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Raphael, arrĂȘte de courir, tu vas tomber !
On est loin de la voiture, on va ĂȘtre embĂȘtĂ©s aprĂšs.
C'est joli, hein ?
Je sais pas...
Tout ça m'a l'air trÚs compliqué....
Non... Tu vas voir, ça va nous changer la vie
Si tu le dit...
Ahh... Qu'est-ce qu'on va ĂȘtre heureux Ă Cassis.
Parce qu'on est pas heureux Ă Salon ?
Si si, bien sûr !
Au moins, il y a la mer en plus.
Et puis...
Ne réponds pas, on va avoir un accident!
je mets l'oreillette.
Ca y est !
AllĂŽ, allĂŽ ? Oui ! Bonjour.
Ah Jean, c'est marrant que tu m'appelles, on parle de Cassis avec Julie et le petit.
Et on....
Je te rapelle...
Qu'est-ce qui se passe ?
Tu n'as plus besoin de quitter ton travail.
Quoi ?
Ils ont refusé ma mutation...
Oh putain...
C'est pas la peine de t'énerver, ça sert à rien...
Mais je ne m'énerve pas !
Est-ce que je m'énerve là ?
Non non...
Alors arrĂȘte de me dire "ne t'Ă©nerves pas" !
Ca va ?
Je comprends... Vois ce que tu peux faire.
Encore merci Jean !
Pourquoi tu le remercie ?
ça n'a servi a rien qu'il te pistonne !
Ce n'est pas de sa faute...
c'est un handicapé qui m'est passé devant.
C'est prioritaire les handicapés.
Il faut ĂȘtre handicapĂ© pour habiter sur la CĂŽte d'Azur ?
Mais non...
Je me faisais une joie de ce déménagment...
Mais tout à l'heure ça te faisais plus envie !
Je n'avais plus envie parce que je savais qu'on allait déménager
Maintenant qu'on déménage plus, je me dis qu'on passe à cÎté de quelque chose.
Si tu veux, cet été...
Non !
Je m'en fous des vacances,
tu m'as dit qu'on vivrait au bord de la mer.
T'as tellement bossĂ© pour cette mutation, qu'on ne se voyait mĂȘme plus !
Je veux vivre là -bas toute l'année ! Tu m'entends Philippe Abrams?
Oui mon amour.
Tu es énervée là ?
Oui ! Et alors ?
Pourquoi ? Ca ne sert Ă rien.
Pourquoi tu fais toujours tout pour me contrarier ?
Mais tu es fous de venir ici ?
Personne ne t'as suivi ?
On t'a pas vu entrer dans mon bureau ?
T'as parlé à personne, hein ?
Jean, on travaille Ă La Poste
Je risque gros !
Hein ?
Parle moins fort, je risque gros !
Tu risques quoi ?!
J'ai pas eu le poste,
je suis cadre !
ça fait onze ans que je me crÚve le cul au bureau de Salons-de-Provence !
Si tu parles aussi fort, moi je suis foutu !
Je le méritais cette mutation !
Plus que n'importe quel handicapé !
Philippe, je vais te rendre ton argent.
Il faut que tu me trouves autre chose,
c'est la guerre avec Julie.
à St-Lary-sur-mer, le directeur part en pré-retraite c'est une affaire de quelques semaines.
St-Lary c'est parfait !
Je veux cette place !
Oui, mais parle moins fort, merde !
VoilĂ !
VoilĂ quoi ?
Oui, j'écoute.
Non, je ne suis pas occupé.
...le directeur veut vous voir...
Qu'est-ce qu'il me veut ?
...il veut vous voir...
J'arrive tout de suite.
Bon,
tu ne sors pas en mĂȘme temps que moi.
Faison la demande pour St-Lary en mettant que je suis handicapé.
Tu es malade ?
Et pourquoi pas ?
Si j'ai fait une erreur en remplissant le formulaire, qu'est-ce que je risque ?
Gros... trĂšs gros.
Je te le déconseille fortement.
Parce que si la faute est avérée, toi t'es mal et moi je suis mort.
J'arrive !
Merci docteur, de vous ĂȘtre dĂ©placĂ© jusqu'a mon bureau.
Docteur ?
Non, je ne vais pas me mettre en arrĂȘt maladie, c'est qu'une petite chose.
Au revoir docteur !
Bonjour.
Bonjour.
Vous m'avez encore sur le dos pendant au moins deux jours.
Excusez-moi Mr le Directeur, mais un inspecteur veut vous voir.
Un inspecteur de quoi ?
De la direction, il dit que ça concerne votre mutation
Il est oĂč ?
Dans le hall, il vous attend.
Faites-le patienter 5 minutes.
5 minutes.
D'accord.
Bonjour.
Bonjour...
I'm Philippe Abrams, vous voulez me voir ?
Monsieur Lebic
Je voudrais éclaircir avec vous quelques détails sur votre demande de mutation.
Mais bien sûr.
Sales gosses !
Des gamins du quartier qui m'ont crevé les pneus...
Ils feraient mieux de bosser à l'école !
Je serais content de plus les voir.
Vous voulez que je vous aide ?
Non ! C'est Ă moi de le faire.
Asseyez-vous, je vous en prie... Moi, c'est déjà fait.
Que puis-je faire pour vous ?
Vous ĂȘtes handicapĂ© depuis combien de temps, Mr Abrams?
C'est assez difficile pour moi d'en parler...
j'étais tout petit.
C'est flou...
Revivre ce traumatisme terrible...
Excusez-moi... Des spames musculaires, pardon.
C'est bien, ça va...
Mr Abrams, il y a eu deux demandes de mutation à votre nom. L'une toute récente,
Comme personne à mobilité réduite, pour le poste de St-Lary...
Et celle-ci, pour Cassis, il y a 6 mois, comme valide.
Ătes-vous ces deux mĂȘme personnes, Mr Abrams?
J'ai...
J'ai fait ces deux demandes...
Ca oui !
La premiĂšre, euh...
en tant que valide...
parce que je vouslais que mon dossier soit traité comme une personne normale.
C'est important pour nous, handicapés...
de voir dans le regard de gens valides comme vous, Mr Lebic
Autre chose que... de la pitié.
C'est tout Ă votre honneur, Mr Abrams.
Si celĂ remet en question ma mutation...
Non pas du tout !
C'est une simple vérification, malheureusment nécessaire...
j'ai souvent a faire à de fausses déclarations,
pour obtenir des postes convoités,
comme sur la CĂŽte d'Azur....
Non...
Oh, quelle honte !
Je ne vous le fait pas dire, Mr Abrams.
Vous vous plairez beaucoup Ă St-Lary-sur-mer
Bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps...
Mais vous ne me dérangez pas.
Au revoir Mr Lebic...
Quelle honte !
Cinglé, va !
Tu es complÚtment cinglé !
Tu es mon ami, Jean...
Tu vas m'arranger le coup ?
Je vais rien t'arranger du tout !
Je t'interdis de dire qu'on est amis, surtout ici !
Je ne suis pas l'ami d'un malade qui se fait passer pour un handicapé.
J'ai fait ça pour Julie...
et j'aurais pas du,
je m'en veux terriblement, je te jure.
Bon...
j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
Je suis suspendu, c'est ça ?
Pire...
Viré ?
Pire encore...
Pire que viré, c'est quoi ?
Tu es muté dans le Nord.
Le Nord ? Non...
Ă Lyon?
Non... pas Ă Lyon, dans le Nord, Nord.
Non, pas Ă Paris ! Ne me dis pas qu'ils m'envoient Ă Paris !
Pas Ă Paris non...
Plus au nord...
En Belgique ?
Non ! Avant la Belgique, il y a...
le Pas-de-Calais, voilà , tu es muté
à cÎté de Lille.
Lille ? L'Ăźle de quoi ?
Pas sur une Ăźle ! Ă Lille, la ville de Lille.
La ville de Lille ?
C'est horrible.
Et tu commences lundi prochain.
Le lundi qui vient ?
Je peux pas... J'ai pas de vĂȘtements chauds !
Je sais mĂȘme pas oĂč habiter !
Regarde ! Il y a un logement de fonction prévu pour le chef d'établissement.
Putain, mais c'est oĂč qu'ils m'envoient ?
Ă Bergues....
Börgg ?
Bergues....
Je refuse cette mutation.
Tu ne peux pas, c'est disciplinaire.
Bon, et c'est quoi la bonne nouvelle ?
Ca...
Alors c'est quoi la mauvaise ?
Tu vas rester deux ans lĂ -bas...
Deux ans ?!
Au moins...
Deux ans dans le Nord Pas-de-Calais... Non ! Non Jean !
C'est le Nord, ou c'est le licenciement pour faute grave, je suis désolé !
Comment je vais annoncer ça à Julie ?
Je lui ai encore rien dit pour St-Lary...
Je vais te faire sortir quand ça sera dégagé.
Allez, go !
Bonsoir mon amour.
Bonsoir.
Je suis en train de regarder pour St-Lary, il y a des appartements fabuleux.
Il ne faut pas trainer pour visiter.
Rassures-toi, on n'y va plus...
Quoi ?
Un contre-ordre...
Encore un handicapé qui t'es passé devant ?
En quelque sorte, oui...
C'est pas possible !
Attends, on m'a proposé quelque chose de bien plus interessant !
Ah...Tu m'as fait peur.
OĂč ça ?
OĂč ça ?
à Börgg !
Quoi ?
Bergues, la belle ville de Bergues !
Bergues?
Bergues, dans le Nord Pas-de-Calais !
C'est formidable, non ?
Philippe, qu'est-ce que tu as fait ?
Moi ? Rien !
Ne me prends pas pour une conne...
Ceux qui travaillent bien, on les laisse dans le sud
Si tu es muté dans le nord, c'est que tu as fait quelque chose de grùve.
Pas du tout...
La direction me propose de passer deux dans le nord
Je gagne des points !
Comme ça je suis prioritaire sur tout le monde !
Sur tout les postes de la CĂŽte d'Azur !
Revenir de deux ans dans le Nord, C'est comme si on était handicapés.
J'irais pas mourir de froid dans le Nord Pas-de-Calais !
Qui parle de mourir de froid ?
Julie, on ne va pas vivre dehors lĂ -bas !
Je veux pas perdre mes orteils !
Mais pourquoi tu perdrais tes orteils ?
Je ne veux pas aller dans le PĂŽle Nord
On ne va pas dans le PĂŽle Nord, on va dans le Nord !
Dis-moi la vérité...
Qu'est-ce que t'as fait ?
J'ai eu une super promotion ! Je ne comprends pas ta réaction.
TrĂšs bien, j'appelle Jean.
Pour avoir le poste de St-Lary, je me suis fait passer pour un handicapé.
"passer pour un handicapé"...
Désolé...
Et bien tu iras tout seul dans le PĂŽle Nord !
Bonjour,
Qu'est-ce que c'est ?
Qui c'est ?
Vous savez, je suis Philippe. Le marie de Julie, votre niĂšce.
Ah oui, elle m'a dit que tu voulais venir m'emmerder !
Qu'est-ce que tu veux ?
Je dois partir dans le Nord Pas-de-Calais...
une mutation.
Julie m'a dit que vous connaissiez bien la région de Lille.
Oui, en 1934...
Ma mÚre a couché avec un "ch'timi"
Qu'est-ce que vous dites ?
En 1934, ma mÚre a couché avec un "ch'timi "
Un "chatiment" ?
Non pas un "chatiment", un "ch'timi"... ils s'appellent comme ça là -haut
Des "ch'timi" ?
MĂȘme les animaux, c'est des "ch'timi"...
Les chiens, les chats...
Les vaches, les poulets...
Les veaux... c'est des "ch'timi".
La langue aussi c'est du "ch'timi"
Ils font des "o" Ă la place des "a",
"qu" Ă la place des "ch",
et les "ch" ils les font, mais Ă la place des "ce"
C'est des fous...
Et quand tu crois tout comprendre, tu apprends que un mot veut en dire un autre...
Et c'est comment la vie de tout les jours lĂ -bas ?
C'est tranquille, non ?
Dur, dur...
Il n'y a que ceux qui sont dans le charbon qui vivent bien...
Les autres, c'est que...
des miséreux...
Et ça meurt trÚs jeune là -bas...
Heureusement, ma mĂšre est redescendue dans le sud !
J'avais 10 ans,
je ne supportais plus le froid.
Il fait trĂšs froid ?
En été ça va, parce que tu as 0°... 0,1 °
Mais l'hiver ça descend, ça descend...
-10°, -20°, -30°...
Tu te dis, je reste couché parce qu'il fait -40°.
-40° ?
C'EST LE NORD !
Tu m'as demandé mon petit... C'est le Nord !
J'ai répondu ?
Alors sors !
Tu vois, des brouillards givrants...
C'est quoi ça, un brouillard givrant ?
Quelle horreur !
Non, regarde : 6° le matin et 11° l'aprÚs-midi, c'est pas si froid que ça...
Tu crois que c'est les vraies températures ?
Bah oui !... Non ?
Ouvre les yeux, Philippe.
Le département du Nord fait pression, pour que la météo ajoute des degrés.
Sinon, personne irait lĂ -haut...
Tu crois ?
Brouillards givrants...
Il ne va pas l'avoir...
L'itinéraire est en cours de calcul.
Si, il l'a !
Veuillez suivre...
Tais-toi, conasse !
Pardon de ne pas t'accompagner, mais c'est au-dessus de mes forces...
Tu es mieux ici au chaud, avec le petit.
Pourquoi tu enlĂšves ta doudoune ?
Je vais avoir chaud, et une fois dans le nord, je vais attraper la mort.
Il vaut mieux que tu t'habitues à porter ça tout le temps.
Raphael..
Tu prends bien soin de ta maman.
Je peux compter sur toi ?
Oui papa !
C'est ma faute, tout ça c'est ma faute !
Non, non Julie... C'est pas toi, c'est le destin.
Je t'apelle dĂšs que j'arrive dans....
...le Nord Pas-de-Calais.
AllĂŽ, Mr Bailleul ?
Je suis Philippe Abrams, de Salons-de-Provence. Votre nouveau directeur.
Je pars du sud, j'arriverai dans la soirée.
On se retrouve devant la mairie.
Je ne vous entend pas bien, la ligne est trĂšs mauvaise...
Ă ce soir !
Avec la mer du Nord
Pour dernier terrain vague..;
Et des vagues de dune...
Pour arrĂȘter les vagues...
Et de vagues rochers....
..que les marées dépassent...;
Et qui ont a jamais...
Le coeur a marée basse.
Merde !
Gendarmerie nationale.
Vos papiers, papiers du véhicule s'il vous plait...
J'allais trop vite, excusez-moi...
J'ai pas fait attention, j'avais la tĂȘte ailleurs.
Je reconnais ma faute.
Vous avez été controlé à 50 km/h...
150 ?
50.
2 x 25.
50 ? C'est possible ça ?
C'est dangeureux de rouler trop lentement sur l'autoroute, Mr...Abrams.
Je vais devoir vous verbaliser !
Je suis muté dans le Nord Pas-de-Calais, j'ai pas envie d'arriver trop tÎt...
Dans le Nord Pas-de-Calais ?
Oui, dans le Nord Pas-de-Calais...
Allez-y.
Merci.
Mais appuyez sur le champignon quand mĂȘme !
Bon courage...
Putain...
Le Nord Pas-de-Calais...
Vous ĂȘtes arrivĂ© Ă destination.
Non, c'est pas possible...
Oh mon dieu !
Ca va ?
Vous n'ĂȘtes pas mort ?
Bienvenue Mr le Directeur.
Mr Bailleul ?
Ne bougez pas, il vaut mieux appeler les secours.
Ca va, c'est bon.
J'aurais pu vous tuer...
Non c'est pas grùve, ça va.
Je vous ait reconnu Ă votre plaque, qui est 13. Ici c'est 59 Je vous ait fait signe d'arrĂȘter votre voiture.
Mais ça va, ja'i rien.
Vous ĂȘtes blĂ©ssĂ© ?
Hein ?
Vous avez mal quand vous parlez ?
Quoi ?
Votre machoire, ça va ?
Non, j'ai mal au cul, c'est tout. Je suis tombé sur le cul.
Oh lĂ lĂ ... C'est pas terrible quand vous parlez.
Vous ne voulez pas qu'on montre votre machoire à un médecin ?
Non, c'est bon j'ai rien, vindiouce !
Vous vous exprimez de façon trÚs particuliÚre...
Parce que je parle "ch'ti", c'est ça ?
Pardon ?
Je parle "ch'timi"...
Merde, c'est ça le fameux "ch'timi" ?
Il est juste au-dessus votre logement de fonction.
Au-dessus de La Poste.
Et voilĂ !
Formidable !
C'est lĂ !
Merci.
Bonne nuit, Mr le Directeur.
et Ă demain.
Oui, Ă demain.
Bailleul, attendez !
Il n'y a pas de meubles !
Ils sont oĂč les meubles ?
C'est pas meublé !
L'ancien directeur est parti avec.
Pourquoi il est parti avec les meubles ?
C'est peut-ĂȘtre les ch'iens ?
Quels chiens ?
Les meubles !
Je ne comprend pas !
Les meubles, ch'est les ch'iens.
Les chiens ? Mais qu'est-ce que les chiens font avec les meubles ?
Pourquoi donner ses meubles Ă des chiens ?
Non ! Les ch'iens, pas les qu'iens ! Il ne les a pas donné à des qu'iens, il est parti avec.
Pourquoi vous dites qu'ils les a donné ?
J'ai jamais dit ça !
Pourquoi les chats ? Vous m'avez dit : "Des chiens" !
Vous m'avez dit : "les meubles sont chez les chiens".
D'accord !
J'ai dit : "les meubles, c'est les ch'iens" !
C'est ce que je vous dit !
Les ch'iens, Ă lui !
Ah les siens ! Pas les chiens !
Oui, les ch'iens, ch'est ch'a.
Les chiens, les chats ! Putain, tout le monde parle comme vous ici ?
Oui c'est le ch'timi, tout le monde parle ch'timi ! Il y en a mĂȘme qui parlent flamand ici.
Je vais m'amuser, moi.
Qu'est-ce que vous voulez faire ?
Amenez-moi Ă l'hĂŽtel le plus proche !
Un hĂŽtel ? Ă Bergues? Ă cette heure ?
Ch'est ichi m'baraque. (Ma maison est ici.)
Ichi m'baraque ! On dirait mĂȘme pas du français...
Hein?
Non,rien...
C'est pas trĂšs grand chez moi, mais au moins, j'ai des meubles !
C'est trÚs gentil de m'inviter dormir chez vous comme ça !
Ca fait plaisir. Vous voulez peut-ĂȘtre boire ou manger quelque chose.
Non, je préfÚre aller dormir, je suis trÚs fatigué...
Il faut vite aller se coucher alors. C'est lĂ -haut.
Vous ĂȘtes mariĂ© ?
Marié moi ? Y'a pas de danger. Moi et les femmes, vous savez...
Vous voulez dire que vous vivez seul ?
Avec ma mĂšre...
Vous vivez chez votre mĂšre ?
Ouais, c'est sa chambre, mais elle dort Ă cette heure.
Au fond il y a la salle de bain, il y a tout ce qu'il faut.
LĂ , c'est la chambre.
Ah...
Il faut pas qu'on fasse trop de bruit !
Ca ne va pas ? Vous ĂȘtes blanc comme un linge.
Non, non.
Vous voulez que je vous prĂȘte un pyjama ?
Bonsoir, merci. J'ai ce qu'il faut.
Oh...
Bougez pas...
Oh d'accord...
Vous devez aimer la lavande, vous qui ĂȘtes du sud.
Les draps propres, ma mĂšre les parfume Ă la lavande.
Ca sent bon quand on a son nez dedans !
On fait le lit tout les deux ?
Non, c'est bon, je vais le faire tout seul !
Bonne nuit !
Bonne nuit...
Dormez !
bien...
Vous...aussi.
Pourquoi c'est fermé ?
Mr Abrams, c'est l'heure...
Mr Abrams, il faut vous reveiller !
Vous m'avez fait peur !
C'est vous qui m'avez fait peur !
Qu'est-ce que vous voulez ?
Vous, qu'est-ce que vous voulez ?
Quoi, qu'est-ce que je veux ?
Pour le petit-déjeuner !
Il est quelle heure, lĂ ?
Il est 7h15, c'est bientĂŽt l'heure d'aller Ă La Poste...
On est toujours dans le Nord Pas-de-Calais ?
C'est une maison, pas une péniche !
Un thé, s'il vous plaßt.
Il n'y a pas de thé, juste du café.
Quoi d'autre ?
Rien...du café.
Café alors.
Pourquoi est-ce qu'il dort dans ta chambre celui-lĂ ?
C'est ta chambre... Tu ne dois pas prĂȘter ta chambre !
T'es sûre qu'on a pas de thé ?
Le thé, j'aime pas ça !
T'entends ce que je te dis ?
Maman, j'allais pas lui demander de dormir dans le salon !
C'est mon nouveau patron !
C'est pas une raison Antoine !
Bonjour Madame !
Bonjour...
Asseyez-vous.
Vous avez rien bougé dans la chambre de mon petit ?
Euh, non madame.
Vous avez refait le lit ?
Pas encore.
ArrĂȘte maman...
elle rigole.
Non, pas du tout.
C'est parce que c'est ton directeur, que je vais faire des maniĂšres !
Hein mon garçon ?
Oui madame...
C'est du caramel?
Non c'est de la chicorée, on en rajoute toujours dans le café.
De quoi ?
De la chicorée !
Goutez avant de dire du mal.
C'est pas bon, c'est ça ?
Si si, c'est trĂšs bon !
Qu'est-ce que vous mettez sur le pain ?
Ah...ça !
C'est du Maroilles.
Du Maroilles ? Qu'est-ce que c'est ?
C'est un fromage qui sent un petit peu fort...
Comme le Vieux Lille. (autre fromage du Nord)
Vous voulez goûter ?
Non...
Vous avez tort !
C'est moins fort dans la bouche, que son odeur.
C'est bon, hein ?
Oh, c'est aussi fort une fois à l'intérieur.
C'est pour ça qu'on le trempe dans le café !
Ca adoucit le goût.
Allez, trempez !
Non, je ne préfÚre pas.
Allez !
Jeune homme !
C'est un gĂąteau Ă la cassonade...
vous n'avez presque rien mangé.
Merci Madame.
C'est pas trop tĂŽt !
Mon petit, mon petit...
ne rentres pas trop tard.
Non maman.
Au revoir !
C'est promis ?
Oui maman !
TrÚs spéciale, votre mÚre.
Pas pour moi ! Je l'ai toujours connue comme ça.
Il y a du Maroilles dans la cassonade ?
C'est parce que vous avez toujours l'odeur du fromage dans le nez.
Tout pue votre fromage !
Respirez par la bouche, ça va aérer.
C'est le Maroilles...
Bizarre, il ne fait pas si froid !
Pour un mois d'Avril, il fait mĂȘme chaud !
Oui, je me disais aussi...
Ca doit ĂȘtre Ă cause du rĂ©chauffement de la planĂšte.
C'était plus rude dans le temps ?
C'est sûr ! Ici en Avril avant, on faisait du patinage, et de bonhommes de neige.
Ah oui...
Mais ce qui me manque le plus de cette belle époque, c'est distribuer le courrier en traineau !
En traineau ? Vous vous foutez de moi ?
Un petit peu, Mr le Directeur.
Ca ne me fait pas rire...
pas du tout !
Pourquoi vous avez choisi le Nord, si vous avez peur de mourir de froid ?
Salut Antoine !
Ca va ti'z'aute ?
Bonjour.
C'est Mr Abrams, le nouveau directeur de La Poste.
Bonjour Mr Tizaute
"Bonjour Mr Tizaute" !
Elle est bonne celle lĂ !
Ce n'est pas la peine de vous foutre de moi si je ne comprend pas quelque chose.
Mais c'est pas contre vous !
Vous vous croyez malins avec votre accent ?
Avec votre fromage qui pue et vos maisons en brique rouge !
Excusez-nous, mais c'est...
OĂč allez-vous ?
Ă La Poste !
Je vous laisse rigoler avec votre copain !
Mr Abrams...
Laissez-moi vous présenter...Fabrice Canoli
le plus ancien postier de chez nous.
Mr le Directeur, bienvenue Ă Bergues !
Oui, il me l'a déjà dit...
Yann Vandernoout qui s'occupe de la partie banque postale.
Alors comme ça vous ĂȘtes du ch'ud ?
Non. Pas du chud, du sud...
S.U.D., le chud, je ne sais pas oĂč c'est !
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Travaille bien.
Salut !
Bonjour tout le monde !
Antoine, ferme ta bouche, ton nez va tomber dedans !
Vous devez ĂȘtre Mr Abrams.
Annabelle Deconninck, je suis au guichet courrier recommandé, et je fais aussi un peu de compta.
Bonjour. Vous pouvez me montrer mon bureau ?
Je vous y accompagne.
J'ai du courrier Ă distribuer.
TĂȘte de con...
Je vais lui rappeller que SUD, c'est aussi un syndicat !
Sois sympa un peu, C'est un gentil, ca se voit dans ses yeux.
Je te dis que c'est un drĂŽle.
Il va nous mettre le bazar, je le sens.
Vous le connaissez le motard qui a déposé Annabelle ?
Non, non....
Oh non...
Tu sais que tu n'as pas de tĂȘte ?
Tu as encore oublié ton repas.
Mais maman, je mange avec les collĂšgues ce midi.
T'as pas besoin de dépenser tes sous pour rien !
C'est pas pour rien ! C'est pour manger !
Prends ton repas, ne sois pas stupide !
Maman, j'ai 35 ans !
Tais-toi !
Bonjour Madame Bailleul !
Elle est encore lĂ celle lĂ ?
Maman !
Comment il trouve son bureau, le nouveau directeur ?
Ca va passer vite...
Ca va passer vite...
Ca va passer vite...
Ca va passer vite...
Deux ans, ça passe vite !
Bonjour !
Bonjour !
Bonjour Mr Vasseur !
Comment ça va ce matin ?
comme un vieux mon garçon, comme un vieux.
Il est arrivé le nouveau directeur ?
Depuis ce matin, oui.
Je peux le voir ?
Si, c'est possible.
Qu'est-ce que c'est ?
Mr le Directeur, un client voudrait vous voir !
Pour quoi faire ?
Eh bien et il veut vous voir !
Bonjour Mr, qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
Je suis content de rencontrer celui qui va s'occuper de mon compte en banque.
Il ne faut pas me raconter des histoires
Il faut pas me raconter de bĂȘtises.
J'ai pas compris !
Il faut quoi ?
Il ne faut pas me raconter des bĂȘtises, Ă moi.
Il ne marche pas ce truc...
Deux secondes Mr !
VoilĂ ...
Qu'est-ce que vous voulez ?
Je dois acheter du matériel pour mon jardin (En dialecte)
Je sais qu'il va beaucoup pleuvoir... (En dialecte)
Je crois que c'était mieux avant...
Oui ?
dialecte...
Je ne suis pas venu ici pour pleurer (En dialecte)
Mais si vous pouviez me faire une petite avance. (En dialecte)
Jusqu'au prochain versement de ma retraite ? (En dialecte)
Prochaine....Retraite... Hum, hum...
C'est oui ou non ?
Ne bougez pas !
Vous vous appelez comment vous ?
Annabelle Deconninck
Vous voulez bien vous occuper de Mr s'il vous plait ?
Parce que...
TrĂšs bien.
Je vous écoute Mr Vasseur.
On va déjeuner, Mr le Directeur. Vous venez avec nous ?
Vous allez oĂč ?
Ă la baraque Ă frites.
La baraque Ă frites...
Quel joli nom !
Bonjour !
Bonjour
Ca va ? Oui ca va.
Il est oĂč votre restaurant?
Hein ?
Quel restaurant?
Eh bien votre restaurant...
...la baraque Ă frites.
Ah, mais c'est pas un restaurant !
Une baraque Ă frites, c'est une baraque Ă frites !
C'est lĂ !
Pour emporter ou pour manger sur place ?
C'est une caravane...
C'était une caravane, maintenant c'est une baraque à frites !
Ils ne dorment plus dedans, ils font des frites !
Suivant s'il vous plaĂźt !
Bonjour vous autres !
Vous voulez quoi ?
Bonjour Momo...
comme d'habitude...
Oui !
Deux frites Fricadelle et un Américain.
Martine ! Deux Fricadelle et un Américain...
Qu'est-ce que vous voulez ?
Je ne sais pas... Comme vous ?
Rajoute une Fricadelle Momo !
Quelle sauce ?
Picadilly !
Parfait, picadilly !
Et unPicadilly !
Ah, c'est de la nourriture Gitane !
Hein ?
Non...c'est une spécialité d'ici !
C'est bon, hein ?
Qu'est-ce qu'il y a dedans ?
La Fricadelle, on a pas droit de dire ce qui est dedans !
Ici dans le Nord, tout monde sait ce qu'il y a dans une Fricadelle !
Mais personne le dit !
C'est comme les américain, avec le "Coco"
Le quoi ?
Le "Coco-Colo"
Ah... Le Coca-Cola !
C'est ce qu'il vient de dire !
Le "Coco-Colo" !
C'est joli cette petite place.
C'est pas une petite place, c'est la Grand' Place !
Cette église, c'est charmant !
C'est pas une église !
Ca n'a rien de religieux...
c'est notre beffroi !
Pendant le Moyen-Ăge, ça permettait de prĂ©venir de l'arrivĂ©e des envahisseurs.
Qu'ils viennent !
On voit toute la région de là -haut, c'est trÚs beau !
Mais il faut demander Ă Antoine pour une visite, c'est lui le carillonneur !
Le quoi ?
Le carillonneur ?
LĂ -haut il y a plus de 50 cloches, c'est ce qu'on appelle un carillon.
Et il n'y a qu'Antoine qui sait en jouer !
Dans sa famille, ils sont carillonneurs de pĂšre en fils.
Et quand il joue...c'est magnifique !
On l'entend Ă des kilomĂštres.
C'est vrai...
Une biĂšre, s'il te plaĂźt...
Oh, Antoine, c'est marrant, on était en train de parler de toi !
Ah bon ?
Vous ne parliez pas de ton motard ? Le frimeur !
Il est pas lĂ d'ailleurs ? Et il aime pas les frites le "boubourse" ?
C'est pas drĂŽle !
Moi aussi, je peux frimer avec mon vélo !
Venez vous asseoir Antoine !
Mais je le reconnais lui !
C'est le sudiste !
Ca va ? Tu es pas congelé encore ?
Ca va bien, Bailleul ?
Vous savez ce qu'il a fait cette nuit ?
Je l'invite Ă dormir chez moi,
Il a vu des photos de nous au carnaval. Et Mr bloque la porte avec une chaise !
Tu avais peur que je tombe amooureux ?
Ne me manquez pas de respect, Bailleul !
Ca serait dommage que je vous colle un avertissement dĂšs le premier jour.
Oh ! J'ai peur !
Laissez, c'est pour nous !
T'as pas appris Ă dire merci dans ton pays ?
Antoine arrĂȘte !
Ca suffit lĂ !
tu devrais avoir honte !
Il vient Ă peine d'arriver !
Imagine que tu es dans le sud, et qu'on te parle comme tu l'a fait !
On se connaĂźt depuis longtemps avec Antoine...
c'est pas un mauvais bougre vous savez !
Ce n'est pas une raison pour m'insulter !
Et il est interdit de boire pendant le service !
C'est surtout sa mĂšre qui lui complique la vie...
Ce n'est pas une raison !
Vous n'allez pas lui mettre, l'avertissement?
Vous avez oublié quelque chose ?
Ca va Mr le Directeur ?
Qu'est-ce que vous voulez Bailleul ?
On s'est mis d'accord avec les collĂšgues,
on a tous donné un petit quelque chose pour vous meubler le haut.
Regardez ça !
Une chaise,
un tabouret.
C'est un peu disparate, mais c'est mieux qu'avant, non ?
On dirait une petit Braderie de Lille, mais sans les prix dessus !
C'est trÚs gentil, c'est formidable ! Vous n'étiez pas obligés.
Je suis un peu déçu quand mĂȘme...
Pourquoi ?
Ă partir de ce soir, on ne dort plus ensemble...
Comment je pourrais vous remercier...
Ă part...la baraque Ă frites ?
Oh ! On a qu'a manger tous ensemble dans le Vieux-Lille !
J'ai trop mal au dos, moi...
Ca va ! Tu manges pas avec ton dos !
Vous connaissez le Vieux-Lille, Mr Abrams ?
C'est pas encore un de vos fromages qui puent ?
Si, mais c'est aussi une belle ville !
Alors, qu'est-ce qu'on mange ? C'est moi qui vous invite.
C'est pas les spécialités qui manquent !
Ce qu'il y a de bon ici, c'est le "Chicon au gratin "
Le "Chichon au gratin" ?
Non, Le "chicon" c'est des grosses endives avec de la Béchamel et du gratin.
Et puis la Tarte au Maroilles.
Ah, le Maroilles, je connais !
Il faut qu'il goûte au Carbonate !
On ne peut pas partir d'ici sans goûter au Carbonate !
La quoi?
La Carbonate !
C'est comme un Pot-au-feu, Mais avec de la biĂšre.
On va pas tout commander non plus...
On a qu'a prendre un peu de tout, et on picore !
Hein ?
VoilĂ !
C'est pas compliqué de parler le "ch'timi",
par exemple...
On ne dit pas : "Pardonnez-moi, je n'ai pas bien compris votre question."
On dit : "Hein ?"
Hein ?
Ca c'est le "un" de un, deux, trois !
Il faut que ça sorte de là ...
Hein ?
Au début, quand on commence à parler le "ch'ti "
Ou le picard, on est cousins avec le picard.
Il faut juste ajouter le "Hein ?" Ă la fin de chaque phrase !
Allez, essayez !
J'ai compris...Hein ?
Impecable !
D'accord, hein ?
Ca y est, vous parlez le "ch'timi" !
Putain !
Non ! On ne dit pas "putain" comme chez vous Ici, on dit "vindediousse"
Vindediousse, hein ?
Bravo biloute !
Bravo qui ?
Euh...biloute.
Tout le monde s'appelle biloute, ici c'est le surnomn de tout le monde !
Et ça veut dire quoi biloute ?
Biloute ?
Ca veut dire...
Ca ne veut rien dire !
Ca veut dire petit sexe...
Petit sexe ?
Non, ca n'a rien Ă voir avec le sexe...
C'est juste affectueux !
Ah d'accord !
Apprenez moi des gros mots ! C'est important quand on apprend une langue !
On dit pas "merde"... On dit "dubrun" !
On dit pas "un con"... On dit "un boubourse" !
Boubourse !
Chez nou, on dit "couillosti" !
C'est joli !
On dit pas "bordel"... On dit "miard" !
Miard, dubrun, hein ?!
J'ai remarqué aussi que...
On dit pas "moi", on dit "ti"... Non !
Non ! On dit pas "moi", on dit "mi" Et on dit pas "toi", on dit "ti".
VoilĂ !
C'est comme "ce", ça devient "che" et "che", ça devient "que" !
Par exemple, les chiens, c'est des qu'iens !
VoilĂ !
HĂ©, vous allez passer une commande !
Non, non...
Mais si ! Ca fera un exercice pratique.
Oui c'est une bonne idée ! "Cha que d'daim"
"Cha que..." quoi ?
Cha que d'daim...
Ca veut dire quoi ?
Ca veut dire : "Allez y Mr le Directeur, n'ayez pas peur !"
Garchon ! (Garçon !)
Il faut que ça vienne de là !
Garchon !!! (Garçon !)
Bien !
Bonsoir.
Bonsoir biloute, hein ?
Mi, avec c't équipe de l'Poste, (Moi et les gens de La Poste)
On voudrait...
On voudrons !
On voudrons...
On voudrons,
En recommander
la mĂȘme qu'ose ! (la mĂȘme chose)
Excusez-moi, je ne suis pas ch'timi, je suis de Paris et je n'ai rien compris.
A demain !
Au revoir !
AllĂŽ ?
Philippe ?
Oh mon dieu, ça va ? Tu n'as rien ?
Qu'est-ce qui se passe, ça ne va pas ?
Je t'ai laissé plein de messages ! Tu ne devais pas m'appeller en arrivant ?
Merde...
J'ai cru qu'il t'était arrivé quelque chose...
Non, non ! Excuse-moi...c'est...
C'était trÚs...
TrÚs compliqué !
Plus que ce que je pensais...
Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ?
Non, rien ! Mais je voulais pas t'inquiéter !
Maintenant, tout va bien !
ChĂ©ri, arrĂȘte ! Tu peux tout me dire tu sais...
"Tout te dire"... Te dire quoi ?
C'est l'horreur, c'est ça ?
Pas tant que ça...
Bon, d'accord !
C'est le Nord...
D'abord, il ne fait pas si froid que ça, Et en plus ils sont trÚs...
acceuillants !
ArrĂȘte ! Philippe, arrĂȘte, s'il te plaĂźt !
Mais arrĂȘte quoi ?
Ne recommences pas, arrĂȘte de me mentir !
Ne fais pas le fort, juste pour m'épargner, dis moi la vérité !
Je sais que tu souffres. Je suis ta femme, je peux tout entendre.
Mais c'est la vérité !
Philippe !
C'est vrai, c'est l'horreur
J'en bave... C'est horrible.
Ah, tu vois comme je te connais !
Ouais.
Mon pauvre amour...
Rentre Ă la maison, je vais m'occuper de toi.
J'ai hĂąte d'ĂȘtre dans 15 jours, je sens que ça va ĂȘtre un cauchemard.
Philippe...
je suis fiĂšre du sacrifice que tu fais pour ta famille.
Je t'aime.
Moi aussi je t'aime !
Bonjour !
Bonjour Monsieur !
Bonjour Antoine, ça va bien ?
Ca va et vous ?
Bien dormi ?
Bonjour Yann, vous allez bien ?
Bonjour Mr le Directeur !
Bonne journée, hein !
Rue nationale !
Main road..
Ca va ?
Allez, bonne tournée, hein !
Et vous, bonne soirée ?
VoilĂ , c'est ouvert !
J'ai pas vu passer les 15 jours !
Soyez prudent, Mr le Directeur !
C'est quand mĂȘme un long voyage !
Attention sur la route.
Vous téléphonez en rentrant et vous laissez sonner deux fois, on saura que c'est vous.
ArrĂȘte, t'es pas sa mĂšre...
Ă lundi !
Bon week-end !
Merci.
Il est pas lĂ , Antoine ?
C'est son jour de carillon !
Vous entendez pas ?
C'est lui qui joue ?
Oui !
Il est doué !
C'est le meilleur !
Au revoir !
Papa !
T'es pa encore couché, toi ?
Maman a dit que je pouvais t'attendre, je n'arrivais pas Ă dormir.
Fais voir tes orteils !
Mais t'inquiĂšte pas, je les ai tous, tout va bien !
Ca va mon chéri ?
tu as fait bonne route ?
Tu es un peu cerné, mais tu as pas trop maigri !
Non ça va bien. Je vais coucher Raphael.
Papa, fais-moi voir tes orteils !
Je veux voir tes orteils !
Mais je les ai pas perdus !
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 !
Ca va maman, il n'a rien !
Tant mieux !
Bonne nuit mon chéri !
Bonne nuit papa !
Dors bien...
bonhomme !
Prends un peu de bouillabesse,
elle est bonne. Je l'ai faite hier. C'est toujours meilleur réchauffé.
Prends de la soupe de pistou !
Je te fais une tartine de tapenade ?
Non merci chérie...
Tu adores ça d'habitude !
Je sais, mais j'ai plus trĂšs faim...
Vas-y, pleure !
Si ça te fais du bien, tu peux pleurer, ça ne me gĂȘne pas.
Merci...
Mais je ne peux pas.
Mon amour... Qu'est-ce qu'ils t'ont fait lĂ -haut ?
J'ai du mal a en parler...
Ils sont horribles avec toi ?
Ils sont...Ils sont...
Déjà , ils boivent !
Tous...
beaucoup...
Oh oui, mais ils n'ont que ça...
Ă La Poste, c'est le Moyen-Ăge, quand ils parlent on comprend rien.
C'est sûr...des alcooliques.
C'est pas vraiment des alcooliques, c'est...
ils boivent pour se réchauffer.
Il fait tout le temps froid, ça revient au mĂȘme...
Quel cauchemard...
Mon amour...
Ave ça, tout as de quoi tenir 15 jours !
C'est passé tellement vite !
Je serais bien resté un jour de plus.
Sois fort, mon amour !
Tiens, cadeau !
Doublé en laine polaire.
Merci.
Mets-le !
Non, tu sais, il ne fait pas si froid que ça...
Phlippe, s'il te plaĂźt... Ne me surprotĂšge pas !
Mets-le !
Merde...
160 km/h !
Vous allez mieux on dirait !
Merci.
Vous n'allez plus dans le Nord Pas-de-Calais ?
Si...Mais en fait j'aime bien.
C'est bien !
Ah bon !
Je suis content pour vous !
Ca vous fera 4 points et 150 ÂâŹ!
Oh, dubrun !
Pardon ?
Non, rien !
Descendez !
Bonjour !
Oh ! Bonjour ti'z'aute !
Ca va ti'z'aute ?
Ca va...C'est couvert aujourd'hui...
Je crois mĂȘme qu'il va pleuvoir, hein ?
Antoine, apportez au centre de tri, vous demandez le responsable, c'est urgent.
Oui, tout de suite
Une fois là -bas, appelez-moi pour me dire qu'il l'a bien reçu.
J'ai entendu. Je vous appelle et je vous dit quoi.
Eh bien, qu'il a bien le dossier en main !
Oui c'est ça. Je vous appelle et je vous dis quoi.
Quoi ! Mais je viens de vous dire quoi !
Oui, j'ai bien compris !
Donc vous m'appellez !
Oui, c'est ça...
je le remet en main propre, et...
je vous appelle de lĂ -bas, et...je vous dis quoi.
Je ne sais pas, moi...
par exemple : "...
...allÎ, c'est Antoine, ça y est je viens de donner le dossier au responsable."
C'est clair ?
Oui, je suis pas boubourse !
Je vous appellerais...
VoilĂ ...vous m'appelez
Et je vous dit quoi !
Regardez-moi Antoine...
vous avez bu !
Non !
Mr le Directeur, "je vous dis quoi", c'est une expression, et ça veut dire "je vous dit ce qu'il en est"
Ah, d'accord !
Pardonnez-moi Bailleul....
C'est pas grĂąve...
Donc vous m'appelez... et vous me dites quoi.
Ben, que le dossier est bien arrivé, non ?
Tenez !
Mon gamin a encore oublié son repas...
Mon Antoine est trÚs influençable !
Il ne faut pas l'emmener partout avec vous.
Il ne peut pas aller Ă la baraque Ă frites tout les jours !
Je peux compter sur vous ?
Oui Madame.
Hein ?
Oui Madame.
C'est du propre...
Je dirais rien, mais j'en pense pas moins...
Ca alors !
Voilà Madame... Pardon, c'était un peu long, je m'excuse.
Au revoir !
Suivant, s'il vous plaĂźt !
Bonjour Madame, c'est pour quoi ?
C'est pour faire peser et timbrer cette enveloppe.
Des beaux timbres s'il vous plaĂźt,
mon fils les collectionne !
C'est mignon...
Ca va ceux là ? Y'a un hérisson dessus !
Oui, parfait...
Une enveloppe !
Mon dieu ! 26 kilos !
26 kilos, c'est pas possible !
C'est des grammes !
Je me disais aussi... Qu'est-ce qu'il y a dedans ?
17 hérissons !
17 timbres pour 26 grammes ?
C'est pas possible... C'est des timbres Ă combien ?
C'est grùve si je mets aussi des hiboux ? J'ai pas assez de hérissons.
Mais ça ne va pas ! Vous vous trompez !
Y'a aps assez de place pour les hérissons...
Il va falloir aussi que j'en mette sur l'autre cÎté.
17 timbres pour 26 grammes...
C'est pas possible ! ArrĂȘtez ! Vous vous trompez.
J'ai avalé quelques hiboux, mais je ne vous les compte pas.
ArrĂȘtez !
Donne-moi ça, Antoine !
Sors !
Je m'en occupe, Madame. Vous n'aurez rien Ă payer.
Ne vous inquiétez pas, je m'en occupe !
J'arrive !
Tu te rappelles ?
Laisse-moi...Allez rentre !
Vas te reposer !
Annabelle, je ne sais pas ce que je ferais sans toi...
Tu boirais pas... Crois-moi, ça te ferais du bien !
Allez...
Alors ?
C'est génial !
Génial !
Hein ?
Great !
Oh mon brun !
C'est bien, hein ?
Ca va en ce moment Antoine?
Bien, bien, comme toujours, je ne vais pas braire.
Braire ?
It means pleurer.
Et comment on dit rigoler ?
Pour rigoler, on dit...rigoler.
C'est pareil !
Il faut bien qu'on parle un peu français de temps en temps, non ?
Et au travail, tout va bien ?
Pas de problĂšmes...
Je veux vous dire... je sais que les autres pensent comme moi, mais...
On est trĂšs heureux de vous avoir comme directeur.
Merci Antoine.
Vous habitez vraiment une région trÚs acceuillante.
On est peut-ĂȘtre acceuillants, mais si il n'y a personne Ă acceuillir, ça ne sert Ă rien ! Donc merci Ă vous !
Mais de rien ! Hein ?
Il y a un grand proverbe ch'timi qui dit :
"Quand il y a un étranger qui vient vivre dans le Nord, il braie deux fois :
quand il arrive, et quand il repart."...
C'est vrai que j'étais un peu mal en arrivant ici...
Et c'est rien à cÎté de quand vous allez partir !
Non !
C'est ce qu'on va voir...
C'est chez moi, dans le sud.
C'est ce qu'n va voir...
VoilĂ . 10, 20, 30. Â
Merci !
Au revoir Madame.
Alors, qu'est-ce qu'on fait ce soir ? On a rien prévu encore !
Mais Mr le Directeur ! C'est vendredi !
Vous ne rentrez plus chez vous ?
Dans le sud !
C'est déjà vendredi ?
Oui !
Vindediousse !
Julie ?
Surprise !
J'ai invité tes amis pour te remonter le moral !
Papa !
HĂ©, petit bonhomme !
Julie nous a raconté l'enfer que tu vis là -haut...
Quand j'ouvre La Poste le matin, il fait nuit !
Le jour se lĂšve Ă ...11h30 !
Et Ă 17h pile, tout Ă coup... La nuit tombe !
Ils sont tellement... blafards, blancs...
C'est le manque de lumiĂšre.
Et puis il y a l'hygiÚne... La semaine derniÚre, il y a eu une épidémie !
La... Le... Le choléra !
Le choléra !
Oui.
Mais tu as fait tes vaccins ?
Je vais ĂȘtre obligĂ© !
Il faut qu'on vérifie tes rappels !
Le Nord, c'est pire que l'enfer !
C'est bizarre... Moi j'ai travaillé dans le Nord.
J'en garde un trĂšs bon souvenir !
Pour le week-end de PĂąques, on pourrait aller en Belgique ?
Ah ouais, ça peut ĂȘtre sympa.
Il faut que j'aille bosser.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Ca te gĂȘne qu'il nous voit tout les deux, c'est ça ?
Non, pas du tout !
Bah alors ?
Embrasse-moi !
Ecoute, c'est ridicule...
Ă ce soir !
Embrasse-moi, je te dis !
ArrĂȘte, tu me fais mal !
Un problĂšme, Annabelle ?
Non, non, ça va !
Qu'est-ce qu'il a le postier ?
Tu veux te battre, toi ?
T'as du courrier pour moi, c'est ça ?
ArrĂȘte Tony !
Tais-toi.
Non, j'en ai pas...
mais j'ai un SMS...
comme tu sais pas lire, je vais te le dire oralement.
Antoine arrĂȘte !
"C'est interdit de se garer devant La Poste, signé...le facteur"
HĂ©...Elle est pas lĂ ta mĂšre ?
elle range ta chambre ?
Non, non...arrĂȘtez !
Qu'est-ce que t'as le carillonneur ? Tu veux te battre ?
Non, je suis contre la violence contre les ĂȘtres humains...
en revanche, contre les objets....
Putain !
Il est malade, lui !
ArrĂȘtez !
Antoine !
ArrĂȘtez ça tout de suite ! Yann, Fabrice, aidez-moi !
Bailleul ! ArrĂȘtez !
ArrĂȘtez !
Mr le Directeur...
Mr le Directeur ?
Oh là là , ça ne va pas...
Si, ça va.
Non, il ne répond pas.
Si, ça va.
Allez, venez Mr le Directeur.
Il ne sais pas dire non.
Vous savez comment ça se passe...
vous allez chez les gens,ils sont contents de vous voir, vous apportez du courrier.
"Tiens, tu prendras bien un petit verre Antoine ?"
Et puis de fil en aiguille...
Et de fil en aiguille, il se bat devant La Poste et ça c'est intolérable !
Il ne sait peut-ĂȘtre pas dire non, mais moi je sais dire stop !
Un blĂąme... c'est peut-ĂȘtre beaucoup Mr le Directeur
Vous n'allez pas prendre sa défense Annabelle ?
Non, je ne prends pas sa défense !
Je veux simplement qu'il aille mieux...
c'est pas en lui mettant un blùme que ça va s'arranger.
Vous savez quel est le vrai problĂšme d'Antoine Bailleul ?
Il est fou amoureux de vous !
En fait...
on était ensemble pendant un an...
Pourquoi vous l'avez quitté ?
C'est lui qui m'a quittée !
Je ne comprends pas...
J'étais trÚs heureuse avec lui...
un jour, j'ai tenu tĂȘte Ă sa mĂšre, qui est trĂšs envahissante...
je me suis fachée trÚs fort avec elle...
alors j'ai demandé à Antoine de choisir...
Il a choisi...
Qu'est-ce que je fais moi ? Je suis directeur de La Poste, pas assistante sociale.
C'est magnifique Antoine....
Continuez !
C'est pour me donner un diplĂŽme de musique ou un blĂąme que vous ĂȘtes montĂ© ?
Pourquoi vous ne parlez pas Ă votre mĂšre ?
Ma mĂšre ?
J'ai parlé avec Annabelle...
C'est de la relation avec votre mĂšre que viennent tout vos problĂšmes...
Non !
Antoine...
Ma mÚre il faut que je la ménage, elle a eu une vie difficile...
Ce n'est pas lui rendre service, de ne pas lui dire vos sentiments....
Mais je vous rassure, on est tous pareil...
Moi, ma femme...je l'aime !
Mais je passe tout mes week-ends Ă lui mentir....
Comment ça ?
Ca serait trop long de vous expliquer...
Je ne savais mĂȘme pas que vous Ă©tiez mariĂ©...
Merci.
Mais si vous ĂȘtes mariĂ©, pourquoi votre femme ne vient pas vivre ici avec vous ?
Ma femme est..
dĂ©primĂ©e...dĂ©pressive mĂȘme !
C'est pour ça que de la faire venir dans le nord, ça aurait été pire...
Pourquoi ?
Ca aurait été pire pour elle... de quitter là -bas...
oĂč qu'elle aille...
D'accord.
Ecoutez, Antoine,
moi, ce que je vous demande... c'est de faire attention pendant le travail.
Cne n'est pas en buvant que vous rĂšglerez vos problĂšmes, au contraire, vous allez les aggraver.
Je me suis conduit comme un nul...
Oh...on fait tous des erreurs.
L'important, c'est de s'en rendre compte, et de les réparer.
Si c'est réparable...
C'est toujours réparable.
Ă part peut-ĂȘtre... sa moto !
Vous voulez essayer ?
Quoi ?
De jouer du carillon...
Non.
Pourquoi ?
Vous devez bien connaĂźtre un petit morceau, c'est comme le piano !
Mais si je joue, on va m'entendre partout !
On a qu'a brancher le casque !
Allez-y biloute !
Non ! Pas celle-lĂ !
Oh mon dieu.
C'est pas facile.
Plus aĂŻgu...
Antoine ! Attendez ! Je vous accompagne.
Je connais la route.
Je vous accompagne...
il est temps que vous appreniez Ă dire "Non".
C'est vous le patron !
Ca va biloute ?
Bonjour Mr Magnieux...
Bonjour ti'z'aute !
Philippe Abrams, je suis le directeur de La Poste de Bergues...
C'est gentil de venir dire bonjour !
Entrez deux minutes !
Non merci Mr Magnieux, c'est bien gentil, mais on va y aller.
Il est un petit peu tÎt pour l'apéritif.
Vous voulez mĂȘme pas prendre un petit cafĂ© ?
Un café, là c'est différent ! C'est pas de refus.
Allez !
Je vous mets un peu de GeniĂšvre dedans ?
Non, pas pour moi. Merci.
Allez, ca va vous rĂ©chauffer, vous qui ĂȘtes du sud !
Hein Antoine ?
Je peux pas boire ça, moi !
Le GeniĂšvre c'est typique du Nord ! (c'est du Schnapps)
Goûter seulement !
Au pire, ça va tuer les bactéries.
Santé !
Santé.
Prenez-en sur un sucre, ça va adoucir...
Sur un sucre ?
Non, non, pas ça...
Allez !
Merci du fond du coeur pour les cafés, Jules !
Mais de rien !
Tu reviens quand tu veux, la porte est ouverte !
Ă demain !
Bonne journée !
Vous voyez Antoine..
on peut ĂȘtre sympatique avec les gens, en buvant juste un cafĂ©.
Oui, je vois tout Ă fait !
Mais maintenant, stop...fini !
Il ne faut pas abuser ! Plus de GeneviĂšve !
Non, GeniĂšvre !
Il faut pas sonner ! Sinon on va nous offrir Ă boire...
Mais c'est pour un reconmmandé.
Oh, oui c'est différent. Mais attention... On entre pas, on ne boit pas !
Entrez !
Non, on reste Ă la porte ! On entre pas !
C'est beaucoup trop dangeureux !
Oh c'est vous ! Je me disais que je connaissais cette voix !
Mr Vasseur, quelle bonne surprise !
C'est pour un recommandé Mr, il faut signer là .
Ca y est Mr Vasseur, je parle Ch'timi couremment !
Je comprend tout ce que vous dites !
Ch'timi deuxiÚme langue ! Ecrit, lu, parlé...Hein ?
Eh bien, ça se fĂȘte !
Entrez, je vous offre un petit verre.
Allez ! ...
Elle est lĂ GeneviĂšve ?
GeniĂšvre !
Ah non, du GeniĂšvre, j'en ai pas, je ne bois pas d'alcool.
Mais il me reste peut-ĂȘtre du petit jaune, une bouteille qu'on m'a offerte.
- Du petit jaune ? - C'est du Pastis.
Oh ! Du Pastis, comme chez moi !
Moi, je ne veux pas boire.
Un petit Pastis ne va pas vous faire de mal.
Justement, il ne faut pas...
Je ferme les yeux.
Je ne préfÚre pas...
Bailleul ! C'est un ordre ! Ca vient de la direction !
Avec beaucoup d'eau alors...
Oui, comme vous voulez.
VoilĂ , la jeunesse !
Et pas plus haut que le verre !
HĂ© ! Ferme. Stop !
Gare Ă votre mĂšre !
(Dialecte)
Merci.
C'est magnifique.
Coucou les biloutes ! C'est La Poste !
On est pas obligés de dire bonjour à chaque fois...
J'ai soif !
Bonjour Madame !
Bonjour !
Vous avez vu comme j'ai refusé la 5Úme biÚre, Antoine ?
Ferme.
Aimable ! Mais ferme.
Vous avez eu tort, c'était du Picon-biÚre.
C'est trÚs bon... et ça soule pas !
Il faut arrĂȘter maintenant, il faut boire avec modĂ©ration !
Vous savez ce qu'on dit, Antoine?
Non merci.
Non ! On dit non !
Non merci...
VoilĂ !
J'adore votre région, Antoine.
J'adore votre région !
J'adore le nord !
Moi aussi, je vous aime bien !
Moi aussi, je vous aime bien !
Attendez... On va se tutoyer, Antoine !
Oui...
Antoine ?
Vindediousse!
Dubrun !
J'ai mal au coeur, moi...
Tout le temps que tu as pas mal au cul, tu peux toujours t'asseoir dessus !
Bonjour Antoine.
Bonjour Monsieur.
C'est bon, il a ouvert la porte, tu peux arrĂȘter de sonner !
Bonjour Mr Leborgne...
On a pas de courrier pour vous...
Mais on veux bien quelque chose Ă boire !
Pour fĂȘter notre amitiĂ© !
Entrez alors.
On fait la course, Antoine !
Non, non, pas la course !
Allez, le dernier arrivé à La Poste, est un boubourse !
Attention, le Stop !
Philippe ! Le Stop !
Oh, nom de dieu !
Allez, fonce Antoine !
On va les semer !
ArrĂȘtez-vous !
Ah vindediousse !
Ca va ?
Vous ĂȘtes qui ?
Police nationale.
Ah, on est entre fonctionnaires !
Suivez-nous, on vous emmĂšne au poste !
ArrĂȘte biloute !
On est entre ch'tis !
Je suis devenu ch'ti, Hein biloute ?
Je suis devenu ch'ti !
Allez biloute, fais pas l'idiot !
Calmez-vous !
C'est pas possible ! Vous n'ĂȘtes pas ch'timi !
Tu n'es pas ch'timi, toi !
Il est pas ch'timi celui-lĂ !
Attends ! On va tous Ă la baraque Ă frites. Je vous paye une Fricadelle.
Momo ! Quatre frites-Fricadelle !
Attends, on a pas mangé !
Ah non ! Attends... Attends !
AllĂŽ ?
AllĂŽ !
Mon amour ?
Je ne serais pas là ce soir ma chérie, je rentre demain matin.
Je suis au commissariat.
Oh mon dieu, Philippe ! Tu t'es fait attaquer ?
Non, c'est juste que... j'ai un petit peu bu...
alors je me suis fait arrĂȘter.
En voiture ?
Non, à vélo...
à vélo ?
Mais qu'est-ce que tu faisais soûl sur un vélo ?
J'apprenais Ă dire non Ă l'alcool !
Mon amour, mais qu'est-ce qui se passe ?
Il ne faut pas boire pour oublier ton malheur !
Je sais que c'est dur mon chéri,
mais il faut tenir !
D'accord...
Oui ?
Ah, il faut que je te laisse, ils vont me dégriser !
Je t'aime !
Je t'aime !
Alors ?
Alors quoi ?
Fais vois tes mains...
...elles ne tremblent pas. Ca fait deux jours que tu ne bois pas...ça te manque ?
Non, ça va.
Oh non !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu as bu mon parfum ?
Ca arrive souvent quand on est alcoolique...
Je t'assures, je tiens le coup !
Je préfÚre te chercher un verre d'alcool, plutÎt que tu boives mon Givenchy.
Oui...
Qu'est-ce que tu fais ?
Julie...
J'ai été idiote, et trop faible, je te demande pardon.
Mais c'est quoi ça ?
Mes valises !
Je pars avec toi !
Et Raphael ?
Mes parent le prennent ce soir, et quand on aura trouvé une école, il viendra !
Et ton magasin...le travail...
J'ai pris des vacances.
Je veux vivre avec toi dans le Nord !
Non, Julie ! Non!
J'ai un peu peur, mais je suis heureuse de vivre avec toi.
On ne se quitte plus maintenant !
Tu vas voir, Ă deux on sera plus forts !
Tu as mis ta ceinture ma chérie ?
Oui, bien sûr.
Mais il est malade, lui !
Bon...
Vous rouliez Ă quelle vitesse ?
La bonne !
On vous amĂšne Ă l'hĂŽpital, pour un analyse de sang.
Mon mari n'a pas bu, monsieur.
Il s'est peut-ĂȘtre un peu parfumĂ© la bouche, c'est tout.
Ne t'en fais pas mon amour. Vas avec la dépanneuse !
Non, je reste prĂšs de toi...
Non, rentre Ă Salon, rassure tout le monde, occupe toi de l'assurance. Moi je prends le train.
C'est mieux...
D'accord chéri...
Fais bien attention Ă toi.
Je te rejoins le plus vite possible ! Promis.
Génial !
Venez dans mon bureau !
Il faut que je vous parle !
L'heure est grĂąve mes amis...
Qu'est-ce qui se passe ?
Ma femme arrive demain !
C'est une bonne nouvelle !
Non, vraiment pas !
Ca ne va pas entre vous ?
Si ca va ! Justement...
depuis que 1000 km nous séparent, ça va beaucoup mieux.
Ma femme est dépressive...
et ça l'aide énormement de savoir que je suis ici...
ça focalise sa dépression sur du concret....
Dites-moi...
j'ai peur de comprendre.
Oui, je lui ai menti sur ma vie avec vous. Elle croit que je vis l'horreur.
Que ça ne va pas...
Et plus elle s'occupe de moi, mieux elle va.
C'est bizarre cette histoire.
Mais ça marche.
On a jamais été aussi heureux que depuis que je vis dans le Nord.
Vous lui avez dit quoi sur nous exactement ?
Quelques clichés...
Des lieux communs, je n'ai rien inventé.
J'ai dit que vous étiez un peu...
basiques...
un peu...
simples...
un peu rustres...
parfois vulgaires...
abrutis...
arriérés aussi...
et puis quelques autres choses...
Bonjour mon amour !
Mais c'est vachement joli ici !
Mon amour, il faut que je t'avoue quelque chose...
Bienvenue dans le nord !
Bienvenue dans le nord !
Viens !
Julie, Julie, Julie !
Santé ! Il faut boire !
Elle est joli la femme du patron !
Fous le camp !
Rentre chez toi !
C'est quoi ce bazar ?
On est oĂč, lĂ ?
à Bergues ma chérie...
On est arrivés...
Messieurs, Dames...
C'est qui tout ces gens ?
C'est les mineurs...
Je croyais qu'elles Ă©taient arrĂȘtĂ©es les mines.
Pas toutes... Pas celle-lĂ ...
Il n'y en a plus beaucoup,
mais mĂȘme fermĂ©e, on continue Ă vivre dedans.
OĂč veux-tu qu'on aille ?
Oh vindediousse, c'est quoi ça !
LĂ -bas, il y a la mairie,
Au bout, il y a La Poste, et en face, il y a la salles des fĂȘtes, mais il n'y a plus de fĂȘtes...
C'est pire que ce que tu m'as raconté...
C'est ce que je voulais te dire à la gare, je ne voulais pas que tu vois ça.
Non ! C'est pas lĂ que tu vis ?
Si...
Mais c'est exposé au sud, c'est assez lumineux !
J'ai oubliĂ© de vous dire... On mange Ă 21h, il ne faut pas ĂȘtre en retard !
On ne dĂźne pas tout les deux ?
Non, c'est le repas d'acceuil... Il faut faire un effort, sinon je vais le payer cher.
Parle leur, il sseront contents...
C'est sympatique de manger dehors.
Il ne faut pas qu'on reste trop tard, Ă cause des animaux sauvages...
Qu'est-ce qu'on mange ?
De la viande.
Quoi comme viande ?
Ca dépend de ce qu'on trouve...
Tu vas voir, toi !
Merde !
Raté !
C'est bon Fabrice, on en a assez ! Viens manger !
J'arrive !
Ă table !
Merci.
Je peux pas...
Je peux pas...
Prends du pain.
Demain,
je vous emmĂšne Ă la mine, on va faire un cache-cache.
C'est bien ça !
Tu crois qu'ils sont partis dormir dans leur mine ?
Je ne pense pas, il n'est que 1h du matin...
On entend beaucoup les voisins...
Qu'est-ce qu'ils disent ?
Ils s'enguelent...
C'est comme ça presque tout les soirs.
Ca y est, c'est réglé...
Oh mon dieu, quelqu'un est mort !
Non, il tire dans le plafond pour calmer sa femme...
Quel cauchemard...
Comment tu pourrais vivre ça pendant deux ans ?
Déjà , comment tu as fais pour tenir jusque là ?
Je prendrais bien un petit verre...
Il faut rentrer mon amour... C'est trop dur ici pour toi !
Je te ramĂšne au trin demain matin.
D'accord...
Mais pour aller chercher le reste de mes affaires.
Hein ?
Il est hors de question que Raphael vienne.
Il vivra deux ans chez mes parents si il le faut, mais...
moi, je vais m'installer ici avec toi.
C'est pas possible !
Moi je ne veux pas !
Je t'aime...
ta vie, c'est la mienne aussi.
Alors ?
J'entends rien... Peut-ĂȘtre qu'ils dorment.
Peut-ĂȘtre qu'on peut terminer en beautĂ©, avec un petit incendie !
Ca va pas non ?
T'es complĂštement fou, toi !
De toute façon, moi tout ce que je propose c'est nul...
Non !
C'était bien l'idée du coup de feu.
D'accord, j'en tire un autre !
Non !
Yann, ça suffit maintenant !
Allez, on rentre !
Tu ne viens pas Antoine ?
Non, moi je reste ici... Il faut que quelqu'un reste pour demain.
Oui, c'est vrai.
Annabelle attends !
Tu crois pas que ça serait mieux que tu dormes ici toi aussi ?
Antoine...
S'il te plaĂźt...
Non, c'est que si je suis seul demain matin, ça va ĂȘtre trop bizarre...
Elle va se douter de quelque chose.
Pour l'instant, c'est moi qui me doute de quelque chose.
Comme tu veux... Mais pour une fois qu'on est tout les deux, sans ma mĂšre...
Bonne nuit.
Alors, ça va ?
Non !
Moi non plus.
Julie veut rester ici.
Ici...dans le nord ?
Non ! LĂ , lĂ !
Hein ?
Tu te rends compte ? On a tout fait pour la dégoûter,
et elle, elle est d'accord pour vivre ici !
Et pourquoi ?
Parce qu'elle m'aime...
Oh miard, quel brun ! (C'est la merde)
Je me suis battu toutes ces annĂ©es pour ĂȘtre sur la CĂŽte d'Azur, en espĂ©rant rĂ©gler nos problĂšmes...
Et c'est ici, au fin fond du Nord Pas-de-Calais que tout s'arrange !
Tant mieux si tout s'arrange !
Et comment je fais, moi ?
Maintenant qu'elle veut plus partir de ce trou !
Pourquoi tu lui dis pas la vérité ?
Mais non !
Je viens de me rendre compte qu'elle m'aime, Je vais pas tout foutre en l'air en disant la vérité !
C'est lĂąche !
Non c'est pas lĂąche !
Si, c'est lĂąche !
Ta femme t'aime, et toi aussi et oses pas ĂȘtre franc avec elle !
Dis donc Antoine !
Je n'ai pas de leçon à recevoir d'un idiot de 35 ans,
qui n'est pas capable de dire Ă sa mĂšre de le laisser tranquille.
Quoi, qu'est-ce que tu dis ?
Je dis que question courage, tu vaux pas mieux que moi !
Ca n'a rien a voir ! Ma mĂšre, je lui parle quand je veux !
Eh bien, vas-y !
Vas parler Ă ta femme, au lieu de me dire ce que je dois faire !
D'accord... Occupe-toi de ta mĂšre, je m'occupe de ma femme !
Dis ?
Julie ?
Julie !
Madam Abrams ?
Julie !
Je peux vous aider, Madame ?
Je suis un peu perdue... Je cherche La Poste de Bergues.
Bergues ?
C'est pas par ici, Bergues !
On est pas Ă Bergues, lĂ ?
Ah non...
c'est l'ancienne cité miniÚre ici.
Bergues, c'est plus loin... Par lĂ !
Vraiment ?
Merci.
Montez !
Je vais vous déposer.
Montez... N'ayez pas peur... Je vais pas vous manger !
Ma femme a disparu...
Non, non, elle vous attend, elle est lĂ -haut.
J'ai été obligée de tout lui dire...
C'est pas Versailles, mais on y vit trĂšs bien...
C'est des ch'tis qui m'ont prĂȘtĂ© des meubles, ils sont trĂšs gentils avec moi.
Ca fait des mois que tu me racontes n'importe quoi...
Plusieurs fois, j'ai essayé de dire la vérité, mais tu m'as pas cru...
alors je t'ai raconté ce que tu voulais entendre..
Tu as fait tout ce cirque pour ne pas que je reste !
Le moins on se voyait, le mieux ça marchait entre nous...
On se séparait pour mieux se retrouver...
Non ?
Je vais rentrer dans le sud...
Alors ma petite biloute...
T'as du courrier pour ta mĂšre ?
Non, il faut que je te parle, maman !
Qu'est-ce qui se passe ?
Tu es malade ?
Tu as attrapé une maladie ?
Non, non maman...
Je veux aue tu écoutes ce que j'ai à te dire,
tu ne me coupe pas, tu écoutes...
Et mĂȘme si tu as quelque chose Ă dire, ça ne changera rien...
parce que ce que je vais te dire, c'est comme ça et c'est tout !
D'accord ?
J'ai rien dit !
Ouais...
Alors voilĂ ...
Je vais quitter la maison,
Je vais prendre un appartement pour moi,
et je vais m'installer avec Annabelle.
Parce que mĂȘme si tu l'aime pas,
moi je l'aime !
Et c'est elle que j'ai choisi, voilĂ !
Alors ? Qu'est-ce que t'as Ă dire ?
Eh bien ! C'est pas trop tĂŽt !
Je me demandais mĂȘme quand tu allais te dĂ©cider !
Euh... T'es pas fachée ?
Pourquoi je serais fachée ?
C'est tout ce qu'une mĂšre demande...
que son enfant trouve enfin son bohneur !
Je t'ai pas élevé pour moi toute seule.
Et si tu me faisais, un petit biloute...
ou une petite biloute
Alors ça, ça me ferait plaisir tu sais !
Hein ?
D'accord...
C'est tout ce que t'avais Ă me dire ? Parce que il faut que je finisse mes patates !
Prends le temps de réfléchir...
Parce que... Je suis lĂ , si tu as besoin...
...je viens ! J'arrive tout de suite.
Embrasse Raphael.
Bonjour Annabelle !
Bonjour Madame Bailleul.
Vous désirez ?
Je viens pour te féliciter.
Bravo !
Tu as gagné mon garçon !
Ca y est, je le laisse en paix...
C'est fini !
Je ne le surveille plus.
Ă partir d'aujourd'hui...
C'est vous deux que je surveille !
Et vous avez intĂ©rĂȘt e ĂȘtre heureux ! Sinon vous aurez Ă faire Ă moi !
Compris ?
Tout mes voeux de bohneur !
Merci.
C'est sur cette chanson qu'on s'est connus avec Annabelle !
Il est de chez nous, le chanteur !
Ch'ti vie Wonder !
Désolé, j'ai pas le coeur à rire...
D'ailleurs, je t'ai pas demandé comment ça s'est passé pour toi ?
Impecable !
J'ai osé parlé à ma mÚre.
Je lui ai dit que j'allais épouser Annabelle !
Elle a réagi comment ?
Elle veu qu'on lui fasse des petits enfants !
C'est génial !
Maintenant, il faut juste que je prévienne Annabelle...
Tu lui a pas parlé ?
Je sais pas, j'ai trop peur qu'elle dise non.
Elle est encore avec son motard ?
Je ne sais mĂȘme pas.
J'espĂšre que non.
C'est vous Mr le Directeur ? Qu'est-ce qui se passe ?
J'ai besoin de vous Annabelle, c'est urgent !
Ă cette heure-ci ? Ca peut pas attendre demain matin ?
C'est un ordre ! Faites-moi plaisir, descendez !
Restez lĂ ! Surtout, vous ne bougez pas !
C'est bon, elle est en bas...
T'es prĂȘt ?
J'ai le trac...
Vas-y, "Cha que d'daim" !
Avant que tu me donnes ta réponse, saches que j'ai quitté ma mÚre.
Je sais...
C'est elle qui me l'a dit.
C'est joli ce que t'as fait !
J'ai plus de draps maintenant !
T'as mis le temps, Bailleul !
Julie ?
Quand on s'est connus, on vivait n'importe oĂč, on s'en foutait,
on était heureux parce qu'on était ensemble.
Comment on a pu oublier ça ?
Je t'aime !
et je voudrais que tu viennes vivre avec moi dans le Nord Pas-de-Calais.
Je ne veux plus qu'on se quitte.
Plus jamais.
Papa, maman, pourquoi vous vous embrassez devant tout le monde ?
Allez, viens on va perdre nos orteils !
C'est La Poste.
C'est pour toi Philippe.
Merde !
La DRH. (Personnalleiter)
Ca fait plus de trois ans, ca devait arriver un jour.
Alors ?
Porquerolles.
C'est formidable ça, Porquerolles !
Oui.
Ă ce soir!
Bonne route.
C'est toujours pareil avec les directeurs.
Vous arrivez de nulle part,
il faut tout vous apprendre,
et quand tout roule et que tout le monde est content, vous vous sauvez comme des voleurs.
ArrĂȘte de rĂąler !
Oui, mais...
Une biĂšre pour toi !
Merci beaucoup !
Merci !
On viendra vous voir en vacances.
Hein Annabelle?
Le sud, c'est pas aussi beau que le nord, mais c'est trĂšs bien aussi !
Merci pour tout biloute.
Il faut pas me remercier biloute.
Oh que si !
Tu vois j'avais raison.
Quoi ?
Un étranger qui vient vivre dans le nord, il pleure deux fois :
quand il arrive, et quand il repart.
Je pleure pas.
Si tu pleures !
Non, je pleure pas !
Si tu pleures !
Non.
Non, tu ne pleures pas.
Au revoir !
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