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- Bon, alors comment je commence ?
Euh... musique.
Musique douce
Musique, image.
Cette histoire se déroule dans une ville de Suisse.
Eh oui, comme quoi, même en Suisse,
les passions se déchaînent et changent le cours de l'histoire.
Musique rythmée
Inspirée de faits réels,
cette histoire m'arrive à moi, Avril Lucciani, 39 ans,
avocate des causes désespérées.
Voilà comment elle commence.
Le jour où mon boss décida de m'inviter dans un restaurant chic.
Il avait un truc important à me dire.
- Tout est délicat, en Italie.
Les femmes... Oh !
La sensualité incarnée.
Leurs seins sont des fruits qu'on veut couper pour en boire le jus.
Elles font des pipes magnifiques. Jamais vulgaires.
Elles te saisissent le sexe de leurs mains,
jouant de la harpe.
- Oh. - C'est très intense.
Jamais vulgaire.
Elles te mettent un doigt dans le cul...
- Même quand elles te mettent un doigt dans le cul ?
- Tu vois ce que tu me fais dire ?
Je dois parler de sexe pour te dire ce que j'ai à dire ?
Musique douce
- Je perds trop de cas ?
C'est que je défends des gens qui ont été pris sur le fait.
Et du coup...
on perd. C'est ça, la justice.
C'est montrer qu'un criminel a aussi des raisons.
- Le voleur de ferraille ? - Son camion était plein.
Il vit dans un bidonville avec trois enfants.
Ils se douchent dans le Rhône.
Profond soupir
- Une dernière chance. - Merci.
- Après, on arrête, c'est pas possible.
Plus de causes perdues.
- Je te jure.
- Et tu gagnes. - Tu verras,
je te déboîte le prochain cas.
- La seule limite... - Il y en a pas.
- C'est toi.
- Ah ben oui. Merci.
Je vois quelqu'un cet aprèm.
- Vous m'envoyez promener. - M. Michovski.
- Comme Maître Machin.
Exactement comme lui. La même chose.
Il a pas le temps pour moi, je suis pas assez bien.
Ma cause est pas noble. Et en attendant, quoi ?
Un être innocent est là, à côté de moi, à risquer sa vie.
Ce chien, c'est que la bonté. - D'accord.
- Comment le dire autrement ?
Lors de l'accident, j'étais sur le dos, comme une tortue.
- C'était le 8e cabinet que Dariuch Michovski consultait,
en vain.
- Mais monsieur, on reprend les faits. Il a mordu trois fois.
- Ce chien ne mord pas, je vous dis.
Il ne mord pas, il...
- M. Michovski, malvoyant, chômeur, auteur de petits larcins,
voulait sauver son compagnon Cosmos, qui avait mordu trois personnes.
- Ma voisine dépressive le garde régulièrement.
Elle le promène dans la neige.
- J'entends. Mais un chien qui a mordu trois fois
doit être endormi, c'est la loi. Je peux faire quoi ?
- C'est vous, l'avocate des causes désespérées !
Faites votre boulot. Je vais vous dire.
Si la justice tue mon chien,
elle tuera le cœur le plus précieux que j'aie jamais rencontré.
- OK. Asseyez-vous. - Une honte !
Non, je m'assieds pas. Me dites pas
ce que je dois faire !
Je m'assieds pas. Cri
Il gémit. Merde.
-Ça va ? - Putain...
Trois semaines que je me prends des portes.
Où sont vos toilettes ?
- C'est la porte en face.
Grognement
Oh, fuck.
Non !
Non, non.
Tu arrêtes tout de suite !
Non.
Mais...
Retourne à ta place.
Le cas le plus pourri au monde.
L'autre revient, je me dis, je le vire.
Il me sort l'arme fatale.
- Mon petit garçon d'amour qui fait des gros dodos
avec son papa, oui.
Le petit voyou de son papa.
Il est tout le temps avec son papa, qui est toujours là pour lui.
Et Cosmos est toujours là pour son papa aussi.
- Bon, d'accord, on y va.
Ça a commencé comme ça.
"N.E.M." (Las Aves)
Petit cri
Aboiements
Tu t'habilles déjà comme un vieux geek.
- On n'a pas le droit de se parler.
- Oui, mais c'est ta sexytude qui m'en empêche.
- J'y penserai en me branlant.
- Quoi ? Non, mais tu arrêtes !
- Baudelaire, c'est fort, mais c'est chaud, pour les enfants.
C'est un psychopathe.
- Un psychopathe battu.
- Ah, ouais.
Verlaine aussi.
Et il y a Christiane Taubira.
Hemingway. Et Maria Callas, aussi.
- Comment ça va, en ce moment ? -Ça va.
- Il te lâche ?
-Ça va.
Portes de l'ascenseur
- Un, deux, trois. - Quoi ?
- 21 fois 3, 63 points.
Mot compte triple. - 63 ?
- Eh oui. - Avec ton mot qu'on comprend pas.
C'est un jeu d'enculés.
- Mais elle est drôle, celle-là. - Alors, ça !
Elle l'est. - Elle l'est.
- Ouais.
Un couple divorçait, les deux voulaient le chien.
Qu'a fait le juge ?
Il a ordonné
que le chien soit coupé en deux.
Comme le chien est assimilé à une chose, on peut pas instaurer de garde alternée.
- Mais ils ont vraiment
coupé le chien ? - Non, ils se sont arrangés.
- Un juge intelligent.
Ça les a forcés à s'entendre.
Tout le monde se brouille pour rien.
- C'est vrai. - Ma mère
et sa pote, après 30 ans d'amitié,
sont fâchées à mort pour des éoliennes.
Elles sont au téléphone, sa pote lui dit :
"C'est écolo, il faut s'y mettre."
Ma mère trouve ça moche. Sa pote : "Fais des sacrifices."
Ma mère : "Fous ton amitié où je pense."
À sa pote qui a un cancer du foie.
- Ah bon ? Elles se parlent plus ? - Non, débilité humaine.
- Le chien est pas une chose.
- Non, c'est vrai, tu as raison.
Ça y est assimilé.
Tu vas identifier quelque chose à quelque chose d'autre
car il y a plus
de ressemblances que de différences.
Je dois jouer sur ça. "Assimilé", c'est pas "pareil".
Mais il y a rien là-dessus dans le Code civil.
Un petit paragraphe.
D'accord.
Chose : ne bouge pas, ne se reproduit pas, s'achète.
Individu : respire, se reproduit, mange.
Je vais pas déballer ça au juge, il va croire à une blague.
Qu'est-ce que je... Ouais, non, je sais pas.
Dariuch, vous me laissez parler.
Je sais ce que je fais. - La dernière fois, j'ai eu une bagnole
à crédit et une gosse, mais d'accord.
Allez. Il siffle.
C'est encore loin ?
- Je sais pas.
Je connais pas ces salles-là.
Là, les numéros pairs. Peut-être par là ?
- Cosmos.
- Salut.
- Et j'ai ramené mes munitions.
Il me faut un shot de sucre, ça me booste.
Il grogne.
- Ho ! - Cosmos, non !
On chipe pas. Non ! - Non, non.
Cosmos ! Aboiements
- Oh, doucement, le chien !
- Le chocolat le rend fou.
-Ça va, fouffe crémée ?
- Fouffe crémée ? - Bonjour.
Tu as pas à porter
la robe ici.
-Ça me donne de l'assurance.
- Je suis sur un meurtre.
Oh. Des journalistes partout.
Ça en finit pas !
J'ai la poisse avec cette salle.
J'y ai perdu trois pédophiles.
Je voulais voir ce que t'avais en-dessous.
Raté.
Allez, à plus.
- On dirait du harcèlement.
Non, Cosmos !
Il est gourmand.
- M. Dariuch Michov... Michovski.
Vous n'avez pas surveillé votre chien, malgré deux cas de morsures.
Ce qui a conduit le chien à mordre Lorene Furtado au visage,
occasionnant une blessure.
L'avocat de la plaignante est absent.
Vous pourriez être condamné
à une amende de 10 000 CHF et à l'euthanasie. OK, bon.
Ce chien, il mord ? - Euh, tout d'abord,
votre Honneur, il mord pas, c'est la première chose.
Il faut savoir comment ça s'est passé au niveau du contexte.
Elle lui donnait
des chips et elle s'est penchée, dans un second temps.
Lui, il s'est senti menacé et il l'a attrapée.
Pas comme s'il avait pris les chips avant que...
Je sais pas si je me fais comprendre.
Il voit rouge, comme nous tous. Il se sent menacé et il intervient.
- Donc, il mord ?
Je n'ai pas de marge de manœuvre. 10 000 CHF d'amende et l'euthanasie.
- Excusez-moi, j'ai pas plaidé.
- Et donc ?
- Bah, mes arguments.
Euh...
- Allez.
- Allez, calme, concentrée, voix grave.
(Voix aiguë) Vous parlez d'une peine.
Aïe.
De l'endormissement du chien.
Un procès ne peut être que pour une seule personne.
Là, on doit parler de deux entités. Le maître, le chien.
- Code civil : le chien est assimilé à son maître, point.
- Et si je fais ça ?
Non, non ! - Ah.
- Je prends le chien, le maître reste. C'est pas la même personne.
- C'est pas une personne. - Oui, je sais.
Un chien est assimilé à une chose.
Qu'est-ce que c'est qu'une chose ?
Est-ce que ce chien est comme une table ?
La différence entre animé et inanimé
n'a pas toujours défini une chose.
On se souvient des abeilles...
Derrière moi, journaliste, fouille-merde.
Considérées comme le béton. Qui ont été démolies, détruites.
Même plus en avant, il y a peu,
des hommes...
-Écoutez...
- Ont été assimilés à des choses. - Soyons sérieux.
On récrit pas la loi.
- Mais la loi a changé pour devenir juste.
Parce que si on écoute
notre libre arbitre,
une chose ne peut pas faire ça.
Cri plaintif
- Il a besoin de pisser.
- Eh oui, ce chien a besoin de faire pipi.
Ce chien a des besoins.
Réfléchissez, une chose n'a pas de besoin.
Il n'est pas une chose, ni son maître. C'est quelqu'un.
Va falloir changer un peu le programme de chacun.
Va falloir être ambitieux.
Va falloir écrire une histoire !
L'histoire d'un juge.
Je parle pas d'un grand juge, mais d'un petit juge.
Qui exerce dans un petit tribunal.
Qui tamponne, toute la journée, des piles de dossiers.
Sans faire travailler sa jugeote. Eh bien, ce juge,
ce sous-fifre dont tout le monde se moque,
il a eu le courage d'écouter son libre arbitre.
Et en vrai défenseur de la justice, il a dit non.
Là, c'était le début des emmerdes. Soupir
Qu'est-ce qui lui a pris ? - Vous l'avez bien chauffé.
L'esclavage... - Richard Berri, Le Courrier.
Cosmos va être
le 1er chien responsable
de ses actes depuis le Moyen-Âge. Fière ?
- Bonne nouvelle, ce chien n'est plus considéré comme un meuble.
- Le juge maintient la possibilité de tuer ce chien.
C'est dans son intérêt ?
Vous paierez l'amende si Cosmos est reconnu coupable.
- J'ai pas le temps. Mon chien doit faire pipi.
Ne tire pas, Cosmos !
- Vous avez une tête de gentille.
- Roseline ! Roseline !
- On a une question à vous poser.
- Oui.
- Elle défend la femme mordue. - Ah bon ?
- Mmh. - Elle arrêtait pas pour devenir maire ?
- Justement.
- Moi, j'adore les chiens. Mais celui-là est méchant.
Ma cliente s'est fait mordre. Elle s'est fait défigurer.
- Roseline Bruckenheimer avait acquis une notoriété
en faisant acquitter un malfrat.
Elle se lançait dans la politique.
- Bonjour, c'est Michel ? Non, Jacques !
Je prendrais bien du boudin !
- Son parti, Une Suisse Forte, avait pour cheval de bataille
l'insécurité.
- Pas d'ascenseur ? Non !
Je suis là pour protéger la Suisse.
- Mais il lui fallait un tremplin pour l'opinion publique.
Elle avait choisi le symbole du danger : Cosmos.
- Les chiens peuvent être dangereux.
On l'a vu avec les bébés mordus dans les parcs.
Chaque montée de la violence,
il faut l'éradiquer.
- Elle était prête à tout.
À tout.
Musique rythmée
À tout. -Regarde
Regarde
Sens
Gémissement
C'est ça, la vie.
C'est beau, la terre.
- C'était une mauvaise nouvelle.
Et en cas de mauvaise nouvelle,
la seule chose qui me requinque, c'est...
Noix de pécan, chocolat. Ouah, noix de pécan !
Ouais, non, on va y aller mollo.
Soyons raisonnables.
Plutôt salé ? Peut-être du fromage ?
Il y a quoi ? De l'ail ?
Oh, ouais...
Bips
Les bips s'accélèrent.
Ils ralentissent.
Ils s'accélèrent.
Ils ralentissent.
Ils s'accélèrent.
- Attendez.
Effort J'ai mis mon numéro sur l'étiquette.
Si vous voulez.
- Pourquoi ? - Passer la nuit ensemble.
- Pourquoi ? - Pour se donner du plaisir.
-Ça se passera pas comme ça.
Si je prends du plaisir, ce sera simplement d'avoir été désirée.
Après, je voudrai que ça recommence, mais juste pour être importante.
Je penserai pas à moi, je m'effacerai.
- Pas de sauce ?
- Pâtes au beurre.
- Pour tout le monde ?
- C'est ça.
Musique rythmée
- Je connais pas. - J'arrive jamais.
- Quoi ? - Trop compliqué.
Rire
Conversation indistincte
- Oh, souvenirs, souvenirs !
- Toi, tu as fait ton truc, je sais pas quoi.
- Ouais.
- Tu diras : "Par ici, inspecteur !"
- Franchement, n'importe quoi. Tu vois le truc.
Tu essaies... Un homme crie.
- Fais pas chier, tu m'entends ?
Tu m'emmerdes ! Coup
-Ça va ? - Tu étais bien, à la télé.
Et le visage de la portos ?
La mordue. - Tu écoutes du rock,
avec tes bracelets, et tu dis "portos" ?
- T'inquiète pas, je le dis aussi à mon copain portos.
- Je m'inquiète pas.
Quand tu auras ta carte d'extrême droite et des croix gammées tatouées.
- T'inquiète. Rien de tatoué et aucune carte.
En vrai, il est comment, son visage ?
Musique douce
- On pourrait imager cette bouche, avec la lèvre inférieure plus pulpeuse
que la lèvre supérieure.
De profil, c'est très joli.
- Euh...
J'aimerais quelque chose de plus naturel.
Plus comme Angelina Jolie quand elle était jeune.
- D'accord.
- Et aussi la mâchoire plus carrée.
- Mmh. Avec la morsure, on va faire le visage assez large.
Inspiration
Soupir
Vrombissement
Ça charge.
Ne vous inquiétez pas.
Vous oublierez ce chien.
- Merci.
Bip
- Oui, comme ça.
- C'est beau, hein ? - C'est très beau.
-Aujourd'hui débute le procès médiatique de Cosmos.
Certains font la queue devant le tribunal
pour avoir une place.
À la boulangerie, dans le bus, on en parle.
- Ma chienne, c'est un peu ma grande amie.
Elle est là depuis cinq ans, mais on dirait que c'est
depuis toujours. Elle fait partie de moi.
Oui ! Ah, stop !
Et voilà ! Rire
- Vous l'avez
bien dressée. - Elle aboie jamais.
-Cosmos a été placé à la SPA sous haute surveillance.
-Au Moyen-Âge, c'était courant. On a excommunié des abeilles.
-Exceptionnel, ce procès.
-Une indemnité de 15 000 euros pourrait être versée
pour le visage de la plaignante. - Le chien paie ?
-Ça redéfinit tout. Le droit des animaux.
- Tout le monde était fasciné, mais personne ne savait quoi penser.
-Si elle me mordait...
malgré l'amour que j'ai pour elle,
oui,
je l'endormirais, sans hésiter. Elle le fera jamais.
Jamais !
Elle est bien élevée, Mélodie.
Regardez-la.
- Oh, la pute !
- Oh, là, là.
Léger brouhaha
- J'avais pas plaidé dans cette salle
depuis trois ans. J'avais la trouille.
Je l'aime pas. Elle grince, elle résonne.
J'ai la voix qui part en vrille.
- Nous prenons séance pour juger le chien dit Cosmos, assisté
par M. Michovski Dariuch et l'avocate Avril Lucciani.
Suite au verdict pour le moins inédit du procès précédent,
on va juger le chien comme un individu.
Allez, faites-le entrer.
- Jusqu'ici, ça allait.
- Oui, mon Cosmos. Aboiement
- Il l'a senti, c'était parti.
Il l'avait pas vu depuis deux mois
et les retrouvailles étaient déchirantes.
- S'il vous plaît.
S'il vous plaît.
Marteau
Aboiements
Maître Lucciani, vous devez calmer
votre client. - Bien sûr.
Il foutait en l'air ma défense avant le procès.
Il fallait agir.
- Cosmos !
Cri plaintif
- Le chien Cosmos, sans nom de famille, de sexe masculin,
né le 17 janvier 2010 à Yverdon, fils de Barbapapa et Chocapic,
issu de l'élevage de la Clairière.
Célibataire, sans activité lucrative.
Vous êtes accusé d'avoir mordu Lorene Furtado
au visage, occasionnant une altération de l'apparence.
Le dédommagement des frais de chirurgie
de la plaignante est demandé, ainsi que votre endormissement.
J'aimerais, dans un premier temps, entendre la partie civile.
Mme Bruckenheimer.
- Merci, M. le juge.
Rire forcé
Ne soyons pas dupé par ce chaos sympathique,
et appuyons-nous sur les actes.
Ils démontrent le comportement récidiviste
et criminel de l'accusé.
Ce chien a agressé une femme qui le caressait.
Puis deux autres,
dont sa maîtresse.
Il a attaqué des petites filles qui voulaient jouer.
Et dernier fait,
particulièrement parlant quant à sa moralité...
Vous, vous avez défiguré
ma cliente, lorsqu'elle vous nourrissait
en vous caressant. Grognement
Madame Furtado.
Je sais le courage
et la force d'âme que ça demande.
Je connais.
Mais j'aimerais que vous racontiez
le plus précisément possible ce qui s'est passé.
- Levez votre main et dites : "Je le jure."
Posez votre main ici.
- Je le jure.
- Merci, madame.
- Je venais du Portugal m'installer ici.
Je louais une chambre chez Dariuch.
Euh, c'était mon deuxième jour en Suisse.
Je rentre
des courses. Je les range dans le frigo.
- Si tu as pas assez de place, déplace des trucs à moi.
- Dariuch était très amical.
Mais je n'étais pas à l'aise. - Musique
de rue, en quatre lettres ?
- Quatre lettres ? - Quatre.
C'est pas "fado".
- D'un coup, je sais pas comment, le chien était là.
Ouh !
Ça m'a fait du bien, la gentillesse du chien.
Mmh.
Dariuch, je peux lui en donner ? - Ouais.
- Ah oui ? Dariuch répondait,
mais il était loin.
Et j'ai ouvert les chips.
Et j'ai donné quelques chips.
Et là, je me suis baissée pour le caresser.
- Sur la labiale et une partie de la joue,
sur une profondeur de 3,5 cm.
Après empreinte de dents, il est acté que c'est bien Cosmos
qui est l'auteur de ces morsures.
À un angle de 45 degrés, avec appui sur ses quatre pattes.
Et une traj...
- Au tribunal, on se fait chier, mais il faut guetter la moindre
petite incohérence et sauter dessus.
Le 1er jour, il faut marquer son territoire.
Se faire craindre.
- Je devais m'occuper de Cosmos, vite, avant de partir travailler.
Je sors ses croquettes, je prends sa laisse pour le sortir.
Je m'approche pour la lui mettre.
J'ai dû le déranger, il était en train de manger.
Là, le chien...
- Me mord la main.
Peut-être parce que je prenais sa gamelle.
L'anesthésiste a bien dit à mon mari, mon ex-mari,
et à moi, que dans les 24 h suivantes,
on devait pas trop l'embêter.
C'était pas sa faute, il était pas lucide.
- Il est gentil, mais il est ingérable.
- Vous l'avez entendu, ce chien est ingérable.
- Décrivez-nous ce qui s'est passé exactement.
- Ils jouaient dans la cour, tout allait bien, et ça a dérapé.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- J'ai entendu ma fille crier. - Vous ne l'avez pas vue ?
- Après, je suis descendue et là, je l'ai vue.
- D'accord.
Elle vous a raconté ? - Le chien est devenu fou.
- Voix grave. - Elle a dit ça ?
Ouh là ! Votre fille de six ans...
Aïe. Est venue vers vous
et vous a dit : "Cosmos est devenu fou,
maman." ? - Intimidation
de témoin. Objection. - Rejetée.
- Elle avait des marques.
On l'a amenée chez le médecin.
- Justement, je lis ici que le médecin fait état
de...
Il bâille bruyamment. De blessures très légères,
apparentées à des morsures de jeu.
- Morsures de jeu...
- Oui, morsures de jeu.
C'est ça qui est écrit.
Pour vous, il a mordu.
- Ben, je sais pas.
C'est vrai que ce chien, il est gentil.
- Pas d'autres questions.
- Allez, mon ami. Allez, on fait la course !
Allez, allez !
Stop, stop, stop ! Assis !
Reste !
Oui !
Oui, tu es incroyable.
Beau chien.
Un très beau chien.
Je t'aime, tu sais.
Tu es mon ami à moi.
Délicat et gracieux comme personne.
Tu es un très beau chien.
- Il est plus
raccompagné par les flics ?
- On s'est dit qu'il lui fallait un professionnel.
Émotionnellement,
c'est dur pour lui.
Comme on est amis, on va faire des exercices avant de rentrer.
Hein, Cosmos ?
La patte !
L'autre !
La patte.
L'autre !
Attention...
Toupie, toupie, toupie, toupie.
Toupie, toupie.
Cri attendri Il est formidable !
Il rit.
Vous voulez pas mon nom ?
Je m'appelle Marc.
Musique rythmée
À son arrivée, il était déprimé. On en avait peur, on l'approchait pas.
Maintenant, les collègues se battent pour le sortir en cachette.
"Ma Révérence" (Véronique Sanson)
Sa chanson préférée !
- Pardon ?
- Sa chanson préférée.
Hein, Cosmos ? Aboiement plaintif
Quand j'aurai plus le temps
À trouver tout le temps du courage
Quand j'aurai mis 20 ans
À voir que tout est un mirage
Je tire ma révérence
Ma révérence
Aboiements
Et ma vie
Endormie
Doucement
- Troublant de voir ce chien bouleversé par la voix de Véronique Sanson.
Comme s'il comprenait sa tristesse.
La tristesse humaine.
On était semblables.
Bois pas ça, c'est mauvais.
- Ah bon ? - Ouais.
Les hormones feront rétrécir tes couilles.
Il crache.
Rire
- Comment tu aimes les gens ?
- Pourquoi ? Tu aimes pas les gens ?
- Non.
- C'est une question bizarre. "Comment on aime les gens ?"
Euh...
Je trouve que ce qui aide, c'est de se rendre compte
qu'ils sont différents, c'est pas grave.
C'est pour ça que tu peux les aimer.
Tu trouveras personne comme toi. Je me dis ça.
Tu t'en fous. Je te connais comme si je t'avais fait.
- Je serais plus heureux.
Les chiens trop anxieux,
ils font des attaques cardiaques.
- Mais Cosmos
va bien, là, je crois, tu sais.
Demain, il a comité éthique.
- C'est quoi ?
Musique dramatique
Il ronfle.
- Il a quel âge ? - Huit ans.
- Ce serait un enfant humain.
- Sept fois huit, en âge de chien, ça fait 56 ans, c'est ça ?
-Ça dépend de la race. Un chihuahua de sept ans,
c'est pas un griffon.
- Et en griffon ?
-Ça vit longtemps ?
- 13 ou 14 ans.
- Cosmos a vécu la moitié de sa vie, on le considère comme un adulte.
- En captivité ?
- Hé, ho ! Il est pas en captivité.
Je le sors
deux fois par jour, matin et soir.
- Il n'a pas de fonction, il est infantilisé.
Il n'a rien à chasser.
Vous, vous le gardez.
- Et en plus, il est castré.
- Non ! Non, vous mélangez... Il est pas castré !
Il est entier. - Ah oui ?
C'est dangereux, ça.
- J'ai jamais touché à ses bourses. Jamais.
Fous-lui un doigt dans le cul.
- C'est vrai, il est pas castré.
- La question, c'est si un chien adulte en âge de chien
peut être jugé comme un humain.
Une question philosophiquement très riche.
Est-ce qu'il a conscience de ce qu'il fait, comme nous ?
Abandonnons la théorie, procédons par l'exemple.
Je suis assis dans la cuisine.
Mon maître ne me regarde pas. Il a, par inadvertance, laissé
les croquettes par terre au lieu de sur le frigidaire.
Je décide d'en prendre.
Alors, est-ce que je suis,
selon Descartes, un animal machine, qui répond à une impulsion ?
Ou bien suis-je un animal pensant ?
Qui décide d'agir contre sa morale,
pour son plaisir, distinguant le bien du mal ?
- NON !
- C'est pas si simple.
Dénégation
- Non. -Ça marche pas.
- Il aurait une âme. - Pas un chien.
- OUI, MAIS NON. - Il a peur de la réaction de son maître.
Il ne sait pas que c'est mal. - Je peux terminer ?
- L'âme voyage entre les espèces.
- J'ai pas dit ça. - Celle de l'homme est plus élevée.
- Ce chien n'a pas
de neshama, juste nefesh. Il a pas d'âme.
- On ne juge pas les âmes au tribunal.
- M'invitez pas. - Vous jugez quoi ?
Des machines, c'est ça ?
Vous jugez des objets ?
- Vous n'avez pas d'âme !
Vous n'avez pas d'âme.
C'est honteux ! C'est quoi,
comme justice ?
Voix mêlées
C'est pas normal.
Soupir
- Très bonne communication homme-chien.
Il grogne gentiment.
Cosmos grogne.
- Ah, ça, c'est pour toi.
C'est une crème, tu crains rien. - Non, je préfère regarder.
- Allez !
Allez, Cosmos !
Viens, viens ! Ah, il est trop fort !
Oh, il est trop fort ! Oh !
Allez !
Ah !
Il est trop fort, hein ?
- S'il le lâche pas, tu le lances pas.
- Justement,
c'est le jeu. Il veut se disputer, yeux dans les yeux.
Le lancer a été inventé
car les humains comprenaient pas.
- Ah bon ? - Bah oui.
Mauvaise communication homme-chien.
Non, non !
Stop !
Non, Cosmos, reviens tout de suite !
C'est pas pour toi, là-bas.
-Pour survivre dans la ville, Jessica est tombée dans la prostitution.
Une passe, puis deux, puis six.
Un argent facile dont elle devient dépendante.
-Pour payer mes études de droit,
j'en faisais douze par jour. - Oh, non ! La vache !
-Ça m'a permis de pouvoir
avoir un logement correct.
Cri horrifié
- Tu fais quoi, tu es fou ?
On aurait pu te perdre, là, Joachim !
Mais passe par la porte !
Pour tes conneries, va au rez-de-chaussée, pas au 13e.
- Mon père est bourré. Je dors là.
- Il t'a frappé ?
- Non...
- Je dois appeler la police.
- Alors, je m'enfuis.
Loin dans la rue, avec les poubelles et les chats.
Je disparais.
Jingle du journal TV
-Autre sujet
qui nous passionne, le procès Cosmos.
Ne vous fiez pas à son poil soyeux,
pour certains, ce chien est méchant.
L'avocate Bruckenheimer, candidate à la mairie,
ne mâche pas ses mots.
-Cette race a été créée pour attaquer le gibier.
Elle a besoin de mordre. Débarrassons-nous-en.
- Les griffons à poil long, pas les fauves de Bretagne.
- C'est une teigne, oublie.
-Qu'est-ce que tu voudrais ?
-Que Cosmos meure pas.
- Ils vont le buter ? - Non.
-La pétition sera envoyée à la préfecture,
alors que la jeune avocate du chien...
-"Jeune", jusqu'à quand ?
-... le défend avec fougue.
-Mais euh, en tout cas, c'est un chien que tout le monde s'accorde...
à définir comme extrêmement affectueux. Oh, là, là !
Avec petits et grands. - On dirait Pikachu !
-Avec les personnes âgées.
- Mais j'arriverai quand à parler comme je suis, bordel ?
C'est quoi,
la définition de méchant ? Je crois...
- Voilà. À chaque bouton correspond un mot dit par une IA.
Un prototype de l'université d'Appenzell en phase de test.
Il y a
24 touches-mots.
Encore
deux ou trois petits réglages... Cosmos !
-Oui.
- Que veux-tu faire cet aprèm ?
-Balle.
Aboiement
- Selon moi, on peut y aller.
- Très bien.
Cosmos, racontez selon votre point de vue
ce qui s'est passé avec Mme Furtado.
- Ah, non.
Des questions simples.
- Bah oui.
- D'accord.
Cosmos, reconnaissez-vous avoir mordu
la plaignante au visage ?
-Poulet.
Triste.
-Ç... Ça veut dire...
oui ou non, ça ?
- Euh...
Reformulez.
- Avez-vous conscience d'avoir commis
du mal en mordant ?
-Colère.
Maman.
Je t'aime. Pipi.
Croquette. Non. Caresse. Non. Balade.
Non. Fragile. Oui.
Aboiement plaintif
Temps calme. Poulet. Temps calme.
Non. Chose. Maman. Balle.
Balle. Papa. Balle. Pipi. Je t'aime.
- Très bien.
On va se concentrer sur les circonstances extérieures
et sur l'environnement.
Merci.
- Obéissance satisfaisante, malgré une exubérance.
Mais le chien pince
quand il y a des croquettes. Détenteur handicapé.
Le niveau de dangerosité
est donc de 2 plus 6,
plus 2, plus 1, plus 3,
plus 5, plus 3...
égalent... - 22.
- 22. Donc, il faut l'endormir.
- Mais le handicap de son maître pèse dans le diagnostic ?
- Oui, ça rajoute 3, car il ne peut pas le surveiller.
- Sinon, le chien ne serait pas dangereux ?
- 22 moins 3, ça fait 19. Le seuil, c'est 20.
Il faudrait une rééducation, mais il ne serait pas
euthanasié. - M. le juge, vous l'avez rappelé,
on juge mon client
comme un individu à part.
On ne peut pas prendre en compte le handicap de son maître.
Ce chien n'est pas condamnable
à être endormi.
- D'après vous, ce chien pourrait remordre ?
- Un chien remord toujours.
- Objection. C'est un proverbe, pas un argument.
Il pourrait,
peut-être, mais dans quel contexte ?
- Il ne mordrait a priori que chez lui, dans sa cuisine,
si on le caresse quand il mange, avec un maître sans les capacités
de le surveiller. - Vous pourriez tuer un chien
qui ne mord que dans ces conditions ?
- Vous enfermeriez un pédophile qui ne viole que sous la neige ?
- C'est pas pareil.
- Comment ça ?
On le juge comme un humain.
Balbutiement
- Un humain qui mordrait
aurait un comportement pathologique, comme le pédophile.
On ne peut pas l'affirmer,
ce chien n'a pas les mêmes règles de comportement.
On ne peut pas le juger comme un homme.
Il faut qu'on redéfinisse le statut du chien.
Musique douce
Cris plaintifs
- On lui a confié des chiots pour le moral.
Les chiennes éduquent leurs chiots en les mordant.
Ils ont plus de peau, pour supporter.
Nous, on a moins de densité de peau. D'où les dégâts.
Différents selon le chien. Un yorkshire, ça t'énerve,
un berger allemand, tu as plus de main.
Un chien qui mord dit juste : "Non, ça, tu peux pas."
Cosmos, viens !
(Donne-lui.)
La plupart des maîtres se fichent de comment leur chien communique.
Ils veulent l'amour du chien.
"Donne-moi de l'amour, câlin." Ou : "Pas maintenant, à ta place !"
Leur chien, ils le connaissent pas.
- Tu sais...
Je t'aime.
Je voudrais t'épouser.
- C'est pas possible, je suis trop vieille.
- Et Macron avec Brigitte ? - Il est président.
Si je t'épousais, j'irais en prison. - Tu te défendrais,
tu es avocate.
- Tu finirais
par me quitter quand je vieillirais. J'y survivrais pas.
- Ouais, t'as raison.
Bonne nuit. - Bonne nuit.
Le jour où tout a basculé. Sonnette
- Vous invitez un gamin de 12 ans à passer la nuit ?
Quelle femme fait ça, quoi ?
Il a pas le droit de venir.
- S'il vient, je le mets pas dehors.
- Il était pas dans sa chambre. Comment je m'inquiète !
- Quoi ? Je devais vous appeler ?
-Évidemment ! Le gardez pas toute la nuit.
Irresponsable !
- Moi ? - Oui, madame.
- Je suis irresponsable ? - Complètement.
- Je sais pas qui l'est.
-Ça veut dire quoi ?
- Moi, je le bats pas.
- Quand on sait pas, on la ferme.
- Je relance l'assistante sociale. - Moi, je porte plainte.
- Je relance de suite !
-Enfance défense, bonjour. On est à votre écoute.
Ne quittez pas.
- Salut. Pétition pour la fermeture de la centrale nucléaire de Montcalm.
- Désolée, pas le temps.
-Ça vous affecte pas, les sols pollués, les eaux déversées tuant les poissons ?
- Bien sûr, ça m'inquiète, comme vous, mais là, je suis très pressée.
- Mais ça prend deux minutes, madame !
Klaxons -Enfance défense.
- Je commence, hein.
Les énergies solaires et éoliennes doivent-elles remplacer le nucléaire
à 50 % ou plus ? Ça changerait quoi pour vous ?
- Il y a des questions aussi ?
- C'est important, en plus de signer.
Madame. - J'aimerais bien juste signer.
- Alors, voilà. - Fils de pute !
Tu vas voir, je te fume !
- Ho ! - Madame !
- Tu vas voir, la vieille ! - Attendez.
- Connard ! - Attendez.
Attention. - Mais il klaxonne.
- Calme ! - Chtarbée !
- On est tous sous tension, il faut redescendre. La rue est bloquée.
- Mêle-toi de ton cul, toi ! De ton chien ! Dégage !
Ou je t'arrache la gueule !
-Allô ? - On frappe pas les femmes, connard !
Klaxons -Allô, madame ?
Allô ? Enfance défense, Anne-Sophie à votre écoute.
Allô ?
Allô, madame ? Vous m'entendez ?
- Allô ?
-Vous êtes victime de violence ?
- Euh... euh...
-On vient de vous frapper ? - C'est pas la question.
-C'est la première fois ?
- C'est pas ça. Ça implique un mineur. -Un mineur ?
- Euh, un mineur. -Il est avec vous ?
- Non, c'est pas la question.
Je parle de mon petit voisin.
-Je raccroche si vous me parlez sur ce ton.
- Mon petit voisin subit des violences.
-Vous levez le ton, là.
- Parce que vous ne m'écoutez pas.
-Calmez-vous. -Écoutez-moi !
-Rappelez plus tard. - Non !
-Je raccroche. - Non !
-Si, je raccroche. - Non !
Non ! Mais c'est pas vrai, c'est pas vrai !
Tout se mélangeait, tout était mélangé.
Tout se mélangeait.
- Cosmos est là,
couché aux pieds de son maître.
Il lève la tête et renifle vers la cuisine.
- Ils sont forts, ces comportementalistes.
- Il rampe vers la cuisine.
Bas, très bas, pour passer sous les radars de son maître.
- Ils sont dans l'esprit du chien.
- Là, pour obtenir ce qu'il veut, il opte pour la stratégie.
C'est là que toute la subtilité du génie canin apparaît.
Il fait des circonvolutions.
- C'est parfaitement Cosmos.
- Des va-et-vient.
Entre la gamelle et la victime, pour attirer l'attention.
Il entend ce pour quoi il œuvre depuis plusieurs minutes.
Le paquet de chips s'ouvre.
Vous devez comprendre la sensation de victoire
intense qui traverse le chien.
OK ? Il va profiter de son butin.
Quand tout à coup...
où étiez-vous quand vous l'avez caressé ?
Pile dans son angle mort.
Le chien
sent un truc de trois fois sa taille qui fonce sur lui.
Ça lui met la pression.
Quand il mord, il mord l'ennemi, le prédateur.
Il répond à l'agression... -À l'agression ?
- J'ai pas fini, wesh.
- Je suis abasourdie que monsieur ose traiter ma cliente d'agresseuse,
votre honneur, c'est très violent !
Dans le cas où il expertiserait une victime de viol,
il cons... - Objection !
- Sa jupe courte... - Objection !
- Le violeur y répondrait. - Objection !
- Ne nous trompons pas d'agresseur. Celui qui fait couler le sang.
- Je refuse cette comparaison !
Tout se mélangeait. Tout était mélangé.
- Chez moi, j'avais quatre chiens. Et même presque dix,
depuis petite, chez ma mère et ma grand-mère.
- On caresse pas un chien quand il mange.
- Faux. - C'est la base.
- Vous parlerez après.
- Si elle a son permis, je lui demande pas de conduire
pour la tester. - Monsieur.
- Voir si elle l'emboutit.
- Dariuch... - Non, chez moi,
tous les chiens aiment tout le temps qu'on les caresse.
- Ce sont vos chiens !
- Non ! Même les chiens d'autres personnes.
- Ah, ouais ? Quelle race ?
- Toutes les races. Des labradors, des huskies,
des bergers australiens.
- Australiens ? Ça m'étonnerait. - Toutes les races.
- J'ai eu une intuition. Elle touchait son masque.
- Les chiens suisses sont moins gentils ? Raciste !
-Ça suffit. On suspend.
- On s'enlise pas sur les chihuahuas.
- Je vais suspendre l'audience.
- La plaignante peut re-raconter ce qui s'est passé ?
- Quoi ?
Mais je vais vous dire exactement la chose que j'ai dite. Exactement.
- Allez-y, s'il vous plaît.
Soupir
- Je rentrais des courses.
Musique grinçante
Je t'ai fait quoi ? - J'ai été vicieuse.
- Bonne question. Vous avez fait quoi ?
- J'avais rien fait, d'où ma question.
- On malmène la plaignante, objection.
- Son premier réflexe a été de se demander ce qu'elle avait fait.
Ça me paraît primordial...
- Objection acceptée.
- J'ai failli foutre mon poing dans la gueule à ce connard.
Mais je devais me concentrer, garder mon boulot, gagner ce procès.
- Mais...
- Vous voyez ? Comme Cosmos, vous aimez pas qu'on vous touche.
Et là, vous mangez pas.
Vous voulez pas être caressée tout le temps !
Ça vous semblerait pas normal, à un moment,
de mordre
quand on respecte pas votre volonté ?
Ce chien est à disposition.
N'importe qui peut le toucher.
Son seul moyen d'objecter, c'est de mordre.
- Il sait objecter autrement, il fait des choix.
Et il choisit de mordre que des femmes !
Ce chien
a mordu ma cliente car c'est une femme.
Ce chien est misogyne !
- Objection ! C'est démentiel de traiter un chien de misogyne.
M. le comportementaliste.
- Bah, si.
Ça vient du pli du genou.
- Le pli du genou ?
- Euh...
Des tests
ont été réalisés sur des chiens et leurs maîtres.
On s'est rendu compte que certains chiens ou chiennes
mordaient plus les femmes
que les hommes.
Parce que quand elles se baissent pour caresser le chien,
elles plient plus le genou.
Du coup, elles ont du mal
à se tenir droites et elles se rabougrissent.
Et du coup...
elles brouillent le repère de domination.
Musique country - Cet homme me regardait en face
et disait que les femmes,
malgré des années de lutte et de bataille,
étaient incapables de se tenir droites
et que ça pouvait rendre un chien misogyne, c'était prouvé.
Et ça s'appelait le pli du genou.
- Oh !
Sifflements
- Bordel de merde !
(-Je suis désolé.)
- Euh...
(-C'est la vérité.)
- En tout cas, c'est pas
la responsabilité du chien si elle tend pas le genou.
C'est la sienne. Qu'elle assume sa place.
Elle s'est fait mordre.
Murmures
Attendez.
Je dis pas que c'est sa faute.
J'ai pas dit que ça l'était.
C'est la faute de la société.
Depuis des années, elle écrase les femmes.
Elles se sentent
plus proches des chiens.
En plus, là,
on a affaire à une femme immigrante venue d'un pays pauvre.
- Une étrangère. - Elle vient
faire le ménage, elle court entre les maisons.
Les gens la saluent à peine.
Comment elle serait capable de tendre le genou ?
- Parlez pas
de moi comme ça ! Parle pas de moi comme ça !
Parle pas de moi,
toi !
Tu parles pas de gens
comme ça !
Sale bourge de merde !
Je roule pas
les gens dans la merde
pour gagner ma vie,
moi, comme toi. Tu sais quoi
de la femme de ménage du Portugal ?
Aboiements Rien de rien !
Je suis quelqu'un !
Je suis quelqu'un, tu comprends ?
Et je ne suis pas "honte" !
J'ai pas honte !
- Rangez le téléphone !
- Rangez-le ou je vous sors !
- Regardez ce chien !
Ce chien peut tuer.
- Je suis quelqu'un !
Musique intrigante
J'ai pas honte !
Musique douce
Brouhaha de cris
- Maître Lucciani !
- JUSTICE POUR COSMOS ! JUSTICE POUR COSMOS !
JUSTICE POUR COSMOS !
JUSTICE !
- ON A LA RAGE, MORT AU CHIEN !
ON A LA RAGE, MORT AU CHIEN !
- JUSTICE POUR COSMOS !
Brouhaha
Musique intrigante
- NOUS SOMMES TOUS DES CŒURS BATTANTS.
NOUS SOMMES TOUS DES CŒURS BATTANTS.
- Merci. Écho
Merci.
Merci pour les femmes, Avril.
- Non !
Vrombissement
Soupir
- C'est interdit de sortir les chiens du chenil.
- On s'en fout. Lundi, c'est la fin. Il faut accélérer, là.
- Je vais me faire radier. Je bosserai pour Uber Eats.
J'ai aucun diplôme. - Comment il est,
seul avec une femme et de la bouffe ?
- Francky s'est fait plaquer. Il voulait le promener.
- Cosmos. - Je plaiderai
la gastro.
Je le feindrai, avec un édredon.
À l'ancienne, quoi.
- Cosmos, pourquoi tu mords
que les femmes ?
C'est quoi, ton problème avec les femmes ?
Après avoir mordu
Lorene, il s'est senti mal.
Il mange pas, il joue pas avec sa girafe.
Donc, une partie de lui-même a pas envie de mordre.
Je dois rentrer dans sa peau.
Il faut que je comprenne
quel est son traumatisme.
Je dois le trouver et le guérir.
"Vous êtes un leader, calme et attentif, protecteur et ferme."
Il devait comprendre qu'homme et femme, c'était pareil.
Je vais te réconcilier avec les femmes. Musique dramatique
Confrontation femme, plus croquettes, plus caresse.
Attention au pli du genou, faut être assurée. Hop !
Musique triomphale
Ouais, ouais...
ouais...
Ça tient, ça tient, ça tient.
Aboiement Cri affolé
Aboiements
Couché !
Les femmes et les hommes, Cosmos. Oui !
Et c'est reparti.
Non, non, non.
Cosmos, je suis ton leader.
Non !
Elle râle.
Et c'est reparti.
Toc, toc, hop !
C'est bien, mon chien.
Le cœur du problème.
Oh !
Mmh, mmh, mmh.
Grognement Putain, Cosmos !
Plus haut.
- Tu me fais chier, ça pue !
- C'est bien, mon chien.
Caresse-le.
Petit cri Putain, Cosmos !
Ça, au revoir ! Oh, fuck !
Aboiement Je continuais,
essayais des associations, bouffe et mon odeur.
Homme égale femme, bordel !
Homme égale femme !
Couché, Cosmos !
Bâillement
Couché !
Cosmos, assis. Couché, Cosmos. Je suis ton leader.
Assis, Cosmos !
Timbale
Gémissement
Cris plaintifs
Forêt.
Aboiements
Qu'est-ce que tu fais ?
Oh.
Un écureuil. Bravo, mon chien. Viens !
Tiens, Cosmos.
Regarde.
Tu vois ?
C'est la même main.
La main qui te caresse et celle qui te nourrit.
C'est la même main.
Elle te veut aucun mal.
Elle râle. Non, non.
Grognement
Bordel de merde, quelle galère !
C'est pareil, Cos...
Aboiement Cri apeuré
Tu te calmes,
maintenant !
Cri affolé Cosmos grogne.
Effort
Arrête avec les femmes !
Arrête ! Il grogne.
Cri de rage Cri plaintif
Il grogne.
Cri affolé Il grogne.
Change, Cosmos !
Effort
Tu arrêtes, maintenant. Arrête ! Il grogne.
Calme-toi.
Allez.
Tu risques de mourir, tu comprends ?
Soupir
Musique douce
Hurlement de loup au loin
Aboiement
Hurlement de loup au loin
Aboiements
Hurlements de loups
Cosmos aboie.
Musique mystérieuse
-Pillages, manifestations, vandalisme, le procès Cosmos sème la panique.
-Le face-à-face était tendu avec la police.
La situation a dégénéré. - Des exactions, des incendies,
de la destruction de vitrines. Et ce chiffre...
-Des magasins vandalisés, des rats de laboratoire
lâchés dans des crèches et dans plusieurs EHPAD.
-Un groupe a lancé des projectiles sur les policiers,
qui ont répliqué. - On ne vit pas
dans un monde de Bisounours !
-Il a quatre pattes...
-Moi, le mal... -On le pique.
-... je le regarde droit dans les yeux !
Partout ! Tout le temps !
Pour le combattre !
Et il faut prendre nos responsabilités !
Il faut
tuer ce chien !
-De toute façon, ce chien...
Allez,
tuons-le !
Ouais ! Acclamations
Corne de brume
Cosmos grogne gentiment.
- Ben, j'ai fait neuf mois de chaise.
J'ai pris le guidon et le goudron.
J'ai eu un hématome qui s'est mis sur le nerf optique de mon œil gauche.
Mon œil est mort.
Du côté droit, là, c'est pas la même histoire, c'est...
J'ai perdu la vue, mais j'ai regagné 10 %, de 38 % à 48 %.
Ouais.
C'est la merde, mais voilà, c'est comme ça.
Et Cosmos...
Cosmos, c'est pas un chien guide.
Quand...
quand j'ai voulu me foutre en l'air en avalant des médocs,
il m'en a empêché. Il léchait mes larmes.
- Quand il a dit qu'il l'avait sauvé,
j'aurais aimé sauver quelqu'un. Pouvoir aimer comme ça.
Musique classique triomphale
Mais c'est pas vrai !
Oh, l'ordure !
Soupir horrifié Oh, non !
Pas ma robe !
Oh, quel connard de chien !
Connard de chien !
J'ai tout donné, je croyais avoir passé un cap, j'ai rien compris.
- Il aime pas ton canapé.
- Quoi ?
Mais comment tu sais ça ?
- Chut !
Je communique par des images.
J'ai appris ça chez Poisson Passion.
Des tortues
m'envoyaient des flashs de coquillages pour en avoir.
Il m'envoie...
Il m'envoie la forêt. - La forêt ?
Oui, on y était, hier, dans la forêt.
- Il m'envoie la forêt avec des cris,
des cris de je sais pas quoi.
- Ouais.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
Poils ?
- Quoi ?
- Poils, poils, poils, poils, poils...
Avec de la peau.
Il m'envoie des sexes.
- Des sexes ?
- Oui, je vois un champ de sexes. Des bites,
des bites avec des veines.
Du sperme ?
Sperme !
Du sperme,
mouvements lents,
rapides,
qui coule,
qui gicle haut.
Des langues !
Une langue
qui fait des mouvements.
Pas de chien. - Je vais jeter la souris.
- Seins.
Seins qui durcissent.
Des tétons ?
Tétons bien durs ? OK, avec une langue
qui mordille
des tétons bien durs ? (-Non, non !)
- Je vois pas, là.
Léché par une langue ?
Une langue rose, oui, comme les tétons.
D'accord !
- Je pense pas que ce soit Cosmos qui pense
à ces choses.
- Je me disais, aussi, parce que...
Elle souffle.
Soupir
Je dois te dire que ça fait longtemps. - Moi aussi.
Il marmonne.
- C'est vraiment très agréable d'être sur toi.
- Oh, merci.
Tu veux bien le redire, avec ta grosse voix ?
- Ouais. C'est hyper agréable d'être sur toi.
Elle gémit.
- Je sais pas ce que j'ai.
- Non, c'est bien. - Désolée.
- C'est super.
Je vais te malaxer, je vais te pétrir. - Oh, ouais !
- Avec toi, je me sens le meilleur boulanger de France.
Claque Elle gémit.
Oh, le petit salaud !
Aboiements
Ils rient.
- Tu sais...
Cosmos grogne.
Chez les loups, c'est les dominants qui font l'amour.
Et ça apaise les autres.
- Je me sens libre, aujourd'hui.
- Ah ouais ?
Ils s'embrassent.
Il gémit.
On tape sur un clavier.
(En norvégien)
-Tu vas regretter ton union, elfe nauséabonde.
- Putain,
Joachim, pas par la fenêtre !
Soupir
-Les dieux de la forêt punissent la femme qui butine.
Il fait quoi, lui ?
- Tu arrêtes avec ton truc ?
- C'est le plombier ?
- Pas du tout, il travaille avec les chiens.
- Bonjour.
- Tu es zoophile ? - Pas du tout.
J'aime pas les animaux comme ça.
- Alors, ça va. Je t'ai dégoté des Suédois,
des gays avec un chenil pour chiens irrécupérables.
Ils sont progressistes, dans le nord. - Quoi ?
- Björn m'écrit tous les jours.
-Salut, je m'appelle Björn. - Salut, je m'appelle Ola.
-Nous sommes les époux Lindberg.
-On a construit un dispositif pour accueillir Cosmos.
- C'est quoi ?
-Des matériaux recyclés et de l'huile de coude.
- Ils font des cabanes spéciales ?
-Grâce à un magnétophone que Riku a relié à un réveil,
deux fois par jour, on entend : "Cosmos ! Cosmos !"
- Ouah !
-Avec cela, la porte reliée à une poulie
actionne le distributeur et referme la porte derrière le chien.
- Ils se font chier.
-Les croquettes finies, le système rouvre la porte.
- Putain !
Que des mecs,
homosexuels,
spécialistes des chiens,
isolement quand il mange...
La peine proportionnelle.
- C'est quoi ? - Un principe très beau de notre justice.
En fait, une peine
se doit d'être au plus proportionnel.
Il faut trouver la peine la plus douce pour atteindre le but visé.
La présence d'une peine proportionnelle
rend illégale toute peine plus lourde.
L'euthanasie de Cosmos n'est plus possible.
Quelque part, des gens ont pensé que la vie d'un être vivant
qui ne nous convenait pas devait être respectée.
Quelque part, on pense que tuer cet animal,
c'est nier qui il est.
Car il a pas été créé pour nous. Ça, c'est bien.
Nous ne sommes pas propriétaires des êtres vivants, nous en faisons partie.
Ouais.
Nous avons des ancêtres communs avec les mammifères.
Même des ancêtres communs avec les arbres.
Nous venons tous d'une éponge... Je vais le perdre.
Télévision
Ce verdict, M. le juge,
c'est dire qu'un être existe pour autre chose que nous plaire.
Ce verdict, M. le juge, c'est l'avenir.
- Si Cosmos vit sept ans,
1 200 francs par an. - Et la nourriture.
- Oui. 500 francs mensuels, sur un an...
- 6 000 francs.
- Il doit être surveillé, avec sa bonne bouille.
- Un nounours. - Le seul moyen serait
dans les 4 000 CHF par mois. - Je paierai.
Je veux qu'il vive. - C'est une peine juste.
- 8 000, pour deux personnes,
pour couvrir 24 h,
720 000. - Comptes d'apothicaire,
ça, monsieur.
- Une somme
qui nourrirait 200 réfugiés pendant 6 mois.
Pas des comptes d'apothicaire. - Monsieur.
Je crois profondément, gravement,
que la justice ne devrait pas infliger la mort.
C'est l'échec de notre humanité. Applaudissements
On a aboli la peine de mort
il y a 40 ans. À l'époque,
on tuait que des tueurs ignobles.
Est-ce que Cosmos a tué, monsieur le juge ?
- Applaudissez devant ce visage.
Huées -À MORT !
- C'est pas un meurtre, ça ?
Elle ne pourra plus travailler.
N'aura jamais de partenaire.
- Vous intimidez la cour. - Réparons cette femme.
- On ne tue pas celui qui n'a pas tué.
- Ta gueule ! Cri
Cris outrés
- Je demande à ce qu'on trouve la personne qui a fait ça.
S'il vous plaît ! Cri plaintif
Brouhaha agité
Du calme !
Gémissement plaintif
Du calme !
- Un chien n'est pas l'égal d'un humain,
monsieur le juge !
Il faut l'assumer !
L'espèce supérieure, c'est la nôtre !
Hurlement de loup
Aboiements
- Mesdames et messieurs, monsieur le juge,
on voit à quoi appartient cet animal, il appartient au sauvage.
Un loup mord les siens quand on convoite sa nourriture.
Depuis 40 000 ans, nous les castrons,
nous effaçons leur nature,
nous sélectionnons les dociles.
Le chien est la part du loup avec laquelle l'humain peut vivre.
Mais voilà, un comportement
étouffé par notre civilisation ressurgit chez un chien, Cosmos.
Il devrait mourir pour ça.
Parce que c'est plus simple, moins cher, qu'il disparaisse.
Sa nature trouble la ville et nous trouble.
Mais a-t-on mesuré ce qu'on a à y perdre ?
Malgré tous nos efforts,
notre monde de justice détruit.
Détruit les autres vivants que nous et nous-mêmes aussi.
Je dis "nous", je pourrais dire "moi". "Les femmes".
Je pourrais dire "les femmes", vous ne nous aimez qu'étouffées,
dociles.
Cette décision ne concerne pas qu'un chien.
Elle pose la question du monde dans lequel on veut vivre.
Veut-on vivre dans un monde qui respecte la nature de chacun ?
Sa singularité ?
Ouvrons la porte à ce monde, M. le juge.
Dédommageons la plaignante, mais laissons ce chien en vie.
Une peine comme une promesse.
Un premier pas vers notre place juste.
La première pierre réclamée
par les forêts, les oiseaux, la jeunesse et les femmes.
- Nous allons donner lecture du jugement. Je vous demande de vous lever.
Musique mélancolique
Nous rendons le verdict
dans le procès du chien Cosmos, l'opposant à Mme Furtado,
suite à une blessure au visage.
Suite aux différents témoignages...
- Cette histoire s'inspire de faits réels.
Et parfois, les faits réels...
finissent mal.
Le soir du verdict, les autorités ont fait tuer le chien dans la nuit.
J'avais lancé un appel
à la Cour européenne des droits de l'Homme.
Dariuch n'a pas pu dire au revoir à son chien.
Son collier lui a été envoyé quelques jours plus tard.
"Oiseau" (Bertrand Belin)
-Si j'étais un oiseau
Je survolerais les villes
Je survolerais les campagnes
Les parkings...
- La mort change le destin de ceux qui restent.
Je sais pas si c'est une consolation.
Après sa mort, j'ai ouvert mon cabinet.
Je suis spécialiste en droit environnemental,
le statut des forêts, le droit des animaux.
À travers les procès, gagnés, perdus,
peu à peu, une nouvelle histoire se crée.
- Sinon, pour ma vie privée,
bah, je vous dirai rien.
-Avec le vent...
Sachez une chose, j'ai pas pris de chien.
-Avec les nuages...
- La mort change le destin de ceux qui restent.
- Oukad !
-Je survolerais les vignes
- Oukad !
-Je mangerais les raisins
- Oukad, viens ! Elle siffle.
- Avec l'argent du procès, Lorene a pu s'offrir une autre vie.
-Si j'étais un oiseau
- Elle a gardé son visage.
Si j'étais un oiseau
Mais je ne suis qu'un serpent
Et ma vie est à terre
Et mon ventre, sur la pierre
Où je ferai ma tombe
Je ne suis qu'un serpent
Et de murs en murs
De prairies en prairies
Je perpétue mes hécatombes
D'ailleurs, je mange les œufs de colombe
Si j'étais un oiseau
Cui-cui-cui-cui-cui-cui
Cui-cui-cui-cui-cui-cui
Cui-cui-cui-cui-cui-cui
Musique douce
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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