All language subtitles for The.Boys.in.the.Band.1970.1080p.BluRay.x264.YIFYFR

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Original subtitles

Allo? Allo? Allo? ... «Merde» !

Tiens.

Tu recommandes quoi pour soigner la catatonie ?

Demande à ton psy.

C'est toi qui viens d'appeler ?

C'était sûrement Harold.

Le psy a annulé. Je peux venir ?

Tu es en avance d'une demi-journée. Je viens de rentrer.

Je suis pas d'attaque. Pourquoi ce con a annulé ?

Un virus. Il a dit qu'il était malade.

Et toi, encore plus !

Ça, il le sait déjà.

D'accord, viens. Apporte de la glace.

Michael, ne me donne pas de responsabilités !

Je suis juste capable de retenir comment aller chez toi.

Si tu veux un martini froid, occupe-toi des glaçons !

C'est bon, je m'occupe des glaçons.

J'arrive pas trop tôt ?

Si, je te l'ai dit. Allez, dépêche-toi !

75 cents.

Garde la monnaie.

- Comment es-tu entré ? - La porte était ouverte.

Un verre ?

Pas avant d'avoir pris ma douche.

Je veux réussir quelque chose aujourd'hui.

Je veux me détendre et m'amuser.

Je vois que tu as pu passer chez le libraire.

Ou alors, tu as trouvé un bibliobus en chemin ?

Pardon.

Tu déprimes à cause du docteur ?

J'étais déjà déprimé bien avant.

Ça te remontera le moral.

Je suis allé faire des courses, et j'ai acheté ce savon.

C'est sûr, je me sens déjà mieux !

Ta brosse à dents. J'en ai marre que tu utilises la mienne.

Et moi, ça me plaît ?

Ta bouche a connu pire.

Ça aussi, c'est pour toi. "ControI".

Nulle part il est écrit "laque". Juste "control".

Mais partout, c'est indiqué "pour homme".

C'est une couverture.

Peu importe le nom, c'est toujours de la laque.

Tout est sur ton étagère. Ton kit du samedi soir.

- Tu restes ici, ce soir ? - Non.

Je rentrerai.

Pourquoi le con n'a pas appelé pour annuler ? Tu y es allé pour rien.

Pourquoi dis-tu toujours "le con" ?

Quel psy prendrait un patient deux heures le samedi soir ?

ll préfère être libre le lundi.

ll travaille tard le samedi et chôme le lundi ?

C'est quoi, un psychiatre ou un coiffeur ?

Les deux. Il prend soin de ma tête et démêle tout.

Et puis, j'étais invité à une fête d'anniversaire, non ?

Ne m'en parle pas.

Je n'ai pas envie d'entendre 5 folles

brailler "Joyeux anniversaire".

- Qui vient ? - Tous les amis d'Harold.

C'est son anniversaire, et je veux que tout soit comme il aimerait.

Je ne veux pas qu'il dise qu'il n'y a qu'eux qui pensent aux autres.

Lui, pas eux.

Lui.

Tu connais déjà tout le monde, de toute façon.

Ce sont toujours les mêmes vieilles folles fatiguées.

On sera 7, en fait, avec Harold, toi et moi.

Je suis une folle hystérique ou une vieille folle ?

Je te demande pardon.

ll y aura 6 vieilles folles hystéro et un pédé angoissé.

Attends, je te laisse tranquille, après. Juste un truc à faire.

Une retouche, déjà ?

Tu n'es qu'un enf...

ll faut que je me recoiffe, pour la 37ème fois...

Mes cheveux... Mon cheveu, je devrais dire !

Je n'exagère pas. Ils tombent.

Et vite.

Tu es parano. Tu as plein de cheveux.

C'est une véritable désolation.

La racine des cheveux commence là.

Je ramène tout en avant.

J'espère que le vent ne va pas se lever.

Je serais dans de beaux draps !

La tête chauve et les cheveux jusqu'aux épaules.

Regarde.

- C'est pas bon, hein ? - Pas terrible.

Ça s'appelle vieillir.

Au moins, pour se masturber, peu importent les apparences !

Tu sors de là, oui ?

Pourquoi es-tu si déprimé ? Plus que d'habitude, je veux dire.

Je ne veux pas en parler.

Comment avoir une conversation sérieuse, alors ?

Entre deux véritables amis ?

Va te faire foutrre !.

Quel langage, capitaine Butler !

J'ai finalement compris que j'ai toujours été une erreur.

C'est ainsi que j'ai grandi.

Tout remonte à Evelyn et Walt.

Les psys doivent en avoir marre d'entendre "papa- maman" sans arrêt.

Ça va plus loin.

J'ai compris que certaines pièces du puzzle se rattachent à eux.

Comme le fait de ne jamais finir ce que j'entreprends.

Cette névrose compulsive de l'échec.

Donald, tu es bien sérieux ce soir.

"Oublie tes soucis Allez, sois heureux..."

"tu dois chasser tous tes problèmes..."

Quoi de plus rasant qu'une folle imitant Judy Garland ?

Une folle imitant Bette Davis.

On parlait du syndrome Evelyn et Walt.

L'échec : voilà une chose que je connais bien.

Ce sont mes parents qui m'ont appris ça.

D'où vient ce pull ?

D'une petite boutique qui s'appelle Hermès.

Je me casse le cul à nettoyer les sols

et toi, tu jettes des pulls en cachemire !

C'est du guanaco.

Oh, pardon !

Tu peux faire autre chose, tu sais.

Rien ne te force à faire la femme de ménage.

À part ta névrose.

Je pensais que c'était ma vocation !

Et puis, je n'ai pas acheté tous ces beaux vêtements.

C'est ta névrose.

Je suis gâté, je ne sais pas ce qu'est la maturité.

Mature, pour moi, c'est l'acteur Victor Mature.

Je comprends qu'on puisse aimer les planches,

mais le cinéma, c'est nul ! Comment les prendre au sérieux !

Pardon si cela choque ton sens artistique.

Tu vas rire, il n'y avait pas de grand théâtre dans le Mississippi.

Mais grâce au grand écran, ta névrose a de la classe.

ll en faut pour dépenser son chômage en sorties culturelles.

C'est facile d'être criblé de dettes.

Mais il faut avoir l'élégance de ne pas se faire prendre.

Tu donnes une mauvaise image des pédés.

Et toi, une bonne image des homosexuels.

Une folle travailleuse, consciencieuse,

qui ne doit rien à personne.

Je suis le modèle du parfait pédé.

Tu trouves formidable de voyager de Beverly Hills

à Rome, en passant par Acapulco ou Amsterdam,

les coups d'un soir,

et les histoires foireuses...

Eh bien, crois-moi le seul endroit

où je me sens bien, c'est dans ce foutu avion.

Courir, payer, courir.

Emprunter. Faire.

Dépenser.

Courir...

Gaspiller, gaspiller, gaspiller...

Et pourquoi ?

Pourquoi ?

"Fini". On applaudit.

Rien de mieux que s'apitoyer sur son sort.

Rien.

J'adore cette sensiblerie.

Coulisses du "New Moon" ?

Alan ! Mon Dieu, incroyable ! Comment vas-tu ?

Ecoute, Michael, que fais-tu ce soir ?

Je suis pris. Ce soir, c'est pas possible.

Moi aussi, je suis pris...

Mais je pensais passer pour juste prendre un verre.

Tu veux dire : maintenant ?

Ecoute, Alan, mon vieux...

C'est l'anniversaire d'un copain. Je reçois du monde.

Désolé je ne peux pas te proposer de te joindre à nous.

Une réception ?

Non, seulement...

Je veux pas te voir en coup de vent.

Mickey, s'il te plaît !

Alan ? Qu'est-ce qu'il y a ?

Mickey, ll faut que je te voie tout de suite.

Ecoute...

Viens donc.

Non, pas de problème.

Viens donc boire un verre.

C'est toujours la même adresse ?

Je suis superbe, non ?

Tu l'es, absolument.

Tu es absolument à chier.

Tu es d'humeur massacrante.

- Écoute, tu ne devineras jamais. - Eh, où est mon verre ?

Pas fait, j'étais au téléphone, avec mon vieux coloc' de Georgetown.

- Alan...comment déjà ? - McCarthy.

ll vient de Washington pour affaires, et il va passer ici.

J'espère qu'il sait chanter "Joyeux anniversaire" ?

Mais t'es con ou quoi ? Qu'est-ce que je vais faire,

il est 100% hétéro, dans cette ville d'homos !

- Il vient d'une bonne famille. - C'est tellement important !

Sa famille méprise les gens du spectacle.

Qu'est-ce qu'il va penser de ce cirque au dîner ?

Que c'est bon !

ll a craqué, au téléphone, il s'est mis à pleurer.

Ce n'est pas son genre du tout.

ll ne laisserai aucune émotion transparaître, même pendant un crash !

- Qu'est-ce que je fais ? - Tu as honte de tes amis ?

La seule personne dont j'ai honte, c'est toi.

Ecoute, il faut savoir accepter les valeurs des autres.

Tu sais ce que tu es, Michael ?

Quelqu'un de bien.

Merci. Je t'emmerde.

- Tu veux du crabe ? - Non, merci.

Comment as-tu pu être son ami ?

Crois-le ou non, je n'ai pas toujours claironné que j'étais un pédé.

C'était avant que la parole ne remplace le langage des signes !

Je n'ai avoué mon homosexualité qu'à la fin de mes études.

J'ai l'impression que la première fois,

on s'est rencontrés dans un bar gay, sur la 3ème, tu étais au lycée.

Enfoiré.

Je croyais que tu ne le dirais jamais !

Tu es sûr, pas de crabe ?

Pas tout de suite, si tu permets.

J'aurais dû me douter que tu faisais le trottoir.

Tu veux mon corps ? Faut payer !

La dernière fois que j'ai vu de belles jambes, fallait payer.

Bonjour mon grand, toi aimer l'exotisme chinois ?

- Salut, Emory. - Pas d'argent, pas de radada.

Manquait plus que la pluie.

Encore un peu d'eau gazeuse ?

Quoi ?

ll n'y a que ça, dans ce verre.

Je t'observe depuis quelque temps.

Tu as arrêté de boire, n'est-ce pas ?

Et de fumer.

Depuis quand ?

- 5 semaines. - Incroyable !

J'ai trouvé Dieu.

- Ou alors, Dieu est mort ? - Oui, Dieu merci !

Ça se voit toujours, quand tu es bourré.

- Je deviens agressif. - Le psy t'a fait arrêter ?

ll y est certainement pour beaucoup.

Je ne me relèverai pas, si j'ai encore la gueule de bois.

Je ne supporterai pas une crise de dégoût.

- Une quoi ? - Une crise de dégoût.

L'angoisse ! La culpabilité !

Quand on ouvre les yeux en se demandant :

"Qu'est-ce que j'ai fait hier soir ?"

Et là, crac !

Ça te revient.

M'en parle pas.

On lutte pour survivre jusqu'au Bloody May du déjeuner,

si on arrive à attendre jusque-là.

On est bon à rien pour le reste de la journée.

On attend le cocktail

en se demandant ce que la soirée nous réserve,

une autre fête, on l'espère,

et alors, le cycle recommence, encore et encore.

Je connais trop bien ce manège.

Soit j'arrêtais, soit j'étais pris dans le tourbillon.

Ton copain de fac est arrivé.

Je me sens mal, d'un coup.

Donald, quand il entrera...

Michael, pas de leçon de morale sur le comportement en société.

Je ne croiserai pas mes jambes

et je garderai une voix grave.

Tu es vraiment un bel enfoiré.

Police ! Je vous arrête !

Salut, ma chérie ! C'est italien. J'adore les macaronis.

À la cuisine.

Salut, Larry. Ça va ?

Qui est cette belle plante exotique ?

Je te croyais mort. Où t'étais-tu caché, mon mignon ?

- Je ne vis plus en ville. - Et le cadeau ?

ll arrive plus tard.

- Larry. - Quoi ?

- Donne le cadeau à Michael. - Tiens.

Plus fort, que ma mère t'entende depuis Philadelphie !

- Tu étais hypnotisé. - Vous connaissez Donald.

- Salut. - Content de te connaître.

Vous vous connaissiez ?

Pas vraiment, mais...

Mais quoi ?

- On s'est déjà vus. - Bizarre, cette histoire.

- Où ? - C'est leur première dispute.

- Depuis la dernière fois. - Où as-tu trouvé cette poubelle ?

Sur la 2ème avenue. Appuyé contre un réverbère.

Une orchidée à l'oreille et du rouge aux lèvres.

- Comme Maria Montez. - Arrête !

Qu'est-ce que tu reproches à cette femme formidable ?

Ecoutez-moi, tous.

Un vieil ami de l'université est en ville et il va arriver.

ll prendra juste un verre.

Mais attention, il est hétéro.

Si c'est celui que je connais, il est aussi hétéro que moi.

C'était Justin Stuart.

Jamais entendu parler d'un Justin Stuart.

Evidemment, c'est moi qui l'ai rencontré.

- C'est quelqu'un d'autre. - Alan McCarthy. Un ami très peu proche.

Je me fiche de ce qu'il pensera de moi.

Mais il n'est pas prêt pour ça. Et il ne le sera jamais.

Toi, tu comprends ?

Oui, bien sûr.

Tu nous dit qu'il ne sait pas, à ton sujet ?

S'il a des doutes, il ne le montre pas.

On lui a fait une lobotomie ?

J'ai toujours été très prudent à la fac. Et aujourd'hui encore.

Quand je le vois, je fais attention.

Je ne sais pas pourquoi...

À la fac, je sortais avec beaucoup de filles, comme Alan.

Je portais des vêtements de mec et des chaussures de mec.

- Excuse-moi. - Pas grave, pas grave.

Qui faut-il baiser pour boire, ici ?

Tu arrêtes ?

J'ai avoué mon homosexualité après mes études.

Et tous ces week-ends, à l'école ?

Je n'assumais pas.

C'était le syndrome : "Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai bu !"

"Qu'est-ce que j'ai bu hier ! Je ne me souviens de rien."

Tu culpabilisais parce que tu étais catho.

C'est pas vrai.

Ce syndrome ne connaît aucune religion. J'étais immature.

Mais c'est vrai qu'il touche beaucoup de mormons.

Traînée.

On arrivait toujours à justifier nos actes.

Et puis, j'ai appris que mon meilleur ami Stuart...

- Avec Alan McCarthy. - Faisait la même chose.

Lui, il passait ses week-ends à Boston.

Quand on connaît ce syndrome, on est vraiment bourré.

Sauf qu'on se souvient de tout.

Beaucoup de mecs se saoulent pour pouvoir baiser.

C'est ce qu'on m'a dit.

Tu te rapelles, la première fois, je tenais pas droit..

ll y avait autre chose qui tenait pas droit...

Je ne me souviens de rien, j'étais complètement bourré.

Dis pas de conneries, tu te rapelles très bien !

"Juste des amis, pIus jamais amants..."

C'est ce que tout le monde pense.

On l'a jamais vraiment été.

Non, tout a été trop vite.

Ça doit être Alan.

Faites-moi plaisir. De la sobriété, en sa présence.

Tout ce que tu veux, ma chérie.

Exactement ce que je voulais dire. Pas de manières.

Pardon.

- Les Giants vont gagner, mec ? - Putain, ouais !

- Bernard ! - Salut, ma belle.

Encore une folle !

- Une folle à lier. - Une folle de moi !

Comment ça va ?

On t'a déjà dit que tu serais superbe dans un hamac,

dans la chaleur d'une forêt tropicale ?

Plus pédé que toi, tu meurs.

Qui devait s'occuper du gâteau ?

- Moi. J'en ai commandé un. - Combien de bougies ?

Je t'entends pas. Je prends l'autre téléphone.

- Michael, je peux utiliser ta ligne privée ? - Vas-y.

Le numéro de la boulangerie "Marseille".

Un verre pour tous ?

Je suis votre serveuse aux seins nus.

Non, aux seins flasques !

Ce sera quoi ?

- Une bière. - Au frigo.

- J'y vais. - De la bière ? Qui en boit avant de dîner ?

- Des buveurs de bière. - Et toc.

Et les camionneurs aussi. Mais les profs, ça boit du Cherry.

Ah, oui ? Eh bien pas moi.

Peut-être pas les profs du public, alors.

Comment un artiste comme toi peut vivre avec cette brute comme ça ?

Je peux pas.

Emory, tu vivrais avec lui s'il te le demandait en 58 secondes !

DIeu sais que tu es si sensible.

Et si tu la fermais ?

- Merde, ça répond pas ! - Tu prends quoi ?

Un pink lady.

Je m'occupe de mon verre, merci.

Y a plus qu'à espérer.

- Je t'écoute. - Une vodka tonic.

Une vodka-ton, tout de suite.

Mais c'est quoi, ce truc ?

Une baleine bleue. Cherche pas.

Voyons, Alan, inutile de t'excuser.

C'est juste que je me sens ridicule.

Je pourrais me tuer.

Ça tombe bien que tu ne viennes pas. Il y a du monde, ici.

On déjeune ensemble demain ?

Entendu.

On se retrouve au Oak-Room, vers 13 h ?

Ecoute, Michael...

Oublie ce qui s'est passé ce soir.

Fais comme s'il n'y avait rien eu.

Hé, Bernard !

Voilà ce qu'il fallait, de la musique !

Ecoutez-moi ça.

Du tambour, et ses yeux brillent comme du diamant.

Tiens.

Ne les mets pas avec les miens.

- Il ne vient pas. - Il sait pas ce qu'il rate.

Tu sais quoi ? Un jour, tu auras une surprise.

Merci, Bernard. Je viens de lire l'article.

Fais attention aux traces de doigts et à la cendre.

- Doubleday publie ces livres ? - Non.

On dirait tes provisions pour l'hiver.

ll a lu l'oeuvre complète de Doris Lessing.

Là, il en a pour deux jours.

Le dernier bouquin que j'ai commencé à lire, c'était en 1912.

Certains boivent, d'autres se droguent...

- Moi, je lis. - Tu lis, tu lis, tu lis...

Etonnant que la vue d'une jaquette ne t'excite pas.

Au moins, il aime s'évader.

Moi, qu'est-ce que je fais ? Je prends l'avion.

Non, c'est fini.

Je ne peux plus me le permettre. Je prends des bains.

Moi je vais avoir les deux. Je vais sur la côte Ouest.

Tu as toujours un souvenir de ton âne de Tijuana ?

Je prends des vacances méritées à San Francisco.

Je vais dans un club

et je n'en sortirai pas de la semaine.

Tu pourras jamais te passer des bains !

La dernière fois qu'Emory a pris un bain, un type arrive.

Emory : "Je fais une pause", et le type : "Je vous arrête."

Tu dois le dire à tout le monde ?

Merci fiston. Vous vivez chez vos parents ?

Oui, mais ils sont gays aussi !

Et Alan, alors ?

ll était mal parce qu'il avait craqué au téléphone.

ll n'arrêtait pas de s'excuser.

J'ai eu droit au numéro typique, devant moi.

Au téléphone.

Pardon.

Les crabes ne plaisent pas.

Laisse ça, si tu veux pas que je frappe.

Je vais verser la glace.

Des fois, tu me rappelles une torture chinoise.

Non, pardon.

Une impitoyable torture chinoise.

Salope !

- Où est Harold ? - Cet homo glacial.

Emory l'appelle comme ça parce qu'il a fait du patin à glace.

Elle était très prisée.

Comment savais-tu que je ne voulais pas m'allonger ?

- Si ta mère te voyait ! - Tu as un appareil photo ?

- Viens danser, Emory. - Attention.

- C'est la police. Séparez-vous ! - Silence ! C'est peut-être Harold.

Non, c'est le livreur de la boulangerie.

Demande-lui si on peut pétrir ses miches.

Arrête un peu, Emory !

- Elle n'est pas sortable. - Tu me rapelles une vieille instit.

Et toi, tu me rapelles une aile de poulet.

De ta part, je suis sûr que ça doit être un compliment.

Merci. Bonsoir.

Bernard, tu te souviens de notre danse, à Fire-Island ?

C'était à la mode, à l'époque. J'ai dû l'oublier.

Moi, je m'en souviens.

Un, deux, un, deux...

Bien.

- Attends une minute... - Un, deux...

- ..trois, quatre... - La bande des Vieux !

Michael ! Michael !

Je croyais que tu venais pas.

On faisait les imbéciles.

J'étais dans le coin quand j'ai appelé.

- Mon dîner n'est pas loin. - Il nous montrait une danse.

- La porte était ouverte. - Voici Emory.

Je vous présente Alan McCarthy.

Voici, de droite à gauche,

Larry, Emory et Bernard. Donald.

- Et Hank. - Content de te connaître.

Tu veux un verre ?

Un scotch, s'il te plaît.

- J'y vais. - Merci, Donald.

Je suis le seul à boire de la bière.

Qui fête son anniversaire ?

Harold.

- Il n'est pas encore là. - Elle n'a jamais...

ll n'a jamais su être ponctuel.

Alan est de Washington.

On était à l'université ensemble, à Georgetown.

C'est vraiment fascinant.

Si c'est trop fort, je rajoute de l'eau.

Non, ça va, merci.

Tu travailles au gouvernement ?

- Non, je suis avocat. Et toi ? - Je suis prof.

Je te prenais pour un athlète. Tu as l'air très sportif.

Je faisais du basket à l'université. Maintenant, du tennis.

Moi aussi.

- Un sport génial. - Oui.

Oui, un sport génial...

- Qu'est-ce que tu enseignes ? - Les maths.

Ça donne envie d'acheter une règle à calcul, hein ?

Je reviens dans une seconde.

J'ai besoin d'aide en cuisine. Viens avec moi.

- C'est toujours moi ! - Tu es fait pour ça.

Toi, viens m'éventer pendant que je cuisine.

Par ici, Emory. Allez.

Si on s'asseyait là-bas ?

Je suis vraiment gêné de faire irruption comme ça.

Ce n'est rien, Alan..

Tu es marié ?

- Quoi ? - Je vois que tu es marié.

Oui, Hank est marié.

Donald, apporte des glaçons.

Est-ce que tu as des enfants ?

Oui, deux.

Un garçon de 9 ans et une fille de 7 ans.

lls sont super.

Tu devrais voir mon fils jouer au tennis.

- Moi, j'ai deux filles. - Super.

Comment vont-elles, Alan ?

Elles sont formidables. Vraiment.

Je suis fou d'elles..

- Depuis quand es-tu marié ? - Neuf ans.

Tu t'imagines, Mickey ?

Mickey sortait avec ma femme.

Tu y crois, à ça ?

Vous vivez en ville ?

Oui.

Je vais divorcer.

Larry et moi partageons l'appart.

Pardon, je ne voulais pas...

Ce n'est rien. Je comprends.

Pardon.

Je peux t'aider, Alan ?

Je ne trouve pas le scotch.

Tu l'as dans ta main.

Mais où est donc Harold ?

- Toujours en retard. - Il met des heures à se préparer.

Elle ne s'aime pas.

Allons parler dans ma chambre.

- Je finis mon verre. - Prends-le avec toi.

J'ai fini.

- On en a pour une minute. - Oui, bien sûr..

Oh, il sera toujours là...

Par ici, Alan.

Qu'est-ce que ça veut dire ?

Quoi donc ?

- Ton petit jeu. - Une autre bière ?

Tu es jaloux, c'est ça ?

Moi, c'est Larry. C'est toi, le jaloux.

La dernière fois qu'on s'estvus, tu allais partir...

en Californie ou en Europe ?

À Hollywood.

Ce n'est pas en Europe, et ça n'a rien de californien.

Je n'y suis jamais allé,

mais j'imagine que les gens sont inintéressants.

Non, pas tous.

- Alan, écoute, pour ce soir... - C'est inutile.

Parfois,

on ne peut inviter tout le monde à toutes les fêtes.

Je ne le prends pas mal.

Excuse-moi d'être venu.

- Je ne voulais pas dire ça. - Tes amis...

lls ont tous l'air très sympas.

Hank est vraiment un très bel homme.

Oui, c'est vrai.

On a beaucoup de choses en commun.

Comment s'appelle son colocataire ?

Larry.

- Que fait-il ? - Il est photographe de mode.

J'aime bien Donald aussi. Le seul que je n'apprécie pas trop, c'est...

Comment s'appelle-t-il ?

- Emory ? - Oui, Emory.

Je n'aime pas sa façon de parler, ça me tape sur les nerfs.

Comment ça, sa façon de parler, Alan ?

Tu sais bien ce que je veux dire.

- C'est son humour, j'imagine. - Il sait être drôle, parfois.

Oui, si on trouve ça drôle.

ll fait très "gonzesse".

Je m'excuse d'avoir dit ça.

Je ne voulais pas dire ça. C'est affreux.

Tu sais ce que je veux dire, Michael. Admets-le, il est efféminé.

- Un peu, oui. - Un peu ?

On dirait un papillon en chaleur.

Pas étonnant qu'il veuille vous apprendre à danser.

ll voulait probablement danser avec toi.

Enfin, tu me connais.

Tu sais.

Ta vie privée ne me regarde pas.

Non, je ne savais pas ça de toi.

Je me fiche de ce que font les gens,

tant qu'ils ne le font pas en public ou qu'ils n'obligent personne.

Alan, pourquoi pleurais-tu au téléphone ?

Tout ce que je peux dire, c'est pardon, je me suis comporté comme un con.

Tu devais être bouleversé.

Sinon, tu ne m'aurais pas dit que tu voulais me parler.

Michael, je t'en prie.

Un problème entre toi et Fran ?

Il faut vraiment que j'y aille.

Pourquoi es-tu à New York ?

- Je suis en retard pour le dîner. - Quel dîner ?

Où vas-tu ?

C'est le déluge.

Super, ça s'est arrêté.

Hank, veux-tu te joindre à nous ?

Suggestion intéressante. Qui a eu cette idée ?

- Moi. - Il veut dire : à la conversation.

A ta santé !

Va te faire foutre.

Que je foute ma santé en l'air ?

- Où est l'homme ? - Aux toilettes pour hommes.

Patientez encore 5 mn, il va partir.

Eh bien, enfin.

Joyeux anniversaire...

Joyeux anniversaire, Harold, joyeux anniversaire !

Mais t'es qui, toi ?

C'est mon cadeau pour Harold. Ce n'est pas Harold, imbécile.

Tu as dit : "ll ouvrira la porte."

À minuit. Il est sensé être déguisé en cow-boy de nuit.

C'est "Macadam Cowboy" !

Ou un personnage de William Inge.

Pas avant minuit !

Tu devais chanter pour la bonne personne.

Je t'avais dit que Harold a les cheveux bruns et bouclés.

Lui est pratiquement chauve.

Merci. Et je t'emmerde.

- Heureusement, je n'ai pas ouvert. - C'est pas lui.

J'ai oublié. Et je veux être au bar, à minuit.

Le grand jeu !

Comment ça ? Je t'ai payé pour toute la nuit, mon chou !

Je me suis fait mal au dos et je voulais me coucher tôt.

- T'entends ça ? - Qu'est-ce qui s'est passé ?

Je faisais des tractions, et je suis tombé sur le dos.

Ne jamais porter de talons quand on fait des tractions !

Je ne devrais pas, j'ai les poignets fragiles.

De mon temps, ça signifiait "être efféminé".

Qui se souvient de cette époque ?

Qui disait : "Montrez-moi Oscar Wilde en cow-boy,"

"et je vous montrerai un chevalier gay" ?

- Je ne sais plus. C'était qui ? - Quelqu'un.

Qu'est-ce qui est écrit sur ta carte ?

Non, lis-la, toi.

"Cher Harold,

"Pan ! Pan ! Tu es vivant, mais tourne-toi et fais le mort !"

"Bon anniversaire, Emory."

Quel poète, cet Emory !

C'est toujours de bon goût.

Et très traditionnel.

Attention, voilà la bonne soeur.

Emory, tais-toi !

Bon, je m'en vais, Michael.

Merci pour le verre.

Je t'en prie, Alan.

À demain ?

Non, je serai occupé, je vais peut-être rentrer à Washington.

Un rendez-vous avec ton jules ?

- Quoi ? - Non, oublies.

C'est toi, Harold ?

Non, ce n'est pas Harold, c'est POUR Harold.

- Hank, très content de t'avoir connu. - Moi aussi.

Tu es le bienvenu à Washington, je te présenterai ma femme.

Très bien, entendu.

Ça serait génial, non ?

Hmmm...ils pourraient le rencontrer. LA rencontrer.

J'ai un tel problème avec les pronoms.

Et il y a combien de fois "Q" dans "pronom" ?

Et dans "va te faire enculer", il y en a deux, voire plus ?

- Et dans "suce-moi !" ? - Quoi, ta femme ne veut plus ?

Pédé !

Ramène de la glace !

Ça suffit !

Pédale !

Retenez-le !

Tu veux bien attendre là-bas, avec les cadeaux...

Harold, bon anniversaire !

Tu arrives juste à temps pour le spectacle.

ll y a de l'ambiance, comme tu vois.

- Harold ! - C'est bon.

Hé, toi : c'est lui, Harold.

Mets ça sur ton visage.

Qu'est-ce qui est marrant ?

La vie...

C'est à se rouler par terre !

- Tu te souviens, la vie... - Tu es défoncé.

- Bon anniversaire. - Et tu es en retard.

Tu étais sensé arriver à 8h30-9h.

Vois-tu, Michael, j'ai 32 ans,

je suis moche, juif, pédé.

Et si j'ai besoin de temps pour m'arranger,

si je fume de l'herbe pour avoir le courage de me regarder en face,

ça ne regarde que moi.

Comment ça va, à part ça, toi ce soir ?

Bon anniversaire, Hallie.

Que t'est-il arrivé ?

Cherche pas.

Tes lèvres sont bleues. Tu as sucé un bonhomme de neige ?

Ce branquignol m'a frappé.

Attention, tu vas l'énerver.

C'est qui, celle-là ?

Qui était-elle ?

Qui espère-t-elle être ?

Qui sait ? On s'en fout !

ll s'appelle Alan McCarthy.

Le légendaire copain d'université ?

C'est lui, ma surprise ?

C'est plutôt Alan qui a eu la surprise.

Et vous remarquerez qu'il ne parle pas.

Elle est en état de choc. C'est une sale bête.

Voilà ta surprise.

Quand on parle de bête...

C'est de ma part. Tu aimes ?

Je dirais qu'il a un visage et un corps intéressants,

mais ce qui m'excite le plus, c'est qu'il ne connaît rien à l'art.

Oui, c'est dommage, hein ?

- Je ne pourrais jamais l'aimer. - Jamais, qui le pourrait ?

Moi, et toi.

Elle est superbe.

Elle est cruche, mais toute à toi.

En amour, il n'y a pas de règles.

Je suis tellement excité que je t'embrasserais.

Mais je ne veux pas avoir du sang partout sur moi.

- Regarde mon polo ! - Regarde-toi !

Allez, viens Emory, on va te soigner.

- Bon anniversaire, Harold. - Merci, ma chérie.

Mon polo est foutu !

- Il y en a dans ma chambre. - Celui par terre est en guanaco.

Mon polo est foutu.

Ça ira mieux quand je t'aurai soigné.

Une simple fête d'anniversaire avec les copains...

J'ai acheté cette bouteille de Pouilly-Fuissé pour toi.

Mon ange,

tout est pardonné.

Tu peux rester.

Non, tu peux rester, mais rien n'est pardonné. Santé !

- Je vais vomir. - Attends.

Répète encore ça, et j'en aurai l'appétit coupé.

Allez, aux toilettes.

Va doucement, une seule marche à la fois.

Ça va mieux ?

"Je ne suis pas prête pour le gros plan, Mr.B.De Mille.

"ll va falloir attendre deux semaines."

Oh mon Dieu, il m'en veut encore !

Allumage.

Quelqu'un en veut ?

Non, merci.

Et toi, Tex ?

Michael, j'ai laissé le plat au four. Sors-le quand tu veux.

- Tu restes ici. - Je ne peux pas manger, là.

J'ai une faim de loup.

Je mangerais à en devenir malade.

J'ai dit : tu restes ici.

Attention au pédé agressif.

Sobre, il est dangereux.

Saoul, il est mortel.

Faites pas attention.

J'ai très faim.

Je goûterais bien tes lasagnes à l'opium, Alice B. Toklas.

Vraiement ? Ça me fait plaisir.

Je vais peut-être servir avant de partir.

Personne ne va nulle part.

Tu souffriras demain, crois-moi.

Attrape ça !

Je plane, et toi, tu deviens agressif.

Michel, il y a du désodorisant ?

Du déodorant ? Retiens sa tête, pas ses bras.

Je cherche du désodorisant, pas du déodorant.

Tu en trouveras dans les toilettes.

Parfait, merci.

Je range mon herbe dans une boîte, aux toilettes.

L'endroit le plus sûr, paraît-il.

Si les flics arrivent, tu t'enfermes et tu jettes tout dans la cuvette.

Très prudent.

C'est mieux que de la garder

dans le pot à épices.

Ma détestable mère en mettait dans les salades, sans le savoir,

et je crois qu'elle aimait ça,

parce qu'à chaque repas, même au petit déjeuner,

elle disait : "On se fait une salade ?"

Je parie que tu remues les lèvres en lisant.

Que tu entres dans le hammam en disant : "C'est assez chaud ?"

Je n'y vais jamais après le sport.

C'est mauvais, ça te ramollit.

Après t'être brisé le dos, tu te fiches en l'air

comme un chien empoisonné.

Harold, il est magnifique.

Oui, magnifique.

ll est d'une beauté naturelle très peu naturelle.

Ça ne veut pas forcément dire quelque chose.

Ça ne veut rien dire.

N'oublie pas que tu perds tes cheveux.

Les pédés sont pires que les femmes.

À 30 ans, ils pensent que c'est fini.

ll n'y a pas que la beauté !

Bien sûr, tu as raison. L'amour est aveugle.

La beauté est superficielle.

Exactement.

Et c'est éphémère, si éphémère....

Comme c'est dommage pour le visage de ce pauvre garçon !

Une vraie tragédie. Il est maudit, le pauvre.

Que vaut sa beauté comparée à mon âme ?

Je ne l'ai jamais vue,

mais le rabbin en a dit le plus grand bien.

Moi, je ne trouve pas qu'elle soit belle.

Et, si c'était possible, je l'échangerais sur-le-champ

contre une beauté éphémère et superficielle.

Pardonnez-lui Père, il ne sait pas ce qu'il dit.

Michael, tu ne sais pas dans quel camp tu es.

Si on dit un truc religieux, tu es contre ça.

Si on nie Dieu, tu es contre aussi.

On pourrait dire que tu as des problèmes dans ce domaine.

Tu ne peux vivre ni avec, ni sans.

- Chaud devant ! - On pourrait facilement te tuer, tu sais ?

Tu t'accroches à cette compagnie d'assurances qu'est l'Eglise.

Oui, c'est vrai je crois en Dieu.

S'il n'existe pas, je n'ai rien perdu.

S'il existe, je suis couvert.

Tu n'es qu'un hypocrite.

Vrai : je suis un catho qui pèche la nuit et va à la messe le lendemain matin.

Tout dépend de ta définition du "péché".

Tu veux bien la fermer et retourner en cuisine ?

Comme tu veux, tant que tu ne me frappes pas.

Alors, quelle taille ?

ll se repose sur le lit de Michael.

- Ça sent dans la salle de bains ? - Ça va mieux.

Avant, ça sentait le vomi. Maintenant, le vomi à la rose.

Le dîner est prêt.

Emory, ça a l'air très appétissant.

Je rendrais un homme heureux.

Je cuisine, je m'occupe de la maison,

je sais recevoir.

Embrasse-moi, je suis Carmen.

ll manque les castagnettes.

Et une voiture abandonnée.

- Qu'est-ce que tu prends, Hank ? - Alan McCarthy.

Je ne vous comprends pas.

Tu étais furieux contre lui et maintenant, c'est lui.

Laisse tomber.

- C'est quoi ? - Des lasagnes.

On dirait des spaghettis à la viande. C'est tout raplati.

- C'est passé à la vapeur. Au hammam. - Ah oui ?

Des spaghettis à la viande. Tout raplatis ! Oh oui, Harold...

...je t'envie, vraiment !

C'est vrai, toi, tu connais si bien la "haute cuisine".

Tu es un véritable "gourmet".

- C'est bon. - Si tu aimes, mange.

Au moins, tu parleras pas.

Faites passer !

- Du vin ? - Non, merci.

Fais un effort. Un peu de vin pour faire descendre les pasta.

Un sommelier, un connaisseur. Et un porc.

Tu ne prends pas de sauce ?

Mes lèvres me font trop mal.

"Si on met un couteau sous le lit, on n'a plus mal, paraît-il."

Et si il paraît que si on en met un sous la gorge, ça coupe.

Quelqu'un peut monter une assiette à Alan ?

Quel esprit charitable !

Mesdames et messieurs... Oh, pardon.

Mesdames et mesdames, je voudrais vous annoncer

que vous venez de manger Sebastian Vénérable.

Manger quoi ?

"Qui", imbécile, pas "quoi".

Un personnage d'une pièce de théatre. Un homo qui est dévoré tout cru.

Haché menu !

Seigneur !

- Combien l'as-tu payé ? - Une bonne affaire.

ll a coûté 50 cents.

Toujours disponible.

Le roi des porcs.

- Tu en veux encore ? - Non, mais c'était bon.

Ça t'a plu ?

Je suis pas une bonne affaire, et je vaux 20 dollars.

Qui en reprend ?

J'en reprends, et peut-être encore après.

Je cherche désespérément à prendre du poids.

Tu es absolument paranoïaque

à propos d'absolument tout.

Vraiment ?

Et si tu ne m'en parlais pas ?

Toute la journée, tu te prives, tu prends du café et du laitage,

et tu t'empiffres en un repas.

Ensuite, tu culpabilises, tu te trouves gros et moche,

alors que tu n'as jamais été aussi mince.

On dit : "poly-paranoïa".

Bravo, Emory et merci.

Avec les macaronis, tout va... Bon, laisse tomber, oublie.

Et ce retard chronique.

C'est dingue...

Tu passes des heures devant ton miroir

avant de pouvoir sortir dans la rue.

On ne voit même pas la différence, après Dieu sait combien de couches

de Dieu sait combien de crèmes et de masques !

Ma peau n'est pas belle, que veux-tu que je te dise ?

Pas étonnant, puisque tu passes des heures

à te triturer les pores.

Pas étonnant qu'ils soient dilatés, vu ce que tu en fais.

Années après années, tu n'arrêtes jamais.

Pauvre truie.

Oui, tu as des cicatrices, mais ce n'est pas grave.

Ta vie serait plus simple si tu arrêtais de te torturer.

Tu aimerais que je te remercie pour ton honnêteté, n'est-ce pas ?

Que je te remercie un ami de me dire ce que mes amis n'osent pas me dire ?

Salope.

Et tes médicaments.

Harold s'est fait une collection de barbituriques.

Comme un petit écureuil !

Des centaines de Nembutal et de Seconal.

Qu'il prépare pour anticiper

le long hiver qu'est la mort.

Mais je sais que tu n'auras pas le cran de le faire.

C'est pas comme au théâtre.

Tous les homos ne se flinguent pas à la fin de l'histoire.

Tu as probablement raison.

L'avenir nous le dira.

En attendant, tu oublies un détail.

Je paie mes produits de beauté, la salle de bains,

les séances d'épilation et les médicaments.

Souffle et fais un voeu !

Elle a 32 ans.

Surprise !

Mon Dieu ! C'est magnifique !

Et la carte ?

- Où est-elle ? - Entre mes cuisses.

De la part de Larry.

C'est adorable. J'aime beaucoup, Larry.

C'est quoi ?

- La carte de la rue de la Paix ! - Du pop-art gay !

C'est super. C'est toi qui l'as agrandi ?

Je l'accroche en rentrant.

Je comprends pas. Tu vas jouer à Atlantic City ?

Quelqu'un veut bien le fait sortir ?

Ce pull est très sympa.

Merci, Hank.

Si tu n'aimes pas, je peux l'échanger.

- Non, c'est extra. - Je te le disais.

- Qui veut du gâteau ? - Tout le monde.

- Non, pas moi. - Je vais passer mon tour.

Bernard, c'est divin.

Regardez, des genouillères pailletées !

Avec le monogramme !

Bernard, tu es un as.

Vous connaissez Gloria de Haven et Billy de Wolfe ?

Voici Rosemay de Camp.

- Merci, Michael. - Quoi ?

De rien.

C'est quoi, Harold ?

Une photo de lui, encadrée.

ll y a un mot, et la date.

Qu'est-ce qui est écrit ?

Quelque chose de personnel.

Et si on mettait de la musique ?

J'ai envie de danser.

De la musique ethnique.

Une de tes spécialités, comme la musique militaire.

Jamais pour un anniversaire. Seulement pour le 14 Juillet.

Viens, Michael.

- Je sais seulement mener. - Je te suivrai.

Non, je vais finir mon verre.

Tex, c'est à toi.

Plus tard.

Allez, il faut tout enlever.

Tu danses ?

lvan le Terrible est de retour.

Salut, Alan. Ça va mieux ?

Tu reviens à la case départ ?

Ne sors pas, il fait un temps de chien.

Tu ne trouveras pas de taxi.

C'est la révolution.

Tu as raté le gâteau

et le déballage des cadeaux.

Mais tu as de la chance.

On allait justement faire un petit jeu.

Ecoutez-moi !

On va jouer.

Laisse-le donc partir, Michael.

ll peut s'en aller s'il le veut.

Mais avant ça, on va jouer.

C'est quoi ? Un jeu sur les stars du ciné ?

C'est trop homo pour Alan.

- Il ne saurait pas y jouer. - Alors, quoi, Michael ?

"Le jeu de la vérité" ?

C'est malin.

Ou bien "Meurtre". Vous vous souvenez de ce jeu ?

Très drôle.

Deux jeux identiques.

Dans les deux cas, on tue quelqu'un.

Mickey, je m'en vais.

Reste ici.

Laisse-le partir, Michael.

ll n'en a pas envie. Sinon, il serait déjà parti.

Ou il ne serait pas venu..

Mickey, je ne me sens pas bien.

Je m'appelle Michael.

ll ne faut jamais appeler un Michael "Mickey".

Les Michael sont très susceptibles sur ce point.

- Je n'arrive plus à réfléchir. - Réfléchir, oui. Ppartir, non.

Comme pour un accident sur l'autoroute.

On ne peut regarder ni détourner le regard.

Bien, alors maintenant...

Qui va jouer avec Alan et moi ? Tout le monde ?

Je n'ai pas l'intention de jouer.

Moi non plus.

On est pas tous acteurs de nos vies.

- Certains restent sur le bas-côté. - C'est quoi ton jeu ?

C'est très simple.

Chacun appelle au téléphone

la personne qu'il estime avoir vraiment aimée.

- Je ne joue pas, alors. - Si, tu vas jouer.

Tu aimerais bien, hein ?

Tu m'étonnes !

Je serais curieux de savoir qui tu vas appeler.

Qui appellerais-tu ?

Moi ?

Et toi ? Ne me dis pas que tu m'appellerais.

Tu ferais quelques appels longue distance,

et d'autres encore en local.

Heureusement, c'est pas moi qui paie !

- Silence ! - Ne t'inquiètes pas, Michael non plus.

Voici la règle du jeu :

si vous appelez, vous avez un point.

Si la personne répond, deux points.

Si quelqu'un d'autre répond, un point.

Si personne répond, vous êtes baisé.

On l'est, si on appelle.

ll faudrait être fou pour se baiser soi-même..

Si vous dites à la personne qui vous êtes, deux points.

Si vous dites que vous l'aimez...

vous avez un bonus de 5 points.

C'est odieux.

On peut donc gagner entre 1 et 10 points.

Ou zéro, si tu sais y faire.

Hank, viens avec moi.

Tu ne comprends pas, Alan. C'est impossible.

Eh bien, pourquoi ne pas lui expliquer ?

- Je le ferai. - Tu ferais bien.

Je doute que ça change quoi que ce soit.

ll refuse de comprendre ce qu'il ne veut pas accepter.

ll rejette certains faits.

Hank et Larry sont amants.

lls ne sont pas juste colocataires.

Amants.

On n'a pas de colocataire à 30 ans passés.

On vit avec son amant Ou avec sa soeur.

- C'est Hank qui a plus de 30 ans. - Tu exagères.

Hank ?

Oui, Alan. Larry est mon amant.

Mais tu es marié !

Tu as dit ce qu'il ne fallait pas.

Marrante, cette idée.

Si un homme est marié, alors il est forcément hétéro.

Hank est à voile et à vapeur.

Mais il a une nette préférence.

Bon...

Qui se lance ?

Allez vas-y, Bernard.

- Je ne veux pas. - Moi non plus. Pas du tout.

ll n'y a pas d'accidents.

Je te souhaite d'en avoir un en rentrant.

Appelle Peter Dahlbeck. Tu aimerais le contacter, non ?

Qui est-ce ?

Le garçon de Détroit. La mère de Bernard

travaillait pour sa famille.

Moi aussi

après l'école, et pendant les vacances.

Je crois que je l'ai toujours aimé.

ll n'a jamais su que j'étais amoureux.

Et puis, il est hétéro.

ll ne s'est rien passé entre vous ?

Si, ils l'ont fait

un soir, après une soirée arrosée autour d'une piscine.

Le bon vin et la bonne musique excitent la curiosité.

- Ensuite, on a nagé, nus. - Comme c'est romantique !

Le lendemain, tu lui as apporté son aspirine sur un plateau !

C'était l'après-midi.

Toute la matinée, j'étais malade à l'idée de l'affronter.

ll a fait comme si rien ne s'était passé.

Tellement saoul qu'il ne se souvenait de rien.

Ouais, j'étais soulagé.

Etrange, comme vont les choses.

Pour 10 points, appelle ce menteur.

Tu connais son numéro ?

Oui. Il est à Grosse Pointe.

ll vient de se séparer de sa troisième femme.

NRP ou OQP ?

ll n'a pas voulu le savoir.

Allez, compose le numéro. Tu improviseras.

Tu veux l'appeler, tu le sais. Alors, vas-y.

La curiosité te pousse à le faire. Vas-y.

Appelle-le !

C'est détestable.

C'est quoi, NRP ou OQP ?

La ligne ne répond pas ou occupée.

Un point.

Qui est à l'appareil ?

- Mme Dahlbeck. - Un point.

C'est Bernard, le petit de Francine.

Le fils, pas le petit !

Comment allez-vous ?

Bien.

Oh, très bien, merci.

Mme Dahlbeck, est-ce que Peter est là ?

Je vois.

Non, rien d'important.

Je voulais lui dire...

Que je l'aime, depuis toujours.

Que j'ai été désolé d'apprendre la nouvelle.

Zéro point.

Ma mère m'a écrit.

Oui, vraiment.

Dites-lui que j'ai appelé et que j'espère que tout va s'arranger.

Oui...

Oui...

Au revoir.

Total : 2 points. Pas terrible. Suivant ?

Ça va, Bernard ?

Pourquoi est-ce que j'ai appelé ?

Pourquoi j'ai fait ça ?

Où était-il ?

ll avait un rencart.

Allez, Emory. À toi.

Pourrais-je avoir le numéro de Delbert Botts, au Bronx ?

ll y a combien de Delbert Botts ?

Je n'aurais pas dû.

Non, le numéro de son domicile.

Merci.

J'aimerais bien qu'ils arrêtent de m'appeler "madame" !

- Je t'en prie, griffonne. - Ça part en crachant dessus.

Comme beaucoup de choses.

Mais qui est ce Delbert Botts ?

La seule personne que j'aie jamais aimée.

- Celle que je dois appeler. - Exactement, Emory Board.

Comment aimer quelqu'un avec un nom pareil ?

Oui, Emory, ce n'est pas possible.

Ça passerait mal, lors d'une réception. N'est-ce pas, Alan ?

Je veux bien admettre que son nom n'est pas terrible.

Mais il est d'une beauté parfaite.

En tout cas, c'était le cas à l'école.

Je ne l'ai pas vu depuis. Et il avait 7 ans de plus que moi.

Dépêche-toi de l'appeler avant qu'il meure !

Je l'ai aimé dès que mes yeux se sont posés sur lui.

J'étais au collège,

et lui, au lycée.

ll est allé à l'université et il est devenu dentiste.

Un dentiste !

Oui. Docteur Delbert Botts.

ll a ouvert son cabinet dans un immeuble.

ll t'a arraché toutes tes dents ?

Non, juste un nettoyage.

Je n'aurais pas dû appeller.

Bernard, tais-toi ! Va déprimer dans ton coin !

Je l'ai fixé du regard pendant toute la consultation.

J'avais envie de lui mordre les doigts.

Eh bien, c'est tout bonnement ahurissant.

Très phallique.

On croit rêver !

Le bon Samaritain.

Je lui ai dit que je voulais de belles dents

pour la soirée collège-lycée. Je m'occupais de la déco.

Je lui ai raconté que je faisais des étoiles

avec des boîtes de conserve et des nuages en coton.

ll n'y a qu'une folle pour faire ce genre de choses.

ll était fiancé à cette conne de Loraine,

dont la mère était une vraie salope.

Va droit au but.

J'étais une épave.

Je me sentais vraiment mal.

Je l'ai appelé pour lui demander si je pouvais le voir seul.

C'était pas ce qu'il y avait de mieux à faire.

ll m'a demandé de passer chez lui.

J'étais tellement nerveux que je tremblais de partout.

Je n'arrivais pas à le regarder.

Je me demandais ce que je faisais là.

Je lui ai demandé d'être mon ami.

Dur !

ll a répondu qu'il en serait heureux,

que je pouvais le voir ou l'appeler quand je le voulais.

ll a serré ma main moite. J'étais sur un nuage.

Comme ça t'arrive souvent.

Le lendemain, je lui ai acheté un briquet doré

avec ses initiales gravées dessus.

J'avais fait écrire : "De la part de ton ami Emory."

À 17 ans, il aimait déjà offrir des cadeaux.

Le soir de la fête, j'ai compris...

Tu as compris quoi ?

J'ai entendu Loraine et d'autres filles glousser.

Tout le monde était au courant.

lls riaient et se moquaient de moi.

lls savaient que j'en pinçais pour le docteur Botts,

et que je lui avais demandé d'être mon ami.

Mais ils ignoraient que je l'aimais.

Et que cet amour durerait encore quand tout le monde aurait oublié.

Bon, c'est l'heure de ma piqûre d'insuline.

- Appelle-le. - Non, Emory.

Et depuis quand tu lui donne des ordres ?

Je m'en fous, je suis saoul. Je pourrais faire n'importe quoi.

- Ne fais pas ça, s'il te plaît. - J'ai dit : appelle-le.

Tu le regretteras, crois-moi.

- Qu'est-ce que j'ai à perdre ? - Ta dignité, voilà.

Ça, c'est la meilleure !

Toi, tu lui parles de dignité

alors qu'il te rabaisse constamment avec ses remarques racistes !

Je l'accepte venant de lui, pas de toi !

- C'est de la discrimination. - Non !

Je le fais avec lui, et j'accepte qu'il le fasse.

C'est la seule chose qui en fait mon égal.

Vous voulez que je vous raconte cette blague du Sud ?

Vous savez pourquoi les nègres ont de si grosses lèvres ?

Parce qu'ils sont toujours comme ça...

Espèce de salaud !

Michael, arrête !

Je peux me passer de tes crachats sur mon téléphone, espèce de lâche !

Dis ce que tu veux Michael, mais je ne suis pas un lâche.

- OQP - Occupé.

Loraine discute probablement avec sa mère.

Delbert a épousé Loraine.

Désolé, on peut pas attendre. Passe ton tour.

Tu ne perds pas de temps.

Qui appelles-tu ?

Charlie.

Je refuse de passer mon tour. C'est à moi !

Vas-y, Emory, fonce !

Vas-y, fonce !

Que ça fasse mal !

- Je suis saoul. - Une folle saoule.

C'est l'hôpital qui se moque de la charité.

Je ne suis pas saoul !

Tu ne peux pas dire ça !

Donald, je ne suis pas saoul, n'est-ce pas ?

Moi, je le suis.

Moi aussi, complètement bourré.

Tais-toi et fais le numéro.

Je suis toujours complètement bourré.

Ça sonne. Ce n'est plus OQP.

- Allô ? Qui est à l'appareil ? - Un point.

Qui ?

Le docteur Delbert Botts ?

Deux points.

Del, c'est bien toi ?

Personne.

Tu ne me connais pas.

Tu ne te souviens pas de moi.

Je suis juste un ami.

Un ami saoul...

ll a raccroché.

Total : 3 points. Tu mènes au score.

Je me suis trompé de fête, selon lui.

ll a raison.

Ce n'est pas la bonne fête.

C'est ta fête, Harold.

Tu ne t'amuses pas ?

Je m'éclate !

Et toi ? Tu t'amuses bien, Emory ?

Autant que tu le pensais ?

Si tu t'ennuies, Harold, on peut chanter "Joyeux anniversaire" version hébreu.

Pour rien au monde.

À mon tour.

- C'est à moi d'appeler Charlie. - Non.

- Tu vas appeler Charlie ? - Emory mène 3 à 2.

Ne fais pas ça. Bernard avait raison.

Je veux le faire.

Larry.

Je t'en prie.

ll va appeler Charlie pour toi ?

"Charlie", c'est tous ceux avec qui je trompe Hank.

Le boucher, le boulanger...

Oui, je les aime tous !

Et Hank refuse de comprendre qu'il me les faut tous.

Je n'ai pas la mentalité d'un homme marié.

La bohème, quoi !

- Qui est-ce ? - Tu ne t'es jamais dit

que Hank pourrait faire la même chose que toi dans ton dos ?

Si seulement c'était vrai !

Ça simplifierait tellement les choses !

Qui appelles-tu ?

En tout cas, ils ne sont pas au bout du fil.

lls devaient se doucher !

La ferme ! Un point.

- J'aimerais laisser un message. - Pas là ?

- Un point. - Dites que Hank a appelé.

Oui. Bonsoir, comment allez-vous ?

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Oui, le message est pour mon colocataire Larry.

C'est le service répondeur.

- Dites-lui que je l'aime. - Tu es fou !

Non, vous avez bien entendu.

C'est bien ça : le message est pour Larry : "je l'aime".

7 points. Hank, tu mènes devant tout le monde.

Hank, pourquoi as-tu fait ça ?

Je l'aime vraiment.

Peu importe si ça se sait.

Ne dis pas ça.

Pourquoi pas ? C'est la vérité.

Je ne peux pas te croire.

J'ai quitté ma famille pour lui.

- Ça ne m'intéresse pas. - Oh que si !

Vas-y, Hank, raconte-lui ta vie.

Je n'ai pas envie de l'entendre. C'est dégoûtant.

On peut quitter sa femme pour une autre femme.

Je peux comprendre ça. C'est normal.

Ça ne marche pas toujours ainsi, Alan.

Malgré toute notre volonté.

Et Dieu sait que je voulais y croire.

Je croyais vraiment que j'aimais ma femme.

Je ne voulais pas seulement me prouver quelque chose.

Non, je ne l'aimais pas. C'est elle qui m'aimait.

J'y pensais toujours.

Toujours ?

Je ne sais pas, j'imagine.

Je sais qui je suis depuis l'âge de 4 ans.

J'ignore quand je l'ai enfin admis.

Longtemps, j'ai appelé ça autrement,

ou je le niais complètement.

"Qu'est-ce que j'étais saoul hier !"

Mais un jour, je ne pouvais plus me mentir.

J'y pensais,

mais je ne faisais rien.

Je crois que la première fois que je l'ai fait,

c'était pendant la dernière grossesse de ma femme.

ll y avait une réunion de professeurs, à New York.

Ma femme ne se sentait pas bien, alors j'y suis allé seul.

Et dans le train, j'y ai pensé.

J'y pensais,

je ne pensais qu'à ça durant tout le voyage.

Et 15 minutes après mon arrivée,

j'avais emballé un mec dans les toilettes de la gare.

Seigneur !

Je n'avais jamais fait ça auparavant.

J'avais une trouille bleue.

Mais je suis tombé sur un gars sympa.

Je ne l'ai jamais revu, ensuite.

Ce qui est marrant,

c'est que je ne me rappelle plus de son nom.

Quoi qu'il en soit, après, ce fut plus facile.

On s'améliore avec la pratique.

Peu après, j'ai rencontré Larry

à une fête à laquelle j'étais allé avec ma femme.

C'est là que les ennuis ont commencé.

C'était il y a déjà deux ans.

Pourquoi est-ce que j'ai toujours le mauvais rôle dans le tas ?

Si je ne suis pas le briseur de ménage,

je suis impossible à vivre.

La culpabilité rend agressif, n'est-ce pas, Michael ?

Va te faire voir.

J'en ai marre que tout le monde ait pitié du pauvre petit Hank.

Allez Larry, tout le monde sait que tu es volage.

Ecoute...

Je n'ai jamais rien promis que je ne puisse tenir.

J'ai le droit de mener ma vie sexuelle sans en répondre à quiconque

y compris Hank, et si ça ne lui plaît pas,

alors cessons de vivre ensemble.

J'aime plusieurs personnes, je suis comme ça.

Pas la peine d'être gay pour ça.

Je ne parlais pas de mon homosexualité,

mais de mon appétit sexuel.

Et je ne ne pense pas être un libertin.

Emory, tu es la personne la plus immorale que je connaisse !

Je ne suis pas immoral du tout !

Pas par choix. À dessein.

Qui voudrait coucher avec une folle comme toi ?

Même pour une passe ? Je te le dis : personne.

Ou alors un aveugle, un jour de brouillard.

Tu le laisses parler ?

La beauté physique n'est pas tout.

Merci, Quasimodo.

Vous savez ce que ça fait de vivre avec la Gestapo ?

Je ne peux pas respirer !

Larry, c'est à toi d'appeler.

Je ne supporte pas ces promesses de fidélité.

Ça ne marche pas.

Si c'est ta volonté, très bien, fais-le et tiens-toi-y.

Mais si c'est une obligation, rien ne fout en l'air une relation aussi vite !

Donnez-moi du Librium ou de la méthadone.

Ouais, la liberté, chéri ! La liberté !

ll la faut. Ça ne marche pas autrement.

Ceux qui jurent qu'ils sont fidèles sont des menteurs.

En tout cas, 90% d'entre eux.

lls trompent l'autre constamment et mentent.

Désolé, je ne peux pas, et ça rend fou Hank.

Restent ces 10%, Larry.

La seule façon d'y arriver, c'est en passant un accord.

J'ai essayé. J'ai accepté ton accord.

Ton accord !

Quel accord ?

Un "ménage".

Beaucoup pensent que c'est la solution.

Pour eux, ce n'est pas tromper. Pas pour moi.

- Je n'en voulais pas. - Alors qui l'a suggéré ?

C'était un compromis.

- Tu étais d'accord ! - Pas du tout !

Tu as accepté ta proposition et je devais l'accepter.

Je comprends pas. C'est quoi, un ména... ?

Un ménage à trois, chéri.

Deux personnes, c'est un couple. Trois, un ménage.

Ça marche... parfois.

Je ne suis pas fait pour les thérapie de groupes.

Je ne peux pas me lier ainsi.

Je suis vieux jeu. Je les aime chacun séparément.

Et Donald, tu l'as aimé séparément ?

Oui.

C'est réciproque, Larry.

Tu lui as dit ?

Ça s'est vu dès que tu as franchi cette porte.

Et vous disiez vous être vus sans avoir été présentés !

C'était vrai.

On s'est vus aux bains et on a couché ensemble,

mais on a jamais dit un mot...

...ni jamais su nos prénoms.

Vous avez eu plus de chance que moi.

Quand je ne me fais pas arrêter, mon client a une maladie vénérienne.

Quel genre d'accord veux-tu ?

Que chacun respecte la liberté de l'autre.

Sans mentir ni faire semblant.

Hank, je t'aime, à ma façon.

Tu dois comprendre que même si je veux toujours vivre avec toi,

il peut y en avoir d'autres, parfois.

Je ne veux pas en faire étalage, et je ne t'en parlerai pas.

- Sauf si tu me le demande. - Un point.

- Quoi ? - Il l'a dit.

ll a dit : "Je t'aime, Hank", il a le bonus.

- Il l'a pas dit. - Si, mais pas au téléphone.

Alors, pas de point !

Ça fait 5 points !

ll n'a pas pris le téléphone !

Hank, c'est pour toi.

Un point.

- Deux points. - C'est Larry.

Encore deux points.

Prends-le pour ce que ça vaut...

Je t'aime.

Un bonus de 5 points.

J'essaierai.

Moi aussi.

Le gagnant est Larry !

C'était pas aussi drôle que je le pensais.

Le jeu n'est pas fini.

À toi, Alan.

Prends le téléphone !

- Non, Michael. - Toi, reste en dehors de ça !

Tu n'es pas obligé, Alan.

Emory, je suis désolé pour tout à l'heure.

- Laisse tomber. - "Pardonnez-nous nos offenses"

Maintenant que vous êtes devenus copains,

tu pourras décorer sa maison

et lui te sortira de prison quand tu sera arrêté pour moeurs.

Qui vas tu appeller, Alan ?

Personne en mémoire ?

Tu as besoin de réfléchir un instant ?

C'est ça ?

J'imagine que ce sera le dernier round.

Tu ne vas appeler personne, Michael ?

ll ne peut pas, il n'a jamais aimé personne.

"C'est dur d'être nègre, mais encore pIus d'être juif !"

Mon Dieu, Michael, que tu es un hôte charmant !

Michael est dépourvu de charme, Donald.

C'est le charme... désincarné !

Tu vas quelque part ?

Oui, excusez-moi.

- Tu vas rater la fin. - Vous me raconterez.

Je ne dis jamais la fin.

Et on ne peut rentrer Iors du dénouement final.

Que va-t-il se passer à ton avis là-haut, Alan ?

Que vont-ils faire, à ton avis ?

lls ne font de mal à personne.

Ce sont leurs affaires.

Occupe-toi des tiennes. Je te préviens !

Vraiment ? Tu me préviens ?

Moi ?

Moi, Harold, la seule personne que tu ne préviens pas.

Toi et moi, on est pareils.

On se ménage parce qu'on joue chacun très bien au jeu de l'autre.

Je connais très bien ton jeu. J'y joue très bien.

Toi aussi, d'ailleurs. Mais tu sais quoi ?

Je suis meilleur que toi.

Je te bats quand je veux. Alors, ne me provoque pas.

Je te préviens, toi..

T'es marrant.

C'est à mourir de rire.

Tu ne le trouves pas marrant ?

Ou devrais-je dire "amusant" ?

Cette folle est très amusante, non ?

Ou plutôt cette "folasse", comme tu dis.

C'est bien ainsi que tu as apellé Emory ?

Une "follasse", une "gonzesse"...

Dépoussière un peu ton vocabulaire !

Je suis surpris que tu n'as pas dit "sodomite" !

Ou "pédéraste" !

Permets-moi de te mettre à jour.

Est-ce que tu connais l'expression :

"pédé refoulé" ?

Tu sais ce que ça veut dire, refoulé ?

Michael, ça ne sert à rien de lui expliquer.

ll sait déjà ce que ça signifie.

ll sait très bien ce qu'est un pédé refoulé, n'est-ce pas Alan ?.

Si tu insinues que je suis homosexuel, tu te trompes.

Ah oui ?

Et Justin Stuart ?

Eh bien, quoi, Justin Stuart ?

Tu l'aimais, et c'est lui que tu vas appeler.

Justin et moi étions de très bons amis, c'est tout.

Une fervente amitié, selon Justin.

Que veux-tu dire ?

Je veux dire que tu as couché plusieurs fois avec lui à la fac.

- C'est faux. - Plusieurs fois !

Une fois, c'est la jeunesse, deux, une période.

- Mais plusieurs fois, tu aimes ça ! - C'est faux !

C'est vrai ! Parce que Justin Stuart est homosexuel,

il vient de temps à autre à New-York,

il m'appelle et on va ensemble aux fiestas. Larry a baisé avec lui.

J'ai couché avec lui et il m'a tout raconté sur toi.

- Il t'a menti. - Justin t'obsédait !

Tu ne parlais que de lui, nuit et jour.

Et ce soir, tu as remis ça avec Hank.

Toutes ces conneries sur sa beauté et tout ça...

J'ai juste dit qu'il était attirant.

Combien de fois tu vas le répéter ?

Combien de fois tu l'as dit, à propos de Justin ?

ll jouait si bien du tennis,

il dansait si bien, il était si beau,

si amusant, si intelligent,

si aimé des filles, si bon ami.

C'est vrai, on était de très bons amis, c'est tout.

Evidemment !

Tu en parlais même devant Fran. Elle a dû se poser des questions.

Justin a menti.

S'il t'a dit ça, alors il t'a menti. C'est un sale menteur.

ll a dû dire ça pour se venger du fait que je l'ai laissé tomber.

J'étais obligé.

Parce qu'il m'a tout avoué.

ll m'a dit que...

qu'il voulait que je sois son amant.

Je lui ai répondu que ça me rendait malade.

Que j'avais pitié de lui.

Tu as mis fin à cette amitié parce que tu n'as pas su t'assumer.

Tu pouvais coucher avec lui

du moment que vous continuiez à vous mentir,

à sortir avec des filles, à être des hommes

et de vous considérer bons amis !

Mais Justin a été honnête.

Et tu ne l'as pas supporté.

Alors tu as détruit votre amitié

et ton ami, avec !

ll n'a jamais su pourquoi tu l'avais laissé tomber.

ll s'en est voulu, jusqu'au jour où il a découvert

ce qu'il était.

Mais il n'oubliera jamais cette cicatrice que tu lui as faite.

Prends ce téléphone, appelle Justin et excuse-toi.

Dis-lui ce que tu aurais dû lui dire il y a 12 ans.

Non, il a menti sur toute la ligne.

Appelle-le !

Très bien.

Je fais le numéro.

Tu es si attentionné.

Donne-moi ça !

Un point.

- C'est Alan. - Deux points.

Oui, c'est moi.

C'est Justin ?

- Tu as l'air bizarre. - Pas étonnant, après 12 années.

Non, je suis à New York.

Je t'expliquerai plus tard.

Je t'appelle juste pour te dire où je suis...

Je t'aime, bon sang !

Je t'aime !

Et je t'aime.

Tu as gagné le bonus. 10 points. Le jackpot.

- Je te demande de me pardonner. - Donne !

Justin, tu as entendu ce que...

Fran ?

Bien sûr que je sais que c'était toi...

Comment vas-tu, Fran ?

Bien.

Oui, moi aussi.

Oui, il m'a tout raconté.

Ne me remercie pas.

Ecoute, je te le repasse.

Embrasse les enfants.

Ma chérie,

je prendrai le premier avion.

Je t'aime beaucoup.

Merci, Michael.

Qui a gagné ?

Match nul.

À mon tour, maintenant.

Voici ce que j'ai à te dire, que tu le veuilles ou non :

tu es un homme triste et pathétique.

Tu es homosexuel et tu ne veux pas l'être.

Mais tu ne peux rien y faire.

Toutes tes prières à ton Dieu,

toutes tes thérapies n'y changeront rien.

Tu sauras peut-être un jour ce qu'est une vie d'hétérosexuel,

si tu le veux vraiment,

si tu y mets la même volonté que celle de détruire...

Mais tu resteras toujours homosexuel.

Toujours, Michael.

Toujours.

Jusqu'au jour de ta mort.

Mes amis,

merci pour cette fête très sympa

et ce magnifique cadeau.

C'était vraiment ce qu'il me fallait.

Merci.

Tu veux bien le ramener chez lui ?

T'en fais pas, je m'en occupe.

Donald, ce fut un plaisir.

Bonsoir, Harold. À bientôt, peut-être.

Oui, et pourquoi pas...à la saint-glinglin ?

Viens, Tex. Allons chez moi.

Michael, merci pour ces bons moments.

Je t'appelle demain.

Merci, Michael. Bonsoir, Donald.

Bonsoir, Emory.

Allez, Bernard, on rentre.

Qu'est-ce que tu es lourde, ma chérie !

Mais pourquoi j'ai appelé...pourquoi ?

Donald...Donald !

Qu'est-ce que j'ai fait ?

Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?

Ça recommence...

L'angoisse, je la sens !

Donald, ne me quitte pas, s'il te plaît !

Seigneur, je n'y arriverai pas !

- Je n'y arriverai pas ! - Arrête, Michael !

Arrête !

Je vais te donner du valium, j'en ai sur moi.

- Non, je vais mourir. - Je ne vais pas te donner le tube.

Lâche-moi, que je puisse te donner le médicament.

Ne me quitte pas....

Allez !

Je n'ai pas d'eau pour prendre la pilule.

Attends une seconde, je t'en apporte.

Voici l'eau, Votre Majesté.

Michael, arrête de pleurer,

et prends cette pilule !

Je me sens si mal.

J'en ai assez de vivre et j'ai peur de mourir.

Je suis désolé.

Si on pouvait ne pas tant se haïr...

C'est tout, tu sais.

Si on essayait de ne pas... tant nous détester.

Cela nous coûte tant...

Je sais.

Je le sais bien.

Cela peut paraître incroyable,

mais tu étais pire, avant.

Et si tu y travailles, tu pourras y arriver.

Si tu essaies.

Qui a dit :

"Montrez-moi un homosexuel heureux,"

"je vous montrerai un cadavre de gay."

Je ne sais pas. Qui a dit ça ?

Comment oses-tu me parler comme ça ?

"Si tu y travailles..." Vraiment !

Tu n'as pas encore atteint la perfection.

Je n'ai jamais dit le contraire.

Et tant qu'on y est, ton psy est un charlatan.

- Tu as dit que c'était un con. - C'est ça, un con de charlatan.

Ou un charlatan con, comme tu veux.

Le dégoût.

Ce terrible dégoût !

Demain sera une journée pleine de dégoût.

Tu crois qu'on peut liquider cet endroit ?

Où vas-tu ?

ll y a une messe de minuit. Je vais y assister.

Alors prie pour moi aussi.

Ça chassera peut-être mon angoisse.

En tout cas, pour moi, ce sera le cas dès que la bouteille de Cognac est finie.

On se voit samedi prochain ?

Si tu n'as rien prévu d'autre.

Non...

- Michael ? - Quoi ?

Est-ce qu'il t'a dit pourquoi il pleurait au téléphone ?

Ce qu'il voulait te dire.

Non. ll avait certainement quitté Fran.

Ou c'était autre chose et il s'est ravisé.

Peut-être. Je me demande pourquoi il l'a quittée.

Comme m'a dit mon père avant de mourir dans mes bras :

"Je n'y comprends rien."

"Je n'ai jamais rien compris."

Eteins la lumière avant de partir.

LES GARÇONS DE LA BANDE

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