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Un.
Habits, chiffons, ferraille à vendre !
Habits, chiffons, ferraille à vendre !
Habits, chiffons...
Habits, chiffons, ferraille à vendre !
Habits, chiffons, ferraille à vendre !
Habits, chiffons, ferraille à vendre !
Habits, chiffons, ferraille à vendre !
Habits, chiffons, ferraille à vendre !
Habits, chiffons, ferraille à vendre !
Un.
On siffle.
Un.
Un.
T'avais promis qu'à 15 h, le boulot serait achevé.
T'as pas fini ?
♪ ai pas fini et j'ai pas commencé. Tes traductions me font suer.
T'es malade ? Non, j'ai faim.
On devait toucher 5000 balles.
3 ans d'université pour gagner sa croûte en traduisant
des histoires d'assassinats ? C'est un jeu.
Est-ce qu'il ne serait pas plus courageux de commettre un crime ?
Ça rapporte. Pourquoi pas 2, ou 3 ?
Si ça rapporte...
Il y a des vieilles femmes qui servent à rien.
S'emparer de leur argent, où serait le mal?
Regarde ta mère et ta sœur.
À tes questions stupides, c'est la meilleure réponse.
T'as pas le rond ? Et ça ?
20000 balles de la part de ma mère.
Et tu te plains ?
♪ y toucherai pas.
Nicole va se fiancer à un monsieur bien.
Un monsieur riche.
Un vieux monsieur qui lui fera de beaux cadeaux.
Tu accepterais que ta sœur fasse un mariage honteux ?
Tu poses trop de questions. J'emporte ça.
Je vais faire le boulot à ta place.
Va manger. Après, ça ira mieux.
Assassiner quelqu'un, ça peut causer des contrariétés.
Et tâche que Nicole n'épouse pas le vieux. Ce serait dommage.
Un.
Monsieur ?
René Brunel.
Ah, j'avais l'intention de vous rendre visite. Enchanté.
Vous ne voulez pas me serrer la main ?
Aucune importance. Entrez.
♪ ai promis à Nicole de gagner votre amitié.
En y mettant le prix ? Combien ?
Vous n'allez pas me vexer.
Gras comme vous l'êtes, on n'a pas l'épiderme chatouilleux.
Je vais vous rendre vos 20000 francs.
♪ ai remis cette somme à votre mère pour son voyage.
Elle arrive demain avec Nicole. Je le sais.
♪ ignorais qu'elle vous a envoyé de l'argent.
C'est un reproche ? Pas du tout.
Si je vous avais su dans l'embarras, je vous aurais offert mon aide.
Monestier, vous ne voulez pas renoncer à épouser Nicole ?
Mais elle a dit oui. Enfin, presque.
Vous me demandez de renoncer à un bonheur inespéré.
Nicole a 18 ans.
C'est cette jeunesse qui m'a touché.
Elle vous excite, avouez-le.
♪ ai promis à Nicole que nous n'aurions pas de querelle.
Et moi, je me suis promis que Nicole ne vous épouserait pas.
On fredonne.
Un.
T'as fait quoi, des litrons ?
Dans la musette.
Il siffle.
Un.
Un.
Il siffle.
Un.
Un.
Qu'est-ce que c'est ? C'est moi, René Brunel.
Encore vous ? Il faut bien vivre.
Ma caisse est vide.
Je vous apporte une montre.
En or ? Oui.
Entrez.
Montrez.
Un vieux modèle. C'est la montre de mon père.
Mais elle est lourde.
Ça ne se vend plus.
Et c'est peut-être du plaqué.
C'est à votre bon cœur que je m'adresse.
Tout le monde sait que Mme Orvet
est la providence des malheureux. Ça ne vaut rien.
Faites quelque chose pour moi. 800 francs.
Les intérêts gagés d'avance pour trois mois.
Moins je vous avancerai, plus ce sera facile à vous de me rembourser.
Mais qu'est-ce que vous avez ?
Vous êtes blanc, avec de la sueur.
♪ ai eu un vertige.
680 francs.
Ça fait votre affaire ?
♪ ai été gentille.
Mais je vous préviens : trois mois, c'est trois mois,
sans un jour de délai.
Vous avez 20 francs ? Non.
On va pas chicaner pour 20 francs. Voilà 700 francs.
On est le 10 du mois de mai.
Le 10 août, dernier délai.
Vous pourriez me dire merci.
Et vous ne pourriez pas fermer la porte ?
Et moi ? T'as de quoi payer ?
Avoir de l'argent, c'est une chose.
Avoir soif, c'en est une autre, et sans rapport.
Fais-toi bistrot et tu saisiras le rapport.
Donne-moi à boire ! N'importe quoi, sauf de l'eau.
Et je te raconterai ma vie.
Ne me casse pas les pieds.
Un Cinzano.
Messieurs, la chance sera pour celui qui prendra en pitié
le cochon qui vous tend son verre.
Fous-nous la paix.
Excusez-moi, messieurs.
Les amoureux ont le cœur tendre.
Ils auront de beaux enfants...
s'ils m'offrent à boire.
Attends qu'on soit mariés.
Laisse les clients tranquilles ou je te flanque à la porte.
À votre santé, messieurs.
À votre bonne santé.
Vous qui avez le verre plein.
Monsieur, que Dieu vous garde toujours vos verres pleins.
C'est pas Son boulot.
Monsieur, vous ne voulez pas offrir un verre de vin
à Pierre Marcelin ?
Mauvais époux, père indigne,
chassé de partout pour ivrognerie
et n'osant pas rentrer chez lui.
Qui ne dit mot consent.
Vos bonnes manières exigent un mot d'explication.
♪ ai quitté ma famille pour aller faire un petit tour.
Voilà 6 jours que j'ai quitté la maison
en emportant les sous qui nous restaient.
Qui c'est ce type ? Il est marrant.
Pas pour moi. Si tu connaissais sa vie.
C'est un clochard ?
Sa femme est malade et ses enfants crèvent de faim.
Sans blague.
Et puis ça serait pas trop
de demander une autre bouteille ?
♪ ai pas de quoi vous l'offrir. C'est bien ma chance.
Et maintenant, où aller ?
Il faut toujours aller quelque part.
Mais où ? Où aller ?
Je vous le demande. Rentrez chez vous.
Et reparaître devant Thérèse, née Michaux,
qui a épousé en premières noces le capitaine Favier ?
Rentrez chez vous sans faire de bruit.
Vous voulez pas m'accompagner ?
Thérèse est faible de la poitrine.
Elle tousse, elle crache le sang.
Jamais je le lui reproche.
Vous voulez pas lui expliquer
que ma maladie à moi, c'est l'ivrognerie,
et qu'on choisit pas sa maladie ?
Et que chacun doit porter la sienne
comme Dieu l'a décidé ?
Jeune homme, vous qui avez du cœur
et de l'instruction,
vous voulez pas dire à Thérèse
qu'elle ait pitié de moi?
Pauvreté n'est pas vice.
Mais la misère,jeune homme, c'est le pire de tous les vices.
C'est là que j'habite.
C'est pas encore une veine que la maison soit pourrie ?
Sans les poutres, je la reconnaîtrais jamais.
Tu vas grimper tout seul.
Ah non. René, si tu m'abandonnes,
je m'assieds là, par terre, et j'attends.
T'attends quoi ? J'attends en attendant rien.
Écoute, c'est pas pour dire... C'est haut, chez toi ?
Au 3e étage. Mais l'escalier est pourri, comme le reste.
Allez, allez ! Au pieu.
Encore une chose que j'ai pas dite. La prochaine fois.
Je ne mérite pas ton amitié si je t'ai caché le pire.
Je t'ai rien dit de Lily.
Qui c'est, Lily ? Ma fille.
La première. Eh bien, Lily... Quel âge elle a ?
18 ans. Ne m'explique pas. J'ai compris.
Allez.
René ? Quoi ?
♪ ai mal au cœur.
Attends que je me repose un peu.
Tout tourne.
Je pourrais te dire que je me suis mis à boire
pour oublier ce qu'a fait Lily.
Non. C'est le contraire.
À force de voir qu'il y avait plus d'argent,
à force d'entendre les petits pleurer,
elle a fait ça.
Je la vois encore revenir,
un jour, avec 3000 francs.
Qu'est-ce que doit faire un père affectueux ?
Pousser des cris et tuer quelqu'un ? Se tuer ?
Tu sais ce que j'ai fait, René ?
Oui. T'as rien dit et t'as pris l'argent.
Oui.
Mais j'ai promis devant Dieu
que je ne boirais plus jamais.
Et j'ai recommencé.
Et Lily aussi ?
Bien sûr.
Je te dégoûte, hein ?
Mais non.
Mais Dieu, qu'est-ce qu'll pensera de tout ça ?
Pourquoi Il serait plus bête que moi?
C'est mon idée.
À tous les ivrognes, Dieu pardonnera.
Je les vois d'ici, tous les dégoûtants de mon espèce,
de tous les pays, de toutes les couleurs,
se présentant devant Lui, tremblants de peur.
Dieu leur sourit.
Bande de salauds, vous n'avez pas honte ?
T'as fini de crier dans l'escalier ?
Thérèse. Ne me quitte pas.
Viens.
Je veux bien rentrer, à condition que tu cries pas trop.
Il faudrait des forces et j'en ai plus.
Les petits dorment ?
C'est la seule chose qui ne coûte rien.
Et pour manger ?
Comment vous avez fait ?
Lily est venue tous les jours.
Et moi qui suis née Michaux, j'ai mangé de ce pain-là.
Il n'y en avait pas d'autre.
Je préfère que tu m'insultes.
♪ ai craché du sang.
Pourtant, je fais la lessive.
Les enfants n'ont qu'une chemise. Chaque nuit, je recommence.
Cette voix brisée, comment veux-tu que je supporte ça ?
Oh, si je pouvais.
Mais si le capitaine savait comment tu traites sa femme, il arriverait
pour te cravacher.
"Capitaine"? Il a plaqué
sa femme. Menteur.
Il me tenait la main.
Et de l'autre, ses cartes.
Tu mens.
Il a vendu ton piano.
Il a vendu tes tapis. Il a vendu le portrait
de ton père. C'est pas vrai. Tu mens.
- Papa ?
Papa ?
- Tu les as réveillés.
Papa, où es-tu allé ?
♪ avais du travail.
Tu restes avec nous ?
Je ne vous quitterai plus. Dominique, Pascal, venez.
Lâchez votre père, ou le capitaine va venir vous fouetter.
N'ayez pas peur. Papa vous défendra.
Tu t'enfuiras au bistrot, où t'auras honte de ta lâcheté.
Vous allez m'obéir.
Contrariez pas maman.
Dominique, regarde bien ton petit papa chéri.
C'est une ordure.
Et toi, Pascal, regarde bien ton père,
tellement ivre qu'il ne peut même pas tenir sur ses jambes.
C'est lui qui me fait mourir.
À la fin, ils ne me respecteront plus.
Un monstre, une larve.
Voilà le père que le Ciel vous a donné.
Et un jour, en rentrant, il nous trouvera morts,
morts tous les trois.
Il vaut mieux que je m'en aille.
Tu vois comment on me traite ?
Mais où aller ?
C'est là le grand problème.
Madame...
Vous feriez mieux de les coucher et de dormir.
Au moins pour aujourd'hui, ce serait fini.
Et demain ? Ça ira mieux. Je vous le jure.
Écoute-le,
c'est mon ami.
Il est venu pour te dire de me faire confiance.
Et de dormir.
Bonsoir.
Merci d'avoir eu pitié de Pierre Marcelin.
Ça va.
René ? Quoi ?
Si t'as besoin d'un ami, sur un mot, un signe, j'accours.
Fais attention à l'escalier. Il est pourri.
Pierre ? Pierre ?
Lily 2
C'est moi, ton ami.
On se promène ? Je cherche une fille, Lily.
T'es un client? Non.
Avec moi, tu seras plus content.
C'est Lily que je cherche. Son bout de quai, c'est le dernier.
C'est vous, Lily ? Elle n'est pas marrante.
C'est pas pour me marrer. Lily, c'est la dernière.
Lily 2
Vous m'excusez si je vous reconnais pas.
On s'est jamais vus. J'ai ramené votre père chez lui.
Mais il est tombé par-dessus la rampe. Il était ivre.
Et la seule chose qu'il pouvait encore dire, c'est votre nom.
Allez, venez.
Votre père m'a parlé de vous. J'ai vu sa femme et les gosses.
À moi, il m'a plu tout de suite. Il était malheureux.
Un.
Madame Brunel, je suis Jean Fargeot.
René est malade ?
Non. C'est un travail urgent qui le retient.
C'est bien vrai, son travail ?
Il viendra vous voir cet après-midi.
Merci. Vous êtes gentil. Je suis toujours tellement inquiète.
Ma fille, M. Monestier.
Où sont mes bagages ? Je les ai confiés au porteur.
Vous m'excusez de faire la cour à madame votre mère.
Chez René, il y a une photo de vous et de votre maman.
Je l'ai regardée si souvent que je vous ai reconnue de suite.
Les lettres parlent toujours de vous.
Moi aussi, je vous connais depuis longtemps.
Alors, on est de vieux amis. Déjà ?
Si René n'est pas venu à la gare, c'est pour éviter Monestier ?
Honnêtement, c'est pour ça, oui.
Il a toujours sa mauvaise tête,
ses colères brusques et des silences terribles ?
Toujours.
Il y a pas des moments où René vous fait peur ?
Un.
Merci.
Ça va, monsieur René ? Ça va.
Comme d'habitude.
Tout de même, où es-tu allé ? Ta main est chaude.
♪ ai marché.
À la gare, ça s'est bien passé. J'ai accompagné ta sœur...
Enfin, elle et ta mère à leur pension.
Elles sont bien installées. Monestier est si généreux.
Il était là ? Oui.
Ta mère t'a cru malade. Mais Nicole a très bien compris. Elle est fine.
♪ ai longtemps parlé avec ta sœur... Enfin, avec ta sœur et ta mère.
Tu les déconcertes par ton silence.
Et tout à coup, une lettre délirante annonçant des succès éclatants.
Elles n'y croient plus ? Mets-toi à leur place.
Voilà votre demi, monsieur René.
Il s'agit de Nicole.
Si Nicole épouse Monestier, c'est à cause de ta mère, un peu,
et beaucoup à cause de toi.
♪ irai les voir cet après-midi. Viens avec moi.
Tu verras si Nicole hésite.
Tu veux pas leur téléphoner ? Non.
Je leur ai promis de les prévenir.
Je peux les appeler ? Si tu veux gaspiller 30 balles.
Un jeton. Vous avez la cabine là, derrière.
Merci.
Elle est en or et pèse 20 g. 3000 francs, c'est une affaire.
Ah oui? Eh ben, va voir Mme Orvet au 51, 3e.
Personne ne m'a répondu.
- Si elle est morte, c'est la 1re chose
qu'elle aurait pas volé.
Elle est allée toucher ses loyers. Elle reviendra à 18 h.
- Attends 18 h.
♪ ai besoin d'argent tout de suite.
- J'aime rendre service,
mais ces trucs-là, ça finit toujours mal.
Dis donc, Gustave,
tu diras au copain que je suis parti et que j'irai à 16 h.
Hé, tu lui diras de régler mon verre.
On lui dira.
Et alors ?
Alors, je vais t'offrir un coup de blanc.
Et tu vas attendre 18 h pour te faire estamper.
Un.
- Tu me dis rien
de toi, de ta santé, ton travail... Je suis inquiète pour toi.
Tu es content ? T'inquiète pas, maman.
Aimer ses enfants, c'est justement s'inquiéter pour eux.
Et je vous aime tant, Nicole et toi.
Et quand je t'ai vu, tu étais très pâle.
Est-ce que tu manges bien ? Est-ce que tu dors assez ?
Je te connais bien.
Tu es contrarié. Je suis gêné par quelqu'un.
Hier, je suis allé voir Monestier. Il vous l'a pas raconté ?
C'était plus délicat de me taire.
Parce que vous êtes délicat? Je n'ai pas les moyens de l'être.
Je vous le demande : pour quelle raison
Nicole consent-elle à vous épouser ?
♪ ai mes raisons.
C'est à Monestier de répondre.
Antoine, vous m'avez promis.
Je resterai calme.
Vous êtes ici à cause de votre fric.
Nicole vous épouse à cause de votre fric.
Il fallait vous le dire.
René, tu n'as pas honte ? Nicole est une gosse.
Elle s'est mis dans la tête que Monestier est une chance.
Elle répondra "oui" à la mairie.
Et le soir, il faudra qu'elle couche avec lui.
René !
Fous-moi la paix !
Et vous, regardez-vous dans une glace.
Dans 10 ans, vous serez un vieillard.
Maman, tu n'as pas le droit de sacrifier ta fille.
Vends tout, jusqu'au dernier meuble.
♪ ai refusé l'argent de Monestier. J'ai engagé ma montre pour manger.
Et ton travail ?
On prend les choses comme elles viennent.
Donner Nicole à Monestier... Regarde-le. Il est joli, ton gendre.
Je vous l'accorde, mais je répondrai au reste si vous me laissez parler.
Si délicat, si généreux, si plein de fric.
Vous ne m'accablerez pas de votre grandeur.
Envoyez-moi votre tasse à la figure.
♪ ai promis à Nicole... Bougez un doigt !
René ! René !
Je reviendrai quand je pourrai le foutre à la porte.
Pardonnez-lui ses violences.
Jamais je n'aurais cru qu'il oserait...
S'exprimer si franchement ? Je ne lui en veux pas.
Je sais que je ne suis plus jeune, que je n'ai jamais été beau.
Pourquoi m'offenser quand on me le rappelle ? J'accepte.
Il ne faut pas que vous vous brouilliez avec René.
Vous avez été chic. Et René a été odieux.
Je suis resté calme, mais je suis bouleversé.
♪ aimerais me retirer.
Je viendrai vous voir demain ? Voilà.
Je ne sais plus quoi vous dire.
Quelle bonne raison pour ne rien dire du tout.
Au revoir, Nicole.
À quoi vous avez assisté...
René m'avait prévenu. Et vous êtes resté muet ?
Je peux donner mon avis ?
Oh, moi, vous savez, je ne sais plus quoi faire.
Nicole, je me mêle d'une chose intime,
quand je vous connais à peine depuis ce matin.
Moi, j'ai eu tout de suite confiance en vous.
Alors à aucun prix n'épousez Monestier.
Un.
Qui est là ? Un ami, René Brunel.
Encore vous ? Je vous apporte une chaîne en or
avec une croix.
La croix, elle est en or aussi? Une occasion.
Entrez.
Je ne vous ai pas trouvée, ce matin.
♪ avais à faire. Où elle est, votre croix ?
♪ avais peur de la perdre. Je l'ai mise dans une boîte.
Pourquoi votre boîte est tellement bien ficelée ?
Je ne sais pas faire les paquets.
Et pour défaire les nœuds, moi, je m'abîme les yeux.
Vous n'avez pas un couteau ?
Couper une ficelle porte malheur. C'est pas un bijou volé ?
Les étudiants ne sont pas des voleurs.
On leur apprend le droit romain, le droit civil,
le droit des gens.
Cri.
Un.
On sonne.
Un.
Un.
Un.
- Vous allez
défoncer la porte.
Ce n'est pas fermé à clé. Le verrou est poussé à l'intérieur.
Et alors ? Alors il y a quelqu'un dedans.
Mais si elle ne veut pas vous ouvrir, ça la regarde.
Il cogne à la porte.
Un.
- Tu veux pas descendre chez le concierge
et lui demander de monter au 3e ?
Maman m'a dit de me dépêcher.
Un.
Il faut que vous montiez voir.
- C'est pas la 1re fois qu'elle refuse d'ouvrir.
S'il avait fallu que je monte à chaque coup.
- On m'avait dit qu'à 18 h, elle serait là.
Et puis je sonne, je resonne et personne répond.
Et là, je m'aperçois que le verrou est poussé à l'intérieur.
Je me suis dit qu'il faut insister.
Et j'insiste et j'insiste tant
que ça m'a paru drôle.
On frappe à la porte de Mme Orvet.
Un.
Un.
On sonne.
Ce n'est pas la peine de sonner.
Il faut faire sauter le verrou en enfonçant la porte.
Regardez.
Un.
On frappe à la porte.
Qu'est-ce qu'on me veut ?
Mon père est mort.
Vous l'avez vu ?
La belle-mère tourne en rond en se tapant la tête contre les murs ?
Elle a mis aux petits des plumes sur la tête
et les a envoyés chanter dans la rue.
Et elle les accompagne en tapant sur une casserole
pour que mon père ait une messe à l'enterrement.
Pourquoi vous êtes venue ?
♪ ai trouvé les 20000 francs. Vous les avez perdus ou donnés ?
C'est de l'argent qui me dégoûte. Il y a pas de quoi me remercier.
On s'habitue à l'argent qui dégoûte.
Il a le même usage que l'autre. Vous n'avez pas donné trop vite ?
Gardez-le et Dieu me le rendra.
Bien sûr. Vous avez eu pitié de mon père ivrogne,
et vous m'avez tendu la main. Alors si un jour...
Si un jour René Brunel, mauvais fils
et mauvais frère, a besoin qu'on ait pitié de lui,
vous serez là pour lui tendre la main.
C'est ça.
Vous savez, dans notre quartier,
il n'y a que des gens pauvres et mal logés.
Et avec toutes ces misères,
Mme Orvet a fait son magot. C'est vous dire comment elle était.
Ce petit accident ne vous a pas trop étonné.
Combien de fois j'ai vu des gens sortant de chez elle
en jurant d'avoir sa peau.
Ah bon ? Parce qu'ils passaient volontiers par ici
pour vous raconter comment elle les avait possédés ?
Des fois, mais pas toujours.
Il serait intéressant de connaître ceux qui sont venus récemment.
Oh, vous savez, c'étaient des mots.
Si je devais me souvenir de toutes les conversations...
Vous écoutiez ça d'une oreille distraite, alors vous l'avez oublié.
Voilà. - Gustave ?
Un café noir.
À la bonne santé de Mme Orvet.
À votre service, monsieur René.
Apparemment, elle n'avait que des amis.
Un rat. Hier, il était vivant. Aujourd'hui, il est crevé.
La différence est mince.
Pour le rat, elle est considérable.
Même pas. Il se rend pas compte.
Monsieur ne défend pas le point de vue des rats mais des poulets.
Vous êtes de la police ? Eh oui. Excusez-moi.
On a tué la vieille pour la voler ? Sûrement.
Le voleur a fait une bonne affaire. Oh non.
Il n'est pas doué.
Pour le crime, il s'en est bien tiré, mais il a perdu la tête.
C'est un amateur.
C'est plus facile de fouiller une commode
que d'enfoncer un couteau dans le dos de quelqu'un.
Il a frappé de face. Quand l'autre vous regarde opérer, c'est plus calé.
Elle n'a pas hurlé ?
Je sais pas. J'étais pas là. A votre avis ?
Pardon ? Moi non plus, je n'y étais pas.
Qui c'est? Je connais pas.
Je l'ai vu 2 ou 3 fois.
Il vous appelle Gustave et vous l'appelez René.
René comment?
Un.
10 millions sous le matelas !
Elle vous intéresse, cette histoire.
Pas vous ?
Oh, moi, c'est le métier.
Les crimes de voyous, j'en ai tellement vu.
Pourquoi ce serait un voyou ?
Les faits, l'intention...
Quitte à tuer pour voler, il aurait pu s'en prendre à un encaisseur,
un commerçant...
Il a tué une femme indéfendable, il a fait un choix.
Celui de la facilité.
Vous trouvez que c'est facile de tuer une vieille proprement?
Il y a plein de détails affreux,
la femme sous le tapis, le sang sur le buvard...
Quelqu'un a pris tous ces risques pour rater les 10 millions.
C'est un point de vue, mais ce sera pas celui de la police.
Voyez-vous,
monsieur Brunel...
C'est bien votre nom ?
Oui.
Voyez-vous, vous êtes un garçon cultivé, intelligent.
Vous êtes étudiant, peut-être ? Oui.
Alors vous débordez d'imagination
et vous cherchez à vous imaginer les réactions de l'assassin.
Exactement. Ça m'amuse. C'est un jeu.
Supposez Mme Orvet devant vous. Vous auriez le courage
de sortir un couteau,
de l'ouvrir et de frapper
"proprement", comme vous dites ?
Non, croyez-moi. C'est le crime d'un voyou.
Et je suis sûr
qu'on tient l'assassin. Que faites-vous ici, alors ?
Oh, ben moi, c'est le métier. Je suis obligé de faire une enquête.
Et puis ça me procure le plaisir de parler avec vous.
Gustave,
mon café sur l'ardoise.
Ce M. Brunel a une ardoise importante ?
Non, 1000 francs. De toute façon, la maison ne fait pas crédit.
Le téléphone sonne.
Allô ? Oui.
Qui ça ?
Si c'est le commissaire Galey, c'est moi.
Quittez pas. C'est pour vous.
Allô ? Galey, oui.
Ah!
Bon. Ben, très bien.
Ça y est. L'assassin de Mme Orvet, ils l'ont arrêté.
Un.
Accordéon.
Un.
Monsieur, vous aimez la musique ? J'ai surtout pitié de cet homme.
Moi, c'est l'accordéon que j'aime. Et si vous étiez seul,
et si vous aviez fait une chose horrible ?
Dites, vous n'êtes pas un peu sonné ?
Un.
- Ça brillait par terre. Je l'ai ramassé, d'accord.
Mais je savais pas d'où ça venait.
Tu savais que la vieille était morte.
Toute la maison le savait.
Tu savais qu'elle avait des bijoux ? Non.
Depuis quand tu travaillais là-bas ? 2 semaines.
T'es jamais monté chez la vieille ? Non, jamais.
T'étais aux 1res loges
pour savoir ses habitudes.
♪ ai pas fait attention.
À quelle heure t'es parti?
♪ ai quitté plus tôt que d'habitude. Il fallait attendre que le mur sèche.
Le concierge m'a vu et je lui ai parlé.
T'as fais exprès, puis t'es remonté. Non.
On t'a vu.
C'est pas possible.
On t'a vu dans l'escalier.
Doucement. Vous allez l'abrutir.
On peut le cueillir.
Mais je me méfie de ce genre de cueillette. Allez-y mollo.
Tu vois, on n'est pas méchants.
On va pas t'accuser, si t'as rien fait.
J.ai rien fait.
C'est ce qu'on va voir.
T'as vu la vieille rentrer chez elle après son absence.
Non. T'étais dans la 1re pièce,
la porte était ouverte, et t'as pas vu la vieille passer ?
♪ ai pas fait attention. - Personne
ne te le reproche.
T'étais là pour peindre, pas pour surveiller les locataires.
Mais c'est bizarre qu'elle soit passée sans que tu la voies.
C'est pas impossible. T'as dit non.
♪ ai pas dit non. Il faut savoir.
Tu te contredis et tu mens. J'ai pas menti.
On a compris. Tu la guettais.
C'était la bonne occasion. Un jour de loyer.
Le couteau ? Les gants ?
- Arrêtez.
Vous allez lui foutre le tournis.
On frappe.
Entrez.
Patron, on vous demande.
Je viens.
Il avait les boucles dans sa poche, c'est un fait.
Restez dans les faits.
Vous voyez qu'il fait pas le poids. Alors doucement.
Bon. On recommence
sans que tu t'énerves.
À quelle heure t'as quitté ton boulot?
La porte s'ouvre.
Monsieur Brunel.
♪ assistais à un interrogatoire pénible et sans intérêt, d'ailleurs.
Que me vaut le plaisir de votre visite ?
♪ ai un renseignement pour vous.
Vous vous êtes dérangé exprès ? Oui.
C'est gentil à vous, dites donc.
Il y a tellement de gens qui nous sont hostiles.
♪ ai oublié de vous parler de...
Vous êtes parti si brusquement,
juste au moment où on m'annonçait qu'on tenait l'assassin,
le garçon qu'on est en train d'interroger. Asseyez-vous.
Je connaissais Mme Orvet personnellement.
Et alors ?
Elle m'a souvent rendu service.
Vous n'êtes pas le seul. La veille, j'étais chez elle...
Pour engager une montre en or. Je le sais.
C'était la veille du crime. Où est l'intérêt?
Je tenais à vous le signaler, c'est tout.
Vous permettez que je ferme la fenêtre ?
Ce bruit est tellement énervant.
Il finira par nous rendre tous fous.
Tous.
Un personnage dans le genre de Mme Orvet,
qui fait du recel et de l'usure, tient toujours une comptabilité.
Et on a retrouvé son carnet.
Tous les clients sont convoqués ? Oh non.
Je crois plus aux interrogatoires qui durent des heures
et aux enquêtes pleines d'erreurs.
Je suis devenu paresseux. Je préfère attendre ici.
Vous attendez quoi ?
Ma retraite.
Vous qui alliez chez Mme Orvet, ça ne vous rappelle rien ?
Allez donc voir.
Allez-y.
Soulevez le rideau.
Vous les reconnaissez ?
Ah ! S'ils pouvaient parler, ceux-là.
Mais ils chantent, c'est tout.
Bon. Ben, pour votre montre, elle est dans les objets volés.
Faites une déclaration pour la récupérer.
Enfin, éventuellement.
Vous avez d'autres questions ? Non.
Je vais vous faire une proposition puisque vous êtes venu me voir.
♪ aimerais vous rendre visite.
C'est une perquisition ? Oh, les grands mots. Non.
Un petit coup d'œil. Vous avez un mandat?
♪ en ai toujours en blanc. Ça va plus vite.
Vous pouvez nous ouvrir ?
La porte est toujours ouverte.
Allez-y, Noblet.
Faites la déclaration et comme ça, tout sera fini pour vous.
Vous avez un stylo ? Oui. Mais comment?
"Je soussigné déclare avoir engagé une montre en or
"chez Mme Orvet..."
Puis la date et vous signez. C'est simple.
Napoléon. C'est rare, chez un jeune.
Le sport et le cinéma ont plus de succès.
Vous admirez tellement Napoléon ?
Il avait un grand mépris de la vie humaine.
Pas la sienne, bien entendu. 5 millions d'assassinats,
vous trouvez pas que c'est beaucoup, pour un seul homme ?
Vous êtes atteint de déformation professionnelle.
Oui. C'est curieux qu'un seul crime relève de la police,
et qu'en grande série, ça relève de l'histoire.
Moi, je suis pas historien.
Vous avez vu derrière le lavabo ? On frappe.
Tiens, on a frappé.
♪ ai le droit de recevoir.
Qui vous dit le contraire ? Entrez.
Je vous dérange ? - Non. Pas moi.
Peut-être ces messieurs qui cherchent des bijoux.
Ils ne sont pas là.
Je suis Antoine Monestier, antiquaire, 18, rue de L'Archevêché.
♪ offre de me porter garant pour René Brunel, qui est un ami
et presque un parent.
C'est aimable à vous, mais c'est fini.
Je vais m'occuper personnellement de la déclaration pour votre montre.
Vous me préviendrez ?
Je doute qu'on vous la rende avant de trouver l'assassin.
Mais dès qu'on l'aura arrêté, on vous préviendra, forcément.
Pardon.
Messieurs.
Vous êtes mêlé
à cette histoire d'assassinat ? Je suis fiévreux, malade.
Allez-vous-en, Monestier.
Nicole m'a dit qu'elle demandait à réfléchir.
Si elle réfléchit, elle dira "non".
Vous n'êtes pas prétentieux. Lucide, pour moi.
Pour les autres aussi, d'ailleurs.
Ce revirement de Nicole, c'est à vous que je le dois.
Je peux me vanter de peu, mais de ça, oui.
♪ attendais de vous le contraire.
Que vous expliquiez à Nicole la beauté de son sacrifice,
bien au-delà de l'amour et du plaisir.
Vous êtes ignoble, Monestier. Oui.
Je suis un être assez ignoble. J'en ai souffert d'ailleurs, un peu.
♪ ai lutté un peu.
Avec du sacrifice, on arrive à sauver les apparences mais pas plus.
Mon honnêteté, c'est d'être ignoble sans tricher.
René, il me faut Nicole.
Ou de petite fille en petite fille,
de plus en plus jeune, c'est certain que je finirai par avoir des ennuis.
Nicole a dit non. Elle est sauvée. Allez-vous-en.
Et si Nicole était perdue, au contraire ?
Je suis venu tout à l'heure et vous étiez sorti.
La porte était ouverte.
Ne vous inquiétez plus pour votre montre. Je l'ai trouvée.
Un petit secret de famille.
Allez-vous-en, ou je ne sais pas ce qui va se passer.
Vous n'allez pas recommencer ? Pas tous les jours.
C'est plus simple de dire à Nicole de m'épouser.
Monestier, vous êtes... Ignoble, oui.
Vous vous répétez, mon cher.
C'est injuste,
quand je vous offre mon amitié
et mon aide illimitée. Non ?
Pas de violence, parfait.
Ça prouve que vous avez compris la situation.
René, nous sommes faits pour très bien nous entendre.
Mme Orvet, je m'en fous.
Pour vous mettre à l'aise, je vais vous faire une confidence.
Vous savez que ma femme s'est suicidée.
Eh bien, j'ai un peu aidé à son suicide.
Pour épouser Nicole, il me fallait être veuf.
Vous n'allez pas me dénoncer à la police. Sur quoi?
Des mots ?
Vieillir, c'est pénible.
Mais quand on assassine, on y met de la réflexion.
Et moi, je n'ai pas laissé traîner ma montre.
Vous ne voulez pas
me serrer la main ?
Non ?
Vous m'amusez, mon cher.
Mon petit crime vous paraît dégoûtant et le vôtre, admirable.
L'orgueil ne serait pas votre péché mignon ?
Assez pour aujourd'hui. Réfléchissez.
Puis vous irez trouver Nicole et vous lui direz
que j'ai gagné votre estime.
Mais ne tardez pas trop.
Votre sœur me plaît et tout ça m'excite terriblement.
Pour son magasin, Monestier cherche toujours de vieux meubles.
Il a su qu'il restait à maman un beau secrétaire.
Il est venu à la maison et il est revenu plusieurs fois.
À cause du secrétaire ?
Finalement, il a payé maman 4 fois le prix espéré.
Et après, il me l'a offert.
C'est beau, d'être riche.
Il nous a invitées à dîner. C'est arrivé comme ça.
Et vous l'auriez épousé ?
Je ne sais plus.
Je vivais dans du brouillard. Tout était gris.
Et maintenant?
"Maintenant"? Il y a du soleil.
On ouvre la porte.
Qu'est-ce que vous complotez, tous les deux ?
- Je disais que je n'avais pas le sou,
et Nicole, éblouie, trouve que c'est merveilleux.
Oh, mes enfants ! Vous vous connaissez depuis hier.
Vous avez dit "mes enfants" ?
Le bonheur peut arriver d'un coup.
Oh, réfléchissez une seconde. On a décidé justement
de ne pas réfléchir.
Madame, connaissez-vous l'anglais ? Et après ?
À partir de demain, nous nous mettons au roman policier.
"Le crime qui paie", c'est celui-là.
Avec des histoires de viols et de tueries,
on peut faire du bonheur.
Je t'assure qu'il est fou.
Ah, si René avait voulu... Mais le sang lui fait horreur,
et le crime, ça le dégoûte.
- Alors ?
Elle est morte.
Je vous demande pardon.
Vous ne lisez pas les journaux, vous ?
Un.
C'est vous qui avez carillonné là-haut ?
Vous êtes le seul qui ayez sonné.
Qu'espériez-vous ?
Que Mme Orvet finirait par venir vous ouvrir ?
Vous ne deviez pas attendre au bureau ?
Un peu au bureau, un peu ici.
Ça me fait marcher et prendre l'air.
Je viens de lire un article. C'est signé d'une initiale, "B".
Et l'auteur divise les hommes en deux groupes :
un troupeau fait pour obéir,
et l'autre, des hommes de génie que les lois ne concernent pas.
C'est moi qui ai écrit cet article.
Vous pensez bien que je le savais.
Comme j'ai le plaisir de vous voir,
j'aimerais que vous m'indiquiez quelles sont ces lois
qu'on peut se dispenser d'observer.
On doit s'insurger contre la loi pour en créer une autre.
Ah. Les grands hommes
ont imposé leurs vues en tuant.
Et à quoi reconnaît-on l'homme de génie ?
Je suis un homme terre à terre,
mais vous ne pensez pas que pour éviter des erreurs,
on devrait imposer à ces hommes exceptionnels
un uniforme ou un insigne ? Pour qu'on s'y retrouve, quoi.
Et maintenant, autre chose : qui décidera que tel ou tel individu
est fait pour le troupeau ou pour le petit groupe favorisé ?
Qui ? Non. Tout ça n'est pas très clair et un peu enfantin.
Enfin...
Regardez-moi ça, là-haut.
Et dire que c'est un plafond neuf.
Cette tache, là ? Oui. C'est le sang de Mme Orvet.
Je suppose que vous êtes venu pour être seul.
Alors je vous laisse seul.
Bal musette.
Un.
Qu'est-ce que c'est, des automates ?
Ce sont des poupées qui dansent et jouent de la musique.
Si ça vous amuse, je vous les montrerai.
Un.
Ne regarde pas à gauche. Monestier est là.
Seul ? Non, avec une petite.
Il la serre d'une façon dégoûtante.
Conduis-moi. Je ne veux pas le voir.
Un.
Installez-vous là et commandez.
Où allez-vous ? Je reviens.
C'est vrai ? Bien sûr. Asseyez-vous.
Garçon, une glace fraise-vanille.
Un.
Je vois avec plaisir comme vous réfléchissez sérieusement
en prenant le conseil
et la main de Monsieur.
Nicole vous a prévenu. Elle a le droit.
On danse, on a le droit. Mais avez-vous vu votre frère ?
Pas aujourd'hui.
Moi, je l'ai vu ce matin.
Il se trouve qu'il a des difficultés avec la...
Vous n'êtes pas au courant?
Je ne sais rien.
Vous non plus ?
Où voulez-vous en venir ?
On danse, on a le droit. On se regarde dans les yeux.
Et pendant ce temps-là...
Vous permettez que je m'assoie ?
...des policiers fouillent la chambre de René.
"Des policiers" ? Pourquoi ?
Une dame est morte, assassinée. Et René la connaissait très bien.
Et la police ose soupçonner ?
Oui. Elle se trompe, évidemment. Mais c'est désagréable.
Il faut des preuves.
Bien sûr. Les policiers les cherchent
pendant que vous dansez.
♪ étais seul à soutenir René.
La police ne peut rien contre lui.
Alors parfait. Pourquoi nous inquiéter ?
Bonsoir.
Antoine ?
Vous savez autre chose ?
Pas devant lui. Il n'est pas de la famille.
Je m'en voudrais de gâcher votre soirée.
Venez demain, pour en savoir plus. Elle n'ira pas sans moi.
Alors tant pis.
Vous m'excuserez, mais moi aussi, j'aime danser.
Qu'est-ce ce qu'il a voulu dire ?
Il a compris qu'il a perdu sa dernière chance.
Il cherche à t'inquiéter, à se venger.
Tu crois ?
Et si René...?
C'est impossible. Tu es sûr ?
Un.
Musique festive.
Un.
Je suis seul et...
On ne peut pas toujours être seul.
On ne peut pas toujours se taire quand on a envie de crier.
Ton père a dit:
"Le drame, c'est qu'il faut toujours aller quelque part."
Et je ne sais plus où aller.
Demain, tout ira mieux.
On a tué une femme d'un coup de couteau.
C'est moi.
Tu avais besoin de le dire à quelqu'un ?
Voilà, tu l'as dit.
Je ne l'ai frappée qu'une seule fois.
Mais c'est pas elle que j'ai tuée.
C'est moi que j'ai tué.
Si tu te caches, tu peux venir chez moi.
Ici, personne ne vient jamais.
C'est mon refuge.
♪ ai soif.
Je n'ai que de l'eau.
Tu veux parler ou tu veux te taire ?
Parler.
À voix haute ou tout bas ?
Dieu n'est pas avec moi, hein ?
C'est mieux qu'll n'ait pas de pareilles relations.
Moi, par exemple.
C'est moi qui ai tué la vieille.
Tu veux encore de l'eau ?
Tu ne veux pas savoir pourquoi je l'ai tuée ?
Si ça peut te soulager, raconte.
♪ ai tué la vieille pour la voler.
Tu avais 20000 francs sur toi. Tu les as donnés pour rien.
Tu n'es pas un voleur.
Alors je l'ai fait pour protester.
Je ne pouvais pas admettre tant d'injustice.
♪ ai voulu protester par un geste héroïque.
Tuer une vieille femme qui ne pouvait pas se défendre ?
Bien sûr.
Ce n'est pas ça.
Mais alors, je l'ai fait par lâcheté.
♪ aurais pu continuer mes études
en donnant des leçons, en faisant des traductions...
Et par paresse, tout d'un coup, j'ai voulu devenir...
Et pourtant, je n'ai pas touché à cet argent, ni aux bijoux.
Et je ne pourrai jamais.
Non. Ça doit être autre chose.
Je pourrais dire que j'ai voulu sauver une sœur que j'aimais trop.
Ce serait émouvant.
Ce n'est pas ça non plus.
Peut-être que je suis fou.
Non. Mais j'étais seul.
Mon imagination allait dans tous les sens.
Lily, j'ai tué cette femme pour des raisons très claires.
♪ ose dire des raisons irréfutables.
Je ne les connais plus.
♪ essaye d'expliquer et je ne peux pas.
Pour tuer, il faut être au moins deux :
celui qui tue et celui qui doit mourir.
L'assassin sait pourquoi il vient, pourquoi il frappe.
Mais l'autre vient tout brouiller avec ses yeux, avec son sang.
Et le crime devient aussi l'affaire de celui qui meurt.
Et dans les détails affreux, la ligne toute droite, toute simple,
je l'ai perdue.
♪ ai tué la vieille et je ne sais plus pourquoi.
Lily, regarde-moi.
Qu'est-ce qui me reste à faire ?
Va leur dire ce que tu as fait.
À qui? Tu le sais très bien.
Ils te débarrasseront d'une petite part de ton fardeau.
Ils ne peuvent pas plus.
Et après... Après ?
Un autre prendra sur Lui le reste.
Lui? Je n'y crois pas.
Les flics n'ont aucun droit de se mêler d'une chose aussi intime.
Je sais ce qu'ils valent, mieux que toi.
Mais c'est le premier geste de soumission.
Quand ils auront lié tes mains, tu n'auras plus qu'à les joindre.
Je ne suis pas assez fou pour leur dire.
Je lutterai. Tiens, je nierai et je m'en sortirai, va.
Lily, je voudrais m'en aller...
Très loin,
mais plus tout seul.
Et si tu veux...
Laisser les petits, leur mère à moitié folle,
pendant que nous serons traqués
par la police et par la vieille ? La vieille aussi.
Toi, tu as perdu ta vie, René. Moi, j'ai donné la mienne.
Nous sommes comme 2 morts qui se regardent tristement
et ne peuvent se réchauffer.
Lily, est-ce qu'on ne pourrait pas recommencer ?
Qu'est-ce que tu veux que deux morts recommencent?
Quand j'étais petite,
mon père m'a raconté...
C'est drôle, je m'en souviens.
"Lazare était dans son tombeau,
"et les sœurs pleuraient.
"Personne n'y pouvait rien : la place d'un mort est dans sa tombe.
"Alors Il est venu.
"Il a dit : 'Le seul problème,
"'c'est de croire en moi.' Il a appelé Lazare,
"et Lazare s'est levé."
Moi, Il peut m'appeler. Moi,j'entendrai.
Mais toi, René, tu resteras sourd.
Personne ne veut t'appeler.
Mets-toi à genoux. Je n'y crois pas.
Mon grand péché, ce n'est pas mon crime, c'est mon orgueil.
Être un homme debout qui ne plie pas les genoux.
Eh bien, regarde.
Qu'est-ce que tu fais ?
Chacun sa foi, Lily.
Moi, je m'incline devant la misère humaine.
Cloches.
Un.
Un.
Prière en latin.
Un.
Ah. Comment allez-vous depuis hier, monsieur Brunel ?
Vous serrez la main d'un coupable ?
Je n'ai pas de principe. Asseyez-vous.
Ça va, merci.
Excusez-moi de vous avoir dérangé,
mais je voulais vous poser une question absurde, saugrenue.
Quelle heure est-il ? Je ne comprends pas.
C'est pourtant bien simple. Je vous demande l'heure.
Monsieur le commissaire, je ne sais pas. Il est 11 h, 11 h 15.
C'est bien ce qui me semblait.
Je vous remercie. C'est tout.
Tous les jours,
je reçois des tas de lettres anonymes.
Et dans le paquet, j'ai trouvé celle-là.
"Monsieur le commissaire, pour résoudre l'affaire Orvet,
"convoquez René Brunel et demandez-lui l'heure.
"Avec mes sentiments respectueux, etc."
Vous y comprenez quelque chose ?
Comme je suis un policier consciencieux...
Hé. Oui?
Ca y est. Il a avoué ?
On l'a eu.
Eh bien, amenez-le.
Vous voyez comme c'est curieux.
Finalement, l'assassin de Mme Orvet, il a avoué.
C'est toi qui as fait son affaire à la vieille ?
Oui, c'est moi. Eh bien, assieds-toi et raconte.
- Il te dit de raconter. C'est moi.
- De l'appartement,
tu surveillais l'escalier.
Pendant 8 jours, t'as préparé ton coup. Dis-le, quoi.
Je surveillais l'escalier.
T'es descendu avant l'heure. T'as parlé au concierge.
T'es remonté en douce. Je suis remonté en douce.
Et pour le sang,
dis-le, raconte.
Le sang coulait. J'ai pris le buvard.
♪ avais des gants.
C'est comme disent ces messieurs.
Le plus amusant dans notre métier, ce sont les surprises.
Coup de couteau et coup de théâtre. Et les bijoux ?
♪ ai pris peur. J'ai tout jeté à l'eau.
Sauf une boucle d'oreille que t'a gardée pour te soûler.
Oui. Pour me soûler.
Chef, il a tout signé
sans qu'on ne le touche. Ça aussi, il l'a signé.
Combien d'heures d'interrogatoire ?
On a mis le temps, mais en douceur. Il a bouffé, fumé.
Du travail en patience.
Vous étiez combien ? Quatre.
Qu'il aille dormir.
Viens, mon vieux. C'est fini.
Maintenant, que l'instruction se débrouille.
Nous, on a fait de notre mieux.
Pourquoi vous baissez le rideau ?
Pour qu'on ne nous dérange plus.
Je préfère m'en aller.
Je ne vous retiens pas de force.
Nous nous verrons ailleurs, mais pas chez vous.
À votre guise.
Nicole ?
Je vous ai dit que la police soupçonnait René,
le soupçonnait seulement.
Moi, j'ai la preuve.
Vous partez toujours ?
Fermez la porte à clé vous-même. J'y tiens.
Je ne vous oblige à rien.
Puis-je vous demander de me rendre la clé ?
Merci. Voulez-vous que nous montions là-haut ?
Je vous offre à boire ? Non, merci.
♪ ai soif. Vous permettez ?
Si René a fait une chose pareille, il a des raisons.
Oui. Dans une chambre étroite, un orgueil démesuré, osé...
Mais c'est un gentil garçon et il est dévoré de remords.
Et la police va l'arrêter ?
Ça dépend de moi.
Et de vous, par ricochet.
Alors, il peut encore être sauvé ?
Très facilement.
Qu'il parte pour la Suisse, qu'il y reprenne ses études.
♪ ai 5000 dollars que je vais vous remettre...
À condition...
Donnez-moi cet argent sans condition.
Ce serait un joli geste, mais j'en suis incapable.
Renoncez à Jean.
Ce n'est plus possible.
Et moi, ce n'est plus possible que je renonce à vous.
L'un de nous doit se sacrifier.
Mais je vous aime autant que Jean. Quittez-le, il n'en mourra pas.
Mais moi, si je vous perds... C'est déjà fait.
♪ ai écrit une lettre anonyme à la police.
Vous êtes ignoble.
Sitôt que je suis sincère, on en vient tout de suite à ce mot.
Il y a deux jours, vous consentiez à m'épouser.
Vous rencontrez M. Fargeot et René peut crever.
On m'a dit de me méfier de vous, mais je suis venue.
Votre amitié, merci. Il faut payer autrement.
Il faut payer comptant.
Donnez-moi la clé.
♪ ai fait venir ici, des petites filles et je les ai eues
pour un bout de tissu, du chocolat...
Je peux sauver votre frère et vous ne voulez pas ?
Jamais.
Vous êtes trop faible pour que ce soit amusant
de profiter de mon poids.
Ouvrez le tiroir.
Faites ce que je vous dis !
Hier soir, j'ai voulu me tuer et je n'ai pas pu.
Je suis ignoble, oui, mais je suis lâche.
Prenez-le. C'est le 1er joli geste de ma vie.
Maintenant, vous êtes la plus forte. Défendez-vous.
Vous croyez que je ne tirerai pas ?
Qu'est-ce que vous attendez ?
Vous sauvez René et vous me donnez la paix.
Si vous faites un pas...
René travaille plus proprement.
Tiens, voilà la clé.
Vous êtes blessé ?
C'est rien. Va-t'en, vite.
Un.
Vous m'avez fait peur,
avec votre écriteau. Fichez-moi la paix, Monestier.
Même si je vous apporte un joli cadeau ?
Ni le chantage, ni la générosité ne vous feront avoir Nicole.
♪ ai essayé les deux, ça n'a rien donné.
Votre montre ne vaut rien.
Vous me sauvez la vie.
Je vous sauve de la police, c'est différent.
Elle ne peut rien, ni contre vous, ni contre moi.
Hier, j'ai voulu me jeter à l'eau. Mais j'ai pas pu.
Il n'y a plus de raison.
La montre, c'était la preuve, la seule.
Il n'y en a plus.
Méfiez-vous. Un crime réussi, on peut s'en accommoder,
on a gagné.
Mais nous avons tué pour rien.
Ça laisse une amertume, un malaise.
Le remords, c'est pour les perdants ? Voilà.
Si j'avais eu Nicole par n'importe quel moyen, je serais heureux.
Mais je l'ai perdue.
Il y a d'autres filles.
Il y a d'autres usurières que Mme Orvet.
Vous avez envie de recommencer ? Non.
Le ressort est cassé.
Me voilà brouillé avec moi-même et ne pouvant plus me supporter.
Ça, mon ami, c'est plus désagréable que les ennuis avec le commissaire.
Adieu.
Il s'est suicidé ? Non.
Alors qui arrive trop tard ? Vous.
Au contraire, je crois que j'arrive trop tôt.
Pardon.
Bonjour. Je passais devant chez vous
et je me suis permis de monter vous voir.
Pour me demander l'heure ? J'ai engagé ma montre.
On me l'a volée et foutue à l'eau. Vous allez m'embêter longtemps ?
Agressif, sûr de vous.
D'habitude, c'est Napoléon au soir de Waterloo...
mais maintenant, c'est Rivoli.
Je commence à vous connaître. Votre jeu ne m'impressionne plus.
Si ça vous amuse, que voulez-vous savoir ?
Votre impression sur les déclarations du peintre.
Franchement?
On parle à cœur ouvert.
Quitte à vous étonner, je ne crois pas à ce qu'il a dit.
Avec plus de patience, vous auriez obtenu des aveux plus étonnants.
L'occasion d'en finir avec des affaires sans solution.
Vous savez ce qu'il risque, si on ne vient pas à son secours ?
C'était à vous d'arrêter l'interrogatoire.
Si j'ai laissé faire exprès pour mettre l'assassin de Mme Orvet
dans une situation délicate ?
Trouvez-le. Faites appel à ses bons sentiments.
C'est ce que je fais. Alors...
Vous savez qui c'est ? C'est vous.
Vous jouez avec moi le même jeu que vos collaborateurs.
C'est un jeu plus subtil, mais ça revient au même.
Heureusement, j'ai les nerfs solides. Et je vous dis merde.
Rivoli, Austerlitz,
Wagram, et ça se termine toujours par Sainte-Hélène.
Si j'ai tué Mme Orvet, prouvez-le.
Si vous en êtes sûr, arrêtez-moi.
Ne serait-ce que pour vous rendre le sommeil, oui.
Je vous ai vu avec l'aveu au bord des lèvres.
Je suis un policier qui n'a pas besoin d'aveux mais de preuves.
Et c'est vous qui me l'apporterez.
Vous délirez, oui? Peut-être.
Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter une nuit paisible,
sans trop penser à l'autre dans sa prison.
Et si je m'enfuyais ?
Vous reviendrez. Vous ne pouvez plus vous passer de moi.
Votre passion à vous, c'est d'être malheureux. A bientôt.
Au fait, au cas où vous prendriez la décision de partir...
pour de bon,
laissez donc un mot avec une preuve, pour le petit peintre.
Merci d'avance.
Un.
Je suis la dernière.
Plus loin, vous ne trouverez plus personne.
Comment t'appelles-tu ? Lily.
Tu es la dernière personne que j'aurai vue sur la Terre.
Tu as de jolis yeux, de beaux cheveux...
Tu as justement le type qui me plaisait, mais c'est trop tard.
Mais tout s'arrange.
Lily, j'ai de l'argent sur moi, de beaux dollars.
Mais là où je vais, les dollars n'ont pas cours. Tiens.
Pour t'acheter des robes, des chapeaux, des rubans...
Où vous avez pris tout ça ? Fais-en ce que tu voudras.
Pour moi, plus de questions, plus de problèmes...
C'est terminé pour moi, Lily.
Un.
Coup de feu.
Il y a 5000 dollars. Mais cet homme, tu ne le connais pas ?
Non. Il avait l'air de souffrir.
Il a disparu, et j'ai entendu un coup de feu.
Moi aussi, il m'est arrivé une chose étonnante.
Il y avait une preuve contre moi, et cette preuve n'existe plus.
Avec cet argent, nous allons vivre en Suisse.
Il faut partir ce soir, Lily.
Tu as l'argent. Tu peux partir. Sans toi ?
Hier, nous étions perdus. Mais tout est changé.
C'est un miracle. Mais tu n'y crois pas.
Je crois à la chance, au hasard. Le vent a tourné.
Tu veux retourner sur le quai?
Et moi, je devrais me dénoncer ? Tu es folle.
Prends l'argent. Tu voudrais que nous restions ici,
à se taper la tête contre les murs ? Je veux vivre.
Je ne t'empêcherai jamais de croire.
Prends ta force où tu peux, mais ne la retourne pas contre nous.
Une petite chance nous est rendue. La refuser, ce serait monstrueux.
Là où tu vois de la chance, je vois autre chose.
En supprimant la preuve, en te donnant l'argent,
Dieu t'a fait libre de choisir:
te sauver toi ou celui qui est en prison.
Dieu n'a rien fait pour moi. La montre m'est revenue par hasard.
Tu n'as plus besoin de moi. Tu as besoin des 5000 dollars.
Prends-les, avec ta chance.
D'accord, j'ai eu tort. Mais tes raisons ne valent rien.
Je ne veux plus me tourmenter pour des idées.
Je suis fatigué.
Si tu ne veux plus me suivre, je partirai seul.
"Seul" ? Et la vieille, comment tu feras pour la quitter ?
Pars n'importe où, elle sera du voyage.
Tais-toi.
C'est toujours la même chose.
Il faut que tu choisisses entre elle et moi.
On frappe à la porte.
C'est toi, mon René.
Maman, je suis venu pour te dire...
Tu ne restes pas ? Non. Je suis pressé. Je t'assure.
Je t'ai vu, je t'ai touché.
♪ ai ma provision de bonheur pour quelques jours.
Tu n'as pas faim ?
Non, non,je... Oh, maman.
Ne crains rien, mon chéri. Je ne te tourmenterai plus.
Tu es intelligent et je ne peux pas suivre tes raisonnements.
♪ ai pris une décision une fois pour toutes :
tout ce que tu fais, c'est bien.
Maman, je suis obligé de partir.
"Partir"? Loin ? Longtemps ?
Je ne sais pas.
Mais où tu vas, tu auras une situation,
un emploi sûr ?
Je t'écrirai.
Je ne peux pas te rejoindre ?
Maman, on va te raconter des choses sur moi :
ne les crois pas, ne les écoute pas. Tu verras mon nom
dans les journaux,
mais ne les lis pas.
Toi dans le journal et tu ne veux pas...?
Non. Reste près de ton feu, à ne rien croire, à ne rien entendre,
en pensant à moi comme avant,
en m'aimant comme avant.
Mais avant quoi, René ?
Maman,je... Quelqu'un m'attend.
Il faut que je parte.
Mais Nicole qui est partie avec Jean
va me demander pourquoi tu es parti.
Reste dans ton coin, souris
et pense à moi tendrement.
Tu vois, je pleure. C'est trop brusque.
Demain, je serai forte.
Je ne lirai rien, je n'écouterai rien, je t'attendrai.
Ce sera long, mon fils ?
Peut-être, oui.
Ah oui.
Alors, je t'attendrai tant que je pourrai.
Je dois partir.
Oui. Va, mon chéri. Va, va.
Couvre-toi bien. Les nuits sont fraîches.
Tu lui as dit?
♪ ai pas pu, non.
Tu peux encore choisir.
Entrez.
Monsieur le commissaire, je viens vous faire 2 déclarations.
Oui, deux.
Le plus simple, c'est de commencer par la première.
Je tiens à préciser mon mépris pour la police.
Elle est chargée de maintenir l'ordre :
les riches dans leurs privilèges, les pauvres, dans la misère.
Je ne l'accepterai jamais.
Et la seconde déclaration ?
Eh bien,je vous...
Excusez-moi, je...
un.
Ce n'est pas André Lesur qui a tué Mme Orvet.
♪ en apporte la preuve.
♪ avais engagé ma montre. Et le lendemain, j'y suis retourné.
Je l'ai reprise après.
"Après" ? Oui, oui, après.
Merci. Et si méprisables que nous soyons,
nous indiquerons que vous êtes venu tirer André Lesur d'un mauvais pas
spontanément.
Croyez-moi, monsieur Brunel, il faut de l'ordre.
Vos mains.
Un.
Sous-titrage : Eclair Group
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