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Original subtitles

Purée, ça va vite!

Ça t'a plu?

Pietro, viens ici!

Je te cause, amène-toi!

- Quoi? - Va m'acheter des cigarettes.

Sans filtre.

Je jouais.

Je crache par terre. Si tu reviens avant que ce soit sec, t'as 20 lires.

Cours, ça sèche vite. Cours, Pietro! Cours, Pietro!

Allez, cours!

Peppino, dépêche-toi!

Dépêche-toi!

Si le monde veut la paix

Il doit entendre la voix

D'un peuple qui dit

Duce! Duce! Duce!

Peppino Torrenuova? Pourquoi ne chantes-tu pas?

Réponds! Tu as perdu la langue?

Prends ton livre.

Où sont tes livres?

Parle!

Où est ton livre? Réponds, voyou!

Je te parle. Où est ton livre?

Ma chèvre l'a mangé!

- Parle italien! - Ma chèvre l'a mangé!

Une chèvre?

Tu te fiches de moi? Dans le coin!

Silence!

Commençons. Singulier... et pluriel.

- L'écolier. - Les écoliers.

- Le cochon. - Les cochons.

- Le cheval. - Les chevaux.

- La tante. - Les tantes.

Le frère...

Le rêve de Sophonisba!

Viens, Karthalo,

interprète mon rêve!

Quel emmerdeur!

Voyous!

Je ne prends pas la Reine,

c'est la Reine qui me prend.

Je... ne prends pas...

la Reine...

C'est la Reine... qui me prend.

A nos Dieux, je consacre mon fer!

- Qu'est-ce qu'il a dit? - Mon fer, une épée!

II offre son épée! T'es aveugle, en plus?

- On peut pas poser de questions? - Silence, ignorants! Sauvages!

Assez d'obscénités!

- C'était Cicco Torrenuova! - Menteurs!

Sors ou je te massacre!

C'est pas moi!

Tu te crois malin parce que tu sais lire?

C'est toi!

Mords-le, Cicco!

- Qui est-ce ? - Cicco, le jeune de Baaria.

Tu m'as eu une fois de plus.

- Je n'ai pas à remercier. - Excellent, Cicco. Esprit vif

et dents d'acier.

- Que dis-tu? - L'autre était plus jeune.

- Retire au moins 300 lires. - 300? Tu vas nourrir mes gosses chez toi?

Oui, y a du pain et des oignons.

Au boulot! La journée est presque finie!

Allez, plus vite!

Au boulot!

Petits fainéants!

- Au boulot! - Salopard!

Je veux 10 boisseaux. N'oublie pas !

Nino, qu'as-tu dit? Rien. Grouille, on est en retard.

Combien d'olives t'as volées?

Quelles olives?

- Bonjour, Don Giacinto. - Bonjour, voyou.

Sept plus trois, dix!

Va épouiller ta mère!

Va peloter ta sœur, pervers!

Moi, pervers?

Dégage! Je veux pas d'ennuis!

Ne remets plus les pieds ici!

Toi et toute ta descendance!

Huit plus deux, dix!

Neuf et demi.

C'est à moitié plein, petit salopard!

J'y arrivais pas, Don Giacinto.

- Qui est ton père? - Cicco Torrenuova.

Désolé, un pacte est un pacte.

Tu es censé en avoir dix!

- Nino! - Laissez-le!

C'est qu'un gosse, bande de brutes!

- ça t'a plu ? - Oui, mais tu le connais, c'est vrai ?

C'est mon cousin !

Prends cette giffle !

Prenez soin de vous, arrêtez avec votre main.

Je ne demande qu'une heure

Avec toi

Quel scandale!

Pour te dire

Ce que tu ne sais pas

Quel humour de patate!

- II est bon. - Purée.

Et à cette heure

Je donnerais ma vie

Pour toi

Qu'est-ce que tu fais?

Subversif!

Dans ton cul!

Laissez-moi gagner ma vie.

Je l'ai pas écrite, je fais que la chanter!

Cicco, va chercher les livres dans ma loge.

Des livres?

- C'est toi qui rigolais! - Moi?

Tu te moques de moi ?

Shakespeare et Manzoni. C'est ça.

- Papa, pourquoi ils ont arrêté ton cousin? - Pourquoi?

On en parlera à la maison.

- Tu dois te lever tôt. - Je sais.

Tu sais combien de temps je serai Là-bas?

Un mois et demi, deux mois.

Tu as peur?

Fais attention, mon fils.

Fais tout ce que dit Minicu.

- Oui. - Compris?

Au revoir, maman.

- Au revoir, Nino! - Au revoir, Peppino.

Prends soin de toi.

C'est pas ce qu'on avait dit. Je peux ajouter un fromage, pas plus.

Disons trois fromages et tu le gardes un mois de plus.

Bon, Cicco. Si ça peut te faire plaisir.

- Va gagner ta vie. - Au revoir, papa.

Que la chance t'accompagne!

Et étudie de temps en temps!

Bonjour, Don Carlo.

- Bon dimanche. - Dieu vous bénisse, Don Carlo.

- A qui le tour? - D'abord Don Carlo!

Trop aimable.

- Un kilo de viande bouillie. - Cou ou cuisse?

Cou, merci.

Attention si tu te coupes.

Tu as des restes pour mon chat?

Maman?

Tu es folle.

Je m'en fiche si je suis folle.

Les voisins ne doivent pas savoir qu'on a plus mangé depuis 7 jours.

- Et si on meurt de faim? - Tant pis!

Mieux vaut être mort que raillé.

- Comment va, Tana? - J'ai pas à me plaindre, grâce à Dieu.

Tu vois ces trois rochers?

Y a un trésor en dessous.

Un trésor?

Les vieux disent que si tu lances une pierre

et qu'elle touche les trois rochers, une grotte pleine de pièces d'or

s'ouvrira sous tes pieds.

Pendant des siècles, tout le monde a essayé!

C'est difficile!

C'est pour ça que personne a réussi.

- C'est un mensonge, alors! - Qui sait?

Tant qu'une pierre aura pas touché les trois, on saura pas si c'est un mensonge.

Essaie encore!

Elle mange vraiment le livre!

Belles saucisses!

Elles sont belles!

Belles saucisses! Bien fraîches! Elles sont belles!

- Bonjour, Cicciu! - Bonjour, Peppino!

Madame Prurienza!

Un demi-litre.

Quelles belles saucisses!

Qu'elles sont belles!

Pur porc!

Voyez comme elles sont belles! Pur porc!

Virez-moi ce type.

Pur porc!

Achetez-les! Pur porc!

Salopards!

- Où l'emmènent-ils? - En prison.

Belles saucisses pur porc!

Maestro Paliddu!

- Peppino, donne-m'en 3/4 pour ma femme. - Je m'en charge.

Qu'est-ce que tu veux?

Va gagner ton pain ailleurs!

N'aie pas peur.

- Parfait. - Quoi, parfait?

Halte ! Où vas tu en courant si tôt le matin?

Pourquoi cours tu ? Réponds !

Et alors quoi ?

Oui mon cul ! Subversif !

- Merde, tous les matins ils l'arrêtent ! - Pauvre gars.

- Nino. - Peppino.

Un petit pain et quatre beignets.

Pain et beignets.

Tu mets un temps fou à manger ça!

Je l'aurais mangé en quatre bouchées sans en perdre une miette.

Un petit pain et huit beignets.

Ça a marché. On va manger.

Viens ici.

- Tu as dit quatre bouchées? - Oui, quatre.

Une...

deux...

trois et quatre.

Prends le plus petit.

Voyons s'il tient parole!

Tiens, bouffe!

- Tu vas l'étouffer! - Tais-toi!

Mange! Mange, salopard! Mange-les un à un

ou je t'arrache la tête!

- Dégage! Honte à toi! - Mange!

Laisse-lui le temps, il y arrivera.

- Faire ça à un gosse! - Prends les beignets!

Maestro, vous en avez pour longtemps?

Silence, rustres!

Un peu de patience!

Si vous bougez, je ne finirai jamais!

Si vous devez parler, parlez,

mais immobiles!

Qu'ai-je fait?

Seigneur, pardonnez-moi! Renato!

Vous êtes sûr que ce sera bien?

Frère Nespola, inutile de venir espionner. II faut voir le produit fini!

Je comprends ce style réaliste mais pourquoi les apôtres et les anges

ont-ils des têtes de filous?

Père, on peut se tirer si vous voulez!

- Pas de problème! - Nous traiter comme ça!

- Rustres! - Mais pourquoi ....

Vous aussi ?

Et avez-vous trouvé la Sainte Vierge ?

- Oui, deux, très belles. - Comment ça deux ?

- La Sainte Vierge est unique ! - Je dois encore choisir.

Ou la fille de la princesse, ou la fille du vigneron.

- Oh mon Dieu ! - Tous les signes sont là.

- Assez joué ! - On m'a poussé !

Peppino, quel coupe tu veux?

- Comme Rudolf Valentino. - Impossible.

- Alors la cata habituelle. - Quel caractère!

Pourquoi tu fais tant d'histoires?

Bouge pas.

Torrenuova, courrier!

Pour votre fils Nino.

- Au revoir. - Au revoir.

Papa?

C'est l'armée?

Cette fois, ça sent le roussi!

- Un demi-litre. - Que peut faire Staline?

II s'en sortira.

Peppino, vas-y. Je dirai rien à personne.

Tu es trop jeune, sois patient.

Bon, au revoir tout le monde.

Regardez ces trois types chez Ignazio.

Ils me plaisent pas.

- Tu es Ignazio le poète? - Et toi, t'es qui?

- Gioacchino Corrao, de Palerme. - Et?

J'étais en prison. La politique.

Que veux-tu?

Les camarades disent que tu peux m'aider.

Vraiment?

Tu peux me prêter un livre sur Marx?

Marx?

- Et qui sont ceux-là ? - Des amis.

Marx ?

Va lire Mickey, salopard!

Tu crois me duper?

Connards de fascistes!

Vous avez déjà fermé ma revue!

Vous voulez me prendre le pain de la bouche? Bande de rats!

Je veux pas faire la guerre.

Nino!

- Nino! - Peppino!

- Peppino! - Je suis ici!

Occupe-toi des vieux!

Et toi, prends garde aux balles!

Au revoir!

Don Mariano! Vous m'avez viré parce que je suis malade.

Voici ma fille Sarina. Elle travaille dur.

Elle vaut quatre hommes, prenez-la.

Les temps sont durs, Tana.

II n'y a pas de travail.

Tu vois combien de gens j'ai?

Je dois licencier la moitié avant fin juin!

Vite, un homme a été tué à la Via Buttitta!

Je le jure!

Dans le noir? Comment tu le sais?

- J'ai trébuché dessus. - Trébuché?

Comment tu sais que c'était un homme

- et pas une femme? - Réponds!

Incroyable! Vous croyez que c'est moi qui l'ai tué?

Tu mets un temps fou à manger ce pain.

Je l'aurais mangé en quatre bouchées sans perdre une miette.

Que veux-tu que ça me foute?

Vos têtes, imbéciles!

Vite!

Cours, Peppino! Toi aussi, Rosalia!

- Du calme, on ira à l'abri! - Vas-y toi!

Tu trembles comme une feuille!

J'ai pas peur des bombes!

Mais de ma mère oui, je veux pas l'entendre!

Calme-toi. Ils tirent à Palerme, pas ici.

Peppino!

Les Américains arrivent!

Enlève cette sale chemise noire! Je vais te donner une des miennes!

La fête des pauvres !

Venez ici!

Mince, un coffre-fort!

Essayez avec ça!

Passe-moi ça. Écartez-vous!

II y arrive pas!

Une petite main!

Ça n'ira pas.

- Celle-ci! - C'est Peppino!

Enfonce ta main.

C'est quoi?

C'est quoi?

- Qu'est-ce que tu sens? - De l'argent!

Petit salopard!

L'argent est ici?

Va te faire foutre!

Fils de pute!

J'ai vu l'argent avant toi!

Arrête, sale voleur!

Partageons!

Si on partage, je te ferai rien!

Partageons...

On est Là!

Mannina, c'est comme des sauterelles.

Papa, c'est trop tard!

Les salauds! Ils ont rien laissé.

Essayons ailleurs.

- On part les mains vides? - Allez.

Attends.

- Que va-t-on en faire, papa? - Qui sait?

- On agrandira la cuisine et on la mettra Là. - Super.

On aura un souvenir de la fin de la guerre.

C'est déjà cassé ! C'est fait en fromage blanc ?

C'est bien.

- Excusez-moi? - Quoi?

- Vous avez de l'oignon? - Quoi?

Salade à l'oignon.

- Mannina, je pige pas. - II a dit salade.

C'est ça, salade!

Mais avec un oignon! Tu comprends?

Va te faire foutre!

Suis-moi, petite.

"Onio", ça veut dire quoi?

Oignon! Si tu le coupes, tu pleures.

Ah, un oignon!

Maman, il veut un oignon.

- Ça? - Oui!

Fils de pute, tu pouvais pas le dire?

- Merci. Viens. - Oignon! Oignon!

Cadeau.

- C'est quoi? - Un parachute.

Que va-t-on en faire?

Évitez les champs, il y a des bombes américaines.

Ils vont dans les bombes!

Mesure large, qu'elle le porte longtemps. Mannina, il y aura assez de tissu?

La ceinture.

Bien tendue.

Un.

Deux.

Trois. Ta ceinture fait un mètre?

Ton ventre est un tonneau!

Je l'ai mesurée moi-même. Exactement un mètre.

T'as pas confiance en Don Giacinto?

Bien sûr que si, Don Giacinto.

Mais je tiens à ma terre.

J'ai offert un bon prix.

Vous l'arnaquez!

Qui t'a demandé ton avis, toi?

Ma ceinture fait un mètre et je suis mince comme un râteau!

- Torrenuova! - Oui, Torrenuova.

Tu nous casses les couilles et tu voles l'herbe de ma propriété.

Elle est pas encore à vous!

Remets chaque brin d'herbe ou je tu le regretteras, voleur!

Peppino Torrenuova, voici ta carte du Parti.

- Merci, Turiddu. - Brave garçon.

Et mon beau-frère? On lui en a pas donné.

- II achète des journaux communistes! - Oui, mais chaque matin, il boit deux œufs.

Purée!

Tiens, lis ça.

"Devoirs des membres du Parti.

Tout membre du Parti communiste

est tenu d'améliorer sa capacité de travail manuel et intellectuel,

d'avoir des rapports de solidarité fraternelle

avec les autres membres du Parti et de mener une vie privée

honnête et exemplaire." Bonsoir!

Mouille tes lèvres.

- Avec quoi? - Ta salive, quoi d'autre?

Bouge plus.

C'est quoi ce sourire? Souris moins.

Je souris si je veux, je suis venu pour ça.

Pour sourire? Y a de quoi sourire?

- T'occupe et prends la photo. - Comme tu voudras.

Arrête de respirer.

- C'est des pièges à rats. - Y'a tant de rats que ça ici ?

C'est quoi ? Des cages à poules ?

Non, des urnes électorales pour son parti.

Ignorant !

Quoi, tu ne peux pas demander ?

Regardez Don carlo Minà.

Est-ce qu'il a rajeunit ?

- C'est le neveu. - Le petit.

Son oncle l'a mis devant, le neveu fait pareil que lui.

- Bonjour, Mannina. - Bonjour, Tituzza.

Où tu vas?

Au cours de broderie.

- Amuse-toi bien. - Merci.

- Espèce d'incapable! - Mes pieds!

C'est que du lait frais.

Tais-toi!

Tais-toi, toi.

- C'est compris? - Oui.

Rafraîchis-toi la bouche.

Maruzza, viens danser!

Un, deux, trois, quatre...

Balourd, c'est ainsi qu'on mène une femme?

C'est moi qui doit faire la femme?

Le politicien est bien sensible!

Pas de souci, je suis la seule femme ici.

Pédés!

- Royaliste? - Républicain.

On peut se marier alors.

- Onofrio Pace. - Peppino Torrenuova. Enchanté.

Teresa, quand tu te maries? Les hommes de Bagheria sont des ingrats.

Que voulez-vous?

Un roi ou une république?

- Que représente le roi? - Ses intérêts.

Et la république?

L'intérêt de tous!

C'est une arnaque!

Pour les pauvres...

Salopards de communistes!

J'achète vos dollars.

Je change vos dollars.

Longue vie au Roi!

- Je vais te tuer! - Hé, c'est moi!

Arrête, c'est moi!

- Nino! - La guerre ne m'a pas tué

mais toi tu veux le faire?

Copains comme cochons!

Fais-moi une faveur.

- Juste une, alors. - Juste une.

Une danse pour ceux qui sont dehors!

Amusez-vous!

Mademoiselle?

M'accordez-vous cette danse?

Oui.

Hommes et femmes ensemble!

- C'est qui? - Comment je le saurais?

- Tu ne l'as pas empêchée? - Empêche-la toi.

Femmes et hommes de Bagheria, merci pour ce geste de liberté et de progrès.

Après la victoire de la République, cette danse marque le début du socialisme!

Socialisme? C'est quoi?

- Tu sais danser? - Non.

Alors tu peux pas comprendre.

Puis-je me présenter?

Pas besoin.

Je connais votre nom.

Je peux vous offrir une friandise?

- Un bonbon aux amandes? - Du caroube?

Ne soyez pas timide.

Très bien.

- 35 centimes. - Oui.

- On s'arrangera. - Et vive le socialisme!

A l'intérieur!

Chère Mannina, j'espère que tu vas bien.

Ça fait des jours que je voyage pour affaires.

Voilà pourquoi nous ne nous sommes pas vus. C'est un travail difficile

mais la paye est bonne.

Tu occupes mes pensées, j'ai hâte de te revoir et d'être avec toi.

J'ai décidé de parler à tes parents.

Mais il y a une chose que tu dois savoir: je suis communiste

et on dit tant de choses sur nous.

Que nous mangeons les enfants, par exemple.

Je t'assure que ce n'est pas vrai. C'est de la pure méchanceté.

Et même si c'était le cas, je t'assure que je n'en ai jamais mangé,

même pas un seul.

C'est bien que tu sois informée de ces rumeurs

car je t'aime et tu le sais.

Mais l'honnêteté

prime sur tout. Du moins entre nous deux.

Bonjour, vous avez des boutons de deuil?

- Combien? - Tous.

- II y en a plus de 200. - Vous en avez plus?

- Non. - Combien?

60 lires.

J'ai 55 Lires.

ça va.

- Mes condoléances. - Merci.

Je me demande qui est mort.

Massacre en Sicile à la fête du travail

Cher Peppino, je vais bien et j’espère que toi aussi

mais quand je tai vu hier, tu avais l'air d'avoir maigri.

Tu dis que tu gagnes ta vie mais ma famille s'est renseignée

et des gens de confiance disent

que tu es un bon à rien et que ta famille est ruinée

car toutes les vaches que vous avez achetées par chance

à la fin de la guerre

sont mortes l'une après l'autre,

c'est pourquoi ta famille

n'a plus que ses yeux pour pleurer. Mais ce n'est pas tout.

Mes oncles disent que vous communistes,

même quand vous ne mangez pas d'enfants,

vous êtes pires que la maladie qui a ravagé ton étable.

Je n'y crois pas, mon amour. Mais dans le doute,

mes parents ont décidé de me fiancer à un homme qui possède beaucoup de terres.

Aide-moi, Peppino, je ne sais pas quoi faire.

J'achète vos dollars!

Je change vos dollars!

Les enfants, partez !

Debout !

Tu ne peux pas rester là ! Je t'ai dis debout !

Stupide,

Tu ne vois pas que je suis mourant ?

Tu m'en diras tant !

Je ne vous ferais même pas ce plaisir.

Pietro Lanza est mort !

- Où est ta bague? - Elle est trop serrée.

Elle est en effet serrée.

- Je vais la faire élargir. - Un peu.

Mannina!

Que...? Qu'est-ce que...?

Tu es distante. Quand je viens, tu commences à travailler.

- Reste chez toi alors! - S'il t'a embrassée, je détruis sa maison.

S'il essaie de m'embrasser, je le poignarde.

Très bien. La libération de la femme

commence par la femme elle-même,

- comme dit le Parti. - II dit qu'un communiste

- doit fuir avec la femme qu'il aime? - II ne le dit pas

mais il le pense.

Alors fuyons.

C'est bientôt fini?

- C'est lui! - Quand, hein?

Quand tu dégageras!

Si vous vous parliez?

Fiche la paix à ma fiancée!

Parlez-vous!

Parlez-vous!

- Bon, parlons. - Parlons.

- Parlons. - Parlez-vous!

- Parlons. - Parlons.

Parlez-vous!

- Qu'y a-t-il à dire? - Que dalle!

Papa!

Papa!

Rentre à la maison!

Pourquoi voulez-vous ruiner ma vie?

- On en parlera à la maison. - On s'en fiche.

Tout le monde est au courant! Regarde-moi.

- Je mérite ça? - II est riche, tu comprends?

C'est un imbécile!

Je choisis moi-même mon fiancé.

Je me suis déjà engagé.

Désengage-toi!

Rends-lui sa bague,

d'ailleurs elle est fausse!

Et rends-lui la photo, il est trop moche à regarder.

Dis-lui de ne plus se montrer!

Le fiancé que tu veux

ne mettra jamais un pied chez moi!

Elle a raison. Fuyez, comme tout le monde, et on n'en parle plus.

Où je l'emmène, au Grand Hôtel? J'ai pas un centime.

Vous n'avez qu'à venir au Parti.

- C'est pas bon? - On nettoiera.

Sauf votre respect,

moi et ma femme, passer notre nuit de noces sous le portrait de Staline?

Si c'est un film américain, pourquoi ils parlent italien?

- Imbécile, le haut-parleur est italien. - Merde, c'est vrai.

J'avais pas pensé à ça.

Oui!

J'avais pas pensé à ça.

Vous pouvez partir pour aujourd'hui.

Qui est Là?

- Et si quelqu'un venait? - T'inquiète.

Personne ne peut entrer.

Je pensais à toi.

Salaud! Tu as déshonoré ma fille! Que vais-je faire maintenant?

Regardez, ils s'embrassent de nouveau!

Descends!

- Salopard! Sors de Là! - On sortira pas. II faut l'accepter.

- Mon enfant, parle. Dis quelque chose. - Que dire? On s'est enfuis.

C'est dégoûtant, s'enfuir dans sa propre maison!

Par pitié! Si mon mari arrive ce sera l'enfer!

Je m'en occupe.

Je t'entends, Nino!

Te mêle pas de ça.

Peppino, ignore-les.

- Tu veux que je parte? - Je dois le dire en chinois?

- T'es toujours Là? - Quelle tête de mule.

Cicco...

Dieu te récompensera.

C'est moi, ton père.

Venez avec moi. Je vais vous aider.

Viens.

Ma pauvre fille.

Traversez les champs. On se retrouve à la maison.

- Mange. - Assez d'œufs durs.

Autant dormir dans la rue.

La rue n'a pas tout ce confort.

Allez, vite.

Approchez.

Regardez, l'escroc qu'ils ont arrêté

avec l'autre salaud!

Les bagues.

- Vous n'avez pas de bagues? - Sarina...

- Allons... - Merci.

Son père s'est pendu et il a perdu toute sa terre au jeu.

Maria Anna Scalìa, prends-tu

- Giuseppe Testasecca... - Torrenuova!

- Terranova. - Torrenuova!

- Torrenuova. - C'est pareil. Terranova.

C'est mon cousin, celui avec la cirrhose.

II a l'air plus jeune.

...l'aimer et l'honorer à partir de ce jour?

Comment est-ce possible?

Si ça vous dégoûte, laissons tomber.

Tu n'es pas Peppino le communiste?

Si. Qu'est-ce que je fais ici?

Comme Dieu le veut. Suivants!

Mon Père, faites-nous cette faveur. II est peut-être communiste

mais il est dans une peinture avec les saints!

- Tu le prends oui ou non? - Bien sûr!

Prenez le sang. Le sang!

Prenez le sang.

Bois tant que c'est chaud.

- Tu es sûre? - J'étais anémique

quand je portais ta mère. Ça m'a guérie.

Bois, n'aie pas peur.

C'est bon?

Je vais parler à ton père.

Va chez lui pour l'instant.

Je regrette que... quand le bébé naîtra,

je ne serai plus Là.

La pauvre, quelle tragédie.

Que s'est-il passé?

Les œufs étaient déjà cassés, je suis désolée.

Des œufs cassés...

Comment tu te sens?

Ça va.

II y a eu trop de souffrance.

Combien jusqu'au cimetière?

Monte.

Allons-y.

"N'entends-tu pas? Je veux ton cheval, crie Orlando

en avançant avec fureur. Ce berger a un bâton

solide et noueux,

avec lequel il frappe le paladin. Sa rage et son ire

excèdent toutes limites,

il est plus fier que jamais. Frappant le berger à la tête,

il lui fend le crâne et le laisse mort.

Puis sautant sur son cheval il parcourt le pays par moult chemins...

pour y répandre la terreur. Le destrier ne goûte ni maïs ni foin

car repos son cavalier ne s'octroie. Mais le fier Orlando ne se déplace à pied.

Tant qu'il vivra, de transport il ne manquera

Il trouve tant de coursiers, leurs maîtres trucidés,

et poursuit sa destinée." - Bravo, Cicco!

Un nouvel arrivage de Naples. Marchandise US, comme neuve.

Regarde cette robe. Dommage, je pourrai jamais la porter.

Et ce costume pour Peppino. Ça lui irait bien.

II porterait jamais des choses américaines. II est plein de taches.

Donne-moi ça.

Filippo, ce costume coûtera plus cher à nettoyer qu'à l'acheter !

Tu veux que je paie la différence?

Non, donne-le-moi et on est quittes.

- Vous me crucifiez. - J'aimerais le lui donner à son retour de Rome

- II pourra la mettre au congrès du Parti. - Ne regarde pas!

- Pourquoi? - Si tu regardes les monstres

de Villa Palagonia

tes enfants seront mi-hommes, mi-bêtes!

- Sainte-Marie! - Viens!

Michele, Angela, papa est Là!

Michele, viens ici.

Papa!

Dans une société socialiste,

même une cuisinière peut devenir chef de gouvernement.

- Et moi, que pourrais-je devenir? - Comme tu cuisines...

on t'arrêterait immédiatement.

- C'est pas bon? - Bien sûr que si!

Je rigolais!

Quand on sera au pouvoir, je te ferai papesse!

C'est à l'école communiste

que tu apprends ces conneries?

On étudie les travaux des grands idéologues. On apprend la politique,

l'art de parler en public

et en dernière analyse, on apprend à être de bons chefs de parti,

qui changeront l'avenir de l'Italie.

Et trouver un boulot pour Peppino Torrenuova

pour qu'il ne soit pas berger toute sa vie!

Avance ! Que la veine de ton cœur claque !

Alors, tu as rencontré Togliatti ? Comment est-il de près ?

Te peux me le dire ? Tu n'as rencontré personne ?

- Oui, j'ai rencontré Togliatti ! - Et qu'est ce qu'il a dit ?

- De mettre le feu à la grange et aux animaux ! - Sale caractère !

Si on veux bien commander, il faut être américain nous dit-on.

Mais regardez moi bien ! Est-ce que j'ai l'air d'un général américain ?

J'achète vos dollars !

Et qui est ce général ? Mais c'est mon fils !

C'est mon fils venu de la mer qu'on reçoit, à Londres, Bruxelles, Amsterdam !

Et où sont ces pays ? Comment s'y rendre ?

De l'eau !

J'achète vos dollars !

Les femmes siciliennes savent bien quoi dire !

Elles savent car elles sont les mères de leurs fils !

De 40 à 47 combien en ont-elles perdu dans cette grande folie ?

Et ça ne doit plus arriver !

De l'eau !

J'achète vos dollars !

Quand le général Eisenhower va venir en Italie,

Les femmes siciliennes vont sortir sur les places,

Pour dire: non à la guerre !

La Sicile dit non aux américains, le peuple Sicilien n'est pas à vendre !

A personne !

De l'eau !

Ma licence de magasin est-elle prête ?

- Oui, mais il faut six mois ! - On ne peut pas faire plus vite ?

Si la loi dit 6 mois, c'est 6 mois.

En fait, c'est Don Carlo Minà qui m'envoie.

Mais...le grand ou le petit ?

Le petit.

C'est bon. Attendez une demi-heure.

La terrasse fait à peine 15 m, que puis-je faire?

Construis, on causera après.

Carte d'identité?

- Peppino? - Tu l'as oubliée?

Je me porte garant d'elle, c'est ma femme. Elle a pas sa carte d'identité.

Bon, soit.

- Merci. - Vas-y.

Par ici, madame.

Souviens-toi, en haut à gauche. Pas de propagande!

C'est la 4ème fois que je le dis!

C'est ma femme! - Même Sainte Rosalie!

On n'influence pas la volonté de l'électeur!

Excusez-nous.

- Vas-y, électrice. - II fait son malin.

Désolé.

Aide-moi, Peppino!

- Encore lui! - Torrenuova, n'entre pas,

- le vote est secret! - Elle va accoucher! Elle est à 8 mois!

- Peut-être 9! - C'est un truc!

II est pas mignon? C'est son père tout craché!

4,2 kg exactement.

- II a pas mangé 100 grammes. - Mais il a l'air bien joufflu.

- Mets ça sur mon compte. - Je m'en doute.

Mme Rosa, vous pouvez me prêter 150 lires?

- Je vous rembourserai. - Ma fille...

Cicco Torrenuova!

T'as trouvé l'Amérique sur mon terrain?

- Quoi? - Regarde.

Jésus, Marie, Joseph!

Désolé, Don Giacinto.

Ça peut pas continuer comme ça.

Un jour tu lisais, un autre tu dormais.

Je vais tuer ces moutons pleins de tiques! - J'ai pas fait exprès!

Toute excuse est bonne pour voler!

Vous exagérez!

Tu sais encore mordre

avec les quatre dents qu'il te reste?

J'ai peut-être plus de dents,

mais à mon âge, j'exige le respect!

Salopard!

Papa, on t'attend. Mangez, mes enfants.

Je dois faire mes inhalations.

Ça va prendre combien de temps?

Papa!

- Que s'est-il passé? - C'est rien.

J'ai trébuché et je suis tombé.

Bois en premier.

J'achète vos dollars!

Mes respects, Don Giacinto.

Qu'y a-t-il, Torrenuova?

Les gars, amenez-vous!

- Don Giacinto? - C'est pas nécessaire.

Si tu touches encore à mon père,

- je t'arrache les yeux! - Honte à toi!

On me vole

et j'ai pas le droit d'ouvrir la bouche? C'est ça, ton communisme?

Si on te vole, appelle la police.

Ne t'en prends pas aux vieux! Salopard.

- C'est qui? - Peppino le communiste.

Tel père, tel fils!

II sait s'habiller.

Laisse tomber.

Me casse pas les couilles toi aussi.

J'achète vos dollars!

Je vois des noms, des CV...

Par exemple, le camarade Torrenuova.

Le camarade Torrenuova est Là?

- C'est moi, camarade Corteccia. - Eh bien...

Tu as occupé des postes importants,

même au syndicat. Mais je dois être sincère.

Tu n'as même pas écrit de livre.

- Tu n'as pas de diplôme. - Ah, les chèvres!

Que diras-tu au Kremlin?

Quelle contribution feras-tu en revenant d'un voyage difficile?

Es-tu équipé?

Dans quel sens, camarade?

As-tu un gros manteau?

Non.

Qui va couper la tête du dragon? Le porte-parole de la fédération provinciale.

Je savais que je l'aurais dans le cul.

Bonjour.

- On peut entrer? - Camarades!

Liborio!

Excusez-moi, mais...

Enchanté.

- Bonjour, Liborio. - Camarade Pace!

Asseyez-vous!

Des nouvelles de Palerme?

Un mot de temps à autre.

Que me vaut l'honneur?

Écoute, camarade...

II semble que tu as acheté un manteau fait sur mesure.

C'est interdit?

- Qui vous l'a dit? - Le contre-espionnage bolchevique.

Je le paie par traites mensuelles.

- Je suis pas riche. - On peut le voir?

II est de quelle couleur?

Anthracite.

- Je peux savoir pourquoi? - Ordre du Parti.

Très bien.

Superbe.

Tu as de la chance !

Je dois encore le faire raccourcir.

- Raccourcir? II est parfait. - Coupe les chardons en mai

Ils repoussent en un jour Coupe-les en juin, c'est trop tôt

- C'est encore loin? - On arrive.

Ne te penche pas!

On peut lui parler?

Non, seulement le regarder. Mais si tu lui parles,

il t'entendra.

II saura que c'est nous? II nous verra?

Bien sûr.

Tenez-vous par la main, fermez les yeux et marchez avec moi.

A trois, ouvrez-les.

Stop.

Relevez la tête.

Un, deux...

et trois.

- Je vois rien. - Où est papa?

Que sont devenus les saints et la Madone?

Le cardinal les a fait effacer à cause des cancans.

Dommage.

Venez.

On peut pas voir papa?

- II faudra attendre qu'il revienne. - II est où?

Dans un grand pays où tout le monde est riche.

II me ramènera un petit cavalier?

Sainte-Marie, je ne peux pas regarder!

Paix, santé et bonne fortune.

Voilà. Merci, venez plus tard.

Je passerai après le repas.

Paix, santé et bonne fortune.

La mariée est belle. Mère Tana!

Non, ma fille. Je m'appelle Masina.

Comment est-ce possible?

Je vois. Ta mère est morte depuis longtemps.

Elle est belle!

Venez vous asseoir à l'intérieur.

- Merci, ma fille. - Toi aussi.

Viens, n'aie pas peur. Ma maison est la vôtre.

Mannina? N'est-ce pas le portrait craché de ma mère?

- Regarde-la bien. - C'est vrai.

La mariée est belle.

Quelqu'un de ta famille est en voyage?

Oui.

- Sainte-Mère, regardez! - Papa!

La mariée est belle...

J'achète vos dollars!

Peppino, tu as l'air soucieux depuis ton retour.

Corteccia avait raison, ce n'était pas une partie de plaisir.

- Et pas à cause du froid. - En fin de compte,

c'est comment, l'Union soviétique?

Onofrio...

j'ai vu des choses terribles.

Le déluge!

Arrêtez, tous! Si Saint-Joseph n'entre pas,

Dieu non plus!

Quoi?

J'ai rêvé de serpents noirs comme la nuit.

- Je me demande ce qui va se passer. - Que pourrait-il se passer?

Peut-être que les mafiosi reviendront.

- Ou que la police nous arrêtera. - Les voilà.

Réveillez-vous, camarades! Réveillez-vous, camarades!

Tu as vu combien on est?

Camarades! Travailleurs! La terre de Corleone aux fermiers!

...trois, quatre, cinq...

II n'y a plus rien à faire. J'ignore ce qui le tient en vie.

Je suis désolé.

Peppino va arriver. Ne t'agite pas.

- Peppino arrive. - J'aurais aimé...

le voir député.

Qui te dit qu'il ne le sera pas?

Dès qu'il sera député, on prendra le train

et on ira le visiter à Rome.

C'est beau, la politique.

C'est beau, la politique.

C'est beau, la politique.

Qu'est-ce qu'il dit?

II dit que c'est beau, la politique.

Monforte, 33! Io Giudice, 31!

Marciano, 88!

Li Causi, 17!

- Viscuso. - Viscuso, 37!

- Torretta. - Torretta, 60!

Regardez, Là!

Ça suffit, ce cirque! Dispersez-vous!

Courons!

Cette terre n'est pas à vous!

Dégagez!

Attention, camarades!

Cicco, dis bonjour à mon cher mari défunt. Et à mon fils Cosimo,

qui est mort en Afrique. Dis-lui que je penserai toujours à lui.

Et à ma mère. Dis à Diego que les enfants vont bien.

Dis bonjour à mon fils.

Et à ma sœur Soluzza, qui est morte de la grippe espagnole.

Écrivez leurs noms

ou je vais oublier.

"Ce matin, attaque de la mafia contre la terre des Princes d'Agro.

Une foule de fermiers qui manifestaient

en faveur de la réforme agraire..."

- Peppino est Là. - II arrive à temps.

Papa.

Je t'attendais.

Je te parle. La faute est la tienne.

Toi, qui fais l'indifférent

au milieu de cette foule. En fumant ta pipe

qui ressemble à une cheminée d'usine sous la visière

de ton vieux chapeau de cendres.

Je te parle. La faute est le tienne?

Regardez son visage.

Il n'y a pas de chair sur les os,

Le ver de la faim a tout gobé.

Et la sage-femme,

lui a donné comme dot, le déchirant du ventre de sa mère,

Du pain et des oignons.

Rentrons.

Qui est Dieu ?

Dieu est tout puissant sur terre.

Où est Dieu ?

Dieu est ...

- Toi, comment t'appelles tu ? - C'est Torrenuova !

Le fils du communiste !

Le communiste accroché à un mur,

Tous ceux qui passent par là lui crachent au cul !

C'est une honte ! Il y a des enfants !

C'est l'école de Dieu !

Les enfants, savez-vous pourquoi seuls les pauvres ont droit au réfectoire?

Oui.

Accomando, que fait ton père?

- II vend des fruits. - Riche.

- Balistreri? - Pêcheur.

Pauvre.

- Sciortino? - Coiffeur.

Riche.

- Di Quarto? - Menuisier.

Aide agricole.

- Aide agricole. - Gardien de l'eau.

- Cordonnier. - Marchand de charbon.

Qu'attends-tu, Torrenuova?

Chômeur.

On veut du travail!

Trois jours sans manger!

Artale, Torrenuova, Onofrio,

- le Parti ne peut rien faire? - Du calme!

On veut voir le préfet!

On veut parler au maire!

Maire chrétien-démocrate, dehors! Entrons!

Mettons le feu à la mairie!

Arrêtez! Ne nous laissons pas emporter!

- Formons une délégation! - Laisse tomber!

Le maire s'enfuit! Tuons-le!

Arrêtez!

Allez Picciotti !

M. le Maire, nous venons témoigner

de l'exaspération des fermiers de Bagheria.

Cousin! Comment vas-tu?

- Ils sont cousins? - Vous l'ignoriez?

Au troisième degré.

Ils sont complices!

- De grâce, sois prudent. - Ne t'en fais pas.

N'aie pas peur.

Bonjour.

Bonjour.

Mme Sarina, excusez-moi. Ma radio ne fonctionne pas, vous...

Pas besoin de demander, entrez.

Mannina, c'est Mme Mathilde.

- Asseyez-vous. - Merci.

Dans les grandes villes d'Italie

des manifestations violentes ont eu lieu contre le gouvernement Tambroni.

Les heurts les plus violents ont eu lieu

à Gênes, Milan, Rome et Palerme, où l'on compte de nombreux morts et blessés.

Le ministre de l'Intérieur a démenti les accusations selon lesquelles

la police aurait ouvert le feu

sur les manifestants.

La police!

Mimmo, que t'ont-ils fait?

Tu t'es fait avoir!

La police!

Papa a été battu!

- II y a du sang ici aussi. - Non.

De la glace!

Tu vas le tuer!

- Toi aussi? - Qu'est-ce que j'ai fait?

C'est quoi, le problème?

- Sortez, je suis pas encore mort! - Reste avec lui.

Bonne nuit.

- Tu vas retrouver la tête? - Je l'ai encore.

Que t'apporte la politique?

- Tu gagnais plus avec les vaches. - Va-t'en.

Tu ne comprends rien!

Quel sale caractère.

C'est un coup dur pour nous tous. Non seulement à cause de la perte

d'un de nos camarades

mais aussi d'une perte au sens politique

qui doit nous faire réfléchir

et qui devrait servir d'avertissement

à tous les camarades qui n'adhèrent pas strictement

aux lignes du Parti. J'ai terminé, camarades.

Que s'est-il passé?

Le camarade Onofrio Pace a rejoint les socialistes.

Putain!

Et la réforme agraire? Échec total. Les gros propriétaires

ont gardé les meilleures terres

tandis que les fermiers,

qui ont vendu jusqu'à leurs mules,

n'ont que les pierres.

Là, à Sciarra, ils ont tué le camarade Salvatore Carnevale.

Derrière cette montagne, ils ont tué Placido Rizzotto, un grand syndicaliste.

Ils ont jeté son corps dans une crevasse du Mont Busambra.

A Camporeale, ils ont tué le secrétaire du syndicat agricole, Cangelosi.

Tu vois ce village? C'est Sciacca.

Là, les mafiosi ont tué Accursio Miraglia.

- Syndicaliste? - Oui.

Là, ils ont tué Epifanio Li Puma, chef du syndicat agricole.

Camarade Torrenuova...

pourquoi ne t'ont-ils pas tué?

Grand-mère a donné de l'argent pour le bus et la nourriture.

- Ramasse ça. - Non!

- Viens ici. - Non!

C'est ainsi que tu donnes les choses à papa?

- Obéis à ton papa. - Non!

- Je vais le ramasser. - Arrête.

- Ramasse! - Non!

- Ramasse-le toi! - Angela, ramasse!

- Ramasse-le! - Silence!

- Ramasse l'argent! - Non!

Pour la dernière fois...

- Ramasse! - Non!

- Je le savais. - Elle a la tête dure.

J'ai perdu ma boucle d'oreille.

On va la retrouver.

Luigi, ouvre la fenêtre, il y a de la fumée.

Quelle belle voix.

Belle, si belle ...

23/1, troisième! Action!

On y va, les filles. Arrange tes cheveux. Pour Don Vincenzo.

Marta, arrange tes cheveux.

Tu es fatiguée mais je t'amènerai à la mer.

Souris, allez. J'ai un petit paquet...

- Ça te plaît? - Oui.

C'est OK! On va à l'intérieur.

Toi, toi et toi, venez.

Monsieur? Et nous?

Pietro, dépêche-toi.

- Michele, c'est quoi? - Des monstres qui ressemblent à des gens

et des gens qui ressemblent à des monstres.

- Qui les a faits? - Je sais pas.

Ils disent que c'est un prince fou.

Lattuada, pourquoi Villa Palagonia?

J'étais fasciné par les histoires des voyageurs des 18e et 19e siècles

et par les dessins de Renato Guttuso. Parfait pour l'ambiance grotesque de mon film

C'est un lieu unique.

- Et ce n'est pas tout. - C'est-à-dire?

La villa ne finissait pas ici.

Cette rue est le chemin d'accès original,

jusqu'à cette arche. Sur les côtés, il y avait

des centaines de figures monstrueuses, aujourd'hui disparues.

Pourquoi tu traînes comme ça? Cours, cours!

Si je t'attrape, je t'arrache la tête!

Je vous tuerai et moi après!

Achetez des couteaux affûtés! Arrête de regarder!

Chaussures sans pieds,

chaussures comme neuves!

- Qu'est-ce qu'il dit? - Donne-lui la toupie!

Allez, donne-lui la toupie.

N'aie pas peur, il te fera rien. Tiens.

Si tu la veux légère et rapide,

apporte-lui une mouche vivante.

- Je vois. - Une mouche?

Bravo!

Comme ça, elle sera légère comme une mouche!

Mais ça tuera pas la mouche?

Ferme ou on va tous s'envoler!

Quelle chaleur. Les enfants sont trempés de sueur.

Je m'en occupe. Bougez les meubles.

- Pourquoi, maman? - Tu verras.

Qu'est-ce qu'on fait?

Allongez-vous.

C'est bien frais. Que c'est bon.

Maman, combien de temps papa restera en France?

Longtemps.

Pourquoi?

Pour nous envoyer de l'argent chaque mois.

On a jamais retrouvé ma boucle d'oreille?

On a cherché partout.

La terre l'a avalée.

Vite, si le boiteux nous voit il va nous fouetter!

- Michele! - Viens!

Je t'avais dit de rester à la maison!

- Y en a plein. - Tant mieux.

Quand mon cousin lui a volé des citrons,

le boiteux l'a pendu à un arbre et il l'a fouetté!

- Purée! - Michele!

Prends les citrons sur cette branche, Là.

- II ressemble à quoi, le boiteux? - II est grand, très poilu,

borgne et il boite.

- Voleur! - Le boiteux!

Je vais vous arracher la tête!

Petits salopards!

Sales voleurs!

Michele, prends ton frère!

Bon Dieu, qu'est-ce qui s'est passé?

Paix, santé et bonne fortune.

Mme Masina!

Ça fait si longtemps.

Mon fils s'est enfui.

Comment va la mariée?

Je l'ai récupéré un mois plus tard.

La mariée est belle.

Ma mère sera contente de vous voir.

Venez manger une assiette de pâtes. Merci, ma fille.

- Vous avez lu la lettre? - Quelle lettre?

Bon apétit.

Désolé de vous faire manger dehors, je découpe les lasagnes, la maison est à l'envers.

- Le Seigneur te le rendra. - La mariée est belle.

Oui, elle est bien... sale.

- Torrenuova, courrier! - Maman, du courrier!

"Chère Mannina, je vais bien, et j'espère que toi,

Pietro, Angela et Michele aussi."

- Et moi? - Grand-mère!

II te dira bonjour à la fin. Continue.

"Mon travail de maçon à Paris est très dur."

- "II pleut souvent..." - "Et il fait froid!"

Grand-mère!

"Je pense à vous, surtout le mercredi quand le cinéma de la rue de Malmaison

montre des films pour émigrés. L'autre soir, j'ai vu un film

- de Fellini." - II va même au cinéma!

"Chère Mannina, il y a quelques jours,

le camarade Gino Artale est venu me voir."

- Le député. - "II était très effectueux."

- "Affectueux"! - Arrête de critiquer!

II est fatigué,

il a fait une petite erreur!

- Laisse-la lire en paix. - Continue, maman.

"II était très affectueux

et il m'a remonté le moral.

II m'a supplié

de retravailler avec le Parti.

Ils veulent que je sois conseiller communal

et il m'a trouvé un emploi dans une société sicilienne."

Papa revient!

"J'aimerais avoir ton opinion à ce sujet."

J'échange vos dollars!

J'achète vos dollars!

Tu pars?

Où vas-tu?

Je prends le premier train et je pars. C'est décidé.

Bravo! C'est insupportable ici.

Si j'étais jeune, je partirais aussi.

Bon voyage et bonne chance!

Bon voyage!

Citoyens! Contre la mafia!

Contre la spéculation!

Le 15 juin,

votez et faites voter

pour le Parti communiste italien!

Minicu!

Tu me reconnais?

- Bien sûr, Peppino. - En chair et en os.

Pas besoin de te lever.

Je suis malade mais ma tête va bien.

- Qu'as-tu? - Je sais plus marcher.

J'ai cassé mon pied pour éviter le service, mon bras pour la pension d'invalide

et si j'avais pas sauté du toit en me cassant trois côtes,

j'aurais jamais eu ma pension. Et je n'ai que le minimum.

Sans arriérés.

Courage.

- Un. - Un.

- La famille lo Coco aussi, deux. - Deux.

Des hypocrites, ils voteront pas pour toi.

- Comment tu le sais? - Je les connais.

- Alors retire-les. - Retire-les.

- La famille Di Chiara, quatre. - Quatre.

- Papa, tu seras payé si tu es élu? - Non.

Le conseiller communal contrôle

les décisions du comité.

II discute, propose,

travaille pour les citoyens.

- Beaucoup de travail pour rien. - Arrête!

Quelles armées ont combattu

dans les guerres puniques?

Puniques?

- II le sait pas! -Pourquoi, tu le sais ?

- Bonsoir à tous! - Salut.

Avant de mourir, je dois trouver une autre femme.

Si tu le sais, dis le !

Si tu le sais, dis le nous.

Pourquoi, c'est moi le conseiller municipal ?

Une question plus facile.

L'aire du triangle ?

Salutations, Gaspar.

- Bonsoir. -Ecoute, Peppino.

J'ai reçu cette lettre.

C'est quoi?

Ça dit quoi?

C'est de la Sécurité sociale.

Malheureusement...

- ta demande d'allocation a été rejetée. - Vous pouvez pas faire quelque chose?

- Gaspare, on fera appel. - Encore un appel?

- En fait, vous vous en foutez! - Dis pas de bêtises.

Vous, le syndicat, le Parti, Rome, Moscou et le Seigneur!

Putain!

Quel pleurnichard! J'ai fini.

Ce médicament est comme de l'huile.

Comme de l'huile, comme du vinaigre, mais tu me tortures!

Vote pour mon beau-fils, faucille et marteau, numéro 39.

Souviens-toi, 39.

- Mon mari est séparatiste. - Encore toujours?

Garibaldi a uni la Sicile à l'Italie

et il veut les reséparer?

Grand-mère, avant tu en voulais à papa.

- Et maintenant? - Je le fais pas pour lui

- ni pour le Parti. - Pour qui alors?

Pour faire payer la mafia, pour ce qu'ils ont fait à mon père.

Que lui ont-ils fait?

Mon père était riche à l'époque, il avait une belle voiture.

Un jour, il roulait avec son neveu

qui possédait une terre qui se desséchait.

Sans le vouloir,

il a vu le gamin se disputer

avec des gens qui refusaient de lui donner de l'eau pour irriguer.

Ce qui s'est passé, s'est passé et on n'a plus jamais revu le neveu.

Le pauvre garçon avait disparu .

Mon père, inquiet, demandait à tout le monde.

Aujourd'hui, demain,

puis un dimanche des amis l'ont invité

à une fête à la campagne.

Ils lui ont donné à manger

et à boire et à la fin...

Trois mois plus tard,

j'ai identifié mon père.

Je l'ai reconnu à ses bottes...

car je nettoyais ses bottes chaque matin.

Que sont devenus ceux qui l'ont tué?

La ville est pleine de ces hommes!

- Tu comprends maintenant? - Oui, tu aimes les communistes

- parce qu'ils sont contre la mafia. - Pendant plus de 20 ans

la démocratie chrétienne

nous a gouvernés, en attendant

l'adoption d'un plan urbain.

Tout ça a fait obstacle

à notre développement social et urbain

et a favorisé la spéculation et l'érosion

de notre patrimoine artistique et paysager

qui est de grande valeur,

quoique déjà en partie détruit.

Un emmerdeur !

Nous communistes...

Silence!

Conseiller, et mon permis de construire?

T'occupe et construis.

Peppino, ne te décourage pas.

Vous attendez le courant ou vous renoncez?

- Je voudrais... - Qu'il apprenne à lire!

- Assez !Laissez-le parler! - Nous communistes...

refusons ces méthodes honteuses!

Participe passé du verbe fendre.

Taisez-vous vous autres, ou je vous jette dehors.

Fendu ?

C'est juste !

Mort de Giuseppe Damacini, jour, mois et année.

Mort de Giuseppe Damacini ...

Mais pourquoi, il est mort... le pauvre ?

Comment est-ce possible que vous ne le saviez pas ?

C'est la faute des chèvres, professeur !

Qu'est-ce que t'as?

- Des escargots? - Quelques-uns.

Purée!

Leurs antennes sont sorties. Ça chatouille?

Mme Sarina, vite! Le boiteux est mort!

Purée, Dieu existe! On y va!

Avec la ceinture, avant qu'il raidisse.

Tirez!

II est déjà froid. Vite, ou il sera tordu.

En un lieu meilleur.

Ça veut dire quoi, "en un lieu meilleur"?

C'est ainsi qu'on souhaite à quelqu'un d'être mieux ailleurs.

- Et pour un mort? - C'est comme dire:

"Va avec Dieu, va au paradis."

Où as-tu entendu ça?

Grand-mère.

- Papa, les méchants vont aussi au paradis? - En théorie, non.

Mais certains semblent méchants, mais sont en fait bons.

- Et certains semblent bons mais sont méchants. - Comment savoir?

C'est difficile.

Le petit paie aussi?

- Non, il est petit. - Un, alors.

Merci.

Donc avant de dire que

quelqu'un est bon ou mauvais, réfléchis bien. Tu comprends?

- II fait tout noir. Partons. - Papa est Là.

Entre.

C'est beau, le cinéma.

Et des cartes avec des footballeurs

et des héros de l'Histoire.

Et un petit fromage?

D'accord.

De toute façon, j'aime pas.

Ils sont pas tous du Corso.

II y en a du Roma, Supercinema et Capitol.

Jason et les Argonautes!

Attaque et Repli.

Chaînes.

Salvatore Giuliano.

L’Évangile selon St-Mathieu.

Le Bon, la Brute et le Truand.

L'Incompris.

Qui a peur de Virginia Woolf?

Jeunes gens!

Regardez, ils se bécotent!

Jeunes gens! Faites silence et je vous laisse regarder.

Qu'est ce que ça veux dire ? (Lit du portugais)

Je n'en sais rien.

Bonjour à tous.

Peppino, je passais par là.

J'ai reçu cette lettre.

Je suis désolé, ta demande d'allocations familiales est à nouveau en attente.

Je savais que tu faisais encore une connerie !

Quel est le problème ? Nous faisons appel !

Appel, appel ... toujours avec cet appel à la con !

T'en as rien à foutre de moi !

Je couperais toutes vos têtes et je les jetterais par-dessus bord !

- Plonge, papa! - Plus tard.

- M. Torrenuova, je vous dérange? - Pas du tout, conseiller Bartolotta.

Pourquoi ne cessez-vous de critiquer?

Pas un jour ne passe sans que vous protestiez contre le conseiller X, ou Y, ou le maire.

- C'est ça la démocratie, s'exprimer. - C'est bien beau, mais...

Vous ruinez le pays

et c'est notre devoir de le dénoncer.

Sans me baiser.

Je ne me souviens pas vous avoir attaqué.

C'est ce que je dis. Vous attaquez tout le monde sauf moi.

C'est personnel? J'ai fait quelque chose de mal?

- Pardon, je ne comprends pas. - Vous comprenez parfaitement.

Croyez-moi, Torrenuova, mon parti me considère comme un inutile.

Complètement inutile. Ce n'est pas drôle.

Seuls les plus forts survivent

et qui sont les plus forts?

Ceux dont tout le monde parle,

dans les interrogatoires, les tracts, les enquêtes judiciaires,

- les lettres anonymes. - Nous n'écrivons pas de lettres anonymes.

Ce qu'on a à dire, on le dit en face.

Faites un tract sur moi, alors.

Je traîne plein de casseroles. Je vous les révélerai moi-même.

On pourra régler nos comptes anciens.

De l'eau est passée sous les ponts. La fougue juvénile.

Ça reste entre nous, bien sûr.

Vous et moi.

Conseiller Bartolotta, ça en fait un de trop.

Tout le monde écrit!

Six bics pour 100 lires!

Tout le monde écrit!

Tourne-toi.

Ça lui va bien, hein, Peppino?

Marche un peu.

Tourne-toi et reviens.

Allonge-la de 15 cm.

Trop long, c'est pas mon style.

- Une jupe se porte au-dessus du genou. - 20.

Je ressemblerai à grand-mère. Pourquoi je peux pas être à la mode?

- La moitié? - Tu es du syndicat de la minijupe?

- C'est moche au-dessus du genou. - Tu parles

toujours d'émancipation féminine.

Elle se mesure en cm, l'émancipation? II faut montrer sa culotte?

Fasciste.

On paie encore cette boucle d'oreille!

Comme tu voudras. La moitié.

Difficile de voir avec ces faufilures.

Que pensez-vous du pantalon?

Voyez ici.

Raccourcissons les manches

d'un centimètre.

Non, ça fait bizarre.

Essayez une autre veste.

Peut-être...

- Je suis pas sûr, pour la couleur. - Que voulez-vous dire?

Voyons ça dans la lumière.

Retirez-la et essayons-en une autre.

Vous voyez l'effet optique?

- C'est différent, vous voyez. - Oui.

Ça vous va comme un gant.

On se dit même pas bonjour?

Je suis le pécheur, à toi de me pardonner.

Arrête. Tu es comme un frère pour moi.

- Toi aussi. - Mais souviens-toi,

je suis un traître, mais tu seras toujours trop à gauche

pour les non-communistes

- et trop à droite pour les communistes. - Un vrai problème.

Pour nous, militants de la gauche révolutionnaire, il n'est plus acceptable,

aucun compromis sur la Mafia et les partis de gouvernement,

qui ignorent les intérets des peuples de la terre.

Les partis de la gauche traditionnelle, les traîtres socialistes,

empêchent cette perspective.

L'opportunisme de leurs dirigeants locaux, comme le sale réformiste Peppino Torrenuova,

est un obstacle au combat contre la mafia

et réduit toute ligne politique à une simple action de propagande

que les fermiers ne peuvent plus soutenir.

Voyons qui mange le plus!

Je t'appelle depuis des heures. - Où t'étais?

- Je te montrerai après. - Dépêche-toi, ça va refroidir.

Ça te plaît?

Plus ou moins.

Tu n'es jamais content.

Baarìa...

Papa, ça veut dire quoi, "réformiste"?

C'est quelqu'un...

qui sait que s'il se cogne la tête au mur

c'est sa tête qui cassera, pas le mur.

C'est quelqu'un

qui veut changer le monde avec du bon sens,

sans couper la tête à personne.

- Qui as-tu entendu dire ça? - Personne.

Où aurais-je pu l'entendre?

Bonjour.

Je peux vous aider?

Donnez-moi quelque chose pour mourir.

- Qu'est-ce qui vous est arrivé? - Rien.

C'est pourquoi je veux mourir.

Comment voulez-vous mourir?

Vite ou petit à petit?

Que j'aie le temps d'arriver chez moi.

C'est ça, il faut le temps.

Voyons...

Ça.

Oui...

Voilà.

En une fois.

Le Seigneur te récompensera.

En fait, c'est 120 lires.

- On se verra en enfer. - Bon voyage.

- Où il est? - A l'intérieur.

Tu m'entends?

Je t'entends, Peppino.

Pourquoi je t'entends?

II est quelle heure?

5 h 30.

- Pourquoi je suis toujours Là? - Sois patient

Le médicament doit agir lentement.

- II faut le temps. - C'est ça.

- Je serai mort ce soir? - Je pense.

Ce sera pas long.

Tant mieux.

Dommage.

Vraiment dommage.

Les élections approchent,

tu aurais pu m'aider.

- On gagnera jamais. - Qui sait?

De toute façon, j'ai accepté.

Quoi?

La candidature.

Pour la Chambre à Rome?

Oui.

Quelle honte.

Tu crois que le pharmacien m'a roulé?

J'espère bien.

J'ai pas envie de perdre une voix.

Ils ont tous soutenu ta candidature?

Pas tous.

Mais la majorité l'a emporté.

Je fais quoi, je me lève?

Si tu le sens.

Oui.

Ce soir à 18 h 30

à Piazza Madrice,

rassemblement du Parti communiste italien!

La voix de la Démocratie chrétienne...

Allez, le 7 mai! Le 7 mai, votez

pour le Parti communiste italien!

Félicitations!

Félicitations, votez!

- Je te présente notre candidat. - Enchanté.

Le camarade Peppino Torrenuova va parler.

Salopards de communistes!

Tiens, et vote communiste une fois dans ta vie !

La place n'est pas très pleine. Peu de jeunes.

Très peu. Le commissaire a dit 16 h 30 précises.

Camarades, approchez.

Près de l'estrade.

- C'est lui ! - Luigi !

Tout le monde écrit.

Trois bics pour 100 lires.

Camarades et citoyens de Bagheria!

Des œufs sont cassés?

Non, pourquoi?

Dis-moi.

J'aurais cru.

Je vous ai fait des œufs.

- J'espère que ça vous plaira. - La mariée est belle!

II reste combien d'œufs, maman?

Je n'en avais que deux, je vais en acheter.

La mariée est belle.

Tu passes la prendre et tu l'accompagnes à la mairie,

ça lui permet d'avoir le certificat électoral, tu l'emmènes chez le médecin,

fais-lui faire un certificat disant qu'elle est cent pour cent aveugle,

et ensuite tu l'emmènes voter.

- Doucement, sinon elle va vomir. - Bien sûr.

Et souviens toi,

une personne aveugle a le droit d'être accompagnée dans l'isoloir.

Je l'épouserai si tu veux !

Attanasio, tu dis pas bonjour? Don Carlo compte sur ta famille.

Dis à Don Carlo qu'il peut être tranquille.

Quel salopard,

il avait dit qu'il voterait pour nous.

Cher Attanasio, bonjour.

II vote républicain, lui aussi.

- Vote pour nous. - Soyez sans crainte.

Peuple d'hypocrites!

- Tanasiu, comment va? - Tout va bien?

- Des problèmes? - J'ai donné ma parole.

Attanasio, tu nous abandonnes?

On n'a qu'une parole dans la famille.

Ma belle-sœur vote Démocratie chrétienne, ma femme socialiste,

ma belle-sœur vote pour les libéraux,

mon fils pour les républicains

et moi pour la faucille et le marteau. Ainsi tout le monde est content.

- Bonne chance. - Au revoir.

Je me demande pour qui ils votent.

Mon garçon, tu me fais voir des étoiles à midi.

Je suis pas Saint-Joseph.

Voilà.

- Vous êtes pas convaincu? - Très drôle.

- Cabine 2, respectez la volonté de l'électeur. - Ça va sans dire!

On est entre les mains de Dieu. Viens.

Deux aveugles, deux éclopés, un paralytique. II a une usine?

- On ira au cimetière? - Vote d'abord, tante Ciccina,

- je t'amène où tu veux après. - II faut d'abord aller chez le fleuriste.

Oui, on ira.

Tu votes pour qui? - Démocratie chrétienne.

Bon.

Non, c'est pas ça.

- Elle vise bien. - Je suis aveugle, pas stupide.

Vieux renard!

Démocratie chrétienne.

Parti communiste.

Nul.

Parti communiste, 81.

- Ça fait 30 voix de plus. - On gagne!

On se calme! Comparé aux élections communales,

on a perdu un point.

Que dit le secrétaire de la fédération?

Et Rome?

C'est trop tôt.

Bon, on parlera après.

Tout le monde écrit.

Trois bics pour 100 lires!

On n'a pas encore les résultats complets,

mais en ce qui me concerne,

félicitations.

Merci, conseiller.

- Bonne chance, Peppino. - Merci.

Lis-moi cette lettre.

- C'est la Sécurité sociale. - Je sais.

Ils ont accepté tes réclamations,

ils vont te payer des allocations

et des arriérés.

Félicitations.

Salut tout le monde.

Camarades, je vous présente les résultats.

Comme disait grand-père Cicco,

une bonne nouvelle, ça se fête.

- Quelle bonne nouvelle? - On est riches?

- J'aimerais bien. - On n'est pas riches.

Pas encore, mais...

Allez, devine.

Même si papa n'est pas élu, il a eu beaucoup de voix.

Ces jeunes, ils ne comprennent rien.

Maman et papa...

attendent un autre petit frère!

Ou petite sœur, peu importe.

- Félicitations, t'es encore capable, papa! - Que veux-tu dire par Là?

- Bravo, papa. - Merci.

Buvons, les enfants!

- On va acheter un autre lit? - Non, on va se serrer!

Bravo!

Au petit frère!

A la petite sœur!

Dans les gencives des envieux!

Au cinquième enfant!

Vive Baarìa!

A la santé

de Renato Guttuso!

Santé! - Vive le maestro!

Maestro, un autographe.

Maestro, dessinez-nous un portrait.

Oui, un portrait.

Respirez.

Respirez.

La bouche ouverte.

Déshabillez-vous.

- Vous préférez que votre fils sorte? - Non, il peut rester. Assieds-toi, Pietro.

Tu as eu peur?

Non.

T'inquiète, j'ai rien.

II y a une marche.

- Tu sais qui c'est? - Qui?

Le conseiller à l'urbanisme.

- A l'urbanisme? - Oui.

- Comment voit-il les projets, les plans? - C'est tout un processus.

Les plans de lotissement sont envoyés à un institut spécialisé

qui lui fabrique une maquette.

T'as apporté l'oseille?

Bien.

Très bien.

Pourquoi on nous prend pour des râleurs?

Peut-être parce que c'est vrai.

Ou bien?

On croit pouvoir embrasser le monde...

mais nos bras sont trop courts.

Allez, va gagner ta vie.

T'étais pas très convaincant!

Tant mieux.

Enfin réveillé, petit voyou?

Même des bombes te réveilleraient pas!

Dégage!

Quand ai-je rêvé? Avant ou maintenant?

- Dépose ça, voleur! - C'est à ma fille!

- Oui, ou à ta femme! - Voleur!

Si je te chope, je te casse les os!

Les cigarettes.

T'en as mis du temps!

Je suis parti puis revenu, même pas une demi-minute!

La salive a séché depuis longtemps.

Tu les as achetées où, sur la lune?

Et tu as perdu 20 lires! C'est ta faute, t'as trop traîné.

Viens, je te donne quand même 20 lires.

Viens ici.

J'en veux pas, joue-les!

Celle-ci est bien légère, regardez!

Elle s'est cassée!

Elle a craqué comme une noix!

Sous titres version longue: Picard 60.

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