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Original subtitles

Musique intrigante

...

-C'est bon, lĂ  !

Il y en a juste un qui rit, hein. Il y en a juste un qui rit.

Mais papa !

-Blake.

-Bonjour.

-C'est Aliocha. Elle était comme ça la dernière fois.

C'est notre ami Jeff et Max, que tu connais.

-Hello.

-Bon.

Ca va ?

-Tu es en retard.

-Je le sais, mais regarde l'auto.

Dans les petits chemins de terre, c'est...

-Tu as 2 heures de retard.

-Oui, mais tu m'as dit de prendre Ă  droite

après le village et...

-Je ne t'ai jamais dit ça.

-Je l'ai noté.

-Tu sais depuis quand je suis lĂ  ?

-Au moins 2 heures, j'imagine. -Bien plus.

J'étais tellement inquiet

que j'ai fait le tour de la zone pendant 1h30.

On n'a plus assez de kérosène pour rentrer.

-OK, écoute...

Connard !

T'es con, toi !

T'es con !

-Je suis heureux de te voir. -Moi aussi.

Musique exaltante

...

-Ca va, toi ? -Oui.

-Tu observes ? -Oui.

Pourquoi ? L'eau froide te fait peur ?

-Non. -Non ?

-Je ne dis pas encore oui, mais...

-Tu as amené ton maillot ? -Oui.

-Waouh.

-Alors ?

C'est beau, hein ?

-Hey !

Oh, merde !

Excusez-moi.

-C'est pas grave. C'est comme ça.

Bon, je vous présente Millie,

ma collaboratrice, qui, heureusement,

monte des films bien mieux qu'elle ne casse des vases.

-Enchantée. -Albert Gary.

-Je suis contente de vous rencontrer.

Je suis admirative des films que vous faites ensemble.

-Merci. J'apprécie. Tu peux me tutoyer.

-Moi, c'est Aliocha. -Enchantée.

C'est joli. C'est russe ?

-Oui. Mes parents se sont inspirés d'un des personnages de Dostoïevski.

-Ah ? Lequel ? -"Les Frères Karamazov".

-OK. Je ne l'ai pas lu, mais...

-Non ? Il faut lire ça absolument.

Tout le 20e siècle y est annoncé. Nietzsche, Freud...

-On ne va pas lui donner un cours. -Oui, on va lui donner un cours.

-C'est un personnage masculin. -OK.

-Mais ma fille est au-dessus des stéréotypes de ce genre.

Non ? -Mmh-mmh.

-On va bien s'entendre, je pense.

-C'est vrai que c'est un très beau nom.

Aliocha, c'est... -Salut.

-Salut. Jeff. -Millie.

-Je vous présente Ferran et Barney.

-Bonjour. -Salut.

-Ferran est un grand chef cuisinier,

mais c'est aussi un ami et ce n'est pas votre esclave.

Tout le monde participe.

-Mon vrai nom, c'est Charles. -Non, son vrai nom, c'est Ferran.

Et tout le monde l'aide pour la cuisine,

le ménage, la vaisselle.

C'est compris ? -Bien sûr.

-Et Barney,

c'est le guide spirituel de la maison.

C'est le guide de chasse, le guide de pĂŞche.

C'est mon meilleur chum.

-Bienvenue chez nous. -Merci.

-Salut.

-On devait avoir une livraison. -Dehors.

Je vous montre vos chambres.

-C'est confortable, au moins ?

-Correct. Aussi slim qu'il est.

-Aussi slim qu'il est ?

-Oh ouais ! -Qu'est-ce que tu veux ?

-C'est pas une chambre, c'est ma garde-robe.

-Elle ressemble Ă  quoi, ta chambre ?

-A ça. -Tu n'es pas sérieuse ?

Pourquoi tu as la grande chambre ?

-Max, pourquoi tu râles déjà ? On vient d'arriver.

-Oh-oh ! Qu'est-ce qui se passe, lĂ  ?

Qu'est-ce qui se passe, lĂ  ?

-Rien. Je checke sa chambre. Checke la nĂ´tre.

-Oh, mais c'est incroyable. Tu vas dormir collé avec ton ami.

-C'est vraiment parfait. Merci.

-Qu'est-ce qui se passe ? Ils ne sont pas contents ?

-C'est un éternel insatisfait. -C'est pas vrai.

-Vous pouvez échanger avec votre père.

-Ah ouais ? -Non, non, ça va aller.

-Non, tu es sûr ?

Parce que lui, c'est le double, la pièce.

Mais tu as besoin de plus de place.

C'est pour ça. -Non !

Rires

-Toujours le parti de s'imposer par la force physique

au lieu de la force morale.

-C'est de l'amour. -Mais oui, je sais.

-Ca, c'est du bidou ! -Ca aussi, c'est de l'amour.

-Miam miam miam ! -Oh, t'es con !

Sérieusement, tu...

Il est vraiment con, lui !

ArrĂŞte, lĂ  !

-Comment tu as pris ce bidou ?

-C'est ça, c'est le confort.

-Le vin, le temps...

-Oh, mon Dieu. -C'est le confort.

-C'est toi qui cuisines, en fait ? -Ouais.

-Ah ouais ? -Bien sûr.

-A l'époque, votre père changeait de blonde chaque semaine.

-Non, c'est pas vrai.

-Papa, tu ne nous as jamais raconté ces histoires-là.

-Non, c'est pas vrai. Disons que pour me rendre compte

à quel point votre mère était fantastique,

j'ai eu quelques points de référence.

Mais j'ai surtout eu le coeur brisé à maintes reprises.

-Bullshit ! -Non !

Non, non, non.

Et il était là pour me ramasser !

-C'est pas vrai ! -ArrĂŞte, arrĂŞte !

ArrĂŞte, arrĂŞte !

Regarde-le, lĂ .

Regarde-le, l'autre, là. L'athlète.

Hein ? Regarde ça.

Tu danses ? La fluidité des hanches.

-C'est superbe, mais les souliers dans le lit...

-Je t'aide, je t'aide. Attends, je t'aide Ă  te lever.

-Allez, viens. -Vas-y.

Albert pousse des cris. -Attention !

...

Papa, tu vas te faire mal au dos.

...

-Eh, Albert ! Albert !

Albert ! -Oui ?

Rires

-Comme ça, avec la langue.

-Avec la langue.

-Tu ne me couperas pas les doigts.

-Pauvre petit lapin Tu gambadais si bien

-Juste en haut de mes doigts. Ne coupe pas mes doigts.

-Petit lapin Je te mangerais bien

-Comme ça. C'est bon !

OK. MĂŞme chose aux pattes.

-Tu fais bien ça. -C'est bon, c'est bon.

-Mais tu manges de la viande en ville ?

-Oui, mais ce n'est pas la mĂŞme chose.

-Tu prends juste et tu tires un peu la peau.

-Putain, il y a l'odeur tout de suite.

-Non, c'est bien. -Mais il y a l'odeur tout de suite.

-Il n'y a pas de souci.

-Plus fort.

-Oh !

Rires

-Papa, c'était sûr que tu allais être malade.

Je sais que tu es sensible.

-Ca va aller.

-Ca va, papa ?

-C'est bon, c'est bon.

-Tu es sûr ? -Oui, ça va bien.

Laissez-moi juste respirer un peu.

-Oh, mon Dieu. Avec l'avion, en plus.

-Mais oui, mais c'est sûr.

-Ca va ?

-Celui-lĂ , il va ĂŞtre moins long.

-Oh non, mon Dieu.

Rires

-Ca va ?

-Oui, ça va très bien. -Viens.

-Max, arrĂŞte ! T'es vraiment con !

-Max, arrĂŞte de faire chier ta soeur !

Tu sais que ça la dégoûte, ce genre de choses.

-Ne t'énerve pas. Ce n'est pas bon pour ton coeur.

Rires

-Ce n'est pas mon coeur qui m'inquiète,

c'est mon estomac.

-Ca va, Albert ?

-Je ne sais pas. L'avion, j'ai mal au coeur.

Je sens ça, j'ai mal au coeur.

-Tu as l'air pâle. -Oui, je ne me sens pas bien.

-Tu veux un jus de fruits ? -Hein ?

-Si tu n'aimes pas ça, j'ai du jus de fruits, du lait.

-Ah non. Désolé, c'était juste un peu trop fort.

-Albert m'a dit que t'avais envie de devenir réalisateur.

-Oui.

-Excitant.

Tu as déjà réalisé quelque chose ?

-Non. Non, non.

Mais... Mais j'ai écrit un scénario.

-Ah bon ? -Ouais.

Et puis, j'aimerais le tourner un jour.

-C'est le but.

Le plus important, c'est d'avoir quelque chose Ă  raconter.

-Oui.

Et puis, je voulais juste vous dire que j'adore ce que vous faites.

Je veux dire, "Le raid", c'est pas mal ça

qui m'a donné le goût de faire du cinéma.

-Merci.

-Et puis, "Lorenzo" aussi.

"Lorenzo", c'est fou.

Ca raconte vraiment votre enfance ?

-Mmh-mmh.

-OK. Waouh.

Je...

Je me permets, excusez-moi, mais...

Donc, vous avez vraiment essayé de tuer votre grand-père ?

-Tu es un faux timide, toi.

Tu as vu mes derniers films ?

-Euh...

Je... Eh ben, non, c'est...

Je... Je n'ai pas... Je ne savais pas que...

-Suis-moi.

Tu en as déjà vu une comme ça ?

-Non. -C'est lĂ -dessus qu'on monte

le prochain documentaire avec Millie.

-C'est une table de montage ? -Eh oui.

-L'affiche japonaise.

VoilĂ .

Ca, c'est le bibelot de luxe.

Il ne faut pas y toucher. Les Américains disent

que si tu y touches, tu ne gagneras jamais le tien.

C'est ça que je voulais te donner.

-C'est la version de tournage du "Raid" avec mes notes.

-Waouh. Je peux la lire ?

-Mmh-mmh, c'est pour toi.

-Merci.

-Tu en prends soin. -Oui, oui.

-Quand tu as terminé, tu la ramènes ici.

-OK, ça marche.

Je vais aller la mettre dans ma chambre.

-Ouais, fais ça.

De toute façon, tu disais qu'on était tous des bons à rien.

-Mais non, ce n'est pas ça.

-Si, si, il disait ça.

-Je disais : "Vous ne travaillez pas assez."

-Un jour, tu m'as dit :

"Tu m'énerves, tu fais tout mieux que les autres."

J'ai toujours tout fait mieux que toi aussi.

-Oh, arrĂŞte un peu ! Un instant !

Un instant, lĂ  !

Tu n'es pas meilleur scénariste que moi.

-Je ne parlais pas de...

Au moins aussi bon que toi.

-Ouais, eh ben, regarde...

Tu es un grand cinéaste.

Tu es un grand, grand cinéaste.

Je pense que personne ne peut nier ça.

Mais tu n'es pas meilleur scénariste que moi, quand même.

Si tu écrivais seul,

tes films seraient complètement décousus.

Tu te perdrais dans des scènes inutiles

que tu ferais durer éternellement.

Non, mais tu es très véhément. C'est beau, en même temps.

Tu as une véhémence dans ton écriture,

mais tu voudrais que chaque scène soit

à la fois rythmée, mais contemplative,

Ă  la fois rigolote, mais tragique.

Enfin, comment te dire ? Euh... C'est...

En fait, même déjà à cette époque-là,

quand tu me montrais tes premiers scénarios,

tu n'aimais pas trop quand je te disais :

"Je ne sens pas de scénariste en toi."

Comme il n'y a pas de cinéaste en moi.

J'ai essayé.

Je ne sais pas si je vous l'ai déjà dit.

Ca ne marche pas du tout.

De toute façon, tu as besoin de gens autour de toi.

Tu es comme moi et comme Millie.

-Qu'est-ce qui fait que vous avez arrêté

de travailler ensemble ? -Oh !

Ca, c'est une longue histoire. Je vais laisser Blake répondre.

-Lâche.

-Mais voyons !

-"Laisser Blake répondre."

Tu sais très bien pourquoi.

On est arrivés au bout de ce qu'on avait

Ă  faire ensemble, c'est tout.

La fiction qu'on faisait commençait à m'ennuyer.

J'avais envie...

...de vraies choses.

La vérité m'intéressait, le documentaire.

-Mmh. -Quoi "mmh" ?

Quelle mauvaise foi, lĂ .

Tu crois que les deux derniers documentaires,

je les ai faits sur du "mmh" ? -Mais non !

-De toute façon, Albert, ça a toujours été ça.

Les choses simples, la beauté, tu passes complètement à travers.

Moi, je considère que la première personne

que je rencontre dans la rue pourrait ĂŞtre le sujet

de mon prochain film.

Toi, n'importe quel arbre ici, autour du chalet, te laisse

complètement indifférent. -C'est complètement faux.

Je suis très à l'aise dans la contemplation.

Je t'ai même fait découvrir le cinéma de Tarkovski.

-Justement, tu es bloqué dans des Tarkovski,

"Les Frères Karamazov".

Tu es bloqué dans un truc du passé. Tu ne veux pas lâcher, quoi.

Tu ne veux pas lâcher.

-Je parle de contemplation, c'est tout.

-Tu m'en remets un petit peu ?

-Merci.

J'ai apporté, alors, que des vins nature.

OK ?

Que le meilleur d'artisans vignerons

du Beaujolais, du Jura et de la Bourgogne.

Macération carbonique. Vins indigènes, sans sulfites.

-C'est super bon.

-Mais le meilleur, je le garde pour un autre souper.

Des petits vins de la vallée de l'Etna, en Sicile.

C'est de toute beauté. Sérieux, c'est du grand art.

C'est mieux pour un autre souper.

-Tu travailles sur quoi, en ce moment ?

Tu écris pour qui ?

-Papa travaille pour une nouvelle série d'animation

qui s'appelle "Rock Lobster".

Et ça parle d'un homard perdu à Manhattan.

-Ouais.

-Alors, ça a l'air un peu...

Bon, mais c'est très bien.

C'est très, très bien, en fait. Je m'amuse beaucoup.

Ce n'est pas Manhattan, hein. C'est Toronto.

-Ah, pardon.

-C'est une série pour les enfants ?

-C'est un peu pour tout le monde.

C'est l'histoire d'un homard qui vit aux îles de la Madeleine.

Tu vas ĂŞtre content, il est documentariste.

Et puis, il se fait pĂŞcher, le pauvre.

Et puis, il se retrouve dans un aquarium

dans un grand restaurant.

Et comme c'est un homard rebelle,

il essaie d'organiser sa fuite.

Et aidé de ses amis fruits de mer et crustacés, ils sortent

et ils forment un groupe de hard rock,

de rock d'avant-garde, d'oĂą le nom "Rock Lobster".

VoilĂ .

Rires

Non, non, c'est...

C'est bien.

-J'ai hâte de voir ça, moi.

-Mais le homard signifie la différence,

et la carapace, notre incapacité

d'aller au-delà des idées préconçues.

VoilĂ .

-Non, mais c'est bien. C'est un bon concept, papa.

-Mmh.

Qui va payer tes études à Bard ?

Je ne peux pas attendre que Blake se remette Ă  la fiction

pour travailler. -Attends, mais...

-C'est une école prestigieuse ?

-Ne me rends pas responsable de tes choix de vie.

-Il faut que je travaille, c'est tout.

-Ne dis pas : "C'est à cause de Blake que je suis obligé

"de faire de la télévision pour payer tes études."

C'est crapuleux de dire ça à table. -Tu exagères un peu.

-Tu as entendu ce que tu as dit ? -Ce n'est pas ce que j'ai dit.

-Si, c'est ce que tu as dit.

Personne ne te demande de m'attendre.

Ca fait longtemps qu'on ne s'attend pas.

-Je ne t'attends pas.

-C'est ton problème. Tu as toujours attendu.

-Mais non. -Si, tu attends, tu attends.

-Non, je fais mes choses, comme tout le monde.

-Tu disais : "Si on n'a pas de regard sur le monde,

"on ne verra rien à travers la caméra."

Il est oĂą, ton regard, quand tu fais la chose

que tu ne voulais pas faire ?

"N'allez jamais faire de la télé. C'est ce qui endort les gens."

Ce n'est pas ce que tu disais en cours ?

Tu disais : "C'est contribuer au déclin moral et intellectuel

"de toute une génération."

Il ne faudra pas me le mettre sur le dos,

quand tes enfants auront honte de ce que tu fais.

Ca, c'est un peu crapuleux, quand mĂŞme, Ă  table.

"Attendre que Blake me donne du travail."

-Je n'ai pas honte de mon père. -Merci, mon garçon.

Tu ne trouves pas que tu exagères un peu ?

-Non, je ne trouve pas. -Dire de mes enfants

qu'ils auront honte de moi, ce n'est pas exagéré ?

Parce que j'ai osé dire que je fais d'autres choses dans la vie ?

Et oui, effectivement, à l'époque, il y a 20 ans,

je disais aux élèves de ne pas faire de la télé.

Mais imagine-toi que dans la vie, justement, on évolue.

-Bah oui. Et donc, évoluer, c'est venir dire aux gens,

trois ou quatre ans plus tard, "on ne travaille plus ensemble" ?

Chut ! S'il te plaît.

-Ce n'est pas ce que j'ai dit. Je fais d'autres choses dans la vie.

Et pour moi, évoluer, c'est des fois faire un peu de compromis.

Imagine-toi que j'ai besoin de vivre.

-Evidemment. -Ca fait partie de la vie.

-Si tu venais faire du documentaire avec moi,

tu ne gagnerais pas la moitié de ce que tu gagnes à la télé.

-On ne va pas commencer Ă  parler d'argent, Blake.

-Monsieur qui travaille à la télé. -On ne va pas parler d'argent.

-En tout cas, Barney a vu une maman orignale

et ses deux petits, aujourd'hui.

Hein ? -Ouais, ouais.

-Elle est bonne, celle-lĂ .

Tu viens me faire la morale dans ton chalet perdu

au fond des bois, entouré de panaches d'animaux.

Non, mais de quoi...

Tu oses venir me parler de mes enfants ?

-C'est toi qui parles de tes enfants.

Tu es vraiment de mauvaise foi. -Tu oses me faire la morale ?

Mais t'es qui, toi, avec tes films que plus personne ne va voir ?

-Albert, c'est toi qui parles de tes enfants et de notre travail.

Quelle mauvaise foi. -J'ai dit que je devais travailler

pour payer ses études. -Ce n'est pas ce que tu as dit.

-Café quelqu'un ? -Volontiers.

-Tu dis que mes enfants vont avoir honte de moi

et tu dis que je suis gonflé ? -Oui, tu es gonflé.

-Ne dis pas à un père

que ses enfants vont avoir honte de lui.

Tu n'as pas d'enfant que ça paraît.

Ou en tout cas, tu ne t'en es pas occupé.

-Qu'est-ce que tu viens de dire ? -Que tu ne t'en es pas occupé.

Tu n'as pas vu grandir ton enfant. -Si ça ne te va pas,

fais ta valise et je te ramène demain.

Si c'est pour venir ici déballer ta lâcheté...

-Je n'ai rien fait. Ma lâcheté ?

-Oui, ça, c'est lâche.

Si tu es venu ici pour me rentrer dans le lard...

-C'est toi qui me rentres dans le lard !

-Non, c'est toi.

-Eh, les boys. Eh, come on.

-Me parler de mes enfants... Tu veux qu'on parle de toi

qui n'as pas été là quand j'ai perdu ma femme ?

-Blake, décroche.

-T'étais où quand j'étais au fond du trou ?

C'est eux qui étaient là. Pas toi.

-Tu m'as envoyé chier. -Arrête tes conneries.

-Je t'ai toujours ramassé. -Hypocrite, va.

-Quand tu étais en dépression, j'étais là pour toi.

-Voilà pourquoi on a arrêté. C'est un hypocrite et un faux-cul.

-Et d'autres raisons dont je ne parlerai pas.

-On redescend d'un cran.

On ne finira pas la soirée comme ça, les boys.

C'est...

Hein ?

Profitez du temps pour pouvoir boire,

pas pour vous donner de la marde.

-Bien dit, Barney.

Merci pour le repas, Ferran. C'est super bon.

-Oui, vraiment bon.

-OK, je suis désolé. Je suis désolé, j'ai...

J'ai été trop loin. Je suis désolé.

J'ai...

Tu as attaqué par les enfants. C'est venu me chercher.

Je suis désolé. Je n'aurais dû dire ça.

-Bois.

-On fait la paix, lĂ , OK ? On fait la paix.

Je déteste la chicane. Tu le sais.

Millie réprime un rire.

Millie rit.

-Excuse-moi. -Santé, Albert.

-Cheers. -Santé, les enfants.

-A vous.

Merci. -Santé.

-Il a une femme lĂ -bas ? -Non.

Il a eu plein de femmes,

mais sa dernière femme est morte d'un cancer il y a quelques années.

Et depuis, il est tout seul.

-Il a eu des enfants juste avec cette femme-lĂ 

ou il en a eu avec d'autres aussi ? -Je ne sais pas.

-Est-ce que vous avez de la pâte à dents ?

Je n'en ai plus dans ma salle de bain.

-Pourrais-tu te rhabiller un peu, s'il te plaît ?

-Pourquoi ? Tu ne peux pas voir

la peau d'une femme sans paniquer ? -Non, mais tu es ma soeur

et j'ai mon ami qui est juste lĂ .

-On ne dit pas ça à une femme.

Bonne nuit, les puceaux. -Bonne nuit. Ciao.

Excuse-moi.

Ma soeur est un peu exhibitionniste.

Elle est obsédée aussi.

-Comment ça ?

-Je l'ai déjà vue regarder de la porno et...

(-Tu me laisses ? (-Non.

(-Quand tu l'as vue, elle regardait quoi ?

(-Genre des trucs vraiment "weird".

(Genre SM.

(-Hein ? Sado-maso ? Ah ouais ?

(-Ouais, tu sais, genre une fille qui se fait gifler,

(elle suce la queue,

(le gars la gifle plus fort et elle aime ça.

(Des trucs "weird".

(En tout cas.)

Bonne nuit.

(-Mais comment tu as vu ça ? C'est quoi ? Tu l'espionnais ?

(-Hein ? Je ne l'espionnais pas.

(C'est ma soeur. (-Parle moins fort !

(-Je n'arrivais pas Ă  dormir, donc je suis descendu un peu

(pour écouter la télé et elle était là, sur l'ordi.

(J'aurais préféré ne pas voir ça. C'est arrivé.

(-Et puis, elle...

(Elle faisait quoi ? Genre, elle était juste là ?

(-Tu veux savoir si elle s'est touchée ?

(C'est ma soeur !

(Come on, Jeff.)

Qu'est-ce que tu fais ?

Il toque.

-Tiens. -Merci.

Chuchotements

(-Chut !

Imitation de râle animal

...

(-Blake ! Des flèches.

(-Chut !

Clapotis

...

(Venez.

Imitation de râle animal

...

...

(Millie, toi, tu vas aller avec les autres.

(Spielberg, tu viens avec moi. (-Ouais.)

-J'espère qu'on aura...

(-Albert, Albert, chut ! Parle moins fort.

(On se retrouve ici dans 3 heures.

(Tu as fait tomber une flèche.

(-OK.

(-Allez, viens.)

Ruissellement d'eau

...

Regarde ça.

C'est pas beau ?

...

On est bien ici, hein ?

Je pourrais rester des heures. Des jours, mĂŞme.

...

On toque. -C'est qui ?

Aliocha -C'est moi.

-Oh !

Euh... Un instant.

Oui ?

-Juste te dire que la salle de bain est libre.

-Merci.

-Ca va ?

-Oui.

-Tu n'es pas déjà tanné de mon frère ?

-Non, non.

Il est correct. -Tu es chanceux.

-Et toi, ça va ?

-Ouais.

Je me rends compte à quel point j'aime ça, être en nature.

Tu sais, le grand air frais, la campagne.

C'est parfait pour lire. Pour écrire aussi.

-Oui, j'avoue que...

...c'est quand même l'endroit idéal.

-Et toi ?

-Moi quoi ?

-Qu'est-ce que tu lis ?

-Euh...

En ce moment, "L'Avalée des avalés", de Réjean Ducharme.

-OK.

-Oui. -Tu as aimé ça ?

-Je n'ai pas encore fini,

mais je trouve ça... quand même très bon.

Ouais.

-C'est une lecture pour l'école, pour un cours ?

-Non, non. C'est...

C'était pour ma culture personnelle.

Oui.

Et puis, j'ai vu, toi, tu écris ?

-Un roman.

-OK.

Et ça parle de quoi ?

-Hum... Ca s'appelle "La source".

C'est sur une communauté secrète et élitiste qui vit au Danemark.

C'est sur le déclin de la culture occidentale.

Mon 1er chapitre s'appelle "Le désir de perdre".

C'est une démonstration à travers mon personnage principal, Nicolette,

que les ĂŞtres humains ne sont pas Ă  la recherche de gagner.

Ils cherchent plutĂ´t Ă  perdre pour s'autopunir

face à leur culpabilité inconsciente due au simple fait d'exister.

-C'est... euh...

C'est vrai, ce que tu dis.

C'est...

C'est...

Je veux dire, c'est comme...

La manière dont tu me le dis, je trouve vraiment que c'est...

Je trouve ça vraiment intéressant.

-Intéressant ?

Qu'est-ce que tu fais ?

Ruissellement d'eau

...

Il halète.

...

Il gémit.

Il halète.

Hurlements de loups

...

Craquements

...

Hurlements de loups

...

... Craquements

... ...

Cri d'oiseau

Il halète.

...

Ronronnement d'avion

...

...

...

-Oh ! Oh !

...

Eh !

...

Jeff ricane.

-Ca va ?

-Je suis vraiment désolé pour...

-C'est bon.

Regarde. Tu vois, lĂ  ?

Le renfoncement lĂ -bas ?

La maison est juste derrière.

Tout le monde s'est inquiété. Aliocha n'a pas dormi de la nuit.

-Je monte en premier ? -Vas-y.

Je te dépose, puis je vais chercher

deux autres invités. -OK.

-Mais on doit s'inquiéter ?

Tu vas nous faire peur toutes les nuits ?

-On le retrouve de temps en temps sur le toit.

-Il ne faut pas aller dans le lac, hein.

-Ca, c'est un danger pour moi, le lac.

-C'est bon de te voir ici.

-Je suis heureux de vous accueillir.

-Bonsoir.

-Hélène. -Les lovers.

-Bonsoir. -Aliocha.

-Enchanté. Eddy. -Ca fait plaisir.

-Jeff. -Bonjour, Jeff.

-Ce n'est pas mon copain. -Ah ?

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Millie, ma collaboratrice. -Bonsoir.

-Et Albert Gary. -Enchanté.

-Enchanté. -Bonsoir.

-J'ai les mains pleines.

-Papa a écrit les meilleurs films de Blake.

-Ah !

Mais...

Excusez-moi.

Bien sûr, j'adore vos films.

-Oh, merci. Merci beaucoup.

-Vraiment, vous écrivez avec tellement de finesse.

-Venant de vous, c'est un grand compliment,

parce que je suis un grand, grand fan.

J'avais une affiche énorme... -On est très heureux d'être ici.

Merci de nous accueillir. -Merci.

-En tout cas, on a hâte de voir le prochain.

-Ah, ça ne dépend pas de moi.

-Comment ça ?

-Euh... Blake...

Blake est rendu ailleurs dans sa carrière.

Ce n'est pas grave, lĂ .

-Ah non, non.

Il faut vous remettre au boulot ensemble.

-Un jour, peut-ĂŞtre.

-Alors, c'est votre fille ?

-Oui. -Oui.

-Oui, oui.

-C'est original comme prénom pour une jeune fille, Aliocha.

-Papa, mollo, le vin. -Oui.

-Vous avez peut-ĂŞtre envie de vous installer ?

Non ? -Oui. Pourquoi pas ?

-Millie, ça te dérange de leur montrer leur chambre ?

-Quoi ?

-Tu pourrais leur montrer leur chambre ?

-Ah ? Eh ben...

Oui. Bah oui.

-Merci. -Avec grand bonheur.

-Si ça ne vous dérange pas. -Non, pas du tout.

-Allez, Eddy. -A tout Ă  l'heure.

-Attention dans les escaliers.

-Papa ! (-J'étais à mon 2e verre !)

-Albert ? -Bah oui, c'est ça.

-C'est qui ? C'est une actrice ?

-Tu ne sais pas ? -Non.

Tu n'as jamais vu ses films ? -Non.

-Mais non, Jeff !

Elle était incroyable dans les années 90.

Ca manque vraiment et...

-Elle m'a demandé pourquoi on ne travaillait pas ensemble.

J'ai répondu, c'est tout.

-Oui, mais tu t'étales. Ne le fais pas, quoi.

Ca fout la honte devant Hélène pour tout le monde.

-Je te fais honte devant Hélène ? -Oui.

-Ca a l'air important.

-Oui, c'est une amie et c'est important.

-Si c'est une amie, pourquoi ça t'énerve ?

Les vrais amis, ça ne juge pas. -Il ne s'agit pas de juger.

Mais tu es tellement mesquin. -C'est toi qui l'es en ce moment.

Dire que je te fais honte,

ce n'est pas mesquin, ça ?

-Ingmar ?

-Ca va ?

Blake, qu'est-ce qu'il y a ? -Il ne va pas bien en ce moment.

-Il est malade ?

-Oui, il a les ganglions gonflés.

-Hey !

Ca va, mon chien ?

-On va s'occuper de toi, mon vieux.

-Ca va aller.

-C'est ça !

-Too much detail !

-Attention, il va s'évanouir.

-Ne dis pas ça. Ca va l'encourager.

Hélène rit.

-Je vais faire un toast.

Alors, je porte un toast.

En fait, on a deux choses à célébrer.

Deux.

Seulement deux choses.

Premièrement, le retour parmi nous, sain et sauf,

de notre cher Jeff, le héros du "roulou"...

Le héros du...

Rires

Le...

-Vas-y, vas-y, vas-y.

-Le héros du jour ! On peut l'applaudir.

-Ou le héros du loup, c'est bien !

-Le héros du "roulou" ! -Le héros du loup !

-Qui a été confronté la nuit dernière

à l'implacable sévérité de la nature,

mais qui en est sorti indemne.

Bravo. -Merci.

-Et on accueille ce soir deux nouveaux amis

dans notre beau club,

Hélène et Eddy, qui se joignent à nous

au coeur des ténèbres de la forêt québécoise.

-Oh ! -Merci beaucoup.

-Sache, mon petit Spielberg, que tout ce qui ne te tue pas

ne fait que te renforcer. -Indeed.

-Ce qui ne te tue pas rend fou.

Rires

...

-Merci. -A vous.

-Santé, tout le monde. -Santé.

-Il est tellement bon.

-Mmh ! -Oh lĂ  lĂ  lĂ  lĂ  !

-Délicieux. -J'allais oublier.

-Non, papa, arrête ! On veut manger, s'il te plaît.

Quoi ?

Brouhaha

-Mesdames et messieurs...

-C'est magnifique.

-...voici notre couronne de chevreuil,

que nous mangerons ce soir.

-Jamais chez moi.

-Je t'ai préparé un petit truc spécialement pour toi.

-Oh ! Eh ben, merci.

-Tu l'as mis au pas.

Propos inaudibles

-Ou ma rédemption de victoire, papa.

-Mais oĂą est-ce qu'il part ?

-Si une femme bat un homme, c'est une humiliation,

mais si un homme bat une femme, c'est une victoire.

-Ouais.

-Bon point, bon point, bon point.

-Attends. J'allais raconter quelque chose Ă  Eddy, lĂ .

En fait, le chevreuil que Ferran vient de préparer...

-Il a coûté cher. -Il nous a coûté cher.

Rires

On a été le...

Donc, je l'ai tiré à l'arc, mais il y a

toute une petite aventure lĂ -dedans.

Moi et Barney, on est partis chasser.

On est partis en Beaver. -L'hydravion ?

-Oui, avec lequel vous ĂŞtes venus. Plus ou moins celui-lĂ .

-On avait rajouté quelques morceaux.

-OK !

-Donc, au-dessus d'un lac qui est Ă  une demi-heure d'ici en avion,

on aperçoit un gang de chevreuils

et on décide d'atterrir pour aller en attraper un.

Et...

Le lac est trop court, je m'écrase.

Voilà, on crashe. -Quoi ? Tu t'écrases ?

-Ouais, ouais. -Mais attends.

On a plutôt fini parqués dans un bain de quenouilles.

-Oh-oh ! Flagrant délit.

-Ce n'est pas vrai. Attends, quand on dit "crash"...

Pas perte totale,

mais on a été obligés d'appeler les secours.

On ne pouvait pas redécoller. J'appelle ça un crash.

Il y avait un des flotteurs qui ne flottait plus.

Enfin, tu vois, c'était un peu...

Heureusement qu'on était sur du dur, parce que sinon, on aurait coulé.

Hum...

Et donc, on était là,

un peu tremblants tous les deux, quand mĂŞme,

parce qu'on avait manqué les pins.

Lui avec sa petite flasque de Jameson.

-Ah-ah ! -Magnifique.

-Ah oui, un réflexe. -Magnifique.

Et là, qu'est-ce qu'on aperçoit qui sort des bois ?

-C'est le buck qui est venu voir ce qui se passait.

-Le buck : "Mais c'est qui, ces deux cons totalement bourrés ?"

-Le buck, c'est quoi ?

-Le buck ? -Oui.

-C'est un beau mâle. -Ah, OK !

-Ouais, un buck, c'est un mâle chevreuil.

-Là, j'attrape mon arc, une flèche, j'ouvre,

je me penche en dehors du Beaver.

Blake imite l'arc.

En pleine jugulaire. Il n'a pas souffert.

Et il est lĂ  avec nous ce soir.

-Ca ne change rien. C'est tuer quand mĂŞme.

-Oh oui, mais bon... -Non, mais...

Non, c'est très bien. Je comprends parfaitement.

Mais ce n'est pas complètement le même rapport.

-Pourquoi ? -C'est de la chasse.

Je ne vais pas au supermarché acheter de la viande.

On chasse une bĂŞte qu'on va manger pendant un an.

C'est un autre rapport.

Et même si c'est ma flèche...

-A t'entendre, on se demande qui est la bête, sincèrement.

-Oh, Aliocha ! Elle est dure, hein ?

-C'est "fair", c'est "fair".

Ecoute, pour attraper un animal,

il faut accepter de revenir à un état animal soi-même.

Tu pars Ă  la chasse pour entrer en communion

avec quelque chose qui t'échappe.

Et pour pister un animal, il faut accepter de se faire pister.

Sache que quand je prends une vie, j'abandonne un peu de la mienne.

-Oh...

-Chasseur et... et... et... et... philosophe.

-Beau parleur.

-C'est très beau.

-Toi, tu me comprends. Tu es un sentimental.

-Tout le monde pleure Ă  son premier chevreuil.

-Tout le monde quoi ? -Tout le monde verse une larme

Ă  son premier chevreuil. -Videz vos verres.

J'aimerais qu'on déguste le deuxième et je veux

que le souvenir de celui-là soit présent dans votre palais.

-Tu sais que le...

-Alors, on reste dans le...

On reste sur l'Etna, mais on passe du sud au nord.

Frank Cornelissen et son célèbre Susucaru.

D'ailleurs, Cornelissen qui est l'ennemi juré de Giro.

On se demande pourquoi. Qui je sers ?

-Moi ! Attends.

J'ai besoin de me remettre

des grands exploits de notre cher hĂ´te.

-Moi aussi. -Oui.

VoilĂ .

Eddy ? -Merci.

-Oh ! -VoilĂ .

-Ah, j'aime bien. -Merci beaucoup.

-Tiens. -Il sent bon, en tout cas.

-VoilĂ , mon cher.

OK. -On se lance ?

-Oui, allez-y. -Attention derrière.

-Oh là là, les belles courges gratinées !

-Pour finir, les accompagnements. -Courge spaghetti, non ?

-Courge spaghetti. -Oui, c'est ça.

-J'entends ce que tu dis sur la chasse,

mais plein d'autres pratiques sont mauvaises aussi.

-Je suis d'accord, mais tuer, c'est tuer.

Au final, l'animal est mort. -C'est vrai.

-Ce n'est pas une cause naturelle.

-Oui, mais on pourrait dire que la mort...

Avant, on avait des prédateurs. -Oui, mais on a évolué.

-C'est le Susucaru.

-Quoi ? -Le vin.

Le Susucaru.

-Je le trouve excellent.

-Non, c'est...

-C'est le côté peut-être ferreux.

-Non, c'est que je ne le reconnais pas du tout.

-En tout cas, il n'est pas bouchonné.

-Non.

-C'est le temps que ça s'ouvre.

-Non, ce n'est pas ça.

Il n'est ni bouchonné, ni encore fermé.

C'est...

C'est très, très étrange. Laissez-moi revoir, mais...

C'est très étonnant.

C'est comme si ce n'était pas le bon vin dans la bouteille.

-C'est quand même toi qui l'as débouchée.

-Ca, c'est très étrange.

-Qu'est-ce qui se passe ? -Qu'est-ce qu'il y a ?

-Il n'est pas satisfait de son vin.

-C'est comme si ce n'était pas le bon vin dans la bouteille.

Le bouchon, c'est un bouchon en plastique.

Tu peux l'enlever et le remettre, ni vu, ni connu.

-Tu penses que quelqu'un a vidé ta bouteille

et l'a remplacé par autre chose ?

Rires

-Je ne dis pas ça, mais...

Je dis que c'est possible.

-C'est tellement la guerre entre Giro et Susucaru que ça ?

...

-OK, mais qui aurait pu faire ça ?

-Je ne sais pas.

-C'est une mauvaise bouteille, c'est tout.

-Ca ne goutte pas comme une mauvaise bouteille.

-Oh, ce n'est que du vin, en mĂŞme temps.

-Oui, bien sûr.

Mais c'est...

Ce n'est pas du Susucaru qu'il y a lĂ -dedans.

-ArrĂŞte, papa.

-Je pense que tu es un petit peu parano, Albert.

-Ca va aller.

Albert, non.

-Oh oui, ça va.

-Il lui faut une assiette.

-Je vois oĂą tu vas. Non, non.

-Oh ! -Une assiette Ă  Albert.

-Qu'est-ce qui se passe ?

-Ca va ?

-C'est juste... J'ai des palpitations.

-C'est la 41e fois que je le vois faire une crise cardiaque.

-J'ai des extrasystoles. -Ah oui ? Moi aussi, j'ai ça.

-Ah bon ? -Oui.

-Ah oui ?

-Ca monte très fort, mais ça redescend.

Ce n'est pas dangereux. -Pas de problème.

Albert souffle. -Détends-toi.

-Tout le monde t'aime, ici.

-C'est gentil.

-Et puis, il ne faut pas entrer dans des théories

de conspiration, parce que...

Je pense que personne ici n'a Ă  se reprocher quoi que ce soit

sur le Susucaru.

Rires

Qu'il vienne de Sicile ou de "Chibougamao"...

...

-C'est Chibougamau.

Albert tousse.

C'est Chibougamau. "Chibougamao"...

-Eh ben, je me ressers, moi.

-Je vais en reprendre aussi, s'il te plaît, ma chère.

-Tu hyperventiles. -Oui, je sais.

C'est bon, c'est bon, c'est bon. -Encore un peu ?

-Tu as sans doute raison. -Mais oui.

Je te le garantis, on ouvre la prochaine,

elle sera parfaite.

Elle sera parfaite.

D'ailleurs, je vais porter un toast avec ce magnifique Susucaru,

parce que je le trouve très bon.

Blake boit.

A un grand, grand ami.

Loyal et fidèle.

A qui on doit beaucoup ce soir

et Ă  qui je dois beaucoup personnellement

parce qu'il est venu me ramasser

à un moment de ma vie où je n'étais vraiment pas bien.

Mon bon Barney.

I love you.

-Merci.

-A Barney.

-Merci.

Brouhaha

...

-Dites, les jeunes, vous ĂŞtes saouls ?

-Moi, je n'ai plus de bière. -Oh non.

-J'avais soif.

-Tu en as bu combien ? -Euh... Trois.

-Moi, j'en ai bu deux.

-Ah ouais ? Tu es comment ?

Tu es saoul ? -Non, ça va.

-Oh, mon Dieu. Papa !

-Quoi ? Oh, mon Dieu !

...

*"Rock Lobster", The B-52's -Wouh !

...

*-We were at a party

His earlobe fell in the deep

Someone reached in and grabbed it

It was a rock lobster

...

Rock lobster

...

Rock lobster

...

We were at the beach

Everybody had matching towels

Somebody went under a dock

And there they saw a rock

It wasn't a rock

It was a rock lobster

...

Rock lobster

...

Rock lobster

...

Motion in the ocean

His air hose broke

Lots of trouble

Lots of bubble

He was in a jam

He's a giant clam

...

Rock, rock

...

Rock lobster

Down, down

...

Lobster

Rock

Lobster

Rock

...

Let's rock

...

Twisting 'round the fire Having fun

...

Baking potatoes Baking in the sun

...

Put on your nose guard

Put on the lifeguard

Pass the tanning butter

...

Here comes a stingray

There goes a manta ray

In walked a jellyfish

There goes a dogfish

Chased by a catfish

In flew a sea robin

Brouhaha

-Hallucinant.

-Non, mais sérieux, il est bon.

-Je crois que j'ai commencé à transpirer.

Rires

-Oh, le pauvre.

...

Blake se racle la gorge.

-J'allais juste aux toilettes.

-C'est un cauchemar.

-C'est bon ?

-C'est pas mal.

-C'est un bon.

-Je préférais le mien.

-Ce qui est très beau là-dedans aussi,

c'est qu'on dirait que dans la mort,

elle a su réconcilier des gens qui ne se parlaient plus.

Moi, je ne parlais plus Ă  ma soeur.

Je ne parlais plus Ă  votre tante Alexandrine

depuis 10 ans.

Et puis, évidemment, elle était là à son enterrement.

Et puis, je n'allais tout de mĂŞme pas me mettre

à faire de la chicane autour de ma pauvre mère.

Moi et Alexandrine, on a été obligés de se tolérer

pendant tout ce temps-lĂ .

Mais on s'est plus que tolérés.

On s'est carrément réconciliés.

C'est fou, hein ? -Ouais.

-Et puis, c'est comme un beau cadeau que maman nous a fait.

C'est beau, comme histoire, finalement.

-Eh ! Ca va, ici ?

-Albert nous racontait une histoire.

-Ah bon ? -Oui.

-J'interromps ?

-Non, ça va.

-Avec Ferran, on voulait

vous chanter une petite chanson.

Je vous ai dit que mon père, il venait de la Louisiane ?

-Non. -Eh bien, oui.

-Ouais, toi, tu sais ça, Albert.

Bon, alors, évidemment, mon père, il avait une voix d'ange.

Moi, non.

Mais on va... On va tenter.

Alors...

Travailler, c'est trop dur

Et voler, c'est pas beau

-D'MANDER LA CHARITE

C'EST QUELQUE CHOSE J'PEUX PAS FAIRE

CHAQUE JOUR QUE MOI J'VIS

ON M'DEMANDE DE QUOI J'VIS

J'DIS QUE J'VIS SUR L'AMOUR

ET J'ESPERE DE VIVRE VIEUX

-Moi, je prends mon violon

Et j'attrape mon archet

Et je joue ma vieille valse

Pour faire mes amis danser

Vous connaissez ça, mes amis

La vie est bien trop courte

Pour se faire des misères

Allons danser ce soir

-TRAVAILLER, C'EST TROP DUR

ET VOLER, C'EST PAS BEAU

D'MANDER LA CHARITE

C'EST QUELQUE CHOSE J'PEUX PAS FAIRE

CHAQUE JOUR QUE MOI J'VIS

ON M'DEMANDE DE QUOI J'VIS

J'DIS QUE J'VIS SUR L'AMOUR

ET J'ESPERE DE VIVRE VIEUX

-Come on, Barney !

Solo d'harmonica

...

*"Les chats sauvages", Marjo -Tout doucement, je veux voyager

...

En te jasant d'amour et de liberté

...

On n'emprisonne pas

Les coeurs volages

...

Pas plus qu'on coupe les ailes

Aux oiseaux de la Terre

...

Faut les laisser aller toujours

Sans chercher Ă  comprendre

...

Ils marchent seuls

Et n'ont qu'un seul langage

...

Celui de l'amour

Celui de la vie

...

Ils chantent pour toi

Si t'en as envie

...

J'me sens un peu

Comme les chats sauvages

...

Et j'ai les ailes

Du coeur volage

...

J'veux pas qu'on m'apprivoise

J'veux pas non plus Qu'on m'mette en cage

...

J'veux être aimée

Pour ce que j'ai Ă  te donner

...

Tout doucement, je veux voyager

Aliocha rit.

Propos inaudibles

...

Blake et Aliocha rient.

-Et quand elle souriait...

Quand elle souriait...

Ils rient.

Musique douce

...

Ruissellement d'eau

...

-Et on présente.

-Coucou, Jeff. -Waouh !

Good job !

-Oh, attention ! Je ne veux pas t'éborgner.

-Ca va ? -Non, le courant est supposé

tirer sur ta ligne et je suis dans le seul spot

qui n'a pas de courant. -Eh, Jeff !

Tu veux apprendre Ă  lancer ?

-Jeff, aide-moi.

Aide-moi, s'il te plaît.

Je pense que... -Attends.

-Il n'est pas pris dans mon truc à l'arrière ?

-Non, non, ça va. -C'est où ?

Tu veux ? Tu prends ma place ?

-Wouh !

-Un omble. -C'est un gros !

-On va ouvrir une poissonnerie. -C'est un gros, lĂ  !

Eh, Spielberg !

Prends le filet et viens m'aider !

Mais qu'est-ce que tu fous ? Ohé, Spielberg ! Viens !

-Je suis pris !

Je suis pris !

-Jeff, ça va ? -Oui, ça va !

-Yeeha !

Oh oui !

Ferran !

-Là, j'ai juste envie de m'écraser et d'ouvrir une bonne bouteille.

-En espérant que personne ne vole votre vin, cette fois-ci.

-Pourquoi tu dis ça ?

-Parce que vous aviez raison. On a volé votre vin hier soir.

-Tu es sérieux, là ? -Mmh-mmh.

-Attends.

C'est qui ?

Jeff, c'est qui ?

Ah ouais, Ferran.

Je sais, depuis qu'on est arrivés, il y a quelque chose.

Je le vois, il me regarde, lĂ , avec ses yeux froids, calculateurs.

Ca, mon gars, ça s'appelle un sociopathe.

Fais très attention à ça. On se tient loin de ça.

Tu vois, il est jaloux de ma relation avec Blake.

Il essaye de la saloper. -Il n'y avait pas juste lui.

-Qui ?

Non, pas Blake.

-Je les ai vus dans la cuisine. Ils parlaient en buvant votre vin.

-Ca va, les garçons ? -Oui.

C'est quoi ?

C'est quoi, ça ?

Qu'est-ce que je lui ai fait ? Qu'est-ce que je lui ai fait ?

C'est donc bien méchant.

-Je ne sais pas, mais il avait l'air

de trouver ça drôle. -Ah ?

-Il veut toujours me faire une blague.

Mais il l'aurait juste dit hier, on aurait tous ri ensemble

s'il voulait se moquer de mes connaissances en vin.

Ils ne m'ont pas eu, hein.

-Vous n'allez pas lui dire, hein, que ça vient de moi ?

-N'empêche, c'est dégueulasse de m'avoir fait ça.

-Eh !

Qu'est-ce que tu fais, toi ?

Tu as l'air d'aller mieux. Hein, le beau chien ?

Tu n'es plus malade du tout.

Il ouvre et referme la porte brutalement.

Il sanglote.

Il pousse un cri.

Il sanglote.

-Qu'est-ce qui te prend ?

Hey.

Jeff, qu'est-ce qu'il y a ?

Il renifle.

Je ne veux pas te faire de la peine.

Il déglutit avec difficulté.

Il souffle.

...

-Ca va, lĂ . Un coup de blues.

-Eh, je suis lĂ .

Parle-moi.

Coucou, je suis lĂ .

-Tu t'en fous de moi.

-Quoi ?

-Tu t'en fous de moi.

-Non, c'est pas vrai.

C'est pas vrai.

Je t'apprécie vraiment.

Je t'apprécie.

C'est juste que c'est différent.

Hey doucement... Max ouvre la porte et entre.

Jeff pleure Ă  gros sanglots.

...

Max sort en claquant la porte.

...

Max va s'imaginer des choses, maintenant.

-Dégage.

-Quoi ? -Dégage.

-Parle-moi pas comme ça. -Je te parle comme je veux.

-Sinon quoi ? Tu vas encore me gifler ?

Vas-y.

-Va voir ton vieux réalisateur. C'est lui que tu préfères, non ?

-Pardon ?

-Vas-y.

Va le voir, ton vieux réalisateur dégueulasse has-been.

-De quoi tu parles, lĂ  ? -Va te mettre Ă  poil

pour qu'il te photographie toute nue.

Rires

-Je ne devrais pas vous raconter ça.

-Et pourquoi bleu, alors ?

-Je ne sais pas.

-Millie, arrête, c'est faux. Tu le sais très bien.

-Un verre de champagne, Max ?

-Tu vas nous le dire. Pourquoi bleu ?

...

La porte claque.

-Qu'est-ce qu'elle a ?

-Lala !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Ne va pas trop loin, s'il te plaît.

Elle soupire.

On entre.

-Ca va ?

-Tu me demandes si ça va, là ?

-Oui. C'est quoi, le problème ?

-Le problème, c'est que je t'invite ici

parce que je te considère comme mon meilleur ami.

Et puis, que j'ai envie d'avoir du bon temps avec toi.

Mais en ce moment,

j'ai juste l'impression de ne pas exister.

C'est ça, le problème.

-C'est faux. Je ne comprends pas ce que tu dis.

-ArrĂŞte.

Je sais que tu comprends.

Mais tu penses juste Ă  toi.

Et en plus, tu me prends pour un imbécile.

-Ca va, Albert ?

-Oh oui, ça va.

Eddy tousse.

-Tu te mets à côté de moi ? -Coucou, Albert.

Qu'est-ce que vous en pensez ?

Quand tu penses qu'après-demain, on sera à Paris...

-Oui. -Oui, ça fait bizarre.

-Et que lĂ , tu...

-C'est la magie de l'avion, quand mĂŞme.

Tu es dans un univers incroyable et d'un seul coup, le lendemain,

tu te retrouves en plein urbanisme.

C'est dingue, quand mĂŞme.

-Et toi, Millie, alors ?

-Moi, la ville, ça commence à me manquer.

Euh... Ouais, un petit peu. Merci.

-Tu es dans un quartier plutĂ´t comment ?

Chaleureux ?

-Je n'ai pas de domicile en ce moment.

-Tu es sans domicile fixe ?

-On va en boire, du vin.

-Comment on appelle ça ?

-La cave de Blake, c'est le musée de la piquette.

Blake rit.

-Merci.

C'est un bon bordeaux, pourtant.

-Il sent les pieds, ton bordeaux.

-Quoi ? Il est bouchonné ?

-A la vĂ´tre.

-Il est bon.

-Oh lĂ  lĂ .

Oh, ma fille !

Oh ! Tu as ta face pas contente.

Elle a la mĂŞme face depuis qu'elle a 3 ans

quand elle n'est pas contente.

Encore heureux que tu n'aies pas décidé

de passer la nuit dehors toi aussi, hein ?

-Millie, quand tu avais vraiment un habitat,

c'était quel genre ?

-J'avais un appart'. -Ouais.

Blake, c'est pas réussi sur ton vin.

Mais tu as d'autres qualités. Je te pardonne.

-Merci, Albert. -Je te pardonne.

Des bonnes qualités qui t'empêchent de voir

des fois celles des autres. -OK.

-Mais je vais faire preuve

de grandeur d'âme ce soir, et de magnanimité.

Vous savez ce qu'est la grandeur d'âme ?

-Albert, ce n'est pas le moment.

-Ah, ce n'est pas le moment ? Ce n'est pas le moment ?

C'est quand, le grand moment ? C'est quand, le moment ?

C'est quand le grand Blake décide que c'est le moment ?

Blake Cadieux. C'est quand, le moment ?

C'était un bon moment pour sortir sa guitare

et partager avec nous un chant qui vient de l'âme de l'Amérique ?

C'est quand, le bon moment pour dire Ă  son fils...

...qu'on l'aime ?

A sa soeur ?

A son meilleur ami ?

-OK, je...

Je comprends, c'est le grand méchant Blake.

Mais est-ce qu'on peut avoir un peu de silence ce soir ?

-Très bien. Silence. Très bien.

-Waouh ! Incroyable ! -Il va falloir faire de la place.

-Attention.

-Oh là là. Regardez ça.

C'est pas magnifique ? Directement de la rivière.

-Silence ! Chut ! Du silence !

-Albert.

Je suis vraiment désolé.

-Je vais te dire, moi, le silence que je respecte, Blake.

C'est celui bienveillant de Barney.

Il ne dit presque rien

quand il te montre la pĂŞche Ă  la mouche.

-De quoi ?

-Il te corrige. Il te corrige gentiment.

Il prêche par l'exemple, par la grâce de ses mouvements.

Le silence que je respecte, c'est celui de Jeff, ici.

Bon garçon, ça.

Il voit tout, il sent tout, il perçoit tout.

Il s'est sorti de son pétrin humblement

sans nous faire le récit de ses exploits,

sans s'en vanter,

sans s'apitoyer sur son sort non plus.

Mmh ?

Le silence.

Parce que le silence pour le silence...

Il y a des silences complices aussi.

Tu vois, moi, mon père...

Mon père, il ne disait presque rien.

-Je peux comprendre.

-Et puis, ironiquement...

Ironiquement, mes enfants, ils trouvent que je parle trop.

-Eh ben...

-MĂŞme mon ami...

MĂŞme mon ami que je n'ai pas vu depuis 3 ans,

il trouve que je parle trop.

-C'est Ă  se demander pourquoi on ne s'est pas vus depuis 3 ans.

Allez, ça suffit, maintenant. C'est assez.

OK ? C'est assez.

C'est assez.

-Parce que hier, tu m'as trahi.

-Papa.

-Non, assez !

LĂ , c'est Ă  moi de parler.

D'accord ?

Hier, tu m'as trahi.

Ici, vous...

Vous ĂŞtes tous trop bons...

...pour oser penser

que quelqu'un aurait pu être assez médiocre

pour substituer mon vin.

-Personne n'a volé ta bouteille, Albert.

-Millie, tu es tellement bonne, toi.

Pas une once de méchanceté.

Tu pensais même que j'avais sombré dans la paranoïa,

dans la théorie du complot.

En fait, vous tous,

votre bonne nature vous empĂŞche mĂŞme de croire

que la pure mesquinerie, elle existe.

Ce soir, je lève mon verre...

Et je suis sincère, là. Je suis sincère, vraiment.

A tous ceux qui, hier, ne me croyaient pas.

Parce que...

...le moment de vérité est arrivé.

VoilĂ .

-C'est ridicule.

C'est bien. Bien joué.

Eh ben, oui, on voulait te faire une blague, Albert.

On a changé ton vin. -Ah, c'était une blague ?

Hélène, tu as trouvé ça drôle, toi ?

Hein ?

-Non, ce n'est pas drĂ´le quand...

On avait carafé ton vin dans une Waterford.

C'était une surprise.

Sauf que tu réagis comme ça.

Il faut qu'on s'occupe de toi absolument.

C'est toujours un drame.

Donc, il n'y a plus d'humour. Alors, j'ai paniqué aussi.

Tu as eu une crise d'angoisse.

Regarde ce que tu deviens. Tu es un alcoolique aigri.

Regarde comment tu es devenu. -Ca va, Blake, calme-toi.

-Comment ? Moi, je suis...

Mais j'ai toujours été au service de ton ego démesuré.

Le gourou, lĂ  ! Attention, Millie.

Quand tu lui fais de l'ombre, c'est comme ça qu'il agit.

-Tu me parles d'ego ?

-Il vous éjecte.

-Mais tu me parles d'ego ? On fait ta psychanalyse

tous les soirs depuis que tu es arrivé.

Tu ne parles que de toi sans arrĂŞt.

Tout est à propos de toi. Chaque événement.

-Je te demande juste un peu de respect, bordel de merde.

Juste un peu de respect.

On veut ĂŞtre gentil en apportant des grands vins.

On se fait ridiculiser.

On veut faire passer une semaine de rĂŞve Ă  nos enfants,

ils finissent par avoir honte de vous.

On se montre tendre et sincère à l'égard de son meilleur ami

et il vous répond par du dédain et du mépris.

OK, il n'y a pas de place pour moi ici.

-Papa, c'est pas vrai. ArrĂŞte.

-Souffre-douleur.

-Oh, ne pleurez pas ! Ne pleure pas. Tout va bien.

Ne pleure pas, mon beau. Ne pleure pas.

-C'est pathétique. Non, Albert, franchement...

D'accord.

La soirée est à toi, Albert. Epanche-toi.

-Blake...

-"Cabin Fever".

-Tiens, Albert.

-Eh, Barney, j'en goûterais bien un petit peu aussi, moi.

-Attention avec ça.

-Moi aussi. -Merci.

-Merci.

-Tu veux goûter avant moi ?

-Quoi ?

Va le consoler.

Je l'ai fait pendant 20 ans. Je connais la chanson.

Vas-y, retourne Ă  tes casseroles.

Va t'occuper de lui. Le gourou.

-Eh, Albert.

Eh !

Cacophonie

-ArrĂŞte, papa !

...

-Papa, arrĂŞte !

-Calme-toi, lĂ . Du calme, hein.

-Assieds-toi. -Du calme.

-C'est pas chez vous, ici. C'est pas chez vous.

...

Albert a un rire gras.

Je suis désolé.

Je suis désolé.

Propos inaudibles

...

...

...

-Je ne veux pas qu'on...

...qu'on reste fâchés comme ça.

Ca ne sert Ă  rien.

Tu vas voir, demain, moi et ton père,

on va être comme ça.

Tu veux boire un dernier verre ?

J'ai une bonne bouteille.

-Va-t'en.

Blake, sors de ma chambre.

-Techniquement, c'est ma chambre.

Blake rit.

...

Non, mais sérieux...

Je ne veux pas qu'on reste fâchés.

Je t'aime trop pour ça.

-Dégage.

-Ouais.

"Dégage."

C'est bien, ça.

Blake gratte une allumette.

Clairon

...

-Qu'est-ce que tu fais ?

...

Blake, c'est bon !

-Allez, debout ! On se lève et on s'habille.

Un petit-déj' nous attend. Après, c'est l'aventure.

On se lève, Max.

...

Musique intrigante

...

ArrĂŞte de pagayer.

...

LĂ -bas, lĂ -bas, lĂ -bas.

Pagaie, pagaie.

...

-Tu faisais quoi, lĂ  ?

-J'étais parti à la chasse.

On a vu un orignal, mais on ne l'a pas eu.

-Un orignal ? -Ouais.

Propos inaudibles

...

-Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui...

-Ne bouge pas, d'accord ?

-Jeff ?

Ca va ?

-Allez, c'est parti.

Ruissellement d'eau

...

ArrĂŞte de pagayer.

Je vais me lever.

...

On va rester au milieu du rapide et tu pagaies toujours vers l'avant.

...

En avant ! En avant !

...

OK, c'est bon.

C'est bon, c'est bon !

C'est pas vrai ! C'est pas vrai !

...

Blake pousse un râle.

Ruissellement d'eau

...

-Jeff !

Ca va ? Tu n'es pas blessé ?

...

Ca va ?

...

Ca va ?

...

OĂą est Eddy ?

...

Eddy !

...

Je vais revenir, OK ?

...

Je reviens.

...

Eddy !

Eddy, non !

Non ! Non, non, non !

Non ! Non !

Eddy, non !

Non ! Non, Eddy !

Eddy, allez !

Non, non, non, non, non !

Non ! Non !

Non ! Non !

Non ! Non ! Non !

Elle sanglote. Non !

Non ! Eddy, non !

Allez ! Allez !

Allez, Eddy !

Non !

Non, non !

Non ! Non !

Non !

Allez !

Musique dramatique

...

S'il te plaît. S'il te plaît.

...

Non ! Non !

...

Eddy. Eddy, allez.

...

... Elle sanglote.

...

Eddy ! Eddy !

Eddy. Eddy.

Eddy.

Doucement. Doucement.

Doucement. Vas-y.

Respire. Respire.

Le feu crépite.

...

"Marz", John Grant

...

-Bittersweet strawberry

Marshmallow, butterscotch

...

Polar bear, cashew, dixieland

Phosphate, chocolate

Lime, tuttifrutti Special raspberry

Leave it to me

...

Three grace, Scotch lassie

Cherry smash, lemon freeze

...

I wanna go to Marz

Where green rivers flow

And your sweet sixteen is waiting

For you after the show

...

I wanna go to Marz

We'll meet the Gold Dust Twins Tonight

You'll get your heart's desire

I will meet you under the lights

...

Golden champagne Juicy grapefruit

Lucky Monday

...

High-school football, hot fudge

Buffalo, tulip sundae

Almond caramel frappé, pineapple

Root beer

Black and white, Big Apple

Henry Ford, sweetheart

Maple tear

I wanna go to Marz

Where green rivers flow

And your sweet sixteen is waiting

For you after the show

...

I wanna go to Marz

You'll meet the Gold Dust Twins Tonight

You'll get your heart's desire

I will meet you under the lights

...

-Aliocha ?

Aliocha ?

Jeff gémit.

Aliocha hurle.

...

Jeff gémit.

Aliocha hurle.

Aliocha pousse un cri.

Elle halète.

...

Musique intrigante

...

-Tu viens, mon beau ?

Ingmar, viens.

Allez, viens. Viens ici.

-Tu veux qu'on t'accompagne ? -Non, non.

-OK, eh ben...

Bon courage.

-Albert, je veux juste aller aux toilettes, OK ?

Brouhaha

...

Effusions de joie

...

-Parfait.

...

-Est-ce que je peux vous aider ?

-Viens, viens.

-Vous vous connaissez ? -Oui.

-Alors, je reviens.

...

Blake sanglote.

...

-Oh bah oui !

Blake rit.

Blake l'embrasse.

Oui.

-Couché.

Couché.

Vous pouvez tenir sa tĂŞte ?

-Oui. Couche-toi, couche-toi.

-Oui, mon chien.

-Il n'a pas envie. -Ca va aller.

-Je crois qu'il n'a pas envie.

Blake sanglote.

En anglais

"Réel à bouche", Cédric Dind-Lavoie

...

Générique

...

Bruissements de nature

...

SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA

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