All language subtitles for 1973 - Les Noces Rouges1973 - Les Noces Rouges1973 - Les Noces Rouges

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Original subtitles

Laisse-moi, je t'en prie.

Mais ne crains rien. Je n'ai pas d'intentions.

Excuse-moi.

Je ne me sens vraiment pas bien.

Tu veux que je dise au toubib de passer ?

Bof.

Je suis gavée de médicaments.

Je vais me coucher.

Je prendrai un bouillon de légumes.

Encore, tu crois ?

À ta place, je prendrais de la nourriture un peu plus solide.

Tu as du poulet froid dans le frigo.

- Bonjour, monsieur l'adjoint. - Bonjour, madame.

Bonjour, madame.

Bonjour.

Eh, Pierre !

Comment vas-tu ?

- On fait un bridge ce soir ? - Non.

- Comment va Clotilde ? - Toujours pareil.

Si tu vois le toubib, demande-lui de passer.

- D'accord. - Au revoir.

- Tu attends depuis longtemps ? - Ça ne fait rien.

- Mon amour. - Viens.

Oh, je t'aime. Je t'aime.

Je t'aime.

C'est tout pour aujourd'hui.

Oh, mon chéri.

Ça n'a pas d'importance.

Je voudrais dormir avec toi.

On pourrait peut-être retourner au château ?

C'est pas très prudent.

Pas prudent...

Je t'aime.

À demain.

- Bonsoir, maman. - Bonsoir.

- Paul est déjà de retour. - Oui, je sais, j'ai vu sa voiture.

Tu es arrivé plus tôt que d'habitude.

Oui, j'ai regretté ton absence.

J'aime que ma femme m'attende à la maison.

Ah, je recommencerai plus.

Je suis crevé. Qu'est-ce qu'on mange ?

Du poulet.

Lefranc, qui est une belle salope

sous ses airs bonasses.

Un beau dégueulasse, une ordure, pourri...

Une pourriture puante. Enfin, bref.

Il m'a déconseillé,

avec toute la pudeur qui le caractérise,

d'intervenir directement auprès du ministre.

Moralité, l'affaire m'est passée sous le nez.

J'étais si furieux que je suis parti à la suspension de séance.

Ils commencent à m'emmerder avec la mémoire du Général.

Tu dis ça parce que tu es en colère.

Écoute, je tiens bien la municipalité,

je suis sûr d'être réélu aux législatives.

Ils ne peuvent pas tous en dire autant,

crois-moi.

Ça, je m'en doute.

Depuis que Frantz et Alfred sont arrivés,

j'ai l'impression de vivre au paradis.

Il ne manquait plus que vous, cher Honoré.

Ah, je reprendrais bien une goutte de café.

Tiens.

Ah, je suis crevé. Je vais me coucher.

Tu m'excuseras.

Bien sûr.

Vous allez vous tuer au travail.

Je ne saurais en dire autant à ton sujet.

Oui, mais une femme, ça n'a aucun rapport.

Oh, il y a des femmes députées-maires.

Ma chère Hélène, demande à ta mère si elle n'a pas été contente

que je te donne une éducation et que je paie tes études.

Ravie. Et aussi que tu veuilles de moi, j'étais ravie, mon chéri.

Mais tu me rends très heureux.

Vous me rendez très heureux toutes les deux.

Merci.

Je ne comprends pas comment vous pouvez regarder ces inepties ?

Mais c'est à vous, les...

élus de la Nation

de faire le nécessaire.

Bonsoir.

Bonsoir, maman.

Maman ?

Il s'est endormi ?

Sans doute. Viens.

Chut.

Allez, au lit.

Nous sommes très heureux

et très honorés, monsieur le député-maire,

de vous accueillir,

et vous aussi, madame, à cette fête de fin d'années.

Nous savons quel homme occupé vous êtes,

et avec quelle ardeur et quel talent

vous défendez les intérêts de notre province

devant le parlement.

Nous vous sommes d'autant plus reconnaissants

d'être parmi nous ce soir.

Mes chers amis, grands et petits...

Bravo, madame Delamare. Merci beaucoup.

Merci encore d'avoir bien voulu donner ce coup d'envoi.

Vous remercierez M. le député-maire d'assister à cette rencontre.

Et on pense, d'ailleurs, qu'il sera ravi.

C'est un match capital, vous savez.

L'an prochain, je pense bien amener mes petits gars en promotion.

Vous serez pas mécontents d'avoir assisté à cette rencontre.

Remerciez encore M. le député-maire. Merci, madame.

Tu vois le type...

là-bas, avec les bras croisés, qui a un aspect assez...

Il faut que je t'en parle. Il s'appelle Pierre Maury.

On me conseille de le prendre sur ma liste pour les municipales.

C'est plutôt le genre à gauche, tu vois,

il pourrait entraîner les hésitants.

Et comme ça, Mahé serait complètement dans les choux.

Tu m'écoutes ?

Oui, je t'écoute.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Je ne sais pas, je ne le connais pas.

Je vais l'inviter.

Madame Delamare ?

Oui.

Pierre Maury.

Bonjour.

Monsieur le maire m'a fait l'honneur

de me demander de figurer sur sa liste

aux prochaines élections municipales.

Ah oui, il me l'a dit, oui.

Dois-je accepter ?

Pourquoi pas.

Je vous présente ma fille.

Votre fille ? Vous avez une si grande fille ?

Mais oui.

Maman pense pas à vous dire

qu'elle était très jeune quand je suis née.

- Bonjour, madame. - Bonjour.

Je ne vous dérange pas ?

Oh, pas du tout. Mon Dieu, non, je lisais.

J'étais en train de lire.

J'allais m'endormir, d'ailleurs. Entrez, je vous en prie.

Avant son départ pour Paris, M. Delamare m'a demandé

de lui réunir une petite documentation

sur le terrain Glangeaud,

derrière le château.

Voilà.

Mais mon mari ne rentre qu'après-demain.

Je sais, mais il me semble que ces papiers sont...

mieux ici que chez moi.

Vous voulez boire quelque chose ?

Oui, avec plaisir.

Du thé ?

Du thé, très bien.

Je vais le faire, la bonne est sortie.

- Je ne veux pas vous déranger. - Mais vous ne me dérangez pas.

Est-ce que je peux vous aider ?

Oh, avec plaisir.

On dit que votre femme est souffrante.

Oui, c'est un état chronique chez elle.

C'est dommage.

Je crois qu'elle ne tire pas beaucoup de plaisir de l'existence.

C'est pas une raison pour se rendre malade.

C'est bien mon avis.

Je sais pas ce qui m'arrive.

Moi non plus. J'ai le vertige.

- Ça va être horriblement compliqué. - Oui, horriblement.

Mon ange.

Je n'ai jamais fait l'amour comme avec toi.

Qu'est-ce que c'est ?

Parle pas. Ne parle pas.

Tiens, une godasse. On va essayer de l'attraper.

On a pas le temps. D'abord, là, il y a pas de poissons.

Mon papa a dit qu'il fallait pêcher là-bas.

- Là, il y a rien du tout. - Je m'en fous de ton papa.

Il y connaît rien à la pêche.

Allez, on y va quand même.

Tu te rends compte.

Si on nous découvrait, quelle horreur.

Delamare. Delamare.

- Delamare. Delamare. Delamare. - Delamare.

- Mahé. - Delamare.

- Couchaux. - Delamare...

Alors ?

- C'est bien. Bien. - C'est dans la poche, mademoiselle.

- Ils sont pas près de vous déloger. - Eh ben, tant mieux.

- Nous sommes bien implantés ici. - Oui.

Mon cher Maury, nous allons siéger ensemble.

Je vais vous proposer comme adjoint.

Madame.

Couchaux.

Mademoiselle.

- Ça vous intéresse ? - J'adore la politique.

Allons bon, voilà autre chose.

- Je suis de gauche. - Ah.

- Moi aussi, je suis de gauche. - C'est pas la même gauche.

Il faut que je sois demain, à 11 h, à Paris.

Non, pas par là. Par ici, s'il vous plaît.

Ici, la galerie du 1er étage, qui mesure environ 80 m de long...

Sur votre droite et votre gauche...

...deux magnifiques vases en porcelaine de Chine.

Le grand salon d'apparat.

Salon Empire offert au prince de Courlandes

par les dames de la cour du roi Ferdinand VII

lors de sa résidence au château pendant six ans.

Les tapisseries des sièges sont au petit point de Saint-Cyr.

Au centre, la table du Congrès de Vienne.

Suivez le guide, s'il vous plaît.

C'est la galerie des salons.

Devant la porte d'entrée, un cartonnier d'époque Empire.

Au-dessus, une reproduction en bronze d'Ariane du Vatican.

La princesse de Chalais, née de la Frimouille,

mariée en seconde noce au prince Désir V.

Le portrait du roi de Saxe,

donné au prince de Courlandes et peint par Gérard.

Sur votre droite, une commode Louis XVI.

Je suis le roi d'Espagne.

- Tiens. - Oh.

Viens, viens, viens.

- Tu es fou, toi. - Pourquoi ?

C'est tranquille, ils ferment dans deux minutes.

- Ils vont nous enfermer, alors. - Non, j'ai la clé.

Mais dis donc, si on nous découvrait.

Non, il y a 60 pièces.

Ça t'excite pas de faire l'amour dans un lit historique, toi ?

C'est toi qui m'excites.

Dis donc, on est les rois ici.

Ma reine.

Attends.

Oh, merde.

Ça gicle partout, attention.

Et alors ?

Tiens.

- Il est chaud. - Et alors ?

Alors, il est chaud.

J'avais 17 ans quand elle est née.

Tu étais amoureuse ?

Je l'aurais bien faite passer, mais je savais pas comment.

Et lui, il s'est tiré, je l'ai jamais revu.

Il s'appelait Léopold, tu te rends compte ?

- C'est un nom comme un autre. - Ah, je ne trouve pas, moi.

Et après ?

Et après, je suis restée à Châteauroux.

Où tu vas ?

Chercher une cigarette.

Mes parents se sont occupés de la petite,

ils l'ont pris avec eux.

Oh, ça allait pas bien loin.

C'est là que j'ai trouvé une place dans un magasin de chaussures.

Tu voyais des types ?

Ah, un petit peu.

Il y avait une base américaine dans le coin, à l'époque.

Et puis, mes parents, ils sont morts à trois mois d'intervalle.

Alors, là, ça a été dur, car j'ai dû reprendre la petite.

Et puis, j'ai continué à travailler.

Et j'ai eu un an, un an et demi très, très pénible.

Et c'est là que j'ai rencontré Paul.

C'est de la veine, ça.

Tu parles si c'était de la veine.

Formidable. Formidable.

Mais tu vois, ça aurait pu être mieux.

Comment ça ?

Écoute, je vais pas te faire un dessin.

C'était... Tu vois, c'était... très, très, très calme.

Très, très, très, très calme. Tu vois, le calme plat.

Tu l'as trompé ?

Eh ben, non. Non, je l'ai pas trompé.

D'abord, parce que j'avais peur. Et puis, après..., tu sais,

vraiment, je pensais même plus.

Quelle heure il est ?

08h00, 08h30.

Tu pouvais pas me prévenir un peu plus tôt ?

Ma pauvre chérie.

On baise dans de beaux décors, mais ça a un petit côté sordide.

Oh, ça vaut mieux que rien. Hein ?

Il semble bien qu'une bande de jeunes de la ville ou du voisinage

commence à se croire tout permis.

Il faudrait s'en occuper, M. le maire.

On leur reproche quoi ? Ils font du bruit ?

Non seulement ils font du bruit,

mais ils se conduisent d'une façon déplorable.

On se demande même s'ils ne campent pas dans le château.

C'est quoi cette histoire ?

Eh bien, à différentes reprises,

on a trouvé dans plusieurs pièces des mégots.

Et dans les chambres, les couvertes des lits

étaient toutes froissées.

C'est quand même scandaleux.

Bon, ben... on va organiser des rondes.

Mais ça me paraît bien extravagant.

Vous savez, de la part des jeunes, tout est possible.

Moi, je suis d'avis de faire appel à la gendarmerie.

Si vous voulez.

Pierre, vous vous en chargez.

Bien sûr.

Pourquoi croyez-vous que ce sont des jeunes ?

Qui voulez-vous que ça soit ? C'est pas vous.

C'est pas moi. Alors ?

Enfin,

la gendarmerie est en place,

ces vandales n'ont qu'à bien se tenir.

Mais où vont-ils aller maintenant ?

Où ils allaient avant, je suppose.

Tu veux du café ?

Non.

Je m'en veux terriblement, tu sais, d'être comme ça.

Comment ?

Je m'en veux d'être comme ça.

D'être comment ?

Toujours patraque.

Ça doit pas être gai pour toi.

Évidemment, c'était plus agréable

quand tu étais toujours joyeuse et en bonne santé.

Qu'est-ce que tu veux ?

Ce n'est pas de ta faute.

J'ai toujours l'impression que tu t'ennuies avec moi.

Tu restes là, pensif, sans rien dire.

Je voulais pas te donner mal à la tête.

Sois pas trop cruel.

Tu me trouves cruel ?

Non, non. Non.

Tu es d'une patience...

C'est une pauvre femme.

Elle n'a aucun goût.

Aucun goût pour rien, c'est terrible.

Elle n'a jamais voulu avoir d'enfants.

Elle a peur que je la tue si je la touche.

Elle est tranquille, je ne la touche pas.

Il y a des moments où je me dis qu'elle est sur Terre

uniquement pour nous emmerder.

Parfois, je me demande si tout le monde

n'est pas sur la Terre pour nous emmerder.

Je sais bien que j'ai pas que des qualités.

Mais enfin, une chose est sûre quand même,

c'est qu'on s'aime.

Oui, mon chéri, on s'aime.

Qu'est-ce que tu regardais ?

Hein ?

Qu'est-ce que tu regardais ?

Le mariage du fils Martin.

Bon est passé ?

Oui.

Il m'a dit de continuer la même chose.

Hein ?

Il m'a dit de continuer la même chose.

De faire attention.

Tu as mangé du poulet froid ?

Oui.

Clotilde,

est-ce qu'il y a quelque chose qui te ferait plaisir ?

Bof.

Rien.

Tu n'as envie de rien ?

Non, rien.

T'en fais pas pour moi.

Écoute, tu ne peux pas rester comme ça toute la...

tout le temps.

Il faut bien.

C'est pas très gai pour toi, je sais bien.

Il s'agit pas de moi en ce moment.

Tu veux me préparer mes gouttes, s'il te plaît ?

Oui.

Merci.

C'est de plus en plus amer.

Où tu vas ?

Je vais porter des livres à la bibliothèque.

Ça sert à rien.

Il n'y a pas 50 personnes que ça intéresse.

C'est Paul qui me le demande.

Pour des raisons psychologiques, les électeurs.

Je viens avec toi.

Alors, dépêche-toi, parce que je m'en vais tout de suite.

- Bonjour, madame. - Bonjour, Henri.

La femme de l'adjoint est morte.

La femme de l'adjoint ? Monsieur Maury ?

Oui. Pauvre femme, elle était toujours malade.

Il s'en est aperçu en se réveillant ce matin.

Aussitôt, il a appelé le docteur Bon. Elle était morte pendant la nuit.

Il y avait plus rien à faire.

D'après le docteur, elle s'est laissé éteindre.

Enfin, c'est la version officielle qu'il donne.

Mais à mon avis,

suicide.

Bonjour, madame Morlon, je vous apporte quelques livres.

Merci beaucoup, madame Delamare.

Nous parlions de la mort de cette pauvre Mme Maury.

- Vous êtes au courant ? - Je viens de l'apprendre.

Elle était toujours malade.

Éthique transréelle.

- Ça doit être difficile, ça ? - Oui.

Très difficile.

Lucienne. S'il te plaît.

Je vais chez Pierre Maury. Sa femme est morte cette nuit,

il serait bon que tu viennes.

- Tu crois vraiment ? - Oui, vraiment, j'insiste.

Je vais y aller aussi. Je n'ai encore jamais vu de mort.

C'est une chose qui m'intéresse.

Ta fille est plutôt morbide.

La mort n'a rien de beau, tu sais, Hélène.

Alors, il n'est pas utile d'imposer à maman d'aller la voir.

L'enterrement est pour demain.

Vous n'avez pas trouvé autre chose que des glaïeuls ?

Non, madame.

Au revoir, ma chérie.

À jeudi.

Au revoir.

C'est joli ce bouquet.

Au revoir, Clarisse.

Au revoir, monsieur.

Au revoir, Hélène.

Au revoir.

...mais on nous promet une amélioration pour le week-end.

Rien n'est perdu, donc.

Eh bien, notre soirée s'achève,

nous allons parler du programme de la journée de demain.

Sur la première chaîne, à 12h30, ce sera Midi trente,

puis les premières...

Bon, on va se coucher.

Je vais fermer les volets, laisse-moi faire.

- Bonsoir. - Bonsoir.

Pierre ?

Lucienne ?

Ne te serre pas contre moi.

Viens.

J'ai quelque chose à te dire.

Viens.

Il faut que je te dise.

Clotilde n'est pas morte naturellement.

Oui, je sais. C'est ce qu'on dit en ville.

Elle s'est suicidée.

Elle s'est pas suicidée.

Oh ?

Ça a été tellement facile.

Elle est morte en dormant.

Elle n'avait de goût à rien.

Tu ne dis rien ?

C'est terrible, ça.

Je n'ai pas de remords.

Quand je l'ai fait, je me suis senti libéré.

Je ne te juge pas.

J'ai fait ça pour nous,

pour qu'on soit plus libres.

Plus libres ?

Oh, ne dis plus rien.

Tu sais que mon mari rentre demain ?

Oui, je sais. Il m'a téléphoné. Il veut me voir.

- Dis donc, tu crois pas que... - Sûrement.

Mais non, idiote.

C'est pour des questions administratives.

Mais comment on va faire ?

On va pas se voir pendant trois jours ?

C'est plus prudent.

Si on se met à soupçonner une seule seconde notre liaison...

Notre liaison ?

C'est comme ça que ça s'appelle.

Toute la ville va se mettre à jaser sur la mort de Clotilde.

Ils ont vite fait d'additionner deux et deux, tu sais.

Regarde, il commence à y avoir de la lumière derrière les volets.

Quelle heure est-il ?

4 h.

Il y a des moments où je trouve ça pire qu'avant.

Presque toutes les nuits sont à nous maintenant.

On va pouvoir dormir ensemble.

C'est vrai.

Pardonne-moi,

je suis toujours tellement triste quand je dois rentrer.

Plus l'hiver va s'approcher,

plus les nuits seront longues.

Maman ?

Mais que fais-tu là ?

J'avais soif, alors je suis descendue prendre une bouteille d'eau minérale.

Je me suis réveillée au milieu de la nuit.

Pas moyen de dormir,

alors j'ai été faire un tour.

- Tu ne te sentais pas bien ? - Si.

Le temps est lourd, il va y avoir de l'orage, je crois.

Ah non, la nuit est fraiche.

Maintenant, tu devrais essayer de dormir.

Hélène.

Oui, maman.

T'inquiète pas, c'est rien.

Quand je me lèverai, j'essaierai de ne pas faire de bruit

pour ne pas te réveiller.

On y arrivera jamais.

Plus j'en ramasse, plus il y en a.

Tiens, voilà ton mari.

Oh, il a l'air excité.

Alors, femme, on fait la toilette de la pelouse.

Oui.

Tout va bien ?

Tout va bien ?

Oui.

Nous passons notre temps à vous attendre.

Tu n'as pas très bonne mine.

J'ai pas très bien dormi cette nuit.

Moi, presque pas.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Rien.

C'était sans doute à cause de la pleine lune.

Vous avez l'air de deux complices.

Mais nous le sommes.

Hélène et moi nous entendons très bien.

Dès que tu as fini, rejoins-moi au salon,

j'ai quelque chose d'important à te dire.

À quoi tu penses ?

À toi.

Ah, as-tu vu Pierre Maury ?

Je sais pas.

Je l'ai peut-être croisé, mais j'ai pas fait attention.

Il ne t'a pas parlé ?

Non.

Je suis sur un coup formidable, Lucienne,

mais il faut que tu n'en parles à personne.

- Pourquoi veux-tu que j'en parle ? - Ferme la porte.

Je crois qu'on peut gagner beaucoup d'argent,

et en même temps faire quelque chose de très bien pour la ville.

Tu connais les terres de la famille Glangeaud

derrière le château ?

Oui. Mais tu sais...

Laisse-moi t'expliquer.

J'ai obtenu du ministère toutes les autorisations,

et qu'ils ferment les yeux au bon moment.

J'achète les terrains.

Je fais cadeau de la moitié à la ville...

Non, il faut que je parle à Pierre.

Tu crois qu'il peut venir déjeuner demain ?

Oh, ben, ça, comment veux-tu que je le sache ?

Je lui téléphone.

Merci.

Merci, maman.

Hélène, si ça ne te fait rien, j'aimerais que tu nous laisses seuls.

Pourquoi ?

J'ai à discuter de choses importantes avec monsieur Maury.

Je peux sortir aussi si tu veux.

Ben non, ma chérie, je t'en prie.

Alors, moi seulement, hein ? Bon.

Voulez-vous un cigare ?

Non, merci.

Elle est mignonne.

Bon, je vais préparer le café,

parce que Clarisse le fait très mal.

Voilà. Voilà du bon café.

C'est comme ça qu'il faut le faire passer, Clarisse.

Je fais exactement comme ça.

Il faut croire que non.

Maman ?

Mais qu'est-ce que tu fais là ?

Cette nuit, c'est avec Pierre Maury que tu étais.

Tu es folle. Pourquoi tu dis ça ?

Je ne sais pas, c'est une impression que j'ai eue pendant le déjeuner.

Tu es folle.

Bon, alors. J'ai la promesse ferme

que si la Ville ne leur vend pas le terrain trop cher,

la société implantera son usine ici.

Les ouvriers seront logés dans des cités,

des cités ouvrières construites à cet effet.

Construite où ça ?

Eh bien, sur l'autre partie du terrain,

la mienne.

Vous comprenez ?

Pas complètement.

Qui est-ce qui va construire ces cités... ouvrières ?

Un promoteur de nos amis.

- De vos amis ? - De nos amis politiques.

Non, ne vous en faites pas pour ça.

Là n'est pas le problème. Le problème est le suivant.

Vous faites admettre au conseil,

très naturellement, comme une idée venant de vous,

le principe de l'implantation de cette usine.

Vous faites ressortir

tous les avantages qu'en retirerait la ville.

Avantages réels.

Dans un deuxième temps, vous vous débrouillez

pour qu'ils ne cèdent ce terrain que j'ai offert à la ville

qu'à la société qui construit l'usine.

L'usine de quoi ?

Matières plastiques.

Je comprends maintenant.

Mon cher Pierre, je compte sur vous.

Il est inutile de vous préciser qu'il s'agit là d'une...

d'une... occasion unique où tout le monde,

et la ville aussi, bien sûr, trouverait son profit.

Je comprends.

Si je peux compter sur vous,

j'ai bien envie de retourner dès ce soir à Paris

pour annoncer que tout va bien et passer à l'étape suivante.

Voulez-vous un alcool ?

Je veux bien, merci.

Lucienne, donne-nous un peu

de ce merveilleux Vieux Marc de Bourgogne.

Alors, j'y vais ?

Ben, il me semble que le mieux est de ne pas perdre de temps, non ?

Merci.

Il est déjà parti ?

Oui, depuis trois heures.

Il perd pas de temps.

Hélène se doute de quelque chose.

Comment le sais-tu ?

Elle me l'a dit.

Non, mais... j'ai confiance en elle. Je suis sûre qu'elle dira rien.

On est ensemble, c'est tout ce qui compte.

Ma pauvre chérie.

Qu'est-ce que tu penses de ce déjeuner à midi ?

- Je sais pas ce qui se passe. - Cette affaire qu'il a en tête,

c'est une véritable escroquerie.

Il veut faire fortune sur le dos des pauvres gens.

Une usine de plastique, tu te rends compte ? Quel salaud.

Oh, mais... tu es sûr ? Je croyais qu'il était honnête.

Il veut acheter mon silence, mais il se trompe.

Je peux parfaitement le démasquer, tu sais.

Écoute, tu as l'air complètement bouleversé.

Il y a de quoi.

Écoute, il faut oublier tout ça.

Il nous laisse la nuit,

profitons-en. Hein.

Tu m'aimes ?

Oh, oui.

Enfin, te voilà.

C'est une surprise, hein ?

Ben oui.

Mais... Écoute.

Mais lâche-moi.

Je ne veux pas que ta fille nous entende.

Mais où tu m'emmènes ?

Là.

Je dois te dire que je me sens parfaitement à l'aise et léger.

D'où viens-tu ?

Tu fais des fausses sorties maintenant ?

Une idée qui m'est passée par la tête, comme ça.

D'où viens-tu ?

Euh, je dors mal en ce moment. J'ai...

j'ai été faire un tour.

Ne mens pas. Je suis revenu vers minuit.

Ça fait... quatre heures que je t'attends.

Sans aucune impatiente, rassure-toi, j'adore la nuit.

Veux-tu que je te dise où tu étais, à mon avis ?

Tu passais la nuit,

comme beaucoup de nuits, je pense,

avec notre cher ami Pierre Maury.

Moi, je rentre, hein, parce que j'ai froid.

Je t'ai déjà dit

que je ne voudrais pas que ta fille nous entende.

Alors, rentrons dans ta chambre, elle nous entendra pas comme ça.

Voilà, continuons cette intéressante conversation.

À voix basse, s'il te plaît. Je t'écoute.

Non, c'est moi qui t'écoute. J'ai rien à te dire.

J'ai raison, tu étais avec Pierre. Ça, tu peux me le dire.

Ah oui, ça, je peux te le dire.

J'étais en train de faire l'amour avec lui.

Il faut bien que quelqu'un me le fasse.

Surtout que moi, j'aime beaucoup faire l'amour avec lui.

Toute la journée, je ne pense qu'à faire l'amour avec lui.

Mais c'est très bien. C'est très bien, tu as raison.

Quand ça plaît.

Ne crois surtout pas que je ne te comprends pas.

Je suis parfaitement au courant de mes insuffisances.

Il a bien fallu en prendre notre parti.

Je ne voudrais pas te... te faire de la peine.

Ah, c'est trop gentil, ça.

Mais est-ce que j'ai l'air d'avoir de la peine ?

Non.

Je trouve que...

c'est très aimable à toi de...

consoler un pauvre veuf.

Bien entendu, personne n'est au courant de rien,

vous prenez des précautions. Vous vous cachez.

Oui, nous nous cachons.

Eh bien, écoute, vraiment, c'est le paradis.

Pour te dire la vérité, mon petit rat,

ça m'arrange.

Allô ?

Pierre, c'est Paul Delamare.

Non, je suis chez moi, je vous expliquerai.

Je souhaiterais vous voir le plus vite possible.

Tout de suite ?

Le plus vite possible.

Mais j'aimerais autant que ce ne soit pas en ville.

J'ai une petite hutte pour chasser le canard aux étangs de Migné.

On s'y retrouve dans une heure. D'accord ?

D'accord, mais...

Je me doute que cela vous paraît bizarre,

mais vous comprendrez aisément, vous verrez.

Je vous indique le chemin.

Quelle diligence. C'est très gentil à vous.

- C'est la moindre des choses. - Vous trouvez.

Mon cher Pierre, tous ces mystères doivent vous agacer.

L'explication est pourtant très simple.

J'ai tenu à ce que ma femme m'accompagne

pour que tout soit sans ambiguïté.

- Bonjour, madame. - Oh, je vous en prie.

Il faut saisir l'atmosphère des choses.

Embrassez-vous, plutôt.

Non, je n'ai aucune mauvaise intention à votre égard.

Au contraire. Mon cher Pierre,

c'est très sincèrement que je vous ai offert mon amitié,

vous couchez avec ma femme,

j'espère que vous en retirez l'un et l'autre

tout le plaisir et tout le profit que vous en attendiez.

Vous le méritez.

Aucun problème en ce qui me concerne, de ce côté-là.

Croyez-le bien, j'aime voir les gens heureux autour de moi.

Sans quoi, me présenterai-je au suffrage de mes concitoyens ?

Je t'en prie, tais-toi.

Allons bon. Tu me trouves indécent ?

Tu voudrais me voir jouer les Othello.

Non, je ne suis pas complaisant, je suis compréhensif.

Je veux que tout soit bien clair,

et qu'il n'y ait aucun secret entre nous.

Pierre, qu'en pensez-vous ?

Je suis extrêmement gêné.

Il ne faut pas, je vous comprends parfaitement.

Voulez-vous que je vous remercie ? Je peux le faire.

Vous... fournissez à Lucienne ce qui lui manquait.

Il n'y a rien à redire à cela.

De plus, vous êtes d'une discrétion tout à fait remarquable

vis-à-vis du qu'en-dira-t-on et de la rumeur publique.

Je ne souffre d'aucun ridicule.

Je vous en remercie. Merci beaucoup.

Et je suis très heureux, vraiment,

très heureux de voir que grâce à ma femme

votre veuvage ne vous pèse pas trop.

Non, merci.

Vous ne fumez pas le matin ? Vous avez raison.

C'est une mauvaise habitude.

Oh, excuse-moi, mon petit, tu veux une cigarette ?

Oui.

La seule chose que je vous demande, mon cher Pierre,

c'est que vous marchiez avec moi

dans cette affaire des terrains Glangeaud.

Je veux que mon nom soit associé à l'expansion de ma ville.

Vous me comprenez ?

Vous pensiez que je ne voulais pas marcher avec vous ?

Ah, je n'étais pas très sûr que vous compreniez bien

l'extrême importance de cette opération.

On est jamais trop prudent.

Je rejoins la route de Châteauroux pour regagner directement Paris.

Tu n'auras aucune mauvaise surprise,

cette fois, je ne rentre vraiment qu'après-demain.

Pierre,

vous m'obligeriez en ramenant Lucienne à la maison.

Je gagne une heure en ne faisant pas le détour.

Vous avez l'air gênés.

Il ne faut pas, tout est simple et clair.

Tu m'en veux ?

Tu trouves que j'agis mal ?

Non. Je ne pensais pas... que tu étais comme ça, c'est tout.

Au revoir, mon petit.

Au revoir, mon cher Pierre.

Je compte sur vous.

Lucienne.

Lucienne.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ?

J'en peux plus. Je ne peux plus vivre avec lui.

Je ne peux plus vivre avec lui. J'en ai assez.

Je peux plus. Je peux plus vivre avec lui.

Non. Non.

Non.

Lucienne, ma chérie, je suis avec toi.

C'est fini.

C'est fini, je suis avec toi.

J'y pense, j'y pense.

Je ne pense qu'à ça, et c'est en bonne voie.

Non, je m'en porte garant.

Ah, monsieur Maillet, monsieur Maillet.

Oui.

Ah, dites-moi, le petit Pierre...

il était tout petit, il est grand maintenant.

Tu fais un bridge ce soir ?

Non, je voudrais rester à la maison.

Mais on peut aller chez vous si vous voulez.

Non, docteur, j'ai un petit travail personnel à faire.

Oh, tu es chiant.

Vous n'avez qu'à jouer avec Dufour.

Oh, il est loin de vous valoir.

Ce n'est pas ce qu'il pense.

Merci, ma chérie.

Paul, je peux te demander une faveur ?

Mais tout ce que tu veux, mon petit.

J'aimerais beaucoup monter avec toi à Paris pour ces deux jours.

Tu veux monter avec moi à Paris ? Qu'est-ce qui se passe ?

Rien.

Mais j'ai très envie de monter avec toi à Paris.

Ça fait trois ans que j'y suis pas allée.

Mais... et Pierre ? Il y a de l'eau dans le gaz ?

Non. Mais je peux monter avec toi ?

Mais bien sûr, mon petit.

Tu ne prends pas ta robe de velours ?

Non.

Pourquoi vas-tu à Paris ?

Pour me changer les idées.

J'aimerais me changer les idées, moi aussi.

Pourquoi ? Tu n'es pas heureuse ?

T'inquiète pas de ça, je te taquine. Amuse-toi.

Au revoir, mon chou.

Tu me laisses conduire ?

Ça va te fatiguer.

Pourquoi veux-tu que ça me fatigue ?

Ça m'amuse.

Dans ce cas...

Tu ne veux pas que je prenne le volant ?

Oh, non, ça va.

Ah, le salaud.

Pas de circulation à cette heure-ci.

Oh, il n'y en a jamais. On met moins de trois heures.

Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?

Il y a quelqu'un au bord de la route.

Oh, t'inquiète pas, continue.

Pierre, qu'est-ce que...

Mais, oh.

Lucienne,

c'est fait.

Son manteau.

Oh, mince.

- C'est bon ? - La manche. La manche, là.

- Attention. - La porte.

Allez, viens.

Va de... va de l'autre côté.

Ferme. Ferme.

Ferme.

Attends-moi. Attends.

Oh, mon sac.

Mon sac.

Va là.

Tiens, va là. Là, là.

Tiens le coup, ma chérie. Tiens le coup.

Oui. Allez.

Nous sommes libres, ma chérie.

Il faut que je déchire ta robe.

Attends, attends.

Au secours ! Au secours !

Au secours !

Au... au secours !

Au secours ! Au secours !

Au secours ! Au secours !

Je vous en prie, continuez, madame.

Et alors... comme il y avait du brouillard,

il y avait un peu de brouillard,

mon mari m'a demandé de le laisser conduire.

Alors, moi, je lui ai laissé la place au volant, et...

je me suis assoupie, je me suis endormie. Et...

c'est le bruit qui m'a réveillée, le choc.

Mais vous n'avez aucune idée

de la façon dont l'accident a pu se produire ?

Ah non.

Aucune, monsieur.

Je ne veux pas vous ennuyer davantage, madame.

Je vous prie de m'excuser

de vous avoir dérangée pour cet interrogatoire de routine.

Mais la... les fonctions,

la personnalité de votre mari nous obligent...

Non, mais je vous comprends très bien.

Ne vous excusez pas, monsieur.

Mes hommages, madame.

- Monsieur, c'est Paris au téléphone. - Pour moi ?

- C'est pour l'affaire Delamare. - Bon, je le prends.

Allô ?

Bonjour, monsieur... monsieur le président.

Oui, oui, monsieur le président.

C'est... c'est une affaire délicate, et j'y apporte le plus grand soin.

Bien sûr, monsieur le président.

Ah.

En effet. En effet, monsieur le président, je comprends.

Mes conclusions allaient d'ailleurs dans ce sens.

Bien entendu, monsieur le président, vous pouvez compter sur moi.

Merci, monsieur le président.

Mes respects, monsieur le président.

Berthier,

il faut classer l'affaire Delamare, c'est un accident de la route.

Un accident de la route ?

"Mon amour,

"te savoir si près de moi et ne pas pouvoir te toucher,

"te serrer contre moi,

"ne pas pouvoir, presque, te parler

"est un supplice épouvantable.

"Je sais bien que nous ne pouvons pas prendre le moindre risque,

"qu'il faut plus que jamais faire attention,

"éviter les commérages,

"que ce sont nos derniers moments de séparation,

"que bientôt, nous pourrons être ensemble,

"en pleine lumière

"et pour toujours.

"Mais est-ce pour être ainsi séparés, ainsi torturés

"que nous avons fait ce que nous avons fait ?

"Je ne regrette rien, mon amour.

"Pardonne-moi cette impatiente.

"Tous les jours, je cherche à te voir,

"ne serait-ce qu'une seconde, même de loin.

"De connaître ton existence me réconforte.

"Je passerai devant chez toi demain matin, vers 11 h.

"Je saurai que tu seras là, derrière la fenêtre,

"à me regarder.

"Je t'aime.

"Tout se passe bien avec la police.

"Je t'aime.

"Lucienne.

"Ne garde pas cette lettre, mon chéri, brûle-la.

"Soyons prudents."

Qu'est-ce qu'il y a ?

Tu es triste, hein ?

Pourquoi tu me demandes ça ?

Tu me répondras si je te pose une question ?

Quelle question ?

Celle que je t'ai posée déjà l'autre jour.

Quand ?

Le jour où Pierre Maury est venu déjeuner avec nous.

Je t'ai répondu.

C'est très important, maman.

C'est encore plus important aujourd'hui.

Dis-moi la vérité, je t'en prie.

Quand tu mens, tu me fais souffrir.

Je n'ai pas l'intention de te mentir.

Dis-moi la vérité, alors.

Dis-moi la vérité, je t'en conjure. Rends-toi compte.

Je suis sûre que tu es la maîtresse de Pierre Maury.

Je suis persuadée que vous avez tué Paul.

Et la femme de Pierre aussi.

J'ai peur que vous soyez des assassins.

Mais tu es folle, ma chérie.

Ce n'est pas vrai.

Ce n'est pas vrai.

Comment peux-tu croire des choses pareilles ?

Comment peux-tu envisager des horreurs pareilles ?

Dis-moi la vérité.

Tu me croiras ?

Hein ?

Tu me croiras ?

Tu ne penseras plus à toutes ces horreurs ?

Je te croirai.

C'est vrai, Pierre est mon amant.

Depuis longtemps, n'est-ce pas ?

Un an.

Bien avant la mort de sa femme, alors.

Oui.

C'est terrible.

Tous les gens croiront que vous avez tué Paul.

Mais... personne ne sait que nous nous aimons.

Mais ça finira bien par se savoir.

Vous ne pourrez continuer à vous cacher.

Tais-toi, ma chérie, tais-toi. Je t'en supplie, tais-toi.

Je voudrais tant que tu sois enfin heureuse.

"Monsieur le commissaire,

"je vous écris pour vous demander que la lumière

"soit faite sur la mort de mon beau-père,

"monsieur Paul Delamare, député-maire de notre ville.

"Je suis sûre que des bruits commencent à courir

"au sujet des rapports entre ma mère et monsieur Pierre Maury.

"La médisance des gens est infinie,

"et elle peut faire un mal atroce à ma mère. Elle ne le mérite pas.

"Je vous en supplie, faites toute la lumière sur sa mort.

"Au fond de moi, je suis sûre que ma maman est innocente.

"Je vous supplie de tout faire pour en administrer la preuve.

"Je veux que maman soit heureuse et vive la tête haute."

"Je compte sur vous.

"Hélène Chevalier."

Cette histoire est très embêtante, Desurmont.

Il doit certainement y avoir des rumeurs,

et c'est une catastrophe.

Nous n'en avons pas connaissance, monsieur le préfet.

Je préfère être prudent si vous le permettez.

Il avait été décidé

de mettre cette affaire sous le boisseau

pour éviter les remous,

mais d'après cette lettre,

il doit y avoir une affaire passionnelle dans cette histoire.

Cette petite soupçonne sa mère, c'est affreux.

C'est une femme charmante, mais...

mais...

je dois dire que ça nous arrange un peu.

Quand le fait divers s'approche,

la politique s'éloigne.

Par ailleurs,

si nous ne faisons rien

et que des bruits commencent à courir,

ça va être le tollé. On n'a pas besoin de ça.

Bon,

donnez suite.

Discrètement, mais...

donnez suite.

Berthier, par là.

Bonjour, messieurs.

Bonjour, madame.

Pourrai-je parler à madame Delamare, s'il vous plaît ?

C'est officiel, police.

Madame est au salon.

Entrez.

- Bonjour, messieurs. - Bonjour, madame.

Veuillez nous pardonner, mais...

un élément nouveau nous oblige

à venir préciser avec vous certains points.

Je vous en prie.

De quoi s'agit-il ?

Je ne vous cache rien, nous avons reçu ce matin une lettre

suggérant qu'il existait des relations intimes

entre vous et monsieur Pierre Maury,

l'adjoint de votre mari à la mairie.

Cette lettre semblait établir un rapport entre ces relations

et la mort de monsieur Delamare.

Une lettre anonyme ?

Non, madame.

Non, maman.

C'est moi qui ai envoyé cette lettre, parce que je veux que tout soit net

et que tu sois heureuse.

Pardonnez-moi,

donnez-moi un instant pour réfléchir.

Monsieur, je voudrais rester avec vous

en tête à tête.

Maman, dis-moi que je n'ai pas mal fait.

N'est-ce pas que j'ai eu raison ?

Oui, je suis sûre que j'ai eu raison.

Oui, ma chérie, tu as eu raison. Je suis sûre que tu as eu raison.

Ma fille vous a écrit la vérité, monsieur.

Monsieur Maury.

Je suis l'officier de police Auriol.

J'ai quelques questions à vous poser au sujet de la mort de M. Delamare.

Entrez.

Madame Delamare nous a parlé, monsieur.

Elle est dans la voiture devant la porte,

en état d'arrestation.

Je comprends.

Que faut-il que je fasse ?

Dites-nous la vérité.

- Dites-nous la part que vous... - Oui, je comprends.

J'ai tué Paul Delamare.

Lucienne m'a à peine aidé.

J'ai... j'ai tué ma femme aussi.

Seul.

Il y a un peu plus de six mois.

Si vous voulez nous suivre.

Vous êtes en état d'arrestation.

Oui.

Bien sûr.

Je ne comprends pas,

pourquoi n'êtes-vous pas partis, tout simplement ?

Partis ?

Oui.

Pourquoi n'êtes-vous pas allés vivre ailleurs, tout simplement ?

Ailleurs ?

Partir ?

Non, nous n'avons jamais songé à partir.

Sous-titrage : Hiventy by TransPerfect

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