All language subtitles for Le bateau de Emile FR

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian Download
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

*Le vol Air France 632,

*à destination de Rome, départ…

-Par ici, monsieur.

Nous avons veillé à ce qu'il se repose.

Nous avons été très inquiets.

Monsieur votre frère a été très mal. Vraiment très mal.

Tenez, le voilà.

Nous allons l'attendre en bas à sa sortie de douane.

-Votre oncle a toujours été éminemment original.

-Mon oncle est avant tout votre frère.

-Voilà pourquoi c'est un original.

Sinon, je dirais que c'est un saligaud.

*-Le vol Air France 632 à destination de Rome.…

-Docteur, je ne peux pas être sauvé.

Je pue la mort. Les charognards m'ont reniflé.

Et ils viennent assister au festin.

Ha !

La famille a une mine splendide,

l'air toujours aussi connard, mais le teint frais.

La vertu conserve.

-Je suis content de t'accueillir. -Bah !

-Comment te portes-tu ?

-D'aucune façon. Ce sont les autres qui me portent.

Je vais clamser.

Hé hé! -Allons donc !

-Je te présente ton neveu, Simon.

-Ah… -Le fils d'Alphonsine.

Belle acquisition.

Un rigolard, avec ça !

Je vais crever au milieu de chérubins hilares.

-Calmez-vous.

-Dites-moi.…

Il délire ?

-Non. vous êtes un parent ?

-Oui. Son frère, François Larmentiel,

président-directeur général de la compagnie Larmentiel.

Ouvrez la grande porte.

Et faites entrer l'ambulance.

Claude ! Ton oncle arrive.

-Qui c'est, celui-là ? -Lucien Beauvoisin.

-Le mari de Louise.

-Louise est mariée ?

Ah, mon pauvre ami !

-Par ici.

-Bonjour, mon oncle.

-Ma fille, Claude.

-Chère petite nièce,

je vous autorise à contempler l'oncle de Tahiti.

L'être fabuleux.

On a sûrement dû vous parler de moi.

♪ ai dû bercer vos rêves de jeunesse.

Elle ressemble à maman.

-Et elle sourit.

Elle prend ça pour un compliment.

Décidément, dans la famille,

les femmes auront toutes cette blondeur souriante

et cette stupidité diaphane

qu'on ne retrouve que chez Botticelli !

Allez, hue !

Que je ne voie plus ça !

-Ne fais pas attention. Le voyage l'a fatigué.

Allez, venez par ici.

Nous allons l'installer au second.

-Comment ça, au second ? Et pourquoi pas au grenier ?

Ma chambre est ici. Je la reconnais.

Exposition sud-est. Je veux mourir dans mon lit.

Ne sois pas ridicule.

Nous l'avons donnée à Claude.

-De quel droit ?

Bah ! Nous ne pouvions pas supposer.…

Que je vous ferais la joie de revenir.

Il faudra vous y faire.

Allez ! Demi-tour, droite !

Qu'on m'installe dans ma chambre de jeune fille.

Je ne m'attendais pas à mourir dans de l'organdi.

Ta fille a des goûts de cocotte.

Enfin.…. C'est ridicule,

mais c'est chez mol.

-Chez nous, si tu permets.

-Oh, si tu veux !

Je n'ai d'ailleurs pas dit que je garderais cette chambre.

-Même si c'est ton rêve, n'espère pas t'installer au salon.

-Tu le réserves pour le catafalque ?

Je le vois d'ici…

Le défilé des gueules d'empeigne,

la couronne du personnel navigant,

la couronne des employés,

la tienne.…. Que vas-tu mettre

sur le ruban ?

T'as toujours eu le sens des formules heureuses.

-""À mon frère bien-aimé".

-Je ne trouve pas ça amusant du tout.

-Les formules heureuses ne sont pas nécessairement amusantes.

Cela dit, cesse de jouer les condamnés.

Ça déprime tout le monde.

Selon le médecin, tu as fait une crise cardiaque,

ton état est sérieux, mais nullement alarmant.

-Ne me parle pas comme à un gâteux.

Mes jambes et mes reins sont morts, mais le cigare fonctionne.

-Profitons-en pour parler

sérieusement.

Tu as quitté la maison il y a 40 ans.

-On m'a foutu à la porte. -Je n'ai pas à juger des raisons

qui ont déterminé père à t'éloigner.

Tu reviens ici, c'est ton droit.

Mais puis-je te demander pourquoi ?

-Pour mourir dans les bras de mon frère.

-J'ai dit : "Sérieusement.”

-Je suis revenu pour t'emmerder.

-C'est fait.

Ensuite ? -Ça regarde le notaire.

À propos, il me faut un notaire demain matin, à la première heure.

-Je demanderai à Chave de passer.

-Tu me prends pour un imbécile ?

♪ ai dit un notaire, ♪ ai pas dit le tien.

Un notaire piqué au hasard dans l'annuaire.

Tant que tu ne le connais pas, il a une chance d'être honnête.

-Maître Lamasure demande à vous voir.

-Faites-le entrer. Qu'est-ce que vous attendez ?

-Lamasure.

-Bonjour, Maître.

Merci d'être venu aussi vite. -C'est la moindre des choses.

Ai-je dit quelque chose de drôle ?

-Non. C'est votre mine qui m'amuse.

Vous deviez certainement vous attendre à être reçu par mon frère.

Vous avez l'air déçu. -Du tout.

-Ben, tant mieux !

Parce que mon frère est en excellente santé,

et moi, je suis mourant.

Comme vous êtes notaire, ça doit vous arranger.

Prenez une chaise et asseyez-vous. -Merci.

-Mon cher Maître, je vous ai fait venir

parce que j'ai l'intention d'allumer un pétard au cul de…

Ma sœur,

voulez-vous avoir l'obligeance de sortir ?

-Mais M. Larmentiel m'a recommandé.….. -Je vous préviens

que j'ai déjà violé une demi-douzaine de novices.

Et plusieurs missionnaires.

Et je pourrais encore me distinguer. Foutez-moi le camp.

À Tahiti, on ne viole presque plus.

Ça attirait trop le touriste.

Tandis que dans l'Oubangui,

quand je suis arrivé y a 20 ans,

ça se faisait encore.

Vous connaissez ?

-Quoi ?

-L'Oubangui, bien sûr.

Qu'allez-vous imaginer ?

-Non, je ne connais pas.

-Ah, parbleu…

Je vous disais ça pourquoi, déjà ?

-Vous parliez d'allumer un pétard. -Ah oui !

Mon cher Maître, j'ai eu 20 ans comme tout le monde.

À cette époque, je n'avais pas encore voyagé.

Et j'étais condamné à trouver mes distractions

dans mon entourage immédiat.

C'est ainsi que la petite employée de mon père,

qui s'appelait Marceline

et qui était manutentionnaire de son état,

s'est trouvée enceinte de mes œuvres.

-Ah ?

-Mon père est tombé raide.

Oui, car chez les Larmentiel,

il y a une tradition de la crise cardiaque

devant les emmerdements.

Qui, c'est le dé pipé,

la carte biseautée qu'on sort de sa manche

pour assurer les grosses mises.

-Je crois en avoir entendu parler : la thrombose Larmentiel.

♪ avoue que je n'y croyais pas.

-Venant d'une famille aussi respectable,

je vous engage, jeune homme, à tout croire.

Euh.… Je disais ça à propos de quoi ?

-Vous aviez 20 ans,

une certaine Marceline était enceinte, et monsieur.…

-Oui ! Eh ben, mon père…

Mon père est reste raide sur le tapis du bureau.

Oui…

Il est resté environ dix minutes, le temps de réfléchir.

Un mois après, je me suis trouvé à Trondheim,

chez un correspondant de la maison.

Vous connaissez le cercle arctique ?

-Non, je n'ai pas ce plaisir.

-Eh ben, vous avez tort ! C'est gai, c'est pimpant.

Bien sûr, j'ai foutu le camp dès que j'ai pu.

♪ ai peut-être eu tort.

Parce que la glace conserve.

Tandis que le tropique vous laisse le choix

entre la cirrnose et la vérole.

Je me suis offert les deux.

Ça, c'est mon côté Larmentiel.

La peur de rater une affaire.

Vous devez me prendre pour un dingue.

-Je suis notaire, pas médecin.

♪ enregistre, je conseille, mais je ne diagnostique pas.

-Ah ?

Alors, mon cher Maître, enregistrez bien ceci.

Je vous charge de retrouver l'enfant que j'ai eu

il y a 40 ans. Garçon ou fille, j'en sais rien.

Ça n'a d'ailleurs aucune importance.

-Bonjour, ma sœur.

Bonjour, François. Où en sommes-nous ?

-Je n'en sais rien. Le notaire est avec lui.

Je n'écoute pas aux portes.

A-t-on quelques renseignements ? -Chave s'est plu à m'en fournir.

Modeste notaire, petites affaires immobilières,

fonds de retraites, prêts sur hypothèque…

De la bricole, quoi !

Nous devrions pouvoir l'amener à composition.

-Hm…. En aurai-je la force ?

En aurai-je le temps ?

-Je t'en prie, pas à moi.

Alors, parlons un peu. Tu sais l'affection

que je porte à mon frère. -Hm…..

-Quoi ? -Rien.

Ça commence bien, c'est tout.

Qu'y a-t-il dans la presse ? -Rigoureusement rien.

-Pas si vite. Marceline comment ?

-Bouet. -Bouet.

-Elle habitait rue du Four, derrière l'arsenal.

Dans sa chambre, y avait un réchaud à pétrole.

L'eau était sur le palier.

L'enfant a dû naître en mars ou avril…

1920.

-Il Sera facile de le vérifier.

Si ce garçon ou cette fille est encore en vie

et que je trouve sa trace, devrais-je l'amener ici ?

-Regardez-moi, voyons !

Croyez-vous que je sois un père agréable à montrer,

un spectacle pour un enfant ? -Vous savez,

un enfant d'une quarantaine d'années ! -Raison de plus.

Les enfants gardent parfois une certaine dignité.

Les adultes n'en ont aucune.

Je le vois débarquer ici, l'enfant de l'amour.

Deux hypothèses :

ou il m'incendie, ou il me pleure dessus

en m'appelant "Papa !",

ce qui me dégoûte dans un cas comme dans l'autre.

Musique mystérieuse

Musique d'accordéon douce

-Allez, hop ! Dispose le ballon.

Se crever le cul pendant 15 jours pour ça.…

Salut, Léon. -Salut.

-Fernande est passée ? -Non. Un rouge ?

-Tout à l'heure.

*Musique de tango

-3, 4, 5, 6 !

, 8, 9'!

-Tu te fous de moi ou quoi ?

Tu sais l'heure qu'il est ? -Pourquoi ?

-Car t'as dix minutes pour faire les courses,

mettre la table et faire le frichti. -Je me crève pour rien.

-Hein ? -J'ai fait Mmes ongles,

mes cheveux... Je pensais à un resto.

-Tu t'es trompée. On a déjà becté

trois fois au resto.

Alors, ça suffit !

-Dis donc, t'es radin. -Je suis fragile.

Et la cuisine de Camille, merci !

Et celle du cuistot, j'en parle pas.

Ça va comme ça !

Va acheter deux biftecks et fais-les cuire.

-Ho ! Je suis ni ta bonne, ni ta femme. Parle-moi autrement.

C'est vrai, ça.

Tu rentres après 15 jours, sans m'embrasser.

Tu me dis même pas bonjour.

Tu pourrais te soucier de moi avant de m'engueuler.

Tu penses qu'à bouffer.

-Bon…

-Comment tu vas ? -Bien.

-Lève-toi et grouille. Le boucher va fermer.

Si t'aimes la valse… -C'en est pas.

-Ben, ça va en être une !

Y en a marre ! Allez, hop !

Je vais t'en foutre, du phonogramme

et du vernis à ongles. Ah, madame

veut aller au restaurant !

Je vais t'en foutre, des chansons et du plumard jusqu'à midi !

-Tu pourrais m'embrasser.

-Loupe pas la manœuvre : deux biftecks dans le filet.

Et que ça saute. Allez, hop !

Dites, l'empaillé !

Essayez le trou de serrure, vous verrez mieux.

-Vous travaillez pour la maison Larmentiel.

C'est-à-dire moi. -J'avais cru bon..….

-Je ne vous paye pas pour croire. Je vous paye pour exécuter.

D'ailleurs, pour votre échéance du 30,

demandez donc à M. Mougin de vous signer votre chèque.

Puisque vous vous entendez si bien.

Nous reparlerons de ça tout à l'heure.

Maître Lamasure, je crois ?

Est-ce moi que vous désirez voir ?

-En effet, monsieur.

Je comprends que ma présence ici vous surprenne.

-À moitié.

-Ah….

Je sais que mon excellent confrère, maître Chave,

s'occupe habituellement de vos affaires.

-De quelle sottise mon frère vous a-t-il chargé ?

-Eh bien, voilà...

Je devrais évidement respecter le secret professionnel,

mais j'estime la chose trop grave,

pouvant avoir des répercussions tellement importantes

que je crois de mon devoir…

Enfin, bref.

Vous ignorez sans doute qu'il y a 40 ans,

39 exactement,

une certaine Marceline Bouet.… -A mis au monde un fils,

Émile Bouet,

de père inconnu….….

Inconnu ?

C'est d'ailleurs une clause de style.

Puisque je le connais. Et vous aussi.

-Je viens en effet de le retrouver.

Et devinez où ? -À la Rochelle.

♪ aurais pu, mon cher Maître,

vous éviter bien des démarches.

Émile Bouet

a débuté comme mousse

dans la maison Larmentiel.

À 12 ans.

Enfin, du temps de mon père.

Il est resté chez nous jusqu'au jour où il a décidé de pêcher

pour son propre compte.

Nous l'avons beaucoup regretté.

-Regretté, cet horrible individu ?

-C'est le meilleur pêcheur de la côte. Et nous vivons de la pêche.

Je ne suppose pas que vous êtes venu ici

pour entendre un exposé sur le chalutage

ou sur le cours de la sardine.

Alors, je vous écoute.

Hein ?

Eh bien ?

C'est si grave que ça ?

-Pas grave, monsieur : catastrophique.

Je n'aurais pas entrepris une démarche somme toute assez irrégulière

si la maison Larmentiel n'était pas la plus importante de la ville,

unanimement respectée sur le plan professionnel,

comme sur le plan familial.

En somme, un exemple.

Or, à notre époque, les exemples sont rares.

-Ils sont extrêmement rares. Bref !

-Monsieur Charles-Edmond Larmentiel

a l'intention de léguer la totalité de sa fortune,

c'est-à-dire une partie de la vôtre,

à Émile Bouet.

-Ah….

Hm….

Naturellement,

vous allez faire part à mon frère

du résultat de vos recherches.

-Naturellement.

-Vous établirez ensuite le testament.

Il est évidemment impensable

d'envisager un vice de forme,

qui frapperait ce testament de nullité.

Non…

Évidemment pas.

Vous êtes un homme qui connaissez trop votre métier.

Vous avez déjà transgressé avec votre conscience

en venant ici m'avertir.

Je ne pense pas pouvoir vous en demander davantage.

On a beau être un garçon dynamique, plein d'allant,

il y a des choses qu'on peut faire

et celles qu'on ne peut pas faire.

Il conviendrait en somme

de trouver un juste milieu.

-Monsieur Charles-Edmond Larmentiel est mon client.

-Vous en avez beaucoup d'autres ?

-Quelques-uns.

Bien entendu, je n'ambitionne pas de concurrencer maître Chave.

-Pourquoi pas ?

Chave n'était rien avant que mon père ne lui confie ses affaires.

Mais il fut longtemps, je dois dire,

un excellent notaire.

-Il fut ? -Il a 65 ans.

Je n'ai pas besoin de souligner que dorénavant..

Certaines de vos transactions passeront

par l'étude de maître Lamasure.

-Nous l'avions bien compris.

-Oui, toi. Tu es plus intelligent.

Mais ces précisions s'adressaient à Lucien.

-Merci.

-Revenons-en à notre énergumène.

S'il lègue ses parts, soit plus de 33 %,

plus les droits de succession à un étranger, quel qu'il soit,

la compagnie Larmentiel cesse d'exister.

-Ne pourrait-on agir avant que le testament soit enregistré ?

Quelque chose de légal, bien entendu. -Quoi ?

-Quand il n'est pas sous l'effet de la morphine,

Charles-Edmond est en proie à d'atroces souffrances.

-Oui.

Soulager ses derniers instants, augmenter les doses,

faire preuve d'humanité… Je te vois venir.

Je dis non.

-Et si nous le faisions interner ?

Car c'est l'évidence, l'oncle Charles est fou.

-Pas assez. -Là, tu es difficile.

-Entrez.

-Émile Bouet ?

Émile…

ON, je ne dis pas qu'Émile soit un vilain nom,

mais enfin…

Elle aurait tout de même pu l'appeler Charles-Edmond.

Enfin !

On ne nous regrette jamais autant qu'on ne pense.

On vous adore, et sitôt qu'on a le dos tourné…

Hé ! Plus personne.

-Toute question de prénom mise à part,

je vous répète, monsieur Larmentiel,

que le nommé Bouet est un dangereux schizophrène.

-N'essayez pas de m'épater avec des mots d'essence grecque.

Je suis allé au lycée.

-Il se soûle dès qu'il est à terre.

! vit avec Fernande, chanteuse obscure, mais prostituée notoire,

qui a, dit-on, triomphe dans un beuglant nantais, le Mistigri.

-C'est pas vrai ? Ne me dites pas ça !

Mais c'est merveilleux !

-Pardon ?

-Cet enfant est la chair de ma chair.

Mais c'est moi, en mieux !

Il faut que je le voie.

Il faut que vous me l'ameniez.

-Vous n'y pensez pas ? -AN si, j'y pense !

Je ne penserai plus dorénavant qu'à ça.

Tenez ! Je veux que cet enfant vienne déjeuner ici demain.

Allez, allez !

Je vais les prévenir.

Tout le monde doit savoir. Vous allez voir leurs gueules.

Allez, jeune homme !

-Pensez aux répercussions d'un scandale.

-Le scandale, c'est que mon enfant

soit obligé d'aller se soûler au bistrot

au lieu de le faire en famille. Mais ça va changer.

Prévenez monsieur Frère qu'il sorte le baccara,

et l'argenterie de la grand-mère.

-Pour toi, il n'est pas fou ? Je veux bien.….

-Vous êtes des enfants.

On n'interne pas quelqu'un parce qu'il crie.

Surtout un malade.

Évidemment,

s'il s'exhibait tout nu à la fenêtre

ou s'il mordait la religieuse…

-Vous m'avez compris ?

Je veux qu'on tue le veau gras et qu'on ne lésine pas sur le festin.

-Ce sera transmis, mais c'est de votre responsabilité.

-Oui, c'est ça.

Attendez, hé ! Qu'on rajoute un couvert de plus.

Je veux que la pute soit des nôtres.

On la fera chanter au dessert.

Bon Dieu, je regrette pas mon voyage.

Je me serais jamais autant marré qu'avant de mourir.

(-Ouais !)

Alors ?

-Il veut le voir.

Pire,

il s'est mis en tête de le recevoir ici demain.

Je suis vraiment désolé.

Si ces deux exaltés se rencontrent, je vous laisse imaginer.

-Nous imaginons fort bien.

Mais de votre côté, vous pourriez imaginer aussi,

par exemple, qu'Émile Bouet

est en mer pour une dizaine de jours.

-Tu ne feras que gagner du temps.

-Oui, mais le temps pouvant en l'occurrence

être de l'argent,

♪ aime autant en gagner le plus possible.

-Messieurs, dans l'intérêt d'une famille que j'estime,

j'essaierai de gagner une semaine.

Ne m'en demandez pas plus. -Merci.

-Messieurs.

-À bientôt.

-Que comptes-tu faire ? -Prendre les devants.

D'abord, Simon,

vous enverrez demain un coursier chez monsieur Bouet

pour lui dire de passer me voir au bureau.

Il y a dans toutes les familles,

je parle des plus estimables,

un singe dans le placard.

Le nôtre s'appelle Émile.

Il va falloir, messieurs,

que nous l'apprivoisions.

-Tu dis que Reims, ça vaut rien ?

-Non, c'est même des artistes.

Mais le football, c'est la tête et les pieds.

-Tu aimes les brutes. -Pardon !

Faut pas confondre jeu de brutes et jeu viril.

Et je dis bien "viril”.

Lä-dessus, je pourrais causer.

-Moi aussi.

Sers, ça vaudra mieux.

-Tu crois qu"il lui parlera des 17000 balles ?

-Qui ? -Ben, Émile !

Je le vois déjà tout penaud.

"Vous allez bien, M. Larmentiel ? Mes hommages à votre dame !"

-il est veuf, Larmentiel.

-C'était façon de parler.

Quand on cause de Larmentiel, t'as plus d'hommes.

-Avec Émile, on sait pas.

-Avec Émile, comme les autres.

Comme les autres.

-Charmant.

Espérons qu'il est à jeun.

Quand je pense…

-Quand vous pensez quoi ?

-Rien. J'aime mieux me taire.

Mon droit, mon école de navigation,

tout ça pour voir entrer ici un Émile Bouet.

-Un Bouet qui est en passe de devenir un Larmentiel.

-Je suis aussi un Larmentiel. Par ma mère. À 50 %.

-Je ne crains que ceux à 33.

-De la part de qui ? -Émile Bouet.

-M. Larmentiel vous attend. Veuillez me suivre.

-Ah, mon cher Bouet !

Je suis ravi.

Je suis ravi de vous voir.

-M. Larmentiel.

-Vous êtes gentil de vous être dérangé.

-C'est la moindre des choses. -Asseyez-vous, mon cher.

Je ne sais plus si je vous appelais Emile ou Bouet.

Je me souviens que mon père vous appelait Emile.

Il vous aimait bien. -Vous aussi.

-Hm ?

-Vous aussi, vous m'appeliez Émile.

-Ah, vous voyez ? J'en étais sûr.

Ça facilitera ce que j'ai à vous dire.

Cigarette ?

-Non, merci. Je fume que du gris. -Ah ! Alors…

-D'ailleurs, tenez. Si ça vous dit…

-Non, non..….

Et puis, allez ! Vous avez raison.

Une petite.

C'est moins dur pour la gorge.

Vous devez être comme moi, un gros fumeur.

-À terre, oui… En mer, y a autre chose à faire.

-Oui, je m'en doute.

Vous savez, on me parle beaucoup de vous.

J'ai même appris…

que vous aviez battu des records de pêche.

-Les records, ça veut pas dire grand-chose.

C'est souvent une question de pot. -Allons, allons !

Faites pas le modeste.

D'ailleurs,

vos performances m'intéressent au plus haut point.

Et vous allez comprendre pourquoi.

Vous avez dû monter à bord du Ventou ?

-Comme tout le monde.

On tenait tous à voir ça.

-C'est bien, hein ?

-C'est même formidable.

-J'avais prévu, vous devez le savoir,

de confier la première campagne de pêche au vieux Chotel.

-Votre capitaine d'armement ? Il est bien.

-Oui, il est très bien.

Mais il a décidé de prendre sa retraite.

J'ai cherché qui était capable de le remplacer.

Et j'ai aussitôt pensé à vous.

-À moi ?

-Oui, mon cher. Vous avez été formé dans cette maison.

Je vous ai vu à l'œuvre. Je connais vos capacités.

Moi, J'ai la soixantaine.

Je suis encore actif, certes.…

Mais ce n'est plus ce que c'était.

Or, vous connaissez l'importance de la maison.

Ses conserveries,

ses chantiers, ses glacières, enfin…

Tout ce que nos concurrents appellent un trust,

et que moi, j'appelle

des emmerdements.

J'ai tout ça sur le dos, 24 heures sur 24.

Et tout seul.

Car mes beaux-frères sont dans la bonneterie ou dans la banque.

Quant à mon licencié en droit de neveu,

vous le connaissez.

-Remarquez, je suis très flatté, M. Larmentiel.

Mais vous avez pas peur

que ce soit un peu gros ?

Capitaine d'armement, c'est pas rien.

15 bateaux à faire pêcher,

ça va chercher dans les 1000 à 1500 quintaux la semaine.

-Ah…. Pour l'instant, nous en sommes loin.

-Je parle de ce que ça devrait faire.

Je rigole pas. -Moi, je ris.

Maintenant, je sais que j'ai raison

et que vous êtes l'homme de la situation.

Déjà en train de calculer le rendement.

-Oh….

Ho !

Dites, vous avez pas vu mon piaf ?

Il est tombé du lit à 7 heures et depuis, plus rien.

-Il a dû aller ramasser la fortune. -Ouais.

-Si comme je l'espère votre réponse est oui,

nous discuterons au plus tôt de votre fixe

et de vos pourcentages.

-Au risque de paraître mal élevé, j'allais justement vous parler d'argent.

-Déjà ?

-Oui, déjà.

Remarquez, ça date de 15 ans. Juste avant que je vous quitte.

Une prime de remorquage oubliée de 17 000 francs.

-Bigre !

Je vous avoue que je ne m'en souvenais pas.

-Oui, mais les gars s'en souviennent.

-Bien sûr.

-Alors, si je dois les faire embarquer,

j'aimerais que les comptes soient mis à jour. Voilà.

-Mais j'y tiens.

Je vais vous faire établir un bon de caisse.

Et par la même occasion, je vais ordonner une enquête.

M. Boissard, dans mon bureau.

Je voudrais bien savoir qui a osé contester

une prime aussi incontestable que celle d'un remorquage.

-Je crois bien que c'est vous.

-Moi ?

Que Boissard ne se dérange pas.

-Si vous voyez mon garde-manger,

dites-lui que les palourdes farcies l'attendent.

Ça m'étonnerait qu'il traîne.

-Ça prouve, mon cher Émile,

que quand un homme veut s'occuper de tout,

il risque de commettre les pires erreurs.

Je connais mieux les chiffres que les hommes.

Voilà pourquoi nous nous compléterons merveilleusement.

Je verrai pour vous et vous marcherez pour moi.

C'est une image.

Réfléchissez bien et vous me donnerez votre réponse demain matin.

Merci, mademoiselle.

Mais en attendant, soyez discret.

Inutile d'éveiller des commérages

qui naîtront suffisamment tôt.

Vous allez connaître, mon cher Émile, la volupté d'avoir des ennemis.

Émile…

Nous ne serons bientôt que quelques-uns à vous appeler ainsi.

Pour les autres, vous serez monsieur Bouet.

Un homme en vue.

Une des personnalités de la ville.

L'homme qui a débuté à 13 ans

comme mousse chez Larmentiel

et qui termine à 40 ans comme associé.

Eh oui ! Associé.

Une réussite hors-série.

À demain.

Ici, 10h30.

-Entendu comme ça. Alors, à demain.

-À demain.

Bon… Venez ici, vous.

-Des fois, t'as la roue qui tourne.

Y a ceux qui végètent et y a les réussites hors-série.

Forcément, t'en as quelques-uns que ça surprend.

Voilà.

Mais s'ils bossaient bien, ils seraient Moins surpris.

-Qu'est-ce que tu dégoises ? -Je me comprends.

-T'as de la chance.

-De la chance…

Évidemment, on peut appeler ça de la chance.

Je préfère me taire, tiens !

Mais…

Il pourrait peut-être se passer des choses.

Et plus vite qu'on le pense, figure-toi.

J'en connais qui vont commencer à comprendre leur douleur.

Et drôlement !

Ça fera pas plaisir à tout le monde, mais je m'en fous.

Et mes associés aussi.

-Au lieu de causer tout seul, viens jouer.

-Non. Ce soir, avec Fernande, on sort.

-Vous allez où ?

-Où ? Pourquoi ? En l'honneur de qui ?

Si on te le demande, dis que t'en sais rien.

-Ou alors, que je m'en tape.

--Cause... Tu m'amuses, va !

Remets-moi ça, ça vaudra mieux.

Allez, je paye une tournée générale !

Allez, hop !

Allez ! -On arrose quoi ?

-On boit et on ne me questionne pas.

Voilà, allez !

Musique enjouée

-Celui-là est moins cher.… -Tu viens ? Hop !

-J'ai pas décidé.

-Si c'est le trident que tu veux, tu l'auras. Lä !

-12 francs 30...

-Mais puisque je te dis que l'argent, ça compte plus.

-Tu m'as déjà dit ça le jour du sweepstake .

Tu m'offrais un Mouton doré, - a choisir tout de suite.

T'avais peur qu'il y en ait plus.

Ça s'est fini par une paire de bas et une ceinture.

-Qu'est-ce que tu vas comparer ?

Je te cause situation et tu me réponds bourrins.

15 bâtiments, tu m'entends ? 15 !

Et tout ça, aux ordres !

-Un jour, ça te jouera un tour. -Quoi ?

-Picoler comme tu fais.

-Viens.

-Et mon frigidaire ?

-Puisque je te dis qu'avec Larmentiel…

Comme ça, on est !

Trois heures à parler ensemble !

T'entends ? Trois heures.

-Je suis pas sourde. -Et on est associés.

-ASSOCIÉS !

-Oui !

Ah, tout de même !

Musique enjouée

Ça ! Les glacières, les conserveries…

Il garde tout ça pour lui.

Je perdrai mon temps avec la paperasserie.

Mais ça, là ! Tout ça !

À partir de demain, c'est à Émile.

À monsieur Bouet.

Tiens, 15 rafiots.

Regarde… Lä !

Plus le Ventou qu'on fignole exprès pour moi. Ha !

Maintenant que c'est sous tes yeux, tu y crois ?

-C'est le port de la Rochelle. Je t'ai jamais dit qu'il existait pas.

-Écoute, Fernande.

Je me donne du mal, je t'explique, je te tiens au courant,

mais je vais finir par te mettre une tarte.

-Devant tes futurs bureaux, ça fera bon genre !

-Oui, t'as raison.

D'ailleurs, j'ai d'autres projets.

Voilà, nous deux, ça peut plus durer.

Je veux dire : plus durer comme ça.

Car, dans mon dos, on dit que je suis en ménage avec un cul.

-Oui ! -Un cul ?

-On dit ça ?

-Non, on se gratte !

-Qu'on cause plutôt des aveuglements de l'amour.

-Non mais…. de qui tu parles ?

-D'une chanteuse qui a sacrifié sa carrière pour un traîne-lattes.

-Carrière… le Mistigri.

Enfin, passons.… Allez, va.

Tu m'as fait perdre le fil.

Je disais quoi ? -Que ça pouvait plus durer.

-Quoi ? -Nous deux.

-Exact.

Il faut qu'on se marie.

Oui. Avant, ça n'avait pas d'importance,

on dormait ensemble et puis, ça regardait personne.

Mais maintenant, je suis en vue.

J'irai peut-être à la messe, tout ça !

Comme il faut pas donner aux gens des motifs de jaser,

et que dans le fond, je t'aime bien,

alors, je t'épouse.

Voilà !

-Je t'ai déjà vu rond, mais comme ce soir, jamais.

-Tu me crois pas ? -Ben non.

-Et tout ça, là, tu me crois pas non plus ?

-Pas du tout.

-Donc, tu crois rien. -Si, que t'es bourré.

-Bon…

Viens avec moi. -Emile.

-Viens avec moi !

Deux rouges…

-Tu crois pas que ça va déborder ?

-Si tu comprenais mieux, je boirais moins.

À t'expliquer les trucs 36 fois, je me dessèche.

Puisque tu me crois pas, on va téléphoner à mon associé.

-Voilà que ça recommence.

Émile…

-Où est-ce qu'on téléphone ici ? -Tu vas pas faire ça !

Oh, Émile ! Je veux pas y aller.

-Viens, je te dis. -Non !

C'est ridicule. -Viens.

Pardon.

-Téléphone ? -Téléphone.

-Vous connaissez le numéro ? -Si je le connais ?

-Tu vas pas faire ça !

-Viens.

-C'est ridicule !

-Madame va être surprise.

Lä.

-Lä !

Vas-y.

-Faut que je téléphone ? -Vas-y.

-Bon, je vais appeler. -Appelle.

-C'est ça, je vais appeler.

-Apporte-nous deux demis.

-Patron, un rouge !

-Ça sonne. -Donne-moi ça.

AIIô ?

Allo. Ici, c'est monsieur Bouet.

Je voudrais parler à monsieur Larmentiel.

-Arrête. -Comment lequel ?

Eh ben, votre patron !

Comme si y en avait un autre.

Quel con, ce loufiat !

Il faudra que je dise à François de le virer.

Allô ? C'est Émile.

Bonsoir, M. Larmentiel.

Je m'excuse de vous téléphoner à cette heure-là,

mais je me rappelle plus si c'est demain matin

ou demain après-midi qu'on doit se voir.

J'ai oublié mon carnet de rendez-vous.

-Demain, 10h30, mon cher Émile.

*-Ah bon ?

*C'est chez vous ou au bureau ?

-Eh bien.…. au bureau.

À moins que vous préfériez…

-Non, non. C'est parfait comme ça.

Parfait, parfait.

Bon ! Alors, à demain.

Et excusez-moi encore, M. Larmentiel.

Bonsoir. Au revoir, M. Larmentiel.

Alors, tête de frein…. HM ?

Qu'est-ce que tu dis de ça ?

*Musique classique

-Vous ne semblez pas au jeu.

-Hm ? Mais si.

Pendant que j'y pense…..

Un soir de cette semaine, j'inviterai Emile Bouet à dîner.

J'aimerais que tu sois là.

-Je vois vraiment pas l'intérêt.

-Mon petit,

les hommes qui, à tes yeux, présentent de l'intérêt

en sont généralement dépourvus. Exemple, ton cousin Simon.

Bouet

est un homme d'une extrême valeur.

Travailleur, dynamique,

et chose importante de nos jours,

ayant réussi par lui-même.

-Réussi quoi ?

-Tout.

Il a débuté chez nous comme mousse,

et je compte en faire le directeur général de nos pêcheries.

J'espère même le mener beaucoup plus loin.

Émile est un enfant naturel

et j'aimerais créer entre lui et nous un lien de parenté.

Enfin.…

Qu'il trouve chez nous le foyer qui lui a toujours manqué.

-À vous de jouer.

-J'y compte bien.

C'est drôle comme le physique peut être trompeur.

Émile a l'air comme ça d'une bonne brute.

Or, c'est un garçon pétri de délicatesse.

-Nom de Dieu, je vais foutre ton rideau en l'air si t'ouvres pas !

-Hé ! Mais vous êtes fou, non ?

Vous voulez que je descende ?

-Oui, c'est ça qu'on veut. -Pardon, monsieur.

Vous auriez un électrophone à 4 vitesses ?

-Oui, j'en ai. Mais à cette heure-là, je les vends pas.

À cette heure-là, je dors.

-Chéri, fous-y son rideau en l'air.

-Tiens-moi ça.

-Oh non !

Non !

Arrêtez, je descends !

Je descends !

-C'est quelque chose de voir ça !

-Celui-ci, c'est le modèle luxe. Avec deux haut-parleurs.

Les graves et les aigus sont séparés.

L'arrêt automatique.

Mais le prix n'est pas le même.

*Musique salsa

-Le prix.

-On pourrait vous acheter votre boutique.

-Je dis ça parce que j'ai aussi le modèle junior.

-Non, je l'avais : il nous a pas fait l'Usage.

-T'as peut-être assez écouté maintenant.

Ajoutez aussi un paquet de disques.

-Je vous mets quel genre ”

-Musique seulement. C'est pour m'accompagner.

Gladys, vous avez entendu parler ?

Le Mistigri.

Nantes…

Et ça prétend..…

Enfin !

-Je vais vous faire un paquet et établir votre bon de garantie.

Musique enjouée

-Pour pas que tu te mouilles, je vais te porter.

-Je peux marcher toute seule.

-Non, je vais te porter.

Je veux pas que tu te mouilles les pieds.

-T'es fatigant. -Allez, viens.

Allez !

-Dis donc, Émile !

Faudrait savoir ce que tu veux.

-T'occupe. -Hein ?

-Allez, hop !

Et c'est parti !

-Mes accompagnements sont foutus.

-C'est bien toi, ça. Regarde-moi ça !

-Oh, Rêve d'amour .

-Oh là là ! -Les Melons .

-Aussitôt acheté, aussitôt cassé !

-Ah, tu sais.…

-C'est à vous dégoûter de faire plaisir.

-C'est pas bientôt fini, non ?

-Allez, plus de disques,

plus besoin de tourne-disques.

Voilà ce que j'en fais

de ton bazar !

-On peut dormir à la fin ?

-Qu'est-ce qu'ils ont ?

-Laisse tomber. Je fais celle qui les entend pas.

Ha ! Je les méprise.

On répond pas à des paumés.

On vous laisse à vos Îlots insalubres.

On est pas du même monde.

Viens, Mimile.

Viens, qu'on les voie plus.

-Ah là là !

-Vous avez entendu ?

-Attends…

Regarde donc.

-C'est quoi ?

-Mets donc ça dans ton sac.

Le perds pas, c'est notre bon de garantie.

-Alors, tu pars ?

-Oh, merde !

-Moins fort, je vais encore avoir ma migraine.

-Si t'avais moins picolé, t'aurais pas ta migraine.

Moi non plus, d'ailleurs.

-Tu peux pas être gentil deux jours de suite ? C'est quelque chose.

-Dites-moi.…

Avec les lois actuelles, combien de temps après le mariage

peut-on engager une procédure de divorce ?

Hein ?

Ça dépend ?

Ça dépend, ça dépend.…. De quoi ?

-M. Bouet est là, monsieur. -Un instant.

Oui, enfin… C'est pour moi, oui.

Qui, pour moi.

Oui.

Passez me voir ce soir.

C'est ça. Oui.

Mon cher ami, quand on a atteint une certaine position sociale,

on est tributaire de certaines contingences.

Un exemple. J'adorais l'accordéon :

mon père m'a infligé un professeur de violon.

Et moi, J'ai fait apprendre le piano à ma fille.

Car l'accordéon, ça ne se fait pas.

Vous voyez ce que je veux dire ?

-Moi non plus, je suis pas très porté sur l'accordéon.

-Enfin, je dis accordéon…

Ça peut vouloir dire manière de vivre,

choix des gens que l'on fréquente.

Bah ! Un gaillard comme vous sait ça mieux que moi.

Reprenons nos affaires.

J'ai fait préparer un projet de contrat.

Voulez-vous que nous le regardions

ou préférez-vous qu'un homme d'affaires…

-On devrait bien en arriver à bout.

-Oui.

Messieurs,

je vous présente le nouveau capitaine d'armement.

Plévedec, chef mécanicien.

Camus, patron de pêche.

Vous le connaissez.

Et Ardouin, radio.

Désormais, si quelque chose cloche dans votre domaine,

c'est à M. Bouet que vous devrez en référer.

Plus à moi.

-Salut, les gars.

Ça vous dirait qu'on fasse tourner le moteur du treuil ?

-J'ai pas fini de le régler.

-Pourquoi ça ?

-Mon mécano est au mariage de sa sœur.

-Ah ?

Alors, on va se payer une petite inspection.

Il va falloir renoncer à votre programme.

-Quel programme ?

-Celui de me le mettre dans l'os.

-Pour la bagnole que t'a achetée Émile et pour ton permis, bravo !

Tu lui fais la surprise, re-bravo, mais m'encadre pas ma tire.

-N'aie pas peur, c'est juste une reprise en main.

Des voitures, j'en ai conduit. Même des modèles sport.

-Je sais pas comment c'est sur les modèles sport,

mais ici, c'est comme ça :

t'as la première en bas,

la seconde en haut, la marche arrière en haut à fond.

-Et la 3e et la 4e ?

-Contente-toi de la marche avant et arrière.

Tâche d'y aller mollo. -Fais-moi confiance.

-Téléphone, dépêche-toi !

-Mollo.

-Cet abruti m'a pas vue arriver.

-Artiste lyrique ? -Chanteuse, oui.

-Madame chante dans les cours ?

-Gladys, ça vous dit rien ?

-Non.

-Mettez-vous avec lui !

Attention, je pourrais vous montrer.

-Montrez-moi donc votre permis.

-Soyez poli.

-Ça a l'air d'aller.

-C'était l'injecteur. Ça va tourner rond.

-Lâchez-moi.

C'est un monde, ça ! Je n'irai pas.

Voulez-vous me lâcher ?

Vous avez tort car je vais vous faire tous révoquer.

-C'est ça. -Vous entendez ? Tous.

Ça va barder.

-Émile Bouet !

-Oui ?

-Il nous arrive quelque chose d'ennuyeux.

La personne avec qui vous vivez,

que je me plaisais à ignorer…

-Fernande ? *-Oui.

*Elle vient d'être arrêtée par la police.

Conduite sans permis.

Outrage aux agents et scandale sur la voie publique.

*Tout le palmarès, quoi !

-Bon, j'arrive.

-François Larmentiel. -Le commissaire m'a téléphoné.

Cette dame est libre.

-Voulez-vous lui dire vous-même ?

-Vous pouvez partir.

-Tout de même !

C'est pas dommage.

Tu peux pas savoir les voyous que c'est.

-Vas-tu te taire ?

-Me taire ? T'en as de bonnes !

Molestée, mise en cage… Je dois dire merci ?

Y en a un qui m'a traitée de morue.

-Quoi ? C'est lequel qu'a dit ça ?

-Vous ne croyez pas que ça suffit ?

-Passe devant.

-Décidément, c'est la journée. -Allez !

-Vous connaissez la vie, monsieur.

Y a des jours où les gens s'énervent.…

-Occupez-vous de ce qui vous regarde.

-Il m'a dit ni bonjour, ni au revoir.

Grossier personnage !

-Ça, c'est un monde ! -Pourquoi ?

-T'as vraiment plus le sens de rien.

Tu me fais un scandale pour mon premier jour et tu râles ?

C'est beau. -Merci, je suis aidée.

Ton patron me snobe, on m'insulte et tu dis rien ?

-Dire quoi ? Ça te suffit pas ?

Au passage, ton accordéon, j'en ai ras-le-bol.

Je sens que je vais tâter du piano. -Quoi ?

-Je me comprends. -Mais Emile !

Émile, attends-moi.

Musique douce

-Ah, cher Émile !

J'ai craint que vous ne soyez empêché.

Vous ne pouvez pas savoir comme je suis heureux de vous voir ici.

M. Bouet, notre nouveau capitaine d'armement.

Ma fille, Claude.

-Monsieur.

-Enchanté, mademoiselle.

-Whisky, pastis, champagne ?

Vous préférez un petit vin blanc ?

Le muscadet de mon beau-frère : une merveille.

Ma chérie, va dire à Robert de monter une bouteille.

-Je voudrais pas déranger. -Mais non.

Claude adore s'occuper de la maison.

Je l'ai élevée comme ça.

Une licence d'anglais, mais les arts ménagers.

La culture moderne, mais les vieux principes.

-Oh, y a que ça !

-Mon cher Émile,

vous savez l'affection que je vous porte.

J'ai été navré de l'incident de cet après-midi.

Le principal est que ce soit arrangé,

mais l'essentiel serait que ça ne se reproduise pas.

-Alors là,

comptez sur moi. J'ai pris des mesures sévères.

-Et pourquoi "des"” ?

Vous ne croyez pas qu'une seule suffirait ?

-Papa, pouvez-vous venir un instant, s'il vous plaît ?

-Excusez-moi. Asseyez-vous.

-On est allés chercher votre vin blanc.

-! fallait pas, mademoiselle. La boisson, moi.…

-Tiens ! Je croyais que les marins ne méprisaient pas la bouteille.

-Si vous causez patron-pêcheur, d'accord.

Mais quand on est dans les affaires comme votre papa et Moi,

ce qu'il faut, c'est surtout du chou.

T'as plus de cigarettes ?

-Où ça ? -Le machin.

-Quel machin ?

-Le machin, là. Le truc qu'est devant toi.

Il passe pas. Ça doit être le filtre

qui est bouché.

-Débouche-le.

-Si je fais ça maintenant, t'auras pas ton caoua avant midi.

Tu sais, j'ai réfléchi.

Au lieu d'une auto, on devrait s'acheter un perco.

Bon, c'est pas le même usage.

La voiture amène d'autres satisfactions.

-Pour ça, on en a déjà eu hier.

Qu'est-ce que c'est ? -Quoi ?

-Ce que t'as sur le dos. -Ça te plait pas ?

Y a pas mieux chez Florette.

-Elle a dû tenir un claque, ta Florette. -T'es gracieux.

-J'ai faim. -Ben, bouffe.

Y a du café. Et voilà du sucre.

-Le sucre, ça se sert dans un sucrier. Et ça se présente avec une pince.

-Voilà autre chose !

-Ah, évidemment, c'est pas chez les Larmentiel…

Enfin !

C'est normal, t'as toujours vécu avec des paumés.

-Je te le fais pas dire.

-C'est comme tes savates.

Non, mais tu t'es pas vue ?

Tu fais rire. Si quelqu'un venait.…

Ça fait partie de l'ensemble : on vit dans une roulotte.

C'est pas Mlle Larmentiel qui laisse traîner son slip dans le salon !

Je cause dans le vide : tu comprends rien.

-Tu m'emmerdes et pas qu'un peu !

T'as la tête qui enfle ? Voilà que tu causes entre guillemets.

Hier, l'accordéon, aujourd'hui, Mlle Larmentiel.

- Ca commence à bien faire.

Depuis que tu frayes avec les bourges, je te fais honte ?

Si tu te plais tant que ça chez eux, couches-y. Moi, je me tire.

On sacrifie sa carrière à des salauds pareils.

Gros bouffi !

-T'oublies rien ?

-Si, toi. Et définitivement.

-Dis pas ça, tu me fais une peine affreuse.

-Ah !

Voilà le restant de l'argent de la semaine. Ton pognon.

Achète-toi une pince à sucre.

-Les gars, tenez-vous bien.

Vous y êtes ?

J'ai viré Fernande. Et voilà !

-Ça fait qu'une fois de plus. On arrosera les retrouvailles.

-Compte là-dessus. Tu connais pas Émile.

Je ne reviens jamais.

-Ça s'est pourtant déjà vu. -Ça se verra plus.

Jamais plus.

Après deux ans de bagne, je suis de la classe.

Et si je reprends une femme, c'en sera une d'intérieur.

Je suis un homme nouveau, tourné vers l'avenir.

Et remets-nous ça.

Musique douce

Dire que je commande 15 bateaux

et que je suis là à ravitailler en homards les touristes.

Faut encaisser ! -D'autant que t'as plus Fernande.

-J'aime autant, figure-toi.

Aide-moi au lieu de me regarder.

Y a pas que le plumard dans la vie. Ou alors, tu te fais du tort.

Les femmes sont bonnes qu'à ça ou à la cuisine.

Kamasoutra ou bœuf en daube, au choix ! T'as pas les deux.

-Si elle avait été aussi douée en bouffe qu'au pieu,

elle ouvrait une pension de famille.

-Qui ça ? -Fernande.

-Dis donc, enfoiré !

Sois poli avec mon ancienne femme !

-Fais pas ça ! -Je vais me gêner !

-Je sais pas nager ! -Il est temps d'apprendre !

-Je dis comme toi, bon Dieu !

-Moi, je fais ce qui me plaît !

Et Fernande, c'est pas tes oignons !

Je vais t'en foutre des pensions de famille.

Que je t'entende plus.

La prochaine fois, t'auras affaire à eux.

-Qui ça ? -Les homards.

-T'aimes pas le lapin ?

-Si.

-Pourquoi tu manges pas ?

-Le beaujolais a dû me couper l'appétit.

-T'en as bu deux. D'habitude, c'est dix.

-Alors, ça doit être la fatigue.

Je vais me coucher.

Au revoir, Camille.

Salut, Léon.

-Bonsoir, Émile.

-Tu devrais lui demander ce qu'il a.

-Sûrement pas. D'autant que je le sais.

-Quoi ?

-Y a huit mois, il a cogné Gaston. Ce tantôt, il a failli noyer Marcelin.

Si t'as des curiosités, moi pas.

Musique triste

-Ho, Léon ! Prête-moi ta clé, je te la rends demain.

-Quelle clé ? -La clé de ta voiture.

-Tu veux me la finir ? -Allez donne, quoi !

-La carte grise est.…

T'as le feu au train ?

Dans la pochette !

Celui-là...

-Vous êtes sûr que telle est votre volonté ?

-Votre accablement me prouve que vous m'avez parfaitement compris.

-Bon.

Je vais vous le relire.

"J'institue pour mon légataire universel

"monsieur Émile Bouet, demeurant à la Rochelle.

"Je révoque toute disposition testamentaire antérieure au présent.

"Signé : Charles-Edmond Larmentiel."

-Simple avertissement oral :

ne vous avisez pas, mon cher Maître, de changer de camp.

-Je ne vois pas où vous voulez en venir.

-À ceci :

S'il venait à l'idée de monsieur Frère de contrarier

en quoi que ce soit les dispositions que nous venons de prendre,

Sœur Angélique brandirait le testament de secours.

-Vous en avez fait un autre ? -Oui.

Qui ! Dans lequel il est dit

que si Émile Bouet est déshérité de quelque manière que ce soit,

ma fortune ira aux jésuites.

Pour les arnaquer, ceux-là, bonjour ! N'est-ce pas, ma sœur ?

-Comme un bateau qui sombre Comme un rideau qui tombe

Sur un théâtre d'ombres le jour touche à sa fin

Une journée s'ajoute à notre longue route

Où s'en vont en déroute nos rêves incertains

Blottis l'un près de l'autre nous revoyons nos fautes

Et rejetons sur d'autres les erreurs du passé

N'attends pas de miracle La vie est un spectacle

Voici le dernier acte Tout peut recommencer

Notre amour se ressemble

On le croirait tout simple

Mais sous son apparence d'indifférence

il se tourmente

Notre amour se ressemble

Il nous prend pour exemple

Et coule insaisissable comme le sable

-C'est gentil de venir me voir. -Je passais.

-Tu vas bien ?

Toi aussi à ce que je vois.

-J'ai encore une bonne table. Celle du commissaire.

Tu arrives au bon moment.

Je te mets une bouteille ? -Une bière.

-Il est notre enfant triste

Mais au moins il existe

Il est cette habitude de double solitude

qu'on appelle l'amour

Notre amour se ressemble

Il nous prend pour exemple -Ça va, on la connaît !

-Et coule insaisissable comme le sable -Montre ton cul,

ça vaudra mieux.

-Il a ton inconstance

-À poil !

-Et mes humeurs changeantes

Accablé de problèmes

quelquefois même il s'en invente

il est notre enfant triste

Mais au moins il existe

Émile !

*Musique tango

-Barman, un peu d'eau !

-Émile ?

Émile ?

Faites quelque chose.

Les laissez pas comme ça. Emile ?

T'as mal ?

-Bof...

Je voulais te dire…

Tu sais, ta chanson, ce soir.…

Elle était très bien.

-Tu pourrais quand même m'embrasser.

-Complique donc pas.

-À chaque fois, dans cette voiture, c'est le déshonneur.

-Qu'est-ce qui te fait rire ?

Monsieur s'est emballé, et maintenant, il a des regrets.

-Que veux-tu que je regrette ?

J'ai rien à regretter.

Tu sais pas ce que c'est

que quinze bateaux, toi ! -En tout cas, ça m'épate pas.

-Oui, mais c'est ce que je paume grâce à toi.

-Oh, elle est sévère,

celle-là !

Si c'est ça, causons.

Je t'ai pas appelé. T'es venu me chercher.

-Et au final, t'es là. -Je peux m'en aller.

-Qu'est-ce qui te prend ?

Qu'est-ce que j'ai dit ? Quoi ?

Quand une bonne femme veut pas comprendre…

-Explique-moi : je comprendrai mieux.

-Eh ben, c'est très simple.

Tout ce qu'y a de plus simple.

-Alors, dis-le simplement. -Me coupe pas !

Voilà…

Je veux pas te paumer à cause de Larmentiel,

et je veux pas paumer Larmentiel à cause de toi.

J'ai débuté comme mousse à 13 ans. Et bientôt, je deviendrai quelqu'un.

15 bateaux, la respectabilité, la retraite, tout ça…

Fernande, mets-toi à ma place quand même !

-Essaye aussi de te mettre un peu à la mienne.

Tu vas, tu viens, tu me prends, tu me jettes.

J'encaisse, je dis rien.

Faut savoir ce que tu veux.

-Ce que je veux, c'est.…

C'est les bateaux, le jour…

et puis toi, la nuit.

Parce que moi… Me passer de toi, je peux pas.

Pour ça, faudrait que je t'aime plus.

Évidemment, quand on s'aime plus, c'est du billard.

Y en a un qui s'en va, l'autre qui s'en fout.

Malheureusement, on en est pas là. -Non. Pas encore.

-Tu veux pas comprendre, t'es comme Marcelin.

Je lui disais ce tantôt : “"Dans la vie, y a pas que le plumard."”

-Ah oui, y a quoi ? -Ben, y a…

-Mon pauvre gros, va.

Ça pense trop, ça, madame.

Ça fatigue.

T'as jamais appris à l'école, qu'on peut pas additionner

les bateaux et les bonnes femmes.

Allez, on va dormir.

Ça nous reposera.

Musique douce

Ah ben, alors !

S'il voulait pas déjeuner, il pouvait le dire.

-On l'a pas vu de la matinée.

Toi, ça a l'air d'aller.

-À Nantes, j'ai perdu 2 kilos.

-Parce que t'étais à Nantes ? -Un peu, oui !

Je suis passée au Mistigri.

-Et alors ?

Ça a pas marché ? -Pas marché ? Ha !

Je faisais un malheur. Tous les soirs, salle pleine.

Mais c'était pas exactement mon public.

-M. Bouet, s'il vous plaît ?

Il n'y a personne chez lui.

Remettez-lui ceci. De la part de M. Larmentiel.

-Ce sera fait. -Je peux m'en charger. Je suis sa dame.

-Je compte sur vous.

-Ils disent jamais bonjour, ces cocos-là.

-Il dit qu'il veut me voir, c'est tout.

Ça m'étonnerait que ce soit pour me féliciter.

-Un café, ça te remontera.

-Tu me trouves pas assez énervé comme ça ?

-Ou alors, une camomille ?

-Camomille… Tu m'as déjà vu boire de la camomille ?

Au revoir. -Ben, un sucre.

-Quoi ? -Un sucre !

-Je suis pas sourd. -Non, mais t'es miro.

-Bon, à tout à l'heure.

Vous m'avez fait demander ?

C'est rien. Je me suis cogné.

-Navrant. Venez.

Savez-vous qui est cette personne ?

-C'est monsieur Larmentiel.

-Oui.

Et c'est votre grand-père.

Je ne vous ai pas fait venir ici pour vous reprocher vos incartades,

mais pour régler une affaire de famille.

Vous êtes le fils naturel de mon frère.

Il s'est installé à Tahiti.

Je n'y peux rien,

mon cher neveu, mais vous êtes un Larmentiel.

C'est pourquoi j'ai voulu tout essayer. Tout.

Pour réparer, pour faire du Larmentiel

que vous êtes, le Larmentiel

que vous auriez pu devenir.

Vous avez tout gâché.

Par exemple, le retour de la personne que vous savez.

Je vous ai offert une situation. Mieux, je vous ai tracé une voie.

Toutes les ambitions vous étaient permises.

Le fauteuil directorial, sûrement.

L'association, sans doute.

Et une union, peut-être.

Vous avez 40 ans, ma fille en a 28.

Voyez votre intérêt.

Faites un retour sur vous-même.

Je vous laisse avec lui.

-Dis donc,

je pensais à ça cette nuit…

Ta mère habite toujours Rouen ? -Oui.

-Y a longtemps que tu l'as vue ?

-8 ans. Quelque chose comme ça.

-Et ça te manque pas ?

-Pas du tout.

-Quand elle mourra, tu te diras que t'aurais dû y aller.

Crois-moi, je connais la vie.

-Eh bien, ça n'a pas l'air d'aller,

Émile. -ON si, ça va.

Ça ira encore mieux demain.

Fernande retourne chez sa mère ce soir.

-Ah bon ? -À propos,

J'aurais besoin d'un billet pour Rouen.

-Un aller et retour ?

-Non, un aller simple.

-Je m'en occupe immédiatement.

-Ce soir, je pourrai pas te ramener tes homards avant 10 heures.

-C'est rien, il m'en reste.

-Un coup, c'est oui. Un coup, c'est non. Faudrait savoir !

J'en ai marre de faire plaisir. -Amène-les, te fâche pas.

-T'auras besoin de moi ?

-Je sais pas, je verrai.

-Faudrait que je sache. -Je t'ai dit : "Je verrai !”

Musique sombre

-Oh, merde !

-Je travaillais comme ça quand on m'a viré.

-Je vais t'essuyer ça.

Musique triste

-Remets-moi ça.

-Alors Mimile, tu payes le coup ?

-Allez, viens. Viens faire un 421.

Donne-moi la piste.

Musique sombre

-Tu y es, oui ? -Ben oui, quoi !

Oh, merde….

-Dépêche-toi, Fernande. -Oui, mais par le froid qui court.

Je suis prête.

-Magne-toi, tu vas louper ton train.

-J'ai oublié mes gants.

Donne-moi la clé.

Musique triste

Tiens. Allons-y.

Ben Émile, écoute !

Musique sombre

-Merde ! J'ai oublié de relever mes casiers.

-T'iras demain.

-Allons-y maintenant, on a juste le temps.

-Maintenant ?

Musique sombre

-Viens, quoi !

Musique intrigante

Musique majestueuse

Musique intrigante

Musique sombre

-On est pas assez loin comme ça ?

C'est pour ça que tu as bu ?

Tu voulais me tuer.

Mon pauvre Émile.

-Fernande.

Fernande !

Musique majestueuse

Musique douce

-Mais…

Je vous dis que Monsieur n'est pas là.

-L'autre, où il est ?

-Un peu de tact, M. Bouet.

-Du tact ?

Mais quel tact ? -Votre père vient de mourir.

Il repose dans sa chambre.

-Ah, parce qu'en plus, il était là ?

Vous êtes une belle bande d'ordures !

Ce que je veux, c'est l'autre. Le tonton.

Le fin causeur.

Il est pas parti à Tahiti, lui ?

-M. Bouet, la douleur vous égare.

-Vous, le bon gros, vous faites partie de l'ensemble.

Alors, un peu de tact vous aussi ou je vous claque la gueule.

Dire que c'est pour des pourris pareils

que j'ai failli buter Fernande.

Pauvre con, va.

J'ai failli faire ça. Oui !

Pour être gentil, pour faire plaisir !

À cause du grand-père !

An tiens, l'autre salope !

-Vous êtes quatre.

Vous êtes quatre.

Et vous avez laissé faire ça.

-Nous aurions pu être cinq si vous étiez descendu.

-Fernande ?

Tu manges ? -Ben oui.

Assieds-toi.

-Tu t'es un peu réchauffée ?

-Tu veux pas une autre douzaine ?

Tu veux pas un peu de vin blanc ?

-Ah ben, voilà !

-Camille, y a pas de vin blanc.

-Elle m'en a pas demandé.

-"Elle" ? Tu peux pas dire "Fernande" ?

C'est vrai, ça…

T'as pas monté ta valise ?

-Et.…

tu comptes pas la monter ? -Ah non.

-Ah….

-Si, remarque…. Et je peux te porter si t'es fatigué.

-Voilà le vin blanc. Tu dînes pas ?

-Si, il va manger.

-Je vais vous faire griller un homard.

Ah ben, dis donc.…

En tout cas, vous vous marrez bien.

-On peut vraiment pas se quitter. On se marre trop.

Musique douce

Sous-titrage : HIVENTY

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.