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JE SUIS FIER DE TOI
Dieu est mort.
Pour toujours.
Nous l'avons tué.
Vous pensiez n'avoir rien accompli,
mais, quand même, vous avez tué Dieu.
Vous pouvez mettre ça sur votre CV.
Quels jeux sacrés devons-nous alors inventer pour compenser ?
Quels festivals de rédemption nous reste-t-il ?
Jadis, il existait un code.
Pas un code de décérébrés sans dents. Un code de gentlemen.
Et un jour,
et c'est ce dont il sera question aujourd'hui,
un jour, un groupe de garçons...
Pardon, de jeunes hommes...
essayèrent d'y avoir recours.
Enfin, bref.
Voici donc...
le duel.
PARKING DE VENICE BEACH À GAUCHE
SANS ISSUE
Je vais le tuer.
Putain de...
Ce bar Tiki est censé m'apporter raffinement et relaxation.
C'est pas moi qui ai décidé d'avoir cette conversation dans cet endroit de merde.
- C'est toi. - C'est quoi, le problème ?
C'est un Disneyland pour adultes.
Raconte-moi.
Ça a commencé par des textos.
Ça a commencé...
- Qui en premier ? - Moi.
Comment t'as eu son numéro ?
Sur le groupe de discussion.
C'est pas vrai. Colin, c'est ignoble.
Je sais.
Ça a commencé quand ?
Après la fête où elle portait sa robe bleue.
Sa quoi ?
T'es malade ou quoi ?
- Tu t'en souviens pas ? - De la robe d'Abbie ?
Non.
Parce que je suis pas Jeffrey Dahmer. J'étais là ?
Bah oui, putain, Sam.
T'as gagné toutes les parties de bière-pong.
Et tu t'es dit que c'est de ça dont je me souviendrais ? De sa robe ?
Alors que tout le monde parle encore de ma victoire.
- Non, toi, t'en parles encore. - Attends...
- C'était il y a trois mois, ça. - Oui.
Donc vous avez commencé à discuter
- et puis à baiser ? - Oui.
- Il y a trois mois ? - Oui.
Oh putain de...
Putain, t'es vraiment dans la merde.
- Qu'est-ce que je vais faire ? - Je sais pas.
- Qu'est-ce qu'il va se passer ? - J'en sais rien, Colin.
Mais tu peux pas ignorer le problème, comme tu fais d'habitude.
Il faut faire quelque chose.
Putain. Le timing est parfait.
On a l'adresse. On doit y aller.
Où ça ?
- À San Diego. - À San Diego ?
Woody est en route et on doit le rejoindre.
Pourquoi ?
Je sais pas. Peut-être parce que t'as baisé sa copine.
On va où, là ?
Très bonne question, Kev.
Putain de bonne question.
Je...
En général, je sais
où je vais, parce que je sais d'où je viens.
Parce que...
notre passé, notre histoire,
c'est ça qui nous ancre dans la réalité.
Et, contrairement à l'avenir, on connaît son passé.
Il est sûr...
il est rassurant.
C'est pourquoi on ne s'attend pas à ce qu'il nous rattrape
et nous poignarde dans le dos !
Et quand on se rend compte de ce merdier,
du fait que le passé n'est pas tel qu'on l'imaginait,
quand on se rend compte de tout ça,
qu'on ignorait le passé, qu'on a plus de présent
ni d'avenir, alors on est où ?
Je vais te dire. On est dans le néant total.
Toi et moi, dans cette voiture,
en route vers le néant.
Et on sait tous que c'est notre destination
parce que c'est aussi notre point de départ.
Le néant total, putain.
On va tous crever.
T'y penses des fois, Kev ?
Pas en ces termes, mais il m'arrive de penser à la vie.
Et... ça me rend triste.
Alors j'arrête et...
je pense au baseball.
Je sais pas.
J'essaie juste de comprendre
pourquoi tu l'as choisie, elle, alors que t'as l'embarras du choix.
Ils t'ont répondu ?
Non.
Tiens, regarde mon écran.
- Tu vois quoi ? - Quoi ?
Tu vois quoi ?
- Nous quatre. - Nous quatre.
- Et on est comment sur la photo ? - Contents.
- Et maintenant ? - Pas contents.
Parce que t'as tout fait foirer.
C'est mort.
Autant que je la remplace par Godzilla ou une photo de chaton.
- Mais non. - Mais si.
Et je dois changer notre nom de groupe.
À cause de toi, on sera les Maccabées.
- C'est pas mort. - Si, et t'es responsable.
Finies, les soirées poker.
Fini, le karaoké.
Finis, les tournois de Wiffle Ball l'été.
Finis, les repas chez Chili's. Et tu sais que j'adore leur barbecue.
PROPRIÉTÉ DE LA VILLE DE LOS ANGELES
ENTRÉE, PARKING, DÉCHETS INTERDITS SOUS PEINE DE POURSUITES
Je t'aime beaucoup, mais c'est une idée stupide.
C'est ainsi que les gentlemen règlent leurs différends.
En duel ?
J'aurais pu lui rouler dessus, mais ça m'a semblé immature.
Ça, c'est plus honnête.
Et quand je l'aurai tué, il saura que je suis au-dessus de lui.
Et si Colin refuse ?
Il n'aura pas le choix. Un duel ne se refuse pas.
- Moi, je dirais non. - C'est déshonorant.
- C'est stupide. - C'est pas stupide.
Si, et moi, je refuserais.
- Pas lui. Il acceptera. - Pourquoi ?
C'est mon meilleur ami et il me doit bien ça.
- Un de mes meilleurs amis. - Quoi...
- C'est ce que je voulais dire. - C'est ton meilleur ami.
- Un de mes meilleurs amis. - C'est ça.
- C'était clair. - J'ai deux meilleurs amis.
Pas possible.
J'ai cherché
et c'est un magasin d'antiquités.
Je sais pas quelle couleur je veux.
Un magasin spécialisé dans les duels.
C'est même pas du jus de fruits.
Pourquoi faire passer pour familier un produit qui ne l'est pas ?
Ils disent que c'est "le spécialiste du duel".
Quoi ?
"Le magasin spécialiste de l'art du combat entre gentlemen,
situé dans la région ensoleillée de San Diego."
En gros, je dois choisir entre violet et bleu.
Colin, tu m'entends ?
Oui.
Il veut te provoquer en duel.
Quoi ?
Il s'est jamais battu de sa vie.
Si Woody se tapait l'amour de ta vie, tu voudrais juste en discuter avec lui ?
Je voudrais pas me battre contre quelqu'un comme moi.
Il veut pas se battre.
Il veut te provoquer en duel.
Ça veut dire quoi ?
On provoque pas les gens en duel.
C'est illégal.
D'après Google,
"c'est un combat organisé entre deux personnes"-- et/ou idiots--
"avec les mêmes armes, choisies selon des règles préétablies".
Vraiment, merci de m'avoir lu la définition du dictionnaire.
Tu crois qu'il va se passer quoi ?
Franchement, j'en sais rien.
Mais ton plus grand problème aujourd'hui,
c'est pas de choisir entre deux jus de fruits bleus.
C'est pas du jus de fruits.
C'est même loin du compte.
- C'est du jus dilué. - C'est pas du jus du tout.
Installe-toi et boucle-la.
Ils sont là.
Avant qu'on s'embarque dans ce truc que je comprends pas,
j'ai un truc à te dire.
OK.
- Je l'aime. - Et j'aime le gâteau à la carotte.
Quoi ?
Je pensais qu'on jouait à se dire des trucs sans importance.
Vraiment.
Alors allons découvrir comment on va mourir, Roméo.
Quoi de neuf ?
De toute évidence, rien de bon.
On fait quoi, maintenant ?
C'est là qu'il nous tue tous à coups de hache.
Il a pas de hache, abruti.
C'est ouvert, au moins ?
Ouais. Woods dit que le type est à fond.
Sur quoi ?
Le duel.
Colin.
Woody.
Entrons. On nous attend pour les présentations.
Écoute, Woody.
C'est quoi, ce truc ?
Et si on allait marcher, toi et moi ?
Je t'emmerde.
T'as pas trouvé ton bonheur, alors tu l'as volé
à quelqu'un qui t'aime ?
J'aurais dû commencer par dire que je suis désolé.
- T'es désolé ? - Plus que jamais.
Tu peux pas revenir en arrière,
et moi non plus.
Mais t'as rien fait.
J'ai toujours pu accepter que la vie sur Terre était sordide
parce que je comprenais que j'y avais ma place.
Mais tout ça n'était qu'un mensonge.
Pas du tout.
La vie est faite de moments où on se rend compte
que le Père Noël n'existe pas.
Tu nous as volé ce qu'on avait tous les deux
- et ce qu'Abbie et moi avions. - Qu'est-ce que t'as foutu ?
- Et t'y as foutu le feu. - Qu'est-ce que t'as fait ?
- Le feu ! - Non !
- Woody ! - Il a brûlé la planche de mon père.
- Quoi ? - Tu sais ce que ça représentait ?
- Arrête... - Arrête, sale merde !
- Arrête ! - Arrête !
Pourquoi !?
Pas comme ça !
- Arrête ! - C'est pire que tout !
Tu sais ce que t'as fait ! Tu savais que...
Messieurs, excusez-moi.
Puis-je vous demander ce que vous faites, là ?
On était juste...
Vous vous battez sur ma propriété, ce qui est à la fois illégal et grossier.
On se battait pas...
- Vous vous battiez. - On se battait, Woods.
C'est grossier.
Woody ?
C'est moi.
Ce n'était pas notre accord.
Je vous invite à quitter les lieux avant que j'appelle les autorités.
- Et c'est ce qu'on va faire. - Non.
- Allez. - On veut le faire.
Woody, non. Viens, on y va.
Vous avez dit que vous vouliez résoudre
votre différend avec Colin en gentleman,
que vous relèveriez le défi.
Le duel est censé apaiser l'animal qui sommeille dans nos cœurs,
pas l'en faire sortir.
C'est ce qu'on veut, mais on sait pas comment.
Tous les deux ?
Bienvenue dans la Petite Boutique des horreurs de Burr.
Je suis ravi que vous ayez fait le déplacement.
Les choses ne font que commencer.
J'ai donc choisi de mettre l'ambiance en...
Personne d'autre ne sait où vous vous trouvez ?
Woody, vous disiez vouloir provoquer Colin en duel.
Est-ce fait ?
Y a-t-il des témoins ?
- Je te provoque... - Attendez.
Giflez-le avec ça.
Quoi ?
Et dites : "Je te défie de me retrouver au champ d'honneur."
Woody, t'as pas intérêt à me gifler avec ce...
Je te défie de me retrouver au champ d'honneur.
- C'est pas ce que tu veux vraiment. - Je sais ce que je veux.
Colin, vous devez accepter ou refuser ce défi
devant vos pairs.
Je risque autant que toi.
Très bien. J'accepte.
Défi accepté. Bon...
Bien, la personne mise au défi
doit pouvoir choisir la nature du combat.
- Vous devriez parler à Abbie. - Elle est pas au courant.
- Il faudrait lui dire. - Qu'elle aille se faire foutre.
Je vous présente
une paire de pistolets de duel de fabrication prussienne.
J'ai aussi une paire de rapières italiennes.
Et bien sûr,
deux sabres, pour les plus... Nom de Dieu.
Ces instruments de combat
n'ont qu'une fonction :
permettre à des hommes, comme vous deux ici présents,
de se libérer de la honte et de toute accusation de cupidité.
Christof...
Avant toute chose, j'adore cet endroit, la déco et tout, mais...
c'est quoi, ce plan ?
Vous attendez toute la journée que des duellistes se pointent ?
Nous faisons surtout affaire avec les collectionneurs,
le duel étant un marché de niche de nos jours.
C'est clair.
Ce que j'essaie de comprendre, c'est qui achète ces trucs ?
Woody.
Théoriquement, tout se passe entre ces deux gentlemen.
Quant à vous, vous êtes les témoins,
ce qui signifie que vous êtes
l'ami et conseiller de votre duelliste.
Cela signifie aussi que vous devrez trouver notre champ d'honneur,
ce qui ne sera pas aisé à San Diego.
Il nous faut un lieu esthétiquement approprié à l'événement,
tout en étant retiré,
au cas où quelqu'un soit blessé ou...
Nous devrons éviter l'œil vigilant de la loi.
Donc, le parking, ça va pas le faire.
Évidemment.
Je vois ce qu'il veut dire.
Tu vois ce qu'il veut dire ? Et il veut dire quoi ?
J'en sais rien, Sam. J'ai aucune idée, OK ?
Je voulais juste qu'on se barre de là
parce que Woody est brisé car Colin a baisé sa meuf.
Et Woody a bien fait de brûler la planche de son père ? Sérieux ?
C'est pas la même chose.
Pour moi, c'est pire.
C'était ton idée ?
Et toi, tu savais ?
Tu savais qu'il se tapait Abbie ?
- Sam, dis-moi. - Si je savais ?
C'est toi qui me l'as dit.
- OK, d'accord. - Bon...
Je vois pas pourquoi tu m'engueules.
Le code Bushido, la Magna Carta,
la Constitution des États-Unis,
encore la Constitution, Richesse des nations,
une autre Constitution.
Comment lire la Constitution.
Ah voilà.
Code Duello.
Les règles du duel. Colin...
avant de choisir la nature du combat...
nous devons voir si le différend peut être résolu à l'amiable,
selon les règles, bien sûr.
"En cas de sorcellerie..."
Non.
C'est la première édition.
Voici. Règle numéro un.
"Afin d'assurer une résolution honorable entre gentlemen,
le premier offenseur doit présenter ses excuses."
Règle numéro deux : "En l'absence d'excuses, le duel aura lieu."
Règle numéro trois : "Si on ne peut déterminer
l'auteur de la première offense,
les témoins en décideront."
Bien...
- C'est tout ? - Oui.
Colin doit juste s'excuser ?
Il a couché avec ma copine et il m'a filé un coup de poing.
Tu oublies un petit détail :
tu as détruit la dernière création de mon père.
Après que tu as couché avec Abbie.
Je vois. Donc, pas d'excuses.
Règle numéro cinq :
"Les échanges de coups sont strictement interdits entre gentlemen.
Des excuses ne peuvent racheter un tel affront."
L'alternative : l'offenseur, donc vous, Colin,
doit présenter une cane à la partie lésée, Woody.
Et vous, Colin, devez vous mettre à genoux et demander pardon à Woody
pendant que Woody vous frappe le dos à plusieurs reprises.
Dans ce cas, le duel sera annulé
et le choix des armes sera donc inutile.
Il a eu son numéro par le groupe de discussion ?
- C'est ce qu'on a dit. - Ouep.
Ouah, y a de quoi en perdre l'appétit.
Vous vous appelez comment ?
- Sam. Lui, c'est Kevin. - Sam.
- Costaud. - Kevin.
Kevin, moi, c'est Joey.
J'aime bien ton nom. Joey.
Qu'est-ce qui vous amène ?
Franchement, on essaie de gagner du temps.
On cherche une solution.
- On attend qu'ils se calment. - Qu'ils se calment.
Joey, tu me plais bien. T'as quoi de prévu ce soir ?
Les deux ?
On sait jamais.
T'as l'air d'aimer t'éclater.
Quoi ?
Il est cool.
Je sais pas ce que ça veut dire, mais...
- Je te suis. - Pas du tout.
- Mais si. - Mais non.
- Allez. - Cocaïne.
- Ça veut dire "cocaïne" ? - Ouep.
Non.
- On te suit. - Non.
- Mais si. - Arrête ça.
- Allez, Kevin. - Non.
- Si. - Non.
- Si. - D'accord.
Ouais.
Ça n'arrive presque jamais.
Vous êtes un sacré tireur.
Les pistolets.
Je choisis les pistolets.
Très bien.
Excellent choix. Ces pistolets ont presque l'âge de notre République.
Une époque où les choses étaient fabriquées pour durer.
Rien, et je le répète,
rien de ce que vous avez pu vivre
n'est comparable à ce qui vous attend.
Joey, merci, mec. On est loin de LA.
- Allez. - Je veux pas prendre de la coke
tout seul au Peppy Grills. Ça serait pathétique, non ?
Cette soirée part en vrille.
Donc, le duel aura lieu, mais vous devez trouver
- un champ d'honneur. - Il aura pas lieu.
Comment ça ? Faudra bien qu'il se passe un truc.
Il doit se passer un truc, sinon, qu'est-ce qu'on fout là ?
On prend de la coke dans les chiottes de Peppy's Grill pour rien ?
- La bouffe doit être prête. - Je m'en fous. On doit réfléchir.
- Putain, Sam. - Un vrai duel.
Comme à l'époque ?
- Ouais, "exactamundo." - Putain !
- Ouais ! - Putain !
- Et vous êtes leurs témoins ? - Ouais.
Quoi, tu connais ce truc ? Comment tu connais ça ?
On doit sortir de là. Ils vont croire qu'on
fait des trucs chelou.
Quoi, ils vont penser qu'on baise ?
Quoi ?
Donc, le mec a niqué la meuf de l'autre mec ?
- Ouep. - Et le mec a brûlé
- la planche du papa mort ? - C'est ça.
Il faut faire un truc.
Moi, je pense qu'ils doivent résoudre ça comme ça.
Ils ont le droit.
On est en Amérique ici !
- Mais vous savez pas où. - C'est ça.
C'est une situation impossible.
On essaie juste de gagner du...
Vous avez besoin d'aide.
Il vous faut un lieu sans caméras, où la mort n'est pas un problème.
Vous avez besoin de quelqu'un qui comprenne l'importance de tout ça,
quelqu'un qui possède un domaine exceptionnel, comme mon boss.
Ton boss a un champ d'honneur ?
Des champs, oui.
Sans déc, putain.
Deux options s'offrent à nous.
On s'en fout plein les narines et on va en boîte.
Boum-ba-da-boum. Option numéro un.
Ou on s'en fout plein les narines
et on trouve un putain de champ d'honneur pour vos potes.
Mais c'est pas à San Diego.
Je dis pas qu'on devrait croire ce prétendu empereur,
mais Broadway veut nous faire croire
qu'il a regretté le meurtre d'Alexander Hamilton.
C'était tout l'inverse,
car il était très fier de ce duel.
Et Hamilton l'avait accusé d'inceste, donc...
Je sais pas de quoi vous parlez.
Aaron Burr.
- Qui ? - L'assassin d'Hamilton.
Je pensais qu'on aimait Hamilton.
Cela dépend si vous êtes fédéraliste.
- Il sait pas ce que c'est. - Et t'as l'air de trouver ça bizarre.
Puisque nous ignorons
quand vos témoins auront trouvé un champ d'honneur convenable,
je vais vous raconter une autre histoire de duel.
Et puisqu'on est entre nous, je vous plante le décor.
1892, en Russie.
Une princesse et une comtesse, armées de sabres, et seins nus.
Messieurs, nous avons trouvé.
Comment vous êtes descendus ?
Mais c'est pas à San Diego.
C'est au Mexique.
On peut pas y aller sans passeports.
Pas besoin.
C'est qui, lui ?
Joey, mon nouveau pote.
Vous allez adorer, monsieur.
C'est très "antiquaire".
Qui se charge des détails ?
- Moi. - C'est le patron.
- Passionnant. Merci. - Allez-y, allez-y.
- OK. - Ouais.
- Allô ? - Enchanté, les gars.
Qui a baisé qui et qui a brûlé quoi ?
Vous voulez des hamburgers ?
On peut pas les manger.
Regarde, c'est elle, la petite catin.
- Elle nous gâche la vie. - C'est elle ?
Son Instagram est discret.
- Que des trucs de nature. - Elle est photographe.
C'est une email marketer qui prend des photos.
Il fait quoi ?
- Qui ? - Ton boss.
Messieurs, c'est juste fabuleux.
- Alors, cet appel ? - Ces appels.
- Ouais. - Son patron,
c'est Rudolfo Fernando Sorrentino, septième du nom. Vous connaissez ?
C'est le collectionneur d'antiquités le plus mystérieux, le plus respecté,
de la planète.
- Je me sens vraiment... - Pardon.
- Si je peux me permettre... - Oui.
En gros, les gars, M. Sorrentino vous invite à faire usage
de son admirable domaine...
pour votre projet de duel.
C'est un admirateur de ce que vous essayez de faire, donc...
Quoi, on va vraiment le faire ?
Le prends pas mal, mais ton boss...
il fait partie d'un cartel ?
Putain, Colin !
Vous vous êtes rencontrés dans les chiottes pour sniffer de la coke
et il veut nous faire traverser la frontière sans passeports.
- C'est quoi, ce bordel ? - Ouais, mais ça veut pas dire...
Tu devrais pas...
Ouais, Joey, c'est quoi, ce plan ?
Joey, je peux me permettre ?
On dit en effet que M. Sorrentino
aurait choisi le côté obscur de la pharmacologie.
Ça veut dire quoi ?
C'est un baron de la drogue.
Je vois.
Vous savez quoi ?
Je vais être honnête. Il veut me racheter tout mon stock.
Je ne suis pas sûr d'accepter, mais c'est un grand fan, et c'est génial.
J'ai un concurrent, avec qui je m'entends bien,
qui m'a insulté au téléphone
tant il était jaloux que j'aie pu lui parler.
Je veux pas vous mettre la pression,
mais vous devez le faire. C'est le destin.
Ouais.
Je ferai comme bon vous semble,
mais est-ce qu'on peut d'abord en discuter ?
On peut entrer clandestinement au Mexique
grâce à un baron de la drogue.
Ou bien, et je sais que c'est dingue,
vous pourriez rentrer et discuter de tout ça avec Abbie.
Le tunnel de la drogue.
Je sais pas ce qui se passe, mais cette soirée part en vrille.
C'est ce que je dis depuis notre visite aux toilettes.
Mec, j'ai jamais pris autant de coke de ma vie.
Et Joey n'arrête pas. J'avais jamais vu ça.
Bon...
on y est.
Tu penses vraiment qu'au bout de ce tunnel,
il y a un domaine extraordinaire ?
Tu veux dire quoi, là ?
Que je vous ai menti ?
Qu'on a chargé tout le matos pour rien ?
Que je vous amènerais ici pour finalement vous tuer ?
Pour quoi faire ?
Je pourrais vous tuer ici. Ou vous laisser en plan.
Ou vous tirer dessus.
Je force personne à emprunter ce tunnel.
Je crois que c'est clair.
Je peux vous rendre vos téléphones
et vous pouvez vous casser, OK ?
Joey, et si vous rangiez votre arme ?
M. Sorrentino ne voudrait pas effrayer ses invités.
C'est exactement ce que je disais.
Je suis vraiment très inquiet.
Vous pointez une arme chargée sur moi. À bout portant. Allons.
Vous avez raison.
- On pourrait... - Tout va bien.
- On... - On pourrait les laisser réfléchir
pendant qu'on sort le matériel.
- Non ? - OK. OK.
Aucune raison d'avoir peur.
Bon sang. Allez.
Colin.
T'es sûr que tu veux le faire ?
C'est un peu tard pour renoncer, non ?
Non, non, non, non, non, non.
Au contraire, c'est le moment de renoncer.
De l'autre côté du tunnel,
ça sera carrément compliqué.
- Joey. - Bon.
Écoute, Colin, je comprends...
Tu penses que tu l'aimes,
mais ce serait con de mourir pour ça.
C'est quoi, l'amour, après tout ? Une réaction chimique du cerveau.
Un jour, tu seras sevré
et tu repenseras à tes décisions,
- prises alors que t'étais défoncé. - Sam.
- C'est bon. - Comme moi maintenant.
Mec, j'ai l'impression
que je t'ai encouragé à le faire.
Pas du tout.
Je veux pas que tu penses que je t'ai encouragé.
Ça n'a rien à voir avec toi.
D'accord.
OK, super. Super.
Oh putain. Putain.
Bon, OK.
OK.
Ça va être clairement le truc le plus intéressant
qu'on aura jamais fait.
Ta gueule, Kevin.
"Ta gueule, Kevin" ? Toi, ta gueule.
On est là à cause de toi.
La bateau sur la gauche.
Carlo, Carlo.
Si tu mouilles ou abîmes quoi que ce soit, ta nièce finit au cimetière
et je te défonce quand on arrive.
Allez.
C'est juste... incroyable.
Ça dépasse mon imagination.
Les flics ont pas de bateaux dans le désert. Allez.
Le bar Tiki me manque.
Kev.
Kev.
Allez, les gars.
C'est donc ça, le Mexique.
Attendez ici, OK ?
Que vous avais-je dit ?
Autant faire les choses bien.
Joey nous a mis bien.
Être exigeant avec soi-même
nous mène en des lieux bien plus intéressants.
Comment j'aurais pu imaginer ça ?
Messieurs,
M. Sorrentino vous attend.
Veuillez entrer.
Putain de merde.
- Ne jure pas. - Quoi ?
Ne prêtez pas attention au personnel.
M. Sorrentino comprend que vous n'avez pas d'effets personnels.
Il se chargera donc de vous fournir des tenues pour ce soir.
Voici les règles de la maison. Écoutez tous bien.
M. Sorrentino ne tolère ni les jurons,
ni les chapeaux à l'intérieur, ni les tongs pour les hommes.
On attend de vous que vous ayez une allure irréprochable.
Il est charmant mais impitoyable.
- Quoi ? - Tenez-vous droits.
Bien.
Messieurs,
je suis Rudolfo Fernando Sorrentino, septième du nom.
Bienvenue en ma demeure.
Bienvenue chez moi.
Joignez-vous donc à moi.
Vous ne me connaissez peut-être pas, mais moi, je vous connais.
Et c'est toujours un plaisir de recevoir des invités,
ici ou dans mes autres domaines.
On m'informe que vous êtes des hommes d'honneur,
ce que je trouve fascinant.
Monsieur.
Christof !
C'est un achat impulsif, mais votre collection est impressionnante.
- Je n'ai pas pu résister. - Vous êtes trop aimable.
Mais ce n'est pas la raison pour laquelle nous sommes réunis.
Une transaction bien plus importante est en jeu.
Une affaire d'honneur.
M. McKinley, votre initiative m'impressionne.
Merci.
Quant à vous, M. Van Buren,
j'admire votre détermination.
Appelez-moi Colin.
Bien entendu.
Êtes-vous aussi amateur d'histoire et des arts chevaleresques ?
Pas exactement.
Ce n'est pas un problème.
Vous trouverez ici de quoi nourrir votre imagination.
Sans oublier nos témoins.
Enchanté.
- Sam. - Kevin.
Je ne doute pas que vous finirez par m'impressionner
à un moment.
Allons-y.
Ma fille n'est pas là pour vous accueillir. Ce qui est bien dommage.
Ma maison, c'est un peu le donjon d'un accumulateur compulsif,
avec toutes sortes de babioles.
Je vis un peu hors du temps, en affaires et dans mes goûts personnels.
Et voici le spa.
Il est occupé.
En effet.
Il est pour l'instant inaccessible.
Poursuivons.
Christof ?
Que pensez-vous de tout cela ?
Ce sont des gamins, mais ils semblent déterminés à aller jusqu'au bout.
Que ne donnerais-je pour être jeune...
Oui.
En effet.
Dans ma vie, j'ai dû me battre.
J'ai essayé d'adopter une attitude honorable dans des milieux malhonnêtes.
Mais me battre en duel ?
Ce n'était malheureusement pas mon destin.
Personne n'en était digne.
Quand pensez-vous qu'ils devraient le faire ?
L'aube est le meilleur moment.
Messieurs, votre attention, s'il vous plaît.
Nous avons décidé que le duel aurait lieu à l'aube.
Nous devons donc rapidement trouver le champ d'honneur de nos duellistes.
Ce rôle vous revient, messieurs les témoins.
Christof, vous vous joindrez à nous ?
Avec grand plaisir.
Colin, Woody, vous êtes mes invités.
Faites donc comme chez vous.
Détendez-vous, explorez les lieux.
Et en cas de besoin,
n'hésitez pas.
M. Rudolfo, je ne poserai cette question qu'une fois.
On est morts et vous êtes Dieu, c'est ça ?
Je suis plus proche d'El Diablo, non ?
Je le savais. On est en enfer.
Sam, ce n'est pas l'enfer.
C'est le Mexique.
Vraiment ?
Pensez-vous que cet endroit pourrait convenir ?
Je vois.
Vous doutez encore du bien-fondé de ce duel.
Règle numéro 21.
"Les témoins doivent tenter une réconciliation
avant le duel."
Tu sais quoi exactement ?
Tout, sauf pourquoi...
et depuis combien de temps.
Pourquoi ?
Je l'aime.
Tu l'aimes ?
Tu l'aimes ?
J'avais l'impression de quitter mon corps...
Tu vas me jouer du Shakespeare,
comparer ses baisers à des grenades ?
- Woody. - Depuis quand ?
T'essaies de décider si tu vas me mentir ?
Oui.
Alors ?
Non.
Alors ?
Depuis quand ?
Trois mois.
Trois mois ?
Trois mois ?
Putain, trois mois, Colin ?
Trois mois entiers ? Tu regardes quoi, là ?
Qu'est-ce qui peut être plus important ?
- Il y a une dame. - Et elle fait quoi ?
Je flotte.
Vous devez être ceux qui veulent recréer les années 1800 dans mon jardin.
Ouais !
- Trois mois ? - Oui.
Trois mois, Sam.
Messieurs, restons concentrés.
L'objectif est de résoudre le conflit,
pas de l'attiser.
Je comprends pas pourquoi tu prends la défense de Colin.
C'est un porc.
Colin est un porc, tout comme Joey.
Messieurs, calmons-nous. Ne créons pas d'autres...
Non, non. Christof, laissez le jeune homme finir.
Kevin, je vous en prie.
On parle de gentlemen ?
Désolé, Christof, mais je veux juste rentrer
et que personne ne soit blessé.
Ce que Colin et Woody ont fait, c'est dégueulasse.
Mais on est tous dégueulasses, Sam.
Je veux juste m'asseoir dans un resto dégueulasse, dans notre ville dégueulasse
et attendre que tout ça se tasse.
On peut arrêter de faire croire qu'on est extraordinaires ?
Y a tout ce qu'il faut chez Chili's.
C'est dingue. On croirait entendre Woody.
Tu sais quoi ? Parfois, Woody a raison.
Même quand il nous débite son délire philosophique de merde.
Il y a des gens qui font la queue
pendant des heures pour acheter des chaussures fluo à 600 balles.
Et putain...
On mange, on dort et on crève.
Tout ce qui nous reste, c'est nos amis
et les chaussures pour lesquelles on a fait la queue.
Et parfois, on peut se demander
si on vaut mieux que les tonnes de plastique qu'on jette tous les jours.
Donc, ça fait trois mois ?
D'où vous vient le prénom "Aphrodite" ?
Ma mère est morte en couches et mon père est arrogant.
Et c'est un classiciste.
Un classiste ?
Non, un classiciste.
Un adepte du classicisme, Colin. Putain.
Et donc...
tu voulais l'épouser ?
On aurait d'abord emménagé ensemble.
Et puis ?
On aurait pris un chien.
Et puis ?
Oui, on aurait pu se marier.
Et tu savais tout ça ?
Oui.
Et tu voulais aussi l'épouser ?
Pas exactement.
Je me fiche des conventions.
Parce qu'elle avait un mec, c'est ça ?
Hé ! Non.
Continue.
C'était plus profond que ça.
C'était partager quelque chose à chaque moment.
Nom de Dieu.
Se sentir en sécurité, intouchable, invincible.
Putain. Et c'est moi qui suis prétentieux ?
Après la mort de mon père, j'ai eu le sentiment d'avoir été seul
pendant très longtemps.
C'est vraiment adorable.
Donc toi aussi, tu l'aimes
et tu vas affronter Woody pour gagner son cœur.
Non.
Woody a fait quelque chose d'horrible.
De vraiment horrible ?
De vraiment horrible.
Donc, tu cries.
T'es ce genre de type.
C'est marrant, parce que je te connais depuis dix ans,
et tu ne m'avais jamais parlé comme ça.
Je trouve ça grossier.
Tu cries et jures en plein milieu de ce magnifique domaine,
et tu mets Chris mal à l'aise.
Non, ça va, mais essayons d'éviter la règle numéro 25,
au risque de voir nos témoins s'affronter en duel.
On passe un bon moment.
Ressaisis-toi.
Vous n'avez pas trouvé de solution.
Le duel doit donc avoir lieu.
Et cet endroit n'est-il pas le champ d'honneur idéal ?
N'est-il pas l'endroit rêvé ?
Tout à fait. C'est absolument parfait.
Vous disiez quoi ?
L'endroit rêvé.
Vous avez vraiment l'œil.
Ça va.
Kevin ?
Ouais, pourquoi pas ? Peu importe.
Peu importe ?
Bon, oublions ça pour l'instant.
Il y a beaucoup à faire en peu de temps.
On devrait aller
se préparer pour le dîner.
- OK ? - Oui.
A voi tutti.
"Ava toutie" !
- Délicieux. - Ça veut dire quoi ?
À la vôtre.
À la nôtre.
Même lui ?
Qu'a pu faire Woody de si horrible ?
Mon père est mort d'un cancer du poumon il y a un an et demi
et la dernière chose qu'il a faite pour moi, c'est une planche de surf.
C'est sympa. Et donc ?
Et...
c'était un père vraiment cool.
Le travail du bois, c'était son truc.
Woody et moi sommes meilleurs amis depuis la seconde.
Ensemble, on...
faisait du surf, on fumait et...
on traînait dans l'atelier de mon père
et...
Son père a fabriqué la planche alors qu'il était malade et je l'ai aidé.
C'était vraiment très important.
Son dernier cadeau.
C'est la chose la plus intense que j'avais jamais faite...
jusqu'à ce que...
je l'emmène sur notre plage préférée,
que je la plante dans le sable
et que je lui mette le feu.
La planche qu'il a faite alors qu'il était mourant ?
La planche qu'il a faite...
alors qu'il crachait du sang...
qu'il allait faire de Colin un orphelin...
et qu'il me suppliait de prendre soin de son fils.
Je lui ai mis le feu.
Et je regrette pas.
On remarque mieux les peintures quand on a pas de téléphone.
Nordique.
Ils sont passés où ?
Je sais pas. Vous vous joignez à moi ?
Pour quoi faire ?
Venez donc.
On se battait en duel pour défendre ce que la loi ne pouvait défendre :
le sens de l'honneur personnel.
En 1808, deux Français se sont battus en duel dans des montgolfières,
au-dessus de Paris.
L'un d'entre eux est mort par balle avec son témoin.
Trente-cinq ans plus tard, leurs cousins ont voulu résoudre leur différend
en se frappant le crâne à coup de billes de billard.
Donc, en fait, vous êtes tout le temps comme ça ?
Je suis tout le temps comme ça.
Sam, fous-moi la paix !
Kevin ?
C'est moi, Rudolfo Sorrentino, septième du nom.
Vous êtes habillé ?
Oui.
Merci pour cette journée.
Tout le plaisir est pour moi.
Je vous prie d'excuser mon langage grossier.
Kevin, vous êtes juste anxieux.
Parce que vous êtes un gentleman de votre époque.
Un homme à qui la morale a inculqué
qu'il ne faut jamais
frapper un autre enfant à l'école
ou s'affirmer au travail,
ou défendre son honneur,
quoi qu'il arrive.
Je vous pose donc la question :
est-ce juste de trahir un ami ?
Non, monsieur.
Bien sûr que non.
De la même façon qu'il est injuste de détruire un objet
très important pour la famille.
Néanmoins, vous voulez que vos amis en restent là.
Je vous en prie.
Je vous en prie.
Je vous en prie.
Que ce soit clair : je ne me mettrai pas en travers de votre chemin.
Pardon ?
Je veux dire que je suivrai le courant,
comme le bateau de votre rivière souterraine.
Il ne s'agit pas de vous, Kevin,
mais de vos amis
et du fait que vous ne voulez pas de ce duel.
Vous préférez qu'ils ne fassent rien.
Qu'ils s'en veulent puis se pardonnent, comme tout le monde.
Mais ils ne sont pas comme tout le monde.
Vous avez donné de votre temps à ces hommes.
Ces hommes avec qui vous devriez être plus exigeant.
Et ces hommes ont le droit d'exiger plus d'eux-mêmes,
d'essayer de comprendre comment on fait le boudin.
Pardon, vous avez dit "boudin" ?
En effet.
Kevin, regardez bien ces deux créatures.
En quoi sont-elles différentes ?
Monsieur.
Je parle à Kevin.
L'une est un porc.
Oui.
L'autre est une personne.
Vraiment ?
Voici comment...
on fait le boudin.
Est-ce un porc ou une personne ?
C'est un porc.
- Hein ? - C'est un porc.
- Vraiment ? - C'est un porc.
- Un porc ou une personne ? - Un porc !
- Est-ce un porc ou une personne ? - C'est un porc !
- Bon, d'accord. - Monsieur...
Alors ?
Kevin, concentrez-vous.
Y a-t-il deux personnes ou deux porcs par terre ?
La bonne réponse est :
il n'y a rien par terre.
- Mais putain... - Regardez.
La vie est aussi insignifiante que ça
pour les gens qui vivent comme si rien n'avait de sens.
Regardez comment ils finissent.
C'est ce que veut le monde pour vous et vos amis.
Le néant éternel.
Bon sang.
C'est bon de rire.
Nous ne sommes qu'une boutade cosmique, à moins de dire à l'univers :
"Ce n'est pas drôle. Nous ne sommes la boutade de personne."
Vous n'êtes pas une punchline, Kevin. Vos amis non plus.
Et moi non plus.
Trouvez une raison de vivre, de vous battre.
Et de mourir.
On fait quoi maintenant ?
Rien. Mon personnel est très bien équipé.
OK.
Donc... c'était un porc ?
Bien sûr que c'était un porc. Il vendait de la drogue.
Et pas vous ?
Je voulais que vous tiriez une leçon, que vous voyiez la mort.
C'est très important.
Je vous aime bien, Kevin.
C'est bien.
C'est lui ?
Je crois bien. Intéressant.
Je sais pas quoi en penser.
Champagne, monsieur ?
C'est qui, ces gens ?
Aucune idée.
Tu es très élégant, Colin. C'est chouette de te voir bien habillé.
Cette journée part en vrille.
Monte-Cristo.
"Ce n'est pas mon épée qui t'a désarmé, Mondego,
mais ton propre passé."
- Bravo ! - Bravo !
Pas mal, hein ?
- Bravo ! - Bravo !
Bien joué, Rudolfo.
Les garçons, messieurs,
je vois que vous avez fait connaissance avec mes invités.
Bravo.
Vous voici enfin tels que Dieu l'a voulu.
C'est le destin, messieurs.
Le destin.
Écoute, je prétends pas avoir réponse à tout,
mais si tu penses que t'es pas impliqué dans le trafic de drogue
parce que t'es qu'un employé de maison,
tu te goures, mec.
Si tu sers le petit-déjeuner aux membres du cartel,
tu nourris littéralement le problème.
Tu comprends ?
La drogue gâche des vies.
Comment tu crois que je suis arrivé ici ?
OK, c'est bon...
Ça va ?
Tu bois quoi ?
Hein ?
C'est du jus d'orange ?
Du SunnyD.
Du SunnyD ?
Ouais, du SunnyD.
Bon, on va pas commencer. Mets ton pantalon.
On devrait être en bas depuis deux minutes.
Qu'est-ce que tu fabriques ?
Je descends les escaliers.
Non, non, t'es bizarre.
J'essaie de dire quelque chose.
Pas le temps, on est en retard.
Cette journée part en vrille.
C'est le délire total.
Tu crois que je suis pas au courant ?
Pourquoi tu crois que je fais de la lèche à Rudolfo ?
Je suis terrifié.
On a passé la journée avec un baron de la drogue,
au Mexique apparemment,
même si on a aucun moyen de le savoir.
On porte ces costumes chelou comme si on était sur le Titanic
et j'ai l'impression de me noyer.
Alors je me tourne vers toi
et toi, tu te détends
- avec une boisson pour enfants. - Du SunnyD.
Nous ne sommes plus tout seuls, Kevin.
Nous représentons nos meilleurs amis et notre nouveau pote, Joey.
J'essaie justement de te dire un truc à son sujet.
Kevin, ce que je veux,
c'est que tu te ressaisisses immédiatement.
Je suis pas une boutade cosmique.
Quoi ?
Je ne suis pas une boutade cosmique.
OK ?
Qu'est-ce que... Kev.
Kev, viens voir.
Ils se sont donc présentés à ma boutique
avec l'intention de combattre en duel.
Très honnêtement,
je ne pensais pas trouver de gentlemen parmi la jeune génération,
mais plutôt des "fashion victims".
Et quels gentlemen ils font.
Ce soir, nous dînerons,
nous partagerons quelques verres et nous coucherons tôt.
Car demain, à l'aube,
ces deux hommes répondront à la question de leur cœur.
Dans quel autre endroit que chez Rudolfo Sorrentino, septième du nom,
pourriez-vous assister à un tel duel ?
- Je vous le demande. - En Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Une culture basée sur l'honneur.
- Des chasseurs de têtes. - Eh bien,
je vous promets un événement unique.
Un "événement" ?
Bien sûr. Vous appelleriez ça comment ?
Un spectacle ? Une performance ?
Excusez-moi...
mais qui sont tous ces gens ?
Eux aussi sont dans la drogue ?
Eh, nos témoins sont arrivés.
Bien joué, messieurs.
Mon Dieu, y a carrément une fête.
Incroyable ! Ouah !
- Ça roule ? - C'est quoi, son problème ?
Magnifique. Très heureux d'être là.
Il assure, hein ?
- Non, il assure pas du tout. - Ouah... Bon sang.
Il apprécie très clairement la vie mondaine. En première classe.
Kev. Kevin.
Quoi de neuf ? Vous avez bien fait de m'appeler.
- On doit discuter d'un truc. - Non, on a pas le temps de discuter.
On doit gérer le fait que, demain matin,
nos potes vont se faire sauter la cervelle.
La cervelle saute pas vraiment.
- Qu'est-ce que... Quoi ? - Il y a vraiment beaucoup d'invités.
Rudolfo pense qu'il organise une finale de catch ?
Ça s'apparenterait plus à un mariage
où les époux auraient la décence d'admettre qu'ils veulent s'entretuer.
Messieurs, mesdames, votre attention, s'il vous plaît.
Si vous voulez bien me suivre à la salle à manger
pour festoyer avec nos deux jeunes héros,
j'ai une dernière surprise.
Quelqu'un sait si on est vraiment au Mexique ?
Je me posais la même question. Personne ne parle espagnol.
Rudolfo parle espagnol.
Il parle italien.
Pourquoi ?
Probablement parce qu'il est italien.
Il est pour qui, ce vin ?
Maintenant que nous sommes installés...
C'est un plaisir d'avoir ces deux hommes avec nous.
J'ai donc décidé de les surprendre et de leur faire plaisir.
Tout le mérite ne me revient pas.
C'est l'idée d'Aphrodite.
Elle m'a dit...
Aphrodite, qu'as-tu donc dit ?
J'ai dit que c'était dingue d'organiser tout cela à cause d'une femme
sans même pouvoir la rencontrer.
Une femme moderne doit être maîtresse de sa vie.
Et elle fait partie intégrante de cet événement, de cette histoire.
Peut-être, en effet.
Donc, sans plus attendre, merci d'accueillir...
Abigail Williams.
Je vous en prie, prenez place.
En bout de table.
Merci.
Salut.
Qu'est-ce que tu fais là ?
Comment t'es arrivée ici ?
Comment je suis arrivée ici ?
C'est elle ?
- Elle, là ? - Ouais.
Abigail Williams.
Salut !
Tu dois être Abigail.
On va tellement bien s'amuser.
On se fait une journée au spa ?
J'adore le spa.
Elle adore.
Et tu seras la surprise de la soirée.
Chouette, non ?
Moi, la surprise ?
Exactement. Tous tes amis seront là.
T'as invité mes amis ?
Cami et Maggie ?
Non, je les connais pas.
Je parlais de Woody, Colin, Sam et Kevin.
Non, c'est les potes de mes mecs.
T'as dit "mes mecs" ?
Je sais.
Tu sais ?
Il va falloir que je te mette au courant de tout.
T'es tellement belle.
Ouais.
Quand Joey m'a raconté l'histoire avec tes mecs, je me suis dit :
"C'est une occasion unique,
c'est le rêve de mon père.
Allez, on va faire la fête."
Et je suis désolée,
mais on nous servira du saumon.
J'en ai discuté avec le chef et...
Après le dîner, nous nous retirerons dans nos chambres,
les hommes boiront du cognac, fumeront des cigares,
et, connaissant mon père, ils réciteront des poèmes.
Ils ne connaissent pas de poèmes.
Mais... ce sont des hommes éduqués de presque 30 ans.
Bah oui.
Et tu trouves ça bizarre ?
Complètement.
Non, ça, c'est bizarre.
Tout ça, là.
Et je vais... Aïe. Je vais y mettre fin.
Tu crois que ça, c'est bizarre ?
C'est toi qui es bizarre.
C'est toi qui as transformé deux hommes tout à fait normaux
en mousquetaires, en chevaliers, en héros.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu vois pas à quel point tout ça est absurde ?
Non, c'est très romantique.
Ils ne se sacrifieraient pas pour de l'argent, leur pays ou leur église.
Mais ils sont prêts à mourir pour toi.
C'est dingue.
Cette situation est dingue.
- Ouais. - Et toi aussi, t'es dingue.
Tu sais ce qui est dingue ?
Insulter la personne qui t'a fait kidnapper
dans ton sommeil.
C'est presque l'heure.
Attends, je vais le faire.
- Comment on peut respirer dans ce truc ? - On peut pas.
Voilà comment je suis arrivée jusqu'ici.
Ce fut long.
Le repas est extraordinaire.
Je vous en prie.
Merci.
- Et ça va ? - Abbie pète la forme.
- Elle a passé la journée au spa. - En effet.
J'ai rien demandé, Sam.
- Me parle même pas. - C'est insensé. Vous l'avez kidnappée.
Je vais te sortir d'ici. Rudolfo, promettez-moi
qu'Abbie est en sécurité et qu'elle sera raccompagnée chez elle au plus vite.
Ce duel n'aura pas lieu avant qu'Abbie soit raccompagnée.
Elle n'a rien à faire ici.
- Je viens de le dire. - Tu feras rien.
- Je partirai seule. - Ça ne la regarde pas.
Quoi ? C'est elle que ça regarde le plus.
Tout est sa faute.
Ils devraient peut-être se retirer un moment
pour parler en privé.
Messieurs, madame, s'il vous plaît.
Vous êtes tous libres de partir à votre guise.
Pas moi.
Je peux vous faire raccompagner demain matin.
On ne vous a pas non plus enfermée
- dans un donjon... - Il s'y passe des trucs de dingue.
Je ne partirai qu'avec vous tous.
Super ! On pourra regarder le duel ensemble.
Woody, pourquoi tu fais ça ?
Ce que j'ai fait est insensé et horrible.
J'en accepte la responsabilité.
Mais ce que t'es en train de faire, là...
Tu te rends compte de ce que tu fais ?
T'as écouté ce que j'ai dit ?
On m'a droguée et kidnappée.
Je sais même pas qui m'a fait les ongles.
- C'est exactement... - Kevin.
- Quoi ? - Comment tu peux avoir de l'appétit ?
Il faut manger.
Je veux pas manger. Ils vont bientôt s'affronter
et tu fais comme si de rien n'était.
Maintenant, je comprends.
Comment ça, tu comprends ?
Ce sont des choses qui arrivent. On peut trouver une solution.
S'il te plaît.
Ne fous pas tout en l'air.
Pourquoi tu bois ? Ce vin coûte une fortune
et tu le descends comme du jus de fruits.
C'est open bar.
Et tu tiens ton verre comme s'il était à ton service.
Merci, monsieur.
Tu l'as même pas remercié.
Tu n'as aucunes manières.
Ça marche pas comme ça, la vie.
Ça marchait comme ça avant, et c'était mieux.
Ah, Woody.
Et si tu meurs, qui doit appeler ta mère ?
Pardon ?
Qui s'occupera de rapatrier les corps ?
Ne vous en faites pas, Abbie. Je me charge de tout.
Si la mort devait s'inviter,
je prendrais en charge les frais d'enterrement.
Ce serait un honneur.
Ou de la crémation, de la congélation ou de toute autre ineptie
pratiquée par les jeunes de nos jours.
Écocapsules.
Woody, je veux rentrer avec toi, OK ?
On va rentrer et parler.
On s'est égarés et j'ai dérapé, OK ?
Je regrette tellement.
La réplique exacte des funérailles de Hunter S. Thompson pour moi.
Hors de prix. J'adore.
Super, Colin. Ça nous aide beaucoup.
Salut, Abbie. J'ignorais que tu me voyais.
Tout n'était donc qu'un mensonge ?
Est-ce que tu m'as aimé ?
Je t'aime.
Je t'aime plus que jamais.
C'est intéressant, car il est amoureux de toi, Abbie.
Comment c'est possible ?
Je veux rentrer.
Quoi, le baseball, c'est plus du baseball ?
- Ça a changé. - Comment ça ?
C'est différent. C'est tous des mutants, de nos jours.
Des mutants ?
Vous croyez qu'ils ont déjà mangé un hot dog ?
C'est une blague ?
À l'époque, ils fumaient des cigares sur les bancs de touche. Le bon vieux temps.
Ça veut dire quoi, tout ça ?
Vous êtes un vrai sagouin.
Vous vous empiffrez comme un malpropre.
Babe Ruth en ferait autant.
- C'est vrai. - De quoi vous parlez ?
De baseball.
Je comprends que tu en sois arrivé à cette extrémité.
Vraiment.
Mais t'es pas fou.
Enfin, si,
mais à ta manière.
Et c'est ce que j'aime chez toi.
D'une certaine façon, complètement déjantée, tout ça te ressemble.
Mais Colin, ça ne lui ressemble pas.
Je comprends même pas comment t'as pu le convaincre.
- Quoi ? - Colin, s'il te plaît...
- Qu'est-ce qui me ressemble pas ? - Tout ça.
Le duel, cette situation.
C'est clairement un truc à la Woody.
Pourquoi ?
Parce que je te connais
et je sais que ça ressemble plus à Woody.
Toi, t'es... chill.
Chill ?
Ouais.
Chill. Chill. Je suis chill.
Je suis chill.
Pourquoi ? Parce que j'habite à Venice Beach ?
Parce que je fume de la weed ?
Parce que j'aime le surf ?
Parce que je laisse les choses arriver.
- Attends, j'essaie pas de... - Non, toi, attends.
Nos interactions
ont détruit ma relation avec Woody,
que j'ai aimé comme un frère.
Un frère, Woody. Pendant des années.
Ça a détruit votre relation,
ça a détruit ma réputation,
et je suis censé être chill ?
C'est ce que tu penses de moi ?
C'est comme ça qu'on se souviendra de moi ? Sam, Kevin ? "Chill" ?
- Je suis chill ? - Colin, je...
Je suis pas chill !
Je suis pas chill.
Je comprends pas.
Tu comprends pas.
Woody...
a brûlé la planche de mon père.
Il l'a brûlée pour me faire du mal,
parce que je lui ai fait du mal,
et parce que tu lui as fait du mal.
Il serait temps de prendre les choses au sérieux.
Tout ceci...
c'est de la masculinité toxique.
De la masculinité toxique. Excellent.
Incroyable.
Woods,
et si on le faisait maintenant ?
- Maintenant ? - Maintenant.
Quoi, tu n'es pas prêt ?
Messieurs, je me dois de vous rappeler
que l'honneur du duel permet de renoncer à vos instincts animaux
et de rendre un véritable hommage à votre statut d'hommes.
Je n'ai jamais agi de façon aussi vraie qu'aujourd'hui.
Rudolfo, peut-on le faire maintenant ?
Woody, non.
Bien entendu.
Cela conclura la soirée en beauté.
- On fait ça après le dessert ? - Non, non.
Non ? Alors nous prendrons le dessert sur le champ d'honneur.
Très bien.
Qu'on aille chercher les armes.
- Il m'a mis au défi. - Oui, il a pris le dessus.
Bon sang.
Il s'est imposé.
Et maintenant, c'est lui le gentil ?
- Mais quoi ? - C'est ça.
Je dis pas que c'est vrai,
mais on aurait pu penser que c'était ton moment à toi.
- Ouais. - Et il te l'a volé.
- C'est ça. - Désolé de te le dire,
mais je crois que les gens sont de son côté maintenant.
- De son côté ? - Ouais.
D'ailleurs, c'est qui, ces gens ?
Tiens-moi ça.
- C'est qui, ces gens ? - Ouais.
Franchement, comment je... Tu le sais, toi ?
- Non. - Bien sûr que je sais pas.
- Merci. - Je sais même pas qui c'est, ça.
Votre nom ?
Elle est dingue. Non mais, franchement.
Elle se jette à ses pieds
comme si t'avais jamais existé.
Elle vous a retourné le cerveau à tous les deux
et elle se pavane, là,
comme la princesse de l'amour.
Je sais pas comment te le dire autrement,
mais ce n'est pas réel, Colin.
- Une réaction chimique, c'est ça ? - Exactement.
Et pourtant, tu es là, au Mexique.
Et donc ?
T'as pris un bateau dans le tunnel de la drogue.
Je suis au courant.
Tu m'as soutenu,
même avant de savoir pour la planche de mon père.
Tu m'aimes.
Pas la peine d'expliquer.
Tu m'aimes, Sam.
Et tu aimes Kevin, et tu aimes Woody.
Vous trois êtes ma seule famille.
Et elle mérite plus que tout qu'on se batte pour elle.
Kev, c'est moi, le gentil.
Je sais, mais...
ce que Colin a fait,
c'était excitant.
Ouais.
Et c'est sûrement ça qui a séduit Abbie.
Quelle merde, ce mec.
Non.
C'est un porc.
- Je suis pas sûr. - Non, écoute. C'est un porc.
Colin est un gros porc.
Comme cet enfoiré de Joey.
Bon, écoute...
Pardon.
- J'aurais pas dû... - Je dois me concentrer.
- Je sais. T'es très élégant. - Ah ouais ?
J'ai l'impression d'être à ton mariage.
Bon.
Woody ?
C'est moi.
Je peux te parler en privé ?
Non.
Bon, je vais parler et tu n'as qu'à écouter.
Je sais que j'ai vraiment merdé.
Je crois que j'avais peur.
T'as toujours su ce que tu voulais,
et moi, j'ai jamais pris de décision, par peur de regretter.
Je n'ai jamais décidé de ce que je voulais vraiment.
Le fait d'être ici...
même si je sais pas où on est ou si tout ça est réel,
me rend sûre d'une chose.
Je veux passer ma vie avec toi.
Si ça tenait qu'à moi,
toi et moi, on prendrait un avion pour Las Vegas
et on se marierait.
Ou, peu importe,
on pourrait le faire ici
devant tous ces gens, je m'en fous.
Je t'aime tellement.
Et je suis désolée d'avoir dû te blesser pour m'en rendre compte.
Je passerai le reste de ma vie à essayer de me faire pardonner.
Je veux juste être avec toi.
Ou...
ou tu peux choisir de ne plus jamais me parler.
Si c'est ce que tu veux, je le comprendrai.
Elle sait pas ce qu'elle veut.
Tu pourras m'oublier
et je te laisserai tranquille.
Mais je t'en supplie, Woody,
ne fais pas ça.
Je peux pas te voir faire ça.
S'il te plaît.
Je suis baryton.
- Ouais ! - C'est excellent.
Alors, vous avez hâte ?
Pardon ?
Ils ont bien bu.
Ils sont prêts.
Avec leur honneur.
- Ah, Abbie... - Mon père parlait souvent de la guerre,
des courageux soldats qui avaient défendu notre liberté,
avec... une certaine jalousie.
Son seul exploit a été de nourrir sa famille.
Il y a peu d'honneur à ça, j'imagine.
Non, il a mené une vie honorable.
Il a toujours pensé que Il faut sauver le soldat Ryan
était plus réel que de faire le taxi pour ses enfants,
qu'il avait échoué en tant qu'homme.
Mon père n'a jamais tué personne.
- Abbie... - Il n'a même jamais joué au foot.
Je vous demande
de vous comporter en hommes, comme mon père,
de mettre fin à tout ceci immédiatement,
tout de suite.
Ils ne devraient pas être ici.
Tout ceci ne devrait pas arriver.
Votre nostalgie, ou je ne sais quoi,
n'est pas plus palpitante que leur vie.
S'il y a eu déshonneur, j'en suis coupable.
S'il y a de la colère,
qu'elle soit contre moi.
Et si vous êtes des hommes,
ne laissez pas mourir ces garçons.
Ce ne sont pas des garçons.
Et ce ne sont pas des jouets.
Ils n'incarnent pas vos vies passées.
Rendez-les-moi.
Ne gâchez pas leur vie.
Nous leur donnons juste des moyens.
Bien sûr, en bon dealer que vous êtes.
- Ce qu'ils veulent... - Ils savent pas ce qu'ils veulent.
- Leur cœur... - S'il vous plaît.
- Ce que... - Ne voyez-vous donc pas
la beauté de tout cela ?
Tout ce que je vois, c'est beaucoup de vanité.
Et j'en suis navré.
"Ne m'accablez pas de reproche
Car je m'arrache à votre sein pur et m'envole vers la guerre.
Je prends nouvelle maîtresse, il est vrai.
L'ennemi est en vue.
Et avec foi, j'embrasse l'épée, la monture, le rempart.
Cependant...
Telle extrême inconstance
Peut de toi être aimée.
Je ne pouvais t'aimer mieux, ma chère,
N'aimais-je pas l'honneur davantage."
Lovelace.
Je l'ai appris aujourd'hui.
Bravissima. Bravissima. Bravamente.
- Mon poète préféré. - Oh mon Dieu.
Oh mon Dieu.
Vous êtes des putains de malades.
Des putains de malades.
Qu'a-t-elle donc dit ?
J'ai même pas pu en place une. Elle a flingué l'ambiance.
Fais pas ça, mec.
T'es pas catholique ?
Oui, pourquoi ?
Moi aussi.
- Vraiment ? - Ouais.
Pourquoi je l'ai jamais su ?
Les gens ne se parlent plus.
On s'en fout de la planche. Tu es ce que ton père a fait de mieux.
C'est toi, son héritage.
Vous appelez les témoins,
vous comptez les pas et donnez le signal. D'accord ?
Oui.
Tu veux bien prier avec moi ?
Bien sûr.
Je vous salue, Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous.
Il prie, là ?
- Il a toujours été pratiquant ? - Je sais pas.
Mais ça fait son effet.
L'enfoiré.
Nous, on est toujours athées, hein ?
À quoi bon chercher une raison de croire maintenant ?
C'est un peu tard pour trouver Jésus.
Ça se trouve, il se cache dans le buisson.
Non.
Et j'aurais pas le temps de choisir une dénomination.
Si Jésus se pointait,
il pourrait peut-être retirer le couteau que t'as dans le dos.
...priez pour nous, pauvres pêcheurs, maintenant
et à l'heure de notre mort. Amen.
Amen.
Le moment est venu, non ?
C'est parti.
Les témoins.
Fais attention à toi, Woods.
Ouais.
Je te soutiens.
La poudre.
Ça ira.
La poudre.
La balle.
M. McKinley, M. Van Buren.
Ah, tu es là. Tu as fait le bon choix.
Tu te réjouis de cette folie.
Moi, je vais devoir vivre avec les conséquences.
Je sais exactement qui je suis dans tout ça.
Et moi aussi.
Abbie, regarde autour de toi. C'est incroyable.
Tout ceci, c'est pour toi.
Tu devrais être fière.
Putain, quoi.
Colin, Woody,
vous pouvez me regarder ?
Vous avez dit que je ne comprenais pas.
Mais c'est faux.
Je comprends très bien.
Et vous devez savoir que si vous vous obstinez,
je ne garderai pas le souvenir de deux hommes courageux.
Non, je garderai le souvenir de deux gamins stupides.
Donc...
pour l'amour de Dieu,
je vous supplie d'arrêter.
Je vais compter les pas.
À dix, je donnerai le signal,
vous vous retournez et ferez feu.
Un...
deux... trois...
quatre...
cinq...
six...
sept...
huit...
neuf...
dix.
Trois d'affilée !
- Eh. - Nom de Dieu.
- Tu penses encore à Charlemagne ? - Sans arrêt.
Toutes les nuits.
- Je vais prendre une bière. - OK.
Rudolfo, c'est vraiment merveilleux.
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