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On dit que ma génération est désabusée.
Élevée pendant une époque sans foi en Dieu,
en le gouvernement, en les gens,
en rien.
J'ai toujours aimé à me penser plus optimiste que ça.
Pas moyen.
Mais il faut admettre que dans une telle situation,
il n'y a qu'un message qui flashe dans votre tête,
comme un panneau néon rouge géant.
"Ne faire confiance à personne."
Un jour plus tôt.
Je m'ennuie. On peut commencer ?
Prêts ?
Ce gamin passe bien à la caméra.
Votre nom, s'il vous plaît.
Holden Pryce.
Vous consentez à ce que cet entretien soit filmé ?
Oui.
Très bien.
Allez-y.
Vous pourriez essayer de nous dire la vérité, cette fois-ci.
J'ai eu mon diplôme à Harvard, au printemps dernier.
Je n'avais aucune famille, là-bas.
Ma mère est morte l'année d'avant.
Et mon père ?
Je crois que j'en espérais trop.
Comprenez-moi bien,
il m'a toujours donné assez.
Même après leur séparation.
Ces onze dernières années,
il m'a envoyé dans les meilleurs prépas,
m'a fait entrer à Harvard,
et m'a donné de l'argent pour voyager l'été.
Pour ce qui est de l'argent, il a toujours été là.
Pour ce qui est de ce qui compte vraiment,
c'est une autre histoire.
On ne s'était pas vus depuis deux ans.
Puis, soudain, il m'a appelé et a dit : "Viens à Chicago."
Après avoir passé un an à voyager en Europe,
je n'avais nulle part où aller.
Donc pourquoi pas.
Je pensais que cette fois, peut-être,
j'aurais plus qu'un simple chèque.
Un diplôme, c'est censé vous garantir un futur.
Mais je ne pouvais pas avancer sans avoir résolu mon passé.
Holden !
Madeline !
Tu m'as fait tellement peur.
Viens là. Viens dans mes bras, mon grand.
Tu as été méchant.
Tu ne nous rends pas visite, qu'est-ce qui ne va pas ?
Tu ne nous aimes plus ?
J'ai découvert le monde, j'ai voyagé tant que j'étais jeune.
Oui, tu es tellement vieux, maintenant.
Tu m'as manqué.
Je suis content de te voir aussi.
Où est-il ?
En haut.
Il a une grosse surprise.
Mais je ne peux pas le dire.
C'est mieux entre père et fils.
Vas-y.
Allez.
Je suis contente que tu sois là.
- Oui. - Moi aussi.
À tout à l'heure.
Mason ?
C'est quoi, cette grosse surprise ?
Pryce Athlétisme Nike peut toujours courir
Mason ?
Papa ?
Désolé.
Fermez la porte derrière vous.
Oui, désolée.
Salut !
Petit salopard !
Regarde-toi.
Ça alors.
Je dois me faire vieux, car tu as bien grandi.
C'est quoi, ça ?
Des Nike ?
Tu veux me donner un attaque ?
Ce sont juste des baskets.
Si ce sont juste des baskets, porte les miennes, la prochaine fois.
Bon, d'accord.
Tu t'es bien amusé en Europe ?
Oui, c'était super.
Désolé de ne pas avoir pu venir à la remise des diplômes.
Le syndicat m'emmerdait. Ils m'emmerdent toujours.
C'est cette production délocalisée...
T'en fais pas.
Ouais.
Attends.
Chérie ?
Chérie ? Tu es habillée ?
Viens là.
Lana,
voici mon fils, Holden.
- Salut. - Salut.
Qu'est-ce que tu en penses ?
Il est mignon.
Depuis combien de temps vous sortez ensemble ?
Sortir ensemble ? Bon sang.
On est mariés.
Holden, dis bonjour à ta nouvelle maman.
Salut, fiston.
Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
- Quoi, pour Lana ? - Oui.
Je voulais te faire la surprise.
Voir ta réaction.
Ça valait le coup.
- Tu en veux ? - Non merci.
Il n'y a rien de mieux au monde.
Un jour, je vais atteindre les 100 ans.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu n'es pas content pour ton vieux père ?
Si, je suis juste un peu impressionné.
Oui.
Tu as déjà visité les îles grecques ?
Oui, j'y suis allé avec mon ex.
C'est romantique, pas vrai ?
Oui, très.
On était sur une plage déserte à Mykonos.
Sable blanc, couchers de soleil dorés.
Qu'est-ce que je pouvais faire ?
Je suis tombé sous le charme.
Et je n'avais pas connu de sexe comme ça depuis des années.
On a fait plein de photos de mariage. Je te montrerai.
Ce sera comme si tu y étais.
C'était énorme.
Tous les habitants et les touristes de l'île sont venus.
C'est vrai ?
Il faut qu'on se prépare.
On va à un gala de bienfaisance au nouveau siège de ma société.
Ils donnent mon nom à une aile d'un musée.
Si tu donnes assez d'argent, ils donnent ton nom à n'importe quoi.
Bref.
Je suis content que tu sois là, fiston.
Moi aussi.
- Allez. - D'accord.
Merci.
Regardez, c'est l'homme qui m'a convaincu
de donner tout mon argent à un musée.
Non. Ça, c'est ta femme.
Je l'ai juste convaincue de m'aider.
On m'assaille de toutes parts.
Holden, voici Harry Dupree, mon avocat.
Le meilleur avocat criminel de Chicago.
Voilà donc le garçon d'Harvard.
Eh oui, c'est mieux que la petite école que tu as faite.
Je ne dirais pas que Yale est une petite école.
Oui, mais Harvard, c'est Harvard.
Content que tu aies pu te joindre à nous pour la soirée de ton père.
Oui, moi aussi.
Ce qui me rappelle que j'ai besoin de ton aide.
Il faut encourager la générosité de nos invités.
Chérie,
si tu faisais visiter Holden ?
Avec plaisir.
Un rapprochement entre mère et fils.
Ça me plaît. Une grande famille heureuse.
Champagne.
- Merci. - Donc, qui a l'argent ?
Tout le monde. J'ai fait venir la crème.
Attends.
Tu as la beauté de ton père.
À qui as-tu brisé le cœur à la fac ?
Stacy.
Mais elle a brisé le mien une semaine avant la remise des diplômes.
Stacy était une idiote.
Voilà ce qu'on gagne en sortant avec une étudiante de théâtre.
Écoute,
désolé d'avoir débarqué comme ça.
Ce sera notre secret.
Ce sera sympa de t'avoir.
J'en ai marre des amis de Mason.
Ils sont ennuyeux ?
Ils ne m'aiment pas beaucoup. Ils pensent que je veux son argent.
Je les emmerde.
Le plus intéressant, sur ce collier navajo,
c'est son aspect complexe.
C'est un signe de paix qu'un chef de tribu
aurait offert à la femme d'un autre chef.
Nous ouvrons les enchères à 150 000 dollars.
150 ?
Pas mal.
Est-ce que j'entends 155 ?
- 155 ? 160. - Je reviens.
160 par ici. Oui.
170. 170 000 dollars.
Est-ce que j'entends 180 ? 180.
190 ! Est-ce que j'entends 200 ?
Offre finale, 190. Est-ce que j'entends 200 ?
- 200. Est-ce que j'entends 210 ? - Oui.
220. 220, une fois...
Holden, c'est Nicole.
- Salut. - Salut.
Je suis contente que tu sois venue.
Tu rigoles ?
Je suis contente. Je ne fais jamais ce genre de soirée.
C'est Lana qui court avec moi.
- Mesdames et messieurs... - D'accord.
- ...c'est avec beaucoup de plaisir... - Je t'avais dit qu'il était mignon.
...le très généreux Mason Pryce.
C'est mon signal.
Oublie Stacy.
Stacy ?
Laisse tomber.
À tous mes amis et associés ici présents,
je veux vous remercier d'être venus et vous dire
qu'il est temps de plonger dans vos poches
et porte-monnaies pour faire des offres.
Et pour lancer la machine,
j'ai acheté cette babiole pour ma nouvelle femme.
Elle est exquise.
J'espère bien, vu son prix.
Peut-on vraiment y mettre un prix ?
Tout a un prix.
Même la beauté.
Il se fait tard.
- Merci de m'avoir aidé. - Pas de problème.
Bonne nuit.
Mason. Bonne nuit.
Oui.
À bientôt ?
Oui.
Je t'accompagne.
C'est beau, non ?
Oui.
Tu t'es amusée ?
Oui, et j'adore mon cadeau.
Je t'ai vue parler à Harry.
Oui, il a été très bien ce soir.
Ah oui ?
On aurait que c'était autre chose.
De quoi tu parles ?
Eh bien,
flirter avec quelqu'un qui travaille pour moi,
c'est bas.
Combien de fois je vais te le dire ?
- Tu me fais du mal. - Tu couches avec Harry ?
- De quoi tu parles ? - Alors ?
Papa.
Chéri.
À ton avis ?
Que je ne voie plus jamais ça.
Chérie.
Ça va.
Bonjour.
Salut.
Il y a des pucerons partout.
Je m'en débarrasserai quoi qu'il en coûte.
Ça va ?
Oui.
Hier soir,
c'était assez intense.
Ça va aller.
Merci.
Bonjour.
Bonjour.
Fiston, c'est l'heure d'y aller !
- Tu as eu ça quand ? - Le mois dernier.
C'est mon jouet préféré.
Bon sang.
Tu me rends nerveux.
Tu vas la rayer rien qu'en la regardant.
Allons-y.
Viens.
Tu vais faire quoi, aujourd'hui ?
Aller au bureau signer un contrat.
Mais après, on va sortir.
J'ai pris un jour pour être avec mon fils.
Je ne t'ai pas demandé ce que tu penses de ma maison.
Super. Encore plus grande de jour.
Ça a commencé avec un magasin de baskets en 1972,
maintenant, j'en suis là.
Mais c'est pour ça que j'ai raté
toutes ces pièces et remises de diplômes.
Quoi ?
Bon sang.
Les syndicats. Ça va prendre un moment.
Il va falloir en rester là.
- Pas grave. - Oui.
On se rattrapera.
Pas de problème.
- Salut. - Salut.
Je te cherchais.
Ton père a annulé ?
Oui.
Pour moi aussi.
Pas de repos pour les braves.
Oui, il a annulé le dîner.
C'est vrai ?
Oui, laisse-moi prendre une douche,
et on peut sortir s'amuser.
- D'accord. - Bon.
Je vais t'emmener dans mon endroit préféré.
C'est toi qui conduis.
Mason va faire une attaque.
Je m'en occupe.
J'ai beaucoup d'expérience avec les hommes comme lui.
C'est bon, c'est sous contrôle.
On y va !
Tu es folle.
C'est ton endroit préféré ?
Des shooters à un dollar et le meilleur juke-box de la ville.
Mon père sait que tu viens ici ?
Je ne dis pas tout à ton père.
Qu'est ce qu'il y a, le bobo, c'est pas assez bien pour toi ?
Alors, tu aimes la voiture ?
Elle est pas mal. Elle a dû lui coûter cher.
Non.
- C'est fermé. - Pas grave.
Allons à un autre bar.
Je n'aime pas les autres bars.
Le propriétaire est un ami, qui laisse généralement les...
Oui !
C'est dingue.
Allez. Je laisserai de l'argent sur le bar.
EN VACANCES JUSQU'AU 23
Viens.
Deux bières.
Le genre de folies qu'on fait quand on est jeune.
Pourquoi un alligator ?
Parce que j'ai grandi parmi eux.
Du whiskey ?
Non.
- Non. - Tu vas boire avec moi.
Cul sec.
Cul sec.
Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Tu pensais que je ne venais pas dans ce genre d'endroit ?
Pour commencer, oui.
Les amis de ton père ne viennent pas ici. Je peux être moi-même.
Et ça me rappelle la petite ville d'où je viens.
On ne faisait que boire.
Et baiser.
Tu vas la répéter ?
Ne vole pas mes blagues !
La prochaine fois que je bois avec mes amis.
Oui.
Il faut avoir bu.
Oui.
Alors où est cet endroit où tu ne fais que boire et baiser ?
Okeechobee, en Floride.
Tu as devant une sale petite Blanche 100% américaine.
Pas possible.
Si, la moitié de ma famille est passée dans l'émission de Jerry Springer.
La maison de ton père est loin de chez moi.
Oui, pour moi aussi.
Oui, mais c'est un peu différent.
Je n'y ai pas grandi.
Je ne dis pas que tu étais gâté ni rien.
Mais je pense
que mon histoire est plus triste que la tienne.
C'est quoi, ton histoire ?
Eh bien...
Une autre fois, peut-être.
Je m'amuse trop.
Je pense que c'est assez.
Attends, encore un.
Encore un.
C'était pas mal, hein ?
Il y a quelqu'un.
Prends les bouteilles.
Allez, prends les bouteilles !
- Il faut partir. - Je sais.
C'est mal.
Oui, je sais.
Pourquoi tu es sortie la moitié de la nuit ?
Et pourquoi tu as pris ma voiture ?
Pourquoi pas la tienne ? Tu sais combien j'y tiens.
Bonjour, vous deux.
Tu as bien dormi.
J'ai dormi comme un bébé de 50 ans.
J'ai fait un rêve incroyable, j'allais au garage
et personne n'avait touché à ma décapotable.
Tu lui as dit pour Nicole ?
- Nicole ? - Oui.
Oui, il l'a invité à dîner vendredi.
Elle a appelé hier soir pendant que vous étiez sorti,
et je l'ai invitée.
Toi et Nicole iriez bien ensemble.
Ouais, c'est ça.
Petit déjeuner !
Petit déjeuner !
La meilleure cuisinière de tout l'Illinois.
C'est quoi, ça ?
Des crêpes au sarrasin ?
Et ça, de la mangue fraîche ?
Oui, ce que tu préfères.
C'est pas la meilleure ?
- Embrasse-moi ! - Désolée, monsieur, je suis mariée.
Je ne le répéterai pas.
Madeline !
Madeline, tu as fait tomber quelque chose.
Qu'est-ce que c'est ?
Ça alors.
Joyeux anniversaire.
Tu t'en es rappelé.
- Joyeux anniversaire, Madeline. - Joyeux anniversaire.
Merci.
Une semaine au spa !
Prépare tes affaires. La limousine sera là à 10 heures.
Une limousine ?
- Merci. - Bien.
Merci.
Va te préparer.
On va ranger, ici.
Elle travaille dur pour nous.
Eh bien,
la limousine est pile à l'heure.
Madeline !
C'est gentil de la part de ton père.
Qu'est-ce qui se passe ?
Rien, je m'en suis occupée.
Il ne va jamais l'apprendre.
C'était une erreur.
- Ça n'est jamais arrivé. - Qu'est-ce qui n'est jamais arrivé ?
Rien, on parlait de combien tu es merveilleux avec Madeline.
Et c'est pour ça que je t'aime.
Ma chérie.
Et si on s'amusait, aujourd'hui ?
Pour se rattraper d'hier.
Bien sûr, à quoi tu penses ?
Tu étais censé être bon, non ?
Allez, j'ai la cinquantaine, tu es censé mieux me bloquer.
Le prochain panier gagne.
Garde ton calme, fiston.
Ne touche plus jamais ma voiture.
Ça va ?
Je vais survivre.
Pourquoi tu n'es pas au lit ?
Mason ronflait.
Il a pris des somnifères. Il a beaucoup de choses en tête.
C'est quoi, ça ?
Rien.
C'est un connard.
Il traitait ma mère comme de la merde,
et il fait pareil avec toi.
J'ai connu pire.
Ne lui cherche pas d'excuses.
Désolée pour ce qui s'est passé.
C'est ma faute.
Je le voulais autant que toi.
Peu importe.
Il faut qu'on oublie.
Tu peux vraiment faire ça ?
Moi, je ne peux pas.
Non...
Alors pourquoi tu es là ?
S'il te plaît.
S'il te plaît.
Salut, mon grand.
- Tu as vu Lana ? - Non.
J'ai cru entendre des voix.
Je n'ai rien entendu.
Elle doit regarder la télé en bas.
Apparemment, je ronfle.
Désolé, retourne te coucher.
Écoute, au sujet de tout à l'heure.
Je veux toujours gagner.
C'est ma nature.
C'est pas grave.
À demain, alors.
Au revoir.
Tiens ! J'ai cru entendre ta voix.
Tu étais où ?
Dans les toilettes de l'entrée. Je ne voulais pas te réveiller.
Allons au lit.
- Au revoir. - Bonne journée.
Dans quelle mesure
tu fais ça pour te venger de Mason ?
Aucunement.
Je ne te crois pas.
Mais,
pour être honnête, je m'en fous.
Je comprends. Je sais ce que c'est d'avoir un salaud comme père.
Le tien était...
Seulement intéressé par l'argent,
le mien seulement par ce qu'il avait entre les jambes.
Il couchait à droite à gauche ?
On peut dire ça.
C'est un alcoolique,
et pour s'amuser, il venait dans ma chambre la nuit
pour me peloter sous les draps.
Je suis désolé.
Ta mère n'a rien fait ?
C'était une femme super,
mais il la traitait comme une moins que rien.
Tu vois ? Je t'avais dit que mon histoire triste était pire que la tienne.
Mais il a la sienne.
Comment ça ?
Eh bien,
quand ma sœur a eu 13 ans,
il s'est mis à la regarder comme il me regardait.
Je ne pouvais pas le laisser détruire sa vie
comme la mienne.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il adorait faire du bateau,
dans les Everglades.
Il chassait l'alligator. On pourrait appeler ça comme ça.
Il mettait un appât et les alligators remontaient
à la surface, puis il tirait.
Il disait que ça le détendait.
Quel taré.
Mais il avait une faiblesse.
Le whisky.
Donc, un jour,
j'ai mis une bouteille de son tord-boyaux préféré
dans son sac de repas
avec un petit mot gentil.
"De la part de ta fille préférée."
Et je savais qu'une gorgée,
ça voulait dire toute la bouteille.
Le shérif a dit qu'il a dû s'endormir et tomber.
Les Everglades l'ont englouti,
parce qu'ils n'ont jamais retrouvé son corps.
J'aime l'idée que les alligators se sont vengés.
Mon bon vieux papa.
C'est pour ça que je me suis lancée dans le journalisme à la télé.
C'est en direct, c'est du vrai.
On montre la vérité aux gens, le monde tel qu'il est.
On filme, on monte, et le soir même, c'est aux infos.
C'est passionnant.
Et tu as étudié pour ça ?
Oui, monsieur. Des cours du soir.
Au collège communautaire.
Mais je suis aussi pigiste à temps partiel.
On ne sait jamais.
Vous avez entendu parler, sur WHHN, de l'ours en liberté la semaine dernière ?
Ils ont diffusé mes images.
Il s'agit d'être au bon endroit au bon moment.
Ça a l'air très intéressant.
C'est une passion, maintenant. Ce n'est pas ce que j'ai étudié.
Tu étais où, en licence ?
Au Emerson College, à Boston.
Holden vient d'avoir son diplôme de Harvard
et a vagabondé en Europe. Avec mon argent.
Harvard.
Mais il est temps de se poser et de faire quelque chose.
Pas vrai, Holden ?
Je voulais t'en parler,
mais peut-être plus tard.
On est tous amis, ici. Parle.
Eh bien,
je suis intéressé par l'architecture.
Je l'ai étudiée à Venise, à Athènes,
et surtout à Florence.
J'y ai beaucoup réfléchi et j'aimerais reprendre mes études
pour devenir architecte.
Donc tu veux retourner vagabonder en Europe,
observer des bâtiments et des cathédrales
qui n'ont aucune importance dans le monde réel.
Quel gâchis.
Je t'ai donné le meilleur enseignement.
Je t'ai donné les meilleures opportunités, mais ça ne veut rien dire
si tu n'as pas de projet.
Un projet avec lequel tu peux aller à la banque.
Voilà la vérité.
Tu peux oublier les études
et venir travailler avec moi.
Apprendre le business.
Avec mon aide
et tes qualifications,
quand tu auras mon âge, tu auras plus d'argent et de pouvoir que Dieu.
Ça, c'est du projet.
Je me lève tôt, je vais me coucher.
Vous allez danser, j'imagine ?
- Je ne sais pas... - Oui, si tu veux.
Bien sûr.
Assure-toi qu'il rentre en un seul morceau.
Il a une grosse journée demain.
Il va tuer son premier chevreuil.
C'est viril.
Tu viens ?
Oui.
Bonne nuit à vous deux.
Bisou.
À vous deux.
Alors,
tu veux faire quoi ?
Tu en veux ?
Ça va ?
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Je l'ai ramenée à sa voiture et elle est rentrée.
Pourquoi ? Elle est mignonne.
Vous allez bien ensemble.
Arrête.
C'était déjà assez dur, ce soir.
Oui.
Qu'est-ce qu'on fait ?
C'est insensé.
Il faut que je parte.
Pourquoi ?
"Pourquoi ?"
Il veut contrôler ma vie.
Il t'a proposé un travail.
Arrête un peu.
Il se moque de moi ou de ce que je veux.
Il ne se soucie que de ce qui le met en valeur.
Tu ne comprends pas ?
Il sera sur mon dos à longueur de journée,
il surveillera tous mes mouvements.
Il va me saigner à blanc.
Il faut que je parte d'ici.
Et moi ?
Qu'est-ce qui va m'arriver ?
Je veux être seule avec toi.
Si on était seuls, je pourrais faire ça n'importe quand.
Tu es obligé de faire ça ?
Quel est le problème ?
Je n'aime pas la chasse.
Des gens dans la forêt avec des armes, c'est dangereux.
Premièrement, personne ne t'a demandé,
et deuxièmement, ça va aller.
Oui, mais les accidents arrivent.
Allons-y.
Belle journée, non ?
Oui.
Tu as réfléchi à ce que j'ai dit hier ?
- Oui. - Bien.
Je vais te poser une question.
Est-ce que tu sais ce que Lana fait pendant que je suis au travail ?
Comment ça ?
Je ne sais pas, je ne peux pas la joindre.
Elle ne répond jamais à son portable.
Je n'arrive pas à la joindre, ces jours-ci.
Ne t'en fais pas.
Elles sont fraîches.
Et grandes.
Ce doit être un chevreuil.
Suis la piste.
Je vais faire le tour et le rabattre sur toi.
D'accord ?
- D'accord. - Bon.
La piste a refroidi. On bouge.
Salut.
Alors, cet entraînement ?
J'ai un peu trop forcé.
Tu veux ton milk-shake ?
Tu sais le faire ?
Je t'ai vu le faire assez souvent.
Ma mission est de t'en faire boire d'ici Noël.
Pas la moindre chance.
Je ne sais pas comment tu as réussi à arrêter.
Je vois que tu as vu les photos.
C'est pas romantique, ça ?
Carrément.
Ça me rappelle pas mal de souvenirs.
Bel endroit pour se marier.
Oui, c'était une sacrée journée.
Tiens, papa.
Merci.
Lana n'a pas été bizarre, ces derniers temps ?
Je ne sais pas.
Je crois qu'il se passe quelque chose.
Je le vois dans ses yeux.
Je l'entends dans son rire.
Je crois qu'elle me trompe.
Tu en es sûr ?
Non.
Mais je le saurai bientôt.
Holden, qu'est-ce qui se passe ?
Pourquoi on se voit dans une chambre d'hôtel ?
Il est au courant.
Il ne sait pas que c'est moi, mais il pense que tu vois quelqu'un.
Ce n'est qu'une question de temps.
On peut être plus discrets.
Je m'en vais.
Non.
Je ne peux pas rester.
Je rentre chez moi,
je prépare mes affaires et je m'en vais ce soir.
Désolé, mais c'est fini.
Holden, attends.
S'il te plaît.
S'il te plaît.
S'il te plaît, assieds-toi.
Si tu voulais vraiment que ce soit fini,
pourquoi on se verrait dans un motel ?
Lana ?
Merde.
Hé, mec,
tu as l'heure ?
Oui.
Il est cinq heures dix.
Tu as un dollar ?
Je ne sais pas, ça fait 42...
27 entailles,
frappé quatre fois avec une lame sans dents,
d'environ un mètre de long.
L'arme du crime est de toute évidence
l'épée disparue.
Heure du décès ?
Difficile à dire.
Le tueur a monté la climatisation.
Le plus précis que je puisse dire
sans autopsie, c'est entre 18h30 et 20h30.
20h22, plus ou moins ?
Oui, c'est possible.
Alors, où est le fils ?
Dans le bureau.
Comment va-t-il ?
Il a l'air nerveux.
M. Pryce ?
Je suis l'inspectrice Lucille Clarkson.
Voici le lieutenant Victor Mormino.
Je sais que c'est particulièrement difficile pour vous,
mais on doit vous poser des questions.
On va devoir remplir des rapports, ce genre de chose.
Ça ne prendra qu'une heure,
puis on pensait aller au commissariat.
On peut vous sortir d'ici.
Et on voudrait aussi poser des questions à votre belle-mère.
Avez-vous une idée d'où elle est ?
Est-elle généralement dehors si tard ?
Parfois.
Je ne sais pas.
D'accord.
Il est là.
Qu'est-ce qui se passe ?
Après avoir parlé à mon père,
j'ai quitté la maison à six heures.
- Je suis allé au cinéma. - Quel cinéma ?
L'Imperial.
J'ai vu Le Parrain.
Le premier.
Mason n'était pas à la maison quand je suis partie,
à environ 17 heures,
17h30.
Pour faire les boutiques, je n'ai pas dîné et je suis allée au centre commercial.
Et sur le chemin du retour,
une amie m'a appelée.
Ça a fini vers 21h30.
Il était environ
19 heures, 19h45,
quand je suis allée chez elle.
Je lui avais fait rencontrer mon beau-fils
mais ça ne s'est pas bien passé, donc elle voulait en parler.
Je suis rentré.
Je suis entré.
Je me suis servi un brandy dans le salon,
puis je suis allé dans la cuisine pour prendre à manger.
C'est là que je l'ai trouvé.
Et je suis restée avec Nicole
jusqu'à environ 23 heures, puis je suis rentrée.
Quand vous êtes arrivé à la maison, vous n'avez rien vu ni entendu ?
Non.
Vous avez le numéro
de Mlle Nicole Kashper ?
Je peux vous l'avoir, oui.
Une idée quant à qui aurait pu faire ça ?
Non.
Non.
La police dit que vous devriez pouvoir retourner chez vous dans quelques jours.
Une fois l'enquête sur les lieux terminée.
Pendant ce temps,
ma maison est la vôtre.
Lana.
Pourquoi tu fais ça ici ? Harry pourrait nous voir.
Tu étais où ?
Nicole a appelé quand je rentrais. Elle voulait qu'on se voie.
Pour quoi ?
Elle sait pour nous deux.
Elle nous a vus ensemble, la nuit où on a dîné, et elle nous a filmés
par la fenêtre.
Tout. J'ai vu la vidéo.
Et pire encore, elle veut de l'argent.
100 000 dollars.
Comment on va...
Ne t'en fais pas, je m'en occupe.
Si quelqu'un voit cette vidéo...
Tu as parlé de nous deux à la police ?
Bien sûr que non.
Bien.
Ne t'en fais pas. Je te protégerai.
Allez, viens.
Tu vas me protéger ? Comment ça ?
Allez.
J'aimais beaucoup ton père.
C'était un homme bien.
Mais je ne peux pas retourner à la maison.
- Je ne peux pas. - Madeline...
Comprends-moi, s'il te plaît.
Prends soin de toi, d'accord ?
Je voulais présenter mes condoléances.
Merci.
Il faut que je te parle.
Pas ici.
Alors allons ailleurs.
Tout va bien ?
Holden, tu peux m'aider, par ici, s'il te plaît ?
Ton père avait tout, dans la vie,
sauf une chose.
Sa jeunesse.
Il a vu en Lana l'occasion de la retrouver.
Mais il se sentait vulnérable avec elle.
Il est venu me voir l'autre jour.
Il la soupçonnait de le tromper.
Tu penses que Lana a tué mon père ?
Non, son alibi a été corroboré.
Elle était chez Nicole Kashper quand ton père est mort.
De plus, quelqu'un de sa carrure ne pourrait pas le maîtriser.
Quelqu'un d'autre, si.
Un allié à elle.
Il faut qu'on parle.
Qu'est-ce que tu entendais par "me protéger" ?
Que je t'aime toujours
et que je ne te ferais jamais de mal.
Je me le reproche à moi-même.
J'aurais dû en finir
avant que tout ça n'arrive.
Mais personne ne saura ce que tu as fait.
Tu penses vraiment que je l'ai tué ?
Si ce n'est pas toi, alors qui ?
Qu'est-ce qui me dit que ce n'est pas toi ?
Parce que j'étais avec toi, puis avec Nicole.
Quand est-ce que j'aurais pu le faire ?
Peut-être avec de l'aide.
Peut-être que j'ai eu de l'aide.
De qui ? D'un amant ?
De quelqu'un comme toi ?
On dit que les yeux sont le miroir de l'âme.
Qu'ils contiennent la vérité.
Si tu me demandes si je te crois,
je vais te croire.
Je vais rester et parler à Harry.
Je vais attendre.
Ne t'en fais pas, je te rejoins à la maison.
Quand mon père a divorcé de ma mère,
on est partis dans le Connecticut.
La maison était silencieuse, la nuit,
sauf ma mère qui pleurait dans la chambre.
Et je le détestais
pour ce qu'il avait fait,
à elle
et à nous.
Mais ce n'était pas le pire.
Quand ma mère est tombée malade,
il ne l'a pas soutenue une seule fois.
Comme si elle n'existait plus pour lui.
Mon père
était un homme égoïste
et cruel.
Mais au fond, je voulais vraiment qu'il meure.
Pour tout.
Pour la façon dont il t'a traitée.
Dont il t'a frappée.
M'a frappée ?
Ton père ne m'a jamais frappée.
Mais ton bras.
Je me suis fait ça à la salle de sport. Je n'ai jamais dit qu'il m'a frappée.
Je sais que tu as peur.
Je le comprends.
Mais ça va aller.
Il faut que j'aille me changer.
Je dois aller voir Nicole.
- Je viens avec toi. - Non.
Elle ne veut voir que moi.
Comment savoir si je peux te faire confiance ?
Chéri,
je suis la seule à qui tu puisses faire confiance.
Où est l'enregistrement ?
- Holden ! - Éloigne-le !
Où est l'enregistrement ?
- Donne-moi l'enregistrement ! - Holden, tu fous tout en l'air !
Elle va donner l'enregistrement à la police !
C'est ce que tu veux ?
Laisse-moi m'en occuper.
- Va-t'en ! - Je veux l'enregistrement !
Allô.
Merci.
Alors, quoi de neuf ?
Rien.
Je voulais voir comment ça allait.
Comment ça va ?
On fait aller.
Oui.
C'est fou comme tu me fais penser à ton père.
Il aimait aussi les vieux films.
Le Parrain.
C'était un de ses préférés.
Je l'ai vu aussi,
mais j'ai oublié la fin.
Il finit comment, déjà ?
Harry.
J'ai vécu des choses difficiles.
Je n'ai pas envie de parler d'un film.
Mais tu viens de le voir.
Non ?
Bon.
Ce jour-là, le projectionniste avait un problème à la séance de trois heures.
Toutes les séances ont été annulées.
Tu as beaucoup à gagner de la mort de ton père, non ?
À gagner ?
De quoi tu parles ?
Du testament.
Tu es le premier bénéficiaire.
Quoi ?
Moi ? Et Lana ?
Oui.
Elle n'y est pas mentionnée.
Donc,
la vraie question, si ce n'est pas toi,
c'est qui ? Et pourquoi ?
Ce n'est pas moi.
À moins que ce ne soit pas pour l'argent.
C'est arrivé à mon bureau cet après-midi.
Aucune trace de l'expéditeur.
On dirait bien que ça a été dur pour toi.
En tant qu'exécuteur
de la propriété de ton père,
c'est mon travail de te protéger.
Et si tu veux que je le fasse, dis-moi la vérité.
J'allais rompre, ce soir-là.
On s'est vus au motel.
On a fait l'amour une dernière fois.
Quand je suis rentré,
mon père était mort.
Lana était avec toi tout du long ?
Non.
Je me suis endormi. Quand je me suis réveillé, elle avait disparu.
Quelqu'un t'a vu ?
Il y a une trace de ta présence ?
J'ai payé en espèces et donné un faux nom.
D'accord.
On va envoyer quelqu'un à la réception, pour t'identifier et confirmer l'heure.
Quand j'ai rendu la chambre, c'était fermé !
Il faut prouver que tu étais là-bas,
sinon tu n'as pas d'alibi. Réfléchis !
Oui, il est dix heures cinq.
Il y avait un SDF.
Il m'a demandé l'heure.
Il peut témoigner.
D'accord, on va le trouver.
- Et ça ? - C'est du chantage.
C'est Nicole Kashper qui a fait l'enregistrement.
Elle veut 100 000 dollars !
C'est pour ça que Lana était chez elle le soir du meurtre.
Si elle te faisait chanter, pourquoi m'envoyer la vidéo ?
Ça n'a rien à voir avec du chantage.
Quelqu'un veut rendre cette histoire publique.
Le fait que Lana et toi aient été amants te rend plus coupable.
Tu l'as dit, je suis le seul héritier.
Qui a à y gagner à me piéger ?
Si tu vas en prison pour le meurtre de ton père,
tu n'hérites de rien. Elle aura tout.
C'est plus qu'assez pour motiver un meurtre, non ?
Pas si malin, pour un élève de Harvard.
Tu as dit que quelqu'un de la carrure de Lana n'aurait pas pu tuer mon père.
Quelqu'un aurait pu le faire pour elle.
Qui ?
Tu n'étais peut-être pas son seul amant.
Écoute. Holden.
Rentre chez toi, prépare tes affaires, et reviens ici.
D'accord ?
Pendant ce temps, je vais réfléchir à comment régler ça.
D'ici là,
ne parle pas à Lana.
Et ne parle à personne de ce qu'on s'est dit.
À personne.
C'est 100 000 dollars pour Nicole.
Et ça, c'est pour quoi ?
On n'est jamais trop prudent.
Tu t'es occupée de tout.
Je fais toujours ça.
J'AI COMMIS LE PÉCHÉ
ELLE ÉTAIT À MOI.
JE NE PEUX PAS VIVRE AVEC LA CULPABILITÉ D'AVOIR TUÉ MON PÈRE
Tu veux me tuer ?
C'était une erreur !
Tu veux me tuer ?
Arrête !
Arrête.
J'ai vu la lumière, j'ai pensé à un rôdeur.
Peut-être la personne qui a tué Mason.
J'ai eu peur.
J'ai vu la lettre de suicide !
De quoi tu parles ?
Arrête !
Holden, tu me fais peur.
Je suis trop bête.
Tellement bête !
Je t'aimais.
Ne t'approche pas !
Qu'est-ce qui se passe ? Je te dis la vérité !
C'était une erreur !
Reste là.
Donne-moi l'arme.
Ne bouge pas.
Tu ne vas pas me tuer.
Non.
Je t'aime.
Je t'aime.
Je suis désolé.
Harry, ouvre ! C'est Holden !
Elle s'est occupée de tout.
Elle a même utilisé mon ordinateur pour écrire la lettre de suicide.
Pour commettre un meurtre impunément,
il suffit que quelqu'un porte le chapeau.
C'est toi qui devais porter le chapeau.
Elle est toujours à la maison ?
Je ne sais pas.
Bon. Allons à la police.
Voilà.
J'ai tout dit.
Bien.
Merci, M. Pryce.
Nous voudrions que vous restiez où vous êtes.
Bien joué, Holden.
- Où est sa femme ? - Elle a disparu.
Oui, elle a disparu ! Il l'a sûrement tuée.
Et si elle est en vie, elle a un alibi.
Nicole Kashper a également disparu.
J'ai deux hommes chez elle. Quatre autres qui font le tour.
Mon Dieu !
Le gamin est coupable.
Il n'a pas d'alibi et il a un mobile.
Et le SDF ?
Arrêtez, il n'a jamais existé.
Le gamin a inventé tout cette triste histoire.
Vous vous faites tous les deux embobiner.
Ça ne marchera pas avec moi.
Faites appliquer mon mandat d'arrêt.
Holden Pryce, vous êtes en état d'arrestation.
- Vous avez le droit de garder le silence. - Quoi ? Harry.
Ce que vous direz sera retenu contre vous.
Vous avez droit à un avocat,
maintenant et pendant tout interrogatoire futur.
Si vous n'avez pas les moyens...
- Vous aurez un avocat commis d'office. - Qu'est-ce qui se passe ?
Ces droits s'appliquent à tout moment.
Elle est partie.
J'ai la confirmation de l'aéroport d'O'Hare.
Lana Pryce s'est envolée pour Caracas hier matin.
Au Venezuela ?
Comme par hasard, elle a choisi le seul pays d'Amérique du Sud
avec lequel on n'a pas de traité d'extradition.
Eh bien ?
On a un accord.
Veuillez donner votre nom.
Nicole Anastasia Kashper.
Quand Lana Pryce est-elle venue vous voir pour le crime en question ?
Juste avant de me présenter à Holden Pryce
pour un gala de la société de son père.
Au début, j'ai dit que je ne voulais pas.
Mais on était...
Tout va bien, vous avez l'immunité.
Dites-leur la vérité.
Lana et moi étions amantes.
Je...
Je pensais qu'on était amoureuses.
C'est pourquoi je l'ai suivie.
Elle a promis que quand ce serait fini, on pourrait être ensemble,
loin de tout,
et riches.
Je n'avais qu'à la filmer avec Holden.
Et on le ferait chanter.
À quelle fin ?
Son père était riche.
Il avait un fonds de dépôt.
Un gros.
On aurait pu tout avoir.
Holden aurait fait n'importe quoi pour que la liaison reste secrète.
Puis, un soir,
elle est venu chez moi, couverte de sang.
Elle m'a dit qu'elle avait tué M. Pryce.
Je ne voulais pas la croire,
mais il y avait tout le sang.
Est-ce qu'elle avait l'arme du crime ?
Non.
Elle a dit que personne ne la trouverait.
Qu'avez-vous fait ensuite ?
Je l'ai aidée à se laver,
et on a brûlé ses vêtements.
Elle m'a dit que je devrais mentir à la police.
Je devais être son alibi.
Pourquoi venir nous voir maintenant ?
Elle a dit qu'elle allait tuer Holden Pryce
et faire passer ça pour un suicide.
Et que ça mettrait fin à tout...
Je voulais tellement la croire.
Mais moi seule savait ce qui s'était réellement passé.
Et si elle pouvait tuer deux personnes qu'elle disait aimer,
je pouvais être la suivante.
C'est elle, la tueuse,
pas Holden Pryce.
Quelles sont les chances que la police la trouve ?
Il essaieront.
Mais c'est dur, si elle a quitté le pays.
Contrairement à ce qu'on pense, la plupart des meurtriers ne sont jamais jugés.
J'ai failli oublier.
Une chose qui m'a toujours paru étrange,
c'est comment elle a pu commettre le meurtre seule.
Le rapport de toxicologie.
Ton père a été empoisonné.
Tetraéthyle pyrophosphate. C'est un insecticide.
Inodore et incolore.
Il tue les pucerons.
On l'utilise souvent en jardinage.
Ton père était mort avant le premier coup de lame.
Elle voulait donner l'impression que c'était quelqu'un de plus fort.
Comme toi.
Je suis désolé pour tout ce que tu as vécu.
Merci pour tout.
Prends soin de toi.
Tu l'as trouvée là où je l'ai cachée.
Je l'aimais.
Elle était tout pour moi.
On allait passer nos vies ensemble.
Nicole Anastasia Kashper.
Appelle-moi Stacy, chéri.
C'était comment, le Venezuela ?
Qu'est-ce que j'en sais ?
Je n'ai jamais quitté l'aéroport de Caracas.
Ils ne regardent pas les photos.
Maquillage, coiffure, les bons habits...
Je suis entrée en tant que Lana, et sortie moi-même en moins d'une heure.
J'ai mal au cul, après ces longs vols.
La meilleure performance de ma vie, et je ne peux le dire à personne.
Les études de théâtre ont été utiles.
C'est quoi ?
Regarde.
Tu remarques quelque chose en arrière-plan ?
- Quoi ? Qu'est-ce que je regarde ? - Regarde de plus près.
Mon Dieu.
C'est nous.
Au mariage de ton père.
C'est dingue, non ?
Encore une petite ironie de la vie.
Tomber sur ce village, ce jour-là en particulier.
Et il était là.
Mon père aimant avec sa jeune nouvelle femme.
J'ai toujours su que je tuerais ce connard un jour.
Viens là.
Le meurtre, ça m'excite.
Pas encore.
Je viens de trouver l'arme du crime, tu te rappelles ?
J'appelle la police.
Ça peut pas attendre ?
Non !
On a fait tout ça,
on s'en tient au plan.
Tu t'es débarrassée du corps ?
Oui.
Oui, je m'en suis débarrassée.
Quelle galère.
Je t'aime.
Je suis désolé.
L'amour, ça craint.
Ça va ?
Oui.
Ça a bien marché.
Donc,
tu vas la tuer ?
Non.
C'est ton tour.
Attends.
Découper un corps, c'est une chose, mais...
J'ai tué Mason.
Maintenant, c'est ton tour.
Soit on fait ça ensemble, soit on le fait pas.
Alors emmène-la à la décharge.
Toute seule ?
Arrête de te plaindre !
Il faut que j'y aille.
Fais ce que tu as à faire.
Chérie.
C'est bientôt fini, d'accord ?
Sale conne !
Je t'ai dit
de la tuer
et de l'emmener à la décharge.
Pas à la falaise.
La décharge !
Elle a disparu !
Personne n'aurait pu survivre à cette chute !
Et si le corps remonte ?
Non, j'ai vérifié !
Il a disparu ! Elle a disparu !
Tu es dingue, ou quoi ?
J'étais là, en bas.
J'ai cherché pendant plus d'une heure.
J'ai pris une barque au lac.
Elle n'est pas remontée, Holden.
L'eau est profonde d'au moins 15 mètres.
Elle ne remontera jamais !
Je te l'ai dit.
Elle a disparu.
Mon Dieu.
Tu vois ? Ça a dû s'enlever lors du choc.
C'est tout ce qui reste.
Non,
ça se passera pas comme ça.
Viens là.
Le lac l'a engloutie, chéri.
J'appelle la police.
Il faut que tu partes.
On se voit ce week-end.
Je n'y crois pas.
On est riches.
Oui, inspectrice Mormino ?
Dieu merci, vous êtes là.
C'est Holden Pryce.
Je crois que vous devriez venir.
Je crois que j'ai trouvé l'arme du crime.
Oui, j'en suis sûr.
D'accord.
Merci.
Oui.
Je t'attendais.
Ne crie pas, pauvre con,
tu ne sais pas ce qu'est la douleur.
Pourquoi ?
Va te faire foutre !
Je veux savoir.
Tu disais comprendre.
J'étais un de ses trophées, comme toi.
Pour moi,
c'était un moyen de devenir riche avant d'avoir 30 ans.
Ce n'est pas ce que papa a toujours voulu ?
Tu n'as vraiment pas de cœur ?
Tu penses l'avoir épousé pour l'amour ?
Tu as couché avec son fils !
Arrête un peu.
On est tous pareil.
On voulait tous quelque chose !
Mason voulait "une fille bonne"
pour se sentir jeune.
Toi, tu voulais quelqu'un qui s'occupe de toi.
Moi,
je voulais tout.
Oui, tu aurais tout eu.
Tu aurais eu tout l'argent quoi qu'il arrive.
Mais pour ça,
j'aurais dû jouer avec ses règles.
Je ne pouvais pas.
Je t'aimais.
Désolé.
Pour commettre un meurtre impunément, il suffit que quelqu'un porte le chapeau.
Tu étais parfaite.
Tu m'as aimée ?
Tu ne sauras jamais.
Non.
Bon sang.
- Connasse. - Crois-moi, la chute va faire mal.
Tue-moi !
Holden ! Donne-moi ta main.
Allez.
C'était une belle messe.
Ton père aurait été content.
Oui.
Ton père ne devait pas être facile, comme père.
Mais au fond, je suis sûr que tu l'aimais.
Oui.
Où vas-tu partir ?
Ailleurs.
- Doucement, chérie. - Désolée.
Regarde ma nouvelle voiture.
Super, mon grand.
Salut, mec.
Tu as l'heure ?
Oui, il est 15h25.
Tu as un dollar ?
Tu es un saint.
On dit que ma génération est désabusée.
Élevée pendant une époque sans foi en Dieu,
en le gouvernement, en les gens.
Mais ce qui a créé ma génération était là avant moi.
On n'a rien créé de tout ça.
Nos attitudes, notre regard sur la vie,
on a tout appris par l'exemple.
C'est dur d'être jeune, aujourd'hui.
Mais on apprend tous à s'y faire.
Au final,
tout ce qu'il faut,
c'est un projet.
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