picorer.
- Alors, tchin. - Tchin.
- J'ai eu du mal avec toutes les invitations.
Est-ce que le préfet sera là ? Est-ce que Martoni viendra ?
Si Martoni vient, le préfet vient pas.
- Oublions le film.
Parlez-moi de vous, plutôt. - Odile.
Pluto, c'est l'ami de Mickey.
- Non.
Pluto, c'est le chien de Mickey.
- Oh… Pardonnez-moi. Je ne sais plus ce que je dis !
C'est toute cette pression. - Oubliez tout ça.
Parlez-moi de vous.
D'où venez-vous ? - De Dijon.
Je m'occupais du Festival "Moutarde et Cinéma".
- Passionnant. Ça parlait de quoi ?
- De moutarde et de cinéma.
- Formidable !
- Ma 1re voiture, c'était une Peugeot.
- Extraordinaire.
- Un jour, mes cousins ont dormi
chez ma grand-mère.
- Mais c'est fabuleux !
- J'avais prêté mon pull, alors j'ai dormi dans la chambre du bas.
- Vous êtes merveilleuse.
Merveilleuse…
Vous êtes
mariée ?
- Vos clapiottes arrivent.
- Attention, l'assiette est chaude.
- NON ! NE NOUS MANGE PAS !
- J'étais mariée.
On s'est séparés il y a 4 ans.
Il avait une triperie.
"Les tripes du Mans, ça dure longtemps", vous connaissez ?
- Non.
- Pourtant, c'était connu.
- Et depuis ? - Rien.
- Pas même une petite aventure depuis 4 ans ?
- Non.
- Ça vous manque pas ?
- Pas du tout.
Petite explosion
C'est quoi, "le Gigondin à ma façon" ?
- C'est délicieux.
Ce sont…
2 cuisses de chevreuil pour deux.
Ce sont 2 cuisses de chevreuil… fermes.
Et délicatement… écartées.
Fourrées de crème épaisse.
Mouillées de vin blanc chaud qui ruisselle
sur les parties charnues
de la bête.
Et…
elles sont fermement ligotées…
sur un lit de cresson. - Ah…
Ah… Il est comment, le cresson ?
- Il est tendre…
et coriace à la fois.
- Quand vous dites "ligoté",
il peut pas s'échapper ?
- Il est à ma botte, le cresson.
*Musique techno
*…
- T'étais où ? Odile t'a cherché partout.
Ivre - Attends, attends…
Je me casse le cul
toute la journée
pour votre sécurité. Vrai ou faux ?
- Vrai.
- Vrai ! Et…
Madame Odile Deray…
ne me dit même pas où elle est.
Et je sais très bien où elle est !
- Je te ramène ?
- Tu sais où elle est ? Elle est avec Rick Hunter.
Qu'est-ce qu'il y connaît ? Bon alors, question.
Qu'est-ce qu'il y connaît aux femmes ?
- Je sais pas.
- Réponse : rien.
Il y connaît rien !
- Monsieur ! C'est pas votre bouteille !
- Moi, je sais, moi.
Toutes celles que j'ai escortées, je les ai baisées.
D'accord ?
Irina de Brosberger, je l'ai baisée.
Jocelyne Turner…
Je l'ai baisée.
Le Prince Patrice de Moldavie…
Je l'ai baisé.
J'étais bourré. Je l'ai quand même baisé.
Et…
Odile Deray…
Madame Odile Deray…
Pas le droit de la baiser ?
Il urine.
…
Parce que, style…
Odile Deray, pas le droit de la baiser.
À toute.
Qu'est-ce que je disais ?
*Musique classique
*…
- Vous aimez Mozart ? - Oui.
C'est lequel ?
- Le dernier. - Ah…
*…
- Venez, Odile, entrez.
*…
Vous voulez un whisky ?
- Juste un doigt.
- Vous voulez pas un whisky, d'abord ?
*…
"Never let me go"
…
…
…
- Tu as une brosse ?
- Merci. Toi aussi.
- Tu as été formidable.
- Dans le tiroir.
Suspense
…
- "Rech. proj. pour proj…
"S'adr. à l'hôt. Mart.
"Et plus si affinités."
- Odile !
Quelle est la différence
entre un pull-over et une moule ?
- Non.
- C'est bête…
Suspense
Un pull-over, ça moule et…
une moule, ça pue l'ovaire.
Suspense
Elle est drôle, non ?
Un peu salée, mais elle est drôle.
Non ?
Odile ?
- Odile Deray, mes fesses !
- On va y aller.
On va y aller.
- Si je la vois, je lui fous mon poing dans la gueule.
- On peut régler pour tout. Sans problème.
- J'lui casse la gueule !
- Si vous saviez ce que je viens de découvrir !
Kara, il faut absolument…
- Pour des raisons de budget,
la scène suivante sera entièrement bruitée à la bouche.
- Tin tin hin hin…
- Écoute. "Plaie d'argent n'est pas mortelle", enfin !
Oui.
- Tin hin tin tin hin…
- Mais ce boulot, c'est la chance de ma vie. J'y crois à mort.
- Hééééééé….
Tin hin tin tin hin…
- Plic ploc, plic ploc, plic ploc.
- Hin hin hin…
- Miaou…
- Ah ah.
- Miaaaaaaou !
- Tu fais super bien le chat ! - Merci.
- Non, je le pense vraiment. - Merci du fond du cœur.
- Pour qui, les cafés ? - Chut !
- Putain, on enregistre ! - Je suis pas ta bonne !
- Ta gueule ! - La tienne avant !
- Ça va trancher, chérie.
- Non. Faut dire : "Ça va couper, chérie".
- Ah bon ? - T'étais où pendant le film ?
- Je fais ça à mi-temps.
C'est pas un "full time job".
- Tu devrais t'intéresser. - J'essaie de m'intéresser…
- Le tueur s'est blessé au doigt !
- Oh…
- Il s'est blessé.
- Il a l'air salement blessé. - Mais ouais… au doigt.
- Les producteurs sont heureux de vous annoncer
que le bruitage peut continuer normalement.
Merci de votre compréhension.
Cannes, dernier jour, 9 h du matin.
- "À qui le tour ? Qui sera la prochaine victime ?"
"Qui osera…"
- Pardon. Excusez-moi.
- Vous terminerez l'interview avec "Ciné Loisirs", "Pellicule"…
- D'accord.
- Voilà l'arme fatale.
- Bonjour ! - D'où vous sortez ?
- Hein ? Ah…
J'étais en train de…
de régler le…
- Moi, j'ai trouvé le projectionniste pour ce soir.
C'est la ligne directe du Festival. On pourra vous y joindre.
- La tête de veau ? - C'est pour moi.
- Il est où le projectionniste ?
- Parti acheter un journal.
- Tu veux mes yeux ? Je les mange pas.
- C'est le journal de demain qu'il faut qu'il achète.
Là, il est pas encore dedans.
Rires
- Hein ? - Votre projectionniste.
Il faut qu'il achète le journal de quand il est mort.
Simon et Kara rigolent.
- Quand je pense
que la sécurité de ce soir va être assurée par…
Et je lui ai fait confiance !
- Ça arrive de boire un coup.
- Vous n'êtes pas le centre du monde. Je parle de Patrick.
Musique romantique
Je parle du commissaire Bialès.
…
- C'est étrange, ces lettres
que laisse le tueur. O.D.I. Maintenant "L".
Qu'est-ce que ça peut vouloir dire ?
"Lido" ?
Une danseuse ?
- Tu me passes les tripes ?
- J'ai une théorie sur les meurtres.
- Tu me passes le sucre ?
- Je suis quasiment sûr
que c'est un serial killer.
- Pardon ?
- On a affaire à un serial killer.
- Un quoi ?
- Un serial killer.
- Hein ?
- Un "sérial killeur". Un tueur en série.
- Ah !
Serial killer.
(- Je l'avais dit.)
- Nous n'avons plus de cervelle. Je vous mets du cœur ?
- Oui, mais saignant.
- Bialès a le profil-type du serial killer
comme le décrivent les études du FBI.
- C'est-à-dire ? - Psst !
- Tout. Son petit costume cintré, ses airs supérieurs,
ses mains manucurées,
sa manière de dire : "Laissez la police faire son travail !"
- Calmez-vous ! - Je suis très calme.
Simon, t'as un bout
de pomme de terre…
- Merci.
- Une femme a mal, quand elle est déçue par un homme.
Comment coincer Bialès ?
- J'avais pensé à une énorme tapette à souris,
avec un très gros bout de fromage.
Le tueur…
- Taisez-vous, le voilà.
Musique angoissante
…
Je vous présente.
Émile Gravier, notre projectionniste.
Simon Jérémi, la vedette.
- Bonjour.
- Serge Karamazov, qui assurera votre sécurité.
- Bonjour.
- Émile, on s'est pas vus depuis quand ?
- 16 ans…
8 mois… 21 jours…
et 4 heures… 37.
C'était un mardi.
- Ça remonte !
- À "Moutarde et Cinéma".
- AH !
- À Dijon.
- OH !
- J'y ai rencontré Odile.
Une sacrée équipe !
Y avait qui ? Y avait… Y avait Henri.
Henri…
Et le grand…
- André.
- Non, le grand.
- André. - Non, le grand !
La petite… Sylvie.
Pardon.
On riait, Odile !
Hein ?
- Oui.
- Et la mère de Sylvie, elle était boulangère.
Elle avait une boulangerie à l'angle de la rue Louise Michel…
Louise Michel
ou Pasteur ?
On arrivait tous là. Il y avait son père à…
à Sylvie.
Paul, et y avait le grand André…
Non, Henri. Non, André. Non, Odile.
- Oui.
- C'était un sacré !
Le type entrait et il disait : "Une baguette, pas trop cuite."
Simon rigole.
Car c'était
une boucherie.
Je raconte mal.
- Émile, il va falloir y aller.
Pour être prêt,
il faut voir la machine.
Kara, vous accompagnez Émile au Palais ?
Vous me tirez une fière chandelle du pied.
Musique terrifiante
…
Brouhaha
- 21 h. Cannes, le même jour.
*- Cannes a revêtu sa tenue de gala.
*Cannes prestige, Cannes féerique.
*Cannes à l'heure du grand cinéma.
*- Carole, si le beau temps est de la partie.
*- Ne soyez pas pessimiste, Jean.
*Il fera beau. Voilà Mme la sous-préfète
*accompagnée de son mari et de Mickaël, son petit dernier.
*- Oui, qui est déjà grand.
*- Voici Bruno, de "Bruno Chemises", un commerçant bien sympa.
*- Et derrière eux :
*une vedette.
*Je ne sais pas qui c'est.
*- Je l'ai vu dans un film à la télé.
*- Carole ? C'est notre 1er ministre.
*- Je savais
*que je l'avais vu à la télé. Son visage ne m'était pas inconnu.
*- Arrive Mme Jacques, la veuve du 1er projectionniste.
*- Oui, elle est radieuse
*dans son très beau manteau d'hermine.
* Un grand moment d'émotion. *- Tout à fait, Carole.
*Sans meurtre, il n'y aurait pas de soirée.
*Rendons hommage
*à l'une de celles qui a engendré cette féerie.
Acclamations
Roulement de tambour
…
- Vous n'avez aucune chance de vous faire tuer sur les marches.
À part l'œuvre d'un tireur isolé.
Personne dans les allées.
Je veux voir tous les badges.
…
Y a un attroupement.
- C'est la montée des marches !
Le Festival, ça vous dit rien ?
- Y a du monde ! Pfff…
- Un chewing-gum ?
- Non, merci.
- Si, si, prenez un chewing-gum, Émile.
"Prenez un chewing-gum, Émile.
Prenez un chewing-gum, Émile. Prenez un chewing-gum, Émile."
- Si vous vous êtes endormi, si vous voulez le revoir,
il y a d'autres projections prévues.
- Oh là là là là…
Oh… Oh…
- Prenez un chewing-gum, Émile. - Non, merci.
- Si, si, prenez un chewing-gum.
- Merci.
- Vous vous êtes mis sur votre 31, ce soir.
- Oui, c'est pour ce soir.
Pour notre dîner.
Vous m'aviez dit qu'on mangerait ensemble.
- J'ai oublié.
Je vais à une surpatte avec mon flirt.
- C'est la 7e fois que vous oubliez.
- Désolée.
C'est toute cette pression…
- Oh, je suis déçu !
Vous m'aviez promis.
On ne peut pas tromper 1 personne 1 000 fois.
Si, on peut tromper
1 000 personnes 1 000 fois.
Non. On peut tromper 1 fois 1 000 personnes.
Mais pas 1 fois
1 000 personnes.
On peut pas tromper 1 000 fois…
- OK.
J'y vais.
Au revoir, Émile.
- … 1 000 personnes.
- Salut, Émile.
- Salut, Sylvie.
- À demain !
Vous serez toujours auprès de moi, Émile.
"Vous serez toujours auprès de moi, Émile.
Toujours auprès de moi, Émile. Toujours auprès de moi, Émile.
Toujours auprès de moi…"
- Émile !
Tout le monde vous attend.
*- L'équipe du film, Red id Dead,
*vient d'arriver.
*- Il y a Odile Deray,
*et un proche, puisqu'il est difficile d'avoir une invitation.
*C'est sûrement un proche.
*- Personne n'a vu le film. Vous-même, l'avez-vous vu ?
*- Non, tout à fait.
*Nous n'avons malheureusement pas le temps de voir les films.
*Il faut se préparer… *- Vous êtes très belle.
*- Merci, Jean. Voici le commissaire Bialès.
Suspense
…
*Le commissaire Bialès dans son smoking de chez…
*- Chut Chut ! Pas de marques.
*- Oui, de chez "Chut chut pas de marques",
*8, av. de la Calanque à Antibes. *- En France.
- Luc !
Luc !
- Il s'appelle Simon.
- Simon ! Simon !
- SIMON ! SIMON ! SIMON !
- Vite, montez ! Je vais pas pouvoir les contenir !
*- REVOILÀ LA SOUS-PRÉFÈTE.
Acclamations
- Serge !
Serge !
- Oh Corinne !
- BROUHAHA… BROUHAHA…
- Pardon, s'il vous plaît.
Pardon.
Pardon.
Régis pour Kara. Pardon.
Régis pour Kara.
Le bouton rouge, Régis.
*- Kara, ici Régis.
- Il faudrait un autre costard.
*- D'accord, j'y vais.
Quelle taille, le costume ?
*- Voilà la vedette de la soirée.
*La future peut-être 5e victime.
*Le projectionniste qui va projeter le film-scandale.
*- Il s'agit d'un certain Émile Gravier.
- ÉMILE ! ÉMILE ! ÉMILE !
*- Mme Martoni, femme du célèbre député assassin,
*monte les marches.
*Son visage s'éclaire. Elle a aperçu quelqu'un.
*- Martoni, son mari.
*Martoni ? *- Il est pas en prison ?
- Martoni, arrêtez-le !
- Tout est bloqué.
- J'ai une invit' !
- ÉMILE ! ÉMILE ! ÉMILE ! ÉMILE !
- Luc ! - Émile.
Il s'appelle Émile.
- Émile, Émile !
La foule scande son nom.
Musique de suspense
… …
Musique angoissante
…
Ralenti
… …
- Ar… rê… tez ! …
Ex… cu… Sez-moi… …
- Commi… ssaire Bia… lès.
… …
Son cœur bat vite.
…
- Émile ?
Il parle au ralenti. *- Re… voi… là…
la… sous… préfète…
- Arrêtez, c'est fini.
- REMBOURSEZ NOS INVITATIONS !
- Faites venir les infirmiers.
Vous là, faites quelque chose !
J'ai pas attendu toutes ces années
et tous ces morts pour rien !
C'est trop injuste !
J'ai pas mérité ça.
- Je peux projectionner le film.
- Vous, Simon ?
Mais comment ?
- Je suis projectionniste.
- ÇA, ÇA TOMBE BIEN, ALORS !
- Mon père voulait que je sois acteur.
Moi, je voulais faire projectionniste !
Parce que je suis pas vraiment acteur.
- Il vous faut combien de temps ?
- 10 mn et je devrais y arriver.
- Vous avez votre trompette ? - Oui.
- Pour une fois, vous faites ce que je vous dis.
La salle s'exclame.
Trompette
…
Déception de la salle
"La Carioca"
…
- J'adore ce morceau.
- Sais-tu danser la carioca ?
- Non.
- Ce n'est pas un fox-trot ou une polka
Ce n'est vraiment pas très compliqué
Pour la comprendre, suis bien mes pas
- Ce n'est pas un tango ou un cha-cha
Encore moins une bossa-nova
Quand tu as goûté à cette danse-là
Tu ne peux plus faire que ça
- YOUPI
DANSONS LA CARIOCA
C'EST BIEN
FAISEZ TOUS COMME MOI
YOUPI
AVEC LA CARIOCA
TANT PIS S'IL FAUT DIRE
AUX AUTRES DANSES "AU REVOIR"
- Besoin de rien ? - Des linges propres et de l'eau.
- Rien d'autre ? - Des gencives de porc, vite !
- Maintenant que tu danses la carioca
Tu t'en fiches bien de la polka
Tu n'en veux plus
de la rumba, du hula hoop et du cha-cha
- Tous les matins dès le lever
La carioca te fait bouger
Quand tu danses, chaque petit pas
te met en joie pour la journée
- YOUPI
DANSONS LA CARIOCA
C'EST BIEN
FAISEZ TOUS COMME MOI
- Écoutez.
J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir.
Je crois qu'on peut dire "à la grâce de Dieu" et y aller.
- Le film, vous l'avez mis ?
…
… Applaudissements
… …
- YOUPI
DANSONS LA CARIOCA
C'EST BIEN
FAISEZ TOUS
COMME MOI
OH OUI, YOUPI !
DANSONS LA CARIOCA
TANT PIS S'IL FAUT DIRE
À TOUT LE MONDE AU REVOIR
Applaudissements
- UNE AUTRE ! UNE AUTRE !
- J'aime pas improviser.
- En 3 mois, on monte une tournée.
- Commissaire. - Oui. C'est pour ?
- Grimaldi.
- Grimaldi.
Grimaldi…
Avec toute…
- Commissaire ?
On a localisé Martoni.
- Martoni !
Merde, je l'avais oublié.
Je finirai l'autographe plus tard.
Tonnerre
Musique rock
…
- Oh !
Excusez-moi.
C'est toute cette pression.
- Oui.
Oui, je sais, mais…
Papa, des gens tueraient pour avoir ce job.
Ça va mieux ?
- C'est à moi de le projeter.
- J'ai fait ça pour vous rendre service.
- C'est à moi !
- C'était vous.
Cris Musique de suspense
… …
Pourquoi ?
- Parce que !
- C'est pas une réponse !
- Si !
- Non !
…
- Tu veux savoir ? - Oui.
- Y a quelque temps, je téléphone à Odile pour du travail.
Elle se souvient même pas de moi.
Ses belles promesses envolées.
Voilà pourquoi je les ai tués.
Pour qu'elle se rappelle de moi.
Elle a fait de moi un assassin.
- Attention, Émile ! - Ça ne prend pas, Simon.
On peut tromper 1 000 fois 1 personne.
Mais on ne peut pas…
Si.
On peut tromper…
Non, on ne peut pas tromper 1 fois 1 000 personnes.
Mais on peut tromper 1 fois 1 000 personnes.
Sonnette
Émile hurle.
- Mange ça, pourriture communiste !
*- Attention, Benjamin…
- C'est la dernière bobine !
- Je me disais que ça tenait pas debout.
- Allez vite en cabine !
- Je vais tuer Odile, puis je me tuerai.
D'abord, je vais te tuer.
- La bouche fermée, par pitié.
Musique de suspense
…
- Oh, Serge !
- Je te rappelle !
…
Dis, Martoni…
C'est pas ton jour.
Kara crie.
- Aaaaaah !
- Prenez un chewing-gum quand même.
Émile crie.
- Simon !
C'était toi
depuis le début.
- Mais non !
Rattrape-le. C'est lui le tueur !
C'est Émile ! C'est Émile, le tueur.
Chute
Bien joué ! Dire que je croyais que t'avais rien compris.
- Hein ?
- Que se passe-t-il ?
- Kara, qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'est Émile.
C'est lui, le tueur.
Il s'est fait coincer par la tapette géante.
- Monsieur n'est pas une tapette. Monsieur est commissaire de police.
Musique romantique
Patrick, vous êtes innocent ?
- Vous en doutiez ?
- Mais, chez vous, le marteau, la faucille, j'ai pensé que…
- Qu'avez-vous pensé ?
La vérité est beaucoup plus simple.
J'étais…
La musique romantique couvre ses propos.
…
Je suis flic.
Juste un flic.
- Comme j'ai été sotte.
J'ai cru… - Chut.
Nous avons été sottes toutes les deux.
- Le préfet pour vous sur la ligne directe.
- Oui, bonjour, M. le préfet.
Martoni ne pourra pas s'échapper.
Hum.
Non, je n'ai vu que le début du film, oui.
La 1re partie était très bien, oui.
C'est parce que j'ai fait un peu de danse classique.
Musique terrifiante
- Bougez pas.
Ou je la flingue.
- Ne quittez pas.
Martoni !
- Qui c'est ?
- Jean-Paul Martoni.
Politicien véreux.
Tueur d'écolos.
Veut transformer la plage en parking.
N'ayez pas peur, Odile. Je m'occupe de ça.
- Stop, n'avancez plus.
Je veux un hélicoptère.
Laissez-moi quitter le Palais.
Sinon je la flingue.
Plus de tapette pour vous sauver.
- Monsieur est commissaire.
- Tu bluffes, Martoni. Il bluffe.
- Pas sûr.
- Si, il bluffe. Ça se voit.
- Il a pas l'air de bluffer.
- Si, il bluffe, là.
- Je suis de l'avis de Bialès.
On vote ? Moi, je vote et je dis : il bluffe.
- Vous essayez
de gagner du temps.
- NON…
- Vous l'aurez voulu.
Je la bute !
- Tu bluffes.
Ton arme n'est pas chargée.
Bialès hurle.
- J'avais voté : il bluffe pas.
- Peut-être qu'il avait qu'une seule balle.
…
- Là, vous êtes lourd.
*- Allô, allô ?
- M. le préfet ?
Serge Karamazov. Responsable de la sécurité.
On a une prise d'otage.
Le commissaire, salement blessé, et une attachée de presse
trop mal maquillée.
- Un hélico dans 10 mn ou je la bute.
- Martoni veut un hélico ou il la bute.
Il dit
que vous bluffez.
- J'ai plus de genou.
- Il dit qu'il a plus de genou.
Il dit qu'il voit pas le rapport.
- Je compte : 5, 4, 3, 2, 1. À zéro, paf !
Je l'explose.
- Il dit : "5, 4, 3, 0 et après, paf !"
C'est décousu.
Je retranscris ça pêle-mêle.
- Cinq.
Quatre. Suspense
Trois.
Deux. - Il reste plus que "un".
…
Un…
Choc
- Odile. Je n'ai jamais osé vous en parler avant.
- Émile, vous m'avez sauvée, je vous dois une fière bretelle.
Coup de feu Gémissement
Dégoût
- Je me rends.
- Odile ? - Oui ?
- Je vous ai toujours aimée.
- Je sais, Émile.
Prenez un chewing-gum.
Et parlez-moi encore.
Il déglutit.
- J'ai toujours voulu vous dire…
On peut tromper
1 personne 1 000 fois.
- Oui.
- On peut tromper
1 000 personnes
1 fois. - Oui.
- Mais on peut pas tromper
1 000 personnes
1 000 fois.
- Oui !
Oui !
Applaudissements
…
- Mais non ! C'est moi, l'assassin !
Non, je déconne.
Sirène
- L'éléphant est plus fort que l'hippopotame ?
- J'ai lu un livre là-dessus, il y a pas longtemps.
Leur force est concentrée dans la trompe.
De l'éléphant, je parle.
- Ah.
- Mon vieux, bravo !
Vous avez empêché la construction d'un complexe hôtelier.
Le projet du siècle !
Vous pouvez être fier !
J'ai perdu quelques milliards au passage. Quelle importance !
Vous êtes content ?
Dites-le : "Je suis content !"
- Je suis hyper content.
- Il t'en reste. - Hein ?
- Il t'en reste un peu. - Parce que je suis content.
Brouhaha
…
- Messieurs, un peu de décence.
Laissez-nous seuls.
Patrick.
J'espère que tout ira bien.
- Ça va aller, Odile.
Je pourrai remarcher.
- Je parle du film.
Vous pensez qu'à vos genoux.
Vous êtes d'un égoïsme !
Sirène
…
Simon, Kara ! Hou ! Hou !
- Odile ! - Odile !
- ODILE !
ODILE !
- On se fait un resto ? Je vous invite.
- Non, non… On partage.
- Bon, j'insiste pas.
Musique douce
- On peut baisser les bras ? J'ai une crampe.
- Oui.
- Tout est bien qui finit bien.
- Mais Émile a emporté son secret dans la tombe.
- Quel secret ?
- Ces lettres qu'il gravait sur le mur.
O.D.I.L.
Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire, ODIL ?
- C'est un mystère.
- J'ai faim. Si on mangeait chinois, je serais hyper-content.
- Non ! Italien ! - Italien, italien.
Définitivement italien.
Musique dynamique
…
- À présent, la revue de presse.
Louise. - Jacques.
- Michel.
- Jacques.
- Revue de presse consacrée au film Red is Dead,
projeté hier soir à Cannes.
Louise, je crois et je présume
que cela fait la une des journaux.
- Non. - Et comment, non ?
- Parce que y a pas les journaux.
- Et comment ? - Y a la grève.
- La grève des journaux. - Et ?
- La grève de tous les journaux. - Pas un "journaux".
- Rien, rien.
- Sans transi… Merci, Louise.
- De rien. - Merci.
- Un petit mot de la fête des cougourdes,
qui passionnent nos amis d'outre-quiévin,
qui ont découvert cet étrange légume
ressemblant à une énorme paire de couilles.
…
…
…
…
Musique mexicaine Caquètements
… …
- En fin de compte, il me manquait du beurre.
- Ah ! Je savais bien qu'il vous manquait quelque chose.
Sous-titrage : VDM
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