All language subtitles for Petite boutique au coin de la rue, La (Lubitsch - 1940)

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Original subtitles

RENDEZ-VOUS

Voici l'histoire de M.Matuschek

et de ses employ�s.

� l'angle des rues Andrassy

et Balta, � Budapest.

Bonjour M.Pirovitch ! Toujours le premier, hein !

�a te regarde ?

Etre matinal ne fait pas de mal.

� quoi bon ? Qui vous voit ?

Moi ! Et qui me voit ? Vous ! Quel int�r�t ?

Aucune chance d'augmentation !

Que fais-tu avec ce v�lo ? Si Matuschek te voyait ?!

Dites-le-lui ! �a m'est �gal !

Hier soir, vous vous reposiez, je courais pour Mme Matuschek.

"Pepi, va chez mon couturier !"

� peine rentr�: "Pepi, file � la pharmacie !"

Et votre fils ?

Il va mieux ! Le Dr Hegedus est venu.

Il est hors de prix !

Que faire ? Je fumerai moins de cigares !

Ton nouveau renard est �patant !

�a doit �tre cher !

Oh oui ! J'ai beaucoup h�sit� !

Mais je ne pouvais le quitter des yeux. Je me disais:

"Non, je ne peux pas !"

Puis il a dit: "Ach�te-le donc !"

- C'est malin ! - Tais-toi !

Pepi, va m'acheter du bicarbonate de soude !

�a ne va pas ?

�a va ! C'est juste...

Une petite blague ?

Qu'y a-t-il ?

Pas bien r�veill�s ? Regardez-moi !

Je parie que j'ai dormi deux fois moins que vous !

J'ai pass� une nuit formidable !

Ne nous dites pas son nom !

Kralik, as-tu bien d�n� ?

Ah oui ! C'est vrai !

M.Kralik a d�n� avec le patron !

Racontez ! Etes-vous son associ� ?

Ce n'est pas dr�le !

Racontez !

C'�tait une tr�s bonne soir�e !

Tu as d� bien manger !

Imagine !

Mme Matuschek s'est pay� un lifting ?

Je ne sais pas !

Elle faisait quel �ge hier soir ?

Quarante ans !

Elle a eu un lifting !

Je trouve que Mme Matuschek est charmante.

Qui dit le contraire ?

Je n'ai jamais dit qu'elle n'est pas charmante !

Je dis qu'elle est charmante !

Alors, c'�tait bon ?

Sept plats, plus les hors-d'�uvre !

Madame �tait � vos c�t�s ?

Oui ! Et alors ?

- Vous deviez briller ! - J'�tais calme et attentif.

Voici votre bicarbonate !

Du bicarbonate !

Un petit exc�s de foie gras !

Je vois... Il n'�tait pas bon ?

�coutez, Vadas ! Et vous, venez par ici !

Avez-vous entendu ce qu'il a dit ?

Est-ce que j'ai critiqu� ce foie gras ?

J'ai dit: "un exc�s" !

Un "petit" exc�s !

Un "petit exc�s" de foie gras ! C'est tout !

Bonjour M.Matuschek !

Qui a mis cette valise dans la vitrine ?

C'est moi !

Parfait !

Va � la pharmacie

et rapporte-moi du bicarbonate !

Permettez ! Puis-je vous aider ?

Voil�, M.Matuschek !

�coute �a !

Quoi ?

La lettre d'une fille.

"Mon c�ur tremblait en arrivant � la poste...

Vous �tiez l�, dans la bo�te 237.

Je vous ai sorti de votre enveloppe

et vous ai lu, oh mon cher ami !"

Qu'est-ce que c'est ?

Je voulais acheter une encyclop�die.

Que veux-tu dire ?

Un beau jour, on se lasse des caf�s,

des dancings... on veut s'am�liorer.

Par exemple, conna�tre l'art, la litt�rature,

l'histoire, la vie au Br�sil.

Quel rapport avec cette lettre ?

J'ai cherch� une encyclop�die

dans les petites annonces mais je me suis tromp� de page.

J'ai trouv� cette annonce.

Attends ! La voil� !

Lis �a !

"JF Moderne souhaite correspondance culturelle

anonyme avec JH Intelligent et sympathique.

Adr: 'Ch�re Amie', PO 15, BP 237."

Je connais ces annonces.

�a dure depuis quand ?

D�j� quatre lettres !

Ce n'est pas une fille ordinaire.

"Etes-vous petit, grand ? Quelle est la couleur de vos yeux ?

Cela importe peu, si nos esprits se rencontrent."

C'est merveilleux !

N'est-ce pas ?

"La vie est si difficile !

Nous pouvons parler de tant de belles choses.

Pourquoi perdre de pr�cieux moments en parlant de d�tails

futiles et quotidiens."

Que dites-vous de ces bo�tes � cigarettes ? Elles me plaisent.

Ouvrez-la !

Ce n'est pas notre style.

Vous n'avez pas �cout�. �a joue "Les yeux noirs" !

M�me si c'�tait la neuvi�me de Beethoven, je dirais non.

Je n'aime pas l'id�e.

C'est merveilleux de d�cider aussi vite.

Malgr� mes 35 ans de m�tier, il m'a fallu une heure !

Vous �tes g�nial ! Vous en savez plus que moi.

J'arrive !

Mlle Novotni !

Regardez ! Qu'en pensez-vous ? R�pondez franchement !

Je veux votre avis.

Les fumeurs qui aiment "Les yeux noirs" adoreront !

J'irai plus loin...

Les fumeurs deviendront m�lomanes et les m�lomanes fumeurs !

C'est sensationnel !

Qu'en dites-vous, M.Kralik ?

Ce n'est pas raisonnable.

Pour quelle raison ?

Si l'on fume vingt cigarettes par jour,

on ouvre vingt fois la bo�te et l'on entend vingt fois

"Les yeux noirs".

C'est affreux !

De plus, ce n'est pas du cuir et tout va se d�glinguer

sauf la musique !

Je sais bien que c'est du simili-cuir !

Contentez-vous de vendre, moi, j'ach�te !

Un instant ! Les fr�res Miklos, � propos des bo�tes � cigarettes !

Je vous rappelle dans cinq minutes !

Il faut que je r�fl�chisse !

Ce n'est pas une question de prix... mais j'h�site !

Je ne peux pas me d�cider en cinq minutes !

Dans ce cas, c'est non ! D�sol� !

Tr�s beau sac, n'est-ce pas ?

Nous avons d'autres mod�les et des accessoires.

Je ne suis pas venue acheter un sac.

Que puis-je pour vous ?

� vrai dire, je ne veux rien acheter.

C'est parfait !

Faites comme chez vous !

Pourrais-je voir M.Matuschek ?

Il est tr�s occup� !

Je vais l'appeler.

Je vous remercie.

Mais, dites-moi ce que je peux faire pour vous.

Dans la vitrine, vous annoncez des soldes d'�t�.

Nous faisons une remise de 25% sur tous nos articles.

Par exemple, ce poudrier co�tait hier 3,90.

Aujourd'hui, 2,25. N'est-il pas joli ?

C'est une affaire !

Il n'y a que des affaires !

�a doit bien marcher !

Vous avez bien fait de venir t�t.

�a va �tre la bousculade !

Vous aurez besoin d'aide !

S�rement !

Je cherche du travail !

Vous auriez pu le dire avant !

Je suis navr�e ! Pourriez-vous m'aider ?

Il n'y a pas de place.

Vous m'avez dit le contraire.

Jugez vous-m�me !

Excusez-moi !

Combien, cette ceinture marqu�e 2,95 ?

2,95 !

J'ai des r�f�rences.

Je ne peux rien pour vous.

- J'ai de l'exp�rience ! - Il n'y a aucune chance !

J'ai travaill� deux ans chez Blasek et Co.

Et dix mois chez les fr�res Latzki.

M�me si c'�tait chez Mintz...

Je connais la client�le chic.

Notre client�le c'est la classe moyenne !

Chez Blasek et Co. Aussi. Ils me reprendraient volontiers.

Alors, retournez-y !

C'est une autre histoire.

Ce n'est pas moi qui d�cide.

Laissez-moi voir le patron !

Il est de mauvaise humeur.

Je vais le d�rider.

Ch�re petite, depuis 9 ans que je suis ici,

je connais M.Matuschek par c�ur. Je devine

ses r�actions, ses paroles.

M.Kralik !

Excusez-moi...

Juste un instant.

Ainsi, vous me connaissez par c�ur ?

Vous connaissez mes pens�es avant moi ?

Vous �tes devin !

Bonjour, madame. Je suis M.Matuschek.

J'ignore le probl�me,

mais je peux vous dire que le mot "impossible"

n'existe pas chez Matuschek et Co.

Vous me faites plaisir.

J'ai �t� chez Blasek et Co.

Tout est beaucoup plus beau dans mon magasin.

Non, j'y ai travaill�... Je cherche du travail.

Impossible ! Je suis... tr�s occup�.

D�sol� ! Vous perdez votre temps !

Je dois travailler !

Un instant...

Avez-vous essay� chez Baum ?

J'ai frapp� � toutes les portes.

Que vous dire ? Peut-�tre apr�s l'inventaire...

- Quand ? - Dans une semaine.

Un instant, M.Matuschek !

Je vous laisse mon adresse ?

En cas de besoin, vous aurez la priorit�...

Klara Novak, Duna Street, 42.

Appelez-moi au 246-422. C'est l'�picerie en bas.

Dites que vous avez un message pour Klara.

Fermez la porte !

Kralik, vous m'avez mis dans une situation embarrassante.

D�sol� ! Mais ce n'est pas ma faute.

- C'est peut-�tre la mienne ? - Oui.

Qu'avez-vous ? Vous �tes mon plus ancien employ�.

Je vous montre mon estime, je vous invite chez moi.

Je vous suis reconnaissant.

D'une dr�le de fa�on ! Je vous fais confiance,

et vous passez votre temps � me contredire.

Bien ! Dor�navant je dirai "oui".

"Certainement, M.Matuschek !"

Nous avons pass� une bonne soir�e hier ?

Je me suis bien amus�, et vous ?

Oui.

J'en suis heureux.

Le petit po�me que vous nous avez �crit est-il de vous ?

- Moiti�-moiti�. - Comment �a ?

Moiti� Shakespeare, moiti� moi.

J'ai chang� quelques mots pour l'occasion.

J'ai fait rimer le dernier vers avec Matuschek.

Mme Matuschek a beaucoup aim�.

Vous lui avez fait bonne impression.

Mme Matuschek vous appr�cie beaucoup

et j'appr�cie beaucoup Mme Matuschek.

J'ai une cliente pour la bo�te � cigarettes... Combien ?

Voyons, �a nous co�te 2,85.

Avec 5% de...

Je m'en occupe.

Ce n'est pas la peine d'attendre.

Vous serez prioritaire.

Ach�teriez-vous cette bo�te ?

Je ne peux rien acheter en ce moment.

Non... je veux votre avis.

Ne vous laissez pas influencer ! Donnez-moi votre avis.

Aimez-vous cette bo�te ?

Je la trouve jolie.

Pourquoi ?

Je la trouve romantique.

Qu'a-t-elle de romantique ?

Eh bien... les cigarettes et la musique... je ne sais pas.

�a me rappelle le clair de lune...

les cigarettes et la musique.

C'est un avis f�minin...

- Oui ! Mademoiselle... ? - Novak.

C'est combien ?

Disons... 4,25 !

Oui... 4,25.

C'est une affaire !

Bonjour, madame. C'est une belle bo�te, n'est-ce pas ?

Oui... C'est une bonbonni�re, non ?

Oui... une bonbonni�re tr�s originale.

Je vous l'ouvre ?

C'est "Les yeux noirs". Un air tr�s connu.

O� vont-ils chercher �a ?

D�s que vous prenez un bonbon, vous entendez cet air !

Je n'ach�terai jamais �a.

C'est trop idiot !

Je comprends. Pourtant, �a pla�t � certains clients.

Nous en avons vendu pas mal, surtout � des femmes.

Vraiment ?

Nous avons toutes un faible pour les bonbons.

Je ne dis pas �a pour d�nigrer les bonbons.

Nous avons seulement tendance � en abuser un peu.

Savez-vous seulement combien vous en mangez chaque jour ?

Je n'y fais pas attention.

L� est le probl�me ! On en mange un, puis un autre...

et on prend un kilo !

Nos ennuis commencent. Massages, soins...

Je sais !

Voil�, cette bo�te nous met en garde contre les bonbons.

Elle a �t� con�ue dans ce but.

Chaque fois que vous l'ouvrez, ce petit air vous avertit:

"Trop de sucreries, fais attention !"

C'est combien ?

5,50 au lieu de 6,95.

C'est une affaire !

Je la prends.

Qu'en dites-vous ?

C'est bon pour les fumeurs de bonbons qui �coutent les cigarettes !

Ne me laissez pas vous influencer.

Je veux votre opinion honn�te, c'est tout.

Soldes exceptionnels

- J'ai un rendez-vous ce soir. - Avec le patron ?

Non, il ne m'invite plus jamais. Comment le trouves-tu ?

C'est difficile de s'entendre avec lui ces temps-ci.

Il ne me parle plus.

J'esp�re qu'il est de bonne humeur, je lui demande une augmentation.

Une augmentation ?

Puis-je te poser une question indiscr�te ?

C'est confidentiel.

Suppose qu'un type comme moi veuille... se marier ?

Il ne pouvait rien t'arriver de mieux ! Qui est-ce ?

Attends ! J'ai dit "suppose", "un type comme moi"...pas moi !

Il vous faut combien pour vivre, toi et Mme Pirovitch,

- sans parler des enfants ? - Forc�ment.

Disons... temporairement. Combien �a co�te ?

C'est faisable !

Tr�s agr�ablement... Bien s�r, sans extravagances.

Suppose un trois-pi�ces: Salle � manger, chambre, living ?

Trois pi�ces ? Pour quoi faire ? Tu vis dans la chambre.

- O� manges-tu ? - Dans la cuisine. Une grande !

O� re�ois-tu ?

Recevoir ? Tu es ambassadeur ? Qui veux-tu recevoir ?

Les vrais amis viennent apr�s le d�ner !

Comment va votre femme ?

Je n'ai pas appel� le Dr Hegedus !

C'est grave ?

- Non, elle va tr�s bien. - Pourquoi le docteur ?

Si je ne l'appelle pas, il viendra.

Il faut que je t�l�phone. J'esp�re qu'il n'est pas trop tard.

Mlle Novak !

Vous portiez hier un corsage jaune � pois verts.

Vous vous trompez encore ! C'�tait un corsage vert � pois jaunes,

et tout le monde l'a trouv� tr�s seyant.

Je n'ai jamais rien dit au sujet de vos cravates,

pourtant j'aurais pu ! Demandez � M.Vadas !

Ne vous occupez pas de mes corsages !

D�sol� ! M.Matuschek pense que �a me regarde !

Vous �tes mon chef ! Dites-moi chaque matin comment m'habiller !

Mon couturier vous proposera quelques �chantillons !

Je vous y vois !

�a m'est �gal ! Vous pouvez ressembler � un cheval de cirque !

J'ai d�j� assez d'ennuis avec M.Matuschek !

J'ai vendu autant hier que n'importe qui d'autre.

L'avez-vous dit � M.Matuschek ?

Il a dit: "Dites-lui de ne plus porter ce corsage !"

- Dites-lui que c'est d'accord ! - D'accord !

Je l'ai attrap� au vol. J'ai �conomis� cinq pengo. �a compte !

Cette cravate convient, n'est-ce pas ?

Tr�s bien ! Qui est la fille ?

Celle � qui j'�crivais !

Ah oui... la "correspondance culturelle" !

Nous avons fini par parler d'amour... sur un plan tr�s culturel !

Comment faire autrement, par lettre ?

C'est une fille merveilleuse !

Elle est belle ?

Elle a un id�al tellement �lev� ! Elle est au-dessus de tout cela.

Alors, elle n'est pas belle !

Ne dis pas �a !

L'important c'est qu'elle te plaise.

- J'esp�re ! - Comment �a ?

Tu l'aimes et tu ne sais pas si elle te pla�t ?

Je ne l'ai jamais rencontr�e.

Tu ne l'as jamais vue ?

Je recule toujours.

J'ai peur.

Elle pense que je suis l'homme le plus merveilleux du monde.

Si je la d�cevais ?

�a se pourrait !

Tu peux aussi �tre d��u !

Je n'ose pas y penser.

Pirovitch, as-tu d�j� touch� une prime ?

Une fois.

Le patron te tend l'enveloppe.

Tu ne veux pas l'ouvrir.

Tant qu'elle est ferm�e, tu es millionnaire.

Tu recules... Mais tu ne peux reculer sans cesse.

Je la vois ce soir � 20 heures 30, dans un caf�.

Un �illet rouge ?

Oui. Comme marque-page dans "Anna Kar�nine" !

J'en porte un � mon revers. Je ne dors plus !

Elle est s�rement tr�s belle.

Pas trop, quand m�me ! Comment un type comme moi... ?

Que veux-tu, une fille ordinaire ?

Touche du bois pour moi.

Une fille moyennement belle ! Je n'en demande pas plus.

Merci, mon brave ! Bonjour tout le monde.

Tenez, mon brave !

Gardez la monnaie ! Pour les �tudes de votre fils.

Vos t�tes d'exploit�s se demandent o� je trouve tout cet argent.

Je ne me demande rien du tout.

- Comment ? - Je ne me demande rien.

Cette vitrine est affreuse. C'est la pire de la rue.

Un miracle que les clients viennent. Nous la referons ce soir...

apr�s la fermeture.

Il faudra que j'y �chappe !

C'est sans espoir !

J'ai un rendez-vous important � 20 heures 30. Je dois passer chez moi me changer.

Ilona, as-tu remarqu� mon corsage vert ?

Avec des pois jaunes ? Il est �blouissant.

Tu me fais plaisir ! Je vais le mettre ce soir.

Bonjour ch�rie. Tu dormais, je n'ai pas voulu te d�ranger.

Tu es rentr�e tard hier soir. Tu avais besoin de dormir.

Je ne suis pas f�ch�. Tu t'es bien amus�e ?

Le reste n'a pas d'importance, n'est-ce pas ?

Quoi ? Mille pengo ?

Je ne comprends pas... lundi dernier, je t'ai donn�...

Je ne me plains pas. �a fait beaucoup d'argent.

Bien. Je l'enverrai d�s que possible. Au revoir !

- Qu'y a-t-il ? - Je voudrais vous parler.

C'est important ?

C'est important pour moi.

Est-ce important pour Matuschek et Co. ?

Pas exactement.

Je suis occup�. Vous me verrez plus tard.

Excusez-moi !

Qu'y a-t-il encore ?

Ces temps-ci, votre attitude � mon �gard a chang�.

Vraiment ?

Je ne comprends pas. Apr�s tout, je fais mon travail.

Et vous �tes pay� ?

Chaque mois ?

Alors, tout est en ordre, non ?

L'as-tu vu ?

Je n'en peux plus.

Que me veut-il donc ? Il me rabroue sans cesse.

Tu es son plus ancien employ�.

La belle raison !

C'est pareil avec moi. Il m'a trait� d'idiot.

Que faire ?

J'ai dit: "Oui, M.Matuschek, je suis idiot."

Je ne suis pas fou.

Il doit avoir des ennuis dans son travail ou avec sa femme.

C'est vrai, Pirovitch ? Il a des ennuis avec sa femme ?

�a ne me regarde pas. Je parlais � Kralik.

Je ne sais rien. Laissez-moi !

Ne t'emballe pas ! Des millions de gens sont au ch�mage.

- Je trouverai du travail n'importe o�. - Tu crois �a ?

J'essaierai. Je ne suis pas un l�che. Je n'ai pas peur.

Moi, si !

Moi, si !

Je n'en ai pas.

R�fl�chis !

Ces lettres �taient belles, non ?

Devrai-je aussi travailler ce soir ? Je suis un enfant.

Tu pourras partir.

Vraiment ?

Je r�glerai �a avec M.Matuschek.

Puis-je vous aider ?

J'ai rang� les sacs l�-haut... comme vous le vouliez !

Je suis contente que �a vous plaise. Dites-moi quand �a ne va pas.

Mon avis vous int�resse ?

J'aime vous faire plaisir et vous �tes mon chef.

Inutile de le r�p�ter !

Ce n'est pas mon intention.

Ind�pendamment de ce que je pense de vous, je crois que l'on s'enrichit

� votre contact.

Comment �a ? Que pensez-vous de moi ?

Eh bien, puisque vous le demandez...

qu'importe l'avis des autres, vous �tes un gentleman.

J'essaie.

Vous n'avez pas id�e de ce qu'une vendeuse doit subir parfois.

Chez Foeldes Fr�res et Fils,

les fils �taient parfaits, mais les fr�res... Je me plais ici !

Quand vous me dites: "Allons � la r�serve ranger des sacs",

vous voulez vraiment ranger des sacs. C'est �a, �tre un gentleman.

Il ne faut pas m�langer les sacs avec le plaisir.

- � propos du corsage... - Il le fallait !

Je vous remercie de l'avoir fait.

Au fond, vous avez raison. Ce corsage �tait affreux.

Non, pas affreux !

Je ne voulais pas l'admettre. Nous les femmes n'aimons pas

reconna�tre nos erreurs. C'est notre charme.

Vous vous montrez enfin sens�e. Quel changement !

Je sais.

Continuez, �a ira mieux entre nous.

Merci, M.Kralik !

Je vous en prie.

Je pensais mettre cet affreux corsage ce soir pour un rendez-vous...

Ce soir ? Nous devons rester pour refaire les vitrines.

J'avais oubli�.

Pourriez-vous vous passer de moi ? Matuschek me laisserait partir.

Voil� donc pourquoi je suis un gentleman !

- Comment �a ? - Vous voulez votre soir�e.

Il le faut.

Pas de chance ! Je suis presque tomb� dans le panneau !

Il le faut. C'est important !

Pendant six mois vous me contrariez et vous avez le culot...

Vous n'avez pas �t� chic avec moi.

Tout ce que je fais vous d�pla�t: Mes paquets, mes suggestions...

Il faut tout faire � votre gr� et vous n'�tes jamais content.

� mon arriv�e, j'�tais pleine de vie et d'ardeur.

Je ne suis plus rien.

Vous m'avez �t� ma personnalit�. Vous �tes un dictateur !

�coutez, si un jour je n'ai plus besoin de travailler,

je vous dirai ce que je pense de vous ! Mon corsage est tr�s beau !

Je ne vous aime pas !

Puis-je vous parler ?

Qu'y a-t-il ?

Pourriez-vous me donner ma soir�e ?

Voyons... Nous avons besoin de trois personnes pour la vitrine A.

Pouvez-vous vous passer de Mlle Novak ?

J'aimerais vous parler un instant.

- Vous voulez partir aussi ? - J'aimerais beaucoup...

Tout le monde veut partir. C'est l� votre int�r�t pour ma boutique ?

Une fois par an je vous demande de rester...

Si vous m'aviez pr�venu hier...

La prochaine fois, je vous enverrai un faire-part !

J'ai parl� avec M.Kralik, je connais ses id�es,

Mlle Novotni et moi pouvons arranger la vitrine.

Vous ai-je demand� votre avis ? Vous discutez avec M.Kralik ?

� qui est ce magasin ?

Vous voulez votre soir�e, M.Kralik ?

Bien ! Nous nous passerons de vous.

Je ne vous demande jamais de faveur. Si c'�tait moins important...

Vous avez votre soir�e ! Vous faut-il aussi une fanfare ?

- Vous �tes injuste. - Moi, injuste ?

Une fois par an, je demande � six personnes - six !

En face, c'est plus grand, et ils sont quatre !

Bonjour, madame. Puis-je vous �tre utile ?

Avez-vous des sacs de voyage � fermeture �clair ?

Oui. Toutes sortes de sacs de voyage !

Merci ! Je fais du l�che-vitrine pour mon mari. Il viendra demain.

Je serai ravi de le servir.

Merci. Bonne journ�e.

Six personnes qui passent leur temps � blaguer

et � parler de films pendant que je paie le gaz,

le loyer, la lumi�re, les taxes et leurs salaires !

Bonjour ! Matuschek et Co. ! Quoi ?

Un instant...

M.Pirovitch !

Maman ! Je t'ai appel�e.

Ce soir, nous d�corons la vitrine,

nous ne pourrons d�ner avec les Laszlo. N'est-ce pas merveilleux ?

Au revoir maman !

Six personnes � qui je demande une fois par an d'avoir la bont�

de refaire une vitrine et vous avez le culot, M.Kralik,

le plus ancien employ�, qui devrait donner l'exemple...

Vous m'avez parl� sur ce ton hier. Qu'avais-je fait ?

Toute la semaine vous m'avez trait� de la sorte, sans raison.

Sans raison ? J'ai peut-�tre mes raisons.

� l'�vidence, vous �tes m�content de moi.

� vous d'en juger !

Il n'y a qu'une chose � faire.

Restons-en l� !

Il est ici !

Mme Matuschek au t�l�phone !

Non, je ne rentre pas ce soir. Bien... tr�s bien.

Je... l'envoie tout de suite !

Donnez � Pepi une enveloppe contenant 1000 pengo pour Mme Matuschek.

Pepi est en livraison. Il ne rentrera qu'apr�s d�jeuner.

M.Kralik et moi d�jeunons chez Farago,

� deux pas de chez vous. Nous pouvons la porter.

Non merci, M.Kralik.

Je n'aime pas interrompre votre d�jeuner, mais...

Je vous en prie. Ce sera un plaisir.

M.Kralik, venez � mon bureau, j'aimerais vous parler.

J'ai pens� toute la journ�e � ce que vous avez dit ce matin.

Je suis d�sol� ! Je me suis emport�.

Non, non... vous aviez raison.

Je... pense que vous seriez plus heureux ailleurs.

Vraiment, monsieur ?

J'en suis s�r.

Je pense qu'il n'y a rien � ajouter.

Vous avez naturellement droit � un mois de salaire.

Cela fait 200 pengo. C'est exact, n'est-ce pas ?

Signez ce re�u.

Et voici une lettre

qui vous aidera � trouver un emploi.

Merci, monsieur !

Bien... nous n'avons plus qu'� nous dire au revoir.

Alors ?

Que s'est-il pass� ?

"� qui de droit,

je certifie que M.Kralik a quitt� son emploi de son plein gr�.

Il a d�but� chez Matuschek et Co. Il y a neuf ans, comme apprenti.

Gr�ce � son z�le, il est devenu vendeur.

Depuis cinq ans, il est premier vendeur.

C'est un homme s�rieux, efficace et d�brouillard.

Nous le recommandons sans r�serve.

Il emporte avec lui tous nos v�ux de succ�s pour sa future carri�re."

Je ne peux pas y croire. Il n'y a aucune raison.

Un patron n'a pas � donner de raisons. Un des avantages du m�tier...

Pour ce qui est de ma soir�e,

c'est fichu !

Tu n'y vas pas ?

Je ne pourrais pas !

Ce matin, j'avais une situation, un avenir...

J'ai peur d'avoir exag�r� dans mes lettres.

Je me suis fait mousser et elle s'attend � un homme important.

Je ne me sens pas d'humeur � jouer � l'homme important.

Mon cher Kralik, c'est pour nous tous un choc

et une surprise.

Nous perdons un merveilleux coll�gue. Bonne chance !

Kralik, nous nous reverrons bient�t.

Si un soir tu n'as rien � faire, tu connais mon adresse.

Tr�s bien, Pirovitch. Au revoir !

Ilona, vous allez me manquer.

Je ne comprends pas.

Il y a chaque jour des gens qui se font renvoyer.

Flora, dans mon livre de compte j'ai oubli� un "5",

mais je l'ai d�duit du total.

Si par ma faute, vous n'avez pas votre soir�e, excusez-moi !

Je suis responsable de tous vos ennuis.

Croyez-moi ! Je suis d�sol�e.

Nous ne nous entendions pas

mais en ce moment on ne souhaiterait pas le ch�mage...

...� son pire ennemi, hein ? - Je n'ai pas dit �a !

Cessons de nous quereller. Au revoir.

�a y est ? Comment avez-vous fait si vite ?

Venez tout de suite. Je vous attends.

Rentrez tous chez vous ! Nous finirons demain.

Excusez-moi ! Bonsoir !

Bonsoir ! Mme Hojas ?

Lci M.Pirovitch, un ami de M.Kralik.

Je sais, il n'est pas l�. Dites-lui quand il rentrera,

que nous ne travaillons pas ce soir et que j'arrive. Merci !

�a ne vous ennuie pas ? Il ne doit pas avoir le moral ce soir.

Ce que vous faites apr�s le travail ne regarde que vous.

Merci, monsieur.

Vous n'auriez pas chang� d'avis, par hasard ?

Vous avez votre soir�e ! Rentrez chez vous !

Pourquoi avez-vous laiss� partir votre meilleur employ� ?

Je vous pr�viens, M.Pirovitch !

Il a pass� sa vie ici. C'�tait presque votre fils.

Vous �tiez si fier de lui. Vous l'invitiez souvent chez vous.

M.Pirovitch, vous tenez � votre travail ?

Oui, j'ai une famille, deux enfants.

Occupez-vous de vos affaires et rentrez chez vous.

Excusez-moi. Je ne suis pas s�r d'avoir bien transmis le message.

Mme Matuschek voudrait que vous lui t�l�phoniez

si vous ne travaillez pas ce soir.

Vous me l'avez dit.

Je n'avais pas eu le plaisir d'aller chez vous

depuis que vous m'aviez envoy� chercher votre porte-documents.

Aujourd'hui, j'ai aper�u votre nouvelle salle � manger.

D�licieux, vraiment ! J'imagine toutes les lumi�res allum�es...

pour une r�ception.

�blouissant !

Merci, Vadas.

Alors, c'est vrai ?

J'en ai peur ! Nous avons l� un rapport

�tabli par deux hommes de confiance sur Mme Emma Matuschek.

"Le 6 d�cembre, Mme Matuschek a quitt� son domicile,

rue Vales, � 20 heures 45.

Deux rues plus loin, rue Karto, elle a pris un taxi.

� 21 heures 03, le taxi l'a d�pos�e � l'angle des rues Trantor et Bralter.

L�, elle a retrouv� un jeune homme."

Vos soup�ons �taient fond�s. C'est un de vos employ�s.

Nos hommes l'ont identifi�: C'est M.Vadas.

Ferencz Vadas. 56, place du Danube.

Cet homme travaille bien chez vous ?

Vingt-deux ans de mariage !

Pendant vingt-deux ans, j'ai �t� fier de ma femme.

Elle n'a pas voulu vieillir avec moi.

Envoyez-moi votre facture, que je vous r�gle.

Non, Mme Matuschek, ici c'est Mlle Kaczek.

Bonsoir. Qui... ? Pepi ?

Pepi n'est pas rentr�... Je comprends.

Il fait des courses pour vous.

Vraiment ? Il a oubli� une bouteille de parfum chez Chabot ?

Incroyable ! Je vais passer un savon � ce petit vaurien !

Bonne soir�e, Mme Matuschek.

- Ne faites pas �a ! - Va-t'en !

Entre donc, Kralik ! Tu devrais aller � ce rendez-vous.

Rends-moi ce service. D�pose mon message.

Tr�s bien !

Je ne veux pas savoir � quoi elle ressemble.

Si elle est laide, j'ai eu assez de coups durs aujourd'hui.

Si elle est belle, ce sera pire.

Quel est le titre du livre ?

"Anna Kar�nine" de Tolsto�.

Avec un �illet rouge comme marque-page.

Je regarde ! Un instant !

- Tu vois quelque chose ? - Pas encore !

Il y a une jolie fille !

- Vraiment ? - Tr�s belle...

Mais pas de livre !

Attends... je la vois ! Sous la fen�tre.

Oui ! "Anna Kar�nine" de Tolsto�.

C'est bien �a !

Et un �illet !

Son visage est cach� par un porte-manteau.

Il y a une tasse de caf� sur la table.

Elle prend un g�teau... Elle le trempe dans son caf� !

Et pourquoi pas ?

Elle se penche en avant.

Tu la vois ?

- Elle est jolie ? - Tr�s jolie !

Je dirais qu'elle ressemble...

qu'elle a la couleur de cheveux de... Klara.

Klara... ? Mlle Novak du magasin ?

Tu dois reconna�tre qu'elle est tr�s jolie.

Je l'ai toujours trouv�e sympathique.

Ce n'est pas le moment de parler de Mlle Novak !

Si tu n'aimes pas Mlle Novak, tu n'aimeras pas cette fille.

- Pourquoi ? - C'est Mlle Novak !

Est-ce que je donne ton message au serveur ?

Tu vas laisser cette pauvre fille attendre ?

Mlle Novak peut attendre ! Depuis six mois, elle me fait la guerre.

Mais elle t'a �crit ces lettres, mon ami !

Quelle malchance !

Puis-je prendre cette chaise ?

Non. J'attends quelqu'un. Il ne va pas tarder !

Tr�s bien !

Un �illet !

L'autre jour, c'�tait une histoire avec des roses !

�a a tr�s bien march� !

Il y a trois mois, c'�tait une triste histoire... avec des gard�nias.

Elle a attendu en vain.

En balayant, nous avons trouv� un autre gard�nia sous une table.

L'homme �tait venu, l'avait vue et avait jet� son gard�nia.

Votre pendule avance ? Ma montre indique 20 heures 27 et non 20 heures 31.

Ne vous inqui�tez pas ! Une belle fille comme vous !

S'il ne vient pas, c'est moi qui porterai un �illet.

Quel hasard ! J'ai aussi rendez-vous ! Avez-vous vu Pirovitch ?

Je vais attendre. Puis-je m'asseoir ?

Impossible ! Voyez-vous, j'ai moi aussi rendez-vous !

Je m'en souviens.

Votre ami est un peu en retard !

Votre mauvaise journ�e vous rend amer. Ce n'est pas une raison...

Moi, amer ?

De quitter Matuschek et Co. ? Je n'ai eu qu'� prendre le t�l�phone,

en cinq minutes, j'ai eu deux propositions.

Bravo ! Je vous souhaite bonne chance !

Je vois que vous lisez "Anna Kar�nine" !

�a vous ennuie ?

Je ne pensais pas vous trouver dans un caf� avec Tolsto�.

J'ignorais votre go�t pour la litt�rature !

Vous savez peu de choses sur moi, M.Kralik.

Avez-vous lu "Crime et Ch�timent" de Dosto�evski ?

- Non. - Moi, si !

Vous savez peu de choses sur moi, Mlle Novak. En fait...

nous ignorons beaucoup l'un de l'autre.

En grattant la surface des choses, on trouve des v�rit�s cach�es.

Je me soucie peu de gratter votre surface ! Je suis s�re de trouver

un sac � main pour c�ur,

une valise pour �me

et pour intelligence un briquet

qui ne marche pas.

Voil� qui est joliment tourn� !

Comparer mon intelligence � un briquet en panne !

C'est un tr�s int�ressant m�lange

de po�sie et de bassesse.

Comprenez-moi bien ! Je cherche � vous faire un compliment !

Je vous en prie, M.Kralik ! Je vous l'ai dit, j'attends quelqu'un.

Si votre homme ne se montre pas, je...

Il va se montrer ! Inutile de me tenir compagnie !

Avez-vous lu "Madame Bovary" de Zola ?

Ce n'est pas de Zola. Vous �tes encore l� ?

Vous cherchez � g�cher ma soir�e ? Pourquoi me ha�ssez-vous ?

- Je ne vous hais pas. - Vous m'aimez, peut-�tre ?

Vous n'avez rien fait pour que je vous aime.

- Je ne veux pas que vous m'aimiez. - Moi non plus !

Savez-vous ce que cet air me rappelle ?

Des bo�tes � cigarettes invendues !

Il me rappelle une fille sans travail,

une fille tr�s gentille, pensais-je.

Vous pensiez cela ! Quel menteur !

C'�tait avant que vous ne commenciez � me ridiculiser !

Et je profite de cette occasion

pour vous dire que je ne suis pas du tout bancal !

- Vraiment ? - Non !

On m'a dit le contraire.

M.Vadas m'a assur� que vous portez des pantalons sur mesure.

Mensonges ! Vous l'avez cru ! Je n'ai jamais �t� chez un tailleur.

Bancal ! Venez voir, je vais remonter mon pantalon !

Vous ai-je reproch� vos mains rouges ?

Bien s�r !

Parce que vous aviez ri de mes jambes !

Mes mains ne sont pas rouges !

Non, depuis que je vous l'ai dit !

Si vous avez de belles pens�es, vous les cachez bien !

Dans les faits, vous �tes hargneuse, comme une vieille fille.

Vous aurez du mal � trouver un homme !

Je suis une vieille fille ?

Personne ne m'aimera ?

Vous �tes de plus en plus dr�le.

Je pourrais vous montrer des lettres... Vous ne comprendriez pas !

Celui qui les a �crites vous est tellement sup�rieur !

�a me fait rire, que vous me traitiez de vieille fille !

Vous, un moins que rien !

C'est une d�pression nerveuse. Qu'en pensez-vous, docteur ?

Cela semble une manifestation �pilepto�de et multiphobique

dominante neurasth�nique...

C'est plus cher qu'une d�pression ?

Excusez-moi, M.Katona.

Quelle est votre fonction chez Matuschek et Co. ?

Je dirais que je fais le lien

entre Matuschek et Co. Et les clients... � bicyclette !

C'est-�-dire coursier ?

Vous ai-je trait� de trafiquant de drogues ?

Comment va-t-il ?

Merci d'avoir r�pondu � mon coup de t�l�phone.

C'est s�rieux ?

�a m'a fait un choc. Je n'en reviens pas. Gardons le secret !

Ce que je vous ai dit au t�l�phone doit rester entre nous.

Merci d'�tre venu, Kralik.

Asseyez-vous !

Vous... souvenez-vous du dernier d�ner chez moi ?

Je vous ai dit que si tout allait bien,

je prendrais du temps pour moi,

et vous nommerais g�rant vers No�l.

Je m'y vois contraint !

Accepteriez-vous de retravailler pour moi, apr�s... ?

N'y pensez plus !

Comment ai-je pu ne plus vous faire confiance ?

Je vous d�testais... Je ne supportais plus votre pr�sence.

Voil� o� peut mener la jalousie !

C'est fini, maintenant.

La premi�re lettre anonyme que j'ai re�ue m'a fait rire.

Ma femme rencontrant en secret l'un de mes employ�s !

Ma femme !

Comment avez-vous pu me soup�onner ?

Vous �tiez le seul de mes employ�s � �tre venu chez moi

et � envoyer des fleurs � ma femme.

Je sais bien, mais une fois que ce poison a atteint votre esprit...

Essayez de comprendre.

Je comprends.

Voici les cl�s de Matuschek et Co.

Merci, monsieur.

Que dois-je faire de M...

Vadas ? Renvoyez-le aussi discr�tement que possible.

Pas de scandale ! N'abordez m�me pas le sujet avec lui.

Ne nous abaissons pas.

Ce sera le plus grand No�l de l'histoire de Matuschek et Co.

J'en suis s�r.

Maintenant que vous �tes le patron,

si vous voulez vous augmenter... !

Si mes pr�tentions ne sont pas excessives, je le ferai !

Merci, monsieur.

- F�licitations ! - Merci !

Comment te remercier ? Tu m'as sauv� la vie.

C'�tait un plaisir.

Vous savez o� me trouver. Je ne suis toujours que le coursier !

Autrement dit, tu aimerais �tre vendeur ?

Je ne le dirais pas comme �a !

- Quand j'irai mieux... - Vous pourriez changer d'avis.

Et qui sait quand vous sortirez d'ici !

Ce n'est pas une d�pression nerveuse ordinaire.

Bon, tu es vendeur ! Va-t'en !

Merci, M.Matuschek.

Mon cher Kralik, au nom de tous, sinc�res f�licitations !

Quel soulagement ! Nous voil� de nouveau en famille !

Soyez assur� de ma collaboration. Je vous souhaite le succ�s et...

C'est vrai ! D�sormais, vous aurez un bureau ?

Vous le m�ritez, mon gar�on.

Belle bague, hein ?

J'ai eu de la chance hier soir !

Vrai diamant... Un cadeau de ma grand-m�re !

Je suis un bon gar�on, on me donne des diamants !

J'ai des id�es originales pour la nouvelle vitrine...

Merci, nous allons nous en occuper.

Vous voyez les grosses valises tout en haut de la r�serve ?

Oui, les noires ?

Et les grosses valises marron.

Tout en bas ?

Mettez les grosses valises noires sur l'�tag�re du bas

et les grosses valises marron sur l'�tag�re du haut.

- Mais, vous... - Vous refusez ?

Pas du tout ! Je vais le faire. Je suis un bon soldat !

Allez-y donc !

312-683, s'il vous pla�t !

Agence Atlas ? Ici M.Katona de chez Matuschek et Co.

Nous cherchons un coursier, bonne �ducation, bonne sant�,

bonne famille, bonnes mani�res.

Envoyez-m'en quatre ou cinq, je choisirai. Tout de suite !

Qu'ils demandent M.Katona, service des ventes.

Parfait !

Vous ne m'avez jamais vu ?

Qui t'as permis ?

Oui, qui a fait �a ?

Je ne peux pas tout d�voiler. J'ai donn� ma parole d'honneur.

Mais sans moi, cet endroit serait ferm� pour cause de suicide !

Oui, Mme Matuschek !

�coutez �a, les gars !

Oui, c'est Pepi !

C'est exact !

Je ne vous ai pas apport� votre flacon de parfum ?

Vous ne l'aurez jamais ! Qu'en dites-vous ?

Le temps du parfum est fini pour vous, madame !

C'est bien Pepi !

Vous voulez parler � M.Matuschek. Je regrette !

Il est mont� en ballon avec deux blondes !

�coutez bien !

Vous ne voudriez pas parler � M.Vadas, par hasard ?

Pensez-en ce que vous voudrez !

Vous m'avez demand�, chef ?

Je suis inquiet. Allez-vous vous sentir � l'aise sous les ordres

d'un homme plus jeune ?

Il faut vivre avec son temps !

Vous �tes tr�s bien. Je vous tire mon chapeau.

Assez de d�tours ! Nous ne nous sommes jamais entendus.

- Vous croyez ? - Soyez franc, je ne vous plais pas.

Moi... ?

Un instant. Vous �tes le patron, c'est vrai.

Mais je ne vais pas jouer les b�ni-oui-oui !

Je vais vous contredire. Vous me plaisez ! Qu'y a-t-il d'autre ?

Vous ne me plaisez pas !

C'est votre droit !

Merci d'�tre franc ! Il ne me reste qu'� vous faire changer d'avis.

Vous savez, ce ne sera pas tr�s difficile.

Voulez-vous entendre une bonne blague ?

Oui, c'est bien Matuschek et Co. Qui... ? Johanna ?

Vous appelez de la part de Mlle Novak. Qu'y a-t-il ?

Rien de grave, j'esp�re.

Tant mieux !

Qu'elle ne s'inqui�te pas ! Qu'elle ne vienne pas aujourd'hui !

Il n'y a pas d'urgences. Qu'elle prenne bien soin d'elle !

Vraiment, quelle merveilleuse attitude !

Pourquoi ?

Je ne suis pas aveugle. Tout le monde est d'accord avec vous, sauf Mlle Novak.

Ne la m�lez pas � �a !

Comprenez-moi bien !

Je n'ai rien contre elle, bien au contraire !

Mais elle va parfois un peu loin, non ?

Plus un mot sur Mlle Novak ! Je l'appr�cie, c'est une bonne vendeuse.

Taisez-vous !

Vous ne comprenez pas... Je suis d'accord avec vous.

Je m'en moque ! Vous �tes vir� !

Je suis vir� ?

Fichez le camp ! Sale faux-jeton ! Coureur de jupons !

Vous avez entendu ?

Vous �tes t�moins. Il m'a trait� de coureur de jupons !

Je vous ai dit de partir !

Ne poussez pas !

De quel droit ? M.Matuschek est-il au courant ?

Non ! Qu'en dites-vous ?

Je suis le g�rant et vous ne travaillez plus ici.

Vous �tes le g�rant ? Donnez-m'en la preuve, noir sur blanc !

Noir sur blanc ? La voil� en bleus !

Tr�s bien !

Coups et blessures ! Vous verrez mon avocat ! Et mon salaire ?

Donnez-lui son salaire.

Le voici !

Tout est pr�t !

Pas de temps � perdre !

Vos v�tements.

J'ai droit � une lettre de r�f�rences.

J'oubliais ! Flora, �crivez !

"� qui de droit,

M.Vadas a travaill� chez Matuschek et Co. Pendant deux ans.

En qualit� d'escroc, de fauteur de troubles et de rat !

S'il ne d�guerpit pas, il va se faire rosser !

Cordialement. A.Kralik, g�rant."

Vous devez �tre surprise de me voir ici.

Je suis heureuse que vous ayez repris votre poste. F�licitations !

�a n'allait pas ?

�a va mieux, merci. Je voulais voir M.Matuschek.

Le voici ! Je suis M.Matuschek.

M.Kralik, ne plaisantez pas ! Pas aujourd'hui !

Vous me tourmenterez plus tard !

Je ne sais que dire.

M.Matuschek n'est pas l� et c'est moi le g�rant.

N'avez-vous pas de c�ur ? Je ne me sens pas bien.

Tout tourne autour de moi !

Je vous pose une question simple et, sans �gards pour moi,

vous cherchez � me faire peur.

Excusez-moi !

All�, M.Foeldes...

Bien, merci. Oui, c'est arriv� ce matin.

C'est exact ! M.Matuschek sera absent quelque temps.

Bien... s'il vous pla�t ! Je ne suis pas encore propri�taire.

Je ne suis que le g�rant...

Pardonnez cette intrusion !

Je me sens plus ou moins comme le p�re de notre petite famille.

Comment allez-vous ?

�a va aller. Asseyez-vous.

No�l approche,

vous allez s�rement nous manquer. R�tablissez-vous vite.

�a ira mieux dans un jour ou deux.

Mais ce n'est pas une raison pour vous n�gliger.

Je suis s�rieux, je me sens responsable de tout �a.

- Vous ? - Oui.

Non, rassurez-vous.

Ce n'est pas votre faute. C'est une raison plus importante,

malheureusement.

Appelez un docteur !

C'est inutile.

Mon mal est de nature... psychologique.

C'est un probl�me personnel et je m'en sortirai.

Je suis d�sol� que vous ayez � subir tout cela !

Si c'est seulement psychologique, vous...

"Seulement psychologique" !

Nous sommes dans la m�me pi�ce, mais pas sur la m�me plan�te.

Mlle Novak, bien que je fasse les frais de votre remarque,

je ne peux qu'admirer la d�licieuse fa�on dont vous vous exprimez.

Vous savez remettre les gens sur leur plan�te !

Tante Anna a quelque chose pour toi.

Qu'elle entre !

M.Kralik, de Matuschek et Co.

- Enchant�. - Bonjour.

- De bonnes nouvelles ? - Je te la lirai !

Merci d'�tre venu, mais je ne veux pas g�cher votre soir�e.

Je n'ai rien pr�vu. Lisez votre lettre.

Ne vous d�rangez pas pour moi.

Si �a ne vous fait rien !

Bonnes nouvelles ?

Tr�s bonnes.

Je peux vous assurer que je serai sur pied demain.

Je vendrai plus que jamais !

Eh bien ! Quel changement !

C'est incroyable, ce qu'une lettre peut faire !

Si je n'�tais pas heureuse, je vous en voudrais.

Moi ? Pourquoi ?

Vous avez g�ch� mon rendez-vous l'autre soir.

J'avais raison de ne pas vous vouloir � ma table.

Il est venu, nous a vus ensemble et n'a pas compris.

- Il nous a cru amis ? - S�rement, �coutez !

"Soyez franche.

Vous me le devez. Qui �tait ce s�duisant jeune homme ?

Il est d'un genre qui pla�t aux femmes."

Je suis navr�.

�a va s'arranger. Un peu de jalousie ne lui fera pas de mal.

Votre ami ne se conduit pas comme un homme !

Il s'en va... Il a peur d'un autre homme.

Ce n'�tait pas par peur, je vous l'assure ! Il est d�licat !

Sensible !

Il n'est pas du genre � s'imposer.

C'est difficile de vous parler d'un homme comme lui.

Vous dites noir, il dirait blanc.

Vous dites affreux, il dit beau...

Vous dites vieille fille, il dit:

"Yeux brillants de feu et de myst�re...

Vivante...

Fascinante."

Je lui rappelle la musique tzigane.

� propos de musique tzigane, nous avons eu des ennuis

avec ces bo�tes "Les yeux noirs" !

Quelle importance ?

L'une de ces bo�tes est vendue !

Je viens d'avoir l'id�e d'en offrir une � mon ami pour No�l.

Vous prenez un risque terrible !

Offrez-lui donc un portefeuille !

Je suis s�r qu'il adorera.

C'est tr�s pratique et nous en avons re�u en peau de porc.

Je n'en veux pas.

Je vous fais un prix !

Non, je regrette.

Vous savez, outre son aspect pratique...

un portefeuille, c'est tr�s romantique.

D'un c�t�, il a votre derni�re lettre, de l'autre, votre photo.

Il l'ouvre et vous voil� !

Il ne veut pas d'autre musique.

M.Kralik, vous me surprenez !

C'est tr�s bien dit !

Je reconnais que c'est tr�s beau.

Mais ce sera une bo�te � cigarettes !

Bien... je n'ai rien � ajouter.

Je vous souhaite un bon No�l � tous les deux.

- Tu as vu l'heure ? - Plus de huit heures.

- Tu es encore l� ? - Je...

Ne discute pas, �coute !

Aujourd'hui, tu dois te d�p�cher. C'est la veille de No�l.

- J'en demande trop ? - Non !

Parfait !

J'ai de bonnes nouvelles.

M.Matuschek va beaucoup mieux.

Merveilleux ! On va le voir ?

Allons-y tous avec un cadeau !

J'ai une id�e. Offrons-lui un arbre de No�l !

C'est tr�s gentil, mais je crois que notre plus beau cadeau

sera une boutique vide et un tiroir-caisse plein !

Que se soit le plus beau No�l de l'histoire de Matuschek et Co.

O� est Klara ? Klara ? Mlle Novak !

J'arrive ! Qu'y a-t-il ?

Comment vous sentez-vous ?

- Tr�s bien ! - Bon !

La journ�e sera tr�s dure... mais ne vous surmenez pas !

Mlle Novak, puis-je vous demander une faveur ?

Avec plaisir, M.Pirovitch.

Je voulais acheter une bo�te "Les yeux noirs",

mais Kralik me dit que vous avez pris la seule qui marche bien.

C'est vrai. Je l'ai achet�e pour mon ami.

Il vient ce soir. Nous allons f�ter No�l.

Garderez-vous un secret ?

Parole d'honneur !

Lundi, j'aurai peut-�tre une bague au doigt... peut-�tre...

on ne sait jamais !

Quoi ? C'est merveilleux ! C'est le jeune homme qui aura la bo�te ?

Laissez tomber ! Je voulais offrir la bo�te � l'oncle

de ma femme !

Pouvez-vous lui offrir autre chose ?

Pas facile ! Je ne l'aime pas et je d�teste d�penser un sou pour lui.

Mais je dois lui offrir un cadeau.

Alors, autant lui donner quelque chose qui ne lui plaise pas.

Cette bo�te co�te 2,29. C'est cher,

mais �a vaut le coup: Elle va lui g�cher son No�l !

Je suis navr� ! Cette bo�te vous pla�t !

Parlez franchement.

� ma place, que lui offririez-vous ?

C'est difficile � dire.

Que diriez-vous de l'id�e... disons peut-�tre...

un portefeuille.

Bonne id�e ! Ceux que nous avons re�u en peau de porc ?

Pr�cis�ment !

Vous �tes s�re de votre coup !

Un tel portefeuille, ce serait pour moi le comble du bonheur !

D'un c�t�... Je vais vous montrer.

D'un c�t� une photo de ma femme, de l'autre, une photo de mon fils.

Quand je l'ouvre, j'entends

"Papa" et non "Les yeux noirs" !

Merci, M.Pirovitch, je vais y r�fl�chir.

Kralik, le portefeuille est � toi !

Que faites-vous ici ? Quand �tes-vous revenu ?

Je suis tr�s malade,

d'apr�s mon docteur. Mais la veille de No�l,

il fallait que je vienne !

Deux semaines dans un h�pital sans voir le moindre client !

Et pour tout morceau de cuir, le sac de mon infirmi�re !

Et o� l'avait-elle achet� ? Chez Blasek et Co. !

Et ils voudraient que je gu�risse ! Avez-vous �t� chez Blasek ?

Comment vont leurs affaires ?

Ils ont du travail, mais beaucoup moins qu'ici !

Bien ! C'est parfait !

Ne vous surmenez pas, M.Matuschek.

Non ! Je ne suis pas fou.

Je m'assure que le magasin est toujours l� et je m'en vais !

- Joyeux No�l ! - Pour vous aussi !

�a plairait � Eric ?

Je n'en suis pas s�re.

Pardon, mesdames,

sans mes lunettes je ne vois pas le prix de cette serviette !

24,50...

On fait de bonnes affaires ici !

Comment Matuschek et Co. Font-ils ?

Qui d'autre que vous pourrait le savoir, M.Matuschek ?

�a fait combien ?

9654,75 !

C'est merveilleux ! La meilleure journ�e depuis 28 !

Vous pouvez �tre fiers de vous, je vous remercie de tout c�ur.

Il y a deux heures, j'�tais malade...

Kralik et Pirovitch, vous �tes les meilleurs docteurs !

Et vous, Klara et Ilona, et Flora...

de merveilleuses infirmi�res !

Et Pepi, tu sais ce que je pense de toi.

Ce matin quand j'ai re�u votre arbre de No�l,

j'ai �t� tr�s �mu.

J'ai lu et relu votre lettre.

J'�tais heureux de savoir que je vous manquais

et que vous esp�riez me voir bient�t rentrer chez moi.

Vous avez raison, c'est ici qu'est mon foyer...

J'y ai pass� presque toute ma vie.

Il n'y a pas de vrai No�l sans prime, n'est-ce pas ?

Vous savez que je vous ai parfois

trait� de tous les noms, eh bien,

cette prime vous prouvera que je n'en pensais pas un mot.

Merci, M.Matuschek.

Je crois que c'est � peu pr�s tout !

Comment t'appelles-tu ?

Brave gar�on !

C'est trop !

Ne touchons � rien jusqu'� la fin des f�tes !

Rentrez tous chez vous et passez un joyeux No�l.

Eh bien, Kralik, 9654,75 !

C'est merveilleux !

Je vais aller d�ner maintenant

et f�ter No�l.

Avez-vous d�j� �t� chez Biro ?

Non, c'est au-dessus de mes moyens !

Ce n'est pas tous les jours No�l.

Venez avec moi, nous boirons une bouteille de champagne ensemble !

Rien ne me ferait davantage plaisir, mais...

Vous... �tes d�j� pris ?

C'est que...

Pas un mot de plus ! Je voulais m'assurer que vous n'�tiez pas seul.

Bonne soir�e et... joyeux No�l !

Pour vous aussi, M.Matuschek !

Pirovitch, je suppose...

qu'il y a une f�te chez vous ce soir ?

Vous avez s�rement quelques invit�s ?

Non. Rien que ma femme, mon fils, mon petit b�b� et moi-m�me.

Nous sommes tr�s heureux comme �a !

Joyeux No�l !

Merci Flora ! Mes hommages � votre m�re !

Encore l� ? Vous n'arrivez pas � partir ?

D�p�che-toi de rentrer !

Tu f�tes s�rement No�l en famille ! Ai-je tort ?

Oui, M.Matuschek ! Vous voyez cette fille l�-bas ?

Eh bien, je suis son P�re No�l ! Bonsoir !

Je ne sais comment vous remercier,

je ne travaille ici que depuis peu !

Comment t'appelles-tu, d�j� ?

- Rudy ! Quel �ge as-tu ? - Dix-sept ans.

Quel �ge merveilleux ! Tu as la vie devant toi.

� toi de voir ce que tu vas en faire.

Ne gaspille pas cet argent ! Va le donner � ta m�re, hein ?

Mes parents n'habitent pas ici.

Tu ne connais personne, ici ?

Tu es seul � Budapest, le soir de No�l ?

C'est exact.

Rudy ! Aimes-tu la soupe de poulet ?

Bien s�r, M.Matuschek !

Que dirais-tu d'une oie r�tie farcie de pommes,

avec des pommes de terre bouillies, du beurre et du chou rouge ?

J'adorerais !

Et une petite salade de concombres � la cr�me ?

Et une double portion de tarte aux pommes � la sauce vanille ?

Merveilleux !

Eh bien, tu vas l'avoir, Rudy !

Je suis s�re qu'il va aimer.

Je crois aussi.

Joyeux No�l ! J'esp�re que tout va se passer comme tu le souhaites !

D�sol�e de vous faire attendre !

Rien ne presse.

Finalement, j'ai d�cid� de suivre vos conseils.

Vous voulez voir ?

C'est beau !

Essayez-le !

J'aimerais le voir sur vous.

Ce sont de vrais diamants ?

Presque !

J'ignorais que vous aviez une amie.

�a vous �tonne qu'on puisse aimer un homme comme moi ?

Nous n'allons pas recommencer !

C'est No�l, soyons amis !

Et puis, vous avez tort !

Puis-je vous faire un aveu ?

Allez-y !

Les premiers jours ici, il m'est arriv� une chose �trange:

J'�tais tourneboul�e !

Vraiment ?

Je ne pouvais m'emp�cher de vous regarder encore et encore.

Et je me disais sans cesse:

"Que t'arrive-t-il ? Ce Kralik n'est pas sp�cialement s�duisant."

Ne prenez pas la mouche !

Et voil� le paradoxe !

Je tombais amoureuse de vous !

Je ne vous crois pas !

C'est pourtant bien vrai !

Vous l'avez bien cach�.

Les premi�res semaines, je...

Je suis s�re que vous comprendrez... apr�s tout, je suis fianc�e.

Bien, continuez !

Ces premi�res semaines...

parfois, dans la r�serve, vous auriez pu me soulever de terre !

Me voil� tourneboul� !

J'�tais... une autre fille, alors.

J'�tais na�ve. Tout mon savoir venait des livres, et...

j'avais d�couvert une actrice irr�sistible...

de la Com�die Fran�aise.

C'est un th��tre en France.

Pour s�duire un homme, elle le traitait comme un chien.

Vous m'avez trait� comme un chien.

Au lieu de me l�cher la main, vous aboyez.

Vous voyez mon erreur: Je ne comprenais pas que cette dame

�tait � la Com�die Fran�aise, et que j'�tais chez Matuschek et Co.

Tout est oubli�.

Vous allez voir votre amie ! Au fait, c'est s�rieux ?

Oui, tr�s !

Peut-�tre serons-nous tous deux fianc�s lundi matin !

J'en suis s�r.

Comprenez-moi bien: J'ai dit que pour ma part, �a pourrait arriver.

Je peux vous l'affirmer: Cela va arriver !

Comment savez-vous ?

N'insistons pas !

Qu'entendez-vous par l� ?

Autant vous le dire ! Il est venu me voir.

- Qui ? - Votre fianc�.

Il est venu hier soir.

Vous n'auriez pas d� lui parler de moi. J'�tais tr�s mal � l'aise.

Il pense qu'il y a quelque chose entre nous.

Je ne peux y croire. Lui, venir vous voir !

�a ne lui ressemble pas du tout !

J'ai tout arrang�. Ne vous en faites pas !

Vous serez bient�t Mme Popkin.

C'est bien �a, non ? C'est le nom qu'il m'a donn� !

C'est exact, Popkin...

Un tr�s brave gar�on ! F�licitations !

Je le trouve tr�s s�duisant, pas vous ?

Oui, dans son genre, je dirais...

Oui !

Vous trouvez qu'il a un genre... particulier ?

Absolument ! Et n'essayez pas de le faire changer...

ne le mettez pas au r�gime.

Diriez-vous qu'il est gros ?

Pas vraiment, mais c'est une affaire de go�t.

Je trouve que son ventre lui donne un petit air "bon papa" !

C'est ce qu'il faut � un mari, non ?

Oui, c'est ce que je veux.

Vous avez raison. Si j'�tais une fille et que j'aie � choisir

entre un jeune bon � rien et un solide gaillard d'�ge m�r,

je choisirais � tous les coups Mathias Popkin.

Peu importe ! Il est brillant.

Avez-vous remarqu� son c�t� spirituel ?

Je l'ai trouv� d�pressif, mais c'est normal pour un homme au ch�mage.

Au ch�mage ! Il ne m'a rien dit !

�a prouve qu'il est plein de tact. Mais ne vous inqui�tez pas,

il pense que vous pourrez tr�s bien vivre tous les deux sur votre salaire.

Lui avez-vous dit ce que je gagne ?

Vous �tes fianc�s, et il me l'a demand�...

Quand je lui ai dit votre salaire, il a eu l'air soucieux,

mais ma promesse que vous seriez augment�e l'a rassur�.

Croyez-moi, �a ne vous a pas fait de mal que je mentionne la prime.

C'est affreux !

Quelle honte ! Je ne le croyais pas si mat�rialiste.

Si vous lisiez ses lettres, ses id�aux �lev�s.

Je pourrais vous citer des passages.

Par exemple ?

"Aimer c'est �tre deux et �tre pourtant un.

- Un homme et... - Un homme et une femme,

unis tels des anges. Le Paradis m�me."

Victor Hugo ! Il l'a copi�.

Et moi qui croyais lui inspirer ces merveilleuses pens�es.

Il ne faisait que recopier des livres !

Il n'en croyait s�rement pas un mot !

Je suis d�sol� � l'id�e de g�cher votre No�l.

J'avais tant d'illusions � son sujet.

Je le voyais si parfait.

Il fallait briser cette image.

Je devrais vous remercier.

Si j'avais connu vos vrais sentiments, tout aurait �t� diff�rent.

Nous ne nous serions pas querell�s.

En tous cas pas pour des valises ou des sacs � main, mais � propos

de l'id�e d'habiter avec votre grand-m�re ou votre tante.

C'est gentil de vouloir me consoler.

Il vaudrait mieux se dire bonsoir.

Vous avez rendez-vous... moi aussi.

Ne soyons pas en retard !

Savez-vous ce que je souhaite ? � 20 heures 30, on sonne � votre porte,

vous ouvrez, mais ce n'est pas Popkin,

c'est moi !

Ne compliquez pas les choses !

Et je dis: Klara, ch�rie...

Mon amour, Klara, je n'en peux plus. Je t'en prie,

ouvre la bo�te postale 237, sors-moi de cette enveloppe,

et embrasse-moi.

M.Kralik, vous ne devez pas...

Ch�re amie.

Vous..."ch�re amie" ?

�tes-vous d��ue ?

Psychologiquement, je suis boulevers�e,

mais personnellement, je ne me sens pas mal du tout.

Dites-moi, quand vous �tes venu au caf�, ce soir-l�,

j'ai �t� grossi�re, non ?

Si ! Vous vous souvenez ? Je vous ai trait� de "bancal" !

Je sais... J'allais vous prouver que c'�tait faux,

sortir et retrousser mon pantalon.

�a vous ennuierait si, maintenant, je vous demandais de le faire ?

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