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...
Brouhaha
-Silence !
-Ăa va le diadĂšme ? Tu le sens bien ? -Hum.
-Monte un peu, Gérard.
-Ne bouge pas, ne bouge pas trop.
-Monte aussi Ă la face. -Je suis limite.
-Pourquoi tu la brosses ? C'est pas un poney, arrĂȘte.
-Attends, lĂšve un peu la tĂȘte.
Comment s'appelle le mannequin ? -Je me rappelle plus.
-Faut que je lui parle en anglais ? -Je suis française.
-Tant mieux. On m'a dit que t'étais américaine.
-Je suis américaine aussi. -Bon, d'accord.
Vas-y, fais ton truc, vas-y, bouge.
Cliché
LĂšve la tĂȘte.
Cliché
Le regard.
Oui, c'est bien, ça. Cliché
Tout le monde se tait maintenant, la petite est bien.
Clichés
Oui, c'est bien, ça.
C'est élégant.
Un peu plus haut, les yeux. Cliché
...
C'est bien.
...
Reviens un peu, t'as l'air triste, on peut pas faire un truc...
Explosion et bris de verre
C'est quoi ce bordel ?! -Ăa va, personne n'est blessĂ© ?
-Gérard !
-Je te l'avais dit. -Ăa va ĂȘtre de ma faute !
-T'es vraiment qu'un connard ! Tu pouvais rajouter un projecteur !
-On n'a jamais le temps avec toi !
-Tu me fais chier ! J'en ai marre de bosser avec des cons.
-J'ai pas eu le temps ! ArrĂȘte de gueuler.
-T'as jamais le temps ! Ta gueule !
Une porte claque.
-Il s'est barré.
-(C'est pas vrai ?)
-Je le connais, il reviendra pas.
-Quoi, on arrĂȘte ? -Tu veux continuer comment ?
-J'ai ramené le contrat de la petite.
-C'est bon, je suis libérée ?
-On vous rappellera.
-Merci.
Conversations
...
Clarinette solo
...
Harry ?
*Jazz New Orleans
Le bébé pleure.
...
...
...
...
...
...
Laura babille.
*...
Quelqu'un entre.
*...
-Niki...
Je trouve pas mes clés.
Tu me rejoins ? Comme ça, on fait pas que se croiser.
-La nounou arrive ? -Oui.
-Je vais "te acheter" une machine Ă laver.
Tonalités aiguës au violon
...
-"La Machine infernale", Cocteau. En scĂšne !
Prenez Ă "Venez. Fermez les yeux".
-Venez. Fermez les yeux.
Ne trichez pas.
Comptez jusqu'Ă 50.
-Un, deux, trois...
-(Niki, ces retards, il faut faire quelque chose, un peu de rigueur.)
-Six,
sept, huit...
Ah !
Vous ?!
-Moi ! Moi ! Le Sphinx !
-Je commence à comprendre vos méthodes.
-C'est bien, halte lĂ .
Et maintenant...
je vais te donner un spectacle.
Abandonne-toi.
Si tu résistes, tu ne réussiras qu'à rendre ma tùche plus délicate
et je risque de te faire mal.
-Je résisterai.
-Inutile de fermer les yeux, de dĂ©tourner la tĂȘte,
car ce n'est ni par le chant ni par le regard que j'opĂšre.
Mais plus adroit qu'un aveugle,
plus sanguinaire que les oiseaux,
plus attentif que le serpent qui humecte sa proie de salive.
Invisible surtout.
Invisible et majestueux comme la circulation du sang des statues.
Un fil qui te ligote.
Et tu demanderais grĂące.
Et je... j'ai un trou.
Une femme chante un air de jazz
...
...
-Comment vous avez fait pour quitter Boston ?
-Je... je ne saurais mĂȘme pas par oĂč commencer tant il y a de raisons...
-Jacky, Jacky !
Je te présente Pierre.
-Enchanté. Incroyable, cet endroit.
-Et les musiciens sont américains.
-Tous les Américains sont à Paris. -Juste les meilleurs.
-Jacky me demandait pourquoi on avait quittĂ© les Ătats-Unis.
-Ta mĂšre.
-Ma mĂšre ?
SĂ©rieusement ? Peut-ĂȘtre, peut-ĂȘtre ma mĂšre.
Ma mĂšre,
elle est mieux que la tienne, non ?
-Il vaut mieux pas que je raconte sa derniĂšre gentille chose.
-On a envie de savoir.
T'es obligé de raconter. -Je peux ?
-Allez.
-J'étais enceinte de Laura, on venait tout juste de l'apprendre,
et elle m'a invitée à prendre le thé chez elle pour me faire avorter.
-Bref, oui, euh...
Ma grand-mÚre m'a donné assez d'argent pour échapper.
On est Ă Paris. -C'est vrai.
-On est bien.
...
Sifflements feutrés
...
...
-Ah !
ThÚme inquiétant
...
Choc métallique
Quelqu'un monte l'escalier.
...
Clé dans la serrure
-Niki ?
-Oh, God.
-Woh woh woh woh woh.
Ăa va ?
-Est-ce que tu peux m'écraser ?
Oh...
Elle tousse.
Hum...
Je sais pas ce que j'ai.
ThĂšme dramatique
...
...
-André !
Elle a peint des statues du XVIIIe en rouge.
-Qu'est-ce que ça veut dire ?
-C'est grave. Ils ne la reprendront pas
Ă moins qu'elle ne consulte un psychiatre.
-Taisez-vous.
Eh bien, parle.
Dans la cuisine,
je ne veux plus te voir !
-Bénissez-nous Seigneur, bénissez ce repas.
Procurez du pain Ă ceux qui n'en ont pas.
-Amen.
-André, c'est le sexe des statues qu'elle a peint.
Il tousse.
-Je ne vois pas le sujet.
Gardez votre sang-froid.
Clochette
-(Elle n'était pas comme ça avant.)
(Sadique.)
-(Maman ?)
-Tais-toi !
(Quelque chose ne tourne pas rond)
(dans sa tĂȘte.)
Il tape du poing.
-(Ne soyez pas si idiote. Elle n'est pas folle, enfin.)
ThĂšme minimaliste angoissant
...
Elle geint.
... ...
-Niki ?
-Non.
Niki pleure.
ThĂšme angoissant
...
-D'ordinaire, je ne reçois pas en urgence,
j'espĂšre que c'est important.
Comment vous sentez-vous ?
Je vous remercie.
Je vais vous demander de sortir,
pour que je puisse parler Ă votre mari.
On ouvre une porte.
-Ah bon ?
...
-Niki ?
Niki ?
...
-C'est moi.
-Oui, je vous reconnais.
Elles sont tellement jolies vos couleurs.
-Madame Mathews ?
Madame Mathews, on vous cherche partout enfin, venez.
-Est-ce que je pourrais avoir des couleurs comme lui ?
-C'est son matériel. -Je pourrais m'en faire apporter.
-On va suivre le protocole. -(Pourquoi ?)
-D'abord le traitement.
Grésillement
...
-C'est bon ?
-Un instant.
Quand vous voulez.
...
Des voix résonnent, une porte grince.
...
Quelqu'un approche.
-Est-ce que je pourrais avoir de la colle ?
-Pas pour le moment, désolée.
-Ce n'est pas grand-chose, je ne peux pas me suicider avec de la colle.
-Le rĂšglement est strict, c'est non.
-Mais qui fait le rĂšglement ?
-Un peu de patience.
-J'ai besoin de faire quelque chose, d'accord ?!
-ArrĂȘtez ce scandale.
-Non ! Non ! Cet endroit me rend dingue !
Cet endroit me rend dingue ! J'ai froid !
J'ai faim ! Je tremble tout le temps, en plus, c'est infesté de rats !
-ArrĂȘtez de crier, sinon je devrai faire appel Ă la sĂ©dation.
Elle crie.
-Nous faisons tout notre possible
pour vous accompagner.
Ce n'est pas cet endroit qui vous rend dingue.
Il n'y a pas de rats.
-Je veux voir le Dr Cossa.
-Il est en déplacement, vous le savez.
Souhaitez-vous voir le Dr Masson Ă la place ?
-Non.
-Allez, faites confiance aux médecins.
Il faut vous reposer maintenant.
...
-Laura ?
-Merci ma chérie, merci beaucoup.
-Vous ĂȘtes venus quand la derniĂšre fois ?
-Tu sais combien de temps
ils veulent me garder encore ?
Harry, il a dit combien de temps ?
ThĂšme cristallin
...
Pépiement strident d'un oiseau
...
-Hum, hum.
Quelqu'un tape Ă la machine.
...
Vous faites ça depuis longtemps ? -Je sais pas.
On ne veut pas me donner de colle donc j'ai pas le choix de me cacher.
-Vous entrez ici avec des pulsions suicidaires.
La rĂšgle normalement,
c'est pas d'activité le premier mois.
-Je ne comprends pas.
-Louise, apportez-moi son dossier.
-Tenez, docteur. -Merci.
En général, le traitement est si intense
qu'aucun patient
n'a la force de faire autre chose.
Manifestement, vous faites exception.
-C'est pour moi ?
Merci.
Mon mari peut m'apporter des couleurs ?
-Oui, on va faire ça.
Comment vous sentez-vous ?
-Bien.
Bien, je ne me sens plus...
Je me sens mieux.
-Des idées noires ?
Vous vous sentez toujours menacée ?
-Non.
-Vous mangez bien ?
-Oui, ça va.
-Le comportement s'améliore...
Nous allons pouvoir passer aux méthodes psychothérapeutiques.
Et puis, si votre état se maintient dans les semaines qui viennent,
nous envisagerons un retour Ă votre domicile.
-C'est vrai ?
-Oui, enfin nous verrons. -C'est vrai ?
-Prenons notre temps. Restons prudents.
-Oui.
Merci, docteur.
...
(On va faire les petites feuilles des arbres comme ça, ti ti ti ti...)
(Hop-lĂ .)
-Laura ?
Tu viens, on va Ă la plage.
-Merci, Marion. Je vous rĂšgle tout Ă l'heure, OK ?
Amusez-vous bien.
Téléphone
...
-Niki ? -Ouais ?
-Je m'en fous, je veux plus ĂȘtre actrice.
-Tu t'en fous.
-J'ai jamais supporté qu'on me dise :
"Fais ci, fais ça."
"Mets-toi lĂ !"
Bresson ou un autre, je m'en fiche.
Je veux faire ma création à moi. Voilà .
C'est ma vocation,
trouvée chez les fous.
C'est quoi, ça ?
-Mon pĂšre.
-Qu'est-ce qu'il veut ? -Je sais pas.
-Tu veux quelque chose ?
-Oui, je veux bien de l'eau, s'il vous plaĂźt.
ThĂšme angoissant
...
Elle vomit.
...
Non, non, non, non.
Non, docteur, non !
-Comment il a pu écrire une chose pareille ?
C'est du délire.
-Vous l'avez brûlée ?
-Ăcoutez, je suis votre mĂ©decin,
vous venez de passer six semaines ici. C'est de la folie.
Je ne vois pas comment un homme comme lui,
qui a été élevé...
-Il a essayé... -Dans la foi...
La morale catholique,
peut transgresser, comme il le dit.
-Il a essayé de faire de moi sa maßtresse.
-Qu'est-ce qu'il a fait ?
Vous vous souvenez pas.
-Ce qu'il a écrit.
-S'il veut vous maintenir
enfermée ici,
il n'a qu'à continuer à écrire ces lettres.
-Mais vous ne le connaissez pas.
Ma mÚre passait son temps à lui dire que c'était un coureur,
à pleurer, à compter ses maßtresses, il séduisait tout ce qu'il pouvait.
-Je vous assure, ça ne peut pas ĂȘtre vrai.
En tout cas, il... il n'est pas bon
que vous le croyiez.
-Je crois pas qu'on demande pardon quand on n'a rien fait.
Tu l'as lue cette lettre, hein, tu l'as lue beaucoup ?
-Trois fois.
-Tu t'en souviendras toujours ?
-Yes. I promise.
Solo de trompette mélancolique "Mea culpa", Georges Jouvin
...
Elles dansent.
-Elles sont dans tous les sens. -Super danceuses.
-T'as vu, les trois en haut, elles font la ronde.
Qui va gagner ?
-Les fourmis, normalement.
-La guĂȘpe, elle a ses petits crochets, non ?
...
Pépiement des oiseaux, grillons
...
...
-Tu veux que je t'aide ?
-Non, ça va.
-Elles sont trĂšs trĂšs belles ces nouvelles peintures.
-Oui, mais le problĂšme,
c'est que je n'ai pas une technique assez bonne
pour pouvoir exprimer
tout ce que j'ai envie de dire.
Je dois faire une école.
-Mais non, tu n'as pas besoin.
-Si.
-Tu lis tous les livres, tu visites tous les musées.
Il n'y a pas de meilleure école.
-Tu dis ça parce que tu en as fait une.
à Boston, on me disait déjà que je peignais comme une gamine de dix ans.
-C'est peut-ĂȘtre elle
qui a besoin de parler. -Qui ça ?
-La gamine de dix ans.
C'est toi qu'on veut Niki, toi.
Pas un peintre de plus.
Et pour ça,
il n'y a qu'une seule direction possible.
Tu dois aller vers lĂ .
Hm ?
-Peut-ĂȘtre.
(en anglais)
-LĂ ? -Oui.
(en espagnol)
-Non, non, mon bébé va bien. Il est tout petit, mais il va bien.
La voiture s'arrĂȘte.
-HĂ© ? HĂ© ?
Te la puedes cuidar.
"Mea Culpa" - George Jouvin
...
Le nouveau-né pleure.
...
-Como lo vas a llamar ? -Philip.
...
Je suis honorée de vous présenter mon travail.
Hugues m'a tant parlé de vous,
je vous remercie beaucoup d'ĂȘtre venu jusqu'ici, c'est adorable.
-C'est un beau repĂšre d'artistes cette impasse, un bel environnement.
-Et avec un toilette pour trente, l'atmosphĂšre est vraiment unique.
Je suis arrivée ici il y a quelques semaines.
-Et pourquoi s'arrĂȘter de peindre sur cette partie ?
-Je ne sais pas, c'est quelque chose qui vient,
une image, une émotion.
Je me fiche des détails.
-Et ces ajouts de matiĂšre ?
-Oui.
J'en ai besoin.
-Pourquoi ?
-Hum...
J'ai commencĂ© par ça, peut-ĂȘtre. AprĂšs, j'ai...
Parce qu'il y a...
il y a quelque chose de plus rapide avec la matiĂšre qu'avec la peinture.
Il faut que ça sorte vite. -D'accord, oui.
Il y a quelque chose, c'est indéniable,
mais il faut vous dégager de vos influences.
-Tu n'en as pas besoin. -Ăa, ça.
Ăa, je ne l'ai jamais vu.
Vous ĂȘtes sur la bonne voie.
Ne cherchez pas Ă aller plus vite que la musique.
Je t'attends dehors.
-Je t'avais dit, les collages, la matiÚre comme ça,
c'est peut-ĂȘtre pas le moment.
Mais s'il dit d'insister, il faut... Ă d'autres, il dit : "ArrĂȘtez".
Je vais le rattraper.
...
Niki hurle.
ThÚme inquiétant
...
-Tinguely !
ThÚme mystérieux
...
-Salut. Je voulais pas te déranger, pardon.
-Qu'est-ce que tu voulais ?
-Tu faisais un sacré bruit. -Je viens de me faire jeter, donc...
-Ah bon, par qui ? -Drouin.
Tu le connais ?
Jean, c'est ça ?
-Jean.
-Tu veux voir ce que je fais ?
-Il a dit quoi le galeriste ? -Je me rappelle mĂȘme plus.
Celui-lĂ , il ne l'a mĂȘme pas regardĂ©.
Mais j'ai pas bien expliqué, je crois.
-Si on savait expliquer ce qu'on fait,
on serait des marchands, des vendeurs de brouettes.
C'est l'art qui est comme ça, c'est une bĂȘte Ă vendre pour les cochons.
Nous, on fait de la poésie, c'est pas pareil.
C'est une maladie, quand tu l'as, tu peux pas faire autre chose.
-Moi, c'est vrai, c'est vraiment ma maladie.
-Moi, c'est vrai aussi.
-Moi, ça m'a littéralement sortie de l'hÎpital psychiatrique.
Jean Tinguely rit.
-Alors c'est ta santé.
Il soulĂšve une feuille.
Et ça, c'est quoi ?
-Ăa, c'est mes chĂąteaux.
C'est inspirĂ© du parc GĂŒell, tu connais ?
Gaudi, Ă Barcelone.
C'est extraordinaire, moi, je ferai ça un jour,
je veux faire un truc monumental, dingue, et beau.
-On peut tout faire.
Moi, je fais bien des machines
qui servent Ă rien.
Tu veux passer à l'atelier ? Je te présenterai le mec de ma femme.
-Quoi ? -Il est sympa.
Il vient de passer 26 mois en Algérie, il raconte de ces trucs...
Il est traumatisé.
Tu viens ?
-Oui.
Et tu vends, toi ?
-Pourquoi, tu veux m'acheter un machin ?
-Quoi, une machine ? -Bah oui, j'ai faim.
-Peut-ĂȘtre.
-Ăa m'arrive de vendre.
Mais il faut ĂȘtre prĂȘt Ă traverser la misĂšre.
Miro excellait quand il faisait un repas par jour.
-Que dis-tu, grande bouche ? -Je parle d'argent.
-J'en ai eu, j'en ai plus. -Laisse-le.
Tu as une sacrĂ©e tĂȘte, toi.
-Je vous présente Niki.
-Je pourrais faire ton portrait ?
En mĂȘme temps, t'es toute maigre.
Faut te nourrir.
On va te donner Ă manger. -Je mange.
-Alors, qu'est-ce qui me reste ?
Du chocolat.
Mais c'est la Suisse, ici.
-Elle marche ta machine ? -Oui.
Mais je peux pas l'allumer, ça casse la tĂȘte Ă Brancusi.
Faut que tu le rencontres. -J'oserais jamais.
-Il adore parler de son travail, surtout aux jolies jeunes femmes.
Il fait ses visites au champagne.
-Viens, on va le faire sortir. -S'il est là , ça va marcher.
Il démarre la machine.
...
-Elle est belle celle-lĂ , hein ?
-Il faudrait lui rajouter une plume ou deux, je trouve.
-Tu te fous de moi ? -Non, mais ça serait joli.
-Elle a raison. -Oui, une ou deux.
Cette sculpture méta mécanique va faire exploser ce jeune homme
dans quelques jours, au festival d'art d'avant-garde
avec Klein et son monochrome.
-Il va exploser, mais littéralement.
-Je suis politique, mon pote, une bombe Ă retardement.
Un feu d'artifice du tonnerre. -Mon cul, oui.
-Bon, c'est sympa.
-Oui, vraiment.
Et Tinguely aussi.
-Ah ouais ? -Hum, trĂšs impressionnant.
Il m'a tellement remonté le moral.
T'inquiĂšte pas, c'est pas mon genre.
Mais je sais pas comment ils font,
c'est comme s'ils étaient libérés de...
de ce truc de possession.
Elle était là avec son amant et son mari,
c'était dingue.
-J'ai couché avec le Lord puisque tu couches avec sa femme.
Pour me venger.
Mais quand ? Quand ? When ?
-Juste avant l'hĂŽpital.
Et toi, c'était la seule ?
-Si tu veux savoir... -Je sais pas si je veux savoir.
-Attends Niki, oh...
-Je sais pas, mais c'est trop tard maintenant, je veux savoir.
Je dois m'asseoir.
-OK.
J'ai couché avec le prof de théùtre.
Et toi, comment tu as pu ?!
Je sais qu'il y en a d'autres, en plus.
-Et c'est mieux ailleurs ?
-Non.
-Je sais pas comment tu me supportes encore avec toutes mes horreurs.
Tu veux bien continuer
de m'aimer encore un peu ?
-Oui.
(Et toi ?)
-Oui.
-Ouh !
Fuck.
Le théùtre ?
Ils rient.
...
...
ThÚme expérimental inquiétant
...
Elle pousse un rĂąle.
Elle se tape.
...
Niki pleure.
...
(ArrĂȘte, arrĂȘte.)
(ArrĂȘte.)
Niki essaie de se calmer.
Quelqu'un frappe.
...
Aboiement, pépiements d'oiseaux
-Ăa va ?
C'est quoi, cet état, là ?
Viens, t'as les yeux qui te sortent de la tĂȘte, ma pauvre petite mĂšre.
Dis-moi ce qui se passe.
Niki ?
Essaie.
Dis, dis-le.
-Hum...
-Viens lĂ , viens.
Viens. Viens lĂ .
Regarde-moi, viens, approche.
Regarde-moi s'il te plaĂźt, s'il te plaĂźt.
(S'il te plaĂźt. S'il te plaĂźt.)
(S'il te plaĂźt.)
Elle souffle.
-Comment tu fais ?
-(Je suis une sorciĂšre.)
Vas-y.
Tu tires une carte avec ta main gauche.
Vas-y.
Bon.
Il y a du retard, ça stagne.
T'arrives pas Ă faire les choses que tu veux faire.
Hein ?
Mais il faut que le sang monte Ă la tĂȘte.
Tu vois ?
Il faut que tu regardes les choses autrement.
"Autrement", tu comprends ?
C'est ça, le pendu.
Un chien aboie.
Viens.
Viens.
Discussion inintelligible
Une porte s'ouvre.
-Et alors, les petits chats ?
-Je sais pas comment il a fait, il l'a convaincu ?
-Ah non, c'est elle qui l'a convaincu.
Ils rient.
-Tiens DufrĂȘne, tu connais pas Niki ?
-Non. -Et Arman, Niki.
-Salut, Nikita.
-Salut.
-Alors, Niki ?
Qu'est-ce que tu fais dans la vie ?
-Je fais de la peinture.
-Ăa existe encore, ça ?
-C'était il y a longtemps, ça.
-C'est bien plus que ça
ce que tu fais.
-Police de l'art, mademoiselle Nikita !
Retirez tout ce que
vous avez d'illégal sur vous.
Vos pinceaux, votre gouache, vos toiles, tout !
Ils rient.
Je vais vous demander d'enlever tous les objets illégaux
que vous possédez.
-Ne vous inquiétez pas, elle va sortir du mur,
elle va rentrer dans le volume, on en a déjà parlé.
-Mais foutez-lui la paix, bande de lourdauds.
-Ah, Ă boire !
VoilĂ , enfin.
Il soude.
...
-Je crois que c'est bon, c'est sûr que ça va pas tomber.
-Merci beaucoup.
Merci, Jean.
-Je refais ça quand tu veux.
ThĂšme cristallin
...
-Vous ĂȘtes prĂȘts ? N'ouvrez pas les yeux avant que je ne vous le dise.
-C'est quoi ? -On avance tranquillement.
Tranquillement...
On y est presque.
Stop. Non, pas tout de suite.
OK. Un, deux, trois.
-WAOUH !
-Il vous plaĂźt ?
-Mon avion. -C'est trop beau.
-C'est mon avion.
-Non, c'est mon avion, Philip. -Non, c'est mon avion !
-On en a parlĂ©, c'Ă©tait le mien, je te l'ai prĂȘtĂ©.
J'en avais besoin. -Non, c'est mon avion... !
-Non ! Tu le sais, c'est mon jouet. -Maman, c'est mon jouet !
-HĂ© ! Oh, oh, oh, oh.
-J'ai le droit d'avoir mes choses !
Non, mais c'est bon, je l'enlĂšve, je m'en fiche !
J'arrive pas Ă l'enlever.
C'est ridicule, tout ça pour un foutu... !
-Il est quand mĂȘme bien plus beau lĂ , dans l'arbre !
Mais j'ai fait tout ça exprÚs pour vous, pour vous faire plaisir !
Elle pleure.
...
Pardon.
Niki tousse.
-Bonjour monsieur. -Bonjour.
-Madame.
Elle pousse un rĂąle.
...
Les médecins, ils savent rien.
Ils savent rien. Ils sont nuls.
(Nuls, nuls, nuls, nuls.)
-(ArrĂȘte. ArrĂȘte.) -(Nuls.)
Niki se tord de rire.
...
-(ArrĂȘte, arrĂȘte, arrĂȘte.)
-Pardon, madame.
Quelqu'un ouvre une porte.
-Madame Mathews.
-(C'est le serpent.)
-C'est une glande Ă la base de votre cou.
Vous souffrez d'hyperthyroïdie, c'est ça, vos tremblements, vos insomnies.
Vos Ă©motions exacerbĂ©es, vous ĂȘtes Ă©puisĂ©e.
Votre corps est en surrégime,
vous n'allez pas pouvoir continuer longtemps comme ça.
-C'est-Ă -dire ?
-Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne nos offenses
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal.
Amen.
-C'est quoi, maman ?
-C'est une cicatrice parce que j'étais malade, mais c'est fini.
Je suis guérie.
Non, toi, t'en as pas, t'en as pas du tout.
-Bah non.
Non, c'est le rasoir qui fait des cicatrices.
-Oui.
-Moi, je suis malade. -Je sais mon cĆur.
-Les priĂšres marchent.
-Oui, la médecine aussi, chérie.
On se met au lit, hein ?
On se met au lit, allez. Il faut dormir, maintenant.
On tue le dragon et on se met au lit. Prrr ! Prrr ! Prrr ! Le dragon.
OK, c'est bon. -Non, une grosse limace !
-Prrr ! Prrr ! OK, c'est bon, elle est décédée. Au lit.
Allez, bonne nuit.
-J'ai peur des monstres,
maman.
-Moi aussi.
-Ils sont couchés ?
-Oui.
-Je sais pas comment tu fais.
-Avec quoi ?
-Les enfants.
Je peux pas les supporter.
Pourquoi vous partez ?
-Pour l'air, le silence.
Je n'arrive plus Ă me concentrer complĂštement sur mon travail ici.
On a acheté cette petite maison,
Enfin, Harry a acheté cette petite maison.
Et voilĂ , on a de l'espace on travaille, je fais mon potager.
-Ăa a l'air gai Ă se pendre. Jamais je pourrais.
Discussion inintelligible
-Et tu as une exposition de prévue, toi ?
-Oui, on prépare ça.
Mon galeriste revient le 10 de New York.
Je produis tellement qu'il ne sait plus
oĂč donner de la tĂȘte.
Je pense, on ouvre une autre bouteille, c'est fini, ça.
Alors, et ton bouquin ?
-Moi, c'est inspiré du travail de Roussel. Tu connais Roussel ?
-Roussel ? Oui, c'est génial.
Il faut absolument
que tu rencontres Perec.
Tu vas l'adorer,
il va t'adorer, vraiment.
-Mais pourquoi vous allez vous enterrer comme ça à la campagne,
Ă vivre comme des vieux ?
-Parce que ça nous plaßt, c'est un bon endroit pour écrire.
-Tu dois cĂŽtoyer le milieu parisien
si tu veux avancer.
Ăa marche comme ça.
-Je devrais peut-ĂȘtre faire ça, moi aussi.
-Non, toi, c'est différent.
Toi, tu es une femme d'écrivain qui fait de la peinture.
-Pardon ?
-Ătre artiste, c'est autre chose.
C'est avoir un galeriste.
C'est vivre de son art, c'est ĂȘtre habitĂ©.
Quand tu es artiste, tu fais une différence dans le monde.
Pour toi, c'est un passe-temps de femme au foyer.
-HĂ©, oh, OK, Joan, OK.
Hé, hé...
-C'est mignon, mais c'est pas pareil.
-Excuse-la, elle a un peu bu, quand elle est comme ça, elle s'arrĂȘte pas.
Il y a tout son fiel qui ressort.
-Je t'ai pas demandé de m'excuser, je dis ce que je pense.
Et toi, si tu avais un peu de couilles,
c'est ce que tu ferais aussi.
-Avec mes couilles ?
Tu vois, Joan, je pense que tu n'es qu'une salope jalouse.
-Tu m'as dit quoi, lĂ ?
Tu m'as dit quoi ?
-Oh... -Ah ouais ?
Allez, ressaie, ressaie, voir. Vas-y. Tu veux jouer à ça, fais.
C'est pour rire ?
Hein, Joan, c'est pour rire ?
Refais voir, tu refais.
-Tu arrĂȘtes !
Il m'a tapée ! Il m'a tapée !
T'es qu'un connard ! -Moi ?
-Oui, t'es un connard ! -Je t'emmerde !
Tu vas oĂč, lĂ ?
-HĂ© ! Oh ! Oh ! Oh !
L'assiette se brise.
-Elle a raison.
...
ThÚme mystérieux
...
...
-C'est beau.
Waouh !
You're so strong !
C'est bien ouais vas-y.
Yeah good job lady.
Bravo, c'est bien.
ThÚme mélancolique
...
-Yeah !
-Oui, j'arrive.
-Viens !
-Maman ?
-Papa, tu nous prépares un petit déjeuner ?
-Maman, t'es oĂč ?
-Papa, regarde.
-Oui ?
-Je devrais foutre le feu Ă votre bureau,
Pourquoi vous avez brûlé ma lettre ?!
Pourquoi vous l'avez pas cru ?
C'était trop dégueulasse à regarder ?
C'est le seul aveu qu'il m'ait fait !
C'était la seule preuve que ça m'est arrivé,
que je ne suis pas folle !
Et c'est perdu !
C'est perdu !
Quelqu'un entre.
Qu'est-ce que vous allez me faire ? Mais lĂąchez-moi !
Vous allez faire quoi, vous allez me sédater ?!
-Vous pouvez la lĂącher.
-Vous n'aviez pas le droit de faire ça, c'était à moi ! à moi !
-Faites-la sortir.
-Non, non, lĂąchez-moi.
Je vais sortir toute seule.
Mais toute ma vie,
je me rappellerai
que vous...
le petit docteur...
vous avez protégé mon pÚre.
Et vous m'avez laissée tomber.
Je veux que vous me demandiez pardon.
...
ThĂšme dramatique
...
-Niki ?
Niki ?
Je t'ai apporté de quoi manger.
Et des couleurs,
je les ai piquées.
-T'es gentille.
-Dis donc, t'en as fait quelque chose de ton appartement.
Niki ? Niki, c'est quoi, ça ?
-C'est un vrai, je l'ai trouvé aux Puces.
-Tu vas faire des morts. -Mais non, il est pas chargé.
-C'est confisqué. -Ah non, non, non.
Pas celui-lĂ .
-T'en as combien ?
(Oh, arrĂȘte. Dingue...)
-Celui-lĂ , si tu veux.
-Pas besoin de flingue.
-Avec ça, il peut rien t'arriver.
Clic
Elles rient.
-T'as des nouvelles des enfants ?
-J'arrive pas Ă joindre Harry.
J'aurais jamais dĂ» le quitter.
-T'as qu'Ă prendre Jean. Il dit ton nom toutes les nuits en dormant.
-Quoi ?
-Ăa coule de son caleçon. -Quoi ?
Elles rient.
...
Tu t'ennuies pas de ta fille, toi ?
-Non, Myriam est mieux en Suisse que dans l'impasse.
C'est trop dur, sans eau, sans chauffage.
Pour nous, ça va, mais...
Je vais pas la mettre dans ce taudis.
C'est quelque chose, les enfants.
Le téléphone sonne.
Tu dis Ă ton salaud d'amant
que tu restes avec moi,
il peut pas monter.
HĂ©, attends, lĂ , c'est Ă mon tour
de t'avoir !
-AllĂŽ ?
*-Salut, ça va ? Je suis en bas.
-En fait, tu peux pas monter maintenant parce que Eva est lĂ .
Mais elle restera pas longtemps.
Donne-moi quinze minutes.
Juste quinze minutes.
*-J'ai des choses Ă faire.
*Ce sera pour une autre fois. -Mais non !
Mais quand ? *-Je sais pas. La semaine prochaine.
-Non, c'est trop loin.
-(Si, c'est trĂšs bien !)
*-Allez, je te rappellerai. Je te rappelle.
Il raccroche.
-Il te bouffe, ce mec.
C'est Ă cause de lui que t'as plus rien.
-C'est bon, il est parti ! -Tant mieux. Il te pompe.
Il te pompe.
*"Trouble In Mind" - Chippie Hill
*...
Pas dans l'escalier
On frappe Ă la porte.
*...
-Niki ?
*...
Oh !
...
Elle rit.
...
-T'aurais pu me prévenir.
-C'est bon, je croyais que tu aimais la couleur.
-Tu trouves ça drÎle ?
-Ăa va, je savais pas.
On n'est pas obligĂ©s de s'arrĂȘter pour ça.
-Si.
Ăa me dĂ©goĂ»te.
De toute façon, je dois y aller.
-Tu peux pas me faire ça.
-Pourquoi ?
-Parce que je t'attends,
ça fait des jours ! -Allez.
Allez.
-Non, mais c'est toi
qui me dégoûtes !
T'entends ?!
T'as rien pour moi, ne reviens plus, jamais !
-Comme d'habitude, quand c'est fini, tu me rappelles ?
-Non, c'est terminé !
Va te faire foutre,
espĂšce de petit minable de merde !
Niki étouffe.
Connard !
-D'accord, je te promets que tu me reverras plus.
Ăa va te faire un vide.
Tu crois que t'es une artiste, c'est ça ?
Mais tu rĂȘves.
C'est pas parce que t'as des problĂšmes
que t'es quelqu'un d'important.
Tes peintures, c'est rien.
Ta vie ?
*Tonalité
-Harry, tu réponds ?
*-Fuck...
-Oui, je suis désolée.
-Je... je n'arrive pas Ă vivre sans vous.
-Non.
-Non, je fais n'importe quoi.
Je sais pas pourquoi je suis partie.
Je sais pas. *-Je peux pas.
*Je suis désolé, je peux pas.
*Je te laisse.
*Tonalité
-Tu l'as revu ?
-Faut que je me débarrasse de lui.
-Je le connais bien, c'est dur de résister.
Il adore briser les ménages, séduire les femmes de ses amis.
-Je suis pas la femme d'un de ses amis.
-Non, mais j'aurais bien aimé.
-Ăa t'est venu comment tes machines ?
-Quand j'avais 12 ans, je fabriquais des moulins au bord des ruisseaux
avec des boĂźtes de conserve et des bouts de machins.
Chaque moulin avait son bruit,
je faisais des concerts dans les forĂȘts.
Ăa sonnait comme une immense cathĂ©drale.
"Never should have done it" The Innkeepers
-Moi,
je voulais ĂȘtre Jeanne d'Arc, ou George Sand,
ou Napoléon avec un jupon.
Je voulais que ma vie
soit difficile et excitant, et je...
je voulais que ce soit grand.
-Ăa va ĂȘtre grand, ta vie, Niki.
-Qu'est-ce que t'en sais ? -Ăa se voit dans ton travail.
Faut pas que t'aies peur, faut que tu mettes le paquet.
Si tu t'exprimes pas avec ton art,
ce sera foutu.
L'art, c'est la nouvelle arme du monde.
*...
On est les nouveaux terroristes.
*...
-J'ai pas faim. -Moi non plus.
*...
-Nous sommes en l'an de grĂące 1960.
18 heures, c'est l'heure du Plein, mesdames et messieurs,
qu'Arman nous présente ce soir.
Applaudissements
Nous, créateurs de rebus, société d'objets neufs puis jetés,
Nous, monde de plastique nouveau.
Nous, lanceurs de fusĂ©es. Nous, rĂȘveurs dĂ©plumĂ©s.
Nous, marcheurs sur la tĂȘte.
Qu'allons-nous faire de ces produits ?
De ces bouteilles ? De ces sacs ? De ces poches ?
Qu'allons-nous faire quand nous serons pleins ?
Ă Arman.
...
-Quelle est l'origine de votre démarche artistique ?
-Tout ce cycle, c'est la grande société de consommation.
-Niki ?
-Ăa va ?
-Regarde le carton d'invitation. -Incroyable.
-C'est un succĂšs,
mais il n'y a plus rien Ă manger.
-Ah oui, j'ai faim.
-Pierre ? Je te présente Niki.
-TrÚs enchanté.
Je pensais en venant, il faut créer ce mouvement.
Vous écrivez une page de l'art.
On sort de l'abstraction.
Christo met en paquet,
Jean, tu mets en mouvement, il y a une évidence, là .
Il y a une poétique de l'action au monde.
Vous ĂȘtes des rĂ©acteurs.
-C'est intéressant. -Mais c'est manifeste.
-Aurions-nous plus de visibilité ? -Pour ça,
il faudrait vendre au supermarché.
-"Prisu, nouveau musée".
Ils rient.
-Tu restes ? Mes amis américains vont venir.
Il faut que je te les présente. -OK.
On peut pas rentrer ? -C'est plein.
-Il y a des toilettes ? -Le petit cabanon, lĂ -bas.
-Ah, Arman !
-AH... !
-Ăa va ?
-TrĂšs trĂšs bien.
-T'es venue ?
Ne te retourne pas, je veux pas qu'elle me voie te parler.
Pourquoi t'es venue ? Pourquoi t'es là ? Pourquoi tu me fais ça ?
T'es tellement belle.
T'es tellement belle, tu me rends fou.
Elle pousse un rĂąle.
...
ThĂšme cristallin
...
Elle cloue la chemise.
...
...
...
Elle crache.
...
Elle crie.
...
...
Elle rit.
...
-T'es installĂ© oĂč, toi ? -DeuxiĂšme couloir Ă droite.
Si tu as besoin de conseils, tu me demandes.
-Oui, oui, je vais t'en donner, des conseils, tu vas voir.
Commence par te laver les cheveux. -Oui, ça va, non ?
-Je vais essayer d'attirer ces...
Madame, monsieur, venez.
Je vous présente le portrait de mon amant sur lequel
j'adore tirer des fléchettes.
C'est Ă vous. Vous pouvez viser qui vous voulez dans votre tĂȘte,
mĂȘme monsieur, il ne le saura pas.
-Merci. -Non ? D'accord, OK.
Merci.
Messieurs ?
Messieurs, messieurs, venez.
Prenez une fléchette, et vous tirez.
C'est trÚs trÚs libérateur, vous verrez.
Parfait.
-Vous avez pas une biĂšre avec ?
-Non, hélas, ici, c'est l'art, c'est pas le bar.
Mais c'est mieux, vous pouvez laisser la colĂšre sortir,
il n'y a pas beaucoup d'endroits oĂč on peut faire ça.
Allez-y, prenez-en une autre et pensez Ă ... je ne sais pas, moi,
un mec que vous aimez bien qui vous a jamais regardé.
Ce prof, avec ses petites réflexions...
Votre frÚre qui a toujours été con.
-C'est moi son frÚre. -Oh, pardon, je suis désolée.
Il lance les fléchettes avec vigueur.
...
Il vise qui ? -Notre pĂšre, je crois.
ThĂšme cristallin
...
-Qu'est-ce que tu fais ?
-Je sais ce que je vais faire.
-Pour l'instant, c'est un massacre.
-Oui, exactement, un massacre !
Je vais...
Je tire sur le tableau, il pleure, il saigne, il meurt,
et en mĂȘme temps, il se crĂ©e.
-Et ?
Je comprends rien, comment tu fais ça ? Je comprends pas.
-Avec des poches de peinture, je vais les clouer sur un tableau.
Je vais recouvrir le tableau de plùtre, ce sera blanc immaculé.
AprĂšs, avec une carabine, je tire dessus, et bang !
Ăa explose, et lĂ , la couleur coule,
et le tableau saigne, et bang ! bang ! je retire dessus,
comme si je me tirais dessus.
Et je renais !
-Faut que tu fasses ça tout de suite.
-Oui.
-Alors, Niki Mathews ?
-De Saint Phalle.
-C'est quoi, ça ?
-Aristocrates, banquiers,
descendants de chevaliers, les croisades, les massacres.
Mon plus vieil ancĂȘtre,
c'est Gilles de Rais.
Barbe Bleue, tu connais ?
Il a violé et tué des centaines d'enfants.
-Carrément ? -Carrément.
-Et ça va pas les faire chier d'avoir dans la famille
une hirsute qui tire Ă la carabine pour tuer des tableaux ?
-Ăa va les buter.
Tirs
...
...
"I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free" - Sandra Nkaké
...
I wish I knew how
it would feel to be free
I wish I could break
all the chains holding me
I wish I could say
all the things that I should say
Say them loud, say them clear
for the whole round world to hear
I wish I could share
all the love that's in my heart
Remove all the bars that keep us apart
I wish I could know
what it means to be me
Then you'd see and agree
that every women should be free
I wish I could give all I'm longin' to give
I wish I could live
like I'm longin' to live
I wish I could do
all the things that I can do
Though I'm way overdue...
I'd be starting anew
Well I wish that I could be
like a bird in the sky...
How sweet it would be
if I found I could fly
Oh... I would soar to the sun
and look down at the sea
Then I'd sing cause I know
what it means to be free
Yes I'd sing cause I know
what it means to be free
...
Pépiement d'oiseaux
...
Can't find what you're looking for?
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