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Musique sombre.
...
-Que pensez-vous du champagne ?
-Tout le monde est-il Ă son aise ?
Tant mieux.
J'aurais souhaité que nous prenions place à table,
mais j'attends un jeune homme qui arrive de Rome
et qu'on m'a demandé d'introduire
auprès de la société parisienne. Il ne connaît
personne ici et se sent quelque peu perdu.
Isabelle, resservez nos invités.
C'est un privilège
de vous recevoir, sénateur.
-J'espérais m'entretenir avec vous lors de notre bal,
mais vous avez pris congé tôt.
-Les danses allaient commencer et je me suis enfui comme un lâche.
Je suis un piètre danseur. Je trébuche,
je chute et je me ridiculise.
-Danser n'a rien d'obligatoire dans les bals.
-Oh ! J'aurais dĂ» rester.
Avez-vous dansé, comtesse ?
-Non. -Je vous ai proposé une danse,
et vous l'avez refusée. -Comte, merci d'avoir
donné cette potion à Héloïse.
Notre fils, Edouard, a fait une crise le soir du bal,
mais une goutte l'a calmé presque instantanément.
-Mon mari doutait
de l'efficacité de cette potion.
-Je le reconnais.
-Votre profession vous pousse Ă ĂŞtre sceptique.
-Cela se pourrait bien.
Tout ceci m'amène à une question.
Il y a 2 ans, mon père a été frappé par une attaque
qui l'a laissé grandement paralysé.
Alors, je... Je me demandais si...
Je voulais savoir si vous aviez ou si vous connaissiez
une potion susceptible d'améliorer son état.
-Il n'y a pas de remède à l'apoplexie.
-Oui, c'est ce que je pensais.
-Le destin peut se montrer cruel.
Presque aussi cruel que la justice rendue par les hommes.
-Destin et justice ne doivent pas ĂŞtre confondus.
-Ne croyez-vous pas en la providence ?
-Non. -Oh ! Moi, j'y crois.
Mais pas dans son acception religieuse.
-Et dans laquelle,
si je puis me permettre ?
-Dans le sens général où le destin assurera l'ordre
et où la justice sera rétablie.
-Et si ce n'est pas le cas ?
-Eh bien, alors...
l'humanité devra forcer le destin.
-Dieu ne peut pas s'en charger ?
-Non.
Même si je l'ai prié très souvent pour solliciter son action.
-A-t-il répondu à vos prières ?
-Il le fait en ce moment mĂŞme.
-Dites-nous, Monte-Cristo,
qui est cet invité que vous attendez ?
-Permettez-moi de vous présenter, venu de Rome, le comte de Spada.
-Bonsoir Ă vous tous. Mes hommages.
Générique.
...
-Comte de Spada, ma question peut sembler ridicule, mais...
ne seriez-vous pas parent avec feu le cardinal Spada ?
-Hm ! C'était mon grand-oncle. -Oh...
La légende veut qu'il ait été très fortuné.
Il existe mĂŞme un dicton qui dit : "Aussi riche qu'un Spada", non ?
-Vous avez raison pour le dicton, mais pas pour mon grand-oncle.
Il n'était pas riche.
-Ce n'était donc qu'une légende. -Moi,
en revanche, j'ai eu la chance de transformer cette légende
en réalité.
-Vraiment ? -Hm hm.
-Et comment ?
-Il y a quelques mois,
alors que je parcourais l'ancienne bibliothèque de mon grand-oncle...
-Dans la bibliothèque du comte de Spada, j'ai trouvé
ce bout de parchemin.
Il n'y avait rien écrit dessus.
Je l'ai jeté au feu.
-Je l'ai jeté au feu.
-Et ensuite ?
-Alors que les flammes commençaient
à le lécher, des mots et un dessin sont apparus.
-Je l'ai récupéré.
-Je l'ai sorti des flammes. C'était une carte.
-C'était écrit à l'encre sympathique.
-Avec une encre sympathique
qui réagissait à la chaleur. -Une carte ?
De l'emplacement du trésor ?
-Comment le savez-vous ? -Quiconque a étudié l'histoire
des trésors d'Europe connaît l'histoire de César Spada.
Avant d'être empoisonné, il a caché son trésor.
Personne ne l'a retrouvé.
-Jusqu'à très récemment.
-Qu'ĂŞtes-vous en train de dire ? -Peut-ĂŞtre
que si vous laissiez notre ami terminer,
vous le découvririez.
-La carte menait à l'endroit précis où le trésor de César Spada
était caché depuis l'an 1502.
-C'est impensable.
-Incroyable, non ? -Etant
l'unique héritier de cette fortune...
on m'a autorisé à la garder.
Bien sûr, ceci n'est pas de notoriété publique,
sinon les mendiants se bousculeraient
devant ma porte ! -Et avez-vous
ce trésor en votre possession ? -Pas ici.
Il est dans le coffre de mes banquiers, Ă Rome.
-Quelle en est la valeur,
au cours d'aujourd'hui ? -Monsieur, je ne suis pas vantard !
-Isabelle, nous sommes prĂŞts pour la suite.
Mlle Haydée, ici présente, nous a préparé
un repas persan. -Comte de Spada,
le trésor est-il vraiment composé de diamants,
de rubis, de lingots d'or... -Baron, je préférerais éviter
que nous parlions d'argent Ă table. -Pardon.
-Je le lui dis constamment. -J'ai une dernière question.
Qu'est-ce qui vous amène à Paris ?
-Je suis ici pour trouver une épouse.
-(Vous entendez ça ?) -Une épouse ?
-Hm hm.
-Je vous introduirai dans d'autres cercles.
-Merci. -Vous pensez Ă ce que je pense ?
-Absolument.
-Cela pourrait ĂŞtre embarrassant. -Nous trouverons un moyen.
-Veuillez m'excuser.
Je vais aller me repoudrer le nez.
-Je vais voir où en sont les entrées.
Musique mystérieuse.
...
-Allez, hue ! En avant !
-Vampa,
ton voyage Ă Paris porte ses fruits.
-Que dites-vous de ma performance ?
-Tu as été direct à propos du fait de vouloir trouver une femme,
mais tout semble s'être bien déroulé.
-Comte...
L'épouse de M. de Villefort s'est rendue
dans votre laboratoire.
Aurais-je dĂ» l'en empĂŞcher ?
-Ce n'est rien.
Je pense qu'elle est fascinée par tout ceci, rien de plus.
Il n'y a pas de mal.
Merci.
-Louise n'était pas censée vous donner une leçon ?
-Demain, père.
-Est-ce qu'Albert
va venir, aujourd'hui ? -Prendre le thé, oui.
-Hm. Est-ce... Est-ce qu'il...
Est-ce qu'il vous plaît, Albert ?
-On peut difficilement le critiquer.
-Je vois.
Eh bien, Ă plus tard.
-M. le baron...
Que me vaut l'honneur ?
-J'ai décidé d'augmenter
les intérêts générés par votre dépôt
de 1% par an.
-C'est très aimable à vous.
Et pour quelle raison, si je puis me permettre ?
-La générosité.
-Oui. Oui, bien entendu. Une vertu essentielle.
Du vin ? Du xérès, baron ? -Serait-ce
une bouteille de whisky écossais, là -bas ?
-C'est une nouveauté.
Un whisky "single malt".
Je ne puis vous dire quel goût il a.
Il le sert.
-Où réside le comte de Spada durant son séjour à Paris ?
-Au Grand HĂ´tel. -Oh !
Il semble ne manquer de rien.
Excepté d'une épouse.
-Asseyez-vous.
-Oh, je vous remercie.
Il est très bon.
Il a une sorte de goût boisé
très prononcé.
Sinon... j'ai procédé à quelques calculs
basés sur le contenu estimé du trésor des Spada,
et sa valeur dépasse les 650 millions de francs
au cours d'aujourd'hui.
-Doux Jésus ! Tant que ça ? -Je me suis dit la même chose.
Alors...
Savez-vous quel genre de femme le comte de Spada recherche ?
-Comment le saurais-je ?
-Dites-moi ce qu'il aime et ce qu'il déteste.
-Je sais
qu'il n'aime pas les chevaux. -Pourquoi ?
-Je l'ai invité aux courses, mais il a refusé.
Les chevaux l'ennuient.
-L'avez-vous invité à participer à d'autres activités ?
-A une chasse aux canards, mais ça ne l'a pas intéressé.
-Il a l'air difficile. -Hm. Un instant...
Quand j'ai mentionné l'opéra, il s'est montré captivé.
-L'opéra ? Voyez-vous cela !
J'ai discuté avec Eugénie, et...
elle ne semble pas très attirée par Albert de Morcerf.
-Je pensais qu'elle l'adorait. -Non, on ne dirait pas.
-Mais les 2 parties se sont déjà entendues pour un mariage, non ?
N'est-il pas trop tard
pour vous défaire de votre engagement ?
-Hm...
Suivez-moi.
On joue du piano.
-Cela nous fait un point commun.
-Tiens ! Les 2 personnes que j'apprécie le plus au monde !
-Quelle surprise ! -C'est un hasard.
-Pas du tout. Vous êtes venu manger du gâteau et boire du café.
-Gâteau et café. Gâteau et café pour tout le monde !
Je vous présente ma fille, Eugénie. Eugénie, voici
le comte de Spada, dont je vous ai parlé.
-Enchanté.
Votre fille est magnifique, baron. -Oh, merci beaucoup !
Par ici, mesdemoiselles.
Laissez la place, cher monsieur. C'est l'affaire d'un instant.
Asseyez-vous et jouez. Une petite aria, s'il vous plaît.
-Mais, père...
-Chantez. Et chantez bien.
Ces jeunes femmes ne peuvent résister à un piano.
Elle chante de l'opéra. -Asseyez-vous, je vous en prie.
...
-Appréciez-vous votre séjour à Paris,
jusqu'à présent ?
-J'apprécie les Parisiennes.
-Le café et le gâteau se font attendre.
...
M. le comte, avez-vous déjà songé à investir
dans les chemins de fer ?
-Baron, vous m'empĂŞchez de profiter du spectacle.
...
Bravo !
Votre voix est douce comme du miel.
Je suis bouleversé !
-Elles ont leur place sur scène à Rome
ou Ă Vienne. -Apportez du champagne !
-C'est une aria de Kluck, mon compositeur favori.
Merci infiniment !
-Bonne-maman, vous voilĂ ! Avez-vous fait bon voyage ?
-4 jours d'un enfer interminable sur des routes impraticables.
Mais je n'aurais jamais manqué tes fiançailles.
Où est ton père ? -Au travail.
-Et ta belle-mère ?
-A l'intérieur, avec Edouard.
-Garde ce petit garnement loin de moi.
-Prenez mon bras. -OĂą allons-nous ?
-A l'étage. -Je déteste les escaliers !
Si vous étiez venus à Marseille pour signer le contrat de mariage,
cela m'aurait facilité la vie. -Papa ne peut pas se libérer.
-Quoi ?
-Tu es prêt ? -Hm. Bien sûr.
-Voici les 2 personnes que j'apprécie le plus
au monde ! Veuillez me suivre.
J'ai les plans, les schémas, la projection de revenus
et l'estimation des bénéfices
que nous pourrons tirer de notre entreprise.
J'ai soumis la proposition au ministre de l'Intérieur.
La concession sera accordée avant la fin de la semaine prochaine.
-M. Debray ne doit pas être étranger à tout cela.
-Il m'est redevable.
Tenez.
Voici le plan de développement calculé
jusqu'au dernier franc.
-Je n'ai nul besoin de regarder ces calculs.
Je vous fais confiance.
-Oh ! Eh bien, parfait.
Et vous, comte ?
-Ma principale crainte est que le train
ne soit pas adapté au transport de voyageurs.
De marchandises, oui...
Mais les voyageurs, j'en doute.
-Prenez l'exemple de Londres.
Les Britanniques adorent
leurs trains. -Mais nous sommes français.
-Nous leur ressemblons. -(Chut...)
Silence, je vous prie.
On chante au loin. -Oh, euh... C'est ma fille.
-J'ai reconnu sa voix. Vous devez me conduire Ă elle.
-Oh...
Elle est dans cette pièce. -Vous ne m'annoncez pas ?
-Non, inutile. Je l'ai prévenue de votre arrivée.
Elle vous attend, M. le comte.
Soupir de surprise.
-Non, non, non. Ne vous arrĂŞtez pas pour moi !
Elle chante de l'opéra.
...
-Navré,
je vous dérange. Eugénie a-t-elle terminé ?
...
-Comme vous l'entendez, non. Sa leçon a été prolongée.
-Je lui avais dit que je viendrais peu après 14h.
-Malheureusement, ma fille est indisposée.
-Euh... Je... Je ne comprends pas.
Ai-je offensé quelqu'un ?
-Eugénie ne souhaite pas
être dérangée aujourd'hui.
...
-Valentine !
Votre grand-mère veut vous voir.
-J'ai attendu si longtemps ! Quand doit avoir lieu
la signature du contrat ? -Demain après-midi.
-Je viendrai au matin.
-Je ne peux pas. C'est impossible. -N'épousez pas Franz.
Je vous aime, Valentine.
-Je ne peux pas. Pardonnez-moi. -Valentine !
-Viens, ma petite chérie.
-Etes-vous bien reposée ? -Je suis percluse de bleus
à cause de cette voiture, mais assez parlé de moi.
Tu dois avoir hâte d'être à demain !
-En effet.
-Tu l'aimes,
cet homme ? -Franz...
est très attentionné. -L'amour n'est pas
le plus important. Si tu l'apprécies,
tu apprendras à l'aimer. La dernière volonté
de ton grand-père était que l'union
entre nos 2 familles soit cimentée. S'il était en vie,
il serait très heureux.
Tout comme ta maman.
Dieu ait son âme !
-J'aimerais qu'elle soit lĂ .
-Dieu l'a rappelée.
Et bientĂ´t, il me rappellera Ă mon tour.
Et le jour où il le fera, ton avenir sera assuré.
Je vais tout te léguer.
A toi et Ă toi seule, Valentine.
Cela ne te fait pas plaisir ?
Viens !
Va, maintenant. Je te reverrai lors de la signature
du contrat de mariage.
-Valentine !
Est-ce que tout va bien ?
-Oui, ça va.
-Il existe un autre moyen d'échapper à ce mariage.
A une époque, vous souhaitiez entrer au couvent.
Je suis sûre
que si c'est votre choix, personne ne vous en voudrait.
-Mais... qu'arriverait-il Ă bon-papa ?
-Il a Barrois et nous pour prendre soin de lui.
-Si j'entrais au couvent et prenais le voile,
tout mon héritage
irait à mon père. -Je l'ignorais.
-Vous le savez parfaitement.
Il serait ensuite transmis Ă Edouard,
son fils unique.
C'est ce que vous souhaitez. N'est-ce pas, Héloïse ?
-Je ne faisais que vous prodiguer un simple conseil,
d'une femme Ă une autre.
Musique mystérieuse.
...
-Du vin, du vin, du vin...
-Tu connais le fils Morrel, Max ?
Il est amoureux de la fille Villefort.
-Valentine. Je sais.
Le pauvre bougre perd son temps, malheureusement.
Elle s'est fiancée à Franz d'Epinay.
Elle est de ces jeunes femmes
qui obéissent toujours à leur père.
-Le comte veut empĂŞcher ce mariage. -Hm...
La famille d'Epinay est composée de fervents royalistes.
-Et donc ?
-J'ai lu quelque chose à propos du père de Franz.
Il a été...
Il a été assassiné.
Je vais aller à la bibliothèque pour me rafraîchir
la mémoire. -Dans ce cas-là , fais-le vite.
Le comte est impatient.
-Comte ! Comment allez-vous ? -Très bien, Valentine. Merci.
-Mon père et ma belle-mère sont absents.
-Je le sais.
Je viens voir M. Noirtier.
-Mon grand-père ne peut parler. -Il n'en aura nul besoin.
Il n'aura qu'à écouter ce que j'ai à lui dire.
-Qui est-ce, Valentine ? -Voici le comte de Monte-Cristo.
Il vient voir bon-papa.
-Bonne journée, M. le comte. -A toi aussi, mon garçon.
Il s'éloigne.
-S'il cligne des yeux, cela veut dire oui.
S'il ferme les yeux, cela veut dire non.
-J'ai besoin de m'entretenir avec lui en privé.
La porte se ferme.
Merci de me recevoir, monsieur.
Puis-je vous parler franchement ?
Votre petite-fille va épouser Franz d'Epinay contre sa volonté.
Elle est profondément malheureuse.
Elle a encore toute la vie devant elle.
Personne n'a le droit de priver qui que ce soit de son bonheur.
Surtout pas quelqu'un d'aussi jeune que Valentine,
monsieur.
Et je pense que vous pourriez l'aider.
Musique pesante.
...
-M. d'Epinay,
les noms de vos témoins ? -Le vicomte de Morcerf...
et M. Beauchamp.
...
-Et les vĂ´tres,
M. de Villefort ?
-Moi, Gérard de Villefort, et Mme la marquise
de Saint-Méran.
Il écrit.
...
Qu'y a-t-il, Barrois ?
-M. Noirtier souhaite voir M. d'Epinay.
-Pour quelle
raison ? -Pour lui communiquer
une information en amont de la signature.
-Non, cela tombe
mal Ă propos. -Je vais y aller, M. de Villefort.
Nous avons tout l'après-midi.
-Suivez-moi,
monsieur.
-Père, soyez bref.
Vous retardez les démarches.
-Cette lettre...
Vous voulez que M. d'Epinay la lise
Ă haute voix ?
-De quoi s'agit-il ? -Ce sont des aveux
que M. Noirtier m'a dictés en début d'après-midi.
-"Je soussigné M. Noirtier reconnais faire les aveux suivants,
"de mon plein gré et sans remords aucun.
"Le soir du samedi 4 mars 1815, je..."
C'est le soir où mon père a été assassiné !
"Croyant...
"Croyant que le général d'Epinay prêtait désormais allégeance
"à l'empereur Napoléon, je l'invitais à une réunion secrète
"du Comité bonapartiste, à Paris,
"où les détails du plan de Napoléon lui furent révélés.
"Au cours de cette réunion, il devint évident
"que le général d'Epinay risquait de divulguer ces informations,
"et, craignant d'ĂŞtre trahis et de nous retrouver en danger...
"il fut décidé...
"dans l'intérêt de notre cause...
"de nous assurer qu'il n'en fasse rien.
"Je décidai de garder un oeil sur lui.
"Au lieu de rentrer à son domicile, le général d'Epinay
"marcha en direction du palais du roi.
"Il devint clair pour moi
"que son intention était de nous dénoncer.
"Il tira son épée...
"et moi, la mienne.
"Ensuite...
"nous nous affrontâmes..."
Cri de douleur.
"Et je le tuai."
Epouser la femme dont l'aïeul a tué
mon père est insensé.
-Qu'est-ce qui t'amène à Paris ?
-Je... Il se racle la gorge.
Qu'avez-vous ?
Vous avez saigné.
-Ce n'est rien.
Je me suis coupé hier soir sur une rambarde rouillée.
-M. d'Epinay...
Monsieur, j'espère que...
vous ne croyez pas un traître mot des élucubrations
d'un esprit malade.
Regardez cet homme. Il est souffrant.
Il est fou.
-Ce ne sont pas les aveux d'un fou.
-Pouvons-nous reprendre ?
-Je suis navré.
Nous partons.
-Mais que se passe-t-il ?
-Messieurs !
Je vous implore de... Tout ceci
n'est qu'un malentendu.
-Il n'y a qu'une chose qu'on ne peut pas reprocher
à M. Noirtier. Ce n'était pas un assassinat, mais un duel.
-Mais ce n'est pas vrai. -Adieu, monsieur.
Partons !
Musique sombre.
...
-Pour qui est-ce ?
-Pour bonne-maman. -Oh ! C'est une tisane, non ?
-Oui. -Barrois vous cherche.
Votre grand-père veut vous dire bonne nuit.
Je peux apporter sa tisane Ă la marquise.
-Ca ira. Je vais le faire.
Je n'en ai pas pour longtemps.
Musique mystérieuse.
...
-Je partirai Ă la 1re heure demain matin.
-Rien ne s'est déroulé comme prévu. -Le père de ton père
est diabolique. Il l'a toujours été.
-C'est horrible de dire cela.
-Bonne nuit, mon enfant.
-Bonne nuit.
...
-Docteur ! -Bonjour.
-Par ici.
-Il semble qu'elle ait énormément souffert.
Qui l'a vue en vie en dernier ? -C'est moi.
Je lui ai apporté sa tisane.
-Elle ne s'est plainte de rien ? -Non, rien.
-Aucune gĂŞne ? -Non.
Il renifle.
-Apportez-moi du sucre.
Une cuillerée devrait suffire. -Qu'y a-t-il, docteur ?
-Qui a préparé cette tisane ? -Valentine.
-Et qui l'a apportée ici ? -Valentine également.
Elle a insisté pour la monter elle-même.
Musique pesante.
...
-Merci.
...
C'est ce que je pensais.
La marquise a été empoisonnée avec de la brucine.
...
-Les voilĂ .
-M. De Villefort...
-Ma fille est à l'étage. Elle vous attend.
Euh...
Elle sera...
Elle sera bien traitée, là -bas ?
-Eh bien, j'ai parlé au gouverneur de la prison,
et elle aura droit aux meilleurs égards possibles.
Veuillez me suivre.
Musique sombre.
...
Il est temps d'y aller.
...
Elle lui sert Ă boire.
-Qu'y a-t-il ?
-Votre déjeuner est servi, monsieur.
-J'avais remarqué, oui.
Merci.
-Monsieur, nous sommes inquiets pour vous.
-Inquiets pour moi ?
De quoi diable parlez-vous ?
-Nous vous entendons,
durant la nuit, faire les 100 pas.
Tard dans la nuit et aux 1res heures du jour.
Vous montez et descendez.
C'est comme si vous ne dormiez jamais.
-Je dors, Isabelle. Cependant...
j'ai besoin de très peu de sommeil.
Ne vous en faites pas,
je vais bien.
Brouhaha au loin.
...
-Alors ? -J'ai surveillé le valet du comte.
Il rend parfois visite à un dénommé
Caderousse. J'ai pensé qu'ils étaient
simplement amis, mais ensuite, je me suis mis Ă enquĂŞter
sur ce Caderousse. Il semble jouir d'une certaine
aisance financière.
Il passe son temps dans les bibliothèques,
Ă parcourir de vieux journaux...
et Ă se renseigner sur 3 personnes.
Vous, M. de Villefort,
votre ami banquier, le baron Danglars...
et le comte de Morcerf.
-Le comte nous a invités tous les 3 à souper, l'autre soir.
-Je doute que ce soit une coĂŻncidence.
Voulez-vous... -J'ai besoin
de savoir ce que manigancent ce Caderousse
et ce satané Monte-Cristo ! -Je ne peux pas...
-Non, bien sûr... Putain !
Cela vous suffit.
Je veux tout savoir.
Est-ce clair ?
Musique mystérieuse.
...
-Rien à signaler à l'extérieur.
...
Grincement.
On approche.
-Qui va lĂ ?
Il respire nerveusement.
Il souffle.
Il est tard. Que fais-tu
encore debout ?
-Que va-t-il advenir de Fernand Mondego ?
-J'attends toujours une réponse du sultan.
Quoi qu'il arrive, je devrai révéler son vrai visage
afin qu'il soit déshonoré publiquement.
-Cela fera du mal Ă sa femme et Ă son fils.
-Il ne peut en ĂŞtre autrement.
Mais n'oublie pas,
eux aussi ont tiré profit de ses actes de félonie.
Le jour de ton arrivée, tu m'as avoué que tu voulais
venger la mort de ton père, et c'est ce que nous allons faire.
Tu ne devrais pas te préoccuper de tout ceci.
Vraiment, je t'assure.
-Le valet du comte de Monte-Cristo a déposé ceci pour vous, madame.
-Merci, Marie. Vous pouvez disposer.
"En gage de ma gratitude."
-Je ne serai pas lĂ pour le repas. Elles sont magnifiques.
-Quel genre d'homme offre à une femme mariée
des boucles d'oreilles ?
Sa gratitude pour quoi ?
-Peut-être pour avoir accepté son invitation
Ă souper.
-Je ferais mieux de les lui renvoyer.
-Vous ne le comprenez pas. Il est généreux par nature.
A plus tard, mère.
La porte se ferme.
-Vous avez encore fait des dépenses inutiles ?
-Il s'agit d'un présent. -De la part ?
-Du comte de Monte-Cristo.
-Il semble vous vouloir pour maîtresse.
-Ca ne lui ressemble pas. -Vous pensez qu'il se contente
de baiser sa jeune protégée ?
-Vous avez bien mauvais esprit, Fernand.
-J'ai des yeux, Mercédès.
Je vous ai vus, au bal.
Vous étiez seuls dans le jardin. -Il n'y a aucun mal à cela.
-C'est embarrassant. -Je vous en prie !
-Et lors du souper,
votre façon de le regarder, de lui parler...
Je ne suis pas aveugle.
-Cela doit être terrible de vivre tourmenté
par la jalousie.
-J'exige que vous lui renvoyiez ces boucles d'oreilles.
-Navrée, je refuse.
-Vous me tenez tĂŞte ?
-Elles me vont Ă ravir.
Fernand !
Musique douce.
...
Merci d'ĂŞtre venu.
-Puis-je vous demander pourquoi ici ?
-Je ne connais personne
qui fréquente ce parc.
-Je vois.
J'ai peu de temps. Le baron Danglars m'attend Ă 16h.
-Ce ne sera pas long.
J'ai bien peur de...
-Qui vous a fait ça ?
Mercédès ?
-Vous ne m'aviez jamais appelée ainsi.
-N'est-ce pas votre prénom ?
-Je me dois de vous rendre ceci.
-Vous ne les aimez pas ?
-Je les aime, mais mon mari les déteste.
-Est-ce la raison de votre querelle ?
-Oui.
Dites-moi, comte...
Etes-vous déjà sincèrement tombé amoureux ?
-Une fois.
-Que s'est-il passé ?
-J'ai dĂ» m'absenter un certain temps, et...
-Elle ne vous a pas attendu ?
-Elle a cru que j'étais mort.
-Peut-ĂŞtre vous attend-elle toujours.
-Non.
Elle a refait sa vie, depuis.
C'est devenu
une autre femme.
Et je suis devenu un autre homme.
Cliquetis métallique.
J'ai bien peur de devoir prendre congé.
-Je suis navrée...
pour les boucles d'oreilles.
Je...
-Les boucles m'importent peu.
Au revoir.
-Non, attendez...
Musique sombre.
...
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