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(croassements)
- Excuse-moi, t'es qui toi?
Pardon?
Non.
Non, toi, tu vas me dire t'es qui
puis qu'est-ce que tu fais ici.
Puis après ça, tu vas lever tes pattes
parce que t'es chez nous ici.
Chez vous?
C'est quoi ton nom?
Ça, c'est pas de tes affaires.
- Catherine. Ça se peut-tu?
Moi, c'est Delphine. Delphine Proulx.
Je suis une amie de ton père. Puis de ta mère.
C'est compliqué.
- C'est toi qui fous le bordel partout où tu passes?
(petit rire)
- C'est une façon de voir les choses.
Veux-tu que je te fasse un bon café?
Tu dois pas être habituée de te lever aussi tôt, hum? Viens.
C'est en travaillant pour son compétiteur
que j'ai rencontré ton père.
Merci.
Puis t'es quoi? Sa blonde? Sa maîtresse?
Une autre bonne femme qui magouille avec lui?
Un peu tout ça, j'imagine.
- T'es du bord de mon père ou du bord de ma mère?
(rire)
Je suis de mon côté à moi.
(ricanement)
C'est drôle, ça.
C'est exactement ce que je me suis dit quand je t'ai vue:
elle, tout ce qui l'intéresse, c'est son nombril.
C'est méchant, ça.
- Bien, tu m'as dit "pas de cachettes, juste la vérité".
OK. T'es accusé de quoi?
- Agression puis menace de mort.
Sur qui?
(petit rire)
Ta mère.
Va chier.
- Ouais, c'est pas vraiment mon genre d'humour.
Je suis passé à l'identification puis je vais avoir un interro.
OK, tu dis pas un mot.
Ils ont une preuve à faire, qu'ils la fassent.
Ce que je veux savoir,
c'est si c'est une libération sur caution
ou s'ils vont me relâcher avec une promesse de comparaître.
- T'es quand même pas accusé de meurtre, là.
Laisse-moi vérifier avec eux autres.
C'est qui l'enquêteur?
Allard.
OK. Ça va être facile.
- Ah, elle fait dire qu'elle est écoeurée
d'entendre parler d'Intelco
puis qu'elle pense nous envoyer une facture.
Puis aussi, qu'ils sont pas là
pour régler nos chicanes de famille.
Sais-tu quoi? Ils ont pas tort.
- Il y a eu une tentative de meurtre devant un restaurant.
Pour une chicane de famille, là, ça commence à être violent.
(soupir)
- Mettons que ma mère apprend que t'es ici...
chez mon père, elle va penser quoi?
- Disons qu'il y a des gens qui vont avoir des choix à faire.
Le tien, ça va être quoi?
- Moi, mon choix, ça fait longtemps qu'il est fait.
J'ai choisi ton père.
C'est juste que les autres le savent pas.
(ricanement)
Il dirait quoi, ton père, de nous voir comme ça,
assises une en face de l'autre, dans son chalet?
(petit rire)
- Je sais pas. Mais il va être furieux.
Soit contre toi, soit contre moi.
Non...
Je vais lui dire que j'étais un peu tannée de me cacher
puis que quand je t'ai vue, je me suis dit:
voilà ma chance d'en finir une fois pour toutes
avec cette histoire-là.
- Je sais que t'as pas l'intention de parler
ou de dire quoi que ce soit, mais il va falloir y voir, Éric,
parce que ça va mal finir votre affaire.
T'as posé un geste violent qui mérite d'être puni par la loi.
Réglez donc vos affaires, il est pas trop tard.
C'est juste ça que j'essaie de te dire.
Bon.
On va être obligés de te faire comparaître,
par vidéoconférence si possible.
Évidemment, le tribunal
va rattacher des conditions à ta remise en liberté,
notamment l'interdiction de t'approcher de Stéphanie Guérin.
Ça va?
Tu peux répondre, tu sais, ça fait pas mal.
Fais ce que t'as à faire.
Viens avec moi.
Il est où, là?
- Il est au poste, en interro avec Allard.
- Dis-lui qu'il se calme les nerfs puis qu'il cherche pas.
- On est des grands enfants, on sait quoi faire.
Fallait que je te dise, Cath est venue hier...
- Non, j'ai pas le temps de parler de Catherine, là.
- C'est juste qu'elle est partie à la ferme.
La quelle? Ma ferme?
Oui, oui, ta ferme.
Je veux pas voir personne là
tant que je vous ai pas donné la permission d'y aller.
- Ah, charrie pas, là! Une ferme, anyway...
Il y a même pas de vaches ni de poules, rien.
Elle est parti là pour...
(fin de la communication)
Puis là, il va se passer quoi?
Ça, je le sais pas.
Mais il y a des gens qui sont pas de bonne humeur.
- Hé, moi, je vous regarde tous aller, puis...
dans le fond, je me trouve pas si pire que ça.
(rire de Delphine)
- Tu sais, on change pas tant que ça.
Ah, avec l'âge... on s'habitue aux choses plus facilement.
(sonnerie de cellulaire)
- Hello! - Oui, c'est moi.
Tu peux pas aller à la ferme.
- J'y suis déjà. Je suis devant ta fille.
- Tu me dis ça comme ça, là, sans que ça te dérange.
Ça me dérange pas du tout.
Elle m'a demandé textuellement
si j'essayais de fourrer sa mère ou son père.
Je lui ai dit que je le savais pas encore.
- Passe-la-moi.
Sois gentil avec elle, OK?
Il veut te parler.
Allô, mon petit papounet!
- Je vais te demander d'être discrète sur Delphine.
- C'est pas ce que tu penses. - Ah!
Il fait dire que toi pis lui, c'est pas ce que je pense.
On dirait un peu un gars qui cocufie sa femme. Ah!
Inquiète-toi pas.
Je vais me mêler de ce qui me regarde, même si, bon,
je trouve que ça fait pas très sérieux, votre affaire.
- Je vais écourter mon voyage, puis on va se voir.
Entre-temps, pas un mot de ça à ta mère.
Je te dis qu'il est poli!
- Avec moi, toujours. - Pff!
(petit rire)
- T'es accusé d'avoir agressé Stéphanie.
Coudonc, le boss t'a-il mis sur une mission
puis il nous l'a pas dit?
- Je veux pas te mêler à ça, Sophie.
C'est déjà assez compliqué comme c'est là.
- Je sais pas pourquoi t'as fait ça,
mais je vais lui parler à Stéphanie.
Je te garantis pas qu'elle va m'écouter,
mais je vais m'essayer.
- Fais juste attention à ce que tu vas lui dire.
J'ai signé une tonne de conditions pour ma libération.
- Moi, j'ai rien signé pour qu'elle devienne ma belle-mère,
fait qu'elle va entendre ce que j'ai à dire.
- Bon, là, entre-temps, juste vous rappeler
qu'un de nos hommes est au coeur d'une affaire de stupéfiants.
Il a besoin de nous voir, puis on n'est pas là.
On retourne faire le travail pour lequel il nous paye?
T'as raison.
Vos problèmes commencent à siphonner
toute l'énergie dans cette boîte-là.
- Penses-tu que tu peux nous organiser
une rencontre avec Jean-Luc?
M'en occupe.
- Bon, puis Anthony, pour ta mère...
regarde, laisse tomber, là,
laisse-la cuver son malheur toute seule dans son coin.
Samuel Rivard
a un méchant réseau dans cette compagnie-là.
- C'est ce qu'on s'est fait dire, oui.
(bips)
- Hier soir, j'ai fait du temps supplémentaire.
Je l'ai vu revenir à la shop.
D'après moi, il est allé faire sa livraison de dope
au shift de soir.
Il rencontre son monde
pour régler des problèmes de conditions de travail
ou il cherche juste à vendre sa dope?
Les deux.
- Avant d'aller plus loin, faut savoir à qui on a affaire.
C'est qui Samuel Rivard? Il vient d'où?
C'est qui ses chums? Il s'approvisionne où?
- Ouais, j'allais dire la même affaire.
- On va essayer d'obtenir de l'information sur le gars.
D'ailleurs, on aurait dû commencer par ça.
- On vient d'apprendre que c'est lui qui vend,
donne-moi le temps.
Déjà que j'avais l'air du gars pressé de savoir
c'est qui ce gars-là puis qu'est-ce qu'il fait.
- Attends, qu'est-ce que tu veux dire par là?
Je prends une bière avec un gars de la shop,
je pose une question sur lui.
Prochaine affaire, on me plante
la tête dans le mur.
Prendra le temps que ça prendra,
c'est ça que je veux dire.
- Regarde, on va faire notre bout, Jean-Luc,
on va te revenir.
Si jamais il y a des développements,
tu nous fais signe?
- Les caméras dans les toilettes, ça donne quoi?
Des tonnes de preuves.
Trafic à grande échelle, ça rentre, ça sort.
- Puis on n'en a pas assez avec ça.
- Bien, le mandat, c'est 2 choses.
Un, on monte des dossiers sur certains employés
qui risquent de se faire montrer la porte.
Puis deux, on veut essayer
de faire un achat direct, de main à main.
Ça, c'est la preuve ultime qui tient devant les tribunaux.
- OK, on a besoin d'un plan d'intervention
avec ses coordonnées à lui.
- Filature, écoute, la totale. - Let's go.
(coups à la porte)
Bon!
De la visite.
Ah, oui? Je suis rendu de la visite?
Depuis quand tu barres ta porte?
- Je suis ta mère quand ça fait ton affaire.
(soupir)
- Qu'est-ce qui s'est passé, hein?
- Qu'est-ce qui s'est passé quoi?
- Avec Éric. - Ah, non.
Non, si t'es venu pour me parler de ça, là,
tu peux prendre ton verre d'eau puis retourner d'où tu viens.
Hé, d'ailleurs, t'es pas supposé travailler, toi?
- Il a été arrêté. Accusé au criminel, c'est grave, là.
- Bien, tu vois? Toi aussi, tu le dis que c'est grave.
Grave pour lui, pas pour toi.
- Bien non, il m'a sauté à la gorge,
il a menacé de me tuer, mais c'est pas grave.
- Hé, on le connaît, Éric, là, c'est pas son genre, voyons!
Je vais te dire une chose, mon petit garçon,
tu le connais pas aussi bien que tu penses.
Ce qu'il m'a fait, moi, ça m'étonne pas. C'est un violent.
Un violent? Hé, arrête!
- Il y a bien des affaires que tu sais pas.
Va donc lui demander pourquoi il m'a fait ça.
On va voir ce qu'il va te répondre.
Il dit qu'il a jamais fait ça.
Bien, c'est un menteur.
- Bon, bien là, c'est ta parole contre la sienne.
- La police m'a cru. Ils l'ont arrêté puis ils l'ont accusé.
Mais ce que dit la police
puis ce qui se dit en cour devant le juge,
c'est 2 affaires complètement différentes.
- Bien, on va laisser la justice faire son travail.
- Maman, même s'il est trouvé non coupable,
ça va le suivre toute sa vie, ces accusations-là.
- Il est trop tard. Son dossier est déjà judiciarisé.
On peut pas le sortir de la machine.
Vous devriez savoir ça, Me Dumas.
- Te rends-tu compte?
Éric Bonin va payer pour toutes vos niaiseries.
C'est le gars le plus fidèle à la famille.
Il a été là pour tous nous autres,
puis toi, tu veux l'envoyer en prison?
Pense-y donc 2 fois avant de faire ça.
Ça peut laisser des traces.
- So-So à MD.
MD à l'écoute.
- Il se passe rien pour le moment.
On reste toujours stand-by.
- Je bouge pas. J'attends tes ordres.
Ha! Mes ordres.
Je donne pas d'ordre à personne dans cette boîte-là, moi.
Il y a personne qui m'écoute de toute façon.
Même mon chat m'écoute pas.
- Quand il va repartir, passe devant lentement.
Faut noter l'adresse.
- Serais-tu en train de me donner un ordre, toi, là?
Ah! Il ramasse quelqu'un.
- So-So à MD? - MD à l'écoute.
Le sujet se déplace.
Si t'es capable, prends-le miroir.
Facile d'abord.
Mais j'ai un feu de circulation au bout de la rue,
fait que si je pogne la rouge, c'est ton show.
Faut ce qu'il faut.
Cath?
Ça va?
Je passerais ma vie ici, moi.
- Deux bouteilles? T'es pas supposé boire, toi.
- D' un, j'ai absolument pas de compte à te rendre.
De deux, j'ai rien bu, si c'est pour te rassurer.
- OK, fait que t'as invité du monde, quoi?
- Non, j'ai pas invité personne, puis j'ai rien bu.
Arrête avec tes questions!
- Ça t'a fait du bien de venir ici, au moins?
- Au-delà de mes espérances, mon cher.
- Pourquoi, tu veux que je te ramène?
Il y a rien qui presse, hein.
Papa veut me voir.
- Comment il veut te voir? Il est à Paris.
- Tu lui as parlé? - Il m'a appelée, ouais.
- Il était pas particulièrement heureux
que je te reconduise ici sans le demander, hein!
Je pense qu'il a peur
que tu lui voles son pot de beurre de peanut.
- Penses-tu qu'il travaille avec?
Il faut trouver son nom.
- Il fait peut-être juste donner un lift.
- Peut-être. Peut-être que non aussi.
- MD à So-So.
- So-So à l'écoute.
- On fait quoi? Je mets un GPS?
Je te passe mon boss.
- On attend une couple de minutes, puis tu y vas.
Bien reçu.
- Fait que là, on fait quoi, patron?
On rentre au bureau.
Parfait.
La cybersécurité.
- La cybersécurité, OK. Pourquoi tu me lances ça, là?
- Je suis en train de lire une biographie sur un hacker.
Un vrai de vrai, là, poursuivi par le FBI puis tout.
Maintenant, il travaille pour le gouvernement américain,
puis il m'a comme donné le goût de me lancer là-dedans.
- Tu sais lire, toi? - Franchement!
Ah, ça t'intéresse?
- Non... non, non, je dis ça parce que t'es plate
puis t'as rien à dire.
Bien oui, ça m'intéresse!
- Donc, c'est la guerre entre toi et Éric?
Non, c'est pas la guerre.
Le dossier est entre les mains de la police.
Mettons qu'ils m'inviteront pas à son party de fête.
J'ai besoin de comprendre, là,
quand tu dis qu'il serait responsable
de la mort d'un agent double de la police,
mais que ça aurait été dissimulé par la suite.
- T'as résumé l'histoire. J'en sais pas plus.
Bon, et si on fouille?
- Faudrait savoir par où commencer.
Je sais pas par quel côté prendre ça.
Ça dérape un peu, là.
On a commencé en disant qu'on voulait
mettre la main sur un Intelco.
Il y en a qui ont pris des moyens un peu plus violents,
puis même ça, ç'a pas fonctionné.
Je te rappelle que Luigi Amadeo est en prison à cause de ça.
Puis quand même on ferait enquête sur Éric Bonin,
qui s'appelle pas Éric Bonin,
ça change quoi, en bout de ligne, hein?
Vous allez demander à Éric d'assassiner Jean Dumas,
puis on va négocier l'achat de la boîte avec Anthony?
- Il y a personne qui parle d'assassiner personne ici.
Bien, j'espère,
parce que je prends la porte assez vite, merci.
- Bon, bien, écoute, t'as pas tort.
Je sais pas, moi,
peut-être que simplement, on devrait laisser tomber.
Il y a pas de problème.
On arrête ça.
Faites-moi une offre pour vos parts,
puis je vous rachète tout de suite.
(soupir)
- Je suis pas certain que t'aies les moyens de nous acheter.
- On gage-tu?
- L'adresse que tu m'as donnée est le 2240,
c'est l'adresse du commerce
d'un gars qui s'appelle Bruce Quesnel.
C'est qui, ce Bruce Quesnel?
C'est celui qui s'occupe de recruter
des danseuses pour les bars de la Rive-Sud et de la Rive-Nord.
Puis la fille, Nadia Martin?
- Ça me dit rien, ça. Pas dans le système.
Une chose que je peux vous dire, par exemple,
c'est qu'il y a 2 filles qui travaillent chez Quantum
qui sont des anciennes danseuses.
Bien là, c'est pas illégal.
Je pourrais travailler ici le jour
puis aller danser dans les bars le soir.
- Non, fais pas ça, s'il vous plaît.
Les gens vont là pour ça, changer les idées.
- Je dis pas qu'elles font des choses illégales.
Elles ont été arrêtées pour proxénétisme
et prostitution juvénile.
Elles ont été condamnées,
fallait qu'elles se rapportent.
C'est comme ça qu'on a su qu'ils travaillaient chez Quantum.
Je veux pas te laisser ça,
mais prends quand même le nom des filles en note.
D'après moi, c'est pas des ingénieurs.
- Fait que là, tu peux pas me dire
s'il y a un lien entre Nadia puis ces filles-là.
- Je le sais-tu, moi?
C'est à vous autres de le trouver.
C'est pour ça qu'on vous paye.
- Ça, est-ce que c'est lui qui voulait venir travailler ici
après sa retraite de la police?
Je suis pas au courant de ça.
- Ouais, va falloir qu'il soit plus fin
parce qu'il passera pas le test.
- C'est correct si je sors fumer 5 minutes?
Je savais pas que tu fumais.
- Ouais, je fume pas la cigarette.
- Fais-toi pas pincer, ils vont te sacrer à la porte.
- Ah, oui, oui. Pas de problème.
- Yo! - T'étais où?
Je t'ai cherchée partout.
- C'est pas important où j'étais.
J'étais bien. C'est tout.
- Même ton frère voulait pas me dire où t'étais rendue.
Je voulais avoir la paix.
- Bien, j'avais besoin de te parler.
C'est rare, ça.
- Est-ce que tu te souviens qu'Éric Bonin
était ici juste avant que tu partes?
- Je sais, tu l'as fait arrêter. Anthony m'a dit.
Puis je trouve ça pas correct, d'ailleurs.
Il m'a agressée.
- Sexuellement? - Non.
Physiquement. Il m'a prise à la gorge.
Si tu savais le nombre de fois
que ça m'a tenté de faire ça, moi aussi.
- Hé, il m'a menacée de mort! - Bon, ça peut se comprendre.
- Regarde, moi, je me tais, t'es pas parlable.
- Non, mais c'est parce que je pense
que tu t'entends pas des fois, maman.
Je peux comprendre que les gens perdent patience avec toi.
Ta manière d'insister, de toujours faire à ta tête,
de toujours parler sans jamais écouter les autres.
C'est gossant.
- C'est très blessant, ce que tu dis, là.
Tu trouves ça blessant?
Attends t'à l'heure, ça va faire mal pour moi.
- Qu'est-ce que tu veux dire?
(soupir de Catherine)
Catherine, viens ici.
- Hé! Fais attention, le pot sur la job.
Tu travailles au shipping,
te faire rembourser par un lift, ça se peut.
Il y a pas de danger, OK?
On sait jamais.
Tu sais, des fois, quand on fait pas attention.
All right.
- Non, je te dis, il est correct. Il y a pas de danger.
Il est sorti fumer son joint, il sent le pot à plein nez.
Dis-lui de faire attention, là.
Se geler sur la job, c'est jamais une bonne idée.
- J'ai lui ai dit de faire attention.
- T'a-t-il parlé de notre petite rencontre dans les toilettes?
Ouais. Il était pas content.
J'ai expliqué qu'il posait un peu trop de questions.
Il a compris.
Éric, viens.
- Bonjour. - Bonjour.
- Coudonc, il est pas à Paris, lui?
- Il doit avoir une urgence à régler.
Beau voyage?
- Regarde, elle t'a fait arrêter, là... Elle est folle.
Elle sait pas ce qui se passe.
Toi, t'as pas réglé ton divorce encore, hein?
Non, non, puis je vais te dire
qu'elle non plus, c'était pas son intention.
Elle, ce qu'elle veut, c'est Intelco.
Puis elle sait qu'elle l'aura jamais,
en tout cas, tant que je vais être en vie.
Puis toi, ton arrestation, ça s'est passé comment?
Les interros, t'as dit quoi?
Absolument rien.
- Puis c'est Allard qui t'a arrêté?
Arrêté puis interrogé, oui.
Ç'a pas duré longtemps,
elle m'a posé une couple de questions.
Ah oui, elle a fini en disant
qu'il fallait qu'on règle nos chicanes de famille
et que la police, c'était pas les conseillers matrimoniaux.
Sont pas caves, tu sais.
Ils savent que cette affaire-là,
c'est une lutte à finir entre toi pis Stéphanie.
Puis qu'en attendant, bien,
c'est du monde comme moi qui paie le prix.
- Chicanes de famille? - Hum.
Elle a failli me tuer, calvaire,
qu'est-ce que je suis posé faire, moi, là?
Rester là, les bras croisés à rien faire?
Puis je m'excuse s'il y a
des dommages collatéraux sur le chemin,
mais ici, on fabrique pas des matelas à ressorts
puis des doudounes en minou.
Ça se peut que ça brasse.
J'ai pas dit ça pour ça, là.
Non, regarde, tu peux dire ce que tu veux, mais assume.
Commence pas à t'excuser, là.
L'enregistrement que tu m'as fait entendre,
il y a juste toi puis moi qui avons entendu ça, ici?
Personne d'autre.
Fait que la police peut pas savoir
pourquoi t'es sauté à la gorge de l'autre crinquée?
- Non. Puis ça, c'est ce qu'elle a dit.
Moi, j'ai tout nié, évidemment.
Mais il y a pas d'autres témoins,
puis même Sophie puis Anthony sont pas au courant.
Ils savent de quoi j'ai été accusé,
mais ils savent pas ce que j'ai fait ou... pas fait.
Welcome back!
Merci.
Ça, c'est la liste des employés de Quantum.
Ça vient de Michael Powers?
- Oui, avec les numéros d'assurance sociale,
photos et dates d'embauche.
Mais nous, on peut pas passer
la liste au complet dans le CRPQ, là.
Non, mais si on se concentre
sur ceux qui sont là depuis 4-5 ans...
D'après moi, ça fait pas 100 ans
que ça trafique là-dedans non plus.
On cherche quoi avec ça?
- Ceux et celles qui ont un casier judiciaire,
déjà, si on part de là.
- Une expédition de pêche, votre affaire.
- Oui, mais c'en est une payante.
Déjà, on sait qui achète de la dope à Samuel Rivard
à l'intérieur de l'établissement.
Là, ce qu'on cherche, c'est le maillon faible de la chaîne.
Ça veut dire quoi, ça?
- Un gars ou une fille qui aurait beaucoup à perdre
si il ou elle se fait pincer.
- Ça nous prend quelqu'un de l'intérieur
pour activer les choses pour Jean-Luc.
Ça prend une transaction de drogue de main à main
entre le vendeur puis Jean-Luc,
puis ça, c'est la chose la plus difficile à faire.
- Faut que tu parles au SD Lapierre.
- Peux-tu me sortir les vidéos de celui ou celle
qui aurait fait les plus gros achats de dope avec Rivard?
Je te trouve ça.
(sonnerie de téléphone)
Allô, mon beau petit papounet!
- On va aller manger ensemble ce soir, tous les deux.
Se parler dans le blanc des yeux.
- Ha! C'est juste plate que ça arrive là,
quand je rencontre quelqu'un que j'aurais pas dû, mais bon.
Je vais faire comme si tu faisais ça
pour les bonnes raisons.
- Peut-être que la personne que t'aurais pas dû rencontrer
puis que t'as rencontrée
m'a fait comprendre qu'il serait peut-être temps qu'on se parle.
J'apprécie ton honnêteté.
- Je vais aller te chercher chez ta mère.
OK. Mais, euh...
J'ai juste une chose à te demander, par exemple.
Rentre pas, OK?
Je pense que vous êtes mieux de vous éviter, toi puis maman.
- Voici ce que je te propose: tu me fais une offre,
puis on essaye de trouver un terrain d'entente.
- Donc, tu penses vraiment avoir les moyens de me racheter?
Si tu te montres raisonnable.
Si tu demandes un prix de fou...
- Pourquoi tu me regardes de même?
- Pour savoir ce que t'as à dire, c'est normal.
- Ha! Parce que ça t'intéresse de savoir ce que j'ai à dire?
Excuse-moi, Stéphanie, c'est rien de personnel,
mais j'étais quand même ici avant toi, hein?
Je me suis quasiment mise à genoux
pour que tu me vendes tes parts ou celle de Luigi.
Tu m'as dit "je vais y penser".
Puis là, tu t'apprêtes à étudier sérieusement son offre à elle?
- Je me souviens pas t'avoir dit ça, mais bon...
- Entends-moi bien, Delphine.
C'est pas contre toi, là. Moi, je fais une suggestion.
Mais il y a rien qui empêche
qu'on l'achète à deux, cette boîte-là.
- C'est déjà plus raisonnable. Ça va être 50-50 ou 49-51?
J'ai tout sacrifié pour cette boîte-là.
Je me suis donnée corps et âme.
Je me suis même collée sur Dumas
pour lui soutirer de l'information.
On a tout fait pour le faire tomber, bien, ç'a pas marché.
Puis pour me remercier,
je vais me retrouver le cul sur la paille
pendant que madame, elle, elle repart avec le trophée.
Le trophée? Quel trophée?
Amadeo est accusé de meurtre. Il est en prison.
S'il est reconnu coupable,
il ne pourra plus jamais être associé à Investcan.
Vous avez perdu la moitié de votre clientèle,
vous avez rien fait pour en recruter d'autres.
Vous avez perdu une trentaine d'employés. Le trophée?
- Qu'est-ce qui t'intéresse dans cette boîte-là?
Pourquoi te faire chier
à vouloir acquérir quelque chose qui est sur son déclin?
- Bon, calmons-nous, là.
C'est pas la première fois que ça arrive.
Tout le monde connaît des hauts et des bas, c'est normal.
- Mais ceux qui passent à travers,
c'est parce qu'ils bougent.
Ils restent pas assis à rien faire
en attendant que les choses arrivent.
Excuse-moi, Pierre-Henri,
mais qu'est-ce que t'as fait pour réorienter la boîte?
La vérité, c'est que sans Amadeo, t'es perdu.
Parce que c'est lui qui recrutait ta clientèle
grâce à ses contacts dans le monde criminel.
Je m'excuse, mais il faut appeler un chat un chat.
- Je viens de parler à Michael Powers.
Il voulait avoir des nouvelles.
J'ai beau lui expliquer
que ces choses-là prennent un certain temps,
il commence à s'impatienter, là.
- Il est trop tôt pour commencer à faire des achats de dope
après ce qui s'est passé.
- Ouais, Samuel Rivard, le délégué syndical,
il est suspicieux de nature.
On t'a expliqué comment il a brassé Jean-Luc
parce qu'il a osé questionner un de ses gars.
C'est ça, le problème.
Il a l'air de contrôler beaucoup de monde en dedans.
- On devrait mettre le bureau de Samuel Rivard sous écoute.
- On peut pas. - Et pourquoi pas?
Un, c'est pas notre mandat.
Puis deux, c'est le délégué syndical.
Imagine si ça vient se savoir.
- Excusez-moi, monsieur l'avocat,
mais j'ai des vidéos qui confirment
qu'avant d'être délégué syndical,
c'était un grand vendeur de dope.
C'est juste la continuité de notre enquête.
Puis je suis pas mal certaine que Michael Powers, le big boss,
serait bien content de savoir ce qui se passe
dans les bureaux du syndicat.
- Il dit quoi, monsieur l'avocat, là?
- Ça prend l'autorisation du big boss, comme chose a dit.
- (Éric): C'est la meilleure solution.
Surtout si Michael Powers trouve que ça traîne.
- Oui, mais ça garantit pas que ça va donner des résultats.
On n'est jamais sûr de rien,
mais avec les résultats qu'on a eus dans les toilettes,
je dirais que ça regarde bien.
- Ça prend une transaction de main à main
pour confirmer ce que les vidéos nous donnent comme preuve.
- Faut faire attention. Si on va trop vite,
Jean-Luc va se faire tasser.
Tu te présentes pas devant un gars comme Rivard
en disant: "Hé, je cherche de la dope, en vends-tu?"
Voyons! Moi, je me sauverais en courant.
- À l'écouter parler, on dirait
que ça fait des années qu'elle est avec Investcan.
À part vouloir acheter les parts de Cazal,
j'ai jamais vu Stéphanie là.
- Regarde, le problème, c'est pas les parts de Cazal,
c'est les parts d'Amadeo.
- Il ne pourra plus jamais opérer une firme de sécurité
s'il est condamné pour une affaire de meurtre.
- Même si t'es condamné au criminel,
tu conserves tes droits civils.
Jusqu'à preuve du contraire, Amadeo, même s'il est en prison,
il peut garder ses parts dans l'entreprise.
- C'est toi qui me disais qu'Amadeo avait besoin d'argent?
- Pourquoi tu vas pas le voir directement?
Amadeo?
Va le voir en prison.
Sans en parler à Cazal?
- Bien, il dort au gaz. C'est Amadeo qui "runnait" le show.
Lui, sans lui, il est perdu. Il ne sait plus quoi faire.
Faut que j'y pense.
- Non, regarde, on essaye une dernière fois.
Regarde, on pourra pas faire ça longtemps, là.
Surtout que Catherine est au courant.
Ça va finir par sortir, notre affaire.
Tu penses?
- Peut pas faire confiance à ma fille avec un secret comme ça.
- Oh, tu vois, moi, je pense le contraire.
Ouais...
Hum, arrange-toi pas pour manquer ton rendez-vous.
Là, elle aurait des raisons de t'en vouloir.
(petit rire)
- À plus tard. - À tantôt!
Oh my God!
Qu'est-ce qui se passe? T'es bien chic.
- J'ai un rendez-vous.
- Un rendez-vous galant?
Oh non!
Ça, je pense pas que la galanterie,
ça fasse partie des priorités du gars en question.
- Puis vous allez où? - Au resto.
Il vient te chercher?
Ouais.
(vibration du cellulaire)
Faut que j'y aille.
Ah, tu soupes avec ton père?
Bonne soirée!
Pars, s'il te plaît, avant qu'elle ne vienne te voir.
- Non, ça va. Je suis encore capable de parler à ta mère.
- Je sais, mais les choses sont déjà assez compliquées de même.
- C'est pas les choses qui sont compliquées, c'est elle.
(sonnerie de cellulaire)
Ah, excuse, juste un instant.
Oui, allô?
- J'espère que tu vas être gentil avec ta fille.
Maman, s'il te plaît!
Non, mais ça se peut pas!
- C'est juste ça que t'as à dire, là?
- Non. Demain, toi et moi au restaurant.
Tu veux régler ça, on va le régler.
Pas sûr qu'il me reste assez de veste pare-balles.
La dernière fois que je suis allé te voir pour ça,
j'ai failli mourir.
Choisis le restaurant,
si ça peut te rassurer.
Je te rappelle.
Je m'excuse. Avoir su, j'aurais pas répondu.
- MD à So-So.
À l'écoute.
Le délégué est sous contrôle.
Bien reçu.
Go.
Ce que je vais te raconter là,
il y a Delphine et moi qui sommes au courant.
Ton frère le sait pas, Éric non plus, il y a personne.
OK...
- J'ai connu Delphine quand elle a commencé chez Investcan.
J'avais besoin de quelqu'un
pour savoir ce qui se passait dans ce boîte-là.
Fait que c'est devenu de plus en plus sérieux.
Mais Investcan, c'était pas de la compétition pour moi.
On prenait pas nos clients dans la même talle,
ils faisaient leurs affaires, je faisais les miennes.
Mais avec le temps, j'ai fini par leur faire mal.
Leurs clients étaient pas contents, ils venaient me voir,
puis Investcan s'est mis
à recruter de la clientèle dans le monde criminel.
Puis c'est là que Delphine est venue me voir.
Elle m'a dit:
"Fais attention, Jean. Je pense qu'ils t'ont dans leur main."
Puis là, quand je me suis fait tirer, elle a eu peur.
Parce que nous autres, on était... Je veux dire...
En bref, là, on...
On était? En bref? Quoi?
Amoureux.
(Elle pouffe.)
C'est dur à dire.
- Je veux pas entrer dans les détails, là.
Mais avec le temps, c'était de plus en plus sérieux.
Puis là, je me suis mis à m'inquiéter pour elle.
J'avais peur que les choses se sachent.
Elle en a profité, elle.
Elle s'est mise à jouer double jeu.
Ta mère puis Cazal, ils ont cru que notre relation,
c'était pour me manipuler, moi.
- Fait qu'elle jouait sur deux tableaux.
- Sur deux tableaux, sauf que c'est moi
qui manipulais les pions à mon avantage.
- Oui, mais ça, c'est ce que tu penses.
Peut-être qu'elle faisait la même chose de son bord, tu sais.
- Ah non, non, non, non, non, non, ça, je te jure que...
Mais ce que je tiens à te dire, Catherine,
c'est que Delphine puis moi, là, c'est vrai depuis le début.
Puis si ça se sait, ils vont essayer de la tuer, elle aussi.
Elle est à la croisée des chemins, là.
Il faut qu'elle prenne une décision.
- Écoute, papa, c'est pas de mes affaires, ça me regarde pas,
mais il me semble que c'est pas super sain, votre affaire.
Ni pour toi, ni pour elle, ni pour maman.
- T'as raison, mais c'est comme ça.
J'ai raison?
Je t'ai pas entendu dire ça souvent dans ma vie.
- C'est ça que tu veux? Avoir raison?
Je veux que tu m'écoutes.
- Bien, vas-y.
- Ma thérapie me fait beaucoup de bien.
J'ai pris le temps de réfléchir à ce que tu m'as dit,
que je peux passer ma vie à blâmer tout le monde,
mais qu'en bout de ligne, c'est à moi d'assumer mes choix.
- C'est la seule solution, Catherine.
Est-ce que j'ai été un mauvais père? Probablement.
Mauvais mari? Sûrement.
Marié avec quelqu'un qui faisait son possible aussi...
Mais demandez-nous pas de faire des miracles, là!
On est encore plus imparfaits que vous autres.
Blâmez-nous si vous voulez,
mais c'est pas ça la solution, crois-moi.
- Je changerai pas mon caractère pour autant.
Je suis comme je suis et je dis ce que je pense.
Tu fais bien.
- Mais j'ai quand même décidé de tourner la page.
De faire quelque chose de ma peau.
Je veux retourner aux études.
J'ai le goût de me lancer en cybersécurité
pour contrer la cybercriminalité.
- Tu peux pas savoir à quel point
ça me fait plaisir d'entendre ça.
- Ah ouais, mais je fais pas ça pour te faire plaisir.
Je fais ça pour me faire plaisir.
Et je peux t'aider.
- Ah non, non, je veux faire ça toute seule.
À ma façon, à mon rythme.
- Non, mais tu sais qu'on a les moyens de te soutenir.
Si tu veux aller vivre seule en appartement,
moi, je suis là pour toi.
Si t'as besoin d'argent, je suis là.
Non, non, non, papa...
Ce que j'ai besoin, c'est que toi puis maman,
vous régliez vos affaires une fois pour toutes.
C'est en train de nuire
à l'équilibre mental de tout le monde.
- C'est vraiment en dernier recours
que je viens te voir, Luigi.
- Ouais, vous avez pas fait grand-chose pour m'aider.
Pas encore, mais...
OK. Vous allez faire quoi?
- Qu'est-ce que tu voudrais qu'on fasse?
- J'avais demandé qu'on fouille sur mes ennemis,
sur ceux qui veulent témoigner contre moi.
Qu'est-ce que vous avez fait?
- J'attendais les ordres de Cazal.
- Cazal? Il retourne même pas mes appels.
Mon procès s'en vient. Je fais quoi?
Je sais pas quoi te dire.
Pourquoi t'es venue ici?
Parce que j'ai une décision à prendre.
- Puis toi, tu penses que je vais t'aider à la prendre?
Je m'en fous pas mal de tes décisions.
Je perds mon temps ici.
Hé!
- Dis-moi qu'est-ce que tu veux.
- Racheter tes parts d'Investcan.
T'es en retard.
Je les ai déjà offertes à Cazal.
Je suis obligé de le faire par contrat.
Il te les a achetées?
- Il a pas vraiment l'argent qu'il faut.
Ça coûte combien?
2,1 M$.
- Il a jusqu'à quand pour exercer son option.
La semaine prochaine.
Sinon, tu fais quoi?
- Je vais te les vendre si c'est ça que tu veux.
Mais faut que ça se fasse vite.
OK.
Donc, tu me dis qu'il est obligé de t'offrir ses parts.
- Ah bien, c'est dans le contrat, oui.
Il vaut combien?
2,5.
Mais c'est rien, ça, 2,5 M$.
Peut-être pour toi. Pour moi, c'est différent.
On a la marge de crédit au plafond
depuis que Luigi est en prison.
T'es à combien avec lui?
- 51-49.
51 pour qui?
Pour moi.
- Moi, je peux t'avancer 2,5 M$,
mais je veux 51%, pas 49%.
- Et si je te dis non, qu'est-ce qui se passe?
Luigi vend ses parts à quelqu'un d'autre
et il y a rien qui change.
Je reste à 51%, j'ai toujours le dernier mot.
Oui, mais t'as pas d'argent.
- T'as besoin de moi, Pierre-Henri. Tu le sais.
Delphine est bien gentille, mais tu vas pas loin avec ça.
Elle va aller te le chercher, le 2,5 M$,
mais elle te ramènera pas de clients ici.
Elle est bien cute, mais elle est un peu inutile.
Je descends pas en bas de 51%.
T'es l'ancienne femme de Jean Dumas
et t'as encore 40% de son entreprise,
alors je sais ce que ça veut dire.
Ah oui? Ça veut dire quoi?
- À 49%, je me donne pas un mois, je suis dans la rue.
C'est mal me connaître.
- Peut-être, oui.
Mais je pense pas que je vais tenter ma chance.
2,1 M$.
2,1 M$ pour 49%, c'est trop.
Ha! 100$ pour 49, c'est trop.
Si t'es pas majoritaire, ça vaut pas le coup.
Tu peux lui nuire,
mais le but de l'exercice, c'est pas de lui nuire.
C'est de diriger de la boîte.
Faut pas rêver en couleur.
Cazal voudra posséder le contrôle de son entreprise.
- Cazal, il est cuit, il n'a plus de maudite cenne.
Sa femme vient de le mettre dehors,
son divorce va lui coûter une fortune.
Ha! Il paye sa marge
avec ses cartes de crédit qui sont pleines.
C'est pas Cazal qui va céder son entreprise.
C'est le syndic qui va lui enlever.
Je passe mon tour?
- Va voir Cazal puis offre-lui 4 M$
pour les parts d'Amadeo puis les siennes.
4 pour l'entreprise?
Écoute, ça vaut même pas ça.
- Puis s'il veut pas? - On laisse tomber.
Ça va mourir de sa belle mort de toute façon.
- Tu penses que Stéphanie cherchera pas à l'acheter?
Oh, je suis sûr que oui!
Il y a une raison pour quoi elle veut régler notre divorce.
Elle a besoin d'argent.
All right...
- Je m'excuse, j'étais en bas avec mes gars.
Ils font le tour pour s'assurer qu'il y a pas un petit comique
qui voudrait me faire la peau en partant.
- Je suis pas sans dessein à temps plein.
J'attendrais que tu payes avant.
On s'était entendus là-dessus. Tout est là.
Moi, j'ai signé. Tu signes devant moi puis c'est réglé.
Je suis pas pressé.
- Tu l'étais, puis là, tu ne l'es plus?
On va jouer aux fous encore longtemps de même?
- As-tu besoin d'argent?
Va chier.
- Sois pas vulgaire, ça te va pas bien.
Je le lis, et si c'est ce sur quoi on s'est entendus...
- C'est exactement... - Chut! Dérange-moi pas.
Hum...
Ah oui, en passant, je signerai pas
tant que t'auras pas retiré ta plainte contre Éric.
"Attendu que les partis se sont épousés
le 19 août 2003 à Montréal..."
- Pourquoi le boss a demandé à le voir?
- Il y a un arme chargée à bloc dans la place.
Faut intervenir le plus rapidement possible.
- Compte-toi chanceux. - Chanceux pour quoi?
- Tu demanderas à ton boss, il va t'expliquer.
- T'as jamais été capable de prendre une décision de ta vie.
- Bien, tu viens de te faire attacher les 2 mains,
puis dans un an, tu vas te chercher une autre job.
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