Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
...
Musique populaire
Dans la tiédeur ou le froid des matins
Été, hiver, sur les mêmes chemins
Nous retournons, toujours d'un même pas
Vers le trou noir qui nous attend là-bas
Et par dizaines
Par centaines, par milliers
Que les grands puits Ont tôt fait d'absorber
Nous arrachons, des galeries sans fin
Le noir charbon pour gagner notre pain
En avant, gueules noires
Hissons notre drapeau
Rougi du sang
Couvert de gloire
De nos martyrs, de nos héros
En avant, gueules noires
Forts de notre unité
Nous marchons vers la victoire
Et la liberté
...
Roulements de train
...
-On va où ?
-Au stage.
-Quel stage ?
-Le stage où je suis en formation.
-Ah ! Oui.
Mais on va où ?
Vrombissements de moteur
Aboiements
...
-Le 1er nombre désigne l'allée.
La 1re lettre, le secteur, la 2e lettre, le compartiment,
le 2e nombre, le niveau, la 3e lettre, la fonction,
le dernier nombre, l'objet.
Donc, Bernadette,
si je te dis : 124-TH-54-X-62-02, tu me réponds ?
-Mon Dieu ! -René ?
-Allée 7, secteur T, hygiène, compartiment H, niveau 54,
du fil dentaire, 25 m.
-Exactement. -Bravo, René !
Applaudissements
-J'ai pas de mérite, je retiens tout.
-Je retiens rien.
-Vous allez y arriver,
ayez confiance en vous.
Sa mémoire,
c'est son pouvoir.
On en a tous un.
-Lequel ?
-Toi, le 1er jour, t'as amené un gâteau.
Après, t'étais copine avec tout le monde.
-Faire un gâteau, un pouvoir ? Faut pas déconner !
-Créer du lien,
c'est ton excellence.
-Pour ce que ça va me servir.
-On continue. Arnault !
703-GV-36-D-70-20 ?
-Alors, c'est... C'est...
Allée 15, secteur G,
nature et sports.
Compartiment V, niveau 36.
C'est des raquettes.
(-Ping-pong.)
(-Tennis.) -Des raquettes de tennis.
-Ping-pong. 70-20, raquettes de ping-pong.
(-Ça s'est joué à ça.)
-On peut pas me dire :
prends une raquette de ping-pong ?
-Non. Vous ne serez pas embauchés chez Armageddon
si à l'issue de ce stage, vous n'êtes pas capables
de lire un code barre. -Point !
-Arnault !
-Maman, faut arrêter de parler. Je vais me faire virer.
-Je parle pas. -Chut !
(Tu parles pas !)
-Il y aura un casque, un lecteur,
un GPS, un chariot
et un hoverboard. On voit ça demain.
Messieurs-dames, merci.
Grincements des chaises
Musique douce
-T'as pas une clope ?
-Tiens.
Merde ! Cri
-Mais Kevin,
il a pas de casque ! -Il a pas de tête non plus !
-Il est odieux mais Cédric l'aime bien.
Il a déjà pas tant de copains. -Arnault !
Trouve une solution pour ta mère.
Je veux plus la voir.
Bernadette !
Cédric reste chez toi.
C'est un stage.
-Roschdy, c'est pas l'Académie française !
-Il fait rien de mal.
-On y va ?
-J'ai fait les courses pour les vieux, tu viens ?
-Non, je préfère rentrer.
Rire
Allez, Cédric, on y va.
Vrombissements de moteur
-Il nous prend pour des cons avec son histoire de pouvoir.
-Pourquoi ?
-Faut un pouvoir pour un job naze ?
-T'es pas content d'avoir un boulot bientôt ?
-Je suis content de sortir de la galère.
-T'as quoi, là ? -Je cherche mes clés.
-C'est moi qui les ai. Tiens !
...
Voix mêlées
-SALUT LES GARS ! -Salut !
...
-Salut sœurette, ça va ? -Ça va ?
-Que des bonnes choses !
Salut, chérie. Ma poupée, ça va ?
-Je vais chez le dentiste, tu te souviens ?
-Oui, oui.
-Salut. Salut, ma belle.
-Ça va, ta maman ? -Ça va.
Le stage, c'est galère. Ici, elle reconnaît ceux de sa jeunesse.
-Tu la places quand tu veux à la MAPAD.
On l'accueillera.
Elle inspire profondément.
T'as de la visite. Nous, on file.
Brouhaha
-Madame la maire.
-Morels.
René.
Bonjour, M. Kubiak.
Il y a eu un déficit d'explications pour en arriver là.
-Monique, pour nous,
cette mine, ces terrils,
ça n'a pas de prix. C'est notre mémoire.
C'est notre vie ! -OUAIS !
-Je sais, Roger. Je sais !
J'agis dans l'intérêt général. Avec tout mon respect,
je travaille pour les jeunes. -Tu fais quoi pour les jeunes ?
-Je vous trouve du boulot.
L'entreprise Declerck va avoir le marché de la ferraille.
Ils embauchent.
-Ils ont pris des travailleurs détachés
pour démanteler les entrepôts.
Les Polonais vont bosser.
-Je sais pas, mais faut avancer et faut trouver de l'argent !
Vous, à part tout bloquer avec des banderoles
et boire du café, vous faites quoi ?
-Tu veux quoi, à notre âge ?
-Pense à tes petits-enfants, par exemple !
Qu'ils aient une vie meilleure.
Et pas croupir à côté d'une mine qui va tomber.
Là aussi, zéro idée, évidemment !
Zéro projet alternatif !
Je vous préviens,
on va voter la vente des terrils et la poursuite des travaux, jeudi.
Après, je pourrai plus tolérer votre occupation.
Allez, on y va.
-Ton père nous manque.
Lui, il aurait su parler, il aurait su quoi faire.
-On est à la bourre pour les jumeaux. Maman ?
Viens.
Ta sœur vient ? -Je sais pas.
Stella, on te ramène ?
-Je rentre à pied.
Je bosse au bar ce soir, vous passerez ?
-Ma mère dort pas sans moi, en ce moment.
-Tu dors avec ta mère ?
-Un petit peu. Stella rit.
...
-Viens.
-Hé !
Je l'ai fendue comme une bûche, mec !
Je sais pas comment expliquer. J'étais du muscle en fusion.
J'étais une hache !
Tout ça, serrés dans l'IRM !
Barbara me dit : "T'as des boutons sur le cul."
Je fais : "O.K." Ce matin, je me lève,
Sarah me dit pareil.
Naturellement, je dis : "Je sais, on me l'a déjà dit."
Je me suis figé.
Elle me regarde et me dit :
"Ah ? Qui te l'a dit ?"
(Je me dis : "Je suis foutu.")
Elle me répète en boucle : "Qui te l'a déjà dit ?"
-Merde.
-C'est là où je suis un génie.
Qui aurait pu me voir le cul ? Vas-y !
-Abrège !
-Je lui dis :
"Le toubib, à la visite médicale du stage."
-On a pas de visite médicale.
-D'où le génie !
Hé ! Le génie !
Si je veux la voir ce soir, faut un alibi en béton.
Appelle ma femme,
dis que t'as besoin de moi
pour dormir avec ta mère. Les voilà.
-Les garçons !
Les garçons !
Les garçons ! -Salut !
-Vous fumez ?
-Tu savais pas ? Maman t'a pas dit ?
-Non. -Passe-m'en une !
Quoi ? Je peux pas taper tes gosses ?
-Vous montez ?
-On est arrivés. -Fallait être à l'heure.
Klaxons
Il a changé de bagnole, Jean-Fred ?
-Tu crois que je t'ai pas vu ? -Oh !
-Dans la maison !
-Ouh là !
Exclamation d'inquiétude
-Ils fument et tu dis rien ?
-Ils ont dit que t'étais d'accord. -Tu les crois ?
Ils ont 14 ans, Arnault !
-Ça lui va bien la grossesse, à Isabelle.
-C'était qui ?
-Votre ex belle-fille.
Avec son avocat de mari.
Faut pas manger ça, enfin !
Elle bouffait
les cendres de ton père ! Oh !
Cette idée de génie ! L'alibi en béton !
Arnault remonte la fenêtre.
Attends.
Chérie, on va à l'hôpital avec Arnault,
sa mère a mangé les cendres de son père !
Il souffle.
La chaise grince.
-J'aime pas. -Si, tu aimes.
Allez, mange.
Exclamation exaspérée
Maman, merde ! Arrête avec ça !
Il souffle.
Tiens. Allez.
Klaxon
Aboiements
-Tu vas où ? -T'inquiète pas, je reviens.
Il claque la porte.
Tu veux rentrer ?
-Monte.
Aboiements
Il siffle.
Exclamation admirative
-C'est les sièges chauffants ?
-Je suis désolée. Je me suis emportée, j'aurais pas dû.
-Pas grave, j'ai l'habitude.
-Arnault... Il faut que tu t'occupes de tes gosses.
-Je m'en occupe de mes gosses.
-Non, tu t'en occupes pas.
Tu paies pas la pension,
quand tu les as, ils restent sur le canapé.
-Ils veulent rien faire.
-Je me fous qu'ils veulent rien faire. C'est toi l'adulte, le père.
C'est toi qui décides, pas eux. Tu comprends, ça ?
Bon...
Tiens, signe ça.
C'est une proposition généreuse de Jean-Fred
pour éviter les différences entre nos enfants.
-Lui, généreux ?
Elle souffle.
Il veut les adopter ?
-Ça change rien pour toi. À la mort de Jean-Fred, ils hériteront.
-Ça changera rien ? Tu rigoles ?
Pour une fois, pense à eux !
-Tu veux m'effacer de leur vie ? -Arrête !
-Tu devrais me rouler dessus, ça irait plus vite.
-Arrête de jouer les victimes, putain !
Casse-toi !
Dehors !
Sors de ma caisse ! Dégage !
Merde !
Vrombissements de moteur
-Hé ! Tu me demandes pas
comment ça s'est passé ?
Enfermés dans le scanner, je dis que ça.
-Dis que ça. -Quoi ?
-Pas devant ma mère.
-Pardon !
-T'es pas chez mémé,
fais la queue ! -Je dépose, "boloss".
-Sa thune sort d'où ?
-C'est à toi.
-T'as trouvé une solution pour ta mère ?
-L'enfermer dans la voiture.
-On peut mettre Cédric avec ?
-Je peux les garder.
-Tu vas pas au stage ?
-Non, je m'en fous.
-C'est gentil, Kevin.
Merci beaucoup.
-Bonjour.
-Bonjour. -100 euros, s'il vous plaît.
-Désolée, il vous reste 80 centimes.
-J'ai pas été viré ? -Si,
vous avez été prélevé.
-Excusez-moi, je comprends pas.
-Des pensions pas payées, peut-être, non ?
-La salope.
-Merci, au revoir.
Il se râcle la gorge.
-Maman... Maman !
On va faire un prélèvement. Viens, on...
On va prélever des sous. Donne-moi ton livret.
Donne-moi ton livret.
Voilà, donne-moi ton livret.
100 euros.
Musique dynamique
...
-Salut.
...
Sifflements stridents
... Des gens chantent.
Crissement des pneus
Ils reculent.
Cédric siffle.
-Hé ! -CHUT !
Les policiers chantent.
...
-Bravo, Cédric ! T'es un champion !
Allez, on y retourne !
Et si tu les vois repasser, tu re-siffles. Hein ?
Tout pareil, O.K. ?
Grand-mère, on retourne livrer les courses ?
Bip électronique -Parfait.
Comme vous pouvez le constater,
ça permet d'aller plus vite dans les allées. C'est moderne.
-Les gars, ça va mais comment Bernadette va tenir ?
-On va essayer. Tu verras bien. -Je monte pas là-dessus.
Il souffle.
-C'est bien, Di Lello.
-Merci. Et sans les mains !
-Hé ! Pas un mot à personne !
Sinon... Il mime un égorgement.
-Pas un mot à personne sinon... ...
Ils miment un égorgement.
-C'est bien.
Ils foutent quoi dedans ?
Acclamations pour Bernadette
...
Bernadette crie.
Fracas
Brouhaha lointain
Thérèse rit.
-Les jumeaux !
Habillez-vous, on sort.
-Il fait trop froid.
-Vous restez pas devant la télé.
-On regarde pas la télé, c'est mamie.
-Même les écrans, c'est terminé. On va réparer le manège de papi.
Vous irez dessus, c'est rigolo. -Rigolo ?
Jean-Fred nous amène à Disneyland. -Ça, c'est rigolo.
-Il peut tout se permettre. -Pourquoi tu signes pas les papiers ?
-Maman dit que t'es égoïste.
-Si tu signes, tout son fric est à nous.
-Attendez, le fric, il y a pas que ça dans la vie.
-Tu dis ça car papi t'a rien laissé.
-Il m'a laissé plein de choses.
Il rit. -Quoi ?
-Voilà. Et nous, on aura rien de toi.
-Pourquoi vous dites ça ?
-T'as rien !
...
-J'ai couché avec Roger.
-Quoi ?
-J'ai couché avec Roger Morels.
-Arrête ! Tu regardes quoi ?
-Pendant la grève de 74,
il m'a emmenée au cinéma à Lens et en rentrant...
Elle s'exclame.
-Arrête ! Stop, maman ! Stop !
On arrête, là !
Monte !
-J'ai couché avec Roger. -On monte. Arrête.
Viens. -J'ai couché avec Roger.
-Oui, oui...
Les garçons rigolent.
-Les voilà.
Le stage est annulé.
-Quoi ? -La stage est annulé !
-Regarde ce qu'ils ont mis.
"En raison de la délocalisation de la société, en Lituanie,
"le stage de réinsertion est annulé.
"Rapprochez-vous de votre antenne Avenir Insertion."
-Les salauds !
-Il est où, Roschdy ? -Il se planque.
-Il vit chez sa mère, cité Voltaire.
-O.K. Allez, chez Roschdy, on y va !
-Allez, ouais. -On y va !
-Qu'est-ce que tu fais ? -Moi ?
-Vous avez pas besoin de moi donc je vais à l'hôpital.
-On reste ensemble. -Attends.
-Allez, viens ! -Oh ! Mais... Attends.
T'as pas compris ? Je vais faire des examens.
Musique douce
Aboiements ...
...
... ...
Sonnette
-Bonjour, Mme Zelmani.
Vous vous souvenez de nous ?
-Bien sûr que je me souviens !
Nono et Didi, vous étiez à la maternelle avec Hussein.
Hussein est pas là, il est en prison.
-Laisse, maman, c'est pour moi. -D'accord.
-Enlevez vos chaussures et on va dans ma chambre.
-"Face à un manque de productivité et pour rétablir sa compétitivité,
"et assurer sa croissance,
"Armageddon ne s'implantera pas à Buchy les Mines."
-Mon Dieu !
-C'est le communiqué officiel. Mais en vrai, c'est pour les impôts.
-Ils ont acheté l'entrepôt.
-Ils vont le vendre.
-Et nous avec ?
-On devient quoi ? -Postulez
dans leur dépôt de Sarran.
-Sarran ? C'est où ?
-Dans le Loiret.
René souffle. -C'est où le Loiret ?
-Vers Montargis.
-C'est pas possible !
-Il y a du turnover.
-C'est quoi, des aspirateurs ?
-Ils embauchent beaucoup.
-Et personne ne reste !
-On va foutre quoi, là-bas ?
Ici, on a nos familles, nos vies, nos copains.
-Nos tombes, aussi.
-Je suis désolé.
Arnault soupire. Attendez !
Il hésite.
Je voulais vous dire que...
vous êtes des belles personnes.
Ils soufflent. -N'importe quoi !
-12-XV-67-U-64-02 ?
-Allée 21, secteur 8...
Une brosse W.-C. -Fous-toi-la dans le cul !
-Faut pas vous décourager ! Faut lutter !
En 74,
c'est l'unité qui nous a sauvés.
38 jours de grève. Pas un qui a flanché.
-Il y en un qui a flanché.
-Qui ça ? -Le traître !
-Ah oui ! Quel salaud, celui-là !
Ton père a mené la grève.
8 % d'augmentation qu'on a gagné !
Et une 4e semaine de congés.
-On veut du boulot, pas des vacances.
-Hein ?
Applaudissements
...
Morels souffle.
Demain soir, c'est le conseil municipal.
Après, on sera expulsé.
Voilà, c'est fini.
Quand il restera rien de nous, c'est comme si on aura jamais existé.
-Faut proposer quelque chose au conseil.
Musée de la mine... -Il y en a un à Lewarde.
-Un hôpital ?
-J'y vais. Tu peux garder ta fille ? Elle veut faire du manège.
-Non, on doit décider comment on va lutter.
-On y va.
-M'attendez pas, je vais dormir chez Arnault.
-Tu vois que ta mère arrive à dormir sans toi.
La vie est belle.
-Tu parles.
Plus de fric, plus de boulot, plus de femme, plus de père aussi.
Une mère à qui je donne des somnifères
pour sortir le soir.
J'ai bientôt plus de gosses. -Arrête.
Musique triste
Ça va aller.
Je te ressers, c'est pour moi. -Allez.
Tu seras toujours la petite sœur de Di Lello.
-Pourtant, j'ai grandi.
Je suis majeure maintenant.
Tintements des verres
...
-Hé !
-Tu m'as fait peur !
-Oui mais bon... Elle m'a quitté !
-Sarah ?
-Non, Barbara ! -On s'en fout, alors !
-Ah ouais ? Il souffle.
Oh ! Alors... Tiens. Gémissements d'effort
Assieds-toi là.
Asseyez-vous.
...
-Vous avez vu ? Il y a un pompon.
-Où ?
Ah, oui.
-J'ai jamais eu le pompon.
-Moi non plus.
-Et toi ? -J'ai jamais rien eu.
Il pouffe.
Mon père a fait ce manège pour ses petits-enfants.
Il aurait voulu pouvoir faire un parc d'attractions.
-Ouais.
-Pour moi, il a jamais rien fait.
-Comme vous, les gars.
-Hein ? -Quoi ?
-Vous faites rien pour vos gosses.
-N'importe quoi.
-Ça fait 1 an que ta fille attend
que tu lui apprennes le vélo.
-Ça oui, elle a raison.
-Bien sûr que j'ai raison.
-Je veux construire un parc d'attractions.
-Commence par jouer au foot avec eux.
-Ils aiment pas le foot ni la piscine...
On parle pas des balades. Ils aiment leurs portables
ou aller chez Disneyland.
-Quoi, alors ?
Tu vas faire un parc chez ta mère ?
Rires
...
...
-Je veux faire du manège. -Quoi ?
-Je veux faire du manège !
-Il marche pas, le manège. Depuis des années, il est mort.
-Je vais le faire remarcher, moi.
-NON ! ARRÊTE ! -Faites-moi confiance.
-Arrête, Stella.
-T'es bourrée. -Non !
-Tu vas rien voir dessous.
Elle souffle.
Tintements mécaniques
-C'est le plateau qui bloquait.
Secouez-le
que je voie où ça force !
Secouez plus fort !
Ils râlent.
Secouez vraiment !
Oh ! Oui !
Craquement Ça y est ! Purée !
Ça y est !
Tiens, regarde. C'est ça qui bloquait.
Gémissement d'effort
T'as du jus quelque part ?
-L'atelier à mon père.
-Allez !
On ouvre une porte.
Stella souffle.
Elle est où, la lumière ? -Là.
-Ah ! Elle respire profondément.
...
Quel bordel là-dedans !
Musique douce
...
Voilà !
Elle branche la prise.
-Je suis coincé ! Arnault, arrête !
Je suis coincé, là !
C'est bon. C'est bon, je suis plus coincé !
Daniel Guichard : "Mon Vieux"
-ON ALLAIT VOIR LA MER
TU VOIS, C'ÉTAIT PAS LA MISÈRE
C'ÉTAIT PAS NON PLUS LE PARADIS
HÉ OUI, TANT PIS
DANS SON VIEUX PARDESSUS RÂPÉ
IL A PRIS PENDANT DES ANNÉES
LE MÊME AUTOBUS DE BANLIEUE
MON VIEUX
Thérèse pleure.
LE SOIR, EN RENTRANT DU BOULOT
IL S'ASSEYAIT SANS DIRE UN MOT
IL ÉTAIT DU GENRE SILENCIEUX
MON VIEUX
LES DIMANCHES ÉTAIENT MONOTONES
ON NE RECEVAIT JAMAIS PERSONNE
ÇA NE LE RENDAIT PAS MALHEUREUX
Je crois, mon vieux
-Allez, les gars, faut se réveiller !
Vous m'entendez pas ? Ça fait mal, ça !
Ils râlent.
Arnault, tu te rappelles de ce que t'as dit hier ?
-Quoi ?
-Le parc. -Je déconnais.
-C'est une super idée, il faut en parler à la maire !
-Tu sais construire un parc d'attractions ?
-C'est ça, le projet alternatif !
Di Lello souffle. -C'est con.
-C'est con ?
-Oui. -C'est con.
-Vous m'emmerdez, vous êtes mous.
Vous servez à rien sur votre canapé.
Vous allez finir comme 2 glands et ça sera bien fait.
Elle claque la porte.
-Elle a raison. Pousse-toi.
Je vais faire un café.
*-Le départ d'Armageddon
*est une catastrophe pour nos finances publiques.
*Le déficit cumulé est à présent de 4 millions d'euros.
*Bien.
*Vu l'absence d'autres projets,
*passons au vote de l'attribution du marché de la mine 11/19.
-Vas-y !
-Maintenant ? -Oui, pas après le vote.
-Madame !
*-Il est interdit de prendre la parole.
-On est venus présenter un...
Un projet alternatif pour le 11/19.
*-Trop tard,
*fallait un dossier. Qui est pour ?
-Les dossiers, c'est pas notre truc.
Voilà,
avec tous les amis chômeurs, les vieux mineurs, on souhaite...
en faire un parc d'attractions pour Noël.
Ils approuvent tous.
*-C'est un projet généreux mais pas crédible. Merci quand même.
-Attends, Monique.
Tu peux pas balayer une proposition si originale.
Je trouve qu'on devrait ajourner
jusqu'à Noël, pour voir ce que ça donne.
*-Je reconnais bien les Insoumis.
*Dès que je propose une mesure rentable, on ajourne.
*Qui est pour l'ajournement ?
*Le FN est d'accord avec les Insoumis.
*C'est du temps de perdu, de l'argent en moins.
*Nous voterons le 26 décembre.
Cris de joie
...
-C'est du temps perdu, on perd de l'argent.
-C'est pas possible.
-Moi, je descendais le terril
sur un couvercle de lessiveuse quand j'étais jeune.
On s'amusait !
On s'amusait bien.
Rires -Vous allez
rouvrir la mine ?
-Oui, oui... -Oui.
-On va voir ce qu'on peut faire.
-Des auto-tamponnantes.
-Tamponneuses.
-Je dis des tamponnantes.
-Pas grave. Vous allez faire comment ?
-Je sais pas.
Bernadette acquiesce.
-Bonne soirée. -Bonsoir.
-Si on veut être crédibles,
faut rien promettre.
-Oui. -Pour le train fantôme,
il faut les wagonnets.
-Bonne idée.
-Ils sont où ?
-Ils sont sur les ronds-points, remplis de géraniums
en plastique.
-Humiliés, comme nous. -Pas humiliés, arrête ! Arnault !
-On va les chercher maintenant.
-On finit le pot quand même. -Non, maintenant.
-On finit le pot. -Bonne soirée.
-J'arrête l'alcool, pas la bière.
C'est chiant quand même. -Merde.
Maman !
Viens.
Bonne soirée !
Au revoir, merci ! -Au revoir.
Cris d'encouragement Musique enjouée
... ...
-Allez, pousse !
Allez, bravo !
-C'est bon !
...
Attention, là !
Grincements
-Il y a les flics !
Sifflet
Sirène de police
-Ça y est ? -C'est bon.
-Ils sont où
les wagonnets ?
-Quoi ? -Vous foutez pas de moi.
Vous savez combien ça peut vous coûter ?
-T'as des preuves ?
La présomption d'innocence ?
Et la diffamation ?
Les wagonnets
sont à la mine. -En plus.
-Ils sont à la ville.
-À la mine ! -À la ville.
-À LA MINE !
-Je vous laisserai pas faire.
Vous entendez ? Vous ne détruirez pas ma ville.
Ne plus subir les bourgeois
Debout, debout pour la bataille !
Debout, debout, droit au bonheur
Le blé monte, le sol tressaille
Voici le tour du moissonneur
La terre est à qui la travaille
La mine appartient aux mineurs
-Le charbon remontait ici. Il était trié là-bas.
Ensuite, le bon charbon partait de ce côté-là,
et le mauvais allait sur le terril de ce côté avec les wagonnets.
-Ils marchaient comment les wagonnets ?
-Avec la machinerie centrale. Attention où vous mettez les pieds.
Di Lello souffle.
-On va par là ? Ça sent le grisou.
-C'est rien.
-Elle est où, ma mère ? -Kevin l'a emmenée.
-Avec Cédric !
-Il est pas mal, ce petit Kevin. J'aurais pas cru !
Trouve une solution pour ta mère. Tu peux pas la laisser traîner.
-C'est sûr que j'ai pas le temps de l'emmener au cinéma.
-Regarde ça. Sifflement
... -Ah, ouais.
Sacré moteur. Vous pouvez le faire marcher ?
-On est pas ingénieur.
-Qui le peut ?
-Le traître !
-C'est Borowjack, c'était mon ami.
Il était mineur et est devenu ingénieur.
C'est lui qui a quasiment tout conçu ici.
-Il est encore vivant ?
-Il vit à Lens dans une belle maison.
-Allons le chercher.
-Jamais.
-Ça fait 44 ans qu'on lui parle plus.
On veut plus le voir.
-Vous déconnez, les gars ?
Vous voulez pas du seul qui peut faire marcher la mine
car vous lui parlez plus depuis 44 ans ?
-Il a trahi sa classe.
-Je veux faire remarcher la mine,
vous prenez sur vous et vous y allez !
-Ben...
-Va le chercher, toi. -Vas-y, toi.
-Non, toi, vas-y ! -Non. Vas-y, toi.
-J'irai pas. -Moi non plus.
-Je peux pas ce soir. Ils ont besoin de moi, tu comprends ?
-J'ai besoin de toi aussi.
-T'es pas de garde ?
-Si. Mais Julie ?
-Attends, tu peux demander à ta mère de la garder, non ?
Nous, faut qu'on avance !
-Tu te crois où ? Aux tamponnantes ?
-"Neuse", Madame. On dit "tamponneuses".
Baiser
Le vent souffle.
...
Sonnette
-Bonjour, Thérèse.
-Ils sont là ? -Ils veulent pas venir.
-Pourquoi ?
-Ils disent qu'ils s'ennuient chez toi.
-On avait dit un week-end sur deux.
-Je vais pas les forcer.
-Tu m'as dit
qu'il fallait les forcer.
-Ils en ont peut-être eu marre du canapé de ta mère.
-Je construis un parc d'attractions. Annule Disney.
Elle rit. -T'es vraiment con.
-Je peux leur parler ? -Ils sont pas là.
Jean-Fred les a emmenés au Louvre-Lens
et au paintball. -Bon...
Dis-leur que je repasserai dans la semaine.
-O.K.
-J'ai couché avec Roger Morels.
-Arrête avec ça.
Vas-y, avance.
-J'ai que 1 euro, t'as des pièces, toi ?
-J'ai que... 1 euro.
-Putain, les blaireaux !
Après, je vais à l'hôpital.
-Elle t'a pas quitté ?
-On s'est réconcilié à l'échographie. -Non, elle est enceinte ?
-Parle pas de malheur. Va me chercher 10 euros.
-Il t'en faut combien ?
-10 ! 10 euros, il me faut !
-T'es con ou quoi ? Donne ta pièce.
-Quoi ? -1, 2, 3, 4.
Tire ! -Ouais, c'est pas con.
Hé !
Pas con, le jeune !
Aboiements
Le vigile ! Vas-y !
Vas-y.
Musique enjouée
Kevin crie de douleur. Mais tu restes là aussi !
-J'ai mal, allez, vite !
...
Vrombissements de moteur
Aboiements
...
Brouhaha
Sifflements stridents
Cris de joie
...
-Voici nos tamponneuses !
-C'est tamponnantes ! Di Lello souffle.
-Disons nos tamponnettes. Vous pouvez en faire combien ?
-On en a 8. -Il manque des sièges.
-Faut aller au casse auto sur Sallaumines.
Tu demandes Michel ou Nadège, de ma part.
-Je vais y aller.
-Je peux essayer ?
-Avec plaisir ! -Arnault, viens voir !
-Allez ! Sors de là, Cédric. Vas-y.
-J'ai fabriqué ça pour un stand de tir.
À l'embouchure, on met une patate.
J'ai mis de la laque.
Cris d'amusement
Il suffit d'une étincelle. Détonation
Di Lello hurle de douleur.
-Vous êtes cons ou quoi ?
Visez pas les gens ! René crie.
Putain, Bernadette, merde !
Attends !
Attends !
Arrête-la !
Ils frappent à la porte.
Il souffle.
-Bonsoir, Roger. Marcel.
-Voilà...
On a à te parler de quelque chose.
Tu nous laisses entrer ?
-Oui, allez-y.
-Papa... -Oublie. C'est tout pourri, ton truc.
On va pas parler de ça.
-Les manèges, ça intéresse personne.
À moins que ça te mette les frissons mais à part ça...
-Le frisson ?
-Oui, genre Grand 8, Baliboomer.
-C'est quoi ça ?
-Je te montre.
T'es sur un siège et tu fais une chute de 20 mètres.
Ça, ça fait peur.
*Hurlements
-Oui.
Maman, ça va ?
-Elle attend que tu signes.
-Elle peut attendre.
-Si tu signes pas,
on changera pas de nom. -Quoi ?
-Comme ça, on aura tous le même nom.
-Vous allez pas changer de nom ?
Enfin, vous êtes des Borowski, comme votre grand-père.
Comment il s'appelle Jean-Fred ?
-Paturel. -Paturel ?
Paturel ! Putain !
Regardez-moi.
On se ressemble, on a le même nez,
le même rire.
Vous êtes mes fils.
Je vous aime !
-Je préfère avoir l'argent de Jean-Fred
plutôt que ton nez.
-Moi aussi. Ils rigolent.
-Tu fais quoi ? -À quoi tu joues ?
-Parlez autrement.
-Rends-les. -Respectez-moi.
-Attends ! Papa !
-Il est sérieux, là ?
Grincements mécaniques
...
Roulements des machines
...
-Ça marche ! Ça marche !
-Ça marche.
Acclamations
...
-Ça marche !
Bravo !
-Merci.
Merci beaucoup. -Pas de quoi.
J'aime cette mine. -Pas plus que nous.
-Je sais pas.
Je suis pas dans la compétition.
-Fais pas ton arrogant !
-C'est moi qui suis arrogant, maintenant ?
Je suis là pour vous aider !
-Tu nous devais bien ça. -Je ne vous devais rien du tout.
Vous me devez des excuses, abrutis.
-Parce qu'on est des ouvriers ?
-Non, parce que vous êtes incapables de pardonner quoi que ce soit.
-T'avais quelque chose à te reprocher.
Ça serait pas d'avoir brisé la grève en 74, par hasard ?
-Nous y voilà.
Vous êtes des minables et des jaloux.
En tant qu'ingénieur postulant, je ne pouvais pas faire grève.
Ça m'aurait cassé.
-Vous êtes 2 teignes. Il nous aide. Vous le remerciez comme ça ?
-Te mêle pas de ça, tu veux.
Sirène de police
...
-Vous allez dégager !
Tout de suite !
-On bougera pas.
-Vous venez de faire un séisme.
-C'était rouillé.
-C'est pour votre sécurité ! M'obligez pas
à employer la force.
-Vous ne pouvez pas sans décision du tribunal.
Selon l'article L401-11,
toute expulsion doit faire l'objet
d'une décision de justice.
-C'est vrai ? -Faites-lui confiance,
il était au service juridique de la CGT.
-Je retiens tout.
Gémissements de colère
-Vous voulez participer ? -On travaille, nous.
-C'est pas flagrant.
-On a arrêté ta mère pour trafic de drogue.
-Stupéfiant !
-Arnault, Bernadette,
comprenez que s'ils ne donnent pas de nom,
les tuteurs sont responsables.
-Moi, j'ai jamais trafiqué ! J'ai jamais fumé une cigarette !
-T'as peut-être une idée de qui lui fournit la drogue ?
-Qui ? Non.
-Arnault ?
-Tu veux que je dise quoi ?
Ils l'ont peut-être trouvée par terre.
-Ah oui ? Ça, il l'a scotché dans le dos, tout seul ?
Thérèse gémit.
-Tu peux pas lâcher le Chopic ?
-Non ! -C'est pas du Chopic. C'est mon père.
Une porte s'ouvre.
-Arnault, je peux te parler ? -Arnault ?
-Je reviens, maman. Je reviens.
La porte se ferme.
-Je suis obligée
de faire un signalement. Elle va être placée d'office.
-Je vais m'en occuper. -Trop tard.
C'est peut-être mieux pour elle.
-Si tu fais ça, je perds la maison. -C'est la règle.
Les maisons des mines, c'est pour les veuves des mineurs.
-Je suis né là-bas.
-Ça sera l'occasion de pas y mourir, tu crois pas ?
Je vais être franche avec toi.
Cette histoire de parc, ça me donne pas envie de t'aider.
Si tu renonces et que tu convaincs les autres d'abandonner...
Je pourrais te trouver un logement,
gratuit.
Musique calme
...
Avec ma petite pension
Que je touche tous les trois mois
Ça fait pas des millions
Mais il y a plus pauvre que moi
Avec mes bons de charbon et mon médecin gratuit
Je vis dans les corons À l'ombre des terrils
Je vis dans les corons
Et malgré tout ce qu'on dit
Il y a pas plus heureux que moi
Dans ce noir pays
Dans ce noir pays
-Merci, Arnault.
-Arnault !
Ça va ?
J'ai dit à Sarah... -Je suis désolé !
-Tu t'approches plus de ma mère. C'est clair ?
-Oui.
-Maman.
-Excuse-moi mais ça t'emmerde si je dis...
-Ouais. -Ouais, t'es d'accord ?
-Ça m'emmerde. J'en ai marre de te servir d'alibi.
Tu me fais chier, tu te débrouilles !
Musique douce
...
Il frappe à la porte. Roger !
...
Roger !
Il toque à la vitre.
Roger, ouvre, c'est Arnault !
Ouvre, Roger !
La porte s'ouvre.
-T'es dingue, t'as vu l'heure ?
-T'as couché avec ma mère ?
-Pourquoi tu me demandes ça ?
-T'as couché avec ma mère ?
-Je sais pas...
-Oui ou non ?
-Oui.
-Oui, il y a longtemps.
-Tu l'as aimée ?
Maintenant,
tu vas t'en occuper.
Les services sociaux la cherchent.
-Pourquoi tu me demandes ça à moi ?
-Pour s'occuper d'une Alzheimer, faut l'avoir aimée.
Musique triste
...
-Ah...
Coups de marteau
-Allez, pousse ton doigt !
-O.K.
Vas-y. Doucement, doucement !
-Attention !
Musique joyeuse
Rires
Cri de joie
Gémissements d'effort
...
On frappe.
...
Thérèse rit.
-CHUT !
-Viens voir. Viens voir 2 secondes.
-Mais... Hé ! Rire
-Comme ça !
Thérèse répond en frappant.
Thérèse rit.
-Feu ! Détonations
Rires
Acclamations
-En pleine face de Monique Croze !
-En plein dans le nez, regarde !
-Ouais !
Oh mon Dieu !
Je l'ai eue !
...
Applaudissements -Attendez !
Grâce aux applications que je viens de vous dire,
on peut tenir les gens au courant de l'évolution
et se faire connaître.
On peut tout leur demander, même de l'argent.
L'important, c'est qu'ils parlent de nous.
S'ils parlent de nous et nous aiment, ils mettront un like.
On est à plus de 280 likes, les enfants !
Ils l'acclament.
...
-BERNADETTE ! BERNADETTE !
-On va où, là ?
-Vous verrez bien.
Allez !
-Tu nous rends quand nos portables ?
-Plus tard.
Messieurs.
-Prenez place !
Vous vouliez du frisson, nous allons vous donner de l'effroi.
-Après, tu nous rends nos portables ?
-C'est parti !
-ALLEZ !
-Super cheap ! Il est où le manège ?
-Vous êtes dessus. -Vous allez pas nous balancer ?
-Ça vous fait peur ?
-Il y a combien ? -Je sais pas, 20 mètres.
-C'est du bluff.
-Vous êtes même pas "cap", alors...
-On va se gêner. 3 !
-2, 1 ! Les garçons hurlent.
...
-Ça va ?
-Ouais ! J'ai flippé ma race ! Ils rient.
C'était génial !
On le refait direct ! -Non, il y a école !
-Une dernière !
(-Oui, oui, oui !)
-Remontez vite ! Allez !
Fracas
Où t'as trouvé ça ?
-Dans les bonus DVD de James Bond.
-Ah bon ? -Dans un reportage sur les cascades.
J'adore les bonus.
-Parce que t'en es un.
De bonus.
Enfin, je veux dire...
-Papa ! C'était trop bien !
-C'était classe !
-Dépêchez-vous, vous êtes en retard à l'école.
-Gros bisous ! -Gros bisous !
-Les garçons !
Allez ! -MERCI.
-Je te filme.
-On y va ?
-3, 2, 1 !
Hurlements
Fracas
Les garçons rient.
-C'est bien !
...
-J'ai décroché des guirlandes de Noël.
On attend un peu
et on les met sur le parc.
Ils approuvent.
-J'ai plein de messages. Un Russe veut nous copier.
Il veut faire un train fantôme à Tchernobyl.
-Tiens, vas-y !
Elle rit.
-Bonjour. -Bonjour.
-50 euros, s'il vous plaît.
-Il reste 1,80 euro.
-1,80 euro ?
J'ai été prélevée ? -Vous n'avez pas été virée.
-C'est pas le jour du RSA ?
-Si, le monsieur avant vous
a été viré, lui.
Protestations
... -On veut notre RSA !
-Doucement ! Doucement !
... -On veut notre RSA, va la chercher !
-La voilà ! Bravo !
Ils applaudissent.
-Alors ? -Je vous explique.
Le RSA dépend du département, qui peut suspendre les versements
en cas de non-respect du contrat d'accès à l'emploi.
-On a pas retrouvé un emploi !
-Vous n'êtes plus à la recherche effective
d'un emploi car vous construisez votre parc !
Vos noms sont dans le dossier que m'a donné René.
-Qu'est-ce que t'as fait, René ?
-C'est pas tout !
Vous pouvez être considérés comme indépendants.
Attendez-vous
à des appels à cotisations du RSI. -Mon Dieu !
-Il y a l'Urssaf aussi.
-Comment ça l'Urssaf ?
-Quand on crée son entreprise ! Il vous l'a pas dit, votre juriste ?
-Merci, René. -Et alors ?
-Mon beau-frère a acheté une baraque à frites.
Avant qu'il ait vendu une seule frite,
l'Urssaf lui réclamait 2 700 euros.
Pour une baraque à frites ! Alors pour un parc !
J'imagine pas combien ils vont demander.
Je vous ai préparé un formulaire,
à renvoyer le plus vite possible à Pôle emploi,
comme quoi vous êtes à nouveau à la recherche d'un emploi
et que vous renoncez au parc.
Hésitez pas à demander le formulaire à mon assistant.
Une bonne journée !
-T'es contente ? Sonnerie
Bip de téléphone
-Je pouvais pas compter sur toi. Elle est où, ta mère ?
Les services sociaux l'ont pas trouvée.
-Chez son amant.
-Ah... Très drôle ! Tu penseras à raccrocher mes guirlandes
de Noël.
-Désolée, Arnault. J'ai 5 gosses.
-Je vais le prévenir ! Ouais !
Isabelle te cherche partout. Victor a eu un accident !
Vite !
Voix mêlées
...
-Qu'est-ce qui s'est passé ? -Tu devrais le savoir.
-Comment ça ? -Tu les as balancés
de 20 mètres de haut.
-Oui mais... Ils sont tombés sur des cartons.
-Double fracture du coude !
-Quoi ?
Quand t'es parti, tu rigolais ! -Je pouvais plus bouger mon bras.
-Je peux te parler ?
Il respire profondément.
Claquement de porte
C'est terminé, Arnault. J'en peux plus.
Jean-Fred a déposé une requête pour te retirer la garde.
On hésite à porter plainte pour mise en danger.
-Il aurait pu se blesser au paintball.
-C'est inexcusable !
Fais-toi soigner.
-Balancer ses gosses dans le vide...
C'était pas prudent.
J'espère qu'il va pas mourir. -Arrête !
-C'est pas aux normes.
-Ils avaient des casques.
-C'est le coup de grâce, faut arrêter.
-Si ça se trouve, il a rien.
Il souffle. -Ça plus le RSA sucré...
La porte s'ouvre.
-Victor s'est cassé le coude.
-Mon Dieu !
-On est cuits.
Courage !
-Allez !
-Tu veux que je reste ? -Non, t'es gentille.
Vas-y, rentre.
-Allez, fiston, viens.
-Je te sers quoi ? -Un whisky.
La porte s'ouvre. -Oh ! Putain !
Faut que je vous raconte, c'était chaud !
On a failli se faire gauler à la morgue.
C'était chaud !
Comment ça va, le gosse ? -Il s'est cassé le coude.
-Ça va ! C'est pas grave ! Regarde, moi...
Je me suis cassé les 2 bras au même âge,
regarde aujourd'hui !
Ça m'empêche pas de...
Tu me sers une bière ?
Baisers Musique légère
... ...
-Maman !
On y va, là.
...
Vrombissements de moteur ...
...
-Là, t'as le réfectoire.
Brouhaha lointain
Elle sera bien ici.
Je prendrai soin d'elle, tu sais ?
-Je sais.
-Ton fils va bien ? -Il a le coude cassé.
-T'as les papiers de ta mère ?
Ils ont renoncé au parc ?
-Le RSI, le RSA, l'Urssaf,
le coude cassé, c'était de trop.
Surtout le coude cassé.
-Ses vaccins sont à jour ?
-Oui, bien sûr.
-Les tiens aussi depuis la visite médicale ?
-Laquelle ?
-Roi des forêts...
-Maman ! -Que j'aime ta verdure.
-Viens, maman.
Viens, allez.
-Quand par l'hiver
Bois et guérets...
Sont dépouillés de leurs attraits !
Quand par l'hiver Bois et guérets !
-Voilà la chambre.
-Maman, viens.
-Vous pourrez mettre tous vos objets, vos photos, tout ça.
T'as pas eu une visite au stage ? -Non.
Oui, oui. Si. Une petite, quoi.
-T'étais avec Di Lello hier soir ? -Non.
Oui.
Oui. Si, bien sûr.
-Vous avez fait quoi ?
-Je comprends pas comment il a pu se le casser. Ils riaient.
-Moi non plus. Qu'est-ce que tu veux, j'ai merdé.
Je voulais te dire...
Armageddon, ils ont un dépôt à Sarran.
Je vais y aller.
-Ah bon ?
-Tu peux venir travailler là-bas.
-C'est une demande en mariage ?
La porte s'ouvre.
Respirations haletantes
...
-Voilà, tu fais dodo là !
...
Voilà, elle m'a quitté.
-Je suis désolé, je me suis fait piéger.
-C'est pas de ta faute.
-Non, ça te pendait au nez depuis longtemps.
-Accable-moi tant que tu y es ! -Non, mais...
Je vais pas non plus...
-Je suis tombé pour un rien, comme Al Capone.
Un petit bouton sur le cul, voilà !
Di Lello souffle. Bon Dieu.
Poignardé comme César par son ami.
...
-Va la coucher, il y a école.
-Elle m'a laissé Julie. Je sais même pas où est son école.
-C'est la même que nous. -Quoi ?
Elle va dans notre école ?
-Oui.
-Putain, pauvre gosse. Merde !
-Je vais t'aider à la monter.
Dors dans mon lit, je prends le canapé.
(-O.K.)
Attention de pas la réveiller. Fais gaffe.
-Je vais y aller.
-O.K.
Arnault souffle.
Il y a son petit pyjama et son petit doudou.
Elle aime mieux dormir avec le petit doudou qu'avec...
Merci, Brutus.
...
Il pose le stylo.
-Voilà.
J'ai oublié de te rendre ça, la dernière fois.
-Tu pars quand ? -Tout à l'heure.
Je vous dérange pas plus longtemps.
-Tu les appelleras ?
-Évidemment.
Je voulais vous demander si...
s'ils pouvaient garder leur nom.
-Vous n'êtes pas en mesure de demander quoi que ce soit.
Musique triste
...
Pleurs ...
...
Il rit. ...
...
Il renifle.
Il souffle.
...
Vrombissements de moteur
...
...
-Arnault !
...
Thérèse gémit.
...
...
Sonnerie de téléphone
...
*-Papa, c'est génial !
Arnault souffle.
Vrombissements de moteur
...
-PAPA !
Respirations haletantes
...
-Après le Baliboomer, on est allés au collège.
Mais on a séché la dernière heure de cours.
-Pour acheter des cigarettes. C'est pour ça qu'on a fait le mur.
-Je suis tombé et j'ai eu mal.
-Pourquoi vous avez dit ça ?
-On était paniqués ! Victor souffle.
-C'est pour ça.
On s'est dit que t'avais l'habitude
de te faire engueuler.
Il acquiesce.
-On pensait pas que t'arrêterais ton parc.
-Pardon, papa.
-Moi aussi.
Il inspire. -Faut montrer la vidéo à maman.
...
Donnez-moi une cigarette.
Quoi ?
-On a arrêté de fumer.
Il souffle.
-On a plus que des problèmes de fric.
-Des gros problèmes !
-Allons voir les banques, on a 65 000 likes.
On peut pré-vendre les billets.
-Il faut donner à tous l'équivalent d'un RSA.
On a pas un franc !
-J'ai ouvert une cagnotte sur Kisskissbankbank, ça peut aider !
-On est 9.
Il nous faut 5 000 euros.
Si demain, je les apporte, qui continue ?
-Moi.
-Je suis avec toi. -Moi.
Ils approuvent tous.
-Di Lello ?
-Quoi ?
Moi aussi mais... Je suis H.S.
Je dors pas, la petite a vomi toute la nuit.
Je suis dans la dèche, faut m'aider.
Mais je suis là.
-Combien tu veux ? -5 000.
-Ah, ouais !
-6 000, même.
-Quand même.
-Je te les rendrai pas.
-Ouais...
Kevin souffle.
O.K. mais à 2 conditions.
-Je t'écoute.
-Un, pardonne-moi. -C'est fait.
-Je suis désolé, Arnault.
-Et la 2e ?
-Je veux revenir avec vous.
-Merci. -Avec plaisir.
6 000, quand même.
Cris
-C'est bien, c'est bien !
-Encore, encore !
Ouais, c'est bon !
Applaudissements
Musique enjouée
-Encore ! Go !
T'as le bon rythme, là.
(-T'as vu ça ?)
Au revoir !
...
Il souffle.
Cris
...
...
-Et voilà ! -Voilà, bravo !
...
*-Papa, c'est génial !
...
-Regarde les vidéos. Quand t'aimes bien, tu like.
...
Petit cri
Baisers
Rire
-Et mon coq ? Allez, viens, toi.
Chut !
-Je vais craquer. Ça fait 15 jours que j'ai pas de nouvelles.
Elle me manque, tu comprends ?
Faut que ça s'arrête, qu'elle revienne.
-Écris-lui une lettre.
-J'ai jamais écrit de lettre.
-Trouve un moyen de lui dire
que tu regrettes, je sais pas.
Fais quelque chose, arrête de te plaindre.
-Par exemple, je dis quoi ? Je dis : "Sarah...
"Après tout, je ne suis qu'un homme."
Il hésite. "Je ne suis qu'un homme."
"Je suis un homme."
Brouhaha
Il crie.
Rires
-Tu vas te couper ! René crie.
-Suivant ! -Mieux que ça !
Aboiements
Rires
Bernadette, ça fait pas peur.
On te reconnaît, Bernadette, enfin !
Huées
Suivant !
Gémissement effrayant
Voix mêlées
On est proche de la vérité mais ça fait pas peur.
-Ça va !
-Faites-nous peur, bon Dieu !
C'est le train fantôme au fond de la mine.
-Allez, allez !
Thérèse hurle.
Vrombissement d'une tronçonneuse
Thérèse hurle.
Vrombissements
Oh !
...
Cris
Maman ! Non !
Arrête ! Arrête.
Acclamations
-Bravo ! T'as gagné !
...
Félicitations !
Je suis fière de toi.
Fière de toi, loulou !
On a récolté 9 500 euros sur Kisskissbankbank.
La CGT est à fond avec nous et a affrété 2 cars.
On a pré-vendu 300 tickets pour l'ouverture de vendredi.
Ça continue de décoller !
-On a pas assez de cartons. C'est une plaie, ce Baliboomer.
-On est là grâce à lui. -Il n'est pas aux normes.
-Combien de vues on a fait avec la vidéo ?
-97 432. -Alors ?
-Il serait temps de rembourser Kevin.
-Si on justifie pas
l'origine des fonds,
on peut enfreindre l'article 324-1 sur le blanchiment.
-Kevin, c'était pas un prêt, c'était un don.
Bernadette souffle.
-Si on s'aperçoit que le cartel finance le parc...
-Je lui ai dit.
Faut justifier les fonds.
-Bonjour. -Bonjour, Mme Zelmani.
-Bonjour, Arnault.
3 tarifs "riche", s'il te plaît.
-Vous n'êtes pas riche !
-Je suis pas pauvre, je travaille.
-Oui... Comme vous voulez.
-Vendredi, je viens à l'ouverture avec Roschdy et Hussein.
Il a eu une permission. -Super.
Bonne journée.
-Bonne journée à toi.
Merci Cédric. Au revoir.
-Bonjour.
Musique douce
...
Cris d'encouragement
...
-Maman ! -Bravo !
-Regarde, je fais du vélo !
...
-T'attends quoi ? Vas-y !
Allez !
...
Il cherche ses mots.
-T'es revenue, alors ?
-Pour chercher Julie.
-Tu reviens ou... -Je prends ma fille chez ma mère.
-T'as pas reçu ma lettre ?
-Si.
Je savais pas que tu savais écrire.
-Sympa...
Je la revois quand ?
-Je sais pas.
-Venez à l'ouverture du parc !
-Non, je crois pas. Allez.
-Maman, je veux aller au parc !
-On verra.
Musique calme
...
Musique rythmée
...
-Elle va rester avec moi, si tu veux bien.
-Arrêtez la musique !
Arrêtez la musique !
La maire a pris un arrêté de péril. On peut pas ouvrir demain.
-Quoi ? Elle a pas le droit ! -Si !
Si elle estime qu'il y a un danger à accueillir du public.
-On peut faire quoi ?
-Un référé au tribunal mais faut un expert
qui prouve qu'elle a tort.
-Un expert de quoi ?
-Un ingénieur qui aurait une expertise
sur cette mine.
-Quoi ? Non, le traître, je vais pas le chercher. Jamais !
-ROGER... -Non !
-Arrête, on a besoin de toi.
-ROGER ! -Roger, s'il te plaît...
-Arnault !
Ce qu'il faut d'abord,
c'est un avocat. -O.K.
Di Lello hésite.
-Non, non, non.
Non, non. Stop ! Non ! -ARNAULT !
-C'est hors de question ! -ARNAULT...
-Je veux plus en parler !
-J'ai mis des thunes !
-Je peux pas demain, j'ai golf.
La porte claque.
-Salopard !
-T'as besoin de Jean-Fred ?
-Je serais là, sinon ?
-C'est sûr, sans moi, vous êtes cuits.
Avec moi... Je sais pas.
-Oui ou non ?
-Je sais pas.
Je réfléchis.
Pourquoi je ferais ça ?
Vous n'êtes pas mon pote.
Vous n'avez pas cherché à l'être non plus.
-Vous voulez quoi ? M'humilier, encore ?
Vous m'avez tout pris.
Mes gosses, ma femme !
-Je t'arrête tout de suite.
Tu ne me parles pas comme ça.
Tu veux une réponse ?
C'est non.
-O.K.
Cris -Arrête !
... Arrêtez !
...
-Oh ! Stop !
Maman !
Maman !
Je veux plus être adopté. -Moi non plus.
Respirations haletantes
...
...
-Je vais demander un référé de suspension
selon l'article L521-1.
Le juge va statuer seul, ça sera provisoire.
C'est juste pour pouvoir ouvrir ce soir.
C'est clair ?
Sachant qu'on n'a pas de rapport d'expertise,
on a très peu de chances de gagner.
-Donc ?
-Préparez-vous à un échec.
Vrombissements de moteur
...
-Incontestablement, cette mine est un danger.
Elle est fermée depuis 32 ans. Elle a subi des pillages
et n'a été ni entretenue ni sécurisée.
Recevoir du public est inconcevable.
C'est un rapport de l'entreprise qui démantèle la mine.
Elle devait être démolie.
D'où mon arrêté de péril,
que je vous demande de confirmer.
-Je vais me retirer pour délibérer si vous n'avez rien à ajouter.
-J'ai, Mme le juge,
quelque chose à ajouter.
Klaxons
La fosse 11/19 est composée de 2 puits.
Le numéro 11 date de 1891.
Le 19 est de 1954.
J'ai consacré 35 ans de ma vie à ces 2 puits.
On me les a fermés le 31 janvier 1986.
Je puis affirmer sur l'honneur, Mme la juge,
qu'il n'y a aucun péril à craindre. La mine sera là dans 200 ans.
Elle le devra à l'épaisseur de l'acier qui la structure.
Le bâtiment,
c'est ce qui demeure quand tout le reste est parti.
C'est la mémoire de tous,
de l'amitié, du travail,
de la solidarité.
C'est aussi la mémoire des drames.
Dieu sait s'il y en a eu des drames dans ce bassin minier.
On connaît tous l'attachement du mineur à sa mine.
On connaît moins la reconnaissance que chacun
a pour le sacrifice de ces hommes.
-Allez, les gars ! On y va !
-La mine est gravée en chacun de nous.
Elle mériterait d'être inscrite au patrimoine mondial de l'humanité.
La détruire serait un crime contre cette même humanité.
Lui redonner vie, Mme la juge, serait, en cette nuit de Noël,
le plus beau des cadeaux.
-Bien !
-Tu m'as manqué !
Musique douce
Protestations ...
...
-On a gagné !
-On a gagné ? -On a gagné !
-On a gagné ! On a gagné !
Voix mêlées
On a gagné !
On a gagné !
On a gagné. On a gagné !
Cris de joie
...
On peut ouvrir le parc.
-C'est vrai ? -On ouvre le parc !
Le parc est ouvert !
...
... Musique joyeuse
... ...
...
-Tous à la soupe ! -Merci !
Rires
...
-Viens, ma chérie ! Merci !
Merci !
-Alors ? Allez !
...
Cris de joie
-Papa !
-Mon amour !
...
Cris de joie
-Rapprochez-vous !
Souriez ! Un sourire ! Rires
Roulements des wagonnets
Hurlements
Applaudissements Musique populaire
Cris
... Musique enjouée
-Entrez !
-3, 2, 1 !
Jean-Fred hurle.
Fracas
Musique douce
-Tu fais quoi ? -Je t'embrasse vu que tu le fais pas.
...
Ils rient.
Musique populaire
Dans la tiédeur ou le froid des matins
Été, hiver, sur les mêmes chemins
Nous retournons toujours d'un même pas
Vers le trou noir qui nous attend là-bas
Et par dizaines, par centaines Par milliers
Que les grands puits Ont tôt fait d'absorber
Nous arrachons des galeries sans fin
Le noir charbon pour gagner notre pain !
En avant, gueules noires !
Hissons notre drapeau
Rougi du sang Couvert de gloire
De nos martyrs, de nos héros
En avant, gueules noires !
Forts de notre unité
Nous marchons vers la victoire
Et la liberté
Où s'en vont-ils, ces petits gars, ces enfants
À peine âgés de 14 à 15 ans
Qui ne connaissent de la vie que misère
Et qui travaillent déjà comme leurs pères ?
Où s'en vont-ils, ces petits en haillon
Que le destin a mis dans les corons ?
C'est la relève de leurs frères, leurs aînés
Qu'un dur labeur a bien vite épuisés
En avant, gueules noires !
Hissons notre drapeau
Rougi du sang Couvert de gloire
De nos martyrs, de nos héros
En avant, gueules noires !
Forts de notre unité
Nous marchons vers la victoire
Et la liberté
Musique entraînante
...
Sous-titrage : ECLAIR
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.