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Vu dans Desperate Housewives...
Nous allons tout faire pour vous trouver un rein,
mais d'ici là, vivez votre vie.
S'il y a des choses que vous avez envie de faire,
faites-les maintenant.
L'état de santé de Susan a empiré.
Tu es en train de mourir !
Et je ne peux absolument rien y faire !
Beth a été rejetée par son mari...
Je t'ai mise à la porte.
C'était une rupture !
... et abandonnée par sa mère.
Tu ne me sers plus à rien. Au revoir.
Mais Bree lui a donné une lueur d'espoir.
Le responsable des greffes t'a-t-il appelée ?
Mon rein est compatible ?
Oui !
Je suis venue donner un rein.
C'est ce que j'ai fait de mieux de toute ma vie.
Et elle a fait le sacrifice suprême.
Urgences RÉSERVÉ AU PERSONNEL
De l'aide, vite !
Parfois, sans prévenir, notre vie prend un tournant décisif.
Ça peut arriver quand on prépare le dîner...
ou quand on rentre chez soi après une longue journée...
ou quand on sirote tranquillement un verre de vin...
ou encore, quand on s'inquiète pour sa santé.
Et c'est là,
au moment où on s'y attend le moins,
que ça arrive.
- Allô ? - Susan ?
Craig Lynwood, de l'hôpital de Fairview.
- Allô ? - M. Young,
Dr Jenkins, de l'hôpital de Fairview.
On a un rein pour vous.
Quoi ?
Il est arrivé un malheur.
C'est-à-dire ?
Votre femme vient de se tirer dessus.
Non, c'est merveilleux ! Mike ! On a un rein !
Elle est morte ?
Elle est sous assistance respiratoire, mais son cerveau ne répond plus.
Alors, quand pourra-t-on me le greffer ?
Quand pouvez-vous venir ?
Je ne comprends pas.
Pourquoi la maintient-on en vie, alors ?
Elle voulait donner un organe, et il nous faut...
Attendez.
Ne la touchez pas. J'arrive tout de suite.
Oui, il y a des moments où notre vie prend un tournant décisif,
mais pas toujours dans la direction à laquelle on s'attendrait.
Pour les femmes de Wisteria Lane, tout est prétexte à faire la fête.
On sabre le champagne pour célébrer le fait de ne pas être enceinte.
On s'offre une robe quand on fête ses 39 ans pour la énième fois...
ou un énorme gâteau au chocolat le jour où on s'est surpassée.
Alors, quand mes amies ont su pour Susan,
PROMPT RÉTABLISSEMENT SUSAN
elles n'ont pas pu résister.
Surprise !
Quoi ? Qu'est-ce qu'on dit à quelqu'un qui reçoit un organe ?
"Rein !"
Moi, je dirais : "Félicitations !"
On est tellement contentes. Quand est-ce qu'on t'opère ?
Ce soir, j'imagine.
Tu viendras quand même à ma soirée, samedi ?
Tu t'es engagée, n'oublie pas.
Ça dépend.
On peut faire ça aux soins intensifs ?
Ça veut dire non.
C'est Gaby qui gère la liste des invités,
alors si quelqu'un d'autre souhaite se désister...
Bonjour, Susan.
Vous êtes bien entourée, dites-moi.
C'est un grand jour pour nous toutes.
Et un peu triste aussi, je suppose.
Non, je dirai au traiteur de prévoir un couvert de moins.
Ce n'est pas grave.
Vous êtes dure. C'était une voisine, quand même.
De qui parlez-vous ?
De votre donneuse, Beth Young.
C'est Beth, la donneuse ?
Attendez,
vous n'étiez pas au courant ?
Beth est venue aux urgences avec les papiers pour la greffe
et elle s'est tiré une balle dans la tête.
Elle est morte ?
On la maintient en vie, mais elle ne s'en sortira pas.
Quelle horreur !
Pardon, je pensais que vous saviez.
Son mari est auprès d'elle.
On va lui accorder un peu de temps avec elle.
L'opération risque d'être légèrement retardée.
Pauvre Beth !
Je l'ai vue pas plus tard qu'hier.
Elle avait un drôle d'air,
mais elle était tout le temps comme ça, alors, je suis partie.
Comment ai-je pu ne pas remarquer à quel point elle souffrait ?
Bree, tu ne pouvais pas savoir.
Ça va ?
Je ne sais pas.
Ça n'a pas l'air d'être pour ce soir.
Si vous rentriez toutes chez vous dormir un peu ?
- Allô ? - C'est Karen.
Ramène tes fesses ! J'ai quelque chose qui t'appartient.
Petit indice :
ça empeste le rhum, et c'est toi qui l'as mis au monde !
J'allais préparer le petit-déjeuner quand je l'ai trouvé
sur mon canapé, ivre mort.
Encore une fois, on est vraiment désolés.
Si je voulais un ivrogne homosexuel chez moi,
j'aurais épousé mon vieux copain de fac !
Lâchez-moi ! Je ne suis pas handicapé.
Ah non ? Tu t'es introduit chez les voisins
et tu as comaté sur leur canapé !
Je ne me suis pas "introduit" chez eux.
Je n'avais pas les idées très claires et je me suis trompé de maison.
Il faut bien avouer qu'elles se ressemblent toutes, ici.
Si on est soûl !
Andrew, tu dépasses les bornes.
Calme-toi !
J'ai un peu trop fait la fête hier soir, voilà tout.
Tu dois faire attention.
Par ma faute, tu as une prédisposition génétique à l'alcoolisme.
C'est pas parce que tu es alcoolo
qu'on doit tous l'être.
Je ne suis pas alcoolique, d'accord ?
Je gère.
Ça va si mal que ça ?
Oui.
Depuis quand ?
Un bon moment.
Au début, c'était juste le week-end,
puis ça s'est aggravé, et là, c'est tous les soirs.
Tu aurais dû m'en parler.
Vous savez ce que je fais ?
Je lui dis que je travaille tard
pour ne pas avoir affaire à lui en rentrant.
- Il faut que tu lui parles. - Je lui parle.
Il me promet d'arrêter, mais ça ne fait qu'empirer.
Je l'aime,
mais je n'en peux plus.
Je sais, c'est difficile.
Non, Bree, je vais le quitter.
Ne fais pas ça. Pas maintenant.
Laisse-moi essayer de l'aider. Je vais lui parler.
Sans vouloir vous vexer, vous n'arriverez à rien.
Ne dis pas ça.
Une fois, j'ai réussi à introduire de la vodka à l'église dans un thermos.
Je peux être pleine de ressource.
Les tables et les chaises, à l'arrière,
les chauffe-plats et la vaisselle, à la cuisine,
et on arrête de me reluquer les seins, même si c'est flatteur.
Coucou ! J'ai vu le camion devant. C'est pour quoi ?
À ton avis ? On donne une soirée demain.
Quoi ? La fête du printemps ? C'est toujours d'actualité ?
Pourquoi pas ?
Eh bien,
quand une voisine se fait sauter la cervelle,
je ne suis pas sûre qu'il soit approprié de faire la fête.
Pourquoi ? Elle n'était même pas invitée.
On ne peut pas ignorer la mort d'une voisine.
Elle est dans le coma. Rien à voir.
Et elle a l'air de s'accrocher à la vie. Il y en a pour des mois.
Alors, cette fête n'est pas indécente ?
Gaby, ce n'est pas une fête, mais un évènement.
Tu annulerais les Oscars ? Ou Noël ?
Non !
J'ai envoyé les invitations et engagé le traiteur.
La vie appartient aux vivants, alors, vivons.
J'avoue que j'ai acheté une robe de chez Versace.
Et je suis sûre que Beth aurait adoré te voir dedans.
Peut-être bien.
En un sens, on peut voir ça comme un hommage.
Et j'ai vu les chaussures parfaitement coordonnées à la galerie marchande.
Voilà, c'est exactement l'idée.
Dis aux invités que la fête a bien lieu,
moi, je m'occupe des préparatifs.
On pourrait observer une minute de silence
et boire du champagne en l'honneur de Beth.
Merveilleuse idée.
Sauf qu'au lieu du champagne, on boira des Mojitos,
et au lieu de Beth, on boira à notre santé.
Et la minute de silence ?
Ce sera formidable en musique !
Pardon.
Paul, je tenais à te dire à quel point je suis désolée.
Ce doit être terrible, pour toi.
Sache que j'apprécie énormément le cadeau que Beth me fait.
Évidemment, ça ne la ramène pas parmi nous.
Mais j'espère que ça te consolera un peu
de savoir que d'une certaine façon, elle sera encore un peu là.
Pourquoi est-ce que ça me consolerait ?
Tu essaies de me dire que ma femme est morte
et que tu es le prix de consolation ?
Non, je ne disais pas ça.
Désolé de te décevoir, Susan, mais ma femme n'est pas morte.
Elle est encore bien vivante.
Ils m'ont dit qu'elle n'avait aucune chance...
Peu m'importe ce qu'ils t'ont dit.
Beth est vivante, et elle le restera
aussi longtemps que possible.
Je ne te permettrai pas de la démanteler
comme une vieille voiture.
Tu n'y es pas du tout.
C'était l'idée de Beth...
Beth était perturbée quand elle a signé ces papiers.
Pour moi, ils n'ont aucune valeur.
Et pourquoi crois-tu mériter son rein ?
Pour ces repas que tu as partagés avec elle ?
Toutes ces soirées où tu l'as invitée ?
Les petites attentions que tu as eues pour qu'elle se sente moins seule ?
Non.
Tu ne lui as rien donné de son vivant.
Alors, elle ne te donnera rien une fois morte.
Je ne comprends pas.
Beth a signé les papiers du don d'organe
et rédigé un testament. Ces documents sont légaux.
On doit les respecter, non ?
Oui et non.
Je vais vous demander d'être plus précis.
Ces papiers ont force légale,
mais l'hôpital préférerait éviter
d'intenter un procès contre un mari en deuil.
C'est trop délicat.
Ce n'est pas une question de deuil.
Paul Young a une dent contre ma famille.
Il fait ça pour nous nuire.
Écoutez, on ne peut pas vous soutenir publiquement,
mais si vous le traînez en justice, on vous laissera faire.
On ne va pas se gêner.
Non, on n'en fera rien.
- Susan... - On n'attaquera pas Paul.
C'est ta vie qui est en jeu !
On ne peut pas le laisser gagner.
"Gagner" ? Sa femme s'est tiré une balle.
Et tu voudrais engager des avocats ? Le traîner devant le tribunal ?
Je sais que c'est à moi que tu penses,
mais c'est à Paul d'en décider.
Pas à nous.
Je veux rentrer à la maison.
Merci de m'aider à porter tout ça.
De rien. Ça fait du bien de sortir un peu.
Tu t'es remise à la restauration ?
Pas officiellement. Juste quand on me le demande.
Et c'est pour qui ?
Ils préfèrent garder l'anonymat.
Du café et des beignets ?
Le vieil ivrogne qui cuve devant le supermarché ?
C'est les Alcooliques Anonymes.
Leur méthode est formidable.
Mentir à son fils en fait partie ?
Pardonne-moi.
Mais maintenant que tu es là, si tu tentais le coup ?
Écoute-les et voie si ça te parle.
Et qu'est-ce que je dois leur dire ?
"Salut, je m'appelle Andrew. Ma maman m'a amené."
Ils n'ont pas à le savoir. Je t'en prie.
Juste une réunion.
Ça peut te sauver la vie.
Bonjour ! Je vois que tu connais Bree. Moi, c'est Tommy. Bienvenue.
- C'est ta première fois ? - Oui.
Je m'appelle Elvis.
Elvis ? Vraiment ? C'est ton vrai nom ?
Oui, Elvis.
Une raison de plus d'en vouloir à ma mère.
Alors, comment c'était ?
On aurait fait mieux au mini-golf.
Lynette, Glenn Morris, P.D.G. de Morris Technologies.
Il envoie son club de golf plus loin que la balle.
- Enchantée. - Enchanté.
Vous venez boire une bière ?
Je dois y aller. La prochaine fois.
- Salut. - À plus.
Ravie de vous avoir connu.
Je peux utiliser vos toilettes avant de partir ?
Bien sûr, venez.
Les toilettes sont au fond.
On a cinq enfants, attention où vous marchez.
Je n'ai pas besoin de toilettes,
mais d'un directeur financier.
Quoi ?
Le mien a accepté un poste à Londres.
Je ne vois qu'une seule personne pour le remplacer,
Tom Scavo.
Tom Scavo ! Je le connais !
Ouah ! Glenn ! D'où sort cette proposition ?
Carlos ne tarit pas d'éloges sur toi,
alors je me suis renseigné.
Il s'avère que tout le monde t'adore.
C'est que Tom Scavo est adorable !
Je suis prêt à t'offrir
un salaire très généreux, des stock-options,
tu auras accès au jet de l'entreprise...
Ouah, c'est fantastique.
Mais non.
Tiens, Tom Scavo est un peu moins adorable, tout à coup.
Quoi ?
Carlos est un ami, et la saison s'annonce difficile.
Je ne peux pas l'abandonner.
Je ne veux pas t'inciter à être déloyal...
Essayez. Vous n'en risquez rien.
Lynette...
Glenn, tu me flattes énormément.
Mais je dois refuser.
Cette conversation n'est pas terminée.
J'espère que vous lui ferez entendre raison.
À coups de poings, s'il le faut.
Maintenant, fais-moi un clin d'œil, frotte-toi les mains
et dis-moi que ton refus était stratégique.
Parce que ce regard vide
que tu arbores encore me fiche la trouille.
Je ne planterai pas Carlos.
Qu'est-ce qui te prend ? Où est passée ton intégrité ?
Nulle part.
Glenn t'a fait une meilleure proposition, et tu vas être riche.
Lynette, même si tu aimes tenir les rênes de ma vie,
là, c'est à moi de décider.
Et je dis non.
Bien. Il nous reste quelques minutes.
Quelqu'un d'autre souhaite parler ?
Elvis ?
Ce n'est pas obligatoire, mais on aimerait t'écouter.
Elvis ?
Merci, mais non.
Tu peux parler en toute sécurité. Personne ne te jugera, ici.
Bon, d'accord.
Quand je vous entends vous plaindre du fait
que les autres essaient de contrôler votre vie,
comme Ed qui parlait de son patron,
ou Mary Ann, de son... chat,
je m'y retrouve.
J'ai le même problème avec ma mère.
Je crois que son plus grand regret
est d'avoir accouché d'un fils, et non d'un pantin.
Elle veut toujours tout contrôler,
au point qu'avec ma sœur, on l'appelait Attila.
Vous pourriez cesser de rire ?
Je veux dire,
on est là pour s'entraider.
Rien de ce que je faisais n'était assez bien.
En troisième, j'ai voulu être délégué de classe.
La veille du vote,
elle m'a dit : "Tu es sûr que tu veux faire ça ?
"Tu n'as pas vraiment l'âme d'un leader."
Aïe ! Elle a l'air terrible.
Ou c'est une mère aimante
qui voulait éviter une déception à son fils.
Je ne crois pas.
Elle n'a même pas écouté mon discours.
Elle était peut-être occupée à faire à dîner pour quatre
sans que son fils lève le petit doigt.
Oui, pas facile de faire à dîner
en s'acharnant à réprimer toute émotion dans la maison.
Il y a des émotions qu'il est préférable de réprimer.
Bree...
Pardon, mais on est là pour cesser de boire,
pas pour blâmer nos mères.
Il essaie juste de s'épancher.
Il y a une différence entre s'épancher et pleurnicher !
Bon, on va devoir s'arrêter là. Merci à tous.
Donnons-nous la main et récitons la prière de la sérénité.
Dieu,
aide-moi à accepter
ce que je ne peux pas changer avec sérénité...
Je voulais juste vous rappeler
que Renée et moi donnons une soirée demain.
Vous la maintenez ?
Une femme est dans le coma.
Exactement. Elle n'est pas morte.
Vous plaidez en ma faveur.
Ne compte pas sur moi, ni sur Roy.
Mais appelle-nous quand tu fêteras l'ouragan Katrina autour de ta piscine.
Renée et moi maintenons notre soirée de...
Ça ne tourne pas rond ?
Au cas où vous l'ignoreriez,
notre amie Betty Young vient de se faire sauter la cervelle.
Beth Young.
J'ai écorché son nom, quel manque de respect !
J'espère que vous ne le raconterez pas à votre soirée !
C'est une toute petite fête de rien.
Qu'est-ce qui ne va pas, chez toi ?
Et zut.
On la connaissait à peine, mais on connaissait Mary Alice,
et cet incident tragique à ravivé un tas de mauvais souvenirs.
Tu ne te rends pas compte ?
Qu'ils aillent au diable ! On n'annulera pas notre soirée.
Tu ne m'écoutes pas ?
J'ai eu droit à quatre "Tu es folle ?",
trois "Tu me donnes envie de vomir", et un "Peut-être", de Lee.
Le message est clair.
Oui. Commande moins de crevettes.
Non. Renée, on doit annuler.
On aurait dû le faire dès qu'on a su, pour Beth.
Personne ne l'aimait !
Peu importe. C'est de mauvais goût.
Si on changeait la date ?
Non !
Depuis 10 ans, je donne ma Fête du Printemps le 1er dimanche d'avril.
Pas le deuxième, ni le troisième.
Ni quand une bande de mauviettes décide de rompre le deuil.
Je n'annulerai pas.
Mais personne ne viendra !
On verra bien.
Je ne renoncerai pas à ma vie sociale
parce qu'une cinglée
s'est curé les oreilles avec un pistolet !
Ouah ! Merci.
De quoi ?
De me faire passer pour compatissante.
Ouah ! Il dort déjà ?
Oui, il était épuisé.
Même Harry Potter n'a pas réussi à l'empêcher de dormir.
Écoute, ce n'est pas pour t'embêter ni parce que je suis en colère,
mais pourquoi refuses-tu que je me batte pour ce rein ?
Je ne sais pas. C'est juste que...
C'est tordu.
Non, Beth voulait que tu aies ce rein.
Justement ! Elle s'est tuée pour que je prenne son rein. Pourquoi ?
Paul a raison.
Je n'ai même jamais discuté avec elle.
Peu importe la raison.
C'était sa dernière volonté.
Mais ça n'a pas de sens !
Je ne peux pas prendre son rein
en sachant que c'est peut-être de ma faute
si elle gît sur un lit d'hôpital.
Hé, je lis !
Bonsoir, monsieur. Bienvenue à bord.
Je peux vous apporter quelque chose avant le décollage ?
Aidez-moi à mettre mon sac sous mon siège.
Tu n'es pas bon à ce jeu. Laisse-moi parler.
Je peux vous aider à attacher votre ceinture ?
Je vois que vous avez déjà redressé votre siège.
Comment s'appelle cette compagnie ? Je m'abonne tout de suite !
Ce n'est pas une compagnie commerciale.
Les gros bonnets de votre acabit ne voyagent qu'en jet privé.
Lynette,
je n'accepterai pas ce poste.
Dans ce cas, vous pouvez réincliner votre siège.
Lynette, on en a déjà parlé.
Je ne planterai pas Carlos.
D'accord. Très bien. Tu es loyal, et j'aime ça.
Mais ta cote est en hausse.
Si tu gardes ton poste,
au moins, essaie d'en tirer parti.
Je pourrais parler de cette offre à Carlos.
Peut-être qu'il m'augmentera.
Une augmentation ?
Regarde,
un siège vient de se libérer.
Je me demandais si vous viendriez.
À l'hôpital, on m'a dit
que vous vouliez que Beth soit déclarée morte
et qu'on lui coupe l'assistance respiratoire.
Oui.
Eh bien,
ça n'arrivera pas.
- Il le faut. - Pourquoi ?
Parce qu'elle est morte.
Non, elle n'est pas morte.
Ma fille est morte.
Votre femme est morte.
Et on sait tous les deux pourquoi.
Si vous essayez de me rendre responsable,
de vous servir encore d'elle pour me nuire...
Non.
On ne se servira plus d'elle, Paul.
Ce jeu malsain que nous jouons tous les deux,
cette haine que nous nous vouons,
a fait une victime,
la seule qui était innocente dans tout ça.
Je n'ai rien fait.
Vous avez refusé de croire qu'elle vous aimait.
Moi, je l'ai repoussée justement parce que c'était vrai.
Et maintenant, elle est morte.
Elle...
Elle peut s'en sortir.
Je le crois. Et vous devez y croire aussi,
sans quoi vous ne seriez pas là à prier.
Je ne prie pas pour elle.
Je prie pour obtenir le pardon.
C'est nous qui lui avons fait ça.
Il faut arrêter, maintenant.
Et la laisser reposer en paix.
Bonjour.
Je peux entrer ?
Bien sûr.
Je vais à une réunion, j'espérais que tu m'accompagnerais.
On avait dit une réunion, maman. Et c'est fait.
Tu n'y retourneras pas, même pour moi ?
Non.
Elvis "s'est retiré".
Je n'en ai pas besoin, d'accord ? Je vais bien.
J'espère que tu sais que prétendre qu'on n'a pas de problème
est une des preuves les plus flagrantes du contraire.
Je ne nie pas que j'ai des problèmes.
Je suis au chômage.
Alex travaille 18 heures par jour à l'hôpital.
Et moi ?
Je passe des journées interminables à ne rien faire.
Je fais un peu d'exercice, la lessive...
J'ai même fait la poussière, l'autre jour.
J'ai passé le chiffon et je me suis senti fier.
Ce n'est pas pathétique ?
Je ne trouve pas.
Non, pas toi.
La seule chose qui me permet de tenir,
c'est de savoir que le soir venu,
je peux boire un ou deux verres pour me détendre.
Tant que ça ne dérange personne,
pourquoi me priver ?
Maman, fais-moi confiance.
Ça va aller.
Si tu le dis.
- Quoi ? - Écoute-moi bien.
Il y a eu une tragédie dans notre quartier.
Une femme désespérément seule s'est suicidée
car personne ne lui venait en aide.
Et le fait est que j'y étais.
J'ai vu que quelque chose n'allait pas,
et j'ai tourné les talons.
Je ne le referai jamais plus.
Et certainement pas avec toi.
Alex m'a quitté.
Mon chéri...
Il a dû en avoir marre de vivre avec un alcoolo.
Qu'est-ce que j'ai fait ?
J'ai foutu mon mariage en l'air.
Ça va s'arranger.
Je te promets que ça va s'arranger.
Mais pour commencer,
va à une réunion.
Je ne peux pas parler de mes malheurs devant de parfaits inconnus.
Alors, on va se faire une réunion ici même.
Rien que tous les deux. D'accord ?
C'est du Glenn tout craché ! Au moins, il y va franco !
Carlos, je te jure que je n'ai rien fait pour.
Je le sais bien.
Et c'est chic de ta part de m'en parler.
Mais c'est une offre très généreuse,
alors je me suis dit que si c'était ma cote actuelle,
je pourrais peut-être gagner un peu plus ici.
Indépendamment de notre amitié,
tu es un membre précieux de l'entreprise.
Si j'avais l'argent,
je t'augmenterais.
Mais...
Tu sais comment vont les choses.
Tu as vu les bureaux vides.
Je ne peux pas te proposer un salaire pareil.
Mais pour ne pas te perdre, voilà ce que je te propose :
Tu passes directeur du marketing,
avec indemnités de déplacement
et participation au profit.
Qu'en dis-tu ?
C'est du pipeau !
Lynette...
Comme s'il n'avait pas d'argent !
Tu as insisté ? Tu lui as mis la pression ?
Oui ! D'où la participation aux profits.
Tom ! J'ai travaillé pour lui, tu te souviens ?
À la fin de l'année, il empoche les gains en guise de prime,
et il ne reste rien à partager.
Quoi d'autre ? Un nouveau titre bidon ?
Pas bidon ! Directeur du marketing. D.M. !
Et des indemnités de déplacement !
Génial.
"Tiens, voilà tes indemnités, Tommy. Garde bien les reçus."
Tu exagères, Lynette.
Et toi, tu tournes le dos à un vrai salaire
et à un vrai poste
pour des profits illusoires et un poste fictif.
Carlos aurait aussi bien pu te nommer "Roi de Tout ce qui compte"
et t'offrir des billets de Monopoly.
Pourquoi tu me pousses comme ça ?
Parce que sans ça, tu n'arrives à rien !
Ouah !
C'est ce que tu penses de moi ?
Je n'arrive à rien tout seul ?
Tu ne retires pas ce que tu as dit ?
Je te trouve fantastique comme mari et comme papa,
mais comme homme d'affaires...
Tu as 46 ans, et tu essaies encore de te faire reconnaître.
Des opportunités pareilles, ça ne tombe pas tous les jours du ciel,
il faut les saisir !
Et laisser tomber un ami !
Tu crois que Carlos
hésiterait une seconde si les rôles étaient inversés ?
Jamais de la vie !
D'où son succès. Il est impitoyable !
Tu veux que je sois impitoyable ?
Continue comme ça, et tu verras !
Ouah ! Il y en a, du monde !
Tu vois ! D'ailleurs, j'ai atteint mon seuil d'invités limite,
alors si tu veux bien.
Je n'en reviens pas que tant de gens soient venus !
Ça prouve que tu n'y connais rien
aux soirées chics.
Attends, ce n'est pas le type de la S.P.A.
qui ramasse les oiseaux morts ?
Quoi ? Non !
Ces gens sont des amis que j'ai connus aux Caraïbes au fil des ans.
Mme Solis, j'allais vous appeler.
Je peux venir laver votre piscine jeudi plutôt que mercredi ?
Bien sûr.
Si vous revenez à temps de Saint Barthélemy.
Ne me regarde pas comme ça.
Pour réussir une fête, il faut savoir mélanger les invités.
Le seul mélange que je vois, c'est le mélange coton-polyester
des robes de ces dames.
Excuse-moi.
Renée !
Renée, écoute...
Hé, vous deux !
Dehors !
Vous avez une chouette maison.
Je ne comprends pas.
Pourquoi donner une soirée si tes vrais amis
sont trop tristes pour venir ?
Je ne suis pas triste, moi. Et je ne vais pas faire semblant.
Renée ! Tu n'aimais pas Beth, mais elle est sur le billard !
La faute à qui ?
Vous faites tous comme s'il lui était arrivé malheur !
Mais ce n'était pas un accident,
c'est elle qui l'a provoqué.
Elle devait souffrir énormément.
Tout le monde souffre,
mais il n'y a que les pires égoïstes
pour se tuer sans réfléchir aux conséquences !
Beth n'a pensé à personne.
Ni à sa mère, ni à son mari, ni à sa fille.
Elle n'avait pas de fille.
Dieu soit loué. C'est toujours ça.
Tu m'as dit que ta mère était morte quand tu étais très jeune.
Tu n'as pas dit comment.
Elle s'est suicidée ?
À ton avis ?
Bon sang ! Ce n'est pas si difficile de remplir un seau à glace !
Moi aussi, j'ai perdu quelqu'un quand j'étais petite.
Mon père.
Je ne fais pas de comparaisons
et je comprendrai que tu ne veuilles pas en parler.
Tant mieux. Parce que je n'y tiens pas.
Mais si tu le faisais...
Quoi ?
Je me sentirais tellement mieux si je déballais tout ?
Ça ne marche pas, avec moi, ce genre de psychologie à deux balles.
Non, tu es plutôt du genre à faire la fête pour oublier.
Écoute, je n'oublierai jamais ce que ma mère a fait.
J'y pense tous les jours.
Mais je refuse de croire que ça résume ce que je suis.
Cette Fête du Printemps
te semble peut-être superficielle et indécente,
mais c'est ma façon de dire que je choisis la vie plutôt que la mort.
Si tu veux bien m'excuser,
je dois m'occuper de ma fête de seconde classe.
Attends...
Ce n'est plus une fête de seconde classe,
je suis là, maintenant.
On monte à 100 km/h en cinq secondes.
Vitesse maxi, 260 km/h.
Pas de porte-gobelet, mieux vaut tenir le volant à deux mains.
Super. Je peux faire un tour avec ?
Avec plaisir.
Elle est pour vous ? Pour votre mari ?
En fait, non.
C'est pour notre voisin.
Salut, chéri.
Ça ne va pas ?
Devine qui a le culot de nous narguer avec une voiture
flambant neuve ?
De quoi tu parles ?
Carlos !
Il me dit qu'il n'a pas un sou
et il s'achète une Lotus à 70 000 $ !
Je crois que l'Évora est à 76 000 $, mais je peux me tromper.
Tu avais raison, Lynette.
Je suis trop crédule.
Je suis loyal envers un type
qui ne pense qu'à lui.
Mince, tu dois te sentir vraiment trahi.
J'ai presque envie d'appeler Glenn pour accepter son offre.
Eh bien, ne réfléchis pas plus longtemps et appelle-le.
Glenn ?
Tom Scavo.
J'accepte.
Oui !
Oui ! Je suis tout excité, moi aussi !
On déjeune ensemble pour régler les détails ?
À demain, alors.
Ça fait du bien, hein ?
Tu l'as dit !
Et ce qui me fera encore plus de bien,
c'est d'envoyer balader Carlos !
Non ! Attends !
Ne me retiens pas. Je vais lui dire
où il peut se mettre son Évora.
D'accord, mais il faut que tu saches qu'elle n'est pas à lui.
Je l'ai empruntée au concessionnaire.
Quoi ?
Je sais. Excuse-moi.
C'est moche, mais je l'ai fait pour une bonne raison.
Me manipuler pour que je fasse ce que tu voulais ?
Carlos n'a pas acheté cette voiture,
mais il aurait pu sans aucun scrupule,
parce que c'est le genre d'homme
à ne jamais laisser filer une occasion !
Et toi, tu es son loyal bras droit
qui reluque jalousement une voiture qui pourrait être la tienne.
Monte. On la ramène. Je rappellerai Glenn juste après.
Écoute...
Monte.
Tom,
ça pourrait être toi.
Au volant de cette voiture.
Tu pourrais mener cette vie-là.
Être ce gars-là.
Je comprendrai que tu veuilles dire non à tout ça,
mais tu ne t'es même pas demandé
si tu en avais envie.
Il vaudrait mieux que tu te taises, là.
C'est à se demander si on va rouler
ou voler.
On doit la rendre quand ?
Il a dit 16 h, mais ils ne ferment qu'à 18 h.
On peut prendre notre temps.
Oui. Prenons notre temps.
Bonjour, Susan.
Je peux entrer un instant ?
En fait, je...
Bien sûr.
Je n'avais jamais vu ton appartement.
C'est vrai. Enfin, ce n'est pas terrible.
Si, c'est joli.
Je vais à l'hôpital dire au revoir à Beth.
Je leur ai dit
qu'on allait donner suite à sa requête.
Dès que j'aurai signé les papiers,
ils te contacteront.
Je ne comprends pas.
Tu auras ton rein.
- Je croyais que tu... - Susan,
je te serais vraiment reconnaissant si tu pouvais
oublier ce que j'ai dit.
Tu avais raison, Paul.
J'ai été affreuse avec Beth. Vraiment.
Je ne lui ai jamais donné une chance.
Je n'ai jamais essayé de la connaître.
Pourquoi ferait-elle ça pour moi
alors que je n'ai rien fait pour le mériter ?
Beth n'aimait pas les gens en fonction de leur mérite.
Crois-moi,
je suis bien placé pour le savoir.
Je n'y comprends plus rien.
Je ne sais pas si je peux accepter.
Je t'en prie.
Fais honneur à Beth en lui permettant de te guérir.
Pour ton fils,
pour ta famille,
pour tes amis.
D'accord.
Merci.
Paul.
Oui ?
Je suis vraiment
vraiment désolée pour ta femme.
Oui.
Moi aussi.
Il arrive un jour où notre vie change du tout au tout.
C'est le jour où on reconnaît ses faiblesses...
le jour où on relève un défi...
celui où l'on accepte un sacrifice...
ou celui où on laisse partir un être cher.
Et parfois,
ce changement radical
est la réponse à nos prières.
Mme Tilman, j'étais sûr de vous trouver ici.
Mes condoléances.
Merci.
Ce n'est probablement qu'une maigre consolation,
mais la commission d'application des peines
a accepté votre demande de libération pour raison humanitaire.
Quelle ironie du sort...
Il fallait que ma fille meure pour que je sois enfin libre.
Je suis vraiment désolé.
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