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Zulu
Juin 1944.
Alors que son commandant est tué et sa section manque de munitions,
un sergent américain demande la permission de se replier
lors d'une contre-attaque allemande.
Mais leur poste étant crucial pour évacuer les Alliés des plages,
la réponse qu'il reçoit est claire.
"On reste ici.
C'est l'endroit idéal pour mourir."
Le 6 juin 1944,
les Forces alliées débarquent en Normandie
pour ouvrir le front de l'Ouest.
Allez ! Feu !
Nazis et radicaux poursuivent le combat pour survivre.
Le D-Day était une bataille.
La guerre n'est pas encore gagnée.
LA DERNIÈRE BATAILLE D'HITLER
L'ENDROIT IDÉAL POUR MOURIR
5 juin 1944.
JOUR J MOINS 1
Au-dessus de la Manche.
James Gavin, brigadier-général US, embarque à bord d'un C-47.
avec son câble de parachutistes de la 82e division aéroportée.
Gavin guette les ténèbres pour apercevoir le rivage français
et trouver des points de repère.
La côte se dessine à peine
quand leur avion s'enfonce dans un nuage.
Il soupçonne un écran de fumée ennemi et regarde sa montre.
Sans visibilité,
Gavin doit compter les minutes pour localiser sa zone de largage.
Des centaines d'avions américains décolleront d'Angleterre,
pour s'approcher de leurs cibles par l'Ouest.
Gavin enclenche un compte à rebours de huit minutes et demie
à l'issue duquel, ils atteindront la côte française.
Sans repère visuel, il est difficile d'identifier la zone de largage.
et s'ils tardent trop, ils pourraient finir dans la Manche.
Au soir du 5 juin, le moment tant attendu
depuis que les Nazis ont envahi l'Europe de l'Ouest, est arrivé.
James Gavin et ses hommes préparent une première attaque décisive.
Les Alliés veulent déployer en France des milliers de parachutistes.
Ils débarqueront dans l'obscurité,
et ils se battront contre les Allemands présents.
Ils vont contrôler les passages stratégiques.
Ils perturberont les envahisseurs par tous les moyens possibles
pour compliquer la vie des Allemands.
C'est ce qu'ils ont prévu de faire.
Mais le général Erwin Rommel a anticipé une attaque aérienne.
Rommel sait qu'il doit déployer ses forces armées sur les plages
et si les zones arrière sont menacées par les parachutistes
et qu'ils coupent les lignes de ravitaillement,
ses hommes postés sur les plages mourront de faim.
Pour désorienter les pilotes et noyer les parachutistes,
les Allemands endiguent les rivières pour inonder les champs français.
Ils érigent aussi des milliers de pièges.
L'asperge de Rommel porte le nom du général lui-même.
Ce sont des poteaux d'une hauteur de 2,5 à 3 m, plantés dans le sol.
Ils sont reliés ensemble et équipés de mines et d'explosifs.
Si un planeur allié essaie d'atterrir dessus
la zone entière explosera, se pulvérisera.
Le général Rommel fanfaronne qu'un seul corps allemand
a érigé 900 000 de ses asperges pour contrer une invasion aérienne.
Les vols de reconnaissance alliés détectent la densité des asperges
et les autres pièges dans les zones de largage.
On peut s'adapter pendant le vol,
mais on étudie aussi d'autres éléments,
et on peut décider d'annuler une mission aéroportée.
Finalement, la zone de largage a été déplacée
pour éviter les dangers.
Survolant la France, James Gavin mobilise ses paras.
Préparez-vous !
Tout le monde debout !
Les généraux aéroportés avaient un chef largueur,
mais pas Gavin.
Il est son propre chef largueur.
Vérification équipement !
Il entraîne les autres à sauter en toute sécurité.
-Je vous écoute ! -Huit, OK !
-Sept, OK ! -Six, OK !
-Cinq, OK ! -Quatre, OK !
Trois, OK !
Jim Gavin disait à ses parachutistes :
"il faut être le dernier de la file et le premier à sauter."
Il ne s'agit pas que de descendre d'un avion
ou de la place qu'on occupe dans la file.
Ça englobe tout.
Le leader doit être devant quand il faut prendre un risque
et passer en dernier quand c'est pour le bien des troupes.
L'avion de Gavin est dans les nuages depuis sept minutes.
Quand le ciel se dégage,
il jette un rapide coup d'œil au paysage au-dessous.
Tout à coup,
les explosions retentissent autour de l'avion.
Gavin décrit le bruit des tirs antiaériens
comme des cailloux rebondissant sur le toit de l'avion,
mais l'avion et surtout, les réservoirs ne sont pas blindés.
Et bien sûr, ces cailloux sont des tirs ennemis
et chaque impact représente une menace pour les soldats.
Tout le monde voulait quitter l'avion le plus vite possible.
Sous les balles, un des pilotes allume le feu vert.
Allez !
Lançant un dernier regard au sol, Gavin saute dans l'obscurité.
Les parachutistes sont censés sauter à une altitude d'environ 180 mètres.
Lorsque l'altitude est basse, on gagne en précision,
et la précision est capitale.
Parce qu'il faut pouvoir se rassembler rapidement.
Mais pour D-Day, beaucoup ont sauté encore plus bas,
à cause de l'ambiance chaotique du moment.
Le parachute de Gavin a juste le temps de s'ouvrir.
Il atterrit brutalement.
Quand il atterrit, Gavin est soulagé
parce qu'il remarque des vaches à proximité
ce qui signifie qu'il n'est pas dans un champ de mines allemand.
C'est un bel atterrissage,
Mais d'autres parachutistes n'ont pas cette chance.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les parachutes se contrôlaient mal,
on ne pouvait pas les diriger vers là où il fallait atterrir.
Certains ont eu l'expérience horrible
de se diriger vers un incendie sans pouvoir l'éviter.
Obstacles, coups de feu, champs inondés,
attendent les soldats moins chanceux dans la campagne française.
Feu !
Gavin se libère de son parachute et commence à s'orienter.
Il a perdu sa montre,
mais retrouve son arme.
Il entend un bruit derrière la haie.
Dans ces circonstances, savoir si c'est un ami ou un ennemi
est une question de vie ou de mort.
Flash !
Tonnerre.
En plus des mots de passe
à échanger,
certaines troupes aéroportées utilisent aussi un cliquet.
Un seul clic, signifie : danger.
Si vous entendez deux clics, vous avez trouvé un ami.
Sinon, soyez prêts à tirer.
Grâce aux bonnes réponses, Gavin rassemble ses hommes.
Il ne reconnaît pas les alentours.
Gavin, comme beaucoup de la 82e division aéroportée,
a dévié de sa cible.
L'écran de fumée a désorienté les pilotes du C-47.
La plupart des parachutistes ont été largués loin de leur zone.
Juste avant l'aube,
les hommes de Gavin se repèrent grâce à une voie ferrée surélevée.
Malheureusement, elle se trouve en bordure d'un marais.
Les Allemands ont détecté la présence américaine,
et ont commencé à attaquer.
Alors que les tirs allemands s'intensifient,
Gavin dirige ses hommes vers l'eau.
Le 6 juin 1944. Normandie, France.
Après avoir franchi les lignes ennemies,
Brigadier-général James Gavin
de la 82e division doit rejoindre une voie ferrée surélevée
de l'autre côté d'un marais avec ses parachutistes.
Ils traversent à gué en essayant de garder leurs armes au sec.
Ils atteignent l'autre côté, alors que le jour se lève.
Trempés, et épuisés par cette traversée nocturne,
ils entendent des tirs au loin.
Il reconnaît les soldats de la 505e,
le régiment qu'il commandait en Sicile l'année précédente.
Le lieutenant Dolan commandait la compagnie A.
Sa compagnie a atterri dans une zone très réduite.
Ils ont atterri ensemble au bon endroit.
Il l'a compris en l'espace d'une vingtaine de minutes.
Il a rassemblé 90 % de sa troupe dans les temps.
Comme Dolan, Gavin a localisé un objectif de la 82e aéroportée,
la tête de pont de La Fière.
Un manoir veille sur le petit pont et sa chaussée étroite.
C'est l'un des deux uniques ponts de la rivière Merderet.
Le 82e doit aussi prendre l'autre pont près de Chef-du-Pont
et sécuriser la ville voisine, Sainte-Mère-Église.
Le contrôle de ces trois points permettrait de protéger Utah Beach
des renforts allemands pendant le débarquement.
Au début du combat,
Dolan et ses hommes avaient éliminé les snipers et mitrailleuses ennemis
postés autour du manoir.
Certain que la 505e ait gagné le contrôle de La Fière,
Gavin dirige ses parachutistes vers le Sud
pour s'emparer du deuxième passage à Chef-du-Pont.
Dolan s'intéresse ensuite aux Allemands qui occupent le manoir.
Ils mitraillent le bâtiment.
Les derniers occupants allemands finissent par sortir
pour se rendre.
En s'emparant du manoir,
le 82e occupe son premier objectif, le pont de La Fière.
Dolan, avec le 505e, fouille la partie est du manoir
pour placer les mines et barricader le pont.
Les parachutistes du 507e et 508e régiments traversent
en direction d'un village sur la rive ouest.
Lorsqu'on s'empare d'un point clé,
la question est de savoir si on peut le garder,
et je pense que tous les soldats présents ce jour-là
savaient que les Allemands allaient réagir.
Mais au petit matin du 6 juin, la défense allemande en Normandie
-était sérieusement affaiblie. -Baissez-vous !
Le commandant de la 91e division, Général Major Wilhelm Falley
quitte le champ de bataille et regagne son QG à Rennes.
Des parachutistes américains attaquent son véhicule.
Halte !
Mains en l'air. Haut les mains !
Haut les mains !
Arrêtez !
La mort du général Falley ce jour-là signifie que les Allemands
ne peuvent plus coordonner leur défense comme ils le souhaitent.
Toute intervention leur coûtera de précieuses minutes supplémentaires
ce qui est d'autant plus crucial après le débarquement des Alliés.
Cela compense les atterrissages ratés
d'une foule de paras américains.
On recevait des messages de partout,
"On a des troupes aéroportées ici,
et on en a là-bas."
La confusion règne du côté allemand.
Mais les défenses allemandes se reforment en quelques heures.
L'Allemagne envoie sa 1057e division de Panzergrenadier
avec le renfort du 100e bataillon Panzer suppléant
du côté ouest du passage de la Fière.
Les Allemands déferlent rapidement sur la tête de pont américaine.
On évacue !
À l'Est, des coups de feu ont été signalés.
Mais ils n'ont aucune idée de l'ampleur de la réponse allemande.
La plupart des parachutistes, de même que le QG et les officiers,
n'ont pas de radio.
Beaucoup furent perdus en atterrissant dans les marais.
Les troupes aéroportées, à l'aube du 6 juin
communiquent par coureur, c'est très archaïque.
On se croirait dans la Guerre de Sécession.
On se retrouve donc avec des fractions de petites équipes
proches les unes des autres
mais qui ignorent ce qui se passe tout autour d'elles.
Les hommes de Dolan voient les autres parachutistes se replier
vers leurs positions au pont de La Fière.
Leur portée limitée de leurs armes les empêche de couvrir la retraite.
Soudain, l'artillerie allemande ouvre le feu.
Les Américains cherchent à se protéger.
Alors que le barrage d'artillerie se lève,
trois chars allemands chargent la défense américaine.
6 juin 1944. Près de Sainte-Mère-Eglise, France.
Les parachutistes américains de la 82e division aéroportée
ont été éjectés d'une tête de pont qu'ils viennent de prendre
à la suite d'une contre-attaque de grande envergure.
Les blindés allemands progressent.
Le char de tête s'arrête près du pont.
Le commandant sort de la trappe pour inspecter l'approche.
Les Américains ripostent avec mitraillettes et petits calibres.
Le commandant de char allemand est touché.
Au milieu du combat,
des bazookas américains émergent du pont.
Le bazooka est un appareil primordial
pour un commandant aéroporté.
Les fantassins sont légèrement armés
avec mitrailleuses et fusils.
Le bazooka peut détruire un tank
et équilibrer la situation.
Le soldat Lenold Peterson
et le soldat Marcus Heim ont organisé leur attaque.
C'est une opération en binôme.
Un homme vise
et se tient avec le lance-roquettes sur l'épaule,
et l'autre charge la roquette.
Le char allemand répond en tirant dans leur direction.
Ils ne sont qu'à 46 mètres du char blindé
qui tente de les tuer en même temps.
Ils sont à découvert
et réussissent à tirer plusieurs coups.
C'est incroyable.
Peterson a agi avec énormément de sang-froid.
-Chargé. -Ils continuent à tirer calmement
et immobilisent le premier char.
Ils avancent pour attaquer le deuxième char allemand
et réussissent à l'enflammer.
Mais alors qu'un troisième approche,
Heim et Peterson réalisent qu'ils n'ont plus de roquettes.
Pour contrer l'attaque, ils doivent continuer à tirer.
Peterson envoie son chargeur, Heim, chercher plus de projectiles.
Le soldat traverse la route,
sous le feu des balles tirées des deux côtés du pont.
Heim pense trouver une autre équipe bazooka,
mais il ne trouve qu'un parachutiste mort.
Heim poursuit sa quête et découvre quelques roquettes.
Il court vers Peterson.
Chargé !
L'équipe bazooka recommence son attaque.
Et avec l'aide d'un canon antichar de 57 mm.
ils détruisent le troisième et dernier char allemand.
Ses blindés incendiés,
l'infanterie allemande se replie, pour l'instant.
Le brigadier-général James Gavin
retourne évaluer la situation au manoir.
Une autre contre-attaque est inévitable
et La Fière aura besoin d'être surveillée.
Gavin fait les allers-retours
entre Chef-Du-Pont et La Fière.
La communication n'est pas aisée,
ses qualités personnelles le servent à ce moment-là.
C'est un jeune commandant dynamique au cœur du combat
qui essaie de comprendre
une situation extrêmement confuse.
Il installe un poste de commandement derrière le manoir,
pour se déplacer d'un pont à l'autre et prendre ses décisions.
Gavin nomme aussi un nouveau commandant de bataillon
pour superviser la défense du pont de La Fière
et remplacer celui qui est tombé lors du premier combat.
Gavin dit au nouveau commandant, le lieutenant colonel Mark Alexander
et au commandant de compagnie A, le lieutenant John Dolan,
de tenir leur position coûte que coûte.
Gavin et son supérieur, le major général Matthew Ridgway,
décident que même si le débarquement avait échoué,
la 82e se battra pour maintenir ses objectifs,
au mépris de la résistance allemande.
Alors que D-Day avance,
ils ne savent pas ce qui se passe à Utah Beach.
Ça vaut le coup de prendre du recul et de réfléchir à l'incertitude
des premières 10, 12, 14 heures du débarquement
et ce que ça signifie pour Gavin et les autres dirigeants.
Le matin du 7 juin,
les Allemands ouvrent le feu avec mortiers et tirs d'artillerie.
Les Allemands sont surpris, mais très vite, ils se regroupent.
La pression augmente dans cette zone
et les Allemands tentent de repousser les Alliés vers la mer.
Le soldat Peterson et le soldat Heim recommencent
quand un autre char allemand arrive.
Encore une fois,
l'équipe bazooka neutralise le premier char.
Mais l'infanterie allemande se met à couvert et riposte.
Les Allemands agissent différemment le 7 juin.
Ils mettent l'infanterie en avant.
Les Panzergrenadiers résistent longtemps,
même quand leurs chars sont détruits.
Sous pression.
Les pertes américaines augmentent.
Le sergent William Owens prend la tête d'une des sections.
Il est plus vieux que la plupart des parachutistes,
il était opérateur de presse dans le civil.
Owens sort de son trou et tire sur l'avancée allemande.
Quand sa mitrailleuse surchauffe,
Owens récupère un fusil automatique Browning ou BAR,
sur un soldat blessé et poursuit son attaque...
tant qu'il a des munitions.
Mais la section d'Owens ne compte plus que 15 chasseurs,
et de moins en moins de munitions.
-Sergent, des munitions. -Les Allemands se rapprochent.
-Ses hommes réclament de se retirer. -Il faut demander au lieutenant !
Mais ce n'est pas à Owens de décider et il doit obéir aux ordres.
Son seul moyen de communiquer avec son chef, le lieutenant Dolan,
est le téléphone arabe.
Il envoie un parachutiste de 18 ans, Bob Murphy, qui court vers Dolan.
Murphy parle à Dolan de leurs pertes et du manque de munitions
et demande la permission de se replier.
Dolan répond au sergent Owens.
Murphy se fraye un chemin jusqu'au sergent.
Lieutenant Dolan, le commandant de la compagnie A
a livré un message très clair au jeune Murphy.
Il dit : "On reste. C'est l'endroit idéal pour mourir."
Au lendemain du débarquement, la 82e division aéroportée américaine
se bat pour garder un pont-clé entre les mains des Alliés
à 13 km au sud-ouest de Utah Beach.
Son commandant est mort, sa section est à court de munitions.
Le sergent William Owens envoie un coureur demander des ordres.
La réponse du lieutenant John Dolan est claire.
"On reste. C'est l'endroit idéal pour mourir."
C'est le message le plus dur qu'on puisse recevoir.
Ils vous disent que cet objectif compte plus que votre vie.
Ça donne à réfléchir.
Les Allemands continuent leur avancée
et se déplacent à moins de 23 m de la section d'Owen.
Soudain, les tirs cessent.
Le drapeau de la Croix Rouge et le cessez-le-feu tombent bien.
Ils n'auraient pas tenu beaucoup plus longtemps.
Ils avaient subi des pertes,
et ils avaient besoin de souffler.
Dolan, Owens et le reste des paras de la 505e
ont repoussé deux contre-attaques allemandes,
sans char ni artillerie lourde.
Mais les Allemands subissent aussi de lourdes pertes.
Lieutenant-colonel Mark Alexander
et le lieutenant John Dolan acceptent la pause
afin que les deux camps soignent leurs blessés.
Si les Allemands avaient su la vérité sur la situation,
que les Américains étaient à bout,
je ne crois pas qu'ils auraient demandé cette trêve.
La 82e division aéroportée tient la ville de Ste-Mère-Eglise.
et le pont de Chef-du-Pont,
mais la chaussée de La Fière demeure contestée.
Les Allemands contrôlent l'Ouest
et continuent le combat pour repousser les Américains.
La 82e doit contrôler les deux extrémités de la chaussée,
mais ils n'ont pas d'artillerie ni de blindés,
une autre attaque directe semble vouée à l'échec.
Le supérieur de Gavin, le major-général Matthew Ridgway,
envisage une autre option.
Un Français a aidé deux parachutistes américains
à franchir la Merderet, sur un chemin enlisé dans les marais.
Ils rapportent à Ridgway
que 150 parachutistes américains se sont emparés d'un verger
sur la rive ouest de la rivière.
Ridgway décide d'envoyer ses hommes par la route inondée
pour rejoindre les troupes du verger.
Une fois les renforts arrivés, ils attaqueront vers le Sud
en gardant l'extrémité ouest du pont.
La mission est confiée à une nouvelle classe de la 82e,
la 325e d'infanterie de planeur.
La plupart des troupes aéroportées atterrissent peu équipées.
Les planeurs tentent de livrer du matériel lourd comme les jeeps
et des canons antichars.
Mais un planeur ne vole pas seul.
Il doit être remorqué par un avion.
Sans blindage ni armement, ils sont vulnérables aux attaques.
11 % des hommes de ce régiment meurent lors du débarquement.
C'est un travail dangereux, mais nécessaire de livrer les armes
des soldats et des vivres derrière les lignes ennemies.
Ridgway entame la manœuvre à la tombée de la nuit.
Les planeurs retrouvent le lieutenant-colonel Charles Timmes
du 507e régiment d'infanterie et ses hommes dans le verger.
Ensemble, ils avancent vers le sud à travers les haies
du côté ouest de la chaussée.
Mais quand la compagnie C émerge sur une route,
elle tombe sur un poste allemand.
Les Allemands retranchés maîtrisent rapidement les parachutistes.
En infériorité numérique, la compagnie C bat en retraite.
Mais les tirs empêchent le peloton de se replier.
Le 9 juin 1944. En Normandie, France.
Ce soir-là, les commandants de la 82e division aéroportée
envoient leurs planeurs pour contourner les Allemands
sur la rive ouest de la rivière Merderet.
Des tirs allemands abattent la compagnie C.
Le soldat Charles DeGlopper sort à découvert armé d'un BAR,
réduit à un fusil par sa stature et engage le combat contre l'ennemi.
Plus d'1,80 m et 110 kg,
DeGlopper est le plus grand de la 82e Aéroportée.
Pendant qu'il tire, il enjoint aux hommes du 325e régiment
de s'abriter derrière la haie.
Dans des conditions normales, le BAR est géré par un binôme,
avec un assistant pour porter les munitions.
Ce soir, DeGlopper travaille seul.
Exposé au milieu de la route, DeGlopper attire les tirs ennemis.
Il est touché plusieurs fois, mais il continue à tirer.
Il recharge et continue à tirer agenouillé.
Finalement, les Allemands viennent à bout du grand soldat.
Le brigadier-général James Gavin recevra au petit matin la nouvelle
que les Allemands ont déjoué la manœuvre de contournement.
Gavin a peu d'options.
Au fil du temps, la résistance allemande grandit.
Il décide d'attaquer à nouveau par la chaussée
avec un autre bataillon du 325e régiment de planeurs.
Quand Gavin convoque son commandant pour présenter son plan,
il reçoit une réponse inattendue.
Le lieutenant-colonel refuse de mener la charge.
Le commandant de bataillon dit à Gavin qu'il se sent malade
et qu'il est incapable de mener cet assaut.
J'imagine que Gavin a interprété ça peut-être comme de la lâcheté,
ou de la réticence, ou bien de l'incapacité à diriger.
Gavin n'a pas le temps pour ça.
Il remplace immédiatement le commandant du bataillon.
Malgré le manque de communication depuis le débarquement,
Gavin reçoit un coup de pouce
quand les renforts commencent à affluer des plages,
sous la forme d'armes puissantes et de tanks.
Avec l'artillerie et les blindés, Gavin programme l'attaque à 10h45.
À 10h30, l'artillerie déploie un barrage sur la défense allemande,
Tandis que les planeurs du 325e se préparent à attaquer.
Gavin ajoute un volet à son plan.
Il informe le capitaine Robert Rae du 507e régiment de parachutistes
de tenir ses paras prêts
au cas où les planeurs échoueraient.
Gavin est inquiet pour ces planeurs, car c'est leur premier combat
et il vient de relever leur commandant de ses fonctions.
Il envoie donc des parachutistes en renfort.
À 10h40, le capitaine John Sauls et sa 2e section, du 325e,
s'alignent contre le mur près du pont de La Fière.
À 10h45, il se précipite à découvert, suivi de près par ses hommes.
Ils sont accueillis par des tirs des lignes allemandes.
Sauls, et une trentaine de planeurs,
parviennent à traverser la chaussée.
Quand il se retourne, il a l'impression d'être seul.
Il devait se sentir vraiment isolé.
Maintenant, la question est : que faire ?
Ils se séparent pour engager avec la défense allemande
avec ce qu'ils ont.
Sur le pont, peu après l'attaque initiale de Sauls,
un soldat américain sort de sa cachette et est abattu.
Son corps bouche une petite ouverture dans le mur.
Les planeurs derrière lui se figent.
Son corps reste là pendant dix bonnes minutes
tandis qu'ils tentent de trouver la force de passer
dans cette zone ouverte du mur.
Le lieutenant Frank Amino doit faire avancer ses hommes.
Il se lève et crie : "Allons buter ces connards."
Il fonce sur la chaussée.
Surprises, les troupes le suivent.
Mais leur progression est ralentie par les corps des soldats
et les tirs incessants des Allemands.
Cadavres,
Allemands capitulant, et blessés freinent leur avancée.
Un char américain arrive enfin, pour franchir cette barrière humaine.
Mais alors qu'il roule sur le pont, une explosion se produit.
Le 9 juin 1944, à 13 km au sud-ouest de Utah Beach
la 82e division aéroportée
se bat depuis trois jours pour le contrôle du pont de La Fière,
qui permet de franchir la Merderet.
À cet instant, La Fière est sens dessus dessous.
Les corps gisent face contre terre,
le pont est détérioré, et quelques tanks sont abandonnés là.
Les généraux Gavin et Ridgway décident de sortir de l'impasse.
-On y va ! Allez ! -Les deux hommes s'engagent à fond.
Ils encouragent, donnent des ordres et poussent les hommes vers l'avant.
Mais ça ne suffit pas.
-Allons-y ! Rae ! Allons-y ! -Gavin se tourne vers Robert Rae
et la compagnie A de la 507e.
Arrivé dans le mauvais secteur le 6 juin,
Rae a rassemblé d'autres membres de la 82e
et a traversé le territoire ennemi pour atteindre leur objectif.
Et comme il est parachutiste,
quand on lui donne un ordre, il obéit.
Gavin est certain que ça suffira.
Rae, ses officiers et ses hommes déferlent sur la chaussée.
-Avancez ! Allez ! -Ils se jettent dans la bataille.
Ils crient, persuadent et entraînent les retardataires avec eux.
Allez !
Avancez !
Le lieutenant Booker parcourt la chaussée de bout en bout
pour inciter les hommes à avancer sous le feu ennemi.
Il est touché aux deux jambes, mais il n'abandonne pas.
Il se traîne sur la chaussée en criant aux hommes.
Continuez ! Allez ! Bougez-vous !
Le lieutenant Booker voit des paras tenter de battre en retraite,
il sort son pistolet et tire au-dessus de leur tête
pour leur faire comprendre qu'il ne les ratera pas.
Le chaos continue.
Mais lentement, l'atmosphère commence à changer.
Baissez-vous !
Malgré le feu ennemi,
un par un,
d'autres hommes de Gavin atteignent l'autre bout de la chaussée...
et les soldats allemands capturés se rendent dans la direction opposée.
Enfin, les chars américains roulent sur le pont de La Fière.
Après une heure et demie de combats acharnés,
La 82e division aéroportée a gagné le contrôle total de la chaussée
et de la tête de pont en face.
Quand Gavin lui-même atteint
le village de Cauquigny, de l'autre côté,
il réalise qu'il a sous-estimé la force de la résistance allemande.
Destruction, matériel abandonné et cadavres jalonnent le bas-côté.
Jim Gavin vient constater la progression de ses troupes,
et tombe sur le corps d'un jeune officier allemand.
Il lui prend une carte indiquant la position des Allemands.
Gavin prend la montre de cet officier
car il perdu la sienne en sautant de l'avion.
Un peu plus loin, il est confronté aux conséquences de l'attaque.
Jim Gavin voit aussi le corps d'un parachutiste américain
suspendu dans un arbre où il avait été abattu
plutôt que fait prisonnier.
Malgré la fatigue, la colère de Gavin lui donne la force de continuer.
La 82e division aéroportée s'est emparée de ses trois objectifs.
Sainte-Mère-Église,
le pont de Chef-Du-Pont,
et le passage de La Fière.
Alors que les chars et les hommes arrivent de Utah Beach,
l'armée américaine peut dorénavant traverser la rivière Merderet
et envoyer des troupes en France.
Le 82e a anéanti le 1057e régiment de grenadiers.
Cette unité ne combattra plus jamais en tant que telle.
Normalement, les unités aéroportées se replient après le combat.
Mais la 82e division aéroportée reste en action
car les Alliés n'ont pas d'autre choix.
Le nombre de victimes est effroyable
résultat d'une bataille qui s'est muée en guerre d'usure,
pendant la fin du mois de juin, en juillet, et encore après.
Les Alliés n'ont pas vraiment le luxe
de se passer d'une bonne équipe
et de la renvoyer en Angleterre comme il se doit.
Les soldats Lenold Peterson et Marcus Heim,
les deux bazookas de la 505e et le capitaine Robert Rae
sont décorés de médailles pour leurs actes héroïques.
Le soldat de première classe Charles DeGlopper
reçoit la plus haute récompense de l'armée américaine,
la Médaille d'Honneur du Congrès à titre posthume
pour avoir courageusement protégé les hommes de sa section.
Les Généraux James Gavin et Matthew Ridgway
retourneront au combat en Europe après un court repos en Angleterre.
Gavin, malgré s'être cassé le dos en atterrissant aux Pays-Bas
continue à diriger la 82e division pendant l'opération Market Garden.
Il appliquera sa devise : "Saute en premier, passe en dernier "
tout au long de la guerre.
Le 82e aidera les Alliés à s'implanter en France,
mais ce sera une mission dangereuse.
Les nazis, sur ordre strict d'Hitler de se battre jusqu'au dernier,
défendent âprement leurs bases et leurs ports sur le front ouest.
La guerre en Europe fera rage pendant encore 11 mois.
Sous-titres : Delphine Bedel-Dorritt
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