All language subtitles for Le D+¬sordre Et La Nuit.Fr.23.976.SME

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Original subtitles

Musique jazz

- Ton nouveau batteur est en pleine forme.

- Je le nourris au Maxiton: 1 cachet toutes les heures.

Mais tu vas le faire claquer.

A 30 ans, comme Mozart.

C'est comme �a qu'on se fait un nom.

Allons, allons, �a marche ? Contents ?

- Vois au 3. Le client de Mauricette fait du schproum pour l'addition.

Monsieur n'est pas satisfait ?

Il parle anglais.

- Il dit quoi ? - Que c'est trop cher.

- C'est un Ecossais ? - Pays-Bas.

Hein, ch�ri, Nederland ? - Ya, ya.

- Ah, hollandais. On va lui faire une fleur. Une tulipe.

Fais-lui 10%, mais qu'il se barre.

T'as compris ce qu'il te reste � faire.

Si tu marchandes pas, tu vas te faire sauter pour 100 balles.

- Qu'est-ce qu'il a dit ? - Que la nuit sera longue.

- Qu'est-ce qu'il y a ? - 10% pour le client du 3.

Marquis est d'accord.

Musique jazz

- Mademoiselle Lucky Fridel, mes respectueux hommages.

Vous �tes toujours avec ce macaque ?

- Fous-nous la paix. - Il est aimable, ce soir.

Qu'est-ce que tu as ?

Bonsoir, M. Simoni.

Excuse-moi, tu veux.

Et l'affaire, o� en est-on ?

- Tout � l'heure. - Mais non, pas tout � l'heure.

J'en ai marre, de Blasco. Marre !

Ne te fatigue pas, Marquis, c'est non.

Mais "non" quoi ?

Tu vas encore me parler de nous deux.

De ton chalet � St-Moritz,

d'air pur, de vie nouvelle.

En un mot, de finir la nuit avec moi.

Alors je dis non.

Va. Console-toi.

Ce serait m�me pas dr�le. Et quand c'est pas dr�le, que reste-t-il ?

C'est quoi, ce rabais de 10% ?

Un �tranger. Il se plaignait.

- Amen� par qui ? - La petite Mauricette.

"Mauricette"...

Qu'elle les emm�ne ailleurs. Je veux pas de �a ici.

- Bonjour, M. Simoni. - Ah, bonsoir.

Lucky va bien ? - Aussi bien que possible.

Je ne peux pas en dire autant.

Bien s�r.

Des soucis ? - C'est un bien grand mot.

Mais quand on aime le th�

et que votre �picier en manque, que faites-vous ?

J'attends qu'il en re�oive.

- Non. Moi, je change d'�picier. - Comme vous voudrez.

Vraiment ?

Non, je plaisante.

Vous �tes une vraie soupe au lait, Blasco.

J'attends un appel ce soir. Vous serez livr�.

- �a suffit ! - Ne me donne pas d'ordre !

Fous-moi la paix !

- Laisse-la chanter, Marquis. - Toi, �a va !

- Qu'est-ce qu'elle a ? - Elle veut chanter.

Elle est en pleine soupe.

- Ben, chante. - Je vous dis qu'elle est pas bien.

Va voir au bar.

Vous me donnez des ordres ?

- Demain, il n'est pas impossible que je me prive de t'en donner.

Bon.

Tu veux chanter ?

Non, plus maintenant.

Et danser, tu veux ?

Oui.

Musique douce

�a n'a pas l'air d'aller, toi.

�a ne va m�me pas du tout.

Tu as sommeil ?

Appelons �a comme �a.

Faites mieux.

A vous, maintenant.

- Laisse jouer les hommes. - Va au diable !

Tire-toi, et vite.

C'est un endroit public.

- Non, un club. Je re�ois qui je veux et je vire qui je veux.

Allez, allez.

Pierre, va pr�venir le patron.

- Monsieur, on vous demande au t�l�phone.

- Attends une minute. Je ferme la porte.

- On va jouer au bouchon. Lucky, on va jouer au bouchon.

Je prends un d�, je fais �a, je retourne.

Si c'est impair, tu tires ton petit bouchon.

Dors pas.

Et si c'est pair, tu tires pas.

Prends ton bouchon. Attention, hop.

4 ! Tu tires ou tu tires pas ?

- Avec elle, vous allez gagner � tous les coups.

Vous restez un peu ?

Si j'ai une raison.

Je reviens dans un moment.

Ah oui ? Et � ce moment-l� ?

Le th� de Monsieur sera servi.

- Emm�ne-moi. - Non.

Bon. Mais viens comme tu es, parce qu'on n'a pas toute la nuit.

Applaudissements

Je fais un saut au Caroll's.

Bien, monsieur Marquis.

Musique jazz

Mon espoir et ma crainte

- Gardez tout. - Merci, monsieur.

Merci.

Tiens. - Merci, monsieur Blasco.

Mon amour, viendras-tu ?

C'est toujours viendras-tu ?

Et j'en fais ma complainte

- J'adore sa voix. C'est formidable. - Tiens, tu d�couvres �a, toi ?

Enferm�e dans l'ennui

Je n'attends que la nuit

Et ton pas dans la nuit

Coups de feu

Elle d�marre la voiture.

- Simoni, Albert, Jean, n� � Nice, 14, rue Lamartine,

le 10 juin 1916.

Acheteur pour l'Abwehr

de 1940 � 1944.

Depuis, nombreuses activit�s comme interm�diaire.

Stup�fiants: n�ant.

3 condamnations

pour prox�n�tisme en 1939.

Propri�taire du cabaret L'�uf.

Jusqu'� cette nuit.

Chaville ?

- A premi�re vue, r�glement de comptes.

Passionnant.

Les petites t�ches ont leur grandeur, dit-on.

Prenez �a en main.

Dites-moi, L'�uf... c'est bien cette bo�te...

Enfin, je veux dire ce club pr�s de la rue de Ponthieu ?

- Oui. Le Canari, devenu Le Poker d'as quand Jo-Marie a �t� tu�.

Simoni a rachet�. Et on dit que les truands sont superstitieux.

- Et chez vous, qui s'occupe du 8e ?

- Valois. - Ah, Valois.

- Toujours port� sur le jus de fruits ?

- Quand l'antiquaire s'est fait �trangler par son petit marin,

c'est pas la criminelle qui a agraf� le petit marin,

c'est Valois.

C'est pourquoi les jus de fruits, comme tu dis,

tu devrais t'y mettre.

- Sa comp�tence ne saurait �tre mise en cause.

Je veux juste un rapport sur L'�uf et ses habitu�s.

Bon.

- Le reste vous regarde. Messieurs, vous pouvez disposer.

- Qu'est-ce que c'est ? - La qu�te pour les 20 ans de Lulu.

Vous viendrez prendre une coupe avec nous ?

- Tenez. Avec tous mes v�ux. - Merci, monsieur Janin.

C'est demain soir � 17h.

J'essaierai.

Rocard...

Qu'est-ce que tu veux ?

Dis � Valois de m'appeler.

Tu peux pas l'appeler toi-m�me ?

Au t�l�phone, il est pas aimable.

Je sais pas si c'est le t�l�phone ou moi. Il t'a rien dit ?

Sur le t�l�phone, non.

- Tu perds ton temps, Valois. Vous le perdez tous.

Personne ne saura qui a tu� Simoni.

Chaville m'a interrog�.

Je lui ai montr� l'arme du crime.

L'assassin de Simoni, c'est moi.

Il a pas voulu me croire.

- �a a pas l'air de te frapper, cette perte cruelle.

T'es pas tr�s curieux.

Tu me demandes pas pourquoi je l'ai tu� ?

- Par int�r�t. Tu vas devenir taulier de la bo�te.

- Gagn�. C'est � moi que le crime rapporte.

- �a pourrait te rapporter 20 ans de placard.

Mets �a par �crit et je t'emballe.

- Tu blagues ou quoi ? Tu crois que je suis dans le coup ?

- Je crois ce que tu me dis. Je suis poulet, pas psy.

- Parlons s�rieusement. Je crois que je peux t'aider.

Remarque, je fais �a en copain. - Ben, parbleu !

Simoni avait une ma�tresse.

Non. Pas une petite histoire, une liaison.

Avec une petite Allemande � moiti� dingue...

- Et si tu me disais son nom, pendant que tu y es ?

- Je peux te la pr�senter. C'est elle qui danse avec Blasco.

Je la vois ici 3 fois par semaine.

- Simoni aussi la voyait 3 fois par semaine, mais chez lui.

Il para�t que c'est une affaire. J'ai jamais essay�.

- M�me pas en copains ? - Non.

Peut-�tre � cause de Simoni.

Mais je l'ai pas tu� pour autant.

Parce que moi, le crime passionnel...

- T'as tort. 80% des jur�s trouvent que �a part d'un bon sentiment.

- Mlle Lucky Fridel. M. Georges Valois.

Un ami que vous int�ressez beaucoup, d'une mani�re g�n�rale.

Je vous laisse. Business is business.

Le travail par la joie. Excusez-moi.

C'est vrai, ce qu'il a dit ?

- �a d�pend quand. Il parle tout le temps.

- Je vous int�resse d'une mani�re g�n�rale ?

Et en particulier ?

Je crois avoir compris.

Vous �tes seul, vous avez la nuit � perdre.

Seulement, j'ai peut-�tre l'air d'une entra�neuse,

mais je n'en suis pas une.

- J'ai peut-�tre pas l'air d'un inspecteur, mais j'en suis un.

- Un flic ? J'ai jamais connu de flic.

�a fait quoi, dans la vie, un flic ?

�a boit, �a mange, �a dort, �a fume.

Et quoi encore ?

�a t�l�phone et �a se tire.

Musique jazz

Poste 212 ?

Ici Valois. Passez-moi Chaville.

Elle fredonne.

Il est d�j� parti ?

Bon. Ben, tant pis.

Non, non, il y a pas de message.

Et quand �a a fini de t�l�phoner,

qu'est-ce que �a fait, un flic ?

�a va se coucher.

Ah !

C'est pas b�te, �a. Pas b�te du tout.

- Marquis, j'aimerais danser. - Tout � l'heure.

Tu veux danser, ma poulette ? Allez.

T'avais qu'� le dire. Allons-y.

Merci.

- Dis, Valois, tu pars d�j� ? - Oui.

- Tu l'embarques ? - C'est elle qui m'embarque.

- �a va, la voiture est � c�t�. - Merci, monsieur Valois.

Ronflements

H�, vous �tes libre ?

- C'est toi ? J'�tais en train de gamberger.

�a s'entendait.

Ce sont mes v�g�tations. O� on va ?

Je pr�f�re marcher.

- Par ce temps-l� ? - J'aime la pluie. Viens.

- Bon. Tu m'attends au Washington. - Bon, d'accord.

J'aime cette heure-l�. Pas toi ?

Je ne peux pas dormir la nuit.

J'ai jamais pu, m�me enfant.

�a doit venir de tr�s loin.

- Ton accent, �a vient d'o� ? - Je suis allemande. Bavaroise.

- Parisienne depuis longtemps ? - Depuis 3 ans, M. l'inspecteur.

J'habitais Munich. Tu connais ? - Non.

Ils font de la bonne bi�re, l�-bas.

- Je suis venue � Paris pr�parer une licence de fran�ais.

Depuis, je suis rest�e.

Pourquoi ?

- Peut-�tre le go�t de l'exc�s, peut-�tre le d�go�t de la bi�re.

- Tu vis de quoi ? - Je me d�brouille.

Et l'argent ?

- On en trouve toujours. - Ben, tiens !

Regarde. Regarde les lumi�res.

�a danse, �a brille.

On croirait marcher sur des paillettes.

On a l'impression de...

De prendre un bain de pieds.

C'est pas qu'une impression.

Tu n'es pas po�te, Valois.

"Il pleure dans mon c�ur comme il pleut sur la ville."

Valois... Dis-moi que tu aimes la pluie.

"Cette pluie

"sage, heureuse,

"sur ton visage heureux,

"sur cette ville heureuse."

Sauvage.

Eh ben.

Promenade nocturne, h�tel de passe,

po�te fran�ais pour meubler,

c'est �a que t'appelles te d�brouiller ?

Je ne te demande rien.

Merci bien, monsieur.

A quoi tu joues ?

Apr�s, il faut se lever.

- Dis donc... - Oui ?

T'as �t� sa ma�tresse combien de temps ?

- "Ma�tresse" ? Ma�tresse de qui ?

Un an, � peu pr�s.

Tu dois conna�tre ses amis.

Est-on venus ici pour parler de �a ?

- Quand un crime a �t� commis, on recherche l'assassin.

�a n'arrange pas tout le monde.

Toi, t'es pour ou contre ?

Et �a ? Tu es pour ou contre ?

Je parle de mes bas.

Quel �ge as-tu, Lucky ?

Viens. Je vais tout te dire.

Viens.

J'ai 23 ans,

des yeux noirs,

la forme du visage ovale.

Je ne suis plus vierge, mais mon casier judiciaire l'est encore.

Tu sauras le d�but en regardant mon passeport...

et le reste en me prenant dans tes bras.

C'est tout simple, non ?

Est-ce que tu sais ce que tu veux ?

Oui.

Justement.

Tu sais que tu n'as pas l'air commode, hein ?

Ne recommence pas �a.

Pourquoi ? Tu taperais ?

C'est vrai ? Tu taperais ?

Je t'avais pr�venue.

Est-ce que je me plains ?

- Eh ben, comme tu dis, avec toi, c'est tout simple.

Rythme africain

- Etonnant, qu'il n'ait pas eu de liaisons.

Simoni �tait un homme � femmes. - Il devait avoir une vie priv�e.

- Priv�e ? Tomb� 3 fois comme mac.

- C'est peut-�tre �a qui l'a rendu discret.

Il est cochon, votre num�ro.

- �a pla�t � la client�le. C'est c�r�bral.

Applaudissements

Votre num�ro, j'ai du mal � m'y faire.

- �a �voque la passion primitive, la for�t tropicale.

- �a �voquerait plut�t le One Two Two. Et on l'a boucl�.

- Bravo, mon chou. �a a �t� parfait. Parfait !

Elle danse bien, hein ?

Y a une fille qui venait chercher Simoni de temps en temps.

Elle fait les Champs-Elys�es. Une nomm�e Gina.

De l'�quipe de jour ou de nuit ?

Au fond, ta for�t tropicale, on s'y fait.

- Il me semble l'avoir rencontr�e vers minuit, rue Washington.

- Le moment est peut-�tre mal choisi pour parler de Simoni,

mais tes petites habitudes sportives, c'est lui ?

Tu reprends ton enqu�te ?

J'ai un rapport � faire, figure-toi.

Sur moi ?

- Sur tous ceux qui fr�quentaient Simoni: sur toi,

sur Marquis, sur...

Tu n'es pas chic avec Marquis.

C'est tout de m�me gr�ce � lui que nous sommes l�.

Gr�ce � lui...

�a s'est d�cid� comme �a,

c'est tout.

Oh non.

Pas comme �a.

Il t'a dit que j'�tais

la ma�tresse de Simoni.

C'est �a, qui t'a d�cid�.

Tu es un bon amant, mais un sale flic, Valois.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Rien.

Rien.

Fais voir, toi.

Oh, j'ai compris, va.

D�s que t'es venue me rejoindre, je m'en suis dout�,

mais l�, j'en suis s�r.

Tu couchais avec lui pour qu'il t'en donne.

Me donne quoi ?

De la came.

Bougre de petite cingl�e, va.

Drogu�e � bloc � 23 ans. T'as pas honte ?

Rien que pour �a, je devrais t'emballer.

Pour voir ta t�te apr�s 8 jours de taule. �a serait du joli.

Tu te vois, 8 jours sans came, hein ?

Alors si tu veux �viter �a, faut prendre les devants.

Je t'�coute. C'est lui qui te fournissait ?

Oui.

Il m'a donn� deux ou trois fois.

- Deux ou trois fois ? D'o� il la tenait ?

Tu veux pas me r�pondre ?

Faudra que tu me le dises, Lucky. Il faudra que tu me dises tout.

A ton avis...

�a a un rapport avec sa mort ?

- Oh, la mort de Simoni, si tu n'y es pas m�l�e, c'est un fait divers.

Sir�nes

Sifflet

La rafle. Y avait longtemps.

Le sucre.

- Vos �minents confr�res ne dorment plus.

- Priv� d'exercice, le fonctionnaire s'�tiole.

Premi�re �dition du Figaro !

- Figaro, la premi�re. - Le Figaro, s'il vous pla�t.

Deux express.

Donne-m'en pour 20 balles.

- Dites que je suis avec vous. - C'est un chouette cadeau.

Tu vas me faire courir longtemps ?

- Elle est avec moi. - Tu t'en charges, hein ?

Pas bon pour moi.

- D�sol�, Valois. Elle comme les autres.

Allez, mademoiselle.

Elle est aussi avec toi ? - Tu veux ses papiers ?

- L�on, du tilleul pour tout le monde !

Vous �tes un ami de M. Valois ?

Allez, embarquez-moi �a.

Il y a un colis, l�.

Allez, par ici.

Qu'est-ce que tu cherches ?

Je cherche une nomm�e Gina.

Je voudrais te parler, mais seul.

Michou va te raccompagner. O� t'habites ?

Au George V.

�a t'�tonne ? - Non.

Michou ? - Patron ?

- Tu vas raccompagner Mademoiselle. - D'accord.

- Au revoir. - Au revoir.

J'aimerais parler de l'affaire Simoni.

Tu auras le rapport demain.

- Y a des choses que je dois savoir. - Moi aussi, figure-toi.

- L�on, donne-moi un demi. - Oui, monsieur.

R�flexion faite, je pars avec vous.

Comme tu veux.

- Il n'y a rien d'extraordinaire � habiter le George V.

Rien du tout.

Alors pourquoi viens-tu v�rifier ?

Bonsoir, mademoiselle.

Bonne nuit.

Bonsoir, monsieur.

Mlle Lucky Fridel habite bien ici ?

- Oui, monsieur. Elle vient justement de rentrer.

Elle est l� depuis quand ?

- 10 mois. Je peux vous donner la date exacte.

- Quel est le num�ro de sa chambre ? - Appartement 530.

- Merci. Bonsoir. - Bonsoir, monsieur.

- Elle est gentille � suivre, ta piste. Qu'est-ce qu'on fait ?

Je rentre chez moi.

Viens l�, toi.

T'as pas honte de rentrer � cette heure-l�, petit voyou ?

Allez.

Oh, merci.

Merci.

Merci beaucoup. A votre sant�, � tous.

SANTE.

- Bon anniversaire. - Merci.

A votre sant�.

- Bon anniversaire. - Merci.

A votre sant�, M. Valois.

- C'est gentil, �a. A tes 20 ans, ma belle.

- Merci. - LULU !

Oui. Vous m'excusez ?

C'est pour moi, �a ?

Oui. Mais pour ce qu'il y a dedans...

- On te demande juste un rapport sur L'�uf.

- C'est un cabaret, on y danse, le whisky est � 1 000 balles.

C'est un rapport que tu veux ou un prospectus ?

Tu y retournes, ce soir ?

Ah non. Ce soir, c'est cong�.

J'ai qu'une nuit de repos par semaine.

Vous nous quittez d�j� ?

- Oui. Je dois chercher des graines pour ma logeuse.

- Ah, au fait, cette affaire Simoni, �a avance ?

Doucement.

- Chaville m'a parl� d'une piste. Une Gina.

Il est malin, ce Chaville. - Tr�s.

Tiens. Le Quai des Orf�vres.

Qu'est-ce que vous voulez ? - Te voir.

Mais je suis pas seule.

De la visite ?

- Monsieur. - Monsieur.

Qui est ce monsieur ?

- Inspecteur Valois, de la police judiciaire.

Il n'est pas plus inspecteur que moi.

Ne serait-ce pas un de tes amants ? - C'est faux !

Personne ne me croit ici, ni toi ni lui !

Bon. Je suis de trop ici.

Je repasserai, Lucky.

Mais si tu ne m'accompagnes pas � Munich,

ne compte plus sur mon argent pour vivre.

Merci. - Je t'en prie.

R�fl�chis bien.

- C'est tout r�fl�chi. Je ne viens pas.

Des grimaces, tout �a.

Et maintenant, le chantage.

J'en ai assez. - Quel chantage ?

J'en ai assez

de tes questions aussi !

C'est un de tes amants ?

C'est mon p�re.

"Ton p�re" ?

- Tu ne me crois pas. �a ne fait rien.

Mon p�re a une usine � Munich.

Les machines-outils Fridel.

Tu peux te renseigner.

Il veut que je rentre � la maison.

Il m'a coup� les vivres,

dans l'espoir que je c�derai. Il va attendre.

Tu la prenais pour une putain,

la fille de l'industriel.

Je peux m'habiller ?

Tu peux y aller.

Tu me vois

retourner � Munich ? La vie que je m�nerais.

Pour celle que tu m�nes ici...

Dis donc, si on en reparlait un peu, de ta vie.

C'est vrai. Il y avait longtemps.

- Qu'est-ce que tu veux, c'est mon m�tier.

Dis-moi qui ravitaillait Simoni et puis on n'en parle plus.

Zut.

Bon. Alors reparlons de ton p�re.

Il sait tout ce que tu fais ici ?

- Pour lui, Paris, c'est l'enfer. Alors un peu plus, un peu moins...

Ton Paris � toi...

Vous �tes donc tous aussi b�tes ?

C'est seulement � Paris et en Am�rique qu'une chanteuse

peut se faire un nom.

Tu chantes, en plus ?

Presque tous les soirs.

Mais pas en public. En priv�.

Tu ne me crois pas. Mon p�re non plus.

Mais �a m'est �gal.

Valentine me croit. C'est la danseuse noire qui passe � L'�uf.

- Celle qui fait la danse du ventre ? - Tu comprends rien.

Valentine est une grande danseuse.

Elle ne danse pas avec ses jambes.

Elle danse avec son c�ur, son �me.

- Sois juste. On remarque plut�t le reste.

- Tu sais ce que tu es ? - Un flic born�.

Tu me parlerais d'Adam et d'Eve, j'y verrais un attentat aux m�urs.

Tu le fais expr�s.

Tiens. Ce soir, je chanterai chez Valentine.

Elle habite avenue Wagram, au 12.

Tu peux venir ? - Non.

Pas ce soir, je suis de repos. Je serai � Maisons-Laffitte.

Ouais, y a un jardin, o� j'habite.

Enfin, un jardin... Y a une pelouse et un cerisier.

- "Un cerisier" ? - Et alors ?

- C'est toi qui jardines ? - Tu chantes bien, toi.

On frappe.

Oui ? Qui est-ce ?

Blasco.

Tu es en avance,

mais �a ne fait rien. Entre.

Tu n'es pas pr�te.

Je dois passer prendre Peter et Frankie.

- Vous vous connaissez. Blasco, un ami. Inspecteur Valois.

- Il me semble que je vous ai d�j� aper�u.

Peut-�tre � L'�uf. - C'est possible.

Tu m'excuses ?

Elle chuchote.

Blasco est un ami, un vrai.

Je vois �a.

Il remplace tr�s bien papa.

- Dis donc, Lucky. - Oui ?

Est-ce que tu couches avec lui ?

Le moins possible.

Je te vois chez Valentine ?

Mais non. Je t'ai d�j� dit que non.

Vous pouvez me garder �a, s'il vous pla�t ?

C'est quoi ?

- Pour l'instant, de la Viola cornuta. Au printemps, ce sera des pens�es.

Vous avez S�lection ?

- Bonsoir. Je suis un ami de Mlle Fridel.

- Je parie que vous �tes le flic. - Et vous, la N�gresse.

- Mais... Je vous ai d�j� vu � L'�uf.

- Vous m'y voyez m�me plusieurs fois par semaine.

- C'est par l�. - Merci.

Piano

- Vous avez d�n� ? - Non.

Venez par l�.

Vous aimez le poulet ?

Euh... oui.

Il reste une cuisse.

Merci.

- Cherchez pas. Elles sont toutes sales.

Blasco, qui est fou, mange �a avec du caviar. �a vous dit ?

Et j'entends une f�te qui s'arr�te

C'est Lucky qui chante, l� ?

- Vous pensiez que c'�tait Ella Fitzgerald ?

Lucky chante.

Quand tu viens, tu m'�claires

C'est le ciel...

Un petit scotch ?

- Il ne faut pas laisser... - Oh, fous-nous la paix.

Brouhaha

Je ne vois dans la glace

- �a va recommencer ? Fous-moi la paix.

Je suis pas ton genre.

Car sans toi, je suis morte

Mes soleils sont perdus

Mais je vis

Le sais-tu Pour ton pas dans la rue

Qui s'arr�te � ma porte

Encore !

Magnifique !

Mets ce disque.

- Ferme-la, Lucky. Tu chantes comme une casserole.

�a vous pla�t pas ?

Musique jazz

- Ben, moi, j'aime bien comme tu chantes.

- C'est vrai ? - Bien s�r. J'aime ta voix.

Tu as compris, toi.

Je chante comme les Noires.

Je suis une Europ�enne qui chante comme les Noires.

�a me pla�t bien.

- Lucky, on va � L'�uf. Tu viens avec nous ? Mais change de disque.

- Elle devrait plut�t changer de drogue.

Pourquoi tu n'essaies pas l'opium, ch�rie ?

Je balance tout �a dans l'escalier ?

Peter, viens chercher mon manteau.

Venez, mes enfants. Venez.

Vous venez ?

- Tu veux boire quelque chose ? - J'ai un verre.

Prends le mien.

Valois ? - Oui ?

Dis-moi...

Tu n'aimes toujours pas la nuit ?

Tu n'aimes toujours pas ?

- Alors, vous venez ou je vous laisse les clefs ?

Cris

L�che-moi !

L�che-moi !

Bris de verre

H�, l�che �a, toi.

Non.

L�che �a, je te dis.

Non !

- Laissez-le. Vous ne voyez pas qu'il est so�l ?

J'ai perdu 1 litre de sang.

Emmenez-le chez un toubib.

- Je connais une pharmacie ouverte toute la nuit. Elle est pas loin.

On peut y aller avec sa voiture.

A tout � l'heure.

On se retrouve � L'�uf.

- On va s'occuper de Blasco. - Merci, ch�rie.

- Un accident ? - Oui.

Tenez. Asseyez-vous l�.

Bonsoir, Th�r�se.

Bonsoir.

- L'inspecteur Valois, de la police judiciaire.

Th�r�se Marken, une amie.

Madame.

Que faut-il lui faire ? - Merci de vous souvenir de moi.

�a continue de saigner.

- Oui, c'est pas tr�s joli. �a a l'air assez profond.

Comment est-ce arriv� ?

Je suis tomb�, madame.

Sur une bouteille.

- Je crois que c'est la bouteille qui lui est tomb�e dessus.

�a pique.

- C'est pas de mon ressort. Il faut des points de suture.

On va pas m'envoyer � l'h�pital ?

Faudra me porter. - Pas moi.

Mais vous devez y aller. Le plus proche est l'h�pital Necker.

- Combien on vous doit ? - Rien.

- Merci. Allez, hop. Venez, vous.

Attends. Je t'ouvre la porte.

Bonsoir, Th�r�se, et � bient�t.

- Y a longtemps que tu la connais ? - Qui ?

La pharmacienne.

- Th�r�se ? - Oui.

Quelques mois.

Un soir, j'ai �t� renvers�e par une moto

et transport�e � sa pharmacie.

Elle m'a soign�e, tr�s gentiment, et depuis,

je lui fais des petites visites.

Comme �a. En copain.

- Comme Marquis. Il y a beaucoup de copains, dans cette affaire-l�.

Blasco crie.

- Je vais vous hospitaliser. Votre nom ?

Vous �tes fou ?

Je vais pas rester ici toute la nuit.

Lucky,

ils veulent me garder.

- Je vous garde jusqu'� la visite du patron.

- Vous ne pouvez pas me garder de force.

D'ailleurs, � quel titre ? Vous �tes quoi, ici ? Un interne ?

Il faut rester.

Nous, on s'en va. Allez, viens.

Vous me laissez tomber ?

Vous voulez que je vous dise ce que vous �tes ? C'est facile.

Venez remplir votre fiche.

J'�tais dans une partie,

brusquement, je re�ois un coup de bouteille.

Qu'est-ce qu'on fait ?

Je vais attraper le dernier train.

Ah oui, j'oubliais. Maisons-Laffitte.

Le petit coin de terre. Gr�ce � la chlorophylle,

la r�mission des p�ch�s.

Va vite prendre ton train, Valois. Va vite !

Tu as tellement envie de venir ? Hein ?

Comme j'ai envie de t'emmener, c'est pas la peine qu'on s'engueule.

Taxi !

- Avant, si on trouvait un bistrot ouvert ?

- Pour trouver un bistrot ouvert, on trouvera un bistrot ouvert.

Attends. Je vais fermer.

Donnez-moi un autre caf�.

Cr�me, celui-l�.

Pour ces messieurs dames, ce sera ?

- Qu'est-ce que tu veux ? - Un double Pernod-rhum.

Eh ben, c'est simple. Deux Pernod

dans un grand verre, vous ajoutez deux rhums.

La m�me chose.

Pourquoi tu bois avec moi ?

Pour obtenir des confidences ?

Comme on dit chez toi, pour faire parler.

Maisons-Laffitte aussi, c'est pour �a ?

Pourquoi tu dis des b�tises ?

Mais qu'est-ce que t'as ?

Rien.

Coup de pompe.

Et avec �a, je suis d�go�tante. Je vais me laver les mains.

�a doit remonter, ce truc-l�.

On n'en sert pas souvent.

Ici, ce serait plut�t une client�le � caf� au lait.

Les gens qui sont en avance ou ceux qui ont manqu� le train.

Ou bien les repr�sentants.

C'est quand m�me plus gai qu'une chambre d'h�tel.

S�rement. Surtout que vous �tes l�.

Il fait pas chaud.

Dis donc, il est pas gai, ton caf�.

- Ce sera ? - Trois bi�res.

Pression ?

Non. Brune, en bouteille.

Moi aussi, mais blonde.

Musique jazz

�a a l'air d'aller mieux, toi.

La fatigue, �a vient, �a part. �a t'arrive jamais ?

- Si, mais �a s'arrange pas en me lavant les mains.

Ah, d�cid�ment, cette nuit, y a pas que le train, qu'on a loup�.

- Pourquoi tu es m�chant ? - Pourquoi tu t'empoisonnes ?

- Car si j'arr�tais �a, tout s'arr�terait.

Je n'ai pas de talent, Valois, et je le sais.

Je r�ve d'�tre une grande chanteuse et �a n'arrivera jamais.

Tu as vu ce soir ? Tu as vu ce que �a donne ?

L'idiote, la risible.

Mais avec le poison, comme tu dis, tout s'arrange.

J'ai du talent.

Du talent, Valois ! Tu comprends ?

Je sais que je triche. Mais nous trichons tous, toi aussi.

Pourquoi tu te so�les avec moi ?

Parce que tu m'aimes. Ton enqu�te, tu t'en fous.

Seulement, �a te permet de me retrouver et d'�tre avec moi.

C'est agr�able,

une petite suspecte qu'on peut d�shabiller.

Mais � partir de l�, il n'y a plus d'affaire Simoni, plus d'enqu�te.

Il y a toi et moi.

Il y a que toi. Moi, je me tire.

Tu me fatigues.

Depuis que t'es revenue,

la m�canique est remont�e.

Entre les questions et ton "jazz band", j'ai la t�te comme �a.

J'en ai ras-le-bol.

Tu peux continuer � t'en filer plein le pif, puisque �a t'amuse,

tu peux continuer � croire que t'es une grande chanteuse.

Je vais te le dire, ce que t'es:

une siphonn�e. - Valois...

Valois rentre chez lui.

Avec toi, ce serait une autre direction: Charenton.

Oh, merde...

Merde, merde...

130.

M. Valois est dans son bureau ?

- Oui. Vous n'avez qu'� attendre l�. - Merci.

- Au revoir. - Au revoir. A tout � l'heure.

Vous saviez que Simoni avait un fr�re ?

Non. Ils travaillaient en famille ?

- Edouard Simoni est PDG des Laboratoires de France.

Et il est d�put� et officier de la L�gion d'honneur.

- Des produits pharmaceutiques ? - Et alors ?

Alors morphine, coca�ne...

- Quand une affaire roule sur 1 milliard,

on ne vend pas de morphine dans les clubs.

Il �tait brouill� avec son fr�re. - On pourrait se renseigner.

- Je vous demande de m'aider, pas de me faire sauter.

Edouard Simoni est venu de sa circonscription

pour exiger des d�tails sur la mort de son fr�re.

Il le voyait plus depuis des ann�es, mais un fr�re reste un fr�re.

Simoni s'est adress� � moi

en termes courtois...

- Oui, mais en vous mena�ant. - Avec plus d'amabilit�, mais oui.

J'ai promis � Simoni de m'occuper vite de l'affaire.

Chaville attend toujours votre rapport.

Je le veux ici, demain matin au plus tard.

- Si j'ai rien � y mettre ? - Je le compl�terai.

J'ai d�cid� d'aller ce soir � L'�uf.

J'aimerais vous y trouver. Disons � 23h.

Bon...

Vous vous trompez.

Je me saisis de cette affaire parce qu'elle tra�ne.

J'ai rien � y gagner.

On sait jamais.

J'ai dit 23h. A ce soir.

Ah, monsieur Valois.

Que faites-vous ici ?

- J'ai absolument besoin de vous voir, M. l'inspecteur.

- Bon. Mais pas ici. Venez. - Merci.

- Bonjour, Valois. - Bonjour.

Que prenez-vous ? - De la bi�re, s'il vous pla�t.

- Louis, deux demis. - Oui, monsieur.

- Alors, de quoi vouliez-vous me parler ?

De Lucky.

Lucky m�ne � Paris une vie dangereuse,

d�gradante.

Il faut qu'elle retourne avec moi � Munich. Et vous,

vous pouvez m'aider.

Ah oui ? Et comment ?

- Voyons. En tant que ressortissante allemande,

vous pouvez la faire expulser.

Je comprends qu'une expulsion occasionne des frais.

Soyez tranquille. Je peux payer.

- Payer quoi ? - Disons... la bonne volont�.

Votre prix sera le mien, monsieur Valois.

- Je crois que vous vous �tes tromp� de porte.

- Valois, on te voit, tout � l'heure ? - Oui, oui.

- Je vous en prie... - Pardon, monsieur.

Merci.

Je vous en prie, ayez piti� de moi.

Je suis tr�s malheureux.

J'essaie par tous les moyens de reprendre ma fille.

Je lui ai d�j� coup� les vivres aux 3/4.

Je serai oblig� de les lui couper compl�tement,

si vous ne pouvez pas m'aider.

Elle ne pourra plus satisfaire son vice.

Alors elle reviendra. - Oh, s�rement pas.

- Alors qu'est-ce qu'elle ferait ? - Le trottoir.

Votre fille est d�sax�e, M. Fridel. Elle est d�sax�e par la drogue.

Son fournisseur est mort, mais il y en a d'autres.

L'ennui, c'est que ce type qui est mort,

il a re�u trois coups de revolver.

- Vous ne croyez pas que ma fille est capable...

- Je ne sais pas. Mais Albert Simoni a �t� assassin�.

- J'ai rencontr� un certain Albert, un jour, chez Lucky.

Il �tait avec une femme. - Quelle femme ?

J'ignore son nom.

Elle s'est disput�e avec Lucky.

Et le nomm� Albert l'a gifl�e.

Tenez,

je me souviens d'un mot de Lucky, � la suite de cette gifle.

Elle a dit:

"Vous �tes pharmacienne, vous savez o� trouver de l'arnica."

- Elle a dit "pharmacienne" ? - Oui.

- Vous d�sirez ? - Je voudrais me peser.

Je m'en occupe.

Bien, madame.

- Vous vous souvenez de moi ? - Je pense bien.

Vous �tes reconnaissable.

M�me au lit, vous gardez votre chapeau ?

- La derni�re fois que je me suis pes�, j'avais mon chapeau.

- Comment va ce gar�on qui �tait bless� ?

Il est rentr� chez lui ce matin.

83,4 kg.

Oh �a, c'est l'ennui de la bi�re.

Personne ne vous oblige � en boire.

- On se laisse entra�ner. Aujourd'hui, j'ai eu une occasion.

C'est avec quelqu'un que vous connaissez s�rement:

le p�re de Lucky.

Je n'ai pas cet avantage.

Lui, il se souvient tr�s bien de vous.

La derni�re fois qu'il vous a vue, Simoni vous avait gifl�e.

�a vous arrive souvent ?

- "Gifl�e" ? - Oui.

- C'est sans doute une plaisanterie. Le sens m'en �chappe.

Vous n'avez peut-�tre plus besoin de moi.

J'ai 2 ordonnances � pr�parer.

- Moi, j'ai un rapport � faire, On pourrait peut-�tre s'aider ?

- Je ne suis pas oblig�e de tol�rer votre pr�sence.

Vous comprenez ?

- Je comprends pourquoi Simoni vous flanquait des claques.

- Parce que je re�ois des claques de Simoni.

Quel Simoni ?

- Eh ben, Albert Simoni. Le bel Albert.

Vous ne le connaissez pas ? - Non.

C'est un patron de bo�te de nuit.

Il �tait l'amant de Lucky Fridel.

Elle, vous la connaissez. - Oui, je la connais.

- Depuis quand ? - Plusieurs mois.

Et o� l'avez-vous rencontr�e ?

Ici.

Elle �tait bless�e. On me l'a amen�e.

- Et vous �tes devenues amies. - Pourquoi pas ?

- Vous ne devenez pas l'amie de toutes vos clientes.

Pourquoi Lucky ?

- C'est un personnage tr�s attachant. Non ?

- Entre bonnes amies, on n'a plus de secrets.

Alors vous savez s�rement qu'elle se drogue.

Non. �a, je l'ignorais.

Tiens donc.

Et vous ignoriez aussi qu'Albert la ravitaillait en morphine ?

Moi, j'aimerais savoir qui a pris

la succession de cet homme serviable.

Je n'en sais rien.

Mais je ne vous emp�che pas de chercher.

Vous �tes bien bonne.

Puisque vous �tes en veine de coop�ration,

je vais vous demander l'adresse de votre domicile.

- Pourquoi de mon domicile ? - Comme �a.

4, impasse Maujon, � Boulogne.

"Impasse Maujon."

Vous �tes mari�e ? - Oui.

Oh bah, c'est bien, �a.

Que fait votre mari ?

On doit aussi parler de mon mari ?

- Notez que je pourrais aller me renseigner ailleurs...

Il est ing�nieur chimiste.

- O� �a ? - Aux Laboratoires de France.

- Mais attendez... Mais les Laboratoires de France,

c'est la raison sociale d'Edouard Simoni, �a.

Oh ben, �a me pla�t.

Vous pourrez plus me dire que vous le connaissiez pas.

Il m'est forc�ment arriv�...

- Je parle pas d'Edouard, mais d'Albert.

- Je crois en effet qu'un jour son fr�re nous a pr�sent�s.

On progresse. On va progresser,

car vous l'avez revu, Albert Simoni.

Vous l'avez revu forc�ment le jour de la gifle.

Vous l'avez prise, oui ou non ?

- Ah oui ! Je vois ce que vous voulez dire. C'est trop b�te.

Je venais de faire des achats,

je suis pass�e voir Lucky. Ce...

Ce type �tait l�. Je l'ai vu � peine 5 min.

- Le temps de dire bonjour, et de prendre une baffe.

- C'est pas moi qui ai re�u la gifle. Lucky et ce type se disputaient.

Je ne sais plus pourquoi. Lucky �tait nerveuse. Un mot blessant

a d� lui �chapper, et Simoni a eu ce geste ignoble.

Voil�.

Et apr�s ?

- Apr�s, rien. Lucky est rest�e, moi, je suis partie.

L'attrait passionnel de la claque m'a toujours �chapp�.

A chacun ses go�ts. Vous avez raison

de vous peser souvent. Vous faites bon poids.

J'ai compris o� vous vouliez en venir.

Oui, en tant que pharmacienne,

je d�tiens des produits toxiques.

Oui, je suis une amie de Lucky Fridel

et j'ai �t� en contact avec Albert Simoni.

Cela �tant pr�cis�, j'ajouterai ceci:

j'ai un dipl�me de pharmacie, je paye mes imp�ts,

et bien qu'�tant bien �lev�e, je suis au regret...

De me dire que je vous emmerde.

- C'est exactement le mot que je cherchais.

Eh ben, vous voyez:

"Qui souvent se p�se bien se conna�t."

Musique jazz

Bonjour, mon ami

Voulez-vous m'embrasser

Monsieur, pardon me

Je voudrais vous aimer

- Laissez mes affaires au vestiaire. - Bien, monsieur.

Mon c�ur, il est fou

And l can't go on without you

Et l'amour pour toujours

That's for me, baby

Monsieur

l can't wait

For the words you will say

Je vois Oh l� l�

Tout ce que vous pensez

Je ne veux rien que vous

l could spend My whole lifetime with you

Je ferai des folies

But kiss me, ch�ri

Bonsoir, Lucky. - Bonsoir.

Qu'est-ce que �a veut dire ?

- J'y peux rien. Ils me rendent ma visite.

- Quelle visite ? - J'ai �t� convoqu� � la PJ � 6h.

Ils m'ont interrog�.

Si je r�pondais pas, ils me fermaient ma baraque.

Alors Lucky, je l'aime bien, mais c'est pas ma s�ur.

Et tu l'as balanc�e ?

J'ai racont� ce que je t'ai racont�.

- Tu leur as dit d'o� elle tenait la drogue ?

Je peux pas dire ce que je sais pas.

- Ce qui te manque, c'est pas la vacherie mais l'imagination.

Je vous ai attendu un bon moment.

- Vous vous �tes ennuy� ? - Pour �tre franc, non.

Mlle Fridel nous a tenu compagnie. Elle est charmante.

Mais il est vrai que vous la connaissez.

Comme tout le monde ici, quoi.

- Mais vous connaissez mieux Lucky Fridel.

Suffisamment pour savoir qu'elle �tait la ma�tresse de Simoni.

Ben oui.

- �a aurait pu int�resser Chaville. Vous l'avez mis dans votre rapport ?

Vous prenez quelque chose ? - Non.

- Contrari� ? Mais si, avouez-le. Je me demande pourquoi.

- La piste de Fridel est peut-�tre la bonne, mais rien n'est s�r.

J'esp�re �tre fix� dans 2 ou 3 jours.

- Je le serai plus vite. Je la boucle demain.

Sous quelle inculpation ?

- Complicit� de meurtre et usage de stup�fiants.

Quelques jours de manque et elle nous dira ce qu'elle sait.

Et elle en sait. - Ecoutez-moi...

- Non. Je pourrais vous coincer pour n�gligence professionnelle,

bien que sachant qu'il ne s'agit pas de �a.

En un mot, l'affaire ne vous concerne plus.

Dites-moi, Janin,

et si je refusais de rendre mon os ?

Je ferais en sorte

que vous consacriez tout votre temps au jardinage.

- Tu peux me la pr�ter pour faire un tour ?

Tu vas emboutir la voiture.

Penses-tu.

Je reviens tout de suite.

- Eh bien, Lucky, et mes pieds ? - Pardon.

Musique jazz

Bonsoir, mademoiselle.

Allez, pousse-toi.

Et puis m�nage tes nerfs. J'ai deux mots � te dire.

- Vous n'avez pas assez parl� de moi, tous les deux ?

Allez, d�marre.

- Un renseignement en vaut un autre.

Nous sommes quittes.

Tu lui as dit pour la morphine. Moi, que tu couchais avec moi.

Je te promets d'ailleurs que �a n'arrivera plus.

- Justement, demain soir, tu coucheras au Quai des Orf�vres.

T'es un salaud. J'aurais pas cru...

- C'est �a. Mais d�marre, sinon, je prends le volant.

H�, h�, pas si vite. Tu vas nous mettre en l'air.

Pour t'en tirer, il faut que j'emballe quelqu'un.

Alors je te donne le choix des pions.

Blasco, Marquis ou la pharmacienne. - Ce sont mes amis.

- Blasco te prend pour une pute, et Th�r�se te refile de la drogue.

- Th�r�se ? Pourquoi crois-tu que Th�r�se me donne de la drogue ?

- C'est pr�cis�ment ce qu'on va voir. On y va. Allez.

Attention.

Allez, prends � droite, l�. Et puis l�ve le pied.

T'es malade d'arriver comme �a ?

Valois...

H� !

Oh, madame !

H� !

Vous avez une visite.

- Tiens. Vous �tes venu voir le miracul� ?

- Dans deux jours, vous serez sur pied.

Vous pouvez fumer ? - Oui. Merci.

Chaville vous envoie ses amiti�s. - C'est gentil, �a.

- Il travaille 12 heures par jour en liaison

avec la brigade des garnis.

Mais sans aucun r�sultat. L'oiseau s'est envol�.

- "L'oiseau" ? - Lucky.

- Sans blague, vous l'avez loup�e ? - �a vous amuse, vous ?

Valois, j'ai beaucoup regrett� le ton de notre conversation.

D'autant plus que vous avez eu cet accident juste apr�s.

A propos de cet accident,

on vous a retrouv� dans une voiture dont Blasco

avait remis les clefs � Lucky Fridel quelques minutes auparavant.

Le fait est l�.

Cette petite a disparu apr�s s'�tre entretenue avec vous.

Entretenue de quoi ?

- �a, je me le rappelle plus. - Allons, Valois.

Nous avons eu tort

de nous chamailler, je m'en excuse. Vous �tes content ?

Si la brigade criminelle vous int�resse,

on pourrait songer � une nouvelle affectation.

Depuis trois jours, Lucky Fridel n'a reparu nulle part.

Ni � L'�uf, ni au George V, ni chez Valentine Horse,

ni dans aucun des h�tels o� elle a l'habitude de...

disons de passer.

Elle se cache quelque part dans Paris.

Si vous �tiez valide, je vous dirais d'aller me la chercher.

Etant donn� votre �tat, je vous demande o� elle est.

- Pourquoi vous demandez pas � Chaville ?

Moi, avec mon coup sur la t�te, je me rappelle plus rien.

Ben, si. Je me souviens bien du camion de l�gumes,

mais ce qui pr�c�de, c'est le trou noir, la nuit.

- Vous avez m�me oubli� avoir pr�venu Lucky que j'allais l'arr�ter.

Vous ne vous rappelez pas qu'elle �tait votre ma�tresse.

- Vous n'avez pas eu d'accident. - Ne vous moquez pas !

Vous n'�tes pas plus amn�sique que moi.

- Faut demander au m�decin. - J'y manquerai pas !

Je veux les voir, vos trous de m�moire.

Si vous �tes intact, vous serez r�voqu�.

Vous n'en aurez pas besoin.

Qu'est-ce que �a veut dire ?

Je devais vous remettre un rapport.

C'est ma d�mission que je vous remets. Pour raison de sant�.

C'est une fa�on de vous en tirer.

Mais elle ne s'en tirera pas, je vous le promets.

Nous l'aurons. On finit toujours par les avoir.

Question de temps.

Mlle Fridel r�pondra du meurtre d'Albert Simoni.

- S'il vous pla�t, moins de bruit. Vous allez fatiguer notre malade.

- Encore un mot. - C'est vrai, qu'il est fatigant.

Bon...

Pardon.

- Quand vous aurez fini, venez me retrouver.

Donnez-lui-en un tout de suite. �a va le calmer.

Mais vous �tes fou ?

Vous avez vu mon chef ?

Il m'a donn� des ordres.

Quand il donne des ordres...

- Vous tenez � peine debout. - Mais si, je tiens debout.

Apr�s tout, �a vous regarde.

- Vous allez �tre gentille et m'amener � l'administration.

Votre communication.

Merci.

All�, Michou ? C'est Valois.

- �a va ? J'ai voulu aller te voir, tu dormais.

Viens me chercher en vitesse.

Quoi ? T'es pas gu�ri de la t�te !

Je ne t'ai jamais d�pann� ?

- Si tu joues sur la reconnaissance. D'accord.

- Mais grouille-toi. - Salut.

Merci.

- Monsieur ? - Je voudrais parler � Mme Marken.

- Elle n'est pas l�. - Elle est souffrante ?

- Oui. Je ne l'ai pas vue depuis 3 jours.

- Bon. Merci. - Je vous en prie.

- Au revoir, monsieur. - Monsieur.

On va � Boulogne.

- Va me chercher le p�re Fridel � l'h�tel de Constance.

D'accord.

Je reviens tout de suite.

- Je ne sais pas si Madame... - Moi, je sais.

Berthe, laissez-nous.

O� est-elle ?

Qui ?

Oh ! Excusez-moi.

Vous voulez encore parler de Mlle Lucky Fridel.

Oui. Je sais qu'elle est l�.

All�, les renseignements ?

Voulez-vous me donner le num�ro de la police judiciaire ?

�a veut dire quoi ?

- Vous m'importunez, monsieur. Alors j'appelle la police.

- C'est bien dommage. - C'est surtout lassant.

De quel droit �tes-vous chez moi ? Vous avez un mandat ?

- Et vous, au bois de Boulogne, vous aviez un permis de chasse ?

- Tiens. C'est nouveau, �a, le bois de Boulogne.

Pas si nouveau que �a:

c'est l� que Simoni a �t� tu�. - Pendant que nous y sommes !

Je vais vous dire ce que je pense.

Vous avez tu� Simoni,

et comme Lucky est au courant, elle vous soutire de la drogue.

- Alors pourquoi ne voulez-vous pas que j'appelle la police ?

�a vous ennuie peut-�tre qu'on sache que vous �tes l'amant d'une drogu�e.

- Oui, �a m'ennuie. Surtout pour votre mari.

Vous voyez �a d'ici, des poulets plein la maison ?

Qu'est-ce qu'il va penser ?

- Pourquoi m�lez-vous mon mari � tout �a ?

C'est monstrueux, d'inqui�ter un homme,

de troubler sa tranquillit�.

- Vous allez aller me le chercher. - Je n'en ai pas l'intention.

- Alors je vais le chercher moi-m�me. - Ah non. Je vous en prie.

Henri, tu peux venir un instant, je te prie ?

L'inspecteur Valois.

Lucky n'est pas en r�gle avec les autorit�s.

M. Valois voudrait des renseignements.

- Je connais peu cette jeune fille. C'est une �tudiante allemande.

Ma femme et elle sont devenues amies.

- Elle est bien chez vous ? - Oui. Depuis quelques jours.

Nous l'avons recueillie.

J'aimerais pouvoir vous donner des renseignements complets.

Mais cette jeune fille me para�t tr�s honn�te.

D'ailleurs, si ma femme s'en est fait une amie...

D�sirez-vous savoir autre chose ?

Je veux la voir.

- Si vous le d�sirez, Th�r�se peut vous conduire pr�s d'elle.

Je vous suis.

Faudra bien qu'il apprenne la v�rit�. Mais pas la v�tre, la mienne.

C'est ce que je pensais.

- J'ai d� lui donner un calmant. Elle est arriv�e dans un tel �tat...

- Pas pire que celui-l�. Je savais que vous lui donniez des "calmants",

mais cette fois-ci, vous avez fait les choses en grand.

Vous vouliez la calmer d�finitivement ?

- Elle est assez grande pour se tuer toute seule.

La piti� vous �touffe pas.

Mais d'un sens, j'aime mieux �a.

�a m'aurait g�n� de trouver en vous quelque chose de bien.

Et maintenant, vous allez me dire pourquoi vous avez tu� Simoni.

Il vous a gifl�e. C'�tait vous.

D'ailleurs, son p�re vous le rappellera.

Mais �a ne veut rien dire.

- Si. Parce que je le connaissais bien, moi, Albert Simoni.

C'�tait pas un type � gifler la femme des autres.

Ce qui signifie ?

- Que vous �tiez sa ma�tresse. - Non.

Th�r�se.

Pourquoi tu lui dis pas ?

Il comprend tout,

Valois.

- Vous ne voyez pas qu'elle nage dans l'incoh�rence ?

- On nage tous, chacun dans son d�sordre:

le sien, le mien et le v�tre.

Il serait temps d'en sortir, de ce d�sordre.

On pourrait demander � votre mari de nous aider.

Il doit bien �tre au courant de vos amours.

Oh, "mes amours"...

Vous �tes un homme sans faille, vous.

Un exemple moral.

Ou vous sauriez qu'entre l'amour et la passion, il y a une diff�rence.

Je d�testais cet homme. Je le m�prisais.

Mais je ne pouvais me passer de lui.

Nous y voil�.

Vous avez vu mon mari.

C'est la bont� m�me, la g�n�rosit�, l'intelligence.

Albert Simoni �tait mauvais, cupide et b�te.

Il m'a rendue folle d�s le premier soir.

Pendant 10 ans, j'ai �t� moi aussi une femme comme beaucoup d'autres.

Aimante, fid�le.

C'est d'ailleurs, je crois, ce qui chez moi a tent� Simoni.

C'est avec les bonnes bourgeoises qu'on fait les meilleures grues.

Vous ne l'ignorez pas.

Mlle Fridel aussi

est une petite bourgeoise.

Plus pr�coce que moi.

Elle n'a encore tu� personne, elle.

Lucky ou l'innocence.

La fille-fleur, la femme-enfant.

La na�vet� de l'adolescence avec la tendresse allemande.

Iseult.

Le philtre d'amour est sp�cial: moiti� whisky, moiti� morphine.

Ajoutez-y des paires de claques et voil�.

Je la connais bien, cette ch�re Lucky.

C'est pour elle que j'ai vol� mon mari.

C'est � cause de �a qu'un �tre que j'admire verra sa vie saccag�e.

- C'est tout de m�me pas elle qui l'a fait cocu, ce mari v�n�r�.

Que vous ayez pris un amant, �a m'est �gal.

Je veux savoir pourquoi vous l'avez tu�.

Pour rien.

Pour �viter que mon mari ne soit m�l� � certaines salet�s.

Un jour, Simoni m'a demand� de la morphine pour un canc�reux.

Il m'en a redemand�.

Je ne croyais plus � l'ami malade. - Vous n'y avez jamais cru.

Je mens encore un peu, par habitude.

Voil� des mois que je mens.

Simoni m'a demand�, ou plut�t a exig�

des quantit�s de plus en plus importantes. J'ai accept�.

Puis j'ai connu cette petite garce.

J'ai compris qu'une partie de la drogue lui �tait destin�e.

Je l'ai accept�.

Je n'avais plus d'amour-propre.

Quelle importance ?

Simoni...

�a comptait pas.

C'est Valois, que j'aime.

Apr�s tout, c'est possible.

- Vous avez fini par ne plus accepter. A partir de quand ?

- Devant mon refus de continuer les livraisons,

Simoni a menac� de tout dire � mon mari,

de lui envoyer mes lettres.

Car j'avais eu la sottise de lui �crire.

Si jamais mon mari lisait �a, il ne conna�trait plus de paix.

C'est pour mon mari que j'ai tu� mon amant.

- En somme, c'est un crime passionnel.

Avec pas mal de boue autour.

Les lettres que Simoni d�tenait, Lucky s'en est empar�e.

Et le chantage a repris.

Et sans compensation, cette fois.

Dis, Valois, tu m'emm�nes ?

On s'en va ? - Nous allons partir ensemble.

Car vous aurez ma t�te et la sienne.

Non. C'est la v�tre que je veux.

Autrement, il y aura aussi celle de votre mari.

- Mon mari est en dehors de tout �a. - Qu'il y reste. Mais elle aussi.

Ce que je veux, c'est l'assassin de Simoni.

Vous avez quelqu'un � d�fendre ? Moi aussi. Donnant donnant. �a va ?

- Et si c'est non ? - Alors l�, je vide mon sac.

On parle de drogue, de complicit�, d'adult�re...

- M�me de vous ? - M�me de moi.

J'ai donn� ma d�mission cet apr�s-midi.

On peut pas �tre joueur et arbitre. Mais j'irai jusqu'au bout.

Je suis assez fatigu� pour �a.

Alors, Th�r�se ? On complique ou on simplifie ?

Ecoutez-moi bien.

Vous avez tu� votre amant dans un moment de folie

parce qu'il voulait vous quitter. C'est un drame de la rupture.

L'honn�te homme viendra t�moigner. Mais rassurez-vous.

En trafiquant, il aurait �t� odieux, en cocu, il sera bouleversant.

Les jur�s pleureront. Y a toujours des connaisseurs.

Alors ?

On simplifie ?

On les laisse gagner, nos pauvres ?

Tu sais, c'est vrai que je t'aime,

mais j'ai pris trop de choses.

Je vais peut-�tre mourir.

Mais non.

J'ai froid, Valois.

- Je n'ai pas besoin de vous dire o� est le t�l�phone.

Dans combien de temps seront-ils l� ?

�a ne devrait pas �tre long.

Viens.

Le p�re Fridel est � Munich.

- Je m'en fous. �a s'est pass� sans lui.

All�, le Quai ? Ici Valois. Passez-moi Janin.

Bien s�r, chez lui.

On va venir l'arr�ter ?

Oh, je ne suis pas compl�tement stupide.

Je savais qu'elle me trompait.

Je crois m�me que je le comprenais.

Elle l'a rencontr�, elle l'a aim�.

M�me pas.

Alors pourquoi a-t-elle fait tout �a ?

Pourquoi ? �a...

All�, Janin ? Ici Valois.

"Pas une heure pour appeler" ? Si, parce que je suis s�r

que dans 1 heure, vous aurez t�l�phon� � Edouard Simoni

pour lui dire que vous tenez la meurtri�re de son fr�re.

Ouais.

Bon. Alors Th�r�se Marken.

4, impasse Maujon.

Avec un M, comme Marie.

A Boulogne.

La petite Schleue ?

Rien � voir l�-dedans. C'est un crime passionnel.

Puisque je vous le dis.

D�missionner pour rire ?

Vous me pr�tez un humour que je n'ai pas.

Ah ben, c'est tout vu.

Allez, bonsoir.

- Comment faites-vous pour n'�prouver aucune piti� ?

C'est dr�le. J'y arrive pas.

Et pourtant, je m'applique, ce soir.

Moi, � votre place, je monterais la voir, et j'irais vite.

Viens.

- O� tu m'emm�nes, Valois ? Dis-le-moi.

Te soigner. T'en as besoin.

- Tu m'emm�nes pas � Maisons-Laffitte ?

Pour voir ton fameux peuplier ?

- C'est pas un peuplier, c'est un cerisier.

Allez, repose-toi.

Mais... o� tu m'emm�nes ?

�a va �tre long, pour me soigner ?

- Je sais pas. 2 ou 3 semaines. Un mois, peut-�tre.

Et tu viendras me rechercher ?

- Est-ce que je ne viens pas toujours te chercher ?

En allemand. - Je t'aime, Valois.

Hein ?

Tu sais

que j'ai dit tout � l'heure que je t'aimais.

On dit �a quand on est dans la vape,

et on peut tr�s bien ne plus penser �a apr�s.

Alors quand tu seras gu�rie, tu verras plus clair, tu choisiras.

Crois-moi, c'est plus sage.

J'aimerais bien sortir au printemps.

A cause des cerises.

Parle-moi vite, Valois. Vite.

- De quoi veux-tu que je te parle ? Des cerises ?

C'est de la montmorency. Tu sais, de la petite rouge.

Mais c'est un peu acide.

Mais au mois de juin, �a croule de partout.

Tu te rappelleras ?

La montmorency. Comme le duc.

Mais d'ici l�, faut �tre sage.

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