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(aboiements au loin)
- François, qu'est-ce qui arrive?
(soupir)
- Personne t'a suivie? - Non.
Entre.
- Il va falloir passer à la prochaine étape.
Notre cher Jean a pas l'intention
de vendre sa compagnie ni de vendre
ou de transférer ses parts.
- Il y a pas grand-chose que je peux faire de plus, Stéphanie.
Si je reviens dans le portrait, il va vouloir me tuer.
- Il est bien trop straight pour faire une affaire de même.
Il faut passer par Éric pour faire mal à Jean.
Quand il est allé le chercher, il l'a sorti de la marde.
Éric était au centre d'un gros scandale.
Si on le menace avec ça,
il aura pas le choix de traverser de notre bord.
♪ ♪ ♪
- On est rentrés là. Il l'avait poignardée.
On vous a appelés. Il y a rien à dire de plus.
- Dans un premier temps, c'est lui qui vous a appelés?
- Oui, c'est moi qui ai pris l'appel.
Il m'a dit: "Viens vite. Je pense que j'ai fait une folie."
J'ai répondu: "J'arrive", parce qu'instinctivement,
je savais qu'il avait fait quelque chose de grave.
La chose grave étant?
Il avait tué sa femme.
(sonnerie de téléphone au loin)
- Vous enquêtiez sur quoi, au juste?
(sonnerie de téléphone au loin)
Je suis pas en train de vous accuser de l'avoir tuée.
Je veux juste comprendre dans quel contexte
tout ça s'est déroulé.
Parce que la dernière fois,
on m'accusait d'avoir cochonné l'enquête
parce que j'ai arrêté ta fille trop vite, je m'en souviens.
- Regarde, il est tombé en amour avec une danseuse,
puis il l'a mariée, elle a commencé à le voler.
Elle a même obtenu l'aide de 2 complices.
Nous, on a découvert le pot aux roses, preuves à l'appui.
On lui a dit, puis il a pété un plomb.
- Si je vous demandais de me remettre tout ce que vous avez
dans ce dossier-là?
- Je vais devoir en parler à l'avocat d'Intelco.
- Il va falloir que l'avocat consulte son président.
Hum.
Ton père commence à déteindre sur toi.
C'est une très mauvaise influence.
J'avais du respect pour toi.
On va regarder ce qu'on a.
Je vais te remettre ce que t'as besoin.
Tout. Tu vas tout me remettre
parce que j'ai besoin de tout ce que t'as.
- Hé, as-tu des développements?
Dans quoi?
- L'application qu'on a installée
sur le téléphone de Cazal.
(sonnerie de cellulaire)
- Il dit rien. - Comment, il dit rien?
C'est pas qu'il dit rien,
c'est que l'application marche pas vraiment.
- Ça se peut pas, ça, je l'ai déjà testée.
Ah oui, hein?
- Non, mais de façon générale, pas sur son téléphone à lui.
Ce que je veux dire, c'est que l'application fonctionne bien.
- Un conseil, Anthony: mêle-toi pas de ça, OK?
Mais ça fonctionne.
- Je t'ai dit de te tenir loin de ça.
Si un jour on se retrouve devant un tribunal à cause de ça,
tu risques de te faire radier du Barreau.
Hé! On s'en va dîner.
Mais là, il est 11h00.
- Ouais, mais j'ai pas déjeuné, moi.
- On y va, d'abord. Tu t'en vas où, toi?
- Bien, je vous suis, là. - Non, pas ce matin, non.
- Tu viens de dire: "On y va, d'abord."
- "On" exclut les membres de ma famille.
Ah!
- Ferme le classeur, s'il te plaît.
Je lui dis quoi, au juste?
- Que t'es déçue, que c'est pour ça que t'es partie.
Dis que Cazal t'a laissé tomber,
que tu pensais que t'avais un avenir avec Jean
et que tu t'es vite rendu compte que...
qu'il te laisserait pas prendre ta place chez Intelco.
T'as décidé d'aller te faire voir ailleurs.
C'est pas fort.
- Qu'est-ce que tu veux lui dire de plus?
- Je le connais pas aussi bien que toi, Jean Dumas,
mais je pense qu'il faut le mettre sur la défensive
en partant.
Comme?
- Que j'ai toujours eu le sentiment
qu'il se servait de moi, que...
que j'étais son conduit pour détruire Cazal.
Delphine est en ville.
En chair et en os.
- Tu l'as vue où? - Au St-Georges.
- Quand? - Hier.
- Tu l'as vue par accident ou tu savais qu'elle était là?
- Un peu par accident, mais on a pris des photos.
Je peux les voir?
- Elle est pas à l'hôtel, elle monte dans sa voiture.
- Je te dis qu'elle est à l'hôtel, elle est à l'hôtel.
J'ai pas de photo d'elle en peignoir,
mais je te jure qu'elle était là.
- Avec qui? - Je sais pas.
Cazal était là?
Oui, il était là.
- Pourquoi tu me dis "je sais pas"?
T'as attendu tout ce temps-là avant de m'en parler.
T'es pas aussi hésitant que ça, d'habitude.
- Quelque chose marche pas? - Je sais pas, Jean.
Es-tu en train de perdre la tête pour une affaire de coeur?
- Pardon? - Regarde-moi pas de même.
T'utilises tes ressources pour des choses
qui en valent pas la peine.
- Peut-être que pour toi,
mon histoire avec Delphine,
c'est juste une affaire de coeur.
Je te rappellerai qu'elle traîne encore avec Cazal,
le gars qui veut voler mon entreprise.
- Et c'est pour ça que t'allais le rejoindre
secrètement à l'hôtel,
que tu couchais avec,
puis que t'es disparue sans donner d'explication?
Sous-estime-le pas, là.
- Que j'avais pas d'issue, ni d'un côté ni de l'autre.
Que je voulais réfléchir.
- Puis que Cazal a su que c'était toi
qui avais recruté Anthony, il t'en a voulu pour ça,
puis t'avais peur pour ta vie.
- OK, puis comment j'explique que je suis revenue?
- Je n'ai plus peur maintenant? - Non.
Tu t'es expliquée avec Cazal,
puis il a compris ton point de vue.
Ce sera pas facile.
- C'est pas à Jean qu'il faut que tu parles, c'est à Éric.
Pour lui dire quoi?
- Tout ce qu'on vient de se dire.
Puis tu termines en disant que tu sais tout
pour Gabriel Langlois.
- C'est qui, ça, Gabriel Langlois?
- C'est compliqué. C'est grave en même temps.
Gabriel Langlois, c'est Éric Bonin.
- Les étapes sont simples. Tu vérifies le matériel.
Tu t'assures que le compte est bon.
Le reste, c'est contrôlé par l'ordinateur.
Après ça, tu vérifies que ce qu'on envoie,
c'est ce qui est sur les palettes.
Même chose pour ce qu'on reçoit.
- Oui, oui, j'ai déjà travaillé dans le shipping.
C'était plus rudimentaire avant,
mais "shipper" des boîtes, c'est "shipper" des boîtes.
- Il y a un certain Michael Powers qui est venu me voir.
Le président de Quantum Communications.
Ç'a l'air qu'il y a du trafic de drogue
à l'intérieur de la boîte.
Il aimerait ça faire entrer un double.
On pense que c'est du trafic à grande échelle.
- Je dois me fondre dans le décor.
Tant que ça sera pas fait, il y aura pas d'achat.
- Je vais avoir ton code tantôt. - Super.
L'imprimante est connectée?
Parce que moi, ces affaires-là...
- Oui, oui, tout est prêt. - OK.
- À tantôt. - Ouais, thank you.
(sonnerie)
(sonnerie de cellulaire)
- Ouais. - Jean-Luc, c'est Marc.
- Tu m'entends bien? - Dix sur dix.
- Les caméras sont installées. - Ça marche.
Non, non, je comprends ça, là.
Je voulais juste vérifier, des fois que...
Hé, faut que je te laisse.
Éric! Ça marche.
- Qu'est-ce qui marche?
- L'application sur le téléphone de Cazal.
Ça fonctionne très bien. Mon gars l'a testée à matin.
Pourquoi tu dis ça?
- Parce que tu m'as dit le contraire,
que ça fonctionnait pas.
- Qu'est-ce qu'il y a de si difficile à comprendre
dans "mêle-toi de tes affaires, ça te regarde..."
T'oublies ça, OK?
(sonnerie de téléphone au loin)
- Bon, bon, qu'est-ce qui se passe?
- Rien. - L'autre est fâché après toi.
Il y a rien, je te dis.
- Regarde, si t'es pas capable...
Il y a rien, il y a rien.
S'il y avait quelque chose,
je peux avoir des affaires à régler
sans que tu t'en mêles?
Si ç'a rapport avec...
- Ç'a rapport avec personne sauf Éric puis moi.
Arrête de m'achaler avec ça.
- (Stéphanie): Il faut passer par Éric
pour faire mal à Jean.
Quand il est allé le chercher, il l'a sorti de la marde.
Éric était au centre d'un gros scandale.
Si on le menace avec ça,
il aura pas le choix de traverser de notre bord.
(♪ sonnerie de cellulaire ♪)
- Oui, allô? - Éric Bonin?
- Lui-même.
- Est-ce que je peux vous parler?
- Si j'avais pas voulu vous parler, madame,
j'aurais pas répondu.
- En fait, la question, c'est: est-ce que vous êtes seul?
Vous êtes qui, vous, au juste?
- Je vous demande de rester neutre dans vos commentaires
jusqu'à ce que j'aie terminé de vous parler.
Mon nom est Delphine Proulx.
J'imagine que ça vous dit quelque chose.
Ça devrait?
(petit rire)
- Vous savez très bien qui je suis.
On m'a dit que vous êtes le seul à qui je pouvais parler.
On peut se rencontrer quelque part?
Seul ou avec d'autres?
Ce serait pas une bonne idée
de mettre Jean au courant de mon appel.
Pas avant que j'aie eu le temps
de vous expliquer certaines choses.
Après, on verra.
- Quand est-ce que vous voulez faire ça?
Tout de suite.
Je suis au Café de Charente.
Pas un mot à Jean.
J'arrive.
(sonnerie de téléphone au loin)
(coups de klaxon au loin)
- Le voilà. On va attendre 2, 3 minutes
pour être sûres que l'autre le suit pas.
- Pourquoi tu veux remettre ça à la police?
- C'est assez clair qu'ils ont voulu l'extorquer.
C'est qui, le client:
Anthony-François Dubuc ou la police?
- Qu'est-ce que t'essaies d'insinuer?
- Je te demande c'est qui, le client.
C'est pas la police qui va se faire accuser de meurtre,
c'est lui.
C'est quoi le rapport?
- Il a une défense à préparer, lui.
Folie passagère ou perte de contrôle,
appelle ça comme tu veux.
Ce qu'on a fait là-dedans, nous autres,
ç'a contribué à ce qu'il pose les gestes qu'il a posés.
- C'est ça que la police nous demande.
Non, ils veulent juste
l'accuser de meurtre d'abord et avant tout.
Le reste, ça les regarde pas.
Le client, il peut s'en servir, de ça.
Puis comme c'est lui qui paye,
c'est à lui ou à ses avocats
qu'on va remettre ce matériel-là.
- Je dis quoi au SD alors? - Rien.
- Elle attend après nous autres. - Qu'elle attende.
Si elle fait de la pression, tu me l'enverras.
Il me semble qu'on a déjà eu cette discussion-là.
On travaille pour le client, pas pour la police.
- OK. Ça doit être une affaire de génération.
Parce que moi, mettons, un crime,
je pense que ça mérite d'être puni.
Toi, si tu penses le contraire...
(petit rire)
C'est ta compagnie.
Tu fais ce que tu veux.
(La radio joue en sourdine.)
- On va changer de place si ça vous dérange pas.
Vous êtes venu seul?
- Oui, c'est ce que vous m'aviez demandé.
- Des fois qu'on essaierait de me jouer des tours.
- Moi, jouer des tours? Non, non, non.
Les tours de magie, c'est plus votre département à vous.
J'ai jamais vu quelqu'un disparaître aussi vite
pour réapparaître encore plus vite.
- J'avais mes raisons. - Hum.
J'imagine, oui.
Comment va Jean?
- Vous préférez pas lui demander à lui, à la place?
- Je voulais te voir justement pour tester les eaux un peu.
- Ça veut dire quoi, "tester les eaux"?
- Comment il se sent par rapport à tout ça?
- Lui, je sais pas, mais à sa place,
Delphine Proulx, elle serait bonne pour les vidanges.
Parce que pour avoir agi comme t'as agi,
il faut que tu sois une vidange.
Hum.
- Regarde, on va arrêter de tourner autour du pot.
Je sais que t'as voulu mettre la main sur Intelco.
Puis ta petite romance avec Jean Dumas,
j'y ai jamais vraiment cru.
- Tu sais tellement pas de quoi tu parles.
- Je sais que c'est Cazal qui t'a poussée dans les bras
de Jean Dumas.
- Tu dis n'importe quoi. C'est plus compliqué que ça.
Jean m'a fait des promesses qu'il a jamais tenues.
- Peut-être qu'il a vu clair dans ton jeu.
Réfléchis comme il faut.
Tu vas finir par comprendre qui a tes intérêts à coeur.
- C'est Cazal, j'imagine? - Non.
Cazal, il sait rien de l'histoire de Gabriel Langlois.
- T'as besoin de combien, là? - Juste 200$.
- Juste 200$? - Ouais.
- C'est la dernière fois, OK? - Oui, oui.
Tu comprends ça? Pas de problème?
Attends pas trop avant de rembourser.
(sonnerie)
Ouais?
C'est ce qu'on pensait.
Samuel Rivard est avec un client dans les toilettes.
Ça marche.
(soupir)
- 200 piastres, c'est pas tant que ça,
mais à un moment donné, ça s'accumule.
Salut!
Merci pour ton conseil.
Parfait, je suis là pour ça.
- David Coutu, c'est ça? - Ouais, exact.
- Samuel Rivard. Je suis ton délégué syndical ici.
- Ça fait plaisir. - Moi aussi.
Je vais aller te donner mes coordonnées tantôt,
si jamais tu veux me voir ou m'écrire.
- Alright. T'es sur le shift de jour ou le shift de soir?
Les deux, en fait.
Je commence à 2h00 l'après-midi,
je finis le shift de jour, je fais le shift de soir,
puis à 10h00, il y a la gang de nuit qui rentre.
Enchanté.
- J'aimerais quand même ça que tu les laves
avant que tu me serres la main.
(rire)
En tout cas, David, si t'as un problème ici,
tu viens me voir.
Les patrons sont bien corrects, là.
Ils sont bien corrects avec moi.
Je suis là pour t'aider puis répondre à tes questions.
- Puis pour "checker" voir si j'ai les mains propres?
Ouais, aussi, ouais.
(sonnerie de téléphone au loin)
T'étais où, toi?
- Rendez-vous chez le dentiste.
- Chez le dentiste? - Oui, chez le dentiste.
Tu sais, t'auras beau essayer
de vouloir le cacher quand ça va pas, toi, là,
je vais toujours finir par m'en apercevoir.
Envoye, viens-t'en.
(sonnerie de téléphone au loin)
- Là, j'ai besoin que tu me parles
de ta relation avec Delphine Proulx.
Si je m'écoutais,
je serais tenté de te dire de te mêler de tes affaires,
mais comme je vous ai entraînés là-dedans, je le ferai pas.
- C'est ça que je pensais, ouais.
- Pourquoi tu me demandes ça, là?
Je viens de jaser avec.
- Où? - Chez le dentiste.
- Regarde, nos excuses cutes, on va arrêter ça, ça marche?
- Elle m'a appelé, elle voulait me voir au café de Charente.
- Puis tu me l'as pas dit? - Je te le dis, là, là.
- OK, qu'est-ce qu'elle voulait? - Je sais pas encore.
Mais tout ce que je sais,
c'est que je serai pas l'entremetteur entre vous deux.
- Si tu m'en avais parlé, ça serait pas arrivé non plus.
- Elle voulait pas que je te le dise.
Elle m'a demandé comment t'allais.
Moi, je lui ai dit que... c'était une vidange,
que je savais qu'elle avait voulu mettre la main sur Intelco
puis j'ai conclu en disant
que sa petite romance avec Jean Dumas...
j'y avais jamais vraiment cru.
Puis là, demande-m'en pas plus, là.
Regarde-moi pas avec tes grands yeux
puis épargne-moi tes sparages.
- C'est pas allé plus loin. - Elle t'a rien dit d'autre?
Non, tu sais tout.
- Éric Bonin, c'est pas son vrai nom.
Son vrai nom, c'est Gabriel Langlois.
Mais le problème, c'est que Gabriel Langlois,
il n'existe plus.
Hé, j'ai pas de carie.
- Son numéro d'assurance sociale, d'assurance maladie,
tout ça, ça n'existe plus dans son cas.
Non, Stéphanie, pas à moi.
Chacun son travail là-dedans, mais disparaître de même?
Non, à moins de l'avoir fait
avec l'aide d'agences gouvernementales,
ça se peut pas.
- C'est là que ça devient intéressant.
Si on fait des recherches, qu'on se rend compte qu'effectivement,
il a été protégé par une agence quelconque,
on va le savoir assez vite.
Et ça nous avance en quoi?
- Jean, il a toujours été très protecteur avec Éric.
Il m'a parlé en premier de l'histoire
d'un gars protégé par le gouvernement.
Tu penses que c'est pas ça?
- Je pense que ça cache une histoire de meurtre.
Je les ai entendus parler une fois.
Ils parlaient fort dans la maison,
ils savaient pas que j'étais à l'extérieur.
Puis Jean, dans sa subtilité légendaire, il a garroché:
"Si c'était pas de moi,
tu passerais ta vie dans le fond d'une cellule."
Passer sa vie dans le fond d'une cellule,
ça ressemble plus à un meurtre qu'à un vol de char.
- Mais faut qu'il existe quelque part, ce meurtre-là.
- Faut savoir ce qu'il s'est passé,
parce que si on veut l'amener de notre bord,
faut lui faire comprendre qu'il a pas le choix.
- Qu'il vienne ou qu'il vienne pas, qu'est-ce que ça change?
- Si t'assois Éric Bonin dans une chaise
puis que tu lui fais dire tout ce qu'il sait sur Intelco,
Jean Dumas se retrouve front page du journal.
(petit rire)
- C'est une bizarre d'histoire, celle de François Dubuc.
Tu sais quoi de ça, toi?
Il a marié une danseuse,
puis elle a essayé de lui arracher son argent.
- Coudonc, comment tu sais ça, ces affaires-là?
J'ai des amis partout, moi.
(sonnerie de téléphone au loin)
Salut, c'est Éric.
Ça va, toi? Vas-tu être chez toi tantôt?
Oui, je pense qu'il faudrait qu'on se parle.
Je passerais en fin d'après-midi.
OK? À tantôt.
- Julien Marcoux. - Oui, M. Marcoux.
Bon gars, bel avenir, semble-t-il.
- Justement, c'est ce que certains cherchent à empêcher.
Des gens comme qui?
Des gens comme moi.
- Est-ce qu'il y a une raison en particulier?
- Bien oui, évidemment. Pourquoi je serais ici?
- Est-ce que je peux la connaître?
- C'est pas nécessaire. - Ah bon?
Alors, qu'est-ce que je peux faire pour vous?
- Voir si tu peux pas trouver des squelettes
qui traînent dans son placard.
Dans le but de?
- De l'empêcher de devenir premier ministre.
Mais ça vient pas de moi.
Faut jamais que mon nom sorte dans cette histoire-là.
- On veut juste pas le voir là, un point c'est tout.
- Bon, Jean-Luc a eu un premier contact aujourd'hui
avec un certain Samuel Rivard.
C'est le représentant syndical,
puis c'est lui qui semble vendre la dope.
On n'est pas certains.
- Disons qu'on a filmé quelques achats de stup.
- Du pot, de la poudre, des pilules?
Un sachet avec de la dope,
je sais pas ce qu'il y avait là-dedans.
Je veux voir la vidéo.
- Pour ça, faut que je demande la permission à mon boss.
- Appelle-le donc. - Il me parle pas sur ce ton-là.
En passant, notre client, c'est pas toi, c'est Quantum.
- Hé. On commencera pas à jouer à ce petit jeu-là.
- Je suis pas un chien pour que tu me parles de même.
Oui, M. Dumas.
Je suis présentement avec le sergent-détective
Louis Lapierre.
Il vient de me dire: "Appelle donc ton boss qu'on lui parle."
Je sais, c'est super impoli,
mais bon, tu sais comment qu'il est, toujours un peu macho.
Parfait. Il s'en vient.
- Il veut une copie des vidéos.
On va lui en donner une. Il y a aucun problème.
S'il le demande poliment.
- Elle est faite de même. C'est de même, nous autres aussi.
On marche sur des oeufs quand on lui parle.
- J'imagine que vous avez fait attention
pour éviter que les caméras filment
à l'intérieur des cabines de toilettes.
- On sait comment ça marche, mon capitaine.
- Je veux pas que Jean-Luc consomme non plus.
Je vous l'ai dit, on va le tester.
- C'est pas son premier barbecue, il le sait.
Fais-t'en pas.
- Je veux un rapport écrit une fois par jour.
Même si c'est une ligne pour dire qu'il est rien arrivé.
Louis...
viens donc avec moi.
Hum!
C'est pas bon signe, ça.
- Bon, la dernière fois qu'on s'est vus,
tu m'avais l'air d'un gars qui se cherchait une job.
- J'en cherche pas nécessairement une.
C'est certain que c'est un peu vite,
mais c'est sûr que ça m'intéresse.
- Bien, on va commencer par ta formation.
Si t'as toujours le goût de venir ici,
la chose la plus importante, c'est le client, pas la police.
- Hein? On les aime, les polices, c'est nos amis.
Mais avant de se lancer dans une enquête criminelle,
on va s'assurer de bien remplir le mandat
que le client nous a confié.
Hum? Après, ça va nous faire plaisir de tout vous remettre.
Mais avant, on a une job à faire, puis on va la faire.
- C'est pas à toi que je vais expliquer
qu'il y a une façon de faire.
- Ça fait 30 ans qu'on fait notre travail.
On sait ce qu'on fait. T'as pas à t'inquiéter.
- T'as raison. C'est bien correct de même.
(coups à la porte)
- Excusez-moi. Jean, on t'attend pour un meeting.
- Tu vas m'excuser? - Faut que j'y aille.
Je vais aller te reconduire.
- Il me semble que c'est pas compliqué, acheter de la dope.
Il pourrait faire plus vite que ça.
- Donne-lui une chance, on commence.
Bon, Julien Marcoux.
- De chez JMFUSION? - Qu'est-ce qu'il veut?
- On l'a jamais eu comme client, lui, non?
On l'aura pas non plus.
J'ai besoin que vous me sortiez
tout ce que vous pouvez trouver sur lui,
bon ou mauvais.
- T'as une préférence pour le bon ou le mauvais?
- Bien, avec ce qui nous préoccupe,
je pense que les mauvaises affaires
seraient plus appropriées.
On a son téléphone à lui?
- J'ai rien pantoute, débrouillez-vous.
- Hé, je te dérange pas, j'espère? - Non, ça va.
- Regardez, là. Moi, je dirige pas un club de cheerleaders,
mais j'aimerais ça sentir que je vous emmerde pas trop
en vous demandant un minimum d'attention
pour les dossiers sur lesquels on travaille.
- Taisez-vous 2 minutes. Oui, bonjour, madame.
Ici Adèle Métivier du cabinet du premier ministre.
Est-ce que Julien Marcoux est là?
Le premier ministre aimerait lui parler.
Ah! Est-ce que vous avez son numéro de portable?
Ouais.
Parfait. Merci beaucoup. Bonne journée à vous.
Autre chose que tu voulais savoir?
Éric va s'occuper de ça.
- Toi, je t'échangerais contre mon gars n'importe quand.
- Moi, je t'échangerais contre mon père n'importe quand.
Bon.
(sirènes au loin)
(sonnette)
Allô?
Toi, là,
ça me manque de voir ta bine tous les matins au bureau.
- Tu vois, ce dont je m'ennuie pas au bureau, moi,
c'est de ton caractère de chien.
- Bien, tu vois, j'étais pas comme ça
avant de rencontrer Jean.
Je te le jure!
Tu sais comment il est capable de faire sortir le pire de toi?
(soupir)
- Toi, tu dois avoir de la place chez vous
pour une fille comme moi.
- Pourquoi? T'es pas bien ici? - Je la trouve insupportable.
- J'ai proposé d'aller la porter chez son père, elle veut pas.
- Il est encore plus insupportable que toi.
Catherine?
Catherine, où est-ce que tu t'en vas?
Ça te regarde pas, ça.
(fermeture de porte)
- Je sais pas quoi faire avec elle.
- Charlie est pas ici? - Elle est à l'école.
(inspiration)
Je resterai pas longtemps.
J'ai reçu de la visite.
Delphine Proulx est venue me voir.
- Elle est encore en vie? - On dirait, ouais.
- C'est Jean qui doit être content.
- Je le sais pas. - OK!
Ça, ça veut dire que c'est elle qui l'a dompé.
Ça m'étonne pas.
(petit rire)
- Toi, Delphine, tu... tu la connais pas?
- Comme toi. Pas plus, pas moins.
Veux-tu quelque chose à boire?
De l'eau, s'il te plaît.
Delphine puis Cazal, c'est sérieux, tu penses?
- Comment tu veux que je le sache?
- Ce que je me demande, c'est si c'est vraiment des partners,
puis si leur but, à travers Jean,
c'est de mettre la main sur Intelco.
- Non, Cazal peut pas avaler Intelco, oublie ça.
- Je pense qu'il cherchait quelqu'un
pour l'aider à avaler Intelco, justement.
- Puis tu penses que Delphine Proulx aurait pu l'aider?
- Je veux dire, elle peut pas être bête puis stupide de même.
Non, je me dis que ça cache autre chose
ou quelqu'un d'autre.
Comme qui?
- Comme toi, peut-être.
Esti que j'haïs ça, me faire mentir.
Tu l'as rencontrée puis tu lui as dit
que Jean m'avait sorti de la marde il y a plusieurs années,
puis qu'on pouvait me faire chanter avec ça.
- Lâche-moi.
- Mens-moi pas, s'il te plaît.
C'est elle qui me l'a dit.
Toi, tu sais des choses à mon sujet
que personne d'autre sait.
Puis si ça sort, je te tue.
As-tu bien compris?
Je te tue.
(toux)
(toux)
(respiration haletante)
(respiration haletante)
(sonnerie de cellulaire)
- Qu'est-ce que je peux faire pour toi?
- Si t'es pas capable de contrôler ton monde,
je vais être obligée de le faire à ta place.
- Bon, qu'est-ce qu'elle a fait encore?
- Je te parle pas de ta fille, mais d'Éric.
Comment ça, Éric?
- Il est venu m'agresser dans ma maison.
Il m'a sauté à la gorge puis il a essayé de m'étrangler.
- Comme je peux voir, il a manqué son coup.
- Tu vas trouver ça moins drôle tantôt.
(soupir)
(coups de klaxon au loin)
(♪ sonnerie de cellulaire ♪)
- Oui, allô? - T'es où, là?
- Je viens d'arriver chez nous. - Ramène-toi à la maison.
- Je peux manger avant? - Non, tu vas manger avec moi.
(♪ rock en anglais à la radio ♪)
Ici la ligne est claire.
Les boss se mêlent pas de nos affaires,
puis on se mêle pas de leurs affaires non plus.
- Il y a Samuel chose, le délégué syndical.
Il a l'air d'en mener large, lui.
- Tu veux pas te le mettre à dos, lui.
C'est pas mon intention.
- Il contrôle pas juste le syndicat,
il contrôle la bâtisse au complet.
- Ah, j'ai surpris un petit meeting dans les toilettes.
Comment ça?
- Je suis rentré, il était avec un autre gars, puis je...
je pense qu'ils se passaient de la dope.
- Hein? - Bien, peut-être pas aussi.
- J'ai jamais entendu parler de ça.
- C'est comme pas la place. - J'ai peut-être rêvé.
- J'imagine que c'est comme partout ailleurs.
Le monde consomme dans la société.
Il y en a sûrement qui consomment autant sur la job.
Ah, je sais pas.
Moi, j'aime ça, mon petit spliff, le matin.
On dirait que ça part ma journée.
- Ouais. Ça, t'achètes ça au magasin.
Il y en a partout astheure.
- Il y a pas grand-chose que je peux faire de plus, Stéphanie.
Si je reviens dans le portrait, il va vouloir me tuer.
- Il est trop straight pour faire une affaire de même.
Il faut passer par Éric pour faire mal à Jean.
Quand il est allé le chercher, il l'a sorti de la marde.
Éric était au centre d'un gros scandale.
Si on le menace avec ça,
il aura pas le choix de traverser de notre bord.
- Je t'aime bien, Jean Dumas. T'es mon chum.
Mais il y a personne qui va me faire chanter.
Et là, Stéphanie, elle l'a compris.
T'as pris ça où?
- Ça, tu veux pas le savoir. - Esti que je veux le savoir.
- On s'est branchés sur le téléphone de Cazal.
C'est une application
qui transforme son téléphone en micro.
Tout ce qui est dit autour, on l'entend.
- Puis qui a pris la décision de le mettre sous écoute?
- Je te pose une question, là. - C'est moi.
- Pourquoi? - Pour te protéger.
Me protéger de quoi?
- As-tu entendu l'enregistrement?
Il y a Cazal avec Delphine, avec Stéphanie.
- Tu veux me protéger de Stéphanie? Es-tu sérieux?
Delphine? Cazal, là, tu ris de moi.
Regarde, si tu veux me protéger,
commence par "checker" mon staff,
parce qu'il y en a qui comment à poser des gestes de ti-counes
qui pourraient ternir ma réputation.
Pire que ça, ils pourraient se ramasser en prison.
Tu penses que ça me protège?
C'est quoi, c'est une idée de Me Anthony Dumas, ça?
Je l'engagerais même pas pour me faire annuler un ticket.
- As-tu entendu? - Je m'en fous!
Toi, Éric, là, tu t'es dit que pour les relancer,
la meilleure idée, c'était d'aller voir Stéphanie,
de l'étrangler puis de la menacer de mort?
Elle veut me faire chanter.
- Elle en sait rien de ton histoire!
Elle pense qu'elle sait tout.
Moi, je lui ai conté 3 versions différentes.
Là, Éric, là... Là, tu vas te calmer les nerfs.
Sinon, tu vas finir par me péter une crise de coeur.
Regarde, je sais tout ça, Éric.
Regarde, les meetings avec Cazal,
avec Delphine, avec Stéphanie.
Pas besoin d'une patente à gosse de téléphone
pour savoir ce qui se passe autour de moi, OK?
Là, vous vous mettez à risque,
puis vous me mettez moi à risque.
- Tu savais ça, toi, la discussion entre les trois?
- C'est des mémères qui se content des peurs.
Cazal, il est pas capable de faire rouler sa boîte, puis là,
il veut essayer de m'acheter.
Là, Éric, là...
les quatre au bureau, il va falloir se parler,
parce que ça pourra pas fonctionner comme ça. Hum?
Vous avez le champ libre ici.
Vous pouvez faire ce que vous voulez,
sauf commettre des gestes criminels.
- Mais qu'est-ce que... - Excusez-moi.
Il me semble qu'on a déjà fait ça, là, avant, non?
- Écouter du monde sans mandat? On n'a jamais fait ça.
OK. On n'a jamais fait ça.
- Faites pas d'affaires comme ça sans venir m'en parler avant.
Là, comme vous m'avez mis dans le trouble,
bien, vous n'en parlez plus à personne. Hé!
- Oui? - Qu'est-ce que tu fais, là?
- Bien, de toute évidence, patron Dumas,
ces reproches-là s'adressent pas à moi,
donc je préfère pas entendre.
- Enlève ça, ces écouteurs-là. - Oh non, monsieur.
Quand vous allez être devant le juge, moi,
je vais dire: "Votre Seigneurie,
"pendant que ces 3 gars-là magouillaient,
moi, j'écoutais de la musique, puis de la bonne."
- Asti... Sais-tu quoi?
Ils veulent avoir Intelco? Je vais la leur vendre.
Puis dans un an, ils vont me poursuivre pour vice caché.
Puis toi, là, tu vas m'effacer ça,
cette application-là, puis tout de suite.
Mais ça se peut pas
si tu dis que tu lui as jamais parlé de ça.
Je te jure que non.
Quand tu me parles d'un scandale,
je sais même pas de quoi tu me parles.
Comment j'aurais pu lui dire ça?
Hé, t'écoutais de toute façon.
T'as tout entendu ce qu'on s'est dit, lui puis moi.
OK, il reste toi.
- Moi, j'ai jamais bu de café avec Éric Bonin.
Je lui ai même jamais parlé au téléphone.
- Alors, comment il a su ça? - J'en ai aucune idée, moi.
- Tu voulais le faire chanter avec ça?
D'après ce que tu nous dis, il chantera pas fort.
- Je peux pas le laisser agir comme ça.
- Il va falloir que je rencontre Jean.
si on veut toujours mettre la main sur Intelco.
- Écoute, vas-y,
mais je pense pas que ça servira à grand-chose.
- Je suis pas encore prête, mais dès que je le suis,
je vous appelle pour la marche à suivre.
(sonnette)
- Qu'est-ce que tu fais là?
C'est tellement grossier, ce que tu fais.
- Que tu me détestes, j'ai pas de problème avec ça.
Que tu veuilles pas signer les papiers du divorce,
je comprends ça aussi.
La journée où je me suis marié, je savais que j'allais le payer.
Mais Éric, tu touches pas à ça.
Il vient chez moi,
il m'étrangle et il me menace de mort.
- Il a jamais fait ça. - T'étais pas là.
- C'est ta parole contre la sienne et la tienne vaut rien.
Sors de ma maison.
- Ton ancien chum a essayé de m'assassiner,
puis là, je commence à croire que ton rôle là-dedans
était t'as pas mal plus important.
- Oh non, monsieur! Moi, je t'aurais pas manqué.
Je suis sérieux, Stéphanie.
Laisse Éric tranquille, parce que tu vas la perdre, celle-là.
On verra.
- Tu veux ouvrir une canne de vers?
On va en ouvrir deux.
- Des menaces, c'est tout ce que tu peux faire.
On était encore ensemble, puis tu couchais déjà avec Delphine.
- Tu ramènes toujours ça à toi et moi, hein?
Tu radotes toujours.
Je te parle pas de toi et moi, je te parle d'Éric.
Mêle-le pas à nos histoire.
- Mais il est pas assez gros pour m'étouffer.
T'étais là?
(soupir)
T'as perdu ta famille,
car t'es pas capable de t'occuper de tes enfants.
Mais là, tu vas perdre ton entreprise
parce que t'es pas capable de gérer
ton osti de caractère de marde.
(démarrage de la voiture)
- Elle va me faire perdre le contrôle.
- Oui, je viens de voir Catherine.
Elle avait l'air de bonne humeur.
Le portrait de sa mère.
- Peut-être un peu de son père aussi, hein?
- Là, vous faites pas de vagues pour les 2 prochains jours.
Touchez pas au dossier à Julien Marcoux.
Moi, je m'en vais à Paris rencontrer du monde là-dessus.
Ça risque d'être gros comme dossier.
- Si t'as besoin de quelque chose, appelle.
- Attention, Stéphanie, elle peut être vicieuse.
Tu me dis ça à moi?
Envoye, décolle.
- Quand c'est ton père, on dirait que c'est plus difficile.
Surtout le mien, il a pas de filtre. Il connaît pas ça.
Les mots sortent plus vite que la pensée.
- Ah, un brillant qui pense vite.
Un brillant, je sais pas.
Ça fait quoi, une dizaine d'années
que je travaille pour lui,
il finit toujours par me surprendre.
Il agit, on sait pas où il s'en va, mais à un moment donné:
"Ah, c'est ça qu'il avait dans la tête."
- Anyway. Cheers. - Santé.
Santé.
- Oupelaye! Je dérange quelque chose?
D'après toi?
- Vous perdez votre temps, ma chère. Il est pas sérieux.
Il m'a fait 3 enfants, il m'a dompée là.
- J'ai l'impression que c'est plus moi qui dérange ici.
- Ma soeur. Quand je te disais qu'elle était insupportable...
- Il m'a jamais dit ça. - Lui as-tu dit que t'étais bi?
C'est important qu'elle le sache.
C'est quoi, t'es pour rester?
- Je veux que tu viennes me reconduire à la maison de ferme.
Tu connais le chemin.
- Non, mais je veux pas y aller avec le char de maman.
Je peux prendre le temps de boire un café avec vous.
- Ah, bien, je suis d'accord avec ça.
J'ai l'impression que je vais apprendre plus
qu'en tête-à-tête avec lui.
- Un gars de son âge qui est encore seul,
c'est parce qu'il y a quelque chose qui marche pas.
- Elles rencontrent ma soeur, puis elles se poussent.
(sirènes au loin)
(stridulations)
- Je n'en peux plus de maman. Elle empire avec le temps.
- Ouais. Elle joue un jeu dangereux.
J'ai cru remarquer, oui.
Elle est dans la vengeance par-dessus les oreilles.
Mais dis-lui pas que je suis ici.
Rassure-la, mais sans plus, OK?
- Inquiète-toi pas.
- T'es sûr que ça va pas déranger papa
que je passe quelques jours ici?
- Il part à Paris, de toute façon.
- Mes souvenirs les plus heureux me ramènent toujours ici.
- Te souviens-tu quand on avait passé la nuit
à te chercher partout,
mais t'étais cachée en dessous du lit?
(rire)
- Ouais, je dormais comme une bûche.
Veux-tu rentrer?
- Cinq minutes, je travaille, moi, demain.
Ah!
(respiration haletante)
(respiration haletante)
(respiration haletante)
(cri étouffé)
(respiration haletante)
(respiration haletante)
- Je m'en vais aux toilettes, là.
- Pas besoin d'autant de détails.
(raclement de gorge)
(soupir)
(grincement de la porte)
(exclamation)
- OK, OK, sois gentil, Christian.
Il a peut-être pas fini de pisser, là.
- Il vient de me couper l'envie, en tout cas.
Hé! Qu'est-ce que tu veux, toi, câlice?
- OK, OK, OK, OK, c'est beau, là.
C'est moi qui lui ai demandé.
J'ai entendu une rumeur, hier.
C'est quoi, là?
- T'as l'air à penser que je trafique de la dope ici.
- Je pense rien, moi. - Ah ouais?
C'est pas ça qu'on m'a dit. Hein, Christian?
- Ouais, moi, tu me l'as dit. - J'ai posé une question.
Il y a pas d'arrière-pensée là-dedans.
- As-tu ton portefeuille?
Pourquoi?
- Parce que je veux voir ton portefeuille.
Arrête de poser des questions.
Envoye.
- Prends-le pas personnel, David.
C'est juste qu'on n'aime pas le monde qui pose des questions.
- Ouais, ça, c'est pas mal évident, les boys.
(cliquetis de vaisselle)
(cliquetis de vaisselle)
(cliquetis de vaisselle)
- Ils ont pris son portefeuille pour vérifier ses cartes.
C'est parfait, ça.
Si tout est en ordre, il a pas à s'inquiéter.
Je m'inquiète pas.
C'est juste l'agressivité avec laquelle
ils l'ont plaqué dans le mur.
- Oui, mais on fait pas d'omelette sans casser des...
- Arrête avec tes clichés de mononcle, toi.
Éric Bonin,
vous êtes en état d'arrestation
pour agression et menace de mort.
Vous avez le droit de garder le silence.
Tout ce que vous direz pourra et sera retenu contre vous.
(fracas)
(craquements)
(clapotis du robinet)
- As-tu parlé de notre petite rencontre dans les toilettes?
Ouais. Il était pas content.
J'ai expliqué qu'il posait un peu trop de questions.
- On devrait mettre Samuel Rivard sous écoute.
- Éric Bonin va payer pour toutes vos niaiseries.
C'est le gars le plus fidèle. Tu veux l'envoyer en prison?
- C'est très blessant, ce que tu dis là.
- Tu trouves ça blessant? Attends tout à l'heure.
Ça va faire mal pour vrai.
Sous-titrage: MELS
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