Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Czech
Danish
Dutch
English
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (SoranĂ®)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Tu ne crois pas que t'as fait le plein ?
Eh bien moi je suis comme ma voiture :
je suis sobre sur la route,
et je consomme en ville.
Et puis, dites donc vous ! Je vous le répète,
vous ĂŞtes une bande de cocus,
et vous l'avez toujours été d'ailleurs,
et vous le serez encore,
sans le savoir, bien sûr, comme tout le monde..
Vous avez payé la taille et la gabelle,
les impôts du clergé,
maintenant, c'est la surtaxe progressive et le tiers provisionnel,
et puis la vignette,
la vignette pour un an pour les petits vieux,
vous êtes allés faire la guerre de Cent Ans,
les guerres de religions,
vous avez endossé la cuirasse pour prendre Jérusalem,
Vous vous êtes saignés pour les fourriers de l'empire.
On vous a filé des bandes molletières à Verdun,
vous les aviez encore Ă Dunkerque.
Et ça fait deux mille ans que ça dure, bande de patates !
Non, croyez un homme qui a fait ses humanités, allez.
Un homme qui parle le grec et le latin
Vous ĂŞtes tous des cons, moi aussi d'ailleurs !
Sheila.
Il devait se sentir ridicule.
- Ma chienne, ridicule ? - Oui.
Deux pattes et général ou quatre pattes et clébard,
le ridicule, ça fait mal.
Vous croyez ?
Tu peux le croire, c'est un vétérinaire.
Tiens, te voilĂ , petit voyou.
Soit doux avec elle, elle débute.
Tu veux faire un tour ?
Monsieur, étant donné la profession de Madame.
Elle est en main. Bon !
Alors Ă tout Ă l'heure.
Elle est en main pour la nuit.
Tiens, tenez.
Tu prends aussi le chien ?
Oh ! Mais, vous n'y ĂŞtes pas du tout monsieur.
Je l’emmène pas au lit, je l’emmène à la campagne.
Au soleil, aux fleurs du printemps.
Toutes choses que vous voyez tous les jours.
et dont vous n'avez jamais admiré la beauté.
Stultorum infinitus est numerus.
Le nombre des cons est infini,
comme disait Salomon.
Tu viens mon petit lapin ?
Ah celui-lĂ ,
Ă force de bouffer la bricole, d'engueuler ses clients
et de boire son château.
Ne t’inquiète pas de lui,
il lui en reste assez pour ne rien foutre jusqu’à sa mort.
Il en a tellement Ă gauche.
Au moment où il y a eu le phylloxéra dans les vignes,
son père les a toutes rachetées pour presque rien.
Et puis, il a tout replanté en cépage américain.
et il les a revendus Ă ses clients.
Il est devenu le plus gros notaire de la région.
Il était né dans une ferme,
Eh ben, il est mort dans un château.
Moi qui suis né dans un cloaque,
tu crois que je mourrais à l'Élysée ?
OĂą m'emmenez-vous ? Eh ben, je te l'ai dit : chez moi !
Oh ! C'est plus bien loin, maintenant,
c'est à côté de Machecoul.
Au pays de Barbe-Bleue.
Barbe-Bleue ?
Gilles de Retz, comte de Montmorency-Laval.
C'était un pote à Jeanne d'Arc.
- Barbe-Bleue, c'est un pote Ă Jeanne d'Arc ? - Je t'expliquerai.
Allez viens.
On est arrivé ?
Non, pas encore,
mais nous, par ici, Ă chaque arrĂŞt de car,
on a l'habitude de descendre boire un coup.
L'un dans l'autre, ça fait deux trois litres au cent.
Allez, viens.
T'es pas de la campagne, toi !
Non, j'avais une grand-mère,
je suis déjà allée quand j’étais petite.
Je m'en rappelle presque plus.
Donnez-nous une bouteille et deux verres, lĂ .
Non, j'ai pas soif.
Ça ne fait rien, j'ai soif pour deux.
Ah, voilà notre curé !
Il boira bien une petite goutte, notre curé !
Ă€ la vĂ´tre !
Alors toujours fâché avec le bon Dieu ?
Oh ! Pour croire en Dieu, curé, il faut croire aux hommes.
Et quand vous me parlez de la charité des hommes,
moi ça me fout le voile rouge.
Je préfère mes chiens.
Pourriez-vous me dire, pourquoi vous parlez toujours de paix
quand on nous prépare la grosse bombe pour Noël ?
Parce qu’ils la veulent tous la grosse bombe,
y compris ceux qui vont Ă la messe, les bien-pensants.
Moi, je vais vous dire, dans la crèche,
Eh bien je vois les trente-cinq millions de morts
De la dernière guerre et les deux cent millions de la prochaine.
C'est pas une colombe blanche qui est sorti de l'arche.
c'est un vol de corbeau.
Vous n’êtes pas optimiste, mon fils.
Primo, je ne suis pas votre fils, mon père.
Et secundo, un optimiste c'est un homme sans imagination.
Or moi, j'en ai de l'imagination,
surtout quand je suis rond comme aujourd'hui !
Mais oui, mon cher Brassac,
L'alcool développe beaucoup d’inquiétude métaphysique,
comme dirait Daniel-Rops.
Encore quelques bonnes cuites et vous croirez en Dieu.
Pour moi, c'est déjà fait, alors je vais m’arrêter là .
A bientĂ´t.
C'est merveilleux, d'entendre parler comme ça !
Je n'y connais rien, mais je crois bien que vous avez raison !
Qui a raison, lui ou moi ?
Difficile Ă dire !
Je ne sais pas comment vous expliquer !
mais je crois bien que c'est tous les deux.
Toi, t'es normande.
Qu'est-ce que c'est ça ?
Ça, c'est une Hispano Suiza 1930, King's car.
- Quoi ? - Voiture des rois.
Elle marche ?
Elle démarre en troisième, à froid et en côte.
- Il y a longtemps que vous l'avez ? - Elle vient de mon père, ma chère enfant.
Et puis, lĂ -dedans au moins, je peux monter
avec un chapeau haut-de-forme sans baisser la tĂŞte !
- Vous portez des haut-de-formes ? - Non, mais je pourrais.
Et puis, c'est pas comme les véhicules modernes
où on est obligé de rentrer à quatre pattes,
et puis pour sortir, il faut un chausse-pied et un tube de vaseline.
Pourquoi vous n’êtes pas venu en ville avec ?
Oh, mais moi vivant,
elle ne verra jamais la zone bleue, mĂŞme Ă Nantes.
Oh, mes petits mignons !
Allons, doucement, doucement.
Allez allez !
Soyez calme ! Allons !
Allons, soit calme, toi, c'est une petite camarade.
- Dis donc, comment, elle s'appelle ta chienne ? - Sheila.
Eh ben ! c'est pas un nom, ça.
On va l’appeler Sophie, tiens. Allez !
Excuse-moi, je ne sais pas ce qui m'a pris.
Moi non plus, après tout, vous avez payé d'avance.
Allez, marche !
Eh ! rentre, viens.
Tiens, la Schleue n'est pas encore couchée.
Figure-toi que quand je rentre la gueule saoule, comme ça,
mon épouse m'attend toujours.
Ça fait vingt ans qu'elle m'attend !
Dis donc, j'ai faim la mère.
C'est prĂŞt !
Entrez, madame.
Oh mais c'est pas une dame, c'est une putain.
Une vraie pute du quai de la Fosse, crévindiou !
Je veux m'en aller.
Tiens, tu vois, tu lui fais peur !
N'aie pas peur ma belle, va.
La Prussienne elle a l'air maussade comme ça, mais elle n'est pas méchante.
Allez viens !
Allez, mange, va !
Tiens, un couvert.
Tu veux du beurre ?
Oh, mes mignonnets ! Tiens tiens tiens !
Tiens, tiens, toi ma fille.
Tiens, voilà , mon père.
Ah ben dis donc,
il a l'air de se plaire ici, ton clébard.
Tiens, mes enfants ! Tiens.
Tiens, tiens toi le grand, tiens mon pépère ! Tiens .
Simone est rentrée ?
Sa clé est là , à moins qu'elle n’ait pas fermé sa porte.
Elle doit toujours ĂŞtre avec Brassac.
- Mais qu'est-ce que vous faites ? - Il faut que je m'en aille.
Ne faites pas ça, il va croire que je vous ai fait partir.
- Mais non, puisque c'est moi qui veux m'en aller. - Il me croira pas.
Je ne veux pas avoir d’ennuis à cause de vous.
Il faut toujours qu'il ramène quelque chose à la maison,
des chiens, des clochards, des ivrognes.
Restez jusqu’à son retour.
Ou alors, fallait pas venir.
Barrons-nous !
Les petits salauds.
Le voilĂ !
Ben dites donc, je viens de prendre deux petits merdeux
qui ne sont mĂŞme pas d'ici.
Ils m'ont colleté un lièvre.
Et c’était une femelle,
elle venait d'avoir ses petits.
- Qu'est-ce que tu leur as fait ? - Je les ai sermonnés.
- Comme le notaire ? - Ah non, j'avais qu'un bâton.
Ah, heureusement !
Le notaire, il lui a tiré dessus avec du sel.
Il est passé en correctionnelle.
Bon, ben ! je voulais vous dire au revoir, et...
Merci pour tout.
- C'est toi qui lui as dit de partir ? - Non, c'est elle qui veut s'en aller.
Tu veux t'en aller ?
Pourquoi tu restes pas ici, deux ou trois jours ?
Ici, tu prendrais l'air,
et puis ça te changerait du quai de la Fosse.
Et Marcel?
Qu'est-ce que t'as Ă foutre de ce voyou, hein ?
Alors c'est oui ?
T'y vois pas d’inconvénient, toi ?
Puis, ça nous ferait une compagnie à tous les deux, hein ?
- Qu'est-ce que t'en dis ? - Qu'est-ce que tu veux que j'en dise ?
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Si c'est une cliente, elle va être bien reçue.
D'abord, chère Madame, je n'exerce plus.
Et les chiens, c'était pas tellement ma spécialité.
Moi c'est surtout les vaches et les chevaux.
Vous auriez dĂ» aller Ă Paris,
il y a des cliniques lĂ -bas,
avec des infirmières en blanc,
le petit bonnet, enfin.
Mais écoutez, je viens de très loin.
C'est monsieur Libero, qui m'envoie.
Je connais pas. C'est un banquier de Genève.
Il était en vacances à La Baule,
son berger allemand était fou.
Tout le monde lui avait dit de le faire abattre,
et vous l'avez guéri.
Ah, oui, je me souviens !
Pas du nom du propriétaire
mais de celui du chien, Socrate.
C'était une bête superbe d'ailleurs..
Et qu'est-ce qu'il a votre teckel,
il déménage lui aussi ?
Non, il a un eczéma qui dure depuis un an.
Je ne sais plus que faire.
- Non c'est pas un eczéma, c'est une mycose. - C'est nerveux ?
Bien, au début ça l'était.
Et puis, il s'est gratté et ça s'est infecté.
Et puis les champignons s'y sont mis.
Attendez une seconde.
Donnez.
Qu'est-ce que c'est ?
C'est ce qu'il faut, et c'est suisse,
comme votre banquier.
Et ça va le guérir ?
Ça va sans doute le guérir à cet endroit-là ,
mais ça risque de réapparaître ailleurs !
Votre clébard, il est comme les gens.
Il n'est pas content de son existence.
Alors, il cristallise ses malheurs comme ça.
Il y a des chiens gratteux, comme il y a des hommes gratteux.
Tenez Clemenceau !
Il avait de l'urticaire aux mains,
eh ben, quand on lui guérissait les mains,
ça revenait au jambes
La maladie c'est l'effet, il faut connaître la cause.
Tenez.
Quel genre de vie menez-vous ?
Je vis à Paris ou en Suisse, l’été, je vais sur la côte.
Vous changez souvent d'amants ?
Je vais vous dire, chère madame.
Votre chienne elle vous aime.
Les chiens, eux, n'ont pas le choix, il leur faut aimer leur maître.
Et comme vraisemblablement vous menez une vie d'abrutie, elle en souffre.
C'est une femelle comme vous.
Et comme elle n'a pas de mâle,
le défilé de vos play-boys, ça l'irrite.
d’où névrose, urticaire et mycose.
- Vous étés sérieux ? - Comme un pape !
Voilà , chère madame, c'est tout ce que je peux faire pour vous !
Si je comprends bien, vous voulez que je change de vie ?
Ah, mais moi, je ne veux rien. Je vous explique.
Tenez, vous voyez celui lĂ !
Il était tout enrubanné, il se sentait ridicule.
Et sa maîtresse faisait le trottoir.
Maintenant il est nu au grand air et sa maîtresse est libre !
Eh ben ! regardez-le, hein.
Je vous dois deux cent francs.
- Nouveau ? - Nouveau.
Mes chiens aussi aiment la viande rouge.
Alors, voilĂ mille, et donnez-leur du caviar.
Merci pour eux !
- C'est à vous ? - Oui, j’élève quelques chevaux.
"Balzanes trois, cheval de roi".
- Cavalière ? - Amoureuse
- Je change rarement de cheval. - Bravo.
- Au revoir, monsieur. - Mes hommages, madame.
- Tu fais des petit pois au lard ? - Tu aimes ça !
Brassac.
Tiens, Roger ! Quoi de neuf ?
Quoi de neuf !
Les deux jeunes que tu viens de rosser,
c'est des petits cousins Ă moi !
Ah ben dis donc, t'as de drĂ´les de petits cousins, toi.
Eh ben, qu'est-ce qu'ils faisaient ?
Eh ben, ils braconnaient.
Au Moyen Age, c’était puni de mort, ça !
On n'est plus au Moyen-Age, on est sous la Cinquième.
Hélas.
Tu aurais pu leur faire mal !
Et alors ?
Tu as de la chance que ce soit moi, un autre ira Ă la police.
Pour dire quoi ? Qu'ils braconnaient en temps prohibé ?
Non seulement t'es cinglé, mais en plus t'es vicieux.
Après tout c’était qu'un lièvre.
Ça ne fait de mal à personne, un lièvre.
Ça ne fait pas la guerre, un lièvre !
Tu devrais voir un psychiatre, toi !
Tu vois pas qu'il me guérisse !?
Pour qu'il me remette dans le rang de la connerie humaine !?
Ah ben ça, jamais !
Tu es encore plus fou que je ne pensais.
Mais tu ne penses pas.
Tu veux que je te dise Brassac !? Tu finiras tout seul.
Mais tout le monde finit tout seul mon vieux, tout le monde.
Il ne fallait pas te déranger, j'allais descendre.
Vous veniez pas déjeuner, alors je vous ai apporté un casse-croûte.
Bon, Joseph. Je vous laisse votre casse-croûte.
Et comme ça vous n'aurez pas à descendre.
Ah Marie qui appelle, il doit y avoir quelque chose, tiens !
Viens
C'est Marcel.
- T'as peur? - Oui, je veux pas y aller.
T'es bien décidée à ne pas retourner là -bas ?
Oui.
Eh ben, il faut que tu lui parles, tu vas lui dire toi mĂŞme !
T'as pas besoin d'avoir peur, je suis lĂ .
Mais si je lui dis ça, il va me tuer.
Oh, ça m’étonnerait, va ! Allez, viens.
Qu'est-ce que tu viens faire ici, petit voyou ?
Je viens chercher ma femme.
- Quelle femme ? - Simone.
C'est joli les vacances, hein ?
Maintenant c'est fini, il va falloir rentrer.
- Tu boiras bien quelque chose !? - Ah non, je suis pressé !
Ah nous ici, mon vieux,
quand on offre un verre, on n'aime pas qu'on le refuse.
- Allez, viens ! - Bon ben, un seul et en vitesse.
- À ta santé, Brassac. - À la tienne de santé.
- Va faire ta valise, toi . - Elle n'en a pas de valise !
Allez, viens.
Viens ou je vais te chercher.
Eh ben, dis-lui !
Je reste ici.
Ah oui ?
On peut savoir jusqu’à quand ? Toujours.
Moi, j'y vois pas d’inconvénient. Seulement, il faut me la racheter !
Ah, j’achète pas de femme, moi. J’achète des vaches et des chevaux.
Chacun son métier !
Qu'est-ce que tu dirais, si je te piquais tes bĂŞtes ?
Tu te prends pour un saint-Bernard, Brassac.
Il te manque le tonneau de rhum autour du cou, lĂ .
Et toi le coup de botte dans le train !
Et tu vas l'avoir, si tu baisses pas d'un ton.
Parce qu'ici, t'es chez moi. On gueule pas, on cause.
Tu fais pas le poids.
Cent soixante-dix livres, été comme hiver, ça te va ?
Fais attention Brassac, j'ai des amis. Toi, t'en as pas.
Tu sais, j'ai dit toujours,
mais tu resteras le temps que tu voudras.
Et ben Marie, c'est du gros sel ?
Non, c'est de la chevrotine !
Alors lĂ ! Tu pousses un peu.
- Tu ne vas pas en ville ? - Non !
On est pourtant mardi.
J'irai la semaine prochaine.
Bon, allez, au lit.
Tu mets pas les chiens dehors ?
Oh, ils sont aussi bien dedans.
Qu'est-ce que c'est ?
Hein ? Ça doit être le petit maquereau qui revient, va.
La lumière marche pas.
Brassac
Brassac
Rends-moi la fille, ou je fous le feu Ă ta grange.
Laissez-moi, aller.
Ben ! Reste ici et fous-moi la paix.
Allez.
Allez.
Les salauds, ils ont coupé la ligne, hein !
Dépêches-toi Brassac, tu peux plus appeler personne.
Envoie la fille, ou dans cinq minutes ta maison flambe.
Pas besoin.
Il y en a un qui bouge, je lui fous mon trocart dans le ventre.
La petite, elle restera ici !
Lâche les chiens, bon Dieu !
Allez, assis Guéreau !
Ah toi.
Tiens ! Un bout de prince-de-galles, ça doit être au voyou de Marcel, ça !
On lui rapportera quand on ira chercher tes affaires.
Tiens, Marie, donne donc du sucre aux chiens,
pour une fois, ça ne leur fera pas de mal,
et puis nous,
on va aller boire une petite goutte, on l'a bien gagné, hein?
AllĂ´, allĂ´.
Toute la journée
Au palais de la foire.
dégustation gratuite
des cafés Camo
un café camo, une heure de rêve !
Tiens, lĂ -bas.
Donne-moi un blanc.
- Tu prends quelque chose ? - Comme vous.
Deux.
- OĂą est ta chambre? - Au premier.
Et ben, vas-y !
Vas-y, je te dis ! Moi, je t'attends lĂ .
Tu peux prendre tout ton temps.
Nous, on causera tout Ă l'heure.
Écoute-moi, vieux fourneau.
Ta gueule bouffie, ici, on n'en veut plus.
Tu marines dans le pinard comme des cerises dans l'osier.
Ton sang n'a plus de globule. C'est du 11,5°.
Tu causes pas, tu dégueules.
Tu vas te taire ?
La grande injure, c'est un art.
Et pour ça, t'es trop bête.
Note bien, t'as des excuses.
Tu fais le dernier des métiers.
Et ta mère était le plus beau cas de vérole tertiaire du département.
Quant à ton père qui t'a même pas reconnu,
Je me suis laissé dire qu'il avait fini à Cayenne !
Ça te fait un drôle de pédigrée, hein !
Range ça !
Coups et blessures, c'est trop cher pour moi.
Mais une bonne trempe Ă un ivrogne, c'est pour rien.
Et maintenant, arrêtez votre numéro de férocité, hein !
Ah doucement, ne bouge pas !
Ne gueule pas, bon dieu. C'est de la teinture d'iode.
Oh, ça pique ! ça pique !
D’abord, t'es vétérinaire, t'es pas médecin. T'as pas le droit de soigner un homme.
Parce que tu te crois un homme en plus ?
Mais, tu veux, je vais en appeler un, de médecin, mais le médecin va appeler les flics !
Dis donc Brassac, je crois que je vais tourner de l'œil.
Fillette, va, allez.
- C’était pour lui. - Je m'en fous.
Elle est prĂŞte ta seringue?
Ah non hein, pas de piqûre ! Ça, je supporte pas !
Eh ben ! il faudra que tu supportes
Oh ! Brassac, je me sens mal, moi.
il fallait pas faire le con !
Non, non, je veux pas.
Allez, lève-toi et baisse ton froc
Pour que je te fasse voir mon cul,
ça, tu peux toujours courir.
Eh ben ! ce n'est pas pour mon plaisir,
pour ce qu'il doit ĂŞtre beau.
Allez ! fais ce que je te dis
Fous-toi Ă califourchon et baisse ton froc.
Allez abruti !
Alors ?
Oh, il survivra. Hélas...
Tu peux rouvrir ?
T'as fait tes valises ?
Oui.
Bon, tu vas rentrer par le car toute seule.
Parce que moi, j'ai Ă faire en ville.
Non, non, je vous assure qu'il n'avait pas bu.
Juste un petit blanc en arrivant.
Venez d'une nombreuse famille, vous allez voir.
Le charmant bambin quand il va rentrer.
Oh non, pas aujourd'hui.
Vous êtes bien sûre de vous.
Il y a longtemps qu'il boit ?
Quand vous l'avez connu, il était déjà comme ça ?
Pas du tout.
C’était avant la guerre.
J'étais venue au Sacré-Cœur de Nantes
donner des leçons d'allemand
et apprendre le français.
Certaines familles d’élèves m'invitaient le dimanche.
Dans l'ensemble, on était très froid avec moi.
Jusqu’à me dire à peine bonjour.
Je crois que c'est cela qui a attiré Léandre.
Son horreur de l'injustice l'a poussé vers moi.
J’étais persécutée et il m'a tendu les bras.
Un soir, il m'a raccompagné au Sacré-Cœur
En m'embrassant tous les dix pas en pleine rue.
à cette époque-là , ça ne se faisait pas du tout.
Les bonnes sœurs m'ont réexpédiée chez moi par le premier train.
Mais dans le second, il y avait Léandre.
Venu demander ma main à mon père.
Avec moi comme interprète.
Ça a été la scène la plus cocasse et la plus touchante de ma vie.
Ils se sont plus tout de suite sans se pouvoir parler.
Je crois que le vin du Rhin y était pour quelque chose.
Laissez-ça, madame, je vais le faire.
Madame, il y a ma jument qui est prĂŞte !
Elle va sûrement mettre bas ce soir.
Ou demain matin au plus tard.
La dernière fois, ça s’était mal passé.
Croyez vous que M. Léandre voudra venir ?
- Je l’espère. - Vaudrait mieux !
Je le sais.
Pourquoi il irait pas ?
Parce que la dernière fois,
ce n'est pas lui qu'on a fait venir, et il était furieux.
Ah le voilĂ !
Merde!
Marie!
Marie, apporte-moi le mastic! Il y a un carreau cassé !
Marie!
Marie, je t'attends hein !
Elle descend pas, la vache !
Tiens, je vais me taper l'autre petite salope.
Pourquoi je me la taperai pas ?
Oh, on va aller te la réveiller en fanfare, tiens !
Eh ! Ouvre Simone !
Ouvre, bon Dieu !
Et dis donc, joue pas les pucelles, hein !
Tu les as pris les vingt mille balles ou tu ne les as pas pris ?
Ah, elles sont ensemble, les garces !
Je vous préviens,
si vous vous foutez de ma gueule, toutes les deux, ça va mal tourner !
Marie ! Fous-la-moi dans mon lit, tu me dois bien ça !
Ça fait vingt-cinq ans que t'es dans le mien.
et t'as jamais été foutue d'être enceinte, bon Dieu !
Pas mĂŞme une fois !
Ton ventre, c'est un cimetière, la vieille !
T'entends ? Un cimetière !
Ouvre, bon dieu !
Vous êtes dégoûtant !
Allons, pépère, viens.
Aller
M. Léandre. Oui ?
Ma jument va pouliner.
Bon ben, va devant. Je prends ce qu'il faut.
Et puis dis-lui qu'elle ne se fasse pas de bile, que j'arrive.
Allez, fouette, va !
Tu vois celui-lĂ , hein !
Son grand-père, il tirait le corbillard du pays.
et puis son père était un grand séducteur,
lui, on ne sait pas,
Peut-être que ça sera la boucherie chevaline.
Vous aviez été odieux, hier soir !
Vous avez insulté Marie parce qu’elle n'a pas eu d'enfants.
C'est pas en injuriant une femme qu'on la met enceinte.
Vous croyez qu'ils viennent pour moi ?
Je sais pas, mais en tout cas, monte dans ta chambre !
Salut Maurice.
Salut Léandre.
Bonjour, monsieur Brassac.
Bonjour vieux ! Et bien, dis donc, il fait beau pour la saison, hein ?
Oui, mais il y a du vent dans la plaine.
Qu'est-ce qui vous amène ?
C'est moitié parce que je te connais, et moitié officiel.
Vous boirez bien un verre !?
Jamais pendant le service,
mais un coup de blanc, c'est seulement une politesse.
Allez, venez !
Léandre, si je suis là ,
c'est que dans le pays, tu es loin d'avoir que des amis.
Nous deux, on se connaît depuis vingt ans, ça va.
Seulement, avec tes façons brutales, t'es mal vu de la police.
Et alors ?
Alors, on a reçu une lettre d'un de tes voisins.
Il dit que tu abrites une putain de Nantes.
Et que ce qui se passe ici, c'est pire qu'Ă Babylone.
- Qu'est-ce qui a écrit ça ? - Ça je ne te le dirai pas.
Oh, mais moi, je m'en doute !
C'est cette veille charogne de Boiteau !
Je vais lui arranger sa cirrhose Ă celui-lĂ !
D'abord, c'est pas lui puis écoute !
Quand le chef a lu cette lettre...
Je le connais ton chef
Quand il a vu ça il a téléphoné à la préfecture de Nantes,
et on lui a confirmer, que la fille Leboucher Simone
ne s'était pas présentée à la dernière visite à l'hôtel-Dieu.
Dis moi Léandre, la belle fille que j'ai vu avec toi dans la cour,
c'est pas Leboucher Simone, quand mĂŞme ?
Si, Maurice, c'est elle.
Alors ça te suffisait pas d'amener des cloches et des trimards ?
Il te faut des putains maintenant ?
- C'est irraisonnable, ça ! - Oui, mais ça me regarde.
Ă€ la tienne !
Tu veux une cigarette?
He ben en tout cas, avec le dossier que tu as chez nous :
Insulte Ă un officier de police,
coups et blessures, menace de mort Ă des chasseurs,
ivresse publique.
Si cette personne continue son métier dans le pays,
Je te préviens, tu seras poursuivi pour proxénétisme.
Moi, maquereau ? Ben merde alors !
Le chef t'aime pas. Il a la loi pour lui et la loi c'est la loi !
Et si je lui bottais le train Ă ton chef ?
J'aimerais mieux pas !
Ça m'obligerait à te passer les menottes et ça ne me ferait pas plaisir.
En tout cas, tout ce qui peut me faire ton chef, je m'en fous,
mais la petite, elle risque ?
Ben !
Bon alors, il faut que je m'en occupe. Qu'est-ce que tu me conseilles ?
Moi à ta place, j'irais faire un tour du côté de la préfecture.
À la préfecture, d'après ce que tu me dis, je suis pas très bien vu.
Tu sais ce que je vais faire,
Eh ben, je vais monter Ă Paris pour voir Bricard.
Bricard ? Pas le ministre quand mĂŞme ?
Si Monsieur !
Il copiait toutes ses versions latines sur moi, il me doit bien ça.
Tu sais ce que c'est qu'une version latine ?
Oh ben, je m'en doute !
Demain matin, j'appelle le préfet,
Et ta protégée n'aura, je t'assure, aucun ennui avec l'administration.
Et ben, je te remercie pour elle.
Ah, si l'on m'avait dit qu'un jour,
nous nous retrouverions pour mettre une fille dans le droit chemin.
En ce qui te concerne, ça me paraît une juste compensation, non ?
C'est pourtant vrai, que nous avons couru tous les deux.
Et maintenant les liaisons de mes collaborateurs me choquent.
La vertu a grandi avec mon tour de taille.
Je ne vois plus la femme qu'en tant que suffragette.
- Et toi que deviens-tu ? - Rien.
- Vertueux ? - MĂŞme pas.
Alcoolique, paillard et surtout de plus en plus anarchiste.
D'habitude ça s'arrange avec l'âge, tout ça.
Qu'est-ce que tu veux,
le physique a vieilli mais à l'intérieur, je me sens monstrueusement jeune.
Pourquoi monstrueusement ?
Ben, parce que quand on a une vieille carcasse comme la mienne,
on devrait ĂŞtre indulgent. J'y arrive pas !
Ah, toi comme je te vois lĂ ,
tu ne penses rien de bon du gouvernement !
Je suis venu pour demander un service,
je suis pas venu pour t'engueuler.
Ne t'en fais pas !
Avec le général, j'ai l'habitude !
Allez, vas-y !
Vas-y quoi ? Ce que je vais te dire, tu le sais comme moi.
La France d’aujourd’hui, c'est l’espéranto.
voitures allemandes,
bonnes espagnoles,
ministre maltais,
notre tiers provisionnel s'envole en fumée atomique,
et puis pendant ce temps-lĂ , la Bretagne redevient carolingienne,
vous foutez des généraux en taule mais vous en fabriquez d’autres.
Il n'y a pas d'autoroutes mais on fait trop des voitures.
Non crois-moi, va, il y a eu la grande peste de l'an 1000,
mais tu vas voir la grande merde de l'an 2000 !
- N'en jette plus ! - Ah ben dis donc, c'est toi qui l'a voulu !
Ah vous ĂŞtes bien tous les mĂŞmes !
Vous, les quarante millions d'individus dits Français,
vous habitez le pays le plus beau du monde,
Vous avez toutes les libertés !
Douce France, tant décriée.
Je t'en prie, mon vieux ! T'es pas Ă la chambre.
Tu as raison, mais avoue, que tout ce que je dis est vrai !
- Tu préférais la quatrième ? - Bof.
La troisième, la quatrième, la cinquième.
Peut- être que du temps de César,
gouverner ses semblables était un grand art,
Mais maintenant j'y crois plus.
Figure-toi que j'ai acquis sur les institutions humaines un doute colossal !
Tu ne vas pas me dire qu'il te plaît ton portefeuille ?
Si ! Mais je n'ai pas ta sagesse.
Je suis de ceux qui croit qu'on peut encore et toujours améliorer.
même si pour ce faire il faut crier dans le désert
Et se mettre de la merde jusqu'au cou.
Oh, ce n'est pas la merde qui me gêne, c'est le désert.
Où dînes-tu ?
Ben, si tu n'es pas libre, dans le train,
mais si tu l'es, je te propose de poursuivre ce débat dans une bonne gargote.
"Maxime"?
Excellente idée. Il y a très longtemps que j'y suis pas allé.
En somme, tu es un grand ministre.
Un grand ministre ? Un grand ministre, c'est un ministre en place.
Et oui, tu grilles les feux rouges, toi !
Dans le fond, tu as raison, un grand ministre, c'est un ministre en place !
AllĂ´ !
C'est toi Marie ? Oui.
Bonsoir, la petite est réveillée ?
Oui, elle est lĂ !
À côté de toi ?
Alors, donne-lui l'écouteur.
VoilĂ !
Je viens de dîner avec Bricard
Le préfet sera saisi de l'affaire
et tous les argousins autochtones la salueront bien bas !
Alors c'est arrangé !
Oui, c'est arrangé. Alors dormez bien toutes les deux,
et moi j'arriverai demain Ă Nantes au train de six heures, le soir.
Dis donc ! Je voudrais bien que tu te fasses belle,
et que tu viennes me chercher Ă la gare.
Qui? Simone !
Non, toi ! Moi ?
Oui, toi !
Je t'invite à dîner à la Bûcherie.
Alors Ă demain,
et dis bien Ă la petite qu'on rentrera tard le soir, hein ?
Bon !
Mais, qu'est-ce qui lui est arrivé ?
Il a peut-ĂŞtre un peu trop bu?
Mais cette fois, je crois qu'il est heureux.
Vous ĂŞtes contente ?
Il y a dix ans qu'il ne m'a pas invitée au restaurant.
Tout se passera très bien, vous verrez.
Vous vous souvenez de sa voix au téléphone ?
Un couple, c'est plus compliqué que ça !
- Pourtant quand on s'aime... - S'aimait !
C'est pas une solution, c'est un problème.
Moi je trouve pas.
Si un jour j'aimais vraiment, je demanderais rien de plus.
On croit ça...
Et puis, ce n'est pas vrai du tout !
Pour vivre en paix avec un homme,
il faut le rendre heureux.
Peut-ĂŞtre qu'il ne faudrait pas l'aimer.
Comment pouvez-vous dire ça ?
Je dis ça, parce que je l'aime.
Je comprends pas.
Il y a que la vie qui puisse vous faire comprendre.
La vie Ă deux.
La guerre de Trente Ans.
Remarquez, ça peut être très beau la guerre.
Je vous trouve très belle.
Moi aussi.
Vous n'aurez pas peur, toute seule ?
Qu'est-ce que vous voulez qu'il m'arrive ?
De toute façon, il y a les chiens.
Allez, Guéreau .
Tu ne manges pas ? J'ai pas faim !
Tu ne bois pas?
Aussi curieux que ça puisse te paraître, je n'ai pas soif.
- Eh bien moi je bois ! - Eh bien, bois !
Je crois que je commence à être légèrement bourrée, comme tu dis !
Ce soir, je sors, je sors de chez moi.
Je sors de moi mĂŞme, je prends la cuite de ma vie.
J'aime bien t'entendre parler de cette façon-là .
Comment peux-tu dire ça ?
Il y a dix ans que je me tais.
Oh tu sais, ma grande,
moi aussi je suis enfermé dans le grand silence.
parce que l'alcool, avant d'ĂŞtre une maladie,
c'est une mauvaise habitude.
On boit un verre, deux verres pour oublier son angoisse,
et puis total, on plonge dedans.
Il y a une chose que je voulais toujours savoir,
pourquoi as-tu commencé ?
Je ne sais pas.
Parce que je m'emmerdais,
pourtant, je n'avais aucune raison de m'emmerder.
Et j'ai peut-ĂŞtre bu aussi Ă cause de...
Ă la monotonie de notre vie,
du gosse qu'on n'a pas pu avoir,
enfin tout ce qu'on a raté ensemble.
Mais dans tout ça, j'ai des circonstances atténuantes,
Parce que, tu sais, dans le fond, hein,
je crois que je suis dingue.
En somme, tu as désespéré de nous.
Oui.
Eh bien moi, jamais.
Oh tu sais bien, moi aussi,
j'ai souvent senti que tout était raté !
Mais en ce qui te concerne,
je ne suis jamais lasse de guetter une lueur d'espoir.
Quand tu t’éloignes d'un pas,
moi j'essaye de faire un pas vers toi.
Je t'ai toujours suivi, et tu ne le savais pas.
Tu n'as jamais tourné la tête.
- Tu veux qu'on divorce ? - Pourquoi ?
Si tu veux, on divorce.
Tu épouses Simone,
et comme ça tu pourras avoir un petit Brassac.
À mon âge, écoute, je suis dingue mais pas à ce point-là .
Je vais te dire une chose que je ne t'ai jamais dite.
Je te quitterai jamais pour la raison bien simple
que je tiens Ă toi et qu'inconsciemment je t'aime.
Et puis, un petit Brassac qui serait pas de toi,
ce serait pas un Brassac.
- Il faut que je t'embrasse ! - Ben, embrasse-moi !
Il y a quelqu'un?
Il y a quelqu'un?
Il y a quelqu'un?
Monsieur, je suis à côté chez Brassac,
je suis toute seule, ils sont Ă Nantes.
Les chevaux sont détachés,
ils sont comme fous, on dirait qu'ils vont se tuer.
Bon, entrez, j'arrive.
Poussez-vous.
Calme. Doucement.
Allez fermer les barbelés derrière.
Allez.
Allez.
Allez.
Allez vous mouiller, imbéciles.
Ils vont se détendre,
quand ils seront fatigués, on pourra les rentrer.
Venez, on va se sécher.
Et voilĂ .
Je ne sais pas comment vous remercier.
Il n'y a qu'une manière.
Trois .
- Tu es bien gaie, toi. - Pourquoi, c'est mal ?
Ah que non !
Le café est prêt.
- À la soupe ! - Oui.
Dis donc, ça va ?
Qui ça ?
Bonjour, pas trop de dégâts ?
Non, rien de grave.
En tout cas je te remercie, c'est gentil ce que t'as fait.
C'est bien normal.
Bonjour, mademoiselle.
Tu prends pas un café ?
Non, merci, on m'attend au bourg. Allez, au revoir et Ă bientĂ´t.
Il est bien ce garçon-là , tu ne trouves pas ?
Oui.
J'ai du mal Ă m'en aller.
Pourquoi tous ces mystères ?
Je ne veux rien dire Ă Brassac !
- Pourquoi ? - Je ne veux pas.
Eh bien moi, je vais vous dire une chose,
vous me plaisez beaucoup.
Et moi, comment me trouvez vous ?
Sais pas.
Hier soir, je te plaisais pas ?
Oh hier soir, il y avait eu l'orage,
j'avais eu peur, ça s'est trouvé comme ça.
Puis il y avait longtemps que j'avais pas eu d'homme.
Il y a quelqu'un dans ta vie ?
Non, personne.
- Et avant ? - Non plus.
Mais enfin, je ne suis pas ton premier amant ?
Si, j'ai jamais eu d'amants, j'ai eu que des clients.
C'est pas vrai ?
Oui, je travaillais quai de la Fosse.
On me l'avait dit, mais je ne voulais pas le croire.
Elles sont pas comme ça !
Toutes les femmes se ressemblent quand elles sont heureuses.
- Est-ce que t’étais heureuse ? - Oui.
- Pas toi ? - Si.
Et avant, qu'est-ce que tu faisais ?
Oh avant, j’étais bonne et puis...
- C'est Brassac qui t'a tiré de là ? - Oui.
Il m'a ramassé, comme ses chiens.
Et toi ?
Ah moi. Moi aussi, j'ai fait un drôle de métier avant.
Militaire, sept ans en Indochine.
Et puis quand je me suis trouvé à poil dans une cage en bambou
avec un curé, un nègre et les femmes viets qui nous regardaient,
je me suis demandé ce que je foutais là .
Mon Brassac à moi, c'était un type qui m'a forcé à m’évader avec lui.
Trente jours ferme en taule, et puis la liberté, la médaille et la quille.
En somme, tu es un héros, quoi ?
Ah non, je suis cultivateur, et c'est déjà difficile !
Au fait où étais-tu ce matin ? Je t'ai cherchée partout.
Je me suis promenée.
- Seule ? - Oui.
Dis donc Léandre,
tu es en train de lui faire une scène de jalousie?
C'est pas aujourd'hui
que tu vas t’apercevoir que je suis un vieux tyran, non ?
Allez les chiens, on va se promener.
Tu vois là , je suis sûr qu'elle va retrouver Roger.
Et alors ?
Ben alors, alors, pourquoi elle ne le dit pas ?
Ils ne font pas de mal.
Ben, je ne sais pas s'ils font du mal,
mais ce que je veux pas, c'est qu'il se foute d'elle.
Tu ne vas pas les espionner ?
Non, je ne vais pas les espionner, mais je veux la protéger.
- Mais si... - Quoi ?
S'ils s'embrassent ?
Mais s'ils s'embrassent, pour qui tu me prends ?
S'ils s'embrassent, je ne regarderais pas, alors.
Qu'est-ce que c'est que ça ? J'ai entendu une porte grincer.
- Tu rĂŞves. - Non, je rĂŞve pas.
Tu vois, c'est bien elle.
Et puis les chiens, ils bougent mĂŞme pas,
ils sont complices ces chameaux !
À quoi ça te sert de te ronger comme ça ?
Je me ronge, je me ronge parce que si Roger avait des intentions honnĂŞtes, il serait venu me trouver.
Si on m'avait dit que je te verrais jouer les pères nobles !
Je ne veux pas du tout jouer les pères nobles,
mais je voudrais savoir si en me taisant,
je favorise une belle histoire d'amour ou bien une belle saloperie.
Oui, eh ben en attendant, tu ferais mieux de te recoucher.
Je comprends pas pourquoi tu ne veux pas que je vienne te chercher chez Brassac.
Ce qui nous arrive, on n’a pas à le cacher.
Écoute !
Pour l'instant tout va bien, je suis heureuse.
Mais si les autres s’en mêlent, tout sera fini.
Et puis, avec Brassac, j'ai peur.
- Peur de quoi? - Qu'il tire un coup de fusil.
Ou bien qu'il ait de la peine.
- Je préférerais la peine. - Moi pas.
Dis donc, toi !
Je voudrais vous parlez, mademoiselle.
- Je suis sa sœur. - Et voilà .
- Et voilĂ quoi ? - Rien.
Vous ĂŞtes jolie, mademoiselle.
Vous le savez et vous savez mĂŞme vous en servir .
Mon frère est faible et c'est un homme.
Vous avez mis le grappin dessus.
C'est votre métier puisqu'il est riche.
Seulement moi, je vais faire mon métier de sœur.
Votre jeu, je le connais puisque je suis une femme.
Alors inutile de me raconter des histoires et inutile de vous fatiguer.
Ce que vous venez chercher ici, vous ne l'aurez pas.
Ni son nom, ni sa fortune, rien.
Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, Mme.
"Le grappin dessus".
Nous on n'emploie pas des mots comme ça.
Ce que je viens chercher ici, comme vous dites,
c'est la seule chose qu'il ne puisse pas vous donner,
puisque vous êtes sa sœur.
Alors vous voyez, je ne vous vole pas.
Et puis, ce qui m'arrive avec votre frère...
- Vous pouvez le comprendre. - C'est l'amour avec un grand A !?
Je ne sais pas l'orthographe.
Au revoir, madame.
Alors on prend le frais ?
J'ai Ă te parler.
Ça tombe bien, je suis d'excellente humeur.
Tu vois Françoise, plus ça va, plus je pense que la vie familiale, il y a que ça de vrai.
Je devrais me marier moi.
Un bon whisky, et je suis en pleine forme pour écouter tes malheurs.
J'ai Ă te parler de toi.
J'adore ça.
La carrière de ton mari au gaz de France, ça me passionne.
Mais on est mardi, on peut changer de sujet.
- Ta vie privée ne me regarde pas. - Voilà qui me parait plein de bon sens.
Mais je suis ta sœur.
Écoute Françoise, tes précautions oratoires, c'est gentil.
Mais comme je sais ce que tu vas me dire, c'est inutile.
Si je t'ai pas envoyé paître, c'est d’abord que je suis de bonne humeur.
Ensuite que tu es ma sœur
et qu'il t'est même arrivé de m’empêcher de faire des conneries.
Alors je t’écoute et cesse de faire la gueule, et viens.
Rentrons au chaud
Le dollar qui dégringole, la livre qui fout le camp...
Les Blancs qui n'aiment pas les Noirs,
les Noirs qui n'aiment pas les Blancs...
Les Jaunes qui aiment trop les Noirs...
Oh lĂ lĂ , tu t'en fous, toi, hein ?
Qu'est-ce qui se passe ?
- Ma sœur t'a parlée ? - Oui.
Ă€ moi aussi.
Elle parlera Ă son mari, qui sera de son avis,
Ă mon oncle, aux voisins.
Elle parlerait mĂŞme au pape, si elle le connaissait.
Tu vois, j'avais raison d'avoir peur.
Elle m'a mis en devoir de rompre avec toi.
Tu veux plus qu'on se voit ?
C'est pas une conversation, c'est un ultimatum.
Il faut choisir, Roger, ce sera elle ou moi.
Alors, je lui ai dit de faire sa valise.
Chérie, toi et moi, on aurait pu vivre longtemps sans rien demander à personne.
Mais on me demandait de choisir, alors j'ai réfléchi.
Et plus je réfléchissais,
plus je pensais que je ne pourrais pas vivre sans toi.
Autrement, dis, je t'aime. Tu veux m’épouser ?
- Moi ? - Eh oui toi ! Pas une autre !
Je ne veux pas que tu sois volé.
J'ai suffisamment d'argent pour nous deux.
C'est pas de ça que je parle.
- Un jour, ce que j'ai fait, ça te dégoûtera. - Mais non !
Puisque ça ne m’empêche pas de t'aimer.
Dis-le encore.
Je t'aime, Simone.
C'est vrai que c'est bon de l'entendre.
On ne me l'avait jamais dit !
Tu pleures ?
Non, je ris.
Je ne sais pas, je suis pas sûre, mais ...
je crois bien que je suis heureuse.
Tu sais pourquoi je suis heureuse ?
Parce que je vais avoir un enfant,
qui va avoir un père.
Et que ce père m'aime.
Je savais pas que c’était possible.
Pourquoi ne m'avais-tu rien dit ?
Je voulais pas que tu te fasses des soucis.
Je voulais que tu sois heureux.
Et tu crois que tu sais pas aimer ?
Demain...
Je prends mon courage Ă deux mains et je vais parler Ă Brassac.
Non
Tu ne bouges pas, tu te tais.
Demain, je mets une chemise et une cravate
et je vais demander ta main Ă M. Brassac.
Mais vous vous méprenez complètement.
Simone, c'est quelqu'un de très bien.
Elle est pleine de fraîcheur et d’honnêteté.
Je suis sûre que non !
D'ailleurs si mes déductions sont exactes,
elle s'est donnée à lui dès leur première rencontre.
Mais alors ?
Ils ont peut ĂŞtre eu la chance de s'aimer tout de suite.
Ma chère Marie,
voilà une morale qu'on ne vous a pas enseignée au Sacré-Cœur.
C'est le moins qu'on puisse dire.
Et bien moi, je vais vous répondre comme il convient à vos propos incongrus.
Primo, vous n'aurez pas Ă gueuler sur les toits
que votre frère se fait dévaliser par une gourgandine.
parce que s'il l'épouse,
moi je leur donne
la Sauvignère, cent hectares et une maison Louis XIII.
Secundo, je vous dis merde.
Tertio, la porte est derrière vous.
Et surtout, Marie, ne dis rien de tout ça à Simone, hein ?
Parce que je veux qu'elle me parle elle mĂŞme.
Je t'ai dit qu'il voudra pas.
T'as pas vu la tĂŞte qu'il faisait Ă table, toi !
Ne te frappe pas. Ça fait vingt ans qu'il fait la tête, Brassac.
- Pas Ă moi. - Mais Ă toi comme Ă tout le monde, qu'est-ce tu crois !?
Il t'adore, puis cinq minutes après,
il ne veut plus te parler, il faut le connaître.
Dans le fond c'est le meilleur des gars,
mais il est complètement dingue.
Peut-ĂŞtre.
Seulement, je rencontrerai jamais un homme comme toi.
- Ça, c'est vrai. - Je sais de quoi je parle.
La chance que j'ai, je ne veux pas la laisser gâcher, comprends-tu ?
MĂŞme pas par lui !
- Alors profites-en. - Non ne ris pas. J'ai pas envie de rire.
Je veux pas te perdre,
mais je ne veux pas le perdre non plus.
La fille qui t'a plu Roger, c'est lui qui l'a faite.
Au fond, c'est un peu mon père, tu comprends ?
Alors pour une fois que j'en ai un.
Dis donc, Brassac comme beau père,
c'est un drôle de cadeau de fiançailles,
Je ne sais pas si tu te rends compte !
Pour une fille du quai de la Fosse, c'est pas si mal.
Ne commence pas à m'emmerder avec ça.
Quai de la fosse, c'est fini une bonne fois pour toutes, tu as compris ?
Pour toi oui, mais pour les voisins, ça ne fait que commencer.
Aujourd'hui, tu t'en fous,
mais dans un an, on verra la tĂŞte que tu feras.
Dans un an, tu seras la mère de mon môme.
On ne va pas venir me souffler sur les moustaches.
- T'es bagarreur ? - Non pourquoi ?
- T'aimes ça ? - J'ai horreur !
Les bagarreurs et les don Juan, c'est pas des hommes.
- Et moi je suis un homme? - Oui.
À quoi tu vois ça ?
Au courage que t'as de m’épouser.
Tous les hommes qui m'ont parlé d'eux,
ils n'ont jamais eu le courage d'aller jusqu'au bout de leur amour.
Toi tu l'as, c'est formidable.
- C'est facile. - Non.
Tu vas te fâcher avec toute ta famille et ça fait de la peine.
Je le sais.
Écoute, le mariage, ça se joue à deux, jusqu’à preuve du contraire.
N'y mĂŞlons pas cinquante personnes.
Demain matin, puisque c'est ton père, je te l'ai déjà dit,
je mets la chemise et la cravate et je vais parler au vieux,
Et puis c'est marre.
Et s'il dit non ?
Je lui dis merde comme on a déjà dit à beaucoup de pères.
Alors, dis-lui merde gentiment.
Je te promets.
Je vais m’entraîner dès ce soir.
Je t'admire de pouvoir rire.
Moi, j'ai le trac.
Ça va faire du joli, quand il va savoir que je suis enceinte.
Eh bien il fera comme tous les pères.
Il gueulera comme un veau, et dans un an il sera ravi.
Vous, Ă force de picoler pour pas que je picole,
vous allez ĂŞtre plus poivre que moi, hein !?
Votre foie est de bonne composition, Brassac,
mais il finira par se fâcher.
Sale Cirrhose, priez pour nous à l'heure de la mort parfumée des ivrognes.
Oh, elle n'a rien de parfumée, leur mort.
Je crois bien qu'ils ont encore plus peur de la mort que les autres.
Vous vivez dans un pays de planteurs, prélat,
et vous n'avez rien compris Ă l'alcool.
Vous croyez qu'on devient fou parce qu’on boit ?
Alors que c'est tout le contraire, on boit parce qu’on est fou.
Tiens, mets-en nous une autre lĂ !
Veux-tu que je te dise, Maurice ?
TolstoĂŻ c'est un connard.
Ah oui ?
Résurrection ? Pff, c'est du bidon !
Vous avez de l'avenir dans la critique.
Résurrection, c'est l'histoire de Lazare qui sort du tombeau ?
Ce serait plutĂ´t celle de Marie-Madeleine.
Oui, mais moi, je ne suis pas le Christ.
C'est l'aventure d'un gars qui est complètement siphonné,
et qui s'attache à une prostituée.
Mais c'est ton histoire.
Mais non, c'est pas mon histoire ! C'est une histoire banale.
Les cloaques sont pleins de clients
qui veulent sauver des putes. Sauver leurs âmes, comme vous dites.
Et votre rage, Brassac ?
Votre révolte devant la bêtise et la violence ?
Cette espèce de soif de perfection qui vous dévore.
Vous appelez ça comment ? Si vous n'avez pas d’âme ?
Ă€ quelle partie du corps avez-vous donc si mal ?
Au ventre, curé,
ça me fait mal au ventre de m'être fait entuber encore une fois.
Parce que je lui avais ouvert ma maison, moi, Ă la petite.
Je lui avais même ouvert mon cœur.
Total, elle a mis les clébards dans la confidence,
et puis moi, pff ! Peau de balle !
Tu sais moi j'ai une fille de dix huit ans. Depuis un mois elle est amoureuse.
Ben elle ne dit plus rien.
Peut-ĂŞtre que ta fille Ă toi c'est pareil.
- Quelle fille ? - Votre Marie-Madeleine.
Ben ta pute quoi.
Peut-être qu'elle te parle pas pour te ménager,
ou pas te faire de peine.
Peut-ĂŞtre mĂŞme qu'elle t'aime.
Eh ben, c'est une drĂ´le de preuve d'amour.
Il y en a de plus étranges !
Le mal que vous avez dit d'elle toute la soirée, je ne l'ai jamais compris autrement.
On n'y voit rien ici !
C'est toi qui voit plus !
Comment j'y vois plus ? C'est ce bon Dieu de troquet qui est mal éclairé, oui !
- Alors lĂ , t'es de mauvaise foi. - Moi ?
Eh oui ! avec vous c'est toujours les autres !
Vous voyez double et c'est le café qui est fautif.
- Dis donc entre le café et moi, j’hésite pas. - Vous êtes l’étalon or.
Ouais, je suis l’étalon or.
Parce que moi, je me connais, tandis que les autres...
- Les autres c'est des cons, comme vous dites. - Oui, monsieur !
Pas vrai, elle t'as mis dans un drôle d’état la Simone.
Quand je pense aux relations que je lui avais faites. Les vins, la biscuiterie, les sardines.
Et voilĂ qu'elle part avec un poivrot.
Et pour se faire honnĂŞte en plus.
Tu aurais dû te méfier d'elle, dès le début.
Elle allait jamais Ă la messe.
Tu te souviens de Simone, quand je l'ai amené ici la première fois ?
Jeune fille.
Et t'as vu ce que j'avais réussi à en faire en moins de six mois ?
- Une pute. - Une pute.
Si les mecs veulent que leurs filles ne s’embrochent pas,
ils n'ont qu'Ă pas donner Ă une pute en une nuit
ce qu'ils donnent Ă leur bonne en un mois !
C'est vrai, quoi !
Tu sais que tu parles bien ? Tu me rappelles mon député que j'avais en 36.
Les femmes, c'est pas fait pour travailler.
Ou bien il faut qu'elles soient putes ou bien mères de famille.
Le reste, c'est de l’à peu près.
Ah ! pardon, il y a de bonnes femmes savantes. .
Il y en a de toubibs, il y en a dans le cosmos.
Ben tout ça, c'est de l'exception.
Mais dans l'ensemble vous ĂŞtes pas vites lĂ -dedans, hein !?
Parce que chez toi, ça carbure ?
Enfin quoi, sois lucide, non !?
Faire le tapin à ton âge, c'est pas une réussite.
On verra bien à mon âge, comme tu dis,
si on te donne encore de la fraîche pour monter dans un lit.
Mais ça n’a rien à voir, tu mélanges tout.
Les idées, ta vie, la mienne, les sexes.
Écoute, hein ! Que tu sois bath, plutôt que tu aies été une bonne affaire, ça je le sais.
Quand tu aies eu un ministre, ça, je le sais.
- Trois. - Peut-ĂŞtre !
Mais ce que je cherche Ă t'expliquer,
C'est que vous dans l’ensemble les bonnes femmes, vous êtes toutes des branques !
Ça reste à démontrer.
Dis donc.
Tu me trouves beau ?
T'es pas mon style.
Que je sois con, tout le monde le sait. Trouillard, tu es au courant.
Et en plus de ça, je suis dégueulasse avec les filles.
Tu es plutĂ´t le genre rustique.
Malgré tout ça, les bonnes femmes, ça fait dix ans que j'en vis.
C'est vrai que t'es un cas.
Mais c'est vous autres, qui ĂŞtes des cas.
Quand je pense qu'on couche avec vous.
Tiens, tu veux que je te dise ? Ben, c'est pas noble.
T'aurais dû être pédé.
Peut-ĂŞtre bien, oui !
Qui c'est ? C'est la vieille.
Ça recommence.
Mais qu'est-ce que c'est, cette comédie au restaurant ?
Je te quitterai jamais, inconsciemment, je t'aime.
Fallait pas me dire ça, Léandre, si tu devrais recommencer.
Alors, Ă chaque fois que quelqu'un
ne te plaira pas dans le monde,
à chaque fois que tu seras déçu ce sera moi la victime,
ce sera moi qui ne pourrai pas dormir,
à jamais savoir dans quel fossé,
tu es en train de dégueuler ou de crever, pendant que tu ronfles ici.
Avec tes chiens ou tes vaches, pourquoi pas tes cochons.
Ça fait dix ans que je supporte ça.
J'en ai assez, t'entends.
Ça te fait rien de condamner les autres,
tu m'appelles la vieille !
Tu t'es déjà vu dans la glace !
Vieil ivrogne,
Va, vieux débris, tu m'as tout ramené ici.
Des dingues comme toi, des clochards, des ivrognes.
Tu me ramènes une putain. Encore une fois, je ne dis rien.
J'essaye de comprendre.
Sans mĂŞme savoir si tu veux en faire ta femme ou ta fille.
Et puis, parce que cette petite
ne se conduit pas avec toi comme la reine d’Angleterre
Ça y est !
Tu vas te saouler pendant un an.
Et pas m'adresser la parole,
je vais te dire Léandre,
t'es pas seulement un dingue,
t'es un con.
Pour employer ton vocabulaire
T'en voulais des petits Brassac.
Eh bien si c'est pour faire des emmerdeurs comme toi,
il vaut mieux que mon ventre, il soit un cimetière, comme tu dis !
D'accord, tu veux l’épouser, mais pourquoi ?
Eh bien, je l'aime. Enfin je crois.
- Tu crois ou t'en es sûr ? - Oh oh, dis !
T'as intérêt à être sûr.
Parce que un amour qui va bien c'est déjà difficile à supporter,
mais un amour qui va mal, c'est l'enfer.
Le mien est tout neuf et il se porte très bien.
Ne ris pas. C'est pas drĂ´le, l'amour,
Le mariage non plus d'ailleurs.
Le mariage, c'est une grande escroquerie.
Note bien que finalement,
c'est encore le meilleur moyen de vivre Ă deux.
C'est long, j'ai peur.
Eh bien, ma petite Simone, il faut vous y faire.
C'est ça, le mariage.
Et puis mon vieux, je te cacherais pas que je te trouve un peu jeune.
Dis donc, quarante piges, de la terre, toutes mes dents enfin presque.
Ça te suffit pas ?
Mais je sais bien que tu as vécu, mais les femmes, est-ce que tu les connais ?
J'ai connu vingt-cinq Blanches, six Jaunes et deux Noires, ça te suffit ?
Tu peux très bien forniquer sans connaître.
OĂą veux-tu en venir, Brassac ?
Eh ben je veux en venir, que si tu peux la rendre heureuse,
- ...je te la confie mais si tu ne peux pas, eh ben... - Je peux !
Et puis, en plus je l'ai mise enceinte !
Quoi ?
J'attends un gosse.
Eh ben dis donc, fais attention Ă ce que tu dis !
Fais attention.
- Dis donc, c'est vrai ? - Quoi ?
- T'es enceinte ? - Oui !
T'es sûre ?
C'est votre faute si j'ai rien dit, on peut jamais vous parler.
Vous pouvez hurler tout casser, m'injurier, ça m'est égal.
Et puis d'abord, je suis heureuse.
Marie, Marie, on va avoir un petit !
Bon Dieu, je vais avoir un petit !
Les chiens, on va avoir un petit !
On va avoir un petit, les chiens !
Viens, mon père, on va avoir un petit !
Du champagne pour tout le monde, c'est ma tournée !
Qu'est-ce qui se passe, Brassac ?
Il se passe patate, que je vais avoir un petit !
- Toi ? - Simone !
En somme, tu vas être père !
Main non vicieux,
je vais pas être père, je vais être grand-père.
Comme ça, tu es content !
Mais tu ne peux pas comprendre, voyou ! Voilà les différences.
Comment vous l'appellerez ?
Léandre, comme moi. Il réussira tout ce que j'ai raté.
Et si c'est une fille ?
- Si c'est une fille ? Marie. - Comme ma mère.
Ah non, pas comme ta mère ! Comme ma femme !
Et si c’est des jumeaux ?
Oh ! Alors lĂ , je pavoise, je rentre dans la fanfare.
Je paie plus mes impĂ´ts et je vais Ă confesse.
Qu'est ce qu'il y a lĂ -dedans ?
Ce qu'il y a ? Coton de laine, brassière, bavoirs,
Landes, couches, pointes, barboteuses, hochets,
Et tout et tout et tout.
Oh ! C'est une cocotte minute.
Mais non gros laie, c'est un stérilisateur à biberons.
- Mais dis donc, tu as oublié la poussette. - Non monsieur.
Un landau suspendu comme une rolls. Il est sur le toit de la voiture.
Avec le petit pot oval pour ne pas pisser à côté.
En somme, t'as rien oublié.
Mais comment veux-tu que j'ai oublié quelque chose, bougre d'abruti ?
J'ai acheté toute la boutique.
Eh hop !
Allez-y les filles !
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.