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Musique sombre.
...
Cri.
La femme gémit.
-Alors ?
-Ca ne devrait plus tarder.
-Prévenez-moi. -Oui.
-Je serai en bas.
La femme crie.
Cris de nouveau-né.
...
-C'est un garçon.
-Laissez-nous.
-Mais je dois
nettoyer l'enfant. -Oubliez ça.
Combien je vous dois ? -10 francs.
-Vous savez qui je suis ? -Oui, M. de Villefort.
-Vous savez ce que je fais : je poursuis les criminels.
Vous ne parlerez jamais de ce qui s'est passé.
Est-ce clair ? -Oui, monsieur.
Musique sombre.
...
Elle sanglote.
...
...
-On peut faire ça en Italie, mais pas à Marseille.
Par tous les diables...
Caderousse, que fais-tu ici ?
-Jacopo a fait savoir que vous amarriez aujourd'hui.
J'ai voulu venir
vous annoncer la nouvelle.
-Laquelle ?
-C'est à propos de la sage-femme
dont vous m'avez parlé.
-J'écoute.
-Voyez-vous un inconvénient à ce que je m'attable
pour déjeuner ?
-Parle-moi de la sage-femme.
-Elle s'est montrée
un peu imprudente. Elle est allée voir Villefort.
Sûrement pour le faire chanter.
Elle a été arrêtée et admise de force dans un asile.
J'ai soutiré ces informations à un gardien.
Par ailleurs,
la maison où la naissance a eu lieu
appartient à la mère de la 1re épouse de Villefort.
Désormais, elle est abandonnée et à vendre.
-Dois-je savoir autre chose ?
-Une chose, oui.
Je ne sais plus si j'ai mentionné que Mercédès et Fernand
avaient un fils.
-Quel âge ?
-18 ans.
Il s'appelle Albert.
-La femme que j'aime,
la seule femme que j'ai jamais aimée, a...
un fils, et tu me le dis maintenant ?
-Ils sont mariés depuis 19 ans. C'est normal
qu'ils aient un enfant. -Pourquoi me l'avoir caché ?
-Ca fait très peu de temps que je l'ai découvert.
Ils l'avaient envoyé en pensionnat.
-Pourquoi me le dire maintenant ?
-Parce que...
Parce que j'ai appris que le jeune Albert
faisait le tour de l'Italie avec un ami,
et qu'ils assisteront au carnaval de Rome.
-Tu sais où il séjourne ?
-A l'hôtel de Londres.
-Jacopo, fais préparer
une voiture.
Nous allons à Rome.
Il rit.
-Fantastique. Je suis jamais allé à Rome.
-Toi, tu ne viens pas.
Tu repars
à Paris, pour acheter la maison abandonnée.
Musique mystérieuse.
...
-Les garçons sont arrivés.
-Excellent.
Qui est l'ami d'Albert ? -Franz d'Epinay.
Ils se sont plaints de ne pas pouvoir louer de voiture.
-Assieds-toi.
Ils ne doivent se douter de ce qui les attend.
Au moindre soupçon, tout le plan échouera.
-Je comprends.
-Il faudra parvenir à les mettre à l'aise,
pour gagner leur confiance.
J'aurai moins de soucis à me faire, à Paris.
-Oh...
Ce môme, c'est le ticket d'entrée.
-Précisément.
On frappe à la porte.
-M. Albert de Morcerf ? -Lui-même.
-Le comte de Monte-Cristo souhaiterait
que vous déjeuniez avec lui.
-Et ce comte, qui est-ce ? -Un homme
extrêmement important.
Quels que soient vos besoins, il y subviendra.
-Oh... Dites au comte que nous nous joindrons à lui.
-Pourquoi pas. C'est entendu, avec plaisir.
Musique classique.
...
-La cuisine à Florence
était bonne, mais ça...
C'est divin.
-On m'a dit que la cuisine de Paris était exquise.
-Vous n'y êtes jamais allé ?
-Pas encore, non.
Quels sont vos projets
pour votre séjour ?
-Eh bien...
Nous irons voir le Colisée. -Et assister
à un opéra.
-Et rencontrer des femmes qui font la renommée de Rome.
Albert est là pour ça. -Franz parle surtout pour lui.
-Votre père, le comte de Morcerf, a servi dans l'armée,
c'est exact ?
-Il l'a quittée il y a longtemps.
-Il s'est illustré à Alger, lorsqu'il portait le titre
de capitaine Fernand Mondego, n'est-ce pas ?
-Oui. Il faisait preuve d'une bravoure sans pareil.
-Hm. Il est membre de la Chambre des pairs du Parlement.
Impressionnant.
Ca doit être difficile
de marcher dans les pas de cet homme.
-Oui. Il m'arrive de trouver
sa réputation intimidante.
-Vous allez assister
à l'exécution, tout à l'heure ?
-Euh... Quelle exécution ?
-2 criminels seront exécutés avant le début de la fête.
Ma chambre donne sur la place. Je regarderai.
Voulez-vous venir ?
Vous n'avez jamais vu une exécution ?
-Non.
-Pourtant, c'est...
fascinant de voir un homme faire face à la mort.
Je vous prêterai ma calèche, pour que vous alliez au carnaval.
-Formidable.
Tumulte.
...
-Comment vont-ils les tuer ?
-Le 1er,
le plus courageux,
s'appelle Pepino. C'est un voleur.
Et lui sera décapité.
L'autre sera frappé à coups de masse.
Ils réagissent de manière différente.
Le pauvre bougre derrière Pepino est pétrifié.
-C'est normal.
C'est la peur.
-Certes.
Mais une telle mort ne rachète pas les péchés.
-Selon vous, la mort n'est pas
une peine suffisante ?
-Imaginez qu'un homme vous condamne à une vie de souffrance.
Trouveriez-vous suffisant ce bref instant de douleur ?
Une seconde, et puis plus rien.
Il faudrait leur infliger un châtiment au long terme.
L'équivalent du supplice vécu par leurs victimes.
Tumulte.
...
-Arrêtez !
Arrêtez !
Interrompez l'exécution.
Par ordre du pape !
-"Par la miséricorde de Sa Sainteté le pape Grégoire XVI,
"j'ordonne que grâce soit accordée au condamné nommé...
"Pepino."
Huées.
Tu es libre, Pepino.
-Pourquoi pas moi ?
Pourquoi ?
Libérez-moi !
Libérez-moi !
Je vous en prie ! Je veux vivre !
Pourquoi lui, et pas moi ?
Pourquoi pas moi ? Pourquoi ?
Acclamations.
...
-Les hommes meurent depuis que le monde est monde.
Clocher d'église.
Le carnaval peut commencer.
J'ai fait préparer des costumes pour vous.
Fanfare.
...
-Il y a de la place. Montez à bord.
Quel est votre nom ?
-Appelez-moi comme vous voulez.
-Je vous nomme Délicieuse.
Vous reverrai-je ?
Vous avez vu
son regard ? -Elle me regardait, moi.
-Délicieuse, revenez !
Revenez !
Je vous inonderai de mon amour.
-Suivez-moi.
-Je vous retrouve à l'hôtel. -Quoi ?
Fanfare.
...
-Attendez.
...
Mais où allez-vous ?
Pardon.
...
Musique mystérieuse.
...
-Qu'est-ce que c'est ? -Lisez.
Si vous voulez que votre ami survive,
vous m'apporterez l'argent.
J'attendrai ici.
Musique de suspense.
...
On frappe à la porte.
-Je suis navré de vous importuner. -Franz...
-Euh...
Lisez ceci.
-Entrez.
"Franz, j'ai été enlevé
"par une troupe de brigands.
"Vous devez remettre 4 000 écus
"à l'homme qui vous a livré ce mot,
"ou ils me tueront.
"Albert."
Que s'est-il passé ?
-Je l'ignore.
Albert a disparu. -C'est son écriture ?
-Oui.
Que puis-je faire ?
Il n'a pas une telle somme.
Moi non plus. -Où est cet homme ?
-Dehors, devant l'hôtel.
-Jacopo !
Gare ma voiture devant l'hôtel.
Pense surtout à prendre 2 pistolets chargés.
-Des pistolets ?
-Savez-vous qui je suis ? -Aucunement.
-Le comte de Monte-Cristo. Et vous détenez mon ami.
-Vous êtes...
Je suis navré, monsieur. -Où est votre chef ?
-Dans un château, à une lieue de la ville.
-Conduis-nous à lui.
-Pourquoi vous obéit-il ?
-J'ai une réputation.
On ne veut pas m'avoir à dos.
Musique mystérieuse.
...
-Suivez-moi.
Par ici. Le voilà.
-Que nous vaut l'honneur, comte de Monte-Cristo ?
-Espèce d'imbécile,
seriez-vous demeuré ?
Le vicomte de Morcerf est un ami, et vous l'enlevez ?
Et vous demandez une rançon ?
Avez-vous perdu la tête ?
-C'est... un ami à vous ?
-Allez me le chercher, sur-le-champ !
-Je suis mortifié, monsieur. Ne reste pas là !
Tu as entendu le comte ?
Une porte s'ouvre.
-Albert ! -Oh, Dieu soit loué.
-Jacopo, raccompagne nos amis à la voiture.
Je vous y retrouverai.
-Venez avec moi.
-Vous avez trouvé l'argent ? -Non.
Le comte et ce diable se connaissent.
Il a pu
vous faire libérer.
-Enlève cette chose grotesque.
-Ca donne chaud.
-Où est Pepino ?
-En route pour Marseille, grâce à vous.
-Bien. Ce pape a la manie de changer d'avis.
-Vous avez payé cher pour sauver Pepino ?
-Disons que la dette entre toi et moi
penche en ma faveur.
-Comment était ma performance ?
-Théâtrale. Mais efficace.
-Bravo à tous.
Beau travail.
-Monsieur le comte, comment avez-vous connu ces brigands ?
-Bonjour.
-Halte là.
Cette route est dangereuse.
Il y a des brigands menés par Luigi Vampa.
-Je les ai croisés sur la route.
Une rencontre qui s'est bien finie pour moi.
Lequel est Luigi Vampa ?
-Vous connaissez mon nom ?
-Des soldats m'ont dit rechercher une bande de brigands
menée par toi.
Vous devriez vous cacher.
-Pourquoi nous avoir prévenus ? -Je hais l'autorité.
-J'ai une dette envers vous.
-Tu vas peut-être pouvoir m'aider.
-Comment vous remercier ? -N'y pensez pas.
Cela ne m'a coûté que du temps.
-J'aimerais vous remercier.
-Eh bien...
J'envisage de venir à Paris, bientôt.
-C'est tout trouvé, alors. Je serai votre guide.
Je vous présenterai au beau monde.
-Oui... Nous verrons.
Ce n'est qu'une idée en l'air.
...
-Bienvenue à Paris.
-Charmant pied-à-terre.
-Attendez de voir combien ça a coûté.
Alors, qu'en dites-vous ?
Ca vous plaît ?
-J'ignorais que tu avais aussi bon goût.
-Oh... Non, ce n'est pas moi.
Ce sont des décorateurs d'intérieur qui ont fait tout ça.
-Occupe-toi de mes bagages.
-Oui, monsieur.
Musique mystérieuse.
...
-J'attendais impatiemment votre arrivée.
Comment vous portez-vous ? -A merveille.
-Je vous en prie.
Tout le monde a hâte de faire votre connaissance.
Vous aimez l'oeuvre de Pinot ?
-C'est proprement...
saisissant.
-C'est un portrait de ma mère.
Il l'a peint il y a 6 ans, mais...
elle n'a pas pris une ride.
Vous verrez. Elle doit nous rejoindre.
Elle a hâte de vous rencontrer.
-Votre père sera-t-il là ?
-Non. Il donne un discours
au Sénat.
Je vous présente M. Beauchamp,
rédacteur en chef à "L'Enquêteur",
et M. Debré, secrétaire du ministre de l'Intérieur.
Le comte de Monte-Cristo. -C'est un honneur.
-Vous découvrez Paris ? -C'est une ville splendide.
-Vous vous plairez ici.
-Non, merci. -Pas de vin,
monsieur le comte ? -Non. Je ne bois pas d'alcool.
-Monsieur.
Quelle joie de vous voir !
-Ma mère, la comtesse de Morcerf.
-Madame la comtesse.
Il... Il me tardait de vous rencontrer.
-Je tenais à vous remercier d'avoir sauvé mon fils
de ces brigands.
Mon époux et moi-même
vous sommes reconnaissants.
-Ce n'est rien.
-C'est votre première fois à Paris ?
-Oui.
-A quel hôtel êtes-vous ?
-Je n'ai pas besoin d'hôtel. J'ai 2 propriétés ici.
L'une, à deux pas, sur les Champs-Elysées.
L'autre, à Auteuil.
-Oh... Comment avez-vous pu acquérir ces propriétés,
en étant arrivé hier ?
-J'ai envoyé mon valet,
pour qu'il se charge de mon logement.
-Mais...
-Mère ?
Vous vous sentez bien ?
-Veuillez m'excuser une minute.
Musique douce.
...
Quel est le vrai nom du comte ?
-Je l'ignore.
Musique mystérieuse.
...
-Ils sont tous là.
Avec leurs familles.
-Tous les trois ?
-Tous les trois.
-Ils ne t'ont pas vu ? -Non. Je m'en suis assuré.
-Bien.
Dis à Etoré de préparer la voiture.
Musique mystérieuse.
...
Air d'opéra.
...
-Père, c'est lui.
Là.
Je vous présenterai à lui.
...
-Cette loge est à l'ambassadeur d'Autriche.
-Le comte la lui a rachetée.
...
-Reste là.
...
...
Tiens.
...
Je vais te les désigner l'un après l'autre.
...
-J'espérais pouvoir vous présenter à mon père.
Malheureusement, ma mère se sentait mal.
-J'espère que ça n'est rien.
-Ca passera. Je vous présente à d'autres personnes ?
-Merveilleux.
-Voici mes futurs beaux-parents. Baron et baronne Danglars ?
Je vous présente le comte de Monte-Cristo.
-On me dit
que vous êtes banquier.
-C'est exact.
C'est un honneur.
-Nous avons entendu parler de vous.
Ravie de faire votre connaissance.
-Moi de même.
Je vous rendrai visite
pour ouvrir un compte et déposer une grosse somme.
-De quel ordre ?
-4 millions de francs.
-Oh !
-Est-ce trop peu ?
-Non. -Non, voyons.
-J'ai quelqu'un d'autre
à vous présenter : les De Villefort.
M. de Villefort est procureur.
Laissez-moi vous présenter le comte de Monte-Cristo.
-C'est un honneur.
-Mme de Villefort.
Et la fille de M. de Villefort, Valentine.
-Valentine. Enchanté.
-On ne parle que de vous.
-Je ne mérite pas tant d'attentions.
-Vous savez que les gens exagèrent.
-Pour un procureur, seuls les faits sont dignes d'intérêt.
-Au final, seule la vérité importe.
-Ah... Et au début ?
-Je ne vous suis pas.
-Oh... Tintement de clochette.
-Retournons dans notre loge.
-C'était la 1re sonnerie. -Peu importe.
Je n'aime pas laisser bon-papa. -Veuillez nous excuser.
-Bien entendu.
-Ca va,
monsieur le comte ? -Oui. Pardon.
J'ai une migraine.
D'ailleurs, je ferais mieux de rentrer.
Je suis navré.
J'aurais voulu les inviter dans ma maison de campagne.
Vous pourriez le faire ?
J'enverrai aussi des invitations.
-Ce sera fait. Monsieur le comte.
-Assieds-toi.
-Il y avait beaucoup à déterrer.
-La sage-femme connaît-elle nos intentions ?
-Oui. Et elle va obtempérer.
J'ai soudoyé le gardien de l'asile pour qu'il me laisse avec elle.
On peut aider cette femme à se faire la belle ce soir.
-Arrangez cela pour demain.
Autre chose ?
Une femme crie.
...
...
...
...
-Libérez-la.
-Je veux le double.
-Non. Nous avions un accord. -Ca m'est égal.
Je prends un risque. -Je ne peux pas.
-Ou j'appelle les gardes.
-J'ai apporté la somme.
-Allez-vous-en et ne revenez...
-Seigneur... Tu as perdu la tête ?
-Tu n'as pas entendu ce qu'il a dit ?
-Que s'est-il passé ?
-Oh... J'ai dû tuer l'employé de l'asile.
Ils penseront qu'elle l'a tué et lui a volé
ses clés. Propre et sans accroc.
-Ce n'est pas comme ça que je qualifierais un meurtre.
Cela s'est passé ici ? -Oui.
-Montrez-moi où l'enfant est né.
-C'est comme dans mon souvenir.
-Où la caisse a-t-elle été enterrée ?
-C'était par ici.
-Décrivez-la-moi.
-Elle était en bois...
De cette taille, rectangulaire, avec un couvercle.
-Conduisez-la en ville.
Il lui faut de nouvelles toilettes.
Et il ne faut surtout pas qu'on la voie.
Vous serez en sécurité.
-Dieu vous bénisse. Merci à vous.
Merci.
On frappe à la porte. -Oui !
-L'inspecteur Boville.
-Faites vite, Boville.
On m'attend au tribunal.
-La sage-femme
s'est échappée. Celle que vous aviez fait interner.
Celle qui colportait des mensonges à votre sujet.
-Elle s'est échappée ?
-Elle s'est emparée d'un couteau,
elle a égorgé le gardien, a volé ses clés, et voilà.
-Retrouvez-la.
Peu importe les moyens nécessaires,
vous la retrouvez.
Et plus question de l'envoyer chez les fous.
Je l'enverrai à la guillotine.
Musique mystérieuse.
...
-Les premiers invités sont là.
...
-Messieurs, bienvenue.
-Quelle belle demeure ! -Merci.
Où sont
vos parents ?
-Ma mère a traîné mon père en Normandie.
-Ils vont nous manquer.
Jacopo, accompagne ces messieurs. Qu'on leur serve du champagne.
-En voilà, une coïncidence !
Cette maison appartenait aux parents de ma 1re épouse.
Les grands-parents
de Valentine. -Vous êtes déjà venu ?
-Oui, souvent.
Vous avez fait des changements.
C'est très différent. -Merci.
Je vous en prie, après vous.
Monsieur le baron, ravi de vous voir.
Madame la baronne. -Nous aussi.
Musique sombre.
...
-Vous vous sentez bien ? -Tout à fait.
-Et ici, j'ai fait installer mon cabinet d'étude.
-Je suis grand amateur de pièces.
Petit rire.
-S'agit-il de noeuds marins ? -Oui.
Je les trouve hautement symboliques.
Nos vies se muent souvent en d'improbables noeuds,
composés d'entrelacs inattendus.
-Savez-vous faire tous ces noeuds ?
-Oui, mais j'ai du mal à en dénouer certains.
-Je vois que vous possédez même des pièces japonaises.
-Bien.
J'aimerais vous montrer autre chose.
Je suis passionné de chimie.
-Fascinant. -Durant mes voyages,
j'ai découvert des plantes qui, selon leur usage,
peuvent soigner ou tuer.
Ces potions, par exemple,
ce sont les mortelles.
4 gouttes de ceci
peuvent tuer un homme.
-Qu'est-ce donc ? -De la brucine.
-Ca laisse des traces ? -Pas dans le métabolisme.
-Pourquoi possédez-vous ces poisons ?
-A des fins vétérinaires.
Parfois, les animaux ont besoin que l'on abrège leurs souffrances.
-Je vois.
-Monsieur le comte ?
Mon fils souffre... -Héloïse.
Pas maintenant. -Je vous en prie.
Le moment est propice.
-Ses crises se répètent souvent.
Et il lui faut du temps pour s'en remettre.
Il en ressort éreinté.
Je me demandais... -Cela pourrait vous aider.
Il s'agit d'un dérivé d'écorce d'arbre endémique du Cambodge.
-Comment l'élabore-t-on ? -L'écorce est bouillie,
le liquide, distillé.
Les cristaux sont ensuite dissous dans l'alcool.
-Passionnant.
-Quel âge a votre garçon ? -8 ans.
-Une goutte suffira.
3 gouttes, et il perdra connaissance.
Auquel cas, je détiens l'antidote.
-Avez-vous un antidote pour la brucine ?
-Non. Pour les mortelles, il n'y en a pas.
-Monte-Cristo est une île au large de l'Italie ?
-C'est exact.
Je l'ai rachetée au grand-duc de Toscane.
-Hm...
D'où votre titre.
-Sous quel nom êtes-vous né ?
-Zaccone.
-Zaccone ? -Zaccone, tout à fait.
-Je réitère mes compliments
pour votre réaménagement.
La maison est à peine reconnaissable.
-Lors de sa mise sur le marché, elle n'intéressait personne.
N'ai-je pas raison ?
-On se demande pourquoi. Ce domaine est un paradis.
-Le notaire a... fait mention
d'une histoire sinistre qui aurait rebuté les acheteurs.
-Quelle histoire ?
-Je ne veux pas heurter ces dames.
-Nous ne serons pas heurtées.
Racontez-nous. Vous en avez trop dit.
-Bien. Après le déjeuner, je vous montrerai.
-Hm !
Musique sombre.
...
J'ai laissé cette chambre dans l'état où elle était.
Un crime effroyable
aurait été commis ici.
Un infanticide.
...
-Ridicule. -Un enfant non désiré
est né sur ce lit.
Le père de cet enfant
l'a enfermé dans une caisse.
Voulez-vous voir la caisse ?
-Mais oui.
-Elle a été enfouie ici.
Les jardiniers l'ont déterrée, mais...
elle était vide.
-Et cette caisse, où est-elle ?
-Je l'ai fait brûler.
-Je dois m'asseoir.
-Quelle idée de raconter ça !
-Votre épouse a insisté, M. de Villefort.
-Vous êtes sûre, c'était lui ?
-Certaine.
-Ressaisissez-vous, Hermine.
-Et la femme...
C'était elle. -Quelle femme ?
-La femme à qui il parle, c'est la femme qui a accouché.
Hermine sanglote.
...
Musique sombre.
...
-Ressaisissez-vous, Hermine.
-Nous devons
nous parler. -Pas ici.
Souriez.
...
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