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DERNIER APPEL POUR RIO!
Plus un geste !
Vous salissez le carrelage.
Je ne salis rien, madame. Je nettoie.
Pardon, Mari Carmen. Bon sang.
Allez bosser.
J'attends depuis deux heures.
La procédure, c'est la procédure.
Bien sûr… Putain.
Je tombe sur le seul flic qui veut faire les choses bien.
- Putain de merde. - Préparez votre doigt.
Bien. Posez-le. Roulez-le.
Il y aura une lumière rouge.
C'est un scanner, ça ne vous aveuglera pas.
C'est pas une opération des yeux, juste une carte.
Pas "juste une carte". La carte d'identité nationale.
Sans ça, vous n'êtes personne.
Comment ça va ?
- Feli, bonjour. - Salut, Pedro.
- Eustaquio, ne travaille pas si dur. - Bonjour.
Mon Dieu.
- Salut, Pedrito. - Basilio.
Comment va le combat contre le mal ?
Il gagne toujours.
Mais t'en fais pas, je veille sur toi.
Vous ressemblez à ce top model !
À l'aide, mon sac !
Reste pas planté là.
- J'y vais ? - Oui, allez !
- J'y vais ! - Vite.
Arrêtez, police !
Non !
Merde !
Ramasse-le et t'es mort.
Trouillard ! Tu vas faire quoi ?
Putain de loser.
Au fait, j'ai sorti les boulettes du congélateur.
Au frigo, elles ne vont pas s'abîmer.
Tu peux te concentrer ?
- Avant, c'était mon portable ? - Oui.
- Tu as répondu ? - Je te le dirai après.
Je n'aime pas que tu répondes.
Encore cette connerie de confidentialité gauchiste.
C'est personnel, comme mon courrier.
Fais avec.
Tu peux fouiner dans le mien aussi, mais c'est super ennuyeux.
Pourquoi je ferais ça ? Je te fais confiance.
Laisse tomber.
Tu bandes ?
Je sais pas, ça me semble un peu mou.
C'est dur comme un roc. Une batte de base-ball.
- C'était qui ? - Tu es distrait !
- Dis-moi, ou j'arrête. - Non !
T'es déjà assez long comme ça.
- C'était qui ? - Tu lâches jamais ?
L'ambassade d'Espagne au Brésil. Allez.
Le Brésil ?
- T'as pas un ami, là-bas ? - Non.
Oui, Mateo, mais j'ai plus de nouvelles.
Ils appelaient pour lui.
- Quoi ? - Je vais jouir.
- Allez. - Je vais jouir.
Allez, bête de sexe !
- Qu'y a-t-il avec Mateo ? - Allez, je suis à toi !
- Allez ! - Ils voulaient quoi ?
Il est mort.
Tu plaisantes.
- Tu as joui ? - Putain de merde.
Dis-moi que tu m'as dit ça pour m'exciter.
Pourquoi je te dirais ça pour t'exciter ?
- Tu as joui ou pas ? - Oui.
Dégage, alors.
Merde.
- Mais Mateo est vraiment mort ? - Oui.
C'est important ? Tu l'avais perdu de vue.
Pourquoi m'appeler moi ?
Il n'avait pas de famille,
- et tu es son contact d'urgence. - Vraiment ?
Bon sang, Mateo.
Ça, c'est de la loyauté.
J'en reviens pas qu'il soit mort.
Les chevilles !
- Ils t'ont dit comment ? - Non !
Ils veulent que tu récupères le corps,
j'ai dit non, car tu vis en Espagne.
Pourquoi tu as dit ça ?
Tu n'avais pas vu ce mec depuis des années.
- Et si je veux y aller ? - Tu crains l'avion.
- Tu ne quittes jamais le quartier. - Je dois y aller.
On devait y aller ensemble.
Il voulait ouvrir un bar de plage, vivre libre, baiser des métisses…
- Tu voulais baiser des métisses ? - Non, juste le bar et la liberté.
Pourquoi tu n'y es pas allé ?
Pedrito, soit c'est un long voyage, soit tu caches un cadavre.
Non, pas de cadavre.
Je vais au Brésil. Tu as un guide ?
Le Brésil, un beau pays.
Mais il y a beaucoup de crimes,
on peut trouver des corps dans des valises, découpés.
L'autre jour, je regardais un documentaire.
Il y a des vers qui se nichent sous tes ongles
et pondent leurs œufs…
- Sous les ongles ? - Oui, et 24 heures après,
tu as des ampoules…
Comme des petits extraterrestres qui migrent dans le cerveau, et là, ils…
Désolé, j'ai que des guides pour Cuenca.
- Tu t'es dégonflé ? - Oui.
T'es une mauviette.
Qu'est-ce que je fais avec toi ?
Eva.
Tu n'iras pas au Brésil quand j'ovule.
C'est trois jours.
Les trois jours où tu peux me mettre enceinte.
Si tu peux, mais j'ai un doute.
On ne va pas se disputer
pour un voyage que tu as peur de faire seul.
Qui a dit que je le ferais seul ?
Qui viendrait avec toi ?
- Tu vois pas que c'est dingue ? - Tu connais pas mes amis.
Nous allons atterrir.
Éteignez vos appareils électroniques.
Monsieur, avancez votre siège.
Parfait.
Merci d'avoir choisi AtlanticFly…
Ça va, Pedrito ?
Je vais atterrir à Madrid.
Vous n'écoutiez pas ? Éteignez ce téléphone.
Je te rappelle une fois au sol.
Au revoir.
David Guzmán, veuillez vous rendre au cockpit.
Que voulez-vous, capitaine ?
Un baiser avant d'atterrir.
On est au travail.
Viens là.
Márquez, prends les commandes.
Oui, je suis en pleine forme
après les six gin tonics que j'ai descendus.
Ne craignez rien !
Si vous avez envie de cogner, cognez.
J'étais au Real Madrid, vous savez comment j'ai réussi ?
J'ai tout donné, j'ai enchaîné les tacles,
j'ai fait savoir à mes rivaux qu'ils ne m'éviteraient pas.
Sinon, je leur éclatais les genoux.
Faites pareil, OK ?
Allez. Écrasez-les.
La défense, ne la laisse pas s'échapper.
Ne la lâche pas, Carmen, couvre-toi.
Nazaret, bloque. Camila, bloque cette passe !
Carmen, elle s'échappe.
Nazaret, défense ! Gardienne !
- But ! - Putain.
Les filles !
Regardez, la stratégie.
On va sur les côtés.
Au diable, la stratégie. Le numéro 10 nous tue.
Donnez des coups de pied, poussez, mordez, tirez-lui les cheveux.
- Et si je me blesse ? - Mais non.
Vas-y à fond, c'est elle qui morflera.
Je veux pas rater l'anniversaire de Lucía, samedi.
Si vous écrasez cette fille,
je vous laisse dormir chez Lucía.
D'accord ? Bon, allons-y.
Visez le genou !
Le genou ! Plus fort ! Allez !
C'est quoi, ce coup ?
Elle s'échappe ! La défense !
Carmen, la défense !
- But ! - But.
On peut remonter, allez.
Elle doit finir à l'hosto, OK ?
Ça suffit.
Ne les encourage pas à ça.
Recule ou je t'arrache ton postiche.
- Papa. - Quoi ?
C'est le père de Lucía.
Enchanté, monsieur.
Mes filles voudraient dormir chez vous, samedi, c'est OK ?
Excusez-moi.
Pedrito, je suis en plein match, ça va ?
À l'amitié.
Aux moments passés ensemble.
- Santé, Pedro, bon sang. - Non.
J'ai une triste nouvelle.
Qu'y a-t-il ?
Mateo est mort.
- Pas possible. - C'est affreux.
- C'est qui, Mateo ? - Aucune idée.
Mateo Rivera, notre copain de classe.
- Ah oui. - Celui qu'on a enfermé aux toilettes ?
- Non, c'était moi. - Celui sur qui on a dessiné une bite.
C'était moi aussi, et l'encre est restée une semaine.
Mateo Rivera, bon sang. Il est mort à l'étranger.
- On m'a demandé de récupérer le corps. - Pourquoi toi ?
Mateo et moi, on était très proches.
Je suis désolé, c'est un coup dur.
J'ai besoin de vous.
Tout ce que tu veux.
Vous viendriez avec moi ? J'aime pas trop voyager.
Non, ça n'a jamais été ton truc.
Tu ne quittes même pas ton quartier.
N'exagérons pas, j'ai été…
- En Colombie. - Quoi ?
- Quand ça ? - La station de métro Colombie.
Combien de magnets ?
Un. Je suis censé être qui, Marco Polo ?
Tu dois partir à l'aventure, tu te rabougris.
Voyager, respirer, vivre de nouvelles expériences.
Te redynamiser.
Récupérer un corps, c'est pas vraiment…
Non.
Pedro, je t'aime comme un frère,
- mais je n'irai pas. - Pareil.
Super. Merci, les gars.
- Il est où ? - Rio.
- Madrid Rio. - Madrid Rio ?
C'est à l'étranger, Rio de Janeiro.
Il vit là-bas. Enfin, il vivait.
Le Brésil, c'est intéressant, en ce moment.
Tu peux avoir des billets gratuits…
- Pas vrai ? - Oui.
Vous vous en foutez que Mateo soit mort.
Quoi ? Mateo était un type super.
Je me souviens de Mateo…
C'était une source d'inspiration, comme Maradona,
- ou Rue Sésame. - Influent.
- À Mateo. - À Mateo.
Mateo, tu rentres à la maison.
Pourquoi tu dors…
Quoi ?
Pourquoi tu dors autant ?
J'ai pris du Valium.
Tu crois qu'il y a des vers au Brésil
qui pondent sous tes ongles ?
- Bon sang. - Arrête, ta paupière tremble.
C'est nerveux. Donne-moi la main.
- Non, ça va. - Ta main, alors.
Les turbulences me font flipper.
Mais ne me caresse pas la main, hein ?
Allez, Quico, toi aussi.
- Putain, ça suffit ? - Oui.
Pense à des trucs sympas, comme ta copine.
Non, on va se crasher, c'est sûr.
Imagine-toi là-bas fabriquant une carte d'identité.
- Oui. - De beaux passeports.
Avec ce laser qui te scanne entièrement.
- C'est ça. - Oui,
les gens flippent, mais papa est là.
Et je dis : "Je vais vous faire une belle carte d'identité".
Votre attention, ici le capitaine Díaz,
AtlanticFly vous remercie. Nous espérons que le vol a été agréable.
Dans une demi-heure, nous atterrirons à Rio de Janeiro.
Un hommage particulier au passager David Guzmán,
- le plus beau… - C'est sa copine !
… le plus magnifique.
- Je t'aime ! - C'est lui !
Je lui ai dit de bien se tenir.
Mon Dieu.
Ma chanson préférée.
Non, pas "Comme une vague".
Pas ça.
Pas "Comme une vague."
Comme une vague
Ton amour a déferlé dans ma vie
Comme une vague De feu et de caresses
D'écume blanche Mêlée au bruit des coquillages
Comme une vague
Et me voilà Prise dans ta tempête
J'ai perdu le cap Sans m'en apercevoir
Laura, je t'en supplie.
Ton amour a grandi
Comme une va…
… gue
Olé !
Olé !
David Guzmán,
mon amour.
Veux-tu m'épouser ?
Mon Dieu.
Laura.
Laura, mais…
C'est quoi, ce show, chérie ?
Je rêvais de me fiancer dans le ciel.
Devant tout le monde ?
Dis oui.
Dis oui.
Dis oui !
Allez !
- Non. - Putain.
Je veux pas me marier, on en a déjà parlé.
Tu es horrible.
Tu t'occupes de tes affaires ?
D'accord.
Tu l'as cherché.
Tu vas le regretter.
Laurita.
- Laurita. - Márquez, retour au cockpit.
Il n'a pas dit oui…
Accroche-toi.
On va mourir !
Putain !
Dis oui !
Allez, dis oui !
C'est du chantage !
Pour l'amour de Dieu, dis oui !
D'accord, j'y vais !
Assassin !
Très bien, je me marierai.
- Vraiment ? - Vraiment.
Il m'a l'air sincère.
Tu parles d'une samba !
Pedro, tu me rends mon bras ?
Non.
Márquez, prends les commandes.
Viens là.
Allez.
Va rejoindre tes amis.
Oui.
Bravo ! Félicitations !
Alors, oui, je vais me marier.
Merci, fils de pute.
Bon choix.
Motif de la visite ?
On est venus récupérer un corps.
Un corps ?
Pour apprendre d'autres langues, d'autres cultures…
Et si vous le permettez, mieux vous connaître.
Des Espagnols…
Pas de choc pour moi, merci.
C'est quoi, ces fringues ? On vient chercher notre ami mort.
Exactement, il est déjà mort.
Ça le dérangera pas.
Les fringues, c'est une convention. De l'esclavage.
On devrait rester nus, on serait plus libres.
Je parle de liberté. Moi, celui qui se marie !
J'envie Mateo.
Il va mal.
Et vous vous baladez en pyjamas d'été.
Allons à la morgue. Je vous demande un peu de dignité.
Vous êtes des gamins. Je vous comprends pas.
Le soleil, la mer, la joie de vivre…
Ces gens sont vraiment différents.
Regardez cette MILF, 85 ans d'une vie bien remplie.
- 85 ? Plutôt 200. - Et elle soulève des poids.
Ma mamie a un déambulateur.
Ils ont une vie saine, ici.
J'en reviens pas que Mateo soit mort.
Il est clair que ce pays te change.
Je ne le reconnaîtrai peut-être pas. Il est peut-être noir.
C'est là.
Je commande des caïpirinhas.
- Où tu vas ? - Ça me fait flipper.
Comme si je sautais de joie. Viens.
Ça a l'air sale.
Si j'attrape un ver et que j'embrasse mes filles en rentrant ?
Allez, on y va. Tiens ça.
Bonjour. Comment ça va ?
- Quoi ? - Vous venez identifier Mateo Rivera ?
Oui, on veut le voir, s'il vous plaît.
Mon Dieu.
Hé.
Je crois pas que ce soit lui.
Tu plaisantes.
- Comment ça ? - Je crois pas.
Je le reconnais pas, on dirait qu'il est botoxé.
Je me sens pas bien, tout ça me fait peur.
Mon Dieu.
Je suis désolé, madame.
C'est sûr, c'est pas lui.
Pedro, signe les papiers et allons boire une caïpirinha.
Il a une tache de naissance en papillon.
Qu'il te la montre et qu'on s'en aille. C'était où ?
Sur le cul ?
Pardon, je n'ai pas toute la matinée.
Laissez-nous une minute.
- Comment on dit "cul" ? - Rabo.
On dirait que je demande à voir sa queue.
- On dit aussi bunda. - Bunda.
Pardon, je peux voir le bunda du mort ?
Vous voulez dire au revoir au cul de votre ami ?
Oui, son traseiro, bunda, rabo, s'il vous plaît.
Vous pouvez m'aider à le tourner ?
Elle veut qu'on l'aide à le retourner.
Bon…
Voilà le cul du mort. Pas de bisous.
Pas de bisous, s'il vous plaît.
Là ! Il y a…
Non, c'est pas le cul de Mateo.
- C'est pas lui ? - Non.
Ce n'est pas Mateo. Il n'est pas Mateo. Ce n'est pas lui.
Prends note. Identification du corps, négatif.
Effectuée en observant l'arrière-train.
L'identification est négative.
Identification basée sur l'observation du cul.
Merde.
On a fait de la plongée ensemble,
c'est pour ça que je sais pour la tache.
- Il faut toujours une explication. - Tu plongeais dans la piscine ?
- Très profond ? - Crétins.
On change de sujet ? Il peut nous comprendre.
Oui, je parle espagnol et basque.
Je viens d'Hondarribia. De Gipuzkoa.
- Mince. - Hé !
Je suis venu ici pour le cul, et regardez.
Huit ans ici, tous les jours, ne croyez pas…
Regardez la route.
C'est fou. On est venus chercher le corps de Mateo. Où est-il ?
Aucune idée, on va le chercher.
En attendant, on peut aller au stade où Pelé jouait.
- Ou à la plage boire des caïpirinhas. - Comme Romário.
On doit trouver Mateo. Il est peut-être en danger.
Merde, encore ? Ils vous suivent à la trace.
- C'est quoi, ça ? - Ces connards traquent les touristes.
- Accélérez ! - Oui !
Calmez-vous. C'est normal, ici.
J'amène souvent des gens à l'hosto avec une balle dans le cul.
Il a dit que c'était normal ?
Non, votre bite a disparu de votre front !
Ça doit être la sueur.
Vous êtes sûr qu'ils vous ont pas sucé ?
- Quoi ? - On a dessiné une bite.
Et une moustache.
Vous êtes des connards.
Allez, lavez-vous, gros cochon.
C'est ça, frotte bien.
Nous y voilà, les gars.
- Bon sang. - Mon Dieu.
J'ai pas vu d'euros depuis qu'on n'a plus la peseta.
- Allez vous faire foutre ! - À bientôt !
Vive l'Espagne !
- Fils de pute. - Quel numéro, hein ?
Il nous a amenés ici sains et saufs. Il nous a filé des réaux.
Des faux billets, des putain de photocopies.
- Tu plaisantes. - Détends-toi.
C'est normal que le premier taxi t'arnaque.
C'est mieux que ce soit un Espagnol, non ?
- Putain, les valises. - Les valises !
- J'ai sa plaque. - Ça commencé par 8.
- Non, 7. - C'est pas 3 ?
T'es sûr que c'est là ?
C'est l'adresse que l'ambassade m'a donnée.
- Attention. - Attention.
Que s'est-il passé ?
Ça fout les jetons. Allons-y.
Non, t'es pas venu chercher Mateo ?
- Putain ! - Merde.
Le vent a fermé la porte.
Alors ?
On monte ?
On peut l'appeler d'ici.
Mateo, tu es là ?
Merde.
Tu veux nous dire quelque chose ?
Bon sang…
Ça veut dire "oui" ou "non" ?
C'est différent, ici, ils ont cinq heures d'avance.
Attendez.
Mateo.
Si un coup veut dire oui,
tape une fois.
Qui est là ?
C'est pas sa voix.
Montez si vous avez des couilles !
Qui êtes-vous ?
Et vous ?
Je ne voyage pas avec mon insigne, mais je suis flic.
Dysfonction érectile, impuissance.
C'est pas ça, mais croyez-moi, je suis flic.
- Qui êtes-vous ? - Je suis Thais.
Qu'avez-vous fait à Mateo ?
Je suis juste venue le voir.
- Qu'en pensez-vous ? - Elle est pas mal.
Sa chevelure.
- On peut lui faire confiance ? - Hé !
Où l'avez-vous connu ?
On est des amis d'enfance.
On est venus récupérer son corps.
Habillés comme ça ? C'est indigne.
On pleure à l'intérieur.
Le deuil n'est qu'une convention sociale.
Le mariage aussi.
C'est écrit sur mon front ?
- Qu'est-ce qu'il a ? - Il rêve de se marier.
Vous pouvez baisser cette batte ?
On sera plus détendus.
Merci.
- Non ! - Non.
Ne contaminez pas la scène, ça annulerait la procédure.
Vous êtes flic ou avocat ?
J'ai un diplôme de droit et je suis aussi flic.
En Espagne, en Europe, sur le continent. Con-ti-nent.
- Il fait des cartes d'identité. - Des passeports.
C'est vrai.
Ils vous ont demandé
de récupérer le corps de Mateo ?
Cette vieille arnaque, putain. C'est la troisième fois.
Attendez.
Vous voulez dire que Mateo…
- est vivant ? - Qui est le mort ?
Des morts sans papiers, c'est courant.
Mateo a dû trouver un corps, laisser ses affaires et simuler sa mort.
Et s'il était vraiment mort ?
- C'est ce que j'essaie de savoir. - Vous avez vu le lit ?
C'est quoi, ça ?
MATEO, T'ES MORT
"Mateo, t'es mort."
Ma maison me manque.
Que je comprenne bien.
- Mateo est vivant. - Oui,
la mauvaise graine, c'est solide.
La mauvaise graine ?
Tu es plutôt calme pour une amie de Mateo.
Non, il a des ennuis, ils sont après lui, on doit le trouver.
Par où on commence ?
- Laissez-moi réfléchir. - Il n'y a pas à réfléchir.
Je sais ce qu'on doit faire.
Un gars de la vieille école ? "Mes règles et mes ordres".
Le dernier qui m'a forcé la main,
je l'ai envoyé se faire foutre.
Sympa, mais on n'est pas en couple.
- Heureusement. - Oui.
Vos ordres, capitaine ?
Ils sont entrés par effraction
et l'ont kidnappé. C'est pas pour nous.
- Alertons les autorités. - Non.
Et si on allait à la plage ?
- Boire des caïpirinhas. - Parler aux gens du coin
- et demander… - Danser la lambada.
- Pour qu'on puisse réfléchir. - Inutile de réfléchir.
- Je vais parler aux flics. - Non, sérieux.
Ne mêle pas la police à ça.
Lâche-moi, je suis flic.
Ce sont mes collègues. Même si on est séparés
par un continent, l'entraide nous unit.
Tu vas me lâcher ?
- Merci. - De rien.
Bonjour, je suis Pedro López, policier, comme vous.
Police espagnole.
Voilà, mon ami Mateo Rivera, qui vit là-bas,
a disparu.
- C'est ça, mec. - Quoi ?
- Tu vas parler. - De quoi ?
De quoi ? J'ai parlé.
J'ai déjà parlé !
J'ignore comment c'est, ici, mais en Europe,
c'est une violation des droits civiques.
Arrêtez, je ne parlerai plus !
Garde ça pour le commissariat.
Bonsoir, messieurs. Je m'appelle Thais Andrade.
- Je suis avocate. - Allez.
Je travaille pour l'ONG Clean Police et STOP à la corruption.
Pouvez-vous me montrer vos papiers d'identité ?
- Blondie assure. - Le nom de votre chef ?
T'as de la chance, blaireau.
T'as failli te chier dessus.
Bouge, loser !
Connasse.
Tu dis pas au revoir à tes amis ?
- Prochaine étape, capitaine ? - Mec.
Une suggestion ?
- On va à la plage ? - Oui !
- Enfin une bonne idée. - On doit trouver Mateo. À la plage ?
Mateo nage à 20 h, on peut y aller.
- À 20 h, alors. - Je vais pas rater ça.
- La baignade de 20 h. - Quelle heure est-il ?
Bon sang !
Ils mettent quoi dans leurs caïpirinhas ? Du saindoux ?
Où sont les nanas de rêve des magazines ?
- Dans les magazines. - Je vois des strings.
Des strings tentants.
Concentrez-vous un peu et aidez-moi à chercher Mateo.
Je vais voir si Mateo est là.
Thais, tu te mets pas en maillot ?
- Ça te plairait, hein ? - Je parie que t'es une bombe.
- Mateo et toi êtes juste amis, non ? - Tu me dragues ?
Un peu.
- Tu ne vas pas te marier ? - Oui, mais on a une relation libre.
Le mariage…
Je vais là-bas. Ce type connaît Mateo.
- OK. - … est une convention sociale.
Je sens ton regard me fusiller.
Cool, je connais le but de ce voyage. Une minute.
Hé !
De la crème solaire ?
Belle journée, hein ?
Non, c'est à moi !
J'ai joué pour le Real Madrid…
Quand je l'aurai, vous verrez.
Noix de coco glacée.
Non, merci. Obrigado.
- Tu veux des lunettes de soleil ? - Non, obrigado.
- Et ça ? - Non.
- Et ça ? - Non.
- En marron ? - Non.
- Non ? - Non, obrigado.
Ça va, chef ? Un bikini ?
Je veux pas de bikini.
J'ai du bleu, du jaune.
- Tu vois des nichons ? - Quinze les deux.
J'en veux pas.
Je vais me marier.
Je l'aime beaucoup.
Eu quero ela.
Mais me marier ?
Doucement.
Crevettes fraîches ?
Ça sent comme sur les quais…
Poussez-vous, obrigado.
Obrigado ! Non !
Obrigado, vendeur de crevettes.
Hé, l'ami, j'ai un truc super pour toi.
De jolies filles.
Non, pas pour moi.
Alors, de beaux jeunes hommes ?
Des hommes ?
- Musclés, forts… - Non, pas d'hommes non plus.
Ni filles, ni hommes, ni crevettes.
Allez, regarde…
Bon sang, tu me gonfles. Pas de filles !
Ni d'hommes, fous-moi la paix !
Vous allez où ?
Hé…
… grandis et assume la responsabilité de tes actes.
Tu n'as pas de travail ! Je ne veux pas d'un fils bon à rien !
Tu trouves ça juste ?
Une minute.
- Tu es borné et arriéré. - Tais-toi !
Je suis ton père !
C'est quoi ?
La série de 18 h, c'est super.
Le gars du bar m'a donné une piste.
Mateo y sera ce soir.
On ne voit pas Mateo.
Vous regardez ou quoi ?
- Ça se voit pas ? - Je fais que ça.
Oh, maman.
Je vais voir si cette nana sait quelque chose.
Le barman n'a pas dit à quelle heure Mateo viendrait.
On peut patienter avec un verre !
Non, on continue à le chercher.
Mon portefeuille !
Arrêtez-le ! Putain de merde.
- Ce gamin m'a volé mon portefeuille. - Tu plaisantes ?
Vous êtes les amis de Mateo Rivera ?
- Oui. - Oui.
Suivez-moi.
Allons-y.
- Merde. - Dis-moi que c'était de l'huile.
Non, du sang.
- Il faisait peut-être de la soupe. - Une belle purée.
- Eneas ? - Qui est-ce ?
- Les amis de Mateo. - Les amis ?
Il n'en avait qu'un.
Ils sont quatre.
Quatre ?
OK. Amène-les.
- Alors, on y va ? - Oui.
Entrez.
- T'es trop canon. - Avance.
Entrez.
Merde, ils ont un mec ligoté.
Merde !
- Elle fait peur, non ? - Oui.
Les choses exotiques m'excitent.
C'est Beleza, ma maîtresse préférée.
Elle s'occupe des crétins comme vous.
Bon appétit.
- Il a mon portefeuille. - Qui est Pedro ?
Moi. Je suis Pedro.
- C'est moi, Pedro. - C'est moi.
Bon sang.
T'es Pedro aussi ?
Non, c'est de la loyauté masculine.
Merde.
Lequel de vous est Pedro ?
- C'est lui. - Oui.
Un peu de loyauté, les gars.
Betânia.
Si tu leur servais un verre ?
C'est une super idée.
Un verre, c'est bien.
Connards.
Il a essuyé de la sauce BBQ sur ta chemise.
Oui, Quico, je l'ai vu, merci.
Toi aussi, tu t'en vas !
Je suis son avocate.
- Je reste. - Une avocate ?
Je travaille pour l'ONG Clean Police
et le groupe STOP à la corruption.
- Ah oui ? - Oui.
- Une tigresse, hein ? - Oui, c'est elle.
STOP corruption, j'ai trop peur !
- Tigresse ! - Où est Mateo ?
Betânia, fais-les sortir et ferme la porte.
Je ne veux pas de témoins.
Prenez…
Deux autres caïpirinhas ?
Deux autres.
La tienne est payée.
C'est elle qui offre.
- Et moi, alors ? - Pas toi, non.
Désolée, ça fera 15 réaux. Par carte ?
Il y a du monde, ce soir.
Où est le salaud qui m'a volé 20 000 $ ?
Assieds-toi là.
Pedro.
Je sais que tu es son meilleur ami.
Meilleur ami, peut-être pas.
Le temps nous a éloignés.
Je ne le reconnaîtrais pas si je le croisais dans la rue.
T'en fais pas, Eneas, un ami vient chercher mon corps.
Pedro López.
Il dira qu'on n'est pas amis,
c'est faux. C'est mon meilleur ami.
Tu es venu jusqu'au Brésil
pour récupérer le corps d'un ami de l'école primaire ?
Non, je suis venu au Brésil
parce que c'est un pays magnifique,
et j'adore voyager.
Je me fous de ce type. Il dit qu'il est mon ami.
C'est exageração !
Il va dire que "meilleur ami" est exagéré,
mais il m'aime vraiment.
Il paiera ma dette, car il m'en doit une.
- Ah oui ? - Non, je lui dois des excuses.
Des excuses.
Pas 20 000 $. J'ai pas autant d'argent.
Il a l'argent.
Il a versé un acompte pour un appart.
Comment le sait-il ?
Tu connais bien Mateo ?
- Plus maintenant. - C'est un hacker.
Il va sur tes réseaux, tes comptes bancaires et ton lit.
Dans ton lit ?
Appelle ta namorada.
Pardon ?
- Appelle ta copine. - Non.
Qu'elle dépose 20 000 $ sur le compte.
Je n'appellerai pas ma copine.
Elle doit suivre mes instructions.
Je ne l'appellerai pas pour rembourser
la dette d'un mec que j'ai pas vu depuis 12 ans.
Ah non ?
Non !
- Casse-lui un doigt. - Non, arrêtez.
Ça va être douloureux de se branler.
Non, s'il vous plaît !
Je suis flic, comme vous ! Un policier espagnol.
Un flic espagnol. Dis quelque chose.
- Que tu les dénonceras. - Appelle-la.
Non, elle va se moquer de moi.
Elle ne voulait pas que je vienne, je n'aurais pas dû.
D'accord !
Oui, je l'appelle.
Pourquoi tu clignes de l'œil ?
Je ne peux pas m'en empêcher.
Arrête de faire ça ! Ça m'énerve.
J'y peux rien, c'est un tic.
D'accord.
Je vais faire un appel vidéo.
Pour qu'elle me voie en danger. Sinon, elle ne paiera pas.
C'est mieux de payer.
Elle arrive. La voilà.
Non. Ne me laisse pas tout seul.
Elle n'est pas…
C'est une…
Je sais.
Profite bien.
David !
Salut, beau gosse.
Tu veux danser ?
Comme…
Non.
Et puis, tu…
Tu te méprends sur moi.
Elle ne décrochera pas. Il est 4 h en Espagne.
Pedro, tu sais quelle heure il est ?
- C'est bien, Rio ? - Ça va ? Oui.
C'est une belle ville, on s'éclate.
Tant mieux.
Je dormais. Tu as oublié le décalage horaire ?
Non. Je dois te demander de faire un truc.
- Quoi ? - C'est important.
Quoi ?
Accouche, Pedro !
Tu peux…
Eva, qui c'est ?
Qui ?
Merde.
Un noir vient de passer derrière toi.
Je suis seule.
- C'est une illusion d'optique. - Une illusion, mon cul.
Eva, je ne suis pas con.
Un noir est passé, vous avez vu ?
Oui, bien sûr.
- J'ai vu un noir. - J'ai vu un noir !
- Qui sont ces gens ? - Non, qui est ce noir, Eva ?
Vladimir, mon prof de spinning.
Demande l'argent.
Je pars quatre jours et tu sautes sur la première bite noire ?
Oui. Si je dois t'attendre, je suis foutue.
Vladimir est bien plus qu'un noir.
Il m'emmène danser, me montre sa culture.
Il ne se laisse pas distraire…
Eva, tu me quittes ?
Oui, je ne veux pas d'un type ennuyeux qui n'a qu'un magnet sur son frigo.
Parfait.
C'est clair, c'est fini. Je vais te manquer.
Notre routine te manquera. Je reviendrai pas.
- On parlera de l'hypothèque. - Quoi ?
Désolée.
Moi aussi.
Merci.
Parce que si tu paies pas ces 20 000 $ d'ici 24 heures,
t'auras pas le temps de pleurer sur ta rupture, vu ?
Hein ?
Il s'est encore essuyé la main sur moi.
Sortez.
Allez, Pedro. Tes amis doivent s'inquiéter.
Tu as touché ma queue ?
Je voulais voir si tu étais dur.
Tu sais, raide ?
Touche-moi.
Touche-moi encore, et je te tue.
- Tu seras très raide. - Tu es si violent.
J'adore.
Si tu cherches le taureau, tu auras les cornes.
Je suis sérieux, je…
Tes bras sont incroyablement musclés…
Je vais te démolir. Personne ne me touche comme ça.
Continue, je vais tomber amoureuse.
Je vais te prendre et te déchirer.
Oui, un pec ici, l'autre là-bas.
Quoi d'autre ?
- Je vais te briser. - Et ?
Quoi d'autre ?
On doit y aller, ils veulent nous tuer.
Maintenant ? On arrive au meilleur moment.
J'emménage ici, les gars !
Allez, on y va.
Attends.
Il y a un vol, mais c'est complet.
Tu dois parler à ta copine.
On peut pas rester jusqu'à demain ?
On sera morts d'ici là.
On ne cherche plus Mateo ?
Qu'il aille se faire foutre.
Répondeur direct.
Allons à son hôtel.
Ça va, les gars ?
- Prêt pour un dernier verre ? - Encore ce con ?
Tu nous as filé des faux billets.
- Et tu as pris nos valises. - Je suis désolé.
L'argent, j'ai pas fait exprès. Les valises sont chez moi.
Pour quelques billets, je vous les apporte.
Quelques billets, dit-il.
Avec quelques coups de pied, je te renvoie à Getxo couper du bois.
Ça suffit, on doit partir.
David, je rigole pas.
Laura doit nous aider.
Merde, c'est juste que Laura… C'est pas si facile.
Il faut partir ce soir.
Et David, répète après moi. "Laura, je ne veux pas me marier".
Je ne veux pas me marier.
J'ai bien réfléchi, ne crois pas que je ne…
Et je ne veux pas.
Non…
Comment ça va ?
Je t'aime beaucoup.
Beaucoup.
Je t'aime tellement.
Tu n'as pas idée à quel point.
Je t'aime beaucoup.
Énormément.
Je t'aime tellement.
Je t'aime beaucoup.
Beaucoup.
Énormément, vraiment.
Écoutez, j'ai une femme.
Je suis pas gay.
Pas de problème.
- Le dîner est pour cette chambre ? - Oui.
Un problème ?
Pas de problème.
Je peux frapper ?
Je suis prêt.
Surprise.
Champagne et tout.
- Salut. - Márquez.
Márquez ?
Oui, si elle dit : "Márquez, prends les commandes",
tu prends tout.
Les turbulences, ça rapproche.
David, que fais-tu là ?
Non, la vraie question est : "Pourquoi ce type est en peignoir ?"
On se détendait un peu, on ne voulait pas sortir.
Rio est super dangereux.
J'ignorais que c'était un adultério.
- Dehors ! - Dehors !
David, calme-toi, d'accord ?
Calme-toi.
Respire, c'est mieux de prendre l'air et de réfléchir.
Je me demande si je vais te tabasser ou non.
David !
Tu dis que la monogamie, c'est pas naturel,
que l'amour doit être libre, tout ça.
Oui, je l'ai entendu.
Mais tu ne penses pas comme moi.
Ça va dans les deux sens.
Accepte-le.
Tu as bien rattrapé le coup.
Admets-le, joins-toi à nous.
Márquez, je vais…
Je vais te demander poliment
de sortir, si ça ne te dérange pas,
car je veux parler à ma copine.
Laura ?
Lâche les commandes.
Bon sang.
David, qu'est-ce que tu veux ?
C'est une urgence.
Tu es avec tes amis et tu n'aimes pas le contrôle.
On doit aller à Madrid ce soir, et le vol est complet.
Je te fais monter à bord ?
C'est une question de vie ou de mort.
Des ennuis ?
Appelle et trouve-moi des billets.
David, ce que j'aime le plus chez toi,
c'est que tu n'es jamais pressé, tu es si détendu et calme.
C'est super, mais on doit partir vite.
Tu fais l'idiot, parfois.
Moi qui pensais que tu venais surprendre ta fiancée.
- Ça aussi. - Ouah.
Tu es plus enthousiaste que tu ne veux l'admettre.
J'ai vraiment hâte, mais…
Laura, non !
Comme une vague
Ton amour a déferlé dans ma vie
Non, pas "Comme une vague".
Comme une vague
Une force si puissante
Pas ça. Je ne peux pas.
Une écume blanche Mêlée au bruit des coquillages
Oui, prends le micro.
Comme une vague
J'en reviens pas qu'Eva m'ait trompé.
Et dans mon lit.
Noyer ton chagrin n'est peut-être pas
- une bonne idée. - Ce qui ne te tue pas, hein ?
Un autre.
Souris. Être célibataire, c'est pas si mal.
C'est mieux qu'une relation toxique. Je sais de quoi je parle.
J'aimais ma relation avec Eva.
Elle fouillait dans mon téléphone,
s'énervait quand je sortais,
m'envoyait acheter du pain, me faisait passer la serpillière.
Elle se moquait de mes fringues.
On avait une relation spéciale.
- Un autre. - Moi aussi.
Pas d'avion, ce soir.
Il n'y a aucun vol.
- Bon sang. - Un costaud, s'il te plaît.
Tu as dit : "Laura, je ne veux pas me marier" ?
Non, pas exactement, on a fini par baiser comme des fous.
- Ça fait jamais de mal. - Oui, demande à ma femme.
Une autre.
Au suivant.
Tu devrais manger.
Pour quoi faire ? On sera morts, demain.
En fait, trinquons à nos dernières 24 heures de vie.
- Oui. - Qu'on en profite.
Arrêtez, on doit trouver Mateo.
Je connais un avocat qui l'a déjà sauvé.
T'es pas son avocate ?
Il lui faut plusieurs avocats.
Il est sûr ? Je ne fais confiance à personne.
Le taxi, les flics…
Et je ne te fais plus confiance.
Pourquoi ça ?
Pourquoi tu tiens tant à trouver Mateo ?
Tu veux lui faire du mal.
- Arrête de boire. - Non.
Tu n'es pas avocate,
tu es trop hippie.
Tu n'es pas flic, tu es trop lâche.
Il y a une belle fête, là-bas.
On y va ?
J'en ai bien besoin.
J'en ai besoin aussi.
Allez.
On va mourir !
Merde, David.
David, Quico.
Un noir. Une arme.
- Quoi ? - Un noir avec une arme.
- Hein ? - C'est quoi, ça ?
Ça sent la samba.
On dirait que la semence de Quico a été plantée dans les champs du sud.
Non, sur ton cul.
T'as un tatouage, un demi-papillon.
C'est quoi, ton problème ? Chaque cul a un papillon ?
C'est ton ami Mateo, quand vous étiez…
En train de folâtrer.
- Va chier. - C'est vrai.
Comment ça, c'est vrai ?
- Merde ! - Tu t'es fait ça quand ?
J'en sais rien.
Qui a l'autre moitié du "babillon" ?
Du quoi ?
Du "babillon" ?
Pourquoi tu parles comme ça ?
"Qué" que j'ai ?
C'est bon, du calme, ouvre la bouche.
Tire la langue.
Putain !
On m'a coupé un bout de langue ?
Non, c'est bon, c'est un piercing, une vis.
Elle n'est pas petite, c'est sûr.
Ça gratte en bas.
Sans déconner.
- On va jeter un œil. - Allons-y.
- Des barbares ! - Aïe !
Quoi ?
- Ça te va bien. - C'est quoi ?
- Un autre piercing. Une vis. - Très élégant.
Pas petite, une numéro huit.
J'ai mal au crâne, j'ai oublié la moitié de la nuit.
- On est où ? - Bonne question.
Comment on est arrivés là ?
On nous a filé du burundanga.
- Ils ont volé nos reins ! - Non, regarde.
- Ils sont encore là. - Désolé, mais…
Putain !
… un rein imbibé d'alcool ne vaut rien au marché noir.
Fruit de la passion, pour la gueule de bois.
Tu nous as amenés là ?
Oui, l'hôtel était trop loin.
Je ne voulais pas culpabiliser en vous voyant morts dans un fossé.
Merci, Thais.
- On est où ? - Au jardin urbain.
Le projet social de l'ONG.
Les enfants travaillent ici. Loin de la drogue.
Mateo m'a aidée financièrement.
- Tu as parlé à l'avocat ? - Oui.
Il a vu Mateo il y a trois jours.
Il a demandé où il allait, il était bizarre.
Il voulait aller là où il pouvait plonger pour être libre.
Il a perdu la boule.
Quel est le meilleur endroit pour la plongée ?
C'est pas loin, mais il faut prendre la mer. Pourquoi ?
Quand Mateo a un souci, il fait de la plongée.
Il est là-bas, on doit y aller.
Merde.
C'est trop pour moi, je ne suis pas de la police nautique.
- C'est bien par là ? - Oui.
C'est la seule route, c'est pas pour les touristes.
Merde, je viens de voir un aileron de requin.
Il y a des requins dans ces eaux ?
- Il a dit quoi, ce con ? - Qu'il y en a beaucoup.
Ils dévorent les touristes.
Merveilleux, vraiment.
Popeye est bourré, non ?
Non.
Ma langue. Ça pique.
Qui a eu l'idée de monter sur un bateau après cette nuit ?
Qui pilote ce truc ?
Ne fais pas ta mauviette, c'est juste quelques petites vagues.
- C'est pas si mal. - Oui.
On doit rentrer avant la nuit. Ça nous laisse quelques heures.
Dépêchons-nous de trouver Mateo. Séparons-nous.
Je vais par là.
Et je vais aussi par là.
Je vais dans cette crique.
- Je vais par là. - Attention au soleil,
- il tape fort. - Le soleil ?
Je peux supporter ça.
Regarde celle-là.
- J'ai faim. - Des t-shirts souvenirs.
J'en achèterai aux filles.
Bon sang.
Putain de soleil…
Tu préfères pas un bracelet coloré ?
Les filles jouent au foot, elles adorent ça,
je vais acheter des t-shirts Pelé pour qu'elles jouent au foot.
Mateo ?
C'est Mateo ?
Mateo !
Pedro ?
Pedro.
Ton visage m'a manqué,
et te voilà au Brésil.
- Tu me fais mal. - Tu m'as abandonné !
Non ! J'ai paniqué à cause de la plongée en apnée.
- J'ai une otite. - Une otite ? Lâcheur !
Dit le connard pour qui j'ai fait
tout ce chemin et qui est en vie ?
- OK ! - Ils me tueront si je ne paie pas.
- T'as vu Eneas ? - Pourquoi tu lui dois du fric ?
- Eh bien, pour… - Connard !
- Thais. - Tu veux qu'ils nous tuent ou quoi ?
Tu fais de la plongée.
Et moi, je m'inquiète. Je suis une idiote.
Quelqu'un m'explique ce qui se passe ?
Allez, dis à tes petits amis espagnols ce que tu as fait.
Ce connard a utilisé mon jardin
pour ses affaires louches,
il y a planqué toute sa merde et menace mon projet.
- Tu es un drogué aussi ? - Écoute, Thais.
Je sais pas ce qu'on t'a dit, mais…
Calme-toi, laisse-moi lui parler un peu
avant de le tuer.
Pourquoi tu as dit : "Tes amis espagnols" ?
David et Quico sont là. J'avais peur de venir seul.
David et Quico sont là ? Allons fêter ça !
Thais, pardonne-moi.
- Pedrito, t'as pas changé. - Toi non plus, connard.
Tes poils ont poussé, tu ressembles à Chewbacca.
David et Quico.
Ça fait si longtemps, j'y crois pas.
T'as pas changé. Tu dois jouer en première division.
Et tu vas te marier.
Pourquoi tu as tant attendu ?
- Tu vois pas qu'il a hâte ? - Je veux pas.
- Je sais pas comment dire non. - Qu'est-ce que t'as ?
On a fait la fête, hier soir, ça a un peu dérapé.
Pardon d'interrompre cette petite réunion.
Mais que se passe-t-il ?
Pourquoi m'ont-ils appelé pour dire
qu'il y avait un corps avec ton portable ?
Et ils veulent me tuer si je ne paie pas une fortune.
Oui, ils me cherchent, j'ai des ennuis.
Non, c'est vrai ?
On n'avait pas remarqué.
On est allés chez toi.
Ah oui, les lettres en sang ? Ça claque.
Ils sont si grossiers que c'est mignon.
C'était ton rêve de liberté au Brésil ?
Être dealer ?
Pedro…
Tu sais combien c'est dur pour un flic de voir un ami
devenir une sorte de Pablo Escobar ?
Tu me connais bien. Tu me prends pour un dealer ?
- Je peux t'expliquer. - Pas besoin.
Si, Mateo.
L'important, c'est de s'être retrouvés.
- Prêt pour la plongée ? - N'abuse pas.
- Et j'ai une otite. - Une otite ?
Tu m'as manqué, Pedrito.
Un ami d'enfance, ça s'oublie pas.
À nous.
Bon sang !
Mateo !
Putain ! Qu'est-ce que tu lui as fait ?
- Ils t'ont suivi ? - Comment je le saurais ?
- Je vais chercher de l'aide ! - Thais !
Mettons les voiles.
Allez, par ici !
Mateo !
On ne peut même pas boire un verre tranquille.
- Putain de Mateo. - Attention !
Ils sont là !
C'est qui, ceux-là ?
- Je leur dois du fric. - Ils sont avec Eneas ?
- Non, un autre gang. - Un autre gang ?
- Merde ! - Que s'est-il passé ?
- Ils nous ont vus. - T'es sûr ?
- Courez ! - Allez !
Courez !
Nom de Dieu.
Mateo, si je me fais écorcher vif à cause de toi,
je te démolis.
- Courez ! - Putain !
Les gars, par ici !
Vite !
Non, je ne sais pas nager.
Allez, Pedro !
Mieux vaut les affronter, non ?
Merde, finalement, non.
Mateo !
Tu dois payer !
Allez, Quico !
- Je veux rentrer. - Allez, on y va.
- Allez. - Je peux pas faire ça.
Vous me le paierez.
Putain d'eau !
Que se passe-t-il, Mateo ?
Une balle m'a frôlé la tête.
On a eu du bol, ils visent mal.
- Les gars d'Eneas visent bien. - Super.
Comment tu vas payer ?
Thais.
Thais, attends.
- Thais, écoute-moi. - Non, toi, écoute-moi.
Vire ta drogue du jardin.
Donne-moi une semaine, et ce sera fini.
- Une semaine ? - S'il te plaît.
T'es gonflé.
Le pire est passé, alors…
- Je pue un peu. - Quelles vacances.
Les Espagnols ! Quico !
Adriana ?
Ouah !
On s'est bien amusés, hier.
Si tu veux, on peut refaire la gifle turque.
- Ciao. - Ciao.
- C'est quoi, cette gifle ? - La gifle turque ?
- Il a marqué un but. - Arrêtez, j'ai deux filles.
- Soyez corrects. - Qui était cet ami ?
Je sais pas pour la gifle,
mais je peux te coller un gnon espagnol.
- Avec joie, Quico. - Ça suffit.
- "Relass", mec. - Assez de conneries.
- Ton van ? - Sympa, non ?
Super sympa.
Avec vitres pare-balles, un must à Rio.
Mateo, paie tes dettes !
À l'aide !
Ou tes amis sont morts, compris ?
Non !
Un enlèvement, il manquait plus que ça.
Pourquoi faire ça ? Ça ne fait pas 24 heures.
C'est un autre gang.
- Différent de celui de la plage. - Encore un autre.
Mateo, mon ami, comme tu as changé.
Comment on va s'en sortir ? J'ai pas cet argent.
Ils veulent pas d'argent, ils veulent mon stock.
- Ton stock ? - On va le chercher,
le problème est réglé.
Ça va, les gars ?
Ils te laissent tomber ?
Pas lui.
Les gars, terminus.
Bon sang.
Ça sent quoi ?
Non, Thais.
- Mon Dieu ! - C'est quoi ?
- Tu fais quoi ? - Je fais quoi ?
Je crame tout, Mateo.
Tu sais les efforts fournis pour rendre cet endroit sûr.
Je les sors de la drogue, et tu en apportes.
Tu sais que tu détruis le dernier espoir de David et Quico ?
- Mateo, c'est… - Non, Pedro.
C'était ce qui allait sauver David et Quico.
- Où sont-ils ? - Où ?
J'en sais rien, mais ils sont foutus.
- C'est des zombies ? - Bon sang.
- Comment j'aurais pu savoir ? - Non.
Il y a un code éthique dans la vie.
Tu ne brûles pas dix kilos d'herbe. Les gens ont des besoins thérapeutiques.
C'est une plante médicinale. Faire ça est immoral !
Non, trahir une amie, c'est immoral.
Tu t'es servi de moi, et ils peuvent s'emparer de mon jardin.
Ce sera à cause de ton stupide feu de camp qui a défoncé tout Rio.
Vous pouvez arrêter ?
- On doit sauver David et Quico. - Sans l'herbe ?
Tu leur dois combien ?
- 20 000 dollars. - Putain.
20 000 ? Et les gars de la plage ?
Un peu plus.
Putain de merde.
Tu vois pourquoi il a besoin d'avocats ?
Il a besoin de gardes du corps.
Il te reste de l'argent ?
Non, j'ai dû l'utiliser pour couvrir d'autres choses.
T'es mon avocate, combien tu touches pour me défendre ?
Rien, bon sang, j'ai pas de liquide.
Mais je serai payée, Mateo.
Pedro, à quoi tu penses ?
J'ai une idée. Tes gars peuvent trouver où sont David et Quico ?
Oui, d'accord.
Parfait. Et toi, où je peux trouver plus d'argent ?
Écoute, voilà le marché.
Je fais ça pour mes amis, pas pour toi.
Après ça, tu seras seul.
C'est juste.
Dis-moi, pourquoi
m'as-tu appelé pour t'aider ?
Parce que je suis flic ou que je te devais bien ça ?
Parce que t'es mon meilleur ami, même si t'y crois pas.
Je voulais juste qu'on vive ce rêve ensemble.
Tu m'as lâché.
C'est vrai ? Je suis vraiment ton meilleur ami ?
Promis, juré.
Tout va bien se passer.
Allons-y.
On y est.
Le type qu'on va voir est un peu bizarre.
Bizarre ? C'est parti.
Tu es sûr de vouloir le faire ?
Non, mais je dois aider mes amis.
On l'appelle "Maneca l'Aveugle".
- Il est aveugle ? - Non, il…
Il voit mieux que toi et moi,
mais il fait l'aveugle, il fait semblant.
Joue le jeu, d'accord ?
Allons-y.
Tu travailles dans un commissariat, tu fais des passeports.
Merde, j'aimerais que tu m'en fasses un.
- Le tribunal a le mien. - Confisqué ?
C'est bizarre, t'es un mec bien.
Je suis en conditionnelle, j'attends mon procès.
C'est grâce à Thais, c'est une sacrée avocate.
Bon sang, t'as pas idée à quel point je t'envie.
Ta vie calme, ton bureau, ton salaire de fonctionnaire chaque mois.
Les primes de vacances.
J'échangerais tout contre ça.
Et moi, pareil.
- C'est vrai ? - Oui.
Tu sais quoi ?
Il n'est pas trop tard.
- Quoi ? - Ton passeport et ton billet
- et j'irai à Madrid. - Attends. Et moi ?
Profite quelques jours de Rio,
signale le vol de ton passeport et fais-en un autre.
Tes fou ? J'ai une vie, une maison,
un travail, une copine qui me trompe.
Une ex, mais quand même.
Si tu ne m'aides pas, ils me tueront.
Je comprends pourquoi je suis ton contact d'urgence.
Tu voulais mon passeport.
- Tu me le dois. - Je te le dois ?
Non !
- C'est quoi ? - Rien.
- Rien ? - Une dispute conjugale.
Arrête !
Super, ce Maneca est aussi féroce qu'Eneas.
Non, c'est un mec bien, tu vas l'aimer.
Putain, ça me fait flipper, mec.
Pedro, fais-moi confiance, tout ira bien.
Mateo, chéri !
Maneca !
- Salut. - Comment ça va, beau gosse ?
T'es venu avec un Espagnol ?
Vas-y.
J'aime bien les Espagnols.
Policier.
Comment il sait ?
C'est le seul à faire les passeports.
Combien tu veux ?
- 20 000 dollars. - Et en garantie ?
Une Volkswagen Polo neuve.
- Plaque d'immatriculation ? - 6737KBT.
- Où est la voiture ? - À Madrid.
Dans quelle… rua, quelle rue ?
Calle del Mirlo, 8.
Hé, j'ai un permis de stationnement !
Dis-leur, Blackie !
- Arrêtez ! - Arrêtez !
J'arrive pas à croire qu'ils soient si efficaces.
- Muito obrigado. - De rien, M. Maneca.
Compte bien, Mateo. L'Espagnol, viens signer.
Je signe et j'arrive.
Je signe où ?
Ici ?
Vous faites quoi ?
Mateo ! Qu'est-ce que tu fous ?
- Mateo ! - Calme-toi.
- Que se passe-t-il ? - Détends-toi.
C'est quoi, ça ?
C'est quoi votre problème avec la violence, dans ce pays ?
M, pour Maneca. La signature du contrat.
M comme "membre",
un truc que tu perdras si tu paies pas les intérêts,
et "morgue", si tu veux me doubler.
- Tu savais, pour la signature ? - Si je savais ? Regarde mon bras.
Putain de merde !
J'y crois pas.
Crois-moi, Pedrito, tu es là depuis peu.
T'en fais pas, ça va aller, crois-moi.
Mateo Rivera, ça fait un bail.
T'es le mort le plus beau de Rio !
Pedro, sauve-toi.
Il peut courir. Eneas ne veut que toi.
L'argent reste là.
- Quoi ? - L'argent.
Non, l'argent reste ici. Il reste ici.
- Content de te voir, Mateo. - Je peux pas en dire autant.
Je savais que ce con nous mènerait à toi.
- Il y a combien ? - 20 000, chef.
Ce fric n'est pas à vous.
Je veux plus te revoir.
- Encore le t-shirt. - Bâtard.
- Il vient avec nous. - Non.
- Pedro ! - Lâche-le !
- Je vais te buter ! - OK.
- Je vais te tuer ! - OK.
C'est quoi, ce M ?
M pour ta mère ! Putain !
Pedro !
Tu étais où ?
Ils ont enlevé Mateo.
Eneas ?
Une idée ?
J'ai demandé à mes gars de fouiner.
- Je crois savoir où ils sont… - Ce con de Mateo.
Il a tellement changé.
Les gens changent.
Pas leur essence.
Tu devais être généreuse et courageuse, petite.
Et tu étais quoi, petit ? Un lâche et un loser ?
Oui, en fait. Je l'ai toujours été, et alors ?
C'était dur. Tu sais qui m'a sauvé ?
Notre Mateo.
Oui.
Que s'est-il passé ?
Rien, c'est rien.
Donne-moi ta main.
Donc, tu étais le loser de la classe.
C'est pour ça que tu es devenu flic, pour gagner le respect.
Je n'avais jamais vu ça comme ça.
Pedro, tu es très courageux.
Je dois trouver mes amis.
Tu en as assez fait.
T'as pas vu que j'aimais les causes perdues ?
Tu n'iras pas seul dans la fosse aux lions.
- T'es sûre ? - Pas à 100 %,
mais mes gars pensent qu'ils sont là.
Mon Dieu, c'est quoi, ça ?
La mère des garçons. Ou tante, grand-mère, etc.
C'est "Big Mama".
Les enfants !
Une voyante qui lit dans les cartes.
Venez manger !
- C'est quoi, le plan ? - Eh bien…
Ils ne te connaissent pas et m'ont à peine vu.
C'est notre seul avantage.
D'accord.
À l'aide ! J'aime pas demander de l'aide comme ça.
David, arrête. Tu vois pas que c'est inutile ?
Ils vont nous tuer.
Non, bien sûr que non.
On doit croire en Pedro. Pedro est un flic, Pedro…
On va mourir.
On va mourir.
Si tu t'en sors et pas moi,
dis à Laura, dis-lui…
Que je ne voulais pas me marier.
Que ce soit clair, s'il te plaît.
Promis, mon pote.
Et si c'est l'inverse,
parle à mes filles.
Dis-leur d'arrêter de jouer au foot et d'aller au camp de science,
c'est ce qu'elles veulent. Mais non.
Je voulais qu'elles réussissent là où j'ai échoué.
Elles doivent être libres, David.
C'est magnifique, Quico.
J'ai été un père horrible.
Mais un bon ami.
Découpez-les et foutez-les au congélo.
Il est plein.
Deux de plus, ça rentre ?
Quico !
Adriana !
Content de te voir, que fais-tu là ?
Je vis ici.
Enfin un peu de chance ! Détache-nous !
Ces fous veulent nous embrocher comme des porcs.
Je suis là pour ça.
Elle a dit quoi ?
Elle est dans le coup.
On n'a rien fait, vraiment, on…
- Dis-lui, elle t'écoutera. - J'y crois pas.
Après tout ce qu'on a vécu, sur la plage…
La danse coquine, Adriana.
Hé, Panelinha !
Regarde ce qu'a Panelinha.
Une dernière volonté, Quico ?
Oui.
Je veux savoir ce qu'est la gifle turque.
- Tu es sûr ? - Absolument.
C'est ça, la gifle turque.
J'adore.
J'adore !
La série commence !
C'est le dernier épisode de l'Adultère incestueux.
À plus.
J'apprends plein de choses avec toi.
Essaie la gifle turque.
Excusez-moi, la prêtresse ?
C'est le seul moyen d'exploiter mon investissement.
- Allez. - Cette série est vraiment addictive.
La voiture attend.
- Je la distrais, tu trouves les gars. - OK.
La voilà.
Espagnols, pas vrai ?
On vient découvrir notre avenir.
Je vois un homme.
- Un étranger. - Mon père.
- Mon père est espagnol. - Pas ton père.
Mais il est espagnol.
Et tu as des sentiments pour lui.
Il y a une attraction entre vous.
Mais il a un gros conflit interne.
C'est pour ça que tu as peur de t'engager.
Parce que tu as beaucoup souffert.
Tu as beaucoup souffert.
Vous deux…
êtes amants.
Depuis de nombreuses années.
Sérieux ? Quoi ?
Ne m'interromps pas, je perds le fil.
Désolé.
Tu peux avoir
la femme que tu veux.
Un homme comme toi,
si beau, si gostosão,
on ne voit pas ça tous les jours.
Vous êtes aussi gustosona. Je peux aller aux toilettes ?
J'adorerais te porter dans mes bras
pendant que tu sucerais
mes seins.
C'est une pensée magnifique.
Je préfère y aller seul.
Vas-y !
Merci.
Vas-y.
David !
Quico !
Des porcs, c'est dégoûtant.
Oui.
Tu veux jouer ?
Non, pas moi, merci. Pardon.
Oui, c'est génial !
Sortez, je suis en train d'opérer.
Désolé, docteur.
Pedro ?
- Pedro ! - Pedro !
Pedro.
Mon Dieu, t'es là.
- Ça va ? - Tout est relatif.
Ils vont nous tuer.
On est vivants grâce à la série.
Elle est bientôt finie.
J'aime pas les séries.
Il aime pas ça.
Il est plutôt foot, non ?
Bon sang, Pedrito.
Quel sauvetage merveilleux.
Bruce Willis serait fier.
Tu devrais avoir honte.
Sacrés amis.
Tu es ingrat.
Ingrat ?
On est venus au Brésil avec lui, et regarde-nous.
Silence !
Je suis dans ce métier
depuis longtemps.
Et j'ai appris
dans la rue
que la réputation est primordiale.
C'est pour ça que…
Je ne peux pas laisser
une menteuse stupide entrer chez moi
sans aucun respect
pour mes cartes, mes saints et mes esprits.
Si t'es si naïve, peut-être que t'es pas une bonne sorcière.
Commence par elle.
Non, s'il vous plaît.
Laissez-moi parler.
Le coupable, c'est moi.
Je suis responsable de tout.
Mateo est mon meilleur ami.
Laissez-la partir.
- Seulement elle ? - Puisque tu y es,
tu pourrais nous inclure, non ?
Commencez par elle, puis ces deux-là !
Non.
Celui-là, qui est si gostoso,
garde-le pour la fin.
Je le veux pour moi.
- Elle t'aime bien. - Oui, je suis…
Je suis gostoso.
Non…
Que se passe-t-il ?
Lâche-moi !
- Lâche-moi ! - Pas ma mère !
C'est ma tante !
Et maintenant ?
Dites-leur de baisser leurs armes !
Vous faites quoi ? Arrêtez de frotter votre cul sur moi.
C'est trop bon, et tu veux que j'arrête ?
- Et maintenant ? - Match nul.
Réglons ça.
- Mateo, t'es en retard. - La ferme !
J'espère que dans ce sac,
il y a les 10 000 $ que vous m'avez volés.
10 000 ?
Tu m'as dit 20 000 !
J'ai dit 20 000 ?
Ouah.
Adriana !
Adriana…
est très douée pour falsifier des documents.
Je lui offre le gîte et le couvert,
et elle repère qui essaie de me piéger.
J'espère qu'ils ne sont pas faux.
Que tu as fait ce qu'il faut, pour une fois.
- T'en fais pas. - Voilà ce qu'on va faire.
Adriana vérifie l'argent.
Ensuite,
si l'argent est vrai,
Adriana dansera.
Dança, Adriana !
Si l'argent est faux,
c'est vous qui danserez.
Adriana, chérie.
Pense à ce qu'on a partagé.
- Dança. - Dança.
Dança, Adriana, dança.
Lâche-toi, chérie !
Tu le fais exprès, hein ?
- D'utiliser des mots avec "ch" ? - Ça me chatouille.
Dança, chérie. Dança.
Dança, salope. Dança.
L'argent…
est faux !
Je vais te tuer, Mateo.
Je vais te tuer à mains nues.
Merci.
Merci d'être venus avec moi.
Merci d'être mes amis.
- Je vous aime. - On t'aime, Pedro.
Toi aussi, Mateo.
Même si tu es devenu un connard.
Merci, Thais.
Avant toi, j'ignorais ce qu'était l'amour.
Je t'aime tant.
Bon voyage.
Feu !
Pedro ?
Pedro.
Pedro, ça va ?
Pour un mort, oui.
Tu n'es pas mort.
Tu t'es évanoui.
Debout.
Merde.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? - Hé.
Détends-toi, j'ai passé un marché avec Eneas.
Je n'aime pas les concurrents.
- Vous allez bien ? - Oui.
Nous… oui.
Quico, ça va ?
Plus ou moins.
Dégage.
T'as rien vu ?
T'as chié dans ton froc ?
- Un peu. - C'est bon.
T'as été courageux, Pedro.
Encore, fils de pute.
Tu dois bientôt quitter Rio.
Les nouvelles vont vite dans la favela.
J'y vais.
Je vais lui dire que je ne veux pas me marier.
David, content de te voir.
- Lâche les commandes, Márquez. - David.
Comme une vague…
Ne chante pas.
Voilà tes billets, à 9 h, j'ai pas trouvé plus tôt.
Ça va te contrarier, mais je ne veux pas me marier.
Voilà, "ch'est" dit.
Pourquoi tu parles comme ça ?
J'ai un piercing.
- Pourquoi ? - Ça se démode pas.
- Pourquoi tu te maries pas ? - Ça a fait mal ?
Non, j'en ai un autre.
Hé !
Le mariage, ça me dit rien. Je veux être libre comme l'oiseau.
Tu romps nos fiançailles, t'es sûr ?
- Oui, j'en suis sûr. - Dégonflé.
- Hé. - Lâcheur.
Je te quitte pour toujours.
Tu as enfin pris une décision dans ta vie !
- Pardon ? - J'ai tant attendu
que tu prennes une décision.
Mon Dieu, c'est vrai.
Merci.
Au revoir, Laura.
Prends soin de toi.
Il reviendra.
Trinquons à ma séparation.
Un toast à mes amis.
On a dû tout perdre pour nous trouver nous-mêmes.
Trinquons aux meilleurs amis qu'on puisse avoir,
les amis d'enfance.
Un toast aux phrases qu'on dit avant de mourir.
J'ai trop honte.
Tu devrais avoir honte d'avoir douté de moi.
Je t'ai dit que tout irait bien.
- C'est quoi ? - C'est quoi ?
Un laser.
- Un laser. - Mateo !
- Bon sang. - Bon sang.
Ne t'enfuis pas, enfoiré !
Hé, t'es fou !
Pas la peine.
J'aurais pu les arrêter…
Laissons-les embêter Mateo, non ?
Les gars.
Je vous aime.
Bon sang…
Viens là.
C'est fini.
Oui !
But ! Quico Ibáñez marque un but à Ipanema !
Quel clown.
… face à ce nullos de David Guzmán !
- Ça va ? - T'étais où ?
J'étais inquiet.
- Il a plus de vies qu'un chat. - J'en ai plus tant que ça.
- Tu lui as donné ? - Non.
Mets-le sur ton frigo pour te rappeler ce voyage.
J'ai besoin d'un service.
Prends ce magnet et mets-le
sur mon frigo, à côté de celui de Cuenca.
- Quoi ? - Tu rentres chez toi.
Ils vont te tuer.
Les amis se remboursent leurs dettes.
Je rentre en Espagne ?
Oui, tu retournes en Espagne.
Je rentre chez moi.
- Je dois faire mes valises. - Je t'emmène dans une heure.
Je vais revoir ma mère.
Fais-lui un câlin, il te sauve la vie.
Pedro, merci.
- Allez. - Prépare-toi, allez.
Mais…
tu sais ce que tu fais ?
J'en rêve depuis 12 ans. C'est mon moment.
- De quoi tu vivras ? - Je redeviendrai peut-être avocat.
Tu ne connais pas une boîte qui pourrait m'embaucher ?
Je ne sais pas…
mais je demanderai lundi, OK ?
- Où vas-tu ? - Payer une autre dette.
- Il est pressé ? - Attention aux vagues !
- Qu'est-ce qu'il fait ? - Pedro, attention !
Il est heureux.
- Regarde-le. - Il est si heureux.
Je vous aime !
- Attention ! - Bon sang.
- Il va se noyer. - Il remonte pas.
- Pedro ! - Pedro !
Pedro !
Je vais bien !
Mon Dieu.
Caïpirinha !
Vous avez vu cette vague ?
Sous-titres : Pascale Bolazzi
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