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Zulu
... des coups de feu.
Plusieurs agents sont blessés. Route Wilcock.
J'ai besoin d'aide de toute urgence.
Je répète. Plusieurs agents sont blessés.
Des hommes lourdement armés ont ouvert le feu...
Appel de Ford.
J'ai entendu.
Quelle heure est-il ?
18 h 21.
Viens à 18 h 30. La radio, rien de plus.
C'est apaisant.
À l'intérieur.
Où sont les autres ?
Ils sont en route.
Il y a environ 30 minutes,
un homme armé a ouvert le feu sur une foule.
Je ne sais pas qui, je ne sais pas pourquoi,
et je ne sais pas où.
Mais je sais qu'il était armé d'un fusil automatique.
Que disent les informations ?
Un homme tire dans la foule, plusieurs morts.
C'est tout pour l'instant.
- Sait-on qui était concerné ? - Comment ça ?
Un homme est sorti du bois avec un fusil automatique
et s'est mis à tirer sur un enterrement
au cimetière de Wilcock.
Sait-on qui se faisait enterrer ?
Oh, l'enterrement ?
C'est bien ce que j'ai dit.
- Il s'est échappé. - Qui ?
Le tireur. Le tireur s'est échappé.
- Il ne s'est pas suicidé ? - Non.
Quel rapport ?
Les gens qui tirent sur la foule se rendent compte en général
qu'ils ont vraiment merdé, une fois le fait accompli.
Ils se rendent aussi compte que la solution à ce sentiment
se trouve dans leurs mains.
Peu importe. Il est encore vivant.
Je parie que les flics ne savent même pas où il se trouve.
Ils fouillent encore le périmètre.
Hélicoptères, hommes au sol, chien, porte-à-porte.
Ça ne servira à rien.
Les arbres ont assez de feuilles.
Il pourra se cacher des hélicoptères
et les chiens ne pourront pas suivre sa trace à l'odorat.
Quelles sont les nouvelles ?
Un homme est sorti du bois,
a ouvert le feu sur un enterrement
avec un fusil automatique AR-15.
Quoi ?
Un fusil automatique,
un gilet pare-balles,
des grenades, des grenades assourdissantes,
des bombes artisanales placées sur les tombes environnantes.
Uniquement du matériel militaire.
Tu es sûr que c'était un AR ?
Je l'ai entendu aux infos.
De toute évidence, les médias ne savent pas
que les AR-15 qu'on achète en magasin
sont des semi-automatiques.
Et alors ?
C'était un fusil automatique. C'est ce qu'ils ont dit.
Ils ont dû dire AR modifié.
D'accord. Arrête-moi si je me trompe,
mais...
Je croyais qu'on était les seuls à avoir ça ?
Les AR ne sont pas interdits.
Et on peut se procurer un kit auto.
C'était les flics.
Un enterrement de flic. Un flic dans le cercueil.
Des flics dans l'assistance.
La bombe artisanale a explosé la plupart d'entre eux.
D'autres sont en route pour St John's.
Bon Dieu.
Tu trouves ça ennuyeux ?
Qu'est-ce que tu as entendu dire, Keating ?
Évitons de perdre du temps à attendre que le chef parle.
Alors, Noah ?
Ils disent que le tireur qui a ouvert
le feu à l'enterrement du flic faisait partie d'une milice.
Comment le savent-ils ?
Peu importe, comment ils le savent.
Ce qui importe, c'est qu'ils l'ont annoncé.
Alors, un milicien vient de tirer
sur l'enterrement d'un policier
et des policiers qui étaient autour,
et les inévitables renforts militaires
cherchent qui ?
Nous.
C'est ce qu'ils disent.
Alors, on ne doit pas les laisser faire.
Bien dit, il faut partir.
Qu'est-ce qu'on attend ?
- On laisse tomber. - Non. On ne va nulle part.
Les flics savent déjà qu'une milice est dans le coin.
Ils ont déjà établi des barrages,
envoyé des patrouilles.
Ils ont lancé l'appel 10 minutes après les premiers tirs.
Ils vont appeler la garde nationale en renfort.
Leur force de police sous-dimensionnée
qui n'a pas assez de flics ni de voitures pour les transporter
devient un armée convenable avec du matériel militaire.
Il n'y a pas assez d'entrepôts de bois à fouiller.
D'accord, très bien. On appelle les flics.
On leur dit que ce n'était pas nous.
Tu veux les faire venir ici ?
Il y a des AR-15, des kits pour les modifier,
des obus perforants, des grenades.
On est une milice avec l'intention de nuire.
Tu as un plan
ou tu veux dire qu'on est foutus ?
Je dis juste qu'on devrait peut-être se faire oublier.
Jusqu'à quand ?
Jusqu'à ce qu'ils retrouvent le tireur.
S'il est à pied, ils le trouveront vite.
Vous avez vos téléphones sur vous ?
Dans ce genre de situation,
ils surveillent tous les membres d'une milice.
Je vous garantis que nos téléphones sont sur écoute.
Oui. Sortez les piles, tout de suite.
Pas de télé. Pas d'Internet.
Quoi, maintenant ?
On va vider l'armurerie.
On doit se débarrasser de tout
ce qui pourrait nous lier à la fusillade.
Immédiatement.
Il en manque un.
Où est le numéro neuf ?
Qui l'a pris ?
Ils ont dit qu'il portait du Kevlar.
On devrait en avoir 25. Tu en comptes combien ?
Moins que ça.
Les grenades, au dernier compte,
on en avait deux caisses, donc 48.
On peut dire qu'il en manque plus d'une.
La combinaison du pavé numérique de la porte
change automatiquement toutes les 48 heures.
Les seules personnes qui connaissent cette combinaison
sont dans cette pièce.
L'un d'entre vous est coupable.
Je lui demande...
de se comporter en homme.
De nous éviter beaucoup de douleur
et de se dénoncer.
Sinon, j'appelle les flics à la radio
et je leur donne notre position.
Tu es malade ?
Si je ne leur donne pas le coupable
et qu'ils nous trouvent, on plonge tous.
Qui a fait ça ?
Pourquoi faire une chose pareille ?
Pourquoi tirer sur un tas de flics
et ensuite revenir ici ?
Les pyromanes aiment regarder l'incendie de loin.
Il n'y a pas une grande différence.
- Où étais-tu ? - Moi ?
- J'étais au travail. - Et toi ?
Au bar de McNeil. Où veux-tu que je sois ?
Où étais-tu ?
- À la chasse. - Prouve-le.
Le cerf à huit cors qui est dans mon pick-up est encore chaud.
Et toi, ou étais-tu ?
Tu vas me le dire, oui ?
J'étais au club de tir.
Le type du club m'a vendu 100 balles
il y a environ 30 minutes.
Et toi ?
Comment peut-on être sûr que ce n'est pas toi ?
C'est peut-être une affaire d'ancien flic
qui attaque les siens ?
J'étais à la chasse.
- Le pick-up est dehors. - Le mien aussi, et alors ?
J'imagine que tu as chassé au moins une fois dans ta vie.
Tu sais que la bête saigne à l'arrière, dans la benne.
Tu peux aller voir. Je ne l'ai pas lavé...
Hubbel et toi, vous avez chacun une bête morte dans le camion.
Comme par hasard.
Pas vraiment. C'est la saison du cerf.
Alors tu n'es pas suspect
parce que ton pick-up est couvert de sang.
Si je voulais tuer un tas de flics,
et ensuite venir me cacher ici,
c'est parce que je compte bien en réchapper.
Et si je veux m'en tirer,
pourquoi veux-tu que je laisse du sang dans ma benne ?
Si je voulais tuer un tas de flics et m'en tirer indemne,
je ne mettrais pas leurs cadavres
à l'arrière de mon pick-up.
Un vieux flic qui vit en ermite dans les bois pète les plombs.
Tout à coup, il y a une fusillade
et son alibi, c'est la chasse.
Et c'est à nous d'expliquer
pourquoi on l'a accepté dans le groupe.
Parce que quatre milices ont été démantelées l'an dernier
par des agents infiltrés et qu'il nous sert de caution.
Alors, si tu n'as rien d'utile à dire,
personne ne part d'ici tant que je ne saurai pas qui a fait ça.
Et tu comptes faire comment ?
Il va vous interroger.
Notre seule option est de prouver notre innocence
et de prouver que le tireur a agi seul.
Si tu dis non, nous devrons tous faire la guerre
simplement parce que l'un d'entre nous a perdu la tête.
Il va me falloir un point de référence.
Combien tu mesures ?
Va te faire foutre.
Combien tu pèses ?
Dur.
C'était toi, Morris ?
Très dur.
Tu étais ou avant de venir ici ?
Au travail.
C'est-à-dire ?
À l'école, je corrigeais des copies.
Tu m'excuses, mais pourquoi me poses-tu des questions
auxquelles tu connais déjà la réponse ?
D'où tu viens ?
Du Michigan.
Combien tu mesures ?
Un mètre soixante.
C'était quand, la dernière fois qu'on t'a mesuré ?
La classe de Miss Wilson.
Quelle est ta date de naissance ?
Quelle est ta couleur préférée ?
Tu vois les couleurs ?
Est-ce que tu es coupable ?
Où étais-tu avant de venir ici ?
J'étais au club de tir.
À quelle heure es-tu arrivé là-bas ?
Je ne sais pas. Vers 16 h 30.
Je n'ai pas regardé l'heure.
Pourquoi n'as-tu pas répondu à mes SMS ?
Je n'avais pas mon téléphone sur moi.
Noah,
est-ce que quelqu'un sait dans la milice que tu es un flic ?
Je ne sais pas.
Est-ce qu'il y a d'autres agents infiltrés ?
Je ne sais pas. Je ne crois pas.
Je ne suis pas sûr.
Je ne sais pas qui est qui ni ce qui s'est passé.
- J'étais juste... - Chut. Détends-toi.
Je suis détendu.
Qu'est-ce que tu fais ?
- Tu ne peux pas faire ça. - Il est éteint.
Quand je vais l'allumer, les flics vont le repérer.
Ils seront ici dans 10 minutes.
Attends, Gannon, non...
Je vais leur dire que c'est toi.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Tu les as persuadés d'acheter les balles perforantes
pour les AR-15, tu as fait ton travail.
Je vais leur dire que c'était toi.
Tu vas leur dire qui tu es.
Et tu vas le faire confirmer par ton supérieur.
Attends.
Mon supérieur était à l'enterrement.
Marlowe.
C'était le seul à savoir que j'étais infiltré.
Ils ont dit son nom à la radio.
Il était à l'enterrement. Il est mort.
Si tu me renvoies là-bas,
ils me tueront comme ils te tueraient, toi.
S'il te plaît, Gannon, je ne peux pas y retourner.
Qui est en charge des agents infiltrés
au commissariat du 47e district ?
Kowalski.
Et tu as un message codé
si tu dois partir d'urgence ?
Hôtel Charlie Écho.
Il est au courant ?
Je ne sais pas. Peut-être.
D'accord.
Bon, voilà ce qu'on va faire.
Je vais trouver qui est le coupable,
trouver des preuves et ensuite, on se barre d'ici.
D'accord ?
N'oublie pas d'enregistrer ses aveux,
sinon on n'a pas de preuve.
J'ai réduit les possibilités à deux.
Alors, prends les deux.
Morris.
- C'est une blague ? - Non.
Si tu n'as rien à cacher, tu n'as pas à t'inquiéter.
Bon, tu as dit deux.
Keating.
Hubbel, emmène Morris en bas, à la cave.
Attache-le à une chaise.
Si tu me touches, je te tords le bras
et je mets ton crâne en bouillie.
Hubbel, garde ça sur sa poitrine
à trois mètres au cas au il bouge.
- Allons-y. - Clés.
Keating, tu veux me faciliter la vie ?
Emmène Noah à l'arrière et attache-le à la barrière.
Je n'ai pas dit Noah.
J'étais au club de tir.
J'y ai réfléchi. Le club de tir est à 20 minutes d'ici.
Tu es arrivé 10 minutes après mon appel.
- Tu étais où ? - J'étais au club de tir.
Je te le jure.
Tu sais ce que tu fais ?
Tu crois vraiment que tu es qualifié
pour m'interroger, Gannon ?
Amène la lampe dehors, quand tu as fini.
Il faut éclairer la route.
Ton contremaître pèche toujours ?
Son matériel est ici ?
Quel rapport ?
Je peux me servir du sonar de pêche
pour capter un signal radio.
Si une radio CB est dans les parages, on le saura.
Et je peux convertir le signal CB en LS
pour éviter qu'ils nous repèrent.
Je ne comprends pas.
Bon. Je peux faire plein de trucs
pour éviter que les flics nous trouvent
ou connaissent notre emplacement.
- Alors, vas-y. - Bien.
Ensuite, va dans la salle de communication
et contacte les autres milices qui sont dans le coin.
- Pour leur dire quoi ? - Leur dire qu'on n'a rien fait.
Ensuite, amène les voitures sur la plate-forme.
Vos clés, tous les deux, tout de suite.
- Beck. - Oui.
Quand tu seras sur la CB,
si tu entends un flic du nom de Kowalski,
dis-lui cette phrase deux fois.
C'est un de mes amis.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? - Ça veut dire, retirez-vous.
Nous maîtrisons la situation.
D'accord.
Combien de temps ça prend, ce genre de chose ?
Des heures.
Des journées entières parfois.
On n'a ni l'un ni l'autre. Allez.
Tu as traîné ce cerf sur ton pick-up tout seul ?
Tu peux l'amener ici ?
D'accord.
Comment ça va ?
Tu as raison. Je suis vraiment désolé.
Je devais t'amener ici parce que je pense que c'est Keating.
Et si Keating n'est pas détendu, s'il ne pense pas
qu'il va s'en tirer, mon plan tombe à l'eau.
Pourquoi est-ce que je suis attaché à la chaise ?
Je dois faire semblant de t'avoir vraiment interrogé.
Une seconde, ne bouge pas.
Elles sont comment, ces attaches ?
Trop serrées ?
Tu ferais mieux de parler vite
parce que si elles te coupent la circulation, tu es foutu.
Je te détacherais bien
mais il faut maintenir les apparences,
juste au cas où quelqu'un vienne ici.
Les flics l'ont mérité, si tu veux mon avis.
Je savais que ça arriverait, quand j'étais flic.
Ce n'était qu'une question de temps.
C'était une bombe à retardement.
Oui.
Je me souviens encore de ce que tu m'as dit.
Le soir ou j'ai rejoint la milice.
Tu as dit : "Un jour,
"quelqu'un va péter les plombs et s'en prendre à vous.
"Vous tuer tous."
Et puis, tu as dit : "Ce sera peut-être moi."
Tu as plutôt bonne mémoire.
C'était une déclaration mémorable.
Tu veux dire que je suis le seul
à penser ça, dans la milice ?
Non, je pense que tout le monde ici pense comme toi.
- Y compris toi. - Y compris moi.
Et pourtant, je suis attaché à cette chaise
et toi, tu es libre de tes mouvements.
Cette situation imaginaire avec laquelle
tu m'as menacé il y a un an
s'est produite ce soir.
Ce n'est donc plus une question de maintenir les apparences ?
Non.
Très bien. Merci.
C'est le moment ou tu es censé me demander
pourquoi je déteste autant les flics.
Tu as été évalué psychologiquement,
à ta sortie de l'armée,
et il s'avère que tu as une phobie des figures d'autorité,
à cause de la violence de ton père.
Pour te dire la vérité, je suis profileur.
Étant donné la situation et le manque de temps,
supposons que tu sois le tireur.
La quarantaine, début de cinquantaine.
Je ne vois pas le tatouage du trèfle
mais je suppose que tu en as un
puisque tu as été membre de Nation aryenne.
Dans la situation où tu te trouves,
tu as deux choix possibles.
Avouer ou nier.
Ce qui rend tes circonstances si particulières,
c'est que si tu me fais tes aveux,
je vais courir à l'étage pour annoncer la nouvelle à la radio,
donc la rendre publique.
Les gens sauront comment tu t'appelles.
Les gens sauront pourquoi tu l'as fait.
Il y aura un procès,
et tu iras en prison.
Mais dans ton cas, la prison est une bonne défense
parce que si tu n'avoues pas
tout de suite, ici même,
les flics vont venir te chercher
et s'ils te trouvent...
tu peux être sûr
qu'il n'y aura pas de procès.
Tu n'iras pas en prison.
Tu seras torturé à mort
et ensuite ils te feront disparaître.
C'est tout, personne ne connaîtra ton nom.
Personne ne saura pourquoi tu l'as fait,
ni pourquoi tu t'es dévoué pour être martyr.
Les gens se demanderont : "Qu'est-il arrivé à ce type ?"
Va savoir.
Je sais que c'est toi.
Mais j'aimerais savoir pourquoi.
Et dis-toi bien que si tu as envie de vomir
et l'odeur ne me dérange pas,
c'est simplement pour te prouver que je ne mens pas.
C'est tout ?
Tu sais que c'est moi parce que j'ai fait
une déclaration il y a un an ?
Tu n'as aucune preuve, mon gars.
Tu as bien été membre de Nation aryenne à Jackson ?
Oui.
Ils ont tué six flics en trois ans.
Ça ne veut pas dire que c'est moi.
Tu as appris à démonter des bombes artisanales en Irak.
Démonter, pas fabriquer, pauvre con.
La meilleure manière d'apprendre à fabriquer quelque chose
est de le démonter.
Tu affectionnes les fusils d'assaut
et puis il y a le fait que tu m'as avoué par inadvertance,
à moi, un ex-flic,
que tu envisageais il y a un an une attaque
qui vient de se produire ce soir.
Alors tu vois, la preuve n'a pas tellement d'importance.
Mais tu vois ce qui va se passer si tu nies.
Toi, et tous les gens à qui tu tiens,
vous ne serez plus qu'une tâche sur le sol de la cave.
Je veux t'aider à éviter ça.
Même si c'était moi le coupable,
pourquoi j'aurais fait ça, d'après toi ?
La Nation aryenne règne par le sang.
Si tu as eu le courage de partir,
ils t'ont certainement fait payer cher.
Mais ils ne font pas de menaces de mort.
Ils viennent et détruisent
tous les gens que tu aimes, que tu connais.
Je suis sûr que tu serais prêt à tout pour éviter ça.
Tu t'en es pris à ceux qu'ils détestent le plus.
Tu es revenu dans le giron.
Tu es sérieux ?
Je suis un crétin d'ex-Aryen qui cherche à se faire prendre ?
Tu n'as pas trouvé mieux ?
Oui, c'est ça. Tu as tout deviné.
Tu me fais vraiment peur.
J'étais terrorisé.
Ils allaient me tuer. J'étais désespéré.
Terrifié comme une petite fille perdue.
Nous y voilà.
Pourquoi cette expression ?
Je connais ton parcours.
La période aryenne, si on peut l'appeler comme ça.
Tu avais un casier judiciaire.
Complot de vol par effraction, complot d'agression,
et puis, plus rien.
Et ensuite, tu es venu rejoindre la milice.
Ce qui me fait penser qu'il s'est passé quelque chose.
Pas officiellement. Il n'y a pas de rapport.
Il s'est passé quelque chose qui t'a fait arrêter...
jusqu'à ce soir.
Je sais que tu es un dur, Morris,
et que tu ne peux pas avoir d'affection
pour qui que ce soit,
sinon tu ne serais plus un dur,
mais j'ai l'impression que c'était personnel.
Quelqu'un a fait du mal à une personne que tu aimais.
Et tu as voulu leur faire du mal en retour.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Un flic a baisé ta femme ?
Frappé ta sur ?
Baisé ta fille ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Ici Rick McCollum. De Gary, dans l'Indiana.
J'ai reçu un appel de détresse.
Rick. Nous sommes isolés, sans matériel
et je ne souhaite pas être localisé.
Alors, excuse-moi si je reste vague.
D'accord, vas-y.
C'est un appel à toutes les milices pour vous informer
que nous n'avons rien à voir
avec ce qui se passe aux actualités.
Bien reçu.
Tu veux dire ce qui se passe dans le Michigan
ou en Pennsylvanie ?
Qu'est-ce qui se passe là-bas ?
Tu plaisantes ?
Dis-moi ce qui lui est arrivé.
À moins que tu préfères rejoindre tes amis au cimetière.
Non, dis-moi ce qu'ils lui ont fait.
Si tu as une raison un tant soit
peu compréhensible d'avoir fait ça,
le public doit le savoir.
Le jury aura pitié de toi.
On te mettra dans une prison en sécurité,
loin de Nation aryenne.
Et si ce que tu as fait n'était pas immoral ?
Réfléchis. Si c'était compréhensible ?
- Tu as des enfants ? - Deux.
- Garçons, filles ? - Filles.
- Quel âge ? - Huit et douze ans.
Et si l'une d'entre elles s'était fait violer ?
Je tuerais le gars qui a fait ça.
Et si c'était un gang ? S'ils l'ont tuée ensuite ?
Quand le gang se fait arrêter,
tu apprends qu'un agent infiltré se trouvait parmi eux.
Il a tout vu mais n'a rien fait.
Juste pour ne pas être découvert.
Tu veux faire une déclaration publique
mais les avocats n'ont pas assez de preuves
et qui veut aller défendre un gars
qui a un parcours comme le mien ?
Alors, les flics étouffent l'affaire,
le flic reste anonyme
et ils font de toi un malade qui a la parano du complot.
Je parie que tu le connais.
Vous chassez ensemble, regardez un match le dimanche.
Tu as fêté ça quand vous avez appris
qu'il ne serait pas condamné.
Si ce qui est arrivé à ma fille
avait été perpétré par un citoyen ordinaire,
il serait condamné à mort.
Pourquoi pas un flic ?
Tu as fait ce que tout parent aurait fait.
Ce n'est pas toi qui as commencé, Morris. C'est eux.
Dis-moi que c'était toi.
Dis-moi que c'était toi.
J'ai tué ce fils de pute
parce qu'il a regardé ma fille mourir,
et puis j'ai attendu une semaine et je suis revenu finir tous
ceux qui l'ont aidé à s'en sortir indemne.
Tu veux que j'avoue avoir fait ce qui devait être fait ?
Très bien.
Va chercher la radio.
- Comment s'appelle-t-il ? - Qui ?
Le flic que tu as tué. Comment s'appelle-t-il ?
Michaels.
- Je vais chercher la radio. - Il ment.
Le flic qui se faisait enterrer était un Callahan, pas Michaels.
On va se servir de lui quand même.
On le donne aux flics, ils ont leur homme.
Tu veux révéler la position du groupe
pour leur donner un gars qui n'est pas coupable ?
Ça nous permet de gagner du temps.
Ils n'arriveront pas à le faire craquer.
Quand je sortirai d'ici...
Vas-y, ne te gêne pas.
Tu voulais simplement lui faire de la publicité.
Tu n'as rien fait.
Tu crois toujours qu'il ne craquera pas ?
Ça se propage.
Il y a eu trois autres attaques de flics par des milices.
- Ou ? - Une dans le Dakota du Sud...
... dans un commissariat, une dans l'Utah au tribunal,
et une en Pennsylvanie sur une voiture de flic.
Combien de flics ont été descendus ?
- Environ 80. - Mais le nombre exact ?
Si je le savais, je n'aurais pas dit "environ".
Tu as parlé aux chefs ?
Deux d'entre eux. Ils sont prêts à lancer des attaques.
Ou ?
En Pennsylvanie, et un autre à une dizaine de kilomètres d'ici.
Sur le commissariat du 47e district.
Pour éliminer ceux qui restent, c'est ce qu'ils ont dit.
Ils disent tous que c'est toi qui les as inspirés.
Non, non !
On ne peut pas les laisser faire.
T'as parié sur le 48e ou quoi ?
On est trop proches.
On agit sous la même ligue.
Notre groupe est différent.
De qui ?
Vas-y.
Dis-leur que nous n'avons rien à voir avec ça.
Pour arrêter les imitations.
D'accord.
Il faut que je parle à Keating.
Tu parles aux gens ?
Je ne t'ai jamais entendu parler.
Je crois que je n'avais jamais entendu ta voix.
Je vis ici depuis 13 ans, je reste discret.
Ils ont des écoles pour les gars comme toi ?
Je travaillais sur les chantiers d'autoroute...
jusqu'à ce qu'une de mes équipes rate une coulée de béton.
Ils ont utilisé du béton bon marché.
Le trou dans la route était énorme
et a fait chavirer un semi-remorque.
Une collision de 18 véhicules.
Cinq morts.
J'ai protégé le chef des travaux et j'ai fait taire l'équipe.
Un soir, le chef des travaux
se met à dire qu'il veut raconter la vérité,
sauf que sa vérité était un mensonge.
Il aurait une peine réduite s'il
disait que c'était moi et mon équipe
qui avions décidé d'utiliser du béton bon marché
pour provoquer la rupture de la chaussée.
Ce n'était pas mon cas
mais les gars de mon équipe avaient tous une famille.
Comment allaient-ils s'occuper de leur famille
depuis la prison de Jackson ?
Alors, je l'ai tué.
Je suis venu ici,
j'ai évité beaucoup de traumatismes aux autres.
Mais je dois dire
que parfois, je suis fatigué...
et ça me manque.
L'ambiance de là-bas.
Hé, Hubbel,
tu veux l'annoncer ailleurs ?
Ce n'est pas Keating.
Quoi ?
On sait que ce n'est pas Morris.
Exact.
Alors il ne reste que Keating.
Un crétin muet incapable de parler
et encore moins d'organiser
une attaque qui suscite l'admiration.
Ou Noah, qui en est capable.
Keating n'est pas notre homme.
Non, tu dois me laisser l'interroger.
Non. Ce n'est pas notre homme.
Alors, qu'est-ce que tu proposes ?
On rédige un aveu.
On demande à Noah d'appeler les flics sur la CB
pour dire que c'est lui.
Ensuite, on le remet aux flics.
Qu'est-ce que tu ne comprends pas ?
Attends une minute.
Tu penses que c'est Noah parce qu'il était en retard ?
- Non, parce que... - Mais tu penses
que ce n'est pas Keating parce qu'il ne parle pas.
Tu te rends compte de ce qui se passe ?
Tu ne comprends pas ?
Ce truc est en train de se propager.
Si on ne trouve pas un coupable,
ça va se métamorphoser
et ce sera sans fin.
Beaucoup de gens vont mourir.
Ce n'était pas Noah.
Et pourquoi pas Noah, petit con ?
Tu me caches quelque chose ?
Bon, d'accord. Tu as raison.
Tu as raison. C'est Noah.
C'est la meilleure solution.
En plus, ce n'est pas comme si au moment de ces fusillades,
on avait décrit le tireur comme...
indifférent...
discret, antisocial.
Et quand ce genre de chose arrive,
les gens ne disent jamais :
"Je n'aurais pas pensé ça de lui."
Hein ?
Je vais interroger mon suspect.
Je te prie de rester à l'écart.
Quoi ?
Tu caches quelque chose.
Qu'est-ce que c'est ?
On a toujours su que ça arriverait un jour.
J'appelle la milice d'Abilene.
Ne bougez pas sur le 47e district.
Je répète.
On vient ici,
on se réunit chaque semaine depuis des années
pour se préparer.
Et se préparer à quoi ?
Pour le jour qu'on espérait ne pas avoir à affronter,
le jour de la catastrophe.
Le matin du jugement dernier.
Ce jour n'est peut-être pas comme on l'avait imaginé
mais il est arrivé.
Ils disent qu'un membre de la milice a fait ça
et nous, on essaie
de faire penser à tout le monde que ce n'était pas nous.
Si tu allumes ça,
ils vont venir et aucun d'entre nous ne s'en sortira.
On devrait être à l'armurerie en train de charger les munitions,
pour aller tous unis dans ce commissariat...
c'est nous contre eux.
Parce que la lutte a commencé.
Et il faut la gagner.
Alors on fait la guerre aux flics ?
Au fond de nous, c'est bien ce qu'on voulait, non ?
Hé !
Une voiture arrive.
Éteignez les lumières. Tout de suite.
Qu'est-ce que tu fous ?
Je ne vais pas mourir
pour quelque chose que je n'ai pas fait.
S'il voit Noah, les autres vont venir.
Donne-leur les coordonnées d'une autre milice.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Écoute, le flic s'en ira si tu donnes d'autres coordonnées.
La milice qui allait attaquer le 47e.
La porte de côté. Il va voir Noah.
Bon sang.
Alerte...
J'ai repéré l'emplacement d'une milice à Kitchman
qui prévoit une attaque sur le commissariat du 47e.
Voici leurs coordonnées : 1-8-9-2-1.
Appel à toutes les unités,
rendez-vous à 18921, Top Hill Court.
Rendez-vous à 18921, Top Hill Court.
Les unités de soutien tactique sont en route.
Ici l'unité 48301, bien reçu.
Je suis en route.
Hé !
Je vais jeter un il sur Noah.
Hubbel, va avec lui.
La compagnie ne te dérange pas.
Hubbel, je dois parler au suspect seul.
Tu veux bien rester là
et essayer de ne pas tout faire rater ?
Ce n'était pas Morris.
Comment le sais-tu ?
C'était Keating.
Tu l'as interrogé ?
Pas encore.
Alors, comment le sais-tu ?
C'est évident.
Il n'avouera jamais. Il ne parle pas.
Je le forcerai à l'écrire.
Ils vont me tuer si tu ne le fais pas avouer.
Je ne te laisserai pas ici.
D'accord ?
Tu es mon frère.
Je vais te sortir de là.
- D'accord. - Hé.
J'ai besoin de toi.
Je suis occupé.
Tout de suite.
Si tu essaies encore de me doubler,
je t'emmènerai moi-même chez les flics.
Monte le son.
... avait duré 30 secondes,
et que l'attaquant avait tiré 400 cartouches,
mais la police nous a informé
qu'il a en fait tiré 1 400 cartouches
pendant deux minutes.
L'attaque s'est produite dans l'aile sud du cimetière,
ce qui intrigue les autorités
car il est très difficile d'accéder
à l'aile sud en voiture.
C'était les nouvelles de 23 h 30...
Si tu ne peux pas prouver que c'est Keating,
je vais écrire une lettre d'aveu,
faire un nud de corde et je vais pendre Noah.
Beckmann dit que les tireurs
de ce genre se suicident en général.
Ce sera le cas, mais un peu plus tard que d'habitude.
Je sais que tu ne parles pas beaucoup...
mais je sais que tu entends.
Page neuf.
Voilà un passage particulièrement intéressant.
"Ils resteront chacun réticents, taciturnes...
"ils s'éteindront dans un silence total.
"Leur crime...
"pour lequel la seule punition valable...
"est la mise à mort...
"aurait pourtant pu être évité...
"éteint, détourné...
"si seulement...
"ceux qui ont pris la parole...
"avaient été établis."
Keating, laisse-moi t'expliquer ce qui va t'arriver.
Soit tu avoues, soit je leur dis que tu as avoué.
Ils vont venir ici
et ils vont te passer cette corde au cou.
Tu te balanceras au bout.
Et ce serait une tragédie
parce que personne ne saura
ce que tu avais à dire dans tout ça.
C'était bien.
Beau à voir.
Mais tu croyais vraiment que ça marcherait ?
Que ta petite comédie me ferait avouer ?
Et qu'une lecture théâtrale médiocre de mon journal intime
m'inciterait à admettre ma responsabilité
dans ce qui s'est produit ?
Je constate que tu n'utilises
pas la technique d'interrogation FAINT
étant donné ton manque de structure,
alors c'était bien joué, mais inefficace.
Tu es malade ou quoi ?
Je rêve ou tu viens de tirer ?
Oui.
Il a tiré.
Negatif, comté de Clark.
Trois attaques viennent de se produire au Nevada. À vous.
Bien reçu. Est-ce que ça bouge au Texas également ? À vous.
Bien reçu. Combien d'unités tactiques
ont été envoyées à Top Hill ? À vous.
Ici Kowalski. 23 unités. À vous.
Je suis en route vers Groves et Witheby,
j'ai reçu un appel au sujet d'une voiture vide. À vous.
Oui, Lieutenant Kowalski. À vous.
C'est une fréquence privée, bon sang.
Bien reçu. J'ai un message pour vous.
Hôtel Charlie Écho.
Je répète. Hôtel Charlie Écho.
Qui êtes-vous ?
Je ne peux pas vous le dire.
Attendez, appel au centre. J'ai un groupe d'hommes
dans un véhicule sur Groves et Witheby. À vous.
Bien reçu. Kowalski, fais attention.
Et qui que vous soyez, je le répète.
C'est une fréquence privée.
Appel au centre, des hommes avancent vers moi.
J'ai besoin de renforts immédiatement, je répète...
Kowalski ?
Kowalski, réponds.
Essaie de ne pas avoir l'air aussi choqué.
Toute personne ayant un minimum d'intelligence
garderait le silence dans cet environnement.
Un muet antisocial
se met tout à coup à parler comme un livre.
Ce n'est pas très spontané.
Si vous voulez que je parle à notre romancier à la Salinger,
il faut que vous partiez.
Tu choisis bien ton moment pour te mettre à parler.
Dans la plupart des sujets qui sont abordés ici,
je ne suis pas d'accord ou pas qualifié pour donner mon avis.
Alors qu'est-ce que tu fais là ?
On m'a dit qu'il fallait que je sois plus sociable.
- De quoi ? - On ne dit pas "de quoi".
Tu as l'air intelligent. Devine.
Et tu as choisi d'être sociable dans une milice.
C'était le seul milieu possible,
ou tout le monde se moquait du fait que je parle ou non
tant que je venais aux réunions
et que j'étais fidèle à la cause.
Je vais devoir te poser d'autres questions
parce que j'ai maintenant devant moi
un homme complètement différent.
Ne te gêne pas.
- Comment t'appelles-tu ? - Keating Vassileff.
- Où habites-tu ? - 6420 route Clifton.
- Quel âge as-tu ? - 23 ans.
Quel est ton niveau scolaire ?
Il me manquait quatre points seulement
pour avoir ma licence avec honneur sur une bourse Mitchell
à l'université du Michigan.
- La fusillade, c'était toi ? - Laquelle ?
Comment ça, laquelle ?
La première a mis un officier sous terre
et l'autre a descendu ceux qui étaient à son enterrement.
Laquelle ?
Es-tu responsable d'un de ces complots ?
Par complot, tu veux dire préparer en secret
une tentative d'exécution d'un acte illégal ou dommageable
contre un être humain ?
Oui, c'est ça.
Il y a une chose que tu dois savoir à mon sujet.
Je suis isolé.
Et je dois compenser cet isolement.
Je le compense par le savoir,
j'absorbe les connaissances, je collecte des informations.
Je connais donc toutes les méthodes
que tu vas tenter d'utiliser, en vain.
Technique d'interrogation MITT. Lecture rapide.
Questions intégrées et pertinentes.
Aucune ne marchera.
Alors, assieds-toi s'il te plaît.
Donne-moi tout ce que tu as. Montre-moi mes erreurs.
Montre-moi comment tu sais que c'était moi.
Tu ne veux vraiment pas que ce soit facile.
Facile pour moi, oui.
Pour toi ?
Je ne peux pas dire.
Tu as assez de munitions dans ton armurerie
pour détruire une partie du gouvernement.
C'est l'armurerie de la milice.
Il y a assez de preuves ici pour incriminer chacun d'entre nous.
Tu as une carte du cimetière
et un plan identique à celui de l'attaque.
Un plan ? Oui, mais de quoi ? Qui peut le dire ?
C'est un manifeste de 300 pages
avec toutes les raisons pour lesquelles le monde
ne t'a pas écouté,
enveloppé dans le style roman du psychopathe
par excellence.
Je n'ai pas encore trouvé mon style d'écrivain.
Est-ce que tu mens parfois pour te sortir d'un pétrin ?
Je n'ai jamais été dans le pétrin.
Est-ce que tu t'es déjà vengé de quelqu'un ?
Se venger veut dire se rabaisser. Donc non.
Questions comparatives,
reconnaissance de traits identifiables.
Ça ne marche pas. Change de tactique.
Qu'est-ce que tu vas faire quand ils vont trouver
ton ADN au cimetière ?
C'est normal. Je m'y promène souvent.
Bon dieu, tu es malin.
Complimenter pour établir le lien.
C'est insultant étant donné les facultés mentales de l'accusé.
Est-ce qu'ils conseillent de faire ça
quand ils vous apprennent cette méthode ?
Tu sais ce qui est intéressant ?
Quoi ?
Pourquoi n'as-tu pas parlé du fait que Morris et Noah
ont des gouttes de boue sur le bas de leur pantalon
et pas moi ?
Il n'a pas plu aujourd'hui.
Il a plu toute la semaine.
J'imagine qu'il y a de la boue près du cimetière
si on s'enfuit à pied.
Et j'imagine que tu n'as pas qu'une paire de pantalons.
Pourquoi n'as-tu pas mis du cuivre
et du chlorure de potassium sur nos poignets pour voir
lesquels présentent un résidu de poudre de canon ?
Tu verrais que je n'ai pas tiré depuis plusieurs jours.
Mais l'un d'entre eux, oui.
Les tests de poudre ne sont pas du tout fiables.
Tu as oublié qu'on habitait
à quelques kilomètres l'un de l'autre ?
J'imagine que tu as entendu.
Au début, j'ai cru que c'était des feux d'artifice.
Alors, j'ai allumé mon scanner radio.
"Des coups de feu ont été tirés sur l'enterrement d'un agent.
"1010 Route Wilcox, explosion de bombes artisanales.
"Demande aide urgente."
Et alors ? Tu sais ce qu'ils ont dit à la radio.
Tu aurais pu l'entendre pendant ton attaque.
J'aurais pu écouter la radio
en tirant avec un fusil d'assaut AR-15 ?
Tu es inlassable. Je comprends.
- Ah oui ? - Oui, je comprends.
Tu sais, quand je suis parti vivre seul,
les gens m'ont demandé si je souffrais de la solitude.
Quand je leur répondais, les gens me regardaient bizarrement
parce qu'ils pensaient que je ne savais pas parler.
On dit que la solitude est pire que la cigarette.
Elle provoque des maladies cardiaques, la dépression,
le suicide.
La mort prématurée dans toutes ses variantes.
C'est n'importe quoi.
C'est le vivre ensemble, qui est une faiblesse.
La solitude nous a tout donné.
La solitude nous a donné les grands livres,
les grands musiciens.
La solitude construit.
Non, c'est un mensonge.
La vérité, c'est que je vis dans une chambre seul.
J'ai les volets fermés, il y a des bouteilles partout au sol,
toutes les manières très intelligentes de haïr le monde
et le chemin le plus rapide pour devenir fou.
Génial. Morose. Typique...
Comme toi.
On pense tous les deux qu'on est
à des milliards d'années l'un de l'autre.
On pense chacun de son côté que c'est l'autre
que les gens admirent.
Tu es un esprit brillant, Keating.
Tu es comme moi.
Je sais que c'est toi le coupable.
Et on ne lâchera pas tant que tu n'avoueras pas.
Affirmation forcée qu'on exploite pour obtenir des aveux.
Je ne veux pas te renvoyer un monologue
mais tu sais ce qui arrive en isolement disciplinaire ?
J'ai l'impression que je vais bientôt le savoir.
Atrophie sensorielle.
Disparition des aptitudes sociales.
Ils mettent leur lit près du mur
juste pour pouvoir ressentir quelque chose.
Tu dis que la solitude construit.
Moi, je dis qu'elle amplifie.
Elle vous fait voir ce qu'on aimerait ne pas désirer.
Et la vraie question,
c'est comment lutter contre ce sentiment ?
Tu dors avec la télé allumée,
tu as des amis avec qui tu n'as aucun point commun,
tu épouses quelqu'un que tu n'aimes pas,
tu rejoins une milice sans raison.
Je ne sais pas ce qui t'a poussé à rester seul, Gannon,
mais écouter aux portes d'un monde
qui n'a plus d'utilité pour toi,
punir la société en la privant de ta présence,
tout cela je m'en moque.
Ce que je veux savoir,
c'est ce qui t'a poussé à revenir ici.
Je t'ai dit pourquoi je suis venu à la milice,
mais quelle est ta raison ?
Je ne te vois pas en milicien classique.
Ça élimine la question idéologique.
Un ex-flic qui part vivre seul
me dit que tu voulais échapper aux armes,
ne plus en entendre parler.
Ce doit donc être quelqu'un.
Il y a quelqu'un ici à qui tu tiens secrètement,
plus que tu ne veux l'admettre.
Qui est-ce ?
Je ne peux pas dire que ce soit moi.
Beckmann semble un peu trop nerveux pour toi.
Morris ? Non.
Hubbel ? Non.
Ça nous laisse Ford...
et Noah.
Qu'est-ce qu'il a de spécial, Gannon ?
Comment vas-tu vivre ça,
quand tu devras pendre quelqu'un qui est si important pour toi ?
Ouvre la bouche, putain.
Ouvre la bouche. Mange, petit con.
Dis-le. Je veux te l'entendre dire.
Je veux t'entendre dire que c'est toi le coupable.
Ou je te fais bouffer ton putain de journal intime.
Le journal entier.
Où en est-on avec Holden Caulfield ?
Gannon ?
Fais venir Noah.
Non.
Tu sais, toutes ces fusillades...
Tu sais ce qu'elles ont en commun ?
Je l'ai fait pour que le monde sache mon nom.
Tout le monde connaît le nom du tireur.
Et si je t'enlevais ce plaisir ?
Si je faisais ça ?
Tu ne le feras pas.
Tu m'as posé une question, Keating.
Pourquoi suis-je parti.
Quand j'étais flic, j'étais dans l'unité antigang.
J'étais infiltré dans différent groupes.
On plaçait de fausses preuves et on faisait un raid.
Je travaillais avec un autre flic, Richmond.
On tentait de démanteler une cellule militant
pour la suprématie blanche.
J'ai reçu un appel de mon supérieur.
Il m'a donné rendez-vous dans les bois.
Qu'est-ce qu'on fait là ?
Onze d'entre eux sont sortis du bois.
Il a pris des balles...
et s'est mis à les jeter à mes pieds.
Pour voir si j'allais bouger.
Si on fait ça et qu'on rejette la faute sur ta cellule au Klan,
on peut faire un raid sur eux ce soir
et tous ceux avec qui ils traitent,
avec la loi sur le crime organisé.
C'est terminé pour toi.
Si on fait quoi ?
Et voilà Richmond.
On lui a envoyé des menaces de la cellule du Klan
depuis trois mois,
on a placé des empreintes de membres du Klan chez lui
et on peut prouver que trois des chefs de la cellule
étaient là ce soir.
Alors...
tout ce qu'il te reste à faire...
Pourquoi lui ?
Il nous faut un corps.
Et la seule autre personne pour qui on a des empreintes,
c'est toi.
Tuer un des siens pour faire tomber les autres.
J'ai besoin de connaître ta position.
On a fait 15 raids sur des cellules du Klan,
on les a empêchés de faire Dieu sait quoi.
Mais j'en avais marre.
J'ai perdu quelqu'un ce soir-là.
Je ne vais pas recommencer.
Ç'aurait dû être moi, ce soir.
Et maintenant, quand ils trouveront mon corps...
Ce sera vraiment moi.
L'ATTRAPE-CURS J.D. SALINGER
C'était moi.
Je m'appelle Keating Vassileff.
J'ai 23 ans.
J'habite 6420 route Clifton.
C'est moi qui ai tiré sur la foule lors de l'enterrement.
J'ai planifié cette attaque seul.
Je l'ai exécutée seul.
Les milices n'avaient pas connaissance de mes intentions.
Et ils n'approuvent pas cet acte.
Je me suis servi de mon AR-15,
que j'ai acheté en toute légalité,
sans aucun complice
pour la livraison de l'arme ou les munitions.
J'ai choisi d'attaquer le cimetière de Wilcox par le Nord
car c'est le chemin le plus rapide vers l'autoroute
et je pouvais ainsi exécuter l'attaque
en moins de 30 secondes.
C'est là que j'ai tiré 400 cartouches.
400 exactement.
J'ai choisi de m'enfuir à pied
car c'est le mode de transport qui attire le moins l'attention
et personne ne s'attendrait à qu'une personne comme moi
ait l'acuité mentale nécessaire
pour prévoir les attentes des autres
par rapport à ce dont je suis capable, de manière consistante.
La raison pour laquelle j'ai attaqué ces gens
est justifiée et méritée par ceux qui ont été attaqués
et m'ont ainsi forcé à être le champion de cette cause
en choisissant de m'ignorer.
Ils ont choisi de ne pas m'écouter.
C'est moi qui les ai inclus.
Leur inefficacité, leur ineptie,
leur médiocrité, leur infériorité flagrante
est ce qui a provoqué ce dénouement.
J'ai agi comme la fourche, le bâton...
le...
Voilà pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait.
J'attendrai au coin des routes Mound et Middlebelt
dans 25 minutes, sans arme.
C'est bon ?
Encore un faux aveu.
Le troisième en une heure.
Ça n'arrête pas. Ne fais pas attention.
Tu devrais peut-être changer de fréquence
pour éviter les détraqués.
Deux personnes qui mentent à propos du même crime
en moins d'une heure.
C'est mon métier d'obtenir des aveux,
pas la vérité.
C'est Noah.
Ce n'est pas Morris...
et ce n'est pas Keating.
Noah...
J'ai besoin de t'entendre...
J'ai besoin de t'entendre dire que tu ne l'as pas fait.
Dis-moi que tu ne l'as pas fait.
Tout ce que je voulais,
c'est ne pas te faire honte.
Pour une fois, Gannon.
Pour une fois.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Qu'est-ce que tu as fait ?
Je suis désolé.
Tu ne comprends pas.
Tu as pris cette arme.
Détache-le.
Tu fais une grosse erreur.
Je veux simplement que tu m'écoutes une seconde.
Non, c'est toi qui vas m'écouter.
Reculez. Reculez.
Écoute-moi. Ce n'est pas lui.
Ford...
Attends une minute.
Arrête !
Ford, c'est mon frère !
Et alors ?
Gannon !
Gannon !
Non !
Ce n'est pas moi !
Gannon, s'il te plaît !
Gannon, s'il te plaît ! Gannon, s'il te plaît !
Qui a leur téléphone ?
Qui a leur téléphone, putain ?
Séparez-vous et trouvez-le.
Trouvez-le.
Surveille-le.
Tu sais où il se trouve.
Les flics arrivent.
Il faut que vous soyez prêts.
On a combien de temps ?
C'est une minuterie.
Allez, ça va ?
Allez. Lève-toi.
Tu peux marcher ?
Depuis tout ce temps.
Tu nous as ruinés.
C'est toi, le responsable de tout ça.
Dehors ! Immédiatement !
C'est un agent infiltré.
Ford, dis-leur que c'était toi et moi.
C'était toi et moi.
Ford, tu dois leur dire la vérité.
Dis-leur que c'était toi et moi et laisse partir les autres.
Il ment.
Vous avez entendu ? C'était Ford et moi.
Ferme ta gueule.
Tout le monde va bien ?
Oui, ça va.
Bon, relevez Noah.
Ici Kowalski de l'unité 23.
Appel au centre, la milice sort des bois dans ma direction.
J'ai besoin d'aide immédiatement. Je répète...
Ramenez-le au commissariat pour faire un débriefing.
32 Oscar Victor Charlie, j'ai un mâle de race blanche
à l'entrepôt de bois qui se trouve sur Sparrow et Cedar.
... car l'attaque s'est déroulée en 30 secondes
et l'agresseur a tiré 400 cartouches.
Actualités sur AM 1130.
J'ai besoin d'une évacuation immédiate.
Quelqu'un doit contacter le centre à la radio.
Dites-leur que j'ai besoin d'une unité de prise
en charge de cadavre.
Nous avons quatre corps. Tout de suite, s'il vous plaît.
Ils n'arrêtaient pas de nous menacer.
Ils disaient qu'ils allaient nous attaquer.
Il fallait faire quelque chose.
Alors, on a organisé une fausse attaque.
Vous avez tout inventé ?
Il a suffi de cacher une de leurs armes
pour qu'ils s'entredéchirent.
On a planté l'idée d'une société anéantie,
en proie au chaos, un chaos qui se répandait partout.
On leur a fait croire que d'autres les suivaient,
qu'ils avaient commencé une espèce de révolution.
On les a manipulés à l'image de ce qu'on voulait.
Ils pensaient qu'ils n'étaient pas seuls
mais en réalité, ils ne faisaient partie de rien.
Un ex-membre de Nation aryenne lié à des meurtres de flics.
Un bandit de grand chemin en fuite responsable de cinq morts.
Un gamin qui prévoyait une fusillade dans son ancien lycée.
Ce n'est pas une grosse perte, Gannon.
Ce sont des pions sur un plus grand échiquier.
Une milice dans le nord du Michigan
possédant des armes automatiques
avec des balles perforantes
fomente une attaque lors d'un enterrement de policier.
Ensuite, on fait venir
le meilleur interrogateur que la police ait jamais eu...
quelqu'un qui a fait avouer à des gens
ce qu'il n'avait pas fait des milliers de fois...
quelqu'un qui sait repérer les signes
et maintiendra la milice
sur la défensive, inaccessible, en circuit fermé.
Un soir, tout bascule.
Plus de psychopathes avec fusils automatiques,
plus de lunatiques qui peuvent acheter un fusil mitrailleur
et entrer dans une école avec.
On a parfaitement réussi notre coup.
Ne tirez pas !
Baisse ton arme, Gannon.
Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
Tu aurais pu...
Après tout ce que j'ai fait.
Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
Je suis désolé.
Tu n'es plus flic.
Je suis content de te revoir, frangin.
Oui, moi aussi.
Baissez vos armes !
Fais attention à toi.
Tu sais...
On aurait bien besoin de ton aide.
Tu viens ?
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