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Original subtitles

MEURTRE

Ils devraient avoir honte !

Taper comme ça en pleine nuit !

Qu'est-ce qu'il y a ? Un feu ?

Ils pourraient frapper doucement.

Maudite fenêtre !

C'est 3 portes plus bas.

Chez Diana Baring.

La police arrive.

Là, juste au coin.

Tiens, c'est drôle...

Tu as raison. La voilà de l'autre côté.

C'est Druce qui frappe.

Il doit être encore saoul !

Où est mon pantalon ? Je descends.

Ma femme est ici.

Je viens la chercher.

À cette heure de la nuit ?

Ma femme a dîné chez Diana Baring.

Attends ! Je viens.

Je veux savoir ce qui arrive à Druce.

Qu'est-ce qu'il y a Druce ?

Je veux ma femme.

Emmenez cet homme !

Venez Druce. Soyez gentil.

Ouvrez cette porte.

Demandez à l'inspecteur de venir.

C'est une de vos locataires ?

Non, c'est Mademoiselle Baring la locataire.

Madame Druce était venue dîner chez elle, ce soir.

Voilà, Monsieur l'Agent...

Ces deux femmes étaient...

Nous jouons tous au Théâtre Royal.

Quand j'ai quitté le théâtre... je suis régisseur.

Et M. Druce est directeur de la troupe.

Elles m'avaient invitée moi aussi, mais...

Un à la fois, s'il vous plaît !

Ils t'ont tuée, Edna !

Ma chérie, qui a fait ça ? Elle ?

Vous haïssiez Edna !

Vous vous croyez supérieure !

Vous jouez les femmes du monde !

Voyons, calmez-vous !

Non, laissez-moi.

Il y a du cognac, ici ?

Il y en a une bouteille sur la table.

J'en offrais à Edna quand...

Je ne sais plus !

Je ne me rappelle plus !

Elle est vide. Je vais en chercher.

Vous voulez une tasse de thé ?

Je vais en faire.

Je vais vous aider.

J'allume le gaz ?

C'est encore chaud.

Allumez le fourneau.

Madame Druce a l'air d'être morte.

Diana n'aimait pas la pauvre Madame Druce.

Elles n'étaient pas en bons termes ces temps derniers !

Mademoiselle Diana ne m'en avait rien dit.

Pourtant, j'en suis sûre.

Je ne peux pas croire qu'elle ait fait ça.

Bien qu'elle soit très volontaire.

L'autre jour, elle a donné sa démission.

Qui ? Mademoiselle Diana ?

Oui, mais Druce ne voulait pas la perdre.

Edna aurait été contente qu'elle parte.

Et puis, tout à coup...

hier soir elle a changé.

Elle voulait se réconcilier, et Diana l'a invitée à dîner.

Je pense qu'elle voulait être seule avec Diana.

Peut-être qu'un des acteurs s'intéressait trop à Diana.

Et qu'elle voulait s'en débarrasser.

C'est quelle sorte de thé ?

J'en ai tant essayé que je ne sais plus.

Ouvrez la porte !

Oui, ouvrez la porte !

Voilà ! J'ai fait du thé.

Nous lui en donnerons au commissariat.

Les rôles de Diana Baring et Edna Druce seront tenus par des doublures.

Ça va commencer !

C'est à vous, Mlle Baring.

C'est la doublure de Mademoiselle Baring.

Tom ! L'inspecteur veut te parler.

Voici Tom Drewitt.

2 ou 3 points au sujet du meurtre, qu'on veut éclaircir.

Vous n'avez pas vu Madame Druce et Mademoiselle Baring...

quitter le théâtre ensemble ?

Si, je les ai vues.

Je l'ai fait remarquer à Fane.

Il les a vues comme moi.

Pourquoi ? C'était inhabituel ?

Inhabituel ? Ah, oui alors !

Un vrai miracle !

Comme je disais à Annie, ma femme... nous devons...

Attendez ! Ma réplique !

Qui est cette femme ?

Pas de chance, c'est un homme. Monsieur Handell Fane.

Monsieur Fane est notre vedette.

Je ne suis pas la femme en cause.

Je sais. Mais vous avez vu les deux femmes partir hier soir.

Oui, avant de rentrer chez moi.

Seul ?

Stewart est venu avec moi.

Il voulait des cigarettes.

Après son départ, je me suis couché.

Excusez-moi : c'est à moi.

Reginald chéri ! Ce chat n'est pas parti ?

Monsieur l'Agent vous n'avez pas honte de me fuir ?

Venez que je vous parle.

Oh, non ! C'est la porte de la salle de bains !

Vous avez peur d'une faible femme ?

Qui est cet homme ?

C'est Ion Stewart. Un acteur solide !

Il est marié ?

Il s'entendait avec Mademoiselle Baring ?

Il s'entendait avec Mademoiselle Baring ?

Comme ci, comme ça.

Il plaît aux dames ?

Il plaît même trop. Quant à elle je ne sais pas si c'est une dame !

Tais-toi, Doucie ! Elle est morte !

Je croyais qu'on pouvait dire la vérité !

Edna et Stewart, tout le monde le savait.

Ça veut dire que M. Stewart et Madame Druce...

Excusez-moi. Ma réplique !

Ne vous dérangez pas. Je connais le chemin.

Ce n'est pas la première fois, Réginald !

Ce n'est peut-être pas bien de parler d'eux comme ça.

Edna, quand quelqu'un lui plaisait, il fallait qu'elle l'ait.

Excusez-moi. C'est leur changement.

Qu'ont-ils fait d'elle ?

Mademoiselle Baring ? Elle est au commissariat.

Qu'est-ce qu'elle a dit ? Qu'est-ce qu'on peut faire ?

Ça ne peut pas être elle. Pourquoi l'a-t-on arrêtée ?

Pourquoi ? Je l'ai vue le tisonnier à la main...

Enfin à côté d'elle, et couverte de sang.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Le sang me rend malade.

Voilà votre casque.

Dépêchez-vous Markham !

Diana Baring est accusée...

du meurtre d'Edna Druce.

Elle plaide "non coupable".

Vous devez découvrir si elle est coupable ou non.

Dois-je vous rappeler qu'aux yeux de la Loi...

les hommes et les femmes sont égaux.

Le meurtre, en Angleterre...

est jugé sans passion.

Ni la beauté, ni la jeunesse ne doivent atténuer...

Elle m'a regardée bizarrement.

Mi-surprise, mi-furieuse.

Et a dit : "Comment oses-tu ?"

Je ne me souviens de rien d'autre.

Je ne me souviens pas !

Si j'ai fait quelque chose...

je l'ai fait inconsciemment.

C'est tout ce que je peux dire.

Nous nions entièrement toute responsabilité.

Vous avez observé la prisonnière au banc des accusés...

et à la barre des témoins.

Mon collègue a traité son attitude d"'endurcie".

Y a-t-il quelque chose d'aussi "endurci"...

que l'innocence ?

Si vous croyez que la version de la défense...

représente les faits, vous devez disculper l'accusée.

La réalité dépasse souvent la fiction.

Mais si vous pensez que ce récit est de la fiction...

alors je dois vous dire au nom de l'accusation...

que ni la beauté ni la jeunesse...

ne doivent atténuer le crime de meurtre.

À vous de considérer les faits.

On ne va pas discuter debout.

Mesdames, asseyez-vous ensemble.

Pouvons-nous fumer ?

Oui, pourquoi pas ?

S'il n'y a pas d'objection ?

Pas du tout.

Je pense que le mieux, si vous êtes d'accord...

est de résumer l'ensemble des faits.

Je pense que tout est très clair...

et qu'il est inutile d'examiner l'histoire en détail.

Premièrement, l'accusation.

La fille et la morte étaient en mauvais termes.

Elles se sont réconciliées.

Edna Druce vient dîner. Elles boivent un peu trop...

et se querellent au sujet d'un homme.

La logeuse a entendu des éclats de voix.

La fille l'admet, mais tait le nom de l'homme.

Ça, c'est déjà louche.

La fille s'énerve, s'empare du tisonnier...

et ainsi finit Edna Druce.

L'accusation donne des preuves.

La fille avait sa robe couverte de sang. Le tisonnier à ses pieds.

La bouteille de cognac vide, la fille hagarde.

Et on n'a vu personne d'autre...

entrer dans la maison.

Je crois que c'est clair.

Ajoutez que la fille vient d'une bonne famille.

Ce sont souvent les gens les "mieux élevés"...

qui sont les plus cyniques dans ces cas-là.

Regardez son attitude dans le box.

Attendez Mesdames.

Continuons.

La défense ne nie pas qu'elle l'ait fait...

mais affirme que la chose s'est passée...

alors qu'elle était dans un état second.

Il est clair que dans la version de la défense...

le docteur avance la théorie...

d'une activité indépendante du conscient.

En d'autres termes, une dissociation...

appelée immédiatement une "fugue".

Une personne agissant...

de façon étrange pendant un certain temps...

sans s'en souvenir, une fois revenue...

à la normale.

Le mieux est d'écrire chacun notre avis sur un papier.

Nous saurons à quoi nous en tenir.

Les avis minoritaires...

pourront donner leurs raisons...

pour arriver à un commun accord.

7 "coupable" et 3 "non coupable".

2 abstentions.

Vous n'avez pas encore pris de décision ?

Je trouve ça affreux.

Nous avons une trop grande responsabilité.

Si nous la libérons, ce n'est pas juste si elle est coupable.

Et si nous la faisons pendre, c'est barbare !

Demandons l'indulgence.

L'indulgence ? 20 ans, coupés de la vie ?

Les meilleures années, en enfer !

La prison ! Il a fallu la civilisation pour inventer...

un tel châtiment !

Vous exagérez. Vous embrouillez le débat.

Une mauvaise action doit être punie.

Laissez de côté les sentiments.

Mais nous vivons dans le paradoxe.

Faites des enfants et envoyez-les à la guerre.

Le monde pue le sentiment.

Votre verdict ?

Coupable, je crois.

Qui est l'autre ?

Vous, Monsieur Matthews ?

Y a-t-il quelque chose qui vous trouble ?

Qu'est-ce qui vous empêche de vous décider ?

Rien.

Alors avez-vous une opinion ?

Vous connaissez l'accusation. Elle est claire ?

Vous avez entendu la défense.

Mais je n'ai pas compris...

ce que la dame a dit...

quand elle a parlé.

Madame Ward vous a dit...

que la défense affirmait...

que le meurtre avait été commis...

dans une sorte de sommeil en plein jour.

Mais le meurtre a eu lieu la nuit.

Savez-vous écrire ?

Alors écrivez sur un papier...

si la prisonnière est coupable ou non.

Il nous reste 3 "non coupable".

Je vais vous donner mes raisons.

Je trouve la version de la défense concluante.

Quiconque connaît la psychologie moderne...

sait qu'une personne ayant des troubles mentaux...

tels que la prisonnière peut en avoir...

peut se retrouver dans un état où le patient...

n'est plus conscient, ni responsable de ses actes.

Nous avons la preuve que la prisonnière est déséquilibrée.

Une faille cachée dans son esprit...

a pu la priver de sa conscience...

et la mettre dans un état où le corps fonctionne...

sans être sous le contrôle...

de la volonté.

C'est pour ces raisons que je pense...

que Diana Baring a été victime...

des circonstances.

Madame Ward a raison.

Et le cas peut se reproduire...

avec les mêmes résultats.

Je n'y avais pas pensé.

C'est important. Nous ne devons pas seulement...

considérer cette première tragédie...

mais les prochaines, si elle a d'autres crimes latents en elle.

Vous parlez d'une double personnalité ?

Une de ces personnes est cruelle...

l'autre, une femme normale.

Oui, si nous libérons cette mauvaise personnalité...

nous devrons en endosser la responsabilité.

Si nous la relâchons, et que quelque chose arrive...

Le sang sera sur nos mains !

Voulez-vous modifier votre verdict ?

Monsieur Daniels, votre opinion est-elle toujours la même ?

Je n'arrive pas à croire qu'une fille pareille a fait ça !

Elle a l'air d'une chic fille.

Le genre qu'on aimerait avoir comme fille.

Une femme laide aurait peu de chance avec vous !

Votre décision ne doit pas être influencée par son apparence.

Oui, je sais !

Mais enfin, vous me comprenez ?

C'est quand même affreux !

À part ça, quel est votre verdict ?

Coupable, je crois.

Nous avons presque l'unanimité.

Il reste Sir John.

Ne m'éliminez pas si vite !

Soyons brefs ! Le temps c'est de l'argent.

Le temps, dans ce cas, c'est la vie.

Excusez-moi de vous retarder.

Je ne suis pas un homme d'affaires.

Je suis un pauvre acteur.

Oh, voyons ! Cher Sir John !

Le plus pauvre des acteurs.

Et ma carrière serait écourtée...

si je n'avais, pendant des années...

comment dire ?

Appliqué la technique de la vie à mon art.

Aujourd'hui, le procédé est inverse.

J'applique la technique de mon art...

à un problème de la vie.

Et mon art n'est pas satisfait.

D'abord, je suis convaincu que Diana Baring dit la vérité...

et ne se souvient vraiment de rien.

J'ai été impressionné par son attitude...

pendant le procès.

Oh, voyons, Sir John !

Pas pour les mêmes raisons que notre ami Monsieur Daniels !

Les miennes ne s'arrêtent pas à la simple galanterie.

Je crois aussi qu'il est vrai...

qu'elle n'a pas bu de cognac.

Vous oubliez le témoignage du docteur.

Elle sentait l'alcool à son arrestation.

Peut-être le vin qu'elle avait bu au dîner !

Et le témoignage de Markham ?

Il a trouvé la bouteille de cognac vide,

sur le lieu du crime.

Et le témoignage de l'acteur Stewart ?

Il dit que les deux femmes étaient ennemies.

La prisonnière avait rudoyé Madame Druce en scène.

Tout dénonce sa nature violente.

Ces dires n'ont pas été corroborés par Fane.

L'homme qui se déguise en femme.

Il est évident qu'il est amoureux de la prisonnière !

Tout était clair quand on a découvert le corps.

La femme a été prise dans la pièce.

Le tisonnier à ses côtés.

Sa robe couverte de sang !

Après une dispute !

C'est exact !

Que répondez-vous à ça ?

Ce n'est pas le genre de fille qui boit.

La bouteille de cognac était là !

Elle ne le nie pas.

C'est exact.

Que répondez-vous à ça ?

Rien, pour l'instant.

Quelqu'un d'autre est-il entré dans la maison ?

La logeuse dit que non.

La fille dit que non.

Elles étaient seules.

C'est exact.

Que répondez-vous à ça ?

Rien pour l'instant.

Sommes-nous sûrs que personne d'autre n'a pu commettre le meurtre ?

Elles étaient seules.

Elles se sont querellées.

Elle l'admet.

C'est exact.

Que répondez-vous à ça ?

Elle ne l'admet pas. Elle dit qu'elle ne s'en souvient pas.

Est-ce la réponse d'une coupable ?

Le tisonnier. La robe couverte de sang.

Seul contre nous tous !

Perte de temps. Perte d'argent.

Les mains couvertes de sang.

Que répondez-vous à ça ?

Maintenant que nous sommes d'accord, j'en avertis le juge.

Messieurs les jurés, quel est votre verdict ?

La prisonnière est-elle coupable ou non coupable ?

Coupable.

Diana Baring, avez-vous quelque chose à dire...

qui puisse vous éviter la condamnation à mort ?

C'est absurde. Totalement absurde !

Que tout le monde fasse silence...

pendant que la condamnation à mort est prononcée.

La conférence a été ajournée.

Le procès Baring s'est terminé aujourd'hui...

avec la condamnation à mort...

de Diana Baring.

Fin des informations. Mais on m'apporte un S.O.S.

Le commissaire de Police me demande de diffuser l'appel suivant...

Votre cocktail, Sir John.

Que Bennett m'apporte les recettes des 3 derniers soirs.

Et qu'il demande où en est la location.

Appelez Scotland Yard...

au numéro suivant : Victoria 7000.

Programme National.

Notre concert de ce soir est donné...

par le Radio Symphony Orchestra.

Il joue l'ouverture de Tristan et Isolde de Wagner.

"Curieux cet S.O.S. Lancé pour cet autre !"

"Sauve son âme. Sauve-la."

"En insistant, je les aurais convaincus."

"Pourquoi ne la voient-ils pas comme moi ?"

"Les autres jurés !"

"Quiconque au banc des accusés..."

"n'a pas la même attitude qu'ailleurs !"

"Elle a tenu tête à tout le monde."

"C'est ce qui lui a fait le plus de tort."

"Sa manière d'être !"

"Très attirante !"

"Que ressent-elle maintenant ?"

"Qui a bu ce cognac ? J'aurais dû insister là-dessus."

"Facile à dire après coup."

"Elle dit qu'elle ne l'a pas bu."

"Mais qu'elle a pu tuer Edna Druce."

"Pourquoi admettre une chose si importante..."

"et nier une chose aussi minime..."

"que de boire du cognac ?"

"Tout s'éclaire aujourd'hui."

"J'avais raison d'insister sur ce point."

"On ne sait pas si quelqu'un d'autre ne l'a pas bu."

"Il y avait peut-être quelqu'un d'autre. Tout est là !"

Monsieur Bennett monte vous voir.

On ne parle que de votre affaire.

Quelle publicité ! Ce doit être affreux pour vous.

Elle voulait être une vedette.

Elle l'est devenue en un sens.

Vedette du meurtre.

Bennett ! Je vous en prie !

Dites à ma doublure qu'elle jouera encore ce soir.

Je ne descendrai pas ce soir.

Et appelez mon avocat.

Monsieur Rice Senior.

Temple bar 5993.

Et essayez de joindre la plupart des membres...

de la compagnie théâtrale concernée par le meurtre.

En particulier, ce drôle de petit régisseur.

Je le verrai à mon bureau dans la matinée.

Je croyais que le procès était terminé.

Non, le procès n'est pas terminé !

C'est un coup d'épate, alors ?

Un coup d'épate ? Mon Dieu !

Ça sonne occupé.

Bon, je m'en occuperai moi-même.

Diana Baring ? Je l'avais refusée.

Je pensais que ce serait bon pour elle de faire des tournées.

Bon pour elle !

Et elle est revenue !

E. Markham et D. Dear. Sans engagement.

Chambres à louer.

Je crois... tout bien réfléchi...

que nous devrions accepter l'offre de Sir John.

Celle-là ou une autre, c'est pareil.

Ça doit être Sir John en personne !

Elle ne nous gardera pas longtemps ici.

Lucie va retourner chez sa tante So...

Je veux dire... Sophie va retourner chez sa tante Lucie.

Je ne veux pas retourner chez Tante Lucie.

Une voiture vous attend pour aller chez Sir John.

Je croyais que vous plaisantiez !

C'est de Sir John !

Il nous attend à son bureau à 12 heures.

On peut être à l'heure ?

Oui, si on se dépêche.

Pouvez-vous me prêter un peu d'essence ?

Ça va ternir ce costume !

Arthur, voilà du travail pour toi !

Tu as un mouchoir propre ?

Où est mon vernis à ongle ?

Je ne l'ai pas vu.

Oh ! Cette odeur d'essence !

Tu diras que c'est la voiture.

Bon, ça ira.

Mes enfants, vous me devez...

D'accord, votre note sera la première payée.

Pas de la note. Je veux deux places pour la première.

Bonjour, Monsieur Markham.

Il me semble que...

les vrais artistes ont une double fonction.

Nous utilisons la vie pour créer l'art.

Et nous utilisons l'art pour... comment dirais-je ?

Critiquer la vie. N'est-ce pas ?

Certainement, Sir John !

Alors dites-moi, Monsieur Markham, entre artistes...

La remplissons-nous toujours ?

N'utilisons-nous pas trop la vie pour créer l'art...

en oubliant l'autre fonction.

Je sais ce que vous allez dire.

Quelle opportunité nous donne la vie courante ?

Est-ce que vous aviez vu...

ma pièce "Pistolets pour Deux" ?

Ce que les critiques ont appelé une "horreur intellectuelle".

Mais quand ça arrive dans la vie...

est-ce que le public appelle l'acteur ? Non !

Je lis dans vos pensées.

Vous vous dites que je raconte n'importe quoi.

Bien sûr que si !

Sinon vous ne seriez pas un homme pratique.

Vous vous demandez pourquoi je vous ai fait venir.

Alors venons-en...

au fait.

Hier et avant-hier...

au procès Baring...

vous m'avez impressionné...

Lors de votre déposition.

Et je voudrais que vous me disiez...

le fin fond de l'histoire.

Euh... Qu'est-ce que...

Oh, bien sûr...

Bennett vous a parlé de votre engagement.

Nous espérons vous avoir comme régisseur...

dans notre tournée de Noël de "L'Œil Vert".

J'aimerais aussi vous avoir à l'année.

Nous parlerons de tout cela, plus tard.

Merci beaucoup, Sir John.

Je suis libre en ce moment.

Et mon expérience pourra vous être utile.

Affaire conclue, alors ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

C'est... ma femme...

Nous travaillons toujours ensemble...

est-ce trop demander... si vous aviez...

un rôle, n'importe lequel !

Oh ! Madame Markham joue ?

Joue ? C'est pas à moi de le dire...

vous allez penser que je suis de parti pris.

Mais je suis régisseur depuis dix ans...

Une femme c'est pas toujours bon dans une Compagnie...

si vous voyez ce que je veux dire.

Mais elle, c'est mon bras droit.

Et elle vous joue tout au pied levé...

des rôles de Gladys Cooper à ceux de Marie Lloyd.

Elle a ses mauvais jours, bien sûr.

L'été dernier j'ai dû lui parler sérieusement.

Elle avait un changement rapide...

de barmaid en fille de l'Armée du Salut.

Et y a pas de doute, ça n'allait pas.

Alors je lui ai dit : "Ça ne peut pas durer."

"Si tu te reprends pas, on reviendra à Shakespeare."

Elle a pas tiqué.

Mais le reste de la tournée...

elle a été extraordinaire.

Elle attend en bas.

Il faut la faire monter.

Bennett, Mme Markham est en bas.

Faites-la monter s'il vous plaît.

Pour en revenir à ce procès.

Je me sens très mal à l'aise, depuis.

J'y ai joué le rôle d'un juré.

Mais une fois le rideau tombé sur la condamnation à mort...

je me suis dit : ce n'est pas une pièce, c'est la vie.

La vie est moins tendre que les auteurs.

Elle permet qu'une malheureuse jolie fille aille à la potence.

À moins que l'art, pour une fois...

ne vienne à son secours.

Vous voulez dire qu'elle est...

Innocente, oui !

On l'a cru coupable parce qu'elle n'a pas nié.

Oui, mais j'ai vu...

Diana Baring assise à côté du cadavre.

Hagarde, vous avez dit. Pourquoi ?

L'alcool ? Elle n'en buvait pas.

Alors qui l'a bu ?

Elle souffrait de la tête. L'a-t-on examinée ?

On aurait pu trouver les traces d'un coup.

Mais on ne l'a pas examinée.

Elle était coupable parce qu'elle ne niait pas.

Il n'y a eu aucune enquête approfondie.

Réfléchissez.

Je sens une lourde responsabilité.

J'étais une des 12 personnes qui ont décidé de son sort.

Et je me suis trouvé pris au piège.

Comme c'est gentil d'être venue !

Ça m'a fait prendre l'air !

Quel appartement charmant !

Piccadilly ! Si près des boutiques !

Vous restez déjeuner.

J'avoue que j'ai du mal à attendre le déjeuner.

Oh, moi c'est pareil !

Je prends toujours un "encas" vers 11 heures.

Harvey ! Un cocktail et servez le déjeuner.

Il nous a engagés !

Oui, nous discuterons de cela plus tard.

En attendant...

Au succès de nos recherches !

Nous avons discuté de l'affaire Baring.

On peut en étudiant le meurtre sous un autre angle...

arriver à un résultat différent.

Que ce soit pas Diana ?

Vous oubliez le tisonnier !

Vous ne pensez pas comme nous qu'elle est innocente.

Oh, Diana était une si gentille fille !

J'ai jamais cru qu'elle avait fait ça.

Je disais que si on la connaissait, on pouvait pas le croire.

Vous avez trouvé quelque chose ?

Nous serions si heureux de vous aider.

Je ne sais par où commencer.

Moi, j'ai une idée.

Puis-je vous aider ?

Si Sir John ne sait pas !

Non, écoutons-le. Je suis dans le brouillard.

Si votre mari a une idée, je la suivrai.

Qu'est-ce que c'est ?

Le mieux est de retourner sur les lieux du meurtre.

Vous pouvez me donner un ou deux jours de votre temps ?

Oui, bien sûr.

Nous allons nous rendre sur les lieux.

Vous me montrerez les endroits en relation avec le meurtre.

Quelqu'un d'autre aurait pu tuer Edna ?

Peut-être quelqu'un de l'extérieur.

Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

Ben, c'est pas Mademoiselle Mitcham.

Et si c'est pas Diana, c'est quelqu'un de l'extérieur.

Il a donc dû entrer et sortir.

Bien raisonné !

Alors il faut d'abord savoir...

qui a vu quelqu'un d'autre que Druce...

à 1 h 30 ce matin-là.

Y a déjà ce type qu'on avait pris pour un policier.

Ce n'était rien.

Racontez-moi cette histoire de policier.

Et bien voilà, Sir John.

La nuit du meurtre, les coups nous ont réveillés.

Je suis allée à la fenêtre en déshabillé...

pour voir qui faisait ce bruit.

J'ai vu un policier au coin de la rue.

J'ai dit à Ted : "Voilà la police !"

J'ai détourné le regard pour parler à Ted.

Quand j'ai regardé de nouveau, y avait plus personne !

Ensuite, Ted m'a dit : "T'as raison, la voilà !"

Seulement c'était un autre policier.

Qu'était devenu le premier ?

Il avait dû tourner au coin de la rue.

Ce coin de rue, là ?

Oui.

Ce n'était pas le même ?

Impossible ! On a levé les yeux 2 secondes !

Vous croyez qu'il y a autre chose ici ?

Non, je ne crois pas.

Ce Druce, il est fou !

Descendons.

Votre femme n'est pas là.

Il a déjà fait ça.

La police avait promis de l'arrêter.

Allez, venez Druce. Soyez gentil.

Que vont dire les voisins ?

C'est terrible pour moi.

Il va falloir que je déménage.

Mademoiselle Mitcham, nous voudrions montrer...

les lieux à ce monsieur.

Je peux ?

Bien sûr, entrez.

C'est là qu'on a trouvé le corps.

Juste en face de l'âtre.

Mlle Baring était assise là.

Vous avez récupéré votre tisonnier ?

Je ne peux pas en parler. Vu l'endroit où est Mlle Baring.

Autant condamner... Cléopâtre.

Quelqu'un a-t-il pu entrer par derrière ?

Derrière la cour, il y a une allée.

Et derrière c'est le théâtre.

Regardez ! Ce sont les loges.

Il faut être un athlète pour passer là.

On ne peut pas avec cet aspidistra devant la fenêtre.

Pas, sans l'abîmer. Regardez sa taille.

Jolie plante !

À moins de connaître la pièce.

Mlle Baring ne recevait personne. Juste Madame Markham...

Monsieur Fane et Monsieur Stewart pour le thé.

Et ce petit homme à la voix aiguë.

Tom Drewitt.

Une voix aiguë !

Vous avez dit avoir entendu des voix de femmes se disputant.

Vous seriez prête à le jurer.

Oui. Une voix de femme ça se reconnaît.

J'ai connu un contralto...

Mais c'était des voix aiguës.

Mademoiselle Mitcham ! Où êtes-vous ?

J'ai mis le feu à la cheminée.

C'est Alice !

Un moment.

Excusez-moi, Monsieur.

Alice m'appelle. Y a le feu à sa cheminée !

Non, non c'était moi.

Après tout...

était-ce bien moi ?

Désolé de vous avoir joué ce tour.

Mais vous n'avez peut-être pas entendu une femme.

Vous l'avez admis.

Je n'ai rien admis du tout.

Et je n'aime pas ce genre de plaisanteries.

Je ne sais pas où vous voulez en venir.

Et vous qu'est-ce que vous avez à faire ces grimaces ?

Votre déposition peut faire pendre Mlle Baring.

Oh, je ne vous reproche rien.

Mais vous jurez avoir entendu des voix de femmes.

Je voulais vous prouver qu'il pouvait y avoir un homme.

Une voix d'homme, aiguë.

Comme celle de M. Drewitt.

Qu'est-ce que je peux faire pour Mlle Baring ?

Vous pouvez nous aider.

Montrez-nous le reste de la maison. Sa chambre.

Certainement. Par ici.

Il y a juste quelques affaires à elle.

J'ai pas voulu lui envoyer... là où elle est.

Ça lui ferait plaisir.

Je vais lui envoyer.

Une photo de vous !

Y a d'autres endroits à voir.

Merci beaucoup.

Encore plusieurs endroits.

Les coulisses. La chambre de Stewart. Le commissariat.

Je connais l'inspecteur.

Nous irons prendre un sandwich au "Red Lion".

Nous parlerons au propriétaire.

Ensuite nous verrons Stevens le policier.

C'est tout ce que nous pouvons faire.

Même si ça nous prend la nuit !

On pourrait peut-être dîner.

Ne vous inquiétez pas pour nous.

Nous avons déjà sauté un repas.

Alors, allons-y.

Entrée des Artistes.

On vient voir si personne n'a rien laissé.

Rien. Sauf un lavabo cassé à la loge n° 4.

Un de vos gars. Et qui ne l'a pas payé.

C'était la loge de qui ?

Fane et Stewart. C'est pas quelqu'un de chez nous.

Il y a quelque chose pour vous.

Cet étui à cigarettes oublié à la loge n° 4.

Je le rendrai à son propriétaire.

On peut voir cette loge ?

Je voudrais voir le lavabo cassé.

Je vous y conduis.

Où donne cette fenêtre ?

Les maisons au coin de la rue.

Qui a bien pu casser ce lavabo ?

On a d'autres endroits à voir.

Vous avez trouvé quelque chose ?

Nous y voilà, Sir John. Dormez bien.

J'espère qu'elle vous a laissé quelque chose à manger.

Je viens vous chercher à la première heure.

Je ne suis pas mécontent d'aller me coucher.

Cette rue me donne la chair de poule.

Bonne nuit. Viens chérie.

Markham !

Vous ne croyez pas que je dormirai mieux...

au "Red Lion" ?

C'est comme vous voulez, Sir John.

Mais chez le policier, vous verrez peut-être quelque chose.

C'est pour ça que je pense que c'est mieux.

Étant donné qu'on n'a pas trouvé grand-chose aujourd'hui.

Vous avez peut-être raison.

Doucement, Alfie ! Prenez ça sinon il va le renverser.

Vous voulez le plateau au lit ou sur la chaise ?

Laissez ça !

Oh, posez-le n'importe où.

Je vais m'habiller d'abord.

Oh, non. Je connais vos habitudes.

"Une tasse de thé avant de me lever !"

C'est ce que disait mon ancien locataire.

Prends mon chat.

Cesse de sauter là-dessus.

Ces enfants. Ils me suivent partout !

Maman ceci ! Maman cela !

J'ai pas un moment tranquille de la journée !

Qu'est-ce que vous faites vous deux ?

Il a mon chat.

Attendez qu'on soit en bas !

Ne remontez plus jamais ce chat !

Montez-moi de l'eau chaude, je vais me lever.

Prenez d'abord votre petit déjeuner.

Gladys, va faire chauffer deux casseroles d'eau.

Arthur, laisse ça.

Ne touche pas aux bagages des locataires.

Sinon ton père t'emmènera au commissariat.

Y a des locataires qui n'aiment pas ça.

Y en a un qui s'est fâché un jour. Il lui a fichu une claque !

Il était dans l'affaire Baring.

C'est mon mari qui a trouvé le corps.

Ça a été très bon pour lui !

Eh bien !

Elle vous a adopté ! C'est rare.

Vous devez lui plaire.

Vous parliez d'Arthur et des bagages.

Oui, il avait fouillé un des bagages de ce type.

Il avait trouvé un uniforme comme celui de son père.

Alors j'ai dit à ce Monsieur Fane :

"Vous n'avez pas à frapper mon fils..."

"parce qu'il trouve un uniforme dans votre valise."

"Il croyait que c'était celui de son père !"

Eh bien, il a tourné les talons en disant...

qu'il savait pas de quoi je parlais.

J'ai dit : "C'est peut-être à votre copain, M. Stewart !"

Je voulais en parler à Monsieur Stewart...

mais avec cette histoire de meurtre, j'ai oublié.

Entrez, mon cher Markham.

Je peux vous voir une minute ?

Je vais chercher l'eau chaude. Viens Edith.

Allez ! Arthur, Gladys, venez !

Allez jouer dans la rue.

On a trouvé quelque chose.

L'étui à cigarettes trouvé au théâtre.

Hier je le sors pour fumer avant de m'endormir.

Doucie me dit : "Je l'ai déjà vu quelque part."

"Il est à Stewart." Et elle remarque une tache dessus.

Et elle me dit : "C'est du sang !"

Eh oui ! Regardez vous-même !

Vous avez raison !

Qui portait un uniforme dans la pièce ?

Fane et Stewart.

Ils se changeaient au 3e acte.

Mais Fane en avait un à sa taille. Y en avait deux.

Vous êtes important dans cette affaire.

Le facteur le plus important.

Heureux de vous aider.

Le plus important est ce policier que vous n'avez pas vu.

Votre femme a vu un policier au coin de la rue.

Vous en arrivant à la fenêtre, vous en voyez un autre.

Car il y avait deux policiers !

Et le premier ne faisait pas partie de la police.

Un faux ? Un type déguisé en flic ?

Il faut trouver l'homme que Mademoiselle Baring protège.

Est-ce un acteur ? Portait-il un uniforme ?

Si elle refuse de dire son nom...

l'étui à cigarettes l'aidera à s'en souvenir.

L'homme pour lequel elle s'est disputée la nuit du meurtre ?

Le Gouverneur de la prison de Melhurst...

est autorisé à laisser entrer Sir John Menier.

Par ici, s'il vous plaît.

Asseyez-vous.

C'est gentil d'être venu.

Mais je ne peux m'empêcher...

d'être étonnée.

J'ai pris un grand intérêt à votre affaire.

N'en parlons plus !

Comment marche votre pièce ?

Très bien. Mais sans moi, bien sûr...

puisque j'étais à votre procès.

Je sais.

Ma maison de campagne est ici.

Je ne vous parlerai pas du procès...

mais je veux vous dire...

Muriel Heatherley joue toujours avec vous ?

C'est une si grande actrice !

Nous nous sommes déjà vus.

Vous vous en souvenez ?

Bien sûr. Très bien !

Si je ne vous avais pas envoyée en tournée...

vous n'en seriez pas là.

C'est pour ça, que je me sens...

un peu responsable.

C'est pour ça que je suis venu.

On doit pouvoir faire appel.

Je savais que ça arriverait.

Que quelqu'un voudrait m'aider par gentillesse.

Emprisonnement à vie !

Une semaine me rend déjà folle !

S'ils veulent faire l'autre chose, qu'ils le fassent !

Je m'y suis résignée.

Sauf la nuit.

Ce n'est pas pire que le dentiste !

Et si je l'ai fait, comme ils le disent...

il vaut mieux m'éliminer.

Quant au reste...

si vous étiez un ami, vous ne le feriez pas.

Enfermez-vous dans votre chambre...

juste une journée. Vous verrez !

Dites-moi ce que je veux savoir et vous en sortirez.

Que puis-je vous dire ?

Le nom de l'homme dont vous parliez avec Edna Druce.

Je l'ai dit plusieurs fois.

Il n'a aucun rapport avec l'affaire.

Nous ne nous sommes même pas disputées.

Edna a voulu me dire des choses méchantes sur lui.

Et je me suis bouché les oreilles.

Vous ne pouviez rien entendre.

Même pas une personne entrant dans la pièce.

J'imagine que non.

Pourquoi vous n'écoutiez pas ?

Parce que...

je savais ce qu'elle voulait me dire.

Que voulait-elle vous dire ?

Je ne peux pas répondre.

Ça compromet quelqu'un d'autre.

Beaucoup d'autres gens ont été compromis.

Markham, Stewart, Druce, Fane. Pourquoi pas lui ?

C'était quelque chose qu'il cachait.

Mais que vous saviez.

Quoi ?

Vous savez ce que veut dire ce silence ?

Que vous êtes amoureuse de cet homme.

Mais c'est impossible !

Impossible ! Je ne vois pas pourquoi !

C'est un métis.

Qu'est-ce que vous dites ?

Un métis ! Du sang noir !

Vous en avez trop dit. Quel est son nom ?

Je ne vous le dirai jamais !

Ceci vous aidera peut-être à vous en souvenir.

Les cigarettes de Stewart !

Pas Stewart ! D'Handell Fane.

Ne donnez rien à la prisonnière.

Le temps de la visite est terminé.

Oh, Sir John, un moment !

Parlons d'autre chose.

Il y avait une photo de moi dans votre chambre.

- Comment le savez-vous ? - J'y suis allé.

Comment l'avez-vous eue ?

Je veux faire du théâtre depuis toute petite.

Chacun a son idole.

C'est pour ça que je suis venue vous voir.

Et je vous ai renvoyée !

Parlez-moi encore !

J'ai reçu mes affaires avec votre photo.

Je la garde dans ma cellule.

Le temps est écoulé.

Au revoir.

Je vais trouver Fane.

Qu'est devenu Handell Fane ?

Des nouvelles de Fane ?

Pas encore. Je cherche toujours.

Je ne supporte pas ce suspense.

Ce sera bientôt trop tard.

Allô... L'imprésario Lambert ?

Vous avez trouvé Fane ?

Nous le voulons pour un rôle important.

Quoi ? Il a repris son ancien métier ?

Trapéziste ?

Sous quel nom ?

Où ?

On le tient, enfin !

C'est lui. Habillé en femme !

Il est très fort pour ça.

Bonne manière de se cacher !

J'ai une idée !

Vous connaissez Hamlet ?

Réfléchissez à ce qui se passe...

à la scène 2 de l'acte 3.

La scène du théâtre ?

Oui, la scène du théâtre.

Rappelez-vous son titre "Le Piège".

Lorsqu'il viendra lire le rôle que je vais lui offrir...

nous serons trois. Deux chats pour une souris.

Qu'est-ce que sera le fromage ?

Le fromage ce sera un grand rôle.

Le rôle du méchant dans une pièce... que je vais écrire pour lui.

Adaptée d'une récente affaire de meurtre.

J'espère qu'il saura rendre son rôle...

vivant.

Lundi 1 h 30. Handell Fane.

Mardi.

Mercredi... Diana.

Vous avez une minute ?

Certainement.

Qui est avec vous ?

Ah ! L'acteur que vous m'avez suggéré...

Pour Armitage, Monsieur Handell Fane !

Bonjour. Asseyez-vous.

Non, Bennett, ne partez pas.

Vous m'aiderez si j'oublie quelque chose d'important.

Je dois d'abord vous expliquer.

Monsieur Bennett vous a dit l'auteur de la pièce ?

Non. Il m'a dit que c'était un secret.

C'est moi qui ai écrit la pièce. Voilà pourquoi !

Mais j'ai du mal à distribuer un des rôles.

Pouvez-vous vous lever un instant ?

Il a l'air parfait.

C'est ce que je pensais.

Voulez-vous me lire une ou deux lignes du texte.

Oh, c'est totalement illisible !

Dites à Waldron d'apporter une copie de l'acte 3.

Puis-je vous demander...

de quel genre de pièce il s'agit ?

Si vous me demandez mon avis en tant qu'artiste...

vous comprendrez ma tentation.

Mon sujet est l'histoire de l'affaire Baring.

Votre indifférence m'étonne !

Vous ne faisiez pas partie de la compagnie Druce ?

Si, c'est exact.

Alors vous connaissiez les deux femmes concernées.

Oui, très bien.

À propos, vous vous produisez en ce moment...

au cirque ? C'est gênant ?

Non, j'ai repris mon ancien métier...

parce que j'ai quelques difficultés, mais...

vous ne commencez pas avant 2 ou 3 semaines ?

Non, je ne pense pas.

Je vais vous expliquer la scène.

Voilà la table en face de la cheminée.

Et sur la table,

il y a les restes du repas et la bouteille de cognac.

Vous voyez, avec tous ces détails,

je me demande pourquoi il ne s'est rien passé de spectaculaire...

avec ce cognac.

En tant que dramaturge...

je trouve que le cognac n'a pas été suffisamment exploité.

Mais la justice n'a pas le sens du drame.

Commençons juste avant le meurtre.

Il y a une courte querelle entre les deux femmes.

Et au beau milieu, vous faites votre entrée...

sur les mots... je les tiens du procès...

sur les mots..."Amis ?

"Je peux vous apprendre quelque chose sur vos amis !"

Commencez là, voulez-vous ?

Comment avez-vous deviné l'entrée par la fenêtre ?

C'est par là que je le fais entrer.

Et regardez...

vous avez oublié votre texte !

Où en sommes-nous. Ah oui !

"Amis ? Je peux vous apprendre..."

Ne serait-il pas mieux que je prenne le tisonnier...

avant d'entrer dans la pièce.

Excellente idée ! Je la note !

Merci.

Puis-je avoir le tisonnier ?

Désolé. Je n'ai pas de cheminée.

Un crayon fera l'affaire ?

On peut continuer sans le tisonnier !

Servez-vous de votre imagination.

Alors... par la fenêtre... dans la pièce.

Vous entrez doucement... les deux femmes...

se font face... vous veillez à ne pas être entendu.

Vous vous approchez de celle qui vous tourne le dos.

Vous levez le tisonnier...

et l'autre femme dit : "Mais c'est un mét..."

Dommage ! La scène n'est pas finie !

Je commençais à la sentir.

J'ai pensé que peut-être...

vous nous aideriez à la finir.

Désolé, Sir John.

Je ne sais pas écrire une pièce.

Lorsque le texte sera terminé...

permettez-moi de faire une autre lecture.

À quelle heure passe Fane, ce soir ?

Excusez-moi.

Comment allez-vous ?

Markham, qui aurait cru vous voir ici ?

Je travaille pour Sir John maintenant.

Il m'aide pour la nouvelle pièce.

Le cognac est bon pour les nerfs !

Mes nerfs sont à rude épreuve. On ne sait jamais ce qui peut arriver.

Vite, c'est à vous !

Vous êtes venu me parler de ce rôle ?

Vous savez pourquoi je suis venu.

Dépêchez-vous. Il va y avoir un temps mort.

Sir John ! Vous venez voir le spectacle ?

Non.

Je suis venu voir Monsieur Fane.

Revenez me voir après mon numéro.

Je serai ravi de reprendre notre discussion.

Vite ! Jouez quelque chose !

Il nous a eus.

Fane a décidé de collaborer à ma pièce.

Il dit que les deux femmes...

se font face dans le silence.

Elles sont tellement tendues...

qu'elles n'entendent pas le meurtrier entrer.

La femme qui sera tuée va parler.

Le meurtrier se lance, bouscule l'autre.

Elle s'assomme en tombant.

Il se jette sur l'autre avec le tisonnier.

Elle tombe près de la cheminée. Elle est morte.

Il manque de s'évanouir à la vue du sang. Il boit le cognac.

L'autre femme commence à remuer. Il doit fuir.

Il saute par la fenêtre...

et de la même façon dans la loge du théâtre.

Ça explique le lavabo cassé. Mais comment rentrer chez lui ?

L'uniforme de police qu'il porte sur scène !

Voilà votre policier. C'était le meurtrier.

Il a tué la femme qui connaissait son secret...

et qui allait le révéler à la femme qu'il aimait.

Voilà un beau mélodrame.

Eh bien, Markham, nous l'avons.

Pauvre diable ! Et Diana Baring...

Elle savait qu'il était métis !

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