All language subtitles for Rendez

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil) Download
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

On n'est pas � Pochento.

Ah non, on est plus au nord, l�.

J'ai vu, on est � Pochento.

On a laiss� le Mekong sur la droite, on doit �tre au nord-ouest.

On doit �tre environ � deux heures, � Pochento.

RENDEZ-VOUS AVEC POL POT.

Bonjour, camarade.

On met les bagages dans le camion?

Vous parlez fran�ais?

Et comment vas-tu? �a me fait plaisir de te voir.

Bonjour, je suis Su, du minist�re des Affaires �trang�res.

C'est moi qui vais vous accompagner pendant votre s�jour au comit� d�mocratique.

Camarades, chargez les bagages des invit�s.

On va o�? D�p�chez-vous.

Prenez leurs bagages et partons.

Il se... Il se... J'ai l'impression qu'il est encore connu.

J'ai �t� � la Sorbonne avec lui, il y a 10 ans, enfin... 12 ans maintenant, mais...

Le vent est alarmant.

L'avion s'�loigne du bateau.

Allez, venez par la.

Venez par la, monsieur.

Monsieur, voici votre chambre.

Installez-vous.

Bon s�jour.

Merci.

Monsieur.

Bon s�jour.

Mademoiselle Liz Delbaux, voici votre chambre

Nous avons mis un petit cadeau pour vous Installez-vous.

Merci!

Bon s�jour. - On est o�? On est o�?

Bonjour camarades.

Bonjour camarades.

Bonjour.

Bonjour.

Nous allons visiter notre atelier de sculpture et de peinture aujourd'hui.

D'accord? Allez-y.

Il faut que son visage soit rose.

Comme celui d'une jeune vierge.

Compris?

Je pensais mettre cette statue � la place du monument de l'ind�pendance.

Voyons.

Ou alors, il faudrait la placer devant le palais royal, face au fleuve.

Une figurine coiff�e d'une casquette.

Non.

Et au stade olympique?

Il y a de l'espace.

Ici.

Fr�re num�ro un veut �tre ici.

Au pied du Wat Phnom? Non, ici.

� la place de la pagode.

Une tour comme celle d'Angkor.

Mais c'est le symbole de Phnom Penh.

Pas de probl�me.

Tu l'as fait exploser � la dynamite et tu nettoies bien proprement.

Donne-moi la statue.

Il la remplace... par la statue.

Il faut le respecter.

Brun en l'air, tenant contre son flanc un petit livre rouge.

Il doit �tre exactement la.

C'est merveilleux.

Vous voyez? La r�volution doit faire table � rase du pass�.

Absolument.

Nous ne sommes que le commencement. Vous voyez bien?

Bien s�r.

Voil�.

N�anmoins, c'est formidable tout ce que vous avez fait.

L�, ici, hein, c'est l'atelier o� on prend la ferraille des voitures des imp�rialistes

pour en faire des instruments agricoles.

Vous voyez, la-bas? Alors, on y va.

Madame Tirette, vous �tes l'�pouse de Yang Sari, num�ro 2 du parti.

Vous �tes aussi la belle soeur de Pol Pot.

Et vous �tes aussi dipl�m�e de la Sorbonne.

Alors, o� sont les intellectuels?

Les intellectuels sont la.

Ils vivent mieux qu'avant.

Je ne niais pas.

Je niais pas le fait que nous avions �vacu� toute

la population de Phnom Penh vers la campagne.

Mais inclus ma propre famille aussi.

Ma m�re, ma soeur.

Et ma soeur qui est docteure en droit.

C'est une intellectuelle.

Beaucoup de r�fugi�s affirment

que les intellectuels ont �t� tu�s par la r�volution.

Mais vous devez savoir que les Vietnamiens eux-m�mes,

ils ont massacr� plus d'un demi-million de personnes au sein de notre peuple.

Et surtout des femmes, des enfants et des personnes �g�es.

Voil�.

Et puis, en plus, ils annoncent que nous tuons ceux qui portaient des lunettes.

Parce qu'ils sont tars�s d'�tre intellectuels.

Mais vous pouvez remarquer, moi, je porte des lunettes aussi.

Voil�. Donc, c'est impossible.

Voil�. C'est �a.

Merci, madame Tirette.

Je vous en prie.

Eh, eh, attrape, attrape.

On est journalistes.

Pas de photos.

On est journalistes.

On a �t� invit�s par l'enqu�te.

On a �t� invit�s par l'enqu�te.

Retournez dans vos chambres.

C'est qui?

C'est quoi ton cadeau de bienvenue?

Du vernis, une hache.

Et toi? Il secoue une petite fiole.

Ah �a j'ai pas eu.

Cadeau.

Waouh.

Tu vas faire quoi avec tout ce fric?

Supp�t du capitalisme.

C'est pour le voyage.

Y'a plus de monnaie au Cambodge. Qu'est-ce que tu racontes?

C'est pour qui ce pognon?

T'inqui�te pas, je dirai rien.

On est seuls dans ce pays de fous. Faut qu'on s'entraide.

C'est pour Bopala, ma traductrice. On a travaill� ensemble

pendant deux ans. On partait ensemble en province.

�a c'est une lettre que j'ai re�ue d'elle une semaine avant la prise de Pnone Pen.

Elle venait d'accoucher. Elle m'a invit�e � venir les voir.

Tu vas la faire sortir du pays?

C'est possible de fuir.

Y'a des br�ches dans la fronti�re tha�landaise.

Depuis que les Khmer Rouges ont pris le pouvoir, t'as eu des nouvelles?

Personne n'a plus de nouvelles de personne.

Ce sont des intellos.

Ils ont d� partir dans une coop�rative � la campagne comme tout le monde.

C'est juste ce que je trouve.

En parlant d'entraide, c'est le moment.

Comment �a?

Quand on se rappelle Pnone Pen.

Toi tu fais diversion.

Et moi je pars pendant une heure faire un tour.

�a je sais faire.

Et va o� le couloir? Nulle part.

Si notre peuple a pu construire encore, alors il peut tout faire.

Bonjour, bonjour!

- Bonjour. - Bonjour.

- �a va? - Et toi?

Oui, tr�s bien, tr�s bien.

Monsieur le ministre, vraiment tr�s heureuse d'�tre ici.

Non, non, pas ministre, maintenant c'est camarade, c'est camarade.

�a va?

Oui, vous avez re�u toutes nos questions.

Oui, j'ai tr�s bien re�u.

Ne t'inqui�te pas, je suis tr�s content de vous revoir aussi.

- Bonjour. - Bonjour.

- Paul Thomas. - Ah, Paul Thomas.

- Enchant�. - Enchant�. Enchant�.

Vous savez, Bantimou est tr�s, tr�s coup�.

Il est maintenant en r�union d'�tat-major.

En attendant, je vais vous faire visiter sa chambre historique.

D'accord?

Allez, visitez.

En fait, je lui ai remis toutes les questions.

Tr�s bien, merci.

D'ailleurs, si j'ai envie de rajouter une question, c'est possible?

Oui, c'est possible.

On verra plus tard.

Voil�, c'est sa chambre.

Vous allez voir.

Bantimou vit tr�s simplement.

Monsieur Yensari, c'est vraiment ici que Paul peut dormir?

Celle-ci arrive souvent, oui, lorsqu'il prend le temps de dormir.

Allez-y, prenez des photos.

Parce que maintenant, je le vois.

Oui.

Merci.

Il faut montrer �a dans vos journaux.

Parce que fr�re Nimrohan d�teste le faste

et les attributs du pouvoir de vos dirigeants.

Il vit comme le peuple.

Du contrat social.

Jean-Jacques Rousseau.

Vous savez, fr�re Nimrohan a beaucoup de choses � r�gler.

Les ennemis vietnamiens sont � la fronti�re.

Il faut les repousser.

Et puis, il y a les ennemis de l'int�rieur.

Quels sont les ennemis de l'int�rieur?

Les ennemis de la r�volution.

10% de tra�tres.

90% de gens sont satisfaits.

Et en ce qui concerne les ennemis et les tra�tres,

certains se sont r�fugi�s � l'�tranger.

Et d'autres se cachent encore parmi nous.

Je vais vous emmener en province.

Vous allez d�couvrir le v�ritable �tat du pays

qui n'a strictement rien � voir avec ce qu'en fait la propagande occidentale.

Allez, souriez un peu!

Regarde, Lise, c'est Sikoun.

Je l'ai connue � Paris, il y a 27 ans.

Regarde-moi ce gaillard.

Il est en pleine forme.

Sikoun, tu es la?

Je pense qu'� Paris, j'ai lu que tu avais �t� ex�cut�.

Il ne faut pas croire ce que Bojoun a dit � ta consul

quand vous �tiez d�mocratique.

Pas toi, Pol Pot, mon vieil ami,

toujours �pris de justice et de libert�.

Mon souvenir de nos jeunes ann�es de militantisme.

Tant de chemins parcourus depuis...

Alain, carille-vous.

Tu sais, Pol Pot, Yeng Sari, Sikoun � l'�poque, c'�tait des types qui �taient

tellement pleins de courage, pleins d'id�al.

Et ils se sont...

Ils se sont vraiment battus pour leur peuple,

pour lui rendre sa dignit�.

Crois-moi, tu sais, ils avaient rien � gagner.

Attendez, ne la touchez pas comme �a, mais...

Pour qui vous vous prenez?

Oui, bon, pas bien.

Ce petit cheffaillon...

Insupportable.

Je ne sais pas pour qui ce type se prend.

C'est pour �a qu'on dit que le pays cambodgien n'a rien de bon.

C'est juste une blague contre le CGB.

Ou c'est une blague contre Vietnam.

Comment aussi bien que chez vous,

les r�fugi�s qui parlent de famine au Cambodgien d�mocratique

� la solde de la CIA, du KGB ou de l'ennemi vietnamien?

Oui.

Tous les repas sont pris en commun.

Comme �a, l'enqu�te est certaine que tout le monde sera trait� sur un pied d'�galit�.

Mais chacun selon ses possibilit�s, et chacun selon ses besoins.

Ch�teau Angelus, premier cru class�.

Vous aimez, camarade?

Pour un repas r�volutionnaire...

Camarades, par amante m�re, ici ce n'est pas Paris.

Ceux qui parlent fran�ais sont des tra�tres.

De quels tra�tres parles-tu?

Moi aussi, je suis fils de paysan, de gens pauvres.

Je ne suis jamais all� en France.

Toi, un fils de paysan?

Fr�res et s�urs, mangez plus.

Mon peuple a travaill� tr�s dur pour vous offrir cette d�licieuse nourriture.

Le trai? Oui, le trai.

Quelque chose ne va pas, mademoiselle Dalbo? Ah si, si.

Je pensais � mes amis qui habitaient Phnom Penh.

Ils sont tous all�s dans des coop�ratives hautement collectivistes, c'est �a?

Certainement.

Et comment savoir o� ils sont pass�s?

Le membre du nouveau peuple, ainsi qu'on nomme un ancien citadin,

est envoy� dans une coop�rative de sa r�gion d'origine.

Vous cherchez quelqu'un en particulier?

Oui, enfin, beaucoup.

Je connais leurs pr�noms.

Mais j'aimerais beaucoup rencontrer des gens qui viennent de Phnom Penh.

Beaucoup de gens du nouveau peuple ont chang� de nom.

Traduit.

D�ner.

Que les amis des imp�rialistes sont tous des tra�tres.

Et que ce qui leur arrivera, on s'en fiche.

Camarades, ce sont les invit�s de l'Angkar.

Sois courtois avec eux, d'accord?

Et d'ailleurs, si vous vous souvenez de quelques noms de famille,

je ferai tout mon possible pour retrouver vos amis.

Je vous le promets. - Je vous remercie.

Et d'ailleurs, messieurs, �a vous dirait un petit cognac?

Mais c'est du cognac fran�ais.

�videmment! C'est du cognac fran�ais. Je vous sers?

Oui.

Allez.

C'est du cognac. Et vous aussi? - Avec plaisir.

Et les femmes, elles sont � la citronnelle.

Mais non, mademoiselle. C'est le cognac pour tout le monde.

On devrait �tre quelque part par la.

L�?

Dans la province de Kampanshlang.

Les Bopanas sont originaires du Kampot.

Enfin, cette zone.

Mais il n'y a qu'une route.

Donc on est forc�s de passer par Kuantan.

Il faudrait qu'on descende, qu'on se rapproche le plus possible.

Peut-�tre qu'elle nous verra, qu'elle se manifestera.

Mais il vaut mieux ne plus parler d'eux parce que...

C'est un telle eau qui fr�quente les occidentaux.

Tout ce que d�teste Chan.

C'est un gal�re plus civilis�, mais kif-kif.

Pas raison.

Allez, il faut que je dorme.

Je n'ai pas sommeil.

Moi si.

Je suis morte.

Bonsoir Paul, bonsoir Alain.

Bonsoir.

Regardez ici, nos soldats prennent leur repas collectif.

Ils �l�vent des cochons, ils cultivent aussi le riz.

Il faut qu'ils arrivent � l'auto- suffisance, c'est-�-dire dans le principe

�clone type clone�, c'est-�-dire ils doivent s'appuyer sur eux-m�mes.

Monsieur, vous pouvez prendre des photos autant que vous voulez,

il n'y a pas de probl�me.

Et venez voir la cuisine. Vous pouvez m�me go�ter des plats.

Vous ne serez pas empoisonn�s, je vous l'assure.

Pas de probl�me.

�a sent bon, hein? Ah oui. Et alors, qu'est-ce qu'elle pr�pare?

Oh, �a doit �tre une soupe aux �pices.

La citronnelle.

Plein d'autres ingr�dients.

C'est du lisandou, la? Oui, c'est du lisandou.

Je ne sais pas comment dire en fran�ais.

Vous m�langez les viandes avec les poissons.

Vous pouvez go�ter, apr�s, hein. Pas tout de suite comme �a.

Avec plaisir.

Des mouches volettent au-dessus de la viande. Une femme coupe de

la citronnelle en petits morceaux. Sur un gros rondin de bois.

Derri�re des barri�res grillag�es, des couchons roses, � taches noires.

Je regarde ce que j'ai trouv�.

L'�corce de riz et de la terre.

Tu as trouv� �a o�?

Dans les sacs de riz, au fond.

Mais o�?

T'as vu? Il ne parle pas.

Vous voyez, maintenant que le travail est collectif,

nous produisons 7 tonnes de riz � l'hectare.

7 tonnes, vous �tes s�r?

Oui, bien s�r, 7 tonnes.

Je pensais qu'avant, le rendement maximum �tait de 3 tonnes � l'hectare.

Comment est-ce que vous faites?

C'est tr�s simple, la raison est que maintenant,

l'Anka est ma�tre de l'eau et de la terre.

Et avec une conscience r�volutionnaire forte, on peut tout faire.

On peut tout faire.

Si vous voulez, je vous emm�ne voir les gens de la coop�rative.

Allons-y.

Venez.

C'est du bidon, avant nous.

Ici, nous avons fait venir des paysans, du riz,

vous pouvez faire toutes les photos que vous voulez, aucun probl�me.

Si vous voulez que les paysans

d�grainent le riz pour vos photos,

on peut la demander aussi.

Moi, je veux voir une vraie coop�rative.

Une coop�rative, pour l'instant,

toutes les coop�ratives ne sont pas disponibles.

C'est une blague.

Trop d'ins�curit�.

On verra plus tard, la coop�rative.

On verra plus tard.

�coutez, j'ai besoin d'un sujet personnel, d'accord?

Oui.

Le t�moignage d'un des paysans, par exemple.

Lui-la.

Attendez, ce vieil homme, je peux y aller?

Il va faire venir.

Bonjour, monsieur.

Bonjour.

Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment se

passe le fonctionnement de cette coop�rative?

...Je travaille avec les autres paysans, j'ai des enfants, mais

je ne sais pas quoi leur dire d'autre, �a suffit, camarade.

Camarade, suis-moi.

Viens.

Non mais, j'ai pas r�v�, j'en suis s�re,

c'�tait le cramade de l'homme qu'on a interrog�.

Liz, arr�te, c'est une licence, ils ont fait �a pour t'impressionner, c'est tout.

Vous avez mis ce pauvre homme en danger, vous �tiez oblig�.

Vous �tiez oblig� d'aller chercher ce vieillard, il �tait tremblant de peur.

Elle a raison, on a mis cet homme en danger.

Attendez, on va pas se laisser balader dans les villages potes.

et ne fines sans rien dire, non?

Qu'est-ce que tu crois, Paul? On est les invit�s officiels du r�gime.

L'encar nous montre ce qu'il veut bien qu'on voit.

Non, on est la pour agir comme journaliste.

- Je suis un journaliste. - C'est la fouille, merde!

Je suis la pour apporter les faits, d'accord?

Pas pour me comporter comme un touriste. Je ne suis pas un ami du parti, moi.

On a la chance incroyable de pouvoir visiter

ce pays � un moment crucial de son histoire.

Mais il faut respecter les r�gles.

Parce que c'est un moment important de son histoire que je me dois d'�tre lucide.

Tu vas te faire virer, tu vas voir ce qui va t'arriver.

Vas-y, continue, tu vas voir ce qui va t'arriver.

Tu me crois pas, en fait? Va voir.

�lise, arr�te, tu te fais impressionner, la.

Doucement, c'est moi, c'est Paul.

Qu'est-ce que tu fais la?

- Je voulais m'excuser. - Quoi?

Que je sais que tu es une tr�s grande professionnelle.

Mais tu t'�caches de mon lit, alors.

�a va, calme-toi.

On est la, au milieu de nulle part.

Oui.

Fais pas ta pens�e.

- Mais r�p�te �a, quoi. - Quoi?

- Mais fous le camp. - Non, arr�te.

Oh.

Oui, oui.

C'est juste que les mecs dans ce m�tier ne sont

pas encore habitu�s � travailler avec des femmes.

Mais tu vas bien.

Oui, oui.

Je me d�brouille. Bonsoir, Paul.

Bonsoir, Alain.

Bonsoir.

Camarades, quelle est la place pour les droits de l'homme dans votre r�volution?

Ce qu'on ne peut plus ignorer, c'est la guerre. Elle est imminente.

Et que le Vietnam est alli� avec l'URSS.

Alors, vos questions sur les droits de l'homme

et le bien-�tre de la population sont compl�tement au sujet.

Mais qu'en est-il des prisons?

Des prisons? De quelle prison vous parlez?

Il n'y a pas de prison dans ce pays.

Les injustices sont trait�es au sein m�me

des coop�ratives et s'y r�solvent sur place.

Est-ce que l'homme a une vie priv�e?

Est-ce qu'il y a une place pour l'homme � disposer de lui-m�me?

Mais vous n'avez rien compris � notre r�volution.

Avez-vous d'autres questions?

Au Xlle si�cle, il n'y avait pas de conservateurs.

Ce sont nos paysans qui ont construit un corvette.

O� sont les conservateurs des monuments?

Vous qui venez de l'Occident, comprenez que notre peuple Khmer n'a plus besoin de vous.

Nous n'avons plus besoin des colonialistes, des imp�rialistes ou des capitalistes.

Tu as vu Paul?

Qu'est-ce que vous foutez la?

Si vous ne retrouvez pas ce fumier, vous �tes morts, compris?

Vos familles aussi, vous avez cinq minutes.

Oui, camarade, pardonne-moi.

Pardonne ma n�gligence.

Je le retrouverai demain.

Il ne sert � rien, un paysan inculte.

Il ne sait rien faire. Comment veut-il g�rer un pays?

J'ai envoy� les soldats � sa recherche.

Dans l'�cole abandonn�e.

Si Monsieur Pothoma est pass� dans le camp des ennemis,

l'Anka nous fera tous tuer. Vous entendez? Tous.

Si vous savez quelque chose, dites-le, et dites-le maintenant.

Mais o� est parti votre ami Paul?

Il s'est peut-�tre perdu.

En fait, j'avais re�u un message secret de l'Anka.

Bantimou a accept� de venir vous voir demain.

Tout est organis�.

Mais il ne viendra pas dans ces conditions-la.

Mais quand est-ce que je vais le voir, alors?

Personne ne sera pr�venu.

Un jour, il sera la, c'est tout.

Et d'ailleurs, quand Bantimou se d�place,

il y a plusieurs convois qui circulent en m�me temps pour leur et l'ennemi du r�gime.

Et si jamais, un jour, vous voyez un convoi officiel arriver,

Bantimou n'en fera peut-�tre pas partie.

C'est comme �a.

Monsieur Paul, votre ami, on va le retrouver. Ne vous inqui�tez pas.

Quelle est la situation?

Les soldats le cherchent.

Il n'ira pas loin.

C'est Amok.

Camarade, pardonne-moi.

J'ai �t� n�gligent.

Je te demande pardon.

Tra�tre.

Camarade, et pardonne-moi.

Ne fais pas de mal � ma famille.

J'assume toutes mes fautes.

Camarade, lib�re-moi.

C'est toi l'interpr�te? Oui, camarade.

Ce matin, tu es avec Chan, c'est vrai?

Oui, c'est vrai.

Camarade, ce n'est pas de sa faute.

Qu'est-ce que tu crois?

L'Ankar �limine quiconque porte la crasse de l'ancienne soci�t�.

L'Ankar �limine tous les parasites qui s'opposent au kombucha d�mocratique.

Tu penses que la d�cision de l'Ankar est injuste?

Non.

O� tu vas? � genoux!

� genoux!

Tout de suite!

Si tu bouges, je te tue!

Camarades, tiens-le.

Bouge pas!

Trouvez-moi les pellicules.

M�me si elles sont cach�es dans son cul, apportez-les-moi.

S'il en manque une seule, je vous coupe les mains.

Et je vous laisse vous vider de votre sang.

Bon, �a suffit maintenant. Enfin, vous lui avez

d�j� tout pris, qu'est-ce que vous voulez de plus?

Je vous pr�viens, je suis un grand ami de fr�re num�ro un.

Bon petit mouille. Bonne paume.

Le chef Kmer toise Alain, les m�choires serr�es.

Les yeux riv�s sur lui, il �crase une pellicule photo au creux de sa paume.

Jette l'appareil.

L�chez-moi!

� cause de l'imprudence du camarade Paul Thomas,

nous avons d� renforcer les mesures de s�curit�.

� partir de maintenant, il vous sera formellement interdit de sortir

sans �tre accompagn� par au moins deux gardes arm�s par personne.

D�sormais, c'est moi qui vais prendre des photos.

Et c'est moi aussi qui vous servirai d'interpr�te. Est-ce que c'est clair?

Nous sommes dans une bulle.

On peut �clater � n'importe quel moment.

Alors venez!

Hein?

Vous avez peur de l'eau, c'est �a?

Vous avez peur de la noyade?

Alors venez!

Hein?

Venez!

Venez!

Venez!

On l'attache bien serr� pour l'interroger.

On lui donne une ou deux d�charges.

Il ne r�pond pas, alors on l'�lectrocute.

Mais on ne l'�lectrocute pas � mort.

On y va coup par coup.

Encore une ou deux d�charges pour qu'il r�ponde.

Et on ne le laisse pas s'�chapper.

S'il s'�chappe, il peut nous attaquer.

Allez vous habiller, je ne vais pas r�p�ter une troisi�me fois.

Je n'irai pas en excursion, fini la com�die.

Si vous ne voulez pas que je prenne des

photos, alors vous n'avez plus de photographe.

C'est la derni�re fois camarade, il faut ob�ir aux ordres de l'encart.

Chien d'imp�rialiste.

Laissez-moi lui parler deux minutes.

L'alain qui tra�ne.

C'est quoi ce bordel? Il fait quoi Paul?

On s'en fout des photos Paul.

On a nos yeux pour voir.

On racontera ce qu'on a vu tous les trois.

Est-ce que tu t'imagines vraiment que Alain va nous soutenir?

Quand je raconterai comment ses amis climat rouges massacrent et affament leur peuple?

Regarde-moi Paul.

Je suis avec toi, moi.

Ce soir je vais t'enregistrer.

Et tu me raconteras en d�tail tout ce que tu as vu.

Allez viens.

On doit continuer ce voyage comme si de rien n'�tait.

J'ai plus la force Lise.

On doit aller au bout de ce voyage Paul.

Au bout de quoi?

Toi qui m'as laiss� t�moigner sur l'�tat r�el du pays.

Toi qui m'as laiss� retrouver ton ami.

Lise r�fl�chis.

Une intello � lunettes qui parle au moins quatre langues.

Un type qui bosse pour les occidentaux.

Il sourit amus�.

L'un des hommes l'approche de l'�l�phant en papier m�ch�.

Il lui fait saisir la queue en tissu.

Alors, c'est quoi?

- Des cheveux? - Oui.

Non, c'est pas des cheveux?

Non, c'est pas des cheveux?

Non.

Il lui fait contourner le faux animal port� par deux hommes.

Sa t�te heurte les d�fenses.

Alain saisit la trompe entre ses mains.

C'est de l'�corce de palmiers.

Il dit que c'est de l'�corce de palmiers.

C'est pas �a?

C'est pas �a?

Ah oui, je sais. C'est un �ventail.

J'ai trouv�. C'est un �ventail.

Je suis comme vous.

Ce sera plus facile si vous �tes le plus assidus.

Je vous ai r�pondu.

Il s'ageneuille en s'esclaffant.

Il joint les mains en pri�re, et lard.

Se tournant sur l'�cmaire moqueur.

Paul?

Paul?

Paul?

Paul?

Il y a ses bagages.

Il a pris ses appareils photos.

O� est-ce qu'il a pu aller?

Ils n'ont rien remarqu�.

Pourtant, ils n'ont pas quitt� leur poste.

Paul Thomas a d� s'enfuir de sa chambre.

C'est impossible. Il ne serait pas parti.

Pourquoi vous mentez? - Doucement Lise.

Qu'est-ce que vous avez fait de Paul?

Nous on est venus ensemble. On reste ensemble.

Oui, au fait oui.

Paul L�onard? O� est Paul?

Monsieur Thomas est encore enfui. Il n'y a rien � dire d'autre.

Il ne serait pas parti dans la nature comme �a, il n'a pas ses pellicules.

Il n'a rien � dire d'autre.

On va le retrouver avant la nuit, comme la derni�re fois.

Notre camarade vous invite � rentrer dans votre chambre.

Il va faire une enqu�te.

Il va annuler tous les programmes de visite jusqu'� nouvel ordre.

Tr�s bien. Attendons le r�sultat de l'enqu�te, alors.

On n'aurait pas d� laisser Paul tout seul.

Qu'est-ce qu'on fait pour Paul?

J'aimerais comprendre ce qui cloche dans ce pays.

Qui est-ce qu'on peut pr�venir?

Le probl�me d'une r�volution qui donne le pouvoir.

Le pouvoir aux ouvriers, aux paysans.

C'est qu'elle manque de cadre qui ait une vraie culture politique.

Le peuple est au pouvoir.

Et le peuple veut du sang.

Le peuple veut du sang? Eh oui.

Tu crois �a, toi?

Comme dans toutes les r�volutions.

Paul n'a pas disparu tout seul.

� savoir?

Je suis fatigu�.

� demain.

Le regard perdu.

Dans le pass�,

le parti a pris soin de nous �duquer,

de nourrir

et renforcer notre position de prol�taires.

Sur plusieurs kilom�tres, � l'int�rieur du territoire.

Et cela, tout au long des quatorze cents kilom�tres de fronti�res.

Les Vietnamiens ont expliqu� cette attaque par leur volont� de donner un coup d'arr�t

aux infiltrations continuelles des Khmers rouges en territoire vietnamien.

Rien qu'� peu apr�s l'op�ration,

le coup a lanc� parano�a les Vietnamiens d'arr�ter les combats.

Ce ne sera pas facile.

Entre le temps d'aujourd'hui au Vietnam, existe un contentieux historique.

Tu vois Sikoun?

Il est mari� � une Fran�aise.

Pourtant il va tr�s bien.

Et sa famille aussi.

Il nous raconte ce qu'ils volent.

Bla, bla, bla.

Voil� trois ans que vos fronti�res sont ferm�es.

O� en est votre r�volution?

Comment transformer un peuple r�volt� en un peuple r�volutionnaire?

Il faut conflictualiser.

Tout doit �tre interpell�.

Et comment �veiller la conscience?

Par la pratique de la lutte.

Quelle pratique de la lutte?

Eh bien, la r�volution, elle avance sous le fouet de la contre-r�volution.

Quelle est la contre-r�volution?

Les aristocrates v�n�miens ont saccag� tous nos entrep�ts, nos coutumes agricoles,

et ils sont all�s jusqu'� br�ler la totalit� de la r�colte

de rizi�res, car c'�tait la saison, � cette p�riode.

Et c'est ainsi qu'ils nous ont priv�s de notre... approvisionnement en nourriture.

Oui, mais on ne peut pas imputer toute la responsabilit� aux Vietnamiens.

Absolument, absolument.

Comment c'est possible?

Vous vous posez trop de questions, mademoiselle Delbault.

Les Fran�ais ont pill� la recherche du Cambodge,

et ils ont r��crit l'histoire pour glorifier le Vietnam et la France.

Vive le grand peuple du Kampuchea!

Vive l'Ankar, le parti r�volutionnaire du Kampuchea, intelligent et clairvoyant!

Vive la courageuse arm�e r�volutionnaire du Kampuchea!

Je ne sais pas si les gens dont vous parlez sont horribles, comme vous le dites,

mais je sais qu'ils vous ressemblent.

�Phnom Penh lib�r�.

Allez, pr�parez vos bagages.

Vous allez �tre re�us par Fr�d�ric.

On va partir dans 20 minutes, d'accord?

C'est une mesure de s�curit�, car les troupes

vietnamiennes ont franchi la fronti�re.

Vous allez rendre visite au fr�re num�ro 1 dans un camp de Bruce,

d'o� il est en train de pr�parer une contre-offensive.

Et aussit�t apr�s, vous allez regagner Phnom Penh,

ou vous prendre l'avion pour P�kin, pour rentrer dans vos pays,

car ce pays est devenu trop trop dangereux pour vous.

On va vraiment le voir.

Oui, votre ami vous attend.

Et Paul? On ne va pas partir sans lui?

Paul Thomas? C'est fini. On ne peut plus rien faire pour lui.

Il a �t� rattrap� par les vietnamiens.

Mais qu'est-ce que �a veut dire, Paul, c'est fini?

Paul, c'est fini, mais qu'est-ce que �a veut dire, c'est fini?

Ce sont les r�sultats de l'enqu�te.

Fini quoi? Qu'est-ce qui est fini? Fini, c'est quoi? Qu'est-ce que �a finit?

Qu'est-ce que �a veut dire, Paul, c'est fini?

�a veut dire quoi, Paul, c'est fini? C'est n'importe quoi!

On est d'accord, Alain? On ne part pas sans Paul.

Je vais parler de lui � Paul Potts.

Ce sera trop tard.

�coute, Lise, je connais tr�s bien Paul Potts.

�a fait 30 ans qu'on s'�crit, qu'on s'envoie des messages.

Je ne sais pas ce qu'il pourra faire, mais je sais qu'il m'�coutera.

Moi, je ne pars pas sans Paul.

T'as entendu, Alain? Je ne pars pas sans Paul.

Venez par ici. Posez vos affaires la.

Attention.

C'est quoi ce tangent?

C'est un appareil pour enregistrer le son.

C'est sur ces bandes que je vais recueillir l'interview de fr�re num�ro un.

Oubliez la machine. Je dois examiner l'int�rieur.

Ah non, non, on ne peut pas l'ouvrir parce que c'est

un mat�riel tr�s tr�s pr�cis et je vais le casser.

Mais regardez la. C'est pas une bombe.

D�shabillez-vous, s'il vous pla�t.

L�? Comme �a?

Devant tout le monde?

D�p�chez-vous! Allez, allez!

Alain, haut de sa ceinture.

Compl�tement?

J'ai une pochette avec de l'argent.

S�rieusement, Zouk.

Vous ne pouvez pas juste nous fouiller. Vous �tes oblig�s de nous humilier.

Bon, bon, �a suffit.

Camarades, fouillez-les au corps. �a suffira.

Levez vos bras.

Vous �tes oblig�s de nous foutre � poil.

Bon, bon, �a suffit. Allez-y. Rhabillez-vous. Allez, on y va. Vite.

C'est bon? C'est bon.

�a va? Tout le monde est content? Allez.

Rhabillez-vous.

Allez, �a suffira. �a suffit.

Allez. Vite. On y va.

Alain! Ah, mon ami Alain! �a nous fait plaisir de te revoir.

Je peux te tutoyer? Bien s�r.

�a fait tellement longtemps que j'attends ce moment.

C'est bien, c'est bien.

Je suis tr�s heureux.

C'est la premi�re fois que je rencontre une femme grande.

...Il y en aura de plus en plus. Il va falloir vous habituer.

Alors, parlez-moi de votre voyage attrap� � le campus d�mocratique.

Je suis s�r que ce que vous avez vu ne ressemble

en rien � ce que les d�tracteurs du r�gime...

...Il est vrai que partout o� nous avons �t� accompagn�s,

la vie collective semblait parfaitement organis�e.

N�anmoins, il m'a sembl� qu'une grande partie de la population

�tait emmen�e de force dans votre projet de nouvelle soci�t�.

Nous nous effor�ons d'�tre � la hauteur de notre projet

politique et de construire une soci�t� qui soit r�ellement juste.

Le principe ne suffisait pas. Il faut construire

une certaine nouvelle soci�t� dans la r�alit�.

M�me si cela d�range les habitudes d'une petite partie de la population.

Une maison est ancr�e dans le sol gr�ce � ses pilotis.

Notre soci�t� s'appuie sur le valeureux peuple ouvrier et paysan.

C'est le socle, donc tout repose sur lui.

C'est pourquoi il doit b�n�ficier au maximum

les acquis de la r�volution, au pr�sent comme � l'avenir.

...Vous voulez dire qu'il n'y a plus de place pour les autres classes sociales,

pour les habitants de la ville, pour les intellectuels, pour les commer�ants?

...Je veux dire que notre aspiration est de construire une soci�t�

o� il n'y a pas de classes exploiteuses et de classes exploit�es.

Une soci�t� o� tout le monde participe � �galit� � tous les travaux.

...Une soci�t� qui s'efforce de faire r�gner

pour tous le bonheur et la prosp�rit�.

...Ce qui m'inqui�te, c'est que votre projet de nouvelle

soci�t� ne respecte pas ce qui fonde normalement un individu.

...Je vous inqui�te, mon cher ami Alain?

Non.

Les familles sont s�par�es.

Il n'y a pas de monnaie, pas d'�change, pas de foi, pas de justice.

Votre r�gime semble vouloir cr�er un individu qui n'a plus rien � lui.

...Quand on commence une r�volution, quand on fait un pas en avant...

Avec un esprit r�volutionnaire fort, on peut tout faire.

Ce qui vous d�range, vous, les Occidentaux, c'est qu'il puisse

exister un projet de soci�t� que vous n'avez pas invent�.

Vous aimez trop donner les le�ons au reste du monde.

Allez, restons-en la pour le moment.

...Encore une derni�re question, s'il vous pla�t.

Comme vous le savez, nous avons commenc� ce voyage

en compagnie du photo-reporteur Paul Thomas.

Or, il a disparu sans aucune explication.

Quelles informations pouvez-vous nous donner le concernant?

Des informations sur Paul Thomas?

Ce Paul Thomas est un agent de la CIA ou du KGB.

Mais quelles informations, mademoiselle Delbault?

Votre coll�gue a pr�f�r� rejoindre les camps des ennemis de la r�volution.

Sans �a, il ne me concerne plus.

Vous me surprenez, Paul Thomas n'a jamais choisi aucun camp.

Il a travaill� en URSS, en Chine populaire, � Cuba,

sans que �a ne pose aucun probl�me.

Allez, restons-en la.

Vous avez fait arr�ter Paul Thomas.

Tu m'as mis vraiment tr�s mal � l'aise.

Tu �tais oblig� de le provoquer comme �a.

Franchement, on dirait que tu cherches la confrontation.

C'est que s'ils te prennent pour un agent de la CIA,

moi, je ne connais plus rien pour toi.

Je ne peux pas rester ici sans rien faire.

Regarde, c'est la r�volution des paysans aux pieds nus.

Tu les vois? Surveillez-les.

Encerclez-les.

Attendez-la.

Attendez-la.

Venez avec moi.

Va o�? Venez avec moi.

Vas-y!

Et mon agra, attends!

Allons! Allons!

Allons!

C'est des conneries! Faut pas!

Faut pas rester!

Alain, reste pas!

Reste pas!

G�mir, pleurer, prier est �galement l�che.

Fais �nergiquement ta longue et lourde t�che.

Dans la voie o� le sort a voulu t'appeler.

Puis apr�s, comme moi, souffre et meurt sans parler.

Mais Alain, tu trembles?

J'ai un peu de fi�vre, je crois.

Ah, c'est �a! Petite nature!

Camarade, va lui chercher un cachet contre la fi�vre.

Tu sais, Alain, la politique de l'Anka va ressusciter la grandeur du Cambodge.

Tu comprends?

Il y a une chose dont j'aimerais parler avec toi, camarade.

Votre id�al d'une soci�t� plus juste.

C'est mon id�al.

Au fond, je suis comme vous.

Je ne veux pas vivre dans un monde o� le capitalisme serait une fatalit�.

Je crois, en effet, que l'humanit� a en elle la capacit� d'inventer

un nouveau mod�le de soci�t� qui soit plus �quitable, plus juste.

Et aujourd'hui, ce nouveau mod�le,

c'est le Kampuchea d�mocratique qui l'incarne, manifestement.

Mais si vous n'�tiez pas � la hauteur de ce r�ve,

si vous vous berciez d'id�ologie plut�t que de travailler

s�rieusement au bonheur du peuple, � son �panouissement,

eh bien, je crois que nous irions au-devant d'un grand danger.

Car, apr�s vous, les hommes et les femmes que nous repr�sentons

n'auraient plus la possibilit� d'en vivre.

Arr�te! O� vas-tu? Reviens imm�diatement.

Nous avons pass� des ann�es tapis dans la jungle,

� vivre comme des animaux,

affam�s, pourchass�s, pers�cut�s.

Mais nous avons tenu bon, et nous avons r�alis� notre but.

Lib�rer le peuple des ouvriers et des paysans du jour pr�c�dent.

Vous qui vivez dans le confort, qui �tes n�s libres,

vous n'avez jamais eu � vous battre pour votre dignit�.

Vous n'imaginez pas la force physique et morale

que nous avons puis�e dans cette �preuve.

Maintenant, ni rien ni personne ne pourra nous emp�cher

de mener � bien notre projet de nouvelle soci�t�.

Les autres r�volutions ont �chou�.

Parce qu'elles n'ont pas tenu le principe jusqu'au bout.

Parce qu'elles ont voulu composer avec les faiblesses de la nature humaine.

L'Anka va cr�er des hommes nouveaux.

Purs, � partir de la classe des paysans pauvres.

Il va revenir au communisme primitif de Marx.

Un communisme int�gral, o� les gens vivront sans monnaie

et partageront tout dans un �galitarisme absolu.

Tu vois, Alain, le projet de l'Anka.

�crire une page neuve.

Mettre fin � 2000 ans de l'histoire qui ont abouti au mat�rialisme et � la d�cadence.

Revenir � la puret� originelle.

Mais quel est ce peuple dont tu parles, mon camarade?

Cet �tre vierge, mall�able, n'existe pas.

Il n'a jamais exist�.

Alors peut-�tre, oui, les jeunes sont plus � m�me de changer.

Mais tous les autres.

Tous ceux qui ont connu l'ancienne soci�t�, l'ancien monde.

Comment comptes-tu t'y prendre avec eux?

Pour qu'ils soient � la hauteur de ton projet?

Ce dont tu parles, les gens du nouveau peuple, sont nuisibles.

Il faut que l'Anka trace une ligne de d�marcation

bien claire entre le citoyen qui est r�formable

et celui qui restera irr�m�diablement un ennemi de la r�volution.

Mais quelle est la ligne de d�marcation?

L'Anka, c'est toi. Comment comptes-tu t'y prendre avec eux?

Ceux qui pourront �tre r�form�s le seront.

Les autres seront �limin�s.

�limin�s?

Mais ce sont des humains.

Ils sont innombrables.

Comme disait Danton, serions terribles pour dispenser le peuple de l'�tre.

Terrible, justement.

Mieux vaut imaginer une absence d'hommes

plut�t que des hommes imparfaits.

Une absence d'hommes?

Ah, t'es la.

Tu l'as revue?

Alors?

Alors quoi?

Rendez-vous avec Pol Pot.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.