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Thème musical
...
-Ça fait deux fois qu'on essaie la mercerie !
-Bonjour ! Que désirez-vous ?
Bel homme !
Doux, certainement.
-Non ! C'est un dangereux terroriste judéo-maçonnique.
Le commandant Gilles ! -Jamais vu.
Ma clientèle est surtout féminine.
Les terroristes achètent peu de coton à repriser.
-Ça va !
-Au revoir !
Elle tremble.
-Chez moi, mon commandant, c'est pas sûr.
Je vais vous cacher chez mon beau-frère.
Sans le mettre au courant.
Le beauf, mĂŞme comme ami, il est dangereux.
Alors ma sœur et moi, on le tient à l'écart de tout ça.
Ça vous évitera les récits de guerre.
Dix comme lui, et les Allemands étaient refoulés jusqu'à Moscou !
Pour vous, c'est la 1re Ă droite.
Arrêtez au numéro 6, j'irai vous chercher.
Moi, je vais voir où est le beau-frère.
Le grelot ne marche pas.
La porte grince.
Il hurle. Chaudard !
-Ah !
Le grelot marche.
-C'est la faute de votre grelot.
-Quoi, mon grelot ?
C'est pas mon grelot qui est venu hurler !
-Que se passe-t-il ? Bonjour, Gaston.
-Ton frère a failli me tuer !
-C'est le grelot qu'a pas grelotté. Bonjour, Suzanne.
-Hier, c'est dans la cave qu'il est tombé !
Pour une fois qu'il y va.
-Je vais prendre dans la cour prendre un carton.
Chaudard gémit.
-Il a bon dos, mon grelot !
Il crie.
-Attention, la tĂŞte.
Bruit d'eau
Ma sœur viendra mettre de l'ordre.
Le carreau est cassé. J'espère que…
-Ben si ! Un carreau cassé, ça fait un courant d'air.
Et moi, les courants d'air…
Enfin…
-Tiens. Tiens.
-Ça va mieux ?
-Mouais !
-Un héros comme vous, ça craint rien.
Vos copains de la 7e compagnie arrivent quand ?
-Après-demain. -Pour longtemps ?
-Pour trois, quatre jours.
Hein, Suzanne ? -Trois !
-Trois !
Bon, ben, je vais réparer le grelot !
-Vous vous ferez moins mal quand il rentrera quelqu'un.
(J'ai caché un type dans le cellier.) (-Quoi ?)
(-Plus trois Anglais dans la chapelle.)
(-Comment je vais les nourrir ?)
-Ben oui !
Le ressort a du mou.
N'allez pas tomber !
-Tu viens dîner ? -Comme hier ?
-Et avant-hier ! C'est rien, Ă tout Ă l'heure !
Ah.….
-La tĂŞte du chef quand il va nous voir ! Deux ans !
-Moi, je pense Ă la tĂŞte de sa femme !
On devait arriver après-demain.
-Puisqu'on est libres, autant en profiter !
Et en voyant ça, elle fera pas la tête longtemps.
Il faut arriver gaiement.
Comme si de rien n'était !
Tiens, c'est lĂ !
-Non !
Chaudard crie.
-Encore !
-Heureux de vous voir, les gars !
Musique menaçante
...
-Si le commandant Gilles est planqué en ville, ça confirme.
Il prépare l'atterrissage.
-Mon cher Lambert,
votre lutte contre les forces judéo-maçonniques…
On frappe. Herein!
-Herr Lambert, c'est pour vous.
-Le commandant Gilles ?
-Oui, mon colonel ! Vite fait, bien fait !
Alors, oĂą il est, ce commandant Gilles ?
-Il venait de partir. Mais…
-Ă€ la prochaine connerie, une balle dans le cigare !
-On ne peut pas toujours gagner !
-HĂ© !
-Il faut seulement ne pas perdre trop souvent.
-Avec mes renseignements, il peut pas m'échapper.
Il y a aussi ce réseau Attila dans la région.
Des durs ! Je vais m'en occuper.
-ArrĂŞtez d'abord le commandant Gilles. Attila suivra.
-Filets de maquereaux !
-OH !
-Jambon !
-OH ! OH ! OH !
-Mousseux ! -Non, champagne !
-AH !
-Si Suzanne voit ça !
Surtout qu'en ce moment, les lentilles, ça se vend à la pièce.
-Vous auriez pas un récipient, chef ?
-De toute façon, fallait les trier.
Tassin, aide Suzanne Ă la cave.
Elle a pas l'habitude.
-Oui, chef ! Tassin se cogne.
-Fais attention,
y a pas de lumière !
-Te presse pas, hein !
Ça va pour vous deux, la chambre ?
-Très très bien, chef.
Tassin peut pas dormir côté fenêtre, mais ça va.
Votre dame a mĂŞme mis trois roses dans un vase.
-J'amène à manger cette nuit.
-Vous avez la radio ? -Oui.
-Pourriez-vous écouter l'émission de Londres ?
-Si vous entendez le message
"je n'aime que toi, petite fleur des champs”,
prévenez-moi. C'est que l'opération est annulée.
Tant pis pour le jambon !
Sinon, je sortirai Ă 22 h et reviendrai Ă minuit.
Comme demain soir, d'ailleurs. -D'accord.
-Je viendrai Ă 1 h du matin.
-Votre mari.…
-Non, je descends souvent pour une camomille.
-Le divan, ça ira ? -Merveilleusement.
-Redites-moi…
-"Je n'aime que toi, petite fleur des champs."
-Ă€ cette nuit. -Ă€ cette nuit.
-Que faites-vous ici ?
-C'est le chef qui m'a envoyé.
-Il vous a envoyé fort ! Prenez ça.
-Oui, chef ! Euh… Oui, madame.
Il soupire.
-Sept.
On vous croyait perdus !
-Et huit !
-Neuf.
Radio Londres
*-Voici tout d'abord quelques messages personnels.
-Dix !
Et voilĂ !
Deux tranches chacun, ça suffira.
Il nous faudrait des cornichons.
Mais malheureusement…
(-La femme du chef a un amant dans la cave.)
(-Non ?)
-Bon, ben… allez !
On débarrasse, puis on met le couvert.
(-Un amant ?)
(-J'ai tout entendu. Le divan, la camomille, tout !)
(-Camomille ?)
(-Et "Je n'aime que toi, petite fleur des champs".)
-Elles démarrent bien, ces vacances !
Hein ?
Grincements
...
-Fatigué, votre rideau, dites donc !
-Ben oui, c'est le ressort qui a du mou.
-Mmm !
-Ah. Mon frère Gaston. M. Tassin, M. Pithiviers.
-Monsieur. -Enchanté.
-AH ! AH! AH !
-À la santé de la 7e compagnie.
-AU CHEF CHAUDARD !
-Au chef... et Ă sa dame.
-Vive le chef quand mĂŞme !
-Eh oui !
-Ă€ table !
-AH !
-Si le chef sert, je me mets à côté.
-Mais le pinard, c'est côté buffet.
Ils s'esclaffent.
...
-Allons-y, deux par personne.
Deux pour Suzette.
Deux pour toi.
-Deux pour Pithiviers à côté du chef.
-Deux pour l'acrobate.
...
Pourtant, j'en avais compté dix !
Je m'entends encore : "Neuf, dix."
-Et "une, deux", vous vous entendez ?
-"Une, deux", non.
-Alors, vous avez commencé "trois, quatre”.
-C'est possible, chef.
-Ça m'a fait pareil avec les petits pois.
-Je m'entends "trois”,
y en avait deux.
-Ça a dû coûter cher, tout ça, au marché noir !
-Oui et non. -C'est par sa femme.
Hein, Pithiviers ?
-Oui, euh…
-Elle travaille Ă |a Kommandantur dans son bled.
Avec les officiers allemands, tout ça
forcément, elle peut… Hein, Pithiviers ?
-Forcément !
Parce que euh… alors…
-Je vais recouper deux tranches.
-Et oubliez pas, chef :
"Une, deux."
Ils s'esclaffent.
-Attention, chef ! Fines, les tranches !
-Une.
-Faites pas attention, madame.
Il a pas un rire intelligent.
-Deux.
Conversation générale
...
-Cette fois-lĂ , on a fait combien de prisonniers ?
Dix ? -Trente !
-Mais non ! -Si, trente.
Raconté par Chaudard, c'est 30.
Avant, c'était dix. Maintenant, c'est trente.
-Quand je dis trente…
-Y a les dix premiers… On frappe.
Musique menaçante
-Qui ça peut être ? À 10 h !
-J'ai invité M. Lambert
pour le remercier pour le laissez-passer de Tassin.
-Lambert ! De la Gestapo ? -Pas la Gestapo, la Kommandantur.
-La Gestapo, c'est pire que la Kommandantur.
Une bouteille pour six, c'est peu.
-Mes hommages, jolie madame.
-Oui, bon, enfin…
Gaston Gorgeton, mon beau-frère.
Tassin, Pithiviers, de la 7e compagnie.
-Quelle arme ? -Transmissions ! Téléphone !
-Une arme dangereuse.
Ils s'esclaffent.
...
-C'est vous qui venez de la zone libre ?
-Oui, de Nice.
Merci pour le laissez-passer.
-J'espère un jour vous rendre service, jolie madame.
-Oh !
Éternuement
-Il en tient
un chouette ! -Qui ça ?
-Ben, le voisin, comme rhume.
C'est tous les ans à cette époque-ci.
Hein, Suzon ?
Moi, c'est le foin.
Conversation générale
Bouchon de champagne
Je.…
Ça alors ! Vous avez vu ? À peine je l'ai touché que "plop".
Ça tache pas.
-Ça fait pas beaucoup de gouttes par personne, chef.
-Tenez, jolie madame.
À la défaite des forces judéo-maçonniques.
Comme dirait le patron.
-C'est ça, vive les forces... euh.…
Rire embarrassé
-Dommage que vous ayez tout reçu, il devait être bon.
Cloches
-T'es descendue ?
-Camomille.
Éternuement
-Qu'est-ce qu'il tient, alors !
-Je te l'avais dit ! -Oh !
-Peut-ĂŞtre qu'il vient tous les jours.
-Oh !
Les lits grincent.
...
C'est con que tu puisses pas dormir côté fenêtre.
-Ah !
-Oh !
Un homme comme lui trompé par sa femme !
Ça fait réfléchir !
Surtout que lui en plus, il est chef !
La ferme des Bollons, mon commandant.
C'est bien ça.
-C'est ici, mon commandant.
-L'endroit est parfait.
Demain soir, pas de balisage lumineux.
Le pilote connaît le coin. Par beau temps, ça ira.
On s'en tiendra à l'échange du code.
-Vu !
On est sur une hauteur. -Oui, et alors ?
-L'avion risque de rouler jusqu'Ă la Kommandantur.
Ils rient.
-Ça va ?
-OUI, CHEF.
-Oui ! -Les vacances commencent bien.
Je comprends pas comment
on a pu nous voler le jambon pendant la nuit.
Et la boîte de maquereaux !
-N'y pensez plus, chef !
La porte de la cuisine a dû rester ouverte, et puis…
-Et puis, le chat, hop !
-Le chat ? Quel chat ?
-À part un chat… Hein, Pithiviers ?
-Un jambon de 15 kg
et une boîte de filets de maquereaux ?
-Peut-ĂŞtre plusieurs chats. Hein, Tassin ?
-Un chat n'a pas pris une boîte de maquereaux.
-Le chat aime le poisson.
-D'accord, c'est le chat.
Le plus dur pour lui sera de trouver un ouvre-boîte.
Fallait descendre tout ça dans le cellier.
-LE CELLIER !
Chute
Inaudible
On frappe.
-Oui.
-Bonjour, mon commandant. -Bonjour.
L'opération est annulée.
-Et l'avion ? -Il fera demi-tour
car il n'y aura pas de code.
Détruisez.
Merci. La route est-elle libre ?
-Oui. Vous rentrez Ă Paris ?
-Je vais voir de la famille en zone libre.
Je ne vous ai pas dérangée ? -Non.
Au revoir. -Au revoir.
-C'est la ferme des Bollons. -AH !
-LĂ .
Derrière les collines, les carrières OÙ je jouais quand j'étais gosse.
-AH !
-Maintenant, comme vous avez pas l'habitude,
on va aller Ă pied.
-Votre dame doit pas venir souvent ici.
Et votre beau-frère a pas une tête à marcher non plus !
-C'est ici que je venais chasser avant la guerre.
-AH !
-Oui et puis alors.…
Pan ! Pan ! Pan !
Qu'est-ce que je disais !
La chasse est défendue, alors ils pullulent.
Et nous, on crève de faim.
Remarquez, chef.
Y a un moyen pour qu'ils ne puissent plus "puliler".
Enfin, pour qu'y en ait moins.
C'est.… Couic !
-Eh oui, chef, des collets !
Et du fil de fer dans une quincaillerie, ça manque pas.
-Ah non !
-La lampe marche pas. -Et le couteau coupe pas.
-Tape au cul !
-Ça va pas l'affûter.
-Au cul de la lampe !
-Je devrais pas vous laisser partir.
-Que veux-tu qu'il nous arrive ?
-Qu'on vous surprenne.
-Dans ce coin-lĂ , Ă 11 h, y aura personne.
Musique menaçante
...
-Et le couvre-feu dans une heure ?
-Laissez-passer signé par Lambert !
Couche-toi et dors tranquille.
-Me coucher, oui. Mais dormir, sûrement pas !
-Tu crois qu'il est lĂ ?
-Tu penses !
-BientĂ´t ?
-Vingt petites minutes.
-Petites, petites.…
-Vous avez raison, ou c'est pas des vacances.
Crevaison
-Foncez.
Les autres, je m'en fous, mais je veux Gilles vivant. Le rate pas.
-C'est encore loin ?
-À 2 km, derrière la ferme des Bollons.
-Vos renseignements sont précis, mon cher Lambert.
schnell!
-Des vacances comme ça, j'en prendrais bien souvent.
-Tu te lasserais vite. Faut de l'imprévu dans la vie.
Éclaire que je coupe.
-Dans le mille !
Je vois la ferme.
-Vous faites un passage d'observation ?
-Non, le temps se gâte.
Si je reçois le code, on se pose et on repart !
-Alors ? -Elle marche pas, chef.
-Tape au cul, je t'ai dit !
Je vois le signal,
préparez-vous.
Moteur
-Bah, c'est rien.
Qu'est-ce que c'est que ça ?
-Alors !
Vite !
-C'est Ă moi qu'il cause ?
Ouh !
-C'est le fil de fer, chef.
Fusillade
...
-Descendez les armes.
-Mais je, nous…
-Vous attendez d'ĂŞtre morts ? Allez !
-C'est pour les lapins, nous !
En allemand
-HĂ© ! -Foutez le camp et bonne chance !
...
...
-Regardez, chef !
-Poussons l'avion !
...
-Il doit plus rien rester des forces judéo-maçonniques.
-Vite !
...
Fusillade
...
-Attention au fil de fer !
...
Il essaie de siffler.
-Oui, ça va.
Elle siffle un air.
Quelqu'un siffle le mĂŞme air.
Acclamations en anglais
-Heureusement que vous connaissiez le coin.
-Comment on va récupérer nos vestes et nos vélos ?
-J'ai tous mes papiers dans ma veste !
-Moi aussi. -Moi aussi !
-Les Allemands sont sûrement chez moi.
Et Suzanne ?
Qu'est-ce qu'ils vont lui faire ?
Coup de feu
-Vous leur avez délivré ces laissez-passer !
-Des tocards pareils, je me doutais pas.
-Retrouvez-les, ou la balle dans le cigare, c'est pour vous !
-Je te raccompagne.
Ă€ cette heure-ci, j'ai plus droit Ă la voiture.
Téléphone
...
-AllĂ´ ? *-Gorgeton ?
-C'est moi.
+-Les Allemands fracturent le magasin de votre sœur.
-Les Allemands sont chez toi.
-Vous inquiétez pas, chef.
Il y aura eu quelqu'un pour prévenir votre dame.
-Et quand on aura traversé le fleuve ?
-On continue jusqu'à la ligne de démarcation.
-Oh, un mulot !
-On peut pas traverser n'importe oĂą.
Les ponts sont gardés !
-Faudra trouver quelqu'un… Atchoum !
-On trouvera personne.
Reposons-nous, on verra demain matin.
On rampe depuis minuit !
-Se reposer oĂą ?
-Oh ! LĂ -bas, chef !
Y a une église.
-Non !
C'est pas une église !
Une chapelle abandonnée.
-Si elle est abandonnée, c'est encore mieux !
Alors, allez, allez !
Allons-y !
-En plus, dans une chapelle, on sera sous la protection du bon Dieu.
-Y serait temps !
Il siffle un air.
Quelqu'un siffle le mĂŞme air.
-M. Henry, que se passe-t-il ?
-Vous partez plus tôt que prévu.
Un cafouillage d'amateurs imbéciles.
Londres envoie un avion.
-We're going home!
-Fantastic!
La porte se referme.
-C'est abandonné et humide, chef !
-Dans la sacristie, on sera mieux.
-D'après la Kommandantur, Chaudard dirige Attila.
-Paul, chef du réseau Attila ?
-Incroyable ! Quand on l'a vu sur un escabeau.…
-Si l'avion s'est posé, c'est qu'il avait le code.
S'il avait le code, il est résistant.
-C'est vrai, le code !
-Ben voyons ! Et ils en ont dans le ventre !
Aller jeter un avion sur un camion !
-Et moi qui n'osais pas lui dire !
-Quand le pilote est mort, votre mari a re-décollé
pour piquer sur le camion.
-Paul !
-Et c'est Chaudard qui aurait piloté l'avion ?
-Oui.
Ils ont dĂ» sauter juste avant de pfft !
Des braves, hein ?
Ils gémissent de douleur.
...
-Très bon pour choc.
Très, très bon. -Ben alors.…
-De quoi je me mĂŞle ?
Qui vous a demandé
d'aller jeter cet avion sur ce camion ?
-C'était pas exprès. -On posait des collets.
-Fallait pas vous mêler de ça.
Ça grouille de SS et de Gestapo.
J'ai eu un avion pour ceux-lĂ .
Mais quand Albert saura qu'ils sont partis,
ça va être votre fête.
-Comme les Anglais partent avec vous,
il peut nous faire passer la ligne de démarcation à leur place.
-Albert ? Sûrement pas !
Il passe que des pilotes anglais.
Son prédécesseur a violé la règle, il en est mort !
Je peux pas vous aider.
Avec ceux-lĂ sur les bras !
Conversation en anglais
...
-Il parle anglais, M. Albert ?
-Non. Il remplace Grégoire qui parlait anglais.
Mais Grégoire, à passer n'importe qui !
En route !
-Excuse me for…
-Y a pas de mal !
-C'est la moindre des choses.
Bonne chance, et encore bravo.
Pour la ferme des Bollons,
dites que vous l'avez fait exprès. -Pourquoi ?
-Vaut mieux passer pour des héros que pour autre chose.
Claquement de porte
...
Il siffle un air.
-Ça alors !
Il siffle un autre air.
Je me rappelle plus ce qui faut siffler.
...
Ah non, c'est pas ça.
...
Me voilĂ beau.
C'est plus la peine que j'y aille, Ă cette chapelle.
...
Le début ressemble à …
Je m'en rappelle plus.
Bon Dieu de bon Dieu !
Ah !
Quelle idée d'aller chercher des trucs à siffler !
Un mot de passe, on peut pas se tromper !
Supposition, je dis "soupe”.
Il répond "poireau pommes de terre".
Pas de conneries Ă siffler !
Si je me trompe, les angliches vont tirer.
...
C'est pas ça !
Rien Ă faire.
...
...
Pfft !
Quelqu'un siffle le mĂŞme air.
Ça alors, ça c'est du pot !
-Heyllow !
-Hélo.
Bruit d'eau
-Euh…
Twempette.
-Yes, yes.
Anglais, flegme.
-Yes.
-Ces Anglais !
À l'eau tout habillés pour se distraire.
J'ai appris une phrase en anglais, ça leur fera plaisir.
Il am very glad to you help.
-Oui.
-Avec mon accent, ils comprennent pas.
-Hey, no compwis.
Vous accent no goude.
-Pas goude.
-Compwis ?
-Ben oui, j'ai compris.
Pas la peine de…
Ça devrait lui aller, ça.
Lui, c'est ma pointure.
-Tassin…
Tayssine !
Donne tonne
falzoard !
-Hein ?
-"Howhein ?"
-Howhein ?
-Donne tonne falzoard.
Il hurle. -Donne tonne falzoard.
Ç'ay pourtant simpel, no ?
-Yes!
Donne tonne falzoard !
Tassin s'esclaffe.
-Godassiz immensiz.
-Celleusses
de Tayssine, tchef.
-Tchef ? Ça veut dire "chef", sûrement.
Donc le chef, ça serait celui-là .
Pfft !
Il a autant l'air d'un chef que moi d'un biniou.
...
On m'avait dit "trois jeunets", c'est pas vraiment des jeunets.
Moi parler seul souvent.
Moi célibataire. Compris ?
-No compris.
-À cet âge-là , pas besoin de tirer dedans pour les descendre !
Ils ont dĂ» tomber tout seuls !
-Quel caon ! -Yes, oune vrai caon !
-Howhein ?
-Bon !
Ici, on prend Ă gauche.
Ils ont du pif, les angliches !
-Ça vao, vos godassiz, tchef ?
-Yes, et voat' benhouse ? -Ça vao !
Ils rient.
Chants d'oiseaux
...
-Le rossignol, il connaît le signal, lui aussi !
J'ai pas sifflé cet air-là dans la chapelle !
Alors pourquoi qu'ils m'ont répondu, les retraités ?
Parce qu'ils connaissaient pas le bon non plus !
Voyons, voyons.… Là , on prend à droite !
-Allez !
-Pourquoi qu'il nous a lâchés, chef ?
-Quelqu'un a dĂ» gaffer.
-Hé oui ! Qui ça, moi ?
De toute façon, on n'a plus besoin de lui. Voilà le fleuve !
-On avance pas, chef !
Il fait rien que de m'éclabousser.
Oh !
-Le fond est mou, chef.
-Viens ici, je vais m'en occuper.
Pousse-toi, tu gĂŞnes.
-Je vais pas descendre pour vous laisser passer.
-Ben, oĂą est la gaffe ?
-C'est moi qui l'ai, chef.
-Allez, donne !
-AĂŻe ! -Chut !
-Oh, chut, chut, aĂŻe !
AĂŻe ! -Chut !
-Franchement !
Mais non ! Moi, j'en ai marre, moi !
Ça y est, on part !
-C'est pourtant simple !
Hein ?
Thème musical à la mandoline
...
-Le chef au moins, il éclabousse pas, lui !
-Normal, c'est le chef.
-Au secours !
Au secours !
-VoilĂ , chef, on arrive !
Il gémit.
-Si on tire le chef, sa tĂŞte va entrer dans l'eau.
Plions-le et la barque reviendra vers la gaffe.
-Ah oui !
...
Y a rien Ă faire.
Faut lâcher par un bout ou par un autre, chef.
Hein, Tassin ?
Chaudard tombe Ă l'eau.
-Vous auriez pas dû lâcher par les deux bouts, chef.
Vous auriez pas été entraîné jusqu'à la sortie d'égout.
Hein, Pithiviers ?
-Ça va, y en a marre !
Le fleuve, c'est la goutte d'eau. On rentre.
-Mais on rentre oĂą, chef ?
-Chez moi.
-Et les Allemands ?
-On se cachera. Je m'inquiète pour Suzanne.
-Ah bon ! S'il y avait pas votre dame, vous…
-Il y aurait pas Suzanne, je resterais avec vous.
Mais il y a Suzanne. Alors, je rentre !
-Si c'est que la question de votre dame, chef,
il vaut mieux qu'on vous dise…
-Cassez-vous pas la tĂŞte pour elle.
-Comment, "pas me casser la tĂŞte pour elle" ?
-Raconte, puisque t'as tout vu, tout entendu.
"La petite fleur des champs."
-Seulement "la petite fleur des champs" ?
-Non, tout.
La fleur, la camomille, le divan, tout quoi !
-Parce que la fleur toute seule, il comprendra pas.
-Évidemment !
Non, non, tout, tout.
-Eh bien, voilà , chef, votre dame…
-C'est bon pour le choc.
T'aurais pas dĂ» parler du divan en premier.
-C'est ça que j'ai d'abord entendu !
La fleur et la camomille, ça vient après.
-La camomille ?
-Demain, chef, demain.
-Formidable !
Ils ont fait sauter la camionnette et ficelé les Allemands !
Musique menaçante
...
Mais conséquence de tout ça : regardez un peu.
Pas question de passer la ligne!
Bon, arrĂŞtez-vous lĂ .
Je vais chercher mon paquet et je reviens.
-Oui !
Elle soupire.
-On passera pas avant la nuit, chef.
-Bof !
-Puis y a la question de manger, chef.
-Bof !
Elle lui disait quoi pour la camomille ?
-Ah, votre dame Ă son amant ?
Il fulmine.
-Oui.
-Ben que, il avait pas à s'inquiéter.
Qu'elle descendait souvent la nuit.
Que vous aviez l'habitude.
-Ça veut rien dire.
Depuis notre mariage, depuis 16 ans, elle descend la nuit
2 ou 3 fois par semaine pour une camomille.
-16 ans !
...
-Le réseau Attila !
Ne dites pas le contraire !
-Oh !
Regardez, chef.
-Bof !
-Tassin…
-"Bof", permettez !
Un avion sur une camionnette et quinze Allemands tués !
-Bof.…
Quinze ? -Oui.
-Bof.
-Excusez-moi.
Vous étiez pas à côté de moi dans le train ?
-Sûrement pas, jamais le train.
Pourquoi ? -Ben.…
Ça y est ! -Chut !
-Ça y est, j'ai trouvé !
Vous étiez dans la cave du chef, avant-hier !
-J'étais dans le cellier d'un quincaillier,
beau-frère de Gorgeton le menuisier.
-C'est lui, chef !
Ça pour un hasard, c'est un hasard !
Il rit.
-Alors comme ça, euh…
"Je n'aime que toi, petite fleur des champs", c'est vous ?
-Ah, oui ! Mais comment.….?
-Et, euh…
"Le divan, ça ira”, la camomille…
C'est vous aussi !
-Euh, la camomille…
-C'est bon pour les chocs, chef.
-Il faut vous procurer des faux papiers.
-Oui, il faut.
Je vous fais confiance.
Pourquoi votre femme, qui est résistante,
ne vous a pas dit à vous, chef du réseau Attila,
qu'elle cachait un résistant chez vous ?
-Jamais. -Ah, elle vous dit rien.
Votre beau-frère ne vous dit rien non plus ?
-Non plus. Il fout des gens dans mon cellier, mais il me dit rien.
Mais moi, je vais lui dire 2 ou 3 bricoles.
-Vous ne vous occupez pas du réseau de votre femme ?
-Pas du tout.
Elle a son réseau, j'ai le mien, mon beau-frère a le sien.
On mélange pas !
-Oui, bien sûr…
-Voler du papier et des tampons Ă la Kommandantur,
pour des gars comme vous, c'est un jeu d'enfant.
Bien !
J'ai les vĂŞtements. Maintenant : la voiture.
D'accord. Le temps de changer les plaques.
En échange, puis-je vous confier 2 personnes pour 48 heures ?
Merci ! Je vous les amène avec la voiture.
VoilĂ le plan de la Kommandantur.
Dans la foulée, vous voulez peut-être
en tuer quelques-uns ou voler...
-NON !
-Ă€ droite : les bureaux oĂą sont les tampons.
Puisque vous êtes censés être de la Gestapo, ça ira.
À gauche : des miliciens. Aucun intérêt.
-Aucun intérêt ? Ils sont combien, vos miliciens ?
-Une trentaine.
Si ça tournait mal, s'il y avait une fusillade,
vous avez une petite porte Ă droite.
-Oh, ben s'il y a une petite porte ! Hein, Tassin ?
-Faudra pas se bousculer.
-Vous connaissez la tactique ?
Le chef couvre, les deux autres sortent.
-C'est ça. -Oui, c'est ça.
-Ah, mais, euh… C'est ça, c'est ça, c'est ça…
Il sonne.
-Le docteur est lĂ ?
-Oui, avec le réseau Attila.
-Le réseau Attila ?
-Les trois hommes dans le journal.
-OĂą sont-ils ? -LĂ -haut.
Ils préparent l'attaque de la Kommandantur.
-Mon Dieu ! Et moi qui suis dans un état !
Paul !
-Suzanne !
-Attila !
-Alors !
-Promets-moi de ne tirer que si tu ne peux pas faire autrement !
-Le commandant Gilles est pas lĂ ?
-VoilĂ !
-Quel cavaleur ce commandant !
Musique menaçante
...
-Mon lieutenant, oĂą en sont les recherches ?
-Venez voir.
Ils vont partir fouiller la région. -Très bien.
Vivants ! Il nous faut ces trois pourris vivants !
-D'ici Ă la Kommandantur, vous en avez pour 10 minutes.
On vous attend lĂ .
-Tant qu'on y est, vous voulez autre chose ?
-Ça va, ça va !
-Pourquoi qu'on fait ça, chef ?
-Parce que sans faux papiers, on est perdus.
-Mais là , si la petite porte à droite est fermée…
MĂŞme couverts !
-Il connaît depuis longtemps la gamine qui est avec nous,
le commandant ?
-Depuis hier. Hein, Pithiviers ?
-Ouais.
Lambert !
Foncez, chef !
-C'est eux ! Rattrapez-les !
-Les revoilà ! -Déjà !
-Allez, plus vite !
Schneller! Schneller!
Ils sont en bas !
-Mais où ils sont passés, chef ?
-Ils sont plus derrière !
-Et ils sont pas devant.
-Ils sont en haut !
-Ça y est, on les a lâchés !
Ils rient.
...
Grouillons ! Par lĂ !
-Allez, par lĂ ! Vous, par lĂ !
En allemand
(-HĂ© !)
De l'autre côté, y a le fleuve.
Allons-y !
Allez !
-Haut les mains !
Retournez-vous.
-Comme ça, la quincaille, c'est toi qui serais Attila ?
Et les 2 dégénérés avec toi, c'est des Huns aussi ?
Avec mes laissez-passer, vous servez les forces judéo-maçonniques ?
Vous allez m'expliquer ça sous la tente.
Kommt!
Kommt!
-Que faites-vous lĂ ?
-J'ai rien compris, mon colonel.
Je les tenais en joue, j'appelle à l'aide…
Enseveli.
-Et eux ? -Eux ?
Je les tiens, mon colonel.
-Tout à l'heure, venir grosse tempête, très mauvais.
-"Ja, ja", très mauvais.
Conversations en allemand
La chaîne tombe.
-Chut !
...
Voyez, chef ?
On trouvera des Allemands partout !
Faut essayer de passer en Angleterre.
On se fera rapatrier après.
-Faudrait un bateau pas trop grand,
pas trop petit.
-La couleur, on s'en fout.
Allons-y !
-Mais.….?
Oh !
Chef !
-Comment qu'on va attraper le bateau
avec les Allemands sur le quai ?
-Ă€ la nage !
-Je me suis assez mouillé ! Allons-y !
-La tempĂŞte arrive, je vais m'amarrer au fond du port !
-Ja, ja.
En allemand
...
-Saleté de cordage, va !
Chef, chef, attendez-moi.
-Qu'est-ce que tu fous ?
-J'ai le pied pris, chef.
-Hein ?
Moteur de bateau
-Oh, oh !
-OĂą il va ?
-Oh !
-Il est tombé à … -Chef !
-Tassin ! Tassin, reviens ! Ta.…
Oh lĂ lĂ lĂ lĂ !
-Chef !
-Chut !
-Chef ! Il faut nous envoyer un cordage !
Il peste.
-Pour quelqu'un qui voulait pas se mouiller !
-Oh, ça va, ça va !
Il souffle.
-Il est plein d'eau, dis donc !
-Alors ?
-Ben, euh… Tassin !
-Je trouvais pas de casquette, chef.
Il y a du courant, chef. Je vais mettre le moteur.
Le moteur démarre.
-Des braves. -Des Bretons.
-Alors, chef ?
Du mazout, y en a ?
Partout !
-Le mazout, ça donne mal au cœur, hein ?
-Oui, euh…
Le mazout, c'est pas.…
-Surtout qu'en plus, un bateau de pĂŞche, y a aussi l'odeur du poisson.
-Ben oui, forcément.
-Et l'odeur du poisson, ça rend malade.
-Pour quelqu'un qui n'aime ni le poisson,
ni le.…
Bon, je vais m'occuper lĂ -haut.
-C'est ça, chef.
Il gémit.
-Va falloir penser Ă manger, chef.
-Pas tout de suite.
...
...
...
Il vomit.
-Tassin, dis au chef que pour aller en Angleterre,
le mazout, ça suffira.
Mais faut pas zigzaguer, hein ?
OR !
Il en dit quoi, le chef ?
...
-Il est occupé.
-Ah !
-Il répondra après. Hein, chef ?
Il gémit.
Chef ! Pithiviers dit que le mazout,
même si ça sent mauvais, y faut pas le gaspiller.
Il vomit.
-Je les ai vus hier soir, dans une barque.
Vers l'embouchure.
Les trois gars que les Allemands recherchent.
-Mon pauvre Paul ! -Merci, monsieur.
-Et l'Angleterre ?
-Toujours en face, chef !
-T'es sûr ?
-Ils ont pas déplacé l'Angleterre, quand même !
-La boussole est cassée.
Mais Tassin va tout droit, il y a pas de bile Ă se faire.
-Faudrait aller vérifier l'huile, chef !
-Bon, ben… allez-y.
Moi, je prends la barre.
-Ah bon, c'est vous qui…
Ben oui.
Il respire fort.
...
Il sifflote.
...
-Ça va, l'huile ?
-Ça va.
Ce qui va pas, c'est qu'on a faim.
On mangera en Angleterre !
Vous m'entendez ?
-Si on pêchait, chef ? Y a des lignes et des appâts.
-Tant que ça marche, on fonce. -Quoi ?
-On fonce !
-Je suis en train de vérifier le niveau de mazout.
Si on continue de foncer comme ça,
on pourra pas arriver jusqu'en Angleterre.
-Faut pas euh…
Bon !
-On est bien, chef. -Faut pas traînailler.
-Non, chef.
Musique menaçante
...
-Quand je pense Ă Suzanne !
Le souci qu'elle doit se faire !
Elle doit nous croire en danger.
-Forcément, elle peut pas se douter.
Mais vous inquiétez pas, chef.
Arrivés en Angleterre, on la préviendra par radio.
Et puis, elle est pas seule.
Gaston et le docteur s'occupent d'elle.
Hein, Tassin ? -Ah oui !
-Et le commandant aussi. Hein, Pithiviers ?
-Eh oui !
Cinq, chef !
Vous, ça mord pas.
-Non, non, ça titille, mais ça mord pas.
Il sifflote.
-Il y a un réchaud en bas, je vais l'allumer.
-Fais-nous pas exploser.
-Ah ! -Oh !
...
-Oh, non ! Faut un filet pour attraper quelque chose.
...
-Chef ! Chef !
On voit les maisons !
-Ça y est, on y est arrivés.
C'est pas du tout comme chez nous, hein, chef ?
-Forcément ! Les maisons anglaises !
-Accélère.
-Porter plainte ?
Ah non ! -Le Coédel, venez voir !
Le Colibri revient.
-Quoi ?
-Oh, Lambert !
-Attends-moi.
Cris de joie
-On voit le drapeau anglais !
-Vous êtes sûr que c'est le drapeau anglais, chef ?
Musique menaçante
-Demi-tour, vite !
-Allez, vite !
schnell! schnell!
Allez !
-Accélère !
-Ils sont revenus poser des mines !
-Vite !
Fonce !
-Ça va, chef, ça va !
-Ils vont 10 fois plus vite que nous !
-Plus vite !
-Plus vite ! Ils nous rattrapent !
-Schneller!
-Vorsicht! -Minen!
-HĂ©, venez voir !
-Oh !
-AH.….
-Madame, après ça, les Anglais feront l'impossible
pour vous aider Ă le rejoindre lĂ -bas.
Des héros !
Il renifle.
-Ben.…
Thème musical
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