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Je suis Ibrahim.
Je suis turc.
Je suis Bram.
Je suis belge.
Je suis musulman.
Et je suis homo.
- Il y a eu beaucoup de monde ? - Toujours quand tu n'es pas l�, maman.
Regarde, avec ce vent, on ne dirait pas que je sors de chez le coiffeur.
C'est tr�s bien.
De la mayonnaise ?
Bon app�tit.
Marina, ma poule... j'ai fini.
- Tout est pay� ? - Oui, Dolf. Tout est en ordre.
- Sinon, je viens le chercher chez toi. - D'accord. Promesses...
Salut, Dolf.
Tu n'as pas besoin de rester. Va boire un verre avec Bram.
- Maintenant ? - Oui, bien s�r.
O.K., c'est bon. Je vais mettre une chemise propre.
Je suis pr�t.
Il est 17 heures 30.
O� est Furkan ?
Il a cours jusqu'� 16 heures 30.
On est invit�s � une r�union de parents.
Ils vont encore nous faire la le�on. Les faux savants.
Qu'est-ce qu'ils veulent ?
On doit les emp�cher de sortir, mais s'ils d�sob�issent, on ne doit pas les taper.
Je ne comprends pas.
Le vieux schnoque nous regarde.
Suivez-moi et faites comme moi.
- Voleurs ! - Tu as un probl�me, vieux schnoque ?
- Tu as vol� ma prune ! - Tu traites Furkan de voleur ?
Voleur ! Qu'Allah te maudisse !
- C'est ta prune ? - Racaille !
Clochards !
Clochard, je crache sur ton p�re ! L�ches !
Racaille ! Vauriens ! Nom de Dieu !
O� est le singe ?
Femme, va pr�parer le repas.
Allez. J'ai faim, j'ai faim.
Le f�minin assis sur le divan, regardant la t�l�...
ne va pas dans la cuisine faire � manger, hein !
- F�ministe ! - Fiche-moi la paix.
Ouvre �a.
Ouvre �a !
Merci.
Un snack-bar ? C'est plut�t un "d�ner", tu sais.
C'est presque � moi, pourquoi je ne le dirais pas ?
- Moi, je bosse dans les f�tes chic. - �a paye les factures ?
Gr�ce � un petit bizness � c�t�, oui.
Tout le monde ne boit pas du champagne, tu piges ?
Je reviens. Encore deux cocktails, s'il te pla�t.
Voil�, mon chou. Je t'ai d�j� vu ici avant ?
- La premi�re fois ? - Oui.
Ton nouveau ch�ri, Il n'est pas h�t�ro de nouveau ?
L'histoire de ma vie. Mais avec lui, je ne suis pas s�r.
- Je le connais depuis quelques mois. - Tu lui as demand� ?
Non, je ne veux pas l'effrayer.
Tiens.
Garde-le. Tu peux me rendre un service ?
Heureusement, je te connais. Qu'est-ce que je dois faire ?
Je crois qu'il n'est ni l'un, ni l'autre. Tu pourrais v�rifier ?
La petite Babs va savoir tout de suite.
Un verre de cava sur mon compte.
Merci.
Dis-moi, Bram, qui est ton bel ami ?
C'est Kevin.
Je prends ta rondelle ?
� la tienne.
Ouais, skol.
O.K. Je dois m'en aller. Salut.
- C'est quoi, �a ? - Euh, quoi ?
- C'est quoi ? - Rien.
O.K., Bram, j'ai une question. Tu dois me r�pondre franchement, O.K. ?
O� en sont les choses ? Tu aimes les hommes ou les femmes ?
- Tu n'as pas de clients � servir ? - O.K., d'accord. J'ai compris.
O.K., mais comment �a marche ? C'est toi qui... ou...
Attends.
�a, c'est ma cousine Elif. On va se marier.
Comment �a ? Un mariage arrang� ?
- Oui, un accord entre familles. - Bram, ce n'est pas un peu d�mod� ?
�coute, ma m�re est d'Anvers, mon p�re d'Amsterdam...
mais ils sont rest�s turcs.
Ils suivent leurs traditions, c'est tout.
- �a ne va pas ? Va-t'en. - Non.
Viens � la cabane. J'ai une surprise.
Tu es fou ! Mon p�re est l�. On t'a vu ?
Le chien, mais je lui ai promis un os.
C'est quoi, ce boucan, Elif ? Tu baisses la radio ?
Bien, papa.
Ma fille, va faire les commissions.
Et n'oublie pas mes cigarettes.
J'allais y aller.
- Es-tu v�tue d�cemment ? - Bien s�r.
- Et couvre-toi la t�te. - C'est d�j� fait.
Radu, regarde �a. Et ici, il lui arrache sa cha�ne.
Regarde-moi �a. C'est de l'or, hein ?
Attends, c'est ma cha�ne.
Relax. Je la montrerai au G�orgien pour savoir si �a a de la valeur.
Et toi, imb�cile, efface �a.
Tu es sourd ? Efface !
Tu crois que c'est gratuit ?
O.K., les gars, je verrai le G�orgien. Tirez-vous.
- N�crophiles ! - Cr�tin ! Loser !
Tu as manqu� quatre jours d'�cole. Quatre jours ! L'�cole a appel�.
Heureusement que j'ai d�croch�, et pas notre p�re.
Tu ne dis rien, hein ?
- Tu es un loser, petit. - Et toi, le grand vainqueur.
Serveur � mi-temps. Tu es mon grand exemple.
J'ai honte de toi, mec.
Non, fr�re, tu as honte de toi-m�me. Ou tu crois que je ne sais pas ?
Tu ferais mieux d'�tre de mon c�t�.
Sinon ?
Voici le num�ro de l'Aide aux victimes, mais s'il y a quelque chose, appelez-moi.
Vous pouvez toujours me joindre. Je m'appelle Nicole.
Vous pouvez m'appeler aussi... pour causer ou prendre un verre.
- Oui, mais... je suis souvent d�bord�e ici. - Quand vous voudrez.
Je connais le chemin.
Vous croyez qu'ils reviendront ?
Non, ce serait stupide. Ils ont eu ce qu'ils voulaient.
Au revoir.
- Quelle heure est-il ? - La police est d�j� venue.
- Ils ne nous aideront gu�re. - J'ai la gueule de bois.
Ils ont envoy� une lesbienne.
Elle a essay� de me s�duire, tu te rends compte ?
Elle m'a donn� son num�ro et je peux toujours la joindre.
Comment tu le sais ? Pour toi, la moiti� des gens sont homos.
- Tu l'aurais vue ! - Tu crois aussi que Bram est gay.
Il se marie l'ann�e prochaine. Et pas avec un homme.
Je te jure, Kevin. Si Bram n'est pas gay, moi, je suis un singe de cirque.
- Comment c'�tait hier soir ? - On est all�s au Zanzibar.
C'est un bar gay ! Qu'est-ce que je viens de te dire ?
- Et il a essay� ? - Non !
Je crois que tu aurais aim� qu'il essaye.
Ne sois pas si prude. Allons !
Excuse-moi, excuse-moi.
J'ai peut-�tre �t� trop longtemps sans homme.
Tu as moi, non ?
Je ne veux pas dire �a, mais quand m�me.
Bram va �pouser l�-bas une brave fille modeste.
C'est leur fa�on de faire.
Viens.
Ne me touche pas, ou je m'en vais. Tu m'as achet� un cadeau ?
Arr�te.
Arr�te. Je suis fianc�e maintenant.
Oh, mon petit ! Tu es tomb� ? Montre voir. Tu as mal ?
Pas d'enfants ici.
De quoi vous parlez ?
- De rien d'important. - Canan ?
Ibrahim est pass� � l'�cole de Furkan. Il a manqu� quatre jours.
Ce n'est pas bien, maman. Tu sais comme ils sont s�v�res.
S'il est suspendu, tu peux perdre un mois d'allocations familiales.
Les enfants ne peuvent pas jouer � l'�tage ?
Donne-moi un torchon, je me suis sali.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? - Dis � ton p�re ce que tu m'as dit.
Dis-lui, toi.
Furkan a encore manqu� l'�cole. Quatre jours.
Je ne m'occupe plus de ce gar�on. Je ne m'occupe plus de lui.
- C'est un bon � rien. - C'est un mensonge !
Ce mec � l'�cole en veut aux Marocains et aux Turcs. C'est un raciste.
Quoi ? Un raciste ? Arr�te ! O� es-tu all� ?
� la mosqu�e.
C'est moi la honte de la famille ? Je ne pense pas !
Tu sais o� notre brave Ibrahim aime passer son temps ?
- Avec les p�d�s ! - Quoi ?
- Un pote � moi l'a film�. Il t'a vu. - Ah bon ? Montre voir.
Je n'ai pas �a ici, mais les gens causent.
Un pervers, un encul�, un sale p�d�, voil� ce que tu es !
- Arr�te ! Arr�te ! Ne mens pas ! - S'il te pla�t, papa.
- Chien ! Dehors ! - Papa, reste calme.
Qui est-ce ? La police !
La police ?
Papa, calme-toi, je t'en prie.
Alors on entre comme �a ?
Du calme, monsieur, on nous a ouvert. On veut des informations.
- Je peux vous en donner en bas. - Restez calme, O.K. ?
- Aydin Furkan habite-t-il ici ? - Je ne le connais pas.
Non ? Pourtant, il est inscrit ici.
Aydin Furkan est-il pr�sent ?
Non ? Ils ne savent rien, comme toujours.
- Typique. - Typique.
Si vous voyez Furkan, dis-lui d'aller au commissariat.
Quelle mentalit� de gestapo !
- Vous pouvez venir � sa place. - Que lui voulez-vous ?
Vous ne le connaissez pas, alors �a ne vous regarde pas.
O.K. Bonne journ�e � tous.
C'est bon, les gars ?
Comment va ta m�re ?
Encore un peu choqu�e, mais �a va. Merci.
C'�tait des ratons, hein, Marina ?
Et les femmes sont des t�tes enguenill�es.
Nos jeunes Flamands n'attaquent pas une friterie.
Seulement les jockeys de chameau, hein, Marina ?
Tu as l'air de tout savoir, Dolf ? Tu �tais l�, peut-�tre ?
Je ne sais pas moi-m�me qui c'�taient.
Bois ta bi�re. Deux autres t'attendent. Tu sais pas suivre aujourd'hui ?
- Que vas-tu faire de ton cadet ? - Je ne sais pas. C'est un bon � rien.
- Et ton a�n� ? - Mon a�n� ?
Je l'ai enterr� � l'�ge d'une semaine. Que Dieu aie son �me.
Les gens causent.
- De qui ? - De qui, tu crois ? D'Ibrahim.
- Tu les �coutes ? - Que puis-je faire ?
- Que ferais-tu si on causait de tes fils ? - Ils sont mari�s et ils ont des enfants.
- Dieu merci, je n'ai pas � me plaindre. - Tu devrais avoir honte.
Tu es pire qu'une vieille pie.
Pourquoi crois-tu qu'Ibrahim va en Turquie ?
Oui...
- Bien. Que Dieu lui accorde le bonheur. - Merci.
Excuse-moi d'avoir cru � ces mensonges.
C'est quoi, �a ?
Je n'ai pas envie d'aller en Turquie tout seul.
Et puisque je vais me marier, j'aurais besoin de l'aide d'un ami.
- Non ? - Tu viens avec ?
C'est d�j� � mon nom, ou quoi ?
Oui, et je ne peux plus changer.
D�sol�, mais je ne peux pas laisser maman toute seule apr�s ce braquage...
Je prendrai une aide s'il y a trop de monde.
Et personne ne braque deux fois de suite.
Depuis quand tu n'as pas quitt� la maison ? Depuis le voyage de l'�cole ?
Super. C'est r�gl�.
C'est tranquille en cette saison. En juillet et ao�t, c'est bien plus anim�.
Des Arabes, des Anglais, des Allemands, des Hollandais et surtout des Belges.
Il y a beaucoup de belles femmes l�-bas ?
Comment elles sont ? Elles ont de gros seins, non ?
Qu'est-ce qu'il dit ?
N'importe quoi.
Bienvenus, messieurs.
Merci.
Chambres 306 et 308.
- Une seule suffira. - Il veut nous s�parer ?
J'ai aussi une suite. Des chambres s�par�es ?
- C'est combien ? - Un instant, je vous prie.
Voil�. Le petit-d�jeuner est servi en bas au fond.
Le hammam est l�, c'est propre et populaire.
Votre chambre a vue sur les montagnes. Bon s�jour.
- Qu'est-ce qu'il dit ? - Qu'on a une belle vue sur les montagnes.
Yusuf, tu peux venir aider ?
Ils ne peuvent pas nous voir, ne t'inqui�te pas.
Tu vas chercher le gosse ?
C'est mon mari.
Je r�cup�rerai ma cha�ne ? Elle est en or.
Et il y a une photo de moi avec Kevin b�b�.
C'est comme �a qu'on a su qu'elle �tait � vous.
- Bien s�r, c'est malin de ma part. - O.K. ?
C'est comme � la t�l� !
Vous reconnaissez quelqu'un ?
Le num�ro 4 peut lever la t�te et se redresser ?
Num�ro 4, levez la t�te !
Je n'en suis pas s�re, d�sol�e.
Je ne crois pas que c'�tait l'un d'eux. �a pourrait �tre n'importe lequel.
Je n'en ai vu qu'un seul. Il baissait la t�te et je n'ai pas vu ses yeux.
Et ils se ressemblent tous beaucoup.
C'est dommage.
Kevin ! Viens vite ! Il faut que tu voies �a.
- Quoi ? - Un type qui baise une ch�vre.
O� ? Montre-moi.
- Juste en face. - O� ?
Tu vois ces buissons l�-bas ? Juste au milieu.
Il a mis les pattes de la b�te dans ses bottes.
- Je ne vois rien. - Allez, donne.
- Putain, mec ! - Quoi ? Montre voir.
Non, ils ont arr�t�.
Un type baisait une ch�vre ?
Tu crois vraiment qu'on baise des ch�vres ?
- C'est possible. - Fais la diff�rence, on n'est pas arabes !
C'est vraiment beau ici.
N'est-ce pas ?
Je vous l'ai dit : j'ai trouv� cette cha�ne dans la rue, pr�s de la friterie.
Je l'ai donn�e � estimer � Radu, le Roumain.
Je devrais avoir 10 pour cent de prime.
J'allais l'apporter � la police. Demandez � Radu !
Comment crois-tu qu'on a retrouv� la cha�ne, imb�cile ?
Pas malin de la laisser dans une piaule de drogu�s, g�r�e par un souteneur.
Avec la photo de la propri�taire dans le m�daillon.
Tu es un gaffeur.
Tu as arrach� cette cha�ne du cou de cette femme.
Dommage que vous ne puissiez rien faire, hein ?
Je vais y r�fl�chir en te raccompagnant.
Ah, j'ai trouv� ! Je peux te garder jusqu'� demain.
Je suis mineur jusqu'au mois prochain ! Vous ne pouvez rien faire !
- Je veux voir le juge de la jeunesse ! - O.K.
Tout va bien ?
- Combien de doigts tu vois ? - Sale pute !
- Elif, ma fille, regarde si quelqu'un arrive. - Ils sont en retard, papa.
L'avion a atterri. Il y a 3 heures de route. Il n'y a plus d'autocars � cette heure-ci.
Peut-�tre qu'il �tait fatigu� et qu'il a pris un h�tel. Je ne sais pas.
C'est possible.
- Rentrons. - Oui, rentrons.
- Je peux entrer ? - Tu ne vas pas me faire une cochonnerie ?
Tant que tu ne prends pas le savon. C'est un peu �troit ici.
Je peux avoir la bouteille ?
- Tiens. Notre fid�le. - Imb�cile.
Raconte-moi ta premi�re fois.
Ma premi�re fois ?
J'�tais en vacances avec des copains de l'�cole. J'avais 17 ans.
La premi�re fois que je quittais la maison. Terrain de camping en Hollande !
On faisait la f�te. On racontait des cochonneries.
�a a fini par me fatiguer et je me suis esquiv�.
En catimini, je suis all� sur la plage nudiste.
Pas une �me en vue. Parfait.
J'ai enlev� mon slip de bain et je me suis couch� sur ma serviette.
Et je me suis endormi.
Je me suis r�veill� avec en face de moi cette grosse nana.
Comme je suis � poil, je me mets les mains dessus.
Elle se met � hennir.
Elle se penche...
La puanteur...
Elle avait une odeur aigre.
- Une grosse fille toute p�le. - Anglaise ?
Je ne sais pas. On ne s'est pas dit un mot.
Elle se penche et elle me colle sa langue dans la tronche.
Elle se met sur moi et je ne peux plus bouger, car elle est grosse.
Et elle se frotte sur moi...
elle s'excite, elle se met � g�mir et � suer...
et brusquement, elle est partie. �a a peut-�tre dur� une minute.
Mais je sais que c'est vrai, car en te racontant �a...
j'ai encore son go�t dans la bouche.
Putain de flics !
Merde, alors ! Arr�te de filmer, mec. Range cette cam�ra.
- Tu as dit : "Fuck the police" ? - Ouais.
Je ne parle pas le n�erlandais, mais je le comprends.
Je parle le fran�ais, l'anglais, le n�erlandais, le turc.
Je ne suis pas un imb�cile.
Le m�nage !
L�ve la t�te.
Je peux voir les photos ?
Parce que je lui ai dit que mon fr�re �tait homo.
Qu'Allah te pardonne. On ne parle pas ainsi.
- Vous allez faire quoi de ces photos ? - Les montrer aux flics.
- Quoi ? - C'est une blague.
On voit l'avocat, l'avocat va au journal...
et le journal fait un scandale. C'est la d�mocratie, tu comprends ?
All�, Ibrahim ?
Non, non, mauvais num�ro.
- Qui c'�tait ? - Mauvais num�ro.
J'ai dit : mauvais num�ro ! All� ? Ibrahim ? Papa, c'est Ibrahim !
O� es-tu ? On t'attend depuis hier.
Je sais o� c'est. J'arrive dans une heure.
Bien. Atout � l'heure.
- Qu'est-ce qu'on a fait ? - Tu as mal au cul ?
Tu t'es endormi. On n'a rien fait, je t'assure.
J'�tais beurr�.
- Bon, je dois y aller. - Qu'est-ce que tu vas faire ?
Je vais voir ma future. C'est mieux que tu ne viennes pas.
Tu me laisses tout seul ? Qu'est-ce que je vais faire ?
Va au hammam en bas. Tu feras mettre �a sur le compte.
C'est quoi, un hammam ?
Un bain turc. C'est parfait contre la gueule de bois.
- Et on ne mange pas ? - Tu es un grand gar�on, non ?
Appelle le service d'�tage. Ils parlent tous anglais. Go�te le k�fte.
Ce sont des boulettes de viande comme chez toi...
mais plates et sans sauce tomate. Tu choisis le b�uf ou l'agneau.
- Bon, � tout � l'heure. - Oui. � tout � l'heure.
Dis-leur que le verger est florissant. L'an dernier, on a eu 5 000 litres d'huile.
- Oncle Kemal, combien fait la propri�t� ? - 31 hectares.
- C'est tr�s beau. - On s'en occupe bien.
- S�rement. - Papa, je vais montrer la ville � Ibrahim.
- Tu nous accompagnes ? - Non, allez-y. Je n'y vois que de la merde.
- Papa ! - Allez-y.
Mon turc n'est pas tr�s bon.
Il a dit : Allez-y, je vois que de la merde.
Qui est cette femme ?
C'est l'oncle...
Non, non, cousine de papa.
- Chaperonne ? - Oui, c'est �a.
Je parle bien anglais, hein ?
On s'exerce. Plus de turc.
Tu es bien derri�re ?
Tu veux ma place ?
Il n'y a pas beaucoup de jeunes ici.
Ils vont en Europe.
Il n'y a rien ici.
Je suis contente d'aller en Belgique.
Tu me donnes de l'argent ?
Un peu plus.
- Prenez �a. - Ne dis rien � ton p�re.
Mais non. Achetez-vous quelque chose.
On peut s'arr�ter ici ?
� l'h�tel, s'il vous pla�t.
- Pas de coca, du champagne. - D'accord.
- Je n'ai jamais bu de champagne. - Le champagne se vend � la bouteille.
- C'est un champagne turc. - Il est bon ?
Aucune id�e. Je ne bois pas de champagne.
O.K.
H�, ce n'est pas Radu ?
Je le savais ! Sale mouchard !
- Qu'est-ce que tu crois ? - Il s'en sortira.
- Que ce gars va oublier ? - Ce petit marlou ? Qu'il cr�ve !
�a va te cr�er des ennuis.
�a va ?
- Qu'est-ce que tu fais l� avec lui ? - Qu'est-ce qu'il a ?
- C'est mon fianc� de Belgique. - Arr�te !
- Qui est-ce ? - Il travaille ici. Personne.
On peut monter la bouteille ?
Voici l'addition, monsieur.
Quoi ? 80 livres ?
Pour ce mauvais mousseux ?
Je peux avoir votre stylo ?
- Je vous en prie. - Merci.
- Viens. - Monsieur...
La dame ne doit pas monter. C'est la r�gle.
Mais c'est mon fianc� ! Mon fianc� !
M�me si vous �tiez ma fianc�e. C'est ainsi.
J'ai h�te de quitter ce trou. Ils se prennent pour qui ?
- Sale pute. - Qu'est-ce que tu dis ?
- Monsieur, s'il vous pla�t. - R�p�te !
- Mieux vaut qu'elle parte. - Il m'a insult�e !
Viens, on s'en va.
Tiens, prends �a.
Ibrahim, tu n'es pas f�ch�, hein ?
Demain, on fait les magasins, O.K. ?
Regarde-moi. Que diront-ils en Belgique ?
Je t�l�phonerai � l'h�tel.
- Alors ? �a va ? Ce n'est pas trop large ? - Non, �a va.
C'est parfait. Il est magnifique.
Tr�s bien.
C'est l'heure de la pri�re de l'apr�s-midi. Je me demande s'il sait prier.
- Tu lui apprendras ? - Oui, pas de souci.
Bien.
- Qu'est-ce qu'il dit ? - C'est pour la pri�re.
Que tu ne sais pas prier, mais je t'apprendrai.
Allez, viens.
Dieu est grand.
- Ob�issez-lui et honorez-le. - Nous honorons notre Seigneur.
Dieu est grand.
Merci.
Bram, ce mec m'a presque arrach� la peau.
- Tu t'es fait masser ? - Non.
Viens, je m'en occupe. J'ai bien besoin d'un bain.
D'accord.
Arr�tez un peu plus loin.
- Belle fille. - Tu es fou, ou quoi ? Sale connard !
- Ne fais pas la pimb�che. Tu le veux aussi. - Imb�cile ! Arr�te-toi ici. Voici ton fric.
Insolente ! Me jeter l'argent au visage ! Tu vas me bousiller ma porte !
La pute ! Coupable sans l'admettre.
- Elif, c'est toi, ma fille ? - Quoi, Papa ?
Tu es revenue en taxi ?
- O� est ta tante ? - On l'a d�pos�e.
Ibrahim est � l'h�tel. Il te salue.
- Et cette odeur ? Tu as bu ? - Non, papa.
On a bu du th�. Le serveur m'a renvers� du vin dessus.
C'est formidable ici.
- On devrait avoir �a � Anvers. - Je trouve aussi.
Il n'y a personne. Comment �a se fait ?
J'ai r�serv� tout pour une heure.
- C'est vrai ? - Oui.
Putain, il fait chaud ici.
Je vais chercher de l'eau.
�a va mieux ?
Tu veux que je te masse ?
Bien.
Un bisou � toi et � Elif. Le bonjour � tous. Au revoir.
- Qu'est-ce qu'il a dit ? - Ils s'adorent.
Elle l'adore, mon fr�re aussi. Il dit qu'Ibrahim a tr�s bonne mine.
- Oncle Kemal est aveugle. - � son parler, ma fille.
- Combien �a co�te ? - Sois content qu'il se marie, papa.
- Que veux-tu dire ? - C'est vrai, non, maman ?
- En effet, ma fille. - En effet, ma fille...
C'est le carnaval ?
D'o� tu sors �a ? O� est ta veste en cuir ?
C'�tait du faux cuir, maman. Ces habits sont de la mosqu�e.
Je n'ai jamais vu personne habill� comme �a.
Ce ne sont pas de vrais musulmans.
- Et toi, tu es un super-musulman. - Je trouve �a positif.
J'essaye au moins. Pas comme elle.
Tu entres ici sans foulard. Tu n'as pas de respect !
Et toi, tu vas me dire ce que je dois porter ?
Bravo ! Continue, mon gars.
- C'est gratuit ? Tu fais quoi en �change ? - Rien.
- Alors ce ne sont pas des Turcs. - Non.
Albanais, Libanais, Alg�riens. De vrais musulmans !
De la racaille, voil� ce qu'ils sont !
On a d�j� assez de probl�mes avec les Polonais et les Marocains !
- M�fie-toi de ces gens, Furkan. - Regarde-toi. Frimeur !
Pour vous, je ne fais jamais rien de bon !
C'est tr�s beau, mon fils.
Mon fils se balade en jupon !
Ils �taient abasourdis.
Au d�but, je croyais que les flics allaient m'arr�ter...
mais j'ai pu continuer � filmer. Comme s'ils avaient peur de moi.
Cool. Je voudrais que mon p�re voie �a.
Messieurs, mon fils va se marier.
Merci, merci !
Huseyin, j'offre le th�.
- Enfin, �a arrive, mon fr�re. - Merci.
Mehmet, quand se marient-ils ?
Quand la mari�e aura un visa, au printemps.
Pour mes gendres, c'est all� vite, mais...
- J'esp�re que tout ira bien. - Tiens, prenez.
- Il n'y a pas d'alcool dedans ? - Mais non. �a vient de Turquie.
- Beaucoup de bonheur ! - F�licitations !
Tiens, prends-en deux.
Ne recommence jamais plus. Si tu me respectes, fiche-moi la paix.
- Je suis fianc�e. - J'ai un truc � te montrer.
Salaud ! Tu crois que je ne me marierai pas ?
- Que je veux rester ici ? Imb�cile ! - Imb�cile ? Apr�s ce que j'ai fait pour toi ?
- Par exemple ? - Je t'ai offert des cadeaux.
M�me si tu �tais le seul homme au monde.
- Disparais ! D�gage ! - Sale pute !
D�gage et �pouse ton cousin p�d� !
- Salope ! - Je ne veux plus te voir ! Compris ?
Tu ne dois pas aller voir ta fianc�e ?
Si. Elle doit t�l�phoner, donc...
Bonjour. �a va ? �tes-vous M. Ibrahim ?
Votre fianc�e a dit que vous payeriez.
Ce sont des v�tements ?
Elle m'a dit de vous donner cette enveloppe.
Il y a un probl�me ?
Non...
Puis-je vous f�liciter ? Elle est tr�s jolie.
Et tr�s ch�re.
- Tenez. Bonne journ�e. - Merci.
Qu'est-ce que c'est ?
- Qui a pris ces photos ? - Son amoureux, bien s�r. L'enfoir� !
- Qu'est-ce qu'on fait ? - On se tire tout de suite.
Je dois aller chez elle.
Tu fais les bagages et on parte quand je reviens. Quelle conasse !
Vos documents sont pr�ts.
Pour les conditions de mariage, on a besoin de votre signature.
Les autres papiers sont faits � Ankara et vous aurez un visa pour votre fianc�e.
- Je ne lis pas bien le turc. - Pas de souci.
Consentez et il n'y a plus de probl�mes.
Qu'est-ce que tu as, fils ? Tu ne dis rien.
C'est un moment important.
Ibrahim m'a achet� de beaux habits. Sens.
Oui, c'est beau.
On a besoin d'argent pour les papiers, l'enregistrement et les tampons.
Tout est compris.
Je peux vous accompagner � un distributeur.
Pourvu que tout se passe bien.
- Viens ici, mon fils. - P�re.
Pourvu que tout se passe bien. Que Dieu te rende vertueux et heureux.
La prunelle de mes yeux va se marier. Elle va en Europe.
Allons maintenant boire un bon caf� turc.
Bye bye.
Qu'est-ce qu'il se passe, nom de Dieu ?
Tu as un probl�me ?
Tu vends du vin et tu dis que tu es religieux.
Tu as un probl�me ? Qu'est-ce que tu fais, sale juif ?
- C'est quoi, �a ? - C'est de la viande.
C'est du porc, de la viande de porc, et tu ne la vends pas !
Calme-toi, paye et d�gage.
Tu largues ces produits haram ou je reviens avec mes amis.
D�gage ou j'appelle la police. Reviens, malotru ! L�che !
O� sont mes fils ?
Il fallait le convaincre. Sans violence.
Ce sont des Marocains, ils n'�coutent pas.
Ils n'�coutent que quand ils gagnent ou perdent de l'argent.
C'est le r�sultat qui compte, non ?
Il dit que le r�sultat et la persuasion, c'est le plus important.
On se quitte ici. Je ne veux pas que tu rencontres mes parents.
- O.K. Pig�. - �a compliquerait encore la situation.
�a alors ! Il y a plus de foulards ici qu'en Turquie.
Elles n'en mettent pas en vacances.
Elles ne veulent pas �tre prises pour des paysannes.
On se quitte ici, O.K. ?
- O� est-il ? - Le voil� !
- M�re ! - Mon gar�on !
J'ai �t� parti � peine une semaine.
- Bienvenue au mari�. - Non, pas encore.
- Tu as les tampons, les papiers, tout ? - Tu as mang� dans l'avion ? Oui ?
- Comment �a va, fr�re ? Tu m'as manqu�. - �a y est, tu es pi�g� toi aussi.
- Salut, Bram. - Qui est-ce ?
Kevin. Je l'ai rencontr� dans l'avion. Il habite aussi � Anvers.
- Tu as un moyen de transport ? - Oui, je prends le bus.
- Laisse le bus. Viens avec nous. - O.K.
- Il y a une place dans ma voiture. - Mon h�ros, raconte-moi tout.
Alors, comment c'�tait en Turquie ?
- Super. C'est un beau pays. - Oui ?
O� as-tu �t� ? Tu es rest� � Istanbul ?
- J'ai voyag�. - O� �a ?
Trop pour citer tous les noms et je ne sais pas les prononcer.
Donc, ton oncle va bien.
L'�t� prochain, on lui cherche une veuve.
Si Elif vient ici, il se sentira seul.
Et comment va Elif ? Elle a bien grandi ?
- C'est une vraie femme ? - Tu peux le dire.
Mais l�-bas les femmes turques sont bien plus libres que les femmes turques ici.
Alors, elle devra vite s'adapter.
Plus libres... Ce n'est pas notre truc ici.
On s'est d�j� vus quelque part ? J'ai l'impression de te conna�tre.
- Le "D�ner"... - Marina !
- C'est ma m�re. - Je croyais t'avoir d�j� vu.
Tu connais Bram de l'avion ? Tu ne l'avais jamais vu avant ?
Non, pas vraiment, non.
C'est bizarre, car il fr�quente votre friterie.
C'est votre mari l� derri�re, ou...
Non, c'est mon beau-fr�re. Mon mari est en Allemagne. Pour affaires.
- Et Furkan ? - Tu connais aussi Furkan ?
Bram m'a parl� de lui dans l'avion...
- Oui, dans l'avion. - Quatre heures, c'est long.
C'est vrai. Si �a continue, on sera encore l� dans quatre heures.
Allez !
Bonjour messieurs, vous d�sirez ?
On est de la mosqu�e Abu Bakhr, juste au coin.
Abu Bakhr, apr�s le coin.
Malotru, qu'est-ce que tu fais l� ? Je ne veux plus te voir ici.
Viens vite, mon fils. Viens, il est l�.
Combien de gens t'ach�tent du porc ? Du calme, du calme.
Il demande combien de gens ach�tent ces saucisses de porc.
Je comprends l'arabe, �ne, hippopotame !
Pas beaucoup, hein ? La date de p�remption est pass�e.
La date de p�remption ? C'est vrai ?
Regarde ce que tu as fait !
Tu dois remplir ces rayons et les contr�ler.
Si on a un contr�le, on est fichus. On aura une amende. Va-t'en, bon � rien !
- J'ai une client�le m�lang�e. - Et ils ach�tent tous du porc ?
Vous perdriez de l'argent en les jetant ?
Je vends ce que je veux. C'est mon magasin.
Avec un certificat halal...
Si vous jetez ces produits haram, la mosqu�e vous donne un certificat.
Vous aurez plus de clients musulmans et les autres resteront...
car le vin et les saucisses cocktail sont moins chers chez Aldi.
R�fl�chissez.
- Pensez-y. - Oui, j'y penserai.
Et si vous avez des petits criminels dans votre magasin...
- dites-le-nous, on s'en occupera. - Vous vous en occuperez ? Bon...
- Au revoir et merci. - Merci bien.
Et toi, tiens-toi bien. C'est clair ?
�a va ? Tu as peur de Radu ? Belle jupe.
- Je t'avais dit qu'il te chercherait. - Quoi ? O� ?
- O� tu as trouv� ces fringues ? - � la mosqu�e, tout pr�s d'ici.
Passez donc au lieu de glander.
Rien qu'avec ce pyjama, tu es devenu imam ?
� propos, tu ne devrais pas aller prier ?
Tu crois qu'on ne fait que prier ?
Ils ont fait des �tudes et on discute de tout.
Mourad a m�me �t� au Pakistan avec Osama Bin Laden.
- Ne mens pas. - Pourquoi ce pyjama ?
On me respecte. Tu crois que les flics m'emmerdent encore ? Non.
- T'es pay� ? - Non, �a ne paye pas.
Mais je suis nourri, j'ai un endroit o� cr�cher, une cam�ra que je peux utiliser...
- Et l'an prochain, je vais au Caire. - Je te porterai tes valises ?
Si Dieu le veut. Venez.
Le patron est dehors. Tu dois y aller maintenant.
Eh toi, viens l�.
Putain, mec !
On deale de la coke dans mon dos ? Sale Turc !
Et alors ? Tu ne les tabasses pas quand ils t'en demandent !
- Tu crois me faire peur ? - Quoi ?
Tu crois me faire peur ?
J'encule les mecs comme toi. Penses-y ! D�bile de merde !
Fils de pute.
Pas de saignement de nez, ni de coquard. Tu as de la chance.
Mais je le signalerais � la police.
Quoi ? Appeler les flics ? Marina, tu rigoles ?
Il avait raison.
Je deale parfois quelques grammes pour les rendre heureux.
Je ne veux rien savoir ! C'est clair ?
Mais ils en demandent.
Apr�s la f�te, on re�oit un pourboire, parfois le double de mon salaire.
Tout le monde en prend de nos jours. Comme si c'�tait l�gal.
Un joint de temps en temps, oui. Mais de la coke ?
Tu en prends ? Parce que je ne veux pas �a chez moi.
- Et toi, tu en prends ? - Non, maman, et Bram non plus. O.K. ?
Marina, il n'en prend pas, je n'en prend pas. Vraiment.
Je rentre chez moi.
Non, c'est bon. Tu peux rester dormir. Ils ne t'attendent pas chez toi.
Petit-d�jeuner au lit !
J'ai r�fl�chi...
Bram peut venir travailler ici.
Je n'aurais plus besoin de me crever toute la journ�e.
C'est s�rieux ? Vous �tes un ange.
La pension, c'est un boulot dur... et le salaire est bas.
On �conomise pour un bed-and-breakfast, hein, Kevin ?
- Dans le Midi de la France. - On pourra quitter cette ville de merde.
Je ne sais pas si je pourrai. Je suis n� ici. Mes racines sont ici.
Et pas les n�tres ? Notre petit Turc !
Tout ira bien. Je serai le chef cuisinier... l'h�tesse...
- et on te trouvera quelque chose. - Je comprends. Je serai le serveur.
- Skol ! - � la tienne.
C'est ici. Avant, je dormais souvent ici quand Fatma �tait en boule contre moi.
- Qu'en penses-tu ? - C'est assez haut pour une mezzanine.
- Il vaut mieux qu'ils restent chez nous. - Oui, jusqu'� ce qu'ils aient des gosses.
F�licitations.
- M�re ! P�re ! - Quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Qu'est-ce qu'il se passe ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Les frites chantent quand elles sont pr�tes.
- Tu les entends chanter ? - Je n'entends rien.
�coute. Si tu n'entends pas, tu ne peux rien faire ici.
Allez, �coute.
Qu'est-ce que c'est ? Merde, c'est mon beau-fr�re.
- Quel est le probl�me ? - D�gage !
- Bas les pattes ! - L�che-moi ! Retiens-le !
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Si tu ne viens pas, tu as un probl�me.
- J'ai un nouveau job. - �a suffit ! Viens !
- Ne me pousse pas ! - Laissez-le tranquille !
- Sois raisonnable. - Monte dans cette voiture.
Reste avec lui. Assieds-toi pr�s de lui. Monte, connard !
J'appelle la police.
Assieds-toi !
- Quoi ? - Tu as des probl�mes.
- Pourquoi ? - La ferme !
O� est cette carte ? Je veux appeler Nicole, de la police.
- Tout va bien ? - Oui, bois ta bi�re, tout va bien.
J'arrive tout de suite. Maman, laisse tomber les flics. C'est sa famille.
- Je les ai vus � l'a�roport. - Des gangsters.
Non, ce sont ses beaux-fr�res. Des gens bien.
Des gens bien ? Je n'ai jamais vu de Turcs bien.
- Tu connais beaucoup de Turcs, hein ? - Marina, ces �trangers sont un fl�au.
Un fl�au qui se propage et que personne n'arr�te.
Arr�te tes conneries. Sors de ma cuisine. Allez, allez.
Mon fils, dis-moi que ces photos sont truqu�es.
O.K. Ces photos sont truqu�es.
Je ferai un bon mari pour Elif, et je vous donnerai des petits-enfants.
Tu vois ?
Maman... tu l'as toujours su.
Mais tu vas te marier, hein ? �a restera entre nous.
Non, je suis comme je suis.
Je n'ai qu'une vie et je ne jouerais pas la com�die. D�sol�.
D�sol� ? Tu es un �go�ste, oui ! Un �go�ste !
- Tu as toujours �t� le pr�f�r�. - J'ai trait� tous mes enfants pareillement.
J'ai travaill� trente ans de ma vie.
J'ai travaill� tous les jours.
Si j'avais la sant�, je continuerais.
Ibrahim, quitte cette maison.
Je ne veux plus te voir ici.
Tu n'existes plus pour moi.
Non, tais-toi. C'est aussi mon enfant. Et il va se marier, hein ?
Non, je ne vais pas me marier.
Elle sera mieux avec son petit ami.
- Quel petit ami ? - Peu importe.
Elle sera heureuse.
Dieu m'a pris mon premier fils.
Et toi, c'est le Diable qui t'a pris !
Je n'ai plus qu'un fils...
et c'est Furkan.
- Voil�. - Ce n'est pas du porc, hein ?
C'est du k�fte, de l'agneau turc.
- Chop, chop, chop. - Chop, chop, chop.
Quand vous aurez fini de vous amuser, vous penserez aux commandes ?
Marina, tu n'as pas de boulettes de porc ?
Je te les ferai au lard. O.K. ?
- Vous devriez go�ter �a. C'est tr�s bon. - D�sol�, je ne mange pas �a.
Cette esp�ce de riz aux carottes non plus.
- Le couscous ? - Ce couscous que ces maroufs avalent.
Pas de souci, Dolf. Personne ne t'oblige � manger ce que tu n'aimes pas.
Faudrait voir �a !
Bonjour, Bram est l� ?
- Je ne deale plus. - Oh, pas de probl�me.
- C'est Erika. - Enchant�.
- On s'est mari�es. - Champagne, Marina ?
- F�licitations. - Merci.
F�licitations.
- Et o� sont les heureux maris ? - Non, nous nous sommes mari�es !
D'accord. N'importe quoi.
Donne-lui une bi�re pour l'aider � avaler.
Bonjour messieurs. Bonjour � tous.
Tu as de la chance ou tu perds encore ?
Huseyin, un th� pour moi.
Mehmet, ils ont refus� de me servir chez Erg�n et je suis all�e chez Aldi.
Il a refus� de me servir. Il parlait aux gens derri�re moi.
Viens, femme. Ne pleure pas.
Ils m'ont ignor� moi aussi. Incroyable.
- On devrait peut-�tre rentrer. - Va chier.
Chez toi.
Je n'ai pas de chez moi. Pas de boulot, pas de fric.
J'ai claqu� mes �conomies en Turquie !
Bram, tu es bourr�. Rentrons. Allez.
Tu crois que c'est marrant de vivre sur ton dos et celui de Marina ?
- Tu travailles. Ne sois pas ridicule. - Oui, dans une friterie !
Regarde autour de toi.
Voil� les gens que je fr�quente.
Une bande de p�d�s moustachus, un vieux travelo derri�re le bar...
et l�-bas, une gouine avec un strapon
qui s'engueule toujours avec sa copine.
- Tu as assez bu. - Rends-moi mon verre !
Viens. Kevin, �a suffit.
Fous-moi la paix.
- Bande de p�d�s ! - Clown !
Bande de p�d�s !
Il faut arr�ter ces cochonneries.
J'en ai marre. Je ne veux plus de �a.
Si Dieu le veut.
C'est beau. Moi, je laisserais �a.
Oui, faisons de la pub.
Et les habitu�s ne viendront plus.
On en fera une annexe du Zanzibar.
C'est donc la faute de Bram ?
Je n'ai pas dit �a. Mais la discr�tion, il ne conna�t pas.
Les affaires allaient mieux avant tous ces...
- P�d�s ? - Excuse-moi.
Elle a raison.
- Honte � ton peuple et � ta religion ! - Quoi ? Tu ne m'as pas compris ?
Sale poufiasse.
- Oh, cassez-vous. - Salope.
Tu fermes cette bo�te avant que je le fasse pour toi. Pute !
Et... chou-chou ?
Vous avez remarqu� ? Vous avez vu ?
Les gens passent et personne ne fait rien. Les l�ches !
Laisse-moi, s'il te pla�t.
Je m'en vais.
- Tu n'as pas de veste. Il g�le. - Retourne chez ta m�re.
Je n'ai pas de place dans ta famille. Ni dans tes r�ves.
- Tu m'�touffes. - O� est ton probl�me ? Tout va bien.
Non, tout va bien pour toi et ta m�re.
Mais pour moi, rien ne va bien. Rentre, Kevin.
Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu m'as !
Tu as fait ton "outing". C'est ce que tu voulais, non ?
Je ne sais pas, vraiment.
Laisse-moi !
D�sol�, on est ferm�s.
- O� est Ibrahim ? - Si tu parles de Bram, il n'est pas l�.
- Qui es-tu ? - Tu es son petit ami, non ?
Oui.
Dieu est plus grand !
Il a rompu ?
- Rompu ? - Je veux dire, tu es seul maintenant ?
Je ne sais pas.
On verra.
Demain, c'est un autre jour.
On range ensemble ? �a ira plus vite.
D�sol�, on est...
Je te manque ?
Oui.
- Tu veux rester ? - Promis.
C'est ce b�tard de Turc qui m'a cass� le nez.
Qu'est-ce que c'est que �a ?
- Quoi ? Tu veux te battre avec moi ? - Maman, appelle les flics !
Tirons-nous. La police va arriver.
Furkan ? Kevin, appelle une ambulance.
J'ai re�u des coups de couteau.
Reste l�, parle-moi.
L'ambulance arrive.
Je venais pour... te...
- Je vais mourir. - Non, pas du tout.
Tu ne vas pas mourir.
C'�taient des jeunes, ou un peu plus �g�s ? Quel �ge ?
- Je ne sais pas. - La vingtaine.
Comment �taient-ils habill�s ?
- En fonc� ? En clair ? - En fonc�.
L'un d'eux avait une capuche.
Une capuche.
J'ai ce qu'il me faut pour l'instant. Vous restez disponibles...
On vous convoquera au commissariat.
- Et heu... bon courage. - Merci.
Il se remettra. Il a perdu du sang, mais il est stable.
Gr�ce � sa veste en cuir, ses blessures ne sont pas trop profondes.
- Il s'en sortira ? - Oui.
Vous pourrez le voir dans une demi-heure.
Il est encore sous narcose.
- Mon fils a re�u un coup de couteau ! - Du calme ! C'est un h�pital ici !
- Qu'est-ce qu'il a fait � mon fils ? - Il lui a sauv� la vie.
Vous le verrez dans une demi-heure. Il est hors de danger.
Et vous, attendez l�-bas. Seuls les parents restent ici.
Allez, allez, allez !
Il va bien ?
Il est bless�, mais ce n'est pas grave.
Il y avait trois gars. Bram les a chass�s.
- Qui �tes-vous ? - C'est Kevin. Mon ami.
Monsieur Aydin.
Tu n'as pas honte ?
Maintenant �a suffit !
Je suis s�r que tout ira bien.
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