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- Tu as la note? - Oui, je l'ai.
Tiens-la bien. Deux, trois, quatre...
Le quartier Fordham du Bronx : chez moi.
Un monde à part.
On peut aller partout d'ici en 15 minutes...
mais on se croirait à 5000 kilomètres.
L'église du Mont-Carmel.
Le son de ses cloches remplissait le quartier.
Nous étions en 1960, l'époque du «doo-wop».
Il semblait y avoir un groupe de «doo-wop» à tous les coins de rue.
Quelle époque !
Les Yankees affrontaient les Pirates dans la Série mondiale...
et Mickey Mantle était mon idole.
Papa m'emmenait voir les Yankees au stade.
Ici, c'est Chez Bippy, où la bande se réunissait.
Je vous en reparlerai plus tard.
Ça, c'est mon immeuble. J'habite le troisième.
187 e Rue, numéro 667.
Ça, c'est mon porche.
Les beaux soirs d'été, dans tout le quartier...
les jeunes Italiens faisaient la cour aux filles.
- Eh, Marie !
- Monte dans la foutue bagnole ! - Non !
- Monte ! - Fiche-moi la paix.
- Tu sais que je t'aime. - Dis pas de conneries.
Monte dans la foutue bagnole !
Et là, sous le lampadaire...
il avait le grand caïd du quartier : Sonny.
Tout le monde aimait Sonny et le traitait comme un dieu.
Dans mon quartier, c'était un dieu.
Je m'asseyais sur le porche et je l'observais, jour et nuit.
Mais il me regardait jamais.
Jamais, jusqu'à ce qu'un jour.
- Qu'est-ce que tu veux ? - Il y a de la place pour nous ?
Tu voudrais bien.
UNE HISTOIRE DU BRONX
«Confiserie Jouets - Sodas»
- Eh ! Merde ! - Allons-nous-en !
Lui, c'est mon père, Lorenzo Anello.
Il chauffait le bus de la 187e Rue. J'adorais aller avec lui.
Ça, c'est moi, Calogero, à neuf ans.
A plus tard, papa.
Monte tout droit, fiston.
Ma mère, Rosina. Ils se sont connus à une danse, elle et mon père.
Ils sont tombés en amour et ils sont ensemble depuis.
Ouais, tu écoutes toujours. Fais gaffe avec cet enfoiré...
Allez. Descends-le !
Chez Bippy, c'est là où la bande se réunissait.
Débarrasse, connard ! Tire-toi !
Tony Mou était officiellement propriétaire du bar.
En réalité, Sonny était le patron.
Tony était un chanteur frustré. Personne voulait l'entendre chanter.
Alors, par dépit, il ne disait jamais un mot.
Il le chantait.
On l'appelait Tony Mou à cause de son affreuse moumoute.
Eddie Bouillie était un joueur dégénéré.
C'était le plus grand raté du monde.
Il réduisait tout en bouillie, d'où son surnom.
J'ai besoin d'un gagnant.
A l'hippodrome, le caissier lui donnait les tickets déjà déchirés.
J'avais les Yankees. Ils ont perdu.
Si c'était pas de la malchance, j'aurais pas de chance du tout.
JoJo la Baleine.
On marchait pas avec JoJo, on flottait avec lui.
JoJo prenait du poids d'heure en heure.
La légende disait que son ombre avait déjà tué un chien.
Lui, on l'appelait Frankie Moka...
parce qu'il avait une bouille de gâteau au café.
Difficile à regarder en face.
Eh petit, comment ça va ?
Lui, c'était Jimmy Chuchotis, le bras droit de Sonny.
Ils l'appelaient Chuchotis parce qu'il n'avait que des secrets.
Danny K.O. pouvait défoncer n'importe qui...
et Bobby Barreaux passait la moitié de sa vie en taule.
C'était la bande de Sonny et personne se colletait avec eux.
Je t'ai dit un million de fois de pas mettre les pieds ici ?
Je t'ai dit de monter ! Attends que je le dise à ton père !
- Qu'est-ce que tu faisais là ? - Je cherchais papa.
Comme c'est gentil !
Faut que j'aille faire une course. Attends-moi ici.
Tu m'entends ?
J'essayais toujours d'imiter Sonny. Mais il me regardait jamais.
Sonny avait cinq doigts...
mais n'en utilisait que trois.
Allez. Viens. Vite. Marche.
Je ne veux pas de steak.
Non ? Tu sais combien de tours de bus j'ai faits...
- pour mettre du steak sur la table. - Sept.
- Qui te l'a dit ? - Personne. J'ai compté.
Ton père veut te parler.
- A propos de quoi ? - T'es allé au bar aujourd'hui.
- Je suis pas allé au bar. - Dis la vérité à ton père !
- Je suis allé au bar. - Pourquoi t'as menti ?
- J'ai tenté ma chance. - Tu veux y voir.
Qu'est-ce que je peux dire ? Bel effort.
Lorenzo, je t'en prie !
Comment je peux l'empêcher ? Le bar est à deux pas d'ici.
Papa a raison. Écoute-le.
Tais-toi. Personne te parle.
Donne-moi ton assiette.
Je veux que tu m'écoutes. Approche pas du bar.
Reste sur le porche.
Quand tu seras grand, tu comprendras.
- Tu me vois pas entrer là. - Maman te laisse pas non plus ?
- Qu'est-ce que je vais faire avec lui ? - Je sais pas, je l'ai toute la journée.
Je blague. J'irai pas au bar.
Regarde ce que j'ai. Deux billets pour le stade des Yankees, au centre.
- Derrière Mickey Mantle ? - Juste derrière le numéro 7.
- Maintenant, mange ton steak. - Oui !
Allez, Alfie.
C'est Phil, le colporteur.
Il appelait tout le monde «pédés».
Mes amis et moi, on adorait le taquiner.
Le Lissé et Mario le Fou étaient mes meilleurs amis.
Le Lissé était surnommé ainsi à cause de ses cheveux.
Mario portait ce surnom parce qu'il était carrément fou.
Je vais vous casser le cou, bande de petits pédés.
Approchez pas des fruits ! Touchez pas aux fruits !
Foutus pédés !
Je vais vous botter le cul ! A tous les trois !
Je vais vous botter le cul, petits casse-couilles de merde !
Approchez pas des salades ! Qu'est-ce que vous pensez que c'est ?
Demandez à vos parents de vous donner à manger !
Je vais vous botter les fesses, petits casse-couilles de merde !
T'en as pris combien ?
T'arrêtes jamais d'emprunter du fric !
Oh ! Merde ! Moka est encore dans la merde.
Qu'est-ce que je peux faire ?
Quelqu'un va se faire botter le cul.
Regardez, les gars. Mario, qui c'est ça ?
C'est Jimmy Chuchotis.
T'es mieux de lui reparler. Il est responsable de toi.
Regardez, attendez.
C'est Sonny.
A ton tour, grande gueule.
Fais-en un difficile, comme Moka.
- Je peux pas imiter Moka ! - C'est difficile.
Mets-toi une moustiquaire sur la gueule.
Enfoiré.
Ces nègres ont du culot de venir dans le quartier.
Ils font que passer en revenant de l'école.
- Qu'est-ce que t'en sais ? - Mon père me l'a dit.
on père m'a dit que ça commence comme ça.
Allez-vous-en, sales nègres !
Foutez le camp chez vous !
Vous avez de la chance d'être dans le bus !
Retournez d'où vous venez !
Venez pas chez nous ! On va vous botter le cul !
Pourquoi ?
T'arrêtes jamais. Dégage d'ici !
Personne te bat, Sonny.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Enculé ! - Enculé toi-même !
Fils de pute ! Je vais t'arracher la tête !
Je vais te faire sauter la cervelle !
Qu'est-ce qui se passe ici ?
Donne-moi le flingue !
Enlève la bagnole de là !
Vite !
Quand Sonny m'a regardé, je suis devenu sourd.
J'entendais plus rien.
Tout ce que j'ai vu, c'est Sonny, le revolver à la main.
Qu'est-ce qui est arrivé ?
Papa, c'était juste une question de stationnement. Tu comprends pas.
- Chéri, ça va ? - Entre.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Ça va, maman.
J'ai eu si peur.
Tu comprends pas. Ils se battaient pour une place de stationnement.
C'était pas ça. Ils se sont croisés au mauvais moment.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? - Laisse tomber.
Il est bien. C'est ce qui compte.
Je peux pas croire qu'on fait ce genre de truc.
Qui est là ?
La police. Nous sommes bien chez les Anello ?
Oui. Je peux vous aider ?
On voudrait vous poser une couple de questions.
- A propos de quoi ? - Ouvrez !
Je suis le détective Belsik. C'est le détective Vella.
Salut, fiston. Madame.
On voudrait juste poser des questions au gamin.
Il y a eu des coups de feu dehors. On croit que votre gosse était là.
Il en sait rien.
Il y a des gens qui l'ont vu.
Ils se trompent. Il en sait rien.
On peut vous rendre ça facile ou difficile, c'est au choix.
Je m'en fous. Il sait rien.
Papa, je sais tout.
Les enfants. Des fois, ils pensent avoir vu.
On l'a pas choisi au hasard. On sait qu'il était là.
Écoute, fiston, voici ce que tu vas faire.
Descends avec ton père. On a aligné des hommes.
Je veux que tu nous dises qui tu as vu avec un flingue.
C'est tout. Tu crois que tu peux faire ça pour nous ?
Bien. Allons-y.
. Anello, descendons.
- Nous ne serons pas longs. - Ça va aller pour lui ?
Ça va aller. Ils reviennent dans deux minutes.
Voilà Lorenzo.
Retournez-vous, les gars.
Vous deux, enlevez vos chapeaux.
Relevez la tête. Regardez droit devant vous.
- Est-ce que c'est lui ? - Non.
Lui ? Regarde devant.
Lui ?
Regarde-nous. C'est lui ?
Réponds-moi. C'est lui ?
Lui ? C'est lui ?
Réponds.
Lève les yeux !
Est-ce que c'est lui ?
Continuons. Regarde-nous dans les yeux.
Regarde-moi. C'est ça.
Est-ce que c'est lui ?
- Lui ? - Non.
Regarde cet homme. C'est lui ?
Eh ! Regarde ici.
Et lui ? C'est lui ?
Donne-moi une réponse.
- Vous êtes satisfait ? - Non.
- Il sait rien. - Oui, oui, il sait rien.
- Il dit qu'il peut pas vous aider. - Va faire une marche.
- Allez. Va te promener. - Viens, mon gars.
Vous pouvez respirer. Allez-vous-en.
- On les a eus, papa. - Oui.
J'ai donné personne.
Non, t'as donné personne.
J'ai fait une bonne chose, non ?
Oui, t'as fait une bonne chose pour une crapule.
J'ai fait une bonne chose pour une crapule.
Je ne comprenais pas à 9 ans.
Tout ce que je savais, c'était...
qu'il y avait rien de pire qu'un mouchard dans mon quartier...
et j'avais pas mouchardé.
Pourquoi t'as dit que j'ai fait une bonne chose pour une crapule ?
Parce que des fois, tu dois faire des choses qui sont pas bien.
Tu comprends ?
Non. Je pensais avoir fait ce qu'il fallait.
Maintenant, je suis pas sûr d'avoir fait ce qu'il fallait.
Tu as fait ce qu'il fallait. Quand tu seras grand, tu comprendras.
Ta mère et moi, on t'aime beaucoup.
Demain, je t'emmène sur le bus avec moi. D'accord ?
«Bienvenue à City Island»
City Island était le dernier arrêt d'autobus de mon père.
C'était un de nos endroits favoris.
C'était une sorte de vacances d'une journée.
Mon père écoutait du jazz et on parlait de base-ball.
Je peux manger une glace ?
D'abord, on fait notre travail. Je t'achète une glace après.
D'accord, papa.
Tiens.
- Faisons le jeu. - On va voir si t'es bon.
Quel est le dernier joueur à avoir gagné la triple couronne ?
Mickey Mantle. Moyenne au bâton : .353.
Points produits : 130. Circuits : 52.
- Ça c'est très bien. - C'est le meilleur joueur.
Joe DiMaggio a été le meilleur de tous les temps.
Le «Yankee Clipper». Une série de 56 matchs consécutifs.
- Personne l'a battu. Non ? - Personne l'a battu.
- Pourquoi il était si bon ? - Parce qu'il était Italien ?
- C'est en partie vrai. - Alors, pourquoi ?
Parce qu'il avait plus de talent que tous les autres. Voilà pourquoi.
- J'ai du talent, papa ? - Bien sûr que t'en as.
Je pourrai jouer au base-ball ?
Tu pourras faire tout ce que tu veux.
Le pire malheur dans la vie, c'est de gaspiller son talent.
Si t'as du talent et tu fais pas ce qu'il faut, t'arriveras à rien.
ais si tu fais ce qu'il faut, tu peux pas ne pas réussir.
- Tu me comprends ? - Tu as raison.
- Allons acheter cette glace. - Bien.
- Je ferme les portes ? - Oui.
T'es prêt ? Attention.
- Tu l'as ? - Je l'ai.
Toute ma vie, mon père m'a dit de pas gaspiller mon talent.
Dépêchons-nous. Le match va commencer.
36 683 personnes au stade pour voir le dernier match...
de la série de 1960.
Et quel match extraordinaire !
Moose Skowron, avec un coup sûr à l'intérieur.
Son douzième coup sûr de la Série mondiale de 1960.
On demande une pause. Blanchard revient--
Allons, Sonny.
Un retrait, sans aide, de Nelson, met fin à la sixième manche.
Frappeur gaucher. Elroy Face...
regarde son receveur, Hal Smith.
Il prend son élan. Se prépare à lancer.
Première balle à Blanchard.
Au revoir, papa.
Va tout droit à la maison et regarde le reste du match.
Reste pas dans la rue.
Eh, Lorenzo, comment tu vas ?
Continue à chauffer. Je veux te parler.
T'as un bon gosse.
Merci.
Sonny apprécie ce que vous avez fait.
Tant mieux. Je suis content que tout se soit bien passé.
Il veut te remettre ça.
Tu nous passes quelques numéros et on te paiera 150$ par semaine.
- Tu le fais dans ton bus. - Je suis employé de la ville.
- Je pourrais perdre mon job. - Pensez-y.
Je ne peux pas.
150$ par semaine. Tu veux pas y penser ?
Je peux pas le faire. C'est pas pour moi.
Sonny sera désappointé, je lui donnerai ta réponse.
Arrête le bus. Je veux descendre.
- Ils m'ont offert du boulot. - Pour faire quoi ?
Des paris. J'ai qu'à laisser des bouts de papier...
et je touche 150 par semaine.
Qu'est-ce que t'as dit ?
Qu'est-ce que tu penses ? J'ai refusé.
Quoi ?
Je ne sais pas. 150 dollars ? Ce sont que des numéros.
- Tu crois que je devrais accepter ? - Je ne sais pas.
Tu t'associes à ces types-là et sans te rendre compte, 1, 2, 3...
Peut-être que t'as raison.
- Je vais voir le petit. - Viens ici.
- Quoi ? - Viens ici.
Tu regrettes pas d'être mariée à un chauffeur d'autobus ?
Je me suis amourachée de ton uniforme.
Le jour des funérailles, je me suis senti très mal.
J'ai pris conscience que j'avais menti et commis un péché mortel.
Je voulais me faire pardonner.
Bénissez-moi, mon père, parce que j'ai péché.
Il y a un mois que je me suis confessé...
et j'ai péché : j'ai manqué la messe du dimanche deux fois...
j'ai été témoin d'un meurtre et j'ai menti...
- J'ai mangé gras un vendredi-- - Attends. Recule un peu ?
J'ai mangé gras un vendredi ?
Non. Un peu avant.
- J'ai vu un meurtre ? - Oui, c'est ça.
Tu te rends compte de ce que tu as dit ?
C'est arrivé juste une fois.
- Tu sais ce qu'est le 5e ? - Oui, mon père, je le sais.
«Je refuse de répondre de peur de m'incriminer.»
Le cinquième commandement.
«Tu ne tueras point.»
Maintenant, dis-moi ce qui s'est passé.
Non, mon père, je dirai rien à personne.
N'aie pas peur, mon fils. Personne n'est plus fort que Dieu.
Je sais pas. Ton bonhomme est plus fort que le mien là-haut...
mais le mien est plus fort que le tien ici bas.
Tu as raison. Dis 5 Pater et 5 Ave Maria.
Pour un meurtre ? C'est pas mal.
- Qu'est-ce que t'as dit ? - Au revoir, mon père !
C'était bien d'être catholique et de se confesser.
On pouvait recommencer toutes les semaines.
Eh, fiston !
Sonny veut te voir. Personne va piquer ta bicyclette.
Ce sont de bons gosses. Ils ont fait un boulot pour moi.
- Reçois-les. - C'est à toi de décider.
Voilà le gosse, Sonny. Entre. N'aie pas peur.
Comment tu vas, fiston ?
Bien.
Finalement, on se rencontre.
T'as peur de moi ?
- Non. - C'est bon.
Comment tu t'appelles ?
Calogero.
C'est un grand nom. T'as un surnom ?
- Comment t'appellent tes amis ? - Calogero.
Ça a du sens.
T'es un fana des Yankees ?
Assieds-toi.
Viens ici. Assieds-toi à côté de moi.
Tu dois être déçu que les Yankees aient perdu.
Bill Mazeroski, je le hais.
Il a fait pleurer Mickey Mantle. Les journaux disent qu'il a pleuré.
Mickey Mantle ? C'est pour ça que t'es déçu ?
Mantle fait 100 000 par année. Combien gagne ton père ?
- Je sais pas. - Tu sais pas.
Si ton père a besoin de fric, va voir Mickey Mantle.
Mickey Mantle se fout de vous autres. Pourquoi tu t'inquiètes de lui ?
Personne ne s'inquiète.
Je peux vous poser une question ?
Bien sûr.
Avez-vous tué ce type pour l'espace de stationnement ?
Quand tu grandiras, tu comprendras.
Après ce jour-là, mes sentiments pour les Yankees ont changé.
J'ai commencé à passer beaucoup de temps avec Sonny.
Après l'école, je me sauvais de la maison dès que je pouvais.
Je leur servais du café pour les pourboires.
- Des paris ! - Je parie 100.
Vas-y, Sonny !
Enfant de pute !
Je vais te casser le bras.
Tiens, petit, pour toi.
- Prête-moi 100. - Tu sais ce qui va arriver !
- J'ai un pressentiment ! S'il te plaît ! - Donne-moi 100.
- Je joue, je joue ! - Allez. Donne-lui les dés.
Donne-lui les dés.
- Il fait une chaleur d'enfer. - Vas-y, Bouillie, un don.
- Finis-en, Bouillie. - Allez, les dés.
on gamin a besoin de godasses. Allez, un sept !
Allez ! Allez, les dés !
- Et sept ! - C'est pas la peine de regarder.
- J'ai perdu ! J'ai perdu ! - Va-t'en.
Sortez-le d'ici !
Il n'a jamais eu un numéro de sa sacrée vie !
Apportez-moi les dés. Où est le gosse ?
- Mets le café sur mon addition. - Oui, dégage.
Où est le gosse ? Le gosse va lancer les dés pour moi.
Sonny, laisse pas le gamin lancer les dés !
- Ça te dérange ? - Pas du tout.
Je veux que tu lances les dés.
- Je sais pas jouer aux dés. - Ça va. T'as qu'à m'écouter.
Tu comprends ce que je t'ai dit ?
Mets 500 pour le gosse.
J'ai 100 ici !
Tu peux cesser de t'appuyer sur moi, s'il te plaît ?
- Tu m'empêches de respirer. - Eh, JoJo, calme-toi !
Je veux jouer aussi.
Faut que tu touches le mur. Tu peux. Touche le mur.
- Tu peux y arriver. - Attendez, attendez !
Je parie pour Sonny.
Je veux pas que ton fric touche le mien.
Quoi, il est pas bon ? Mon fric ne vaut rien ? Pourquoi ?
Parce que tu portes malchance, voilà pourquoi !
Mettez-le dans les chiottes ! Enlevez-le d'ici !
Entre là-dedans, perdant !
Laisse-le en dedans !
Lance les dés.
Il y a beaucoup de fric sur toi. Vas-y.
- Donne-nous un sept. Allez. - Lance les foutus dés.
Mets mille balles sur le sept.
Tu peux le faire, c'est bien ? Tu peux. Tu--
Cesse de me respirer dans le dos, enfoiré ! Tu me tues !
Je tiens un bon filon. Cesse de me souffler dessus !
- Mets-le dans les chiottes ! - Eddie est là. C'est rempli.
Je m'en fous ! Mets-le en dedans !
- Donne-moi un sept. - Colle le mur.
Lance les foutus dés !
On a un quatre ! C'est bon.
Quatre, c'est ce qu'on a.
- Allez ! Lance les dés ! - Donnez-lui une autre chance !
Qu'est-ce qu'il a ce fric ? Il est faux ou quoi ?
Je parie 500 que le petit réussit un quatre.
500. Faites vos jeux.
- 22 sur le quatre. - Je mets 100.
- Qui veut parier le 4 ? - 140 qu'il le fait pas.
140 qu'il le fait pas.
- Je dis qu'il fait le 4. - Jamais.
- Allez. Tu peux. - J'essaie de lancer un sept.
- Pas sept ! - D'accord, donne-moi un 7 !
- Ta gueule ! - Silence !
- Tu peux y croire à ce petit ? - Personne se moque du petit.
Les sept ne valent plus rien.
- Colle le mur. - Sors un quatre.
Faut que tu le fasses.
Frankie Moka, ça va pas.
Il peut pas voir sa tronche quand il lance mes dés.
Apportez une serviette. Mettez-la sur sa tête.
Je veux pas de serviette sur la tête. C'est gênant.
Mets-le dans les chiottes !
Minute. J'ai du fric là-dessus !
Dégage, enfoiré !
Mets-le dans les chiottes ! Viens ici.
- Il nous enferme, fripouille. - Très humiliant.
Il me faut ce point-là. Écoute !
Tu vois le fric qui est là ? Tu vois ce fric ?
On va faire ce point ? Allez. C'est ça !
- Allez ! - Il me faut 2-2 pour le quatre.
Eh, te gonfle pas trop !
Gosse de merde.
Fais le point. Vas-y.
Je peux pas le croire ! J'ai réussi !
Onze. J'en ai fait onze de suite.
Je sais pas ce qu'a gagné Sonny, mais il a gagné des masses.
Il disait que les travailleurs étaient des pigeons...
et que j'allais à la meilleure école : l'université de l'avenue Belmont.
Je recevais deux types d'éducation : celle de la rue et celle de l'école.
Comme ça, je serais deux fois plus brillant que les autres.
Eh, petit, t'as bien fait.
- Merci. - Tiens.
C'est tout ?
Tiens.
Ça va ?
- Rentre. Il est tard. - Au revoir.
Écoute.
Faut faire quelque chose à propos de ton nom.
Tu vas t'appeler C.
- C ? - C'est ça. C.
Va chez toi.
A bientôt, Sonny.
Sonny m'emmenait partout et me présentait comme son fils.
J'ai remarqué que l'attitude changeait dans le quartier.
Eh, Calogero, viens ici. Je veux te parler.
Je m'appelle C.
Je veux dire C.
- Comment ça va, mon petit gars ? - Bien.
J'ai des belles pêches pour ta mère.
J'ai pas d'argent.
Pas besoin d'argent avec moi, petit.
Me fais pas honte comme ça.
Fais juste dire à Sonny que j'ai pris soin de toi.
C'était à cause de Sonny qu'on me traitait aussi bien.
Ça me plaisait. Ça me plaisait beaucoup.
aman, regarde ce que j'ai. Des pêches...
gratis.
- C'est quoi ça ? - C'est quoi, quoi ?
Où t'as pris ça ? Ta mère l'a trouvé dans ta chambre.
Ce sont mes économies.
Six cents dollars d'économie ? T'es devenu chirurgien, fiston ?
Dis à ton père où tu les as pris.
- Je les ai gagnés, en travaillant. - En faisant quoi ?
- Des trucs. - Des trucs ? Comme quoi ?
Des trucs. Tu sais, des machins.
Ne mens pas. Dis la vérité et je vais pas me fâcher.
- Tu le promets ? - Sinon, je le dirais pas.
Je travaille au jeu de dés pour les pourboires.
- Au jeu de dés ? - Quel jeu de dés ?
Quel jeu de dés ?
- Quel jeu de dés ? - T'as dit que tu te fâcherais pas.
J'ai menti. Alors, dis-moi.
- Pour Sonny, pour les pourboires. - Je le savais.
Est-ce qu'on t'a pas dit de pas aller près de ce bar ?
- Mais je travaille. - Tu travailles ?
- Je vais rapporter ce fric. - Pensons-y un instant.
- Qu'est-ce que tu dis ? - Le fric pourrait nous servir.
Tu sais d'où il vient ce fric.
Je veux pas qu'il touche à cet argent.
- Ça suffit. Viens. - Attends. Écoute-moi.
Pourquoi tu t'énerves ? Calme-toi !
Lorenzo, s'il te plaît !
Je déteste ça.
- Sonny est ici ? - Je crois qu'il est derrière.
On peut pas accepter ça.
Ton gosse l'a gagné.
C'est ça, mon gosse. Je veux pas qu'il soit mêlé à vos histoires.
Mêlé à quoi ?
Je suis pas stupide.
- Laisse mon fils tranquille. - Eh, reste un peu.
C, va dehors.
C'est moi qui parle à mon fils. Calogero, attends dehors.
D'abord, je te respecte, Lorenzo. T'es un homme honorable.
ais ne me reparle jamais sur ce ton.
Je dis à ton fils qu'il aille à l'école--
C'est pas ce que tu dis, c'est ce qu'il voit : des fringues, du fric.
Il a jeté ses cartes de base-ball...
parce que Mickey Mantle paye pas mon loyer.
Il a dit ça ? Il est incroyable, ce gamin.
Ça m'amuse pas qu'il ait de plus grosses économies que moi.
Je t'ai offert du boulot. Tu l'as refusé.
Et je refuse encore. Laisse mon fils en paix.
Tu vois pas que je traite ce gosse comme s'il était mon fils ?
C'est pas ton fils. C'est le mien !
- Fous le camp d'ici ! - J'ai pas peur de toi.
- Tu devrais. - Je sais ce que tu peux faire...
et je me mettrai pas sur ta route...
mais cette fois, tu te trompes. C'est mon fils, pas le tien !
Tu cherches la bagarre ? Sors d'ici ou je t'en ferai voir !
Approche pas de mon fils !
- Je me fous de ce que tu es ! - Casse-toi !
- Où est mon fric ? - Je l'ai laissé là.
C'était à moi !
C'est de l'argent sale ! Tu peux pas y toucher.
- Je l'ai gagné, cet argent ! - T'approche pas de lui !
- S'il te plaît, écoute ! - T'approche pas de lui !
- Papa, écoute-moi ! - Tu m'as entendu ? T'approche pas !
Sonny avait raison. Les travailleurs sont des pigeons.
Il a tort ! Pas besoin d'être dur pour appuyer sur une gâchette.
Travailler tous les matins pour nourrir sa famille, c'est dur !
Ce sont les travailleurs qui sont les vrais durs.
Ton père est un vrai dur !
Tout le monde l'aime, comme toi sur ton bus.
Non, c'est pas pareil. On l'aime pas, on le craint.
C'est différent.
- Désolé. - Je ne comprends pas, papa.
Tu comprendras quand tu seras grand.
Désolé de t'avoir giflé.
- Tu veux que je m'en occupe ? - Non, laisse-le.
Sonny et mon père ne se sont jamais reparlé.
J'ai désobéi à mon père et j'ai fréquenté Sonny.
Le bar était si près. J'y allais chaque fois que je pouvais.
Huit ans ont passé. J'ai grandi et le pouvoir de Sonny aussi.
Il est devenu patron et j'étais son ami.
«Hippodrome Aqueduct - 1968»
Nous étions maintenant en 1968.
Dion était premier au hit-parade.
Les Beatles changeaient notre style de vie.
Les Yankees étaient à la queue du classement et je m'en foutais.
Tout changeait partout, sauf dans mon quartier.
C'est parti ! Kryptonite est en tête !
- Par l'extérieur-- - Voilà le gamin !
- C ! T'as pu parier ? - Oui. Tout sur Kryptonite.
- Tu les as. - Regarde cette bête courir.
- Allez. Lâche pas ! - Tu vois comme il fonce !
- Il peut pas perdre, ce cheval ! - Fonce, Kryptonite !
C'est sûr. T'as pas à t'en faire. On va gagner.
Je vois pas comment on pourrait perdre.
- Regarde ! Il prend de l'avance ! - Vas-y, Kryptonite !
Vas-y, Kryptonite ! Regarde-le !
Ça y est. C'est fait. L'affaire est dans le sac.
C'est réglé !
- C'est ça, Kryptonite ! - Vas-y, Kryptonite !
Porte-moi chance ! Vas-y. Porte-moi chance !
Vas-y, Kryptonite ! Lâche pas !
- Oh ! Merde ! - Vas-y ! Vas-y !
Il a parié sur le foutu cheval ?
Il a parié sur Kryptonite ? Donne-moi les tickets.
Sonny, on gagne.
On peut pas gagner. Bouillie a parié sur Kryptonite.
- On a cinq longueurs d'avance. - Allons-y. Bouillie a tout gâché.
Allons-y. Faut que je m'éloigne de cette peste de Bouillie.
- Allons-y ! - Maudit oiseau de malheur !
Allez. Tu peux encore gagner !
Vas-y, Kryptonite. T'es presque arrivé !
- Résiste ! - Garde ton avance !
Lâche pas !
Merde !
- Merde ! Il était si près ! - Je peux pas croire que j'ai perdu !
Je peux pas le croire, merde !
Eh, C, j'ai un tuyau pour la prochaine course.
Va te faire foutre !
Le prends pas si mal !
Bouleau Blanc gagne contre le favori !
«Club social de Fordham Les deux libres»
Nous avons finalement ouvert notre club social.
On l'a baptisé «Les deux libres».
Les boissons coûtaient un dollar et le juke-box payait le loyer.
Tout ce qui nous intéressait, c'était de flâner.
On séchait l'école et on y restait jour et nuit.
Personne voulait rentrer...
parce qu'on avait trop peur de louper quelque chose.
Regarde-moi ces gonzesses là-bas. Pas mal !
Eh, venez ici ! Venez donc !
Assieds-toi.
- Ce sont des salopes. - Comment tu le sais ?
- Va te faire foutre, C. - Comment tu le sais, dis ?
- Elles passeraient pas mon test. - Quel test ?
Si tu veux te marier, la gonzesse doit passer le test.
- J'appelle ça le test de Mario. - Faut que j'entende ça.
Le test, c'est que tu emmènes la môme en bagnole.
Tu te ranges le long d'un camion de 18 roues sur la route.
Tu te mets à côté et tu attires l'attention du chauffeur.
Tu klaxonnes. Tu t'assures qu'il regarde. C'est important.
En même temps, tu mets la main sur la tête de la fille...
et tu pousses sa tête vers le bas, entre tes jambes.
- Tu fais chier. - C'est pour son bien.
Si la môme te fait une pipe...
en sachant que le routier regarde...
c'est une salope et tu peux pas lui faire confiance.
T'es malade.
Si elle passe la main dans les cheveux et les renvoie par en arrière...
c'est qu'elle l'a déjà fait. C'est une professionnelle.
C'est la deuxième fois que ces nègres passent aujourd'hui.
- Qu'est-ce que ça peut foutre ? - Moi, ça me dérange.
Ils t'ont fait quelque chose ? Non.
Une bagnole aujourd'hui, une autre ensuite et le quartier est envahi !
- Ensuite, ils baisent nos femmes. - Ils ont pas à venir ici, c'est tout.
Invite-les à entrer. Offre-leur à boire.
On leur casse la gueule.
Tu veux le faire ? Fais-le et reviens !
Louie ? Viens ici ! Où est mon fric ?
Faut que je fasse ce truc. Je suis pressé--
Ce mec me doit 20 balles. Il a deux semaines de retard.
Tu pourras pas toujours m'éviter !
Paquet de merde.
Je reviens tout de suite.
- D'accord, à plus tard. - Reviens.
Viens faire un tour avec moi.
- Je suis obligé ? - Oui, t'es obligé. Allez.
Assieds-toi ici.
Cette musique me donne mal à la tête.
Les jeunes, vous savez même pas reconnaître la bonne musique.
Ça, c'est de la bonne musique.
Tu veux venir à la boxe avec moi demain soir ?
Tu m'écoutes ?
Tu peux pas m'appeler C ? Tout le monde m'appelle C.
Calogero, c'est le nom de mon père et c'est celui que je t'ai donné.
Jamais je pourrai t'appeler C ou quelque chose d'autre.
Tu veux aller à la boxe ?
- Je te donne une réponse demain ? - Tu veux ou tu veux pas ?
- D'accord, je vais y aller. - Le prends pas sur ce ton.
Je ne t'oblige pas. Tu me fais pas de faveur.
«Boutique de disques»
Elle était grande, belle...
et elle avait de la classe.
Mais elle était noire.
Et ça, c'était impensable dans mon quartier.
- Jackie, quelle est la première ? - A deux heures, les gars.
- Deux. Le numéro de ton pote. - De qui ?
- Ton vieux pote. - Arrête de me charrier.
- Johnny Biscord a parié sur le 228 ? - C'est ça.
- Encore une fois ? - Encore une fois.
Je te mettrai de la meilleure musique la prochaine fois.
Je blaguais. Ça va, papa.
A plus tard.
- Louie ! - Ma grand-mère est malade.
- Louie ! - Ma grand-mère est malade. - Louie ! - Ma grand-mère est malade.
- Louie ! - Ma grand-mère est malade.
Je te parlerai plus tard. J'ai à faire.
Je te parlerai plus tard. J'ai à faire. Je te parlerai plus tard. J'ai à faire.
Je te parlerai plus tard. J'ai à faire.
Où est mon pognon ?
- T'es mort, con ! - C, viens ici !
- Viens ici. - Il est fou, ce mec.
Le gosse veut son fric. Que veux-tu ?
Faut que je lui parle et cesse de le bichonner.
Il me doit du fric.
- Casse-lui les jambes. - Fais-le ramper.
C'est le conseil que vous donnez au petit, bande de voyous ?
Allons. Écoute pas ces voyous.
Je vais chez Gino. Je reviens tout de suite.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ce connard de Louie Dumps me doit 20 dollars.
Ça fait déjà deux semaines et il cherche à m'éviter.
C'est un problème. Je lui donne une leçon ?
Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce que je t'ai dit ?
Casser la gueule à un type, c'est pas toujours la solution.
- C'est un bon ami à toi ? - Non, j'aime même pas sa face.
Voilà la solution.
Ça te coûte 20 dollars pour te débarrasser de lui.
Il te dérangera plus et t'emprunteras plus de fric.
Il est hors de ta vie pour 20 balles. C'est pas cher.
Tu as toujours raison.
Pas toujours, autrement j'aurais pas passé 10 ans en taule.
Que faisais-tu de tes journées ?
On peut faire que trois choses là-bas.
Faire de la gonflette, jouer aux cartes ou s'attirer des ennuis.
- Qu'est-ce que tu faisais ? - Je lisais.
Qu'est-ce que tu lisais ?
- T'as entendu parler de Machiavel ? - Qui ?
C'est un écrivain célèbre mort il y a 500 ans.
La disponibilité. C'est ce qu'il disait toujours.
- La disponibilité ? - C'est ça. Écoute.
Tu sais pourquoi j'habite ce quartier ?
La disponibilité.
Je veux être près de tout...
parce qu'en étant là, je peux voir venir.
Un problème, c'est comme un cancer. Faut le dépister tout de suite.
Sinon, il grandit et finit par te tuer.
Il faut l'éradiquer.
Tu te fais du souci pour Louie Dumps.
Tout le monde s'en fout.
Occupe-toi de ta famille, de toi et des gens que tu aimes.
Tout se ramène à ce mot-là : disponibilité.
Les gens qui me voient tous les jours, qui sont de mon côté...
ils se sentent en sécurité parce qu'ils savent que je suis là.
Ça leur donne une raison de plus de m'aimer.
Ceux qui me veulent du mal, ils y pensent à deux fois...
parce qu'ils savent que je suis là.
Ça leur donne une raison de plus de me craindre.
C'est mieux d'être aimé ou craint ?
C'est une bonne question.
C'est bon d'être l'un et l'autre, mais c'est difficile.
Si je pouvais choisir...
j'aimerais mieux être craint.
La peur dure plus que l'amour.
Les amitiés achetées avec du fric veulent rien dire.
Je fais une blague, tout le monde rit.
Je suis drôle, mais pas tant que ça.
La peur les garde honnêtes. Le secret, c'est de pas être haï.
Je traite bien mon monde, sans en faire trop. Sinon, ils ont pas besoin de moi.
Je leur en donne juste assez pour qu'ils aient besoin de moi.
Oublie pas ce que je te dis.
Sonny, j'ai des belles côtelettes de veau aujourd'hui.
J'ai de beaux linguine...
avec sauce aux fruits de mer.
Vous êtes pas vêtus comme il faut. Faut partir.
Qu'est-ce qu'elles ont de mal, nos fringues ?
Ces messieurs sont pas bien habillés. Ils doivent partir d'ici.
Il y a un problème ?
C'est comme si notre fric était pas bon. On veut de la bière.
De la bière, c'est tout ?
C'est tout. On continue notre chemin. On cherche pas de problèmes.
Bien dit. Donne-leur de la bière.
- Je vous remercie. - Pas de problème.
Voilà.
Il y a une bière pour moi ? Bien froide.
Deux ici ?
Une de plus. Il y en a qui ont soif ici.
Très bien, frères. Je propose un toast à la santé de notre hôte.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !
Je te baptise, saleté de rital !
Regardez toute cette merde sur moi !
Toi encore ?
Ça, c'était pas bien. Maintenant, vous devez partir.
Je te dirai quand on part, d'accord ? Dégage.
Va surveiller les motos, mec.
- Qu'est-ce qu'il y a ? - Allons !
- C'est à moitié vide. - C'est quoi, cette merde ?
Qu'est-ce qui se passe ici ?
Maintenant, vous pouvez pas partir.
J'oublierai jamais leur regard.
Les huit. Leur visage s'est allongé.
Ils ont perdu tout leur courage et leur force.
Ils avaient la réputation de détruire les bars.
Mais à ce moment, ils ont compris qu'ils avaient fait une grave erreur.
Cette fois, ils sont entrés dans le mauvais bar.
Très bien, enculés !
On va vous arracher la tête !
On va vous écraser !
Sortez-les d'ici !
Traînez-les ! Vite !
Attention à ma bagnole !
Sales voyous !
Attrapez-le ! Attrapez cette ordure de poilu !
Qu'ils le tuent.
- Frappe-le ! - Allez, allez !
Frappe-le au visage !
Prends ça, fils de pute !
Regarde-moi.
C'est moi qui t'ai fait ça. Essaie de pas m'oublier.
Allons-y, Sonny ! Allons-y, les gars !
- Ils ont ruiné mon déjeuner ! - Allons-nous-en !
Laisse-les là comme les chiens qu'ils sont.
Ils ont complètement gâché mon foutu déjeuner ! Allons !
Regarde ce flingue.
C'est un .45.
Ce truc-là pourrait arrêter un éléphant au volant d'un camion...
et le camion aussi.
Nicky Zéro était le voleur du quartier.
Sa mère l'appelait Zéro pour dire qu'il arriverait jamais à rien.
C'est trop gros. Où tu peux le cacher ?
- Tu veux celui-là. - Regardez ça.
- C'est ce qu'il te faut. - Qu'est-ce que tu fais ?
Braque pas ça sur moi.
Il y a le cran de sécurité. Je vais pas te tuer.
Fais jamais ça. Fais voir le flingue.
Celui-là, c'est pour toi. De la vraie classe.
Qu'est-ce que c'est ? Laisse voir celui-là.
Il est pas mal.
Prends-le. Touche.
J'ai envie de buter quelqu'un, tu vois ce que je veux dire ?
Moi aussi, j'ai envie et c'est le flingue qu'il faut.
Qu'est-ce que vous foutez ?
Qu'est-ce qui se passe ? T'es stupide ou quoi ?
T'as pas de tête, connard ?
Qu'est-ce qui te prend de vendre des flingues ici ?
Tu veux armer le quartier et qu'on se fasse tous arrêter.
Fous le camp d'ici !
- Restez là. Bougez pas. - Sonny.
Je veux pas de flingues. Vous m'entendez ? Foutez le camp !
C, viens ici !
Viens ici. J'ai à te parler.
- Sonny, prête-moi 500 balles. - Demain.
Tu veux faire le dur avec ces flingues ? C'est ça ?
Non, mais après ce qui s'est passé au bar, je pensais--
Tu crois qu'un flingue va te changer en dur ?
J'ai vu plein de types avec des flingues mouiller leur lit.
C'est quand l'autre sort son flingue.
C'est là que tu vois qui est le dur.
Tu comprends pas.
Si, je comprends. Cette merde n'est pas pour toi.
Ces types-là vont te causer des ennuis.
Mais ce sont mes potes.
Ce sont des cons.
Regarde-moi.
Des cons.
Et le Lissé est le plus con de tous.
Qu'est-ce que je t'ai dit ?
Reste à l'école. Tu auras deux types d'éducation. Je sais.
Justement. Fais pas ce que je fais.
C'est ma vie, pas la tienne.
Je fais ce que j'ai à faire. Ça, c'est pas pour toi.
D'accord. Je suis désolé.
Tu veux venir à la boxe avec moi demain ?
Je sais pas.
J'ai un bon poids moyen.
Viens avec moi. Nous serons au premier rang.
J'aimerais bien, mais j'ai dit à mon père que j'irais avec lui.
Tu sais où je serai assis. Viens me saluer.
- D'accord. - Tu sais où je serai assis.
Assieds-toi.
Bons sièges. J'espère que je saignerai pas du nez.
C'est le mieux que j'ai pu avoir. Qu'est-ce que tu veux ?
Je blague.
Salut, C. Comment ça va ? Salut, Lorenzo.
Ça va ?
Sonny a des sièges en bas au premier rang. Venez.
Dis-lui que je l'apprécie, mais nous sommes bien ici.
Dis à Sonny que je l'apprécie, mais nous sommes bien ici.
Vous pouvez venir n'importe quand. Vous savez où nous sommes.
N'importe quand. D'accord ?
C'est bien. Merci.
Voici les adversaires du combat principal de ce soir.
Il a des sièges pour nous. Il essaie d'être gentil.
J'aime mon siège. Je l'ai payé. Si tu veux descendre, vas-y.
Vas-y. Descends.
Une bonne main pour Eric "l'homme de pierre" Holland !
Je t'ai emmené et tu veux aller avec eux. Alors, vas-y.
Tu crois que je veux être avec toi quand tu veux être avec eux ?
Du Bronx, New York--
Comment tu crois que je me sens ?
Joe Carey !
Excuse-moi si je t'ai offensé, papa.
Tout ce que je t'ai dit tout ce temps-là.
Il m'évite depuis deux semaines. Il va me le payer quand je le verrai.
- C'est ton pote ? - C'est un con !
10 dollars. Tu t'en tires pas cher. Il est hors de ta vie.
De toute façon, je vais lui casser la gueule.
Je pouvais pas le croire. Elle était là, devant moi.
Je l'avais pas oubliée depuis ce jour dans le bus.
Je voulais lui parler, mais nous étions avec nos amis.
Je n'ai d'yeux
Que pour toi
Mon amour
Ce foutu "doo-wop". J'ai envie d'en étrangler un.
Mon amour doit être une sorte d'amour aveugle
Je ne vois que toi
- Allons prendre une bouchée. - Gros père, il a tout bâfré.
Qu'est-ce que tu as ? Tu bouffes sans arrêt.
- J'avais faim. - T'as lu ça sur les motards ?
- Non. - Je lisais le journal.
T'as vu ce que Jimmy leur a fait ?
Et Danny avec ce bout de tuyau ?
- Je sais pas. - Allons-nous-en.
- Tu veux partir ? - Oui, partons.
Viens, C.
- Je peux pas. J'ai un examen. - Laisse tomber l'examen.
Je l'ai manqué la semaine passée.
T'es sûr ? D'accord. Nous serons au club.
Y a-t-il des étoiles ce soir
Je ne sais pas si c'est nuageux ou ensoleillé
Je n'ai d'yeux
Que pour toi
Mon amour
Nous étions enfin seuls. Je voulais lui dire un mot.
J'aurais peut-être jamais une autre occasion.
Je voulais paraître intelligent, mais je savais même pas son nom.
Je me suis dit : "Elle doit avoir un nom exotique...
comme Monique ou Danielle."
C'est ton école ?
Je m'appelle Jane.
- Jane ? C'est ton nom ? - Oui. Qu'est-ce qui va pas ?
Rien. C'est un très beau nom. J'adore ce nom.
On vient d'emménager ici.
Je t'ai vue dans le bus l'autre jour.
Et ton nom ?
Calogero.
Comment ?
- Quelle sorte de nom c'est ? - C'est italien.
En réalité, c'est sicilien. Ma famille vient de Sicile.
Sicile ?
Tu sais où est l'Italie ? C'est la botte dans la mer.
La petite île à côté qui a l'air de se faire botter...
c'est la Sicile.
- J'aime les Italiens. - Vraiment ?
Attends-tu quelqu'un ?
- Oui. - Ah, oui.
Très bien. Vaut mieux que j'aille alors.
Attends.
J'attends mon frère.
Des fois, il me raccompagne à la maison.
Si t'es d'accord, je peux te raccompagner.
J'habite avenue Webster. Ça va ?
Pas de problème. Allons-y.
Alors, tu attends ton frère ?
- C'est super. - Pourquoi c'est super ?
Pourquoi c'est super ? C'est super, c'est tout.
Où t'as pris ce chapeau ?
- Il te plaît pas ? - Il est drôle.
Peut-être qu'il paraîtrait mieux autrement. Voyons voir.
T'as de beaux yeux.
Merci. Toi aussi.
Comme ça, c'est mieux.
Veux-tu aller au cinéma ?
Tu veux aller au cinéma avec moi ?
Oui. Je t'ai dit que j'aime bien les Italiens
Tu veux y aller maintenant ?
Non, pas maintenant.
Que dis-tu de demain ?
A six heures. On se rencontre à la porte.
Je t'attends ici jusqu'à demain alors.
Désolé. Je veux dire, on se voit demain à la porte.
Excuse-moi de dire des bêtises. Je suis si nerveux.
Tu ne dis pas de bêtises. Ça va.
Tu crois ?
D'où viens-tu ?
- De Brooklyn. - D'où ?
- A l'est de New York. - Où c'est ?
Loin. Très loin.
- J'ai des parents à Brooklyn. - Vraiment ?
- Je suppose qu'ils sont Italiens - Oui.
C'est logique.
- C'est quoi, ton nom de famille ? - Williams.
Très facile. Très simple.
Jane Williams. C'est un nom facile à dire.
Je peux pas dire le mien aussi facilement.
Attends. Laisse voir.
Calogero Anello ?
- Oui. - Je l'ai eu.
es amis m'appellent C.
Je préfère Calogero.
Ils sont pesants, ces livres.
C'est pour ça que je suis contente que tu les portes.
Bon, je crois que ça y est.
- Je me suis bien amusé. - Moi aussi.
- Tu es très gentil. - Merci. Toi aussi.
Merci.
Désolé de pas t'accompagner jusqu'à ta maison.
Ça va. J'habite à un coin de rue.
- Je te vois demain ? - Demain.
Demain soir ? A six heures ?
Tu fais du progrès.
Je voulais juste être sûr.
Bon, au revoir.
Au revoir.
Fous le camp, sale blanc.
T'étais en retard.
C'était tard, vieux ? Dis-moi.
De quoi tu parles ?
Allons-y ! Ce salopard m'arrache mon fric !
Je vais lui jeter un sort. Il ne gagnera plus.
Il a pris tout mon fric. Avec quoi je vais jouer ?
Il ne gagnera plus. Vous verrez.
Qu'est-ce qui se passe ?
Ces foutus nègres peuvent plus rester dans leur quartier ?
Laisse-les tranquilles.
Qu'est-ce que tu as avec ces nègres de ce temps-ci ?
- Ils ne dérangent personne. - Ils me dérangent, moi.
Moi, pas.
C'est notre quartier, sale nègre !
On va leur montrer à ces nègres !
Débarrassez le quartier !
- Cassons-nous, les gars ! - Attrape-le !
Sale nègre !
C, viens ici !
Laisse-moi !
Tiens-le, C ! Tiens-le, l'enfant de chienne !
- Bouge pas ! - J'ai rien fait !
Je te ferai rien. Bouge pas. Je veux pas te faire de mal.
Manquez-les pas !
Fils de pute !
Qu'est-ce que tu fais ? Tu danses avec lui ?
Foutez le camp, petits cons. La police s'en vient.
Je les vois. Courez !
- Je vois les réflecteurs. - Lâche-le !
Ils ont appelé la police ! Allons-nous-en !
Ils ont appelé la police !
Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu vas le tuer ! - Je m'en fous.
Je veux le tuer !
- La police arrive ! - Merde !
Ils ont appelé la foutue police !
Ne t'ai-je pas dit que le Lissé te causerait des ennuis ?
Oui, mais c'est mon pote.
C'est ton pote. C'est moi, ton pote, petit.
Tu te laisses toujours prendre dans ces merdes.
Ces gars-là peuvent te faire tort. Pensez-y.
J'essaie, mais on déteste ces gens-là.
Moi, je les déteste pas, mais tu sais.
Quelles gens ? Qu'est-ce que tu as ?
- J'ai rencontré cette fille. - Oui, et alors ?
Elle me plaît, mais... elle n'est pas blanche.
Elle est de l'avenue Webster.
- C'est une fille de couleur. - Oui.
Elle te plaît ?
Oui, mais j'ai peur de ce qu'ils vont dire.
T'occupe pas d'eux. La moitié finiront morts ou en taule.
T'en as rien à foutre.
Tout ce qui compte, c'est ce qui est bon pour toi...
et ce que vous ressentez l'un pour l'autre.
Quand t'es seul, la nuit, dans ton lit...
elle et toi sous les couvertures...
c'est tout ce qui compte.
Tu dois suivre ce que ton coeur te dit.
On rencontre que trois grandes femmes dans sa vie.
Comme les grands boxeurs, il y en a un tous les dix ans.
Rocky Marciano. Sugar Ray Robinson. Joe Louis.
Des fois, ils arrivent tous les trois en même temps.
Moi ? J'ai rencontré les trois quand j'avais 16 ans. Ça arrive.
Les choses sont comme ça.
Cette fille ?
Peut-être qu'elle te fait craquer.
Peut-être que c'est la première des trois grandes.
Merci, Sonny. Je pense que je vais tenter ma chance.
- C'est une bonne fille ? - Je viens de la rencontrer. J'espère.
Demain, tu prendras ma bagnole.
- Tu la prêtes à personne. - Je te la prêterai.
Je veux que tu fasses bonne impression.
Prends ma bagnole et fais le test.
Le test de Mario ?
Mario est un malade. Pourquoi tu l'écoutes ?
Tu lui fais passer mon test, le test de la portière.
- Qu'est-ce que c'est ? - Écoute-moi.
Tu gares juste devant elle.
Avant de descendre, tu verrouilles les deux portières.
Tu descends de la bagnole, tu t'approches d'elle.
Tu l'accompagnes à la bagnole.
Tu sors la clé, tu ouvres, tu ouvres la portière pour elle.
Tu la fais monter. Tu refermes la portière.
Tu fais le tour de la bagnole et tu regardes par la vitre arrière.
Si elle n'étire pas le bras pour ouvrir la portière de ton côté...
pour que tu puisses monter, jette-la.
- Comme ça ? - Écoute, petit.
Si elle n'étire pas le bras pour ouvrir la portière...
ça veut dire qu'elle est égoïste...
et ce que tu vois, c'est la pointe de l'iceberg.
Laisse-la tomber sur-le-champ.
Et toutes ces belles choses que tu viens de me dire ?
Faire ce que mon coeur me dit.
Rencontrer une fille qui me fait craquer. C'est peut-être elle.
C'est des conneries. Le test de la portière, c'est ce qui compte.
Tu la jettes, et vite.
- Je la jette ? - Tu la jettes.
Je la jette ?
- Papa. Je peux te poser une question ? - Oui.
Je veux savoir ton opinion. Tu connais Joey Osso ?
Il m'a demandé ce que je dirais s'il sortait avec une fille de couleur.
- Qu'est-ce que tu en penses ? - Joey peut pas trouver une blanche ?
C'est pas une bonne réponse. Qu'est-ce que tu me dis ?
Je m'entends avec tout le monde dans le bus...
mais s'il est question de se marier, faut se marier dans son monde.
- Tu sais que j'ai pas de préjugés. - Me dis pas ça, tu as des préjugés.
Qu'est-ce que tu dirais si je sortais avec une noire ?
Tu ferais jamais ça.
On sait jamais. Cette fille peut être une des grandes.
On rencontre que trois grandes femmes dans sa vie.
- Tu vois ce que je dis ? - Joey Osso.
- Joey Osso ? - Oui.
Dis-lui que des fois, dans le feu de la passion...
la petite tête dit à la grosse quoi faire...
et la grosse tête doit y penser par deux fois.
D'accord.
Fais gaffe.
- Tu vas bien ? - Non.
Ils ont tabassé mon frère dans ton quartier.
Qu'est-ce que tu dis ?
Des Italiens ont tabassé mon frère hier dans ton quartier.
- Qu'est-ce que ça a à voir avec moi ? - Étais-tu là ?
- Non, j'y étais pas. - S'il te plaît, ne mens pas.
Je te dis la vérité. J'y étais pas.
On va voir si tu mens. on frère est dans la bagnole.
Je lui ai dit que je sortais avec un Italien, alors il est venu.
Il t'a reconnu et a dit que tu l'avais tabassé.
- Tu l'as frappé en plein visage. - J'ai rien fait à ton frère.
Crois-moi.
D'accord, on verra.
On va clarifier ça tout de suite.
Oui, c'est lui.
- C'est toi qui m'a fait ça. - J'ai rien fait--
- Oui, c'est toi ! - C'est pas moi.
- Es-tu sûr que c'était lui ? - Absolument !
Il se trompe. Je lui ai pas touché.
- Alors, tu étais là ? - Mais j'ai rien fait.
- Crois-moi. - Tu as dit que tu y étais pas !
Ce sont les autres. J'ai essayé de l'aider.
- Comment je me suis fait ça alors ? - J'ai essayé de t'aider !
- Tu mens, vieux ! - Tu sais que j'ai rien fait.
- Pourquoi t'étais sur moi ? - Ce sont les autres !
- C'était toi ! - Je suis le seul qui t'ai aidé.
C'est comme ça que tu me repaies ?
Va te faire foutre ! Tire-toi, mec !
J'ai rien fait ! Nègre de merde !
Tu vois ce que je te dis ? Ils sont tous pareils !
Pourquoi t'es revenu si vite ?
Les clés sont dans la bagnole. Faut que j'aille.
Attends. Viens ici. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Ça n'a pas marché. C'est tout. Faut que j'aille.
- Comment ça a été avec la fille ? - Tout a mal été.
Veux-tu aller à l'hippodrome ?
Non, je veux pas parler. Faut que je m'en aille.
T'es sûr, C ?
- Viens. - La prochaine fois, Sonny.
Allons.
Prends ma bagnole. Bobby, tu conduis.
D'accord, Sonny.
Pourquoi tu conduisais la bagnole de Sonny ?
- Qu'est-ce que tu racontes ? - Je t'ai vu dans sa bagnole.
- Je veux pas que tu la prennes. - J'ai pas envie d'en parler.
Je m'en fous. Il y a déjà eu ce truc avec les motards...
et la bagarre dans le bar. Je veux pas te voir dans ce bar.
Tu veux que je me sauve ? On va penser que j'ai pas de coeur ?
Ils penseront ce qu'ils voudront ? Pourquoi te penses-tu si spécial ?
- Tu connais pas Sonny. - Je connais sa façon de penser.
Si tu fais une erreur, il te le fera payer comme aux autres.
- Sonny me fait confiance. - Il fait confiance à personne.
Il est temps que tu le saches.
Les gens le respectent pas. Ils ont peur de lui.
C'est pas la même chose. Tu veux être quelqu'un ?
Travaille et prends soin de ta famille.
Tu es mon seul fils. Je veux ton bien.
Le pire dans la vie, c'est de gaspiller son talent.
- Je veux pas entendre ça. - Tu vas l'entendre.
J'ai pas de fric et j'ai pas de Cadillac...
mais je suis pas obligé d'avoir des yeux dans le dos.
Je dois rien à personne. es parents sont venus avec rien--
Et ils sont morts avec rien.
Ne manque jamais de respect pour tes grands-parents ! Tu m'entends ?
En plus, tu as tort. Ils ont essayé de me faire une meilleure vie.
- C'est ce que j'essaie de faire-- - Quelle vie meilleure ?
On n'a pas de bagnole ! On n'a rien !
T'en prends pas à moi parce que t'es chauffeur de bus.
Les travailleurs sont des pigeons !
Regarde ce que ces sales nègres ont fait au club.
Comment ils osent ? Lancer des oeufs sur le club ?
Monte. On va leur remettre ça.
Monte dans la bagnole.
Sonny et Jimmy !
Merde ! Recule ! Cassons-nous !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Quand t'a pris ma bagnole, où es-tu allé ?
Chercher Jane. Pourquoi ?
Il y avait vraiment une Jane ?
Sonny, qu'est-ce qu'il y a ?
Quand tu as ramené la voiture, elle démarrait pas.
On a trouvé un truc sous le capot. Ça n'a pas explosé.
Dis-moi pourquoi c'était là et où t'es allé avec ma bagnole !
Je suis allé tout droit à l'école...
et j'ai fermé les portières comme tu m'as dit.
Mens pas ! Où t'es allé avec la bagnole ?
J'ai rien fait ! Je le jure !
- Mens pas ! - J'ai rien fait !
Je le jure, je suis allé à l'école et c'est tout !
Je te le jure ! Pourquoi je te trahirais ?
T'as été un père pour moi !
Calogero ?
- Qu'est-ce qui se passe avec mon fils ? - Va chauffer ton bus.
- Ne me dis pas quoi faire ! - Calme-toi !
Tu me touches et t'es mort !
La prochaine fois, informe-toi avant d'ouvrir la gueule.
Viens ici.
Que s'est-il passé entre toi et Sonny ?
Rien. Où as-tu pris cette bagnole ?
T'occupes pas. On l'a empruntée.
Doucement !
Je veux pas me faire arrêter avant qu'on arrive.
Je sais conduire, t'inquiète pas.
C'est une bagnole volée. Ralentis.
Je sais ce que je fais. T'inquiète pas.
Qu'est-ce que ça sent ?
On a préparé un cocktail pour ces nègres.
Regarde cette merveille.
On va leur donner une leçon.
- On va finir le boulot. - Ils regretteront ce qu'ils ont fait.
Ralphie, prends ça.
Pourquoi pas la grande ?
Prends ça et ferme-la !
Je vais les écrabouiller ! Je les haïs ! Je vais les tuer !
Qu'est-ce que tu fais ? T'allumes une cigarette ?
- Calme-toi. - On a les cocktails ici.
Tranquille. Je sais ce que je fais.
Je peux pas attendre de leur voir la gueule à ces enfants de pute.
Je peux pas attendre.
Ils souriaient tous. Moi aussi, mais j'avais envie de mourir.
Je voulais fuir, mais je pouvais pas sortir de la bagnole.
Qu'est-ce que je pouvais dire ? Laissez-moi sortir. J'ai peur.
T'es mieux d'utiliser ton flingue.
J'aurais pas pu remettre les pieds dans le quartier.
On m'aurait traité de chien, de froussard, de vagabond.
On m'aurait dit que j'ai pas de coeur.
J'entendais la voix de mon père dans ma tête. "Fais-le pas, fils.
Ces gars-là vont te faire du tort. Gaspille pas ton talent."
Puis, j'entendais Sonny.
"Fais gaffe, C. T'énerve pas. Garde ta tête."
Quelqu'un avait tiré la chaîne et je m'en allais dans l'égout.
Ils veulent lancer des oeufs sur notre club ?
On va leur faire une surprise.
C, sors de la bagnole.
- Il est avec nous. - T'en mêle pas. Descends.
Allez. Il est avec nous.
Allez. Vite.
Laissez-le tranquille.
Je peux pas croire. Tu me fais toujours pas confiance ?
Écoute. C'est pas que j'ai pas confiance en toi.
Tu croyais même pas qu'il y avait une Jane.
Ça aurait pas pu être dans la bagnole quand je l'ai prise ?
Jane et moi, on aurait pu sauter. T'as jamais pensé à ça ?
Tu fais confiance à personne ?
C'est une terrible façon de vivre.
Pour moi, c'est la seule façon.
Pas pour moi.
Pas pour moi.
C, une belle négresse vient de demander de tes nouvelles.
- Elle vient juste ? - Fais vite, tu peux la rattraper.
- Viens ici. - Je t'ai dit.
Tu veux que je le ramène ?
Non, laisse-le tranquille.
on frère m'a dit la vérité. T'as essayé de l'aider.
Je te l'ai dit.
Je le sais. ais il s'en est pris à toi.
Ça va. Je le comprends.
Je suis contente que tu comprennes.
Mêlez-vous de vos affaires ! Rentrez chez vous !
Qu'ils regardent. Donne-moi la main.
Donne la main.
- Je suis content que tu sois venue. - Tu me manquais.
Toi aussi, tu me manquais.
Tu es belle.
Arrête.
Non, c'est vrai.
Je veux être avec toi et je me fous de ce qu'on dira.
Je peux te faire une bise ?
Bien sûr.
C'est pas une bise.
Ça, c'est une bise.
Tu sais comment faire de la sauce ?
Quoi ?
Tu sais, de la sauce pour le macaroni.
Tais-toi.
Je regrette vraiment ce qui s'est passé.
- Mon frère voulait pas mal faire. - Où est ta bagnole ?
Donne-moi les clés ! Il faut y aller !
- De quoi tu parles ? - Faut y aller.
Je savais que t'étais une des grandes.
Une des grandes ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
Laisse tomber. C'est un truc d'Italiens.
Dépêche-toi. Tourne ici.
Va devant.
Qu'est-ce qu'ils foutent dans notre quartier ?
Sortons !
Attention, les gars.
- Qu'y a-t-il ? - Qu'est-ce qui s'est passé ?
Quatre jeunes blancs viennent de sauter.
Willy, ça va ?
Oui, ça va.
Ils étaient blancs. Maintenant, ils sont noirs.
Ils paraissent mieux, non ?
Ils ont laissé un truc pour toi au bar ! Jette un coup d'oeil.
Fiche le camp du quartier !
Bande d'enculés !
Dis rien, vieux !
Fiche le camp du quartier !
Des fois, quand j'y pense...
je sais pas si je dois être heureux ou triste.
Heureux de vivre...
ou triste que mes amis soient morts.
Mais je savais une chose : j'étais reconnaissant.
Reconnaissant à Sonny.
Écoute, Jane, faut que j'y aille.
- Ça va ? - Oui, vieux.
- Écoute, je suis désolé. - Connard !
Tu comprends pas. J'étais dans cette bagnole.
Va-t'en. Les gars sont en train de devenir fous.
Qu'est-ce que tu regardes ? Merde à cette garce aussi !
Va-t'en.
Fiche le camp du quartier !
Il m'a sauvé la vie.
Fallait que je lui dise.
Je voulais remercier Sonny. Il m'avait sauvé la vie.
C, je te jure, ma grand-mère est malade.
Je te donnerai les 20 billets la semaine prochaine.
Oublie les 20 billets !
- Tu sais où est Sonny ? - Je me fous d'où il est !
Je perds ! Pourquoi tu m'embêtes ?
Il est devant.
Laissez passer le petit.
Viens ici.
Tout ce que je pouvais voir, c'était leurs visages souriants.
Soudain, entre tous ces visages souriants...
j'en ai vu un en particulier.
Je savais pas pourquoi, mais je pouvais pas le quitter des yeux...
et puis j'ai compris : il ne souriait pas.
Tout ce que je pouvais voir, c'était ce type...
et personne, sauf moi, pouvait le voir.
Viens, C !
Viens ici !
Appelez une ambulance !
L'homme qui a tué Sonny était le fils de celui qu'il avait tué...
huit ans plus tôt en face de chez moi.
Il y avait des fleurs partout.
Les durs ont un faible pour les fleurs.
Ils pensent que celui qui envoie le plus gros bouquet...
est celui qui a le plus de peine.
- John et Anthony de Detroit. - Comment ça va ?
T'as vu comme ils l'ont buté ?
C'était exactement comme Sonny avait dit.
Tout le monde s'en fout.
Tout le monde s'en fout.
Je suis désolé, mais il faut fermer.
Donne-moi encore quelques minutes.
D'accord. Je serai dans mon bureau.
Comment ça va, Sonny ?
Pas si bien, hein ?
Elle a passé le test. C'est ce que je voulais te dire.
Peut-être qu'elle est la première de mes grandes.
Je vais sortir avec elle. Merci de m'avoir aidé.
Merci de m'avoir sauvé la vie.
J'ai jamais eu la chance de te le dire.
Ils sont tous morts. Le Lissé, Aldo, Mario, Ralphie.
Tous.
Désolé. Je me pensais seul et je pensais tout haut.
Ça va. Ça se comprend.
C'était un grand homme. Il m'a sauvé la vie.
Tu es le fils de Lorenzo, le chauffeur d'autobus ?
- C, n'est-ce pas ? - Oui.
Sonny m'a parlé de toi.
Désolé, mais je sais pas qui vous êtes.
Je m'appelle Carmine.
Je suis un vieil ami de Sonny.
Il m'a aussi sauvé la vie un jour.
Tu te souviens pas de moi ?
Il y a longtemps ? Devant chez toi ?
Tu te souviens pas de ça ?
Vous êtes celui qui s'est fait frapper avec la batte de base-ball ?
Oui, je me souviens.
J'étais là. J'ai tout vu.
Je sais, fiston.
Sonny m'a dit ce que tu as fait.
J'étais parti...
mais je suis de retour pour m'occuper du quartier.
Si jamais tu as besoin, viens me voir au bar, d'accord ?
Je crois que j'irai pas au bar pour un moment, merci quand même.
D'accord. Je comprends.
La bagarre, c'était vraiment pour l'espace de stationnement ?
N'oublie pas. Si tu as besoin, viens me voir.
- Pour quoi que ce soit. - D'accord.
Au revoir, fiston.
Papa, que fais-tu ici ?
Je suis venu présenter mes respects à ton ami.
- Ça va ? - Oui.
Je suis désolé si je t'ai fait de la peine.
Ça va.
Tout va bien aller.
Je veux te remercier d'avoir sauvé la vie de mon fils.
Je te détestais pas. Je crois que...
j'étais un peu furieux que tu le fasses grandir si vite.
Que Dieu ait pitié de son âme.
Je vais attendre ici.
Tu as entendu ça ?
Mon père te détestait pas.
Tout le monde s'en fout, hein ?
Tu avais tort là-dessus.
Talent gaspillé.
On se reverra.
Rentrons, fils.
Sonny et mon père disaient toujours...
que je comprendrais quand je serais plus grand.
Bon, j'ai finalement compris.
J'ai appris quelque chose de ces deux hommes.
J'ai appris à donner et à recevoir de l'amour sans condition.
Faut juste accepter les gens pour ce qu'ils sont.
J'ai appris la plus grande chose de toutes.
Le pire malheur dans la vie, c'est le talent gaspillé.
Et les choix que tu fais déterminent ta vie pour toujours.
Vous pouvez demander à n'importe qui dans le quartier...
et on vous le dira.
C'est qu'une autre histoire du Bronx.
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