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PORTRAIT D'UNE ENFANT DΙCHUE
On commence ?
- Ηa enregistre ? - Oui.
Continue juste de parler.
Ce truc rouge est bien en place ?
Je t'imagine, commenηant ΰ prιparer ton film,
mais les bandes sont vierges...
Je vais arranger ηa, attends...
Pourquoi faire un film sur moi, Aaron ?
Continue de parler.
Je suis nιe...
Vas-y.
Je vais te dire une chose que tu ignores.
Mon nom,
Lou Andreas, n'est pas le vrai.
Tu t'en doutais ?
Non.
Pas du tout.
Peu l'ont su.
Ηa a ιtι le nom d'une femme trθs belle.
Je l'ai pris.
Je l'ignorais.
Et ton vιritable nom ?
Emily. Oui.
Sand ?
Non. Versene.
Emily Versene ?
C'est joli. Franηais ?
J'ai cru que ce serait diffιrent.
Il a insistι : "Lou, je veux te voir,
"je te rejoins dans l'ξle."
Finalement je me suis dit : Cette fois, c'est personnel.
Mais bien sϋr,
toujours la mκme satanιe histoire.
"Lou, tu bosses pour moi toute la nuit ?"
C'ιtait toujours oui.
Rιsultat, je vois un psychiatre,
et un simple rhume me dιfigure.
Tu as pris froid ?
D'ordinaire, je suis plus belle, tu sais.
J'ai pris tellement de cachets ΰ cause de cette saletι...
Que dit ton psychiatre ?
Je vais dιvaler cette plage en hurlant...
un jour.
Mais sais-tu,
je n'ai rien fait de tel depuis longtemps.
Je vois un psychiatre chaque semaine. Hors de prix.
J'essaie vraiment...
d'aller bien.
Je dois vraiment y travailler.
Je ne devrais pas κtre si inerte.
Tu as l'air mieux que la derniθre fois.
Je m'y efforce.
Bien sϋr, si tu espιrais me trouver belle...
Je te l'ai dit, tu es superbe.
Merci. Mais rien ΰ faire, on est comme on est.
Je ne suis plus si jeune. Mais qu'importe ?
Tu sais, je ne me suis liιe avec personne, ici.
Personne.
Tu ne devrais pas rester isolιe.
Je ne suis pas trθs en forme.
C'est pour ηa que j'ai hιsitι
ΰ te laisser venir.
Puis je me suis dιcidιe.
Si on ne sait pas se garder
des amis, quelque part,
c'est qu'on a un sιrieux problθme.
Tu es mon ami.
C'est juste.
Revenons-en ΰ...
Au jour oω je suis arrivιe ΰ New York ?
Divine. Absolument divine.
Tu as ma parole.
Non, elles n'ont aucune allure.
Je ne veux mκme pas que tu les voies.
Mais ce visage ! Sec ! Absolument saisissant !
Des yeux gigantesques ! Et grande...
Combien fais-tu ? 1m75 ?
1m78.
Tu ne les fais pas...
Une gιante !
Une Vιnus longiligne. Je sais qu'elle sera parfaite en photo.
Je te l'envoie de suite, tu verras par toi-mκme. D'accord ?
Merci. Tu es un ange !
Toi, cours-y, plais ΰ Ida Saints Berry
et ta carriθre est lancιe...
Lou Andreas Sand.
Quel nom fabuleux !
Merci. C'est Andreas Sand, et ce n'est pas...
Bon, l'appareil ajoute toujours cinq, dix kilos...
Aussi fine que tu sois, tu peux en perdre deux ou trois.
Deux ou trois.
Que faire avec tes cheveux ?
Vous voilΰ, Lou Andreas Sand ?
Barbara Casey.
On vous attendait. Depuis un long moment.
Pardon. Ce n'est pas ma faute...
Ce n'est rien, mais nous sommes en retard.
La voilΰ enfin.
Pourquoi t'κtre dιrangιe ?
Ne fais pas attention. Viens, qu'on t'habille.
Non, pas si ajustι,
ηa devrait flotter, Margo.
Je sais, c'ιtait pour essayer.
Surtout pas.
Ida les veut en noir et blanc
et en couleurs, au cas oω...
C'est un chiffon pιnible ΰ regarder.
Si je rentre ηa ? Ηa donne plus de forme.
Tu portes les faux seins ?
Les avais-je mis ?
Seigneur.
Tous ces hommes qui me fixaient
comme des dιments ou des obsιdιs.
Allons-y, Alex.
De toute faηon, ηa ne ressemble ΰ rien.
Sexy comme du thon en boξte !
Chιrie, si tu lθves le bras, tu retrousses la manche.
Rien. Ηa ne ressemble ΰ rien.
Allons, Alex, sois gentil...
Tu te souviens de ma liste, Aaron ?
Falco a ιtι le premier nom
sur la liste de ceux avec qui
je ne voulais plus travailler.
Tu as une tκte pointue.
Il ne m'aime pas.
Lθve l'autre main.
Superbe. Garde la pose.
Ne bouge plus.
Moi...
Une perruche me terrifie !
Mais j'ai fait la couverture.
Je m'en souviens.
Tu t'en souviens ?
Je suis vraiment... trθs ennuyeuse.
Non, pas du tout.
Tu trouves ηa passionnant ?
C'est intιressant.
Tes cheveux, je n'en reviens pas.
C'est divinement joli.
J'adore cet abandon chez les hommes d'aujourd'hui,
leur aspect, avec leurs cheveux...
C'est formidable.
Mais...
vous ressemblez tous ΰ Jιsus.
Comment va-t-on le reconnaξtre quand il reviendra ?
Pourriez-vous dιcrire la nature de votre sentiment pour ces anonymes ?
Je ne parle jamais de...
sexe. On ne parle pas de ces choses-lΰ.
Mκme ΰ votre petite machine.
Si j'ai enfreint les commandements ?
Je ne les connais mκme pas.
Disons que j'ai succombι au plaisir.
Vous en ιprouviez, du plaisir ?
Tu veux savoir un secret, Aaron ?
Dis-moi.
Est-ce que je t'ai plu,
ΰ notre premiθre rencontre ?
Tu m'avais impressionnι.
Tu ιtais... diffιrente.
Je ne t'aimais pas du tout.
Il m'a semblι
que tu ιtais...
trθs...
hostile.
Inamical.
Ce n'est qu'aprθs 3 ou 4 sιances de travail
que j'ai commencι ΰ t'apprιcier.
Seigneur !
Quelle horreur !
Mais non, c'est beau.
Tu vois ?
Comment ηa, beau ? Regarde mon visage. Horrible.
Il dιvoile ce que tu ressens.
On oublie la robe. Ce n'est pas ηa, la mode.
Est-ce si grave ?
Tu ne crois pas ?
Aucune importance.
C'est trθs important.
Bien sϋr, c'est important, mais...
tu prends ηa trop au sιrieux.
Je suis comme ηa, je prends tout trop au sιrieux.
Tu ne devrais pas.
Falco n'est pas aussi...
Tu as une cigarette ?
J'aime apprendre de l'homme avec qui je suis, ou travaille.
S'il m'apprend, j'ai le sentiment de progresser.
Falco est toujours furieux contre moi.
Tu crois...
que je devrais lui faire des excuses ?
Pourquoi ?
Parce que c'est...
un trθs grand photographe,
et qu'il m'a beaucoup aidιe.
Lou, il mate par un trou
les mannequins, pendant qu'elles se changent.
Quoi ?
Ne prends pas ηa trop au sιrieux.
Ηa n'a aucune importance. Tu es trop tendue.
Mais non, pas du tout.
Ce n'est rien. Je voulais te demander...
Je suis fatiguιe,
pas tendue.
Quoi ?
Rends-moi service.
J'ai des clients ΰ moi...
Souviens-toi,
ΰ tout moment, tu me demandais,
"Lou, travaille pour moi."
Si tu peux te lever tτt...
Bon sang... 4h30 du matin !
Je pensais... Il faut aller vite.
Je sais.
C'est trθs bien.
On fait des photos, dimanche ?
Qui est Aaron Rhinehardt ?
C'est un photographe extrκmement talentueux.
C'est aussi mon ami.
Peu importe, il ne peut pas t'engager
ΰ 10$ de l'heure, par amour ou par amitiι. Non.
Pauline, c'est elle.
La prochaine top model, sans l'ombre d'un doute.
Voici Pauline Galba.
Ηa va ?
J'ai toujours admirι vos photographies.
J'admire les vτtres.
Pauline et Barbara Casey t'engagent, avec...
- Capette. - Avec Capette.
En Jamaοque.
- 2 semaines. - 3 !
Pour la collection croisiθre.
Elle pilotera l'avion qui vous emmθnera.
C'est merveilleux, je sais.
Je n'ai jamais ιtι ΰ l'ιtranger.
L'avion me terrifie. Je ne l'ai jamais pris.
Je ne veux pas y aller.
Ηa va te passer.
Ηa ne me passera...
certainement pas.
Je prιfιrerais rester
et faire de petits extras avec toi.
Vraiment.
Une fois en l'air, ηa te passera.
Si je restais jouer avec ces vieux ?
C'est idiot.
Non, pas du tout.
J'ai aimι un homme cιlθbre, plus βgι que moi.
Son avion s'est ιcrasι quand je n'avais que 16 ans.
Alors ce n'est pas idiot.
C'est vrai ?
C'est vrai. J'avais 16 ans.
Vous ιtiez amants ?
Oui.
Qui ιtait-ce ?
Je vais devoir survoler ces ιtendues,
dans l'avion de Pauline.
Je ne connais que ses photos,
ce n'est pas un brevet de pilote !
Rien ne t'y oblige.
Mais si.
Pourquoi ?
Mon travail compte ιnormιment pour moi.
Que pensera le magazine si je n'y vais pas ?
Ηa pense, un magazine ?
Les gens, Aaron...
Ida Saints Berry, Peggy McCavage, comptent sur moi.
Mais non, elles veulent que tu croies ηa.
Un coup de fil et ta remplaηante arrive. C'est tout.
De quoi tu te mκles ?
Tu veux m'empκcher d'y aller ?
Pas du tout. Tu disais...
Je ne vais pas rester
pour 10$ de l'heure, par amour ou amitiι. Je pars en Jamaοque.
Lou, attends une minute...
Attends une minute.
Je suis dιsespιrιe.
Ne sois pas dιsespιrιe.
Tu vas adorer ηa.
Je n'aime rien.
Je n'aime que le Prιsident.
Et je m'inquiθte pour lui.
Je le nourrirai comme promis.
Amθne-le-moi.
Je devrais le bourrer de pilules et l'emmener.
C'est quelle langue ?
Du chinois !
On y va ?
Juste une minute.
J'aimerais savoir une chose.
J'aimerais savoir...
si je te plais ou non.
J'ai parfois l'impression que...
Me demander ηa, ΰ un moment pareil, dans mon ιtat ?
Je viens de te dire,
pour l'instant je n'aime rien.
Je n'ai pas parlι d'amour. Simplement, si je te plais...
Tu ne vois pas que je suis complθtement dιboussolιe ?
Je ne parle jamais de ces choses.
Si quelqu'un veut une chose, qu'il la prenne.
C'est ma philosophie.
Ta philosophie ?
Je prιfιrerais mourir que partir.
Ne te fais pas de souci.
Ce n'est pas si facile.
Tu as vraiment frιquentι
un homme plus βgι, ΰ 16 ans ?
Vraiment ?
J'en avais 15.
Comment c'est arrivι ?
Si ηa ne t'est pas pιnible.
Ce n'est pas pιnible.
Juste ennuyeux. Si banal.
Par des amis ?
Non...
Ce n'est pas ηa...
J'ai oubliι.
C'est trop pιnible d'en parler.
Ce n'est rien.
Nous avons pris sa Cadillac pour l'aιroport.
Nous devions κtre trθs discrets,
il ιtait cιlθbre, et j'ιtais si jeune ΰ l'ιpoque.
Il parlait de m'ιpouser,
de me rendre...
riche.
Si j'avais acceptι,
ma vie aurait ιtι toute autre.
Mais il s'est ιcrasι.
Je ne l'ai jamais revu.
Tu serais morte, ou veuve.
J'aurais ιtι ΰ l'abri.
Tu parais ailleurs...
C'est les mιdicaments.
C'ιtait incroyable,
tout ce qu'il m'apprenait sur moi, sans mκme me connaξtre.
Que j'ιtais une recluse, rebelle, artiste dans l'βme.
Prκte ΰ me convertir au communisme !
J'avais dit que je n'irais pas en avion ΰ Las Vegas,
que j'avais...
peur.
Tu l'as lu dans le journal ?
Quoi ?
Qu'il s'ιtait ιcrasι.
Est-ce mκme arrivι ?
C'est tout comme, je ne l'ai jamais revu.
Les voilΰ !
Dr Galba, mon ιpoux. Voici Lou Andreas Sand.
Aaron Rhinehardt.
On se connaξt.
Allons-y.
On n'attend pas...
Capette ?
Elle prend un vol commercial. Pas le mien.
Pourquoi ?
Je ne sais pas. Son Saturne et mon Mars,
ou ce qu'aura dit son astrologue...
Elle est folle, vous savez.
Je ne la connais pas.
C'est le mannequin idιal, je l'adore,
mais trθs instable et trθs excentrique.
Tout va bien.
Attachez vos ceintures.
Je sais, je ne suis pas parfaite.
Parfaite !
Tu es absolument parfaite !
C'est ηa !
Capette devrait avoir honte.
Dιtendue.
C'est ηa. Trθs bien.
Garde la pose.
Plus dιtendue. Comme ηa.
Voilΰ.
On va y arriver, chιrie.
Maintenant, calmement.
Comme s'il ιtait ΰ tes pieds.
Formidable !
Trθs beau !
Merveilleux !
C'est trθs bien.
Tu n'imagines pas comme c'est dur d'en jouer.
J'aimerais tant retrouver
les pensιes que j'ai notιes ΰ l'ιpoque.
Elles t'expliqueraient mieux mon athιisme.
Je l'ai toujours ιtι,
ΰ cause de cette idιe du chβtiment.
Pour κtre ce que l'on est, penser ce que l'on pense.
Par exemple,
tu me prendrais en photo aujourd'hui, telle que je suis ?
Je n'ai pas mon appareil.
Mais tu ne le ferais pas. Car je suis imparfaite.
Mon maquillage est parti, je suis affreuse...
J'aurais prιfιrι te recevoir la nuit.
Ηa cache tant de choses.
Tu sais bien que tu es magnifique. Arrκte de te dιvaloriser.
Merci, Aaron, mais je sais comment je me sens.
Tu sais, une seule chose
me manque vraiment.
La grβce.
Vivre en ιtat de grβce
avec quelqu'un.
J'ai lu quelque part que
"l'homme doit trouver la grβce".
Tu veux ιcouter du Bach ?
Je peux te jouer du Bach et d'autres airs sur ton enregistrement.
Gardons ηa pour une autre fois.
Raconte-moi ton retour de Jamaοque.
Je peux rιιcouter les castagnettes ?
Bien sϋr.
C'est trθs bien.
Tu n'imagines pas comme c'est dur d'en jouer.
J'aimerais tant retrouver les pensιes
que j'ai notιes ΰ l'ιpoque.
Elles t'expliqueraient mieux
mon athιisme.
Je l'ai toujours ιtι,
ΰ cause de cette idιe du chβtiment.
Pour κtre ce que l'on est, penser ce que l'on pense.
Par exemple...
tu voudrais me prendre en photo aujourd'hui, telle que je suis ?
Je n'ai pas pris mon appareil.
Mais tu ne le ferais pas. Car je suis imparfaite.
Tu sais, une seule chose me manque vraiment.
La grβce.
Vivre en ιtat de grβce
avec quelqu'un.
J'ai lu quelque part que
"l'homme doit trouver la grβce".
Tu me racontais
ton retour de Jamaοque.
Je peux rιιcouter les castagnettes ?
Bien sϋr.
Quand je suis revenue
de Jamaοque,
tu ιtais parti,
pour la Californie.
Un instant, s'il te plaξt.
Tu te souviens de ta lettre ? Je l'ai lΰ.
Cette lettre... que tu m'as laissιe en partant.
Je te la lis ? J'aimerais te la lire.
Un instant...
"Chθre Lou, ouvert mon studio, angle de la 22e ouest et de la 66e.
"Le Prιsident s'y trouve,
"ma secrιtaire s'occupe de lui.
"Appelle-la. Rita : AC-33598.
"J'ai dϋ partir en Californie, avec un mannequin.
"Pas toi, hιlas !
"Affectueusement, Aaron."
C'ιtait si gentil. Je l'ai gardιe.
Je n'ai rien entendu.
Tu veux la lire ?
Tu as rabattu le siθge ?
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
Pourquoi ?
Ta femme t'oblige ΰ faire ηa ?
Elle t'a habituι ΰ le rabattre ?
Ce n'est pas une habitude, Lou.
Je veux que ηa reste relevι.
Pourquoi ?
Excuse-moi.
Tu sais, Aaron,
je pense vraiment
que tout est de ma faute.
D'abord,
la situation que j'ai crιιe.
Ensuite,
je n'ai pas un homme dont je sois amoureuse.
Il y avait toujours quelqu'un dont tu ιtais amoureuse,
toujours un homme dans ta vie.
Beaucoup mκme.
Beaucoup m'ont aimιe, mais
rares sont ceux que j'ai aimιs.
Mκme ΰ l'ιcole.
Tout le monde m'aimait,
mais je n'apprιciais pas tout le monde.
J'ai toujours ιtι rebelle.
J'ιtais une meneuse pour tant de choses.
Travail, volontι, sport.
Je ne sortais pas avec les garηons
avant mes 18-19 ans.
Et cet homme mϋr et cιlθbre, celui dont tu ιtais amoureuse ?
Il ιtait amoureux de moi.
Mais j'en ai aimι un autre
toute ma vie.
Qui est-ce ?
Je n'ιtais pas trθs sociable.
Je n'avais pas de vιritable ami ΰ New York,
exceptι toi, et...
Pauline.
Tu sais, Pauline est trθs riche.
Fortune europιenne.
Sa famille fabriquait les serviettes anglaises
pour toute l'Allemagne et la France.
Serviettes anglaises ?
Ils possθdent maintenant plusieurs sanatoriums
en Suisse.
Elle recevait ΰ sa table des gens fascinants,
que je n'ιtais pas si curieuse de connaξtre.
Vedettes de cinιma, gens de thιβtre, gens du monde...
Greta Garbo, ce type de personne.
Serviettes anglaises ?
J'ιtais le seul mannequin.
J'ιtais assise face ΰ Mark.
Je l'ai rencontrι lΰ.
Tu as rencontrι le Dr Galba,
un homme vraiment charmant.
Pauline ιtait trθs...
agacιe que je devienne le point de mire.
Elle pouvait agir si grossiθrement
que ses invitιs se levaient et partaient.
Adieu.
Ηa m'ιpuise.
Comme une transatlantique en solitaire.
J'ai bien mιritι un sherry.
J'en prendrai aussi, mon amour.
Peux-tu les servir ?
Je tombe de sommeil.
Bien sϋr.
Ma mθre maniait ses invitιs comme un dompteur.
Elle restait pourtant fraξche comme une rose.
Pourquoi ne vous voit-on jamais ?
Je suis assez solitaire.
Je sors trθs peu.
Vous devriez.
Elle devrait quoi ?
Se montrer davantage.
Ne pas se cacher autant.
Elle se consacre ΰ son travail. Pas comme tant d'autres,
que l'on retrouve partout.
C'est un autre extrκme.
J'aimerais vous revoir.
Ces femmes ont perdu tout mystθre.
Elles ne pensent qu'ΰ κtre vues.
Vous allez bien ensemble.
Ce n'est pas la premiθre venue.
Je vois ηa.
ΐ dire vrai,
j'aimerais vous engager.
Vous κtes photographe ? Je l'ignorais.
Je suis directeur artistique chez Temple and Horn.
Je t'y vois dιjΰ
faisant la pub pour le cafι, le dιodorant, la crθme pour les cors...
Plutτt une marque d'automobiles, si vous ιtiez intιressιe.
Non, chιrie.
Tu n'es pas intιressιe.
Elle est mannequin de mode.
Laissons-la en dιcider.
Elle est prise pour 6 semaines.
Tu dis quelque chose, chιri ?
Je deviens sourde.
Je crois que je vais appeler un taxi.
Je vous reconduis.
D'accord.
Tu devrais rester ici, chιrie.
La ferme !
Pour l'amour de Dieu !
Elle travaille de bonne heure demain !
C'est plus raisonnable si elle reste.
Pauline, je crois que...
Je vais me coucher.
Bonne nuit.
Bonne nuit, Mark.
Bonne nuit, ma chιrie.
Bonne nuit, Mark.
Vraiment, il vaut mieux que je rentre chez moi.
Si ηa vaut mieux,
alors surtout vas-y.
Je passerai te chercher demain, et tτt.
Pardon, je n'embrasse pas quelqu'un que je connais si peu.
Ce qui m'inquiθte, c'est que tu te lies avec quelqu'un
qui a la rιputation de Mark.
Ne bouge pas.
Il a cette rιputation... Je le connais, tu sais.
Laquelle ?
Laquelle quoi ?
Rιputation.
Ne bouge pas !
Tu ne sais pas qu'il m'a fait
des avances dans le dos d'Uwe.
Seigneur !
Dans le dos de personne.
Sur le sol de son studio.
Tu veux les dιtails ?
Non, chιrie. Je ne donnerai pas de dιtails.
Rien de bien flatteur. Il essaie avec toutes.
Il a cette obsession du nombre.
Peut-κtre le trouves-tu sιduisant ?
Pas moi.
Elle n'est guθre attirante.
Ne bouge plus.
Bien.
Il a dϋ tenter de te dιshabiller de suite.
C'est encore un petit garηon, un enfant.
Bien sϋr, il essaie sans cesse de fricoter...
J'ai vu juste.
Pauline s'est tellement investie pour ma carriθre,
je lui en suis vraiment reconnaissante.
Ne vous mιprenez pas.
Je l'aime beaucoup moi-mκme.
C'est ma meilleure amie.
Pourriez-vous changer de chaξne ?
"Pour me tenir en vie,
"j'observe le mystιrieux M. Wong pιcher dans le ressac,
"crιpuscule aprθs crιpuscule,
"jusqu'au petit matin."
C'est un poθme.
C'est joli.
Je n'ai pas eu le temps de finir.
Je n'ai jamais le temps.
Aaron, tu sais,
je n'en peux plus.
De quoi ?
Je n'en peux plus d'κtre ici.
Oω ? Sur cette ξle ?
Quand je reviendrai,
on sortira, on parlera.
On verra si...
Tu sais,
j'attendais le jour...
oω je quitterais ce mιtier,
dans une maison comme celle-ci.
Ιcrire de la poιsie, peindre...
Maintenant, j'y suis.
Un bel endroit, face ΰ la mer, les bateaux au loin,
et...
c'est insupportable.
Chaque matin, se lever
est si...
Je reviendrai, Lou. On verra si...
Quoi ?
Quand je reviendrai,
on parlera. On tβchera de trouver quelque chose.
On prendra le temps de parler.
Je suis ΰ la hauteur ?
Oui...
Trθs.
Fais-moi voir.
J'aime l'esprit,
mais c'est bizarre.
Ils sont raides.
Ηa ne vient pas de la pose.
Il n'y a pas de sentiment.
Aaron est agacι.
J'aimerais que l'autre s'en aille.
Ιcoute, Davy,
si tu m'embrassais ΰ ta faηon ?
Je suis comme ηa...
Ηa va κtre dur.
Oω allez-vous ?
On revient de suite.
Tu sais, Davy,
tu ne te coiffes pas trθs bien.
Non ?
C'est la raie qui ne va pas.
Tu permets ?
Ηa te gκne si je te demande
si tu as dιjΰ ιtι amoureux ?
J'ιprouve parfois du respect,
et j'aime qu'on m'apprιcie.
Essentiellement les crιateurs.
Je ne vais pas passer toute la journιe sur une pub.
C'est mieux. Merci.
Je t'en prie.
Alors tu n'as jamais ιtι amoureux pour de vrai ?
Marlene Dietrich. Je l'aime.
Tu la connais ?
Non. J'ai failli aller ΰ une fκte oω elle ιtait.
J'ai ratι ma chance.
Et si tu imaginais que j'ιtais elle ?
Elle ?
Je ne sais pas.
Essaie.
Tu te souviens de ce film ?
Comment ιtait-ce, Shanghai...
... Express. Oui. Elle jouait Shanghai Lily.
Cette scθne dans le wagon de queue...
Son ancien amant, qu'elle aime encore...
Clive Brook.
Elle est assise, avec sa fourrure,
le vent souffle,
et Clive Brook lui dit :
"Dis-moi qu'il n'y a pas eu d'autre homme."
Et elle :
"J'aimerais pouvoir le dire,
"mais cinq ans en Chine,
"c'est trθs long."
Pas terrible.
Non, c'est ηa.
Tout ΰ fait ηa.
Et aprθs, quand elle est assise, avec ce chapeau...
Lθve-toi.
Il se tient lΰ
comme ηa, oui,
et elle l'attire ΰ elle...
Ils font quoi ?
C'est magnifique.
On ne bouge plus.
C'est trθs bien.
Ηa suffit.
Quoi ?
J'ιtais bien ?
Bien sϋr.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Tu me rendrais service, demain ?
Oui. Bien sϋr.
Pour du travail ?
Je suis prise.
C'est dommage.
Je pensais partir sur la cτte ce soir,
y passer la nuit,
capter la lumiθre du matin.
Je pourrais dire que j'ai la migraine.
J'ai la migraine.
Qu'est-ce qui te soulagerait ?
Du vin.
Imaginons que nous ne nous connaissons pas.
Quoi ?
J'entrerai seule,
je commanderai un verre de vin,
et je m'assiιrai.
Aprθs une minute,
tu entres, tu t'assieds,
et tu commandes un verre.
Puis tu me remarques.
C'est stupide...
Je dis quoi ?
Tu me demanderas mon nom, je refuserai.
Tu me diras le tien. Mais pas Aaron.
Pourquoi ?
Mario Adonis.
Je n'ai pas saisi votre nom...
Emily.
Puis tu proposeras de m'offrir un verre de vin.
Du Chablis.
C'est Charlie.
Un type sensas !
Je sais.
Puis tu essaieras de...
me lever.
Vous κtes le portrait de ma s
Ensuite,
tu m'attires dans un hτtel.
Un motel plutτt.
Ηa me gκne un peu de vous dire ηa,
mais je me disais que peut-κtre vous auriez envie
de faire une petite virιe
dans mon camion ?
Un gros camion ?
Deux tonnes.
C'est assez petit, comparι ΰ d'autres gars.
Deux tonnes ? C'est gros !
Jamais montιe dans un deux tonnes ?
Jamais !
Je ne sais mκme pas ΰ quoi ηa ressemble.
Le mien est jaune. Facile ΰ voir.
C'est un deux tonnes jaune.
Mon frθre, il est peintre,
il s'est dit, je vous raconterai un jour,
que c'ιtait une bonne publicitι. Un deux tonnes jaune.
Ηa court pas les rues.
On va se promener ?
Demandez ΰ n'importe qui ici,
je suis un type rιgulier.
D'accord. Ensuite ?
Non !
Arrκte !
Ne viens pas avant 5 minutes.
Je ne fais pas ηa
avec n'importe qui ! Seigneur!
Je suis rιservιe. C'est trop prιcieux pour moi.
Je ne suis pas une courseuse.
Une coureuse ?
Vous savez, je ne viens que pour les prescriptions.
C'est tout ?
Pour dιcouvrir qui...
vous κtes vraiment.
Je le sais dιjΰ.
Et donc ?
J'ai eu des rapports avec d'autres psychiatres, vous savez.
ΐ l'hτpital.
Il vous reste...
10 minutes.
Faites-en bon usage.
Comme vous voudrez.
Un psychiatre,
ιtendu ΰ mκme le sol,
dans son short de tennis.
C'est quand mκme un grand psychiatre.
J'attends.
Une sιance par semaine, c'est trop peu pour κtre gβchι.
Je suis...
une femme.
Pas une enfant.
C'est ΰ l'homme de faire le premier pas.
S'il veut une chose, qu'il la prenne !
Que ce soit de petites ou de grandes avances.
Avez-vous dιjΰ eu une relation satisfaisante avec un homme ?
Ai-je dιjΰ parlι de Davy ?
Ce garηon
n'avait jamais aimι,
exceptι une femme inaccessible.
Quelle chose merveilleuse pour lui de soudain pouvoir
l'exprimer,
que je lui offre ηa.
Davy, Pauline et moi,
ιtions ΰ Paris.
C'ιtait si beau.
Comme si j'ιtais le seul mannequin ΰ Paris.
Passons sur Paris. Ηa couterait trop cher de tourner lΰ-bas.
Je veux me concentrer sur New York.
Paris a ιtι si important dans ma carriθre.
Je sais.
Mais s'il ne te revient pas d'ιvθnement marquant...
Il arrivait toujours quelque chose.
Toujours.
J'ai tentι de me tuer.
Qu'est-ce qui t'arrive, Lou ?
Que fais-tu ?
Elles ont quoi, ces fenκtres ?
Aide-moi, Davy.
Qu'est-ce qui se passe, Lou ?
Je ne fais rien de bien. Je veux en finir !
Dis-moi ce qui se passe.
Si j'ιtais enceinte ?
Voilΰ ce qui se passe.
Ben Hamid est en bas.
Ben Hamid ?
Oui. Je l'ai invitι pour prendre un verre.
ΐ un tel moment ? Je ne veux voir personne.
C'ιtait merveilleux !
Ce gentleman, qui s'ιtait entourι
des plus belles femmes,
voulait me voir...
N'en parlons pas maintenant.
Il avait des maniθres
si respectueuses.
Parlons d'autre chose.
Arrκte de me contrarier !
Ce gentleman
me demandait
avec tant de respect
une photographie de moi,
que je la lui signe...
Je n'oublierai jamais sa douceur.
Je sais. Tu as fait sensation.
En effet. Je suis comblιe.
Si ce n'est une chose qui m'a...
dιprimιe.
Je voulais justement t'en parler.
J'ai rendez-vous pour dξner, tu viens ?
Avec plaisir.
Ferme les yeux.
Toujours est-il
qu'une certaine chose
est devenue claire pour moi ΰ Paris.
J'ai essayι de me dιfenestrer.
Pourquoi ?
Parce que j'ιtais dιprimιe.
J'arrive de suite.
Dιprimιe par quoi ?
Une chose m'inquiθte, encore aujourd'hui...
J'arrive dans un instant.
Ce n'est pas le moment.
Tu m'interromps sans cesse.
Je suis dιsolι. Parlons-en plus tard.
Habille-toi et viens.
Je veux te prιsenter quelqu'un.
Voici Joan.
Bonjour.
Ravie de te rencontrer.
Aaron parle tant de toi.
Il m'a montrι des photos. Splendides.
Merci.
Joan est danseuse.
Au c
viennent des impulsions primitives
comme la crainte et l'excitation de l'action.
Chaque mouvement est une variation sur cette crainte.
Les masques cachent autant les rιactions qu'ils les rιvθlent.
Les danseuses sont des illuminιes !
Dans mon cas, c'est juste.
Elles sont comme des nonnes...
Pas forcιment.
C'est ce qu'elles m'ιvoquent.
Nous sommes parfois trθs dιvouιes.
Je l'ignorais.
Tu es nonne ?
ΐ toi de le dire.
Je voudrais partir.
Je ne me sens pas trθs bien.
Tu n'as rien mangι.
Je n'ai pas faim.
Nous n'avons pas fini...
Tu nous attends ?
Ne bougez pas.
Je vais rentrer seule.
Tu n'es pas bien ?
J'ai la migraine.
Enchantιe.
Au plaisir...
Je te reconduis.
Pas la peine. Rassieds-toi.
Tu habites ici ?
Tu m'invites pas ?
Tu me reconnais ?
Attends, Emily !
Viens faire un tour.
N'aie pas peur. Je veux juste bavarder.
Dieu soit louι !
Je ne suis pas rentrιe directement. J'ai fait un dιtour.
Non, ηa ne va pas.
Viens vite.
Il se passe quelque chose de grave.
Non. Il y a un homme...
Il m'a suivie. Il est entrι chez moi !
Il pense que je suis communiste.
Je n'ai pas menti, pour Paris. J'ai juste exagιrι.
Non, je n'exagθre pas. Il se tient lΰ, face ΰ moi.
Une minute, attends. Une minute.
Dites quelque chose.
Dites...
Qui κtes-vous ?
J'ai la police en ligne. Ils arrivent.
Il ne dit rien.
Je t'en prie, crois-moi, viens tout de suite.
Je n'ai pas besoin de toi.
Je vais appeler Mark, il viendra immιdiatement, lui.
Je ne veux plus te parler.
Ne m'appelle plus jamais.
Je ne veux plus te voir.
Mark est venu et l'a chassι.
Mark est si gentil.
Il est amoureux de moi.
Il m'a demandι de l'ιpouser.
Tu vas le faire ?
Je ne sais pas.
Qu'en penses-tu ?
Ce que j'en pense ?
Il a tant d'affection pour moi, il me comprend
sur bien des points.
Tu l'aimes ?
Seigneur !
Tu aimes ta fiancιe ?
Oui.
Qu'en dis-tu ?
Je n'en sais rien. Je te demande.
Bien sϋr que je l'aime.
Les gens se marient souvent sans s'aimer.
Alors ?
Ma robe de mariιe,
tu ne l'as jamais vue.
Je l'ai choisie pour sa simplicitι, sa modestie.
Elle est si classique,
elle ne s'est pas dιmodιe.
Trθs belle.
J'ai gardι beaucoup de ce que je portais.
Dentelles, tissus simples,
velours, satin...
Tu te souviens ?
Tu t'habillais comme personne.
Tu sais que j'aime la discrιtion.
J'ai demandι ΰ Mark
que Pauline et Uwe soient nos tιmoins.
Je voulais une cιrιmonie civile trθs simple.
Nerveuse ?
Pourvu que Pauline arrive ΰ temps.
La voilΰ, je crois.
J'ai un besoin pressant...
On t'attend ΰ l'intιrieur.
Attendez ! J'arrive !
Pauline,
le sitting s'est bien passι ?
Nous ferions mieux d'entrer.
Pourquoi as-tu fait ηa ?
Je ne sais pas.
Je n'aime pas faire les choses ΰ moitiι.
Comme se marier ?
En gιnιral.
Ce n'est pas si rare, ceci dit.
Beaucoup prιfθrent attendre avant de...
Garbo aussi a quittι le train en marche,
qui trouverait ΰ y redire ?
Tes affaires sont lΰ.
Ne te ravise pas.
Ne m'appelle pas pour me dire que c'ιtait une lubie.
Ne sois pas ridicule.
Je pars pour Paris avec Aaron.
Je ne t'appellerai plus.
Attends.
Juste un instant.
Prends aussi ηa.
Je pourrais te tuer pour ηa.
Le voilΰ.
J'appelle la police.
Surtout pas.
Il est fou. Violent.
Je veux juste l'ιcouter.
Il n'entre pas.
Dis-lui juste que je suis partie.
Parle avec lui.
Je devrais lui parler ?
Alors je lui ouvre.
Certainement pas.
Qui est-ce ?
Ouvre. C'est Mark.
Que veux-tu ΰ cette heure ?
Parler ΰ Lou.
Elle n'est pas lΰ.
Arrκte ηa. Sa voiture est devant.
Dis que je suis partie.
Elle ne veut pas te parler.
Je dois lui parler.
Dis-lui qu'il m'a dιηue.
Elle a l'
Tu bats les femmes ?
Ouvre la porte.
Si je ne lui conviens pas, pourquoi continuer ?
Je l'aime.
Pourquoi, en effet ?
Demande-lui.
Allez, demande-lui.
Je l'aime.
C'est bien vrai ?
Tu le sais bien.
Allez, ouvre.
Bonsoir, Mark.
Merci pour tout, Pauline.
Tu sais...
Quel rκve !
C'est...
tout...
ce que je voulais.
Pourtant, je n'en peux plus.
Tu comprends, toi ?
Les gens me laissent tranquille.
Tu sais comment prιvoir le temps
sans avoir ΰ sortir...
Ηa ne t'aide pas beaucoup.
Je suis incohιrente.
Au contraire.
ΐ vrai dire, ΰ une certaine ιpoque,
ηa n'allait pas.
C'ιtait ta maladie ?
C'est ηa, mon problθme.
C'est si ennuyeux, si banal,
c'est la mκme histoire pour tout le monde.
Tu devais m'accompagner ΰ Paris pour les collections.
Mark m'en a empκchι.
Il me menaηait.
Ce n'est pas ηa, Lou.
Le magazine refusait que je t'emmθne.
Parce que j'ιtais malade, c'est ηa ?
Ils voulaient un nouveau visage.
J'avais dιcouvert cette fille
et t'avais demandι de lui apprendre ΰ se maquiller.
Tu ιtais si douιe.
C'est vrai.
Tu sais,
tout aurait ιtι diffιrent
si je t'avais accompagnι ΰ Paris.
C'est ΰ ce moment
que Mark a commencι ΰ m'espionner.
Il ne supportait plus le mystθre de qui j'ιtais.
J'ιtais comme prisonniθre. Surtout la nuit.
Seigneur, c'ιtait si triste.
Il voulait m'accompagner partout.
Un peu plus sexy.
Plus chaleureuse...
Ηa le rendait fou.
Il menaηait de se tuer. De me tuer, aussi.
Alors Lou ?
Un problθme ? Tu as froid ? Pense ΰ Mark.
C'ιtait horrible, j'ai dϋ fuir.
Il m'a abattue,
mise hors jeu.
Je l'ai tenu responsable.
Ιtait-il lΰ ?
Qui ? Tu parles de Mark ?
Il n'ιtait pas lΰ. Je ne parle jamais de lui.
Il m'avait fait des avances mais Pauline me blβmait, moi.
J'ιtais si jeune.
C'est lΰ que j'ai rompu nos fianηailles.
Tu sais, j'ai longtemps attendu le jour
oω je lβcherais un temps la profession.
Avoir une petite maison.
Vivre...
en ιtat de grβce.
Ιcrire des poθmes, sculpter et peindre.
Maintenant, j'y suis.
Un bel endroit, face ΰ la mer, les bateaux au loin...
J'ai fait la connaissance d'une voisine.
Elle a un tas de passe-temps,
de collections qui l'occupent.
Mais il n'y a vraiment qu'une personne,
depuis que je suis lΰ,
qui m'ait intιressιe.
Qui est-ce ?
Le Chinois.
On l'appelle comme ηa.
Je l'ai baptisι M. Wong.
Ηa rimait avec horizon...
En quelque sorte.
Je sortais
et allais le trouver.
Il parlait mal anglais,
mais je me faisais comprendre.
Quand ηa n'allait pas...
Pas de poisson aujourd'hui.
Non, MIle Sand.
C'est peut-κtre trop isolι ici pour eux ?
Je n'ai eu que deux contrats cette semaine.
L'un avec un photographe minable totalement inconnu,
et avec lequel je ne veux plus jamais travailler.
Ma chιrie, qu'espθres-tu qu'on fasse avec ta liste ?
Il y a trop de gens avec qui tu ne veux plus travailler.
Fais-moi voir.
Je n'ai pas ιcrit tous ces noms.
Il me semble que si.
Tu es folle, je n'ai pas fait ηa.
D'accord.
Que dois-je faire ?
On en enlθve certains...
Pauline ?
C'est ridicule, je n'ai jamais inscrit Pauline.
Et Aaron ?
C'est dιment.
Falco, non. Plus jamais Falco.
Mais Aaron ?
J'adore Aaron.
Appelle-le. Je suis sϋre qu'il va m'engager.
Vous κtes l'un des mannequins ?
Je suis Lou Andreas Sand.
L'un des mannequins ?
Vous avez une heure d'avance. Personne n'est lΰ.
Je suis en avance exprθs...
- Tu t'appelles... - George.
Ne prιviens pas Aaron que je suis lΰ.
J'ai une idιe fantastique de silhouette, c'est une surprise.
Pourquoi ? Des raisons sentimentales ?
Tiens, voilΰ T.J. Comment vas-tu, chιrie ?
Pardon.
Comment vas-tu ?
Quel plaisir !
Tu es ravissante. J'adore ton maquillage.
Ravissant, tout ce vert.
Je l'ιtrenne.
Ηa te va trθs bien. Tu connais T.J. ?
On a des robes fantastiques ! Tu vas adorer.
Je vais prendre ηa...
et ηa...
et aussi celle-lΰ.
Je ne peux le tuer.
Je l'aime.
Plutτt me donner la mort.
Fei Ming versera son sang
pour celui qu'elle aime.
Ainsi, son pitoyable tourment prendra fin.
Pour la paix de cette βme misιrable,
les βmes de ses ancκtres
brϋleront ΰ jamais dans les flammes du dιshonneur.
Sache, ma fille,
que cette histoire est vraie.
Ta mθre et ton frθre, assassinιs par traξtrise.
Mais ΰ prιsent,
tout te revient.
Et toi ?
Moi, ton pθre, Fu Man Chu,
t'ai envoyιe au loin, en Occident,
pour te prιserver, avant d'κtre digne de ton respect.
Hιlas, tu es aujourd'hui tιmoin de ma disgrβce.
Nous sommes du mκme sang.
Je fais mienne ta haine,
ta vengeance sera mienne.
Largue tout et reste.
Si je reste, aurai-je jamais des boucles blondes,
une peau d'albβtre, comme Ronald ?
Je prιfθre la tienne...
Je n'oublierai jamais...
Bonsoir, Mark.
Comment vas-tu ?
Je vais bien.
Je m'en sors bien, tu sais.
C'est bien.
Tu le sens dans ma voix ?
Je n'ai pris ni mιdicament,
ni vin, ni rien.
Je suis ΰ la maison, seule,
je regarde un film hilarant.
Qui sait si ηa va durer...
J'ai quelqu'un chez moi. Ce n'est pas le moment.
Qui est-ce ?
J'ai pensι qu'on se connaissait, peut-κtre.
Je t'aurais demandι de passer le bonsoir.
On me remplace, et personne ne remarque.
C'est vrai !
Tu veux bien venir ?
Non.
J'aimerais te voir.
Ce n'est pas vrai.
Tu veux juste ne pas κtre seule.
Ce n'est pas vrai.
C'est un mannequin ?
Je vais raccrocher.
Peut-κtre qu'il n'y a personne, que tu veux me provoquer.
Tu regardes la tιlιvision ? Il y a ce film tordant,
avec Anna May Wong.
J'ai lu qu'elle pensait
que chaque nouvelle image d'elle volait un peu de son βme.
N'est-ce pas amusant ?
Je t'ai dit...
Je n'ai pas dormi de la semaine.
Tu sais que je ne dors plus ?
Je ne peux rien faire pour toi. Ce que tu devrais faire,
c'est aller voir un docteur.
Merci, vraiment.
Puis-je parler au Dr Galba ?
C'est moi, c'est Uwe.
Que se passe-t-il ?
Que t'arrive-t-il ?
Je suis dιsolιe...
Je te rιveille ?
Ce n'est rien.
Qu'y a-t-il ?
Dis-moi.
Je t'ai rιveillι ?
Je t'ai dit, ce n'est rien.
J'arrive.
Je me sens trθs...
mal.
Te voilΰ.
Merci d'κtre venu.
Je suis sorti aussitτt. J'ai pensι que tu ιtais malade.
Un peu de rosι ?
Je voulais te voir.
Tout va bien, alors ?
Tu avais l'air si angoissιe.
Quand je veux voir quelqu'un,
je le veux vraiment.
Est-ce si mal ?
Il ιtait juste un peu tard.
Mais non, Uwe.
Il est encore tτt.
Avec tes pilules, tu devrais ιviter.
Danse avec moi.
Je ne suis pas venu pour danser !
Pourquoi, alors ?
Je suis une femme.
Qu'y a-t-il de mal ?
Je suis venu t'aider.
S'il te plaξt.
S'il te plaξt, arrκte.
Personne ne saura.
Personne ne le saura jamais.
Pourquoi fais-tu ηa ?
Je t'aime...
Mais non, tu ne m'aimes pas.
Si, je t'aime.
Ιcoute.
Tu me reconnais ?
C'est moi... Uwe.
Je ne suis...
qu'un homme.
"Soudain apparaξt
"devant moi
"Le seul que je veux
"prendre dans mes bras..."
Ιcoute, tu es malade.
Fais-moi l'amour!
Je ne vous connais pas !
S'il vous plaξt...
Ne faites pas ηa...
Ne le dis ΰ personne.
Non, bien sϋr.
Mais si ηa se sait,
et qu'on te demande,
dis-leur que j'ai eu un passage ΰ vide.
Que je suis bien soignιe.
Bien sϋr.
Je suis sous-alimentιe.
Il faut manger !
Tu te rends compte qu'ils ne donnent pas de couteau ?
Je leur ai dit :
"Une chambre privative ΰ ce prix,
"et je n'ai pas droit ΰ un couteau !"
Rien de personnel, c'est le rθglement.
Je le prends personnellement.
J'aime qu'on me fasse confiance.
Je pourrais me jeter par la fenκtre.
Vous avez essayι ?
Vous voulez que j'essaie ?
Je peux. Tout de suite.
Trθs spirituel.
Rien de personnel.
Elles sont toutes comme ηa, ici.
Vous voulez sauter ?
Quand je voudrai en finir,
je pourrai facilement le faire.
Qu'ιcrivez-vous ?
Je ne suis lΰ que pour une raison,
obtenir des cachets.
Je ne suis pas entrιe en bavant,
ou en m'arrachant les cheveux,
mais en marchant, calmement.
Vous avez oubliι votre agitation ?
Dr Sherman est mon psychiatre. C'est le chef, ici.
Si vous ne partez pas, je vais commencer ΰ κtre trθs agitιe.
Qu'ιcrivez-vous, Lou ?
De la poιsie.
Je peux voir ?
De quoi ηa parle ?
Ηa parle
de mes expιriences.
Vous me le lisez ?
Ce n'est pas terminι.
Vous savez ce qu'a dit l'autre docteur ?
"Tout le monde ΰ cet ιtage te trouve bizarre."
"Pardon", j'ai dit,
"mais je me fous de ce qu'ils pensent de moi."
Maintenant,
faites ce que bon vous semble.
Je veux que vous soyez heureuse
et ΰ l'aise chez nous.
Excusez mon aspect nιgligι.
Vous κtes ravissante.
Mais dites-moi, comment vous sentez-vous ?
Un peu ιpuisιe par mes efforts pour vous plaire.
Et la visite d'Aaron ?
C'ιtait si triste.
Il a tant de remords.
Il sait qu'il aurait dϋ m'emmener ΰ Paris.
Il m'a dit :
"Donnons-nous une autre chance."
J'ai dit...
Il a dit...
Pardonne-moi de t'avoir laissιe.
Peu importe.
Peu importe. Assieds-toi.
Ne sois pas triste.
Je ne vais pas rester ici longtemps.
Le Dr Sherman dit...
qu'il faut d'abord avoir ιtι brisι
pour pouvoir
se reconstruire, en mieux.
Mais si on te demande, dis-leur que c'est mon mιtabolisme.
C'est vrai, d'ailleurs.
Je ne me sens pas en forme.
Je suis affreuse...
Pas du tout.
Tu sais pourquoi nous restons ici ?
Le Dr Sherman et moi sommes lΰ
pour les mettre tous ΰ la porte.
Je l'ai dit aux docteurs. Je les entends derriθre les murs.
Ils niaient. "Vous dιlirez, on vous met au 2e."
Et moi : "Que faites-vous ? Appelez mon docteur."
Et il m'a dit...
Vous avez raison.
Ils parlent de vous.
Je la trouve aussi sexy que du thon en boξte.
Elle ιtait si douιe.
Elle aurait dϋ κtre lucide et en profiter comme nous.
Elle lui a fait des avances !
Ida Saints Berry l'adorait.
C'est une menteuse.
Je la trouve rasante.
Moi, je ne l'engagerai plus jamais.
Ils nous prennent nos allumettes.
Demande ΰ cette interne.
Vous voyez,
vous aviez raison.
Ils parlent bien de vous.
C'est bien ce que je pensais.
Allons donc au 2e.
Personne ne nous ennuiera.
Ils vont s'ennuyer.
Je suis en haut, comme une prisonniθre ΰ l'isolement.
Mais tu sais,
je sais...
que tout ιtait dans ma tκte.
Bien sϋr.
Parce que Pauline m'a envoyι des fleurs,
et Peggy, une carte me souhaitant un bon rιtablissement.
C'est gentil.
Tout ιtait dans ma tκte.
C'est tout.
Et tu sais,
c'est si horrible ici,
que je me sens dιjΰ bien mieux qu'avant.
Ηa se voit.
Et tu sais quoi ?
Quoi ?
ΐ prιsent...
les choses vont changer.
J'essaie vraiment...
d'aller bien.
Je dois vraiment y travailler.
Je ne devrais pas κtre si inerte.
On a fini ?
Oui. Sinon je vais rater le dernier ferry.
Ce serait terrible.
Ta femme se poserait des questions.
"Oω est Aaron ?"
Tu m'en auras fait voir, Rhinehardt.
Mets-le dans ton film.
Tu m'en as fait voir aussi.
C'est ηa, les amis.
Je devais jouer de la flute ΰ bec...
Soprano, basse, mes...
mes castagnettes !
Ηa devra attendre la prochaine fois.
Tu as dιjΰ entendu mes castagnettes ?
Oui.
Je me souviens.
C'ιtait mauvais,
n'est-ce pas ?
Comme j'aimais le grand air, petite !
Je laissais ma famille derriθre pour courir dans les collines !
Je n'ai jamais ιtι aussi contente qu'en touchant le fond.
C'est vrai.
Pourquoi ?
Je ne sais pas.
J'ai toujours ιtι une recluse.
Une chose reste intrigante.
Pas pour toi ?
Quoi donc ?
Sachant combien tu as comptι dans ma vie...
Nous communions dans le travail, non ?
C'est vrai.
C'est amusant,
d'avoir passι tant de temps ensemble, toutes ces annιes,
et avec tant d'occasions, en un sens.
Ηa aurait ιtι si simple,
et c'est si courant...
Avec ce qu'on disait de toi...
Ces deux mannequins par exemple,
l'une se croyait enceinte,
l'autre te disait...
comme un cheval.
Ηa ne prouve rien...
J'ιtais lΰ, avec toi,
presque sans cesse...
et rien.
Nous n'avons jamais eu...
d'histoire.
N'est-ce pas fou ?
Sans doute ma faute.
Averell Quinn ιtait fou de moi.
Il y a eu Mark.
Arthur Jeaster voulait divorcer.
Falco...
Il avait fait un trou par lequel il m'ιpiait !
Il y a eu Pauline et le Dr Galba.
Je me suis...
Je me demande vraiment
pourquoi c'ιtait comme ηa avec toi,
et pourquoi je m'imaginais que...
Finalement, j'en ai conclu...
que tu ne me trouves pas attirante.
Ce n'est pas vrai.
Mais c'est amusant, non ?
Que nous n'ayons jamais...
Mais si, Lou.
Quoi ?
C'est arrivι.
Vraiment ?
Oui.
Ηa va aller.
Ηa va aller.
Tout ιtait si confus.
Je croyais...
l'avoir imaginι.
Je ne l'ai pas imaginι ?
Non.
Ηa n'a pas durι.
Je ne l'ai pas imaginι...
Je dois y aller.
J'ai ιtι... ΰ la hauteur ?
Bien sϋr, Lou.
Dieu soit louι...
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